Sélection thématique : L’Histoire avec un grand H

En ce week end de commémoration, petit focus sur les livres pour enfants consacrés à la discipline historique : documentaires, fictions, bandes-dessinées. Tout un panel pour éveiller la curiosité de nos petites têtes blondes car pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ! Voici une sélection de nos préférés.

  • Les documentaires

La collection “La grande imagerie” des éditions Fleurus. Bien qu’aux allures un peu vintages, le garçon d’Aurélie en raffole. (Ses coups de coeur : 1ère et 2ème guerre mondiale et Débarquement).

 

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Les p’tits docs à coller de chez Milan

Un texte court et clair pour introduire toutes les thématiques abordables dès le plus jeune âge.

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Dans le même genre, Aurélie a découvert la collection Idole des éditions Néapolis, un peu plus détaillé, les enfants peuvent coller et colorier les différents détails du documentaires et s’amuser tout en apprenant.

Son avis d’Aurélie prochainement sur son blog

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Pour revenir à Milan, la collection mes docs histoire est clair et concise avec un large éventail, Aurélie apprécie aussi le côté tout terrain avec les pages plastifiées.

Son avis

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La collection Quelle histoire chez l’éditeur du même nom et  chez Fleurus pour le magazine s’allie aussi au numérique avec la version ebook, la version à écouter sur la lunii et les vidéos youtube.

L’avis d’Aurélie

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Une grande expédition à travers l’histoire de la Terre, ça vous dit ? Voilà l’objectif ambitieux de cet album magnifique qui se déploie en accordéon sous nos yeux ébahis. C’est signé Clémence Dupont et paru en 2017 chez les Éditions de l’Agrume !

L’avis d’Isabelle

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Parce qu’il est à la fois passionnant et d’une beauté à couper le souffle, parlons également de l’album Egyptomania, par Emma Giuliani et Carole Saturno, paru en 2016 aux Éditions des Grandes Personnes !

L’avis d’Isabelle

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Ensuite il y a plusieurs versions romancées mais non fictives comme la collection “Il était une fois” des éditions Belize et “Les grandes vies” chez Gallimard jeunesse.

 

L’avis d’Aurélie et ici.

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La collection “Histoire d’histoire” de chez Rue du monde est une série de fictions mais qui restent documentaires.

  • Les albums

Les albums d’Eric Battut font beaucoup référence à l’Histoire du monde (esclavage, guerre etc..)

Voici quelques avis d’Aurélie, Pépita

  • Les romans

Parfois, rien de mieux qu’une histoire captivante pour nous faire une page d’histoire ! La liste est longue – on pourrait presque proposer une sélection thématique par période historique, mais voici des romans qui valent le détour !

Pour découvrir la Rome antique, rien de mieux que la série Caïus de Henry Winterfeld, qui n’a pas pris une ride ! Addictifs, très informatifs tout en restant accessibles à des enfants très jeunes, ces romans offrent au passage une initiation au genre policier…

   

L’avis d’Isabelle sur le tome 1 et le tome 2.

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Pour une escapade dans le Moyen-Âge le plus sombre, n’hésitez pas à vous plonger dans L’Estrange Malaventure de Mirella, de Flore Vesco, qui vient d’obtenir le prix Vendredi ! On frissonne, la langue fleurie de Flore Vesco nous réjouit, nous faire rire souvent… mais au passage, on en apprend beaucoup sur cette période !

Notre lecture commune, ainsi que les avis d’Isabelle, de Pepita, de Hashtagcéline et de Bouma.

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Pour plonger en immersion dans des pages plus récentes de notre histoire, les romans de Michael Morpurgo sont une valeur sûre. Ses histoires, toujours très bien racontées, nous font revivre de façon très vivante notamment des épisodes marquants de la première guerre mondiale (Le mystère de Lucy Lost ; Soldat peaceful), le conflit sino-japonais dans les années 1930 (Le Roi de la forêt des brumes), la deuxième guerre mondiale (Dans la gueule du loup), l’après-guerre (Seul sur la mer immense ; Le Royaume de Kensuké) ou même des épisodes plus récents, comme la terreur exercée en Afghanistan par les Talibans (avec L’histoire d’Aman).

  

L’avis de Sophie                                L’avis de Pepita

    

L’avis de Bouma                                  Les avis de Hashtagcéline et de Sophie

L’avis d’Isabelle                                    L’avis de Bouma

L’avis de Pepita

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Les romans de Davide Morosinotto renouvellent brillamment le roman jeunesse historique. Le célèbre catalogue Walker & Dawn paru en 2018 aux éditions de l’École des loisirs, nous faisait vivre un road-trip incroyable à travers tous les États-Unis du début du 20ème siècle. L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges, paru cette année (chez les même éditeur), nous emmène cette fois pour une aventure en Russie, pendant la Seconde guerre mondiale. Des objets-livre à couper le souffle : vintage à souhait, truffés d’extraits de dessins, de cartes géographiques, de photographies et de coupures de presse si authentiques qu’on les prendrait presque pour des documents d’archives…

   

L’avis de Pepita et d’Isabelle sur Le célèbre catalogue Walker & Dawn, l’avis d’Isabelle sur L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges.

  • Les bandes-dessinées

Chez Casterman, vous pourrez faire découvrir la collection “L’histoire de France en BD“.

Et vous quelles sont vos collections préférées pour parler d’Histoire à vos enfants ?

Coups de cœur d’Octobre

Les voici nos coups de cœur d’octobre, maintenant que les jours raccourcissent, les lectures se font plus cocons, on pense un peu à ce qu’on pourrait offrir à Noël, on commence à regarder en arrière et en avant (c’est selon), on étudie si on pourra aller au Salon à Montreuil (ou pas), bref, les occasions ne manquent pas pour partager encore et toujours !

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Pour Méli-Mélo de livres, une fois de plus, difficile de choisir parmi les belles choses lues et pas toutes chroniquées (par manque de temps !) mais je garde au fond de moi un livre qui m’a ouvert l’esprit sur la poésie de chaque chose et de chaque moment : Des haïkus plein les poches de Thierry Cazals & Julie Van Wezemael chez Cotcotcotéditions est une merveille de simplicité, de bonheur à portée de main et de mots choisis en toute humilité. A offrir, à lire et relire, à avoir près de soi !

Mon avis

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Pour Ada, le temps des vacances scolaires a permis un vrai moment de lectures plurielles et enthousiasmantes. Difficile de choisir. Mais sans aucun doute c’est le roman chroniqué par mes copinautes la semaine dernière qui m’a vraiment emportée, et je regrette vraiment de ne pas l’avoir lu à temps pour débattre avec elle de la profondeur de sens de ce bouquin là : Félines de Stéphane Servant est une ode au pouvoir féminin, une ode à la créativité qui permet de se libérer des codes qui nous enferment, nous étranglent, une ode aux poils, aux crocs et aux griffes qui permettent d’agripper la vie même dans ses heures les plus sombres.

Coup de cœur partagé par Sophie.

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Alice s’est laissé entraîner avec beaucoup de tension dans Blé noir d’Aurélie Wellenstein : romance adolescente sur fonds de combat pour la cause animale.

Quand Lilian croise la route de Blé alors qu’il en plein mission activiste, il ne se doute pas que cette rencontre va chambouler son existence au point de la suivre dans une fugue effrénée et d’accepter de se joindre ses différents combats.

Un beau roman initiatique qui amène le lecteur à réfléchir, à juger des choix et à réveiller sa conscience. Un livre noir, radical, très engagé.

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Dur, dur de faire un choix après un mois d’octobre riche de belles lectures sur l’île aux trésors ! Mais s’il faut n’en retenir qu’une seule, ce sera Petit Renard, d’Edward van de Vendel et Marije Tolman, un album de toute beauté, paru en septembre aux éditions Albin Michel Jeunesse. Un livre inoubliable en forme d’ode aux rêves avec un grand « R », à la nature, à la vie, aux expériences qui nous font grandir. Une expérience de lecture intense, tour à tour étrange, captivante, inquiétante et réconfortante comme un terrier bien chaud…

L’avis d’Isabelle

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Bouma a eu un coup au cœur pour deux petits albums cartonnés qui jouent à merveille sur le principe du “coucou – caché” si cher aux tout-petits. Mélangeant travail photographique et dessin crayonné, Coucou qui est là ? et Coucou je te vois ! de Lee et Choi sont à découvrir chez Didier Jeunesse (et à mettre dans le plus de petites mains possible bien évidemment)

L’avis de Bouma

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Pour HashtagCéline, le coup de cœur est double ce mois-ci. Impossible de choisir entre Parce que, l’album de Mac Barnett illustré par Isabelle Arsenault paru chez Little Urban et Éden, le roman de Rebecca Lighieri paru à l’école des loisirs. Le premier nous propose des réponses poétiques à des questions enfantines quand le deuxième nous entraîne dans un monde idyllique et mystérieux. Deux belles lectures pour HashtagCéline qui a fini le mois d’octobre en beauté.

   

Ses avis pour l’un et pour l’autre ICI et .

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Pour Sophie, c’est un album qui a partagé ce début de période automnale. Bulle d’été de Florian Pigé nous fait plonger dans l’univers d’un jeune garçon à l’approche de la rentrée. Poésie, solitude, imaginaire sont au rendez-vous !

Son avis ici.

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Entretien avec Stéphane Servant à propos de son roman Félines

Ceux qui suivent régulièrement nos publications le savent, Stéphane Servant fait partie des auteurs que nous aimons particulièrement lire, à l’ombre de notre grand arbre ! Cette année, son album Le Nid a même remporté notre prix “Brindille” du meilleur album pour tous petits. Son roman Sirius avait fait partie des parutions les plus remarquées de 2017 et raflé le prix Sorcières. Avec Félines, paru en août 2019 aux éditions du Rouergue, Si Stéphane Servant retrouve plusieurs de ses thèmes de prédilection (l’animalité de l’être humain, les dérives humaines et les formes de domination…), il renouvelle profondément sa manière d’écrire avec ce nouveau roman. Il y est question d’une transformation mystérieuse affecte les adolescentes qui voient leur aspect évoluer. De quoi susciter beaucoup de questions ! Auxquelles il a très gentiment accepté de répondre.

Vous avez exercé plusieurs métiers avant de devenir auteur. Comment en êtes-vous venu à écrire ?

Depuis l’enfance, j’ai toujours écrit. Avant tout parce que j’adorais lire et que j’étais ébloui par le pouvoir des histoires et de la littérature. Cette chose magique qui fait qu’on peut vivre mille vies au fil des mots, blotti entre les couvertures.

J’ai continué à l’adolescence parce qu’écrire me permettait de mettre à plat ce que je ressentais, ce que je ne pouvais exprimer autrement. Et aussi parce que l’écriture permet d’explorer des endroits intimes qui sont loin de la conscience. Écrire, c’est aller à la découverte de soi. Et ça résonne particulièrement avec l’adolescence.

Après des études de littérature anglophone assez « flottantes », j’ai travaillé en tant qu’animateur en milieu scolaire et associatif. Je suis allé conter dans les écoles, j’ai donné des cours de cirque, j’ai programmé des spectacles en milieu rural, j’ai fait du spectacle de rue, du graphisme et j’ai également travaillé pour la presse jeunesse. Durant tout ce temps-là, j’écrivais mais sans penser à partager ces textes.

C’est dans la bibliothèque d’une école primaire que j’ai découvert Le voyage d’Oregon de Rascal et Joos, j’ai alors réalisé l’extraordinaire liberté de création de la littérature jeunesse et je me suis mis à écrire des textes d’albums. C’est une écriture particulière, proche de la poésie d’une certaine façon, qui m’a demandé beaucoup de travail. J’ai eu la chance de bénéficier du regard bienveillant de Cécile Emeraud, alors éditrice au Rouergue. Elle n’a jamais publié mes textes mais elle m’a encouragé à persévérer. Quelques années plus tard, en 2006, j’ai publié Le Machin, illustré par Cécile Bonbon, chez Didier Jeunesse et Cœur d’Alice, illustré par Cécile Gambini, chez Rue du Monde. Mon premier roman, Guadalquivir, est paru en 2009 chez Gallimard.

Comment vous est venue l’idée d’écrire Félines ? Avez-vous été inspirés par des personnes réelles pour imaginer les Félines ?

Dans Sirius, mon précédent roman, j’évoquais la façon dont notre société occidentale capitaliste exploite et épuise le vivant, animaux, hommes et végétaux, faisant de toute vie une donnée purement comptable, niant par là-même la vie elle-même.

En miroir de ce motif, je mettais en scène une secte religieuse qui entendait dominer le monde, arguant que le monde leur avait été donné par dieu et que « les élus » pouvaient donc en jouir à leur guise et sans limites.

Dans un cas comme dans l’autre, ces deux systèmes de domination légitimaient le pire et menaient l’humanité à sa perte.

Rien de bien nouveau finalement, les exemples historiques sont nombreux : quand il y a domination, la barbarie n’est jamais très loin.

Les mois qui ont suivi l’écriture de Sirius, j’ai poursuivi cette réflexion sur la domination et je me suis demandé quels étaient les interstices, les failles, les lignes de fuite possibles dans un monde où, soit disant pour le bien du plus grand nombre, tout doit être calibré, standardisé, évalué, étiqueté, où tout ce qui ne rentre pas dans la norme est rejeté. Et je parle là aussi bien des tomates, des vaches que de nous-mêmes, hommes et femmes, cela participe du même mouvement.

Les publicitaires, les religieux, les politiques nous disent tour à tour quoi et comment être. Tout est borné à l’aune d’une prétendue paix sociale : notre façon de penser, d’interagir, d’aimer, de protester de voyager, d’habiter, d’occuper l’espace public,… jusqu’à nos corps qui doivent correspondre à une norme supposée idéale et qui sont dans le même temps l’objet d’injonctions contradictoires – particulièrement ceux des femmes.

Ces représentations avec lesquelles nous avons grandis sont une violence et engendrent une violence envers celles et ceux qui ne s’y reconnaissent pas, qui sont hors-cadre ou qui ne veulent pas s’y soumettre.

J’ai donc imaginé un acte d’insoumission définitif : que se passerait-il si les corps eux-mêmes ne répondaient plus aux injonctions ? Comment réagiraient ces jeunes filles ? Quelle serait la réaction de leurs proches, de la société ? C’était le début de la Mutation….

Dans Félines, je parle donc du corps des jeunes filles mais c’est une sorte de fil rouge pour interroger de façon plus large notre rapport au monde, dans une trame générale tissée de nombreux autres motifs qui se rejoignent : violence sociale, exclusion, harcèlement, racisme, xénophobie mais aussi joie, amours, sexualités, radicalité, révolte et liberté,…

Vos romans, et Félines en particulier, reflètent densément notre société et les grandes questions politiques et sociales de notre temps. Est-ce qu’il y a des sujets dont vous teniez à parler, avec Félines, ou ces grandes questions politiques se présentent-elles plus spontanément dans le fil du travail d’écriture ?

Écrire, c’est précisément questionner le monde, se questionner soi et partager ces interrogations avec les lectrices et les lecteurs.

Depuis longtemps, la question de la liberté est au centre de mes romans. Les personnages principaux sont souvent des ados cabossées par la vie, atypiques, marginalisées, qui cherchent leur place dans un monde cadenassé par la peur et les préjugés, comme dans Le cœur des louves ou La langue des bêtes.

Pour Félines, je me suis nourri très directement de l’actualité, et de ce qu’elle nous dit de la liberté aujourd’hui. Il suffit de voir comment le pouvoir réagit face à l’opposition à la Loi Travail, la ZAD de Notre-Dame des Landes, les Gilets Jaunes, la mobilisation des jeunes contre la réforme du lycée, l’action de SOS Méditerranée, la parole de Greta Thunberg, Extinction Rebellion et tant d’autres mouvements collectifs.

Dans ce monde standardisé, tout ce qui ne fait pas et n’admet pas le consensus est perçu comme un danger pour le système, présenté comme une menace envers la démocratie elle-même. Toute radicalité est devenue suspecte. Hors, sans radicalité, il n’y a plus de mouvement et une société qui ne bouge pas est selon moi destinée à s’éteindre.

C’est une réflexion permanente mais parfois il y a collision avec l’écriture. Dans Félines, il y a par exemple une scène où la police force les adolescentes à rester à genoux, les mains sur la tête, « bien sages ». C’est évidemment inspiré de ce qu’ont subi des adolescents de Mantes-la-Jolie en décembre 2018 lors d’une manifestation contre la réforme du lycée. J’étais en train d’écrire Félines et il y a eu une vraie collision entre la fiction et le réel, cette collision a nourri mon écriture – et le livre est d’ailleurs aussi dédié à ces jeunes-là.

Ce roman se présente sous la forme d’un témoignage. Comment s’est imposée cette forme ?

Pour chacun de mes romans, je cherche une forme particulière. Celle qui portera le mieux la narration, bien entendu, mais aussi celle qui me permettra d’explorer de nouvelles formes d’écriture. Fond et forme sont pour moi indissociables. D’où par exemple la construction labyrinthique du Cœur des louves ou l’épopée presque lyrique de Sirius.

Pour Félines, je voulais donner à entendre la voix de Louise, une jeune fille radicale et révoltée et ça m’a semblé évident de choisir une forme très brute, presque brutale parfois. D’où le témoignage.

Pour autant, il me semblait nécessaire de construire ce texte comme une adresse, non pas à un hypothétique lecteur extérieur mais bien à un témoin direct, présent, ici et maintenant aux côtés de Louise – ce qui renforce l’effet de réel. De plus, quand Louise interpelle l’écrivain qui recueille sa parole, ça me permet d’interroger indirectement le lecteur, de l’amener à réfléchir, à prendre position, pour ou contre, peu importe, et peut-être à changer de position au cours du récit.

Une autre question de curiosité en lien avec la forme du témoignage. Le roman est dédié à Camille, fille de l’auteur. Cette dédicace a piqué notre curiosité : elle est réelle ou fait-elle partie de la “mise en scène” de ce roman ?

Ah ah ! Comme les magiciens, je préfère ne pas vous dévoiler les ficelles et laisser le mystère entier…

Dans le prologue de Félines, vous écrivez : « Réfléchir, c’est commencer à désobéir. Lire, c’est se préparer à livrer bataille ». Ces mots prennent un relief particulier dans le contexte de narration de ce roman. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Le témoignage de Louise n’est pas un manifeste. C’est un cri. Elle ne cherche pas à convaincre, elle dit sa vérité, tout simplement, en assumant parfaitement sa subjectivité et elle laisse le lecteur se faire son opinion.

C’est pour moi cette position qui éclaire la phrase  « Lire, c’est se préparer à livrer bataille », et ce à deux niveaux.

Le premier niveau de la bataille c’est celui de l’intime. Soi face à un texte. Un texte, ce sont des questions, une vision, un « autre » qui se livre à vous. La bataille se joue non pas avec l’autre mais avec soi-même, avec ce qu’on savait, ce qu’on croit, ce qu’on croyait savoir, ce qu’on entrevoit et qu’on n’avait pas vu. Ça me fait penser à cette formule un peu facile et galvaudée : « Un livre dont on ne sort pas indemne » ou à la formule de Kafka qui comparait la littérature à une hache qui vient briser la mer gelée en nous. Lire pour être bousculé, pour nous mettre en mouvement.

Le second niveau de la bataille se joue au-delà du livre après l’acte de lecture. L’imagination a été mise en mouvement par le texte. On devine d’autres chemins, d’autres voies, d’autres façons d’être au monde, d’autres mondes peut-être. Vient alors le temps de refermer le livre, d’aller se frotter au réel, d’éprouver de façon tangible, d’argumenter, de refuser, de protester, de créer, d’inventer individuellement et collectivement avec d’autres qui ont une autre expérience singulière. C’est ce que vivent les Félines quand elles se retrouvent derrière le stade de cette petite ville et décident de réagir collectivement en organisant une manifestation et en revendiquant des droits. La bataille se livre là contre la passivité, la fatalité, les assertions comme « c’est comme ça et pas autrement », « il n’y a pas d’autre solution », « il n’y a pas de plan B ». L’imagination, au delà de la fiction, sert à ça. A se dire : « oui, c’est possible. Personne n’y croit, mais c’est possible. Et je vais me battre pour ça. »

Ayant énormément aimé le roman, nous serions intéressées de connaître d’éventuels prolongements. Avez-vous par exemple prévu des lectures publiques ? Peut-être une adaptation cinématographique ?

C’est encore un peu tôt pour en parler mais je travaille avec mon complice musicien Jean-Marc Parayre à la création d’une lecture musicale à partir de Félines.

Il en existe déjà une sur Sirius où Jean-Marc m’accompagne avec des instruments anciens (nyckelharpa, vielle à roue, flûte hamonique) sur une bande-son originale. Pour Félines, j’aimerais développer un univers hip-hop, quelque chose de très contemporain. Nous y réfléchissons ensemble.

Pour ce qui est du cinéma, je n’ai pas encore eu de proposition. Mais je pense que Félines pourrait être la base, pourquoi pas, d’une série télé.

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Un grand merci à Stéphane Servant d’avoir accepté de répondre à nos nombreuses questions !

Lecture commune: Félines, de Stéphane Servant

Un titre intriguant, évoquant à la fois la féminité et quelque chose d’animal, de fauve. Doublé d’une couverture magnétique qui interpelle et semble déjà appeler à la rébellion. Le nouveau roman de Stéphane Servant nous est livré comme la transcription du récit de l’une des protagonistes du mouvement des Félines. Un roman dont il y a beaucoup à dire !

Isabelle : Vous avez toutes lu ce roman dès sa sortie. Je me demandais donc : qu’est-ce qui vous a poussées à le découvrir avant même de recevoir les premiers retours ? Connaissiez-vous Stéphane Servant, avez-vous été aussi intriguée que moi par cette couverture magnétique ?

Pépita : Ma réponse sera très simple : je lis tout de Stéphane Servant, notamment chaque roman ado. Aucun ne m’a déçue. Tous ont ouvert mon regard. Tous m’ont fait vibrer. Pour Félines, j’ai été intriguée par la présentation de l’éditeur très suspense ! Notamment cet avertissement de prise de risque pénal. Je me suis dit : attention, voilà une bombe ! Et effectivement, je ne me suis jamais sentie aussi fière d’être une fille ! C’est le sentiment dominant qui m’habite à la lecture de ce roman. Beaucoup d’émotions aussi, encore très vives.

Sophie : Pareil, en ce qui me concerne, Stéphane Servant est devenu au fil des années un incontournable. J’aime sa poésie, son style, la façon dont il aborde les sujets. Du coup, je ne pouvais pas attendre !

Hashtagcéline : De mon côté, c’est plutôt parce qu’une amie me l’avait très très chaudement conseillé. J’aime l’écriture de Stéphane Servant. Vraiment. Mais par exemple, dans Sirius, ça n’a pas suffi. Alors, je l’aurais lu, Félines. Mais plus tard… Et franchement, ça aurait été dommage. Félines dépasse pour moi tous les précédents de l’auteur et va faire partie de ces lectures qui resteront graver dans ma mémoire de lectrice. Un choc.

Isabelle : Vous parlez des précédents livres de Stéphane Servant que vous connaissiez, il me semble qu’on retrouve dans Félines certaines caractéristiques, certains motifs, mais j’ai été impressionnée par la capacité de l’auteur à se renouveler. Qu’avez-vous en particulier pensé de la forme de ce roman – en est-ce bien un, d’ailleurs ?

Pépita : Il reprend un de ses thèmes : l’animalité de l’humain. Mais oui, il se renouvelle fort dans ce roman, l’écriture sous cette forme de témoignage est très visuelle, presque cinématographique. La mise en abyme avec le fait que ce soit lui l’écrivain, père d’une féline, recueille cette parole, donne une crédibilité forte. On pourrait presque croire que ces faits ont été réels et d’un certain point de vue, ils le sont dans les références historiques et l’allusion à des faits contemporains.

Sophie : J’ai été très surprise des changements de style, mais en bien. J’ai adoré ce registre du témoignage, ça justifie le changement de ton par rapport aux autres romans et en même temps on retrouve la patte de Stéphane Servant. On accroche tout de suite à l’histoire et surtout on se demande presque si c’est vraiment vrai et ça c’est chouette de plonger comme ça dans le récit. Finalement, je trouve ce roman globalement plus accessible pour son ton plus ado, plus direct.

Hashtagcéline : Oui, le fait que le roman soit écrit tel un témoignage a vraiment joué dans le fait que j’accroche très vite à l’histoire de Louise. J’ai aimé la façon dont elle parlait de son parcours, de son combat, entre force et faiblesses. Je me suis sentie très proche d’elle et très vite concernée par son sort et celui des autres Félines. Son récit porte des valeurs universelles, semble faire écho à hier, aujourd’hui et demain. Pour ma part, comme je le disais un peu plus haut, je trouve que ce texte est différent des précédents de l’auteur, même si on y retrouve l’engagement et la défense de grandes causes comme dans Sirius et effectivement la part d’animalité qui est en nous comme dans Le cœur des louves. Mais clairement, pour le reste, je le mets à part. Cela n’engage que moi !

Isabelle : Alors entrons dans le vif du sujet ! Qui sont les félines ?

Pépita : Ce sont des jeunes filles qui progressivement se retrouvent le corps poilu et leurs sens s’aiguisent aussi : vue, odorat. Leur force physique se décuple également. Les garçons ne sont pas touchés. Évidemment, les premières touchées ont honte mais peu à peu, vu le nombre de jeunes filles touchées, elles relèvent la tête. Ce phénomène est appelé la Mutation et scientifiquement un nouveau chromosome, le O est apparu, ce qui vaut aux Félines d’être aussi appelées les Obscures.

Isabelle : Des transformations qui pourraient paraître anodines, mais qui se révèlent hautement perturbantes. Pour les Félines elles-mêmes, comme tu le dis Pepita, mais surtout et très vite pour toute la société. Et les réactions sont d’une violence inouïe. On sent bien qu’à travers les Félines, l’auteur nous parle plus généralement de la pesanteur des normes, de la difficulté à assumer ses différences et de la violence que cela peut susciter.

Et parmi ces félines, nous suivons de près Louise, l’héroïne de cette histoire. Quelques mots sur cette actrice de la mobilisation féline ? Pourriez-vous me parler un peu d’elle ?

Sophie : J’ai beaucoup aimé ce personnage et je m’y suis vite attachée. C’est une jeune femme écorchée par la vie qui va se révéler dans sa condition de féline.

Pépita : Je l’ai trouvée incroyable de sincérité, Louise, et aussi d’empathie. Malgré sa souffrance, elle va vers les autres, devient un leader et se révèle à elle-même.

Isabelle : J’ai été impressionnée par sa résilience alors qu’elle n’a pas été épargnée par la vie. On la voit vraiment se transformer sous nos yeux, grandir, remettre en question les normes qu’elle a toujours connues, s’accepter telle qu’elle est, aussi. Comme tu y fais allusion Pepita, elle n’est pas une héroïne qui s’impose seule, mais contribue à construire une solidarité collective qui se révèle décisive pour les Félines. On s’identifie facilement et cette transformation fait beaucoup de bien à lire, je trouve.

Isabelle : Ce roman développe une belle galerie de personnages déjouant tous les stéréotypes, non ? J’ai trouvé qu’ils ne ressemblaient pas aux héros et héroïnes dont on pourrait avoir l’habitude. Lesquels vous ont le plus marquées ?

Sophie : J’ai beaucoup aimé Tom, l’ami de Louise. Comme elle, c’est un personnage qui a beaucoup souffert mais qui sait ce qu’il veut. Pour lui, il n’y a pas de frontière, il sait sortir des cases quand son instinct et ses sentiments lui disent que c’est ce qu’il faut faire. Ils ont une relation unique entre eux et il représente une superbe définition de l’amour !

Pépita : J’ai adoré Tom, il m’a fait pleurer celui-là ! Sa relation avec Louise est si….si….je ne trouve pas le bon mot. Ils m’ont réchauffée par leur vision de la vie, par l’authenticité de leur amour, par leur soutien mutuel indéfectible, par leur amour de la littérature. Le père de Louise est épatant aussi, si ouvert d’esprit, la mère de Tom aussi, pas très causante mais au moins ce qu’elle dit et fait est efficace. Et le petit frère de Louise ! Une lumière.

Sophie : Oui, le petit frère de Louise est extra aussi. Il incarne une forme de pureté, il ne se formalise pas des différences. Il apporte un beau regard d’enfant, simple, curieux et ouvert sur les autres… bien loin de celui des adultes.

Isabelle : Tout à fait d’accord ! J’ai énormément apprécié la façon dont les réactions des proches de Louise sont restituées. Plus généralement, Stéphane Servant nous parle des difficultés que peuvent rencontrer certains parents lorsque leurs enfants sont perçus comme différents, voire déviants d’une manière ou d’une autre. On voit plusieurs types de réponses dans le roman; celle du père de Louise est très belle. Sa confiance et son soutien infaillibles sont probablement un élément-clé qui alimente la force surprenante de Louise. Quant à son petit frère, j’y ai vu comme vous une belle illustration de la capacité que conservent les enfants à poser sur le monde un regard juste, encore non-altéré par les préjugés et l’habitude des injustices. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les personnages secondaires parmi les Félines…

Hashtagcéline : À chaque personnage, Stéphane Servant nous propose un profil “type” mais de la même façon il lui apporte des nuances, des failles qui le rend alors crédible. Ça, ça m’a vraiment bluffée car c’est assez rare qu’un auteur y parvienne aussi bien.
Et pour ma part, c’est aussi Tom qui m’a vraiment touchée. Et de fait la relation toute particulière qu’il débute et consolide avec Louise. Leur histoire est magnifique et balaie à elle seule de nombreux préjugés.

Le prologue dit : « Réfléchir, c’est commencer à désobéir. Lire, c’est se préparer à livrer bataille ». Un roman engagé qui donne à réfléchir, donc, à plusieurs des grandes questions de notre époque, qui comporte de nombreux parallèles avec le monde réel qui nous invitent à renouveler notre regard ! Lesquelles vous ont plus particulièrement marquées ?

Pépita : Beaucoup m’ont marquées : l’intolérance envers les minorités, le fanatisme religieux, la violence policière, les allusions aux camps nazis, la place de la nature et la ressource qu’elle procure et même les gilets jaunes. J’ai vraiment trouvé que Stéphane Servant a su éviter l’écueil de cette énumération qui est justement mise en perspective et qui n’est pas un fourre-tout.

Isabelle : C’est vrai que Stéphane Servant est vraiment impressionnant à cet égard. Ses romans nous parlent de notre époque et des enjeux les plus brûlants de façon très, très dense, sans à aucun moment perdre le fil de l’histoire. J’ai beaucoup aimé la réflexion à laquelle il nous invite sur la pesanteur des normes, à travers le symbole des poils qui dérangent tellement sur les jeunes filles de l’histoire. Le roman m’a aussi donné à réfléchir sur les peurs (des épidémies, des différences, etc.) et leur instrumentalisation par les forces populistes. Ce qui fait du bien, c’est qu’il est aussi question des conditions d’émergence d’un mouvement subversif dont l’énergie est vraiment communicative !

Sophie : Ce n’est pas une thématique en tant que telle, mais on peut faire des parallèles avec les camps de concentration quand les Félines sont mises à l’écart dans des lieux soi-disant pour les aider. J’ai trouvé ça impressionnant de voir notre société (c’est elle au début du roman) conduire ces jeunes filles dans ces “camps”. C’est fait si progressivement, avec les messages qui vont bien, qu’on se dit que oui, sous certaines influences, avec ce type de dirigeants, on pourrait revenir à ce qu’on a connu pendant la Seconde guerre mondiale.
Il y a aussi la vitesse à laquelle tout se passe. On comprend que c’est accéléré par les moyens de communication actuelle mais la situation revient au même que dans les années 40 sauf qu’au lieu de prendre des mois, le message contre les Félines est répandu en quelques jours.
Stéphane Servant manie tout ça très bien, il nous entraine subtilement là où l’on espère que notre société ne peut plus aller… Et pourtant !

Avez-vous apprécié cette atmosphère subversive ? Plus généralement, comment avez-vous réagi à cette lecture, quel effet vous a-t-elle fait ?

Pépita : Oui, j’ai beaucoup apprécié cette ambiance, elle m’a rendue fière d’être une fille comme jamais et depuis…je ne m’épile plus !

Isabelle : Je me suis aussi laissée gagner par l’énergie communicative des Félines. Le propos peut paraître sombre avec des thématiques d’autant plus graves qu’elles font écho à l’actualité, comme nous l’avons dit, mais je me suis plutôt sentie optimiste en refermant le roman. Il nous montre la stigmatisation, l’oppression, la persécution, mais aussi le pouvoir de l’entraide et de la solidarité. Et la richesse des registres disponibles (et à inventer) de registres d’action subversives. Il nous donne à goûter, aussi, l’exaltation de s’accepter tel qu’on est. Tout cela fait beaucoup de bien dans la période actuelle qui charrie tant de frustrations et de résignation.

Cela m’a fait réfléchir sur le genre de la dystopie. Je n’en ai pas lu tant que ça, mais mon fils aîné en lit énormément, comme beaucoup de jeunes lecteurs, ce qui peut interroger. Pourquoi ce goût pour des univers dysfonctionnels, catastrophiques, voire apocalyptiques ? Je crois avoir mieux compris en lisant Félines. Ces romans mettent en relief ce qui dysfonctionne dans la vraie vie, mettent en garde contre certaines dérives en imaginant leurs développements possibles, mais en littérature jeunesse, j’ai l’impression qu’ils sont toujours porteurs d’espoir. C’est peut-être ce qui fait qu’ils emportent autant de lectrices et de lecteurs.

Justement, à qui auriez-vous envie de faire partager ce roman ?

Pépita : J’ai envie de proposer ce roman à toutes et tous en fait. Il touche à tant de choses si profondes et humaines. Stéphane Servant a réussi à lier masculin et féminin dans ce roman, à faire en sorte qu’on ne les oppose plus car justement les opposer mène à ce genre de dérives, à réveiller l’animalité de l’humain. C’est un roman qui pose l’espoir d’une société meilleure. En montrant justement ce qu’elle peut faire de pire. J’en suis sortie bluffée et regonflée à bloc. Donc oui à lire absolument !

Hashtagcéline : Comme Pépita, j’ai envie de faire lire et de partager ce roman avec tout le monde ! Bien sûr pas avec un trop jeune public mais étant donné sa richesse, la diversité des thèmes abordées avec intelligence et les réflexions que cela amène sur notre monde actuel, c’est pour moi un texte à la portée universelle qui DOIT être lu par tous et toutes !

Félines a donc réussi à nous mettre toutes d’accord ! Et vous, l’avez-vous lu, êtes-vous tenté(e) ? Si vous doutez encore, jetez donc un œil aux chroniques de Pépita, Sophie, Hashtagcéline et Isabelle… en attendant l’entretien avec Stéphane Servant que nous publierons jeudi 31 octobre !

 

 

Sélection thématique : Le conformisme

Cette semaine, nous vous partageons une sélection thématique sur le fait d’être dans les clous … ou justement l’intérêt de ne pas l’être et de savoir imposer ses envies et sa différence.

  • L’épopée des pions d’Audren, éditions MeMo.

Un roman premières lecture de la collection polynie sur les aventures d’un pion de dames… pas comme les autres !

Les avis d’Aurélie, Isabelle ,Pépita

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  • Hamaika et le poisson, de Pierre Zapolarrua, éditions MeMo.

Également dans la collection Polynies, l’histoire de l’amitié improbable entre une poule et un poisson qui ne ressemblent pas aux leurs et persistent à tracer leur route hors des sentiers battus…

L’avis de Pepita, Hashtagcéline et Isabelle

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  • Princesse Kevin de Michael Escoffier, Glénat.

Un album où un petit garçon aime se déguiser en princesse.

L’avis d’Aurélie

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  • Marin Morhange et la robe mandarine.Editions Goater

Un album de l’éditeur breton où un petit garçon est rejeté dans la cour car il aime porter une robe.

L’avis d’Aurélie

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  • Comme tout le monde de Charlotte Erlih et Marjolaine Leray. Talents hauts

L’histoire d’une caravane qui souhaite s’installer dans un village. Hélas elle a du mal à se faire accepter.

L’avis d’Aurélie

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  • Le nouveau pull-over d’Oliver Jeffers. Ecole des loisirs

Ou l’histoire d’un pull-over pour se différencier des autres mais que se passe-t-il quand cet objet devient commun à tous ?

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  • Un jour mon prince viendra ou pas, de Sandra Nelson. Gautier-Langereau

Un anti conte de fées pour montrer qu’une princesse a toujours le choix.

L’avis de Sophie

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  • Le troisième fils de Monsieur John, de Nadine Brun-Cosme, Sarbacane.

À travers la métaphore des arbres plantés à la naissance de chaque enfant, dont le troisième pousse à sa façon, déployant ses branches dans tous les sens, cet album nous parle de parents confrontés à un enfant qui sort des sentiers battus… et peut réserver des surprises aussi belles qu’inattendues…

L’avis de Bouma et d’Isabelle

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  • Calpurnia, de Jacqueline Kelly, École des loisirs.

Calpurnia grandit dans le Texas de 1899. Son entourage la destine à l’apprentissage des bonnes manières et des tâches ménagères. Mais voilà : ce qui intéresse vraiment la jeune fille, c’est l’observation de la flore et du comportement des animaux…

L’avis d’Isabelle et de Pepita

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  • Le môme en conserve, de Christine Nöstlinger, Livre de Poche.

Un classique qui tourne en dérision le mythe de “l’enfant modèle” et qui propose une réflexion réjouissante sur une réflexion distanciée sur l’éducation et les qualités des « bons » parents…

L’avis d’Isabelle

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  • George, d’Alex Gino. L’école des loisirs

George se pose des questions en toute simplicité sur lui, sur sa vie et ses envies alors que dans ce corps de petit garçon, il sent bien que sommeille une petite fille..

L’avis d’Alice

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  • Je m’appelle Mina et j’adore la nuit de David Almond, Gallimard jeunesse

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Quand on n’entre pas dans les cases sociales, on se réfugie dans son imaginaire pour rester en équilibre. Un roman incroyable dans sa forme !

L’avis de Pépita

Et vous, connaissez-vous d’autres livres abordant cette thématique ?