Nos coups de coeur de février

Comment ça le printemps ne pointe pas encore le bout de son nez ? La pluie nous rend marteau heureusement que la lecture adoucit notre quotidien. Voici des livres aimés pour mieux vous conseiller !

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Pour Liraloin, c’est une lecture à voix haute qu’il faut retenir ce mois-ci, un texte mis en scène par des illustrations qui montrent encore une fois toute l’originalité de cette maison d’édition qu’est le Rouergue.

Droméo et Chuliette de Marcus Malte et Henri Meunier, Le Rouergue, 2025

Ces deux-là ne sont pas faits pour se rencontrer. Quel point commun peut-on trouver entre Droméo, pianiste né au (bon) endroit où les palissades protègent (sans doute) des autres (mal intentionnés ?) et Chuliette née au (mauvais) endroit vivant dans une tour, jouant des heures à Fornite (faut bien tuer ce temps) ? Est-il si énorme ce point d’interrogation, chère spectatrice, cher spectateur : quel point commun ? L’Amour bien sûr, celui qui ne fait aucune différence entre le thé chaud et la citronnade. L’Amour, celui qui n’a pas de (frontière) tout comme ce bon vieux bus 53 traversant côté cour et côté jardin.

Suivre l’écriture en vers de Marcus Malte c’est déclamer à voix haute cette histoire où la tragédie n’est que toile de fond.

« Mes pensées sont amères

La faute à Dromadaire

Mon cœur dans un étau

C’est la faute à Chameau »

On veut y croire à cet amour, cette vie sans Droméo et Chuliette ne peut exister sans la pincée d’espoir qui est semée tout le long de cette histoire. De son dessin minimaliste, Henri Meunier entre dans le secret du cœur de nos deux jeunes héros, donne des indications scéniques sur cet amour (contrarié), allège nos peurs et nous rend optimiste face aux obstacles.

La chronique de Séverine ICI et celle de Lucie .

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Pour Séverine, l’un des gros coups de cœur du mois de février, c’est le dernier recueil de poésie de Carl Norac, illustré par la grande Anne Brouillard. Ces deux géants de la littérature jeunesse avaient un poème à lui dire, elle les a écoutés attentivement. Et leur poème, tour à tour délicat, aérien, drôle, sensible, lumineux, lui a raconté l’enfance et ses possibles, l’enfance et sa générosité, l’enfance et son émerveillement. Il lui a aussi dit les arbres et la mer, la liberté de la mésange, le secret de la mangrove, la valse des jours et des saisons, la nécessité de prendre son temps pour grandir, il lui a chanté une berceuse pour s’endormir. Il n’a pas répondu pas à toutes ses questions mais il a libéré son imagination. Il lui a dit ni barrière ni frontière, ce sont des lames qui coupent les ailes des enfants (ou les pattes de l’araignée), il l’a invitée à la complicité, la solidarité, la tolérance et le respect, il a cultivé sa bonne humeur, sa joie et sa légèreté, en jouant avec les mots. Il lui a dit tant et tant, à découvrir. Oui, ce poème avait décidément de très beaux vers à lui offrir.

J’ai un poème à te dire, de Carl Norac, illustré par Anne Brouillard, L’école des loisirs, 2026

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Ce sont deux publications fort différentes de Flammarion qui ont tapé dans l’œil de Lucie ce mois-ci.

Alors qu’elle s’apprête à aller voir l’adaptation théâtrale de L’ennemi avec ses élèves, Lucie est tombée sur cet autre album dénonçant l’absurdité de la guerre. Avec son trait si reconnaissable, un humour décapant, des découpes mais sans aucun texte, Olivier Tallec met en scène deux ennemis que tout oppose… vraiment ?

Le parallèle entre le quotidien des deux soldats montre évidemment plus de points communs que de différences (et celles-ci sont très amusantes), et la chute est un sommet d’ironie. Indispensable !

Waterloo & Trafalgar, Olivier Tallec, Flammarion, 2012.

Son avis complet ICI.

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Lucie aime beaucoup la plume de Marie Pavlenko, mais elle a traîné à lire ce roman en raison de la mention de drames dans le résumé qui, associée à cette couverture rouge n’annonçait pas une lecture facile. Et la vie de Rita est en effet une succession de tragédies. Heureusement, ce roman choral est aussi porté par des personnages attachants et lumineux. Construit autour des témoignages des proches de cette jeune fille, il montre que l’on ne connaît jamais vraiment les gens et révèle progressivement l’ampleur des difficultés auxquelles Rita doit faire face au quotidien. Si elle regrette un peu le côté voyeur du suspens autour de la révélation, Lucie a beaucoup aimé suivre le cheminement des différents personnages.

Rita, Marie Pavlenko, Flammarion, 2023.

Son avis complet ICI, celui d’Helolitla.

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Héloïse (Helolitla) a craqué pour le dernier roman ado de Maëlle Desard, Infiltrée dans la Cupidon Squad. Un roman plein d’énergie et de surprises.

Au programme ? Des Cupidons, infiltrés parmi nous. Lorsque Rebecca découvre que sa meilleure amie est en une, sa vie bascule, et la voilà qui doit affronter tout un tas de situations rocambolesques.

Amour, humour, rebondissements et secrets bien gardés dans ce premier tome qui donne le sourire. C’est foufou, c’est drôle, pétillant, bref, Héloïse a fondu devant cette histoire et ses personnages attachants.

Sa chronique ICI.

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Côté albums, c’est Le fabuleux club de lecture du bus 65 qui a charmé Héloïse et ses enfants. Le pitch : une enfant qui prend le bus comme tous les jours… et y rencontre de surprenants lecteurs.

Héloïse a un faible pour les livres qui parlent de livres, et celui-ci l’a conquise tant pour ses douces illustrations que pour ses beaux messages. Ode à la lecture et au partage, à l’amitié, il propose une douce parenthèse, un peu magique et enchantée, dans la grisaille du quotidien.

Le fabuleux club de lecture du bus 65, de Céline Person, illustré par Sanoé. Ed. Kaleidoscope, Septembre 2025.

Sa chronique à retrouver ICI.

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Hélène pour sa part souhaitait vous présenter deux albums et un petit roman qui sont se sont particulièrement distingués dans ses lectures de février.

C’est tout d’abord Le jardin des fées de Georgia Buckthorn et Isabella Mazzanti qui lui a beaucoup plu puisqu’elle a un faible pour les histoires de fées et que celle-ci est particulièrement réussie grâce à ses illustrations très colorées mais surtout au récit.

Mimi rêve de rencontrer des fées et fait tout ce qu’elle peut pour rendre son jardin le plus accueillant possible. Sauf que ce qu’elle croit par-fait… Ne l’est pas toujours pour les fées. Elles se sentent mieux dans un jardin plus sauvage, où elles peuvent se faire des lits de feuilles et côtoyer les limaces… Une ode à la nature et à la liberté.

Le jardin des fées, de Georgia Buckthorn et Isabella Mazzanti, Editions Gauthier Languereau, février 2024

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Un second album trouvé par hasard à la bibliothèque est devenu un coup de coeur à la première lecture, il s’agit de Billie et la petite banshee.

Ce titre fait découvrir au lecteur la mythologie irlandaise et les créatures surnaturelles que sont les banshee et qui sont chargées d’annoncer aux humains l’imminence de leur mort. Pour Billie, la première personne qu’elle voit en sortant de son cocon est une petite fille, Rose, à laquelle elle va s’attacher… Et cette fois cela ne se passera pas exactement comme d’habitude. Une manière très poétique d’aborder la mort et les traditions qui y sont liées, et une plongée très plaisante dans les légendes irlandaises, un univers tout à fait à part.

Billie la petite banshee, Eoin Colfer et Steve McCarthy, Pastel, octobre 2025

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Enfin, un petit roman à destination des enfants de fin de primaire a retenu l’attention d’Hélène. Parue à partir de 2021, la série La vie de château a rencontré un certain succès et ce fut un plaisir d’en découvrir le premier tome.

Violette, dont les parents sont morts, doit aller vivre au château de Versailles chez Régis, un oncle dont elle n’a pas un très bon souvenir (elle le surnomme Régis-le-Puant, c’est vous dire !). Les relations sont effectivement très difficiles au début mais finalement, ces deux personnages que tout oppose s’aideront mutuellement. Une situation de départ tragique, une rencontre entre deux personnages que tout oppose, de l’humour malgré tout, bref les bases d’une série dont on a envie de suivre les personnages attachants !

la vie de château de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’Limi, Ecole des loisirs, collection : Médium, 2021

Et vous, quels titres ont accompagné votre mois de février ?

Nos coups cœur de 2025

L’année 2025 nous aura apporté son lot de génialissimes lectures et de découvertes littéraires ! Chaque mois, c’est le rendez-vous à ne pas manquer sous notre bel arbre. Voici nos livres préférés, incontournables titres que l’on aime partager ici.

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Pour Liraloin c’est une lecture toute récente qui l’a transporté dans sa propre enfance. Il s’agit de Coboye de Cécile, une BD dont les aventures sont toutes amusantes, pleine de moments espiègles qui sentent bon la nostalgie .

Coboye de Cécile, Dupuis, 2025

Chronique complète ICI et l’avis de Lucie et celui d’Héloïse.

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Comment ne pas passer à côté de cet immense roman de l’année 2025, qui a emporté le Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Un titre qui a aussi été l’objet d’une lecture commune. Une histoire percutante, tellement d’actualité, criante de vérité !

Le silence est à nous de Coline Pierré – Flammarion jeunesse, 2025

Chronique compléte ICI et l’avis de Lucie .

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Pour ses coups de coeur de l’année, Lucie aussi a choisi un livre ayant fait l’objet d’une lecture commune : La petite fille au fusil. Ce roman graphique rassemble tout ce qu’elle cherche dans une lecture : émotion, humour, mais aussi vraie réflexion sur le courage et en plus elle comblé certaines de ses lacunes au sujet de la seconde guerre mondiale en Lituanie. Elle a été séduite par l’histoire de Magda, petite fille qui doit faire face à la tourmente de l’Histoire.

La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante, Marius Marcinkevičius et Lina Itagaki, Editions du Ricochet, 2025.

Son avis complet ICI.

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Côté album, elle n’a pas su choisir entre Le caillou, fabuleuse fable de Thierry Dedieu sur la mémoire et la bêtise humaine et Quand je garde le silence, véritable claque poétique. Deux albums très différents mais faisant l’éloge du respect et de l’écoute.

Ses avis complets sur Le caillou et Quand je garde le silence.

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Côté roman, elle doit son coup de cœur de l’année à Helolitla. Car si la belle couverture de Nos constellations lui avait tapé dans l’œil, les thématiques laissaient présager une histoire pesante. Il n’en est rien, bien au contraire ! Car si Max et Aurélien font face à des difficultés, leur relation douce et respectueuse leur donne des ailes. Un amour porteur comme on en souhaite à nos ados !

Nos constellations, Florence Quentin, Didier jeunesse, 2025.

Son avis ICI et celui d’Helolitla .

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Héloïse (Helolitla) n’a pas su choisir un seul livre, tellement cette année 2025 a été riche en lectures de qualité.

Côté romans ados, elle a ri, pleuré, été bouleversée par de nombreux titres. Dissidentes, la dystopie très immersive de Tosca Noury, qui fait froid dans le dos tellement elle est réaliste. La neige au rendez-vous, émouvant roman d’Esmé Planchon, qui parle si justement de deuil, de famille, du droit d’être soi-même. Deux autres romans ados l’ont bouleversée : En décalage, de Lolie Cherbonnel, et Nos Constellations, de Florence Quentin.

2025 a également été l’année où Héloïse a redécouvert la poésie, avec notamment quelques recueils de Rupi Kaur, ou plus récemment Ma maison en fleurs, de Pauline Bilisari, qui l’a profondément émue.

Ma maison en fleurs de Pauline Bilisari, J’ai lu, 2023

En lectrice accro à la fantasy et à la science-fiction, Héloise a vibré avec Les archipels engloutis, de Nancy Guilbert et Martin Meyrone, a frissonné avec le premier tome de Contrer les brumes, de Léa Muna. Elle a voyagé avec la saga des Mystères, dont elle a dévoré les 4 derniers tomes cette année. Elle a retrouvé avec joie la plume d’Ellie S. Green dans son nouvel univers qui mêle western et fantastique, Silverton Supernatural Project. Enfin, elle a frissonné avec le très réaliste Célèbre a en mourir, d’Alain Gagnol.

Les albums coups de cœur d’Héloïse et de ses enfants sont nombreux. Plusieurs thématiques reviennent en force : l’amour des livres et de la nature, la tolérance et la solidarité, le droit d’être soi-même. En voici un florilège.

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Hélène est très heureuse de vous présenter ses grands coups de coeur de l’année 2025, une année riche en lecture qui lui a permis de découvrir des pépites pour tous les âges. Le choix a été très difficile également mais voici le meilleur pour tous les âges de son point de vue totalement subjectif.

La vie secrète des adultes, Anna Fiske, La joie de lire, 2025.

Pédagogique, humoristique et interactif, ce livre donne un aperçu complet et réaliste de ce que c’est d’être adulte (rappelant au passage que même une fois grand on doit respecter des règles) et surtout des mille et une façons d’être adulte. On y parle look, métier, gestion du budget, goûts alimentaires, loisirs, parentalité, rapport aux autres, consommation d’alcool… Le champs des possibles est très large ! Cela permet à l’ enfant de se représenter les libertés et contraintes de la vie d’ adulte sous un jour positif, de lui montrer qu’il y a énormément de choix de vie possibles, c’est fabuleux et cela ouvre plein de perspectives ! Le format entre album et BD est très intéressant également. La chronique d’Hélène ICI

Les enquêtes de Lady Souris et Jimmy Tigré, Quentin Girardclos, La Martinière Jeunesse, 2025.

Une super petite BD découpée en trois chapitres qui correspondent chacun à une enquête, avec un très très beau graphisme. Le tome 2 « Du rififi à Paris » sort en février et devrait faire partie de nos favoris en 2026 également.

L’étoile de Mo, Yeonju Choi, Helium, 2024.

Un joli petit livre au format hybride : album en noir et blanc, mini BD ou petit roman illustré, peu importe, les images sont aussi poétiques que le texte. Un beau moment de lecture en compagnie de ce petit chat que nous prenons plaisir à suivre dans sa quête, l’avis complet d‘Hélène à retrouver ICI

Un garçon comme les autres, de Damas à Manchester, A-M Dassu, Milan Editions, 2024.

Et puisqu’il faut finir car le temps et l’espace sont trop courts pour parler de tous les livres qui nous ont plu cette année, Hélène vous propose ce roman ado très touchant, une histoire d’exil mais surtout l’histoire d’un jeune homme et de sa famille, racontée à la première personne. De la fuite à la reconstruction de leur vie ailleurs, des obstacles, frayeurs et batailles à la reprise d’une vie quotidienne d’adolescent, ce roman permet de se mettre à la place de l’Autre, il est profondément touchant. Elle vous en parle un peu plus ici mais aucune chronique ne vous touchera autant que la lecture de ce livre, qui pourra être l’occasion d’échanges entre ados et adultes sur des sujets de société actuels et profonds.

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Pour Séverine, côté albums, son coup de cœur absolu, c’est Le parfum des grandes vacances, de l’auteur-illustrateur Thibault Prugne, qui l’a éblouie, par la grâce, la mélancolie, la sensibilité du texte et de ses illustrations absolument somptueuses, où la noirceur de l’époque, en proie à la guerre qui fait rage, est adoucie par la relation magique entre un grand-père original et une petite fille curieuse. Pour elle, la parenthèse enchantée et émouvante qu’offre cet album a tout simplement le parfum du chef-d’œuvre. Gros coups de coeurs pour deux autres albums qui ont en commun d’être nés sous la plume ou le pinceau d’Henri Meunier. Dans Sous le pommier en fleurs, joliment illustré par Olivier Latyk, tout en jeux de lumière et de couleurs, l’auteur exprime sa virtuosité à la fois facétieuse et poétique, sa sensibilité teintée de fantaisie (ou l’inverse ?), son élégance rare. Une réussite parfaite pour cette belle invitation au lâcher prise et à la joie de vivre ! Droméo et Chuliette, dernier album de Marcus Malte, qu’il a illustré avec un graphisme figuratif, coloré, vitaminé, fin dans sa simplicité, lui a offert un moment de lecture délicieux. C’est de la littérature jeunesse comme elle l’aime : loufoque, intelligente, originale, créative, faisant confiance aux enfants, bref, tout ce qu’une IA ne pourra jamais faire (on l’espère).

Côté romans, ce sont les autrices qui se sont détachées cette année.

Enragée, un roman fort de Cécile Alix qui résonnera longtemps…Certains passages sont écrasants de noire tension, de désespoir, de douleur insoutenable. Pour autant, grâce aux belles rencontres de son héroïne, à sa passion pour la danse, à l’amour qui pointe le bout du nez, le positif résiste. Emilie Chazerand l’a comme souvent, fait pouffer de rire et verser des larmes de crocodile dans la même page, c’est une prouesse assez rare pour être soulignée, avec son dernier roman, Hyper ! Le style phénoménal, le sens des dialogues dinguissime. Sans pour autant faire sombrer à son tour dans une dépression irréversible, grâce à un humour féroce, décalé, qui fait sans cesse des pirouettes. Un moment de lecture intense, une héroïne inoubliable. Nos incendies a été pour Séverine la découverte d’une plume, celle de Sandrine Caillis, dont elle a apprécié son grand respect pour la jeunesse, sans toutefois occulter ses excès. Elle a trouvé pointu son regard sur les relations intrafamiliales, sur les fractures, sur l’engagement, sur le cœur qui (s’)affirme, dans un mélange incandescent de sensibilité, de mouvement et de fureur. Mention spéciale pour les titres des chapitres du roman qui, à eux seuls, mis bout à bout, pourraient former un superbe poème en prose.

Chez les juniors, enfin, énorme coup de cœur pour l’édition française d’un roman illustré norvégien de Maria Parr. Oskar et moi et tous nos petits endroits, égrène tout au long d’une année, le quotidien de deux enfants, Ida, 8 ans, la narratrice, et son petit frère Oskar, 5 ans, dans tout ce qu’il a de plus banal, et de plus merveilleux. On rit, on pleure, comme dans la vie ! Ce roman, c’est le lieu où tout commence et rien ne finit jamais, son parfum est le plus délicieux de tous : il fleure si bon l’enfance.

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Et vous ? Quels sont vos titres chouchous de cette année 2025 ? Dites-nous en commentaire sur notre page Instagram ou Facebook !

Nos coups de coeur de novembre

Alors que, depuis le passage à l’heure d’hiver, l’envie de nous réfugier sous un plaid avec un bon chocolat chaud que nous évoquions le mois dernier, se fait de plus en plus pressante, il est temps de vous présenter nos coups de cœur de novembre. Ils vous donneront sans doute envie de faire comme nous et de vous blottir au creux de la littérature jeunesse qui réchauffe la vie, en attendant les fêtes de fin d’année toutes proches.

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Lucie n’a pas eu beaucoup de temps pour lire ce mois-ci. Elle a donc privilégié les albums et les documentaires et a eu la chance de tomber sur de belles découvertes ! D’abord le très drôle C’est un livre de Lane Smith. Dialogue entre un âne accro aux écrans et un singe plongé dans un livre, cet album commence par définir un livre en expliquant ce qu’il n’est pas… pourquoi finalement montrer son pouvoir d’attraction. C’est très bien vu et les illustrations sont adorables.

C’est un livre, Lane Smith, Gallimard jeunesse, 2011.

Son avis complet.

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L’univers de Pi est un documentaire extrêmement bien fait sur l’histoire et les mystères entourant le nombre Pi. Nul besoin d’être passionné de mathématiques pour l’apprécier à sa juste mesure : les auteurs ont fait un travail de vulgarisation remarquable et trouvé le ton parfait pour attiser la curiosité des jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Entre humour et découvertes, une vraie belle surprise !

L’univers de Pi, Anita Lehmann, Jean-Baptiste Aubin et Joonas Sildre, Helvetiq, 2025.

Son avis complet.

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Pour Séverine, le coup de cœur du mois de novembre, un comble, c’est un album dont le titre évoque le printemps…et de printemps, il en est bien question ici, s’il signifie renouveau et éclosion… Sous le pommier en fleurs, c’est l’histoire d’amitié improbable entre un un homme solitaire, Monsieur Bérard, à la vie bien (trop) rangée, organisée au millimètre, sans que rien ne déborde jamais, et un hippopotame au cœur généreux nommé Arthur, 2,7 tonnes d’extravagance. A la mort de son oncle, un vieil urluberlu baroudeur, Monsieur Bérard hérite de son hippopotame Arthur, un bien encombrant animal de compagnie. Devant le fait accompli, le voilà contraint de réorganiser son espace, ses extérieurs, ses habitudes… Pourtant, grâce à Arthur, il s’ouvre à l’imprévu, au loufoque, à l’expression des émotions et des sentiments, bref, il n’est plus le même homme. Sa vie change peu à peu, jusque, même, le plus grand chamboulement qui soit… La virtuosité à la fois facétieuse et poétique propre à la plume d’Henri Meunier, sa sensibilité teintée de fantaisie (ou l’inverse ?), son élégance rare, s’expriment pleinement dans cet album, très joliment illustré par Olivier Latyk. Une réussite !

Sous le pommier en fleurs, d’Henri Meunier, illustré par Olivier Latyk, Grasset jeunesse, 2025

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Ce mois-ci, Héloïse Helolitla a beaucoup ri avec Glouton, le croqueur de livres. Déniché dans sa bibliothèque favorite, il a fait le bonheur de son fils qui l’a lu en boucle.

Comme le titre l’indique, il s’agit d’un album qui met en scène un l’état personnage très gourmand, Glouton. Il mange tout, mais sa passion, ce sont les livres, alors gare à vos trésors !

A sa suite, nous entrons dans une aventure ludique et intertextuelle, à travers une série de livres. Glouton revisite certains contes célèbres (Boucle d’or et les trois ours, Le petit chaperon rouge, Jack et le haricot magique), jouant avec les attentes des lecteurs pour mieux les détromper. Et c’est très amusant !

Des découpes, une mise en mage dynamique, des livres insérés dans l’histoire, des illustrations colorées et pétulantes, et même un mini Cherche-et-trouve, Glouton, le Croqueur de livres est malicieux et inventif ! 

Glouton, Le croqueur de livres, d’Emma Yarlett. Gründ, 2016

Son avis complet ICI.

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Le deuxième album coup de cœur d’Héloïse s’appelle C’est à qui, ça ?, de Coralie Saudo et illustré par Matthieu Maudet, et c’est un ouvrage à la fois drôle et incisif.

Tout commence par une canette écrasée qui atterrit sur la tête d’un écureuil. Mais ce n’est pas le seul objet qui vient envahir le coin de verdure où vivent les animaux. Des sacs plastiques, une boite de pizza… Très vite, les animaux s’inquiètent. Des objets perdus ? Il faut les rendre à leurs propriétaires…

Avec C’est à qui, ça ?, Coralie Saudo joue sur l’humour et le décalage pour pointer du doigt la pollution, et l’égoïsme des êtres humains qui, sans gênent, prennent la nature pour leur poubelle.

Derrière la naïveté de nos petits héros, le ton est mordant, cynique. L’absurdité de la situation fait d’autant plus ressortir la comportement stupide des pollueurs. De quoi faire réfléchir les adultes autant que les enfants !

C’est à qui ça ?, de Coralie Saudo et Matthieu Maudet. EDL, 2025

Son avis complet ICI.

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Héloïse est fan de dragons, alors elle n’a pas su résister à ceux de Rosaces et dragons (et elle a eu raison !).

Arc-en-Flammes est une paisible bourgade qui a une particularité : les habitants y sont liés à des dragons. Carl, jeune homme maladroit, est ainsi lié à Brodeverre, une adorable petite dragonne rose, incorrigible bavarde. Mais Carl est mal dans sa peau. Il subit les moqueries de ses camarades, et porte le poids des attentes de son père, vitrailliste, qui compte sur lui pour prendre sa relève. Enfin, ce dernier lui confie son premier chantier. Mais le lendemain, un mystérieux dragons détruit tout…

Héloïse a adoré l’univers, les dragons (Brodie !), et le personnage de Carl. Hésitant, maladroit, certes, il est surtout d’une grande gentillesse et d’une grande bonté. Il est touchant dans sa difficulté à trouver sa place dans ce monde qui n’est pas si parfait qu’il en a l’air, à devoir se battre contre les préjugés et les stéréotypes de genre.

L’autre point qui a marqué Héloïse, ce sont les nombreux messages, féministes et pas seulement : droit d’être qui l’on veut, de mener sa vie comme on l’entend – et non pas selon des règles archaïques -, égalité des sexes, dénonciation des stéréotypes et de l’homophobie… 

Rosages et dragons, c’est donc une enquête un peu fofolle et haute en couleurs, avec des rebondissements amusants et des clins d’œil très sympathiques à certaines situations archétypales (la princesse enfermée dans son donjon, par exemple). C’est drôle, intelligent, amusant, chatoyant à l’image des vitraux sur la couverture, bienveillant et tout doux. Une superbe découverte !

Rosaces et dragons, de Ielenna. Slalom. 2025

Son avis ICI.

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Hélène de son côté a alterné les lectures pour les petits et les plus grands. Toutes ne sont pas forcément des nouveautés mais elle tenait à partager ces livres découverts au coeur de l’automne.

Tout d’abord un très joli album de saison, écrit par Nathalie Lescaille Moulène et illustré par la talentueuse Emilie Michaud dont le trait fait craquer Hélène à tous les coups, La folle tournée d’Albert le libraire. Hélène a également eu la chance de rencontrer Nathalie Lescaille Moulène lors du festival du livre de Rouen, et de faire dédicacer ce beau livre.

Albert, petit hibou trop chou est l’heureux propriétaire d’une librairie dans la forêt, un lieu magique contenant plein de livres de toutes sortes, gros, petits, sérieux, distrayant… Et ce libraire livre même ces belles histoires à ses clients qui ne peuvent se déplacer (Une sorte d’Amazon local, écoresponsable avec le charme et l’humanité en plus ;)).

Chaque arrêt est l’occasion d’une discussion avec un autre animal et surtout, le gros plus de cet album est qu’il y a 5 petits livres dans le livre, chacun adapté à la situation que le petit habitant de la forêt rencontre à l’instant T. Une vraie mise en abyme, un parti pris original qui permet plusieurs niveaux de lecture, avec des allers retours entre les petites histoires et l’histoire principale de l’album qui enrichit la narration et les capacités de compréhension des petits lecteurs.

Nature, lecture, solidarité, animaux sont au coeur de cet album à la fois beau, riche, touchant et intemporel.

La folle tournée d’Albert le libraire, de Nathalie Lescaille Moulène, illustrations d’Emilie Michaud, Grund, 2024.

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Deuxième coup de coeur, un album destiné aux petits lecteurs de maternelle mais dont le propos peut durer encore quelques années de plus.

Il s’agit de Vite, vite de Magdalena et Isabelle Maroger, paru en mars 2018 aux éditions du Père Castor.

Ce livre nous montre un matin ordinaire entre une maman et son petit garçon. Comme chacun sait, le matin, il faut se dépêcher pour être à l’heure alors vite vite on sort du lit, vite vite on déjeune, vite vite on s’habille, entre lait trop chaud, eau trop froide et chaussette perdue.

Le dialogue entre les deux personnages est très régulier (il ne faudrait pas perdre le rythme !). Maman parle, l’enfant répond une phrase qui commence par « Attends maman »…

Jusqu’à ce que cette petite mécanique bien huilée soit soudain interrompue par une belle frayeur… Il ne faut pas aller trop « vite vite » pour traverser la route !

Alors on ralentit, on prend un peu plus le temps de parler et de profiter de ce qui est vraiment important. Hélène a beaucoup aimé le graphisme qui sur une même page met les personnages principaux en couleurs et le monde qui les entoure en noir et blanc, qui prend tout son sens sur la page où le petit garçon demande finalement pourquoi les gens courent.

Un petit album qui peut permettre de mieux se comprendre, aussi utile aux enfants qu’aux parents et qu’il est bon de relire en cette période de rush généralisé entre dernières semaines d’école, achats, organisation des fêtes, dossiers à boucler avant les vacances en plus de tout l’ordinaire. Espérons qu’il nous permettra de nous recentrer pour passer un mois de décembre tout doux.

Vite, vite ! de Madgdalena, illustrations d’Isabelle Maroger, Flammarion Jeunesse, 2022.

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Un bisou pour mon frère d’Adrien Albert est le livre du mois chez Kilimax, l’abonnement de l’Ecole des Loisirs à destination des 5-7 ans.

Paru en août 2024, il tentait Hélène depuis un bon moment et elle n’a pas été déçue par cette histoire de petits lapins qui passent une merveilleuse journée entre frères à faire du manège, de la trotinette, aller au cinéma, manger des bons gâteaux… mais doivent se quitter précipitamment à cause du bus que l’un d’eux manque de rater…

Après de multiples péripéties que nous vous laissons le plaisir de découvrir, ils se retrouveront et en seront très heureux.

Un album encore une fois très riche dans sa narration qui laisse beaucoup de place à l’implicite (l’image en dit beaucoup et l’enfant prend plaisir à observer les détails et imaginer les parties de l’histoire qui ne sont pas racontées dans le texte), à mi-chemin entre l’album et la BD et plein de tendresse en ces temps de retrouvailles familiales.

Un bisou pour mon frère, Adrien Albert, L’école des loisirs, 2024.

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Chicorée et la fête de l’arbre d’or, de Claire Lebourg et Mickaël Jourdan est paru en septembre dans la collection Moucheron, les premiers romans pour les enfants qui commencent à lire tous seuls.

Une joli histoire d’animaux de la forêt avec un petit écureuil trop mignon qui veut ménager la sensibilité de son ami quand il comprend que Pivert n’est pas invité à la fête de l’arbre d’or à laquelle il se fait une joie d’aller. Que faire ? Lui dire qu’il y va au risque de lui faire de la peine, ne pas lui dire au risque de se sentir coupable de lui cacher quelque chose ? Un beau roman sur la loyauté qui colle tout à fait aux préoccupations des enfants de cet âge, dont le sujet est traité avec beaucoup de simplicité, dans le meilleur sens du terme.

Chicorée et la fête de l’arbre d’or, Claire Lebourg, illustrations de Mickaël Jourdan, L’école des loisirs, 2025.

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Les secrets de Toutânkhamon d’Emma Carroll nous plonge dans une enquête au coeur de l’Egypte antique autour du tombeau de Toutânkhamon et de la malédiction qui l’entoure. En 1922, Lil découvre un vase avec un message venu du passé… Qui la conduira sur les traces du pharaon. Cette quête sera l’occasion de rencontrer des amis, de voyager et d’en apprendre plus sur sa propre histoire familiale. Un vrai roman historique pour enfants dans une période qui ne cesse de passionner. A destination des enfants en fin de primaire début de collège.

Les Secrets de Toutânkhamon, Emma Carroll, Gallimard jeunesse, 2020.

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Et vous, quels livres vous ont accompagné en ce mois de novembre ?

Nos coups de cœur d’octobre

Vous pensiez qu’on les avait oubliés, que nenni ! Nous avons donné la priorité à l’actualité avec la sélection du prix Vendredi mais cela ne nous a pas empêchées de vous préparer nos conseils et recommandations de lecture pour ces prochaines semaines. Enfin, seulement si nous avons réussi à vous donner envie ! Ne nous laissons pas abattre par ce mois de novembre : allez, un plaid, un chocolat chaud et un (ou plusieurs) livre(s) à piocher parmi nos chouchous !

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Lucie est toujours en quête de conseils de lecture et ce mois-ci lui donne raison : ses deux coups de cœur viennent de suggestions.

C’est Cécile Roumiguière qui lui a chaudement recommandé D’après mon adolescence lors de la fête du livre de Saint Étienne. Et qui mieux qu’une auteure pour conseiller un livre ? Quel conseil avisé ! Ce journal intime d’adolescente revisité par l’auteure adulte est une merveille de sensibilité, de réflexion et surtout d’une honnêteté à toute épreuve.

À travers son adolescence tumultueuse, Caroline Solé explore les questionnements autour de la sexualité mais aussi le puissant mal-être diffus qui peut envahir les jeunes. Elle installe un dialogue aussi cru que bienveillant avec son moi adolescent et parvient à passer de l’intime à l’universel. Bouleversant.

D’après mon adolescence, Journal intime, Caroline Solé, Albin Michel, 2021.

Son avis complet.

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De son côté, Jean-Amédée, impérator a séduit la rédaction de La revue des livres pour enfants qui en a fait un retour très intriguant. Et cette réécriture de conte vaut définitivement le détour !

Gwendoline Raisson mêle avec une grande habileté des motifs de conte traditionnel (grenouilles, fée, morale) et la modernité du propos. Jean-Amédée en veut toujours plus, et son comportement n’est pas sans rappeler celui de la plupart de nos contemporains. De son côté, Bérénice se plie en quatre pour satisfaire les envies de son compagnon. Jusqu’à ce qu’il dépasse les bornes. Les illustrations de Christian Heinrich (papa des Petites Poules) ajoute une touche d’humour à ce conte original.

Jean-Amédée, impérator, Gwendoline Raisson, illustrations de Christian Henri Charles, L’école des loisirs, 2025.

Son avis complet.

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Blandine s’est enthousiasmée pour différents genres de livres, tous promesses d’horizons, d’histoires et d’espoirs.

Entre 1895 et 2024, Le Pavé est un témoin du temps qui passe, est un témoin du temps passé, il est celui contre lequel on bute, grâce auquel on se souvient, aussi. Voici à nouveau un fort texte dans la formidable collection « Petite Poche » des éditions Thierry Magnier.

Le pavé. Françoise LEGENDRE. Thierry Magnier, 2025

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Marcel Pagnol n’a pas seulement écrit les romans et pièces de théâtre que l’on connaît tant et qui passent les générations, il a aussi écrit de la poésie. Ce recueil nous dévoilent celles rédigées à l’adolescence, aussi candides que bucoliques. Et cela fait un bien fou !

Le Livre de la Nature. Poèmes de jeunesse. Marcel PAGNOL. Editions Michel Lafon, 2025

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Les géniales Editions Quelle Histoire ont ouvert une collection dédiée à la Littérature. Tout en racontant sommairement l’histoire, cet album nous dévoile comment il est ancré dans son époque, et surtout en quoi ce récit est un chef-d’œuvre qui nous parle toujours autant aujourd’hui.

Moby Dick. D’après Herman Melville. Editions Quelle Histoire, 2023

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Héloïse, elle, a été emportée par les mots de Lolie Charbonnel dans En décalage, un roman intense et prenant qui l’a replongée dans l’effervescence et la tension des années lycée.

Adrien est un brillant élève de terminale. Brillant, certes, mais aussi totalement perdu : il n’a aucune idée de ce qu’il souhaite faire plus tard. Sur ses épaules, la pression parentale pèse lourd. Et plus le temps passe, plus il se sent en décalage avec son entourage, avec le monde, avec lui-même.

Quelle lecture ! Des personnages imparfaits, pétris de défauts. La pression omniprésente, le mal-être, ce sentiment de ne pas trouver sa place, tout cela a fortement résonné en Héloïse. Le texte en vers libre est poignant, déchirant parfois, marquant. C’est une lecture douloureuse, mais aussi belle et optimiste. Un très bel ouvrage pour aborder la question de la santé mentale, et des attentes que l’on pose sur les futurs adultes.

En décalage, de Lolie Charbonnel. Ed. Didier Jeunesse, 2025

Sa chronique détaillée ICI.

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Deux coups de coeur aussi pour Héloïse-Ileautresor.

Tout d’abord pour Sept jours pour survivre, un roman de Nathalie Bernard. Au Canada, Nita Rivière est une jeune fille amérindienne enlevée le jour de son anniversaire. Enfermée dans une cabane. Les émotions se succèdent : le désir d’être invisible et de se faire toute petite, la peur… Pourquoi elle ? Pourquoi cet enlèvement ? Que va lui faire son ravisseur ? Le roman alterne entre la vie de l’adolescente (présente ou passée) et le déroulement de l’enquête. Un duo mène la recherche : Gautier et Valérie Lavigne. Le roman suit une série de leçons, égrainées au fil des chapitres – une façon originale de rythmer le récit, ou de commenter ce que pense l’héroïne : « samedi : Il suffit d’une seconde pour faire basculer une vie » ; La policière sait que « Nita a le profil de la fugueuse : rebelle, solitaire, en quête d’identité » (p.67), avec de plus, un père en prison (suite à une bagarre).

La plume de Nathalie Bernard est alerte, et vivante. Le roman, réaliste, ne perd pas son rythme une seconde. Du début à la fin, le lecteur est de tout cœur avec la jeune fille.Comment échapper à son ravisseur ? Comment survivre par grand froid ? Nita parviendra-elle à fuir ? Elle fait appel à des ressources insoupçonnées. Mais il n’est pas facile de survivre dans des conditions extrêmes.

Sept jours pour survivre, Nathalie Bernard, Thierry Magnier, 2015.

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Inspirée d’une histoire vraie, cet album raconte la rencontre entre un manchot et un pêcheur sur les côtes du Brésil. Un manchot part nager avec ses frères lorsque la mer se couvre d’une nappe de pétrole. Faut-il plonger ? Remonter à la surface ? L’oiseau ne parvient plus à nager, les plumes plombées par le mazout… Il ne peut plus lutter. Il se retrouve sur la plage – là, un inconnu l’emporte : c’est un pêcheur qui prend soin de lui. Il l’appelle Dindim.

L’amitié qui se tisse entre l’humain et l’oiseau éveille une émotion de plus en plus forte. Cette dernière atteint un point culminant lors de leurs retrouvailles…« Sur mon coeur, tu as laissé ton empreinte. Sache que je reviendrai toujours vers toi. » Un album qui se lit avec une grande émotion.

Dindim, Nadine Poirier, illustrations de Geneviève Després, Éditions d’eux, 2025.

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En octobre, Séverine a plutôt orienté ses lectures vers les romans junior, et 3 d’entre eux, bien différents, se sont distingués. Elle attendait la sortie du premier avec impatience, le second lui avait été conseillé par son libraire jeunesse, le troisième lui a confirmé ce qu’elle savait déjà.

La cabane de la fin du monde, d’Hervé Giraud, est un mélange de candeur, d’humour et de gravité, avec du social, de l’écolo, de la tolérance, finement abordés. Sans s’attarder sur les rebondissements de l’aventure, ni sur les questions parsemant ce roman à la fois drôle et profond, fidèle à ce qui rend unique l’écriture de cet auteur cher à son cœur, Séverine vous le dit : si vous voulez savoir si le Père Noël existe, si c’est une bonne idée de se réfugier tout en en haut de sa tour pour échapper à un destin funeste, ce qu’une rapporte-paquet prénommée Anita apporte aux quatre héros, si leur cabane résiste et si la patate est un plat qui se mange cru, lisez ce livre et vous survivrez à la morosité ambiante.

Sa chronique complète ICI.

La cabane de la fin du monde, d’Hervé Giraud, Editions Thierry Magnier, 2025

Ambiance complètement différente pour son second coup de cœur du mois. Il s’agit de l’édition française d’un roman norvégien de Maria Parr, très joliment illustré. Oskar et moi et tous nos petits endroits, égrène tout au long d’une année, le quotidien de deux enfants, Ida, 8 ans, la narratrice, et son petit frère Oskar, 5 ans, dans tout ce qu’il a de plus banal, et de plus merveilleux. Leur complicité, leurs disputes, leurs parents, leurs ami.e.s, l’école, les jeux qu’ils inventent, les épreuves qu’ils traversent (de la plus banale, le récit d’une gastro familiale, à la plus dramatique, la mort subite de leur oncle), les questions qu’ils se posent…tout est décliné avec une tendresse infinie, une délicatesse précieuse, une fraîcheur rare. On rit, on pleure, comme dans la vie ! Ce roman, c’est le lieu où tout commence et rien ne finit jamais, son parfum est le plus délicieux de tous : il fleure si bon l’enfance.

Oskar et moi et tous nos petits endroits, de Maria Parr, illustré par Ashild Irgens, Editions Thierry Magnier, 2025

A propos de fleur…Le troisième coup de cœur de Séverine, ce sont les Mémoires de Fleur : mon enfance, de Bertrand Santini, dans une très belle édition à couverture cartonnée et toilée. Autant l’avouer, c’est ce « packaging » qui l’a attirée, outre le nom de l’auteur qu’elle connaît à travers son œuvre incontournable dont elle a quasiment tout lu, sauf… Le journal de Gurty ! Un comble, quand on sait qu’ici, dans ce court roman illustré, il y déploie toute sa sensibilité et sa poésie pour dire la naissance, puis les débuts chaotiques dans la vie de Fleur, une chienne mignonnissime, la future meilleure amie de Gurty, leur première rencontre, la découverte d’un foyer aimant pour cette orpheline, son maître au grand cœur, Pépé Narbier, l’apprentissage des douleurs et des plus grandes joies de l’existence…Ce récit a définitivement confirmé à Séverine que si, d’après Bertrand Santini, « tout le monde a quelque chose d’intéressant à raconter », une chose est sûre, lui les raconte avec un immense talent.

Mémoires de Fleur : mon enfance, de Bertrand Santini, Editions Sarbacane, 2025

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Et vous, quels coups de cœur ont illuminé votre mois d’octobre ?

Nos coups de cœur de septembre

La rentrée et son rythme trépidant sont passés, il est temps de fait un point sur les lectures qui nous ont accompagnées ce mois-ci. Voici nos coups de cœur du mois de septembre, avec le souhait qu’ils vous accompagnent à votre tour pour ce début d’automne !

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Lucie a une nouvelle fois été profondément touchée par la plume de Gildas Guyot. Après Vindicte, dans lequel il racontait le destin d’une femme tondue à la Libération, l’auteur se glisse dans la peau d’un jeune orphelin de 8 ans qui doit faire face à la fois au décès de sa mère et à la dépression de son père. Un sujet grave, mais traité avec une immense délicatesse et beaucoup d’émotion, sans tomber dans la larme facile. Foutues cigognes est une lecture dont on ne sort pas indemne et à laquelle on repense longtemps après avoir refermé le livre.

Foutues cigognes, Gildas Guyot, Factions, In8, 2025.

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Côté album, Lucie a beaucoup aimé la réécriture du mythe de Sisyphe par Nadine Robert. Avec La marche de mulot, l’auteure invite les petits lecteurs à réfléchir sur la notion d’effort. Un mulot trouve un œuf et se met en tête de le remettre en sécurité dans son nid malgré les moqueries et les doutes des autres animaux. Le voilà parti, déterminé. Les illustrations, très simples, laissent toute la place aux projections des enfants face à cette situation qu’ils connaissent bien. Le mulot parviendra-t-il à réaliser sa « mission » ? Est-ce vraiment l’essentiel ? Un album à l’origine de discussions enflammées.

La marche du mulot, Nadine Robert, illustrations de Valerio Vidali, Saltimbanque, 2025.

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En septembre, Helolitla a allégrement pioché dans les dernières sorties littéraires et la sélection du Prix Vendredi. Elle a également retrouvé les nouvelles parutions de ses mangas chouchous, mais 🤫 … parlons d’abord de littérature jeunesse !

Héloïse attendait avec impatience le roman junior Hazel Toucourt, d’Ellie S. Green. Attente qui valait largement le coup !

Hazel découvre avec horreur que ses parents l’abandonnent à nouveau pour els vacances : ils la laissent chez une grand-mère dont elle ne se souvient pas, dans un manoir quasi vide, où elle s’ennuie. Mais que sont ces bruits que la jeune fille entend la nuit ? Hazel mène l’enquête… et va se retrouver plongée dans une suite d’aventures virevoltantes !

Un voyage dans le temps, une grand-mère scientifique un peu loufoque, un dinosaure, un lapin savant et des secrets de famille, Héloïse ne pouvait qu’être conquise par cette aventure haute en couleurs, en rythme et en situations rocambolesques. Si vous aimez l’humour, les péripéties avec un zeste de folie, elle ne peut que vous conseiller ce premier tome très réussi !

Hazel Toucourt et les failles du temps d’Ellie S. Geen – Rageot, 2025

Sa chronique détaillée ICI.

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Du côté de la sélection du prix Vendredi, c’est Nina perd le Nord qui l’a emportée, le temps d’un road-trip en compagnie d’une famille un peu dysfonctionnelle mais ultra attachante.

Nina, l’héroïne, grandit seule avec un père qui ne s’est pas remis de la mort de sa femme. Et puis tout bascule quand ils découvre qu’une tante leur a légué sa maison et ses biens. La condition préalable : aller disperser ses cendres en Suède.

En quelques pages et avec beauxoup d’humour et de finesse, Céline Gourjault parle de deuil et de résilience, d’amour et de famille, d’adolescence et de confiance en soi. C’est frais, dépaysant, touchant.

Nina perd le Nord, Céline Gourjault. Seuil, 2025

La chronique d’Helolitla, de Liraloin et de Lucie.

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Enfin, la plume très visuelle d’Alain Gagnol l’a plus que convaincue avec Célèbre à en mourir, un thriller ado dynamique et haletant.

Laura est en cours au lycée quand sa vie bascule : son visage se retrouve plaqué sur toutes les vidéos dans le monde entier ? Qui a fait ça ? Et comment continuer à vivre quand on devient la fille la plus célèbre du monde ?

Avec ce roman, Alain Gagnol interpelle les lecteurices sur de nombreux points : la célébrité et son coût, l’usage de l’intelligence artificielle, le développement des émotions chez cette dernière. Héloïse a apprécié ces réflexions qui surgissent au fil de la lecture, l’aspect futuriste terriblement réaliste.

La tension monte peu à peu, au fil des révélations et des rebondissements. Un livre intense, et qui fait réfléchir…

Célèbre à en mourir, Alain Gagnol. Syros, 2025

sa chronique détaillée ICI.

Coup de foudre intersidéral, amour-passion ! C’est ce qu’a ressenti Séverine à la lecture de Droméo et Chuliette, le dernier album de Marcus Malte (qui est aussi un grand écrivain pour les adultes), illustré par Henri Meunier (qui est également un grand écrivain jeunesse).
Les deux compères, qu’elle apprécie déjà au-delà du raisonnable dans tout ce qu’ils produisent, lui ont offert un moment de lecture délicieux, avec cette revisite inédite du classique Roméo et Juliette de William Shakespeare, à la sauce
1. Camélidée, quelle bonne idée
2. Ultra contemporaine
3. Graphique épurée.
C’est de la littérature jeunesse comme elle l’aime : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, originale, inventive, créative, faisant confiance aux enfants pour comprendre ses subtilités, ressentir ses vibrations, écouter son message, bref, tout ce qu’une IA ne pourra jamais faire (on l’espère).
Il y est question d’amoureux fous, évidemment, mais aussi de classe sociale, d’une ligne de bus miraculeuse, de langues vivantes, de musiciens morts depuis bien longtemps, de Voltaire et Rousseau, du Larzac et de b(g)osses libres ! Tout un programme…sans le drame.
Parce que sans spoiler, il faut quand même dire que l’histoire finit bien, qu’elle met le sourire aux lèvres et du baume au cœur. Tout au long de la lecture, au rythme sans temps mort, on rit, on s’émeut, les jeux de mots fusent, la poésie se cache dans les détails…Le texte est brillant (comme l’est Marcus Malte), quant au graphisme, peut-être un peu déroutant pour l’adulte qu’est Séverine, nul doute que les enfants l’apprécieront dans toute sa richesse : figuratif, coloré, vitaminé, tendre (si si !), fin dans sa simplicité (comme l’est Henri Meunier). L’ensemble est jubilatoire, un régal pour lutter contre la morosité et la tristesse qui peuvent nous envahir à l’arrivée de l’automne.

Droméo et Chuliette, de Marcus Malte, illustré par Henri Meunier, Rouergue Jeunesse, 2025

Sa chronique complète ICI.

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En septembre, Blandine a lu deux albums jeunesse qui l’ont charmée !

Le LIVRE qui peut LIRE dans ton ESPRIT, Marianna COPPO. Grasset Jeunesse, 2024

Lady Rabbit est une magicienne ! Sortir quelqu’un de son chapeau, disparaître, ce sont des tours de magie impressionnants mais déjà vus et revus ! Mais deviner quel personnage le lecteur choisit sur une page et ne pas se tromper, ça c’est innovant ! Et Lady Rabbit ne se trompe jamais ! Même lorsque son public décide de changer de place !

C’est le titre qui a attiré Blandine vers cet album, tout comme son graphisme, à la fois épuré et inspiré de l’Art Nouveau. Elle s’est laissée prendre au jeu de Lady Rabbit qui a bien retrouvé quels personnages elle avait choisi. Mais comment notre Magicienne fait-elle cela ? Découvrez-le en lisant cet album, car un tour de magie ne s’explique pas, il se vit/lit !

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Chère Librairie, Emily ARROW et Geneviève GODBOUT. La Pastèque, 2025

Un livre qui parle de livres et de librairie, Blandine ne résiste pas ! Un livre qui célèbre les librairies et leur pouvoir d’évasion promet un moment tout simplement merveilleux. D’autant qu’il est illustré par Geneviève Godbout et son trait délicieusement vintage. Trop en dire serait sacrilège. Ouvrez donc vous aussi la porte de cette « Chère Librairie » pour vous y sentir comme dans un cocon et célébrez vous aussi le pouvoir des livres !

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Et vous, quelles lectures vous ont enthousiasmés ce mois-ci ? Quels titres nous conseillez-vous ?