Bouche Cousue – 2ème volet

Marion Muller-Colard
Marion Muller-Colard est l’auteur de Bouche-Cousue, l’excellent roman sensible et percutant dont nous avons discuté lundi. Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions :
1. D’où t’es-venue l’idée de ce roman ? 
Je n’ai jamais une « idée » de roman, c’est-à-dire que je ne pars pas d’un thème, mais d’une scène, d’un lieu, d’une atmosphère qui s’impose et que j’écris d’un jet. La scène initiale, c’était celle d’une jeune fille qui faisait éclater des bulles de chewing-gum en regardant tourner le linge derrière le hublot d’une machine à laver, dans un lavomatic. Je savais qu’elle avait 14 ans environ, qu’elle apprenait une leçon sur le Japon, je savais qu’il y avait quelque chose de mélancolique, une sourde envie d’éclater elle aussi, de partir loin, d’essorer sa vie, mais je ne savais pas pourquoi. C’est l’écriture qui me l’a appris. Ce moment de bascule où ce n’est plus moi qui dicte son histoire au personnage mais le personnage qui me la raconte.

2. Trois histoires s’imbriquent dans ce roman : sa construction s’est-elle imposée d’emblée ou as-tu dû la travailler dès le départ ? Notamment son format court.
C’est un peu la même réponse : je travaille beaucoup l’écriture, le mot, celui-là plutôt qu’un autre, le rythme, la cadence des phrases, leur soie dans la bouche. J’ai une écriture très buccale, je dois avoir du plaisir à la mettre en bouche, à me relire à voix haute. Si quelque chose gêne ce plaisir, s’il n’y est pas, je réécris, j’agence autrement, je coupe, je chercher d’autres mots. Mais la construction je n’y pense pas consciemment, elle déroule, elle s’impose.

3. La question sur le choix du cadre spatial, d’abord le huis clos de la première scène, lors du repas de famille. Un choix volontaire ? Evident ?
Ce n’est pas un choix, c’est comme ça. Cette jeune fille que je découvre sur la carrelage blanc du lavomatic, elle me hante, ensuite je découvre qu’aujourd’hui elle est adulte, et voilà. Je sais qu’elle n’est pas mariée, je ne sais pas encore pourquoi. Je sais qu’elle a cette relation privilégiée avec son neveu Tom. Et c’est cette scène, que j’écris dans un second, voire troisième temps, après avoir pris des notes depuis plusieurs années sur la jeune fille de 14 ans, c’est cette scène, ce recul qui me donne à comprendre son histoire et à la dérouler ensuite.
4. Pour rester sur le cadre spatial, ce fameux Lavomatic : Particulièrement original et en même temps très riche symboliquement. On se rappelle un peu le commerce des parents d’Annie Ernaux, un lieu chargé socialement, qui conditionne l’éducation, un lieu dont on veut s’échapper comme on veut s’échapper de sa famille. Avais-tu ces idées en tête lorsque tu as choisis le cadre spatial de l’intrigue ?
Ce n’était pas des idées mais des sensations. Il m’arrive d’écrire des choses plus intellectuelles, des essais, des articles etc… Le roman, pour moi, c’est l’endroit de la pure écriture et de la sensation, je n’ai pas envie d’avoir une idée, une pensée, un message. Je veux écrire avec les nerfs, le ventre, pas avec la tête. Et dans un deuxième temps, cela devient évident. Mais si cela avait été construit, ce lien organique entre le lieu et la problématique familiale, fort est à parier que je l’aurais forcé, exagéré, que ce serait devenu lourd. A mesure de l’écriture j’ai découvert et filé la métaphore, parce qu’elle était là, inconsciente au départ.
5. Qu’aurais-tu à dire sur la question de l’homosexualité, qui est abordée très en creux dans le récit : jamais explicitée, mais pourtant toujours en filigrane (par le scandale du début, puis l’histoire d’amour d’Amandana, ainsi que par les personnages de Marc et Jérôme) ?
Et voilà où ça se complique, c’est que je n’ai rien à en dire de particulier. J’ai beaucoup lu sur mon roman que mon héroïne est homosexuelle. Je ne sais même pas si c’est vrai. Je ne sais d’ailleurs pas si c’est une identité en soi. Elle est à un âge où afflue la sensualité de façon violente, déconcertante. L’adolescence c’est une éruption, le désir tout azimut. Ce n’est pas l’âge de tirer des conclusions. En fait ce n’est pas Amandana qui tire des conclusions sur sa sexualité, elle vit ce qu’elle vit dans cet âge brut, elle le vit avec pureté, innocence, parce que les seules personnes qui expriment autour d’elle autre chose que de l’ordre, de l’organisation et de la discrétion, ces seules personnes sont un couple d’hommes qui l’initie à la joie, à la gratuité, à l’expression des sentiments, la possibilité de pleurer, de rire. Ils sont un vrai couple, ça transpire, ça palpite, ça témoigne d’un amour qui fait envie, contrairement au couple parental. Mais ni Marc et Jérôme, ni Amandana ne tirent des conclusions de ce qu’elle traverse, de ce qui la traverse cette année là. C’est la violence des conventions et de la honte qui finalement, paradoxalement, l’enferme dans une identité qui peut-être n’était même pas la sienne. Et en réalisant cela, je me dis : voilà le paradoxe, c’est le rejet qui pousse à forcer le trait d’une identité, à la figer.
6. Quels retours en as-tu d’adolescents qui l’ont lu ?
J’ai eu à ce jour peu de retour d’adolescents, les rencontres autour de ce livre sont programmées à partir de l’automne… Mais j’ai eu beaucoup de retours d’adultes, en chair et en os et via la presse, les blogs etc. Celui qui m’a le plus touchée, c’était celui d’une amie qui me disait qu’elle l’avait fait lire à son mari qui n’est pas très à l’aise avec l’homosexualité. Il lui a dit que ce roman avait déplacé ses préjugés et ses clichés, dans le partage intime qu’il a vécu avec Amandana, à qui il s’est attaché. Je n’écris pas de romans pour faire passer des messages, mais si par l’attachement à un personnage, par l’empathie, des lecteurs peuvent se sentir plus proches de tout type de différence, alors vraiment cela me rend heureuse. J’ai aussi lu dans la presse et dans des blogs que c’était dommage que cette histoire finisse si mal. Ce n’était pas un choix conscient, mais avec le recul je me dis que c’est peut-être parce que cette histoire est violente et sans beaucoup d’espoir (très très frustrante en terme de happy end, comme peut l’être la vie parfois) que des personnes peuvent se sentir interpellée et réaliser la violence qui est en eux et notre rejet si ancré, presque inconscient, de la différence.
Mille mercis à Marion d’avoir pris le temps d’échanger avec nous autour de cet excellent roman.
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Pour apporter un éclairage à la dernière question, voici le retour de Lucie, ado lutine et lectrice qui nous donne son avis sur les questions discutée dans la lecture Commune :
Peux-tu résumer « Bouche Cousue » en une phrase ?
En gros, c’est l’histoire d’une fille de 30 ans qui écrit son histoire à son neveu pour lui dire qu’elle est comme lui.
 A qui peut s’appliquer le titre ?
Amande ne dit pas tous ses sentiments aux autres… Cela contraste avec le fait qu’elle chante : elle s’exprime par le chant ! Je pense qu’elle connaît mieux Marc et Jérôme que ses propres parents ; son père emploie aussi des mots qui ne révèlent pas ce qu’il fait ou ce qu’il pense. Sa mère semble très occupée ; on ne sait rien d’elle.
 Où se passe cette histoire ?
Je me représentais bien la salle du Lavomatique. Amandana trouve un lien à la fin avec les machines : elle dit qu’elle voudrait être comme le linge pour être caressée par sa maman et vidée de ce qu’elle pense. C’est aussi grâce aux vêtements laissés dans une des machines qu’elle rencontre Marc et Jérôme.
Comment est-elle racontée ?
Au début, je ne comprenais pas pourquoi Amandana était attachée à son neveu et pourquoi ses parents n’avaient pas l’air de l’aimer. En entrant dans l’histoire, j’ai compris ce qui les rapprochait et pourquoi on commençait par cette réunion de famille.
J’ai apprécié que ce roman soit court : je n’ai pas décroché de l’histoire. Mais j’aurais bien aimé savoir ce que Tom devenait… quinze ans plus tard.
 Le mot « homosexualité » n’est pas prononcé dans le livre et il y a beaucoup de non dits. Qu’en penses-tu ?On comprend que la narratrice est homosexuelle, on n’a pas besoin de ce mot. Raconter ainsi ne choque pas le lecteur : c’est pour dire que c’est naturel !

 Qu’est-ce qui t’a marqué dans les relations entre les personnages ?
Ce qui m’a choqué, c’est de voir qu’en quinze ans la réaction des parents n’avait pas changé. Dans les deux générations, ce sont les sœurs (Mado et Eva-Paola) qui dénoncent l’homosexualité et le disent comme si c’était interdit.
J’ai été intriguée par le fait que Mado soit aussi différente de sa sœur : elle est comme ses parents et n’essaie pas de découvrir autre chose, d’autres façons de vivre. Je trouvais aussi étonnant qu’elle n’avertisse pas plus tôt ses parents qu’elle est enceinte.
Quand Amandana découvre qu’elle a ses règles et qu’elle cherche de l’aide, on comprend qu’elle n’a pas vraiment de famille, que sa famille n’est pas présente pour elle.

J’arrivais bien à me représenter le personnage de Marc et j’aurais voulu connaître plus de détails sur ces deux hommes. On ne sait pas pourquoi ils sont aussi généreux. J’imagine qu’ils prennent Amande pour leur fille.

Je trouve que la façon qu’Amande a de considérer ses camarades de classe est étonnante : on dirait qu’elle vit dans un monde à part, que personne n’est comme elle.

 Quelle place occupe le projet dans l’histoire ?
C’est important parce qu’il permet à Amandana de se découvrir une personnalité et un talent. Il lui permet aussi de s’approcher de Marie-Line mais elle comprendra plus tard que cette fille n’est pas si différente des autres.

 Qu’as-tu ressenti quand Amande se détourne de Marc et Jérôme ?
Je ne comprends pas pourquoi elle ne reste pas avec eux. Elle a sans doute honte d’eux. Mais c’est stupide et dommage parce qu’elle passait des moments joyeux avec ce couple, qui sont comme ses parents.

 Veux-tu parler de la fin ?
Je trouve désolant que pendant 15 ans Amandana reste seule et triste avec ses pensées. On a l’impression que tout le monde la rejette.

Bouche Cousue

Bouche cousue.-Marion Muller-Collard Gallimard, collection Scripto

 

En janvier dernier, la lecture de Bouche-Cousue de Marion Muller-Colard m’avait laissé bouche bée. Une claque, une secousse. Et un émerveillement esthétique à la fois. Nous en avons discuté, A l’ombre du Grand Arbre, longuement, passionnément. Il en est ressorti parfois des choses très personnelles, des digressions émouvantes que je ne pouvais pas toujours retranscrire ici.  Voici donc, en version « abrégée », le contenu de nos échanges.

C. du Tiroir : Quelques mots sur Bouche Cousue ? Comment présenteriez-vous l’intrigue en une phrase ?

Pépita : Une lecture gifle au sens propre comme au figuré, une plongée dans le désir ou les désirs, avoués ou inavoués, mais dans ce cas présent bafoués car muselés par un souci de propreté extérieure et un cri de solidarité aussi entre générations comme pour conjurer le sort.

Alice : Je dirais tout simplement que l’acceptation de certains baisers serait une idée bien plus brillante que celle de coudre des bouches.

Colette : Bouche cousue c’est l’histoire bouleversante d’Amandana, de Tom et de tant et tant d’adolescents en quête de sincérité, de vérité, d’honnêteté et qui ne trouvent face à eux que le silence de l’incompréhension.

Solectrice : Une femme meurtrie confie à son neveu l’histoire douloureuse de son adolescence et ses pensées torturées, brassées comme dans le tambour d’une machine à laver.

Pour ce qui est du format, on est dans le condensé, le direct. Une centaine de pages très (trop ?) vite avalées, on referme le livre un peu sur notre faim. Et pourtant, ce format est nécessaire. Qu’en pensez-vous ?

Pépita : Je ne suis pas à proprement restée sur ma faim, non, je ne peux pas dire ça. C’est une lettre qui est adressée à un jeune de 15 ans, d’une tante à son neveu, comme pour lui dire, non pas de ne pas faire la même erreur, mais de vivre sa vie pleinement. Un format court cinglant comme la gifle. De cette lecture, j’en suis sortie triste, en colère mais en même temps pleine d’un élan d’amour. Et aussi en me posant cette question : que ferais-je en tant que parent ? Quelle serait ma réaction ? Un temps d’introspection donc.

Alice : Je ne me suis pas du tout posé la question du format. Ni trop court, ni trop long. Ce livre m’a d’ailleurs fait penser à 50 minutes avec toi de Cathy Ytak dans la collection D’une seule voix, sûrement pour le côté monologue introspectif et la concision du texte.

Colette : Comme Alice je ne me suis pas posée la question du format trop heureuse de me laisser prendre au filet de voix d’Amandana et de pouvoir la lire jusqu’au bout, d’un trait, comme Tom a pu sans doute lire cette lettre de sa tante sans s’interrompre, y puisant immédiatement une forme d’énergie triste.

Solectrice : J’ai aimé le rythme de ce court roman. Pour moi, son format s’apparente justement à celui d’une longue lettre, confidence, s’attardant sur cette période intensément vécue par la narratrice. Plus long, je pense qu’il aurait perdu de son caractère percutant, qu’il se serait attardé sur des questions ou des explications, vaines pour accéder à l’émotion de la narratrice.

Bouche cousue aborde les tabous et les non-dits dans une famille, et le mal qu’il peuvent faire. Dans la lignée de son sujet, l’auteur adopte une narration très en retenue, avec beaucoup d’implicite. Trouvez-vous comme moi que cette pudeur, ces « creux », rendent son texte d’autant plus puissant et évocateur ?

Pépita : Oui je te rejoins totalement, c’est ce qui fait la force de ce récit de ne pas nommer l’homosexualité, y compris pour le couple d’hommes où Amande trouve refuge. On pourrait reprocher à l’auteure de cacher aussi les choses, comme pour les tabous de la famille. Justement non : cela donne de la place au lecteur pour respirer dans cet étouffoir et pour laisser venir à lui tous ces questionnements de l’adolescence. Chacun peut s’y retrouver du coup : l’adulte devenu adulte qui va faire ressurgir sa propre adolescence et l’adolescent qui va pouvoir se dire que ce qu’il ressent est universel. Je pense aussi que le fait d’avoir utilisé la lettre comme communication est très forte aussi, surtout à l’adolescence. Elle est comme une bouteille à la mer. Beaucoup de métaphores dans ce texte très chargées symboliquement et qui remuent beaucoup de l’intérieur : le lavomatique, l’âge pas anodin des personnages principaux (15 ans et 30 ans), les vêtements, comme tu dis Colette, j’ai trouvé cette scène sublime dans ce qu’elle révèle car un enfant qui se déguise, c’est perçu comme normal, mais chez l’adolescent c’est transgressif. Pourquoi ? (Je pense au magnifique film Billy Elliot). Ce roman aborde surtout, bien plus que l’homosexualité, le regard de la société sur les convenances sociales, le fait qu’à partir d’un certain âge, il faut rentrer dans les cases. Amande y est entrée dans la case mais à quel prix ! Cette lettre à son Tom, c’est lui dire de vivre SA vie. Cet aspect m’a bouleversée car on a tous dans nos familles une figure extérieure à nos parents qui nous a marqué à un moment de notre vie.

Colette : En effet l’implicite participe de la force de ce texte et aussi de son universalité. Ce n’est pas un livre « sur » l’homosexualité mais sur la quête de soi au cœur de l’adolescence. Je pense que n’importe qui peut se reconnaître dans les questionnements d’Amande, quelque soit son orientation sexuelle. La scène où Amande essaie les vêtements abandonnés dans le Lavomatic, par exemple, évoque pour moi un moment clé de l’adolescence, ce fameux moment où l’adolescent-homard change de carapace et se retrouve à nu – pour reprendre une métaphore de Dolto que je trouve assez juste. Il me semble que cette scène est d’ailleurs un symbole très fort qui relie l’univers familial d’Amande à ses tourments d’adolescente. J’aime beaucoup cette scène…
J’aime beaucoup Pépita ton analyse du déguisement qui devient travestissement selon l’âge, je n’y avais pas pensé, au final le poids du regard des autres c’est surtout de ça dont parle ce roman au final…

Alice : Je suis complètement d’accord avec tout ce que vous dites et j’aurais peu de choses à rajouter sur cette question…. Ou peut être que j’établirai un parallèle entre l’implicite très présent dans ce livre qui est comme un écho à tous les secrets et non-dits de cette famille conservatrice, qui ne veut surtout pas de vague. L’auteur n’en dévoile pas trop, comme les parents taisent ce qui n’est pas conforme. Deux formes de silence qui se complètent.

J’ai souri à la lecture de vos références littéraires et cinématographiques, pour ma part, j’avais en tête la chanson d’Alain Souchon  » L’amour à la machine »… Décidément, Le lavomatic est un symbole fort !

Solectrice : Comme il est bon de découvrir que ce sentiment de l’amour naissant n’est pas aussitôt étiqueté, mais ressenti de l’intérieur, à l’égal de tout autre amour. On ressent ainsi la candeur de la jeune fille et son émoi prend plus de force, devient universel. On partage sa pudeur, puis on est choqués par la violence des réactions de sa famille.

Il y a cette scène du repas de famille dont vous avez très bien parlé. Et puis il y a autre chose qui m’a été particulièrement douloureux, à la lecture, c’est la relation entre Amandana et sa soeur. Sa soeur, digne héritière de ses parents, empressée de perpétuer la tradition familiale du rien qui dépasse, comme pour mieux expier son propre péché, dont le récit ne nous dit pas comment il a été accueilli dans l’histoire familiale (on s’en doute). Cette Mado, qui participe a l’oppression mais dont on sent tellement aussi la propre blessure. Ces deux sœurs qui devraient être alliées, et qui se sont « ratées », comme l’explique Amandana notamment sur un épisode symbolique de leur vie de femmes. Partagez-vous mon sentiment sur ce personnages ? D’autres vous ont plus marqué ?

Pépita : Ah oui complètement d’accord avec toi. En fait, on pourrait penser qu’elle est plus forte qu’Amandana qui elle semble empêtrée dans son manque de confiance comme si elle n’était finalement pas née dans cette famille. Elle est comme un Ovni. Mais non, Amandana est plus forte mais elle ne le sait pas encore. Sa sœur est encore plus malheureuse car elle sent bien qu’elle s’est enfermée toute seule. C’est terrible. Il y a une immense solitude, un gouffre béant dans cette vie-là, une immense fatigue. Elle le sait. Mais elle n’a pas appris à faire autrement. Pire : elle le transmet à sa propre petite fille, qui m’a l’air aussi être une petite Mado en devenir. Soit elle reste toute sa vie ainsi en mettant un mouchoir sur ses aspirations profondes, soit un jour ça casse et là ça fait mal. La scène dont tu parles est très révélatrice dans cette indifférence. Mais je pense que Mado a tellement à porter pour elle-même et c’est déjà tellement lourd qu’elle n’a pas la force de porter plus. En contrepoint, j’ai trouvé que le couple d’hommes (que je les trouve épatants ces deux-là !) a bien su faire pour accompagner Amandana sur sa vie de femme. J’ai trouvé ce passage tellement lumineux, presque risible dans la maladresse mais si touchante. Que du coup cela a occulté un peu la froideur de la famille. J’ai préféré garder la lumière plutôt que la noirceur.
Une autre scène aussi juste ébauchée : celle de la bague…très révélatrice de la confusion des sentiments et de la perception que chacun peut en avoir…Cette Marie-Line, je la sens pas…Manipulatrice ? Indiférente ? Un jeu pour elle ?

Alice : Elles se sont ratées les sœurs ? Je ne sais pas … Elles peuvent se retrouver aussi un jour … Tout n’est pas irréversible…Ce serait pour moi une possible porte ouverte s’il y a avait une suite à ce livre.
Je ne dirais pas que Mado participe à l’oppression mais plutôt qu’elle fait figure de « soumise ». Comme le dit Pépita, elle s’est enfermée toute seule. Par choix ? Par crainte ? Par obligation ? On ne le sait pas.
Et tout porte à croire qu’elle subit sa vie plutôt que de la vivre.

Pépita : oui mais quand même…Amandana perçoit ce dimanche-là chez Mado sa sœur une lassitude qu’elle a du mal à dissimuler. Elle l’exprime très clairement comme si elle espérait que sa sœur, pour une fois, aurait pu se ranger de son côté. Du coup ça peut exploser à tout moment cette oppression et prendre un tour incontrôlable. Sauf que là tout est maitrisé, répété, comme une boucle que rien ne pourra jamais arrêter. Tout est dans une violence plus ou moins retenue (parce que le beau-frère, ce qu’il est cinglant dans son genre !) sauf la gifle qui elle claque et signifie fin de la discussion. C’est une cocotte-minute cette famille.

Colette : Mado, je ne la comprends pas en effet, je vois plutôt sa manière de perpétuer le silence traditionnel familial comme une manière de masquer sa « faute » à elle, de se rattraper, de se faire pardonner les règles qu’elle aussi à transgresser en ayant Tom alors qu’elle est encore lycéenne. Mais je ne lui pardonne pas d’avoir « balancé » sa sœur alors qu’elle partageait un secret qui aurait pu les rapprocher. Et comment se faire confiance après ça ???
Quant à mes personnages préférés, comme Pépita, il s’agit de Jérôme et Marc, leur bienveillance, leur écoute de chaque instant, leur amour pour Amandana sont vraiment touchants. Ils incarnent à la fois amitié et éducation bienveillante et j’ai vraiment été « déçue » que notre héroïne les rejette…

Solectrice : J’ai aussi été très touchée par ce passage que tu évoques et par cette relation manquée avec celle qui aurait dû la guider, l’aimer. Je comprends qu’elle se veut aussi distante que les parents, ses modèles. Je comprends aussi qu’elle porte sa blessure et qu’il en sort du venin, du mépris pour sa sœur. Et je trouve douloureux que cette relation les poursuive dans leur vie d’adultes, que rien ne vienne l’apaiser, que le non-dit l’emporte à nouveau.

Concernant les autres personnages, j’ai aimé, bien sûr, le duo de Marco et D’Jé, et le cocon qu’ils tissent autour d’Amande. J’ai apprécié la chance qu’elle avait de les rencontrer, l’amitié qu’ils lui témoignent et l’implicite aussi sur la profondeur de leur relation. Mais je me suis questionnée sur le choix que fait l’adolescente de les rejeter, malgré les remords qu’elle exprime.

Pépita : Contrairement à vous, je n’ai pas été « déçue » du rejet dAmandana envers le couple de ses amis. Je me suis dit c’est la vie ! Combien de personnes perdons-nous sur notre chemin ? Mais le souvenir de leur présence bienveillante peut toujours nous accompagner. Ils ont été là pour elle à un moment de sa vie, et avouons que leur rencontre était plus qu’improbable ! J’ai eu un pincement au cœur oui sur le moment. Mais le monde est petit…
J’aime beaucoup l’idée du giron maternel que tu développes Solectrice, car ce roman c’est aussi un roman d’émancipation, bridée certes, mais de tentative d’émancipation des jupes de maman. Et combien c’est fort en symboles dans ce récit !

 

Un roman qui a remué bien des choses chez chacune de nous, c’est sûr. On ne saurait que trop vous conseiller de le lire:

Bouche Cousue, Marion Muller-Colard. Gallimard Scripto, 2016.

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Morceaux choisis de nos chroniques (par ordre de parution) :

« Quelques chapitres nerveux, si forts et si douloureux, qui disent tant de choses, tout en subtilité.  » le Tiroir à histoires

« Un roman sincère et intime, d’une grande qualité d’écriture et d’une réflexion nécessaire. » A lire au pays des merveilles

« Ce roman est un boomerang. Comme ceux que savent si bien fabriquer les familles où la parole n’a pas sa place, où les tabous, eux, doivent surtout rester à leur place. »   Méli-mélo de livres

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Et on se retrouve mercredi à l’ombre du grand arbre pour une lecture d’ado de Bouche Cousue avec Lucie de Lectures Lutines et un entretien avec Marion Muller-Colard !

A mercredi !

 

Prix À l’ombre du grand arbre 2016

Firework ns by rduris

Cette année encore, À l’ombre du grand arbre va prendre un an, son quatrième ! Cette année encore il a perdu quelques feuilles du fait d’emplois du temps chargés, d’envies nouvelles, d’autres projets… Et pourtant, cette année encore son équipe compte 11 blogueurs motivés pour vous faire découvrir toujours plus de livres pour petits et grands.

L’année dernière, nous avions lancé le Prix À l’ombre du grand arbre et pour fêter les 4 ans du blog en mai, nous renouvelons l’expérience.
Parmi nos coups de cœur à chacun, nous avons sélectionné 5 titres par catégorie pour vous proposer ce qui, pour nous, est le meilleur de l’année 2015.

Maintenant, nous avons besoin de vous pour qu’il n’en reste plus qu’un !

Pour vous laisser le temps de découvrir les livres que nous vous proposerons, nous lancerons les votes progressivement. Concrètement, vous découvrirez un plus bas les deux premières catégories de livres soumises à vos votes puis en février et en mars, les suivantes.

Vous pourrez voter une fois par catégorie pour votre livre préféré jusqu’au 30 avril 2016 à minuit. Tous les résultats seront révélés le jour de l’anniversaire du blog : le 9 mai !

 Vous êtes impatient de découvrir nos sélections ? Alors, allons-y…

 

NOUVELLES SÉLECTIONS OUVERTES AUX VOTES

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Petite enfance

Corinne Dreyfuss - Pomme pomme pomme. Pauline Kalioujny - Panda.Claire Dé - Imagine, c'est tout blanc. Lilli L'arronge - Moi, grand. Toi, petit. Anne Crausaz - Et le soir quand la nuit tombe....Anne Crausaz - Et le matin quand le jour se lève....

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Albums

Astrid Desbodes - Mon amour. Fanny Ducassé - Le jardin des ours. Germano Zullo et  Albertine - Mon tout petit. Stéphane Servant et Irène Bonacina - Cinq minutes et des sablés. Stéphane Servant et Emmanuelle Houdart - Ma mère.

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Bandes-dessinées et romans graphiques

 Edith - Le jardin de minuit. Benjamin Renner - Le grand méchant renard. Karim Friha - La flamme et l'orage Tome 1 : La ville pétrifiée. Léa Mazé - Nora. Séverine Vidal et Mathieu Bertrand - Les petites marées  : Mona.

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Romans pour adolescents

 Séverine Vidal - Quelqu'un qu'on aime. Stéphane Servant - La langue des bêtes. Madeline Roth - A ma source gardée. Tristan Koëgel - Bluebird. Anne Loyer - Comme une envie de voir la mer.

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Romans pour enfants

Anne Loyer - Maman est un oiseau. Pierre Delye - Caprices ? C'est fini !. Flore Vesco - De cape et de mots. Jean-François Chabas - Le lutin du cabinet noir. Géraldine Barbe - La vie rêvée des grands.

Rendez-vous le 9 mai pour les résultats !

La Pyramide des besoins humains de Caroline Solé

Ce fut un de mes romans préférés cette année,
un de ces livres qui vous trotte dans la tête une fois refermé,
un de ceux qui posent des questions et vous laissent trouver les réponses,

alors, forcément, j’ai eu envie d’en parler à l’Ombre du Grand Arbre.

Sophie de la Littérature Jeunesse de Sophie et Judith,
Pépita de Mélimélo de livres,
Solectrice et ses lectures lutines
et Carole et ses 3 étoiles

se sont jointes à moi, Bouma et mon Petit Bout de Bib(liothèque) pour en parler.

Découvrez avec nous le roman de Caroline Solé publié à l’école des loisirs :

LA PYRAMIDE DES BESOINS HUMAINS

Bouma : Comment ce roman vous est-il tombé dans les mains ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de le lire ?

Pépita : J’ai vu passer la pyramide de Maslow et cela m’a donné envie de creuser. Et quand j’ai lu de quoi il s’agissait, je me suis dis : voilà un roman dans la veine que j’aime, du social, de la réflexion sur la société actuelle, un jeune paumé, …bref, du bien envoyé, alors j’ai foncé dans ce roman et je n’ai pas été déçue.

Carole : C’est le titre qui a attisé ma curiosité ! Je connaissais la pyramide de Maslow, étudiée à la fac. J’ai trouvé le sujet original et surprenant. Et puis un premier roman, c’est aussi l’occasion de découvrir une nouvelle plume. Bref j’étais doublement curieuse.

Solectrice : Moi aussi, c’est le titre qui m’a donné envie. Pourtant, je ne connaissais pas le concept. J’ai lu le résumé et j’ai eu envie d’entrer dans cet univers sur fond de société actuelle.

Sophie : Je l’ai vu passer sur des blogs avec l’image de la fameuse pyramide. Je ne connaissais pas ce concept et ça m’a fortement intriguée ! J’ai vu aussi l’aspect jeu télé, et je me suis dit que ça pouvait donner une réflexion intéressante.

Bouma : La Pyramide de Maslow organise les besoins humains en différente catégorie en partant des besoins physiologiques. Sa théorie affirme qu’il faut avoir rempli ces besoins de base pour passer aux suivants moins élémentaires, et ainsi de suite jusqu’aux besoins d’accomplissement de soi.

La campagne médiatique autour de ce livre mentionnait une émission de télé-réalité, des niveaux à passer, des concurrents. J’ai donc d’abord cru à une dystopie plus contemporaine et je me suis bien trompée. Que raconte donc ce roman pour vous ?

Sophie : Je pensais aussi a une dystopie plus au cœur du jeu. Finalement, cette histoire est celle d’un jeune garçon qui a fui de chez lui et se retrouve à vivre dans la rue. Un jour, il va commencer ce jeu télé qu’il peut faire caché derrière un ordinateur… mais jusqu’à quand ?

Pépita : la confrontation de deux mondes : le réel et le virtuel et au milieu un jeune garçon SDF qui en fait les frais ou au contraire en tire intelligemment les ficelles.

Carole : Je rejoins Pépita sur les limites entre réel et virtuel. C’est aussi un prétexte pour questionner la virtualité, les réseaux sociaux et plus précisément l’image de soi, celle qu’on a, celle qu’on donne à voir, celle que les autres perçoivent. A l’adolescence, cette question est cruciale il me semble, on se construit, on se cherche, on s’essaye.

Solectrice : Pour moi, ce roman raconte la fuite d’un adolescent fragile, qui se raccroche encore à une raison d’exister pour les autres en participant à ce jeu. Par défi, il participe pour montrer qu’on peut vivre autrement et donner l’illusion.

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Bouma : Et justement que donne à voir ce jeune SDF ? Sa réalité vous a-t-elle paru crédible ? Ses intentions aussi ?

Pépita : je dirais qu’il s’empare du jeu plus par ennui que par défi au départ. Puis il est presque pris au piège de cette pyramide qui montre sous ses réponses les limites de la société et de l’image qu’elle renvoie de l’échelle sociale. Ces mécanismes du mirage aux alouettes sont très bien rendues : l’effet de la masse, du mouton de Panurge, de la manipulation sous-jacente. Oui sa réalité de SDF est plus que tangible, elle est même terrible dans le contraste des deux mondes. Ses intentions oui, elles me semblent bien réelles : il n’ a rien à perdre de toutes façons, il a tout à gagner. En tant que lecteur, on a vraiment envie qu’il aille au bout ! Comme une revanche sur la vie qu’il mérite amplement. Le plus dur, c’est qu’on perçoit d’emblée que ce jeu est factice et peut le perdre.

Sophie : Je rejoins Pépita, notamment sur l’idée de limite. En grimpant les échelons de la pyramide alors qu’il vit dans la rue, il montre la limite de ce système et il envoie dans les yeux des spectateurs ce qu’ils préfèrent ne pas voir. Il ne cherche pas à choquer, il montre juste sa réalité avec beaucoup de justesse.

Carole : Son triste quotidien est rendu avec justesse en effet. Il est d’emblée atypique, dénote, il est à part, inconnu pour la majorité, et c’est précisément ça qui va le rendre visible.

Solectrice : Les révélations de son univers sont progressives et calculées : le jeune homme ne veut pas susciter la pitié. Son quotidien dans la rue est peu décrit. J’avais du mal à imaginer que, dans cette situation, un adolescent s’opposant à cette société n’abandonne pas plus vite le jeu, cet univers virtuel où il ne cherche pas de reconnaissance particulière. J’étais étonnée aussi de la tournure que prenait l’histoire : on ne comprend pas tellement ce qu’il veut démontrer car l’adolescent ne se voit pas comme un représentant de la cause des SDF.

Bouma : Moi, j’ai beaucoup aimé l’humanité qui se dégageait de ce jeune homme. La vie ne l’a pas épargné. Il est à la fois résigné sur la société mais plein d’espoir dans ce que l’être humain peut apporter, peut surpasser.

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Caroline Solé signe avec ce titre son premier roman. Quels caractéristiques donneriez-vous à sa plume ?

Carole : une plume plutôt efficace, simple, sans détour et sans superflu puisqu’en quelques pages le lecteur a assisté à l’ascension virtuelle d’un ado en marge de la société, le tout construit de façon claire en distillant des critiques ici et là. C’est un premier roman réussi à mon sens.

Solectrice : La narration m’a semblé très construite. Le parti est pris de donner le résultat dès le départ, avec cette ambiguïté sur les craintes et les attentes du jeune homme. On découvre ensuite ses motivations et son histoire difficile. J’ai aimé l’habileté avec laquelle l’auteur donne à voir les coulisses du jeu face à la naïveté du candidat. C’est donc une plume sans apitoiements et suffisamment acerbe sur le le monde virtuel et réel.

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Bouma : Et que pensez-vous de la fin du roman (sans la dévoiler si possible) ? Je vous pose la question car c’est la seule partie de ce roman qui ne m’a pas semblé crédible.

Sophie : Effectivement, ça part dans quelque chose d’un peu (beaucoup) surréaliste et ça dénote pas mal avec le reste du roman. Pour autant, à la lecture, ça ne m’a pas choquée plus que ça. Par contre, j’aurais aimé que ce soit un peu plus approfondi.

Pépita : Oui la fin n’est pas vraiment une fin en fait : je pense que l’auteure a vraiment voulu s’attacher à démontrer sa thèse. En cela je la trouve vraiment intéressante à proposer à des adolescents cette lecture.

Carole : D’accord avec vous sur la fin pour le moins surprenante et un peu expéditive. Mon namoureux l’a même qualifiée de « fin genre super-héros » quand il a fini le livre.

Solectrice : Cette chute ne m’a pas tellement marquée non plus. Décrochée du reste de l’histoire, cette fin semble prolonger la fuite… vers l’imaginaire.

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Bouma : Dernière question façon portrait chinois, si vous deviez définir ce roman en un mot, quel serait-il et pourquoi ?

Pépita : Je dirais ACCOMPLISSEMENT DE SOI car ce roman c’est ça aussi : la recherche de l’épanouissement personnel à tout prix même si on doit se brûler les ailes.

Carole : je choisirai le mot IMAGE pour toute sa complexité et ses symboles

Sophie : Je dirais SOCIÉTÉ parce que je trouve que ça en montre pas mal d’aspect : la vie dans la rue, le pouvoir de la télé, les réseaux sociaux…

Solectrice : Moi, je retiendrais CARTON pour le double-sens de la vie du personnage : son refuge comme SDF et l’envie d’atteindre une cible.

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J’espère que cette discussion vous aura donné envie de découvrir ce roman et de vous faire votre propre avis dessus.

En attendant vous pouvez lire les avis plus détaillés de Carole, Sophie, Bouma et Pépita sur leur blog respectif.

Un pavé pour Noël ?

Qu’est-ce que c’est que ce titre bizarre ? Un pavé ? Pour Noël ?

Oui, vous ne vous êtes pas trompé d’adresse.
Vous êtes bien sur un site consacré à la littérature de jeunesse.

Ce que nous vous proposons aujourd’hui, c’est une petite sélection de séries romanesques (ou de cycles si vous préférez) déjà terminées.

A mettre dans une chaussette en cadeau de Noël ou à vous faire offrir bien entendu !

gratuit-calendrier-de-l-avent-petit-train-de-noel-bLes Autodafeurs (3 tomes) de Marine Carteron

Voici une série plus qu’addictive sur la famille Mars qui depuis des générations se bat contre les autodafeurs, malveillants d’un autre âge, qui veulent s’emparer du savoir via les livres. 3 tomes qui vous mènent dans une aventure avec Auguste et Césarine dans une lutte faite de rebondissements sans fin, d’une bonne dose d’humour aussi. Bref, c’est génial !

Et s’il fallait vous en convaincre un peu plus, retrouvez les avis de Pépita, Carole et Bouma et sachez qu’il fait partie de la sélection du Prix des Incorruptibles 2015/2016 catégorie 5ème/4ème

 

Le Cœur en braille (3 tomes) de Pascal Rutter

Victor et son père, Mari-José la rousse joueuse de violoncelle… et plein d’autres personnages qui gravitent autour, on ne les oublie pas, on est triste de les quitter mais on est content à la fin du chemin parcouru. On sait qu’ils vont bien ! Une série humaniste au grand cœur !

Là encore une série qui fait l’unanimité sous le Grand Arbre avec les avis de Pépita, de Sophie, Carole et Kik

 

Les Haut conteurs (5 tomes) d’Oliver Peru et Patrick McSpare

Une plongée au cœur d’un Moyen Âge fantastique où on suit un jeune garçon qui va devenir Haut Conteur. Il intègre ainsi un groupe d’aventuriers qui racontent leurs aventures face à des loups-garous, vampires, sorciers… de village en village.

L’avis de Sophie

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Les Filouttinen (3 tomes) de Siri Kolu

Trois tomes sortis pour l’instant, peut-être un quatrième ? On se pose la question. En tous cas, si vous n’avez pas encore succombé au charme de ces brigands d’un genre nouveau et au grand cœur, n’hésitez pas, vous serez dépaysés !

L’avis de Pépita

 

Le Chaos en marche (3 tomes) de Patrick Ness

Sur un monde inconnu, suivez Todd à la recherche d’un moyen de survie, ouvrez votre esprit à la voix du couteau et partez pour une expérience innovante.
Une série désarçonnante aux premiers abords mais qui vous promet de longues heures de plaisir et la découverte d’un brillant auteur contemporain !

L’avis de Bouma

 

 

Madame pamplemousse (3 tomes) de Rupert Kingfisher et Sue Hellard

La jeune Madeleine est obligée de travailler pour un restaurant et se retrouve malgré elle embarquée dans des aventures culinaires incroyables.
Des tomes délicieux avec un soupçon de magie et du grand cœur pour déjouer les maléfices à coup de recettes. Un régal de lecture !

Les avis de Bouma et Pépita

 

Fedeylins (4 tomes) de Nadia Coste

Dans un monde peuplé de petites créatures ailées qui vivent autour d’une mare, Cahyl le héros de cette histoire va grandir dans le mensonge.
Un série de fantasy que j’avais beaucoup aimé à sa sortie (nous dit Sophie).

Retrouvez donc son avis

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Azilis (3 tomes) de Valérie Guinot

Durant l’Antiquité, les femmes doivent tenir leur rôle d’épouse et de maîtresse de maison. Azilis, benjamine et seule femme de sa famille, refuse cette destiné et décide de prendre sa vie en main.

Une série historique qui se tient de bout en bout et qui réserve son lot de rebondissements.

L’avis de Bouma

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43, rue du vieux cimetière (7 tomes) de Kate & M. Sarah Klise

Une série où l’on se sent bien et où l’on a plaisir à retrouver au fil des tomes cette famille pas comme les autres dans son manoir hanté. La particularité de cette série : elle est basée sur des échanges épistolaires entre les personnages, ce qui fait tout son charme !

Les avis de Pépita et des Lutines

 

Le Worlshaker et Le Libérator de Richard Harland

Deux tomes pour cette série du genre steampunk avec une réflexion sur le totalitarisme. On se laisse embarquer !

Les avis de Pépita et Bouma

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Apocalypsis (5 tomes) d’Eli Esseriam

5 tomes, un pour chaque cavalier de l’apocalypse et un qui les réunit. Une bonne série apocalyptique dans un monde contemporain.

L’avis de Sophie

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Roulette russe (3 tomes)
de Séverine Vidal, Sandrine Beau et Anne-Gaëlle Balpe

Attention trilogie à hauts risques de dépendance, de rires, de suspens ! Ici se tissent les liens, se créent des souvenirs, se résolvent des énigmes. C’est bien de cela dont il s’agit : du lien, envers et contre tout. Au-delà du suspens, des aventures, des expériences, le fil conducteur de ces romans c’est le lien. Immuable.

Les avis de Carole et de Pépita

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Il y a bien sûr bien d’autres séries à mettre au pied du sapin.
Citons entre autres : Tobie Lolness et Vango de Timothée de Fombelle
les très populaires dystopies : Hunger Games, Divergente ou Never Sky
ou les séries girly Simone Elkeles et Melissa De la Cruz

et vous, laquelle nous conseilleriez-vous ?

 

 

Best of mai

Vous connaissez le dicton : en mai, lis ce qu’il te plaît !

Une fois n’est pas coutume, nous nous sommes appliqués

Et le 1er juin, nous partageons avec vous et entrain !

Chez Kik :

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 L’invention d’Hugo Cabret de Brian Selznick , Bayard Jeunesse, 2012.

Une belle découverte. Un coup de coeur. Un conseil de lecture très apprécié.
Un roman en texte et en images. L’invention d’Hugo Cabret de Brian Selznick c’est un peu tout ça en même temps.
À ne pas manquer. Et l’argument « Mais j’ai déjà vu le film », ne tient pas du tout !

Chez Colette100239442

Le bain d’Abel d’Audrey Poussier, école des loisirs, 2014.

Où file donc l’eau du bain quand on ouvre la bonde de la baignoire ? C’est à ce voyage extraordinaire que nous invite le charmant petit Abel à travers une aventure riche de rencontres ! Si vous voulez le suivre, n’hésitez pas à embarquer à bord de cet album tendre, drôle, délicat à souhait !

Chez Pépita :

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Mon tout petit de Germano Zullo et Albertine, La joie de lire,  2015.

Un grand album dans un écrin végétal qui nous parle de l’amour maternel et filial d’une façon si sensible, si délicate, si juste qu’on est tout chamboulé de l’intérieur. Plus qu’un album, un petit bijou de tendresse à s’offrir, à offrir, à lire et relire…

Chez Alice :

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Ronde comme la lune de Mireille Disdero, Seuil, 2015.

Avec des mots simples, une pointe d’humour et des personnages attachants, Mireille Disdero évoque l’âge délicat de l’adolescence au travers de Saskia « ronde comme la lune » et mal dans sa peau.
Un roman en toute sincérité.

Chez Sophie :

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Les super-héros détestent les artichauts de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe, Albin Michel jeunesse, 2014.

Vous allez tout savoir sur les super-héros dans ce bel album/documentaire. Une petite merveille graphique d’une grande originalité !

Chez Céline et son tiroir :

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Jean-Loup fait des trucs de Clémentine Mélois, les Fourmis Rouges, 2015.

Coup de coeur dans Le Tiroir à histoires pour ce sacré fainéant de Jean-Loup et pour son peignoir. En Mai, fais ce qu’il te plait… Oyez braves gens, sachez le et faites-le savoir : Jean-Loup fait des trucs ! Qu’est ce qu’on se poile !

Chez Céline et son flaconimg199

Là où naissent les nuages d’Annelise Heurtier, Casterman, 2014.

Avec cette réédition en format poche, (re)plongez-vous durant quelques heures dans un univers à la fois rude et splendide: celui d’une Mongolie à la croisée des mondes, entre traditions et modernité. Vous y découvrirez le périple d’une ado qui, pour se réaliser à son tour, doit s’affranchir des images trop lisses qu’elle s’est forgées de ses parents, quitte à les écorner quelque peu ! Bref, laissez-vous emporter à votre tour là où naissent les nuages… Dépaysement garanti !

Chez Carole :

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Refuges d’Annelise Heurtier, Casterman, 2015.

Un roman à lire d’urgence pour garder les yeux ouverts sur une triste réalité quotidienne et toute proche de nous….

Best-of février

La fin février est arrivée

Le mois le plus court de l’année

Nous avons encore dévoré

Encore l’occasion de partager

Chez Alice enferUn hiver en enfer de Jo Witek. Actes Sud, 2014

Edward a grandi avec une mère distante car très fragile psychologiquement. Lorsqu’à la mort accidentelle de son père, il se retrouve seul avec elle ; commence alors pour lui, un véritable enfer.
Mené sur un rythme haletant, ce thriller nous piège rapidement et nous entraîne au plus profond de la folie et de la paranoïa.

Chez Colette Comment-jai-appris-la-géographie_couverture-1

Comment j’ai appris la géographie, Uri Shulevitz, 2008,  Kaleidoscope

La culture, un mot si grand et si vague qu’on pourrait s’y perdre… ou s’y retrouver vraiment comme le héros de ce livre, démuni et affamé par la guerre, qui va découvrir grâce à un cadeau très particulier de son père que le monde l’attend !

Chez Pépita 9782361932664FS

Le ciel nous appartient , Katherine Rundell,  Les grandes personnes

un roman jeunesse qui vient de remporter le prix Sorcières catégorie roman junior. Un roman qui nous emporte dans une histoire fantasque faite d’amitié et d’amour. Un roman aux très belles pages qui émeuvent, font sourire et presque pleurer.

Chez Bouma petit-loup-rouge-206x300

Le Petit loup rouge, Amélie Fléchais, Ankama – étincelle, 2014

Entre album et bande-dessinée, Amélie Fléchais revisite avec esthétisme, charme et subtilité le très connu conte du Petit Chaperon Rouge. Un coup de cœur indéniable.

Chez Céline img037

Fantoccio de Gilles Barraqué, Grand Format, Ecole des loisirs, 2015

Avec Fantoccio, l’auteur réinvente un récit bien connu des petits et des grands, celui du Pinocchio de Carlo Collodi. Une version passionnée et passionnante qui donne un beau coup de modernité à cette histoire séculaire.

Chez Chlop Mere_meduse_m

Mère Méduse, Kitty Crother, pastel

Un album plein de symboles qui parleront aux adultes mais surtout une histoire touchante, qui charmera les enfants.

Chez Sophie 9782352901341FS

Des vagues, Isabelle Simler, Éditions Courtes et Longues, 2014

Une belle plongée douce et poétique en pleine mer.

Chez Kik blogger-image--475721276

Café 0405, Yi Hyeon, Flammarion, 2011

Un roman qui fait découvrir la litterature pour la jeunesse coréenne. Quand internet perturbe la vie de classe, dans le bon et le mauvais sens du terme.

Chez Carole Deschavannes-Pierre-Belle-gueule-de-bois-206x300

Belle gueule de bois, Pierre Deschavannes, Rouergue, 2014

Un premier roman ado aux griffonnés autobiographiques qui exprime la relation passionnelle entre un fils et son père alcoolique.

Chez Nathalie de Déclickids : sélection des meilleures applis testées et approuvées ( des histoires, des jeux d’exploration, d’éveil ou d’apprentissage, des applications de révision, des documentaires, etc )

Chez Nathan

Nelson Jandy - I'll give you the sun - Le soleil est pour toiLe soleil est pour toi de Jandy Nelson – Gallimard jeunesse

Je l’ai lu en anglais, il sort le 12 Mars en France … Plus que 10 jours à attendre pour découvrir ce roman brillant, ce rayon de vie, cet éclat de beauté.
Pour découvrir l’histoire de Noah et Jude, deux jumeaux fusionnels que la vie va séparer. L’histoire de l’un, gay, dessinateur, passionné d’art, désespérément amoureux. L’histoire de l’autre, un peu plus rebelle, un peu plus fougueuse, passionnée d’art, rongée par la culpabilité. Deux histoires traversées par un drame.
Un roman bouleversant sur l’art, la famille, l’amour, la mort.
La vie, en somme.

Chez Céline et son tiroir

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Caprices ? c’est fini ! de Pierre Delye, Didier jeunesse.
Une princesse capricieuse, un roi démissionnaire, un prétendant plus futé qu’il n’en a l’air, et des péripéties aussi drôle qu’inattendues. Complètement emballée par ce roman espiègle et virevoltant !