Sélection thématique : Le conformisme

Cette semaine, nous vous partageons une sélection thématique sur le fait d’être dans les clous … ou justement l’intérêt de ne pas l’être et de savoir imposer ses envies et sa différence.

  • L’épopée des pions d’Audren, éditions MeMo.

Un roman premières lecture de la collection polynie sur les aventures d’un pion de dames… pas comme les autres !

Les avis d’Aurélie, Isabelle ,Pépita

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  • Hamaika et le poisson, de Pierre Zapolarrua, éditions MeMo.

Également dans la collection Polynies, l’histoire de l’amitié improbable entre une poule et un poisson qui ne ressemblent pas aux leurs et persistent à tracer leur route hors des sentiers battus…

L’avis de Pepita, Hashtagcéline et Isabelle

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  • Princesse Kevin de Michael Escoffier, Glénat.

Un album où un petit garçon aime se déguiser en princesse.

L’avis d’Aurélie

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  • Marin Morhange et la robe mandarine.Editions Goater

Un album de l’éditeur breton où un petit garçon est rejeté dans la cour car il aime porter une robe.

L’avis d’Aurélie

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  • Comme tout le monde de Charlotte Erlih et Marjolaine Leray. Talents hauts

L’histoire d’une caravane qui souhaite s’installer dans un village. Hélas elle a du mal à se faire accepter.

L’avis d’Aurélie

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  • Le nouveau pull-over d’Oliver Jeffers. Ecole des loisirs

Ou l’histoire d’un pull-over pour se différencier des autres mais que se passe-t-il quand cet objet devient commun à tous ?

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  • Un jour mon prince viendra ou pas, de Sandra Nelson. Gautier-Langereau

Un anti conte de fées pour montrer qu’une princesse a toujours le choix.

L’avis de Sophie

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  • Le troisième fils de Monsieur John, de Nadine Brun-Cosme, Sarbacane.

À travers la métaphore des arbres plantés à la naissance de chaque enfant, dont le troisième pousse à sa façon, déployant ses branches dans tous les sens, cet album nous parle de parents confrontés à un enfant qui sort des sentiers battus… et peut réserver des surprises aussi belles qu’inattendues…

L’avis de Bouma et d’Isabelle

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  • Calpurnia, de Jacqueline Kelly, École des loisirs.

Calpurnia grandit dans le Texas de 1899. Son entourage la destine à l’apprentissage des bonnes manières et des tâches ménagères. Mais voilà : ce qui intéresse vraiment la jeune fille, c’est l’observation de la flore et du comportement des animaux…

L’avis d’Isabelle et de Pepita

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  • Le môme en conserve, de Christine Nöstlinger, Livre de Poche.

Un classique qui tourne en dérision le mythe de “l’enfant modèle” et qui propose une réflexion réjouissante sur une réflexion distanciée sur l’éducation et les qualités des « bons » parents…

L’avis d’Isabelle

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  • George, d’Alex Gino. L’école des loisirs

George se pose des questions en toute simplicité sur lui, sur sa vie et ses envies alors que dans ce corps de petit garçon, il sent bien que sommeille une petite fille..

L’avis d’Alice

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  • Je m’appelle Mina et j’adore la nuit de David Almond, Gallimard jeunesse

http://storage.canalblog.com/17/48/655452/73480107.jpg

Quand on n’entre pas dans les cases sociales, on se réfugie dans son imaginaire pour rester en équilibre. Un roman incroyable dans sa forme !

L’avis de Pépita

Et vous, connaissez-vous d’autres livres abordant cette thématique ?

Des arbres et des livres

A l’ombre du grand arbre, on aime se poser, se promener, discuter, échanger …

A l’ombre du grand arbre, on aime se retrouver, se rassurer, s’épauler …

A l’ombre du grand arbre on aime bien sûr lire et bouquiner ….

Hommage à cette force de la nature, à ces racines bien ancrées et à ces rencontres étoilées : un peu d’arbres dans la littérature jeunesse…

 

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Pour Alice, l’arbre est synonyme de cachette et d’évasion avec :

Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, Gallimard, 2019

Ou l’histoire de la courageuse Mafalda, pleine de joie, de chagrin, de colère qui avec son imagination nous apprend à voir le monde autrement alors que la maladie est en train de lui ôter la vue.

Ma fugue dans les arbres d’Alexandre Chardin, Magnard, 2019

Après, une nouvelle colère de son père, Tine décide de fuguer dans les arbres. les aventures ne font alors que commencer pour cette enfant sauvage que rien n’arrête !

Un roman plein d’humour et de délicatesse aussi !

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Pour Pépita et son Méli-Mélo de livres, l’arbre est synonyme de connivences et de racines avec :

L’arbragan de Jacques Goldstyn, La Pastèque, 2015.

Une merveille de sensibilité et de poésie entre ce jeune garçon et son chêne, dans lequel il trouve refuge, en toutes saisons. Son avis.

Un arbre une histoire de Cécile Benoist et Charlotte Gastaut Actes sud junior, 2018
http://www.actes-sud-junior.fr/files_asj/couvs/500/9782330111458.jpgUn magnifique album entre conte et documentaire qui associe une histoire à chaque arbre présenté : l’effet montre combien les arbres sont liés à l’humanité. Un bijou ! Son avis.
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 Pour Ada, la collectionneuse de papillons, l’arbre est devenu un compagnon, un être vivant dont la générosité sans faille est à protéger absolument. C’est cet amour que suggérait Shel Silverstein dans son album devenu un classique de la littérature jeunesse intitulé L’arbre généreux publié par L’école des Loisirs pour la première fois en 1982.
L’avis d’Ada par là.
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Pour Aurélie, ce fut aussi le prétexte d’une belle rencontre d’auteure lors d’un salon autour du livre “Le dernier arbre” d’Ingrid Chabbert chez Frimousse.
 Deux jeunes garçons découvrent le dernier arbre de leur ville, qui risque d’être détruit. Ils prennent alors à coeur  la mission de lui trouver un nouveau refuge. C’est album émouvant est illustré par Guridi.
Son avis et celui de Pépita.
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 Pour Bouma, l’arbre est un symbole de sagesse. Ancestral, patient, les générations filent devant lui.
Il était un arbre d’Emilie VastMeMo, 2012
Comme l’arbre de cette histoire qui voit passer les saisons, il faut prendre le temps de lire avec les yeux cet album aux multiples détails… Son avis complet.
Le jour où le grand chêne est tombé de David et Caudry. Thierry Magnier, 2017
 
Une histoire presque mythologique aux préoccupations écologiques qui résonnent comme un cri d’alarme. Son avis ici.
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Yoko Lulu et Solectrice aiment les arbres dans leur jardin. C’est pour cela qu’elles ont aimé cet album qu’elles vous invite à découvrir ici.
Le Jardin voyageur de Peter Brown. Nord Sud, 2010
 
On vous recommande aussi ce roman, qui se passe dans la forêt japonaise de l’île d’Hokkaido. C’est un coup de cœur pour Yoko Lulu, elle a adoré ce récit d’un garçon perdu dans une forêt !
Dans la forêt de Hokkaido d’Eric Pessan, Ecole des Loisirs, 2017
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L’arbre qui pousse peut aussi être une jolie métaphore… Isabelle a énormément aimé celle que proposent Nadine Brun-Cosme et Christine Davenir dans Le troisième fils de Monsieur John (Sarbacane, 2018).
 À la naissance de chacun de ses trois fils, Monsieur John plante une graine et un arbre grandit. Tous admirent le bel arbre qui pousse bien droit, emplissant de fierté le papa jardinier. Mais le troisième arbre est à l’image du dernier-né : il pousse à sa façon, déployant ses branches tordues dans tous les sens et suscitant la perplexité des voisins… Son avis et celui de Bouma.
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L’arbre offre aussi évidemment un terrain de jeux que les uns trouveront merveilleux, les autres… vertigineux ! Pombo Courage, d’Émile Cucherousset (Éditions MeMo, collection Petite Polynie, 2019), c’est une couverture ravissante, une histoire en forme de conte, un roman dans lequel on entre avec le sentiment réjouissant de renouer intensément avec l’enfance. Les avis d’Isabelle, d’Aurélie, d’#Céline et de Pépita.
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Au pied de notre arbre, nous vous souhaitons avec cette sélection, un beau voyage livresque ….

Les coups de coeur de l’été

L’été est déjà terminé… Les vacances ont permis de souffler et de profiter de ce repos bien mérité.

Et par ici, bien installés A L’Ombre Du Grand Arbre, vous avez pu découvrir les traditionnels billets d’été.

Pour ceux et celles qui seraient passés à côté, voici une petite session de rattrapage qui vous permettra de retrouver nos sélections toutes différentes mais pleines de bonnes idées !

  • Dans le baluchon des élèves d’Ada (Colette)
  • Dans la valise de la soeur de Yokolulu (Yokolulu)
  • Cinq albums échos aux petits plaisirs de l’été (Solectrice)
  • Des réserves d’imagination dans le colis d’Anouk (Isabelle)
  • Et pourquoi pas des BD dans le fond de la valise ? (Bouma)
  • Dans le sac à dos des enfants d’Aurélie sur la route des vacances (Aurélie)
  • Dans la valise de mes nouveaux collègues (Pépita)
  • 5 ans de lecture pour Morgan (Sophie)
  • Dans le petit sac de livres d’Ernestine (HashtagCéline)

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Et voici nos coups de cœur de l’été !

Pour HashtagCéline, c’est Louisiana de Kate DiCamillo paru chez Didier Jeunesse qui a mis un peu plus de soleil dans ses vacances. Son avis ICI.

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Pour MéLI-MéLO de livres, c’est une trilogie déjà devenue un classique de 1115 pages qui a enthousiasmé l’été de Pépita et lui a donné très fort à-propos une couleur d’À la croisée des mondes de Philip Pullman chez Gallimard jeunesse. Son avis ICI.

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Le road-trip d’Ada, la collectionneuse de papillons, a été bercé par les témoignages riches et enthousiasmants des auteur.e.s jeunesse qui ont livré leurs secrets de créatrices et de créateurs sur Histoires de jeunesse, un podcast initié par l’éditeur Bayard. Vous y retrouverez Anne-Laure Bondoux, Marie-Aude Murail, Murielle Szac, Jean-Claude Mourlevat, Clémentine Beauvais, Marie Desplechin, Antoine Dole, et Timothée de Fombelle. Ouvrez-grand vos oreilles !

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Pour Alice, qui a attendu dans les aéroports, c’est la liberté de vivre de Victor et Yazel qui lui a offert un bon moment de lecture.

Nos mains en l’air de Colline Pierré, Éditions du Rouergue

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Chez Bouma et son Petit Bout de Bib(liothèque), c’est Iskari T.1 de Kristen Ciccarelli (chez Gallimard jeunesse) qui est venue enchanter ses journées ensoleillées. On y suit une chasseuse de dragons pas comme les autres dans une aventure fantasy sous fond d’intrigue politique, familiale et romantique. A ne rater sous aucun prétexte !

Son avis ICI.

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Aurélie n’a pas beaucoup lu cet été malgré le contenu de sa PAL, pourtant à la fin de l’été, elle a eu la bonne surprise de découvrir “Surf” de Frédéric Boudet chez Mémo dans la collection Polynie. L’histoire touchante d’Adam sur fonds de d’abandon paternel, de deuil et quête de soi. Une bonne lecture pour les ados et les adultes.

Son avis et celui d’Isabelle

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Yoko Lulu a lu plein de pépites durant ses vacances, et c’était dur de trouver un préféré ! Le livre qu’elle a choisi est Gipsy Book de Sophie de Mullenheim. Un superbe livre qui parle d’un autre livre, mais aussi de l’engagement de Claire dans une association humanitaire et de Raphaël et Pablo qui tentent de survivre dans un des plus grands bidonvilles du Mexique. Touchant et prenant, Yoko Lulu n’a pas réussi à le lâcher avant de l’avoir fini et vous le recommande chaudement !

Son avis.

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Sophie a aimé partagé le quotidien de Grace et Tippi, deux sœurs siamoises qui font leurs premiers pas au lycée sous le regard des autres. Tendresse, amitié, amour, peur, ce roman en vers libre nous fait vivre les émotions de Grace, la narratrice au point qu’on oublie parfois que sa sœur est juste là aussi.

Son avis

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Enfin, Solectrice, qui avait emporté pas mal de romans dans ses bagages a fondu devant La théorie de l’iceberg de Christopher Bouix Chez Gallimard. Pas seulement parce qu’il se déroule le temps d’un été, ni parce que l’on est au bord de la mer, mais parce qu’on plonge dans des univers insolites et que l’on voit comment des rencontres peuvent changer une vie.

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Isabelle a profité de l’été pour se lancer dans de longues lectures à voix haute avec ses garçons. Leur coup de cœur collectif va probablement au premier roman de Flore Vesco qui leur en a fait voir de toutes les couleurs, dans un décor moyenâgeux ébouriffant !

Son avis.

 

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Vous avez sûrement glané de quoi prolonger l’été avec nos coups de cœur… Alors profitez-en bien et abordez la rentrée avec légèreté.

Sélection thématique : Les secrets

Après la lecture commune de l’Arrêt du coeur, les blogueuses d’À l’ombre du grand arbre ont remarqué que le secret concernait beaucoup de lectures de leurs bibliothèques. Elles vous en proposent quelques-unes cette semaine.

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La forêt s’agite. Renarde a un secret, qu’elle décide de partager. Les animaux se le transmette d’oreille en oreille jusqu’à ce que ça n’en soit plus un ! Un livre tendre sur la naissance.

Le secret, Emile Vast. Editions Mémo. 2015

Les avis d’Alice et Aurélie.

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Un secret sur fond de colonialisme.

Tous les oiseaux savent. Claire Mazard. Oskar jeunesse. 2017

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L’histoire d’un garçon particulièrement secret, à la recherche de ses origines…

Vango. Timothée de Fombelle.Folio Junior. 2010

Les avis d’Isabelle et de Bouma

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Un roman à huis clos où une mère embarque sa fille dans une cabane au fond des bois et se dévoile le temps d’une nuit.

L’aube sera grandiose. Anne-Laure Bondoux. Gallimard jeunesse. 2017

Les avis de Pépita, SophieHashtag Céline et Aurélie et notre lecture commune.

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Une BD touchante et un secret omniprésent…

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill. Jean Regnaud et Emile Bravo. Gallimard. 2007.

Les avis de Bouma et de Sophie.

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Un jeu de piste à découvrir pour percer à jour le secret d’une maison singulière !

Volubilis. Max Ducos. Sarbacane. 2006

Les avis d’Isabelle et de Sophie

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Une série BD.

Les carnets de Cerise. Joris Chamblain et Aurélie Neyret . Soleil. 2012. 

Les avis de Bouma et Solectrice.

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Un album mettant en scène un loup qui doit affronter tous les préjugés sur son espèce. Mais grâce à la pureté d’un petit garçon, il a désormais un secret.

Le secret du loup. Florian Pigé et Morgane de Cadier. Hong Fei éditions. 2017

Les avis de Sophie, Chlop et Aurélie.

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Une petite souris trouve un trésor (une pomme) et souhaite le garder secret, elle l’enterre. Mais la nature va vite se dévoiler.

Le secret. Eric Battut. Didier Jeunesse. 2004.

L’avis de Chlop.

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L’histoire d’une jeune fille qui enquête sur la mort mystérieuse de ses parents.

Un si terrible secret. Evelyne Brisou-Pellen. Rageot.  1997 (réédition 2017)

L’avis de Yoko Lulu

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Un roman avec des énigmes à résoudre.

Le secret du grand-oncle Arthur . Véronique Delamarre-Bellego. Oskar Jeunesse. 2012

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Quand une inconnue fait voler ta famille en éclats

Comme une envie de voir la mer. Anne Loyer. Alice éditions. 2015

Les avis de Pépita, Bouma et Alice

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Un livre d’art.

L’arbre de Sobo. Marie Sellier et Charlotte Gastaut .Réunion des Musées Nationaux. 2018

L’avis de Pépita

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Un secret en plein cœur de la première guerre mondiale.

Capitaine Rosalie. Timothée de Fombelle et Isabelle Arsenault. Gallimard. 2018

Les avis de Pépita, Hashtag Céline et Sophie. Lecture en duo à lire sur le blog.

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Un splendide album écologique et un secret qui fait peur à tous, sauf à la petite Erine qui est bien décidée à le percer à jour…

Le secret du rocher noir. Joe Todd-Stanton. L’Ecole des loisirs. 2018

Les avis de Pépita, Isabelle et Sophie.

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Les non-dits familiaux (dont l’anorexie) dans le contexte de la deuxième guerre mondiale.

Sobibor. Jean Molla. Gallimard. 2003

Mémoire en eaux troubles, de Joëlle Van Hee. Éditions du Jasmin. 2017

L’avis d’Isabelle

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Des romans adultes à mettre dans les mains de nos ados :

Rien ne s’oppose à la nuit. Delphine de Vigan. J-C Lattès.2011

Un secret. Grimbert Philippe. Grasset. 2007

Nous espérons que tous ces secrets vous auront inspirés…

 

 

 
 
 
 
 

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Lecture commune : L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine

L’arrêt du cœur est un roman de la collection Polynie des éditions MéMo d’Agnès Debacker illustré par Anaïs Brunet. Il parle de Simon, un jeune garçon de 10 ans qui se retrouve confronté à la mort de sa voisine, dont il était proche. En cherchant à rapporter un souvenir d’elle, il découvre l’amour, celui de Simone, à l’époque de la guerre d’Algérie. Nous sommes plusieurs à l’avoir apprécié et nous partageons avec vous notre lecture commune.

L’arrêt du coeur d’Agnès Debacker et Anaïs Brunet. Editions MéMo.

Aurélie : A quoi vous attendiez-vous en découvrant la couverture ? 

Pépita : Difficile à dire pour la couverture ! Pas de lien si évident entre ce jeune garçon assis, tenant une théière rouge entre ses mains et écoutant ce qu’elle a à lui dire, et le titre ! Une histoire d’amour mais pas vraiment celle à laquelle je m’attendais.

Aurélie : Je m’attendais à un roman à l’eau de rose, un jeune garçon amoureux qui colle la théière contre sa joue, peut-être car sa bien-aimée l’a touchée.

Isabelle : Comme vous, je me suis attendue à une romance ! Le titre, associé à la couverture aux tons pastels qui représente un garçon rêveur… C’est en tout cas ce qu’ont pensé mes garçons, même si comme tu le dis Pépita, c’est trompeur – et c’est un peu dommage, car ils sont un peu comme le protagoniste, Simon qui dit à un moment : « selon toute vraisemblance, j’ai affaire à une histoire d’amour et moi, les histoires d’amour, ça m’ennuie au plus haut point ». De mon côté, je considère les romans de la collection Polynie comme une valeur sûre garantissant des voyages hors des sentiers battus. Je n’ai pas hésité et je me suis plongée dans la lecture avec beaucoup de curiosité !

Hashtag Céline : Honnêtement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Plutôt une histoire d’amour mettant en scène des adultes. Comme je le fais de plus en plus, je ne le lis plus le résumé afin de me garder le plaisir de la découverte, surtout chez MeMo. Sur la couverture, c’est Simon. Mais sans lire ce roman, même si on le comprend vite, je trouve qu’on n’identifie pas immédiatement ce personnage comme un enfant. De fait, en découvrant l’histoire et l’âge de Simon, j’ai été plutôt étonnée !

Bouma : En ce qui me concerne, et ayant lu le résumé, la couverture m’a rappelé les éléments clés de l’histoire à savoir un jeune garçon cherchant à connaître les secrets contenus dans cette vieille théière rouge.

Aurélie : Le roman mélange le drame et l’enquête. Pour sa forme, le récit n’est pas découpé en chapitres mais est entrecoupé des belles illustrations d’Anaïs Brunet, qu’avez vous pensé de cette proposition et quel impact a-t-elle eu sur votre lecture ? 

Pépita : Je ne me suis aperçue de l’absence de chapitres qu’après un petit moment, à vrai dire, mais j’ai eu aussi besoin de m’arrêter par moments, pour mieux savourer cette histoire. J’ai aussi beaucoup aimé que le fil soit déroulé d’un seul jet avec ces illustrations, qui le ponctuent. Cela donne une fluidité et une profondeur.

Aurélie : Comme toi Pépita, je n’ai pas vu sur le moment qu’il n’y avait pas de chapitres. Le roman m’a fait le cœur lourd, mais je n’arrivais pas à lâcher le livre. Ses illustrations m’ont permis de prendre mon souffle dans ma lecture.

Isabelle : De mon côté, j’ai remarqué assez vite l’absence de chapitres et le système de respiration autour de grandes illustrations : pourquoi pas ? Pour moi, ça a été une incitation à dévorer le roman d’un trait. La construction de l’intrigue autour de l’enquête de Simon est très réussie à mon sens : une manière de tenir le lecteur en haleine de bout en bout et d’éviter un registre trop dramatique autour du deuil de Simon.

Hashtag Céline : J’ai trouvé aussi que l’ensemble était très fluide et que tout justement s’imbriquait parfaitement. Texte et illustrations se répondent et se complètent. De fait, je ne me suis posée aucune question pendant ma lecture sur la présence ou non de chapitres. Je me suis trouvée complètement happée par ce roman. Grâce à cette ambiance qui s’installe aussi bien par la musique des mots que les couleurs des illustrations, j’ai suivi avec beaucoup d’émotion Simon dans son travail de deuil puis cette enquête étonnante, qui apporte un souffle nouveau à l’histoire.

Bouma : L’absence de chapitres ne m’a pas du tout gênée dans ma lecture puisque, comme vous l’avez toutes dit, il y a ces grandes illustrations en forme de pause. Et en plus, le texte comporte quand même des sauts de paragraphes, entre deux scènes, deux moments temporels, qui permettent à ceux qui le veulent de stopper leur lecture plus aisément.

Aurélie : Le roman met en avant différents thèmes : le deuil, le lien affectif,le secret et l’Histoire. Il regorge d’émotions, pensez-vous que c’est un roman intergénérationnel? 

Pépita : Oui, totalement intergénérationnel. Il s’inscrit dans une filiation forte, celle du sang mais aussi celle de l’amour, de l’amitié, comme un kaléidoscope. Simon fait le lien avec tout le monde sans vraiment le savoir.

Aurélie : Pour moi l’histoire parle à tout le monde, l’intensité dégagée par le texte et les illustrations touche les enfants comme les adultes. J’ai aimé la diversité des thèmes même si le deuil est pour moi prédominant. Quant au lien effectif, en effet Pépita, il relie tous les personnages de l’histoire : de l’amitié de Simon et Simone, l’amour de Simone et Farid, de Safia et Farid et l’amour maternel des parents de Simon qui s’inquiètent pour lui. Le côté intergénérationnel est aussi pour moi dans le sens de transmission. En effet ,avec l’évocation de la guerre d’Algérie, les enfants peuvent découvrir l’impact de l’histoire avec un grand H sur leur entourage, qu’une chose réduite à un fait appris en cours ait été un jour le quotidien de quelqu’un. Je sais pas si ça vous a fait ça à vous aussi mais avec ce secret je me dis « mais combien de choses nos grands parents vont-ils emporter dans la tombe? », on le voit bien avec Simone.

Isabelle : Je suis d’accord avec vous, ce roman est très riche ! La relation de Simon et de Simone est très belle, faite de multiples petits moments de partage et de complicité… Et pourtant, l’enquête de Simon va l’amener à découvrir des pans inconnus de la vie de Simone et, à travers son histoire, des pages de l’Histoire avec un grand H que sa génération et celle de ses parents n’ont pas vécues. Cette profondeur m’a surprise, surtout au dénouement du roman, et apporte vraiment quelque chose en plus. Je pense comme toi, Aurélie, qu’il s’agit d’un roman intergénérationnel et j’ai vraiment envie de le découvrir et de parler de ces événements historiques avec mes enfants quand ils seront prêts. La génération de nos parents ou de nos grands-parents ont vécu des choses importantes, même si souvent traumatisantes, dont nous gardons une mémoire vivante grâce à nos interactions avec eux. C’est essentiel de la transmettre aux générations suivantes, et la littérature jeunesse a sans aucun doute un rôle à jouer !

Hashtag Céline : Clairement oui. Le roman fait le lien entre deux époques, deux vies différentes. Il permet à Simon d’entrevoir son amie, son histoire et l’Histoire autrement. Mais c’est aussi le récit d’une belle amitié entre un jeune garçon et une vieille femme, d’une relation dans laquelle l’âge n’avait pas d’importance.

Bouma : Je serais curieuse de la réaction d’une personne âgée face à ce texte. Le ressent-elle comme nous, comme le jeune héros de l’histoire ? En tout cas, je reste très émue par cette amitié, si forte qu’elle dépasse le préjugé des âges. Et je vous rejoins sur les histoires familiales liées à un contexte historique : je pense que la pudeur nous retient souvent de poser les questions mais que chaque personne cache en elle une partie de son histoire.

Aurélie : La théière est un objet transitionnel, quelle symbolique a-t-elle eu pour vous? 

Pépita : J’ai adoré sa présence, d’ailleurs j’en ai une bleue du même style et je me demande si je ne vais pas la détourner aussi ! Elle symbolise les petits secrets et aussi le souvenir de ces petits moments partagés autour d’elle. Elle fait le lien entre l’avant et l’après, elle permet à Simon d’accepter peu à peu la mort de sa Simone en restant vivante à travers elle. Elle lui permet de grandir. Quelle belle idée !

Aurélie : La théière me fascine, je n’arrive pas à savoir si c’est ce qu’elle représente : l’objet qui permet à Simon de faire son deuil, ou sa représentation avec la présence des illustrations d’Anaïs Brunet. En tout cas, elle représente aussi pour moi une métaphore du lien : celui qui lie Simone à Simon, Simone à Juliette et Simone à Farid mais aussi entre Simon et Juliette !

Isabelle : Sur la couverture, Simon colle son oreille contre cette théière comme on le fait avec un coquillage pour entendre la mer… Avant de lire le roman, j’ai interprété ce geste en l’attribuant à une rêverie. À la lecture, on comprend que cet objet est associé à d’innombrables moments privilégiés avec Simone, que leur écho résonne probablement encore à l’intérieur… Je trouve pertinent de parler d’objet transitionnel comme vous le faites, car elle aide Simon à vivre sans Simone, comme il avait pu aider Simone à vivre sans Farid.

Hashtag Céline : Cette théière, j’y ai beaucoup pensé. Je me suis mise à la place de Simon et je me suis posée cette question : tu aurais fait quoi toi, étant enfant? Tu aurais lu ou non les petits papiers? Cette théière est “magique”. Lire les secrets et les vœux qu’elle contient, c’est transgresser un interdit et peut-être même s’attirer des ennuis ! Mais comme Simon, j’aurais sans doute fait pareil, au risque d’y découvrir des choses que j’aurais préféré ne pas savoir. J’ai trouvé que la théière était un joli symbole rassemblant à elle-seule tous les éléments importants du roman : le souvenir de Simone, tous ses secrets mais aussi l’enfance et l’innocence de Simon.

Bouma : On pourrait presque rapprocher cette théière des journaux intimes ou carnets que l’on écrit à tout âge. Ils ne sont fait que pour nous, et en même temps révéleraient bien des choses à quiconque les lirait.

Aurélie : Simon découvre l’histoire de son pays et le racisme avec son ami, on a l’impression qu’avec la mort de Simone, un voile s’est levé. Il est en début d’adolescence et découvre doucement le monde des adultes. La nièce de Simone a-t- elle un rôle de passerelle entre ces deux mondes ?

Pépita : Je ne l’ai pas vue comme ça. Je l’ai vue comme une confidente, qui en a compris bien plus que ce qu’elle veut bien laisser croire. Elle accepte la présence de Simon avec naturel et une certaine bonhomie, sans mort dans l’âme. Elle est comme un tourbillon, qui s’arrête pour l’écouter parler de Simone, entrer dans le jeu de découvrir ce mystère de cet amour de jeunesse. Elle est la seule adulte dont Simon ne se méfie pas. A travers elle, il découvre aussi qu’une personne n’est jamais vraiment disparue. Il baisse sa garde enfin avec elle. Elle lui permet de lui faire confiance. Et c’est énorme pour lui qui se sent si bouleversé !

Aurélie : Pour moi le choix de l’âge de Simon permet d’évoquer implicitement le passage dans un âge de transformation : l’apprentissage du deuil et la disparition de Simone qui a été sa nounou, la découverte de l’amour et du visage différent des gens qui l’entourent et la découverte de la bêtise des adultes avec ses nouvelles interrogations avec son ami Sofiane. J’ai ressenti le personnage de Juliette comme un guide ou plutôt un passeur entre ce monde de naïveté et le monde beaucoup moins rose des adultes.

Isabelle :  C’est vrai qu’elle a une manière singulière de lui expliquer les drames personnels de Simone et historiques liés à la guerre d’Algérie, avec des mots simples et forts qui parleront aux jeunes lecteurs. Je vois un peu de ce que vous dites toutes les deux. Les traces de la Juliette enfant, que renferme la théière, la rapprochent de Simon. Par ailleurs, elle est très bienveillante, ouverte et à l’écoute de Simon qui en a bien besoin.

Hastag Céline : Pour moi, la nièce de Simone est plutôt là comme un soutien. Elle permet à Simon d’aller au bout de ses recherches. Elle accepte de parler de la vieille femme, chose que lui refusent tous les autres adultes autour de lui, de peur qu’il souffre. Elle lui permet de faire vivre le souvenir de Simone. Et avec sa bonne humeur et son dynamisme, elle l’aide un peu à passer cette épreuve. C’est un personnage dont l’arrivée dans le récit m’a fait du bien. Comme soulagée… Sentant que Simon serait enfin moins seul face à tout ça.

Bouma : Je ne m’attendais pas du tout à l’évocation de cette période historique souvent méconnue, et je ne doute pas que cela amènera les enfants à vouloir en savoir plus. Concernant le rôle de la nièce de Simone, elle fait, pour moi, écho à l’enfant qu’est Simon. Ils ont partagé sans le savoir les mêmes rituels et les mêmes souvenirs de Simone, ce qui les rapproche intrinsèquement.

Souhaitez-vous évoquer d’autres thématiques du roman ? 

Pépita : oui, le souvenir. Dans toutes ses dimensions : celui qu’on a des moments passés avec une personne qu’on aime, celui qu’une personne laisse après sa disparition. Je trouve que c’est un thème fort du roman pour un jeune garçon de 10 ans qui a peu d’années de vie, encore, même s’il a passé les deux chiffres. Et aussi le secret : jusqu’où se permettre de lever le voile sur le secret d’une personne disparue ? Je me suis posée cette question tout du long… En même temps peut-être que Simone voulait-elle qu’on le découvre en le glissant dans cette théière ? Mais peut-être n’y a -t-elle pas pensé… Ce petit mot glissé est pour elle une façon de se souvenir… comme une bouteille à la mer. J’ai aussi été très sensible à l’évocation des odeurs : chez Simone, chez sa vieille amie à qui Simon va rendre visite…

Aurélie : Oui, c’est vrai que ces trois thèmes sont bien présents. Pour le secret, je pense que Simone malgré sa tentative (puisqu’elle a emporté ses lettres dans son cercueil) n’a pas réussi à garder son secret intact. Simon a succombé à son désir de curiosité alors qu’au départ, en prenant la théière, il voulait simplement cacher les siens !
Pour les odeurs, ça m’a beaucoup marqué au début de récit avec aussi le fait qu’il demande à répétition le déroulé de la scène de la découverte de la gardienne.

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Les avis de Pépita, Céline Hashtag, Isabelle et Aurélie

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A lire les entretiens de l’auteure sur le blog de Nouvelles de polynies