On a lu la sélection du Prix Vendredi

Il y a UN prix national dédié à la littérature pour adolescents et c’est le Prix Vendredi décerné pour la troisième fois cette année. En attendant de découvrir le grand gagnant 2019 qui sera annoncé dans la journée, nous avons lu la sélection des dix romans en lice…

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek – Actes Sud, 2019

Suivons Pierre, brillant élève accepté dans une prestigieuse prépa parisienne et sa rencontre dans le train avec Olympe, une jeune révoltée, impulsive et tumultueuse.

Sur un chemin qui semblait tout tracé, sonne alors l’heure des choix, des réflexions, des bouleversements… Un chaos sans précédent, intense et libérateur.

Rien ne sera plus comme avant….

Les avis de : Pépita

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Ce que diraient nos pères de Pascal Ruter – Didier jeunesse, 2019

Résultat de recherche d'images pour "ce que diraient nos pères"Un roman lumineux, des personnages attachants, une écriture toute en subtilité, Pascal Ruter fait fort en offrant cette histoire de transmission, d’égarement, de révolte, d’entraide et de solidarité. Beaucoup de masculin, un peu de féminin mais le tout est si beau.

Les avis de Pépita et HashtagCéline.

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Surf de Frédéric Boudet – Mémo, 2019.

Un roman entre deux eaux où le héros navigue à l’aveugle entre son enfance perdue et son présent trouble. Un texte à l’écriture puissante qui nous met face à des adolescents en perte de repères et à la recherche d’un sens à la vie.

Les avis de Pépita, HashtagCéline, Aurélie et Isabelle.

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Un si petit oiseau de Marie Pavlenko – Flammarion, 2019

Un très joli texte qui parle de la difficulté de se reconstruire après un drame. Un sujet délicat traité de façon intime et touchante.

Les avis de Sophie, HashtagCéline et Pépita.

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L’Estrange Malaventure de Mirella de Flore Vesco – L’école des Loisirs, 2019

Une malaventure réjouissante où Flore Vesco revisite le conte du Joueur de flûte de Hamelin, le tout dans une langue moyenâgeuse qui amuse et qui fait tout son charme.

Les avis de Bouma, Isabelle, Pépita et HashtagCéline.

Découvrez aussi leur lecture commune ICI .

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La bonne aventure de Fabrice Colin – Talents hauts, 2019

Ombline Sauvage est une jeune bibliothécaire réservée, très, très sage et particulièrement mélancolique dont le cœur est rongé par les souvenirs de ses parents chéris. Après avoir rencontré une étrange diseuse de bonne aventure, sa vie, son être, ses pensées vont être bousculés, et l’irruption dans son quotidien, et dans la cage d’escalier, d’un voisin au charme nimbé de mystère va l’attirer aux frontières du réel… et au seuil de l’amour, l’intense, le trouble premier amour.  Dans ce roman, la lectrice-le lecteur vont sans cesse vaciller aux extrêmes limites du rêve, sur les pas de notre jeune héroïne qui “funambule sur les toits” avec son amoureux de la nuit.

Je me suis parfois perdue dans le labyrinthe tracé par Ombline entre les pages : entre les prédictions de Lucielle, la diseuse de bonne aventure et les avertissements de l’homme crocodile, moralisateur impitoyable, tiraillée par les souvenirs bénis de l’enfance et le refus de vivre le présent, ne sachant plus vraiment ce que notre héroïne cherchait.  Mais peut-être qu’au fond, se perdre a parfois plus de sens que de suivre un chemin…

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River de Claire Castillon – Gallimard, 2019


River est une héroïne assez étrange. Et ce n’est pas sa sœur qui nous dira le contraire, narratrice impitoyable des aventures de River. Mais comme c’est Claire Castillon qui orchestre cette étonnante histoire, vous allez voir que rien n’est aussi simple qu’il y paraît…

L’avis de HashtagCéline.

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Fraternidad de Thibault Vermot – Sarbacane, 2019

Ce roman ne ressemble à aucun autre. Fraternidad ouvre les portes d’un monde totalement étonnant : celui d’Ed qui, harcelé dans sa propre réalité, endosse, quand il le peut, un autre rôle : mousquetaire et vengeur masqué…  Grâce à cela, il s’est  virtuellement lié d’amitié avec Selene, une jeune fille mystérieuse qui semble rentrer dans son jeu… Ce texte est dense, riche et passionnant. Et il fait aussi plus de 600 pages. Alors s’il se lit avec une extrême facilité, HashtagCéline ne l’a pas encore terminé mais cela ne saurait tarder !

Bientôt, son avis ICI.

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La mémoire des couleurs de Stéphane Michaka – Pocket Jeunesse, 2018

Dès les premières pages, un mystère épais s’installe : lorsqu’il reprend connaissance dans une brocante parisienne, Mauve semble avoir perdu tous ses souvenirs. Déboussolé, il s’efforce de déchiffrer ce monde au fil des expériences, des rencontres et des souvenirs de sa vie d’avant qui lui reviennent par lambeaux. Et ravivent la mémoire d’un monde rationalisé, sécurisé, aseptisé, lissé de toute aspérité et de toute contingence. Où les individualités sont contrôlées de près, réduites à d’insignifiantes nuances de couleur. Un monde duquel notre Terre et notre espèce humaine, avec toutes leurs imperfections et leurs contradictions, paraissent étranges et repoussantes. Fascinantes aussi… Mais les deux mondes seraient-ils moins éloignés l’un de l’autre qu’à première vue ? Et quel rôle Mauve joue-t-il dans tout cela ? Une lecture en demi-teinte pour Isabelle qui a néanmoins apprécié la richesse de l’univers imaginé par Stéphane Michaka et une réflexion stimulante sur la fuite en avant de la modernité et sur toutes ces petites choses fragiles qui continuent de faire la beauté de notre monde.

Retrouvez l’avis d’Isabelle.

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Dans la maison de Philip Le Roy – Rageot, 2019

Philip Le Roy - Dans la maison.

Une maison isolée dans les bois, huit amis et une soirée à thème : se faire peur ! Chacun fera preuve d’inventivité pour effrayer les autres mais il se pourrait bien que l’ambiance tendue, le passé du lieu et de mystérieux évènements prennent le dessus sur l’amusement !

Alors, envie d’un moment de lecture effrayante ? Ce livre devrait remplir cette mission comme il se doit !

Bientôt, l’avis de Sophie ICI.

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Voilà notre tour d’horizon de la sélection du Prix Vendredi 2019. Et vous, en avez-vous lu ? Lesquels vous font envie ? Lequel est votre favori ? Dites-nous tout ça en commentaires…

Hommage à Axl Cendres

Elle nous a souvent touchés par sa sensibilité et sa mélancolie.
Autant qu’elle nous a surpris par sa singularité et sa franchise.

Elle nous a fait rire, elle nous a émus.

Elle avait cette liberté de langage et cette extravagance qui cachaient une crevasse d’amertume.

Elle gardait autour d’elle une part de mystère mais c’est à travers ses livres qu’elle se dévoilait à chaque fois un petit peu.

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès d’Axl Cendres.

A l’Ombre du Grand Arbre, nous souhaitons lui rendre hommage et vous inviter à découvrir ou re-découvrir quelques uns de ses ouvrages qui sont de véritables expériences littéraires…..

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Confessions d’un apprenti Gangster. Sarbacane, 2013.

Un roman flash-back d’un ado qui suit les traces de son père en entrant dans le banditisme. Fragments de vie, ce livre se construit comme un puzzle alors que l’enquête policière avance.

Retrouvez l’avis d’Alice

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Aimez-Moi maintenant. Sarbacane, 2008

Rencontrée à Montreuil, sur sa dédicace Axl Cendres a écrit “Les beaux mensonges valent mieux que les sales vérités”. Voilà, tout est dit.

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Mes idées folles. Sarbacane, 2009

Abel Francis Sandro est un jeune psychiatre au pavillon 43 qui s’occupe des malades chroniques. Il cherche à comprendre comment les gens marchent. Mais il se rend compte que ce n’est pas les gens qu’il comprend mais leurs maladies. Pour les grands ados.

Les avis de #Céline et Sophie

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Echecs et but ! Sarbacane, 2010.

Quand les échecs et le foot se rencontrent. Et surtout les supporteurs respectifs.

L’avis de Sophie

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Le voyage d’Esteban Sarbacane, 2012

La beauté de l’écriture d’Axl Cendres aborde ici la tauromachie, à travers le destin du jeune Esteban qui va marcher sur les pas de son grand-père, matador de grand renom et disparu mystérieusement. Ce roman-là prend des airs de légende sur fond de transmission.  Epoustouflant.

 

L’avis de Pépita

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La drôle de vie de Bibow Bradley, Sarbacane, 2012.

Juin 1964, USA. Le jeune Bibow Bradley est envoyé au Vietnam où, en toute logique, il devrait perdre un œil comme papy (en Normandie) ou une jambe comme papa (en Corée).
Sauf que Bibow a un don : il ne connaît pas la peur.

 

L’avis de Sophie

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Dysfonctionnelle, Sarbacane, 2015.

Fidèle, jeune adolescente, grandit entourée de ses six frères et sœurs dans une famille dysfonctionnelle : son père enchaîne les allers-retours en prison, sa mère est à l’asile. Dotée d’une “intelligence précoce”, elle s’intègre à un lycée des beaux quartiers où les élèves la regardent comme un alien. Mais c’est là que l’attend l’amour, le vrai, celui qui transforme, celui qui sauve…

L’avis d’Alice

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Cœur battant, Sarbacane, 2018

Après avoir essayé d’éteindre son cœur, il se retrouve dans une clinique pour y être “réhabilité à la vie”. Il y rencontre Alice, aussi belle que cynique ; Victor, aussi obèse que candide ; la vieille Colette, aussi espiègle qu’élégante ; et Jacopo, aussi riche que grincheux.

À eux cinq, ils décident de s’évader de la clinique, direction le manoir de Jacopo. Le but du voyage ? Se jeter d’une falaise, tous ensemble !

Mais la route va leur réserver plusieurs surprises. Assez pour qu’Alex se demande si finalement, la vie n’en vaut pas la douleur…

L’avis de #Céline

Un entretien datant de 2010 sur le blog de Sophie, un moment drôle et complice.

Et puis les mots touchants de ses compagnons d’écriture : Antoine Guilloppé, Antoine Dole, Benoit Minville et tant d’autres sur la toile. Ses lecteurs.trices. Son éditeur Tibo Bérard et les éditions Sarbacane. Et un article du Monde.

“Vole les lumières, toutes les lumières que tu peux… Les ténèbres ont un appétit féroce, alors vole les lumières… Peut-être que le ciel réalise les rêves que la terre assassine.” Coeur Battant, Axl Cendres. 

5 ans de lecture pour Morgan

Pour cet article estival, j’ai choisi de partager avec vous les romans que j’ai envie de proposer à mon fils, Morgan, pour ces cinq prochaines années… Le CP est tout juste terminé et la lecture a pris une nouvelle place dans son quotidien. Je suis donc très impatiente de lui faire découvrir des livres que j’ai aimé dans mon enfance ou plus récemment. Voilà donc une valise de partage pour quelques années…

 

7 ans : Chien pourri de Colas Gutman et Journal d’un chat assassin de Anne Fine

Ces deux là, je les côtoie quasi quotidiennement et je les conseille très souvent aux jeunes lecteurs de la bibliothèque à la recherche de romans drôles. J’ai mis les deux parce que je ne peux pas choisir entre ce chien nigaud et cet espiègle chat. Ces livres-là, je les proposerais très prochainement à Morgan qui aura 7 ans dans quelques semaines. On commencera sûrement par une lecture à deux voix mais peut-être sera-t-il tenté pour poursuivre ces séries en solo !

Mes chroniques sur ces livres ici et

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8 ans : Matilda de Roald Dahl

Je n’ai découvert l’univers de Roald Dahl que tardivement. J’étais étudiante et j’avais une amie qui adorait ces romans. J’ai testé et adoré au point d’en lire plusieurs en peu de temps. Mon incontournable, c’est clairement celui-là et c’est le premier que je proposerais à Morgan… avant tous les autres !

Ma chronique sur ce livre

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9 ans : Chair de Poule de R. L. Stine

Je ne saurais pas dire exactement combien de livres de cette série j’ai pu lire enfant, mais on ne doit pas être loin de la cinquantaine. Jeune, j’aimais les histoires qui faisaient peur. Je me souviens avoir dévoré en une soirée plus d’un de ces livres et avoir frissonné au fil des pages. Encore maintenant, j’adore me plonger dans des histoires terrifiantes mais je n’ai jamais retrouvé les sensations que me donnaient les romans de R.L. Stine ! Je ne suis pas certaine que Morgan adhérera à cette série car actuellement les histoires qui font peur, ce n’est pas trop son truc mais je suis obligée d’au moins lui la proposer un jour…

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10 ans : Tobie Lolness de Timothée de Fombelle

Tobie Lolness fait aussi partie de ces indispensables de la littérature jeunesse que j’ai découvert après avoir passé l’âge du public cible. Mais à ma décharge, il est sorti trop tard pour que je le lise dans mon enfance. J’en garde l’image d’un superbe voyage en pleine nature et des sensations apaisantes. J’ai hâte que Morgan puisse découvrir ce chouette personnage !

Ma chronique sur ce livre

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11 ans : Sans-Atout et le cheval fantôme de Boileau-Narcejac

J’ai lu ce livre au collège et j’en ai gardé un très bon souvenir au point de le redécouvrir en livre audio plusieurs années après. C’était peut-être un livre lu pour l’école mais je n’en suis plus sûre. En tout cas, cette enquête sur fond de château hanté m’avait beaucoup plus. On verra si Morgan l’apprécie aussi à son entrée au collège !

Ma chronique sur ce livre

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Et je ne pouvais pas ne pas les mettre alors ils seront le bonus à découvrir tome par tome au fil des mois ou des années, avec ou sans moi selon son envie : Harry Potter !

En réalité, je lui ai déjà offert le premier tome Harry Potter à l’école des sorciers pour ses 6 ans l’année dernière, en version illustrée ! J’ai commencé à le lui lire mais on prend notre temps, on y revient par période et on poursuit l’aventure tranquillement…

Lecture commune : Nos éclats de miroir

On se retrouve ce lundi avec une lecture commune sur le roman Nos éclats de miroir de Florence Hinckel publié chez Nathan.

Florence Hinckel - Nos éclats de miroir.

Sophie : Ce roman raconte l’adolescence de Cléo sous forme de lettres dans son journal intime. Pouvez-vous me parler un peu de cette jeune fille ?

Pépita : Cléo est une jeune fille d’aujourd’hui mais qui est fascinée par le journal d’Anne Frank. C’est toute l’originalité de ce roman, de faire le pont entre deux journaux intimes, le second s’adressant au premier, avec le même principe que l’amie imaginaire d’Anne. Cléo raconte donc son quotidien, entre sa famille (mère et grande sœur), le collège et ses amies, les garçons, le manque de son père, les absences de sa mère. J’ai eu un peu de mal au début à entrer dans la construction mais le roman a pris de l’épaisseur au fur et à mesure.

Bouma : Cléo est un personnage intrigant. Elle est à la fois très ancrée dans les préoccupations adolescentes (amitié, romance, scolarité) et fascinée par la figure d’Anne Frank. Ajoutons par ailleurs que sa famille prend beaucoup de place par son absence. La jeune fille se sert de ce journal intime comme l’objet qu’il est : à savoir un confident, ici du nom d’Anne Frank.

Sophie : Et justement, qu’avez-vous pensé de cette idée d’entretenir une correspondance par journal intime avec Anne Frank ?

Bouma : En toute honnêteté, j’ai été complètement prise au dépourvu, ne comprenant pas la fascination de Cléo pour ce personnage historique. Je pourrais dire aussi que le procédé stylistique m’a désarçonné et qu’il m’a fallu quelques lettres avant de vraiment rentrer dans l’histoire.

Pépita : Je rejoins Bouma, au début, j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver : Anne, son amie imaginaire, celle de Cléo, je ne savais plus très bien qui s’adressait à qui. J’ai trouvé le style d’écriture assez enfantin au départ mais peu à peu, le personnage de Cléo s’étoffe et j’y ai retrouvé les préoccupations d’une jeune fille d’aujourd’hui. À vrai dire, je ne sais pas si les jeunes filles écrivent toujours des journaux intimes… et je ne sais pas plus si elles vont s’identifier à ce journal intime via Anne Frank. J’ai eu parfois le sentiment que l’autrice voulait “caser” absolument des éléments qu’elle avait en tête au départ, du coup ça parait parfois un peu décousu. Cependant, une fois qu’on rentre dedans, il y a de très beaux passages, très touchants.

#Céline : C’est cela qui m’a aussi un peu déstabilisée. Je trouve, comme le dit Pépita, qu’on s’y perd un peu. Cléo est une jeune fille mature, curieuse et passionnée par l’histoire d’Anne Frank mais certains rappels historiques (certes intéressants) m’ont semblé un peu en décalage avec le reste. Mais au final, au fur et à mesure de l’histoire, on y prête moins attention, d’autant que l’histoire personnelle de Cléo prend le pas sur le reste. Cette forme permet de replacer le quotidien d’Anne Frank par rapport à celui des adolescents d’aujourd’hui. En cela, c’est très bien vu. Et, ça m’a amusée, car j’avoue que moi aussi j’ai tenu des journaux intimes dont un s’est appelé Kitty…

Sophie : En effet, il y a beaucoup d’émotions dans ce roman et notamment quand cela concerne la famille de Cléo. Elle vit avec sa grande sœur et sa mère, dépressive depuis la mort de son mari au point de fuguer pendant plusieurs jours parfois. Qu’avez-vous pensé/retenu de la relation entre ces trois personnages ?

Bouma : C’est une belle histoire de femmes. Chacune ressent un profond vide même s’il s’exprime de manière différente en fonction de leur âge et de leur caractère. Mon regard sur leur famille a changé au fur et à mesure des pages… Au final, je dirais que la mère est le centre de leur vie, la sœur aînée son pilier et Cléo en est le cœur : une combinaison parfois instable mais rassurante.

#Céline : Cléo est une jeune fille un peu déstabilisante qui analyse beaucoup les choses autour d’elle tout en les tenant à distance. J’ai eu du mal à voir le lien entre Cléo et sa mère. Celui avec sa sœur m’a semblé plus fort et plus net même si Cléo reconnaît qu’elle s’est aussi éloignée d’elle avec le temps. Au fur et à mesure qu’avance le récit, on saisit mieux le pourquoi de cette relation compliquée entre les trois figures féminines qui gèrent chacune la disparition du père, du mari de façon très différente. Et c’est au final très touchant et plutôt juste.

Cléo se livre à son journal mais n’a pas beaucoup d’amis au collège à part Bérénice. Cette amitié m’a beaucoup dérangée mais je l’ai trouvée très réaliste. Et pour vous ?

Pépita : Elle t’a dérangée en quel sens ? Moi pas du tout, je l’ai trouvée très réaliste au contraire. Cléo est une solitaire, Bérénice non. Leurs milieux sociaux sont différents. Mais cela n’empêche pas la rencontre et l’amitié ! Mais cela n’empêche pas non plus une prise de conscience de l’éloignement qui peut arriver aussi dans l’amitié. Pour découvrir autre chose. D’ailleurs, c’est ce qui arrive à Cléo. Quand on veut trop se conformer à quelqu’un, parfois on s’oublie soi-même.

#Céline : Bérénice est assez odieuse avec Cléo. Elle s’en sert comme faire-valoir et la rabaisse beaucoup. C’est en cela que j’ai parfois eu mal pour Cléo, même si je sais bien que l’amitié, ça peut aussi être ça. Le principal, c’est que Cléo prend peu à peu conscience de cet état de fait et finit par trouver le courage d’affronter et tenir tête à Bérénice.

Sophie : Cette amitié avec Bérénice m’a rappelé des choses que j’ai vécues plus jeune. Je pense que ça m’aurait fait du bien de lire ça à une époque donc je me dis que ça peut aider à mettre des mots sur ce genre de relation toxique.

Pépita : Leur relation ? Je ne sais pas si on peut parler de relation en fait. J’ai trouvé Cléo bien seule mais ma foi, elle s’en accommode. Son journal lui occupe l’esprit et lui permet de mettre de la distance sur cette solitude.

Bouma : Comme Céline j’ai eu du mal à comprendre cette relation amicale que je trouvais très déséquilibrée. Il y a un rapport de force qui se créer à chacune de leurs interactions, de manière très réaliste certes, mais qui est loin de l’amitié sereine que l’on pourrait attendre pour l’héroïne.

Sophie : Parlons un peu du titre, Nos éclats de miroir, il fait référence à la passion de la maman pour la mosaïque. Vous en avez pensez quoi ?

#Céline : Je l’ai trouvé assez poétique et très beau. Il fait référence à l’activité qui apaise sa mère mais aussi à cette espèce d’obsession pour son propre reflet et les miroirs. “… je n’ai pas cessé d’entretenir une relation très compliquée avec les miroirs, les vitrines, et tous les regards.” J’y ai vu cela aussi. Et puis, le côté “éclaté” qui se ressent au sein même de cette famille, brisée, en morceaux. Ce titre m’a semblé plutôt juste par rapport à mon ressenti du roman.

Bouma : C’est parce que vous venez de l’expliquer que je comprends la référence à la passion de la maman. J’étais complètement passée à côté. Pour moi on était dans quelque chose de plus métaphorique, comme si les différentes personnalités représentaient des parties qui rassemblées formaient le miroir…

Pépita : J’ai beaucoup aimé ce procédé. Justement pour sa dimension métaphorique et la beauté des mots. Je trouve qu’il colle parfaitement à la fois à la maman pour ce qu’elle renvoie à travers son échappatoire (la mosaïque) et à la recherche de Cléo de son identité. Plus profondément, c’est un roman qui en appelle l’image de soi. On a tous des faces cachées, des faces éclatées, des faces mouvantes et parfois la vie nous oblige à recoller les morceaux épars.

Sophie : Ce journal tient son originalité de sa destinatrice Anne Frank, mais il joue aussi avec la typographie comme sur cette photo. Qu’en avez-vous pensé ?

Bouma : Ça m’a surtout rappelé les romans de Clémentine Beauvais, qui joue également beaucoup avec ce procédé littéraire. Après ça ne m’a pas plus marqué que ça (je dirais même que j’avais oublié cet aspect du roman).

Pépita : J’ai bien aimé le jeu sur la typographie qui entrait en écho avec les sentiments de Cléo.

 

Pour retrouver nos chroniques, c’est par ici : Pépita, Bouma, #Céline et Sophie.

Les lauréats du Prix !

En ce jour des 7 ans de ce blog collectif,

voici donc les lauréats du Prix ALODGA (5ème édition )

avec les 5 catégories en lice :

http://alombredugrandarbre.com/wp-content/uploads/2015/06/Logoprix-300x300.jpgCatégories Brindilles (albums petite enfance)

Le Nid de Stéphane Servant et Laëtitia Le Saux Didier jeunesse

 Petites feuilles (Albums pour plus grands)

Les riches heures de Jacominus Gainsborough de Rebecca Dautremer Sarbacane

Catégories Grandes feuilles (romans jusqu’à 11 ans )

Jefferson de Jean-Claude Mourlevat Gallimard jeunesse

Belles branches (romans à partir de 12 ans)

La fille d’Avril d’Annelise Heurtier Casterman

Catégorie Branches dessinées (pour les BD)

Chaque jour Dracula de Loïc Clément et Clément Lefèvre Delcourt

Vous avez été plus de 300 à voter et nous vous en remercions.

Un grand bravo aux lauréats et rendez-vous l’année prochaine ?