Prix A l’Ombre du Grand Arbre 2022 : Belles Branches

Comme annoncé lors de l’anniversaire de notre grand arbre, nous vous proposerons au fil de l’été notre sélection pour le prix A l’ombre du grand arbre 2022. Ainsi vous pourrez, au fil de vos lectures estivales, égrainer les petites perles de la littérature jeunesse que nous avons sélectionnées pour vous, les savourer, les humer, les caresser puis venir voter ici pour vos titres préférés ! Les votes sont ouverts à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 20 août. Les gagnants seront annoncés dans la foulée, lundi 22 août.

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Après les sélections BrindillesPetites Feuilles et Grandes Feuilles présentées les semaines dernières, voici le trio de tête pour la catégorie Belles Branches qui célèbre nos romans ado préférés !

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Quelques secondes encore, de Thomas Scotto

Suite à un dramatique accident de parkour, cette activité sportive acrobatique qui consiste à franchir des obstacles urbains, Alban est en état de mort cérébrale. Les médecins pressent la famille à prendre une décision concernant un don d’organes. Anouk, seize ans, veille son frère. Anouk veille aussi sur sa mère et tente de la convaincre qu’Alban aurait souhait ce don, sauver des vies lorsque la sienne ne peut plus l’être. Comme toujours, Thomas Scotto va droit au but, pesant chaque mot pour mieux nous bouleverser. Des secondes qui relient, des secondes pour affronter l’inaffrontable noir de la perte. Une nouvelle puissante qui aborde un sujet délicat avec pudeur et sensibilité.

Quelques secondes encore, Thomas Scotto, Nathan, 2021.

Les avis de Linda et de Liraloin.

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D’or et d’oreillers, de Flore Vesco

Avec tout le talent qu’on lui connaît, Flore Vesco signe une réécriture réjouissante et subversive du conte de La princesse au petit pois ! À la lecture des aventures des prétendantes du richissime lord Henderson conviées à passer une épreuve des moins conventionnelles, on ne sait plus si on frissonne de plaisir ou d’épouvante. Blenkinsop Castle a quelque chose du manoir de Dracula, avec ses couloirs lugubres et ses mystères qui nous donneraient envie de tourner les pages plus vite. Mais pas trop vite, mais pas tout de suite : on prend le temps de profiter de tout. Délicieux dialogues sur le mariage et l’amour. Merveilleux personnage féminin qui fait voler en éclats tous les stéréotypes de genre. L’ironie qui vient décaper les contes, révélant leur saugrenuité et leur hypocrisie (les règles de bienséance passent vite à l’arrière-plan lorsqu’une fortune est en jeu). Et surtout, l’ode rare et savoureuse à la sensualité.

D’Or et d’Oreillers, de Flore Vesco, L’école des loisirs, 2021.

Les avis d’Isabelle, de Lucie, de Linda et de LiraLoin.

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L’enfant Pan, d’Arnaud Druelle

Bien sûr, vous connaissez le Pays Imaginaire, cette contrée accessible seulement par les airs, en allant vers « la deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin ». Ce lieu hors du temps où l’on joue à longueur de journée, avec quelques frayeurs délicieuses. Bien sûr, vous avez déjà croisé la boudeuse Fée Clochette, les joyeux Garçons Perdus, le cruel Capitaine Crochet et sa horde de pirates, les enchanteresses sirènes, les Indiens Peaux-Rouges… Et, évidemment, celui sans lequel rien ne serait : Peter Pan.
Mais savez-vous quand, comment et pourquoi ce garçon versatile est arrivé au Pays Imaginaire ? L’enfant Pan nous propose une origine possible qui mêle le Mythe et l’Histoire. L’auteur s’approprie les codes du roman de Barry pour les réinventer dans un récit fantastique qui joue sur le temps. Il signe un roman cohérent, aussi sensible qu’intense, puissamment sensoriel, porté par une plume délicate et immersive.

L’enfant Pan, d’Arnaud Druelle, Gulf Stream, 2021.

Les avis de Blandine, Linda et Lucie.

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Une sélection qui nous transporte vers des lieux réels et imaginaires passionnants et qui n’hésite pas à parler franchement des grandes questions !

Alors, alors !

Quel est votre titre préféré dans la sélection "Belles Branches" ?

  • L'enfant Pan, d'Arnaud Druelle, Gulf Stream, 2021. (56%, 76 Votes)
  • Quelques secondes encore, Thomas Scotto, Nathan, 2021. (32%, 43 Votes)
  • D'Or et d'Oreillers, de Flore Vesco, L'école des loisirs, 2021. (12%, 16 Votes)

Total Voters: 135

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Billet d’été : des classiques illustrés

L’été, la détente, le farniente et… les listes de livres !

Que l’on ait noté les ouvrages qui nous faisaient envie tout au long de l’année ou que les titres soient suggérés par les enseignants, l’été nous permet d’accorder du temps à des lectures plus exigeantes que le reste de l’année. C’est donc le moment idéal pour (re)découvrir un classique.

Ces textes sont des valeurs sûres et ont l’avantage d’être souvent tombés dans le domaine public. Ce n’est donc pas un hasard si l’on voit paraître de plus en plus de « classiques illustrés ».

Les nouvelles éditions illustrées présentent deux avantages. Tout d’abord, elles désacralisent et dédramatisent le rapport au texte classique, le rendant plus accessible aux jeunes lecteurs. Car il semble plus abordable accompagné d’illustrations. Mais les versions illustrées proposent surtout l’appropriation d’une œuvre par un artiste, qui souvent l’enrichi de précieux détails visuels. Un texte puissant impose à l’illustrateur de se montrer à la hauteur !

Voici une petite sélection. Attention, ces éditions ne comportent pas toujours le texte intégral.

  • Des bandes dessinées
Le premier homme, Albert Camus, illustrations de Jacques Ferrandez, Gallimard Jeunesse, 2017.

Parallèlement à la jeunesse d’Albert Camus, Le premier homme évoque les différentes étapes de la colonisation de l’Algérie, de manière à la fois factuelle et nuancée. Les thèmes sont forts : recherche des origines, amour filial, poids de la pauvreté, éducation, et cette Algérie si chère à Camus.
Les dessins sont efficaces, les couleurs remarquables et les astuces mises en place quand les souvenirs assaillent le narrateur, bien vues.

L’avis de Lucie.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee, illustrations de Fred Fordham, Grasset, 2018.

Grand classique de la littérature américaine, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur raconte le procès d’un homme Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Dans l’Alabama des années 1930, la petite communauté de Maycomb est violemment divisée. Le dessin de Fred Fordham est parfaitement adapté à Scout, la jeune narratrice : il est à la fois vif et doux. Certaines planches (la mare, l’incendie…) sont tout simplement somptueuses.

L’avis de Lucie.

Le baron perché, Italo Calvino, illustrations de Claire Martin, Jungle !, 2020.

Cette adaptation du conte philosophique d’Italo Calvino est une réflexion sur la propriété, la nature, l’amour et les conséquences de ses choix, avec une mise en images et en couleurs signée Claire Martin. La taille de l’album, la fraîcheur des illustrations et les couleurs, nous emportent d’arbre en arbre aux côtés de Côme. 

L’avis de Lucie.

  • Des romans graphiques
L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Robert Louis Stevenson (texte intégral), illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2018.

Les thèmes de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde infusent longtemps après avoir tourné la dernière page. La double personnalité, l’acceptation de soi, le rapport aux autres, l’amitié, les pulsions, la perte de contrôle… Et cela tombe bien car les illustrations de Maurizio A.C. Quarello invitent à prendre notre temps pour les contempler : chacune semble être un tableau !

Les avis d’Isabelle et de Linda.

Et parfois ils reviennent… : Histoires de fantômes, Guy de Maupassant, Sheridan Le Fanu, Jerome K. Jerome, Gustavo Adolfo Bécquer, Robert E. Howard, Oscar Wilde, Tcheng Ki-Tong, Edgar Allan Poe (textes intégraux), illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2020.

Les huit nouvelles choisies sont des classiques, efficaces, à la fois effrayantes et pleines d’humour noir. Chacune d’elle est magnifiée par les illustrations de Maurizio A.C. Quarello, merveille de finesse et vraie valeur ajoutée.

Les avis de Linda et de Lucie.

Dracula, Bram Stoker, illustrations de François Roca, L’école des loisirs, 2020.

Cette adaptation du roman de Bram Stoker conserve la forme originale de l’oeuvre : fragments de journaux intimes, de courriers, de télégrammes et de coupures de presse. François Roca joue sur le classicisme du personnage immortel et multiplie les clairs-obscurs pour accentuer le questionnement sur les limites entre la bête et l’homme, la vie et mort ou le Bien et le Mal.

L’avis d’Isabelle.

Des souris et des hommes, John Steinbeck (texte intégral), illustrations de Rebecca Dautremer, Tishina, 2020.

Dans cet autre incontournable de la littérateur américaine, John Steinbeck broie le rêve américain en même temps que ses personnages sous le poids du déterminisme. Incroyable travail de Rebecca Dautremer qui fait de chaque page de cet imposant ouvrage une oeuvre d’art. Elle varie les styles et les points de vue, les couleurs et les échelles de plan. Mieux encore, elle joue avec l’imagerie des années 1930 pour dénoncer la face obscure de la société de consommation. Incontournable.

L’avis d’Isabelle.

Pour découvrir d’autres titres en attendant le billet du 23 août consacré aux romans de Jane Austen illustrés par Margaux Motin, explorez les Grands classiques illustrés chez Sarbacane, les Illustres classiques de L’école des loisirs (versions abrégées), les Romans illustrés par Quentin Gréban chez Mijade ou encore les magnifiques Classiques illustrés par MinaLima chez Flammarion.

Bel été illustré !

Billet d’été : Au fil de l’eau…

L’été est enfin arrivé avec l’espérance de détente et de plaisirs propres aux vacances. L’eau, élément essentiel à la vie, est souvent source de plaisir et d’aventures aussi ai-je fait le choix de proposer une petite liste de livres autour des rivières, fleuves, mers et océans.

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Pour commencer notre voyage au bord de l’eau, des livres informatifs et documentaires permettront de découvrir les mystères de l’eau.

Les mystères de l’eau de Blaise Hofmann, la Joie de lire, 2019.

Ce récit de vulgarisation scientifique est idéal pour les petits curieux qui aimeraient tout savoir sur l’eau. Blaise Hofmann utilise la forme du récit pour apporter des informations multiples tout en proposant une promenade au bord de la rivière. De la science à la géographie en passant par la théologie ou la philosophie, l’eau n’aura plus aucun secret.

Mon avis complet.

Histoires de Fleuves de Timothy Knapman, Sarbacane, 2019.

De tout temps, l’homme a cherché à s’installer près des cours d’eau. Timothy Knapman propose une découverte du passage des hommes sur les rives de cinq des plus grands fleuves du monde. De la source à l’embouchure, ils livrent leur histoire, de la culture des peuples qui y vivent aux histoires issus du folklore local en passant par des anecdotes divers. Un magnifique album qui se déplient littéralement sous nos yeux pour révéler les fleuves et leurs mystères.

Mon avis complet et celui d’Isabelle.

Océans… et comment les sauver d’Amandine Thomas, Sarbacane, 2019.

Et parce que les océans méritent d’être préserver, je vous propose de découvrir ce très bel album qui s’ouvre sur dix écosystèmes marins différents, fragilisés par l’activité humaine. Amandine Thomas présente la vie aquatique et les causes qui le fragilisent en apportant un regard optimiste en proposant des solutions applicables par tous depuis chez soi.

Mon avis complet.

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Quoi de plus appréciable par une belle journée d’été qu’une baignade dans la rivière. Les invitations à jouer sont nombreuses, les rencontres arrivent souvent de façon inattendue.

Vite, à la rivière! de Yuichi Kasano, Nobi!Nobi!, 2017.

Pour Hiro, les tentations ont beau être nombreuses, cet été-là il n’a qu’un objectif, glisser le grand toboggan sur la cascade. Un très bel album qui parle de dépassement de soi et de courage en proposant une découverte des activités familiales que l’on peut mener les pieds dans l’eau.

Mon avis complet.

La reine des truites de Sandrine Bonini et Alice Bohl, Grasset jeunesse, 2016.

Pour Suzie et Ismaël, l’été est l’occasion de découvrir la nature luxuriante et de vivre de grandes aventures. Mais c’est à la rivière qu’ils aiment aller se rafraîchir, quand la reine des truites ne protège pas son territoire. Une histoire pleine de fraîcheur qui met l’amitié et les jeux de l’enfance au cœur de l’été.

Un été en liberté de Mélanie Edwards, Bayard, 2020.

Les rencontres apportent parfois plus que de l’amitié. Pour Violette, les premiers émois amoureux se feront autour de nombreuses baignades dans la rivière et de lectures à l’ombre d’une grand arbre. Le texte est doux et touchant comme un premier baiser.

Mon avis complet.

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Les vacances sont aussi l’occasion de vivre de grandes aventures. Quoi de mieux qu’un bon livre d’aventures au bord de l’eau ou sur l’eau pour passer un bon moment?

Le chant de la Grande Rivière de Tom Moorhouse, hélium, 2013.

L’aventure à hauteur de campagnols avec ce roman à mi-chemin entre le documentaire animalier et le récit initiatique. L’auteur y dépeint la vie de tout un écosystème au travers de nombreuses thématiques: le deuil, le dépassement de soi, la différence, la tolérance…

Mon avis complet.

La grande rivière d’Anne Rossi, Magnard jeunesse, 2015.

Un récit initiatique pour les jeunes lecteurs qui parle de dépassement de soi, d’amitié au travers d’une aventure palpitante qui montre que la différence n’est pas un frein pour réussir de grandes choses. Les thématiques sont nombreuses (handicap, rejet, acceptation de soi…) pour ce récit d’aventures palpitant sur la grande rivière.

Mon avis complet.

La rivière à l’envers de Maxe L’Hermenier d’après le roman de Jean-Claude Mourlevat, Jungle Pépites, 2020.

Adaptation du roman de Mourlevat, cette bande dessinée est une bonne manière d’entrer dans l’univers de Tomek et Hannah dans leur quête de la mystérieuse rivière à l’envers.

Mon avis complet, celui de Blandine pour le tome 1 et le tome 2.

La série des trois “romans-fleuve” de Davide Morosinotto vous entrainera à l’aventure sur les bord du Mississippi, de le Neva et de l’Amazone. Trois récits palpitants qui s’inscrivent dans l’Histoire.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à (re)lire notre lecture commune autour des ces trois grands romans ICI.

Edison – La fascinante plongée d’une souris au fond de l’océan de Torben Khulman, 2018.

Pour finir, voici un album de vulgarisation scientifique qui nous entraîne au fin de l’océan Atlantique dans une chasse au trésor à hauteur de souris.

Mon avis complet et celui d’Isabelle.

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Il ne me reste plus qu’à vos souhaitez de belles lectures et un bel été au bord de l’eau.

Lecture commune : les trois “romans-fleuve” de Davide Morosinotto

Impossible de résister à l’appel de l’aventure des romans de Davide Morosinotto : par la vivacité de sa plume et de ses dialogues, la qualité de ses intrigues menées tambour battant, le charme fou de ses personnages et des décors historiques époustouflants, l’auteur italien apporte quelque chose de frais et de réjouissant à la littérature jeunesse. Il réinvente l’idée de série avec trois romans qui ne se suivent pas à proprement parler, mais qui sont apparentés à plusieurs égards, comme nous le verrons. De quoi susciter des échanges à l’ombre de notre grand arbre, comme vous pouvez l’imaginer ! Alors, êtes vous du voyage ? Embarquez dans votre bateau à aube, votre paquebot ou votre pirogue, c’est parti !

Le célèbre catalogue Walker & Dawn (L’école des loisirs, 2018). L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges (L’école des loisirs, 2019). La fleur perdue du chaman de K (L’école des loisirs, 2021).

Isabelle : Le célèbre catalogue Walker & Dawn, L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges et La fleur perdue du chaman de K peuvent se lire indépendamment. Lesquels avez-vous lus et comment les avez-vous découverts ?

Lucie : Je commence juste ma découverte et encore une fois c’est grâce à vous. J’ai lu ta critique sur La fleur perdue qui m’a interpellée. Mais à la bibliothèque il n’y avait que Le célèbre catalogue Walker & Dawn donc je commence par là !

Colette : Et bien je n’ai lu que L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges que j’ai découvert parce que tu m’as promis, Isabelle, une belle lecture ! C’est donc également sur tes conseils que j’ai foncé l’emprunter à la médiathèque !

Pépita : J’ai aussi lu les trois mais pas dans l’ordre de leur parution. J’ai commencé par Le célèbre catalogue, mais je ne me souviens plus du tout comment il a atterri dans mes mains. Depuis, je suis cet auteur car il a une façon bien à lui de raconter ses histoires. Toujours un duo d’enfants, qui vivent des aventures incroyables ! Et d’autres enfants qui font l’aventure avec eux. C’est assez simple dit comme ça mais en fait, ces histoires ont vraiment quelque chose en plus. Dans la forme. Ou l’élément déclencheur. Ou les enjeux historiques. De vrais page-turners ! Et combien j’aurais voulu les lire enfant, on ne doit pas du tout en avoir la même perception qu’adulte. En plus, ils pèsent lourds, alors on sent qu’on en a pour son content de lecteur !

Isabelle : Moi aussi, j’ai lu les trois. C’est grâce au grand arbre que j’ai découvert Le célèbre catalogue et comme Linda, ça a été un tel coup de cœur, peut-être le plus grand des dernières années, que je me suis précipitée sur chacun des deux tomes qui ont suivi. Nous avons même relu (à voix haute !) le premier, après avoir terminé La fleur perdue !

Quand on lit le résumé de ces livres, ils n’ont a priori rien à voir : le premier se passe aux États-Unis en 1904, le deuxième en Russie pendant la deuxième guerre mondiale, le troisième au Pérou dans les années 1980. Et pourtant, les fils conducteurs sont multiples, non ?

Pépita : À première vue effectivement, ce n’est pas une trilogie ! Mais il y a toujours un fond historique, la grande Histoire, dans laquelle des enfants vivent des aventures incroyables. Toujours un couple d’enfants et d’autres qui gravitent autour, les aident, les soutiennent. Des enfants de la rue, en précarité aussi pour la plupart, et très débrouillards. Toujours un objectif aussi qu’il se donnent et toujours un voyage loin de chez eux, des cartes à lire, du repérage d’espace, de la jugeote et un sacré coup de chance, que je devrais mettre au pluriel !

Linda : Ce n’est clairement pas une trilogie au sens où on l’entend habituellement. Mais cela reste une série dans laquelle l’auteur s’amuse à placer des personnages déjà rencontrés dans un autre livre. Il explique d’ailleurs très bien cela à la fin de la fleur perdue du chaman de K , cette envie qu’il avait d’une série de romans qui placerait l’action autour d’un grand fleuve.

En fond, l’album Histoires de fleuves, de Tim Knapman, paru chez Sarbacane.

Lucie : J’ai beaucoup aimé les illustrations qui jouent sur le côté documents d’archives du “Catalogue” et je me demandais : les autres romans de Morosinotto ont-ils tous ce côté graphique ou pas du tout ?

Pépita : Le travail graphique sur ces trois tomes est aussi un fil conducteur et cela donne une unité narrative à cette collection. Je préfère dire collection que série car ce n’en est pas une, au sens de trilogie. Je trouve que cela modernise drôlement le concept !

Isabelle : D’après moi, l’un des aspects qui font de ces romans des lectures inoubliables ! Chaque tome donne lieu à un travail graphique que j’ai trouvé merveilleux : comme on le disait, Le Catalogue intègre des documents d’époque dans le texte – extraits de catalogue, coupures de presse, photographies, cartes…

Le célèbre catalogue Walker & Dawn. Extrait

On retrouve cette résonance entre texte et graphismes dans les tomes suivants, mais à chaque fois sur un mode différent. Morosinotto déborde de créativité en la matière : L’éblouissante lumière se lit comme des cahiers d’enfants dûment annotés à la matin par un commissaire soviétique ! Et le troisième volet est peut-être le plus inventif : il fait littéralement s’entrechoquer texte et illustrations…

Colette : Dans L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges, le côté graphique est très important. Il est même au fondement de la narration. Ce roman raconte l’histoire de jumeaux Nadia et Viktor, qui vivent à Leningrad quand la seconde guerre mondiale éclate. Obligés de quitter leur famille, leur père va leur offrir une série de carnets rouges à spirales dans lesquels les enfants s’engagent de noter tout ce qui va leur arriver pendant leur exil forcé. Le roman est donc rythmé par la rédaction des carnets. Il n’y a donc pas de chapitres dans ce roman mais des carnets qui s’enchaînent au fil des mésaventures de nos deux personnages principaux. Dans ces carnets, les enfants collent des photos, des documents divers, et surtout des cartes qui certes orientent leurs itinéraires mais aident précieusement les lecteurs/lectrices à se repérer ! Entre chaque carnet, on trouve les rapports du commissariat du peuple aux affaires intérieures, qui forment une sorte de récit cadre à la narration que l’on peut lire dans les carnets. La structure narrative est donc complètement nourrie par le structure graphique du livre.

L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges. Extrait

Pépita : Quand même, c’est assez inégal. Je m’explique : j’ai trouvé le principe des carnets dans Les étoiles rouges hyper-classique (l’écriture rouge pour Viktor m’a vraiment gênée pour lire !), dans La fleur perdue c’est déjà plus élaboré, puisque le jeu se déplace sur plusieurs formes (typographies, pages noires,) et dans Le catalogue, c’est là que j’ai trouvé ce graphisme le plus dynamique.

La fleur perdue du chaman de K. Extrait

Linda : Je suis complètement d’accord avec Pépita pour dire que cela donne une unité narrative à la série malheureusement inégale. Certains choix faits dans La fleur perdue m’ont vraiment posé problème entre le fait qu’il fallait parfois tourner le livre dans tous les sens, la taille très petite de certaines lignes ou l’aspect flouté du texte. Clairement c’est un concept intelligent et les idées sont bien pensées mais ce n’est pas toujours très pratique. J’ai par contre adoré les carnets de L’éblouissante lumière plus traditionnels, certes, mais tellement bien faits. A la lecture, on en arrive à se demander si ce ne sont pas de vraies pages retrouvées des années plus tard.

Lucie : C’est un peu pareil avec Le catalogue, ce jeu sur le document authentique est très intriguant, je trouve. Mais il dévoile ce qu’il en est dans ses remerciements, en tout cas pour Le catalogue !

Linda : Oui absolument, c’est présent dans chaque livre.

Isabelle : Pour ma part, je ne saurais pas dire laquelle de ces trois propositions j’ai préférées. Le jeu consistant à utiliser les lettres comme des images dans le troisième tome est original, ça m’a fait penser à certains textes dadaïstes ! Dans Le catalogue, il y a eu un immense bonus lié à la surprise de découvrir ces documents magnifiques alors que je ne m’y attendais pas. Exactement comme le disait Colette pour L’éblouissante lumière, il y a une imbrication entre texte et iconographie qui fait forte impression. On entre presque dans un rôle face à ces documents qui semblent d’époque : dans le premier cas, on vibre d’excitation en tournant les pages de ce catalogue d’un autre temps et on peut ressentir la fascination qu’il devait susciter un siècle avant Amazon ! Dans le deuxième, on se retrouve presque dans la peau du commissaire soviétique qui découvre les carnets de Victor et Nadia et qui doit se faire une idée des tenants et aboutissants de leur “affaire”. J’ai trouvé vraiment drôle de lire ses annotations et de voir les différents points de vue qu’on peut avoir sur les péripéties vécues par les deux enfants. Je te rejoins, Colette, pour trouver que dans les trois cas, ces documents, cartes, etc. sont aussi utiles pour planter le décor et aident à se repérer dans des époques très différentes de la nôtre.

Un autre point commun à ces trois romans concerne la narration à plusieurs voix. Avez-vous une idée des motivations de l’auteur pour opter pour cette formation de narration ? Est-ce quelque chose que vous avez apprécié ?

Pépita : J’imagine que pour l’auteur ce principe de narration lui permet plusieurs points de vue dans les aventures. Et comme son fil rouge est de donner la voix à plusieurs enfants à chaque fois, c’est un bon moyen. Pour le lecteur, c’est agréable de monter l’histoire dans sa tête à travers ce principe. En plus, pour ne pas le lasser, il a à chaque fois modifié la forme de ce principe de narration. Oui, j’ai réellement apprécié cette façon de faire, de manière inégale dans chaque roman, mais globalement, c’est fort réussi, ça donne une belle dynamique, ça surprend, ça attise la curiosité. De plus, il a su aussi le valoriser dans les illustrations, et ça, ça donne vraiment une autre perspective ! Je trouve qu’il a carrément modernisé ce principe.

Linda : L’intérêt réside dans la multiplicité des points de vue. Chaque enfant raconte l’histoire selon ce qu’il en perçoit ce qui est intéressant dans la dynamique du récit mais aussi et surtout quand les enfants vivent des aventures différentes. C’est un choix qui me plait toujours car il permet aussi d’éviter les longueurs et les temps morts au maximum. Comme Pépita, j’ai beaucoup aimé l’utilisation de l’illustration pour notifier le lecteur du changement de personnage. Le côté visuel permet toujours de situer les évènements et de plus, cela enrichi l’objet-livre.

Le célèbre catalogue Walker & Dawn. Extrait

Lucie : Honnêtement, je trouve que la narration à plusieurs voix est souvent une astuce de l’auteur pour faire dire à un personnage quelque chose qu’un autre narrateur ne pourrait pas dire de lui-même. Ce n’est pas toujours très bien fait et c’est d’autant plus gênant que ce “stratagème” est très fréquent en littérature jeunesse. MAIS, Morosinotto justifie et utilise parfaitement ce ressort, en tout cas dans Le célèbre catalogue. Le fait que le roman soit en fait le récit de leurs aventures par les enfants à une journaliste justifie cette succession de voix, et chaque personnage a vraiment un ton et une dynamique que l’on retrouve dans l’écriture. C’est très bien fait !

Isabelle : Je vous rejoins totalement sur la façon dont Morosinotto joue des changements de narrateurs pour construire son récit, entretenir le suspense et révéler à petites touches ce que les différents narrateurs perçoivent. Avec à chaque fois un ton propre au personnage ! J’y ai aussi vu le moyen de livrer une lecture subtile d’époques historiques particulièrement complexes en multipliant les points de vue. Par exemple, dans L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges, on sent bien que les choses ne sont pas perçues de la même manière quand c’est Victor qui raconte, lui qui aspire à être un “bon camarade” (sans hésiter à enfreindre les lois lorsqu’il s’agit de retrouver sa soeur), quand c’est Nadia, plus distanciée vis-à-vis du régime – et évidemment quand on lit les annotations du colonel Smyrnov qui incarnent tout ce qu’il peut y avoir d’arbitraire dans l’exercice de la justice dans un régime non-démocratique et en période de guerre. L’ensemble brosse un tableau différencié et très intéressant !

Colette : Dans L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges, les deux narrations se justifient complètement puisqu’en fait chaque enfant vit une histoire différente avec cependant un objectif final similaire pour les deux personnages principaux : se retrouver (même si ce n’est pas la même dynamique qui anime les deux enfants : l’un, Victor, fait tout pour retrouver sa sœur, l’autre, Nadia, attend d’être retrouvée par son frère). Comme l’a souligné Isabelle, cette double narration permet d’accéder à différentes manières de vivre le régime politique en place. Elle permet aussi de suivre les étapes de l’invasion de l’URSS par l’armée allemande de plusieurs postes stratégiques, ce que j’ai trouvé particulièrement ingénieux et enrichissant car on apprend vraiment beaucoup de choses sur cette terrible page de l’Histoire à travers la myriade d’endroits traversés par les deux enfants. Quant aux pages dédiées au colonel Smyrnov, elles sont tellement en décalage avec la foule de précisions, d’anecdotes des pages écrites par les enfants, elles respirent tellement le “confort” quand les deux enfants sont accablés par tous les dangers, qu’elles nous font surtout sentir ce qu’il y a d’arbitraire dans le pouvoir politique, de complètement ubuesque même à vouloir à ce point s’aveugler. Une critique subtile mais efficace du régime communiste.

Isabelle : Ces remarques sur le régime communiste dans L’éblouissante lumière l’illustrent, chacun des “romans-fleuves” nous plonge dans un contexte historique bien particulier. Qu’est-ce qui vous a le plus marquées, interpellées, amusées à cet égard ?

Lucie : Ta question me fait immédiatement penser à la mise en garde sur laquelle s’ouvre Le catalogue. Elle souligne avec humour l’évolution des mœurs et l’écart entre ce que l’on peut attendre d’un roman de littérature jeunesse et le vécu des enfants de cette époque.

Le célèbre catalogue Walker & Dawn. Prologue

Pépita : J’ai trouvé la construction de L’éblouissante lumière “plus classique” à travers les deux cahiers des enfants dans un contexte historique vérifiable. Le célèbre catalogue est une aventure collective époustouflante qui part de pas grand’chose, comme si l’aventure pouvait surgir n’importe quand, avec alternance des quatre voix des quatre enfants qui racontent. Les cartes et illustrations sont sublimes ! Et plonge le lecteur dans une époque des États-Unis et la course au progrès. Et La fleur perdue nous fait vraiment entrer dans un univers chamanique mystérieux et ésotérique, mais là l’histoire est plus imbriquée. Le contexte historique est celui du sentier lumineux, l’époque du terrorisme au Pérou et là, c’est contemporain. A chaque fois, l’auteur a su insuffler un univers graphique qui colle à l’ambiance mais aussi des éléments historiques véridiques.

Colette : J’ai appris plein de choses sur le siège de Leningrad et l’incroyable initiative de la “route de la vie” passant par le Lac Dagoda. Finalement l’Histoire enseignée aux élèves de l’hexagone est très franco-française (l’était en tout cas) et par conséquent je ne connaissais pas toutes ces opérations militaires notamment la stratégie qui a consisté à affamer la population de Leningrad.

L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges. Extrait

Isabelle : Tout à fait ! Même en tant qu’adulte, on découvre des pages d’histoire qu’on ne connaissait pas forcément, avec la multiplicité de points de vue que permet la littérature. Je n’aime pas trop qu’on sente l’intention didactique dans une fiction, mais c’est génial d’avoir l’impression, dans le cadre d’une lecture-plaisir, de voir son horizon élargi. Et là, ça fonctionne très bien, je trouve. On est pris par l’intrigue et l’aventure, mais on profite au passage à fond d’un décor historique peaufiné dans les moindres détails : avec mes garçons, nous avons adoré par exemple remonter le Mississippi dans un bateau à aube fourmillant d’ouvriers, de musiciens et de joueurs de poker ! J’ai trouvé drôle de voir, en lisant La fleur perdue, que les années 1980 pendant lesquelles j’ai grandi pouvaient sembler une époque historique un peu exotique du point de vue de mes enfants (“c’est quoi, un walkman ?”). Même si bon, nous sommes au Pérou et j’ai découvert des choses aussi sur l’histoire de ce pays que je connaissais mal.

Je voulais vous poser une question dont il ne sera peut-être pas aisé de parler sans divulgâcher. Qu’avez-vous pensé de la façon dont Morosinotto “dénoue” ses intrigues ? J’ai trouvé que c’était assez peu classique, j’ai eu le sentiment à chaque fois qu’au moment du dénouement, on a l’impression que l’essentiel n’était finalement pas là où on le pensait pendant toute la lecture, un peu comme si le voyage comptait finalement plus que la destination, vous voyez ce que je veux dire ? Qu’en avez-vous pensé ?

Lucie : Tu as lu mon avis : concernant Le célèbre catalogue pour moi on ne peut pas divulgâcher la fin puisque l’éditeur s’en charge directement sur la couverture ! Je suis d’accord sur le fond : évidemment, comme souvent, le chemin compte plus que la destination. C’est ce qui lie les personnages, les fait évoluer et grandir. Mais tout de même, j’aime aussi découvrir la résolution et j’ai un peu eu l’impression d’avoir été spoliée par le spoil si vous m’autorisez un jeu de mot facile. Clairement, j’ai aimé lire les aventures rocambolesques des personnages, mais du fait de cet énorme indice, je m’attendais au moins à une fin en deux temps. J’ai été déçue que le suspense retombe. Sans ôter à la qualité d’ensemble du roman, connaître la fin a quand même un peu gâché le dernier tiers de ma lecture.

Linda : Comme le dit Lucie, on connait le dénouement avant la lecture donc oui le chemin compte plus que la destination. C’est tellement formateur pour les enfants ce voyage avec ses rencontres et ses aventures. On est vraiment sur du récit initiatique avec comme principal objectif une évolution du/des personnage(s) vers une compréhension de soi et/ou du monde qui les entoure.

Pépita : Je n’ai pas du tout vu ce message comme ça ! Je l’ai vu plus comme un appel à le vérifier à travers cette grosseur du pavé et on se dit qu’on va en avoir pour son “argent” (si vous permettez…). C’est bien raccord avec le style du livre je trouve un peu “western”. Quant à l’exergue, je la trouve formidable ! Un enfant qui lit ça doit se dire : chouette ! Du transgressif ! Des trois, j’ai trouvé que c’était le plus novateur, le plus avec du suspense jusqu’au bout. Ces romans sont clairement dans la veine aventure initiatique et comme vous le dites, c’est la façon d’y arriver qui compte mais pas la fin en soi. Je les trouve extrêmement positifs malgré les embûches avec de belles valeurs.

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Nous espérons que cet échange le laisse pressentir : les centaines de pages de ces romans-fleuve se dévorent (beaucoup trop) vite et c’est le cœur serré que l’on voit irrémédiablement approcher le moment de débarquer. Si ce cycle est présenté comme achevé, les arbronautes seraient ravies de repartir un jour en voyage avec Davide Morosinotto. Autour du Nil, pourquoi pas ?

En attendant, n’hésitez pas à poursuivre l’exploration de l’univers de Morosinotto avec nos avis :

Le célèbre catalogue Walker & Dawn. Extrait

Nos coups de cœur du mois d’octobre.

Ca y est, l’automne est là. La déprime hivernale nous guette, le coronavirus avance toujours masqué, l’actualité est chaque jour plus violente… Mais dehors, les arbres se sont parés d’une lumière très particulière, les enfants ont hâte d’enfiler leurs bottes de pluies pour glaner ici ou là les seuls vrais trésors qui vaillent la peine qu’on lutte contre la morosité ambiante : bogues de châtaignes, petit caillou irisé, feuilles mortes écarlates et complicité retrouvée avec les gens qu’on aime.

Et si, cerise sur le gâteau, on partageait aussi des lectures réconfortantes, réjouissantes, enthousiasmantes ? Calé.e.s sous un plaid généreux, tête contre tête, place à nos coups de cœur du mois d’octobre !

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Pour Colette, la collectionneuse de papillons, enfin de retour sur son blog, le livre du mois sera un petit récit original qui renoue avec les textes de la mythologie grecque mais d’un point de vue très particulier : le point de vue de ses monstres. Il s’agit de Moi, Minotaure de Sylvie Baussier publié chez Srineo.

Son petit avis est par ici.

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Pour Liraloin, il est question d’un album où la promenade entre sœurs devient un jeu qui parfois peut faire peur. Une histoire pour s’aérer et s’évader dans les bois aux couleurs changeantes et pleine de douceur.

Au fond des bois de Anne Cortey et Julia Wauters, Editions Sarbacane, 2017

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Pour Pépita et son MéLI-MéLO de livres, c’est un doudou canard dans une nouvelle aventure qui est le coup de cœur du mois ! Si vous ne connaissez pas ses aventures, il est encore temps d’y remédier ! Julien Béziat excelle à raconter ces trucs TERRRRRIIIBLES ! qui lui arrivent. Publié par Pastel chez l’Ecole des loisirs.

L’oeil de Berk de Julien Béziat, Pastel-Ecole des Loisirs

Son avis ICI.

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Le roman que vous propose Lucie n’est pas gai.
A l’approche du 11 novembre son choix s’est porté sur le Soldat Peaceful de Michael Morpurgo. Avec l’humanité qu’on lui connaît, l’auteur anglais nous entraîne aux côtés de Tommo à la veille d’un évènement qui va bouleverser sa vie. Un roman essentiel.

Soldat Peaceful de Michael Morpurgo, Gallimard Jeunesse

Son avis ICI.

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Pour Linda et ses ladies, l’humour très second degré de ce recueil de nouvelles horrifiques a mis du rire dans la maison. Parmi ces vingt histoires, il n’y pas de place pour les cœurs sensibles qui ne peuvent supporter les pleures des petits pois, le bruit de la peau de la pomme qui craquèle sous la chaleur du four ou le cri de la carotte râpée dont les plaies béantes seront saupoudrées de sel. Âmes sensibles, vous êtes prévenues!

Le supplice de la banane et autres histoires horribles de Madlena Szeliga, Albin Michel Jeunesse

Son avis est ICI.

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L’île aux trésors croule sous les pépites en ce mois d’octobre ! Mais s’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait le dernier album des talentueux Fan Brothers. Un superbe objet livre qui donne à réfléchir sur les dérives de la quête de perfection, captive, enchante et réconforte.

Le projet Barnabus, des Fans Brothers, Little Urban.

Son avis est ICI.

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Sur les étagères de son Petit Bout de Bib(liothèque), Bouma a choisi d’installer un album qui déploie son texte et ses couleurs comme autant de perles scintillantes. Un livre entre le conte initiatique et la critique sociétale à partager sans modération entre petits et grands.

Le Géant Chagrin de Carole Martinez et David Sala, Casterman, 2019

Son avis est ICI.

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Et vous ? Quel serait votre coup de cœur à partager parmi vos lectures du mois d’octobre ?