Lecture commune : D’entre les ogres

Baum-Dedieu.-Seuil jeunesse

Voici un album qui ne peut pas laisser indifférent. 

Voici ce qu’en dit M. Dedieu, que l’une d’entre nous a pu rencontrer : 

« C’est le plus beau livre auquel j’ai participé. J’ai failli le laisser passer à la première lecture. Je l’ai mis de côté. J’y suis revenu quelques temps plus tard et j’ai été complètement bouleversé. Il est tellement juste ! Il est tellement lumineux !

D’une force inouïe, il a suscité de vifs débats entre nous et des interprétations multiples. Lisez notre lecture commune, vous verrez !

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Pépita : « D’entre les ogres «  : comme un titre sorti d’outre-tombe et deux noms de la littérature jeunesse : Baum et Dedieu, un grand format, et une illustration de couverture très évocatrice et fortement métaphorique : lequel de ces éléments vous a le plus incitée à ouvrir ces pages ?

Alice : Sans nul doute : l’illustration qui m’a laissée sans voix. D’un premier abord, le titre seul m’a fait penser à une histoire d’une famille d’ogres. Rien d’exceptionnel …Mais l’illustration BIMMMM un sacré uppercut qui m’a fait dire que c’était plus que cela encore . Ce mélange à la fois de noirceur (regard qui nous transperce, couteau pointu dans une main fluette, traits gris…) et de douceur avec ce gros gâteau et la cerise posée dessus qui ne demande qu’à être croquée. Bien sûr avec le talentueux duo d’auteurs, je savais finalement que le titre si anodin, ne le serait pas.

Colette : Comme souvent, c’est sur les conseils de ma bibliothécaire préférée que j’ai emprunté cet album. Ce que j’aime le plus sur cette étrange couverture d’une obscurité certaine ce sont les mots du titre, cette association morbide où les ogres viennent supplanter les morts, ce qui ne laisse rien présager de bon…

Bouma : Moi j’avoue que ce sont surtout le nom des auteurs qui m’ont attirée. Avec Dedieu, on ne sait jamais à quel trait (au sens pictural) de sa personnalité on va voir et Gilles Baum est un sacré raconteur d’histoire. Alors cette couverture m’a donné envie d’en savoir plus, de découvrir si l’espace « d’entre les ogres » était finalement positif ou négatif.

Pépita : Ce qui m’a frappée dans cette couverture, c’est l’ambivalence qu’elle met en scène : la douceur (le gâteau) et la cruauté (le couteau) et au milieu, mais plus du côté de la cruauté, ce regard noir de petite fille. Et comme un clin d’œil, cette cerise sur le gâteau…Amour, haine, la vie quoi !

Aurélie : Le grand format attire l’œil et le fait que c’est un travail de Dedieu m’a fait choisir ce livre à présenter au prochain comité de lecture. L’illustration fut la troisième chose et j’avais hâte de découvrir l’histoire. J’adore les livres de Dedieu, ce sont des albums qui mettent des gifles. Baum, je le découvre. Après lecture je fus même étonnée que Dedieu soit l’illustrateur. Pas vous? En effet, c’est le genre d’histoire qu’il  aurait pu écrire et change des illustrations que j’ai l’habitude de voir chez lui. Pour la couverture je suis fascinée par le regard perçant et sa noirceur. Elle apparaît possédée.

Pépita : Et quand vous avez commencé votre lecture, à quoi avez-vous pensé d’emblée ? Vous vous êtes plutôt laissées surprendre ou alors avez-vous imaginé de quoi il pourrait bien s’agir ou est-ce carrément impossible ?

Bouma : Le début m’a beaucoup fait pensé au petit roman de Jean Leroy et Matthieu Maudet Le Panier où une sorcière décide d’élever un enfant trouvé dans un panier. Sinon, j’ai trouvé ces premières pages dans une opposition claire entre le texte positif et les illustrations toujours aussi sombres.


Alice : Une forêt, un panier avec un bébé abandonné, un ogre … je suis rentrée directement dans cette histoire comme dans un conte . Mais ici l’ogre ne se nourrit pas de chair fraîche et ne dévore pas les petits enfants…. (même s’il a les dents bien en avant)…Les auteurs nous mettent en tension dés la première page pour laisser place ensuite à une ambiance plus douce, plus mielleuse. Et c’est à partir de là que j’ai vu plus clairement les oppositions créés par les auteurs entre texte et illustration, entre couleurs sombres /claires, entre grandeur des ogres et de Blanche ..Un ogre pas brutal et cruel, mais ou cela va -til nous mener ? Une famille unit, aimante … forcément, on attend le grain de sel qui va enrayer cette belle histoire…

Colette : Des ogres qui trouvent une enfant : d’emblée j’ai su qu’il y aurait un problème. Tout ce que l’on sait des ogres se réactive et la principale caractéristique des ogres c’est quand même de dévorer des enfants. La question de l’ogrité semblait donc être au cœur de cet album, qui ne chante pas vraiment comme un conte avec l’emploi étrange de ce présent d’énonciation dès les premiers mots.

Aurélie : Je m’attendais à quelque chose de très sombre, donc surprise par l’adoption et la douceur du regard du papa ogre. Il a un air béat alors que la mère a un regard plus ambigu. Je vous avoue que pour le reste, je me suis laissée portée et je ne fus pas déçue car j’ai bien pris une bonne gifle.

Pépita : Je me suis sentie d’emblée sur le qui-vive avec ce début d »histoire, je m’attendais à un retournement de taille….Et que s’ils mangent de la chair fraîche ces ogres ! C’est si subtilement suggéré d’ailleurs. Personnellement j’en suis restée sans voix et vous ? Et quelle prouesse pour rendre à la fois dans le texte et les images cette idée du conformisme dans l’adoption ? Non ?

Colette : Entre le moment où l’enfant est adoptée et le moment où elle commence à parler j’ai trouvé que les mots choisis étaient très justes et pouvaient correspondre à tous les parents de ce monde qui peuvent créer un royaume autour de leur enfant. J’aime tout particulièrement la double page où l’on voit Blanche dormir -rêver- entre ses deux parents ogres, si petite, entre ces deux monstrueux parents, cela m’a rappelé de nombreux souvenirs de mes garçons bébés que l’on faisait dormir entre nous pour ne pas qu’ils tombent du lit ! De si petits êtres entre de si grands parents… Il y a quelque chose de terriblement humain dans ces ogres.

Pépita : oui c’est ça le sens de ma question : des ogres humains mais en même temps leur véritable nature reste latente. Je trouve que l’image de couverture qui est reprise dans l’album (enfin plutôt le contraire sans doute !) marque le basculement de l’histoire. Il y a ce monde exclusif autour de Blanche, bien bordé par les parents ogres, traitée comme une princesse et de l’autre son exigence de vérité. Les ogres perçoivent que ce moment tant redouté est arrivé. Il y a là une universalité du lien parent/enfant, ogre ou pas d’ailleurs. Surtout dans l’adoption, ce qui est finalement le cas ici. C’est fort Non ? Votre avis ?

Aurélie : en effet, finalement les ogres se sont conformés , ils ont adapté le régime alimentaire de Blanche, ça aurait été bizarre mais ils auraient pu élever la petite comme un ogre. Il n’ y aurait pas eu cette question qui fait bousculer le récit. La mère qui me paraissait plus réservée se dévoile : avec sa tristesse lors du départ de Blanche.

Bouma : Pour rebondir sur ce que dit Aurélie et répondre à la question de la latence de l’ogrité, moi j’ai compris que les ogres continuaient à manger de la chair fraîche mais qu’ils s’en cachaient à leur fille dans le but de lui fournir une éducation plus « humaine ». J’y ai vu une attitude très parentale « fait ce que je dis pas ce que je fais » où l’on essaie de protéger ses enfants des choses qu’ils ne sont pas encore en mesure de comprendre.

Alice : Oui, on arrive à cette conclusion que finalement c’est une histoire familiale comme il peut en exister entre parents et enfants, ogre ou pas ogre. Ce sont des parents imparfaits mais qui est un parent parfait ! Personne ! Alors pourquoi les parents adoptifs auraient plus de culpabilité, auraient une relation différente avec leur enfant, seraient victimes d’un regard rempli d’a priori, seraient jugés sur leur amour …. et sur leur capacité à être parents et à pouvoir donner une éducation, une histoire, une culture et …de l’amour à un enfant ? Ogre ou pas ogre, l’histoire de Blanche et de ses parents et un miroir sûrement de ce qui peut être vécu dans notre société actuelle.

Colette : je pense malgré tout qu’il ne faut pas oublier que ce sont des ogres c’est-à-dire des créatures qui tuent des enfants pour se nourrir. Toute l’ambiguïté de nos personnages naît de cette incroyable et improbable contradiction : ils élèvent et aiment un enfant tout en continuant à en massacrer d’autres dans leurs caves. Je ne pense pas que cet album est une quelconque visée psychologique ou pédagogique mais qu’il vient nous bousculer en plein cœur, en pleine MORALE : où est le bien ? où est le mal ? Comme on pourrait se demander quel lien d’affection il existe dans le réel entre un enfant et ses parents meurtriers ? entre un enfant et ses parents violents ? entre un enfant et ses parents terroristes … ? qu’est-ce qui fonde l’amour filial ? n’est-on pas bien au delà de la morale dans cet amour là. Imaginez que vous commettiez le pire : vos enfants cesseraient-ils de vous aimer malgré ça ?

Pépita : Vous touchez là au fond de cet album qui va vraiment loin dans la réflexion. Pour bondir sur la remarque d’Aurelie, moi aussi, j’ai eu du mal au début à distinguer qui était l’auteur ou l’illustrateur tout comme le lecteur se sent perdu sur l’attitude des ogres : une éducation sans ogrité à Blanche alors qu’eux mêmes continuent leur vies d’ogres. Mais n’est-ce pas psychanalytique cette histoire ? Les parents vivent leur vie de parents en dehors de l’éducation de leurs enfants non ? Ils en ont le droit sans pour autant négliger leurs enfants. ça peut choquer évidemment mais ce sont des ogres ! Vous n’avez jamais eu envie de « dévorer  » vos enfants ? Blanche exige de rentrer dans leur ronde, elle s’en sent exclue mais ça, c’est la revendication éternelle des enfants : faire comme les grands. Du coup cela induit un autre point de basculement dans l’album : les ogres ne se sentent plus légitimes de pouvoir garder Blanche, j’ai trouvé ça terrible ! Et vous ?

Bouma : Oui, terrible point de bascule et quel déchirement pour les ogres qui font une fois de plus passer le bien-être de leur enfant d’abord.

Aurélie : Pour reprendre Pépita, la latence des ogres nous met sous tension. Lors de son procès, le père garde les yeux fermés, il les gardera fermés jusqu’à ce que Blanche sorte sa tête de sa gueule. Le regard de l’ogre alors me terrifie car il est ambigu et accentué par le texte: regard du père ou regard du prédateur  « mangeur de chair fraîche »?, à votre avis? En ce qui concerne l’amour filial, c’est comme tout. Il y a même des victimes qui aiment leur agresseur. Pour les ogres et leur rôle de parents, je pense que leur désir d’enfant passe au-dessus de tout, en tout cas au début, car qu’est-ce qu’ils les auraient empêcher de manger Blanche. Est-ce que les auteurs ont voulu montrer que dans chaque monstre règne une part d’humanité? ou qu’il est possible de changer ?

Pépita : Oui tout à fait Aurélie. Mais pourquoi Blanche plus qu’un autre enfant ? Pourquoi l’ont-ils choisie elle ? Leur amour pour elle n’a pas réussi à changer leur comportement alimentaire. Du coup je me dis qu’ils préfèrent la rendre au village de peur de craquer, de la manger elle aussi si elle apprenait la vérité. Mais alors comment interpréter cette fin ? Sur le coup, cela m’a perturbée et vous ?

Colette : j’avoue que sur ce point de bascule je ne les suis pas, ces ogres ! Comme si on ne pouvait pas tout expliquer à un enfant, même le plus terrible de nos secrets, même la pire part d’ombre qui nous hante, comme si Blanche méritait d’être abandonnée une seconde fois ! Non, non, non et non, là je ne les suis pas du tout ! On en a déjà parlé ensemble, mais il n’y a pas rien de pire que le secret de famille, la vérité même cruelle renforce les liens parents-enfants.
En même temps c’est ce départ « d’entre les ogres » qui donne aussi pleinement son sens au titre, mais ça c’est du point de vue de la figure de style et non de l’amour ! Moi qui trouve l’âge de Blanche si passionnant, cet âge des questions, cette curiosité insatiable et innocente de l’enfant, si vite déçue par la couardise des adultes qui fuient devant les réponses qu’ils n’assument pas toujours, j’ai été un peu désappointée. Mais élever un enfant c’est aussi assumer son histoire personnelle et sa nature profonde, même si on voudrait protéger notre enfant de nos pires travers. En même temps considèrent-ils leur ogrité comme leur pire travers ? Puisqu’ils préfèrent renoncer à leur fille plutôt qu’à cette nature cruelle. Et pourquoi Blanche n’aurait-elle pas pu être l’exception ? D’ailleurs elle prouve bien à la fin par son courage de petite fille qu’il n’y a rien de systématique, qu’un ogre peut aimer son enfant tout en dévorant les enfants des autres …

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Pépita : Exactement Colette, c’est Blanche qui les met devant leurs responsabilités et qui fait ouvrir les yeux à M. Ogre quand elle ressort de sa gueule ou bouche (je ne sais pas comment dire du coup…), comme l’a si bien souligné Aurélie. Sur le coup j’ai échafaudé quatre hypothèses à cette fin et puis j’ai renoncé à y mettre une interprétation personnelle.

Bouma : La question de l’interprétation de cette fin énigmatique a amené beaucoup de discussion à la maison. Pour moi, Blanche met sa tête dans la gueule de l’ogre pour essayer de trouver dans la foule des humains qui auraient peur pour elle tant ils l’aimeraient. Je l’ai franchement vu comme une tentative de retrouver sa famille biologique qui finalement capote car elle ne trouve cette étincelle d’amour que dans le regard de son ogre de père. Mes enfants, eux, l’ont vu comme Pépita, comme un défi à cet ogre, pour lui montrer qu’elle n’avait peur de rien, et sûrement pas de lui. Mais ils n’ont pas compris ce que le regard de l’ogre pouvait avoir de différent…Et vous ? Vous l’avez interprété comment cette fin ?

Colette : pour moi, Blanche se met dans la gueule de l’ogre pour sauver son père en prouvant aux hommes qu’il ne la mangera pas, qu’il n’est pas dangereux. J’ai compris ce geste comme un geste de confiance absolue comme seuls les enfants en sont capables quand ils pensent leurs parents plus forts que tout… Le regard brillant de l’ogre sur la dernière page est pour moi un regard de gratitude étonnée devant le courage et la confiance de sa fille.

Aurélie : Je partage en partie l’avis de Colette sur ce que Blanche cherche à prouver. Par contre je n’arrive pas à savoir ce que signifie l’étincelle dans les yeux. Comme je l’ai dit plus tôt j’hésite entre la gratitude comme Colette ou beaucoup plus cruel, le côté prédateur de l’ogre qui renaît.

Pépita : oui c’est un défi, aux ogres et aux gens qui regardent. Elle se sauve elle-même et son ogre de père en même temps. Elle veut prouver aussi à sa potentielle famille biologique qui est peut-être là ce à quoi elle a peut-être échappé et montrer par là qu’elle est bien vivante malgré leur abandon. En fait son geste est un double message. Ce que j’ai du mal à comprendre par contre c’est l’usage du mot étincelle , tout comme toi Aurélie et en même temps ce que tu dis Colette me semble être dans le vrai. Comme je le soulignais dans ma chronique, cet album interroge quant à sa fin. Et les illustrations ? À part leur noirceur déjà soulignée plus haut, quel effet procurent-t-elles ?

Alice : Pour revenir au débat précédent, je vous rejoins. Je suis aussi d’avis que Blanche lance un véritable défis aux hommes en s’engouffrant dans la gueule de l’ogre, comme pour leur montrer toute la confiance qu’elle a en lui ; elle sait bien qu’il ne lui fera pas de mal ! J’y ai aussi vu une sorte « d’accouchement » : pour elle pas de doute, elle vient de ses entrailles-là, elle repart au creux du ventre qui « l’a porté ». Quant à l’étincelle dans l’œil de l’ogre, moi j’y ai vu des yeux embués par des pleurs, des pleurs d’émotion qui arrivent quand on a la gorge nouée et le cœur serré d’un trop plein d’émotions que l’on ne peut pas maîtriser.
Je me suis amusée à feuilleter le livre sans lire le texte, juste en regardant attentivement chaque illustration. Et bien figurez-vous que je me suis dit :  » Mais ça fait drôlement peur ! C’est très glauque et effrayant ! »
Et je crois que voilà une des forces de l’album : nous parler d’AMOUR, de beauté intérieure tout en jouant sur la noirceur des choses . C’est un parti-pris intéressant que d’oser confronter les couleurs sombres et le trait rapide et nerveux des illustrations au côté poétique et plus optimiste du texte. C’est à la fois terrifiant et d’une juste beauté !

Aurélie : Je partage vos avis sur les illustrations. Les ogres peuvent être plus humains que les hommes et vice versa. À travers les traits noirs, on ressent comme même beaucoup d’émotions. C’est un peu comme le yin et le yang. Il faut les deux pour faire un monde.

Pépita : oui noirceur des illustrations mais aussi un trait comme inachevé j’ai trouvé, comme si tout était encore à écrire. Il y a là toute l’ambivalence de l’âme humaine : amour et haine en balancier comme ce jeu entre le texte et les images. Et puis le prénom de Blanche, pas anodin non plus. Il contraste avec la noirceur. Et des ogres humains, c’est fort aussi comme symbole. Un album très riche et paradoxalement lumineux !

Colette : les fleurs du mal : le beau dans la laideur, la lumière dans la noirceur, la poésie dans la charogne … L’essence même de l’art !

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Nos chroniques respectives :

Pépita-MéLI-MéLO de livres

-Alice- A lire aux pays des merveilles

Aurélie-Atelierdecoeurs sur d’autres titres de Dedieu ici et

 

Lecture commune : L’enfant des livres

Quoi de mieux que de se plonger dans un album qui célèbre le pouvoir des mots, la force de l’imaginaire et le pouvoir des livres !

Oui, les livres ont un pouvoir…ce n’est pas nous qui dirons le contraire !

Voici donc une lecture commune sur cet album hors du commun.

L’enfant des livres.-Oliver Jeffers et Sam Winston.- Kaléidoscope, 2016

Pépita : Que vous a inspiré le titre de cet album : L’enfant des livres ?

Alice : J’ai découvert le titre en même temps que la couverture : ce livre rouge avec serrure, cette enfant presque invisible assise dessus, comme si elle sortait tout juste des pages de ce gros bouquin. Rapidement, je n’ai imaginé rien d’autre que cette histoire, celle d’une enfant qui serait l’héroïne de toutes les histoires qu’elle liraient. L’enfant des livres, c’est celui qui plonge dans des histoires sans que rien ne puisse gêner ou influencer sa lecture.

Colette : L’enfant des livres… très égoïstement ce ne pouvait être que mon histoire. Je suis une enfant des livres. Cet album là s’offrait à moi comme un miroir.

Sophie : Un peu comme Colette, je me suis sentie directement concernée par ce titre. J’ai toujours eu des livres autour de moi, je ne me souviens même pas du moment où j’ai appris à lire comme si j’avais toujours su (ce qui n’est certainement pas le cas !). Ça signifie aussi ce que je suis encore maintenant, une enfant des livres qui continue de grandir et d’évoluer à chacun que je lis. Et cette couverture, c’est le symbole de la promesse que propose chaque livre : un nouvel univers à découvrir, de nouveaux amis à rencontrer.

Pépita : Tout comme vous, ce titre me parle directement, comme s’il m’était tout spécialement destiné, comme un lien d’intimité très fort (ce qui se joue finalement dans l’acte de lire) et cette présentation comme un écrin précieux, comme un secret qu’on se chuchote et qu’on transmet.
Passons au contenu : quel a été votre tout premier ressenti en découvrant ses pages et la forme surtout du contenu ?

Alice : Dés la page de garde, on est submergé par une abondance de références de textes littéraires, écrites les unes après les autres de manière très hermétiques. On a envie de prendre le temps de lire cette liste pour voir si on connaît ces titres, si on les a lu. Et puis il y a ce porte plume et son encrier et enfin on entre dans le livre. A mon avis, cette mise en scène n’est pas négligeable pour conditionner le contenu qui suit. Tout au long du livre, on retrouve des lignes et des lignes de textes qui participent de l’illustration comme pour nourrir l’imagination de la jeune lectrice. Une idée très intéressante, riche de fantaisie et de symbolisme comme un mariage magique réussit entre l’illustration et la typographie.

Sophie : Déjà j’ai aimé me retrouver dans cette vision de la lecture comme un voyage. Et puis ces illustrations, c’est très intelligent et ça donne en effet envie de se replonger dans les classiques qu’on picore au fil des pages.

Colette : Cet album est d’une infinie poésie, cette manière si délicate de mêler le dessin et le lettrage au fil des pages n’est pas sans me rappeler l’art subtil des Calligrammes d’Apollinaire : quand le mot, dans sa matérialité, devient image alors le voyage littéraire peut commencer et tout est possible. Pour recenser tous ces extraits, les regrouper par thème et les intégrer le mieux possible dans une scène du voyage de l’enfant des livres il en a certainement fallu des heures de recherche ! Quelle ingéniosité !

Pépita : Tout comme vous, je me suis laissée emporter par ce voyage imaginaire mais pas seulement car les extraits de textes donnent corps aux illustrations si en accord avec ce qui est dit. On a le cœur gonflé d’allégresse et on se dit que la rencontre avec la littérature est une si belle chose, la chance que l’on a de pouvoir la vivre au quotidien ! On sent là aussi l’intime de cette rencontre. Et justement, ce texte, une seule phrase par double page, que vous a-t-il inspiré ?

Alice : Il est à la fois court mais efficace. Chaque phrase mérite que l’on s’y attarde et retentit au fond de chacun d’entre nous. L’emploi de la 1ére personne du singulier, rend le discours très proche : on s’identifie réellement !

Colette : Il y a une sorte de contradiction entre ces paroles si courtes de l’enfant des livres et l’abondance des extraits cités, comme si l’enfant des livres résumait en quelques mots l’immensité des histoires qui nous sont offertes, extrayant ainsi la substantifique universalité de la littérature.

Sophie : Je trouve aussi que ces phrases très courtes résument parfaitement mon ressenti de lectrice. Si on aime les livres, on s’y reconnaît et ça donne envie de le partager.

Pépita : Tout comme vous, je me suis complètement identifiée en tant que lectrice compulsive à ces petites phrases et je pense aussi qu’elles peuvent emporter dans leur tourbillon n’importe quel lecteur. Revenons aux œuvres mises en valeur dans cet album (y compris sur la couverture, la 2éme et la 3éme) : vous y êtes-vous attardées et cela vous a-t-il donné envie soit de lire ou de relire certaines de ces références ?

Alice : Oui, avant de découvrir l’histoire, je me suis déjà attardée sur la 2° de couverture et la liste des références littéraires, en ayant bien sur en tête des envies de re-lecture. Pour ce qui est du cœur de l’album, c’est à une seconde ( voire troisième, quatrième, …) lecture que j’ai pris le temps de lire la totalité des textes. Je m’en suis d’abord tenu aux phrases isolées et ce n’est qu’après que j’ai plongé dans l’intelligente « substantifique moelle » de cet album. Ces extraits ne sont pas choisis au hasard, ils font écho à l’illustration, à la phrase isolée et matérialise complètement ce qui se passe dans l’imagination. Alors oui, bien sûr on a envie de relire ces textes qui sont la part d’enfance qui sommeille en nous …

Sophie : Oui j’ai adoré lire ces petits bouts d’œuvres connues liés au thème de l’illustration. C’est un travail sûrement énorme mais c’est le petit détail vraiment fascinant qui offre une autre lecture.

Pépita : J’ai adoré ce procédé : rattacher ces petites phrases à des œuvres emblématiques, c’est tellement beau ! Oui cela donne envie de les relire mais pas forcément : j’ai aimé l’auréole de mystère que cela induit. Comme si la lecture était un voyage, une mer de possibles infinie. C’est très fort je trouve.

Si vous aviez juste un mot pour définir ce livre, que diriez-vous ?
Vaste pour Alice, Promesses pour Colette, voyages pour Sophie et transmission pour Pépita.

Nos chroniques respectives :

Sophie:  La littérature jeunesse de Judith et Sophie

Pépita MéLi-MéLo de livres

On the road, nos coups de coeur de vacances…

Chaque été,  l’arbronaute profite des beaux jours pour prendre la poudre d’escampette et un bon bol d’air. Mais où que l’arbronaute se rende, son œil s’arrête sur la vitrine d’une librairie. C’est une vérité imparable : où qu’elle soit, l’arbronaute se pâme devant les couvertures bariolées de livres enchantés, qui sont pour elle autant de promesses d’autres poudres d’escampette, d’autres bons bols d’air à goulûment avaler ! Alors comme l’arbronaute est résolument généreuse, elle souhaite partager son trésor, son préciiiiiieux trésor avec vous.

 

Map And Compass by gnokii

 

La collectionneuse de papillon, qui a filé sur les routes tortueuses du Portugal, a succombé au charme mystérieux de la plus ancienne librairie du monde, la livraria Bertrand de Lisbonne. Et c’est là, entre les rayonnages de bois noir qu’elle découvrit un petit album sans texte absolument magnifique : O Regresso de Natalia Chernysheva.

 

Map And Compass by gnokii

 

Pépita et son Méli-Mélo de livres a filé sur les routes anglaises, et plus particulièrement au Pays de Galles. Le fait de rouler à gauche ne l’a pas empêchée de trouver les chemins qui mènent vers les livres. Entre les visites de jardins somptueux, de musées envoûtants et de haltes cream tea et autres, sans oublier quelques gouttes de pluie, des livres croisés plusieurs fois sur sa route lui ont fait un tel clin d’œil qu’elle n’a pas pu résister à se les procurer. En voici deux et même un petit article qui leur est consacré.

 

Map And Compass by gnokii

 

Aurélie d’Atelier de cœurs est restée en France pour ses vacances mais a bien aimé Mon imagier de Bretagne.  Un imagier humoristique où l’on retrouve les caractéristiques de la région. Ce week-end, des amis revenant du Canada ont offert un livre à son fils : Comment ne pas se faire manger par les ours.  Un livre à interaction à découvrir dans un article.

 

Map And Compass by gnokii

 

Les Lutines sont parties en Russie et dans leur périple, elles ont rencontré des héros familiers aux noms étrangement orthographiés…

Pour finir, on a rapporté un petit conte russe « Coroka-beloboka » (la pie grièche) joliment illustré.

                                 

Découvrez d’autres titres en alphabet cyrillique dans ce petit article.

 

Map And Compass by gnokii

 

Sophie, quant à elle, a parcouru les librairies d’ouest en est. C’est ainsi qu’elle a découvert la toute nouvelle librairie rennaise La nuit des temps et qu’elle a retrouvé sa librairie de vacances en famille à Bar-Le-Duc La fabrique.
Au programme des achats, il y avait des romans dont Je suis ton soleil que vous devriez retrouver bientôt par ici et le dernier Martine Pouchain, des documentaires (tous n’ont pas eu le temps d’être pris en photo avec que l’Enfant se les approprie), un classique choisi par le futur grand frère.
Au milieu de tout ça, un livre que a déjà vu deux continents et traverser un océan « Little America » tout droit venu de la côté Ouest des États-Unis.

 

Map And Compass by gnokii

Nos coups de coeur de l’été 2017

Deux mois d’été…

Deux mois pour profiter …

Deux mois de lecture …

Deux fois plus de coups de cœur pour commencer la rentrée !

Pépita a lu plein de romans, son péché mignon, en vacances, plus de temps pour s’adonner à ce plaisir de lecture sans limites ! En voici deux que je vous recommande :

Calpurnia et Travis de Jacqueline Kelly.-Ecole des loisirs, collection Médium

Un deuxième tome où j’ai retrouvé Calpurnia, jeune fille en recherche d’émancipation dans une fratrie masculine et à la charnière du nouveau siècle où les sciences font un bond en avant. Une relation toute particulière avec son grand-père aussi qui fait tout le charme de cette lecture. J’espère un troisième tome bientôt !

Mon avis par ici.

Je suis ton soleil de Marie Pavlenko.-Flammarion jeunesse

Immense coup de cœur pour ce roman qui a ce quelque chose d’indéfinissable entre l’humour et la profondeur et qui nous dit qu’on est toujours le soleil de quelqu’un. Sans aucun jeu de mots de ma part, un roman lumineux sur la vie, quand on passe de l’adolescence à l’âge adulte, ce moment charnière de basculement qu’on ressent toujours avec une certaine envie d’avancer et de nostalgie mêlés. Le bouche-à-oreille a tellement bien fonctionné sous l’arbre que nous sommes plusieurs à avoir succombé à ces pages (une lecture commune en préparation du coup, à suivre !).

Mon avis par là.

Aurélie a aimé un livre numérique et une nouveauté !

Je recherchais d’autres titres de la Chouette du cinéma pour une lecture en voiture pour mon fils. Je suis tombée en extase sur leur adaptation de La Soupe au caillou aux rythmes africains. Une version papier avec une version ebook interactive offerte.

La Soupe au caillou de Clémentine Robach-La chouette du cinéma

Allez on profite toujours d’un moment de calme sans enfants pour aller en librairie voir les nouveautés jeunesse. J’ai beaucoup aimé le dernier livre illustré par Marjolaine Leray avec Charlotte Erlhi :Comme tout le monde. Un livre qui traite de la différence.

Comme tout le monde de Charlotte Erlhi et Marjolaine Leray-Talents hauts

Des extraits ici et son article.

Sophie a apprécié de frissonner avec deux romans pendant l’été.

Sarah Cohen-Scali - Phobie.

Phobie de Sarah Cohen-Scali chez Gulf stream

Anna est terrifié par le croque-mitaine depuis la disparition de son père. Quand elle disparaît et se retrouve enfermer dans une cave elle est persuadée qu’il l’a enlevée comme il le lui promet en cauchemar depuis des années…
Entre conte, horreur, thriller, enquête, anticipation et bien d’autres genres, ce roman nous tient en haleine et ne cesse de nous surprendre.

Stéphane Servant - Sirius.

Sirius de Stéphane Servant au Rouergue

C’est un autre style de frisson que l’on retrouve dans cette épopée post-apocalyptique. On y suis une jeune fille, Avril, et un petit garçon, Kid qui devront affronter le dur monde dans lequel ils vivent depuis que la guerre a fait rage et qu’un virus a rendu tous les êtres vivants stériles.

Alice a bien aimé se laisser surprendre par ces deux belles découvertes.

Y’a pas de héros dans ma famille de Jo Witek. Actes Sud, 2017.

Un travail commun amène Maurice et Hyppolite a travailler ensemble. Et là, c’est le coc des cultures ! Maurice aussi aimerait bien avoir une famille parfaite avec un mur de héros dont tout le monde pourrait être fier  !

Voilà une chronique familiale plutôt drôle et touchante entre stéréotypes sociaux et réalité de l’enfance …

Mon avis par ici

Metal Melodie de Mayvonne Rippert. Milan, 2015

Une adolescente rebelle  » abandonnée » par sa mère, comme pour mieux apprendre à ouvrir ses ailes et à prendre son propre envol.

Un livre d’amour, véritable voyage initiatique, bercé de belles melodies…

Mon avis par

Bouma s’est laissée embarquer par des aventures humaines hors norme portées par des héroïnes pas comme les autres…

Ce premier roman d’Aurélie Rodriguez vous fera découvrir le parcours d’une bande de pirates pas comme les autres et parcourir le monde à la recherche d’une carte au trésor. Dépaysement garanti !

Mon avis par ici.

Comme Pépita, ce roman a su me toucher au cœur par la finesse de son écriture et son attachement à décrire avec réalité et émotion la vie d’une adolescente dont le quotidien s’effondre malgré elle.

Mon avis par ici.

Chloé a aimé un album pour les plus petits et un abécédaire.

ABCD, apprécié pour la très grande beauté des images qui accompagnent chacune des lettres de l’alphabet.

Mon avis ici.

Les petits amis de la nuit, qui accompagne en douceur les bambins vers le sommeil.

Mon avis ici.

Et vous, quels livres auront su retenir votre attention durant cet été ? N’hésitez pas à nous faire partager vos coups de cœur en commentaire.

Des méga-TOPS tout l’été

Tout au long de l’été, nous avons souhaité vous faire partager chacune notre TOP 5 en littérature jeunesse. 

Exercice difficile ? Oui, à première vue, mais finalement chacune a pu extraire de ses nombreuses lectures celles qui lui tiennent toujours et encore à cœur.

Ce fut aussi entre nous un singulier partage de découvertes, de ressentis, d’émotions que de découvrir tout au long de cet été et ce chaque lundi, les merveilles de chacune.

Comme en vacances, on déconnecte (et on vous le souhaite !), cet article récapitule tous ces TOPS 5 afin de vous permettre de ne pas en perdre une miette et de repartir en cette rentrée avec des belles idées de lecture.

Et comme on aime partager sous le grand arbre, vous êtes invités en retour à nous faire part de votre TOP 5 personnel : essayez ! Vous verrez… et n’hésitez pas à nous le soumettre en commentaires !

 

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Le top 5 de La collectionneuse de papillons c’est par ici .

Vous y retrouverez l’histoire d’une étrange passerine, de princesses saugrenues, d’un ogrelet qui voulait se défaire de son ogrité, du cœur vorace des ados et d’une jeune femme qui rêvait et faisait un monde plus juste…

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 Le Top 5 d’Alice est par

Vous y trouverez des histoires d’enfance, de naissance, de danse, de jeunesse volées, d’intensité, d’illusions et de réalité

 

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Le Top 5 de Pépita est par ici

Vous y trouvez des histoires d’imaginaire, de partage, d’humour, de secret, de liberté…

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Le Top 5 de Sophie est par ici

Vous y trouvez de la science-fiction, de l’amour, des livres et de l’humour !

Lois Lowry - Le passeur.

Rainbow Rowell - Eleanor and Park.

Emily Gravett - Les loups.

Roald Dahl - Matilda.

 

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Le TOP 5 de Bouma est par ici

               

 

 Le Top 5 des Lutines est par

Vous y trouverez des récits pour tous les âges, de différents genres et beaucoup de tendresse.

 

         

 

Le TOP 5 d’Atelier de cœurs est par ici

Vous trouverez des histoires émouvantes, rythmées et même un peu cruelles.

Le top 5 de Littérature enfantine est par ici

Vous y trouverez des albums qui font frissonner, de plaisir ou de peur, des histoires qui font penser, qui font grandir.

Le top 5 de Carole est

2 albums, 3 romans : des moments inoubliables ! 

 

Le top 5 de Carole

Bien, bien, bien… C’est donc à mon tour de vous proposer mon top 5. Quelle idée nous avons eue ! Il y a quelques semaines, j’ai vu ça et ça m’a volé un éclat de rire monumental !

Non parce que choisir 5 livres jeunesse, c’est quand même ce qui se rapproche le plus de l’ENFER ! Parce que choisir, c’est nécessairement renoncer. J’ai suivi avec attention les tops 5 de mes copinautes tout l’été, en faisant des « Wahou « , des « Bien sûr « , des « Olala comment vais-je faire ? ». Grosse pression.
Et puis, je me suis demandé ce qui fait que je vais choisir celui-ci et pas un autre, quels sont mes critères, pourquoi. Parce que des coups de coeur, j’en ai beaucoup, des livres que je conseille et/ou que j’offre aussi, des titres qui me viennent spontanément, des histoires dont je me souviens longtemps, des auteurs chouchous, des collections. Alors après un été de réflexion, j’ai trouvé : je vous parle de ces livres dont la lecture marque un avant et un après. De ceux que je relis à l’infini et qui me procurent les mêmes émotions, de ceux qui ont changé un peu ma vie, de ceux qui m’ont enrichie profondément.

Vous êtes prêts ? C’est parti !

L’Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel, illustré par Anne Bozellec, rééedition Thierry Magnier, 2014.

J’ai la chance d’avoir la version de 1976 des Editions Le sourire qui mord. Précieux cadeau de ma grand-mère. L’Histoire de Julie est une démonstration magnifique et poétique des ravages de l’assignation de genre imposée aux enfants dès la naissance, une illustration de la souffrance provoquée par l’obligation de rentrer dans l’une des deux seules cases que nous propose la société patriarcale régie par des normes hétérosexuelles. Mais c’est aussi une lumineuse fenêtre ouverte sur la possibilité de se libérer de ces carcans, et tout commence par l’éducation ! Plus que jamais d’actualité. Un de mes premiers livres rien qu’à moi.

Métal Mélodie de Maryvonne Rippert, Editions Milan Macadam, 2010.

C’est bien simple, sans ce roman, vous ne seriez pas en train de me lire. Sans ce roman, je n’aurai pas créé mon blog. Je suis tombée dessus par hasard, dans une médiathèque, un vendredi, attirée par la couverture et le titre. Je l’ai lu deux fois dans le weekend en me disant  » c’est ça un roman ado ? Mais qu’est-ce que je peux faire pour qu’un maximum de gens le lise ? » Et voilà comment 3 étoiles est né quelques temps après. Il m’a emmenée jusqu’à Grenade, en compagnie de Luce et Esteban, et je me souviens encore de l’émotion de ma rencontre avec Maryvonne à Montreuil en 2012.

Ma Tempête de Neige de Thomas Scotto, Editions Actes Sud Junior, 2014.

C’est avec ce titre que j’ai découvert la poésie de Thomas Scotto et la collection D’une Seule Voix. Double chance ! Je l’ai lu, relu, à voix haute, dans ma tête. Bouleversant, beau, pudique, sincère. Assister à la naissance d’un amour si puissant, ça émeut, ça fait déborder le coeur et les yeux. Depuis, je suis fan de cette collection, et j’attends toujours avec impatience les nouveautés de Thomas, poète des mots et des dédicaces !

Abris d’Emmanuelle Houdart, Editions les Fourmis rouges, 2014.

Grand format, chaque double page invite le lecteur, en quelques mots poétiques qui disent l’essentiel et une illustration magnifique, foisonnante et soignée, à se réfugier, se construire, grandir et se retrouver. Des abris intimes où tous les âges de la vie sont suspendus : sérénité et douceur, voilà ce que l’univers d’Emmanuelle me procure. C’est mon illustratrice chouchou. La seule dont je possède désormais deux repros, cadeaux de gens que j’aime très fort. Cet album, c’est un refuge, une bulle, un cocon dont j’ai besoin.

La Langue des Bêtes de Stéphane Servant, Editions du Rouergue, 2015.

Depuis le Coeur des Louves en 2013, lire un roman de Stéphane est devenu un rituel particulier pour moi. D’abord l’attente fébrile et délicieuse, puis la joie et l’excitation de la parution, et la lenteur exquise et la régalade de la lecture. Au moment où j’écris ce top 5, je suis plongée dans Sirius, son nouveau roman Epik paru il y a quelques jours, et je prends tout mon temps. Je l’assume : cet auteur contredit nécessairement mon libre-arbitre, comme les olives et Radiohead. La Langue des bêtes pour moi, c’est un de mes plus beaux moments de lectrice : une évidence, un rendez-vous, une émotion rare. Certaine qu’on en parlera encore longtemps. De la Grande Littérature.

Le top 5 de Sophie

Cinq coups de cœur vraiment ? Il faut en choisir cinq et seulement cinq ? Bon ok, ça va pas être facile. Certains sont venus comme ça parce que c’est un évidence que mon instinct m’impose. Ne me demandez pas pourquoi, je marche au feeling, à l’émotion. Il faut qu’un livre provoque quelque chose en moi, qu’il ne me laisse pas indifférente, qu’il me reste sans que je puisse forcément l’expliquer.

Forcément après, quand j’y réfléchis, je me dis mais où sont Matthieu Maudet, Benjamin Lacombe, Martine Pouchain et d’autres encore. Si on refait cet exercice dans un an, ils seraient peut-être dans le top 5.

Alors le voilà mon top 5 du jour qui est finalement très représentatif des livres qui me suivent, ces incontournables qui resteront quoi qu’il arrive…

Bel été et belles lectures !

 

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Lois Lowry - Le passeur.


Le passeur
de Lois Lowry à L’école des loisirs

Parce que c’est un roman de science-fiction, genre que j’aimais beaucoup ado même si j’en lis moins maintenant.
Parce que c’est à ce livre que je pense quand on me demande LE livre même si je ne saurais pas vraiment l’expliquer.
Parce que je l’ai RElu et ça c’est très rare pour moi !

 


Le machin
de Stéphane Servant chez Didier jeunesse

Parce que c’est avec cet album en randonnée que j’ai fait mon retour à la littérature jeunesse pendant mes études.
Parce que son auteur a le goût des mots autant pour les tout-petits que pour les plus grands.
Parce que c’est le premier livre que j’ai lu a mon fils.

 

Rainbow Rowell - Eleanor and Park.

 

Eleanor & Park de Rainbow Rowell chez Pocket jeunesse

Parce que c’est une belle histoire d’amour.
Parce qu’il m’a tenu éveillée et m’a mis des papillons dans le ventre.

 

 

Emily Gravett - Les loups.


Les loups
de Emily Gravett chez Kaléidoscope

Parce que cette auteure/illustratrice me fait rire à tous les coups.
Parce qu’elle sait exploiter l’objet-livre de la couverture à la dernière page toujours avec justesse.
Parce qu’on y parle des bibliothèques et du plaisir de se plonger littéralement dans un livre.

 

Roald Dahl - Matilda.

 

Matilda de Roald Dahl chez Gallimard jeunesse

Parce que Roald Dahl est incontournable en littérature jeunesse.
Parce que la passion de la lecture peut ouvrir toutes les portes même si elle est parfois incomprise.
Parce que Matilda…

 

 

Et voilà ! J’espère que ces cinq livres vous donneront des envies de lectures… Je passe la main à Carole qui vous livrera son Top 5 la semaine prochaine !