Il était une fois… des contes détournés !

Chacun connaît les contes traditionnels, leurs personnages, leur magie et leur densité émotionnelle et philosophique. Ces histoires puisent leurs racines dans les temps anciens où elles se racontaient au coin du feu et se sont transmises jusqu’à aujourd’hui. Elles offrent un réservoir de références quasiment universelles dans lesquels les auteurs contemporains continuent de puiser. Certains n’hésitent pas à les revisiter, voire à les dépoussiérer ou les détourner, faisant voler en éclats certains stéréotypes associés aux figures incontournables des contes ! Nous ne pourrions pas faire ici le tour des innombrables contes détournés qui fleurissent chaque année, nous avons préféré vous trier sur le volet ce que nous adorons le plus !

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Quand Flore Vesco s’empare des contes traditionnels, elle laisse son humour, son imagination et sa plume si malicieuse opérer et la magie est toujours au rendez-vous ! Son dernier roman multiplie les clins d’œil joyeusement décalés aux contes de Grimm. On rit à gorge déployée en prenant conscience de l’absurdité de récits pourtant culte !

226 bébés, de Flore Vesco, Didier Jeunesse (2019)

Les avis de Hashtagcéline, Pépita et Isabelle

Et comment ne pas parler ici de L’Estrange Malaventure de Mirella qui a été récompensé l’année dernière par le prestigieux prix Vendredi ? Flore Vesco choisit ici de revisiter l’un des contes les plus célèbres du canon des bibliothèques enfantines – nous avons nommé : le joueur de flûte de Hamelin ! L’autrice brode, étoffe le propos pour nous plonger dans la noirceur la plus profonde du Moyen-Âge. Un roman émancipateur, pétillant d’intelligence et débordant de vérité, à découvrir sans hésiter.

L’Estrange Malaventure de Mirella, de Flore Vesco, L’école des loisirs (2019)

Notre lecture commune et les avis d’Isabelle, Pépita, Hashtagcéline et Bouma

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Roald Dahl a lui aussi été inspiré par les contes traditionnels. Le recueil Un conte peut en cacher un autre propose des versions en rimes pour le moins étonnantes et modernes.

Un conte peut en cacher un autre, de Roald Dahl, illustrations Quentin Blake, Folio cadet (2017)

L’avis de Lucie

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Jean-Claude Grumberg a choisi de transposer Le Petit Chaperon rouge en pièce de théâtre et de situer l’action pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le Petit chaperon Uf se voit alors affublé d’un vilain fichu jaune et rencontre un loup caporal SS. Glaçant !

Le petit chaperon Uf, Jean-Claude Grumberg, Heyoka Jeunesse (2005)

L’avis de Lucie

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Dans le genre décalé et rigolo, il ne faut surtout pas passer à côté des revisites aux éditions Marcel & Joachim. Ainsi on découvre une version de Barbe bleue aux accents québecois et une du Petit Chaperon rouge aux accents belges. Les textes sont transposés dans notre monde contemporain en plus d’apporter le petit grain de folie propre aux langages de ces pays (en tout cas de notre point de vue). Accompagnés d’un cd (à écouter à tout prix), on a donc tout le temps de regarder les splendides illustrations signées Camille de Cussac.

Barbe Blue et le maudit québecois, Camille de Dussac, Marcel & Joachim (2017)
Le Petit Chaperon belge, Camille de Cussac, Marcel & Joachim (2016)

L’avis de Bouma sur ces deux titres

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S’il y a bien une version du loup et des trois petits cochons à ne pas louper, c’est celle-ci ! Car pourquoi donc les petits cochons finiraient toujours dévorés par le loup ? Et si on inversait pour une fois ? Rires à tous les étages dans cet album au rythme effréné et au second degré à toutes les pages !

Mort au loup de Philippe Jalbert, Seuil jeunesse

L’avis de Pépita

S’il est une version étonnamment décalée du Conte du Petit Chaperon rouge, c’est celle-ci qui me vient à l’esprit : j’ai adoré le chemin pris par l’auteur pour s’éloigner de l’histoire originale, mais aussi sa façon d’y revenir.

Le petit chaperon rouge n’en peut plus, Sébastien Meschenmoser, Minedition

L’avis de Pépita

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Et vous ? Vous connaissez forcément des contes détournés, quels seraient vos préférés ?

Histoires de migrants

Les migrants, un sujet dont s’est largement emparé la littérature jeunesse depuis quelques années. Aborder cette question par différents biais, selon différents points de vue… voilà sûrement un bon moyen pour répondre aux questions des jeunes lecteurs, citoyens d’un bel avenir pour mieux “vivre ensemble”.

Retrouvez quelques-uns de nos titres éclairés, dans la sélection ci-dessous.

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>Alice vous propose de suivre le parcours d’Alassane de la Côte d’Ivoire jusqu’à Lorient.

Il croit aux droits de l’homme, il a de l’espoir en cette terre d’accueil et, malgré les embûches, jamais il n’abandonnera.

Un roman inspiré à Sophie Adriansen par plusieurs rencontres et témoignages et offert par #céline à l’occasion d’un swap !

*Ailleurs meilleur de Sophie Adriansen aux éditions Nathan*

>D’un autre point de vue, on peut suivre l’engagement de Dinah, qui ne supporte pas le sort des migrants, notamment quand des policiers entrent dans des classes pour les renvoyer chez eux. Elle décide alors d’enlever Mihran et espère pouvoir l’accueillir chez elle… mais tout cela n’est pas si simple et cache un autre malaise.

*Sans un mot de Romuald Giolivo aux éditions Ecole des loisirs***************

>Yoko Lulu a choisi de vous parler d’une BD au titre clair : Migrant.

Eoin Colfer et Andrew Donkin y racontent avec sensibilité le périple d’Ebo, un jeune Nigérian qui quitte son pays natal pour rejoindre l’Europe.

Je vous le recommande fortement !

     *Migrant de Eoin Colfer et Andrew Donkin, illustré par Giovanni Rigano

aux éditions Hachette*

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>Solectrice vous propose, quant à elle, de découvrir un petit roman où une belle rencontre entraîne une jeune fille belge à la recherche d’un jeune Afghan, jusqu’aux plages du Pas-de-Calais. Fil tendu vers Alice, qui lui avait offert ce road trip à l’occasion d’un swap de Noël.

*La théorie de l’élastique d’Anne-Françoise De Bruyne. Editions le Muscadier.*

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>Sans trop en dévoiler, Pépita propose de suivre une hirondelle et le destin de deux autres personnages dans ce conte contemporain magnifiquement écrit et illustré.

*Quelqu’un m’attend derrière la neige de Timothée de Fombelle et Thomas Campi, Gallimard Jeunesse*

Mon avis et celui d’Isabelle

http://www.gallimard-jeunesse.fr/var/storage/images/product/aa6/product_9782075093668_244x0.jpg

>On peut aussi se questionner en lisant Une caravane en hiver de Benoït Séverac, aux éditions Syros. Ce roman relate l’engagement d’un jeune homme de 16 ans auprès d’une femme syrienne et de son fils, réfugiés dans une caravane sur un terrain vague. Un roman qui nous met face à nos responsabilités.

Mon avis

Un roman écrit à 4 mains :  Les étrangers d’Eric Pessan et Olivier de Solminihac, Ecole des loisirs. Quand la vie de Basile bascule une nuit avec la rencontre d’un autre monde.

Mon avis

>Enfin, une autre lecture marquante : Ce que diraient nos pères de Pascal Ruter, Didier jeunesse. Un roman bouleversant sur le choix d’un jeune homme confronté à des situations trop grandes pour lui mais qui le font prendre en main sa vie.

Mon avis

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>Pour HashtagCéline, c’est au travers de deux textes plus énigmatiques qu’elle a eu l’occasion de se questionner sur le sujet.

On m’appelle Enfant i de Steve Tasane (Gallimard Jeunesse, 2019) décrit la vie d’un groupe d’enfants dans un camp de réfugiés. Dans ce récit, rien n’est vraiment précisé (ni le lieu, ni le moment, ni qui sont toutes ces personnes du camp). On découvre les conditions de vie difficile de ces mineurs qui ont tout perdu. Un texte à la narration déstabilisante mais originale.

Mon avis

>De l’autre, c’est encore un roman d’Eric Pessan, dont il a déjà été question plus haut, qui aborde ici de façon plus trouble, moins directe, la question des migrants. Dans L’homme qui voulait rentrer chez lui (Ecole des loisirs, 2019), le fantastique s’invite dans l’intrigue et nous pousse, lecteurs, à nous interroger plus largement sur la notion d’altérité.

Mon avis et celui de Pépita

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Aurélie a découvert ce premier album sur le blog de Pépita :

Partir au delà des frontières de Francesca Sanna  chez Gallimard, qui raconte la rencontre de l’illustratrice avec des populations fuyant leur pays.

Les avis d’Aurélie et Pépita

Aurélie a aussi découvert un carnet de route d’un sans-papier paru chez l’Atelier du poisson soluble, Demain je reviendrai de Karine Epenoy  avec le Réseau Education Sans Frontières.

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Isabelle a beaucoup aimé Et la lune, là-haut, de Muriel Zürcher (Thierry Magnier, 2019), qui évoque très bien la mort, la vie et les différences de tous ordres, notamment avec le beau personnage de Yaro, un sans-papiers dont on découvre petit à petit l’histoire et la personnalité. Un roman qui porte haut, jusque là-haut, de belles valeurs humanistes.

Son avis

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Sophie a aimé cette histoire d’amitié entre Jeannette et Iliana qui ont comme passion commune le ciel et les étoiles. Iliana va raconter son voyage, ce long et difficile voyage qui l’a amené jusqu’ici avec ses parents. Refuge est un bel album de Sandra Le Guen et Stéphane Nicolet aux éditions Les p’tits bêrets.

Son avis

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Et vous ? Quels livres auriez-vous envie de découvrir sur le sujet ? Avez-vous des références à partager pour enrichir encore cette sélection ?

Nos coups de cœur de décembre en ce mois de janvier

Toute l’équipe vous souhaite une belle année douce, lumineuse et pleine de lectures !

À cheval sur l’année passée et la nouvelle qui arrive, voici notre premier article de 2020 qui recense nos coups de cœur du mois décembre, qui n’est pas si loin !

À l’ombre du grand arbre, c’est cette année 2019 :

12 lectures communes, 10 sélections thématiques, 12 séries d’articles coups de cœur, nos tables de chevet et leur PAL, deux swaps, un prix, des interviews, des billets d’été,… mais surtout beaucoup de passion et d’échanges !

Voici ce que nous gardons de nos lectures du mois passé :

Pour Pépita et son Méli-Mélo de livres, c’est sans aucun doute ce magnifique conte contemporain : émouvant, beau, juste, triste aussi et qui appelle à plus d’humanité. Et ce titre, ce titre !!!!

Son avis et celui d’Isabellehttp://www.gallimard-jeunesse.fr/var/storage/images/product/aa6/product_9782075093668_244x0.jpg

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Alice a adoré frissonner avec cette BD adaptée du roman de Malika Ferdjoukh  -dessin de Nicolas Pitz-.

Un huis clos familial où l’on suit une enquête entre fausses pistes et révélations. L’atmosphère s’alourdit au fil des pages et des retrouvailles ce 1er octobre à l’occasion de l’anniversaire de Papigrand… Une ambiance digne d’un bon polar dans des décors aux  superbes couleurs automnales.

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Sophie a aimé découvrir ce nouvel album de Lucie Félix. Elle y parle l’air de rien des origines de la vie sur terre et des premières cellules. Mais oui oui, c’est bien un livre pour les tout-petits avec des tirettes, des couleurs contrastées, des formes simples et un texte tout en sonorité.

Son avis

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Solectrice a vibré avec un roman qui nous replonge cinq ans en arrière, comme si c’était hier… Pendant les attentats qui ont pris pour cible Charlie Hebdo, on suit le quotidien de Caumes et de ses amis lycéens.

Son avis.

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Sur leur île aux trésors, Isabelle et ses enfants ont été particulièrement émus par deux livres exceptionnels qui célèbrent chacun à leur manière une nature surprenante, sauvage et fragile : le documentaire Curieux mammifères, de Florence Guiraud (Saltimbanque) et le roman Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage, de Paul Martin et J.-B. Bourgois (Sarbacane).

Son avis sur Curieux mammifères

Son avis, celui de Pépita et de Hashtagcéline sur Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage

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HashtagCéline a été très touchée par l’histoire de Louise, jeune bachelière, confrontée à des choix qu’elle ne se résout pas à prendre. Désorientée de Marine Carteron (Casterman) a été la belle surprise de cette fin d’année.

Son avis.

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Et vous ? Quelles belles lectures avez-vous faites en décembre et s’il fallait n’en retenir qu’une, laquelle serait-elle ?

Lecture commune : “Du haut de mon cerisier”

Ouh la la, tant d’émotions pour un si joli roman ! Nos yeux ont un peu piqué à la dernière page tournée !

Un livre tellement poétique et bouleversant qu’il fallait à tout prix que l’on partage ensemble ce qui nous avait tant touché.

Du haut de mon cerisier de Paola Peretti. Editions Gallimard, 2019

Alice- Qui veut bien nous en dire plus sur cette petit bouille qui se cache derrière les branches d’un cerisier ?

Pépita : Cette petite bouille a pour prénom Mafalda et elle a son univers : l’école, son chat, ses listes rassurantes, un papa, une maman, une dame à l’école qui l’aide et l’aime beaucoup. Mais surtout elle sait qu’elle va perdre la vue. Quand ? Elle aimerait repousser cette échéance qui la terrifie alors elle invente comme des relais talismans : surtout ce cerisier dans la cour de l’école. Qui est pour elle un repère. Elle compte les pas pour le toucher. Elle sait qu’il sera toujours là pour elle. C’est une petite fille de 9 ans désarmante de sincérité et de sensibilité. Aux sens aiguisés. Elle retient tout. Elle veut tout comprendre. Elle veut dompter ce noir qui l’attend. Elle veut la vérité. Elle met souvent les adultes face à leurs contradictions. Elle veut garder sa liberté. Et pour ça, elle a sa logique. Qui est implacable.

Alice : Joli résumé, tout est dit !
Et si on en reste sur le premier contact avec ce livre, je trouve la couverture superbe et très parlante. On y découvre cette omniprésence de l’arbre, ces yeux symboliquement cachés derrière les feuilles, ces cerises, fruit délicat, incarnation d’un renouveau et d’une renaissance, ce sourire optimiste… J’adore !

Comme tu le dis Pépita, elle est pas mal entourée Mafalda. Chacun l’accompagne face à la noirceur qui assombrit peu à peu sa vue. On parle un peu plus de ces personnages secondaires ? Lequel souhaiteriez -vous nous présenter ?

Pépita : Personnages secondaires… Ils sont tous principaux non ?
Estella m’a beaucoup touchée car elle sait si bien s’adresser à Mafalda. Elle la guide tout en lui laissant son autonomie, leurs échanges sont des perles de philosophie. On a tous connu une personne extérieure qui nous a aidé à un moment de notre vie, en-dehors de nos proches et qui est comme un phare dans la nuit. Estella, qui signifie étoile, joue ce rôle-là, de confidente, de repère. Compréhensive mais jamais directive. Elle laisse à Mafalda faire ses choix et Mafalda sait qu’elle est là. De plus, son histoire à elle n’est pas simple non plus. C’est sans doute pourquoi elle est si forte.

#Céline : Filippo ! J’ai beaucoup aimé ce garçon que tout le monde voit comme un gros dur alors qu’en fait, il cache un cœur tendre et quelques fêlures. Il va être un autre soutien de poids pour notre jeune Mafalda. J’ai trouvé que la relation qui s’installait entre eux était intéressante, entre amour et amitié sans que l’un ou l’autre prenne le dessus. C’est bien aussi.

Alice : C’est vrai que Mafalda est vraiment bien entourée. Sa vie est belle de rencontres généreuses. Les liens humains sont a la fois si simples et si beaux que ça fait sacrément du bien … à Mafalda … et à nous, lecteur… Chacun d’entre eux participent à leur manière (même le chat !) à une acceptation optimiste du handicap. Vous ne trouvez pas ?

Pépita : Oui, c’est vrai, mais tout de même : mon cœur de maman était serré à cette lecture… On sent comme une menace sourde, qui plane, comme Mafalda, on voudrait faire reculer ce noir. C’est un roman qui évoque beaucoup la lumière dans les relations mais aussi son pendant, l’obscurité. Cependant, parmi les personnages, je voudrais évoquer les parents de Mafalda : ils m’ont mise un peu “mal à l’aise”. Ils veulent protéger leur fille, c’est normal, ils ne voient que le côté pratique des choses, il n’y a pas beaucoup d’émotions entre eux, mais je ne sais pas, j’arrive pas à me l’expliquer. J’ai lu ces passages comme en apnée. Je garde la lumière d’Estella, la détermination de Mafalda et son immense solitude, où seule son amie a su l’atteindre. Mais pas ses parents. Estella est malade aussi. Est-ce cela qui les rejoint ? Est-ce que ça veut dire qu’on ne peut jamais vraiment aider ceux dans la souffrance ? Ou faut-il se protéger de la souffrance de l’autre pour continuer à vivre ? Mais on fait comment alors pour continuer ?

#Céline : Je rejoins un peu Pépita sur cette question. J’ai été assez oppressée pendant cette lecture, le décompte des pas et de la distance à laquelle Mafalda pouvait encore voir le fameux cerisier de son école, a joué sur mon moral. Mais je crois que c’est justement parce que l’autrice nous met parfaitement dans la peau de l’héroïne, que j’ai pris tout cela tellement à cœur. Le côté progressif de la perte de la vue est déstabilisant. Mais il permet aussi à Mafalda de cheminer doucement sur la route qui la mène à l’obscurité. C’est une belle leçon que nous donne la jeune fille et son entourage.

Alice : C’est vrai qu’elle est super cette gamine. Depuis le début de notre conversation, on ne manque pas de qualificatifs sur cette petite personne : désarmante, sincère, sensible, libre, mature… N’oublions pas qu’elle n’a que 9 ans ! Je crois que le lecteur l’aime aussi parce que malgré toutes ces éloges, elle n’est pas parfaite et, surtout, l’auteur ne nous plonge jamais dans le pathos et on apprécie que Mafalda aime le foot !
Tout ça, c’est la personne et l’entourage de Mafalda, mais son histoire ne serait rien sans toutes les références au héros d’Italo Calvino. On en parle un peu ?

Pépita : Oui, tu as raison de souligner l’allusion au “Baron perché”. Cependant, les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Et nul besoin d’avoir lu ce livre pour comprendre l’histoire de Mafalda. Néanmoins, l’ouverture demeure et on peut aussi le lire (ou le relire) du coup !

#Céline : Pour ma part, je n’ai toujours pas lu ce classique de la littérature italienne. Alors avec ou sans les références, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Et surtout, maintenant, j’ai une nouvelle histoire à découvrir : celle de ce fameux “Baron perché” !

Colette : C’est chouette de vous lire, je renoue avec mes impressions de lecture à travers vos mots. J’avais trouvé ça génial que le père de Mafalda lui ait lu “Le Baron perché” alors qu’elle était enfant. C’est un livre exigeant auquel notre héroïne peut pourtant sans cesse se référer au point de transformer la parabole de l’exil du baron dans l’arbre en réalité. Je suis absolument fan des liens intertextuels que les livres entretiennent, à travers les époques, les genres, les publics. Dans le quotidien angoissant de Mafalda il y a cette trouée vers l’imaginaire permis par la littérature qui sublime la maladie et l’avenir qui se dessine et la rend un peu plus acceptable…

Pépita : Oh que oui ! pour moi le baron perché est passé en arrière-plan tellement j’ai été happée par ce noir qui allait arriver.C’est la relation avec Estella qui m’a emportée. Beaucoup moins avec les parents de Mafalda.

Alice : Qu’auriez vous envie de préciser/de rajouter pour donner envie à nos lecteurs de se ruer vers ce livre ?

Colette : Est-ce que vous pensez qu’il est pertinent de parler du fait qu’à travers Mafalda, Paola Peretti raconte sa propre histoire et la maladie génétique dont elle souffre depuis des années ? Je trouve que cela renforce l’espoir que l’on peut lire dans ce livre que de savoir que l’auteure s’est construit une vie de femme accomplie et engagée (elle enseigne l’italien à des enfants migrants) malgré son handicap. C’est tellement inspirant de lire l’histoire de personnes conquérantes malgré les embûches de la vie !!!

Pépita : Complètement Colette ! Le fait de savoir que cette histoire s’inspire de la vie de l’autrice, cela m’a permis d’avoir un espoir pour Mafalda.

Alice : Qu’auriez vous envie de préciser/de rajouter pour donner envie à nos lecteurs de se ruer vers ce livre ?

Pépita : Et bien justement que cette histoire s’inspire de la vie de l’autrice.

#Céline : Je leur dirais qu’ils pourraient bien être surpris de toute la lumière qu’ils pourront trouver dans ce roman où l’héroïne plonge dans l’obscurité.

Alice : Pas de doute, a lire tous nos échanges,  nous avons toutes été sous le charme ! Et nous espérons que cette lecture résonnera aussi en vous, aussi longtemps qu’elle nous a habitées.

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Ravies, avant de boucler cette article nous apprenons que Du haut de mon cerisier est pré-sélectionné pour le Prix des librairies du Québec  -catégorie 6-11ans

On croise les doigts !

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Merci  Pépita, #Céline et Colette

pour leur participation et leurs avis convaincants.

La chronique de Pépita-Mélimélodelivres

et celle de #céline

 

Sélection thématique : L’Histoire avec un grand H

En ce week end de commémoration, petit focus sur les livres pour enfants consacrés à la discipline historique : documentaires, fictions, bandes-dessinées. Tout un panel pour éveiller la curiosité de nos petites têtes blondes car pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ! Voici une sélection de nos préférés.

  • Les documentaires

La collection “La grande imagerie” des éditions Fleurus. Bien qu’aux allures un peu vintages, le garçon d’Aurélie en raffole. (Ses coups de coeur : 1ère et 2ème guerre mondiale et Débarquement).

 

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Les p’tits docs à coller de chez Milan

Un texte court et clair pour introduire toutes les thématiques abordables dès le plus jeune âge.

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Dans le même genre, Aurélie a découvert la collection Idole des éditions Néapolis, un peu plus détaillé, les enfants peuvent coller et colorier les différents détails du documentaires et s’amuser tout en apprenant.

Son avis d’Aurélie prochainement sur son blog

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Pour revenir à Milan, la collection mes docs histoire est clair et concise avec un large éventail, Aurélie apprécie aussi le côté tout terrain avec les pages plastifiées.

Son avis

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La collection Quelle histoire chez l’éditeur du même nom et  chez Fleurus pour le magazine s’allie aussi au numérique avec la version ebook, la version à écouter sur la lunii et les vidéos youtube.

L’avis d’Aurélie

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Une grande expédition à travers l’histoire de la Terre, ça vous dit ? Voilà l’objectif ambitieux de cet album magnifique qui se déploie en accordéon sous nos yeux ébahis. C’est signé Clémence Dupont et paru en 2017 chez les Éditions de l’Agrume !

L’avis d’Isabelle

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Parce qu’il est à la fois passionnant et d’une beauté à couper le souffle, parlons également de l’album Egyptomania, par Emma Giuliani et Carole Saturno, paru en 2016 aux Éditions des Grandes Personnes !

L’avis d’Isabelle

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Ensuite il y a plusieurs versions romancées mais non fictives comme la collection “Il était une fois” des éditions Belize et “Les grandes vies” chez Gallimard jeunesse.

 

L’avis d’Aurélie et ici.

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La collection “Histoire d’histoire” de chez Rue du monde est une série de fictions mais qui restent documentaires.

  • Les albums

Les albums d’Eric Battut font beaucoup référence à l’Histoire du monde (esclavage, guerre etc..)

Voici quelques avis d’Aurélie, Pépita

  • Les romans

Parfois, rien de mieux qu’une histoire captivante pour nous faire une page d’histoire ! La liste est longue – on pourrait presque proposer une sélection thématique par période historique, mais voici des romans qui valent le détour !

Pour découvrir la Rome antique, rien de mieux que la série Caïus de Henry Winterfeld, qui n’a pas pris une ride ! Addictifs, très informatifs tout en restant accessibles à des enfants très jeunes, ces romans offrent au passage une initiation au genre policier…

   

L’avis d’Isabelle sur le tome 1 et le tome 2.

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Pour une escapade dans le Moyen-Âge le plus sombre, n’hésitez pas à vous plonger dans L’Estrange Malaventure de Mirella, de Flore Vesco, qui vient d’obtenir le prix Vendredi ! On frissonne, la langue fleurie de Flore Vesco nous réjouit, nous faire rire souvent… mais au passage, on en apprend beaucoup sur cette période !

Notre lecture commune, ainsi que les avis d’Isabelle, de Pepita, de Hashtagcéline et de Bouma.

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Pour plonger en immersion dans des pages plus récentes de notre histoire, les romans de Michael Morpurgo sont une valeur sûre. Ses histoires, toujours très bien racontées, nous font revivre de façon très vivante notamment des épisodes marquants de la première guerre mondiale (Le mystère de Lucy Lost ; Soldat peaceful), le conflit sino-japonais dans les années 1930 (Le Roi de la forêt des brumes), la deuxième guerre mondiale (Dans la gueule du loup), l’après-guerre (Seul sur la mer immense ; Le Royaume de Kensuké) ou même des épisodes plus récents, comme la terreur exercée en Afghanistan par les Talibans (avec L’histoire d’Aman).

  

L’avis de Sophie                                L’avis de Pepita

    

L’avis de Bouma                                  Les avis de Hashtagcéline et de Sophie

L’avis d’Isabelle                                    L’avis de Bouma

L’avis de Pepita

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Les romans de Davide Morosinotto renouvellent brillamment le roman jeunesse historique. Le célèbre catalogue Walker & Dawn paru en 2018 aux éditions de l’École des loisirs, nous faisait vivre un road-trip incroyable à travers tous les États-Unis du début du 20ème siècle. L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges, paru cette année (chez les même éditeur), nous emmène cette fois pour une aventure en Russie, pendant la Seconde guerre mondiale. Des objets-livre à couper le souffle : vintage à souhait, truffés d’extraits de dessins, de cartes géographiques, de photographies et de coupures de presse si authentiques qu’on les prendrait presque pour des documents d’archives…

   

L’avis de Pepita et d’Isabelle sur Le célèbre catalogue Walker & Dawn, l’avis d’Isabelle sur L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges.

  • Les bandes-dessinées

Chez Casterman, vous pourrez faire découvrir la collection “L’histoire de France en BD“.

Et vous quelles sont vos collections préférées pour parler d’Histoire à vos enfants ?