Ce qu’il y avait dans ma valise d’été : des bookplants !

Je suis déjà revenue et le travail est repris mais quel plaisir de prolonger un peu ses vacances à travers cet article !

Déjà, et tous mes arbronautes l’ont vécu avant moi (voir les précédents articles), voilà mon état d’esprit avant de partir…

Pourtant, comme vous pouvez le constater, ma Pile A Lire à emporter et concoctée avec soin, est assez fournie. Assez éclectique. Et QUE des romans, oui, je sais, des nouveautés seulement mais c’est mon péché mignon. Chacun ses vices.

Et voici comment cette Pile A lire s’est transformée en bookplants en utilisant les éléments de mon séjour en lien avec l’histoire en question (enfin, j’ai essayé !).

Du coup, la photo précédente donne ceci (Il y a un “intrus” qui s’est ajouté, à vous de jouer aux différences !).

 

#SAC DE LIVRES DU DEPART

Comme toute bibliothécaire qui se respecte, j’ai évidemment commencé par le Célèbre catalogue Walker & Dawn de Davide Morosinotto chez l’ Ecole des Loisirs. Qui avait une bonne place parmi les livres de révisions de ma fille ! Car oui, nous partons avec un sac entier de ces chers compagnons…J’ai beaucoup aimé ce roman d’aventures et d’initiation, c’est un livre parfait pour s’évader ! D’ailleurs, je l’ai commencé avant de partir, comme un avant-goût des vacances !

#BOOKPLANT 1

C’est à Madrid, sous une chaleur écrasante, que je me suis évadée au Japon, dans Ueno Park d’Antoine Dole chez Actes sud junior, un roman choral  à 8 voix d’adolescents, qui viennent fêter, tous pour une raison qui leur est propre, l’éclosion des cerisiers dans le plus grand parc de Tokyo. On y retrouve toutes les ambivalences de la société japonaise, la pesanteur des traditions et la difficulté pour ces jeunes de sortir de ses carcans et d’affirmer leurs choix. C’est fort, juste, triste mais aussi plein d’espoir.

#BOOKPLANT 2

J’ai continué avec Le goût amer de l’abîme de Neal Shusterman chez Nathan : une plongée dans le monde de la schizophrénie, qui m’a assez déstabilisée au départ dans sa construction. Mais j’ai bien fait de m’accrocher car ce roman est tout simplement bouleversant. J’ai choisi l’hortensia (et non la mer) car cette fleur est symbole de gratitude, de grâce et de beauté. De plus, elle peut se décliner en plusieurs couleurs, tout comme les méandres de cette maladie. C’est exactement ce que j’ai ressenti en lisant ce roman tiré d’une histoire vraie.

#BOOKPLANT 3

Puis changement de décor pour une région bien plus sauvage : Le Maestrazgo. Le roman Sauvages de Nathalie Bernard chez Thierry Magnier s’accordait parfaitement aux paysages. Et quel roman ! J’ai été embarquée par le destin de ces jeunes amérindiens envoyés en orphelinat pour “tuer l’Indien en eux”. Très bien documenté, très bien construit dans les allers-retours entre le présent et le passé, on tremble pour ces jeunes enfants arrachés à leurs racines. Et quelle magnifique couverture ! Touchée en plein cœur.

#BOOKPLANT 4

Un peu de légèreté m’a été apportée avec ce premier roman de Séraphine Menu chez Thierry Magnier : Les déclinaisons de la marguerite. Une plongée rafraîchissante dans le monde de Marguerite, jeune fille qui étouffe sous le giron maternel. Alors quand un voyage scolaire s’annonce en Italie, elle fonce. Mais bien des surprises l’attendent. De la légèreté mais aussi de la profondeur dans ces lignes !

#BOOKPLANT 5

Une petite incursion dans la science-fiction m’a été offerte avec La planète des 7 dormants de Gaël Aymon chez Nathan. Ce n’est pas forcément un genre que j’affectionne. J’avoue n’avoir pas tout saisi dans cette histoire de colonisation de planètes même si j’ai bien entrevu le message de destruction radioactive de la Terre. Un magnifique coussin brodé que j’ai trouvé parfait pour illustrer en contre-point ce message et un bel arbre hommage à ce blog.

#BOOKPLANT 6

Lire un roman de Jean-Philippe Blondel, c’est toujours s’assurer un bien beau moment de lecture. Cette fois, dans Dancers chez Actes sud junior, il aborde la passion de la danse chez des garçons et des filles que rien ne prédestinait à se rencontrer. Sur fond de rivalité amoureuse. Mais pas que. De bien beaux personnages que l’auteur sait si bien camper sur fond de thématiques actuelles. Et non, ils ne se sont pas tous transformés en citrouille une fois le bal terminé !

 

 

#BOOKPLANT 7

Je viens juste de terminer ce roman qui était sur ma pile depuis bien 4 mois. J’en redoutais la violence à vrai dire. Et je ne regrette pas de l’avoir ouvert, même si quelques références américaines sont parfois difficiles à appréhender. The hate U give : la haine qu’on donne d’Angie Thomas chez Nathan aborde le sujet du racisme et des violences policières. Starr, 16 ans, est la seule témoin du tragique assassinat de son ami du même âge par un policier. Elle va surmonter son deuil et sa colère. Un vrai page turner.

Et ma lecture du moment ? La voici, idéale pour une reprise : une gourmandise acidulée ! Pëppo de Séverine Vidal chez Bayard.

Je vous le dis : passion romans…:)

Aucun texte alternatif disponible.

C’est ainsi que se terminent nos voyages livresques estivaux, qui avaient débuté avec des bookfaces transformés en bookplants !

Le blog va aborder lui aussi la reprise…

Lectures sur l’île papillon…

Contrairement à Mallarmé, jamais je ne me dis :

“La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres !”

Car à l’ombre du grand arbre sont nées des amitiés qui ne cessent de nourrir mon imaginaire d’une pagaille de récits, de contes, d’images et de poésies ! C’est donc les paupières gonflées de rêves de lectures que j’ai glissé dans ma valise 4 livres pour occuper mes soirées guadeloupéennes bercées par la “brise marine”. Oui car cette année nous avions décidé de “Fuir là-bas, fuir !” Et quel enchantement ! Pour vous dire vrai c’est la nature, ses chants incroyables, sa lumière enveloppante, sa végétation luxuriante qui, plus que les mots couchés sur le papier, m’ont fait cette année tourbillonner. Mais comme je n’arrivais pas à dormir, mes compères d’encre noire ont été de précieux compagnons de voyage, remplaçants les rêves vers lesquels je ne pouvais me laisser aller.

Il y a eu, tout d’abord, un roman de littérature générale dont on m’avait beaucoup parlé : La tresse de Laëtitia Colombani, publié chez Grasset, lu dans la galerie d’une jolie case créole de Saint-François. Puis il y a eu Gustave Eiffel et les âmes de fer, de Flore Vesco, terminé sur la plage de Malendure :

Et l’intense D’un trait de fusain, de Cathy Ytak, publié aux éditions Talents hauts, dévoré plusieurs nuits d’affilée dans notre chambre visitée par les anolis à Bouillante, au coeur de la forêt tropicaleAvant de rentrer, pour me reconnecter à nos projets familiaux, j’ai entamé non loin du magnifique jardin botanique de Deshais le best seller du zéro déchet, prêté par une amie, qui elle-même le tenait d’une amie :

Voyez un peu mes lectures hétéroclites de l’été ! Et je regrettai de n’avoir point emporté de poésie pour habiter ce fabuleux voyage, car sans cesse debout face aux paysages captivants de cette île papillon,

pensant à mes amies d’À l’ombre du grand arbre, j’entendais le chant de Baudelaire,  :

“Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas
vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble ! “

Lecture Commune : Quand l’aube sera grandiose

Roman ado ayant reçu le prix Vendredi, L’aube sera grandiose d’Anne-Laure Bondoux chez Gallimard  raconte l’histoire d’une mère qui embarque sa fille de 14 ans, Nine à l’improviste. Elle l’emmène dans une cabane planquée dans la forêt. Nine sait qu’elle va être rejointe par trois personnes qu’elles ne connaît pas. S’en suit une longue nuit, sans réseau et sans batterie, c’est dur pour une ado qui devait passer la soirée à faire la fête avec ses amis et un certain Marcus. Titania auteure de romans, se lance alors dans un long récit qui doit permettre à sa fille de comprendre pourquoi elle sont venues ici et par qui, elles vont être rejointes le lendemain. Alternant le come-back dans les années 80 et le huit-clos nocturne, nous n’avons eu qu’une hâte : découvrir ce que cachait Titania.

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Aurélie : Alors on va débuter par votre première impression en voyant la couverture ?

Sophie : J’ai vu l’aube en total accord avec le titre, belle et lumineuse. Je n’ai pas tout de suite fait attention à ces petits détails au centre : la maison, la voiture et les deux silhouettes.

Solectrice : Très attirée par cette image sereine aux couleurs douces, la couverture m’a vraiment incité à découvrir ce roman. Je me laissais déjà emportée par la promesse d’un mystérieux voyage, dans l’univers d’Anne-Laure Bondoux…

Aurélie : Moi j’ai été attirée par le ciel étoilé et comme toi Sophie, je n’avais pas fait attention aux détails : la maison et la voiture et tous ces éléments qui apparaissent dans le roman.

Céline du tiroir : Pareil, je suis passée un peu vite sur la couverture sans voir les détails. Le titre était prometteur, le nom d’Anne Laure Bondoux aussi…

Pépita : Plus que la couverture, c’est le titre qui m’a interpellé et la promesse d’un rendez-vous de lecture avec l’auteure.

Aurélie : Est-ce que le style du récit (allers-retours passé-présent) vous a tenu en haleine ?

Sophie : Oui totalement. On sait qu’il va se passer quelque chose dans le présent de Titania et Nine et on veut savoir. Et en même temps suivre l’histoire de Titania est aussi plein de suspense parce que la petite fille qu’elle décrit semble bien loin de la femme qu’elle est devenue et on veut comprendre.

Solectrice : J’aimais bien que le récit tienne sur une nuit mais j’ai parfois trouvé des longueurs dans les mises en attente de l’histoire. Ces allers-retours prenaient de l’intensité au fur et à mesure du récit et j’ai été plus captivée en approchant de la fin.

Pépita : Oui j’ai beaucoup aimé cette construction. On entre d’emblée dans cette histoire dans l’histoire.

Aurélie : Moi je l’ai dévoré en 48h, je me suis complètement plongée dans le récit de Titania et j’avais hâte de savoir l’impact que le récit aurait sur Nine.

Céline du tiroir : Oui, les allers-retours fonctionnent bien. C’est vrai que c’est un procédé qui tient le lecteur, on a hâte d’en savoir plus, de comprendre ce qui amène Titania a vouloir faire des révélations à sa fille dans cet endroit secret. En revanche, ce que j’ai trouvé moins réussi, c’est le côté “on recrée un décor années 80” pour bien montrer qu’on est dans le passé. Citer sans arrêt des marques et des objets devenus iconiques des années 80, j’ai trouvé ça vraiment lourd et artificiel, peu subtil, d’autant que ça n’apportait pas grand chose à l’intrigue. A vrai dire au bout d’un moment, ça m’a franchement agacée.

Aurélie :C’est un roman qui pose plein de questions : quête des origines, transmission, le bonheur, le statut de mère etc…, qu’est-ce qui a eu le plus impact dans votre lecture ?

Céline du tiroir : Le statut de mère et de femme, en effet. Les choix qu’on fait à certains moments de la vie, et qui auront des conséquences pour toujours…

Sophie : En fait, tout ce qui touchait à la famille m’intéressait donc quasiment tout concrètement : la relation de la mère avec ses enfants, son statut de mère célibataire, leurs relations entre eux, ce qu’ils créaient avec leurs beaux-pères, et puis bien sûr le lien entre Titania et Nine.

Solectrice : J’ai été particulièrement attentive au rapport mère-fille et à la construction d’une vie entre choix et fuites. La quête des origines résonnait moins en moi.

Aurélie : La position de la mère de Titania m’a particulièrement touchée, entre abandon et sacrifice, ça mets en lumière comme tu dis le fait d’être femme et mère.

Pépita : J’ai particulièrement aimé voir la fille et la mère se découvrir autrement. Et surtout cette filiation inconnue qui se dévoile : pour Nine d’abord, qui en une nuit découvre un passé plein de secrets et pour Titania, qui en délivrant sa mémoire par cette parole transmise, ravive et donne des couleurs à ses souvenirs. J’ai admiré cette femme tout du long !

Aurélie : En dévoilant, son récit, Titania sort Nine de son petit monde (la fête manquée et ses préoccupations), au fil des chapitres, avez-vous ressenti le rapprochement entre les deux personnages ?

Pépita : Oui elles se sont rapprochées avec émotion puis éloignées à nouveau a la fin : comme si le grand saut de Nine dans l’eau était une façon pour elle de s’approprier ce qui vient de lui être révélé.
Ce que contient cette cabane prend une autre dimension pour elle aussi. Elle a sa propre relecture de ses souvenirs à elle tandis que sa mère lui déroule l’histoire de sa famille. Et cette cabane, quel personnage à part entière !

Aurélie : Le saut de Nine, j’ai pris ça comme une prise à distance, le temps d’encaisser tout ça, de réaliser, ça doit donner un sacré coup. J’ai lu une présentation de l’oeuvre par l’auteure (ici), cette thématique du secret la passionne depuis que sa mère lui ait elle-même révélé un secret de famille. J’ai aimé la fin des deux secrets transmis de génération en génération: celui des origines de Titania et celui qu’elle a dû constituer devant sa fille (statut de fille unique, prénom).

Sophie : Oui elles se sont rapprochées et c’est probablement dû aussi au fait que Nine grandit avec cette histoire. En une nuit, elle évolue devant la révélation de son passé familial.

Solectrice : Les questions, l’instant partagé dans cette cabane-cocon, les sentiments dévoilés sont autant de ponts qui m’ont touchée.

Aurélie : Qu’avez-vous pensé de la quête de bonheur de Titania, et sa réussite en tant qu’auteure ?

Aurélie :  J’ai apprécié son détachement, aujourd’hui pour beaucoup la quête du bonheur passe par l’argent et Titania ne réussit en tant qu’auteure, qu’à partir du moment où elle se débarrasse de l’argent et de ce fait de ce qu’il symbolisait : son père. On voit bien la réaction de Nine.

Solectrice : A part la mise en abyme de ce métier pour l’auteure elle-même, je n’ai pas accordé beaucoup d’intérêt à cet aspect. Un peu perdue dans sa quête du bonheur, Titania m’a semblé aussi courageuse et déterminée à construire une vie sans ombre pour son enfant.

Aurélie : Dans ce roman, qu’avez-vous pensé de l’absence des pères ? Nous avons des beaux-pères mais autant pour Titania, que pour Nine, nous avons une famille monoparentale. Pensez-vous que ça joue beaucoup sur leur quête d’identité ?

Pépita : Je ne me suis même pas posée la question. Elles font sans pour moi.c’est une famille tellement dans le secret que finalement ils ne comptent que sur eux-mêmes.

Sophie : Désolée pour eux, mais je n’ai pas trouvé qu’ils manquaient. On a dans ce roman des femmes fortes ,qui vont se construire malgré les obstacles. En fait ce sont plus les conjoints qui sont absents, les hommes présents ont plus un rôle paternel que d’amant je trouve.

Solectrice : Lâches, violents, désinvoltes ou inconscients, parfois aimants, les hommes traversent le récit mais nous laissent une amertume. Les liens qu’ils auraient pu tisser manquent certainement à Titania et Nine pour les retenir et les réconforter.

Aurélie : Auriez-vous voulu que l’auteure aborde les retrouvailles ?

Pépita : Oui et non. Oui, parce qu’on devient curieux de ce destin familial hors norme mais non, parce que c’est une autre histoire qui s’ouvre.

Aurélie : Je suis de nature curieuse, juste un aperçu m’aurait permis d’avoir un côté “happy end”.

Sophie : Une peu comme Pépita, je suis partagée mais je pense aussi que c’est une autre histoire, un avenir avec tous les possibles.

Solectrice : Je trouve que la pirouette finale est bien trouvée, à l’image de cette fuite maternelle et des secrets enfouis, Nine ne peut trouver le courage d’affronter aussitôt cette famille dévoilée. Dès la couverture, cette fin ouverte me semble même attendue.

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Après cette lecture commune, nous avons discuté de la réception de ce roman auprès des ados.

Et vous qu’en pensez-vous ?

 

Si vous souhaitez lire nos avis complets  :

L’avis d’Aurélie,

L’avis de Sophie

L’avis de Pépita

 

 

 

Lecture Commune : Star Trip

Il y a des lectures qui donnent forcément envie de discuter, surtout quand nous ne sommes pas toutes du même avis.

A trois, Alice, Pépita et Bouma, nous nous sommes donc penchées autour du roman Star Trip d’Eric Senabre paru en 2017 chez Didier Jeunesse.

Alice : Elle est belle cette couverture vous ne trouvez pas ? Moi elle m’a flashé dans l’œil et à y regarder de plus près je la trouve appropriée au contenu. Si on commençait par un petit résumé ? A vous l’honneur !

Pépita : Oui très belle, d’ailleurs les romans Didier jeunesse sont toujours très soignés. Ouh là ! Un résumé, tu y vas fort…tellement cette histoire est au départ a priori normale et ensuite elle devient complétement surréaliste. May a 15 ans et elle vit dans un trou perdu de l’Idaho. Nous sommes en 1968. Elle garde son petit frère handicapé à la suite d’un accident. Ils sont seuls car leurs parents scientifiques ont dû partir pour une mission top secret. Son petit frère est fasciné par la série TV Star trip et pour l’occuper, elle décide de lui construire avec l’aide de son petit ami une navette spatiale dans la grange, en cachette. Lors d’une virée en ville pour faire quelques courses et se changer les idées, elle apprend que celui qui incarne le capitaine Burke dans la série est en dédicace à la librairie. Ni une, ni deux, elle s’y rend avec son ami. L’échange n’est pas des plus cordial. Sauf que le lendemain, le capitaine Burke débarque chez elle…et là, tout commence vraiment…

Bouma : Je rajouterai que la famille de May est déjà à part dans ce petite village, de part leur conception très scientifique de la vie. Avec le départ des adultes, May prend malgré elle la responsabilité de sa maison et de ses occupants. Et puis, en grande sœur attentive, elle essaie de rendre à son frère la gaité qui était sienne avant l’accident. Et pour la couverture, je lui trouve un petit côté vintage dans sa composition très centrée. Ce qui finalement va de paire avec le texte d’Eric Senabre.

Qu’avez-vous pensé de l’arrivée du Capitaine Burke ?

Alice : Le hasard fait bien les choses ! Un petit tour en ville et hop ! pile poil quand l’acteur préféré du petit frère est en dédicace … bon, ok … Un odieux personnage en plus, imbu de sa personne et qui n’a pas grand respect pour son public !
Bref, cette première rencontre n’est pas glorieuse et de suite ce personnage ne m’a pas paru très net. Sa venue dans la ferme de May et son frère est suspecte aussi, on sent bien qu’il y a quelque chose de louche là dessous., mais l’intrigue ne nous tient pas non plus en haleine ! Finalement quel est l’intérêt de ce bonhomme qu’on sent pas très honnête ?

Pépita : Ah ben moi, j’ai adoré, je me suis laissée emporter par cet improbable sans me poser de questions, ça m’a bien divertie du coup. Oui il est odieux, égoïste, insupportable, calculateur mais en même temps un côté nounours fragile. Et puis, on se demande jusqu’où il peut aller…et il va loin au sens propre comme au figuré. J’ai beaucoup aimé ce mélange désuet des années 1968 à ce côté science-fiction. Y a de l’action en plus, enfin, dés qu’ils partent, c’est complètement déjanté par moments mais c’est drôle à lire, très divertissant. Je l’ai proposé à des ados qui ont vraiment beaucoup aimé.

Alice : Attention, si je n’ai pas aimé ce personnage précis, je ne dénis pas qu’il a toute sa place dans cette ribambelle de personnages tous bien campés dans leur rôle. Ils sont tous bien dessinés, bien profilés et d’ailleurs, pour moi, ce sont eux qui portent toute la folie, le divertissement déjanté de cette histoire dont tu parles, et non pas l’intrigue.

Bouma : Mon avis rejoint celui d’Alice. J’ai eu plusieurs fois envie de reposer ce roman, l’intrigue ne m’ayant pas embarqué plus que ça. Mais je suis restée pour May et son petit ami si serviable, histoire de voir s’ils allaient finalement réussir à se débarrasser de ce boulet d’acteur. Et puis je suis restée aussi, forcément, pour voir si ce rêve de gamin allait se réaliser… Après, pour moi, le roman a été un peu longuet…

Alice : Alors par contre je rejoins Pépita et je pense que cette histoire déjantée, ce mélange de fiction et de réalité peut faire rêver les gamins !
Tout de même il y a une sacrée critique de l’Amérique profonde la dessous, vous ne trouvez pas ?

Pépita : ah oui complètement et franchement ça ne fait pas rêver !

Bouma : Il y a en effet une certaine réalité de la campagne américaine, surtout dans les années 70, où tout un chacun pense avoir un droit de regard sur la vie de ses voisins. L’insistance du prêtre et son envie de guider ses ouailles est assez risible, en tout cas du point de vue de May.

Alice : Pour moi, il y a tout ce côté ou May étouffe dans le fin fond de sa campagne. A plusieurs reprises, elle rêve de mettre les voiles, d’aller en ville voir un peu de vie et finalement cette proposition de road trip, même si elle sent l’entourloupe, lui permet de prendre une bonne bouffée d’air. La campagne américaine dans ces années là, c’est un peu le fin fond du trou …
Et puis il y a ces rencontres tout au long de cette aventure, l’indien, le gérant de motel par exemple ou bien le shérif noir irlandais, l’auteur ne les crée pas par hasard. Leur atypisme, leur côté farfelu sont là pour nous parler d’autre chose, non ? De claires caricatures pour moi de l’Amérique profonde…

Tant de personnages d’ailleurs ! Le petit frère, le petit ami, l’acteur, les diverses rencontres… en auriez-vous un que vous aimeriez mettre en avant ?

Pépita : C’est marrant, je ne l’ai pas vu du tout comme ça. Je n’étais pas en Amérique, mais sur une autre planète ! Comme dans un décor de carton pâte avec des acteurs dont les traits sont caricaturés à outrance. Une sorte de film en dehors du film.
Alors les personnages : j’ai beaucoup aimé May, son caractère, sons sens de la répartie, et son petit ami aussi. Il m’a bien fait sourire ce petit couple qui n’en est pas encore un. Des personnages hauts en couleur, c’est certain ! Un roman où à chaque tourne de page, on ne sait pas trop ce qui va jaillir. C’est ce côté-là que j’ai aimé car très divertissant et tu as raison de souligner que les personnages y sont pour beaucoup. A un moment donné, je me suis interrogée sur la raison de l’absence des parents, je ne l’ai plus trouvée si normale que ça.

Bouma : Moi aussi le petit-ami a retenu mon attention. Sa manière de rester toujours présent, de manière indéfectible, comme un phare auquel se raccrocher, est primordial pour May. J’ai rit avec le shérif et les mésaventures qui lui arrivent malgré lui. Il doit faire face aux préjugés liés au mélange des cultures noires américaines et irlandaises.

Et le titre ? On en parle du titre ? Est-ce que, comme moi, vous y avez trouvé plusieurs significations ?

Alice : Star trip, ce voyage vers les étoiles offert à Sam ?
Star trip, ce voyage d’une star de ciné déchue ?
Star trip, cette référence à la série SF Star Treck ?
Star Trip come un road movie un peu déjanté ?

Oui, c’est un peu tout ça Star Trip une histoire de voyage et d’étoile … à chacun de suivre son chemin …

Pépita : Et star Wars non ? oui un titre à multiples entrées : le voyage d’une star sans doute, allusion à ce capitaine Burke déchu et bien sûr à toutes les déclinaisons cinématographiques. Bien trouvé en tous cas.

Autre question (sans trop en dévoiler) : et la fin ? Vous l’avez trouvée comment ?

Alice : Une happy-end joyeuse … mails il ne pouvait pas en être autrement, elle est complétement dans le ton et l’ambiance du livre.

Bouma : J’avoue que je ne m’en souviens pas trop de cette fin. Le proverbe dit “Ce n’est pas la destination mais la route qui compte” et c’est vraiment l’effet que m’a fait ce roman. Il y a un tel foisonnement de personnages, de paysages et de rebondissements que la fin ne m’a pas tant marquée.

Pépita : Cette fin, elle est abracabrantesque ! Beau pied de nez ! C’est complètement déjanté !

Un mot pour de futurs lecteurs/lectrices ?

Bouma : Un avis de lecture mitigé en ce qui me concerne mais j’aime à me dire qu’il y a un livre pour chaque lecteur et un lecteur pour chaque livre.

Alice : Malgré mon avis mitigé, c’est un livre que j’ai conseillé a un collègue qui l’a adoré ! Connaissant ses gouts,  je savais que je ne me tromperai pas trop.Mais surtout, je pense que les ados peuvent complètement accrocher à ce livre et cette aventure un peu dingue.
Soyons professionnelles, ne nous laissons pas envahir par notre propre ressenti et mettons STAR TRIP sur les étagères de nos bibliothèques !

Pépita : Je rejoins totalement ton avis : c’est un roman qui plait beaucoup aux ados et aux adultes ! j’ai été moi-même surprise de me laisser embarquer par cette histoire, un bon moment de détente !

Retrouvez nos avis sur nos blogs : A lire aux pays des merveilles

Les lauréats du 4ème Prix A l’Ombre du Grand Arbre

6 ans que ce collectif de blogueuses (et oui, que des filles !) existe et qu’il partage avec passion son amour de la transmission de cette si belle littérature jeunesse. Nous avons eu envie il y a quatre ans de créer notre prix !

Cette année, les catégories ont évolué et ont pris une connotation arboricole. Nous avons sélectionné et voté en interne les livres et applications numériques qui nous ont séduites, puis nous vous avons sollicité pour voter à votre tour. Vous avez été plus de 300 à donner votre avis et nous vous en remercions.

Fin du suspense !

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Et voici donc, en ce jour opportun de blog anniversaire, les lauréats de la quatrième édition du Prix A l’Ombre du Grand Arbre :

Catégorie Brindilles: Albums Petite enfance

Caché ! Corinne Dreyfuss Editions Thierry Magnier

Catégorie Petites feuilles: Albums pour les plus grands

Quand j’étais petite… Sarah O’Leary et Julie Morstad Editions L’Etagère du bas

Catégorie Grandes feuilles : Romans jeunesse jusque 11 ans

Pax et le petit soldat Sara Pennypacker et Jon Klassen Editions Gallimard jeunesse

Catégorie Belles Branches : Romans ados à partir de 12 ans

Naissance des cœurs de pierre Antoine Dole Editions Actes sud junior

 

Catégorie Branches dessinées : Bandes dessinées

La guerre de Catherine Julia Billet et Claire Fauvel Editions Rue de Sèvres

Catégorie Sous-Bois : OLNIS (Objets Littéraires Non Identifiés)

Demain entre tes mains Cyril Dion et Pierre Rahbi Editions Actes sud junior

Catégorie Branches virtuelles : Applications numériques

La grande histoire d’un petit trait Editions La Manufacture XN

Un grand bravo aux lauréats et à l’année prochaine ?!