Femmes combattantes, inspirantes, innovantes

Le 8 mars est la Journée Internationale pour les Droits des Femmes.

Officialisée en 1977, cette journée trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Pour les arbronautes que nous sommes, ce sera aujourd’hui l’occasion de vous proposer une sélection de livres de tous genres qui mettent en avant des femmes combattantes, inspirantes, innovantes ! Des femmes de science, des femmes engagées, des femmes artistes !

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Dès le XIXe siècle, certaines femmes pionnières du féminismes eurent l’audace de trouver leur voie et de s’affirmer hors des carcans. S’il reste encore beaucoup à faire, les obstacles qu’elles rencontrèrent permettent à la fois de mesurer le chemin parcouru depuis et le courage nécessaire pour conquérir de nouveaux droits à l’encontre de normes qui semblent aller de soi… Rosa Bonheur qui parvint à devenir peintre, vécut avec une femme et obtint même l’autorisation de porter des pantalons est l’un des exemples les plus frappants. Quelle belle idée a eue Natacha Henry de lui consacrer un roman – roman dont on reparlera d’ailleurs très bientôt sous le grand arbre…

Rosa Bonheur, l’audacieuse, de Natacha Henry, Albin Michel.

Pour Linda, c’est également dans le passé, entre 19ème et 20ème siècle qu’a vécu l’une des femmes les plus inspirantes. Beatrix Potter est connue à travers le monde pour ses histoires mettant en avant de petits animaux dont Peter Rabbit est le plus célèbre. Mais son parcours est particulièrement inspirant pour le combat qu’elle a mené pour faire connaître son talent et être indépendante à une époque où les femmes dépendaient de leur père avant de dépendre d’un mari. Par ailleurs, son amour de la nature l’a conduite à acheter des terres et les fermes qui y étaient installées permettant la préservation d’un patrimoine. Sans son action, le Lake District n’aurait probablement pas l’aspect qu’on lui connait encore aujourd’hui.

Pour les jeunes lecteurs, l’album de Linda Elovitz Marshall et d’Ilaria Urbinati se veut une merveilleuse introduction à la découverte de cette femme peu ordinaire.

Amoureuse de la nature, l’incroyable destin de Beatrix Potter de Linda Elovitz Marshall et Ilaria Urbinati, Gallimard jeunesse, 2020.

Son avis est ICI.

Pour les plus grands, la biographie de Beatrix Potter écrite par Richard Maltby Jr, scénariste du film éponyme, est à découvrir pour en savoir plus sur l’éducation reçue par la jeune fille et ses difficultés avec l’amour.

Miss Potter, de Richard Maltby Jr, Mango, 2007.

Son avis à découvrir ICI.

Et n’hésitez pas non plus à découvrir Miss Charity, un merveilleux roman librement inspiré par la vie de Béatrix Potter. Un voyage inoubliable en pleine Angleterre victorienne, des personnages adorables et une existence placée sous le signe de l’indépendance !

Miss Charity, de Marie Aude-Murail, L’école des loisirs.

Les avis d’Isabelle et de Linda

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Coups de cœur pour Marie Curie et Frida Khalo, deux titres parus dans La collection Les Grandes vies chez Gallimard jeunesse. Des vies exceptionnelles pour deux femmes inspirantes !

Les avis de Liraloin

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Pour Liraloin c’est le destin de Katherine Johnson relaté par Carole Trébor qui remporte les suffrages pour cette journée de la Femme.

Née petite dernière d’une fratrie de quatre enfants, Katherine montre très vite des aptitudes hors normes en mathématique. Protégée, aimée et encouragée par sa famille, cette jeune femme modeste ira jusqu’au bout pour y arriver. Elle deviendra cette femme, celle de l’ombre qui jouera un rôle essentiel dans l’avancée des recherches de la conquête spatiale américaine. 

« Je ne suis pas meilleure que les autres, mais les autres ne sont pas meilleurs que moi » telle est la phrase que Katherine Coleman (avant de devenir Johnson) se répètera sans cesse pour lutter contre la ségrégation et enfin accéder à un métier où les femmes restent minoritaires surtout lorsqu‘elles sont de couleur.

Carole Trébor nous livre un récit très bien documenté avec beaucoup de références sur la vie des Afro-Américains en 1930. La ségrégation, hélas, trop présente dans le système éducatif nord-américain. Les notes en bas de page apportent de l’éclaircissement. D’ailleurs l’histoire est ponctuée de références : « Elle gagnerait 50 dollars par mois. Une telle rémunération lui paraissait énorme ! Et lorsqu’une de ses amies de l’AKA lui avait proposé que l’Etat attribuait 65 dollars mensuels aux enseignantes blanches du comté, Katherine avait balayé cette réticence d’un revers de la main : elle avait pris la résolution de ne pas s’appesantir sur les aspects négatifs. »

Au-delà des faits historiques, l’écriture de Carole Trébor ne transmet aucune empathie ni aucune colère. Les faits sont relatés tels quels, simplement. Le lecteur accompagne Katherine, l’œil bienveillant figé sur ce destin de femme exceptionnelle !

Combien de pas jusqu’à la lune de Carole Trébor, édition Albin Michel – collection Litt’, 2020

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Pour Colette, les femmes les plus inspirantes sont celles en devenir, celles qu’elle côtoie tous les jours dans son métier d’enseignante. Avec elles, elle aime parler de Malala Yousafzai, de Wangari Maathai, de Marie Curie, de Greta Thunberg ou encore de Frida Kalho. On a déjà parlé des albums de la collection “Grands portraits” de chez Rue du monde qui dressent les biographies enthousiasmantes de Malala ou de Wangari.

Malala, pour le droit des filles à l’éducation, Rue du monde, 2015.
Wangari Maathai, la femme qui plante des millions d’arbres, Franck Prévot, Aurélia Fronty, Rue du monde, 2011.

D’ailleurs, pour celles et ceux qui voudraient en savoir plus sur Malala, ne pas hésiter pour les plus grandes lectrices et les plus grands lecteurs à lire son autobiographie.

Moi, Malala,
Patricia McCormick, Malala Yousafzai, Hachette Jeunesse, 2014.

Et pour les plus jeunes, le très bel album Le crayon magique de Malala nous raconte à travers les douces illustrations de Kerascoët la vision de l’éducation que porte cette jeune femme si audacieuse qui a d’ailleurs créé sa propre fondation pour lutter pour que chaque fille dans le monde ait droit à l’éducation. C’est par !

Le Crayon magique de Malala,
Malala Yousafzai, Gautier Languereau, 2017.

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Les jeunes femmes du XXIe siècle n’ont d’ailleurs de cesse de nous inspirer dans tous les domaines. Du côté de l’écologie, ne pas hésiter à lire le discours de Greta Thunberg intitulé Rejoignez-nous #grevepourleclimat !

Rejoignez-nous, Greta Thunerg, Kero, 2019.

L’avis d’Isabelle

Pour les plus jeunes, l’album Greta change le monde ! permet d’évoquer les actions menées par cette jeune suédoise très engagée.

Greta change le monde,
Gabriella Cinque, Vamille, Sarbacane, 2020.

N’hésitez pas non plus à découvrir Jamie Margolin, activiste américaine qui a publié en 2020 un manuel pour s’engager à ses côtés intitulé Le Pouvoir aux jeunes.

Le Pouvoir aux jeunes, Jamie Margolin,
Massot éditions, 2020.

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Pour Pépita, deux romans viennent immédiatement à l’esprit : des destins de jeunes filles incroyables, la première dans le domaine sportif et la seconde dans le domaine scientifique. Et il en fallait de l’audace !

La fille d’Avril, Annelise Heurtier, Casterman

L’avis de Pépita

Les avis de Pépita LA et LA.

Un régal que ces sept contes de femmes “vives et vaillantes” ! : “Contrairement aux idées reçues, les jeunes filles dans les contes n’attendent pas qu’un prince vienne les sauver en les épousant, elles prennent leur destin en main pour devenir femmes…” Praline Gay-Prara

Vives et vaillantes, 7 héroïnes de contes, Praline Gay-Prara, Didier jeunesse

L’avis de Pépita

Pour rester dans le conte, je ne peux pas passer à côté du dernier roman de Flore Vesco “D’or et d’oreillers”, que je suis en train de lire avec un plaisir immense : je sens que Sadima va beaucoup me surprendre ! Un roman étonnant qui mêle statut de la femme au XIXème siècle en Angleterre, conte détourné, sexualité et magie !

D’or et d’oreillers, Flore Vesco, Ecole des loisirs, Médium

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Cerise sur le gâteau – enfin sur la sélection, les deux tomes de la BD Les Culottées qui mettent en lumière les trajectoires de femmes qui, chacune à sa manière, résistent obstinément aux attentes et aux injonctions pour suivre leur voie. Chacune de ces histoires est saisissante, bouleversante, mais inspirante : il y a quelque chose de jubilatoire à voir ainsi ces femmes repousser de toutes leurs forces les limites de leur horizon – et du nôtre par la même occasion. Elles incarnent un spectre immense et grisant de vies de femmes. Et invitent à oser être soi-même et imaginer de nouveaux possibles.

Les Culottées, tomes 1 et 2, Pénélope Bagieu, Gallimard.

Les avis de Lucie et d’Isabelle

Existe aussi en DVD !

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Et si vous voulez découvrir de manière ludique d’autres femmes combattantes, inspirantes, innovantes, n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil du côté de la maison d’édition de jeux Toplatoys et notamment de sa collection de jeux sur l’égalité intitulée The Moon Project. Le jeu des 7 familles inspirantes est un très joli support pour découvrir des femmes pionnières dans le sport, l’art, la littérature, la politique, l’entreprenariat et les sciences.

Et pourquoi pas se laisser tenter par le magnifique jeu “Who’s she ?” de chez Playress pour découvrir d’autres figures emblématiques de l’Histoire des femmes ?

Avec elles, après elles, comme Clara Zetkin grâce à qui la Journée Internationale des droits des femmes a été crée, nous continuons de dire, au moins au fil de nos lectures :

“Je veux me battre partout où il y a de la vie.”

Câlins, bisous, tendresse… et sexe !

On ne l’avait jamais fait ! Une sélection ÉROTISME et SEXUALITÉ en littérature jeunesse !

L’idée de cette sélection nous est venue suite à la lecture commune de lundi sur Le Goût du baiser, mais aussi d’une discussion autour des Liaisons dangereuses au moment de préparer notre sélection sur les récits épistolaires. Nous nous étions posé la question (récurrente) de l’âge auquel proposer la lecture de ce type de roman et avions cherché des romans et documentaires jeunesse abordant la sexualité de manière explicite.

Attention, chaud là-dessous !

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Voilà un album tout en poésie, découvert lors de mon premier salon de livre de Montreuil en… 2003 ! Un album osé dont seules les éditions du Rouergue avaient alors le secret, un album qui inaugurait une collection qui ne semble plus exister mais qui était un pari innovant, une collection dédiée aux albums pour adolescent.e.s : doAdo image . Tout d’abord, il y a ce titre merveilleux, une injonction si lumineuse : Amourons-nous ! Et puis ensuite il y a ce format : un grand format carré. Rare, précieux. Ensuite bien entendu il y a le graphisme si particulier de Sabien Clement, ses amoureux aux corps tracés au stylo, en noir et blanc la plupart du temps. Et puis il y a le texte tout en poésie de Geert De Kockere. Un texte qui dit la relation amoureuse dans toute sa sensualité et surtout dans toute sa générosité. On est bien loin du guide pratico-pratique, de l’encylopédie de la sexualité épanouie. C’est juste une histoire d’amour qui s’écrit au fil des caresses, des baisers, des murmures, de ce temps passé à découvrir chaque grain de peau, chaque cil, chaque creux, chaque pli. Une histoire de partage. De confiance.

“Tu portes une chemise
une chemise de nuit,
et tu l’ôtes elle aussi.
Te voilà nuit,
une nuit sans chemise.

Tout au creux de la nuit,
qu’il fait bon ne pas dormir.”

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Un texte fort sur la force du premier amour entravé par des adultes qui font eux-mêmes les réponses sans comprendre. Un texte aussi qui aborde la sexualité, quand elle se découvre et s’expérimente, avec infiniment de réalisme et de beauté mêlés. 

Rien que ta peau, Cathy Ytak,
Actes sud junior, D’une seule voix

L’avis de Pépita

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16 auteur(e)s, 16 nouvelles sur la première fois d’adolescent(e)s.
16 histoires qui abordent tout sans tabou, certaines glauques, d’autres érotiques, jamais pornographiques, toutes sortes de situations voulues, pas voulues, provoquées : l’attente, le coup de foudre, faire comme les autres, dire non et n’être pas entendue ni respectée, la déception ou l’éblouissement, la perte de contrôle, l’abolissement du temps et des corps.

16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles

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A l’occasion de notre lecture commune du Goût du baiser, nous avons présenté la nouvelle collection “L’Ardeur” de Thierry Magnier dont l’ambition est de proposer des romans jeunesse pour “lire, oser, fantasmer”.

Le goût du baiser de Camille Emmanuelle, Thierry Magnier

Retrouvez les avis de PépitaLiraloin et Lucie.

Ce roman nous ayant vraiment plu, nous avons lu deux autres titres qui ne nous ont malheureusement pas autant convaincues que celui de Camille Emmanuelle, mais dont nous souhaitions vous parler dans cette sélection.

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Pépita et Lucie ont ainsi découvert Touche-moi, de Susie Morgenstern.

Touche-moi de Susie Morgenstern, Thierry Magnier

Mais elles n’ont pas retrouvé l’énergie et la liberté de ton qui les avait emballées dans leur première lecture. Si l’auteure aborde avec naturel les rêves érotiques de son héroïne, elles ont été dérangées par les nombreux clichés tant dans la galerie des personnages que dans les situations, et ne voient pas en quoi ce roman pourrait répondre aux questionnements des ados.

Retrouvez l’avis de Lucie.

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De son côté, Colette a lu Toute à vous de Maïa Brami.

Toute à vous de Maïa Brami, Thierry Magnier

Dans ce roman, la narratrice se livre à un jeu littéraire particulier : elle écrit des lettres érotiques à son voisin d’en face, dont les gestes et le corps la font fantasmer alors qu’elle vient de rompre avec son colocataire. Si les choix narratifs me semblaient tout à fait percutants pour évoquer ce qui relève du fantasme et du rôle de la vie psychique dans la sexualité, j’ai été très vite déçue par les clichés que la narratrice alignait dans ses missives. Pas de coup de cœur au rendez-vous, donc. Mais cela ne nous empêche pas de guetter avec curiosité les prochains titres de cette collection audacieuse.

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Pour compléter cette ST, nous vous avons concocté une liste de nos documentaires préférés sur le sujet, dont plusieurs à destination des ados, certains aussi pour leurs parents ! Tous savent trouver les mots justes pour répondre aux interrogations relatives au genre et la sexualité, accompagner, rassurer, sensibiliser aux risques, aux discriminations genrées et au consentement, mais aussi montrer que la sexualité n’est pas un tabou mais quelque chose de naturel et de positif ! Sur un ton naturel et factuel, à la fois simple et précis, qui instaure immédiatement la confiance, ils informent sans détour et déconstruisent les idées reçues avec bienveillance. Des must-have !

Peut-être le plus complet, ce dictionnaire bienveillant de la sexualité qui porte bien son nom est attrayant, instructif et bien construit autour d’entrées alphabétiques.

Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, par Myriam Daguzan Bernier, illustrations de Cécile Gariépy (Éditions du Ricochet, 2020)

L’avis d’Isabelle

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Le suivant aborde de façon plus ciblée les questionnements liés au genre et à l’orientation sexuelle en faisant la part belle aux témoignages et à une iconographie très variée… tout en permettant de faire le plein de bonnes ondes grâce à ses petits mots optimistes !

Je suis qui ? Je suis quoi ? de Jean-Michel Billioud, Sophie Nanteuil, Terkel Risbjerg et Zelda Zonk (Casterman, 2019)

L’avis d’Isabelle

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La première fois que j’ai eu ce livre entre les mains, je me suis dit : waouh !!!! Enfin, un livre qui aborde tout sans complexes, en toute simplicité, avec des questionnements, des réponses, sans tabous, pour découvrir et vivre sa sexualité dans le respect de l’autre. Un must !

Ceci n’est pas un livre de sexe, Chusita, Nathan

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On ne présente plus Isabelle Filliozat ! Sortir en août dernier, ce livre-version poche de Sexpérience sorti en 2019- aborde avec clarté et simplicité les questions des ados sur ce sujet souvent sensible.

Amour, sexe, les réponses aux questions des ados,
Isabelle Filliozat et Margot Fried Filliozat,
Pocket

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Et un livre pour aider les parents ? Quand il s’agit de parler de sexualité, ce n’est pas toujours aussi évident que de leur apprendre à nager ou à marcher ! Comment aborder ce sujet souvent tabou avec eux ? Un livre qui aide à dédramatiser le sujet.

La sexualité de vos ados : en parler, ce n’est pas si compliqué ? Samuel Comblez, Solar

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Voici d’autres références incontournables sur le sujet que nous classons à part car pour la plupart, elles ne sont plus disponibles. Cela dit, elles restent sûrement empruntables dans votre bibliothèque préférée !

Un documentaire épatant qui pose 70 questions de filles et de garçons sur l’amour, le baiser, la sexualité, les sentiments, sans aucun tabou, puisque ces questions, on se les pose tous sans oser forcément les formuler. Les réponses sont très claires et décomplexées. Il en émane également beaucoup de respect et de dédramatisation. Les photographies qui mettent en scène les trente jeunes sont bourrées d’humour et apportent une note de fraicheur que nos ados ne bouderont pas ! Un documentaire au poil !

Est-ce que ça arrive à tout le monde ? Syros

L’avis de Pépita

Entre album et documentaire, voici un ouvrage qui aborde une multiplicité de thèmes : de la procréation aux relations amoureuses avec des illustrations riches. Dommage qu’elle ne soit plus éditée car vraiment elle est top ! Parue en 2013, cette encyclopédie “qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants” a obtenu le Prix Sorcières Documentaires en 2014.

C’est ta vie ! Thierry Lenain et Benoît Morel, Oskar

Un documentaire déjanté qui plait dès dix ans pour son approche décalée, ce qui ne l’empêche pas d’être complet.

Zizi, lolos, smack !! Delphine Godard et Nathalie Weil, Nathan

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Et vous, votre référence sur le sujet ?

C’est quoi l’âme sœur ?

Et si on commençait cette sélection thématique par un poème de Paul Eluard, un poème à murmurer à l’oreille de votre propre cœur, pour attiser le feu et accélérer le pouls, pour se souvenir ou se projeter :

L’Amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Aujourd’hui, voici donc une sélection qui va vous faire croire à l’âme sœur… Ou vous convaincre qu’elle n’existe pas !

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Et pour rester dans la poésie, voici un album doux et tendre que j’aime d’amour : à l’image de ce baiser du bout des moustaches de la couverture, sur chaque double-page : une paire d’animaux, parfois improbables, dans une très belle illustration page de droite, qui traduit dans un bel élan le sentiment amoureux dans ce qu’il a de fragile et de profond, et page de gauche, une poésie au titre évocateur et qui dit ce qui se joue dans l’illustration. Un petit livre grand comme l’amour !

Deux qui s’aiment de Jürg Shubiger et Wolf Erlbuch, La Joie de lire

L’avis de Pépita

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La question de l’âme sœur est une question si ancienne qu’elle imprègne les plus antiques récits, les mythes et les légendes qui ont bercé et bercent encore l’entrée en littérature d’un grand nombre de jeunes lecteurs et de jeunes lectrices. Frédéric Clément et Ghislaine Roman se sont lancé.e.s le défi de partager avec nous quelques unes des ces histoires d’amour fou, ces amours qui mènent à la folie et le plus souvent la mort. Dans le magnifique album L’Amour fou, nous retrouvons en Grèce Ulysse et Pénélope, en Arabie Qays Ibn al-Mulawwah et Laylâ, à Vérone Roméo et Juliette, en plein cœur de l’océan indien Paul et Virginie, en France Cyrano et Roxane, et en Asie Orihimé et Kengyû. Et au fil des pages et des magnifiques illustrations de Frédéric Clément, nous ne pouvons qu’admirer ce qui fait la puissance de ce sentiment qui unit les êtres humains, au delà du temps qui passe et des continents.

L’Amour fou, Ghislaine Roman et Frédéric Clément, Saltimbanques éditions, 2020.

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Cet amour fou qui peut unir deux êtres, il peut surgir dès le plus jeune âge. C’est ce que raconte avec beaucoup de poésie et de délicatesse le très bel album au doux format à l’italienne intitulé Tandem publié en 2016 par les éditions La Joie de lire. Séverine Vidal et Irène Bonacina y racontent à travers un dessin au trait délicat et une bichromie bien choisie le lien qui se tisse entre une petite chouette et un long oiseau à casquette. Les mots de Séverine Vidal, avec une simplicité lumineuse, dévoilent toute la complexité de ce que l’on peut ressentir quand on découvre l’âme soeur, qu’on apprend à la comprendre, qu’on l’attend, qu’on l’espère et que l’on craint qu’elle nous oublie alors que pourtant on l’aime en toute confiance.

Tandem, Séverine Vidal et Irène Bonacina, Editions La Joie de lire, 2016.

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S’il y a un roman que j’aime un peu, beaucoup, passionnément pour parler d’amour avec les grands ados que j’ai la chance de côtoyer, c’est l’intense Le Fair ou mourir de Claire-Lise Margier publié aux éditions du Rouergue en 2011. On y suit les premiers pas au lycée de Damien, un jeune homme qui se cherche, et qui se trouve en Samy. C’est une histoire d’amour qui me bouleverse à chaque lecture. On y retrouve tous les ingrédients de l’amour tragique : les familles qui s’opposent, la figure paternelle autoritaire qui s’immisce dans les choix amoureux de son enfant, un amour que le héros n’assume d’abord pas, un amour qui nous change et nous fait devenir autre. C’est grâce à Pépita, que je l’avais découvert (et j’ai relu avec émotion le commentaire laissé sur son blog, il y a déjà… 8 ans !). Pour lire son avis, c’est ici.

Le Faire ou mourir, Claire-Lise Marguier, Editions du Rouergue, 2011.

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En contre-pied de l’âme-soeur, voici MON AME FRERE : un roman de Gaël Aymon qui pose le choix : avenir contre amour. Camille va devoir choisir. A quoi renoncer ? Un très beau roman sur l’amour conjugué à deux mais pour plus tard.

Mon âme frère de Gaël Atmon,
Actes sud junior

L’avis de Pépita

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Est-il encore besoin de présenter Nos étoiles contraires de John Green ?
Ce qui est sûr, c’est que selon nous cette histoire d’amour, contrariée par le cancer, avait toute sa place dans cette sélection. Parce que les sentiments d’Hazel et Augustus sont tellement sincères et émouvants qu’ils nous donnent envie de croire à l’âme sœur même dans les situations dramatiques.

Nos étoiles contraires de John Green, Pocket Jeunesse

Les avis de Bouma et Pépita.

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Quand nous avons préparé cette sélection, Isabelle faisait partie de celles qui restaient sceptiques face à l’idée d’âme-soeur, surtout déclinée au singulier. Elle a donc choisi d’illustrer des expériences que cette idée ne saurait synthétiser, avec trois romans coup de cœur !

Les âmes-sœur peuvent être celles qui se trouvent et s’entraident dans la difficile quête de soi, face aux normes sociales, aux écueils de la déviance et aux poids des attentes parentales… Ari et Dante, 15 ans, sont différents – l’un ordonné, tourmenté et introverti, l’autre plus sûr de lui et optimiste, maniant aussi bien le verbe que l’ironie. Mais ne dit-on pas que les contraires s’attirent ?

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers, de Benjamin Alire Saenz, Pocket Jeunesse, 2015.

Les avis de Linda, Pépita et Isabelle

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L’âme-sœur pourrait aussi être celle qu’on ne parvient pas à oublier des années après que les circonstances nous l’ont ravie. Celle que dont on chérit les souvenirs en forme de bouts de papiers amoureusement rassemblés dans une vieille théière, en dépit du temps écoulé, des kilomètres et des frontières… Un roman captivant et bouleversant !

L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine, d’Agnès Debacker, illustrations d’Anaïs Brunet. Éditions MeMo, 2019.

Les avis de Bouma, Isabelle, de Pépita et notre LC

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L’âme-sœur pourrait, enfin, être tout simplement celle que l’on choisit – et celle qui nous choisit tel.le que nous sommes, sans chercher à nous faire rentrer dans un moule, même quand on est aussi originale et décalée que Miss Charity !

Miss Charity, de Marie-Aude Murail, L’école des loisirs, 2008.

Les avis d’Isabelle et de Linda

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L’âme sœur se décline à l’infini pour Anne Shirley, cette jeune fille à l’esprit rêveur. Que ce soit par le lien filial qu’elle tisse avec Matthew ou par ses quelques amies de cœur, Anne trouve l’âme sœur dans chaque esprit qui communie avec le sien. C’est la résonance de deux cœurs qui donne vie à ce lien si particulier!

Anne de Green Gables, de Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture, 2020

Nos classiques préféré·e·s : les surprises de Rébecca Dautremer

Depuis 1996, Rebecca Dautremer nous enchante de ses créations. Pour votre plus grand plaisir, A l’Ombre du Grand Arbre a décidé de revenir sur des albums qui nous ont marqué·e·s.

Voici une belle sélection à découvrir ou redécouvrir… et pour aller plus loin https://rebeccadautremer.com/

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Et comme le dit si bien Rébecca dans son texte introductif de Midi Pile : « Bref, si tu traverses avec les yeux ce livre-là, tu pourras t’y réfugier, bien peinard, autant de fois que tu en auras besoin. (Et crois-moi, c’est une sacrée chance d’avoir un endroit où se réfugier bien peinard en cas de besoin.) Dans tous les cas, je te souhaite une bonne et belle traversée. »

Voici les 10 raisons de Liraloin de lire Midi Pile :

1.Parce qu’il n’existe pas 10 livres comme celui-ci

2.Parce que sa finesse transporte le lecteur dans un ailleurs complétement magique

3.« Je te dis que tu vas traverser ce livre POUR DE VRAI »

4.Parce que Rébecca Dautremer fait monter le suspense à chaque page tournée

5.Parce que c’est une course contre le temps et pourtant il s’écoule doucement alors…

6…dépêche-toi, lecteur, de tourner ces jolies sculptures de papier

7.Parce que les couleurs font voyager dans un lieu animé par le bonheur

8.Parce que les détails sont tendres et pleins de clins d’œil (à toi d’être malin pour les découvrir)

9.Parce qu’au fond, tout au fond de ce petit théâtre, on peut apercevoir la mer

10.Parce que l’amour ne peut pas attendre Midi Pile, il faut y être bien avant l’heure…

Midi Pile publié en 2019,
Pépite catégorie livre illustré au Salon du Livre et de la Presse jeunesse 2019.

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Voici les 10 raisons de Colette de lire Princesses oubliées :

  1. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau : du grand format carré, aux lettres du titre qui titillent le bout des doigts, en passant par le choix du papier, tout est si précieux, si délicat, si élégant.
  2. parce que les collaborations, fruits de la plume de Philippe Lechermeier et les pinceaux de Rébecca Dautremer, sont toujours d’une richesse inspirante.
  3. parce que cet album est une ode lumineuse, un hommage vibrant aux princesses de tous les continents, réelles ou imaginaires, rondes ou sèches, enfants ou vielles femmes, immenses ou minuscules…
  4. parce que le personnage archétypal de la princesse y trouve un nouveau souffle, loin des clichés véhiculés par les contes d’une époque reculée ; ici les princesses sont pirate, indienne, nomade, voleuse, lectrice invétérée ; ici les princesses peuvent être elles-mêmes, infiniment fragiles ou silencieuses, tonitruantes ou casse-pieds ;
  5. parce que ce livre est une galerie de portraits foisonnante d’une inventivité littéraire incroyable : princesse de Zoulou Zazou, princesse Pêtsec, princesse Petitpythie, le jeu de mots nous guette à chaque page;
  6. parce que cet album, par de nombreux aspects, fait œuvre encyclopédique : au delà des portraits, on pourra y lire des notes sur les objets utiles aux princesses, la définition du vocabulaire spécifique, une double page est même dédiée à l’alphabet international en éventail !
  7. parce que la mise en page parfois tient du carnet de notes ou de croquis, créant un objet hybride particulièrement original ;
  8. parce que pages 56-57, il a une carte géographique qui recense les 88 lieux de vie de nos princesses oubliées ou inconnues – et que j’adore les cartes de pays imaginaires ;
  9. parce que Rébecca Dautremer s’y essaye à différents traits, qui se répondent à travers des styles variés ;
  10. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau. Tenir un livre de Rébecca Dautremer est un pur ravissement de tous les sens renouvelé à chaque nouvelle publication ! C’est ainsi que notre histoire d’amour dure déjà depuis plus de 16 ans !
Princesses oubliées ou inconnues, Philippe Lechermeier, Rébecca Dautremer,
Gautier Languereau, 2004.

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Voici les 10 raisons de Lucie de lire Babayaga :

1. pour le grand format qui permet de partager cette lecture et de se pelotonner pour avoir moins peur ;
2. parce que Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer y racontent l’enfance de Babayaga ;
3. comment elle est devenue une terrible ogresse ;
4. et nous apprennent qu’elle n’a qu’une seule dent ;
5. pour les jeux de mots aux petits oignons de Taï-Marc Le Thanh ;
6. pour les détails cachés dans les magnifiques illustrations de Rébecca Dautremer ;
7. et notamment la page dans laquelle Miette s’aperçoit qu’à la surface de la baignoire flottent “des morceaux de carottes, de patates et de petits navets” alors que le sel et le poivre occupent le porte-savon ;
8. pour le jeu sur les plongées et contre-plongées qui accentue le sentiment d’impuissance de Miette ;
9. parce que le rythme de la fuite de Miette est incroyablement trépident, même si on en connaît l’issue ;
10. pour la lucidité de la remarque “avec un nom pareil, j’aurais dû me méfier dès le début !”.

Babayaga de Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, Gautier Languereau, 2008

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Voici les 10 raisons de lire Les riches heures de Jacominus Gainsborough selon Linda:

  1. Pour son grand format qui permet de le lire en famille et de s’en mettre plein les yeux.
  2. Pour le personnage de Jacominus, ce petit lapin à la bouille mignonne et à la patte folle,
  3. Mais aussi pour les autres personnages qui gravitent autour de lui, à qui Rebecca Dautremer a pris le temps de donner une identité à chacun leur donnant ainsi plus de contenance et l’importance qu’ils méritent.
  4. Pour le clin d’oeil évident à Beatrix Potter et son Peter Rabbit.
  5. Pour les grands tableaux double-page qui fourmillent de détails et dans lesquels le lecteur prend plaisir à se perdre dans la contemplation.
  6. Pour les double-pages qui prennent la forme d’album photos et révèlent les souvenirs et le temps qui passe.
  7. Et pour ces pages textes illustrées d’un Jacominus qui en disent tant sur les émotions qu’il ressent.
  8. Pour tous ces moments qui comptent, les bons comme les moins bons, les rencontres, le temps qui passe.
  9. Pour la poésie et la beauté des mots qui racontent tout simplement une vie. Ils semblent nous rappeler que la vie mérite d’être vécue pour tous ces moments aussi insignifiants soient-ils et qui enrichissent le quotidien.
  10. Et pour l’intemporalité du récit.
Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough, Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2018

A lire, les avis de Pépita, de Bouma et de Ladythat.

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Voici les 10 raisons de lire Journal secret du Petit Poucet selon Solectrice :

1. pour la magie d’entrer dans l’univers espiègle du petit Poucet et de découvrir ses incroyables trésors !

2. parce qu’on y trouve des dictons improbables,

3. pour ses merveilleux croquis et portraits fous !

4. pour les serments amusants que prononcent les frères du Petit Poucet,

5. parce que Rébecca Dautremer nous dévoile le lit-bouchon de Poucet,

6. pour voir les coulisses étonnantes de l’expédition en forêt des 7 frères égarés,

7. parce que le terrible Barrabas Barbak au visage peint semble tout droit venu du Pôle Nord,

8. Pour rire devant l’impertinence du gamin ou frémir face à la redoutable Popette et son inéluctable “certificat d’abandon des enfants petits et grands gentils ou méchants”,

9. Pour retrouver son âme d’enfant en suivant les facéties de ce petit bonhomme et de ses frères,

10. Parce qu’on est emporté comme dans un tourbillon par le monde fabuleux de ce conte revisité en album tendre et généreux.

Journal secret du Petit Poucet, Philippe Lechermeier et Rébecca Dautremer, Gautier Languerau, 2009.

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Voici 10 raisons de se plonger dans Une Bible selon Pépita :

  1. Parce que Une Bible n’est pas La Bible,
  2. Parce que croyant ou non croyant, elle fait partie de notre histoire,
  3. Parce que la lire, c’est revenir aux mythes fondateurs de notre société,
  4. Parce qu’il en émane une si belle musique,
  5. Parce que ce livre est une œuvre d’art,
  6. Parce que les illustrations sont comme des tableaux,
  7. Parce que la mise en page est époustouflante,
  8. Parce que j’ai eu la chance de rencontrer l’auteur et l’illustratrice parler de sa genèse et que c’est l’un de mes plus beaux souvenirs,
  9. Parce que ce livre nous raconte, nous,
  10. Parce que c’est Une Bible, comme un roman.
Une Bible, Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer,
Gautier Languereau

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Les livres-de-toute-une-vie, quintessence de papier.

Après les instants fugaces, les plaisirs minuscules, si on évoquait ces livres qui nous plongent dans l’épaisseur de toute une vie ? Ces livres si particuliers qui nous invitent tout en douceur à réfléchir sur ce qui donne du sens à une existence.

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Toute une vie de végétal.

Dans la collection de papillons de Colette, vous pourrez vous allonger à l’ombre d’un grand arbre généreux. Cet album de Shel Silverstein, devenu un classique de la littérature jeunesse, nous invite à questionner la vie, la mort, les liens qui nous tissent avec beaucoup de poésie et de simplicité.

L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1982.

Le petit avis de Colette, c’est par !

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C’est un autre album plein de poésie sur la vie d’un arbre que vous propose Lucie. Dans Je suis l’arbre, Eric Singelin utilise des aplats de couleurs vives et le pop-up pour donner vie à l’arbre, image parfaite de la nature attaquée, transformée par l’homme, mais finalement indomptable.

Je suis l’arbre, Eric Singelin, Gallimard Jeunesse, 2017

Son avis ici.

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Toute une vie d’animal.

Un petit ours s’invente un jardin comme un refuge, comme un sanctuaire de ses souvenirs.  Pour conserver la mémoire de ces instants de vie, faits de joies simples mais néanmoins essentielles de partage avec chacun de ses grands-pères. Ils reprennent vie aux yeux du lecteur, papi et pépé, chacun dans leurs habitudes, leurs passions, dans leur maison, leur jardin, leur cuisine. Il se dégage de cet album un sentiment de plénitude délicieux malgré l’absence et quelle ode à la vie !

Le jardin des ours, Fanny Ducassé, Thierry Magnier

L’avis de Pépita

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Certaines vies sont miraculeuses ! Comment ne pas s’émerveiller des métamorphoses parfois prodigieuses que connaissent certains êtres vivants : moustique, grenouille, champignon, papillon, etc. Des transformations pleines de suspense, merveilleusement illustrées et racontées, en faisant claquer les mots qu’on aime répéter rien que pour leur sonorité et leur mystère : nymphe, sporophore, mycélium, chrysalide, monocotylédone… Un hommage émouvant à une nature fascinante, frémissante de vie, mais fragile et éphémère.

Métamorphoses, de Frédéric Clément. Seuil Jeunesse, 2015.

L’avis d’Isabelle

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Toute une vie de créature.

S’il y a bien une créature que j’adore, c’est Piouh petit habitant du grand bois. Toute sa vie tient dans sa champimaison et une existence faite de petits riens de tous les jours : une vie magique ! Mon petit doigt de bibliothécaire me dit qu’un nouvel album vient de sortir….

Piouh, petit habitant du grand bois, Estelle Billon-Spagnol, Grasset jeunesse

L’avis de Pépita

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Une balade qui peut sembler interminable, mais qui est finalement vite parcourue, ça vous rappelle quelque chose ? C’est bien de la vie que nous parle La balade de Koïshi. Ce leporello nous entraîne à la suite d’une drôle de petite créature qui fait ses premiers pas, hésite, s’émerveille, va de l’avant, surmonte des obstacles, savoure des rencontres, prend des pauses pour mieux repartir, avant de s’étioler… Quel amusement de constater que cette balade ne suit pas nécessairement un trajet linéaire, mais que les extrémités du livre se rejoignent, permettant un éternel recommencement de l’histoire !

La balade de Koïshi, d’Agnès Domergue et de Cécile Hudrisier. Grasset Jeunesse, 2019.

Les avis d’Isabelle et de Pépita

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Toute une vie d’humain.e.

Un album incontournable pour évoquer ce qui se tisse au fil d’une vie, c’est le très beau livre de Serge Bloch et Davide Cali intitulé Moi, j’attends. On y découvre à travers l’histoire du narrateur les évènements qui font les vies les plus ordinaires. Et ce qui les rend si extraordinaires.

Moi, j’attends, Davide Cali, Serge Bloch, Sarbacane, 2005.

Un album à emprunter d’urgence dans votre médiathèque, selon Colette.

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Serge Bloch est d’ailleurs particulièrement doué pour embrasser toute une vie en quelques dessins. C’est aussi ce défi qu’il relève dans La Grande histoire d’un petit trait, saisissant au fil des pages ce qui fait la naissance puis l’épanouissement de la passion artistique.

La Grande histoire d’un petit trait, Serge Bloch, Sarbacane, 2014.

Pour découvrir sa place dans la collection de Colette, c’est par et Pépita vous dit quelques mots de l’application en lien avec l’album par ici.

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Oliver Jeffers nous offre à nouveau un album magique sur ce lien d’amour entre un père et sa fille : Toi et moi ce que nous construirons ensemble se projette dans la vie avec ses promesses d’avenir radieux au milieu du monde pour trouver sa place.

Toi et moi, ce que nous construirons ensemble, Oliver Jeffers, Kaléidscope, 2020

L’avis de Pépita

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Parfois, la vie est une énigme, du moins on n’arrive pas à se l’imaginer et à trouver du sens. Jo Witek sublime ses personnages dans ce roman en leur permettant de bâtir leur chemin de vie en faisant leurs propres choix.

Premier arrêt avant l’avenir, Jo Witek, Actes sud junior

L’avis de Pépita