Petite lecture commune dégoûtante !

Non non, ne partez pas tout de suite, elle n’est pas si dégoûtante que ça cette lecture ! Tout ce que je vous dis, c’est qu’on va parler de la collection Les petits dégoûtants d’Élise Gravel, publiée aux éditions Le Pommier. Avant de dire beurk, lisez plutôt ce qu’on en a pensé…

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Sophie : La collection Les petits dégoûtants, c’est peu ragoutant dit comme ça, mais c’est quoi exactement ?

Elise Gravel - Le rat.Pépita : Une collection de p’tits docs pour se réconcilier avec les p’tites bêtes et les plus grosses qui nous font un peu frissonner… mais en plus, on apprend plein de choses sur elles avec humour.

Kik : Une collection de livres pour parler de ces bestioles incontournables quand on est gosse, mais pour lesquelles on leur dit souvent : « Ahhhhh !!! Mais c’est sale ! »

Céline du Tiroir : Des petits bouquins sympas pour ce réconcilier avec les rampants, les gluants, bref, ceux qu’on trouve souvent dégoûtants ! C’est court, c’est drôle et instructif. Des petits documentaires qui ne se prennent pas du tout au sérieux !

Sophie : Plein de petits dégoûtants donc. Mais qu’est-ce qui a bien pu vous donner envie de lire ces livres ?

Pépita : Les couvertures super rigolotes !

Céline du Tiroir : Justement, cette originalité ! : si les lapins, les adorables souris ou même les loups ou les cochons sont des stars de la littérature jeunesse, qui se soucie des limaces ou des poux ? C’est ce côté un peu décalé qui m’a tout de suite attirée !Elise Gravel - Le ver.

Sophie : Pour rendre sympathique ces petites bêtes, le gage de qualité, c’est l’humour incontournable d’Élise Gravel. Est-ce que vous connaissiez déjà cette auteure et est-ce qu’elle a changé votre vision de ces petits dégoûtants ?

Kik : À la découverte de cette collection et plus particulièrement avec le pou, je n’ai pas cherché à savoir ce que l’auteur avait publié auparavant et je ne la connaissais pas particulièrement. Le point que j’ai le plus apprécié est l’anthropomorphisation des animaux. La limace d’habitude gluante et plutôt repoussante, devient rigolote.

Pépita : Oui, je connaissais cette auteure avant et j’apprécie son trait et son humour toujours très décalés. Si mon regard a changé sur ces bestioles ? J’aimerais bien mais pas vraiment ! Par contre, j’ai appris une foule de choses sur leurs mœurs et finalement, même si je ne suis toujours pas copine avec elles, je les regarde un peu différemment quand même. Et je trouve que oui, ça peut changer le regard des enfants sur elles : elles sont présentées d’une façon tellement rigolote !

Elise Gravel - Le pou.Céline du Tiroir : Oui, c’est une auteure dont j’apprécie l’humour et l’énergie ! Heeuu… J’ai quand même toujours pas adopté de limace ! Je dis en riant que Le Pou a été une sorte de psychothérapie pour moi, mais c’est pas tout à fait faux dans la mesure où j’ai vraiment appris des trucs, et qu’on a toujours un peu moins peur de ce qu’on connaît mieux ! (Je garde quand même l’huile de lavande et les peignes à lentes prêts à être dégainés à la moindre alerte !)

Sophie : Cette collection, c’est aussi l’occasion d’aborder une question plus large autour des documentaires pour enfants. Il y a quelques années les documentaires étaient des livres un peu austères et pédagogiques. Aujourd’hui, on voit une belle évolution avec l’apparition de beaux livres pour les enfants et des livres comme ceux dont nous parlons. Ce sont des documentaires pour les plus petits, tournés beaucoup sur l’humour. Que pensez-vous de ce type de livres et surtout ont-ils encore un but documentaire ?

Pépita : Très bonne question ! C’est vrai cette évolution, ce type de livres se situeraient davantage entre l’album et le documentaire. Il y a de plus en plus de formes hybrides de nos jours. Je pense que c’est une offre qui s’adapte en quelque sorte à l’air du temps. Séduire les petits lecteurs (et leurs parents !) pour les amener à la lecture plaisir et ludique, sans contraintes et avec peu d’effort. On succombe plus de nos jours à l’aspect esthétique aussi (le culte de l’apparence). Les éditeurs l’ont bien compris. On peut en dire autant pour les premières lectures et les romans d’ailleurs. Mais franchement, ce sont des livres très plaisants et de qualité alors c’est le principal.

Kik : Différents livres pour différentes attentes. Dans le cas de cette collection, le « dégoûtant » devient un être à considérer avec beaucoup d’importance, car très intéressant même si dégoûtant. Il y a des mises en scène autour de ce pou ou de cette limace. Par contre, on ne trouve pas de données chiffrées, d’informations précises.
Le livre joue sur l’humour. Avant les documentaires étaient destinés aux scientifiques en herbe, maintenant ils peuvent s’adresser à de plus jeunes enfants, et ouvrent une porte. Si jamais un sujet en particulier les intéresse plus, il y a toujours les documentaires plus riches.

Elise Gravel - La limace.Sophie : Un petit mot sur les illustrations de ces livres. Elles ont une place très importantes au point que texte et images se confondent parfois. Vous les avez aimées ?

Pépita : Ah oui, elles sont trop top ! Ces bestioles peu ragoutantes dans la réalité sont ici montrées sous un jour bien plus sympathique si bien qu’on les adopterait ! Ce sont des dessins frais et humoristiques qui permettent de ne plus visualiser la sale bestiole. Elles ont un trait simplifié, des yeux rigolos, nous parlent, bref, des copines !

Céline du Tiroir : Ha oui, elles sont drôles comme toutes les illustration d’Elise Gravel, en rondeur, pleines d’énergie et de fraîcheur ! Et l’influence BD avec les petits bulles, ça en fait aussi un album très ludique je trouve !

Kik : Peu de couleurs, l’animal qui prend toute la place, les illustrations m’ont beaucoup plu. D’autant plus qu’elles sont associés à du texte avec des polices de caractères de différents styles et de différentes tailles.
Une mise en page réussie, pour happer le lecteur, et lui faire découvrir un « dégoûtant » tout en rigolant.

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Ouf, vous êtes rassuré ? Ce n’était pas si dégoûtant que ça ! Bah non, au contraire, c’est parfait pour mieux connaître ces petites bêtes !

Et si vous n’êtes pas encore tout à fait convaincus, jetez un œil sur les articles de nos blogs :

– Céline du Tiroir : Le pou
– Sophie : La limace, Le rat

Avec des Photos – Pour les Grands

Hier, il était déjà question de photographies à l’Ombre du grand arbre,
Hier, il était question d’albums remplis de photographies,
Aujourd’hui, on a voulu aller plus loin,
Aujourd’hui, il est question de livres pour les plus grands.

Dans notre album-photo il y a  …

Deux documentaires qui aiguisent le regard du jeune lecteur, car les photos sont partout, et que bien souvent elles sont retouchées, ou « légèrement » sorties du contexte.

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Il y a des photos que tout le monde connaît, Il y a des photos qui se retrouvent partout, comme Einstein qui tire la langue, un groupe d’ouvriers qui mangent en hauteur sur une poutre métallique, ou encore ces deux amoureux qui s’embrassent devant l’Hôtel de Ville.

L’histoire vraie des grandes photos, – David Groison & Pierangélique Schouler, Actes Sud Junior, 2014.

 

……………..

Quand George Clooney prend un café avec des agriculteurs à la place de François Hollande, quand on veut rendre la princesse Kate Mindleton encore plus mince, quand on se rend compte qu’en 2011, au Japon, la retouche de photo a permis de conserver des souvenirs de famille …

PhotoschopéesLes images disent-elles la vérité ?  David Groison et de Pierangélique Schouler, Actes Sud Junior, 2013.

Deux romans, conçus autour de la photographie, comme matière première pour l’un et comme point de départ de l’histoire pour l’autre.

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été accueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ».

Ce roman a été construit autour de photographies réalisées, bien avant l’écriture du roman. L’auteur les a dénichées chez des collectionneurs, ou au détour d’un vide-grenier. Ces photographies qui ont été retouchées, alors que les ordinateurs n’existaient pas, donnent une touche très particulière à l’histoire.

Miss Peregrine et les enfants particuliers – Ransom Riggs, Bayard, 2012.

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Pour faire passer son chagrin, un appareil photo sous le bras, Charlie part à la découverte de son immeuble. Il lui faut une excuse pour sortir de chez elle, prendre l’air, aller dire bonjour à ses voisins. Elle n’a pas le droit d’aller dehors, elle saura tout sur le dedans, et prendre une photo de l’extérieur depuis chaque fenêtre.

Souvenirs de ma nouvelle vie, de Marie Colot, Alice Jeunesse, 2013.

Lu aussi chez Pépita et Céline, qui en ont fait une lecture commune à l’ombre du grand arbre.

Deux applications, pour observer, et créer à partir de photographies, pour aller plus loin que la photo prise « vite fait, mal fait » avec son smartphone. 

ONF StopMo Studio est une application permettant de créer simplement et rapidement des animations en stop motion.

 

 

Mpro est une excellente application de prise de vue monochrome (en noir et blanc). Vraiment extra.

Avec des Photos – Pour les Petits

 Des photos, beaucoup de photos dans la sélection du jour, 
Elle n’est pas exhaustive, mais elle est la réponse à la question que j’ai posé au collectif:
« J’adore quand il y a de la photo dans les livres. Et vous ? »
Ils n’ont pas levé les yeux, ou soupiré un « Il est nul ton thème, Kik… »,
J’ai entendu un  » Moi j’ai lu un album, trop bien avec des photos qui … »

Derrière chaque photo, il y a un photographe …

La tête de l’emploi d’Antoine Sahler, Actes Sud Junior.
Comment une photographe en herbe découvre tous les métiers des voisins de son quartier …

Des photographies, comme une technique d’illustration, parmi d’autres… 

Le Petit Chaperon Rouge de Perrault et Sarah Moon, Grasset.
Les photos sont en noir et blanc, alors il n’est même pas jour ce Petit Chaperon, mais le loup fait toujours aussi peur. Une transposition urbaine, car vivre en ville, c’est comme être perdu en pleine jungle.

Les très petits cochons d’Angélique Villeneuve et Martine Camillieri, Seuil Jeunesse.
Un petit air de n’importe quoi, avec cette histoire illustrée par des photgraphies de jouets et d’objets du quotidien. – Lu aussi chez Kik –

Guili Lapin de Mo Willems, Kaléidoscope.
Sur un fond de photos sépias, qui évoquent le souvenir d’enfance, la petite bouille de Trixie se dégage, attachante et expressive. Mais Trixie ne sait pas encore parler et quand un drame à échelle d’enfant se produit, elle à bien du mal à le faire comprendre à son papa. – Lu aussi chez Kik et Sophie –

L’autre guili lapin de Mo Willems, Kaléidoscope.
Trixie est de retour et elle a bien grandi. Mais plus de photos sépias, on passe au noir et blanc, avec toujours les personnages dessinés par dessus et un travail de cadrage très soigné. Cette fois encore, guili lapin, le doudou est au cœur de l’intrigue. – Lu aussi chez Kik et Sophie –

Herman et Rosie pour la vie, de Gus Gordon, Gallimard Jeunesse.
Une histoire de musique. Un coup de blues. Une rencontre. Des illustrations qui associent des dessins et des photos de New York.

Pour regarder le monde, pour aiguiser le regard du jeune lecteur, pour le sensibiliser à ce qui nous entoure … 
… Lui-Même …

Beaucoup de beaux bébés de David Elwand,  L’école des loisirs.
Un incontournable …

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Livre de Fesses de Stéphane Delabruyère et Jean-Marc Fiess, Thierry Magnier.
Ses fesses, celles des autres, et ce qui peut ressembler à des fesses si on regarde bien.

... Se figurer le temps qui passe … Avant, Maintenant, Après …

Les mots du temps de Catherine Grive & Janik Coat, Thierry Magnier.

Que s’est-il passé ? de Nicolette Humbert, La Joie de Lire.
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 sur la page de gauche, Après sur la page de droite. Que s’est-il passé entre les deux photographies ?

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Mais…que font-ils ? de Marie Houblon, Tourbillon.
Rire, rêver, voler, ouvrir, applaudir… une centaine de verbes illustrés par de nombreuses photos sur des pages colorées. Une invitation à observer ce qui nous entourer ou à imaginer tous ces mondes. Pour petits… et plus grands.

… Les couleurs, les formes des objets, avec des imagiers … 

 Couleurs de Grégoire Solotareff chez Ecole des loisirs.

Arti show de Claire Dé, Les grandes personnes.

Bric-à-Brac de Maria Jalibert, Didier Jeunesse.

Des couleurs et des choses, Tana Hoban, Kaléidoscope.
Noir sur Blanc
mais aussi Blanc sur Noir, Tana Hoban.

Noir sur blanc et Blanc sur noir captivent le regard des bébés, qui se concentrent, fixent et découvrent entre ces belles pages cartonnées les objets de leur quotidien sublimés par le noir et blanc. – Avec Colette qui nous conseille de lire cet article sur Tana Hoban –

…. La ville … 

La ville en toutes lettres, Biosphoto, Thierry Magnier.
Après avoir feuilleté cet imagier-photo, vous regarderez la ville …sous un autre angle. – Lu aussi chez Kik –

…. La Nature … 

Les gestes de la ferme de tout près de Nicolette Humbert, La Joie de lire.

À nous de choisir de Nicolette Humbert, La joie de lire.
Un album cartonné pour les tout-petits qui apprendront les petits gestes pour la nature à travers ses photographies.

Printemps, Eté, Automne, Hiver, Les P’tit land art, de Marc Pouyet, Plumes de carotte.
Voilà une collection de petits imagiers carrés et cartonnés à délicatement poser entre les mains des bébés ! Les tout-petits lecteurs pourront découvrir à travers les très belles créations de Marc Pouyet la nature qui les entoure et avec laquelle les belles photographies de ces albums leur donneront envie de jouer !

Le tout petit d’Anne Letuffe, Atelier du poisson soluble.
Un imagier photographique bluffant par sa beauté, sa narration et les correspondances induites.

Des photos, c’est aussi un support pour discuter entre petits et grands, car il y a comme un lien plus étroit avec la réalité. Une réalité qui nous entoure, en lien avec un passé commun, que l’on partage entre générations. 

Sans papiers, Texte de Rascal Photographies de Cendrine Genin Illustrations de Jean-François Martin, éd. Escabelle.
Un livre qui aborde avec justesse un problème de société d’aujourd’hui. Poignant.

Les étoiles sont tombées de François David, photographies d’Agnès Propeck, Motus, 2007.
C’est l’histoire d’un auteur qui tombe en admiration devant de sublimes photos et qui décide d’écrire un texte sur… la guerre. Sujet sombre me direz-vous, oui mais le résultat est beau ! Deux sensibilités différentes, deux regards qui se croisent en un même lieu. Ce n’est pas un album jeunesse à proprement parler, mais ce peut être un bon support de dialogue entre petits et grands sur un thème malgré tout universel et malheureusement toujours réel.

Quand tes grands-parents étaient enfants, Des images choisies par Marie Houblon, Tourbillon.
Un documentaire de photographies qui nous transporte dans les années 50 au temps où les grands-parents des enfants d’aujourd’hui étaient eux aussi des enfants. Un travail de sociologie photographique au charme certain et qui rapprochera les générations ou favorisera le dialogue ? – Lu aussi dans le Tiroir à histoires –

En bonus, un lien qui vous emmènera chez Chlop, pour découvrir d’autres livres remplis de photos, c’est par ici.

Loin des yeux, loin d’Internet…

… Mais plus près des étoiles !

De ses vacances, ou pour être plus précis, pendant les grandes vacances, chaque membre d’A l’Ombre du Grand Arbre devait vous faire un crelieurlin d’œil sous la forme d’une carte postale postée directement sur ce blog collaboratif que vous commencez à bien connaître. Frank Andriat, Gaspard Corbin, Christophe Léon, Jean-Philippe Blondel, Victor Dixen, la collection X’Prim chez Sarbacane, les Editions Les Fourmis Rouges, et même une carte postale dite agricole, en provenance de la ferme : les contenus ont été denses et variés et vous avez eu à lire et à découvrir de bien beaux paysages, et des univers très différents. Ceux qui font la pluralité d’une équipe de blogueurs littéraires que vous pouvez aussi suivre chacun sur leur blog, ou sur leur fil d’actualité Facebook.

Dans ma valise, peu de place ;  sur mon lieu de vacances, pas de connexion Internet – sauf à passer la tête par le vasistas, à lever le téléphone vers le ciel, la jambe gauche en équerre pour équilibrer l’ensemble d’un corps en extension sur les doigts du pied droit qui n’a jamais fait de danse classique, le tout en attendant que le vent souffle, dans le bon sens. Autant dire difficile avec le téléphone. Impossible avec un ordinateur. Cet été, j’ai donc chroniqué sur post-it. Et j’ai lu aussi. Plutôt au format poche. Parce que la bibliothèque ne passe pas dans les valoches (même pas dans celles qui sont parfois sous mes yeux) et que je n’ai pas adopté de liseuse.

0lire le propre deEn pensant à vous, donc, j’ai voulu me rapprocher des étoiles. De celles qui font que tous les soirs, nos enfants s’endorment avec des héros plein la tête, des émotions, de l’aventure, des sensations, de nouvelles connaissances, des mots, des histoires, de l’Histoire, des sourires, des rires aussi, des larmes parfois, des images, sur des pages ou dans la tête, des clés pour se situer pour comprendre qui ils sont ce qu’ils veulent devenir, qui les font cogiter, prendre du plaisir, grandir. Je ne me suis pas adressée directement à ces auteurs, j’ai (re)lu une petite perle éditée par l’école des loisirs : Lire est le propre de l’homme. Il s’agit d’un petit recueil discret et facile à prendre dans son bagage à main, dans sa main même ou pourquoi pas dans sa poche. Un petit recueil édité en 2011 qu propose les « témoignages et les réflexions de cinquante auteurs de livres pour l’enfance et la jeunesse »  sous-titré De l’enfant lecteur au libre électeur et pour lequel Jean Delas et Jean-Louis Fabre, directeurs de L’école des Loisirs, cosignent une introduction qui lie lire et élire, lecteur et électeur.

liste« C’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la liberté de choisir et leur assure d’être demain des femmes et des hommes libres« . Dans ce recueil, ces auteurs, de grands noms de la littérature jeunesse, livrent dans leurs témoignages leurs réflexions autour du sens qu’ils donnent à leur travail artistique, mais pas seulement. Ils racontent quand ils étaient enfants – « un jour (…) je me suis ouverte à un livre » écrit Valérie Zenatti. Ils racontent les enfants qu’ils croisent aujourd’hui, ceux qu’ils sont encore restés, ceux qu’ils ont fait naître. Ils racontent ce qu’ils ont lus, ce qu’ils observent, ceux qu’ils rencontrent dans les séances de dédicaces, les conférences ou les travaux réalisés avec les classes. Ils racontent le lecteur d’hier, celui d’aujourd’hui. Ils racontent leurs amis, ces personnages de fiction qui ont tant marqué leur enfance, leur construction. Ce sont les nôtres, aussi. Valérie Zenatti toujours, nomme ces héros qui lui ont « appris le courage, le goût de la justice, l’audace, la rêverie« .

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Ceux qu’elle considère comme « des membres très proches de [sa] famille ». Ces auteurs racontent le lecteur dévoreur de livres qu’ils étaient. Les livres qu’ils aiment, LE livre en général.

La liste des signataires fait baver. Et les textes offerts sont passionnants. A lire absolument, in extenso, même si mon petit plaisir sera celui de vous en donner quelques extraits. D’en photographier aussi. Un livre, par Agnès Desarthe, « c’est là à portée de main, ça ne tombe jamais en  panne, ça tient au creux de la paume, c’est un miroir, une machine à remonter le temps, une porte ouverte sur l’autre« . Qui ne rejoint pas Marie-Aude Murail quand elle écrit que la lecture est une nécessité de chaque jour ? « C’est le passeport pour l’insertion dans notre société et c’est ce qui donne accès à la liberté, liberté de parler, de penser, de circuler (…). Ce n’est pas la lecture qui est en danger. Ce sont les illettrés« . blakeIl y a l’odeur des livres pour Stéphanie Blake, qui les observe toute petite, jusqu’à comprendre que « les lettres collées les unes aux autres formaient des mots, les mots des phrases, et que cela pouvait aevolutionvoir un sens : je lisais! (…). Je découvrais une autre voix que la mienne, une autre pensée« . Il y a eu Yvette pour Malika Ferdjoukh, « quand le quartier de La Goutte d’or était un village« . Il y a eu Yvette! Yvette… « Elle vendait ses charmes (…) sur les pentes de Montmartre « .

Et alors ? Elle le lui avait dit, à elle, Malika, petite fille de CE2 : « il faut lire des livres, des vrais ! » « Elle devint la bâtisseuse de mon éveil intellectuel, l’entrepreneur de ma première bibliothèque » : la Comtesse de Ségur, Andersen, Fantômette, Jack London, Le Clan des Sept… Il y a eu Yvette. « J’ai lu Yvette. Je lis. Et merci de m’avoir sauvé la vie« . Moi aussi, j’ai eu mon Yvette, quand j’étais petite. Comme je me sens proche de ce texte là, ou de celui de Valérie Zenatti. Mais il y en a beaucoup d’autres auteurs, Claude Ponti, Christian Oster ou enore Marie Desplechin qui voit la lecture comme « un vice privé, un chemin de traverse, une échappée belle et que chacun lise pour soi, contre le monde « . Pas une activité dont on puisse tirer de « la gloriole« . Il y a pour Geneviève Brisac le besoin profond et l’envie de « faire en sorte que des livres et des personnes, des personnes et des livres se rencontrent. Pour une alchimie toujours renouvelée. Unique » quand Sophier Chérer parle de « la résistance à l’oppression » pour Sophie Chérer. La solitude aussi, et les précieux amis de Nathalie Brisac qui feront naître dans la tête et les pensées de ses petits élèves de CP l’envie et le besoin de lire tout seuls. « Maîtresse, c’est beau, on veut encore !« . Ces belles plumes qui se mêlent, se complètent, sont scandées par des illustrations, pour raconter les histoires, les livres, leur histoire Le livre. Ce qui est posé, enfoui en eux et qui font qu’aujourd’hui nous lisons  leurs écrits, dans notre tête ou à voix haute pour nos marmots, avec plaisir, avec délectation. Merci.fruits et légumes

Vous pouvez télécharger ou commander un exemplaire de ce recueil via le site : http://www.lirelire.org/

*** Un petit plus ?

Durant mes vacances, j’ai demandé à quelques blogueurs de me dire pourquoi ils consacraient leurs blogs à la littérature jeunesse. J’ai reçu quelques réponses, très peu, les blogueurs sont aussi des vacanciers ! Voici des petites graines pour réfléchir, discuter, partager, échanger et je vous invite d’ailleurs, si vous le souhaitez à répondre en commentaire pour agrémenter ces petits clichés pris sur le vif. Rester dans l’enfance et partager sont les maîtres-mots de leurs réponses.

Céline de Qu’Importe le flacon, explique n’avoir « jamais vraiment quitté le monde de l’enfance…  Officiellement, je recherche des titres qui pourraient plaire à mes élèves (12-14 ans) ; officieusement, j’ADORE ça !!!!  De temps en temps, je fais une petite incursion dans le monde adulte mais c’est juste pour me donner bonne conscience. Il n’y a pas de lecture supérieure à d’autres, ce qui compte avant tout c’est le plaisir éprouvé ! « . Kik reste dans la même veine : « A part pour le BAC je ne suis jamais passée à la littérature pour adultes je me suis arrêtée aux romans pour adolescents« . Pépita, de Méli-Mélo de livres, explique les choses comme une évidence : « C‘est tout simplement parce que je suis bibliothécaire jeunesse depuis 10 ans maintenant et que l’envie m’est venue de la promouvoir à travers mes propres lectures. Une façon aussi de me souvenir de mes nombreuses lectures, de prendre du recul sur celles-ci en trouvant les mots et de les partager !« . Un sentiment que partage justement Sophie de La littérature Jeunesse de Judith et Sophie. « C’est une littérature que j’ai redécouvert pendant mes études de bibliothécaire. Quand Judith et moi avons ouvert le blog dans le cadre d’un cours, la littérature jeunesse était un intérêt commun que nous avions envie de faire partager« . Dans le Cabas de Za, il y a 4 ans, il y avait tout, genre fourre-tout, et puis… « Je suis enseignante en élémentaire et grande lectrice. J’avais aussi sous la main un mignon cobaye qui avait 4 ans à l’époque, alors les choses ont évolué tout  naturellement. La production de littérature de jeunesse est immense, d’une variété extraordinaire, j’avais envie de partager les belles et passionnantes choses qui me tombaient sous les yeux« .