Top 5 d’atelier de coeurs

Voici mon top 5 et si je devais faire un choix chaque jour, ce ne serai jamais les mêmes livres. En matière d’album je suis un vrai cœur d’artichaut !

J’aime les livres rythmés, drôles, touchants et qui bousculent. Vous trouverez dans ce top 5 un échantillon de toutes mes sensibilités. Voici des livres dont je ne me lasse pas de lire à voix haute et de faire découvrir.

1.

Mon coup de cœur est venu lors d’une lecture de Lis avec moi. La lectrice y a mis tellement d’émotion que j’en ai eu les larmes aux yeux.Cet univers poétique m’a fait fondre. J’adore ce petit être qui part à la recherche d’une maison avec son chat. J’aime offrir ce livre en cadeau de naissance car il mets la maman à l’honneur.  Il y a une véritable alchimie entre le texte et l’illustration et l’un sans l’autre n’aurait plus de sens. D’autres livres sur le même thème avec lesquels j’ai hésité.

Mon arbre d’Ilya Green. Didier jeunesse.

2.

Pareil  pour mon top numéro 2, une découverte faîte par une lecture à voix haute en kamishibaï.  Un texte qui bouscule dont tu ne peux pas sortir indemne de sa lecture. J’apprécie beaucoup ce pouvoir de la littérature jeunesse. Lors d’une rencontre avec l’auteur Davide Cali, des élèves lui ont demandé pourquoi il écrivait pour les enfants et sa réponse était évidente pour lui : Parce qu’il pouvait tout dire et toucher les adultes au travers de la lecture d’album. Je partage ce sentiment et Il faudra l’illustre pour moi parfaitement. (dur à départager avec Dedieu)

Il faudra de Thierry Lenain et Olivier Tallec. Sarbacane.

3.

J’aime les livres drôles et même quelque fois un peu cruels. Mais cette cruauté doit être subtile, à peine visible par nos enfants et ce livre correspond bien. Une petite fille possède un lion comme animal domestique et bizarrement à chaque fois qu’elle joue à cache-cache avec ses amis il en manque toujours un..bizarre. Mais la bonne nouvelle c’est qu’elle les retrouvera à la fin 😉 (J’aime beaucoup aussi Coincé d’Oliver Jeffers et Bonjour Docteur de Mathieu Maudet.

Les lions ne mangent ne mangent pas de croquettes  d’André Bouchard. Seuil Jeunesse

4.

J’ai adoré lire ce livre dont le côté absurde plaît aussi aux plus grands. Dans une atmosphère bleutée nous retrouvons quatre chasseurs qui essayent d’attraper un oiseau. Rythmé par la même ritournelle, nous contemplons leurs vaines tentatives. Mon fils a adoré et nous jouons souvent à Chut on a un plan sur le chemin de l’école. Dans le côté absurde j’aime beaucoup Alors, ça mord ? de Jean Gourounas.

Chut on a un plan de Chris Haughton. Editions Thierry Magnier.

5.

J’aime les jeux de langue, où le lecteur doit s’entraîner. J’adore lire Grosse légume qui est l’histoire d’un petit vers gourmand dont le nom des légumes est le seul texte. Dans le même genre retrouvez Bou et les 3 z’ours d’Elsa Valentin et Tas de riz, tas de rats de Dedieu avec lesquels j’ai de très bons souvenirs.

Grosse légume de Jean Gourounas. Editions du Rouergue.

Bonne découverte…

Ces livres qui font grandir les enfants

ces livres qui font grandir les enfantsD’abord édité en 2008, l’essai de Joëlle Turin, Ces livres qui font grandir les enfants  (Didier jeunesse, collection passeur d’histoire 20 €), a été réédité dans une version augmentée en 2012. L’auteure y explore les domaines évocateurs de la vie de l’enfant : ses jeux, ses peurs, ses grandes questions, ses relations avec les autres, le monde de ses sentiments et les pouvoirs de l’imagination. Les albums qui y sont présentés sont analysés finement à la lumière des observations de terrain faites par des professionnels de la lecture aux enfants.

Si cet ouvrage s’est rapidement imposé comme une référence pour les professionnels, il est également très accessible au grand public.

A l’ombre du grand abre, nous sommes nombreuses à le feuilleter régulièrement et toujours avec plaisir. Cela méritait bien une petite lecture commune.

Chlop: Un ouvrage théorique sur la littérature jeunesse, quelle drôle d’idée, mais à qui ce livre s’adresse-t-il d’après vous ?

Pépita: Trés bonne question ! À toute personne désireuse d’accompagner l’enfant vers et avec les livres. Le titre est déjà une belle invitation et la nouvelle couverture, avec ces personnages tout droits sortis de classiques de la littérature jeunesse, comme des fées penchées sur un berceau, je la trouve bien appropriée.

Sophie: C’est un livre pour tous les professionnels de la littérature jeunesse et en particulier pour ceux qui mettent en pratique avec les enfants. Il est aussi très intéressant pour ceux qui travaillent avec des enfants sans forcément être professionnels du livre

Colette: Je pense que cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui se passionnent pour la littérature de jeunesse, pas nécessairement des professionnels de l’enfance mais juste des lecteurs adultes qui trouvent tout leur intérêt entre les pages d’un album !

Carole: Effectivement, pour les professionnels mais aussi pour tous ceux qui s’intéressent à la littérature jeunesse, les curieux, les étudiants en formation, les parents pourquoi pas ? Personnellement je le feuillette régulièrement depuis longtemps, notamment pour y trouver des références et pour étayer un point de vue.
Ah, un livre de « spécialiste » alors, adapté aux passionnés, mais pour celui ou celle qui n’est pas dans le milieu, c’est lisible ? Ce n’est pas un peu élitiste, un bouquin qui ne parle que de livres pour enfants ?
Sophie: Je pense qu’à partir du moment où on connaît un peu ce domaine de la littérature jeunesse, on peut y trouver des choses intéressantes autour du développement de l’enfant par le livre. En tous cas, je l’ai trouvé assez accessible, avec beaucoup d’exemples donc plutôt concret.
Colette: Justement je ne le trouve pas du tout élitiste, la langue utilisée est très claire, il n’y a pas de jargon -contrairement à d’autres livres théoriques sur la littérature de jeunesse que je n’ai pas réussi à lire jusqu’au bout malgré mon engouement pour ce genre – et tous les thèmes abordés touchent à des questions qui concernent chaque humain.
Pépita: Oui, en effet, c’est le risque mais c’est toujours le risque de ce genre de livre de tomber dans cet écueil. Il n’y tombe pas complètement de par sa structure je trouve, proche des préoccupations des tout-petits. Et on peut le lire soit de façon linéaire ou en piochant dedans.
Colette: Oui Pépita c’est un aspect du livre que j’ai adoré : on peut picorer assez librement dedans ! Choisir un thème, choisir une analyse de livre en particulier, ce qui le rend encore plus accessible à un lecteur néophyte.
Carole: Idem, son organisation thématique le rend aussi ludique, le style est clair, et pas pompeux ni trop technique, et les exemples suffisamment nombreux pour que chacun s’y retrouve

Ok, alors maintenant qu’on sait que c’est un livre accessible, revenons au titre. Pépita soulignait qu’il était une belle invitation, mais encore ? Qu’est ce que ça nous inspire déjà ce titre avant même d’ouvrir le livre?

Colette: J’aime beaucoup ce titre car c’est un de mes leit motiv dans mon métier : LES LIVRES FONT GRANDIR LES ENFANTS !!! Les livres donnent du grain à moudre à chaque petit lecteur, ils les tirent vers le haut ! Le démonstratif utilisé dans le titre quant à lui nous annonce une liste de titres, ce qui pour le lecteur avide de lectures phares est un atout indéniable. Il y a un côté prescriptif dans le titre qui n’est pas pour me déplaire, j’aime beaucoup suivre les traces de lecteurs plus expérimentés que moi .

Sophie: Bien dit ! Rien à ajouter.

Pépita: Ce que j’aime dans ce titre c’est d’affirmer clairement que les livres font grandir les enfants, que c’est une nourriture aussi essentielle à leur développement. Je suis un peu plus réservée sur le démonstratif : il sous entend que ceux là sont les meilleurs en délaissant les autres …mais en fait non, c’est trompeur car le contenu prouve le contraire. Une belle accroche donc pour un livre de référence et je te rejoins Sophie dans le fait qu’il faut l’avoir à portée de main.

Carole: Le titre est effectivement une invitation. En revanche, j’ai considéré le démonstratif « ces » comme parlant de « cette » littérature jeunesse au sens large. Comme une sorte de reconnaissance de l’importance, de la richesse, de la diversité de cette vraie littérature exigeante. Et les nombreux exemples donnés en sont l’expression, il me semble.

C’est une affirmation forte quand même ! Est-ce qu’elle parvient à convaincre, après tout, Joëlle Turin est une spécialiste des albums plus que des enfants, elle n’est pas éloignée du monde de l’enfance. Elle s’appuie sur quoi pour affirmer cela ?

Colette: Je ne savais pas que l’auteure n’était pas une spécialiste de l’enfance mais en tous cas, si elle n’a pas expérimenté les albums dont elle parle avec les enfants, elle est super forte pour dénicher ceux qui font mouche auprès du jeune public. Les albums dont elle parle sont quasiment devenus des « classiques » de la littérature jeunesse et pour en avoir lu pas mal à mes Petits-Pilotes, ce sont vraiment des livres qu’ils plébiscitent.

Sophie: Elle connait bien le développement de l’enfant, ses questionnements… et c’est ce qu’elle utilise pour thématiser son livre. Les jeux, la peur, les grandes questions philosophiques, le rapport à l’autre, les émotions, l’imagination : voilà autant de grands sujets qui sont abordés dans ce livre. On connaît (pas forcément d’ailleurs) l’importance de ces notions théoriques dans l’enfance, elle, elle rapporte ça aux livres, aux histoires qui s’en inspirent pour aider l’enfant à mieux les appréhender, mieux les comprendre.

Pépita : Oui elle parvient à convaincre car elle donne des exemples concrets de pratiques, des albums qui ont fait leurs preuves, qui sont devenus des classiques de par leur appropriation par des gens de terrain ( professionnels de la médiation du livre au sens large) et par les enfants eux-mêmes. Et parce que « lire c’est bon pour les bébés  » commence à faire son chemin grâce à des pionniers en la matière.

Carole : C’est par la pratique enseignante en maternelle que je l’ai trouvé ce livre, donc plutôt du côté petite enfance que littérature. Et me servant des albums notamment comme supports pédagogiques, les pratiques qu’elles proposent sont vraiment chouettes à explorer in situ.

Ah, très bien, donc une affirmation forte (à laquelle nous adhérons sans réserve sous l’arbre mais qui peut parfois étonner), qui est argumentée à la fois par la connaissance des albums et par l’expérience de terrain. C’est effectivement les deux piliers qui font la force de cet ouvrage.
Pépita soulignait que le titre suggère que tous les livres ne sont pas également porteurs pour les enfants (l’utilisation de « ces » plutôt que « les »), qu’en est- il dans le livre?

Colette: Dans le livre, tous les exemples analysés sont des albums très forts, très originaux qui ont marqué pour beaucoup l’histoire de l’édition jeunesse, tous les titres sont porteurs de sens aussi bien pour l’adulte que pour le petit qu’il accompagne.

Pépita : Dans le livre, on ressent tout le contraire : « ces » livres-là sont à prendre vraiment dans le sens d’incontournables car ils participent de facto au développement de l’enfant : le nourrir, l’interroger, le placer face à ses angoisses, lui apporter des réponses, lui permettre de revenir encore et encore tant qu’il n’aura pas terminé sa propre appropriation. Mais le plus de ce livre, c’est de permettre à l’adulte, néophyte ou pas d’ailleurs, peu importe, d’avoir des clés de lecture, voire des clés de questionnement et de se mettre à la portée de l’enfant. Et le must de ce livre est de démontrer que la littérature pour enfants est une littérature adaptée à leurs besoins et qu’il ne faut pas s’en priver.

En effet, si on n’y trouve pas de définition de ce qu’est un « bon livre », on y trouve quantités de livres qui sont bons et on découvre pourquoi ils le sont.
L’analyse du texte, de l’image, mais aussi de l’effet qu’il produit chez le jeune lecteur à qui il s’adresse est vraiment un axe parlant.

Il me semble qu’il y a aussi, en filigrane, une vision de l’enfance, très respectueuse, et de la façon dont il est bon d’apporter des livres aux bambins (en respectant leurs désirs). Vous avez aussi été sensibles à cet aspect- là?

Sophie : Oui c’est vrai, j’ai ressenti ça aussi, cette idée qu’il faut faire confiance à l’enfant, le laisser analyser son environnement et ses émotions, lui offrir son indépendance… Toutes ces choses qui peuvent être facilitées avec les livres.

Pépita : Oui complètement. Pas de côté moralisateur mais un côté  » je vous propose, à vous de disposer et de partager avec votre enfant ces livres qui ont fait leur preuves chez beaucoup d’entre eux, alors pourquoi pas le vôtre ? Essayez, vous verrez…

Colette : Absolument !!! Et une vision de la parentalité aussi peut-être. Je suis en pleine recherche sur ma manière d’être mère, comment sortir de la « violence éducative » larvée, comment se mettre à portée des enfants (les miens aussi bien que ceux que j’ai en face de moi chaque jour en classe d’ailleurs) et les exemples analysés par Joëlle Turin m’apportent des réponses. Les titres analysés dans le chapitre « venir au monde » par exemple correspondent vraiment à ce que j’ai pu vivre avec mon aîné quand nous avons parlé de la naissance, la sienne puis celle à venir de son frère : les livres cités sont des nids à eux seuls pour accueillir en douceur la parole de l’enfant.

Tiens, c’est amusant ce que tu dis Colette, je me suis fait la réflexion que dans la bibliothèque de mon quartier ce livre est classé dans les ouvrages théoriques sur la littérature jeunesse alors que moi je l’aurais mis dans ceux sur l’éducation.
Parce que après tout, la lecture et son importance, c’est des choses dont on devrait  parler davantage aux jeunes parents, parfois c’est d’un plus grand secours que des ouvrages sur le développement de l’enfant ou la « bonne façon » d’être parents.

Colette : Complètement d’accord : c’est pourquoi j’aime offrir aux jeunes parents de mon entourage des albums à partager avec leurs bébés ! Et depuis deux ans lors de notre première réunion parents-professeurs, j’offre aux parents qui se déplacent un recueil de 7 histoires pressées de Bernard Friot que je les invite à lire chaque soir de la semaine avec leur ado car je suis intiment convaincue que quand on lit, on lie !

Pépita : Exactement : dans « ma » bib, j’ai créé en jeunesse un fonds professionnels ( au sens large) avec trois thématiques larges elles aussi, et ce livre est dans « éveiller l’enfant  » et utiliser un verbe est beaucoup plus dynamique, cela incite à l’action.
Je vous rejoins à fond sur la parentalité qui est largement interrogée aujourd’hui.

Vous comme moi étiez déjà convaincues de l’importance de la lecture aux enfants, quand vous l’avez lu, est-ce que ce livre a été pour vous une motivation supplémentaire ? Est-ce que vous avez eu envie de découvrir des albums qu’elle cite que vous ne connaissiez pas?

Colette : Oh oui oui oui !!! Le tout petit invité d’Hélène Riff a l’air d’être une merveille aussi bien sur le fond que la forme. Je ne le connais pas du tout et j’ai très envie de le manipuler, de l’expérimenter, de le toucher ! Et puis il y a beaucoup d’albums que ce livre m’a invité à retourner voir, parce que des choses m’avaient sans doute échappé.

Pépita : Oui, d’une part en découvrir qu’on ne connaît pas et d’autre part approfondir les autres. Les albums ont cette faculté qu’ils interrogent en permanence. Par contre, c’est frustrant de lire des analyses d’albums comme celui que tu cites Colette, il est épuisé.

Sophie : En lisant ce livre, j’ai redécouvert autrement des titres que je connaissais et en effet, j’en ai découvert d’autres que j’aimerais maintenant lire. J’ai surtout eu envie de pousser ma réflexion plus loin sur certains titres. Je pense par exemple à l’album « Me voici » de Friedrich Karl Waechter qu’on avait déjà lu ici, et dont on avait fait une interprétation différente.

Pépita : Oui Sophie, je me suis faite la même réflexion.

Colette : Un titre que je ne connais pas, à découvrir !

C’est vrai que outre la découverte de nouveaux titres, on pose aussi sur les albums qu’on connait déjà un œil nouveau.
J’allais justement vous demander, pour conclure, si ce livre vous avait fait changer de regard sur un album ou fait évoluer votre façon de lire aux enfants.

Pépita : Mais sur plein d’albums ça fait changer le regard… Et c’est ça qui est bien de se remettre en cause. Sur la façon de lire non, on lit avec sa personnalité, sa voix, son corps… Je dirais que c’est plus intériorisé du coup… Par contre être plus dans l’observation pour certains albums sur la façon dont les enfants les perçoivent, oui. Et c’est magique !

Sophie : Comme Pépita, je ferais plus attention à ce qu’un album apporte particulièrement aux petits. Ce livre permet de faire un peu de rangement dans ses idées : savoir que la façon d’aborder un thème à telle ou telle signification dans le développement de l’enfant par exemple. Pour ce qui est de changer sa façon de lire, ça ne changera pas fondamentalement pour les mêmes raisons que ce qui a été dit.
Une chose est sûre, j’ai quelques lectures d’albums à prévoir et à mettre en parallèle avec le contenu de ce livre !

Colette : Ce livre n’a pas changé ma façon de lire aux enfants je pense car j’étais déjà convaincue de ce qui se joue dans la lecture d’albums mais il m’a terriblement donné envie de renouer avec l’analyse littéraire !!! J’ai eu envie en le refermant d’écrire des chroniques qui soient aussi précises, aussi sensibles à l’alliance du fond et de la forme, qui traite l’album jeunesse comme une œuvre d’art à part entière, riche de sens multiples.

Pépita : Oui et je trouve que c’est très difficile….Ce type de livre nous aide justement à prendre de la hauteur, mais à hauteur d’enfant. Et c’est déjà pas mal….

Carole : Idem, après ma première lecture, j’ai changé ma façon de proposer les albums en classe, et la disposition aussi. C’est aussi pour cette raison qu’il fait partie de mes « indispensables » toujours à portée de main. Et aujourd’hui que j’enseigne aux étrangers, je le reprends souvent. Il m’aide à remettre en question mes pratiques, ce qui dans le domaine de l’éducation, au sens large, me paraît si ce n’est nécessaire, vital, pour les élèves mais surtout pour moi. Ces livres qui nous font avancer, nous bousculent, nous questionnent, nous aident à grandir aussi, non ?

Effectivement, la lecture de cet essai est stimulante, on a envie de lire tous les albums proposés et plus encore de les lire à des enfants… A ce propos, Pépita soulignait que c’est parfois frustrant de lire les analyses d’albums épuisés. Je partage pleinement cet avis, la question des livres chers à nos cœurs qui sont actuellement indisponibles doit se poser, pourquoi pas à l’occasion d’un débat prochain à l’ombre du grand arbre ? 

A propos de Noël… pour les (tout)petits

 Voici une petite sélection non-exhaustive et tout-à-fait subjective de livres sur Noël…

Avec une première partie qui s’adresse aux tout-petits intrigués par les lumières des vitrines et le sapin de la maison.

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noel du bois joliLe Noël du Bois Joli présenté par Méli-Mélo des livres
de Martine Bourre chez Didier Jeunesse, 1999

Le Noël du Bois joli, de Martine Bourre, dans l’excellente collection Pirouette chez Didier jeunesse : sur l’air de « Il court, il court le furet », toute la symbolique de Noël y passe (les lutins, le sapin, le père Noël), ça donne envie de chanter ! Les illustrations sont faites à partir de matériaux naturels (tissu, laine, dentelle,…), le mouvement est très bien suggéré, c’est coloré et tonique ! Je l’utilise toujours à Noël, il plait beaucoup.

 

joyeux noel monsieur loupJoyeux Noël Monsieur Loup présenté par La Littérature jeunesse de Sophie et Judith
de Tatsuya Miyanishi chez Nobi nobi ! (coll. 1, 2, 3 soleil), 2012

Un loup affamé se balade dans la campagne quand il aperçoit une maison avec 12 petits cochons. Bien décidé à les manger, il court les attraper mais tombe dans sa précipitation. Les cochons, pas rancuniers, l’installent chez eux pour le soigner. Cet acte de gentillesse et de générosité suffira-t-il à rendre Monsieur Loup moins méchant ?
Une histoire originale avec des personnages pourtant classiques dans les contes pour enfants qui offre un message plein de générosité.

Les avis complets de La littérature jeunesse de Judith et Sophie, La Mare aux mots et Les Livres de Dorot.

 

25 plus belles histoires de noelLes 25 plus belles histoires de Noël présenté par Maman-Baobab
collectif, Gallimard Jeunesse, 2011

L’anthologie ? Une très belle idée pour regrouper des histoires par thématique. Quand elle est sur Noël et qu’elle est éditée par Gallimard jeunesse, on y va les yeux fermés. Enfin non, ouvrez-les plutôt car sous la couverture dorée, vous aurez plaisir à retrouver les héros phares de cette grande Maison : Rita et Machin, Pénélope, Trotro, les Rois et les Reines, Melrose et Croc. Vous aimerez en découvrir d’autres et fredonner les chansons classiques de Noël qui rythment l’album. Un beau rendez-vous, pour plusieurs années !

L’avis complet de Maman-Baobab.

 

noel du herissonLe Noël du Hérisson présenté par Délivrer des livres
de M. Christina Butler et Tina Macnaughton, Milan jeunesse, 2010 (3ème éd.)

Cet album à toucher nous présente le cadeau de noël de Petit Hérisson. Il est tiré de son hibernation par un vent glacé… quand un paquet tombe du ciel, avec son nom… c’est un bonnet rouge – et tout doux! Malheureusement ce n’est pas facile pour un hérisson de mettre un bonnet. De pages en pages nous suivons les aventures du bonnet jusqu’à une fin adorable 🙂

L’avis complet de Les Livres de Dorot

 

invité de noelL’Invité de Noël présenté par Un Petit Bout de Bib
de France Quatromme et Mélanie Allag, L’Elan vert (les Petits m), 2011

En cette vieille de Noël, il faut ranger la maison et préparer la venue du Père Noël. Le jeune héros de cette histoire a bien du mal à faire comprendre cela aux animaux qui l’entoure (que ce soit ceux de sa maison ou de l’extérieur).
Un album simple et beau dont la lecture à haute voix enchantera les enfants dès le plus jeune âge, et dont les magnifiques illustrations permettent une double compréhension de l’histoire. A lire de préférence la vieille de Noël !

Les avis complets de Un Petit Bout de Bib et La littérature jeunesse de Judith et Sophie

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On continue demain avec une sélection pour les un peu plus grands…

Christophe Nicolas nous parle de Tétine Man

Pour moi, Tétine Man est un héros. Il surpasse tous les hommes ultra-musclés, porteurs de capes et de collants moulants,sensés sauver la planète. C’est pourquoi, j’ai proposé de lire ses aventures à l’ombre du grand arbre. En plus des avis de trois lectrices (Pépita du blog Méli-mélo de livres, et Dorot’ du blog Les livres de Dorot’, et moi-même, Kik du blog Les Lectures de Kik), nous avons eu la chance de pouvoir interviewer l’auteur Christophe Nicolas.

J’estime l’âge de Tétine Man entre 3 et 4 ans. Ce petit garçon, qui est capable de tout faire avec sa tétine, est mis en scène dans trois bandes-dessinées, de trois histoires chacune, dans lesquelles Tétine Man réussit à se sortir de toutes les situations, même les plus épineuses.

Voici les informations pratiques et après on discute:

Tétine Man, Didier Jeunesse, 2010.

Tétine Man est le plus fort, Didier Jeunesse, 2011.

Tétine Man n’a peur de rien, Didier Jeunesse, 2012.

Pour le texte: Christophe Nicolas, pour les images: Guillaume Long

Pépita:

Cette bande dessinée autour de la tétine prend en effet le contrepied des messages culpabilisants autour de cet objet…et prouve combien en la matière, c’est l’enfant qui décide ! et combien les messages des adultes peuvent souvent être totalement incohérents ! et là tout y passe : le parent laxiste, le parent capitulateur, l’adulte très sévère et calculateur, l’adulte tolérant, voire permissif,….l’adulte indifférent,… Pour ma part, j’ai beaucoup ri à la lecture de certains passages, mais par contre, je m’interroge sur la tranche d’âge visée car il y a pas mal de second degré…et à 3 ans… En cela, Tetine man est une BD qui se moque bien plus des adultes que de l’enfant montré du doigt avec sa tétine. Cette BD retrace bien aussi les tranches de vie des petits, c’est du vécu ! et un petit qui veut garder sa tétine, il la gardera, foi de tétine man !

Kik:

De mon côté, j’aime aussi la contradiction avec la pensée commune, avec tous les livres de psycho qui culpabilise, ou flatte l’enfant pour qu’il décide d’arrêter d’utiliser la tétine. Là, on dit haut et fort, vas-y !

Dorot’:

Moi et le « Tétine man », c’est une histoire d’amour du premier regard! Quand j’ai vu la couverture du premier tome, je riais toute seule dans mon rayon jeunesse, je riais toujours, quand j’ai vu la tête de la mamie décoiffé par le mistral et encore plus quand j’ai réalisé combien notre lutte contre la tétine est voué à l’échec face aux petits obstinés.Et puis ce n’est pas à la maternelle que la lutte commence… Ceux qui ont laissé faire les bambins, n’ont plus qu’à assumer après.

Pépita:

Par contre, j’accroche beaucoup moins aux illustrations car je ne les trouve pas particulièrement esthétiques : personnages assez caricaturaux, couleurs trop criardes,…par contre, la séquence des vignettes est bien faite et ne gêne pas la lecture. N’oublions pas que c’est une BD pour petits enfants ! Des dessins presque trop enfantins par rapport au texte d’ailleurs : ça me gêne un peu dans la démarche. On attire un public pour ces dessins qui lui sont destinés mais en fait le texte, sous son apparente facilité, ne l’est pas tant que ça, beaucoup de second degré et d’humour, pas forcément compréhensible pour la tranche d’âge visée (3-6 ans).

Kik:

En ce qui concerne les illustrations, après un temps d’adaptation j’ai été conquise par Guillaume Long. J’aime les aplats de couleurs franches, ainsi que la mise en page dynamique. On suit les aventures de Tétine Man avec envie, et on a hâte de savoir comment il arrivera à se sortir de la situation problématique sans lâcher sa tétine.

Dorot’:

Les dessins vont avec le texte, explicites et avec un message clair, destiné aux parents: Vous avez laissé faire avant, subissez maintenant, dans la joie et la bonne humeur! En plus j’aime beaucoup le fait, que les mots un peu difficiles sont expliqués plus bas. Ceci peu aider les parents dans la lecture avec les bambins.

Pépita:

Ça, le message est clair pour les adultes : assumez ce que vous mettez dans la bouche de vos petits ! après, ce sont eux qui décident ! Tétine man, c’est le pouvoir absolu sur l’adulte. Il l’a bien compris le petit et malgré le fait que sa super-tétine l’empêche de parler, il se fait très bien comprendre, comme quoi !. Mais bon, les petits ont un don pour ça…tétine ou pas.

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Pour répondre à nos questions, nous sommes allés frapper à la porte (qui ressemble fort à une boîte mail) de l’auteur Christophe Nicolas. Voilà ce qu’il nous a répondu:

1/ On s’interroge tout d’abord sur la genèse du livre, on aimerait savoir le pourquoi du comment ! Comment Guillaume Long et vous êtes entrés en contact pour le projet Tétine Man ? L’idée de Tétine Man vient-elle d’un personnage réel de votre entourage ou de celui de Guillaume Long ?

L’origine, ce sont mes trois fistons, tous trois grands tétouilleurs tardifs. Le 3e a battu tous les records d’obstination. C’est lui qui a hérité du surnom, Tétine Man, et du surnom est venue une idée de livre. Au départ je voulais faire une sorte de manga… Et en même temps, je voulais aussi que ce soit un album à raconter. D’où le surplomb de la narration qui demande au raconteur de théâtraliser.

Pour ce projet j’ai tout de suite pensé à Guillaume, avec qui je travaille parfois dans le cadre de mon métier de rédacteur chez Bayard Presse. J’ai adoré ses BD jeunesse publiées à La joie de lire. J’ai proposé le nom de Guillaume à Didier Jeunesse, qui s’est assez vite intéressé au projet. Guillaume a fait des essais (voir visuel joint, accompagné du mot « Serait-ce Tétine Man ? »), et nous avons tous été convaincus, voire conquis.

2) Et les personnages ? On se demande si votre mamie est comme celle de Tétine Man… La mamie de Tétine man, c’est notre coup de coeur. Je suppose qu’elle existe quelque part dans votre famille ou dans celle de Guillaume Long… Est-elle aussi charismatique dans la vraie vie que dans le livre? (je n’ose pas demander si elle s’habille en rose pour aller faire la luge)

Les personnages sont entièrement fictifs. Mais on reprend parfois les prénoms de notre entourage : Mélanie la maîtresse est une copine de Guillaume, Tonton Gilles et Tata Magali, c’est mon frère et ma belle-sœur… Mamie est la plus fictive. Quant à son look, il faudrait demander à Guillaume. La mamie de mes enfants est, au contraire de la mamie de Tétine Man, du genre très relax et peu interventionniste. Et elle s’habille assez normalement comme les gens de son âge essentiellement en marron. Pas de survêtement rose , non. Je me demande si ce n’est pas mieux comme ça. Je me vois mal faire des courses avec une dame en survêtement rose au Centre Leclerc de Saint-Pol de Léon. Et avec cette coiffure, mon Dieu !

3) Parmi les situations « critiques », dans la vie de ce petit chenapan, il y en a des vraies? Celles qu’on se raconte en famille et dont on rit encore et encore?

Nous avions dans notre vie réelle de parents de téteurs fous quelques réflexions sur le port de la tétine à 3 ans et plus. Nous avons dû parfois écumer les pharmacies pour trouver la bonne marque (une marque anglaise, si mes souvenirs sont bons), demander une « dérogation » pour l’école (« oui, mais alors juste pendant la sieste »), bricoler un assemblage doudou-tétine… Je me souviens aussi des «hon-hon» de mes enfants en guise de réponse à nos questions. Ou de leurs questions qui disaient juste « « hon-hon-hon, hon-hon ? ». Un peu agaçant, quand même, parfois… La tétine est un piège mortel.

4/« Tétine Man », c’est pour qui ? Avez-vous inventé ce super-héros de la tétine pour les adultes ou pour les enfants ?

Avant tout pour faire un duo de lecteurs, un grand-un petit, pour rigoler à deux. Toutefois, les plus âgés des petits lecteurs lisent tout seuls ; « La Revue des livres pour enfants » conseille la série en première lecture.

5/ Qui sont les plus grands fans de Tétine Man ? De la part de qui avez-vous eu le plus de retours après la sortie de trois tomes ? Les enfants, les bibliothécaires, les libraires, les parents, les dentistes , les psychologues… ?

Indubitablement les parents à qui la situation « parle ». Les enfants, j’espère ! La promo de Didier jeunesse m’envoie régulièrement les petits mots qui sont joints au demandes de poster (car oui, on peut demander son poster), c’est bien réjouissant. (Note de Kik: Poster à demander à promo@editions-didier.fr)

6/Et la suite ? Un quatrième tome est-il en préparation ? Y apercevra-t-on la bouche de tétine man ?

J’ai rencontré des enfants récemment à Namur en Belgique. Et je leur ai confié être en panne d’inspiration. Ils m’ont donné plein d’idées d’ « opposants » et de situations. Il est question de grand cousin moqueur (qui pourrait ressembler au Jean-Kévin du blog « A boire et à manger » de Guillaume), de singe piqueur de tétine (d’éléphant, même), de policier et de… dentiste. Nous avons eu aussi des demandes de Tétine Girl… Bon il y a de quoi faire… A suivre !

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Pour finir une ultime question aux lecteurs d’À l’ombre du grand arbre:

S’il y a un quatrième tome de Tétine Man vous ferez en sorte de le lire ?  Et quel est pour chacune votre épisode préferé sur l’ensemble des trois tomes ?

Pépita :

Oui, le quatrième tome, je le lirai. Mon préféré, c’est le deuxième même si j’ai beaucoup aimé l’épisode de la piscine dans le troisième.

Dorot’ :

Mon préféré c’est le troisième avec la mamie, Jean Pierre, et la luge!!! Yeah!!! Et s’il y en a d’autres tomes????? Je les suivrai,sure et certaine!!!

Pour faire durer le plaisir, un petit podcast de France Culture qui pose des questions à Christophe Nicolas: ICI