En été avec Solectrice

A mon tour, je vous emmène…

Un été à se détendre, entre amis, avec les siens, ou à se laisser bercer dans le jardin, un livre à la main. On s’est bien amusées à réaliser ces têtes de livres.

Au gré des pages, les pieds dans le sable, on savoure, grains de pages, des mots brises et des images vagues qui nous emportent…

“Esther Volauvent” Elisabeth Trœstler et Laëtitia Rouxel. Editions L’Œuf.

“Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres…” Isabelle Simler. Editions Courtes et Longues.

“Le Jardin des Secrets” Lucie Vandevelde. Editions les Minots.

Avant de partir, on fourre à la hâte dans une valise les bouquins qu’on s’était promis de lire dans l’année, ou les promesses des prochains coups de cœur, les romans plaisants qu’on voudrait relire (souvenirs de bonheurs partagés) ou les titres qui nous ont titillés chez le libraire. Au détriment d’un short ou d’une énième robe, je glisse Envole-moi. On en prend toujours plus qu’il ne faut, au cas où, si on attend dans le hall de l’aérogare, si on a le temps… On rêve que cet été le temps se suspendra, entre deux sorties, ou au réveil. Alors on emporte des pages et des pages, que l’on rangera sagement sur l’étagère à notre retour, pensant à l’été qui est passé si vite. Quand on reprendra ces romans, on se rappellera qu’ils nous ont accompagné en vacances, qu’on les avait empilés dans la valise.


A votre tour, savourez ces instants d’été et partagez avec nous vos grains de pages.

La semaine prochaine, c’est encore l’été… avec Alice.

De la cave… au grenier

Deux lieux qui nous ramènent souvent à nos peurs, nos rêves ou nos joies enfantines. Qui n’a jamais éprouvé une certaine inquiétude à l’idée de pénétrer seul dans une cave obscure en craignant d’y déranger un rongeur ou une ombre tapie dans un coin ? Au contraire, avez-vous résisté à la tentation d’explorer un grenier encombré de cartons prometteurs, de jouets abandonnés et d’objets insolites, en rêvant d’y dénicher une lettre oubliée ou un précieux trésor ?

Nous vous proposons de partager quelques souvenirs d’enfance et des lectures sur ces lieux mystérieux.

Descendons d’abord à la cave… Entendez-vous la porte grincer ?

Dans la cave d’Un Petit Bout de Bib et de Méli-Mélo de livres :

Le Noir de Lemony Snicket et Jon Klassen. Milan.

Un coup de cœur pour cet album qui joue sur la peur du noir et des endroits sombres comme… la cave !

L’avis de Bouma et celui de Pépita.

Un souvenir de cave proposé par Pépita :

“Des caves, j’en ai connu plusieurs, des vraies et des moins vraies, j’entends par là celles vraiment creusées dans la roche et les autres, celles des sous-sols. Chez mes deux grands-mères, il y avait des vraies caves. Une sentant le vin avec plein de bocaux sur des étagères brinquebalantes et aux marches creusées en leur milieu, usées à cause des nombreux passages. Un jour, j’ai loupé une marche avec une bouteille de vin dans les mains, elle s’est fracassée, les morceaux de verre ont dégringolé, la lumière pas assez forte pour voir jusqu’où, le mur éclaboussé de rouge, j’ai eu la frayeur de ma vie ! J’ai mis du temps à accepter d’y retourner.
L’autre cave, c’est la même maison au grenier (à lire un peu plus loin) : une cave dans la roche, on y descendait par une échelle, le sol était sableux, pas d’étagères mais des trous dans la roche, on n’en voyait pas le fond ! De quoi stimuler l’imagination !”

 

***

Et que trouverons-nous dans les greniers ? Soufflons un peu sur la poussière…

Dans le grenier de A lire au Pays des Merveilles :

Ma fugue chez moi de Coline Pierré. Le Rouergue.

L’avis de Pépita et celui d’Alice.

Dans le grenier de Méli-Mélo de livres :

“Je me souviens de celui de la maison d’une de mes grands-mères. On y accédait par une porte donnant directement sur un escalier poussiéreux et qui craquait. L’odeur de renfermé était immédiate. On y montait en silence comme hors du temps. Même si on le connaissait, on avait toujours l’impression de le découvrir pour la première fois. Il nous semblait immense enfant ! Avez-vous remarqué combien la vision des lieux rétrécit en grandissant ? On avait interdiction d’y monter seuls car sur une des parties, le plancher s’effondrait : il fallait l’enjamber, on devinait le dessous, c’était grisant ! Il y avait là des objets entassés, des malles aux trésors, des toiles d’araignée, des souris et autres rongeurs, des choses dont on voyait à quoi elles servaient et d’autres pas du tout. On aimait interroger notre grand-mère à chaque fois. On connaissait les réponses, elle connaissait les questions, mais cela faisait partie du jeu. La lumière aussi était différente en plein jour et franchement, aucune envie de s’y aventurer en pleine nuit ! Il restera toujours mon premier grenier.”

Le monde de Yakatougris de Sandra Piquée et Laurent Simon. Nordsud.

L’avis de Pépita.

M. Wilson de Thomas Scotto. Escabelle.

L’avis de Pépita.

Dans le grenier du Tiroir à histoires :

Marco et Zélie :  trésor du grenier d’Arnaud Alméras et Robin. Amaterra.

L’avis de Bouma.

Dans le grenier de Un Petit Bout de Bib :

 

Wormworld Saga T. 1 de Daniel Lieske. Dupuis.

Et si au fond de votre grenier, vous découvriez un passage vers un autre monde… une bd fantastique qui vous entrainera dans une aventure palpitante.

L’avis de Bouma.

Dans le grenier des Lutines :

“Ah, cet accueillant grenier où je passais des heures à feuilleter des vieux magazines dans la chaleur étouffante de l’été sous les combles ! Après avoir vaillamment escaladé la grande échelle boiteuse qui menait à la mezzanine au-dessus du garage, je me calais dans une vieille chauffeuse pour lire des piles de Pif Gadget ou Picsou Magazine.”

Nora de Léa Mazé. La Gouttière.

Pour rêver, quoi de plus tranquille qu’un grenier ? Un refuge idéal pour Nora qui attend le retour de ses parents dans cette ferme isolée.

L’avis d’Adèle et celui de Bouma.

Sacrée souris de Rafaëlle Moussafir. Sarbacane.

La petite souris et sa tribu ont élu domicile dans un grenier pour construire un grand château de dents.

 

***

 

Comme il faut savoir tourner la page, je vous invite à présent à débarrasser tout ce qui nous encombre dans ces remises. C’est parti pour le vide-grenier !

Dans les cartons du blog de Chlopitille, A Lire au Pays des Merveilles et du Tiroir à Histoires :

Vide-grenier de Davide Calli et Marie Dorléans. Sarbacane.

Les avis de Chlop, Alice et Céline.

 

Lecture Commune : Comme un poisson dans l’arbre de Lynda Mullaly Hunt

Une nouvelle édition du printemps des poètes nous donne en ce mois de mars l’occasion d’entendre des vers vivants, de découvrir des textes plein d’ardeur, d’apprivoiser des mots par le jeu et par les sons. Mais on oublie que pour certains la lecture peut être une véritable torture, qu’écrire des mots peut nourrir mille maux… C’est la souffrance mais aussi le défi d’une enfant dyslexique que décrit Lynda Mullaly Hunt dans Comme un poisson dans l’arbre, aux éditions Castelmore. De ce récit touchant qui vaut la peine d’être partagé, Pépita, Colette, Sophie et moi vous proposons une lecture commune. 

 

Pour commencer, je voulais savoir si chacune savait à quoi s’attendre avant d’ouvrir ce livre…

Connaissiez-vous l’histoire ou aviez-vous échafaudé des hypothèses sur ce titre étonnant “Comme un poisson dans l’arbre” ?

Sophie LJ : J’ai connu ce livre lors d’une journée d’étude sur la dyslexie, j’imaginais que ce titre faisait un lien avec la différence, l’exclusion que pouvait ressentir l’héroïne. C’est cette idée qu’elle ne se sent pas à sa place à l’école qui m’est donc venue.

Pépita : Pas de plan sur la comète pour moi et je fréquente depuis assez longtemps la littérature jeunesse pour ne plus m’étonner des titres. Du coup, j’ai pris l’histoire comme elle venait. Et puis un poisson dans un arbre, pourquoi pas ???? ça n’existe pas ?

Colette : le titre m’a tout de suite fait penser à une image qu’on nous a montrée en formation sur l’Accompagnement Personnalisé et qui correspond à une citation attribuée à Einstein : “Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.” Je me souviens que cette citation que je ne connaissais pas m’avait frappée par son évidence et en même temps remettait en question tout le système éducatif que je m’appliquais à mettre en place dans mes cours… De sa nageoire agile, le poisson dans l’arbre venait de me donner une bonne claque !

 

Comme on s’y attend, les embûches sont nombreuses sur le parcours de cette enfant qui n’arrive pas à lire. Qu’est-ce qui vous a donné envie de suivre Allie dans cette aventure ?

Pépita : Ce qui m’a attirée, c’est essayer de comprendre les difficultés de cette petite fille face à l’énigme de la lecture. Je trouve que c’est très bien amené dans le livre. Au début, on pense qu’elle a “juste” des difficultés puis très vite, on saisit autre chose et c’est très angoissant je trouve. On se sent démuni pour elle mais en même temps, elle a une telle analyse si lucide de sa situation. Elle garde tout pour elle, elle n’exprime rien, elle fait les réponses si prévisibles des comportements des adultes. Stratégie d’évitement. C’est très dur je trouve car elle est très seule.

Sophie LJ : Déjà j’ai été assez épatée qu’elle parvienne à dissimuler ses difficultés aussi longtemps. Les enfants dyslexiques ont beaucoup d’imagination pour se cacher quitte à attirer l’attention sur eux autrement. Et puis rapidement, j’ai apprécié le personnage et j’ai eu envie de comprendre ce qu’elle vivait.

Colette : Ce qui m’a donné envie de suivre Allie c’est son inventivité, sa créativité, dès le départ on comprend que cette enfant a un don, un don pour le dessin notamment et une véritable vision poétique du monde. Une graine d’artiste à regarder germer.

 

“Les lettres sur l’affiche ressemblent à de petits insectes noirs qui grouillent sur le mur. Je parviendrais sans doute à les déchiffrer, avec beaucoup de temps.” 
“La lecture, pour moi, c’est comme lorsque je lâche un truc et que mes doigts se referment pour le rattraper ; juste quand je crois le tenir, il m’échappe. Si faire des efforts suffisait, je serais une championne.”
Plusieurs réactions de la jeune fille m’ont interpelée au cours de la lecture, révélant les pensées souvent cachées d’un élève en difficulté. Avez-vous ressenti la même impression ?

Pépita : Oui totalement. Elle décrit avec des mots d’enfants ce qu’elle ressent avec beaucoup de sensibilité et une rage derrière. Une volonté d’ y arriver….sans y arriver. C’est ça qui est terrible. C’est intéressant du coup ce ressenti. Comme tu le dis, cela interpelle. La lecture est un acte infiniment complexe, on l’oublie trop souvent. Et elle nous le rappelle avec force et intelligence.

Sophie LJ : Comme le dit Pépita, cela rappelle que la lecture n’est pas innée même si une fois acquise, elle semble évidente pour la majorité des gens. En plus, il y a autant de dyslexiques que de dyslexies, la perception peut être très différente d’une personne à l’autre. Je trouve qu’on retrouve un peu ça dans ces extraits. On ne cherche pas à dire, un dyslexique voit ça mais on propose plutôt un ressenti, une sensation face à des mots.

Colette : “Si faire des efforts suffisait, je serais une championne” : pour moi, en tant qu’enseignante cette phrase est très importante, parce que souvent c’est la seule solution que l’on propose aux élèves en difficulté, quelle que soit la difficulté : faire des efforts. C’est une des raisons pour lesquelles je trouve les conseils de classe inefficaces en terme de “conseil” on ne fait que répéter inlassablement qu’il faut faire des efforts. Et combien on voit d’élèves qui les font ces satanés efforts sans parvenir à progresser et dont on finit par dire…qu’ils sont limités. Ce qui est absolument odieux mais qui montre à quel point le système éducatif ne forme pas ses enseignants à s’adapter aux troubles de l’apprentissage, que ces troubles soient cognitifs, sociaux ou psychologiques…

 

La relation avec les enseignants est très présente dans cette histoire. Qu’avez-vous pensé des personnages et des méthodes de Mme Hall et de M. Daniels ?

Pépita : Pour sûr, ce sont deux enseignants et deux méthodes différentes, je dirais aussi que c’est lié à leur personnalité. J’ai trouvé quand même un peu caricatural de les opposer de la sorte même si des enseignants empathiques et d’autres moins, ça existe dans la vraie vie. Je pense que la première est démunie, elle n’a pas les clés de compréhension de son élève en difficulté, du coup, elle lui a mis une étiquette qui la rassure en quelque sorte. Le problème, c’est qu’elle entraîne la directrice dans sa vision. Elle l’influence. L’élève n’a donc plus aucun allié. M. Daniels, lui, est différent : il a cherché à comprendre, il est d’abord dans l’observation, dans le dialogue et non dans le jugement. Il n’enferme pas son élève mais l’accompagne comme devrait le faire tout pédagogue. J’ai trouvé cela très beau mais en même temps j’ai été gênée par ce côté manichéen de la démonstration dans ce livre.

Colette :  Je ne serai pas aussi sévère que vous avec Mme Hall, elle attend un bébé et n’est déjà plus présente à ses élèves mais j’ai quand même senti de l’empathie pour Allie de sa part. M. Daniels est quelqu’un d’exceptionnel, d’extrêmement disponible ( cette disponibilité est d’ailleurs d’après moi assez irréaliste ) et ses méthodes ont quand même l’air très liées à son intuition pédagogique plus qu’à des savoirs vérifiés et vérifiables. Mais il a cette qualité essentielle pour un enseignant qui est de toujours ” sur le métier remettre son ouvrage.

Pépita : Mme Hall fait ce qu’elle peut, elle est démunie, elle sent aussi qu’elle n’y arrive pas. Mais le contraste est tellement fort dans le livre avec l’autre enseignant que du coup ça l’accuse de fait ! C’est ça que je voulais dire. Et j’ai trouvé ça dommage. Et tu as raison : M. Daniels est exceptionnel dans sa disponibilité et c’est vrai, c’est si rare. Ce côté démonstratif m’a perturbée dans ce roman tout comme les “clichés” sur les élèves : il faut un hyperactif, un dans la lune, etc,….comme un échantillonnage. Je comprends l’idée derrière mais je trouve que c’est maladroit.

Colette : j’avoue que cela correspond assez à la typologie des élèves que l’on rencontre vraiment. Même les élèves entre eux ont vite fait de s’étiqueter : l’intello, le beau gosse,…

Solectrice : Je te rejoins Colette sur la typologie des élèves, dont le trait est sans doute forcé par les rapports entre eux. Quant au roman, je m’étais aussi étonnée du manichéisme entre les deux enseignants présentés mais vos regards m’invitent à les considérer autrement… c’est intéressant.

Votre regard sur la dyslexie a-t-il évolué en lisant ce roman ?

Pépita : Changer mon regard, oui, en quelque sorte car j’ai trouvé que le lecteur vit la souffrance de l’intérieur. Elle décrit très bien ce qu’elle ressent, avec ses mots d’enfant. Et la solitude que cela engendre. J’ai trouvé cela terrible. Et puis, je n’ai pu m’empêcher de penser que finalement, ce n’est pas si difficile d’apporter son aide.

Sophie LJ : Jusque là, j’avais une vision de la dyslexie plutôt du côté de ceux qui viennent en aide à ces jeunes. Là, on plonge vraiment du côté de l’enfant dyslexique, on comprend ses difficultés, on voit les tours qu’elle met en place pour cacher cela. On est vraiment de son côté et c’est ce qui est intéressant.

Colette : Oui !!! Oui et oui ! Parce qu’on ne m’avait jamais expliqué la dyslexie, et de le vivre à travers le quotidien de cette jeune fille ce fut comme une révélation des souffrances endurées par tous ces élèves croisés sur mon chemin. J’y suis très attentive cette année et je vois déjà l’influence de ma nouvelle vision des choses sur une élève diagnostiquée dyslexique dysorthographique dont je suis professeure principale. On cherche des solutions ensemble pour les travaux écrits et elle y met une bonne volonté joyeuses rare  

Si ce roman révèle les obstacles que doit affronter un enfant dyslexique, c’est aussi le récit de ses victoires. A quelle(s) réussite(s) avez-vous été sensibles ?

Colette : Il y a de nombreuses victoires dans ce roman qui m’ont touchée mais comme j’ai toujours eu un faible pour les fratries, j’ai trouvé bouleversant que la petite Allie trouve à la fin du roman comment aider Travis, son frère aîné, qui visiblement souffre aussi de dyslexie. Qu’elle trouve, confiante désormais en ses capacités, l’énergie d’orienter son frère vers son enseignant, est vraiment une preuve de son succès. Lui qui a toujours été là pour elle, elle peut enfin “lui rendre la monnaie de sa pièce”  

Pépita : j’ai été très sensible aux progrès d’Allie, au fait qu’elle en prenne conscience et que la confiance en soi arrive au point d’avoir envie d’en faire profiter son frère, tout comme vous.

Sophie LJ : C’est aussi ça qui m’a marqué le plus dans ce roman, le fait qu’elle aille plus loin que la simple réussite personnelle et qu’elle en fasse profiter son frère.

En conclusion, que diriez-vous de ce roman à un jeune lecteur ?

Pépita : je partirais du titre en fait pour lui en parler …imagine un poisson dans un arbre ….ce livre parle de ça : de ne pas se sentir à sa place et d’en éprouver des difficultés ….après tout dépend de la demande, dans quel contexte, mais oui je lui dirais aussi qu’il en faut du courage à ce poisson …je dirais deux mots de l’histoire juste pour lui donner envie de le lire…et voir ses yeux briller de ce trésor-là …mais il y aura certainement la grosseur du livre à dédramatiser…enfin, ça dépend du jeune lecteur.

Colette : Je ne parle jamais très bien des livres aux enfants, je préfère leur lire un petit bout du texte pour leur faire goûter à la langue de l’auteur, qu’ils rencontrent directement les personnages, qu’ils entrent dans leur vie discrètement. Je pense que je leur lirai l’incipit…

En complément de cette lecture, Pépita nous suggère ce dossier du site Lirado très instructif sur la dyslexie, où il est notamment question des nouvelles collections d’éditeurs destinées aux lecteurs dyslexiques.

N’hésitez pas à partager avec nous des titres sur ce thème.

 

 

Chers papis et mamies

Qu’ils nous gâtent à l’heure du goûter, nous tricotent d’incroyables chandails, nous emmènent faire un brin de causette dans les allées du jardin, nous comblent de câlins ou nous envoûtent par leurs histoires d’un autre temps, on leur garde souvent une place importante dans nos cœurs. Pas surprenant que ces chers papis et mamies peuplent aussi les albums et les romans à côté des enfants ou des adolescents.

Voici quelques trésors de papis et mamies que nous avons dénichés dans nos blogs…

Ceux qui nous parlent de moments complices entre grands-parents et petits-enfants :

 

L’attrape lune de Séverine Vidal et Barroux. Mango jeunesse, 2016

Une merveilleuse relation complice, affective et féerique entre un petit bonhomme et son grand-père qui le gave d’histoires toutes plus invraisemblables les unes que les autres.
C’est beau la vie ! Le temps qui passe !

L’article d’Alice.

 

Grand-Pa d’Edward van de Vendel et Ingrid Godon. 

Il est des albums d’une infinie tendresse qui disent ces liens précieux qui se tissent entre nos grands-parents et nous… Grand-Pa est de ceux-là

L’article de Colette.

 

Papy de Jean Leroy et Matthieu Maudet. L’école des loisirs, 2013

Best-seller familial que ce petit cartonné carré où un Papy râleur essaie de résoudre le conflit entre ses petits-enfants. Des couleurs vives et un humour décapant à partager avec la famille.

L’article de Bouma et celui de Sophie.

 

Mon grand-père de Christine Schneider et Gilles Rapaport. Seuil jeunesse.

Un album très touchant et très bien vu sur la relation d’un petit-fils à son grand-père.

L’article de Pépita et celui de Bouma.

 

153 jours en hiver de Xavier-Laurent Petit. Flammarion.

Pas facile de vivre chez son grand-père quand on le connaît à peine et qu’il parle si peu, a fortiori en Mongolie. Dans une situation extrême, une tendre relation va naître entre la fille et son grand-père.

L’article des Lutines.

 

Quelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal. Sarbacane, 2015

Un road-trip mené par un grand-père souffrant d’Alzheimer, son petit fils qui découvre son enfant et ceux qui croiseront leur route. C’est un roman touchant où des destins se croisent le temps de tourner une page et d’avancer.

L’article de Sophie, celui de Pépita et celui d’Alice.

 

Une sacrée mamie de Yoshichi Shimada et Saburo Ishikawa. Delcourt.

Dans ce manga, on découvre une incroyable grand-mère qui est contrainte d’accueillir son petit-fils. Malgré la vie difficile de cette petite famille, l’austérité de l’aïeule et le désarroi de l’enfant vont laisser place à une belle complicité.

L’article des Lutines.

 

Dans la maison de ma grand-mère d’Alice Melvin. Albin Michel jeunesse.

La visite de la petite fille à la grand-mère est l’occasion pour le lecteur de découvrir la maison au charme si désuet. Chaque page raconte son histoire. On est là dans la transmission.

L’article de Pépita.

 

Barracuda for ever de Pascal Ruter. Didier Jeunesse.

Une belle aventure à vivre avec un grand-père loufoque, imprévisible et si attachant.

L’article d’Alice, celui de Bouma et celui de Pépita

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Et ceux qui abordent la fin de vie ou le souvenir des grands-parents :

 

Allô papi ? Ici la terre de Cécile Alix. Magnard, 2016

La mort de papi laisse Youn dans un état de tristesse et de mélancolie sans pareille. Il décide alors de lui écrire des lettres en espérant un signe de son grand-père ! Les réponses ne viennent pas mais le chagrin se fait moins grand …
Une jolie histoire, juste et touchante.

L’ article d’Alice.

 

L’histoire en vert de mon grand père de Lane Smith. Gallimard jeunesse, 2012

Un parfum de nostalgie souffle sur cet album où le jeune héros retrace la vie de son aïeul à travers des sculptures sur arbres. Le tallent de Lane Smith fait mouche une fois de plus et livre un album doux et tendre sur le souvenir.

Lire l’article de Bouma.

 

Appuyez sur étoile de Sabrina Bensalah. Sarbacane, 2017

Parce que chaque jour est fait de peine mais aussi de joie, la vie d’Avril c’est la vie comme elle va ; avec ses douleurs et ses bonheurs, ses émotions et ses déséquilibres, ses preuves d’amour et ses désillusions, ses rêves et son inévitable fatalité. Elle a juste un rêve : accompagner mémé dans ses derniers jours vers le plus beau des ciels étoilés ..

A lire au Pays des Merveilles.

 

Le jardin des ours de Fanny Ducassé. Thierry Magnier, 2015

Un bel album aux illustrations liberty sur les souvenirs que laisse un papi et un pépé à un ours qui repasse dans leur jardin. Une histoire tout en simplicité qui montre l’importance des souvenirs qui font grandir.

L’article de Sophie, celui de Céline du Flacon,  celui de Pépita

 

Papy de neige de Frank Andriat & Sarah Parmentier, Renaissance du livre.

Quand les grands-parents s’en vont, ça laisse un grand vide… A travers cette histoire illustrée tout en douceur ouatée, on suit le cheminement de pensée de l’enfant qui revit, avec le soutien de ses parents, cet événement douloureux qu’il a bien des peines à comprendre, à admettre…

L’article de Céline du Flacon.

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Vous ne voulez plus les quitter ?

Voici une sélection de l’Atelier de cœurs sur les grands-mères.

Vous y trouverez par exemple :

Ma grand-mère m’a mordu d’Audren. L’école des loisirs, 2013.

Un petit roman où un petit garçon se fait mordre par son aïeule car il zappé “Des chiffres et des lettres”. Cependant, personne ne veut le croire.

 


P’tit biscuit de Cécile Hudrisier. Didier Jeunesse, 2012.

Un conte détourné de l’album ” Le petit bonhomme de pain d’épice ” où une mamie se prépare un joli petit goûter. Mais à quatre heures, tous les estomacs se réveillent même ceux qu’on n’attend pas.

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Henri est en retard d’Adrien Albert. L’école des loisirs.

Dans cet album pétillant d’Adrien Albert, heureusement que Papi est là quand papa et maman sont mis hors-circuit par un rhume. Sur sa moto qui pétarade, c’est lui qui va sauver la mise à Henri et l’entrainer dans une aventure fabuleuse, quoique ponctuée de petits écarts, car Papi a une vie personnelle assez riche, lui aussi ! Une aventure délicieuse au côté d’un aïeul qui a plus d’un tour dans son sac.

A lire dans le Tiroir à histoires

Notre camping-car ! de Magali Arnal. L’école des loisirs. 2015

Encore un papi au commande d’un engin exceptionnel : un camping-car, cette fois, véritable maison roulante. Et c’est parti pour un week end en vadrouille à la mer. Une belle aventure, tendre et malicieuse, en tête à tête avec un grand-père drôlement chouette.

A lire dans le Tiroir à histoires

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Et pour prendre de la hauteur en suivant un papy peu ordinaire, Colette vous propose en bonus de (re)découvrir le dessin animé Là-haut de Pete Docter et Bob Peterson (2009). Avec son avis sur le film par ici.

 

Le Top 5 des Lutines

Quand on a dû élire 5 livres de la bibliothèque des Lutines comme dignes de traverser le temps, indispensables que l’on emporterait sur une île déserte, 5 livres que l’on sauverait d’une catastrophe naturelle… cela n’a pas été facile. On a réuni le conseil familial et on a proposé une première réponse, qui nous semblait évidente à toutes les 3 et même à tous les 4. Pour la suite, on a dressé une liste… qui dépassait largement les doigts des mains et des pieds ! Or il a fallu choisir.

1

Il semblait logique de placer ce livre tout en haut de l’impitoyable liste.

C’est un album lu 1000 fois, que l’on prend encore plaisir à lire, à relire, à compter, à observer pour ses illustrations atypiques, son refrain entêtant : « S’il te plaît donne-moi du pain, parce que j’ai faim ! ». Offert par ma tante bibliothécaire, ce beau livre a certainement nourri la gourmandise des Lutines pour la littérature.

La Grosse Faim de P’tit Bonhomme de Pierre Delye et Cécile Hudrisier.

 

2

Pour le deuxième livre, on a puisé dans ceux que l’on ouvrait pour la lecture du soir, ce moment magique si longtemps savouré, un recueil (bon d’accord, c’est un peu triché) : Les Petites Histoires du Père Castor.

Ces albums nous ont aussi donné l’occasion de découvrir de nombreux auteurs et illustrateurs de littérature jeunesse. Mais voilà, il faut encore choisir en parcourant le sommaire des Petites Histoires pour devenir plus grand ou pour faire rêver les petits. Parmi tous ces contes ou récits du quotidien, histoires de bobos, de doudous,… du rire aux larmes, on retiendrait Un ami pour Antoine de Koshka, illustré par Claire Delvaux. Une histoire touchante de tolérance, d’amitié et de partage.

 

3

Pour le troisième, le débat devient plus serré, je voudrais rendre hommage à Rebecca Dautremer (talentueuse illustratrice que la Collectionneuse de Papillons a déjà mise à l’honneur) ou à Roald Dahl (mais il faut choisir un titre, ça se complique, et j’ai déjà raconté l’an passé dans un article de Pépita ce qui me lie à cet auteur). Alors, je choisis :

Le Magasin zinzin de Frédéric Clément pour la poésie de ce petit musée merveilleux qui donne bien plus à lire qu’un simple album.

 

4

Aïe ! Plus que deux places sur le podium. Comment départager tous ces coups de cœur, tous ces livres qu’on aime à offrir, à échanger, à feuilleter ?

Alors je laisse la parole à mes filles. Ne voulant pas oublier un genre qui lui tient à cœur, Adèle se décide pour une série de bandes dessinées :

Boule à zéro de Ernst et Zidrou. Il faut dire que cette BD manie humour et émotion avec intelligence et que toute la famille suit volontiers les aventures de la petite Zita.

 

5

Et Lucie jette également son dévolu sur une série, mais romanesque. La valeur n’attend pas le nombre des années : « Pourquoi faudrait-il choisir un livre qu’on a lu il y a longtemps ? » argue-t-elle. « Dans un bon livre, on prend plaisir à retrouver les personnages. On s’y sent bien. Et ce serait dommage de ne pas mettre de romans dans cette sélection de littérature jeunesse. »

Sauveur et fils de Marie-Aude Murail.

Et ce choix tombe bien car je ne voulais pas oublier Marie-Aude Murail, une de mes premières rencontres en littérature jeunesse. Lors de mon premier poste en collège, quand j’avais demandé à la documentaliste ce qu’elle me conseillait pour commencer, elle m’avait confié Oh, boy ! pour mon plus grand plaisir.

 

A relire le premier top 5 de l’été et le choix hétéroclite de nos titres, je me dis que le plus important, ce n’est pas de déterminer nos livres préférés mais tout ce que ces livres racontent sur leurs lecteurs et qu’ils nous permettent d’échanger.

Comme il me tarde de lire les prochaines sélections !