Lecture d’enfant #31 : Catch, tournevis et lutins-robots

Le roman coup de cœur d’une jeune lectrice passionnée par les livres.

Je m’appelle Louisa, j’ai 10 ans, je suis en CM2 et j’ai envie de vous parler du livre : 

Catch, tournevis et lutins-robots

Ça parle de quoi ?

Le petit frère de Pénélope vient de se faire enlever par des lutins-robots – malpolis, qui plus est ! Va-t-elle le laisser disparaître dans une dimension parallèle ? Sûrement pas : elle part à la poursuite des kidnappeurs avec Dounia, sa meilleure amie catcheuse. Et si sur le chemin, elle doit faire équipe avec ce-crétin-de-Léopold, son rival, affronter une reine (bleue) complètement cinglée, gagner un combat de catch géant, ou déclencher une révolution robotique, qu’à cela ne tienne ! Personne ne lui pique son frère : elle a besoin de lui comme cobaye pour ses expériences scientifiques…

Auteure : H. Lenoir
Illustratrice : Marie Morelle
Sarbacane p.192

Pourquoi as-tu choisi ce livre en particulier ?                                                                                                                  
J’ai découvert ce roman en participant à un groupe de lecteurs, Mes premières 68 qui propose une sélection de premiers ou deuxièmes romans jeunesse d’auteurs francophones (concept : livres voyageurs). C’est une lecture qui m’a permis de quitter ma zone de confort : lire des romans plus volumineux et m’intéresser à une catégorie que je ne connaissais pas trop (Aventure/humour).

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?

J’ai aimé découvrir les illustrations au fil des pages, elles sont d’ailleurs très réussies. J’ai aimé tous les personnages. J’avais l’impression d’être à leurs côtés et même parfois, je m’identifiais à eux. Ce qui m’a plu aussi, c’est que chaque personnage a une passion bien à lui. Il y a énormément d’actions, de rebondissements et de surprises. 
L’histoire est rythmée, touchante et à la fois amusante.
J’avais toujours envie de continuer ma lecture car je voulais connaître la suite de leurs aventures.

Quelles sont les points forts de cette lecture ?

J’ai particulièrement aimé la morale de ce livre : Apprendre à connaître les autres, ne pas s’arrêter à des jugements et croire jusqu’au bout, à ses rêves ou à ses projets. 

Quel est ton personnage préféré ?

J’adore Pénélope, c’est une fille intelligente, rebelle et qui n’a peur de rien. Elle est très attachée à son petit frère et elle fera tout pour le sauver.  

Un dernier conseil ?

Ne pas s’arrêter à la couverture et au titre qui semblent être plus l’univers 
des garçons car ce n’est pas du tout le cas. 

Parole de maman :

J’espère que Louisa vous aura donné envie de découvrir ce roman d’aventure drôle.

Il est parfait pour les petits lecteurs qui commencent à lire des romans. Un bon compromis pour appréhender un certain volume de pages sans se décourager.

Merci Louisa !



Les lauréats du Prix !

En ce jour des 7 ans de ce blog collectif,

voici donc les lauréats du Prix ALODGA (5ème édition )

avec les 5 catégories en lice :

http://alombredugrandarbre.com/wp-content/uploads/2015/06/Logoprix-300x300.jpgCatégories Brindilles (albums petite enfance)

Le Nid de Stéphane Servant et Laëtitia Le Saux Didier jeunesse

 Petites feuilles (Albums pour plus grands)

Les riches heures de Jacominus Gainsborough de Rebecca Dautremer Sarbacane

Catégories Grandes feuilles (romans jusqu’à 11 ans )

Jefferson de Jean-Claude Mourlevat Gallimard jeunesse

Belles branches (romans à partir de 12 ans)

La fille d’Avril d’Annelise Heurtier Casterman

Catégorie Branches dessinées (pour les BD)

Chaque jour Dracula de Loïc Clément et Clément Lefèvre Delcourt

Vous avez été plus de 300 à voter et nous vous en remercions.

Un grand bravo aux lauréats et rendez-vous l’année prochaine ?

Forêts magiques, forêts mystérieuses

Jungle luxuriante, obstacle infranchissable, réservoir de vie réconfortant mais fragile, décor tour à tour étrange, merveilleux et terrifiant, la forêt est omniprésente en littérature jeunesse. Avec cette sélection thématique, nous aimerions vous emmener dans des forêts un peu particulières : les forêts empreintes de mystère, de magie et de créatures fantastiques qui peuplent les lectures enfantines, des contes traditionnels jusqu’à aujourd’hui. Parfois “interdites”, elles attisent la curiosité des petits et des grands. Oserez-vous nous suivre au fond des bois ?

  • Les Minuscules (de Roald Dahl, Gallimard jeunesse)

“Interdite, interdite, la forêt,
Facile d’y entrer,
Impossible d’en sortir.”

Le grand bois sombre qui jouxte le jardin de Petit Louis est terriblement effrayant – sa mère raconte que même les grandes personnes ont peur d’y pénétrer – mais comme tout ce qui lui est proscrit, la “forêt interdite” attire irrésistiblement le petit garçon… Une forêt aux arbres immenses peuplés de monstres et d’étranges habitants, pleine de mystères et de secrets – mais est-il bien vrai qu’il est impossible d’en sortir? En tout cas, il est impossible de ne pas se laisser happer par la course effrénée de Petit Louis à travers ce bois un peu magique, contée avec tout le génie de Roald Dahl !

L’avis d’Isabelle (sur l’île aux trésors)

  • La fille qui avait bu la lune (de Kelly Barnhill, Anne Carrière éditions)

Le Protectorat est une oligarchie embrumée, prise en étau entre un marais fertile et une forêt maléfique, placé sous le joug d’un pouvoir autoritaire. Ignorant que les secousses, les failles, les crevasses bouillonnantes, les fumées toxiques et autres émanations traîtresses qui menacent ceux qui s’aventurent hors des sentiers battus sont le fait d’un volcan, les citoyens du Protectorat s’en remettent aux croyances propagées par leurs dirigeants : chaque année, le bébé le plus jeune doit être abandonné dans la forêt, en sacrifice à la sorcière en échange de la sécurité du peuple. Et chaque année, la vieille Xan, sans rien y comprendre, met le bébé à l’abri des bêtes sauvages et des dangers de la forêt. Mais cette année, rien ne se passe comme d’habitude : une mère qui devient folle de chagrin lorsqu’on lui prend sa petite fille, un jeune garçon marqué à vie par cette scène, une petite fille pleine de vie et de volonté qui développe un potentiel magique sans précédent… Ce roman aux allures de conte nous plonge dans une forêt des plus étranges !

L’avis d’Isabelle sur l’île aux trésors

  • La forêt en mon cœur (d’Adolfo Serra, Éditions Balivernes)

Un album qui nous plonge au cœur d’une forêt merveilleuse, mais emprunte de mélancolie. L’absence de texte et la force évocatrice des illustrations esquissées à l’encre et à l’aquarelle laissent libre cours à notre imagination: sombre ou lumineuse, cette forêt ne vous laissera pas indifférent !

L’avis d’Isabelle sur l’île aux trésors

  • Le loup venu (David Gauthier et Marie Caudry, Éditions Thierry Magnier)

Un album envoûtant au cœur de cette forêt luxuriante et qui célèbre l’imaginaire enfantin.

L’avis de Pépita sur Méli-Mélo de livres et de Bouma d’Un Petit Bout de bibliothèque

  • Comment ne pas se faire manger par les ours (Michelle Robinson et David Roberts, Scholastic)

Quand un petit  garçon brave le danger malgré les avertissements du narrateur. Un album ramené du Canada.

L’avis d’Aurélie d’Atelier de cœurs

  • La Grande forêt (Anne Brouillard, l’école des loisirs)

Anne Brouillard emmène ses lecteurs dans un pays inconnu où les enfants mousses disparaissent, où les animaux parlent et où les enfants sont comme les autres… Véritable Objet Littéraire Non Identifié, ce magnifique mélange les genres comme jamais et ravira petits et grands pour son esprit d’aventure et son imagination.

L’avis de Bouma d’Un Petit Bout de bibliothèque et l’avis de Pépita-Mélimélodelivres

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  • Dans la forêt d’Okkaido (Eric Pessan, École des Loisirs)

Un récit à la dimension fantastique où le rêve et l’imaginaire tiennent une place centrale. Tel un Petit Poucet, un jeune enfant a été abandonné dans une forêt au Japon et à 10 000kms de là en France un autre enfant le voit en rêve.

L’avis d’Alice, l’avis de Sophie, l’avis de Pépita-Mélimelodelivres et l’avis de Yoko Lulu (Lectures Lutines)

  • Dodo l’enfant do (Thimothy Knapman, Helen Oxenbury, Kaléidoscop)

Alice et Jack jouent dans leur jardin, à la lisière de la forêt quand un son étrange attire leur attention. Alice, l’aînée, n’hésite pas une seconde, elle veut aller voir de quoi il s’agit. Et c’est au cœur de la forêt qu’ils découvriront une scène d’une grande tendresse, très rassurante.

L’avis de Chloé (littérature enfantine)

  • Pierre et la sorcière (Gilles Bizouerne, Roland Garrigue, Didier jeunesse)

L’impertinent petit Pierre n’a pas peur de la sorcière. C’est pour cela que, refusant d’écouter ses parents, il s’aventure dans la forêt. Où, bien entendu, la mauvaise rencontre finit par avoir lieux. Mais le dindon de la farce n’est pas forcément celui qu’on croit.

L’avis de Chloé (Littérature enfantine)

  • La forêt évanouie (Nicolas et Amandine Labarre, Carabas)

Au petit matin, en se réveillant, les animaux la cherche, la piste, avance encore et encore, mais en vain, ils doivent bien se rendre à l’évidence : la forêt a disparu ! Belle histoire avec de jolies illustrations représentant bien la magie de la forêt !

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L’avis de Yoko Lulu (Lectures lutines)

  • L’ogre à poil(s) (Marion Brunet, Sarbacane)

Cette suite de l’Ogre au pull vert moutarde et l’Ogre au pull rose griotte emmène cette fois-ci les héros dans la forêt, au milieu de sorcières et monstres en tout genre. Leur mission : sauver la forêt, qui court un grave danger !

https://4.bp.blogspot.com/-eASooJDo2ks/V-aBkNYNdFI/AAAAAAAAKYg/VLyJCakX7I09iRFIpDn6aBuWZxv3UFZXgCLcB/s1600/IMG_4471.jpg

L’avis de Yoko Lulu (Lectures lutines)

  • Dans la forêt du paresseux (Anouck Boisrobert, Louis Rigaud, Hélium)

Parce qu’il faut les protéger, parce qu’on ne peut pas vivre sans elles, ce bel album pop-up rappelle les ravages de la déforestation pour la faune et la flore mais montre aussi qu’on peut réparer les dégâts et replanter des arbres !

L’avis de Sophie

  • La montagne noire ( Maria Jalibert, Didier Jeunesse)

Un premier roman réussi signé Maria Jalibert qui nous entraîne au coeur d’une forêt étonnante et inquiètante pleine de mystères et de magie. Rémi, le héros, va devoir faire face à ses peurs et trouver le courage de les surmonter. Une belle découverte !

L’avis de HashtagCéline

 

Les lauréats du 4ème Prix A l’Ombre du Grand Arbre

6 ans que ce collectif de blogueuses (et oui, que des filles !) existe et qu’il partage avec passion son amour de la transmission de cette si belle littérature jeunesse. Nous avons eu envie il y a quatre ans de créer notre prix !

Cette année, les catégories ont évolué et ont pris une connotation arboricole. Nous avons sélectionné et voté en interne les livres et applications numériques qui nous ont séduites, puis nous vous avons sollicité pour voter à votre tour. Vous avez été plus de 300 à donner votre avis et nous vous en remercions.

Fin du suspense !

http://alombredugrandarbre.com/wp-content/uploads/2015/06/Logoprix-300x300.jpg

Et voici donc, en ce jour opportun de blog anniversaire, les lauréats de la quatrième édition du Prix A l’Ombre du Grand Arbre :

Catégorie Brindilles: Albums Petite enfance

Caché ! Corinne Dreyfuss Editions Thierry Magnier

Catégorie Petites feuilles: Albums pour les plus grands

Quand j’étais petite… Sarah O’Leary et Julie Morstad Editions L’Etagère du bas

Catégorie Grandes feuilles : Romans jeunesse jusque 11 ans

Pax et le petit soldat Sara Pennypacker et Jon Klassen Editions Gallimard jeunesse

Catégorie Belles Branches : Romans ados à partir de 12 ans

Naissance des cœurs de pierre Antoine Dole Editions Actes sud junior

 

Catégorie Branches dessinées : Bandes dessinées

La guerre de Catherine Julia Billet et Claire Fauvel Editions Rue de Sèvres

Catégorie Sous-Bois : OLNIS (Objets Littéraires Non Identifiés)

Demain entre tes mains Cyril Dion et Pierre Rahbi Editions Actes sud junior

Catégorie Branches virtuelles : Applications numériques

La grande histoire d’un petit trait Editions La Manufacture XN

Un grand bravo aux lauréats et à l’année prochaine ?!

Lecture commune “Des crêpes à l’eau”

Les auteurs de littérature jeunesse n’ont plus peur de mettre les enfants face à des lectures aux thématiques sociétales que l’on croyait inappropriées pour eux auparavant. Aujourd’hui, que ce soit dans les albums ou les romans, on parle de la mort, de la maladie, de l’homoparentalité, du chômage et j’en passe. C’est à un et même plusieurs de ces thèmes forts que Sandrine Beau a consacré son roman Des crêpes à l’eau publié chez Grasset jeunesse, en 2011, pour les jeunes lecteurs.

Pépita de Méli-Mélo de livres, Carole de 3 étoiles et moi de La littérature jeunesse de Judith et Sophie avons pris grand plaisir à discuter de ce livre à l’ombre de notre arbre…

Avec ce titre un peu étrange Des crêpes à l’eau, qu’attendiez-vous de ce roman ?

Pépita : Mettre de l’eau dans les crêpes, ça peut alléger la pâte, donc, je me suis dit, rien d’anormal. Mais si on lit la quatrième de couverture, on se rend compte que la précarité est le thème du livre. Ce titre est donc emblématique de l’histoire. Je suis aussi l’actualité de Sandrine Beau sur son blog et quand je l’ai vu, je l’ai acheté pour la médiathèque et lu quand je l’ai reçu.

Carole : J’ai eu envie de lire ce roman en lisant la chronique de Gabriel sur La mare aux mots (pour changer !). Je savais donc de quoi il retournait et le thème principal. Je connais trop peu l’écriture de Sandrine Beau, il était temps d’y remédier !

SophieLJ : Le titre ne m’a pas beaucoup parlé au départ. En vraie bretonne, des crêpes à l’eau pour moi, c’est comme du beurre sans sel ! Mais comme Carole, c’est en lisant la chronique de Gabriel que j’ai eu envie de lire ce livre. La précarité n’est pas facile à expliquer aux enfants, ça me semblait intéressant de voir comment Sandrine Beau allait l’aborder.

Est-ce que l’une de vous peut-nous faire un petit résumé pour mieux comprendre l’histoire ?

Carole : Chez Solène et sa maman, c’est le système Débrouille qui s’installe ! Au programme : la plus petite liste de courses, les produits de première nécessité, les vêtements un peu démodés… Mais toujours dans la bonne humeur et dans l’espoir de jours meilleurs. Oui mais, un jour, le monsieur des HLM débarque dans ce système bien rôdé et là c’est le drame !

SophieLJ : … et là c’est le drame, Solène et sa maman pourraient être expulsées.

Pépita : Heureusement, des paroles échangées pour un si lourd secret à porter, une main tendue de Zoé et son papa Basile, et fin des malentendus ! La vie peut reprendre ses droits, le bonheur, ça n’attend pas !

Aborder des thèmes sociaux, ce n’est pas facile dans des livres pour la jeunesse et en particulier pour de jeunes lecteurs. Ici, on parle de famille monoparentale, de précarité, d’expulsion d’un logement, et même de tentative d’abus sexuel. Quel est votre avis sur la façon dont Sandrine Beau a abordé ces thèmes ?

Pépita : Sandrine Beau le fait avec beaucoup de tact et de sensibilité, comme toujours. Les choses sont plus suggérées que dites réellement (sauf l’unique scène avec le papa de Solène que j’ai trouvée assez crue). Avec des mots accessibles pour les enfants. Les chapitres très courts allègent aussi la gravité des thèmes abordés. Les enfants d’aujourd’hui sont loin de grandir sous cloche ! Je trouve que le mérite de cette première lecture est d’aborder des situations concrètes, qu’un camarade de classe peut très bien vivre. Il a le mérite aussi de souligner l’importance de la parole et exhorte à ne pas rester dans l’isolement. Que de l’aide est toujours possible. Avec en filigrane le respect de la dignité de chaque être humain. Des valeurs, à mon sens, utiles à inculquer dès le plus jeune âge.

Carole : Je rejoins complètement ton analyse Pépita : l’écriture de Sandrine beau est subtile, sans exagération, très juste. Malgré la dureté des thèmes abordés et des scènes suggérées, il n’y a pas de violence gratuite, ni de misérabilisme. L’entraide, la solidarité, le respect et les droits de chacun sont mis en avant avec beaucoup de pudeur et d’humilité. Ce roman est un bon support de dialogue en classe ou en famille.

SophieLJ : Je suis d’accord avec vous, Sandrine Beau aborde ces sujets avec beaucoup de tact sans surprotéger le lecteur. J’ai aussi apprécié qu’elle prône le dialogue en montrant que Solène en parlant à une amie a permis de déclencher la solution.

Même si tous les sujets que j’ai cités dans ma question précédente sont bien liés entre eux, ne pensez vous pas que Sandrine Beau a voulu trop en mettre dans ce livre qui ne fait qu’une quarantaine de pages ?

Carole : On peut se poser cette question en effet… Je me dis que tous les thèmes sont liés par l’histoire, et sa lecture est fluide. Donc pour moi il n’y a pas de surcharge thématique. On aurait aimé que l’auteure développe davantage certains points, mais c’est un roman court qui s’adresse à de jeunes lecteurs. C’est frustrant pour nous adultes, mais suffisant pour les plus jeunes je pense. L’idée est possiblement de sensibiliser, pas de tout expliquer.

Pépita : Effectivement, en si peu de pages, beaucoup d’évènements se surajoutent. Je te rejoins aussi Carole dans ce que tu exprimes mais en même temps, je ne peux m’empêcher de penser que c’est réaliste : un malheur n’arrive jamais seul dans la vraie vie et une situation précaire conduit souvent à une spirale descendante. Ces pages le décrivent très bien. La prouesse de Sandrine beau est de ne jamais tomber dans le pathos mais de garder une certaine dose d’espoir. Et c’est heureux, vu la tranche d’âge visée.

En bonne première lecture, les illustrations ont une place assez importante dans ce roman. Que pensez-vous du style de Sandrine Kao et de sa façon d’illustrer l’histoire ?

Carole : Effectivement, pour des lecteurs débutants, c’est bien qu’il y ait quelques illustrations, ça aère le texte, de quoi encourager les plus réticents. Les illustrations de Sandrine Kao sont plutôt douces, simples et efficaces je trouve.

Pépita : Pour ma part, j’adhère assez aux illustrations : elles sont douces, collent bien à l’histoire et permettent une aération bienvenue.

SophieLJ : Je trouve aussi que l’interprétation du texte est bonne et que les passages illustrés sont bien choisis. En revanche, je n’ai pas accroché au style de Sandrine Kao.

Quelques mots pour conclure sur cette lecture avant le laisser la parole à l’auteure ?

Carole : Je souhaitais lire ce roman depuis l’été, je ne suis pas déçue ! C’est une lecture agréable et les thèmes abordés intéressants. Je suis ravie qu’on en fasse une lecture commune d’ailleurs. Je suis plus sensible aux mots qu’aux images, mais le binôme fonctionne bien. Seul bémol à cette découverte : la référence à une marque de gourmandises chocolatées, dans le texte et les illustrations… j’ai vraiment beaucoup de mal avec ça en littérature jeunesse.

Pépita : J’avais déjà lu ce petit roman avant cette lecture commune et je l’ai retrouvé avec plaisir. J’aime le style de Sandrine Beau, cette façon bien à elle d’aborder des sujets graves avec tact et optimisme. L’ensemble texte et illustrations m’a plutôt convaincue. Tout comme Carole, j’ai du mal à admettre ces allusions publicitaires, qui m’ont fait tiquer…Néanmoins, c’est une lecture à découvrir si ce n’est pas déjà fait et je ne doute pas que ce débat va vous inciter à vous plonger dans cette littérature jeunesse réaliste.

Sandrine Beau a gentiment accepté de répondre à quelques questions que nous avions envie de lui poser. Nous la remercions toutes les trois de sa participation.

Des crêpes à l’eau est-il un roman commandé par l’éditeur ou est-ce une envie personnelle d’écrire sur ce sujet ?
C’est une envie personnelle d’écrire sur ce sujet. La précarité est quelque chose qui me touche beaucoup et ça me semblait important de pouvoir “en parler” aux enfants, par le biais d’un livre.

L’histoire est-elle inspirée de faits réels ?
Comme dans chaque histoire, il y a des bouts de moi dedans. Forcément. Mais pas que ! Il y a aussi tout simplement des morceaux de la vie telle que je l’observe autour de moi. Je crois qu’on est inspiré par tout ce qui nous touche avant tout. Alors, ça peut être un article lu, un témoignage entendu, une rencontre avec une personne particulière… Ou des fragments de ça et d’autres fragments de ci…

Le thème sous-jacent est la famille monoparentale, est-un sujet qui vous tient à cœur ?
J’ai une famille “classique”, avec un schéma papa-maman-enfants, mais comme je suis une enfant de parents divorcés, peut-être que ce n’est pas anodin… De toute façon, pour ce roman-là, il ne pouvait pas en être autrement. Les difficultés de cette maman et de sa petite fille, sont liées au fait de leur situation familiale.
En même temps, parfois dans certains autres de mes livres, comme L’étrangleur du 15 août par exemple, le jeune Thomas vit seul avec sa maman, parce que c’était plus simple, “scénaristiquement” parlant. C’est beaucoup plus facile qu’il se retrouve isolé chez lui, s’il ne vit qu’avec un seul parent !

Pour quelle tranche d’âge conseilleriez-vous ce roman ?
L’éditeur conseille à partir de 6 ans, mais comme à chaque fois, ça dépend de la maturité de l’enfant. Ensuite, je pense que l’on peut parler de sujets dits “difficiles” à tout âge, et d’ailleurs quand je vais dans des classes, les jeunes enfants qui l’ont lu ne mettent pas en avant le côté “difficile” de l’histoire, mais le plaisir qu’ils ont eu à le lire. Et la plupart du temps, il déclenche de jolies discussions.

Connaissiez-vous l’illustratrice ou est-ce l’éditeur qui vous a mis en relation ?
Je connaissais Sandrine Kao et ses illustrations pleines de poésie, mais je ne suis pas intervenue sur cette partie, c’est l’éditrice qui l’a choisie.

Comment s’est passé votre collaboration pour ce livre ?
Même si je n’avais pas mon mot à dire, puisque c’est l’éditrice qui gérait toute cette partie, Sandrine a eu la gentillesse de me montrer ses premiers croquis et les différentes étapes de son travail, jusqu’aux illustrations finales. C’était très touchant, comme à chaque fois, de voir ses personnages naître des mains de quelqu’un d’autre…

Avez-vous eu des retours d’enfants sur ce que vit la petite héroïne ?
Dans les classes où je vais en interventions, les enfants réagissent beaucoup. Ils sont émus par la vie pas toute simple de Solène. Ils aiment aussi beaucoup la fantaisie de sa maman, et craquent littéralement pour Basile et sa fille Zoé, qui deviennent un peu les “sauveurs” de la famille.
Je me souviens aussi d’une phrase que m’a dite un petit garçon et qui m’a fait monter une boule dans la gorge instantanément : “J’ai bien aimé Des crêpes à l’eau, parce que c’est un peu mon histoire…”

Retrouvez nos avis chez Méli-Mélo de livres, 3 étoiles et La littérature jeunesse de Judith et Sophie. Encore merci à Pépita et Carole de m’avoir accompagnée dans cette lecture. Et merci à Sandrine Beau pour sa participation.