Nos coups de coeur d’avril

En ce mois d’avril qui voit passer les oiseaux migrateurs au ras des champs ou très haut dans le ciel, nos regards ont suivi les horizons de livres enchanteurs, colorés, tourbillonnants. En voici un échantillon bigarré comme le plumage du geai, écarlate comme la gorge de l’hirondelle rustique et lumineux comme le cygne chanteur.

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Pour Colette, collectionneuse de papillons, son escapade à L’Escale du livre de Bordeaux a été l’occasion de découvrir le travail si délicat et tellement visuel d’Anne-Margot Ramstein. Déjà conquise le mois dernier par Dedans/dehors, la voilà envoûtée par l’histoire de l’album sans texte de La Perle écrit à quatre mains avec l’auteur Mathis Arégui. On y suit de page en page, l’odyssée d’une perle à la fois à travers l’espace et le temps. La poésie s’y mêle à la géographie et la beauté des couleurs et des formes s’y déploie à chaque page.

La Perle, Anne-Margot Ramstein, Mathis Arégui, La Partie, 2021.

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Observer la migration des oiseaux est l’activité principale de l’un des personnages du Château des Papayes, roman coup de cœur de Lucie ce mois-ci. C’est toujours avec appréhension que l’on s’attaque à un nouveau livre d’un auteur dont on a aimé le précédent. Ce nouveau roman allait-il être à la hauteur de Pax et le Petit soldat ? La réponse est OUI !
Lucie s’est immédiatement attachée à Ware, héros sensible et attentif aux autres, qui fait passer le bien être de son entourage avant le sien. Jusqu’à ce qu’un concours de circonstances le mène devant les ruines d’une église. Sara Pennypacker sait croquer des personnages tendres, tenaces et créatifs. Venez découvrir Le Château des Papayes !

Le Château des Papayes, Sara Pennypacker, Gallimard Jeunesse, 2021.

Son avis complet est LA. Retrouvez aussi ceux d’Isabelle et de Linda ou Liraloin au sujet de Pax et le Petit soldat.

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Le petit garçon d’Un week-end de repos absolu pourrait aussi prendre le temps d’observer les oiseaux. Il est à la campagne et profite tranquillement de son week-end… pendant que ses parents s’agitent.
Car s’ils sont partis au vert pour se ressourcer, ils ne cessent de trouver quelque chose à faire. La barrière à repeindre, les mûres à cueillir puis à cuisiner… ils ne s’arrêtent pas une minute. Avec humour et bienveillance, Davide Cali épingle notre fâcheuse tendance à remplir nos journées d’activités frénétiques. Mais s’adonner à des activités manuelles n’est-ce pas tout de même une manière de déconnecter du travail et des écrans ?
Les illustrations très inspirées des années 60 d’Alexandra Huard apportent un côté intemporel et pétillant à cet album. Et nous invite à penser que cette peur du vide n’est peut-être pas si récente !

Un Week-end de Repos Absolu, Davide Cali, illustrations d’Alexandra Huard, Sarbacane, 2013.

L’avis de Lucie.

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Linda s’est envolée vers l’Île-du-Prince-Edouard pour retrouver cette âme sœur, cette amie de papier qui ont bercé son enfance et accompagne désormais les pas de sa fille alors qu’elle entre dans l’adolescence. Quel plaisir de retrouver Anne Shirley dans cette adaptation en bande dessinée ! Si le style graphique a été une surprise, la lecture n’en a pas été moins délicieuse.

Anne… La maison aux pignons verts – La bande dessinée, Mariah Marsden et Brenna Thummler, Scholastic, 2019.

Retrouvez son avis complet et des visuels ICI.

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Linda a ensuite traversé l’Atlantique en compagnie de Nellie Bly, cette pionnière du journalisme d’investigation qui a débuté un Tour du Monde en faisant une première escale en Angleterre. Accompagnée du jeune gentleman londonien Phileas Fogg, elle part sur les traces du célèbre Jack l’éventreur dans une enquête qui ne manque pas de rythme et de suspens. Deux héros, l’un fictif, l’autre réelle, dans une nouvelle série d’enquêtes à lire dès 9/10 ans.

Nellie & Phileas – Détectives globe-trotters, tome 1. Le Crime de White Chapel, Roseline Pendule, Gulf Stream, 2022.

Son avis complet est ICI.

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Pour Liraloin, le besoin d’un retour aux sources se fait sentir. Le plus bel été du monde de Delphine Perret est un vrai coup de cœur oxygénant !

 Tu es prêt ?
Oui. »

C’est l’heure de quitter la ville pour passer l’été dans cette maison de campagne, loin de toute une agitation et de la routine habituelle. Dans cette maison que l’on aime retrouver, il y a les bonbons de l’année passée. Sont-ils encore bons ? Des bottes devenues trop petites mais ce n’est pas grave, il y en a d’autres paires à la bonne pointure. Il y a des questions sur l’enfance de maman et des réponses pleines de nostalgie. Cette maison n’en finit pas de livrer ses secrets et ses alentours sont propices à l’observation de multitudes de bestioles et de paysages ensoleillés.  

Les allées et venues d’amis et de la famille vont rythmer l’enfant et sa maman :

« –Allez jouer, on vous rappellera pour le dessert.
-Est-ce que c’est le dessert ?
-Pas encore.
-Hé ho ! C’est le dessert ! Vous êtes où ? »

En toute simplicité, Delphine Perret, le temps d’un été, écrit une vie de nostalgie où les retrouvailles dans cette maison de famille nous donne une respiration bien particulière. Le temps de s’arrêter, de s’émerveiller, d’apprendre à lacer ses chaussures, de trouver et perdre pour ensuite retrouver et reperdre sa casquette. Une plongée qui fait un bien fou loin de tout, de toute connexion, juste celle entre une maman et son enfant et leur entourage. Page après page, l’histoire invite la-le lectrice-lecteur à se poser, se reposer afin de profiter au maximum des dessins alternant scènes quotidiennes et paysages oxygénant !


Le plus bel été du monde de Delphine Perret – Les fourmis rouges, 2021
Prix Sorcières 2022 dans la catégorie Carrément Beau Maxi

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Isabelle et ses moussaillons se sont lancés sur les traces de LA star de la littérature anglaise : Sir William Shakespeare himself ! Et avec lui, c’est l’histoire du théâtre qui se dévoile, au fil des pages du fabuleux documentaire édité par les éditions Little Urban.
À Londres, à l’époque, 1/5 de la population assistaient quotidiennement à un spectacle. Ce n’était pas de la tarte entre les risques d’épidémie (le premier théâtre londonien se situait hors des murs de la ville, plus prudent), une bonne dose d’impro vu le nombre de pièces que les comédiens devaient s’approprier en peu de temps, le taux de mortalité parmi les personnages et le sang qui giclait par le truchement de poches de sang d’animaux… Les anecdotes sont réjouissantes, mises en valeur par ces pages joyeusement colorées. Au fil des pages, on ne peut qu’être sidéré.e par la richesse de l’œuvre shakespearienne qui couvre tous les genres, de la tragédie à la comédie et aux pièces historiques, en passant par la romance et la poésie. Maintenant “to read or not to read, that is the question !”

Le Monde Extraordinaire de William Shakespeare, d’Emma Roberts, Little Urban, 2022.

L’avis complet d’Isabelle

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Et en roman, l’équipage de L’île aux trésors a décidé, une fois n’est pas coutume, de voyager en train avec l’incroyable Maydala Express ! Écrit à deux mains par deux stars de la littérature italienne, ce roman d’aventure steampunk démarre sur les chapeaux des rails. Nous voilà donc plongés dans les fumées industrielles d’une ville sous la coupe d’une tentaculaire société ferroviaire. Finally survit, comme d’autres orphelins, en faisant le ménage dans la Gare grise, rêvant de devenir un jour mécanicienne. Par un concours de circonstances, la jeune fille se retrouve en possession d’un billet pour le Maydala Express. Une ligne ferroviaire aussi légendaire que convoitée, dont personne ne sait où elle se rend. C’est le début d’un périple initiatique semé d’embuches et de surprises. Un bel objet-livre, des personnages hauts en couleur, beaucoup d’aventure et surtout, un bel hymne au voyage !

Maydala Express, de Pierdomenico Baccalario et Davide Morosinotto, L’école des loisirs, 2022.

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Blandine aime découvrir des parcours de vie, ceux qui ont été tragiquement oubliés ou écartés, comme les nuances de ceux que nous pensons connaître.

Le rêve de Mademoiselle Papillon. Alia CARDYN et Julien ARNAL. Robert Laffont, 2022

Mademoiselle Papillon avait un rêve que l’on disait trop grand pour elle! Un rêve d’avenir pour tout les enfants dans le besoin, un rêve pour les sauver, les voir grandir en sécurité et heureux, protégés du froid, de la maladie et de la haine des Hommes. En 1919, ce rêve était aussi nécessaire que difficile à réaliser, et encore plus pour une femme! Pourtant Mademoiselle Papillon a réussi. Et son rêve est toujours visible et actif aujourd’hui.

Cet album est un hommage sensible et vibrant à Thérèse Papillon, et une adaptation du roman “Mademoiselle Papillon” d’Alia Cardyn. Le préventorium qu’elle a ouvert dans l’Abbaye de Valloires (Somme) a accueilli et aidé des milliers d’enfants, et est visitable avec ses jardins.

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Nina Simone, mélodie de la lutte. Sophie ADRIANSEN. Charleston, 2022

Avec empathie et passion, Sophie Adriansen nous raconte qui était Eunice Waymon devenue Nina Simone, son enfance, la musique classique, son mariage, son engagement dans la Lutte pour les Droits Civiques, tout en nous restituant son époque, le contexte social et politique des Etats-Unis, et ce qu’il en est malheureusement encore aujourd’hui. Ce faisant, l’autrice se raconte aussi, révèle sa réflexion quant à son identité, sa couleur, sa place de citoyenne.

Un roman et hommage magnifique et saisissant! Chronique de Blandine ICI.

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Quid de vos lectures à vous ? Dites-nous : si elles étaient un oiseau, lequel seraient-elles ?

Nos coups de coeur de mars

Ce mois-ci, vous vous en doutez, nous avons fait le plein de lectures en attendant des jours meilleurs et ensoleillés !

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C’est le moment de sortir du cocon et de s’ouvrir au monde qui a séduit Liraloin dans cette lecture aux magnifiques illustrations.

Mon amie la chenille de Marion Janin, l’atelier du poisson soluble, 2021

La chenille et son amitié, celle qui nous comprend, celle pour qui on fait une grande place. Un secret bien gardé qui peut rebuter et effrayer si on ne rentre pas dans « ce monde ». Et pourtant, il faut bien s’y frotter à ce « monde », le dehors : la nature se dévoile et se révèle à moi. L’exubérance du monde me saisit et m’enveloppe toute entière.

La chenille se change, mue en un cocon quittant peu à peu sa forme originelle. Elle nous transporte, nous ouvre vers d’autres personnes, d’autres chemins…

Marion Janin et son talent d’illustratrice mais aussi d’autrice sait transposer les sentiments éprouvés durant l’adolescence. Une délicatesse rare où se mêle l’apprentissage de la vie à travers l’amitié que l’on éprouve pour soi et pour les autres. Alors même si tout semble emmêlé comme les végétaux dans une chevelure, viendra le moment où l’envol se fera un jour ou l’autre.

Retrouvez l’avis de Linda ici

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Deux coups de cœur très différents pour Lucie ce mois-ci, mais qui tous deux questionnent notre rapport à l’art.

Tout d’abord, Jours de sable. Dans cette bande dessinée inspirée de faits réels, Aimée de Jongh nous entraîne dans le Dust Bowl pendant la Grande Dépression. Un jeune photographe est envoyé par la Farm Security Administration afin de documenter les conditions de vie des paysans et de leurs familles. Mais peu à peu, John Clark va baisser son appareil et aller à la rencontre des gens. Les dessins en teintes ocres sont somptueux et la réflexion sur le cadrage et le pouvoir de la photo passionnante.

Jours de sable, Aimée de Jongh, Dargaud, 2021.

Son avis complet ici.

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Après la photographie, c’est l’art pictural qui est au centre de Aspergus et moi, du tandem Didier Lévy – Pierre Vaquez (aussi à l’origine du Train fantôme sélectionné pour le prix UNICEF de littérature jeunesse 2021).

Le narrateur de cet album est un petit assistant anonyme d’un grand peintre, responsable de la fabrication des dizaines de noirs nécessaires aux tableaux son patron. Mais voilà que ce Maître s’ennuie. Faire les portraits des puissants n’est finalement pas si réjouissant. Alors ce petit assistant va l’aider à retrouver son âme d’enfant, et par-là même la joie de peindre.

De Picasso à Pollock, en passant par Pierre Soulages et Walt Disney, nombreuses sont les références aux artistes modernes dans cet album magnifiquement illustré à la matière noire. Mais il n’est pas indispensable de les connaître pour apprécier l’histoire (le maître n’est pas toujours celui que l’on croit) et les illustrations.

Aspergus et moi de Didier Lévy, illustrations de Pierre Vaquez, Sarbacane, 2017.

Son avis complet ici.

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L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020

Blandine a totalement plongé dans le récit de JK Rowling qui nous emmène dans le Royaume prospère de Cornucopia, sur lequel règne le Roi Fred Sans Effroi, malheureusement trompé par ses deux conseillers. Mensonges, manipulation, pouvoir mais aussi amitié et entraide ponctuent ce roman à la langue facétieuse et très visuelle.

Son avis complet ICI, et celui d’Isabelle.

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Pour Linda, il y a eu peu de lectures en mars mais un beau coup de cœur s’est glissé en mode relecture par le biais d’une lecture à voix haute avec le très classique et sensible Anne de Green Gables. Un premier volume d’une série qui fait l’épreuve du temps et prouve que le charme désuet d’une époque révolue peut encore séduire les jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture, 2020.

Voici les avis de Linda et Isabelle.

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Isabelle a craqué pour un album au charme nordique mystérieux, superbement illustré par Clément Lefèvre. Un drame aux allures de conte, déclenché par la cause de la course au profit au mépris du respect le plus élémentaire de la vie et de la nature. À lire idéalement en forêt, et à faire découvrir aux lecteur.ice.s déjà grand.e.s. Pour le plaisir de l’œil, de l’imagination et de la réflexion.

La Magicienne, de Myriam Dahman et Clément Lefèvre, Glénat Jeunesse, 2021.

Son avis complet

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Colette s’est plongé avec son Petit-Pilote dans les grandes et intrigantes illustrations de l’album sans texte Dedans, dehors. Le duo Anne-Margot Ramstein et Matthias Aregui explore avec une subtile ingéniosité les ressources du cadrage et de l’échelle des plans. Chaque double page de l’album offre une vision simultanée d’un même paysage ou d’une même scène mais d’un point de vue différent : d’un côté l’extérieur de la scène, de l’autre l’intérieur de la scène. Un livre qui nous invite à chercher du sens dans ce qui n’en a pas au premier abord et à nous raconter des histoires pour créer du lien entre chaque image. Un livre comme une invitation à regarder le monde autrement.

Dedans, dehors, Anne-Margot Ramstein & Matthias Aregui, Editions Albin Michel, 2017.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en ce mois de mars ?

Nos coups de cœur de février

Le printemps approche et les premiers bourgeons apparaissent déjà. Sous le soleil de février, découvrez les livres qui ont fait vibrer les blogueuses du Grand arbre !

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Lucie a lu un certain nombre de romans et d’albums de François Place pour la préparation de l’article qui lui est consacré dans la rubrique “nos classiques préférés” et son interview. Et elle a eu un énorme coup de cœur pour Le vieux fou de dessin. Ce texte illustré consacré à Katsushika Hokusai aborde de thème de la transmission et d’une certaine vision de l’art. Dans le Japon du XIXème siècle, les illustrations de François Place se mêlent avec bonheur aux reproductions des estampes de l’artiste.

Le vieux fou de dessin, François Place, Gallimard Jeunesse, 2001.

Retrouvez les avis de Lucie et de Blandine.

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Dans le même temps, Lucie a trouvé la lecture du troisième et dernier tome de la saga Steam Sailors particulièrement réjouissante. Pourtant, qu’il est difficile de mettre un point final à une épopée si créative, de conclure les fils narratifs patiemment tissés et de combler les attentes des lecteurs ! E. S. Green y parvient, et avec brio.

Steam Sailors, 3. Le passeur d’âmes, E. S. Green, Gulf Stream éditeur, 2021.

Retrouvez les avis de Linda, Isabelle et Lucie.

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Pour Linda, les belles lectures ont été nombreuses en février et il n’a pas été facile de faire un choix. Très attachée à l’image, elle a mis l’accent sur les lectures de romans illustrés, mais c’est Kodi qui se démarque par son format. Ce roman graphique américain est l’œuvre de Jared Cullum, un artiste inconnu jusqu’alors en France. Son histoire est celle d’une rencontre entre une fillette introvertie et un ours kodiak solitaire qui deviennent amis et inséparables. Lorsqu’ils sont contraints de se séparer, Kodi quitte son Alsaka natal pour la ville de Seattle à la recherche de sa jeune amie humaine. C’est une histoire tendre et touchante à découvrir pour la beauté du trait et la richesse des émotions.

Kodi de Jared Cullum, Komics Initiative, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Et parce qu’il serait impossible de parler d’importance de l’image sans mettre en avant le travail du studio MinaLima, Linda a aussi eu un énorme coup de cœur pour leur adaptation illustrée et animée de Harry Potter à l’école des Sorciers. Redécouvrir le texte dans ce format richement décoré et valorisé par une édition de qualité fut un plaisir indescriptible. Il faut bien avouer que c’est une édition faite pour le collectionneur, sa fragilité n’en fait pas un livre que l’on peut feuilleter sans précaution mais elle rend la lecture jouissive.

Harry Potter à l’école des Sorciers, de J.K. Rowling, illustré par MinaLime, Gallimard jeunesse, 20220.

Son avis complet est ICI.

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Pour Liraloin, le coup de cœur est pour un roman ado pas comme les autres. Il s’agit du titre Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot.

Un roman où la vie se passe, s’expérimente et les où les connexions sociales ne sont pas toujours simples. Ce groupe d’ados qui va tenter d’analyser cette année de terminale et le chemin qui s’ouvre vers le monde des adultes. Rien ne va jamais très loin dans leurs réflexions mais c’est leur façon à eux de ressentir la vie, vivre l’amitié et l’amour en cette année si particulière. Un roman au ton et à l’humour bien tranchant qui rend cette histoire très juste.

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot, Actes sud junior, 2020

Son avis complet est ici.

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Isabelle et ses moussaillons ont eu soif de merveilleux en ce mois de février. Alors ils ont adoré s’attacher, avec le jeune Jack, à un cochon en peluche délavé et rapiécé, puis le rechercher désespérément – quitte à devoir pour cela se rendre au pays des Choses perdues en compagnie d’un contrariant Cochon de Noël… Cette intéressante contrée nous donne à réfléchir à tout ce qui peut se perdre et, dans la masse, à ce qui revêt plus ou moins de valeur dans notre monde consumériste où les choses se jettent et se remplacent en un clin d’œil. Des objets utiles ou superflus, à valeur sentimentale ou absolument vitale. Mais aussi des principes. Ou l’inspiration. C’est malin et inventif, drôle et acéré.

Jack & la Grande aventure du Cochon de Noël, de J.K. Rowling, illustrations de Jim Field. Gallimard Jeunesse, 2021.

Les avis d’Isabelle, Blandine, Linda et Lucie.

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Et en album, l’équipage de L’île aux trésors a craqué pour Mina, une souris casanière qui n’aime rien tant que sa petite bulle douillette. Ce qu’elle apprécie moins, c’est l’énergie bruyante de son baroudeur de père. Les choses se corsent le jour où il ramène ce qui serait d’après lui un écureuil… Au premier coup d’œil, on reconnaît avec plaisir le coup de crayon, la palette de couleurs chatoyante, l’univers et le bestiaire bien à lui de Matthew Forsythe. Impossible de résister à la douce fantaisie qui règne sur l’histoire et les dialogues. Ces pages laissent sur la rétine une agréable impression, un assouvissement né des couleurs fauvistes et du confort de ce petit monde de souris. Divertissant, plein d’imagination, tout simplement splendide.

Mina, de Matthew Forsythe, Little Urban, 2022.

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Colette a enfin pris le temps de partager avec ses Petits-Pilotes le bel album Destins d’aventurières offert par Aude, sa work wife for ever, qui dresse le portait de 16 femmes hors du commun. Un album pour découvrir de nouveaux horizons et explorer le monde avec curiosité et enthousiasme. Un album qui pourra être mis à l’honneur demain pour la Journée internationale des droits des femmes.

Destins d’aventurières, Lucie Birba, Editions du trésor, 2020.

Et pour celles et ceux qui chercheraient d’autres livres sur ce sujet, n’hésitez pas à faire un tour sur notre article de l’année dernière dédiées aux femmes combattantes, inspirantes, innovantes : girl power !

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En parlant de destin féminin, Blandine a eu un grand coup de cœur pour la biographie d’Alice Guy, réalisée par Catel et Bocquet.

Alice Guy. Catel & Bocquet. Casterman, 2021

Pionnière du cinéma, Alice Guy l’a inventé! Pas l’outil, mais bien la faculté qu’a le cinéma à nous transporter dans des ailleurs, à nous raconter des histoires à nous faire rire, etc. Alors que le tournant du XIXe-XXe siècle foisonne d’inventions, Alice Guy se fait une place dans un monde résolument masculin. Pourtant, son nom a été effacé. Découvrez pourquoi dans cette passionnante biographie!

La présentation complète de Blandine ICI

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“Plus y a de musique dans le monde, et moins il est vide” a dit Ma Rainey, la “Mère du Blues” et avec ce petit album documentaire qui nous présente 40 chanteurs et groupes, le monde vibre, chante, danse, et s’émeut.

Black Music. Olivier CACHIN et Jérôme MASI. Gallimard Jeunesse, 2017

De la soul, au blues, au funk, au rock et jusqu’au hip-hop, “40 artistes de la musique noire” et si universelle nous sont présentés entre succès, influences et anecdotes. Et c’est passionnant! Le petit plus: avoir une application musicale à portée de main pour prolonger les (re)découvertes!

La chronique complète de Blandine LA

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Isabelle et ses Moussaillons ont suivi Jack et le Cochon de Noël, Blandine a été voir si L’Ickabog existait, ou pas…

L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020

Une créature que l’on dit malfaisante et terrible, vivant dans des contrées éloignées, nourrissant histoires et légendes, une expédition qui tourne court et mal… et voilà comment les deux conseillers du roi Fred Sans Effroi ont fait mainmise sur le pouvoir du Royaume fort joli et prospère de la Cornucopia. L’Ickabog est un conte politique sur les abus de pouvoir, les manipulations et mensonges qui abusent et assujettissent le peuple, pour lui faire croire à un danger contre lequel il faut absolument se prémunir, moyennant impôts et mesures liberticides. Un conte très riche, servi par une écriture très visuelle et immersive, brillamment traduit par Clémentine Beauvais.

Les avis de Blandine, d’Isabelle, de Lucie

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau ces dernières semaines ?

Nos coups de cœur de janvier

Quels ont été les premiers coups de cœur de l’année du Grand arbre ?
C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article, et force est de constater que la grisaille nous a orientées vers des œuvres lumineuses et/ou porteuses d’espoir !

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Pour Linda, c’est un classique illustré qui a marqué le mois de janvier. La lecture à voix haute des aventures de Arsène Lupin, fut un moment jouissif partagé avec sa demoiselle qui s’est régalée de la finesse d’esprit et des manières courtoises et ironiques de ce Gentleman Cambrioleur. Le texte est par ailleurs rendu plus immersif par les sublimes aquarelles de Vincent Mallié qui viennent illustrer ces nouvelles avec brio.

Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur de Maurice Leblanc, illustré par Vincent Mallié, Margot, 2021.

Son avis complet est à lire ICI.

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Pour Liraloin c’est le trait et l’écriture de Gaya Wisniewski qui a retenu toute son attention. Un album inspirant !

Aleksander vit dans une immense ville où il a oublié ses rêves d’enfant : « Combien de temps vas-tu encore faire semblant ? » lui crie Ours. Ours est un animal qu’Aleksander dessinait lorsqu’il se promettait de réaliser ses désirs de garçonnet. Hélas, le jeune homme est devenu spectateur de sa propre vie et il faudra sans doute l’intervention de son ancien doudou Foxi pour qu’il en prenne conscience.

« Mais… Tu sais, quand tu arrives tout au fond d’un tourbillon, rebondis en oblique, comme ça, tu casses le mouvement. Chaque tourbillon a un moment de faiblesse, et tu peux en profiter pour remonter à la surface. ».Quand Aleksander va-t-il cesser de perdre connaissance et prendre conscience qu’une vie meilleure l’attend ?

Gaya Wisniewski sait parler à nos sentiments les plus profonds. Le texte sonne juste et nous rappelle oh combien il est important de s’arrêter, de mesurer nos choix : « Dis-moi, au fond, c’est pas un peu ça, la vie ? Entre les montagnes russes et le train fantôme ? ». Les illustrations en noir et blanc invitent le lecteur à l’immersion contemplatif que l’on reçoit dans les grosses villes. Se perdre un peu parfois, être rassuré souvent par des souvenirs provenant de l’enfance douce et naïve si pleine d’espoir.

Ours à New-York de Gaya Wisniewski, Mémo, 2020

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Lucie a été emballée par l’histoire de Yasuke, mais surtout par sa mise en images et en couleurs par Frédéric Marais. Incroyable de transmettre tant d’émotions avec des aplats de couleurs ! Les teintes ocre, bleu, blanc et noir se répondent et servent admirablement le destin de cet esclave devenu samouraï.

Yasuke de Frédéric Marais, Les fourmis rouges, 2015.

Son avis complet ICI.

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Isabelle et ses moussaillons ont adoré glisser sans vergogne leur regard curieux par les fenêtres de cet album. De l’extérieur, on discerne un intérieur cossu, appétissant ou terrifiant, façon « Fenêtre sur cour ». À partir de là, l’imagination peut s’emballer ! Mais attention, gardez à l’esprit que la façade peut être redoutablement trompeuse… C’est tout le sujet de Regarde par la fenêtre de Katerina Gorelik, un album malin, charmant et réjouissant grâce à ses petits détails et son humour noir.

Son avis complet ICI.

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Et en roman, le coup de cœur du mois de janvier de L’île aux trésors va sans hésitation à une œuvre magistrale : la trilogie À la croisée des mondes qui fêtait ses vingt ans récemment et que Philip Pullman est en train de prolonger avec la trilogie de la Poussière. Une aventure épique déployée dans un univers d’une densité fabuleuse et infusée de réflexions sur les obscurantismes, les liens entre savoir et pouvoir et la transition vers l’âge adulte.

L’avis d’Isabelle sur les tomes 1 (Les Royaumes du Nord), 2 (La tour des anges) et 3 (Le miroir d’ambre).

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“Lumière” et “espoir” conviennent parfaitement aux deux coups de cœur de Blandine.

Les fins de MOI sont difficiles. Hubert BEN KEMOUN. Flammarion Jeunesse, 2021

Tout commence avec ce titre qui happe, questionne, interpelle, résonne! On fait connaissance avec Mathilde qui force sa nature solitaire pour une amitié qu’elle espère sincère et réciproque. De malheureux évènements vont lui faire ouvrir les yeux mais aussi la révéler à elle-même.

La réalité rattrape et dépasse souvent la fiction comme nous l’écrit l’auteur en postface de son roman qui aborde un sujet ô combien difficile et actuel: le harcèlement! Bien que terrible et glaçant de réalisme, il lui insuffle une espérance pour croire en soi, pour penser que demain sera meilleur, avec l’aide de quelques Autres.

Sa chronique complète ICI.

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L’enfant, la taupe, le renard et le cheval. Charlie MACKESY. Les Arènes, 2020

Ici aussi, le long titre attire l’attention! OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), ce livre est à la croisée des genres et nous décrit la rencontre et les discussions de quatre êtres: un enfant naïf, une taupe gourmande, un renard méfiant et un cheval sage. Quatre êtres qui sont chacun une part de nous, et tour à tour nous. La quête identitaire, sa place dans le monde, le courage, le rapport à l’Autre sont autant de thèmes abordés avec délicatesse et spontanéité. Beaucoup de douceur et de bienveillance se dégagent des quelques mots qui accompagnent des illustrations réalisées à l’encre de Chine, parfois réhaussées de couleurs.

A découvrir de manière classique ou plus spontanée, il se vit plus qu’il ne se lit, et se love directement au cœur.

La chronique complète de Blandine ICI

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Et vous, quels ont été vos premiers coups de cœur de l’année ?

Nos coups de cœur de décembre

Ca y est, les fêtes de fin d’année sont passées. Il est temps de retrouver le quotidien, mais pas question pour autant de plonger dans une routine grisâtre !

Pour commencer cette année 2022 et après un article consacré à nos coups de cœur de l’année 2021, voici les livres que nous avons aimé le mois dernier pour donner de l’élan et de l’allant à ce début d’année.

Nous vous souhaitons une année riche en découvertes et en partages à l’ombre du Grand Arbre !

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Lucie a fait deux belles découvertes en décembre.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, de la sensible et toujours juste Jo Witek. Lu sur les conseils de Frédérique, ce roman qui faisait partie de la sélection du Prix Vendredi raconte sans détour ni effets le destin d’une adolescente victime d’un mariage forcé. L’histoire est glaçante, mais aussi incroyablement lumineuse grâce à son héroïne pleine de vie. Un roman bouleversant.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle de Jo Witek, Actes Sud, 2021.

Les avis de Frédérique et de Lucie.

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Il est rare qu’un documentaire soit l’objet d’un coup de cœur. Peut-être parce que sa forme invite moins à l’émotion. Et pourtant, L’Amazone, Fleuve de la biodiversité a lui aussi conquis Lucie. Ses illustrations toutes douces, la qualité et la diversité des informations sélectionnées en font un ouvrage à part. Marie Lescroart a su trouver le ton entre récit et documentaire pour conter l’histoire de ce fleuve fabuleux.

L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart, illustrations de Catherine Cordasco, Editions du Ricochet, 2021.

Son avis ICI.

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La collectionneuse de papillons a trouvé au pied du sapin le dernier album d’Emmanuelle Houdart car elle n’en manque jamais aucun et ses proches le savent. Un album à la couverture magnifique colorée et terriblement intrigante. Le titre aussi titille l’imagination : de quel mortel va-t-il s’agir ici ? Au fil de ses illustrations riches de détails et de provocations, Emmanuelle Houdart s’essaye à une forme de documentaire très subjectif sur la mort, ses symboles, ses personnages, ses lieux… Un sujet qui n’est pas très joyeux et que pourtant l’artiste parvient à rendre accessible au fil de ses créatures déroutantes.

Mortel, Emmanuelle Houdart, Les Fourmis rouges, 2021.

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Le troisième et dernier volume de la série Steam Sailors a fait chavirer l’âme aventurière de Linda. Les pirates de l’air arrivent au Tartare, dernière étape d’un voyage semé d’embuches, lieu mythique chargé de magie. Sur place ils auront fort à faire et ne manqueront pas de tendre la main pour quérir toute l’aide possible. E.S. Green signe une conclusion explosive d’une série qui révèle tout son amour pour les histoires de pirates.

Steam Sailors, tome 3. Le Passeur d’âme de E.S. Green, Gulf Stream éditions, 2021.

Son avis complet est ici.

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À la recherche d’albums premier âge pour ses petits neveux, Isabelle a littéralement fondu en découvrant Bonne nuit tout le monde ! Cet album évoque le coucher avec une douceur infinie. Douceur du texte rythmé comme une comptine. Douceur et délicatesse des illustrations de Komako Sakai qui semblent parées du voile qui tombe sur le monde à l’approche du sommeil. Douceur de constater que tout est sa place et que l’on peut sereinement se laisser glisser dans la nuit. Un album adorable pour rendre le rituel du coucher plus tendre encore.

Bonne nuit tout le monde ! de Komako Sakaï et Chihiro Ishizu. L’école des loisirs, 2018.

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Et en lecture à voix haute avec ses moussaillons, Isabelle a beaucoup aimé s’immerger en lecture à voix haute dans l’expérience de pensée post-apocalyptique des Nuées, la nouvelle série de Nathalie Bernard. Le scénario est d’autant plus percutant qu’il est parcimonieux : qu’adviendrait-il si une catastrophe pulvérisait notre cadre spatio-temporel ? Les récits des deux héroïnes se font écho, donnant, par petites touches, de la consistance au monde d’Eremos, son histoire, ses rites, ses fondements politiques, linguistiques et mythologiques. On se prend au jeu, la tension monte et au moment de refermer le livre, on brûle de lire la suite pour savoir ce que deviendront les deux héroïnes et sonder enfin les ténèbres qui persistent autour d’Érémos. Un récit d’anticipation happant et émouvant, entre ombre et lumière, dont la suite est attendue avec impatience !

Les Nuées, Livre 1 : Érémos, de Nathalie Bernard. Thierry Magnier, 2021.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en décembre ? Et quelles sont les lectures sous le signe desquelles vous avez envie de placer le renouveau de ce début d’année 2022 ?