Lecture commune : L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine

L’arrêt du cœur est un roman de la collection Polynie des éditions MéMo d’Agnès Debacker illustré par Anaïs Brunet. Il parle de Simon, un jeune garçon de 10 ans qui se retrouve confronté à la mort de sa voisine, dont il était proche. En cherchant à rapporter un souvenir d’elle, il découvre l’amour, celui de Simone, à l’époque de la guerre d’Algérie. Nous sommes plusieurs à l’avoir apprécié et nous partageons avec vous notre lecture commune.

L’arrêt du coeur d’Agnès Debacker et Anaïs Brunet. Editions MéMo.

Aurélie : A quoi vous attendiez-vous en découvrant la couverture ? 

Pépita : Difficile à dire pour la couverture ! Pas de lien si évident entre ce jeune garçon assis, tenant une théière rouge entre ses mains et écoutant ce qu’elle a à lui dire, et le titre ! Une histoire d’amour mais pas vraiment celle à laquelle je m’attendais.

Aurélie : Je m’attendais à un roman à l’eau de rose, un jeune garçon amoureux qui colle la théière contre sa joue, peut-être car sa bien-aimée l’a touchée.

Isabelle : Comme vous, je me suis attendue à une romance ! Le titre, associé à la couverture aux tons pastels qui représente un garçon rêveur… C’est en tout cas ce qu’ont pensé mes garçons, même si comme tu le dis Pépita, c’est trompeur – et c’est un peu dommage, car ils sont un peu comme le protagoniste, Simon qui dit à un moment : « selon toute vraisemblance, j’ai affaire à une histoire d’amour et moi, les histoires d’amour, ça m’ennuie au plus haut point ». De mon côté, je considère les romans de la collection Polynie comme une valeur sûre garantissant des voyages hors des sentiers battus. Je n’ai pas hésité et je me suis plongée dans la lecture avec beaucoup de curiosité !

Hashtag Céline : Honnêtement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Plutôt une histoire d’amour mettant en scène des adultes. Comme je le fais de plus en plus, je ne le lis plus le résumé afin de me garder le plaisir de la découverte, surtout chez MeMo. Sur la couverture, c’est Simon. Mais sans lire ce roman, même si on le comprend vite, je trouve qu’on n’identifie pas immédiatement ce personnage comme un enfant. De fait, en découvrant l’histoire et l’âge de Simon, j’ai été plutôt étonnée !

Bouma : En ce qui me concerne, et ayant lu le résumé, la couverture m’a rappelé les éléments clés de l’histoire à savoir un jeune garçon cherchant à connaître les secrets contenus dans cette vieille théière rouge.

Aurélie : Le roman mélange le drame et l’enquête. Pour sa forme, le récit n’est pas découpé en chapitres mais est entrecoupé des belles illustrations d’Anaïs Brunet, qu’avez vous pensé de cette proposition et quel impact a-t-elle eu sur votre lecture ? 

Pépita : Je ne me suis aperçue de l’absence de chapitres qu’après un petit moment, à vrai dire, mais j’ai eu aussi besoin de m’arrêter par moments, pour mieux savourer cette histoire. J’ai aussi beaucoup aimé que le fil soit déroulé d’un seul jet avec ces illustrations, qui le ponctuent. Cela donne une fluidité et une profondeur.

Aurélie : Comme toi Pépita, je n’ai pas vu sur le moment qu’il n’y avait pas de chapitres. Le roman m’a fait le cœur lourd, mais je n’arrivais pas à lâcher le livre. Ses illustrations m’ont permis de prendre mon souffle dans ma lecture.

Isabelle : De mon côté, j’ai remarqué assez vite l’absence de chapitres et le système de respiration autour de grandes illustrations : pourquoi pas ? Pour moi, ça a été une incitation à dévorer le roman d’un trait. La construction de l’intrigue autour de l’enquête de Simon est très réussie à mon sens : une manière de tenir le lecteur en haleine de bout en bout et d’éviter un registre trop dramatique autour du deuil de Simon.

Hashtag Céline : J’ai trouvé aussi que l’ensemble était très fluide et que tout justement s’imbriquait parfaitement. Texte et illustrations se répondent et se complètent. De fait, je ne me suis posée aucune question pendant ma lecture sur la présence ou non de chapitres. Je me suis trouvée complètement happée par ce roman. Grâce à cette ambiance qui s’installe aussi bien par la musique des mots que les couleurs des illustrations, j’ai suivi avec beaucoup d’émotion Simon dans son travail de deuil puis cette enquête étonnante, qui apporte un souffle nouveau à l’histoire.

Bouma : L’absence de chapitres ne m’a pas du tout gênée dans ma lecture puisque, comme vous l’avez toutes dit, il y a ces grandes illustrations en forme de pause. Et en plus, le texte comporte quand même des sauts de paragraphes, entre deux scènes, deux moments temporels, qui permettent à ceux qui le veulent de stopper leur lecture plus aisément.

Aurélie : Le roman met en avant différents thèmes : le deuil, le lien affectif,le secret et l’Histoire. Il regorge d’émotions, pensez-vous que c’est un roman intergénérationnel? 

Pépita : Oui, totalement intergénérationnel. Il s’inscrit dans une filiation forte, celle du sang mais aussi celle de l’amour, de l’amitié, comme un kaléidoscope. Simon fait le lien avec tout le monde sans vraiment le savoir.

Aurélie : Pour moi l’histoire parle à tout le monde, l’intensité dégagée par le texte et les illustrations touche les enfants comme les adultes. J’ai aimé la diversité des thèmes même si le deuil est pour moi prédominant. Quant au lien effectif, en effet Pépita, il relie tous les personnages de l’histoire : de l’amitié de Simon et Simone, l’amour de Simone et Farid, de Safia et Farid et l’amour maternel des parents de Simon qui s’inquiètent pour lui. Le côté intergénérationnel est aussi pour moi dans le sens de transmission. En effet ,avec l’évocation de la guerre d’Algérie, les enfants peuvent découvrir l’impact de l’histoire avec un grand H sur leur entourage, qu’une chose réduite à un fait appris en cours ait été un jour le quotidien de quelqu’un. Je sais pas si ça vous a fait ça à vous aussi mais avec ce secret je me dis « mais combien de choses nos grands parents vont-ils emporter dans la tombe? », on le voit bien avec Simone.

Isabelle : Je suis d’accord avec vous, ce roman est très riche ! La relation de Simon et de Simone est très belle, faite de multiples petits moments de partage et de complicité… Et pourtant, l’enquête de Simon va l’amener à découvrir des pans inconnus de la vie de Simone et, à travers son histoire, des pages de l’Histoire avec un grand H que sa génération et celle de ses parents n’ont pas vécues. Cette profondeur m’a surprise, surtout au dénouement du roman, et apporte vraiment quelque chose en plus. Je pense comme toi, Aurélie, qu’il s’agit d’un roman intergénérationnel et j’ai vraiment envie de le découvrir et de parler de ces événements historiques avec mes enfants quand ils seront prêts. La génération de nos parents ou de nos grands-parents ont vécu des choses importantes, même si souvent traumatisantes, dont nous gardons une mémoire vivante grâce à nos interactions avec eux. C’est essentiel de la transmettre aux générations suivantes, et la littérature jeunesse a sans aucun doute un rôle à jouer !

Hashtag Céline : Clairement oui. Le roman fait le lien entre deux époques, deux vies différentes. Il permet à Simon d’entrevoir son amie, son histoire et l’Histoire autrement. Mais c’est aussi le récit d’une belle amitié entre un jeune garçon et une vieille femme, d’une relation dans laquelle l’âge n’avait pas d’importance.

Bouma : Je serais curieuse de la réaction d’une personne âgée face à ce texte. Le ressent-elle comme nous, comme le jeune héros de l’histoire ? En tout cas, je reste très émue par cette amitié, si forte qu’elle dépasse le préjugé des âges. Et je vous rejoins sur les histoires familiales liées à un contexte historique : je pense que la pudeur nous retient souvent de poser les questions mais que chaque personne cache en elle une partie de son histoire.

Aurélie : La théière est un objet transitionnel, quelle symbolique a-t-elle eu pour vous? 

Pépita : J’ai adoré sa présence, d’ailleurs j’en ai une bleue du même style et je me demande si je ne vais pas la détourner aussi ! Elle symbolise les petits secrets et aussi le souvenir de ces petits moments partagés autour d’elle. Elle fait le lien entre l’avant et l’après, elle permet à Simon d’accepter peu à peu la mort de sa Simone en restant vivante à travers elle. Elle lui permet de grandir. Quelle belle idée !

Aurélie : La théière me fascine, je n’arrive pas à savoir si c’est ce qu’elle représente : l’objet qui permet à Simon de faire son deuil, ou sa représentation avec la présence des illustrations d’Anaïs Brunet. En tout cas, elle représente aussi pour moi une métaphore du lien : celui qui lie Simone à Simon, Simone à Juliette et Simone à Farid mais aussi entre Simon et Juliette !

Isabelle : Sur la couverture, Simon colle son oreille contre cette théière comme on le fait avec un coquillage pour entendre la mer… Avant de lire le roman, j’ai interprété ce geste en l’attribuant à une rêverie. À la lecture, on comprend que cet objet est associé à d’innombrables moments privilégiés avec Simone, que leur écho résonne probablement encore à l’intérieur… Je trouve pertinent de parler d’objet transitionnel comme vous le faites, car elle aide Simon à vivre sans Simone, comme il avait pu aider Simone à vivre sans Farid.

Hashtag Céline : Cette théière, j’y ai beaucoup pensé. Je me suis mise à la place de Simon et je me suis posée cette question : tu aurais fait quoi toi, étant enfant? Tu aurais lu ou non les petits papiers? Cette théière est “magique”. Lire les secrets et les vœux qu’elle contient, c’est transgresser un interdit et peut-être même s’attirer des ennuis ! Mais comme Simon, j’aurais sans doute fait pareil, au risque d’y découvrir des choses que j’aurais préféré ne pas savoir. J’ai trouvé que la théière était un joli symbole rassemblant à elle-seule tous les éléments importants du roman : le souvenir de Simone, tous ses secrets mais aussi l’enfance et l’innocence de Simon.

Bouma : On pourrait presque rapprocher cette théière des journaux intimes ou carnets que l’on écrit à tout âge. Ils ne sont fait que pour nous, et en même temps révéleraient bien des choses à quiconque les lirait.

Aurélie : Simon découvre l’histoire de son pays et le racisme avec son ami, on a l’impression qu’avec la mort de Simone, un voile s’est levé. Il est en début d’adolescence et découvre doucement le monde des adultes. La nièce de Simone a-t- elle un rôle de passerelle entre ces deux mondes ?

Pépita : Je ne l’ai pas vue comme ça. Je l’ai vue comme une confidente, qui en a compris bien plus que ce qu’elle veut bien laisser croire. Elle accepte la présence de Simon avec naturel et une certaine bonhomie, sans mort dans l’âme. Elle est comme un tourbillon, qui s’arrête pour l’écouter parler de Simone, entrer dans le jeu de découvrir ce mystère de cet amour de jeunesse. Elle est la seule adulte dont Simon ne se méfie pas. A travers elle, il découvre aussi qu’une personne n’est jamais vraiment disparue. Il baisse sa garde enfin avec elle. Elle lui permet de lui faire confiance. Et c’est énorme pour lui qui se sent si bouleversé !

Aurélie : Pour moi le choix de l’âge de Simon permet d’évoquer implicitement le passage dans un âge de transformation : l’apprentissage du deuil et la disparition de Simone qui a été sa nounou, la découverte de l’amour et du visage différent des gens qui l’entourent et la découverte de la bêtise des adultes avec ses nouvelles interrogations avec son ami Sofiane. J’ai ressenti le personnage de Juliette comme un guide ou plutôt un passeur entre ce monde de naïveté et le monde beaucoup moins rose des adultes.

Isabelle :  C’est vrai qu’elle a une manière singulière de lui expliquer les drames personnels de Simone et historiques liés à la guerre d’Algérie, avec des mots simples et forts qui parleront aux jeunes lecteurs. Je vois un peu de ce que vous dites toutes les deux. Les traces de la Juliette enfant, que renferme la théière, la rapprochent de Simon. Par ailleurs, elle est très bienveillante, ouverte et à l’écoute de Simon qui en a bien besoin.

Hastag Céline : Pour moi, la nièce de Simone est plutôt là comme un soutien. Elle permet à Simon d’aller au bout de ses recherches. Elle accepte de parler de la vieille femme, chose que lui refusent tous les autres adultes autour de lui, de peur qu’il souffre. Elle lui permet de faire vivre le souvenir de Simone. Et avec sa bonne humeur et son dynamisme, elle l’aide un peu à passer cette épreuve. C’est un personnage dont l’arrivée dans le récit m’a fait du bien. Comme soulagée… Sentant que Simon serait enfin moins seul face à tout ça.

Bouma : Je ne m’attendais pas du tout à l’évocation de cette période historique souvent méconnue, et je ne doute pas que cela amènera les enfants à vouloir en savoir plus. Concernant le rôle de la nièce de Simone, elle fait, pour moi, écho à l’enfant qu’est Simon. Ils ont partagé sans le savoir les mêmes rituels et les mêmes souvenirs de Simone, ce qui les rapproche intrinsèquement.

Souhaitez-vous évoquer d’autres thématiques du roman ? 

Pépita : oui, le souvenir. Dans toutes ses dimensions : celui qu’on a des moments passés avec une personne qu’on aime, celui qu’une personne laisse après sa disparition. Je trouve que c’est un thème fort du roman pour un jeune garçon de 10 ans qui a peu d’années de vie, encore, même s’il a passé les deux chiffres. Et aussi le secret : jusqu’où se permettre de lever le voile sur le secret d’une personne disparue ? Je me suis posée cette question tout du long… En même temps peut-être que Simone voulait-elle qu’on le découvre en le glissant dans cette théière ? Mais peut-être n’y a -t-elle pas pensé… Ce petit mot glissé est pour elle une façon de se souvenir… comme une bouteille à la mer. J’ai aussi été très sensible à l’évocation des odeurs : chez Simone, chez sa vieille amie à qui Simon va rendre visite…

Aurélie : Oui, c’est vrai que ces trois thèmes sont bien présents. Pour le secret, je pense que Simone malgré sa tentative (puisqu’elle a emporté ses lettres dans son cercueil) n’a pas réussi à garder son secret intact. Simon a succombé à son désir de curiosité alors qu’au départ, en prenant la théière, il voulait simplement cacher les siens !
Pour les odeurs, ça m’a beaucoup marqué au début de récit avec aussi le fait qu’il demande à répétition le déroulé de la scène de la découverte de la gardienne.

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Les avis de Pépita, Céline Hashtag, Isabelle et Aurélie

Et vous, l’avez-vous lu ? N’hésitez pas à partager vos impressions en commentaire.

A lire les entretiens de l’auteure sur le blog de Nouvelles de polynies

Nos coups de coeur de février !

Les mois défilent et c’est déjà le retour de cette rubrique coups de cœur du mois précédent !

Février, ce sont les jours qui rallongent enfin, les prémices du printemps, et de belles lectures !

Les voici…

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Isabelle, de l’île aux trésors, a eu le coup de foudre pour Calpurnia, de Jacqueline Kelly (L’école des loisirs, 2014). Un merveilleux roman qui nous fait voyager dans le Texas de 1899. À travers le quotidien de Calpurnia, 11 ans, on découvre comment l’initiation aux méthodes scientifiques peut être vecteur d’émancipation – et on rit beaucoup. Un prix Sorcière pleinement mérité à (faire) découvrir de toute urgence si vous ne l’avez pas lu !

Son avis et celui de Pepita

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Pour Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie, le coup de cœur se porte sur un mystérieux rendez-vous. Quand deux enfants sont réveillés en pleine nuit par leurs parents pour partir marcher à la rencontre de ce fameux rendez-vous, il y a de quoi être curieux. Cet album est illustré tout en bleu nuit avec quelques raies de lumière, on pourra y chercher tous les détails nocturnes qui se dissimule dans le décor.

Nous avons rendez-vous de Marie Dorléans au Seuil jeunesse

Son avis

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Pour Alice d’A lire aux pays des merveilles, c’est le roman Summer Kids de Mathieu Pierloot (l’école des Loisirs) qui a soufflé chez elle comme un air estival !

Antoine, terrassé par un chagrin d’amour vivra l’été de tout les possibles ? Un petit job d’été, une bande d’amis, des soirées festives… suffiront-ils à lui faire remonter la pente?

Une histoire vraie, authentique, touchante … loin des caricatures !

Son avis , celui de Pépita et de HashtagCéline.

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Pour Pépita, ce sont les conversations entre une poule et un poisson, savourées en début de mois, qui l’emportent : un ton unique, un vrai bonheur de lecture qui tord le cou aux préjugés et fait réfléchir sur nos différences qui finalement n’en sont pas. Il suffit souvent d’aller vers l’autre, de se parler et de s’écouter. Hamaïka et Jonas, je ne suis pas prête de les oublier !

Hamaïka et le poisson, Pierre Zapolarua, illustrations d’Anastasia Parrotto, éditions MeMo, collection Petite Polynie

Son avis et celui de HashtagCéline.

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HashtagCéline a vu le monde sans dessus dessous et cela lui a beaucoup plu ! Avec Renversante, le roman de Florence Hinckel illustré par Clothilde Delacroix, les enfants sont amenés à s’interroger de manière intelligente sur l’égalité homme-femme et sur les inégalités persistantes. Une lecture nécessaire.

Son avis.

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Pour Bouma et son Petit Bout de Bib(liothèque), c’est une bd qui a trouvé sa place sur ses étagères. Avec le premier tome de la série Les Croques, on entre dans la vie d’une fratrie dont le terrain de jeu est le cimetière juxtaposant leur maison. Et quand ils découvrent de mystérieuses lettres gravées derrière les tombes, c’est le début des frissons.

Les Croques T.1, Tuer le temps de Léa Mazé, Editions de la Gouttière 2018

Son avis

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Pour Aurélie et son atelier de coeurs, c’est un autre roman de la collection polynie des éditions Mémo :

L’arrêt du coeur d’Agnès Debacker et Anaïs Brunet. Elle a aimé l’émotion que dégage ce roman qui raconte des secrets du passé, l’amitié d’un petit garçon avec sa voisine et la confrontation avec le deuil et la mort. L’image de la théière restera gravée dans sa mémoire. Ce moment de lecture fut pour elle, une vraie parenthèse où seul le plaisir de lire de jolis mots comptait.

L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine d’Agnès Debacker, illustré par Anaïs Brunet, collection polynie, éditions Mémo 2019.

Son avis et ceux de Pépita et Hashtag Céline

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Pour Chloé, de Littérature enfantine, c’est les aventures pleines de pep’s des petits Marsus, qui malgré eux ont quitté la jungle pour visiter la grosse pomme.

Les petits marsus et la grande ville de Benajmin Chaud, Little Urban.

Son avis

Nos coups de coeur de janvier

Les épisodes neigeux ont été encore un prétexte à nos arbronautes pour lire un peu plus ce mois-ci. Quels livres avons-nous lus sous notre plaid ?

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Aurélie de l’atelier de cœurs a beaucoup aimé l’album des éditions Les Braques.

Cet éditeur propose un bon catalogue de livres musicaux. L’arpenteur n’est pas nouveau mais une belle trouvaille à lire à voix haute. Un gardien de mots qui part à la quête des origines de ses failles. Une histoire sur la curiosité et la peur de l’inconnu.

L’arpenteur de David Sire et Magali Le Huche- Les éditions Les Braques

Son avis

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Sur son île aux trésors, Isabelle a déniché de nombreuses pépites ce mois-ci ! Mais le coup de cœur va sans hésitation à Jefferson de Jean-Claude Mourlevat, paru chez Gallimard jeunesse en 2018. Ce roman policier animalier est aussi improbable que réjouissant (ce n’est pas pour rien qu’il figure, avec deux autres romans magnifiques, dans notre sélection pour le prix “Grandes feuilles” !).

Son avis, celui de Pépita, de Hastagcéline et de Bouma

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Dans son Méli-Mélo de livres, Pépita a lu de si belles histoires en ce début d’année !

Mais son choix va sans hésiter vers cet album chef d’œuvre de Rebecca Dautremer : Les riches heures de Jacominus Gainsborough.

Un album d’une richesse inouïe, sensible, poétique, sans doute l’un des plus beaux qu’elle ait pu lire dernièrement.

Son avis et celui de Sophie 

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HashtagCéline aime les histoires qui l’emmènent là où elle ne s’y attend pas. Avec Les yeux d’Aireine de Dominique Brisson paru chez Syros, elle a trouvé son bonheur. Entre passé et présent, ce roman lui a embrouillé l’esprit mais l’a touchée en plein cœur.

Son avis

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Dans son Petit Bout de Bib(liothèque), Bouma a glissé un album aux tons hivernaux qui sonne comme un écho à la fragilité des cœurs et des esprits : L’Hiver d’Isabelle de Jeanne Macaigne chez MeMo.

Son avis

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Pour Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie, c’est Le nid de Stéphane Servant et Lætitia Le Saux qui a fait chavirer son petit cœur dans la douceur. Un bel album sur les prémices de l’arrivée d’un oisillon avec le hasard des rencontres et de l’amour.

Son avis et ceux de Pépita et Chlop

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Sur les Lectures lutines, le livre qui a charmé YokoLulu et Solectrice est La fille d’avril d’Annelise Heurtier. Ce roman raconte la vie d’une adolescente qui se passionne pour la course dans les années 1960, hors ce loisir était vu comme dangereux pour les femmes à cette époque. L’auteure a très bien su retracer le quotidien d’une fille de 15 ans au temps de Mai 68.

Leur avis et ceux de Pépita, d’Alice et de HashtagCéline

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Chloé (littérature enfantine) à craqué pour un album paravent, un formidable objet pour se faire une cabane mais aussi une grande bouffée d’oxygène. Ma maison, Laetitia Bourget, Alice Gravier, les grandes personnes

Son avis ici

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Il ne vous reste plus qu’à essayer ses lectures pour passer de bons moments, caché sous la couette.

Souvenirs


Avant de changer d’année, des souvenirs pleins la tête, explorons quelques lectures qui nous ramènent en arrière. Voilà un thème qui traverse de nombreuses fictions jeunesse, qu’il soit seulement évoqué ou au centre de l’histoire. Entre réminiscences familiales et moments durs à digérer, ces fenêtres ouvertes sur le passé nous touchent souvent.

 

Dans Le Tiroir à histoires

June et Jo – les souvenirs de Séverine Vidal et Amélie Graux

La maison en petits cubes de Kunio Katô et Kenya Hirata

 

Lire les avis de Bouma, Sophie et de Pépita.

 

Bouche Cousue de Marion Muller-Collard

Ce récit tourne autour d’un souvenir de jeunesse qui remonte à la surface suite à un événement.

Lire l’avis de Pépita

 

 

Sur Méli-Mélo de livres

 

Le jardin des ours Fanny Ducassé. Thierry Magnier.

Quand se souvenir de ses deux grands-pères, aujourd’hui disparus, donne un album d’une rare sensibilité et aux illustrations magnifiques.

Lire aussi les avis de Céline et Sophie

 

L’armoire Anne Cortey, illustré par Claire de Gastold. Grasset jeunesse.

Une armoire, métaphore de la grand-mère disparue et dont la présence angoisse une petite fille. Quand les souvenirs rattrapent les générations qui suivent, une approche bien vue.

 

La couverture : une histoire en petits carreaux (de tissu) Isabel Minhos Martins Yara Kono. Editions Notari.

Une histoire qui sublime le souvenir, le partage, la transmission entre générations.

 

Sur les Lectures Lutines

Le Jardin de Minuit d’Edith. Editions Noctambule.
Quand un enfant partage mystérieusement les souvenirs d’une demoiselle dans un fabuleux jardin.
Lire aussi les avis de Bouma et Sophie

La belle histoire d’une Vieille Chose, de Louis Emond et Steve Adams.

Quand une voiture se souvient de ce qu’elle a été avant de n’être plus qu’une vieille chose.

 

Les bruits chez qui j’habite de Claire Cantais et Séverine Vidal.

Des souvenirs sonores que l’on goûte délicieusement. De petites portes qui s’ouvrent vers un monde de l’enfance que l’on n’a pas oublié.

 

 
A lire au Pays des Merveilles
La mémoire en blanc de Isabelle Colombat. Thierry Magnier, 2015
Quand pour se réconcilier avec sa propre histoire, Léonie se construit sur de de bouleversants souvenirs et nous oblige à (re)découvrir un épisode récent de l’Histoire du Rwanda. N’oublions pas…

Après la peine / Ahmed Kalouaz. Rouergue, 2014.

 

Un tête à tête mélancolique entre un père et son fils entre souvenirs et révélations.

Lire aussi les avis de Pépita et de Bouma.

Vide-grenier / Davide Cali, Marie Dorléans. Sarbacane, 2014
Bric à brac de souvenirs entassés dans le grenier ; il suffit de remettre le nez dans les cartons oubliés pour retomber en enfance et décidé .. de ne plus s’en séparer !
Lire aussi l’avis de Chlop.
Sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait Livresse
Les souvenirs, ça se construit aussi ! Ou comment transformer le malheur en bonheur ? Une belle illustration de résilience avec une galerie de personnages hauts en couleur.
Lire aussi les avis d’Alice et de Pépita.
Souvenirs de papier de Baptistine Mesange et Jessica Lisse.
Dans cet “album-souvenir”, le narrateur revient sur les amis de papier qui ont peuplé son enfance : un ours en peluche à qui il a offert une partie de son cœur, une jolie poupée et son amie imaginaire, un coffret pour y glisser tous ses secrets… Un album très psychologique voire philosophique qui aborde avec beaucoup de justesse, de tendresse et une petite pointe de mélancolie le passage de l’enfance au monde adulte.
Dans Un Petit bout de Bib(liothèque)
Mon grand-père de Christine Schneider et de Gilles Rapaport.

Un livre sensible qui rappelle tous ces moments de l’enfance passés avec son grand-père, ceux qui restent malgré la disparition de l’être cher.
Lire l’avis de Pépita
Le Marchand de souvenirs de Ghislaine Biondi.
Quand on n’a pas eu de père, difficile de s’en souvenir. C’est pourtant ce que propose ce marchand de souvenirs…
Un album intemporel qui rappelle que chaque être humain est passé par mille vies avant de devenir celui que l’on connaît. Avec tout le talent de Lane Smith, en plus.
Chez La Collectionneuse de Papillons
Quelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal.

Partir à la recherche de ses souvenirs, une quête qui n’a pas de prix, surtout quand elle permet à une jeune homme de construire le lien avec son grand-père.
Lire l’avis de Pépita
La Gigantesque petite chose de Béatrice Alemagna.
Béatrice Allemagna signe un album gigantesque pour évoquer ces moments infiniment précieux que nous chérissons tous au fond de notre mémoire.
Dans la Littérature enfantine de Chlop
 
Guirlandes de poupées, J. Donaldson R. Cobb Kaléidoscope
Entre réel et imaginaire, une fillette joue avec une guirlande de poupées. Jusqu’au moment où elles croisent une paire de ciseaux bien réels, et c’en est fini de la guirlande de poupée… Mais il reste toujours quelque chose des bons moments passés, une place attend les poupées disparues dans la mémoire de la fillette.
Dans la maison de ma grand-mèreAlice Melvin, Albin Michel jeunesse
Nous suivons une petite fille qui traverse la maison de sa grand-mère, dans la quelle chaque pièce, chaque objet, lui évoque un doux souvenir.
Lire l’avis de Pépita
Dans l’Atelier de Cœurs
Mon bison de Gaya Wisniewski chez Mémo
L’histoire d’une amitié entre une petite fille et un bison racontée par une vieille femme.
Une somme de souvenirs de Thomas Scotto et Annaviola Faresin chez Notari
L’histoire d’un homme qui décide de se séparer de ses souvenirs et qui ignore qu’ils ont aussi du sens pour les autres.
Le grenier de Mona Leuleu chez Seuil Jeunesse
Des souvenirs à découvrir à l’aide d’une torche à lumière bleue.
Mamie est partie de POG et Lili la Baleine chez Gautier Langereau
Une petite fille qui arrive à faire le deuil de sa grand-mère grâce aux souvenirs qu’elle lui rapportait de ses voyages.
Sur l’île aux trésors
Mémoire en eaux troubles de Joëlle van Hee
 
Un roman qui évoque à la fois les souvenirs de la deuxième guerre mondiale, à travers le grand-père du protagoniste, et la perte de mémoire suite à la maladie d’Alzheimer.

 

 

Bons souvenirs de 2018 !

En attendant nos coups de cœur de l’année qui vient de s’écouler, toute l’équipe A l’Ombre du Grand Arbre vous souhaite un joyeux réveillon !

Les coups de cœur d’octobre 2018

Le week-end dernier nous avons bénéficié d’une heure de plus (piètre consolation pour voir la nuit tomber une heure plus tôt en ce lundi) et nous l’avons passé à… lire bien sûr ! Et parmi nos lectures du mois, des coups de cœur se distinguent…

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Chloé (Littérature enfantine) a choisi un album tout simplement merveilleux. Qui montre tout un tas de sports également merveilleux. Qui donnerait presque envie de s’y mettre, c’est dire si c’est merveilleux. Vive le sport, Ole Koennecke, école des loisirs.

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HashtagCéline s’est fait agréablement surprendre par Christopher Bouix. Son roman bourré d’humour et de références aux années 90 lui a fait profiter d’une petite parenthèse ensoleillée très appréciable en ce début d’automne  : La théorie de l’iceberg paru aux éditions Gallimard.

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Isabelle (L’île aux trésors) a été bouleversée par la lecture de Sirius, de Stéphane Servant : une couverture magnétique, une écriture lumineuse, une quête captivante, des rencontres extraordinaires et un message d’espoir, une invitation à prendre conscience du caractère éphémère et précieux de notre monde…

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Alice (Alireauxpaysdesmerveilles) s’est laissée amuser par un drôle de conte en randonnée qui présente intelligemment la chaine alimentaire. Un album poétique et inattendu  qui se recommence à l’infini… D’une petite mouche bleue de Mathias Friman.

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Colette, la collectionneuse de papillons, rêve d’aborder les rivages de l’art avec ses Petits-Pilotes à l’aide d’un bel album format paysage qui se déplie, dans lequel le lecteur crée sa propre exposition au gré des émotions que lui procurent les œuvres proposées sous formes d’autocollants repositionnables. Il s’agit de La Grande exposition des émotions de Claire Zucchelli-Romer publiées chez Palette…

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Aurélie a eu deux coups de cœur à mettre dans son atelier :

  • Le premier par sa forme atypique, Le livre du livre du livre de Julien Baer et Simon Bailly chez Hélium, qui met en abîme trois fois le même récit mais avec des illustrations différentes.
  • Le deuxième par l’envie irrépressible de lire à voix haute le très bon conte Le p’tit bossu qui en avait plein l’dos de Gigi Bigot et Pauline Comis chez Didier Jeunesse. Un album sur le harcèlement scolaire mais aussi sur le refoulement des soucis de la vie.

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Bouma (Un Petit Bout de Bib) a traversé l’Atlantique, est revenue quelques années en arrière, le temps de découvrir la Pension Giboulée et sa ribambelle de personnages sortie tout droit de l’Amérique des années 50. Avec Broadway Limited de Malika Ferdjoukh, elle a passé un superbe moment et vous conseille chaudement cette série de l’école des loisirs.

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Pépita de Méli-Mélo de livres a eu tellement de coups de cœur le mois dernier qu’il est très difficile de ne pas tous les mettre. Mais elle a été littéralement cueillie par ce sublime album “Capitaine Rosalie” de Timothée de Fombelle et Isabelle Arsenault chez Gallimard jeunesse, dont vous retrouverez une lecture en duo lundi prochain sur ce blog. Patientez jusque là !

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Yoko Lulu (Lectures lutines) a été charmée par les mystères et le suspense entourant le manga Orange d’Ichigo Takano chez Akata. Ses sept tomes abordent l’amour, le suicide et la téléportation d’une façon légère et agréable.

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Pour Sophie, c’est un coup de cœur pour un album d’une ancienne branche de l’arbre, Sandra Le Guen. Avec les illustrations pétillantes de Popy Matigot, elle propose un bel album sur l’envie de voyager jusqu’À l’horizon, publié chez Maison Eliza.

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Et Solectrice (Lectures lutines), a été attendrie par une bande dessinée sage et poétique. De brefs récits mêlant contes zen et attentions au monde qui nous entoure. La vie semble plus simple quand on la voit du bon côté ! Ainsi considère-t-on autrement la malchance avec Le jour où le bus est reparti sans elle de Béka et Marko chez Bamboo édition.

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Vous aussi, profitez pleinement de ces journées automnales, des veillées à lire et n’hésitez pas à partager avec nous vos impressions sur ces coups de cœur.