Nos coups de coeur de janvier

Les épisodes neigeux ont été encore un prétexte à nos arbronautes pour lire un peu plus ce mois-ci. Quels livres avons-nous lus sous notre plaid ?

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Aurélie de l’atelier de cœurs a beaucoup aimé l’album des éditions Les Braques.

Cet éditeur propose un bon catalogue de livres musicaux. L’arpenteur n’est pas nouveau mais une belle trouvaille à lire à voix haute. Un gardien de mots qui part à la quête des origines de ses failles. Une histoire sur la curiosité et la peur de l’inconnu.

L’arpenteur de David Sire et Magali Le Huche- Les éditions Les Braques

Son avis

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Sur son île aux trésors, Isabelle a déniché de nombreuses pépites ce mois-ci ! Mais le coup de cœur va sans hésitation à Jefferson de Jean-Claude Mourlevat, paru chez Gallimard jeunesse en 2018. Ce roman policier animalier est aussi improbable que réjouissant (ce n’est pas pour rien qu’il figure, avec deux autres romans magnifiques, dans notre sélection pour le prix “Grandes feuilles” !).

Son avis, celui de Pépita, de Hastagcéline et de Bouma

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Dans son Méli-Mélo de livres, Pépita a lu de si belles histoires en ce début d’année !

Mais son choix va sans hésiter vers cet album chef d’œuvre de Rebecca Dautremer : Les riches heures de Jacominus Gainsborough.

Un album d’une richesse inouïe, sensible, poétique, sans doute l’un des plus beaux qu’elle ait pu lire dernièrement.

Son avis et celui de Sophie 

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HashtagCéline aime les histoires qui l’emmènent là où elle ne s’y attend pas. Avec Les yeux d’Aireine de Dominique Brisson paru chez Syros, elle a trouvé son bonheur. Entre passé et présent, ce roman lui a embrouillé l’esprit mais l’a touchée en plein cœur.

Son avis

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Dans son Petit Bout de Bib(liothèque), Bouma a glissé un album aux tons hivernaux qui sonne comme un écho à la fragilité des cœurs et des esprits : L’Hiver d’Isabelle de Jeanne Macaigne chez MeMo.

Son avis

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Pour Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie, c’est Le nid de Stéphane Servant et Lætitia Le Saux qui a fait chavirer son petit cœur dans la douceur. Un bel album sur les prémices de l’arrivée d’un oisillon avec le hasard des rencontres et de l’amour.

Son avis et ceux de Pépita et Chlop

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Sur les Lectures lutines, le livre qui a charmé YokoLulu et Solectrice est La fille d’avril d’Annelise Heurtier. Ce roman raconte la vie d’une adolescente qui se passionne pour la course dans les années 1960, hors ce loisir était vu comme dangereux pour les femmes à cette époque. L’auteure a très bien su retracer le quotidien d’une fille de 15 ans au temps de Mai 68.

Leur avis et ceux de Pépita, d’Alice et de HashtagCéline

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Chloé (littérature enfantine) à craqué pour un album paravent, un formidable objet pour se faire une cabane mais aussi une grande bouffée d’oxygène. Ma maison, Laetitia Bourget, Alice Gravier, les grandes personnes

Son avis ici

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Il ne vous reste plus qu’à essayer ses lectures pour passer de bons moments, caché sous la couette.

Prix A l’Ombre du Grand Arbre 2019 : Grandes feuilles et Belles branches

C’est reparti pour un tour !

Les Prix A l’Ombre du Grand Arbre reviennent pour leur 5ème édition. Et, comme chaque année, les blogueuses qui y bouquinent vous ont concocté des sélections qu’il sera difficile de départager.

Car le principe est simple, c’est au public de faire son choix parmi les livres proposés.
Pendant les prochains mois, nous vous proposerons au vote les différentes catégories du Prix. Vous aurez donc jusqu’au dimanche 5 mai pour voter ! Les résultats seront diffusés le jour des 7 ans du blog le 9 mai.

On commence tout de suite avec les 2 catégories romans :

Prix ALOGDA 2019, catégorie Grandes feuilles
(c’est-à-dire Romans jusqu’à 11 ans)

Quel est votre roman enfant préféré ? Catégorie Grandes feuilles

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Prix ALOGDA 2019, catégorie Belles branches
(Romans à partir de 12 ans)

Quel est votre roman ados préféré ? Catégorie Belles branches

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A vos lectures et… à vos votes !

Prochain rendez-vous le lundi 25 février pour les sélections Sous-bois (OLNI) et Branches dessinées (BD).

 

Souvenirs


Avant de changer d’année, des souvenirs pleins la tête, explorons quelques lectures qui nous ramènent en arrière. Voilà un thème qui traverse de nombreuses fictions jeunesse, qu’il soit seulement évoqué ou au centre de l’histoire. Entre réminiscences familiales et moments durs à digérer, ces fenêtres ouvertes sur le passé nous touchent souvent.

 

Dans Le Tiroir à histoires

June et Jo – les souvenirs de Séverine Vidal et Amélie Graux

La maison en petits cubes de Kunio Katô et Kenya Hirata

 

Lire les avis de Bouma, Sophie et de Pépita.

 

Bouche Cousue de Marion Muller-Collard

Ce récit tourne autour d’un souvenir de jeunesse qui remonte à la surface suite à un événement.

Lire l’avis de Pépita

 

 

Sur Méli-Mélo de livres

 

Le jardin des ours Fanny Ducassé. Thierry Magnier.

Quand se souvenir de ses deux grands-pères, aujourd’hui disparus, donne un album d’une rare sensibilité et aux illustrations magnifiques.

Lire aussi les avis de Céline et Sophie

 

L’armoire Anne Cortey, illustré par Claire de Gastold. Grasset jeunesse.

Une armoire, métaphore de la grand-mère disparue et dont la présence angoisse une petite fille. Quand les souvenirs rattrapent les générations qui suivent, une approche bien vue.

 

La couverture : une histoire en petits carreaux (de tissu) Isabel Minhos Martins Yara Kono. Editions Notari.

Une histoire qui sublime le souvenir, le partage, la transmission entre générations.

 

Sur les Lectures Lutines

Le Jardin de Minuit d’Edith. Editions Noctambule.
Quand un enfant partage mystérieusement les souvenirs d’une demoiselle dans un fabuleux jardin.
Lire aussi les avis de Bouma et Sophie

La belle histoire d’une Vieille Chose, de Louis Emond et Steve Adams.

Quand une voiture se souvient de ce qu’elle a été avant de n’être plus qu’une vieille chose.

 

Les bruits chez qui j’habite de Claire Cantais et Séverine Vidal.

Des souvenirs sonores que l’on goûte délicieusement. De petites portes qui s’ouvrent vers un monde de l’enfance que l’on n’a pas oublié.

 

 
A lire au Pays des Merveilles
La mémoire en blanc de Isabelle Colombat. Thierry Magnier, 2015
Quand pour se réconcilier avec sa propre histoire, Léonie se construit sur de de bouleversants souvenirs et nous oblige à (re)découvrir un épisode récent de l’Histoire du Rwanda. N’oublions pas…

Après la peine / Ahmed Kalouaz. Rouergue, 2014.

 

Un tête à tête mélancolique entre un père et son fils entre souvenirs et révélations.

Lire aussi les avis de Pépita et de Bouma.

Vide-grenier / Davide Cali, Marie Dorléans. Sarbacane, 2014
Bric à brac de souvenirs entassés dans le grenier ; il suffit de remettre le nez dans les cartons oubliés pour retomber en enfance et décidé .. de ne plus s’en séparer !
Lire aussi l’avis de Chlop.
Sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait Livresse
Les souvenirs, ça se construit aussi ! Ou comment transformer le malheur en bonheur ? Une belle illustration de résilience avec une galerie de personnages hauts en couleur.
Lire aussi les avis d’Alice et de Pépita.
Souvenirs de papier de Baptistine Mesange et Jessica Lisse.
Dans cet “album-souvenir”, le narrateur revient sur les amis de papier qui ont peuplé son enfance : un ours en peluche à qui il a offert une partie de son cœur, une jolie poupée et son amie imaginaire, un coffret pour y glisser tous ses secrets… Un album très psychologique voire philosophique qui aborde avec beaucoup de justesse, de tendresse et une petite pointe de mélancolie le passage de l’enfance au monde adulte.
Dans Un Petit bout de Bib(liothèque)
Mon grand-père de Christine Schneider et de Gilles Rapaport.

Un livre sensible qui rappelle tous ces moments de l’enfance passés avec son grand-père, ceux qui restent malgré la disparition de l’être cher.
Lire l’avis de Pépita
Le Marchand de souvenirs de Ghislaine Biondi.
Quand on n’a pas eu de père, difficile de s’en souvenir. C’est pourtant ce que propose ce marchand de souvenirs…
Un album intemporel qui rappelle que chaque être humain est passé par mille vies avant de devenir celui que l’on connaît. Avec tout le talent de Lane Smith, en plus.
Chez La Collectionneuse de Papillons
Quelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal.

Partir à la recherche de ses souvenirs, une quête qui n’a pas de prix, surtout quand elle permet à une jeune homme de construire le lien avec son grand-père.
Lire l’avis de Pépita
La Gigantesque petite chose de Béatrice Alemagna.
Béatrice Allemagna signe un album gigantesque pour évoquer ces moments infiniment précieux que nous chérissons tous au fond de notre mémoire.
Dans la Littérature enfantine de Chlop
 
Guirlandes de poupées, J. Donaldson R. Cobb Kaléidoscope
Entre réel et imaginaire, une fillette joue avec une guirlande de poupées. Jusqu’au moment où elles croisent une paire de ciseaux bien réels, et c’en est fini de la guirlande de poupée… Mais il reste toujours quelque chose des bons moments passés, une place attend les poupées disparues dans la mémoire de la fillette.
Dans la maison de ma grand-mèreAlice Melvin, Albin Michel jeunesse
Nous suivons une petite fille qui traverse la maison de sa grand-mère, dans la quelle chaque pièce, chaque objet, lui évoque un doux souvenir.
Lire l’avis de Pépita
Dans l’Atelier de Cœurs
Mon bison de Gaya Wisniewski chez Mémo
L’histoire d’une amitié entre une petite fille et un bison racontée par une vieille femme.
Une somme de souvenirs de Thomas Scotto et Annaviola Faresin chez Notari
L’histoire d’un homme qui décide de se séparer de ses souvenirs et qui ignore qu’ils ont aussi du sens pour les autres.
Le grenier de Mona Leuleu chez Seuil Jeunesse
Des souvenirs à découvrir à l’aide d’une torche à lumière bleue.
Mamie est partie de POG et Lili la Baleine chez Gautier Langereau
Une petite fille qui arrive à faire le deuil de sa grand-mère grâce aux souvenirs qu’elle lui rapportait de ses voyages.
Sur l’île aux trésors
Mémoire en eaux troubles de Joëlle van Hee
 
Un roman qui évoque à la fois les souvenirs de la deuxième guerre mondiale, à travers le grand-père du protagoniste, et la perte de mémoire suite à la maladie d’Alzheimer.

 

 

Bons souvenirs de 2018 !

En attendant nos coups de cœur de l’année qui vient de s’écouler, toute l’équipe A l’Ombre du Grand Arbre vous souhaite un joyeux réveillon !

Nos coups de cœur de novembre

Décembre est déjà là !

Peut-être que nos choix de coups de cœur de novembre vont-ils vous aider à emplir la hotte du Père Noël ?

En tout cas, nous l’espérons, alors les voici !

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Novembre a été un mois de lecture particulièrement intense sur l’île aux trésors. Mais le trésor du mois est sans aucune hésitation Le célèbre catalogue Walker & Dawn, de Davide Morosinotto (École des loisirs, 2018). Un régal de lecture plein de fraîcheur et d’aventures qui nous a emmené de la Louisiane à Chicago, accompagné de quatre amis aussi intrépides que sympathiques… Pour finir de vous convaincre, jetez donc aussi un œil sur l’avis de Pepita !

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Chloé, de Littérature enfantine, est à la recherche de la perfection, et l’a trouvée sous la plume de Remy Charlip.
Une journée sans contrainte, sous le signe de la complicité père fils, un véritable petit bonbon cet album. Un jour parfait, Remy Charlip, MeMo

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Pépita, de Méli-Mélo de livres, a particulièrement aimé retrouver Flora et Max dans leurs nouvelles vies, après leur folle rencontre. Il y a des romans, comme ça, on y  est bien de suite, on aimerait rencontrer les personnages, et leur dire combien ils nous ont émus. Les nouvelles vies de Flora et Max, un roman écrit à 4 mains par le couple Coline Pierré et Martin Page à l’Ecole des loisirs, collection Médium+.

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Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie est tombée (encore) sous le charme du style de Rébecca Dautremer avec son album Les riches heures de Jacominus Gainsborough publié chez Sarbacane. Avec douceur, elle y raconte la vie simple de Jacominus qui pourrait être n’importe qui d’entre nous.
Ce fut une petite vie, vaillante et remplie. Une bonne petite vie qui a bien fait son travail.

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Aurélie de l’atelier a eu beaucoup de coups de cœurs ce mois-ci mais si elle ne devait n’en garder qu’un, elle  conseillerait Groléphant & t’it souris de Pierre Delye et Ronan Badel chez Didier Jeunesse. Un duo rafraîchissant autant pour les auteurs que pour les personnages.Cet album sous format BD est rempli d’humour absurde.

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Hashtagcéline vous propose de partir en voyage sur l’île de Sumatra pour y faire la connaissance d’un drôle d’orang-outan. Exotisme, fantaisie, dépaysement et grain de folie garantis !

Laurent le flamboyant, un roman de Karen Hottois illustré par Julia Woignier paru chez Memo dans la collection Petite Polynie.

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Yoko Lulu des Lectures Lutines a découvert un chouette roman de Science-fiction, avec plein de suspense et de rebondissements. La loi du dôme de Sarah Crossan aux éditions Bayard l’a convaincu sur le fait qu’il faut protéger la planète si on veut pas que cette histoire soit prémonitoire.

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“Me voici” : un album qui pose question !

 Il y a parfois des livres bien difficiles à cerner. On les ouvre, on les lit, on est surpris, gêné parfois, on les relit pour tenter de comprendre, on s’interroge… C’est ce qui s’est passé à ma lecture de l’album Me voici de Friedrich Karl Waechter. Publié chez MeMo, une maison d’édition réputée pour la qualité de ses livres, je ne pouvais pas rester sur une impression négative. J’ai donc convié Pépita et Kik à ma réflexion sur ce livre.

Sophie : Cet album commence par la naissance de trois chatons. La famille étant déjà au complet, ils sont jetés à la mer. Qu’avez-vous pensé en lisant le début de cette histoire ?

Pépita : Je dirais… une entrée en matière abrupte, surtout quand on a l’album dans les mains : il est dit que après la naissance de quatre chatons quelques mois auparavant, “nous étions en trop”. Et l’impact des illustrations est très fort en plus. Le lecteur ressent un malaise grandissant.

Kik : Les premières pages, je les ai tournées, en me disant “Non, quand même pas… Arghhhhhh… Des chatons en trop… Ils vont être donnés au gentil petit voisin… Ah… non… “les pêcheurs nous ont fourrés dans un sac, ils sont partis au large”.

Sophie : Une fois les chatons à l’eau, un seul s’en sort. Avez-vous été rassurées par sa survie ou dérangées par la mort violente de ses frères ?

Kik : Il en fallait au moins un, sinon l’histoire aurait tourné court. Par contre j’ai été surprise de le voir seul. Comme si l’auteur choisissait le pire dans chaque situation.

Pépita : Rassurée, oui, on peut dire ça comme ça… Mais quel traumatisme et quelle survie ! Je n’ai pu m’empêcher de retourner en arrière plusieurs fois… espérant que l’histoire se serait transformée. J’ai trouvé certaines illustrations terrifiantes : la photo de famille au complet et l’autre avec les bras vides. J’ai cherché lequel est resté, ceux qui y sont restés et j’ai fixé les visages des chats adultes pour essayer d’y déceler quelque chose.

Kik : Pareil ! Lesquels sont condamnés ?

Sophie : Les deux chatons les plus faibles ne s’en sortent pas et la vie du dernier est en péril mais il survit. Je passe les différentes péripéties pour arriver directement à la fin de l’album. Comment avez-vous interprété la scène finale où l’on voit le chat à une porte d’entrée avec ce texte “Tu m’ouvres, quel bonheur, me voici.” comme seule indication ?

Pépita : C’est plutôt sur la phrase précédente que je réagis : “J’appuie sur le bon bouton”. Bouton d’ascenseur ? de sonnette ? ou celui de la vie ? Il s’est perdu ? Sinon, j’ai ressenti un soulagement certain en me disant que ça ne finissait pas mal, le sourire réapparait aussi mais je suis très perplexe sur cet album.

Kik : Pourquoi cette porte ? Effectivement. Quel Bouton ? Cette fin soulage. On comprend bien le titre. Mais toutes ces péripéties, elles contrastent énormément avec ce sourire, et cette image de petit chaton, tout gentillet, tout propre sur lui, bien habillé. Un peu de douceur dans un monde de brutes ?

Sophie : J’ai été plus “pessimiste” sur cette fin. J’y ai vu l’animal qui voue un amour sans faille à son maître, qui est prêt à tout pour le retrouver et qui revient chez celui qui a tenté de le tuer. Bref un pincement au cœur avec cette fin !

Pépita : On peut en effet interpréter cette fin de différentes façons : il y a presque dans l’attitude de ce chaton qui revient un message comme “Tu vois, la vie est plus forte, excuse, mais se débarrasser de moi, dans tes rêves !”

Sophie : Je reviens sur une scène que je n’ai pas vue au premier coup d’œil et que je n’ai pas comprise. Durant son périple, le chat arrive sur une plage nudiste. L’illustration est assez peu détaillée pour qu’on ne s’en rende pas compte tout de suite mais malgré tout, quand on prend le temps de regarder, c’est assez visible. Vous avez pensé quoi de cette scène ?

Pépita : Pour répondre à ton interrogation sur la plage de nudistes, je ne vois pas trop en effet ce que cela vient faire là : j’ai même cherché le chat ! Ce n’est qu’une interprétation de ma part mais je me demande si l’auteur n’a pas voulu établir un contraste entre l’insouciance des couples sur la plage dans leur plus simple appareil avec l’horrible vécu de ce chaton, rescapé et qui arrive sur cette plage, cherchant son chemin, noyé dans cette masse humaine comme s’il n’était rien.

Kik : Cette scène, je lui aurai bien attribué l’abréviation WTF -What The Fuck !, comme un “Mais ça sort d’où ça ? ! – Je ne comprends pas”. Il n’y a pas d’interaction entre ces humains nus et le chat. On se demande ce qu’il fait là, ou ce qu’ils font là. Des humains dénudés, sans protection, comme le chat qui sort de l’eau ? Une marée de chaire humaine, un bain de foule, alors que le chat réchappe seul de la noyade ?
Juste avant il y a ce passage également, qui m’intrigue : lorsque le chat se fait attaquer par le requin, et qu’en faisant preuve de plus de malice il arrive à le coincer, et pour finir le chat mange le requin, tout cela se passant au fond de la mer.
C’est étrange, dans le sens qui sort de l’ordinaire, mais aussi dérangeant, déroutant.

Sophie : Dérangeant, déroutant, ce sont des mots que je retiens aussi pour cet album. En général, ce sont des qualificatifs que j’apprécie pour la littérature jeunesse, mais pour ce livre j’ai l’impression d’être passée à côté, de ne pas avoir compris ce que voulait montrer l’auteur. Malgré tout, j’ai voulu en parler avec vous pour réfléchir plus longuement sur cette histoire. J’en arrive donc à vous demander : si vous deviez défendre ce livre, quel aspect retiendriez-vous ?

Pépita : Ce que j’en défendrais ? Un aspect positif… le bonheur des retrouvailles mais j’aurais bien du mal à justifier du chemin pour en arriver là… parce que je ne comprends pas la justification elle-même de cet album, surtout venant de cette excellente maison d’édition qu’est MeMo. D’autant que la première et quatrième de couverture ne renseignent en rien du contenu… On peut saluer le beau travail de l’objet en tous cas : beau papier, agréable au toucher…

Kik : J’ai rerelu cet album, avec en tête la question, “Quels arguments utiliserais-tu pour conseiller ce livre ?”. Et puis je l’ai encore relu. Et je me suis demandé “Est-ce que je conseillerai ce livre?”. C’est étrange, je ne sais pas quoi répondre. Je l’ai prêté à une amie qui a une fille de 5 ans. Ça l’a perturbée. Il a été lu deux fois, et jamais plus réclamé, alors qu’elle est une lectrice compulsive. Je ne comprends toujours pas, pourquoi il arrive sur le “bon” bouton après avoir erré dans les rues. Je n’arrive pas à me faire à l’idée de ce chat qui mange entièrement un requin. Et cette plage rempli d’adultes nus… Où sont les enfants avec leurs seaux, leurs pelles, et leurs chapeaux pour les protéger du soleil ?

Sophie : Pour conclure, avez-vous un petit mot à dire sur les illustrations ?

Pépita : Contrairement à ce que l’histoire montre et enchaîne, j’ai plutôt apprécié les illustrations bien mises en valeur sur ce beau papier épais et crème avec ce style assez fondu. Les chats et chatons sont très bien représentés dans leurs attitudes, pourtant presque humaines. Les couleurs pastels donnent une certaine douceur… qui contraste avec la cruauté de l’histoire. Et c’est justement là le souci de mon point de vue : le fossé entre des illustrations agréables et cette histoire qui fait froid dans le dos. C’est très trompeur et cet album ne peut être mis entre toutes les mains. Ce n’est pas de la sensiblerie. Mais en tant qu’adulte en relation quotidienne avec de jeunes enfants, cet album me laisse très perplexe dans le ou (les) messages(s) qu’il délivre et à vrai dire, je n’ai pas trop compris le(s)quel(s)… Mais très contente d’avoir posé des choses ensemble grâce à cette lecture commune en tous cas.

Kik : Ce livre je le conseillerai peut être aux amateurs d’art. Car j’aime beaucoup le style des illustrations, même si le requin me fait peur. Les pages sont épaisses, le papier agréable au toucher, la qualité des impressions remarquable.
Après tout ce qui a été dit. Même en ayant laissé du temps à la réflexion, même en le relisant après l’effet de surprise de la première lecture, je n’arrive toujours pas apprécié ce livre. Je vois du courage, je vois de l’espoir, mais ces deux sensations sont noyées dans un brouhaha d’autres impressions.
Comme Pépita, j’ai aimé m’attarder sur ce livre, et pas simplement dire “Je n’ai pas aimé. NEXT !” Il a été intéressant de partager nos points de vue.

Je vous propose de retrouver nos avis : Sophie, Pépita, Kik.

Voilà une lecture commune qui nous a laissée perplexes. On ressort avec le sentiment de ne pas avoir tout compris, d’être passées à côté d’un détail, d’une explication.
Et vous, vous en avez pensé quoi de cet album ?