Interview : 16 nuances de première fois

Voilà quelque temps qu’on avait envie de vous proposer des interviews sous l’arbre. Quoi de mieux qu’une première qui parlerait des premières fois ? Nos parrain/marraine sont donc Manu Causse et Séverine Vidal qui ont coordonné le collectif et original recueil de nouvelles 16 nuances de première fois, paru chez Eyrolles, en septembre 2017.

La 1ère fois que vous avez eu cette idée, c’était qui ? quand ? comment ? pourquoi ? 

Séverine Vidal : Il y a quelques années, j’avais déjà imaginé un projet similaire, qu’on avait appelé le Projet X, avec 10 auteurs. Nous n’avions pas trouvé d’éditeur et le projet était mort comme ça (mais nous avait valu un échange de centaines de mails et beaucoup de fous rires !). L’année dernière, Manu (avec lequel on a co-écrit Nos Coeurs tordus) m’a parlé d’une idée qu’il avait eue, celle de nouvelles pour parler de sexe aux ados, loin des clichés véhiculés par les films porno. Il avait déjà évoqué  ce projet avec une éditrice d’Eyrolles, emballée. J’ai fait lire à Manu les nouvelles que nous avions écrites à l’époque. C’était parti !

Manu Causse : C’était à Paris, on marchait avec Séverine. J’étais tout impressionné parce que Paris c’est grand et Séverine aussi. J’étais perdu et pas elle. Et puis elle a dit « oh on avait un projet de nouvelles avec des copains, ça s’appelait X nouvelles, c’était des nouvelles érotiques pour ados mais ça n’a pas marché », alors j’ai répondu  « ah ouais mais si on parlait plutôt de premières fois » et là elle a dit « pas con », et c’était complimentaire.

 La 1ère fois que vous en avez parlé à d’autres ? tous/toutes ont consenti ? Y-a-t-il eu des refus ? 

Manu Causse : On en a d’abord parlé à une éditrice, qui s’est enthousiasmée. Ensuite, on a discuté des copines copains et collègues qu’on aimerait inviter avec nous. Certain.e.s ont décliné (plus de garçons que de filles, d’ailleurs) ou ne se sentaient pas inspiré.e.s. Mais pour finir, on s’est retrouvés à 16, alors hop.

Séverine Vidal : La première fois, on a relu les nouvelles du projet X et choisi celles qui convenaient. Pour certains, on a demandé aux auteurs un retravail. On a fait ensuite une liste des auteurs auxquels on pensait spontanément (choix difficile évidemment, il y a tellement d’écrivains qu’on admire en littérature jeunesse …). Les auteurs contactés ont été d’emblée attirés par le projet.

La 1ère fois que vous avez choisi le titre ? Même nombre d’auteurs que d’autrices, une volonté ? 

Séverine Vidal : Manu a eu cette lumineuse idée ! C’est drôle, simple, on joue sur le succès de 50 nuances de grey. Pour la parité, oui c’était voulu. De même qu’on voulait une variété des styles d’écriture, des ambiances choisies (on a du trash, du conte, du poétique, du rigolo, du sensible, de l’anticipation, du zombie, du cru, du doux, … !)

Manu Causse : Allez, on vend la mèche ? Le premier titre, venu en même temps que le project, c’était « 15 nouvelles ». Et on voulait 8 autrices et 7 auteurs, parce que la parité, on peut toujours faire mieux. Et puis tout à la fin, on a eu envie d’un 16e texte, et Driss Lange nous en a proposé un juste au bon moment. Cela dit, comme iel ne souhaite pas être inclus.e dans un genre prédéfini, ça ne change pas vraiment les comptes.

La 1ère fois que vous avez lu les textes ? le premier tabou ? la première censure ? la première surprise ?

Manu Causse : On a reçu les textes plus ou moins un par un, en fonction de la rapidité et du planning des autrices et auteurs ; ça a été un plaisir perlé, du coup, pas un choc frontal face à un ensemble de textes. Je n’ai pas de souvenirs de tabous particuliers, on avait envie qu’elles et ils écrivent ce qui comptait vraiment pour elles.eux. Nous n’avons rien censuré, je crois ; simplement, nous avons discuté avec chaque auteur.autrice de sa proposition, de ce qu’on donnait à lire aux adolescents, de nos questions… bref, Séverine et moi, on a un peu joué à l’éditeur.éditrice. Le choix de chacun.chacune m’a toujours surpris au sens très positif du terme – j’ai trouvé que les textes étaient tous très originaux dans leur approche de la sexualité et de la première fois.

Séverine Vidal : On a reçu les textes sur une période d’environ trois mois. Il a eu des rires (la nouvelle de Clémentine Beauvais), de l’émotion (la nouvelle d’Antoine Dole ou de Gilles Abier), des surprises, aucune censure, aucun tabou. On a fait appel à des auteurs, chacun sait très bien trouver sa propre limite, chacun de ces auteurs et autrices sait où  placer la ligne quand on s’adresse à des ados et qu’on parle de sexe et de première fois.

La 1ère fois que vous avez envoyé le manuscrit ? le choix de l’éditeur ? l’organisation de l’ensemble (ordre, couverture, titre) ?

Séverine Vidal : L’éditeur était là depuis le début du projet, donc. C’est Eyrolles qui a choisi la couverture. Un des auteurs n’aimait pas l’image de la sucette. Les autres étaient plutôt séduits. Moi, j’adore cette couv. Je la trouve tout simplement belle. On a beaucoup discuté entre nous de la quatrième. On était contre les petits mots à l’arrière, comme des slogans, on a demandé de vrais adjectifs au lieu des « OMG » et autres « dar ». Nous avons été en partie entendus à ce sujet. L’ordre des textes a été un mini casse-tête : on voulait mettre « Nouvelle notification » en premier pour commencer dans la légèreté. Et finir « A l’ancienne », pour la dernière phrase qui établit une sorte de « boucle » et parce qu’elle se situe dans le futur. Après, c’est un peu un jeu de tétris : équilibrer dans la parité, ne pas placer trop près l’une de l’autre les nouvelles sensibles et intimistes, ou les plus crues. L’équilibre a été trouvé, je pense.

Manu Causse : On a décidé très vite de travailler avec Eyrolles, parce que c’est le premier éditeur à qui nous avons proposé le projet, et qu’il était emballé. Au début, d’ailleurs, c’était simplement une « maquette » – la description du thème, le titre, quelques textes issus du premier projet de Séverine, le nom des auteurs pressentis… Si le titre n’a pas changé, l’ordre des nouvelles a occasionné un certain nombre d’aller-retours par mail – comme une playlist dans une soirée entre copains. Quant à la couverture, on en est tombés amoureux au premier coup d’oeil…

La 1ère fois que chacun.e a découvert les 15 autres récits ?

Manu Causse : Je ne veux pas dire du mal des collègues, mais Séverine et moi, nous avons reçu quelques mails très impatients au moment des derniers réglages… Tout le monde avait envie de lire l’ensemble des textes, de voir l’équilibre du projet, comment chaque nouvelle entrait en résonance avec les autres. Mais on n’a pas flanché : on ne voulait rien montrer tant que tout n’était pas définitif. Bref, on les a fait patienter… et les retours ont été très enthousiastes. Je crois qu’on se sent tous fiers d’avoir participé à ce recueil.

Séverine Vidal : On a envoyé l’ensemble des textes quand on avait trouvé un ordre qui nous convenait. Et on a reçu des mails enthousiastes !

Le 1er mot qui vient à l’esprit pour évoquer ce projet ? Le meilleur souvenir ?

Séverine Vidal : Le premier mot : collectif ! Un(e) des auteur(e)s nous a écrit un beau mail pour nous dire qu’il (ou elle) était revenu(e) à l’écriture grâce à ce projet. C’était très émouvant. Et évidemment, les premiers articles reçus, qui disent l’émotion ressentie à la lecture et l’importance d’aborder ce sujet en littérature jeunesse.

Manu Causse : Collectif. C’est bête, mais c’est ce que j’aime le plus – qu’on ait réuni ces énergies, ces écritures que j’adore et admire, pour proposer une vision à la fois littéraire (ouah l’autre il a dit un gros mot), réaliste, fantastique, onirique, délicate… bref, ni pornographique ni commerciale de la « première fois ». Le meilleur souvenir ? Je repense à ce moment à Paris avec Séverine, quand on s’est dit « Et si… ? » Le reste en découle.

 

Vous savez ce qu’il vous reste à faire : lisez l’étonnant et nécessaire 16 nuances de première fois de Manu Causse, Séverine Vidal, Gilles Abier, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Benoît Broyart, Axl Cendres, Cécile Chartre, Rachel Corenblit, Antoine Dole, Chrysostome Gourio, Driss Lange, Taï-Marc Le Thanh, Hélène Rice, Arnaud Tiercelin et Emmanuelle Urien.

Une Preuve d’amour de Valentine Goby

Lorsque j’ai lu ce roman, j’ai été frappée une fois de plus par la délicatesse et la justesse de l’écriture de Valentine Goby. Aussi ai-je entrainé deux arbronautes, Pépita et Colette, à partager cette lecture (et j’espère qu’il en sera de même pour vous).

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Une preuve d’amour de Valentine Goby
Thierry Magnier, 2017 (2013 pour la première édition)

 

Bouma : Avant d’avoir lu ce roman, quels thèmes pensiez-vous y trouver en vous basant sur la couverture et le titre ?

Pépita: Tout de suite à une histoire d’adoption ou de migrants. Comme quoi, la couverture est explicite !

Colette : J’avoue qu’au seuil de ce texte, j’ai pensé lire une aventure en terre africaine, une aventure dans laquelle les héros devraient faire des sacrifices par amour..

Bouma : Pour moi il s’agissait plutôt de voyage avec cette jeune fille qui regarde au loin et la carte qui dessine les cheveux du visage central.
Et que raconte l’histoire finalement ?

Pépita : Le lecteur est transporté dans une classe, en cours de français, avec le texte des Misérables de Victor Hugo qui est étudié. Le professeur essaie de faire accoucher ces esprits une réflexion sur un personnage en particulier, celui de Fantine qui abandonne Causette. Mauvaise mère ou non ? Le débat est lancé, la discussion est vive… Abdou se lève d’un coup et quitte la classe. Il n’y a que Sonia qui perçoit le malaise du jeune homme et elle décide de l’aider.

Colette : Cette histoire est celle d’un amour naissant, un amour qui se tisse autour d’un mystère que le lecteur devra déchiffrer sur les pas du personnage principal, un amour courageux…

Bouma : Quel personnage vous a le plus touché et pourquoi ?

Pépita: et bien, je ne sais pas ! Bien sûr on s’attache d’emblée à Abdou et Sonia, c’est inévitable ! J’ai particulièrement apprécié les adultes dans cette histoire : le prof de français mais surtout le père de Sonia.

Colette : sans hésiter mon personnage préféré est celui du père de Sonia : quel  adulte bienveillant, respectueux, attentif, impliqué ! J’ai toujours eu une tendresse particulière pour ces papas qui s’occupent seuls de leurs enfants ! Pas de misérabilisme dans cette parentalité solitaire, mais des preuves d’amour en veux-tu en voilà !

Bouma : Je rebondis sur ta formulation Colette, non pas UNE mais DES preuves d’amour selon toi. D’amour maternel avec la mère d’Abdou, d’amour paternel avec le père de Sonia, d’accord. Mais n’y a-t-il pas aussi quelques preuves d’amour de la part de ces personnages adolescents ?
PS. Moi c’est le personnage d’Abdou qui m’a touché par sa sensibilité et sa relation au monde. Il dégage une présence même à travers les pages d’un livre.

Que pensez-vous des références à Victor Hugo ? Cela peut-il faire écho même chez des lecteurs qui ne l’ont pas lu ?

Pépita :J’ai trouvé ce procédé particulièrement intelligent, comme quoi les grandes œuvres traversent les siècles sans une ride ! Effectivement, soit on ne l’a pas lu mais je ne pense pas que cela gêne la compréhension de l’histoire (qui est très bien posée par rapport au contexte et à la référence) ou au plus, cela peut donner envie de lire ces pages. J’ai aimé aussi l’attitude de l’enseignant qui ne lâche rien, qui veut mener ces ados dans les derniers retranchements de leur réflexion. J’aurais du coup aimé le connaitre un peu plus aussi. Comme quoi les grandes œuvres ont toujours une résonance et que chacun peut s’identifier aux personnages à l’aune de sa propre vie. C’est aussi un roman sur la force de la littérature.

Colette : Absolument car oui j’ai honte  mais je n’ai jamais lu Les Misérables et j’ai parfaitement saisi à quel point cette référence était précieuse pour délier les nœuds en boule dans le cœur d’Abdou et Sonia. C’est un des miracles de la littérature : son précieux pouvoir cathartique ! Et puis je ne peux qu’apprécier un roman qui commence par une lecture analytique en cours de Français.

Bouma : Aviez-vous déjà lu d’autres romans de Valentine Goby ? Comment décririez-vous sa plume ?

Colette : J’avais lu Kinderzimmer offert par notre Carole lors de mon premier swap de Noël à vos côtés mes arbronautes et j’avais été bouleversée… Pour de nombreuses raisons, parce que c’est un roman essentiel sur la femme, son corps, la maternité quand tout vous prive de cette féminité, de ce corps, de cette maternité puisque l’histoire se déroule en grande partie à Ravensbrück… Je n’ai pas retrouvé le même style dans Une Preuve d’amour. Je ne saurais trop expliquer pourquoi. Parce que les choses n’y sont pas aussi complexes sans doute, parce que tout va très vite dans Une Preuve d’amour, le rythme de la narration est beaucoup plus basé sur le déroulé des évènements (comme souvent dans la littérature ado, me semble-t-il) que sur l’exploration des abysses de l’esprit humain !

Pépita : Je n’ai rien lu d’autre d’elle en jeunesse. Celui que tu cites Colette me tente depuis longtemps mais je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire. Par contre, je l’ai lue en littérature adulte et j’ai notamment été embarquée par Un paquebot dans les arbres chez Actes sud. C’est une auteure qui a le don des personnages je trouve. Elle leur donne, malgré les situations qu’ils vivent souvent difficiles, une sorte d’élan de vie qui bouscule.

Bouma : Moi j’avais déjà lu Le Voyage immobile dans la collection d’Une seule voix chez Actes Sud Junior. Un texte très court encore plus que celui-ci, sur le handicap et la différence, qui avait su me toucher.
Pour Une preuve d’amour, certes les évènements conduisent la marche mais je trouve que la plume de Goby sait questionner le lecteur, l’interroger sur sa place dans le monde et dans la société.

 

Au final, Valentine Goby livre un roman plein de sens où littérature et réalité se font échos dans la quête de sens et la recherche identitaire.

Pour aller plus loin, retrouvez nos avis sur ce roman :

Colette

Pépita

Bouma

 

Lecture Commune : Jolene de Shaïne Cassim

Bouma : Jolene de Shaïne Cassim est mon COUP DE COEUR de ce deuxième trimestre 2012. Alors forcément j’ai eu envie de le partager, et forcément j’ai eu envie de connaître l’avis de mes comparses d’A l’ombre du grand arbre sur cette lecture. CélineNathan et Sophie-Hérisson ont décidé de relever le défi.

Jolene de Shaïne Cassim

L’École des Loisirs, collection Médium, 2012


Bouma : Aurélien, lycéen de son état, arbore fièrement le costume du cow-boy sans attache. Santiags aux pieds et harmonica dans la poche, il prend avec distance sa vie de tous les jours, même les difficultés.

Vous en pensez-quoi, vous, de ce héros ? D’ailleurs, peut-on le qualifier comme tel ?

Nathan : Aurélien … c’est le héros du livre, mais pour moi le terme héros n’est à prendre qu’au sens de personnage principal. Car il dégaine sa séduction comme un cow-boy avant de laisser tomber les filles comme des mouchoirs… Mais on sent pourtant qu’il y a quelque chose en lui qui se fragilise, surtout à partir de son histoire avec Oriane … Je m’y suis énormément attaché ! Il est très original et on n’en voit pas souvent des comme lui dans les livres. Santiags auxquelles il tient en effet et harmonica avec ses références musicales qui ne me disent rien mais qui rendent vivant le personnage. Il a laissé dans mon esprit une belle image d’un adolescent sorti d’un autre univers. On le verra évoluer et changer, pour, peut-être, devenir adulte …

Céline : Comme le présente Nathan et, malgré ce que pourrait laisser penser le titre, Aurélien, c’est le personnage principal de ce récit. Un jeune homme en décalage par rapport aux ados qui l’entourent, avec qui il ne partage pas les mêmes goûts en matière de musique ou de littérature. C’est aussi un héros de tous les jours car, mine de rien, tout ado qu’il est, il prend soin de son entourage : son petit frère, sa mère, sa sœur de cœur. Mais ce qui fait tout son intérêt, ce sont ses fêlures. Aurélien n’en finit pas de guérir de son enfance et rêve d’Absolu, un peu comme l’Aurélien d’Aragon, illustré sur la première de couverture. Il entretient une relation plutôt tendue avec un père qui part et qui revient et, avec les filles, c’est compliqué : il les séduit puis les jette ! Pourquoi tomber amoureux si c’est pour, de toute façon, finir malheureux comme ses parents ? Sa vie est loin d’être un long fleuve tranquille ! Bien au contraire, ce sont plutôt des montagnes russes et, à sa suite, on est entrainé dans des émotions extrêmes !

Sophie-Hérisson : Pour moi Aurélien est un vrai héros, de ceux qu’on ne voit que dans ces livres qui font écho au quotidien. Un jeune homme à part mais qu’on voit exister dans le livre, qu’on a envie de connaître et de rencontrer, avec ses défauts et ses faiblesses. Il est à lui seul le lien de toute l’histoire et une force incroyable.

 

Bouma : Sans en dévoiler trop sur l’histoire, je pense que l’on peut facilement dire que le roman se découpe en trois partie. Avant. Pendant. Et après Jolene. Car cette histoire est aussi celle d’une rencontre entre Aurélien, notre héros, et Jolene, une jeune femme d’origine américaine.

Qu’avez-vous pensez de cette histoire d’amour ? Vous a-t-elle paru crédible ? adaptée à notre époque ?

Céline : Oui, cette histoire est crédible et bien dans notre époque (même si – ne frappez pas trop fort – le fait qu’ils aient des relations sexuelles si jeunes (Aurélien a quoi ? 17 ans ! et n’en est pas à son coup d’essai, si j’ose dire !) m’interpelle un peu en tant que maman de deux grandes ados). Mais, en grande romantique que je suis aussi, le grand amour, c’est vrai, n’a pas d’âge ni d’époque ! Bref !
Cette histoire est aussi bien compliquée ! Tous deux, chacun de leur côté, ont un fameux passif et il leur faudra résoudre leurs conflits internes s’ils désirent donner un avenir à leur amour… En auront-ils l’occasion ?

Sophie-Hérisson : Une très belle histoire d’amour en effet mais bouleversée par la vie et l’histoire de chacun des deux personnages. Une histoire crédible même si elle est clairement décalée et atypique, c’est aussi en cela qu’elle fait rêver ! Contrairement à Céline par contre le fait que les personnages aient des relations sexuelles a leur âge m’a paru complètement naturel et normal…

Céline : En réalité Sophie, la relation Aurélien/Jolene m’a paru également couler de source, surtout que leurs sentiments sont réciproques et sincères. Par contre, ce qui m’a interpellé c’est le comportement d’Aurélien avant Jolene. J’aurais effectivement peur que mes filles tombent sur ce genre de gars qui séduit, consomme et puis jette sans ménagement, avec les conséquences parfois dramatiques que cela peut engendrer à cet âge (a fortiori quand il s’agit d’une première fois). D’ailleurs, Oriane, la dernière « victime » d’Aurélien aura bien du mal à s’en remettre… Mais, tu as raison, chacun doit vivre ses expériences, bonnes ou mauvaises, n’en déplaise à la maman poule que je suis ! Que l’auteure aborde ces questions (et d’autres dont on aura sans doute l’occasion de parler) sans tabou dans un livre jeunesse est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai particulièrement apprécié ce titre !

Bouma  : J’ai vraiment aimé le personnage d’Aurélien avant Jolene. Son côté je me fous de tout, de la famille, des filles, des cours… Il est imbuvable mais j’y ai trouvé un certain réalisme. La pensée adolescente (pour certains, ne faisons de généralité) peut aussi amener à ce genre de comportement.

Sophie-Hérisson : Moi aussi le personnage d’Aurélien avant Jolene m’a totalement séduite, c’est ce comportement et ses sentiments vis à vis de ce qu’il faisait qui m’a fait dévorer ce roman. Jolene par contre n’est clairement pas un personnage que j’ai aimé.

Nathan : La relation entre nos deux protagonistes est réaliste. Pareil pour les relations sexuelles, ça ne m’a pas du tout choqué … et puis mon âme de romantique a été séduite, un tel amour m’a fait rêver ! Un amour naturel, simple et beau.
Pour les personnages, j’ai en effet beaucoup aimé Aurélien qui est un peu libre comme la musique. Il donnait une belle image. Jolene c’est pareil, l’auteur a su bien construire ses personnages. Elle, c’est plutôt un chat, sauvage, féline, libre aussi, tempétueuse, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds mais tout ça avec une aura fragile et touchante.

Bouma  : La musique joue selon moi un rôle à part entière dans ce roman. Le titre Jolene est évidemment une chanson de Ray Lamontagne, chanteur blues américain que je connaissais déjà avant cette lecture et dont il est plusieurs fois questions dans le roman.

Selon vous, quelle importance revêt la musique dans ce livre ? Connaissiez vous les références musicales citées par Shaïne Cassim ? Cela vous a-t-il gêné dans votre lecture ?

Céline : Oui, tu as raison Bouma, le blues est le troisième personnage de ce récit. C’est grâce à la musique qu’Aurélien et Jolene survivent à leurs bleus à l’âme. C’est également le trait d’union qui va les réunir. Pour les références musicales, j’en connaissais certaines, d’autres non… Mais, pas de problème, cela m’a donné envie de les découvrir ! Et la balade valait franchement la peine. J’espère sincèrement que les jeunes lecteurs, peu familiers de ce genre musical, auront la curiosité d’écouter ces morceaux qui font partie du patrimoine mondial…

Sophie-Hérisson : Cette relation avec la musique est très importante et j’avoue ne connaître que peu des références du roman, mais cela ne m’a pas du tout gênée, c’est plus une incitation à aller écouter ces morceaux, à prolonger un peu cette parenthèse !

Nathan : Personnellement je ne connaissais aucune référence musicale… Mais c’est vrai que j’aimerais beaucoup les découvrir ! Et cela n’a pas du tout gêné ma lecture. Les références rendent le roman crédible et plus vivant ! La musique a en effet une place très importante et donne au livre une âme musicale qui prend part dans la virtuosité sentimentale qui allie nos deux protagonistes principaux …

Bouma  : Si maintenant je vous demandais de décrire ce livre en 3 mots (et seulement trois) ? Cela peut être vos impressions mais aussi une thématique…

Céline : Passion. Fêlures. Blues…

Sophie-Hérisson : Amour. Famille. Parenthèse.

Nathan : Bouleversant. Chagrin. Vie

Bouma  : et moi je rajouterais Musique. Créativité. Absence.

Venons-en aux dernières questions : Quel(s) souvenir(s) garderez-vous de cette lecture ? Il s’agit d’un coup de cœur pour moi et pour vous ?

Céline : Le souvenir d’une lecture forte (bien loin des historiettes à l’eau de rose qui fleurissent pour le moment). On rit, on pleure, on s’émeut, on se révolte, on se souvient aussi – de sa propre adolescence et de sa propre quête d’Absolu… Un récit lu d’une traite, sans temps mort qui, rythmé par la musique, vous conte la vie et ses hauts et bas… Un coup de cœur ? Certainement !

Nathan : Un coup de cœur aussi ! Une lecture bouleversante, qui m’a totalement chamboulé d’émotion et renversé de surprise. Une magnifique, vivante, dynamique et, bien sûr, musicale histoire d’amour !

Sophie-Hérisson : Un roman poignant dont les personnages continueront de me hanter ! Un roman que je vais conseiller aussi, mais étrangement peut être plus à des collègues et amis qu’à des élèves… Un presque coup de cœur pour moi cependant, car la dernière partie m’a déçue !

Bouma  :  Je rajoute donc une dernière question suite à la réponse de Sophie. La dernière partie de ce roman t’a déçue. En quoi ? Céline, Nathan, est-ce le cas pour vous aussi ?

Nathan : Personnellement elle m’a un peu moins plu aussi. Le début est émouvant, la suite sympa mais ce qui ne m’a pas trop plu c’est la fin. Je ne peux pas en parler sans dire de spoilers mais je ne l’ai pas trouvé bien amenée et le nouveau personnage qui apparaît (personnage féminin) ne m’a pas trop charmé ! En fait pour résumer, cette dernière partie m’a plu mais la fin pas autant que je l’espérais

Céline : C’est vrai qu’après le tournant fatidique du roman, le héros, comme le lecteur, doit péniblement se relever… C’est loin d’être évident, la chute a été dure. Pourtant, pour ma part, j’ai trouvé que la fin s’inscrivait dans la suite logique du long processus de guérison par lequel il doit impérativement passer. La vie reprend peu à peu ses droits, le personnage doit aller de l’avant même si rien ne sera jamais pareil… Comme le conclut Aurélien : « Ce n’est pas de l’amour, c’est entre la tendresse et le désir. C’est déjà ça, je me dis. » J’ai apprécié que l’auteure nous laisse avec cette petite note d’espoir…

Sophie-Hérisson : En effet cette fin était logique, mais pas à la hauteur de mon plaisir lors du reste du roman.

Bouma  : Même cette dernière partie m’a conquise. Comme Céline, j’y ai retrouvé la difficile reconstruction de soi suite à l’absence.

En tout cas, je vous remercie tous les trois d’avoir bien voulu me suivre dans cette lecture. Et je suis hypra méga top contente qu’elle vous ait autant plu qu’à moi.

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Pour aller un peu plus loin et si vous voulez en découvrir un peu plus sur cette lecture, l’auteur et son univers, nous vous proposons :

– les  avis de Céline de Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse, de Nathan du Cahier de lecture de Nathan et de moi-même sur Un Petit Bout de Bib sur ce titre

– Le génial billet de Céline contenant la playlist d’Aurélien (à découvrir et écouter absolument)

– Sophie-Hérisson de Délivrer des livres nous propose un autre titre de l’auteur Ne pas tout dire.

– le site internet officiel de Ray Lamontagne

et je ne résiste pas à la tentation de vous mettre une autre petite vidéo de Ray Lamontagne qui a signé un magnifique duo avec Damien Rice sur le plateau de Taratata

La boulangerie de la rue des dimanches – lecture commune

Parler de ce roman un dimanche, c’est parfait, non ?

Commençons par l’histoire,

que se passe-t-il dans La Boulangerie de la rue des dimanches ?

Alice (Sous un pissenlit) – Ce livre  parle avant tout d’amour. Il débute sur une note bien ronde et bien douce que nous jouent Louis Talboni et Adèle Pelviaire. Un amour si fort et si marqué par la musique qu’ils en oublient d’apprendre un métier et vivent véritablement d’amour et d’eau fraîche ! Peu leur importe car ils ont Vivaldi, ses Quatre saisons et leur fils Jack. Mais la symphonie se transforme en marche funèbre lorsque Louis et Adèle meurent ensemble, en même temps. L’amour est toujours là, même sur le chemin funeste…

Jack se retrouve donc à l’Orphelinat où il va apprendre le métier de boulanger. Sa spécialité ? Les baguettes pas trop cuites et les religieuses au chocolat. C’est tout. Et c’est bien assez… Des baguettes pas trop cuites et des religieuses au chocolat ? Oui, il suffit parfois de peu pour changer des vies: d’abord celle d’un quartier puis celle de Jack.

Et ça se termine comment ? Sur une note complètement gorgée d’amour. Alors, voilà. Pour moi ça parle d’amour La boulangerie de la rue des dimanches. Ça parle de l’amour, celui avec un grand A, celui que l’on peut même croiser dans la mie d’une baguette pas trop cuit.

Sophie (La littérature jeunesse de Judith et Sophie) – En effet Alice, l’amour est le cœur de ce livre. Je rajouterais juste que la vie aussi. Pas seulement celle qui consiste à se lever le matin pour travailler. Mais celle dont on doit profiter avec les petits bonheurs du quotidien. C’est ce que j’ai retenu de ce livre.

Za ( Le cabas de Za) – Il y est aussi question de plaisir. Le plaisir des choses inutiles et gratuites : écouter un morceau de musique, manger un gâteau, sentir l’odeur du pain… et lire un livre ?

Thalie (Parfums de livres) – Ahhh, mais cela parle aussi des émotions et de la vie. La musique est présente dans l’écriture, la magie opère à chaque page. Les mots sonnent et résonnent, s’amusent, se taquinent. Les personnages sont des métaphores de l’amour (le don de soi jusqu’à en mourir), la cupidité, l’avidité, etc… Et au milieu de cela (coule une rivière) se trouve notre héros, notre fil rouge, celui qui donne le la: Jack Talboni. Il est candide, pur, naïf, il écrit sa partition, sa vie en tâtonnant. Jack est au début un peu brouillon, une mélodie en devenir puis s’affirme à sa manière avec douceur. Il élève le rythme, ses journées, son quotidien deviennent soutenus puis s’apaisent, comme une symphonie de Vivaldi.

Ce n’est pas un conte ou une fable qui nous est présenté mais un chef d’œuvre d’esthétisme. Les illustrations sont d’une finesse incroyable, l’objet est magnifique et l’écriture un pur moment de poésie.

Ah, les illustrations de Till Charlier…

On ouvre le livre pour en reprendre une miette encore.

Alice – Les illustrations ! À elles seules, elles sont aussi tout un monde… Elles enveloppent encore plus le lecteur dans sa lecture.

Leiloona (Bric à Book– Elles font partie intégrante de l’histoire, permettant aussi au petit côté décalé de ce roman de s’épanouir. J’ai pensé à Roald Dahl, mais aussi à Mathias Malzieu… Un petit air rétro qui permet aussi de ne pas « fixer » une époque précise pour cette histoire, lui donnant alors la dimension d’un conte.

Thalie – Les illustrations, très fines, m’ont rappelée celles de certaines affiches des années 50 ou des années 60. J’aime beaucoup le côté rétro des illustrations qui confèrent à l’ensemble un aspect vieilli surprenant et original.

Za – Le travail de Till Charlier concourt à la légèreté et à l’élégance de l’histoire. Ses images sont d’une grande délicatesse. Même la scène de l’enterrement des parents de Jack est traitée avec poésie. Les couleurs qui tirent sur le sépia, les décors, les costumes des personnages ont effectivement un petit côté années cinquante. Lady La Loola a d’ailleurs plus l’allure d’une chanteuse de Jazz que d’une star de R’n’B ! L’association Galmot/Charlier, inédite, fonctionne parfaitement. Je verrai bien La boulangerie de la rue des dimanches adaptée au cinéma par Jean-Pierre Jeunet, moi…

Sophie – L’illustrateur a un style crayonné plein de tendresse avec lequel il parvient à dessiner les pires moments de la vie de Jack sans pour autant tomber dans le pathétique. J’ai aussi particulièrement aimé les couleurs qui rappellent le sépia des vieilles photos.

Marianne (La mare aux mots) – J’ai beaucoup aimé les petites incrustations dans le roman. Les personnages ont l’air frêles, un peu écorchés, mais plein de vie, et ça correspond tout à fait à ce qu’ils dégagent dans l’histoire.

Le jeu des références est inévitable.

La Boulangerie de la rue des dimanches en distille quelques-unes,

et pas des moindres…

Leiloona – Dans ce livre, il y a à la fois du Vian et du Dahl. Une histoire complètement décalée, un brin lugubre, mais qui ne tombe jamais dans le pathos.

Et puis, au centre de cette histoire, il y aussi ce petit bonhomme qui n’a pas eu de merveilleuses fées penchées sur son berceau. Dans sa besace, il ne possède qu’un savoir (mais un merveilleux) : celui de bien faire les baguettes et les religieuses. Alors, malgré le peu d’armes données dans son enfance, il croit en ce qu’il fait. Et il réussit. Un très joli message d’espoir pour ces enfants qui n’ont pas une cuillère en argent dans la bouche.

Za – J’aime beaucoup l’idée d’une parenté avec Roald Dahl ! Des mômes un peu boiteux de la vie (Charlie ou encore le héros de « Sacrées sorcières ») et à qui tout est permis, pour qui tout est possible. Et puis la dose de fantaisie débridée aussi..

Thalie – Oui, le parallèle avec Dahl est excellent, il y a de la « magie » dans ce livre.

Marianne – Je suis d’accord avec tout ça : de l’amour, de la tendresse, des baguettes, des religieuses, de la musique, une famille atypique, la vie simple mais merveilleuse. Un peu de Boris Vian effectivement, de Roald Dahl et de Pierre Gripari, mais aussi la griffe personnelle des auteurs. C’est une ode à l’émerveillement de tous les instants. Jack nous invite à relativiser, et à prendre la vie du bon côté, toujours !

Comme il faut bien pinailler un peu,

on cherche ce qui ne nous aurait pas tout à fait convaincues…

Marianne – J’ai la mémoire sélective pour ça, alors spontanément, je ne vois rien. En réfléchissant, j’aurais sans doute aimé que certains passages soient légèrement plus développés, avec plus de détails qui ajouteraient encore un peu de croustillant et de tendresse.

Za – Sans hésiter, ce qui m’a moyennement plu, c’est cette idée de rédemption par le travail. Mais quelle horreur ! Plus sérieusement, peut-être la love-story finale avec la diva R’n’B dont je trouve le personnage un peu décalé par rapport aux autres. Mais je dois vraiment me forcer pour mettre un bémol à cette belle partition

Sophie – Comme Za, j’ai moyennement apprécié le personnage de Lady La Loola que je ne trouve pas très cohérent dans cet univers.

Alice – J’en aurais pris plus sur Lady La Loola, plus parce qu’elle débarque à la fin du roman, et je n’avais pas envie d’en sortir… C’est plus une question de désir et du besoin de ne pas quitter un univers qu’une question de points négatifs pour moi.

Thalie – En ce qui me concerne je mettrai un bémol sur la fin du livre. J’aurais aimé quelque chose d’autre de plus fou. Je n’aime pas le personnage de Lady La Loola qui arrive trop vite et qui ne me semble pas à la hauteur de Jack Talboni. J’aurais aimé une histoire aussi belle que celle de ses parents, une fin un peu moins rapide. Mais là c’est mon envie d’encore qui parle. La gourmandise, toujours la gourmandise !

Leiloona – Pour moi aussi le personnage de la vamp détonne par rapport au reste… Mais cela va aussi contre certains a priori « et si la vamp’ était une personne sincère qui n’attendait que la religieuse de notre Jack » ? Mais je ne peux m’empêcher de voir cette relation comme complètement farfelue… Ils sont si différents l’un de l’autre…

Mais le plaisir, le bonheur de cette lecture reprennent le dessus…

Thalie – Savoir ce que j’ai le plus aimé est compliqué, tellement ce livre m’a séduite au premier regard. Je dirais donc que c’est ce qui se dégage de ce livre. L’objet en tant que tel, la douceur de la couverture, l’intelligence et la finesse des illustrations, l’originalité du texte. C’est un livre que l’on a envie de traiter avec respect et délicatesse.

Leiloona – C’est un ensemble… D’abord la qualité de production du livre (car c’est ce qui nous touche en premier, et ce soin est assez rare pour être souligné), puis le style un peu déjanté qui appartient à l’univers du conte.

Sophie – C’est l’ambiance qui se dégage de se livre qui m’a le plus plu : ce petit côté loufoque où on sait que rien n’est réaliste et pourtant on a envie d’y croire.

Alice – C’est une question d’ensemble. Il y a à la fois, l’histoire, l’art avec lequel elle est raconté, les illustrations, la douceur du papier. Bref, un bon livre c’est comme un mur de briques: pour que celui-ci soit fort et puisse bien supporter une maison, toutes les briques doivent bien s’emboîter ensemble et il ne doit pas en manquer une. C’est ce qui se passe pour ce roman, il y a la voix de l’auteur et un univers graphique qui s’assemblent parfaitement.

Za – Ce livre est tout d’abord un bel objet éditorial. Et puis il y a le style d’Alexis Galmot, ce style qui avance tout seul et qui se lit si bien à voix haute. La première chose que l’on reçoit de ce texte, c’est le plaisir des mots, le bonheur d’avoir en face de soi une véritable œuvre littéraire à hauteur d’enfant, à portée de tous !

Marianne – C’est peut-être bête, mais j’ai particulièrement aimé le thème de la boulangerie, en bonne gourmande que je suis. J’ai reniflé les petits bonheurs à plein nez rien qu’en lisant le titre, et je ne me suis pas trompée ! J’ai également beaucoup aimé l’ambiance de conte qui s’ancre quand même dans le réel : rien de complètement surnaturel, mais rien de complètement normal non plus !

Finalement, à qui pourrait-on conseiller ce livre ?

Alice – On peut dire que les lecteurs qui aiment les histoires originales et ceux qui aiment aussi s’attarder à la virtuosité des mots seront conquis. C’est aussi une lecture à faire découvrir à ceux qui n’ont pas l’habitude des livres « ovnis » (là, c’est l’ancienne libraire qui parle!). En fait, c’est difficile de parler de dresser un profil de lecteurs, car on peut être très surpris sur les lectures des gens. Je préfère finalement ne pas catégoriser car à trop catégoriser, on peut perdre les lecteurs éventuels.

Za – On peut conseiller ce roman à tous ! De 8 à 108 ans et même au-delà ! C’est un roman qui transcende les catégories d’âge, un texte à conseiller aux amateurs de hamacs, aux amoureux de temps libre, de dimanches ensoleillés. Ou, au contraire, à glisser sournoisement dans les lectures des stakhanovistes ou des réfractaires aux romans d’amour, histoire de les surprendre agréablement…

Sophie – Je le proposerais à des enfants autour de 10 ans, filles ou garçons s’y retrouveront à mon avis. Comme on l’a dit plus tôt, le public de Roald Dahl se plaira dans cet univers loufoque. C’est un petit roman très agréable à lire qui ravira tous les gourmands et amateurs d’univers déjanté.

Marianne – À tous les gourmands : les gourmands de bonnes douceurs, mais aussi les gourmands de la vie, qui n’ont pas peur d’un peu de folie douce ! Plus généralement, dès 9 ans, et sans limite !

Leiloona – Oui, dès 8 ans… Même si vers 15 ans, les adolescents risquent de trouver l’intrigue un peu « bébé ».

Thalie – Je conseillerais ce livre plutôt à des grands, dès 10 ans pour être plus précise. L’âge où l’on comprend les subtilités. Ce livre me semble vraiment idéal pour discuter en famille, un délicieux moment de partage.

Nos billets sur La boulangerie de la rue des dimanches :

Leiloona : http://www.bricabook.fr/2012/06/la-boulangerie-de-la-rue-des-dimanches/

Marianne : http://lamareauxmots.com/blog/?p=3777

Alice : http://sousunpissenlit.wordpress.com/tag/boulangerie-de-la-rue-des-dimanches/

La boulangerie de la rue des dimanches
Alexis Galmot & Till Charlier
Grasset Jeunesse
collection Lecteurs en herbe
2011