Lecture d’enfant #32 : L’Héritier des Draconis

Juliette, 11 ans, a récemment dévoré L’Héritiers des Draconis de Carina Rozenfeld, publié chez Gulf Stream éditeur. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons fait ce petit jeu de questions/réponses pour vous présenter une série jeunesse entre fantastique et fantasy qui fait pousser des ailes.

Pourquoi as-tu choisi ce livre ?

J’avais envie de lire une aventure fantastique avec des dragons. En faisant une recherche à la médiathèque, j’ai découvert cette série. La quatrième de couverture m’a donné envie de lire le premier volume que j’ai adoré.

Tu aimes les dragons ?

J’ADORE les dragons! Ils sont magnifiques et ont une allure élégante.

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?

J’ai aimé les trois personnages principaux et la belle amitié qui les lie. Mais ce que je préfère c’est la capacité des draconis à se transformer en dragon. C’est un pouvoir vraiment génial et qui demande un vrai apprentissage pour “être” un vrai dragon. Il y a plein d’aventures et de rebondissements qui ne laissent pas le temps de s’ennuyer.

Qu’est-ce qu’un Draconis ?

C’est le nom des habitants de Draconia, le monde parallèle dans lequel se déroule l’histoire.

Je suppose que l’héritier dont il est question dans le titre est le héros de l’histoire. Peux-tu nous le présenter ?

Elliott a onze ans, il a des pouvoirs étranges depuis tout petit ; par exemple rien qu’en regardant une figurine de dragon, il peut se transformer et prendre son apparence.

Est-il ton personnage préféré ?

Non. Je préfère son ami Gédéon qui est trop drôle. Il est fan de karaté et de films de combat. Il compare tout à des films ou des dessins animés, ce qui crée des situations amusantes.

Combien y a-t-il de volumes ? Les as-tu tous lu ?

Il y a 5 tomes et oui, je les ai tous lus. C’est une super série que je conseille à tous ceux qui aiment les créatures légendaires, l’aventure et les pouvoirs magiques. Foncez !

Merci Juliette de nous avoir présenté cette série qui, on l’espère, vous plaira également ! À lire dès 9 ans.

Lecture d’enfant #31 : Catch, tournevis et lutins-robots

Le roman coup de cœur d’une jeune lectrice passionnée par les livres.

Je m’appelle Louisa, j’ai 10 ans, je suis en CM2 et j’ai envie de vous parler du livre : 

Catch, tournevis et lutins-robots

Ça parle de quoi ?

Le petit frère de Pénélope vient de se faire enlever par des lutins-robots – malpolis, qui plus est ! Va-t-elle le laisser disparaître dans une dimension parallèle ? Sûrement pas : elle part à la poursuite des kidnappeurs avec Dounia, sa meilleure amie catcheuse. Et si sur le chemin, elle doit faire équipe avec ce-crétin-de-Léopold, son rival, affronter une reine (bleue) complètement cinglée, gagner un combat de catch géant, ou déclencher une révolution robotique, qu’à cela ne tienne ! Personne ne lui pique son frère : elle a besoin de lui comme cobaye pour ses expériences scientifiques…

Auteure : H. Lenoir
Illustratrice : Marie Morelle
Sarbacane p.192

Pourquoi as-tu choisi ce livre en particulier ?                                                                                                                  
J’ai découvert ce roman en participant à un groupe de lecteurs, Mes premières 68 qui propose une sélection de premiers ou deuxièmes romans jeunesse d’auteurs francophones (concept : livres voyageurs). C’est une lecture qui m’a permis de quitter ma zone de confort : lire des romans plus volumineux et m’intéresser à une catégorie que je ne connaissais pas trop (Aventure/humour).

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?

J’ai aimé découvrir les illustrations au fil des pages, elles sont d’ailleurs très réussies. J’ai aimé tous les personnages. J’avais l’impression d’être à leurs côtés et même parfois, je m’identifiais à eux. Ce qui m’a plu aussi, c’est que chaque personnage a une passion bien à lui. Il y a énormément d’actions, de rebondissements et de surprises. 
L’histoire est rythmée, touchante et à la fois amusante.
J’avais toujours envie de continuer ma lecture car je voulais connaître la suite de leurs aventures.

Quelles sont les points forts de cette lecture ?

J’ai particulièrement aimé la morale de ce livre : Apprendre à connaître les autres, ne pas s’arrêter à des jugements et croire jusqu’au bout, à ses rêves ou à ses projets. 

Quel est ton personnage préféré ?

J’adore Pénélope, c’est une fille intelligente, rebelle et qui n’a peur de rien. Elle est très attachée à son petit frère et elle fera tout pour le sauver.  

Un dernier conseil ?

Ne pas s’arrêter à la couverture et au titre qui semblent être plus l’univers 
des garçons car ce n’est pas du tout le cas. 

Parole de maman :

J’espère que Louisa vous aura donné envie de découvrir ce roman d’aventure drôle.

Il est parfait pour les petits lecteurs qui commencent à lire des romans. Un bon compromis pour appréhender un certain volume de pages sans se décourager.

Merci Louisa !



Lecture d’enfant #30 : Beats of Olympus, tome 1 : Un amour de monstre

Pendant le confinement, Antoine a beaucoup lu. Je lui ai donc proposé de présenter un livre qu’il avait aimé, de manière à donner à d’autres personnes envie de le découvrir sur ce blog. Ce projet l’a enthousiasmé. Voici sa présentation, suivie du compte-rendu de notre discussion téléphonique.

Je m’appelle Antoine, j’ai 8 ans, je suis en CE2 et j’ai envie de vous parler de ce livre : Beasts of Olympus, tome 1, Un amour de monstre. Il raconte l’histoire d’un garçon qui s’appelle Pandémonius et qui est le fils de Pan (le dieu des bergers). Il adore les animaux et a le pouvoir de parler avec eux. Il vit avec sa maman qui est humaine, mais un jour son père décide de l’emmener sur le mont Olympe, pour qu’il débarrasse les étables divines de leur puanteur monstrueuse, et soigne les bêtes légendaires des dieux grecs.

Beasts of Olympus, tome 1, Un amour de monstre de Lucy Coats
Le Livre de Poche Jeunesse

Pourquoi as-tu choisi ce livre en particulier ?
J’aime beaucoup la mythologie, les aventures et les dieux. Ce livre regroupe tous ces éléments, c’est pour ça que je l’ai choisi.

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?
J’ai aimé que le héros, Pandémonius, ait peur au début parce qu’il croit que son père l’emmène sur le mont Olympe pour un sacrifice. J’ai aussi aimé sa rencontre avec tous les dieux grecs.
J’aime que la boîte qui aide Pandémonius à guérir les animaux en lui indiquant les médicaments à leur donner utilise des mots compliqués.

Connaissais-tu la mythologie grecque avant de lire ce livre ?
Quand j’étais petit, ma maman me racontait des légendes grecques, surtout l’histoire d’Ulysse. C’est comme ça que j’ai découvert la mythologie et que j’ai commencé à aimer. D’ailleurs, ce roman s’inspire des vrais dieux et héros de la mythologie.

Quelles relations Pandémonius entretient-il avec les animaux dont il s’occupe ?
Les animaux légendaires lui racontent leurs histoires et, aidé par la boîte magique, il peut les soigner. L’animal avec lequel il a le plus de relations est Arnie, un griffon qui a très mauvais caractère.

Quel est ton personnage préféré ?
C’est difficile de choisir. J’aime bien Arnie, Pandémonius et les dieux.

Qui est l’« amour de monstre » du titre de ce tome ?
Je ne crois pas que ce soit un monstre en particulier, c’est plutôt Pandémonuis qui se met à apprécier les créatures dont il s’occupe.

As-tu lu les autres tomes ?
Oui, il y a six tomes et je les ais tous lus. Ils sont indépendants mais il vaut mieux les lire dans l’ordre quand même. J’ai tellement aimé que j’en ai parlé à mes parents et ils ont commencé à les lire aussi. Mon papa commence le premier tome et ma maman en est au troisième.

Merci à Antoine pour ce moment de partage. Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai hâte de découvrir Beasts of Olympus !

Coeur de Bois (2) : lecture à travers des yeux d’enfants

A l’occasion de notre lecture commune de Coeur de bois, nous nous sommes posées la question de savoir quel écho, cet album pouvait avoir auprès des enfants.  C’est en toute simplicité que nous leur avons mis le livre entre les mains et que nous avons recueilli leurs premières impressions.

Pour T., Grand-pilote de 7 ans :

C’est une impression de tristesse qui domine à la fin de cette lecture.
“Le loup, ses enfants ne le reconnaissent plus, ne veulent plus de lui. Et puis il est handicapé. Il ne pèse pas plus qu’un fagot de bois.”
Le personnage qui a donc le plus apitoyé ce petit d’homme, c’est ce vieillard impotent qui crève de solitude. Quant à Aurore, “Je la trouve très prétentieuse quand elle dit :  “La plus belle, c’est moi.”
Quand on lui a demandé si cette histoire ne lui rappelait pas une autre histoire, il m’a répondu “non”. Et puis quand je lui ai suggéré qu’il y avait peut-être un rapport avec Le Petit chaperon rouge il a énuméré toute une liste de contre-arguments :
” Pas du tout , D’abord le loup est mort à la fin du petit chaperon rouge, on lui a ouvert le ventre pour le remplir de pierres, il ne peut donc avoir vieilli. Et puis, le Petit Chaperon rouge n’a pas de prénom, il est brun et il ne porte que du rouge et là l’héroïne s’appelle Aurore, elle est blonde et elle porte du noir”.
Au final, T. a aimé cette histoire mais il trouve qu’elle a été coupée en plein milieu !

“C’est dommage” ‘a-t-il dit “qu’on ne sache pas ce qui se passe ensuite.”

 

Pour M., 16 ans grande lectrice de tout ce qui lui tombe entre les mains :

Une lecture en demie -teinte pour cette ado : “Il est bien cet album, mais dés que j’ai vu le loup, je me suis dis que c’était une adaptation du Petit Chaperon rouge.”

“Ce qui me pose question c’est de comprendre pourquoi Aurore est si gentille. Elle s’ennuie en fait ? Car c’est évident,  elle n’a pas pardonné et et elle n’est pas si forte qu’elle le prétend, on dirait qu’elle se sent obligée de l’aider. Pourquoi ?”

Quand on lui demande de réagir sur la dernière remarque de T. qui aurait aimé connaitre la suite de l’histoire, elle répond : ” Au contraire, pour moi cette histoire elle a été trop loin, les auteurs auraient du s’arrêter quand on voit le loup. Ils auraient du laisser planer le doute pour que l’on s’imagine ce que l’on veut, là c’est presque trop évident.”

Au final, elle note la qualité globale de l’ouvrage et le travail de l’illustrateur sur la construction cinématographique de l’album avec le changement de plan et de point de vue à chaque pages tournées.

Comme nous, elle s’interroge sur le public visé et “l’interprétation de cette lecture qui sera sûrement différente par des enfants plus jeunes”.

Pour H., 17 ans, lectrice en tous genres et écrivaine à ses heures : 

Première parole dès la lecture : “Ce n’est pas un livre pour enfants je trouve. Très sombre, à la limite de l’angoisse. On reste longtemps en suspens et puis une page suffit à comprendre. Enfin, presque….parce que l’explication va jusqu’au bout et elle vous gifle.”

Et les personnages, ils t’évoquent quoi ? “Le conte du Petit chaperon rouge bien sûr mais j’ai trouvé que les deux personnages sont à pied d’égalité, pas pour les mêmes raisons. Le loup, même faible physiquement, a une sorte d’aura invisible. Aurore, elle m’impressionne beaucoup par sa volonté extrême : elle s’excuse presque d’en être arrivée là, elle n’existe que par le loup dans cette forêt. Elle puise sa force dans ce souvenir. J’ai eu peur que ça déraille entre eux à cause de la tension, mais non. Il y a beaucoup de respect entre eux.

Ton mot de la fin ? “C’est un album troublant je trouve, qui interpelle et qui reste dans la tête à cause des mots dits et des images si fortes.”

La petite sœur, F. 15 ans, quant à elle, le trouve “vraiment bien, très fort bien sûr mais je pense que des enfants de 8-9 ans peuvent le lire. 5 ans, non, c’est trop jeune. Et il est waoouh ! Après la lecture, on est un peu sonné. Faut le lire plusieurs fois en fait. J’ai beaucoup aimé la morale de la fin. Elle dit tout pour moi. Ça fait drôle aussi de voir ces personnages de conte si différents. On imagine pas du tout ça.”

Rajoutons l’avis de Régis Lejonc, illustrateur, qui a gentiment réagit à notre lecture commune :

“Pour répondre à la remarque de l’âge du lecteur visé, j’étais comme vous, plutôt à penser qu’il s’agissait sans doute d’un album plus adulte… jusqu’à ce que je rencontre 3 classes depuis sa parution.
CP et CE… et ils ont tout compris, ont les références et savent, déjà ce que sont les cicatrices du corps et de l’âme.
Bluffé j’étais !”

Voilà des avis enrichissants qui ont pu légèrement secouer la lecture analytique de certains adultes. 
La lecture à voix haute réalisée pour T. Grand-pilote de 7 ans, a aussi révélé le niveau de langue parfois un peu familier, détail auquel nous n’avions pas fait  attention jusque-là. Mais au delà des quelques familiarités, c’est le niveau de langue général, le vocabulaire particulièrement soigné, qui renvoie souvent au monde des adultes, qui est apparu dans toute sa particularité à l’occasion de cette lecture à haute voix.

Dans touts les cas l’avis des plus jeunes est unanime : ce n’est clairement pas un livre pour les petits mais pour les grands de 7 à 17 ans…. comme eux.

Une question qui reste ouverte et pour laquelle nous vous proposons de vous faire votre propre avis … 

Bonne lecture

Lire en famille !

Cette année, ma petite famille s’est lancée dans un défi lecture passionnant : Les Incorruptibles en famille. Et on a même embarqué deux copines dans cette aventure littéraire, deux copines qui travaillent avec Maman-Bulle-de-Savon au collège et qui échangent chaque semaine un sac rempli de livres jeunesse que l’on cache dans les casiers de la salle des profs dans de jolis tote-bags “casier surprise”.

Comment se passe notre RDV Incos familial hebdomadaire vous demandez-vous ? Tous les dimanches, on se donne RDV sur notre siiiii confortable canapé bleu après la sieste de notre Petit-Pilote-de-Berceau et on savoure le livre des Incos glissé dans le casier surprise. Je me lance dans la lecture de l’album du jour, puis nous donnons chacun notre tour notre avis sur le livre lu que je note sur un carnet dédié à ce petit défi littéraire. Aujourd’hui je vous livre la page de notre carnet consacré à l’ingénieux album intitulé Deux drôles de bêtes dans la forêt de Fiona Roberton publié aux éditions Circonflexe.

Dans cet album, une petite fille espiègle recueille une drôle de petite bête qu’elle a rencontrée dans la forêt. Elle croit la rendre heureuse en lui préparant un petit nid douillet. Mais la drôle de petite bête va donner à son tour sa version des faits et le lecteur va vite comprendre que pour elle toute cette attention humaine n’est que monstruosité.

L’avis de mon Petit-Pilote (3 ans)

Je n’ai pas aimé quand la fille pose le croc croc dans la boîte et j’ai bien aimé quand elle prend le croc croc dans ses bras.

L’avis de mon Grand-Pilote (8 ans)

J’ai bien aimé cette histoire parce qu’il y avait deux parties : j’ai bien aimé quand la fille parle et quand le croc croc parle parce que c’est 2 avis différents sur le monstre. Et j’ai bien aimé les dessins.

L’avis de Papa-Poil-de-Pinceau (36 ans)

Cet album aborde la thématique des problèmes de communication. Quand la petite fille pense sauver l’écureuil, il se dit kidnappé et quand l’écureuil pense être libre, c’est le moment où la petite fille croit l’avoir perdu. Même s’ils ne se comprennent pas, à la fin ils se trouvent des points communs qui leur permettent de devenir amis.

L’avis de Maman-Bulle-de-Savon (35 ans)

D’un point de vue pédagogique, cet album est une pépite pour l’enseignant qui veut expliquer la notion de point de vue et comment des faits identiques peuvent être perçus de manières complètement opposées jusqu’à trouver un compromis. Il me semble que c’est une manière très intelligente d’aborder les questions de la divergence de points de vue en amitié, voire en politique, et d’aborder ainsi la notion primordiale de compromis, essentielle pour vivre ensemble sereinement.C’est un album qui titille l’intelligence de l’enfant, qui l’invite à se mettre à la place de l’autre pour mieux comprendre son point de vue. Une belle lecture à partager sans modération !