Billet d’été: Regarder vers l’avenir

Alors qu’une vague étouffante de canicule traverse la France, accablant une population fragilisée par un début d’année particulier, étouffant sous les masques devenus garants incertains de notre santé, on ne peut que faire le constat d’une crise écologique qui bouleverse nos modes de vie. Entre crise sanitaire mondiale et réchauffement climatique, je fais le choix de proposer une sélection de livres qui abordent l’écologie, amenant une réflexion sur le monde de demain. Le colis reçu dans le cadre du Green Swap, envoyé par La collectionneuse de Papillons, a ouvert la porte à des lectures engagées découvertes grâce à l’un des titres, sélection du Prix UNICEF de littérature 2020 qui a pour thème “Objectif Terre: lisons pour la planète!”…

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Greta Thunberg est une figure médiatique majeure de notre époque. Militante engagée dans la lutte pour le climat, elle est à l’origine d’un mouvement de grèves scolaires qui s’est étendu à toute la planète. Son Rejoignez-nous explique clairement son parcours et ses revendications. En une trentaine de pages, l’adolescente convainc que sa démarche est juste.

Mon avis complet ICI

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Mais ce n’est pas la seule à mener un combat par des actions concrètes. Ils sont nombreux ces jeunes qui veulent rendre le monde meilleur pour tous. Ici il n’est pas question que de la planète, mais également des droits de l’homme.

Pour en savoir plus, c’est par ICI.

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Sensibiliser les plus jeunes à la biodiversité et à la préservation de la nature est facile avec ces deux magnifiques albums qui offrent un regard optimiste sur l’avenir et proposent des solutions concrètes de petites actions à mener à titre individuel et depuis chez soi. Alors que Amandine Thomas propose de découvrir les Océans… et comment les sauver, Philippe Nessmann propose une réflexion plus large sur la protection de la nature au travers d’un album riche en symboles, Il y avait une maison.

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L’optimisme n’est malheureusement pas toujours de mise et il faut aussi savoir proposer un regard plus sombre pour ouvrir les yeux des plus sceptiques. Dans Nous sommes l’étincelle, roman d’anticipation, Vincent Villeminot propose une réflexion percutante sur le monde de demain en partant des choix que l’on doit faire aujourd’hui. Si la nature est le cœur du récit, c’est la famille et l’amour qui en sont les piliers. A partir de 13 ans…

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Autant de réflexions sur l’avenir et de prises de conscience qui laissent entrevoir un avenir meilleur pour lequel les jeunes d’aujourd’hui et de demain seront des acteurs responsables et engagés.

Flânez, c’est l’été !

Voici l’été. Le moment des congés qui permettent (parfois) de se retrouver et d’arrêter la course folle de l’année pour enfin prendre le temps. Pour soi, pour ses proches, et… pour la lecture !

Il s’agit à la fois de mon premier billet d’été et de mon premier SWAP. Ces premières fois, suite à mon arrivée à l’ombre du grand arbre et des échanges qui en ont découlé, sont assez émouvantes.

Les lectures se mettent au vert

Et l’émotion était justement au cœur du magnifique colis envoyé par Alice, notamment avec le très touchant En émois de Anne Cortey.

En émois, Anne Cortey, L’école des loisirs, 2019

Les émotions adolescentes exacerbées sont au cœur de ce roman se déroulant pendant les vacances d’été en Provence. Mon avis complet ici.

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Anne Cortey toujours, avec la complicité de l’illustratrice Anaïs Massini, partage dans Le souffle de l’été quatre instantanés, quatre moments qui semblent anodins mais qui sont les précieux  indices de vacances réussies. Un rêve de douceur et de simplicité qui rappellent de beaux souvenirs d’enfance. Mon avis complet ici.

Le souffle de l’été, Anne Cortey et Anaïs Massini, Grasset Jeunesse, 2017

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Ce SWAP se voulait aussi « écolo » et source de réflexion sur « l’après ». Et c’est avec Je suis l’arbre d’Eric Singelin que le pont s’est fait naturellement.

Je suis l’arbre, Eric Singelin, Gallimard Jeunesse, 2017

Un tout petit livre pop-up aux couleurs éclatantes, qui montre de manière très poétique et singulière les ressources infinies de la nature face aux agressions humaines. La vie d’un arbre évoquée en douze pages avec une rare sensibilité. Mon avis complet ici.

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Ce discours est aussi au cœur du combat de Greta Thunberg dont le livre Rejoignez-nous a été l’un des succès de ce SWAP.

Si cet « impératif » me met mal à l’aise et que certaines méthodes me semblent assez démagogiques (la grève du vendredi pour les adolescents), les initiatives et les prises de conscience se multiplient et c’est bien l’essentiel !

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Merci encore à Alice pour ce colis plein d’attentions.

Entre émotion, vacances de rêve et réflexions écologiques, il me reste à vous souhaiter un bel été !

Billet d’été : traverser la mer…

Il y a d’abord la joie de découvrir une enveloppe épaisse dans sa boite aux lettres et ensuite le plaisir de décacheter chaque paquet et d’envisager de futures nouvelles lectures. Et le voilà ! Le livre inattendu et inconnu qui a vite fait de trouver sa place au dessus de ma PAL.

Quand ce Greenswap est arrivé, je me suis dis que j’avais de la chance de vivre cette aventure épisto-littéraire A l’ombre du grand arbre. Alors c’est à travers ce blog collaboratif, pour saluer le travail participatif engagé de tous/tout.es et son esprit généreux, que j’ai choisi de vous présenter ce roman envoyé par l’Atelier de coeurs.

[Entre crochet vous trouverez donc des liens vers des articles parus sur le blog A l’ombre du grand arbre. N’hésitez pas à cliquer].

Ceux qui traversent la mer reviennent toujours à pied

Quel titre ! Une affirmation ? Comme une évidence ? Sera-t-il fidèle à l’histoire ? En tout cas, il m’interpelle, il me questionne… Je le trouve à la fois significatif et pas banal. J’ai hâte de mieux comprendre comment il faut réellement le décrypter.

[Choisir un titre n’est pas anodin, cette étiquette qui lui collera à la peau tout au long de sa vie ne se décide pas d’un simple coup de baguette magique ! Sujet intéressant à retrouver dans l’article Des livres et des titres]

Vais-je faire un long voyage sur l’eau ? Embarquer sur un voilier ? Partir pour un périple avec des escales ? Je pars en mer et j’ai envie de me laisser porter par les flots. Je sais que le voyage ne sera pas tranquille et que cette lecture “de vacances”, ne sera pas paisible et ressourçante.

[Malgré tout, parce que c’est la période, je vous propose quelques lectures légères aux saveurs et aux couleurs de l’été qui sentent bon Le ciel, le soleil et la mer…”]

Dès les premières pages tournées, je suis en compagnie de Julien, 18 ans, jeune ado à la rue qui tombe sur un drôle de gars, Bardu, alors qu’il fait du stop. Il est évident que ces deux là sont faits pour s’entendre. Dans leur solitude respective, ils vont vite trouver comment s’aider, se réconforter et entre eux se tisse une relation quasi filiale qu’aucun des deux n’espérait plus. Sous nos yeux se nouent des liens à la fois forts et tout en retenue. La génétique ne fait pas tout dans une relation père/fils…

[La figure paternelle, tantôt haïe, tantôt adorée, souvent compliquée… une sujet souvent abordé en littérature jeunesse que je vous invite à découvrir dans cette sélection].

Nos deux rescapés de la vie embarquent alors sur le Meursault, le voilier de Bardu sur lequel il importe du cannabis du Maghreb jusqu’au sud de la France. L’aventure s’annonce rock’nroll dans ce monde de mafieux. Let’s go, embarquons avec eux !

[Je suis prête à quitter la terre ferme et à larguer les amarres. J’aime les road trip qui font souffler dans un coin de ma tête un esprit de liberté. Vous aussi ? Laissez vous inspirerSur la route.]

Sept ans plus tard, on retrouve notre duo à Parlerme, Bardu a un orteil cassé, Julien a quelques appréhensions et Exaucée, une jeune congolaise, a une bonne raison de monter avec eux à bord du Meursault. Et c’est là que tout va commencer.

Ça parle de mer, de pêche, de voyage, de tempêtes…

Ça parle de rencontres improbables, d’engagement, de changement, de frontières qui n’existent plus, de revanche sur la vie…

Ça parle de trafic de drogue, de mafia, de colère, de situation écologique et surtout cela porte un autre regard sur l’immigration.

Ce personnage d’Exaucée m’a vraiment séduite : forte, franche, indépendante, parfois brûlante, toujours en mouvement, elle est un véritable rayon de soleil farouche, mais indispensable qui donne un nouveau rythme au récit.

Elle nous met face à la dure réalité de la traversée de la Méditerranée par les réfugiés tout en gardant un optimisme respectable.

[J’ai aimé ce point de vue intéressant qui complète parfaitement les titres listés dans Histoires de migrants]

Un aventure pas banale, plutôt originale et qui donne l’opportunité de réfléchir sur des questions de société. Plutôt bien vu !

Merci ! J’aime découvrir des livres que de moi-même je n’aurais pas lu !

Billet d’été : On the road

Cet été, vous avez envie de voyager, mais dans le contexte particulier que nous vivons, vous hésitez ? À l’ombre du grand arbre, nous avons la solution : voyager par les livres ! La preuve : cette semaine, inspirée par l’adorable Swap envoyé par Sophie, je vous fais traverser l’océan Atlantique et je vous emmène visiter les États-Unis – voyage garanti sans CO2, fouilles à l’aéroport ni besoin de porter un masque. Vous n’avez même pas besoin de quitter votre fauteuil préféré ! Quelques pages et la magie des mots déploie l’immensité sauvage des paysages nord-américains, les possibles des routes interminables, les villes imposantes, mais aussi et surtout la diversité de cette société qui promet de belles rencontres… Et pour le même prix, je vous offre même un voyage dans le temps ! Vous êtes prêts ? On y va !

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1860 : Missouri-Denver : 1000 kilomètres avec 1000 dindes

Difficile d’imaginer que dans un passé pas si lointain, le transport des marchandises ne pouvait se faire ni par des camions, ni par des trains. Prenez par exemple les grandes plaines américaines vers 1860. Si vous vouliez livrer votre bétail sur pied à l’autre bout du pays, il n’y avait pas trente-six solutions : il fallait l’y emmener à pied, quitte à braver les périls du Far West ! Tel est le génial sujet de ce roman, qui nous fait découvrir l’Amérique de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn : celle des chercheurs d’or et des Indiens, mais aussi celle de l’esclavagisme, de la famine et des chasseurs de bisons. Pour en savoir plus

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… 1904 : Du Sud au Nord, avec une bande d’irrésistibles aventuriers

Nous voici à l’aube de la révolution industrielle. À la place du révolver commandé par correspondance (!), P’tit Trois, Eddy, Joju et Min ont reçu une montre détraquée. Qu’à cela ne tienne, ils iront réclamer leur dû, quitte à traverser les Etats-Unis pour cela ! Leurs aventures palpitantes nous entraînent du bayou natal aux abattoirs de Chicago, en passant par la Nouvelle Orléans et les rives du Mississippi.

Un voyage qui montre une société en mutation rapide, mais qui reste minée par la ségrégation raciale. Pour en savoir plus

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… 1957 : Lutte pour l’égalité à Little Rock

Plus de 50 ans plus tard, cette page ségrégationniste n’est toujours pas tournée. Ce roman inspiré de faits réels raconte une page importante du mouvement des droits civiques : les violences racistes et la timide évolution des esprits déclenchées par l’inscription de neuf élèves noirs dans un lycée jusque-là réservé aux Blancs.

Un livre qui entretient une mémoire essentielle et évoque le courage immense de celles et ceux qui agissent en pionniers de la conquête de nouveaux droits, qui s’exposent en première ligne pour permettre à d’autres d’être acceptés, respectés et éduqués. Pour en savoir plus

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… Aujourd’hui : de la Floride à Seattle dans un ancien bus scolaire

De l’eau a coulé sous les ponts, retour à la période actuelle pour un road-trip décoiffant qui nous fait traverser le pays de bout en bout. Un voyage intense et urgent, guidé par la quête de Coyote, inoubliable fille de douze ans assortie de son hippie de père. On brûle de savoir s’ils arriveront à temps, mais se rend vite compte que cet immense chemin parcouru, ponctué de magnifiques rencontres, compte en lui-même. Pour en savoir plus

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Autant de fenêtres sur le lointain et l’Histoire que ces quatre romans. Mais aussi des textes qui invitent à rêver et à construire un monde de partage, de tolérance et de générosité. Et, particulièrement cette année, cela fait un bien fou.

Billet d’été : Arrêter le temps…

“A la bourre !!!” Voilà une expression qui me colle de plus en plus à la peau, et d’autant plus en ce qui concerne ce bel espace collectif.

Jeudi dernier, vous avez pu découvrir le Green Swap imaginé par chacune d’entre nous pour égayer l’après-confinement. Mais vous n’y trouverez pas le mien, pourtant si délicatement concocté par #céline, car je me suis emmêlée les pinceaux dans les dates et j’ai raté le coche. Encore.

Aussi pour ce premier billet d’été A l’Ombre du Grand Arbre, ai-je décidée de mettre à l’honneur la belle lecture envoyée, le coup de cœur de cette copinaute, qui m’oblige à prendre le temps, à me poser roman en main.

Les Enfants des Feuillantines est un roman signé Célia Garino paru cette année chez Sarbacane. Sa couverture est à la fois un véritable rayon de soleil avec ce jaune pétant, lumineux, et une invitation mystérieuse avec cette myriade d’animaux en plastique multicolore. Exactement ce qu’il me fallait !

Avec ses 500 pages au compteur, ses courts chapitres et sa bande de héros, sorte de cousinade permanente faute à une famille dysfonctionnelle, le temps semble passer plus lentement, se figer pour ce moment de lecture. Je m’immerge totalement dans le quotidien de cette famille pas comme les autres pour le meilleur comme pour le pire.

Le confinement a été pour moi comme une sorte de parenthèse temporelle : impossible d’être en retard quand on n’a nul part où aller, moins de pression pour tous dans la temporalité à respecter… Et le déconfinement a remis en route l’horloge et l’avancement inarrêtable des aiguilles.

Alors avec ce roman, comme une esquisse des vacances à venir, je prends le temps de savourer ma lecture, de la déguster par petits bouts, de choisir le moment propice à sa délectation.

Un grand merci Céline pour la découverte de cette jolie pépite littéraire (que je vous conseille très fortement) et un mea culpa auprès des arbronautes pour cette ponctualité nécessaire qui me fait si souvent défaut.

Et n’hésitez pas à aller lire quelques pages par ici.