ALODGA s’engage – aux côtés des éditions Rue du monde.

L’année 2020 a été particulièrement difficile pour les petites maisons d’édition indépendantes. Et pourtant leur travail, leurs choix, leurs savoir faire sont essentiels pour ouvrir à l’art, à la littérature et à la beauté du monde, les enfants, petits ou grands. Afin de montrer notre soutien au travail précieux de ces joailliers du livre jeunesse, nous avons décidé aujourd’hui de mettre en avant une maison chère à notre cœur : les éditions Rue du monde. Chacune de nous va donc présenter ici un des livres de cette maison d’édition dont la richesse, depuis 25 ans, ne cesse de nous étonner, de nous interroger, de nous enchanter.

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Pour Liraloin, le choix d’un titre s’est porté sur Je vous aime tant d’Alain Serres & Olivier Tallec

« Si la fille est à sa fenêtre bleue, il détourne aussitôt les yeux vers le ciel, comme s’il cherchait là-haut sa petite cuillère pour dissiper un nuage de lait dans son thé. » Gaëtan est timide et cherche des yeux la belle demoiselle qui habite dans l’immeuble en face. Il n’est certain que d’une chose : c’est que Laura fait battre son cœur. Un samedi où il n’y a pas école, il décide de lui écrire un message universel en langage amoureux. Au lieu de déposer la missive directement dans la boîte aux lettres de la jeune fille, il préfère expédier sa flamme par la poste. Et si cette toute petite lettre remplie de gigantesques mots d’amour n’arrivait jamais à destination ?

J’ai aimé cet amour si grand qu’il devra braver bien des étapes parfois terribles.

Des aventures rocambolesques vous attendent et il faut avoir le cœur bien accroché (comme en amour) pour enfin connaître l’heureuse ou triste fin de cette lettre amoureuse.

Je vous aime tant d’Alain Serres et Olivier Tallec, Rue du Monde, 2006

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Virus, bactéries, infection, anticorps, pandémie, vaccin… En ce début d’année 2021, on se dit qu’on n’a que trop entendu ces mots, mais ils demandent plus que jamais d’être décryptés à hauteur d’enfant. Rédigé à plusieurs mains par un collectif de chercheuses, La vie secrète des virus parvient à faire le tour du sujet de façon à la fois complète, très didactique et même drôle – on vous assure ! Les enfants d’Isabelle ont apprécié les données chiffrées (vous serez probablement aussi ravis qu’eux d’apprendre qu’un seul gramme de crotte contient près d’un milliard de virus), le quizz final qui permet de tester ses connaissances (9/10 pour eux, ferez-vous mieux ?) et les illustrations pleines d’humour – avec par exemple cette cellule infectée qui prend des airs de zombie ; ou ces virus colorés et dissipés un peu partout qui contribuent finalement plutôt à égayer cette lecture. Passionnant et attrayant !

La vie secrète des virus, Rue du Monde, 2020.

L’avis d’Isabelle

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Dans la bibliothèque de classe de La collectionneuse de papillons, il y a des incontournables : les albums au magnifique grand format carré de la collection “Grands portraits”. Que ce soit pour parler de l’éducation des filles avec Malala, que ce soit pour évoquer la résistance à l’oppression avec Missak Manouchian, que ce soit pour évoquer l’importance de vivre en adéquation avec la nature avec Wangari Maathai ou encore pour évoquer les droits de l’enfant avec Janusz Korczack, ces livres de Rue du monde livrent une parole essentielle : celle de l’engagement citoyen.

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Pour MéLi-MéLo de livres, c’est un album de Daniel Picouly et illustré par Nathalie Novi (qui vient d’être réédité : enrichi et augmenté) qui me vient à l’esprit tant il est d’actualité : Et si on redessinait le monde ? Mêlant cartes anciennes, texte et illustrations, il invite à un véritable voyage dans lequel l’enfant est acteur de sa vision du monde. Un grand format lui donne toute latitude pour exprimer ce si beau message.

L’avis de Pépita et celui de Linda.

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Pour Linda, c’est le magnifique atlas de Aleksandra Mizielinska et Daneil Mizielinski, sobrement intitulé Cartes qui a retenu son attention. Véritable invitation au voyage, cet album très grand format propose des cartes du monde entier; des cartes géographique richement illustrées qui mettent en avant les richesses de chaque pays: des symboles culturels et historiques, des spécialités culinaires, des personnages célèbres, des animaux… Il a été réédité en 2018 dans une version revue et augmentée.

L’avis de Linda.

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Et si vous voulez en savoir plus sur l’urgence d’aider l’édition jeunesse indépendante, n’hésitez pas à aller lire ici le texte écrit par Alain Serres, éditeur de Rue du monde.

Swap de nouvelle année !

Cette nouvelle année qui commence est l’occasion de tourner la page tourmentée de 2020 et d’en ouvrir une nouvelle que nous espérons plus sereine. Nous avions envie d’aborder 2021 sous le signe du PARTAGE, une valeur clé de notre bel arbre. Une façon de faire résonner nos coups de cœur et rayonner de bonnes ondes, de penser les unes aux autres et d’élargir nos horizons littéraires respectifs.

Le principe est toujours le même : un tirage au sort désigne les duos de swapeuse/swapée dans le plus grand secret pour que la surprise soit entière, les colis traversent la France (et même parfois les frontières !) et quand l’heure vient de les déballer, on se réjouit de découvrir le colis préparé avec tant d’amitié autant que les réactions de notre swapée.

Ce que nous avons donné, ce que nous avons reçu : voici ce que contiennent ces fameux paquets !

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Isabelle (L’île aux trésors)

… Ce que j’ai envoyé

C’est dans un entre-deux-années étrange que j’ai préparé mon colis, période de fêtes sans fêtes dans laquelle il semblait incongru de se souhaiter une « belle fin d’année » et à l’approche de laquelle j’ai vu venir de loin la fermeture des commerces « non-essentiels » dans ma région allemande… Alors je m’y suis pris à l’avance et j’ai eu envie d’envoyer à Sophie et à ses lutines un concentré de choses chaleureuses et réconfortantes ! Pêle-mêle, j’ai empaqueté, dans un papier de saison : un album qui célèbre l’amour en grand format (il a fallu trouver un colis aux bonnes dimensions !), un roman qui donne envie de prendre son temps et de partager, un roman coloré qui ouvre leurs horizons de multiples manières, un album lumineux qui m’avait aidée à relativiser. Avec des baumes pour affronter l’hiver et bien sûr les douceurs allemandes de saison, Plätzchen croustillants, une tisane aux couleurs de Janosch, un incontournable de la littérature jeunesse de ce côté du Rhin !

… Ce que j’ai reçu

J’ai eu l’impression de retomber en enfance en ouvrant le paquet préparé avec tant de générosité par Bouma ! Une boîte gigogne dont je me suis demandé comment autant de livres pouvaient rentrer dedans : des romans d’arbre, évidemment, et de multiples lectures colorées respirant le merveilleux, le fantastique, et même la magie ! Bouma sait que nous partageons avec elle une prédilection pour les littératures de l’imaginaire… et connaît notre tendance à avaler les pages. Parmi les romans, je n’avais entendu parler que des Orphelins de métal qui nous faisait bien envie, mais j’ai tout de suite repéré La légende du Roi errant, paru chez La Joie de Lire, un éditeur que j’aime de plus en plus. Pour sa part, Hugo a englouti sur le champ Suzy, Gaspard et les enfants bizarres et compte enchaîner sur Eliott et la bibliothèque fabuleuse. Mes deux moussaillons n’ont pas non plus boudé leur plaisir avec deux stylos à encre invisible et des saveurs normandes et sucrées… Vous l’aurez compris, nous sommes parés pour aborder 2021 et Bouma a réussi, malgré les kilomètres de distance, à faire vibrer les bonnes ondes du grand arbre jusqu’à nous. Merci du fond des racines !

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Pépita (MéLi-MéLo de livres)

…Ce que j’ai envoyé

Ce n’est pas toujours facile d’essayer de tomber dans le mille quand ta swapée est une nouvelle branche du grand arbre ! Challenge ! Pour ce swap, j’ai eu envie de douceurs étoilées, de lumière tamisée, de senteurs enivrantes, de goût chocolaté et de clins d’œils à cette année 2020 masquée, comme un pied-de-nez… J’ai donc cherché auprès de petits éditeurs et j’ai trouvé : des citations d’étoiles pour s’émerveiller, un livre auto-édité par un ancien collègue et sa compagne pour rigoler, et des romans adolescents pour replonger ! Un joli papier, des autocollants en lien avec le contenu, une petite carte et le tour était joué ! J’espère que Linda sera comblée !

…Ce que j’ai reçu

C’est justement Linda ma swapeuse ! Nous avons reçu nos colis respectifs à un jour d’intervalle, comme une réponse mutuelle improvisée. Et quel colis original sous le signe du bleu de l’eau, de l’ode à la nature et un appel à son respect, un coquelicot à faire pousser (ma fleur préférée), des couverts en bambou joliment dressés, des sacs en tissu (à fruits-légumes et à pain) à utiliser pour le zéro déchet, une jolie carte “I have a dream”, un marque-page coloré et un brin de lavande séchée, et trois livres qui vont beaucoup, beaucoup me plaire : le pop-up Océano, l’album Respirus et le roman Un été en liberté ! Un swap comme je les aime, plein d’oxygène ! Merci beaucoup Linda pour ces attentions qui vont me permettre de démarrer cette nouvelle année sous le signe de l’amitié et de la générosité !

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Colette (La collectionneuse de papillons et de jolies histoires)

…Ce que j’ai envoyé

Je suis allée fouiller sur la page de nos profils sur le forum d’A l’ombre du grand arbre pour cerner les goûts d’une autre nouvelle branche : Frédérique. Un nom d’artiste a retenu mon attention dans les auteurs qu’elle avait cités dans sa liste de coups de cœur : David Sala, un auteur dont j’adore l’album Féroce que Frédérique ne citait pas dans sa liste de titres déjà lus. La rencontre d’un thé de Colors of tea joliment nommé “Le loup court toujours” et de cet album dédié à un loup très particulier, m’a donné l’idée d’un swap “enchanté” car quoi de mieux pour commencer l’année que d’ouvrir les portes à la magie ? J’ai donc choisi pour accompagner l’album Féroce, trouvé d’occasion – green power ! – avec une belle dédicace à l’intérieur, un recueil de contes adoré, lu et relu, celui de Gaël Aymon, Contes d’un autre genre et un album grand format dédié à l’amour éternel : Les Amoureux du palais de glace de Michel Piquemal et Cécile Becq. J’ai agrémenté cette sélection d’un carnet fabriqué par une maman de l’école de mon fils cadet, de petits marque-pages magnétiques, d’un petit bracelet fait main avec notre devise préférée, d’une petite boîte à musique qui murmure la mélodie “What a wonderful world” de Louis Armstrong et de papillons de papier portant sur leurs ailes quelques haïkus tirés de Il était une fois… Contes en haïku d’Agnés Domergue et Cécile Hudrisier. J’espère que Frédérique sera… enchantée !

…Ce que j’ai reçu

Une enveloppe à la calligraphie festive que mon Petit-Pilote s’est empressé d’ouvrir à peine rentré de l’école. A l’intérieur :

  • Un joli pliage, parsemé d’arabesques fleuries, avec une citation d’un de mes livres cultes, Neverland de Timothée de Fombelle.
  • Un recueil de poèmes de René Obaldia, illustré par Emmanuelle Houdart si joliment intitulé Moi j’irai dans la lune et autres Innocentines
  • Un carnet et un magnet envahis par les papillons.

Merci à Frédérique pour ce swap teinté de poésie !

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Lucie (Livresdavril)

…Ce que j’ai envoyé

Connaissant le goût de Bouma pour les mangas, j’ai choisi un roman japonais qui nous a enchanté cet été : Le mystère des Pingouins (qui met en réalité en scène des manchots, la confusion est fréquente !). La thématique du colis s’est ainsi imposée, ce serait ces adorables sphéniscidés !
Le long chemin du pingouin vers la jungle et un carnet pour noter ses idées ont donc rejoint rapidement le colis de ma swapée. Une carte, quelques douceurs et une petite crème pour les mains malmenées par les nombreux lavages imposés par la pandémie… J’espère que Bouma appréciera !

…Ce que j’ai reçu

Quel plaisir de découvrir ce colis étoilé, idéal pour démarrer l’année !
S’y trouvait : le roman Du haut de mon cerisier, que je brûle de découvrir ; BOUM BOUM et autres petits et GRANDS bruits de la vie, un album charmant sur les bruits de l’amour et On nous appelait les Mouches merveille d’anticipation et d’espérance issue de la collaboration de Davide Cali et Maurizio A.C. Quarello.
Mais aussi, le calendrier UNICEF de l’année à venir, clin d’oeil à l’un de nos projets d’engagement sur ce blog ; une trousse décorée d’origamis dans laquelle le chocolat remplaçait les stylos (miam !) ; un amusant jeu imaginé à partir du Prince de Motordu et un paquet de thé.

Merci à Solectrice pour ce swap coloré et sa jolie carte !

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Frédérique (Liraloin)

…Ce que j’ai envoyé

J’étais très heureuse de participer à ce deuxième swap. Quel bonheur de choisir des petits présents et qui plus est pour une personne que tu ne connais qu’à travers les (riches) échanges sur le blog. Mais pour moi Colette, c’est les papillons. Des papillons pour rêver et pour s’évader. Merveilleux insectes qui venaient se poser près de moi durant mes lectures cet été et aux portes de l’automne. Je trouve cela si poétique ! Alors lorsque je suis retombée sur ce petit livre magnifiquement illustré par Emmanuelle Houdart, j’ai su qu’il était pour Colette. Dans ma petite librairie, j’ai craqué également pour ce magnet-badge aux couleurs vives comme l’été et ce carnet pour annoter ou dessiner… des papillons ? Pour terminer, des arabesques sont venues rejoindre une carte écrite, extrait choisi d’un livre marquant de notre chouchou à toutes : Timothée de Fombelle.

…Ce que j’ai reçu

Tout d’abord j’ai été impressionnée par la taille du carton reçu. Les mots et extraits choisi pour orner le colis m’ont enchanté. Tous les jours j’ai regardé les p’tites phrases et j’avais hâte de déballer cette cachette aux trésors. Dimanche pluvieux, heureuse, je me précipite pour ouvrir délicatement et je tombe nez à nez avec une multitude de colis emballés avec soin : papillons, ruban doré et confettis. Je me suis délectée de voir apparaître trois albums qui me correspondent totalement.

Les amoureux du palais de glace de Michel Piquemal et Cécile Becq : l’amour toujours et encore

Contes d’un autre genre de Gaël Aymon : un auteur que je veux lire depuis des lustres… trois contes illustrés par François Bourgeon, Sylvie Serprix et Nancy Ribard.

Féroce de Jean-François Chabas, illustré par le merveilleux David Sala et quelle surprise en l’ouvrant, une dédicace faite en 2015 durant une fête du livre.

Un petit carnet, création originale vient compléter ce magnifique swap enchanteur. Mon oreille ne se lasse pas d’entendre la douce mélodie de What a wonderful world qui émane de la Music box si jolie ! Des magnets-marque page aux délicats messages et un bracelet ALODGA POWER qui a sauté illico presto à mon poignet. Du thé au titre d’album  le loup court toujours et une carte pleine de belles attentions finissent de compléter ce swap enchanté. Je n’oublie pas la baguette magique et j’ai fait un vœu que rien ne viendra détruire.

Je n’ai pas réussi à retenir les papillons plus longtemps et lors de leur envol j’ai aperçu les haikus au verso de leurs ailes.

Une belle émotion et je remercie infiniment Colette de me l’avoir fait vivre !

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Bouma (Un petit Bout de Bibliothèque)

…Ce que j’ai envoyé

Cela faisait longtemps que j’avais envie de gâter Isabelle et ses fils, dévoreurs d’histoires. Ce swap a donc été pour moi l’occasion de leur faire partager mon amour pour les littératures de l’imaginaire avec plusieurs romans oscillant entre science-fiction, fantasy et fantastique. Et puis, quelques lectures autour de l’Arbre, figure emblématique de ce blog que nous partageons depuis quelques années désormais. Et comme un bon swap mérite toujours une petite sucrerie et un peu d’humour, j’y ai ajouté des gâteaux normands, un carnet pour entamer la nouvelle année et deux stylos à encre invisible pour que les garçons puissent s’écrire secrètement ! Et pour être sûr qu’il arrive à temps, je l’ai posté avant Noël (un record de prévoyance en ce qui me concerne).

…Ce que j’ai reçu

A l’ouverture du colis, une très jolie carte faite main (désormais exposée sur mon bureau) donnait la thématique de mes prochaines lectures : les PINGOUINS ! Une idée géniale qui ne me serait pas du tout venue à l’esprit et dont je remercie Lucie pour la trouvaille. Hâte de découvrir Le Mystère des pingouins et sa couverture psychédélique tout comme Le long voyage du pingouin vers la jungle. La crème pour les mains est déjà devenue mon alliée hivernale et nous nous sommes régalés en famille des chocolats venus nous réchauffer. Un très très grand merci Lucie pour ce colis venus du pôle Nord 😉

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Solectrice (Lectures Lutines)

ce que j’ai envoyé

Grapillant de ci de là quelques idées, me réjouissant devant un calendrier lumineux et vert, choisissant un jeu d’assemblages de syllabes (imaginant les petits joueurs amusés de créer des mots tordus), partant en quête d’albums éclairés, écho d’un monde tolérant ou images d’un univers onirique, ajoutant un roman estival et espiègle, cousant patiemment une petite trousse aux motifs colorés, ou la garnissant de thé et de chocolats, j’ai pris plaisir à emplir ce colis pour Lucie (Livresdavril).

ce que j’ai reçu

Comme j’avais hâte d’ouvrir ce swap, rendez-vous toujours aussi plaisant, accueilli en famille ! Une carte féérique nous invite d’abord à découvrir la douceur et la chaleur offertes dans ce colis dépaysant, tout droit venu d’Allemagne.

Bien rangés dans leur carton, un sympathique tigre jaune (gardien d’un thé parfumé), deux sachets de biscuits festifs, de mystérieuses tablettes de chocolat fourré (comme c’est écrit en allemand, on hésite sur les noms des ingrédients, puis on finit par croquer dedans pour en découvrir les étonnantes saveurs 😉 et de jolis paquets verts attendaient d’être ouverts : les lutines déballent chacune leur tour… J’ai vu un magnifique oiseau : un album jalonné d’arbres au feuillage vert d’été, qui invite à goûter la vie au jour le jour. Momo : un roman sur l’amitié, que mes lutines connaissent mais que je n’avais pas encore lu. Entre deux livres, on découvre une crème pour les mains et un stick à lèvres, parfaits à glisser dans le sac à main ! En clin d’œil au swap précédent, j’ai aussi la bonne surprise d’un nouveau roman de Marie Chartres : L’Age des possibles, nouvelle invitation au voyage. Et au fond du carton, un magnifique album dont je savoure aussitôt les douces illustrations de Quentin Gréban : Amoureux ; il me tarde d’en lire l’histoire. De belles découvertes en perspective. Un grand merci, Isabelle (L’île aux Trésors) !

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Linda (Sirthis & Ladythat)

… Ce que j’ai envoyé

Pas facile de choisir ce que je souhaitais mettre dans ce swap, d’autant que notre Pépita dévore les livres et que je craignais de faire un doublon. C’est en me laissant porter par mes envies, et aidée de ma fille de onze ans, que j’ai rempli ce colis à mon image: plein d’espoir pour un avenir meilleur et encore plein de la douceur du dernier été qui avait ouvert les retrouvailles avec nos proches pour des vacances différentes mais tellement ressourçantes. J’ai donc choisi un album et un pop-up pour leur message écologique, et un roman plein de poésie et de souvenirs de vacances. Comme je n’utilise plus d’emballage papier, j’ai eu l’idée de glisser ces livres dans des sacs en tissu réutilisable pour le zéro déchet. Enfin j’y ai glissé un coquelicot à faire pousser, un set de couverts en bambou à emporter facilement pour ne plus utiliser de couverts jetables, et un marque-page. Enfin j’ai choisi une carte représentant un ours polaire sur notre planète, animal tristement emblématique du réchauffement climatique.

… Ce que j’ai reçu

Quelle heureux hasard de découvrir que pendant que j’envoyais un colis à Pépita, j’en recevais un de sa part.

Soigneusement emballées, les surprises pleuvaient à l’ouverture des différents paquets d’où s’échappaient des étoiles dorées qui tombaient en scintillant! D’autres étoiles filantes étaient glissées dans le colis sous la forme de citations qui ont été subtilisé par mes demoiselles amatrices de jolis mots. Il y avait également deux romans adolescents: Âge Tendre et The Yellow Line, ainsi qu’un livre auto-édité et dédicacé, un Bestiaire Masqué qui a reçu un accueil enthousiaste (il a été dévoré par mes petites demoiselles) pour son originalité et l’humour et la beauté des illustrations. Pour compléter le tout, il y avait des senteurs sous la forme d’un petit sachet et d’une jolie bougie, et des douceurs avec des chocolats parfumées à la cerise. En grand merci Pépita, tu as embelli notre début d’année.

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Avec tout ça, nous voilà parées pour l’hiver et pour 2021 que ce soit en bonnes lectures, en friandise ou en mots encourageants !

Nos coups de cœur de 2020

Chaque premier lundi du mois donne ici lieu à nos coups de cœurs du mois passé ! Pour commencer l’année, voici notre coup de cœur de l’année 2020, parmi ces coups de cœur mensuels.

N’hésitez pas à partager les vôtres !

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Malgré son genre de prédilection qu’est le roman (et elle en a lu tellement de bons en 2020 que ce serait trop difficile de choisir !), c’est un album que Pépita dans son MéLi-MéLo de livres décide de faire sortir du lot pour cette année 2020 si particulière : car, oui, la lecture m’a sortie du marasme ambiant (mais que peuvent donc bien faire les gens qui ne lisent pas ?). Une ode à la lecture, à l’évasion qu’elle procure, à sa faculté de nous transporter : “Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade”, une citation que j’aime et qui prend tout son sens encore plus aujourd’hui.

Où tu lis, toi ? Cécile Bergame et Magali Dulain, Didier jeunesse

Sa chronique ici.

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Sur son île qui a débordé de trésors en cette année où la lecture a pris une dimension et une intensité particulières, c’est L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace, de Thomas Gerbeaux, qui a le plus marqué Isabelle. Un petit livre qui se lit comme un roman d’aventure, une perche tendue à nos consciences, un hymne à la liberté, à la joie de la rencontre et à la solidarité. Une pépite haute en couleurs qui divertit et donne de l’espoir ! Car « qui sauve un homard, sauve l’océan ».

L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace, de Thomas Gerbeaux. La Joie de Lire, 2020.

Sa chronique ici.

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Pour les ladies dont l’année fut riche en découvertes, c’est L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart, qui a laissé une emprunte forte. Lu à la levée du confinement de mars/avril qui nous avait limité dans l’acquisition de nouvelles lectures, ce road-trip émouvant et inoubliable, est une véritable ode à la résilience.

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart. PKJ, 2020

Sa chronique ICI, ainsi que celles de Bouma, Isabelle, Lucie et Pépita.

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Pour Liraloin, c’est l’amour toujours et encore qui a parlé cette année avec Mon Bison de Gaya Wisniewski.

Le printemps s’installe, un bison se cache dans les hautes herbes, ce qui émerveille cette toute petite fille de 4 ans. Petit à petit, l’un et l’autre s’apprivoisent jusqu’à devenir inséparable : “Ces moments en sa compagnie me réchauffaient. J’aimais écouter le bruit de ses pas dans la neige poudreuse. J’aimais cette goutte gelée au bout du museau. J’aimais sa respiration. Simplement je l’aimais tout entier.”

Chaque hiver, que ce soit dans le silence ou dans l’évocation de leurs souvenirs, la petite fille et le bison vieillissent ensemble. Pourtant un jour, le bison ne réapparaît pas : “Le soir, je revins épuisée et le cœur lourd.”

Cet album est d’une belle douceur. Gaya Wisniewski nous livre une histoire d’amour pur et sensible entre deux êtres que tout oppose et qui finalement ne font plus qu’un. Les illustrations toutes de nuances noires et grises sont habilement rehaussées d’un filet bleuté. Ce bleu qui évoque l’hiver et la présence éternelle de l’amour entre ces deux-là :

Dans mon cœur, je l’entendais. “Je serais dans chaque fleur que tu découvriras au printemps, dans chaque bruit de la forêt, dans la chaleur du feu, dans la caresse du vent dans chaque flocon qui tombera…” Mon bison était là.”

Mon Bison de Gaya Wisniewski, Mémo, 2018

L’avis de Pépita.

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Sur les étagères de la collectionneuse de papillons pour laquelle 2020 a été l’année de la renaissance bloguesque, c’est l’album paru chez Rue du monde dédié à cette figure incroyable qu’est Janusz Korczak qui aura guidé de nombreuses réflexions. Réflexions de mère, d’enseignante, de citoyenne dans une société en crise. Parce qu’il n’y a pas souhait plus urgent : pour que vivent les enfants !

Korczak, pour que vivent les enfants, Meirieu, Pef, Rue du monde, 2012.

Sa chronique ici.

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Si on a déjà beaucoup parlé de ce roman à l’ombre du Grand Arbre, notamment dans une lecture commune, Lucie est toujours sous le charme d’Alma, Le vent se lève. Le souffle épique de ce récit de Timothée de Fombelle a été une bénédiction à la sortie du confinement. D’ailleurs, le premier tome de cette grande fresque sur l’esclavage a déjà été lu et relu par toute la famille.

Alma, Le vent se lève de Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse, 2020

Sa chronique ici, ainsi que ceux d’Isabelle et Pépita.

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Pour Solectrice, c’est une belle découverte tirée d’un swap, qui l’a marquée cette année. Une improbable aventure pour deux jeunes abîmés. Un roman qui nous propulse dans une étrange réalité, par moments douloureuse, mais salvatrice. Une histoire qui nous fait voyager aussi, au ralenti, vers les terres peu connues des réserves indiennes. Une invitation à écouter l’autre et à lui donner une place dans notre vie.

Les Petits Orages de Marie Chartres, l’école des loisirs, 2016.

L’avis de Pépita.

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Et pour finir ce tour d’horizon, Bouma a ressorti de son petit bout de bibliothèque Les Enfants des Feuillantines. Un roman reçu A l’Ombre du Grand Arbre qui a su trouver sa place parmi les pépites lues cette année. Si jamais vous aviez besoin d’une lecture lumineuse la voici, toute aussi ensoleillée que sa couverture malgré les sujets abordés.

Les Enfants des Feuillantines de Célia Garino, Sarbacane, 2020

Son avis par ici.

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Et vous, quel est le livre qui vous a le plus fait vibrer cette année ?

Nos classiques préféré·e·s : les surprises de Rébecca Dautremer

Depuis 1996, Rebecca Dautremer nous enchante de ses créations. Pour votre plus grand plaisir, A l’Ombre du Grand Arbre a décidé de revenir sur des albums qui nous ont marqué·e·s.

Voici une belle sélection à découvrir ou redécouvrir… et pour aller plus loin https://rebeccadautremer.com/

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Et comme le dit si bien Rébecca dans son texte introductif de Midi Pile : « Bref, si tu traverses avec les yeux ce livre-là, tu pourras t’y réfugier, bien peinard, autant de fois que tu en auras besoin. (Et crois-moi, c’est une sacrée chance d’avoir un endroit où se réfugier bien peinard en cas de besoin.) Dans tous les cas, je te souhaite une bonne et belle traversée. »

Voici les 10 raisons de Liraloin de lire Midi Pile :

1.Parce qu’il n’existe pas 10 livres comme celui-ci

2.Parce que sa finesse transporte le lecteur dans un ailleurs complétement magique

3.« Je te dis que tu vas traverser ce livre POUR DE VRAI »

4.Parce que Rébecca Dautremer fait monter le suspense à chaque page tournée

5.Parce que c’est une course contre le temps et pourtant il s’écoule doucement alors…

6…dépêche-toi, lecteur, de tourner ces jolies sculptures de papier

7.Parce que les couleurs font voyager dans un lieu animé par le bonheur

8.Parce que les détails sont tendres et pleins de clins d’œil (à toi d’être malin pour les découvrir)

9.Parce qu’au fond, tout au fond de ce petit théâtre, on peut apercevoir la mer

10.Parce que l’amour ne peut pas attendre Midi Pile, il faut y être bien avant l’heure…

Midi Pile publié en 2019,
Pépite catégorie livre illustré au Salon du Livre et de la Presse jeunesse 2019.

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Voici les 10 raisons de Colette de lire Princesses oubliées :

  1. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau : du grand format carré, aux lettres du titre qui titillent le bout des doigts, en passant par le choix du papier, tout est si précieux, si délicat, si élégant.
  2. parce que les collaborations, fruits de la plume de Philippe Lechermeier et les pinceaux de Rébecca Dautremer, sont toujours d’une richesse inspirante.
  3. parce que cet album est une ode lumineuse, un hommage vibrant aux princesses de tous les continents, réelles ou imaginaires, rondes ou sèches, enfants ou vielles femmes, immenses ou minuscules…
  4. parce que le personnage archétypal de la princesse y trouve un nouveau souffle, loin des clichés véhiculés par les contes d’une époque reculée ; ici les princesses sont pirate, indienne, nomade, voleuse, lectrice invétérée ; ici les princesses peuvent être elles-mêmes, infiniment fragiles ou silencieuses, tonitruantes ou casse-pieds ;
  5. parce que ce livre est une galerie de portraits foisonnante d’une inventivité littéraire incroyable : princesse de Zoulou Zazou, princesse Pêtsec, princesse Petitpythie, le jeu de mots nous guette à chaque page;
  6. parce que cet album, par de nombreux aspects, fait œuvre encyclopédique : au delà des portraits, on pourra y lire des notes sur les objets utiles aux princesses, la définition du vocabulaire spécifique, une double page est même dédiée à l’alphabet international en éventail !
  7. parce que la mise en page parfois tient du carnet de notes ou de croquis, créant un objet hybride particulièrement original ;
  8. parce que pages 56-57, il a une carte géographique qui recense les 88 lieux de vie de nos princesses oubliées ou inconnues – et que j’adore les cartes de pays imaginaires ;
  9. parce que Rébecca Dautremer s’y essaye à différents traits, qui se répondent à travers des styles variés ;
  10. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau. Tenir un livre de Rébecca Dautremer est un pur ravissement de tous les sens renouvelé à chaque nouvelle publication ! C’est ainsi que notre histoire d’amour dure déjà depuis plus de 16 ans !
Princesses oubliées ou inconnues, Philippe Lechermeier, Rébecca Dautremer,
Gautier Languereau, 2004.

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Voici les 10 raisons de Lucie de lire Babayaga :

1. pour le grand format qui permet de partager cette lecture et de se pelotonner pour avoir moins peur ;
2. parce que Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer y racontent l’enfance de Babayaga ;
3. comment elle est devenue une terrible ogresse ;
4. et nous apprennent qu’elle n’a qu’une seule dent ;
5. pour les jeux de mots aux petits oignons de Taï-Marc Le Thanh ;
6. pour les détails cachés dans les magnifiques illustrations de Rébecca Dautremer ;
7. et notamment la page dans laquelle Miette s’aperçoit qu’à la surface de la baignoire flottent “des morceaux de carottes, de patates et de petits navets” alors que le sel et le poivre occupent le porte-savon ;
8. pour le jeu sur les plongées et contre-plongées qui accentue le sentiment d’impuissance de Miette ;
9. parce que le rythme de la fuite de Miette est incroyablement trépident, même si on en connaît l’issue ;
10. pour la lucidité de la remarque “avec un nom pareil, j’aurais dû me méfier dès le début !”.

Babayaga de Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, Gautier Languereau, 2008

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Voici les 10 raisons de lire Les riches heures de Jacominus Gainsborough selon Linda:

  1. Pour son grand format qui permet de le lire en famille et de s’en mettre plein les yeux.
  2. Pour le personnage de Jacominus, ce petit lapin à la bouille mignonne et à la patte folle,
  3. Mais aussi pour les autres personnages qui gravitent autour de lui, à qui Rebecca Dautremer a pris le temps de donner une identité à chacun leur donnant ainsi plus de contenance et l’importance qu’ils méritent.
  4. Pour le clin d’oeil évident à Beatrix Potter et son Peter Rabbit.
  5. Pour les grands tableaux double-page qui fourmillent de détails et dans lesquels le lecteur prend plaisir à se perdre dans la contemplation.
  6. Pour les double-pages qui prennent la forme d’album photos et révèlent les souvenirs et le temps qui passe.
  7. Et pour ces pages textes illustrées d’un Jacominus qui en disent tant sur les émotions qu’il ressent.
  8. Pour tous ces moments qui comptent, les bons comme les moins bons, les rencontres, le temps qui passe.
  9. Pour la poésie et la beauté des mots qui racontent tout simplement une vie. Ils semblent nous rappeler que la vie mérite d’être vécue pour tous ces moments aussi insignifiants soient-ils et qui enrichissent le quotidien.
  10. Et pour l’intemporalité du récit.
Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough, Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2018

A lire, les avis de Pépita, de Bouma et de Ladythat.

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Voici les 10 raisons de lire Journal secret du Petit Poucet selon Solectrice :

1. pour la magie d’entrer dans l’univers espiègle du petit Poucet et de découvrir ses incroyables trésors !

2. parce qu’on y trouve des dictons improbables,

3. pour ses merveilleux croquis et portraits fous !

4. pour les serments amusants que prononcent les frères du Petit Poucet,

5. parce que Rébecca Dautremer nous dévoile le lit-bouchon de Poucet,

6. pour voir les coulisses étonnantes de l’expédition en forêt des 7 frères égarés,

7. parce que le terrible Barrabas Barbak au visage peint semble tout droit venu du Pôle Nord,

8. Pour rire devant l’impertinence du gamin ou frémir face à la redoutable Popette et son inéluctable “certificat d’abandon des enfants petits et grands gentils ou méchants”,

9. Pour retrouver son âme d’enfant en suivant les facéties de ce petit bonhomme et de ses frères,

10. Parce qu’on est emporté comme dans un tourbillon par le monde fabuleux de ce conte revisité en album tendre et généreux.

Journal secret du Petit Poucet, Philippe Lechermeier et Rébecca Dautremer, Gautier Languerau, 2009.

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Voici 10 raisons de se plonger dans Une Bible selon Pépita :

  1. Parce que Une Bible n’est pas La Bible,
  2. Parce que croyant ou non croyant, elle fait partie de notre histoire,
  3. Parce que la lire, c’est revenir aux mythes fondateurs de notre société,
  4. Parce qu’il en émane une si belle musique,
  5. Parce que ce livre est une œuvre d’art,
  6. Parce que les illustrations sont comme des tableaux,
  7. Parce que la mise en page est époustouflante,
  8. Parce que j’ai eu la chance de rencontrer l’auteur et l’illustratrice parler de sa genèse et que c’est l’un de mes plus beaux souvenirs,
  9. Parce que ce livre nous raconte, nous,
  10. Parce que c’est Une Bible, comme un roman.
Une Bible, Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer,
Gautier Languereau

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NOËL dans le Grand Arbre

Pour varier des sélections et divers conseils de livres sur Noël, on a eu envie ici d’écrire collectivement un CONTE DE NOËL, illustré par nos artistes en herbe, à savoir nos propres enfants, d’âges différents. Le voici !

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“Mais ça existe un coiffeur pour arbre?”

“Il était une fois un grand arbre, qui durant l’année écoulée, avait essuyé une terrible tempête. Il était tout ébouriffé, beaucoup de ses épines étaient tombées sous le souffle du vent, celles qui restaient étaient tordues. “Il faudrait que je trouve un coiffeur ! se disait-il. Mais ça existe ça, un coiffeur pour arbre ? De plus, son tronc était penché, il avait peur de s’écrouler. Les oiseaux ne venaient presque plus se poser dans ses branches. Il était triste et seul. En plus, ce qui l’angoissait, c’est que Noël approchait ! Et pour lui, Noël, c’était Noël !

Au loin, durant la journée il pouvait entendre les bruits de la ville. La nuit c’était pire que tout, les lumières dressées ici et là éveillaient la quiétude du soir. Leur brillance l’émerveillait car lui aussi souhaitait se parer de milles couleurs. Le grand arbre se souvint du temps où ses branches auraient pu porter ses lumières fièrement. Maintenant, elles ne ressemblaient à rien. Il avait bien entendu parler d’un coiffeur pour arbre mais n’était pas très sûr de savoir comment s’y prendre pour le trouver ? Alors il interrogea les oiseaux nichés sur ses branches. Eux qui survolaient les villes et les villages de long en large avaient peut-être entendu parler d’un coiffeur de brindilles, d’un expert des ramures, d’un enchanteur de folioles ? L’arbre interrogea pies bavardes, merles, merlettes et rouges-gorges.

Chaque jour de cet automne si particulier, d’étranges bruissement de feuilles et de pépiements pouvaient s’entendre à qui prêtait l’oreille…Cela faisait un tel raffut que des enfants, qui jouaient non loin de là, s’approchèrent et se mirent à écouter les oiseaux tintinnabuler. Parmi eux, une jeune fille. Elle se nommait Samaa. Elle était intriguée. Ce n’était pas normal tous ces oiseaux dans un seul arbre ! Cela cachait quelque chose ! Était-ce dû au réchauffement climatique ? Son père lui en parlait souvent. Elle décida de lui en toucher un mot le soir en rentrant. Car il était jardinier et peut-être saurait-il trouver une explication à ce phénomène. En attendant, elle s’émerveillait de ce spectacle. C’était si féérique ! Ce n’était plus un arbre mais un arbre-oiseau ! Comme si chacune de ses branches n’existait plus ! Pour un peu il aurait pu s’envoler ! On ne remarquait même pas son tronc un peu penché. Le soir même, elle en parla à son père qui était intrigué et lui promit d’aller voir le lendemain. Il tint sa promesse. Au petit matin, devant cet arbre décharné, il comprit. Il comprit que les oiseaux l’embellissaient en attendant qu’il soit soigné. Alors, il s’attela à le remettre en état. Samaa, quand elle l’apprit, voulut l’aider et elle mobilisa ses amis et des gens du quartier. C’était beau à voir toutes ces personnes taillant, ramassant, redressant cet arbre affaibli. Ils lui demandèrent l’autorisation de brûler ses anciens atours mais Samaa eut une meilleure idée : et si on se retrouvait sous cet arbre tous ensemble pour la nuit de Noël ? On pourrait faire un feu de joie, lire des histoires, partager nos spécialités culinaires ? Et c’est ce qu’ils firent. Jamais on n’avait vu arbre plus heureux que de se se sentir si bien entouré… Il existait bel et bien un coiffeur pour arbres !”.

Un arbre-oiseau !

Nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d’année !