Nos coups de coeur de décembre

Le Père Noël est passé et l’année 2018 vient de se terminer. Entre les préparatifs et les cadeaux, entre le sapin et les guirlandes, entre l’attente et l’impatience, entre les bons repas et les doux moments passés en famille, entre la nuit de Noël et le réveillon du jour de l’an, quels sont les livres qui ont rendu le mois de décembre encore un peu plus magique ?

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Alice s’est émue de l’histoire dramatique et marquantes des indiens canadiens et des pensionnats dans lesquels ils étaient enfermés  jusqu’à la fin du XX°siècle.

Son avis************************

Sur son île aux trésors, Isabelle s’est laissé emporter dans le tourbillon artistique de Zara, en lisant la dernière BD de Fred Bernard et Benjamin Flao, Éditions Delcourt, 2018). Et si un véritable talent se cachait derrière la peinture débordante de Zara ?

Son avis

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Découvert sur les étagères de notre médiathèque préférée, nous avons dévoré en famille Le Fabuleux voyage du bateau-cerf, de Dashka Slater et The Fan Brother, publié chez Little Urban. Nous y avons suivi Marco, le jeune renard, et son insatiable curiosité à travers une traversée mouvementée de la Mer de Perle. Cet album au format à l’italienne, qui n’est pas sans rappeler le format des carnets de voyage, nous embarque sur un navire extraordinaire où les questions de Marco vont de plus en plus prendre un accent philosophique. Ma chère Pépita donne son avis par là. 

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Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie a été emporté par la Création, mise à l’honneur dans l’album 7 jours et après de Thomas Scotto et Annelore Parot, publié chez Gautier Languereau. Ce mythe est magnifiquement illustré en noir, blanc et doré et adapté pour correspondre à la création artistique dans son sens le plus large de la naissance de l’idée à sa matérialisation.

Son avis ici.

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Dans son Méli-Mélo de livres, transformé en Méli-Noël en ce mois de décembre, difficile de choisir tant, déjà, les choix ont été mûrement réfléchis ! Mais Pépita choisit celui qui a ensoleillé l’approche de l’hiver, ce poussin jaune Piouh, petit habitant du grand bois (d’Estelle Billon-Spagnol chez Grasset jeunesse) pour sa bonne humeur, son amour de la vie, sa légèreté et sa malice !

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Pour HashtagCéline, la dernière lecture du mois de décembre aura aussi été le dernier coup de coeur de l’année 2018 : Miss Crampon de Claire Castillon chez Flammarion Jeunesse. Ce roman est une belle invitation à s’assumer, à se détacher du regard des autres et surtout à ne plus avoir peur de dire haut et fort ce que l’on pense.

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Pour Aurélie, ce fut un coup de coeur pour un éditeur : Voce Verso.

Après les avoir rencontrés une première fois en 2017 au Salon de Montreuil où elle avait pu voir, Tout s’éclaire,un album avec un jeu de lumière faisait apparaître un élément de part et d’autre de la page. Elle fit à nouveau leur rencontre au salon cette année et pu découvrir leur collection premières lectures Ginko et leurs albums sans texte. D’ailleurs, elle a rapporté à ses loulous Et après ? de Malthilde Magnan et Un bal d’enfer de Cécile Emeraud dont elle parle dans sa dernière vidéo.

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Et vous, avec quoi avez-vous passé vos soirées au coin du feu, sous un plaid et un bon thé ?

Souvenirs


Avant de changer d’année, des souvenirs pleins la tête, explorons quelques lectures qui nous ramènent en arrière. Voilà un thème qui traverse de nombreuses fictions jeunesse, qu’il soit seulement évoqué ou au centre de l’histoire. Entre réminiscences familiales et moments durs à digérer, ces fenêtres ouvertes sur le passé nous touchent souvent.

 

Dans Le Tiroir à histoires

June et Jo – les souvenirs de Séverine Vidal et Amélie Graux

La maison en petits cubes de Kunio Katô et Kenya Hirata

 

Lire les avis de Bouma, Sophie et de Pépita.

 

Bouche Cousue de Marion Muller-Collard

Ce récit tourne autour d’un souvenir de jeunesse qui remonte à la surface suite à un événement.

Lire l’avis de Pépita

 

 

Sur Méli-Mélo de livres

 

Le jardin des ours Fanny Ducassé. Thierry Magnier.

Quand se souvenir de ses deux grands-pères, aujourd’hui disparus, donne un album d’une rare sensibilité et aux illustrations magnifiques.

Lire aussi les avis de Céline et Sophie

 

L’armoire Anne Cortey, illustré par Claire de Gastold. Grasset jeunesse.

Une armoire, métaphore de la grand-mère disparue et dont la présence angoisse une petite fille. Quand les souvenirs rattrapent les générations qui suivent, une approche bien vue.

 

La couverture : une histoire en petits carreaux (de tissu) Isabel Minhos Martins Yara Kono. Editions Notari.

Une histoire qui sublime le souvenir, le partage, la transmission entre générations.

 

Sur les Lectures Lutines

Le Jardin de Minuit d’Edith. Editions Noctambule.
Quand un enfant partage mystérieusement les souvenirs d’une demoiselle dans un fabuleux jardin.
Lire aussi les avis de Bouma et Sophie

La belle histoire d’une Vieille Chose, de Louis Emond et Steve Adams.

Quand une voiture se souvient de ce qu’elle a été avant de n’être plus qu’une vieille chose.

 

Les bruits chez qui j’habite de Claire Cantais et Séverine Vidal.

Des souvenirs sonores que l’on goûte délicieusement. De petites portes qui s’ouvrent vers un monde de l’enfance que l’on n’a pas oublié.

 

 
A lire au Pays des Merveilles
La mémoire en blanc de Isabelle Colombat. Thierry Magnier, 2015
Quand pour se réconcilier avec sa propre histoire, Léonie se construit sur de de bouleversants souvenirs et nous oblige à (re)découvrir un épisode récent de l’Histoire du Rwanda. N’oublions pas…

Après la peine / Ahmed Kalouaz. Rouergue, 2014.

 

Un tête à tête mélancolique entre un père et son fils entre souvenirs et révélations.

Lire aussi les avis de Pépita et de Bouma.

Vide-grenier / Davide Cali, Marie Dorléans. Sarbacane, 2014
Bric à brac de souvenirs entassés dans le grenier ; il suffit de remettre le nez dans les cartons oubliés pour retomber en enfance et décidé .. de ne plus s’en séparer !
Lire aussi l’avis de Chlop.
Sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait Livresse
Les souvenirs, ça se construit aussi ! Ou comment transformer le malheur en bonheur ? Une belle illustration de résilience avec une galerie de personnages hauts en couleur.
Lire aussi les avis d’Alice et de Pépita.
Souvenirs de papier de Baptistine Mesange et Jessica Lisse.
Dans cet “album-souvenir”, le narrateur revient sur les amis de papier qui ont peuplé son enfance : un ours en peluche à qui il a offert une partie de son cœur, une jolie poupée et son amie imaginaire, un coffret pour y glisser tous ses secrets… Un album très psychologique voire philosophique qui aborde avec beaucoup de justesse, de tendresse et une petite pointe de mélancolie le passage de l’enfance au monde adulte.
Dans Un Petit bout de Bib(liothèque)
Mon grand-père de Christine Schneider et de Gilles Rapaport.

Un livre sensible qui rappelle tous ces moments de l’enfance passés avec son grand-père, ceux qui restent malgré la disparition de l’être cher.
Lire l’avis de Pépita
Le Marchand de souvenirs de Ghislaine Biondi.
Quand on n’a pas eu de père, difficile de s’en souvenir. C’est pourtant ce que propose ce marchand de souvenirs…
Un album intemporel qui rappelle que chaque être humain est passé par mille vies avant de devenir celui que l’on connaît. Avec tout le talent de Lane Smith, en plus.
Chez La Collectionneuse de Papillons
Quelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal.

Partir à la recherche de ses souvenirs, une quête qui n’a pas de prix, surtout quand elle permet à une jeune homme de construire le lien avec son grand-père.
Lire l’avis de Pépita
La Gigantesque petite chose de Béatrice Alemagna.
Béatrice Allemagna signe un album gigantesque pour évoquer ces moments infiniment précieux que nous chérissons tous au fond de notre mémoire.
Dans la Littérature enfantine de Chlop
 
Guirlandes de poupées, J. Donaldson R. Cobb Kaléidoscope
Entre réel et imaginaire, une fillette joue avec une guirlande de poupées. Jusqu’au moment où elles croisent une paire de ciseaux bien réels, et c’en est fini de la guirlande de poupée… Mais il reste toujours quelque chose des bons moments passés, une place attend les poupées disparues dans la mémoire de la fillette.
Dans la maison de ma grand-mèreAlice Melvin, Albin Michel jeunesse
Nous suivons une petite fille qui traverse la maison de sa grand-mère, dans la quelle chaque pièce, chaque objet, lui évoque un doux souvenir.
Lire l’avis de Pépita
Dans l’Atelier de Cœurs
Mon bison de Gaya Wisniewski chez Mémo
L’histoire d’une amitié entre une petite fille et un bison racontée par une vieille femme.
Une somme de souvenirs de Thomas Scotto et Annaviola Faresin chez Notari
L’histoire d’un homme qui décide de se séparer de ses souvenirs et qui ignore qu’ils ont aussi du sens pour les autres.
Le grenier de Mona Leuleu chez Seuil Jeunesse
Des souvenirs à découvrir à l’aide d’une torche à lumière bleue.
Mamie est partie de POG et Lili la Baleine chez Gautier Langereau
Une petite fille qui arrive à faire le deuil de sa grand-mère grâce aux souvenirs qu’elle lui rapportait de ses voyages.
Sur l’île aux trésors
Mémoire en eaux troubles de Joëlle van Hee
 
Un roman qui évoque à la fois les souvenirs de la deuxième guerre mondiale, à travers le grand-père du protagoniste, et la perte de mémoire suite à la maladie d’Alzheimer.

 

 

Bons souvenirs de 2018 !

En attendant nos coups de cœur de l’année qui vient de s’écouler, toute l’équipe A l’Ombre du Grand Arbre vous souhaite un joyeux réveillon !

Déjà l’automne ! Quels sont vos premiers coups de cœur depuis la rentrée ?

Le temps nous rattrape, les feuilles volent déjà et entre nos mains, les pages ont tourné depuis la rentrée.

Partageons les livres qui nous ont fait vibrer, les récits précieux qui nous ont attachés à leurs êtres de papier.

Cette rentrée, c’est aussi l’occasion d’accueillir trois nouvelles têtes sous le Grand Arbre : Hashtagcéline, Isabelle et Yoko lulu. Bienvenues !

Le Méli-Mélo de livres de Pépita s’est régalée de ce roman plein de fraîcheur, d’humanité… et de responsabilités à la sauce Pëppo !

Pëppo de Séverine Vidal – Bayard

Mais aussi de cet autre roman à l’écriture magistrale de beauté qui embarque le lecteur dans cette histoire étrange entre onirisme et imaginaire, avec des personnages bouleversants, en particulier Milly Vodovc.

Milly Vodovic de Nastasia Rugani – Editions MeMo, collection Grande Polynie

Alice,  dans son pays des merveilles, a été très émue et très touchée par la maternité d’Irène, par sa maturité et par  le trouble qu’elle a su laisser une fois la dernière page tournée. Coup de cœur partagé par Sophie.

Soixante-douze heures de Marie-Sophie Vermot – Thierry Magnier

Le récit des aventures déjantées du groupe de suicidants d’Axl Cendres a particulièrement touché mais aussi beaucoup fait rire HashtagCéline.

Cœur battant d’Axl Cendres – Sarbacane

Aurélie a mis dans son atelier un album plein de tendresse sur l’amitié. Un livre sur la différence, l’école et sur la naissance des sentiments, histoire de bien aborder la rentrée.

Mon ami d’Astrid Desbordes et Pauline Martin – Albin Michel Jeunesse

Grâce à Robinson, Isabelle de L’île aux trésors s’est offert un voyage onirique magnifié par les illustrations splendides de Peter Sis. Un album qui nous invite à assumer nos différences, à voguer vers d’autres horizons et à célébrer les merveilleux pouvoirs de l’imagination…

Robinson de Peter Sis – Grasset jeunesse, 2018

Chez Chloé (Littérature enfantine), le coup de cœur du mois n’est pas une nouveauté, loin de là, plutôt un classique qui n’a pas pris une ride au fil des ans. L’histoire de deux enfants qui entreprennent d’expliquer à leurs parents ignorants Comment on fait les bébés ! C’est drôle et ça décape.

Comment on fait les bébés, Babette Cole – Seuil jeunesse, 1993

Chez Les lectures lutines, deux romans plein d’humanité les ont conquises. Un récit troublant, entre fantastique, fait divers et altruisme, qui a résonné ce mois-ci pour Solectrice.

Dans la forêt de Hokkaïdo, Eric Pessan – Ecole des Loisirs, 2017.

Et pour Yoko lulu, c’est un roman d’une magnifique sincérité, d’une cruelle vérité. Sur l’amour et la différence. Sur l’intégration et l’espérance. Les héros ont un petit quelque chose qui nous attache à eux du début à la fin.

Envole-moi, Annelise Heurtier. Casterman, 2017.

 

Chez Bouma (Un Petit Bout de Bib), c’est un album intrigant, mêlant enquête, texte en rimes et illustrations presque naturalistes qui est sorti du lot ! Une invitation à s’interroger et à regarder plus loin que le bout de son nez !

Carnivore, Tariel et Peyrat – Père Fouettard, 2018

Et chez Sophie, c’est un roman sur la condition des femmes dans les années 1960 qui l’a conquise. On y découvre l’histoire de Catherine qui raconte comment elle a dû se battre pour vivre sa passion, pourtant simple aujourd’hui : la course à pied !

La fille d’avril, Annelise Heurtier – Casterman, 2018

Et vous, quels sont vos coups de cœur de la rentrée ?

A propos de Noël… pour les grands

Encore une petite sélection non-exhaustive et tout-à-fait subjective de livres sur Noël…

Voici le temps de l’école élémentaire, celui où l’on ne croit plus au Père Noël mais où la magie hivernale règne encore…

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sacré pere noelSacré Père Noël présenté par Le Cabas de Za
de Simon Briggs, Grasset Jeunesse en 2012 (réédition du titre de 1973)

Noël n’est pas une fête pour tout le monde. Il y en a au moins un pour qui cette date est une source de contrariétés. C’est le Père Noël lui-même, bousculé dans ses habitudes, tiré de sa maison douillette. De rouspétance en rouspétance, il accomplira sa tâche
consciencieusement.

Un album délicieux et drôle, bourré de détails malicieux. Un classique indémodable !

L’avis complet du Cabas de Za

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arbres de noelLes Arbres de Noël présenté par Un Petit Bout de Bib
de Géraldine Elschner et Stéphane Girel, L’Elan vert (Le Pont des Arts), 2011

Comme tous les albums de la collection Le Pont des Arts, ce titre s’inspire d’un tableau ou d’une sculpture plus ou moins connu du grand public. Ici le duo Elschner/Girel s’est attaqué au non moins connu Claude Monet et à son tableau : La Charette. Route sous la neige à Honfleur. Il nous livre un texte émouvant sur les relations familiales et sur la vie rurale au XIXème siècle. Un texte qui rappellera à nos chers têtes blondes que Noël ne fut pas toujours une profusion de cadeaux.

L’ avis complet de Un Petit Bout de Bib

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pb noelLe Problème avec Noël présenté par Maman Baobab
d’Agnès de Lestrade, illustré par Clémence Pollet, Le Rouergue (Zig Zag), 2012

Cerise qui vit seule avec son Papa depuis la mort de sa maman ne voit pas Noël arriver avec plaisir. Encore une fête de famille, encore un événement qui marquera fortement l’absence de l’être qui lui manque tant. Et ce d’autant plus qu’il est prévu de le fêter chez sa tante, la sœur jumelle de sa mère…. C’est pourtant en se rendant avec son papa chez tante Nina, qu’elle passera un Noël d’exception. Sur la route, une tempête de neige bloque les voitures. Contraints de rejoindre d’autres naufragés de la route, Cerise et son père improvisent un réveillon avec ces inconnus et réussiront à adoucir leur peine en partageant une soirée très originale !

Un roman très tendre d’Agnès Lestrade illustré par Clémence Pollet.

L’avis complet de Maman Baobab

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etrange reveillonL’Etrange réveillon présenté par Le Cabas de Za
de Bertrand Santini illustré par Lionel Richerand, Grasset Jeunesse, 2012

Arthur est orphelin. Il vit seul dans un manoir avec une flopée de serviteurs. Et pour Noël, il décide d’organiser un réveillon auquel il invite… des morts. Une histoire étonnante, tendrement déjantée, doucement loufdingue, où la mort, la vie se mêlent pour finir par se confondre, tout naturellement.

Les avis complets de Le Cabas de Za et La Mare aux mots

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derniere anneeLa Dernière année ou pourquoi et comment le Père Noël décida d’arrêter et pourquoi il ne recommença jamais présenté par Méli-Mélo des livres
de Thierry Lenain illustré par Benoît Morel, Oskar Jeunesse (Trimestre), 2010

Et si le Père Noël en avait assez et qu’il décidait cette année que c’était la dernière ?

C’est le thème de ce premier numéro de la collection Trimestre que je suis tout particulièrement. Thierry Lenain brosse ici une critique de la société de consommation et s’attaque à ce mensonge du Père Noël. Un album-roman qui fait beaucoup réfléchir, idéal pour les parents qui ne savent plus comment dire cette vérité. Noël, c’est d’abord la générosité et le partage.

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pere noel dans tous ses etatsLe Père Noël dans tous ses états présenté par Le Cabas de Za
de Valérie Dayre & Yann Fastier, L’atelier du Poisson Soluble, 2009

Un homme essaie son costume de travail et devient un autre pendant quelques heures puis il retourne aux jours qui passent à chaque nuit pareille à toutes les autres. Ce père Noël très contemporain n’a rien du bonhomme rondouillard et joyeux. Il est une autre image de Noël.

Les avis complets du Cabas de Za et de 3 étoiles

 

noel(s songsNoël’s songs, les plus beaux chants de Noël présenté par Un Petit Bout de Bib
de Florent Marchet illustré par Roxane Lumeret, Actes Sud Junior, 2012

Un album original par sa forme et par son fond qui interroge les traditions de Noël : du nom du vieux barbu aux achats de Noël en passant par le fameux traineau… Le livre a été construit autour du disque éponyme de Florent Marchet qui avec sa voix suave revisite un certain nombre des classiques de Noël.

A mettre entre les mains des enfants qui s’interroge sur les festivités de Noël et leur aboutissement.

L’avis plus complet de Un Petit Bout de Bib

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et demain la dernière partie, où quand Noël et adolescence font bon ménage (ou pas).

La boulangerie de la rue des dimanches – lecture commune

Parler de ce roman un dimanche, c’est parfait, non ?

Commençons par l’histoire,

que se passe-t-il dans La Boulangerie de la rue des dimanches ?

Alice (Sous un pissenlit) – Ce livre  parle avant tout d’amour. Il débute sur une note bien ronde et bien douce que nous jouent Louis Talboni et Adèle Pelviaire. Un amour si fort et si marqué par la musique qu’ils en oublient d’apprendre un métier et vivent véritablement d’amour et d’eau fraîche ! Peu leur importe car ils ont Vivaldi, ses Quatre saisons et leur fils Jack. Mais la symphonie se transforme en marche funèbre lorsque Louis et Adèle meurent ensemble, en même temps. L’amour est toujours là, même sur le chemin funeste…

Jack se retrouve donc à l’Orphelinat où il va apprendre le métier de boulanger. Sa spécialité ? Les baguettes pas trop cuites et les religieuses au chocolat. C’est tout. Et c’est bien assez… Des baguettes pas trop cuites et des religieuses au chocolat ? Oui, il suffit parfois de peu pour changer des vies: d’abord celle d’un quartier puis celle de Jack.

Et ça se termine comment ? Sur une note complètement gorgée d’amour. Alors, voilà. Pour moi ça parle d’amour La boulangerie de la rue des dimanches. Ça parle de l’amour, celui avec un grand A, celui que l’on peut même croiser dans la mie d’une baguette pas trop cuit.

Sophie (La littérature jeunesse de Judith et Sophie) – En effet Alice, l’amour est le cœur de ce livre. Je rajouterais juste que la vie aussi. Pas seulement celle qui consiste à se lever le matin pour travailler. Mais celle dont on doit profiter avec les petits bonheurs du quotidien. C’est ce que j’ai retenu de ce livre.

Za ( Le cabas de Za) – Il y est aussi question de plaisir. Le plaisir des choses inutiles et gratuites : écouter un morceau de musique, manger un gâteau, sentir l’odeur du pain… et lire un livre ?

Thalie (Parfums de livres) – Ahhh, mais cela parle aussi des émotions et de la vie. La musique est présente dans l’écriture, la magie opère à chaque page. Les mots sonnent et résonnent, s’amusent, se taquinent. Les personnages sont des métaphores de l’amour (le don de soi jusqu’à en mourir), la cupidité, l’avidité, etc… Et au milieu de cela (coule une rivière) se trouve notre héros, notre fil rouge, celui qui donne le la: Jack Talboni. Il est candide, pur, naïf, il écrit sa partition, sa vie en tâtonnant. Jack est au début un peu brouillon, une mélodie en devenir puis s’affirme à sa manière avec douceur. Il élève le rythme, ses journées, son quotidien deviennent soutenus puis s’apaisent, comme une symphonie de Vivaldi.

Ce n’est pas un conte ou une fable qui nous est présenté mais un chef d’œuvre d’esthétisme. Les illustrations sont d’une finesse incroyable, l’objet est magnifique et l’écriture un pur moment de poésie.

Ah, les illustrations de Till Charlier…

On ouvre le livre pour en reprendre une miette encore.

Alice – Les illustrations ! À elles seules, elles sont aussi tout un monde… Elles enveloppent encore plus le lecteur dans sa lecture.

Leiloona (Bric à Book– Elles font partie intégrante de l’histoire, permettant aussi au petit côté décalé de ce roman de s’épanouir. J’ai pensé à Roald Dahl, mais aussi à Mathias Malzieu… Un petit air rétro qui permet aussi de ne pas “fixer” une époque précise pour cette histoire, lui donnant alors la dimension d’un conte.

Thalie – Les illustrations, très fines, m’ont rappelée celles de certaines affiches des années 50 ou des années 60. J’aime beaucoup le côté rétro des illustrations qui confèrent à l’ensemble un aspect vieilli surprenant et original.

Za – Le travail de Till Charlier concourt à la légèreté et à l’élégance de l’histoire. Ses images sont d’une grande délicatesse. Même la scène de l’enterrement des parents de Jack est traitée avec poésie. Les couleurs qui tirent sur le sépia, les décors, les costumes des personnages ont effectivement un petit côté années cinquante. Lady La Loola a d’ailleurs plus l’allure d’une chanteuse de Jazz que d’une star de R’n’B ! L’association Galmot/Charlier, inédite, fonctionne parfaitement. Je verrai bien La boulangerie de la rue des dimanches adaptée au cinéma par Jean-Pierre Jeunet, moi…

Sophie – L’illustrateur a un style crayonné plein de tendresse avec lequel il parvient à dessiner les pires moments de la vie de Jack sans pour autant tomber dans le pathétique. J’ai aussi particulièrement aimé les couleurs qui rappellent le sépia des vieilles photos.

Marianne (La mare aux mots) – J’ai beaucoup aimé les petites incrustations dans le roman. Les personnages ont l’air frêles, un peu écorchés, mais plein de vie, et ça correspond tout à fait à ce qu’ils dégagent dans l’histoire.

Le jeu des références est inévitable.

La Boulangerie de la rue des dimanches en distille quelques-unes,

et pas des moindres…

Leiloona – Dans ce livre, il y a à la fois du Vian et du Dahl. Une histoire complètement décalée, un brin lugubre, mais qui ne tombe jamais dans le pathos.

Et puis, au centre de cette histoire, il y aussi ce petit bonhomme qui n’a pas eu de merveilleuses fées penchées sur son berceau. Dans sa besace, il ne possède qu’un savoir (mais un merveilleux) : celui de bien faire les baguettes et les religieuses. Alors, malgré le peu d’armes données dans son enfance, il croit en ce qu’il fait. Et il réussit. Un très joli message d’espoir pour ces enfants qui n’ont pas une cuillère en argent dans la bouche.

Za – J’aime beaucoup l’idée d’une parenté avec Roald Dahl ! Des mômes un peu boiteux de la vie (Charlie ou encore le héros de “Sacrées sorcières”) et à qui tout est permis, pour qui tout est possible. Et puis la dose de fantaisie débridée aussi..

Thalie – Oui, le parallèle avec Dahl est excellent, il y a de la “magie” dans ce livre.

Marianne – Je suis d’accord avec tout ça : de l’amour, de la tendresse, des baguettes, des religieuses, de la musique, une famille atypique, la vie simple mais merveilleuse. Un peu de Boris Vian effectivement, de Roald Dahl et de Pierre Gripari, mais aussi la griffe personnelle des auteurs. C’est une ode à l’émerveillement de tous les instants. Jack nous invite à relativiser, et à prendre la vie du bon côté, toujours !

Comme il faut bien pinailler un peu,

on cherche ce qui ne nous aurait pas tout à fait convaincues…

Marianne – J’ai la mémoire sélective pour ça, alors spontanément, je ne vois rien. En réfléchissant, j’aurais sans doute aimé que certains passages soient légèrement plus développés, avec plus de détails qui ajouteraient encore un peu de croustillant et de tendresse.

Za – Sans hésiter, ce qui m’a moyennement plu, c’est cette idée de rédemption par le travail. Mais quelle horreur ! Plus sérieusement, peut-être la love-story finale avec la diva R’n’B dont je trouve le personnage un peu décalé par rapport aux autres. Mais je dois vraiment me forcer pour mettre un bémol à cette belle partition

Sophie – Comme Za, j’ai moyennement apprécié le personnage de Lady La Loola que je ne trouve pas très cohérent dans cet univers.

Alice – J’en aurais pris plus sur Lady La Loola, plus parce qu’elle débarque à la fin du roman, et je n’avais pas envie d’en sortir… C’est plus une question de désir et du besoin de ne pas quitter un univers qu’une question de points négatifs pour moi.

Thalie – En ce qui me concerne je mettrai un bémol sur la fin du livre. J’aurais aimé quelque chose d’autre de plus fou. Je n’aime pas le personnage de Lady La Loola qui arrive trop vite et qui ne me semble pas à la hauteur de Jack Talboni. J’aurais aimé une histoire aussi belle que celle de ses parents, une fin un peu moins rapide. Mais là c’est mon envie d’encore qui parle. La gourmandise, toujours la gourmandise !

Leiloona – Pour moi aussi le personnage de la vamp détonne par rapport au reste… Mais cela va aussi contre certains a priori “et si la vamp’ était une personne sincère qui n’attendait que la religieuse de notre Jack” ? Mais je ne peux m’empêcher de voir cette relation comme complètement farfelue… Ils sont si différents l’un de l’autre…

Mais le plaisir, le bonheur de cette lecture reprennent le dessus…

Thalie – Savoir ce que j’ai le plus aimé est compliqué, tellement ce livre m’a séduite au premier regard. Je dirais donc que c’est ce qui se dégage de ce livre. L’objet en tant que tel, la douceur de la couverture, l’intelligence et la finesse des illustrations, l’originalité du texte. C’est un livre que l’on a envie de traiter avec respect et délicatesse.

Leiloona – C’est un ensemble… D’abord la qualité de production du livre (car c’est ce qui nous touche en premier, et ce soin est assez rare pour être souligné), puis le style un peu déjanté qui appartient à l’univers du conte.

Sophie – C’est l’ambiance qui se dégage de se livre qui m’a le plus plu : ce petit côté loufoque où on sait que rien n’est réaliste et pourtant on a envie d’y croire.

Alice – C’est une question d’ensemble. Il y a à la fois, l’histoire, l’art avec lequel elle est raconté, les illustrations, la douceur du papier. Bref, un bon livre c’est comme un mur de briques: pour que celui-ci soit fort et puisse bien supporter une maison, toutes les briques doivent bien s’emboîter ensemble et il ne doit pas en manquer une. C’est ce qui se passe pour ce roman, il y a la voix de l’auteur et un univers graphique qui s’assemblent parfaitement.

Za – Ce livre est tout d’abord un bel objet éditorial. Et puis il y a le style d’Alexis Galmot, ce style qui avance tout seul et qui se lit si bien à voix haute. La première chose que l’on reçoit de ce texte, c’est le plaisir des mots, le bonheur d’avoir en face de soi une véritable œuvre littéraire à hauteur d’enfant, à portée de tous !

Marianne – C’est peut-être bête, mais j’ai particulièrement aimé le thème de la boulangerie, en bonne gourmande que je suis. J’ai reniflé les petits bonheurs à plein nez rien qu’en lisant le titre, et je ne me suis pas trompée ! J’ai également beaucoup aimé l’ambiance de conte qui s’ancre quand même dans le réel : rien de complètement surnaturel, mais rien de complètement normal non plus !

Finalement, à qui pourrait-on conseiller ce livre ?

Alice – On peut dire que les lecteurs qui aiment les histoires originales et ceux qui aiment aussi s’attarder à la virtuosité des mots seront conquis. C’est aussi une lecture à faire découvrir à ceux qui n’ont pas l’habitude des livres “ovnis” (là, c’est l’ancienne libraire qui parle!). En fait, c’est difficile de parler de dresser un profil de lecteurs, car on peut être très surpris sur les lectures des gens. Je préfère finalement ne pas catégoriser car à trop catégoriser, on peut perdre les lecteurs éventuels.

Za – On peut conseiller ce roman à tous ! De 8 à 108 ans et même au-delà ! C’est un roman qui transcende les catégories d’âge, un texte à conseiller aux amateurs de hamacs, aux amoureux de temps libre, de dimanches ensoleillés. Ou, au contraire, à glisser sournoisement dans les lectures des stakhanovistes ou des réfractaires aux romans d’amour, histoire de les surprendre agréablement…

Sophie – Je le proposerais à des enfants autour de 10 ans, filles ou garçons s’y retrouveront à mon avis. Comme on l’a dit plus tôt, le public de Roald Dahl se plaira dans cet univers loufoque. C’est un petit roman très agréable à lire qui ravira tous les gourmands et amateurs d’univers déjanté.

Marianne – À tous les gourmands : les gourmands de bonnes douceurs, mais aussi les gourmands de la vie, qui n’ont pas peur d’un peu de folie douce ! Plus généralement, dès 9 ans, et sans limite !

Leiloona – Oui, dès 8 ans… Même si vers 15 ans, les adolescents risquent de trouver l’intrigue un peu “bébé”.

Thalie – Je conseillerais ce livre plutôt à des grands, dès 10 ans pour être plus précise. L’âge où l’on comprend les subtilités. Ce livre me semble vraiment idéal pour discuter en famille, un délicieux moment de partage.

Nos billets sur La boulangerie de la rue des dimanches :

Leiloona : http://www.bricabook.fr/2012/06/la-boulangerie-de-la-rue-des-dimanches/

Marianne : http://lamareauxmots.com/blog/?p=3777

Alice : http://sousunpissenlit.wordpress.com/tag/boulangerie-de-la-rue-des-dimanches/

La boulangerie de la rue des dimanches
Alexis Galmot & Till Charlier
Grasset Jeunesse
collection Lecteurs en herbe
2011