Billet d’été : Des réserves d’imagination dans le colis d’Anouk

L’été est la saison rêvée pour s’adonner à de belles et longues lectures permettant de s’évader très loin ! Mon amie Hélène a donc eu la belle idée d’envoyer un colis-surprise à une petite fille de son entourage. Comme mes garçons, Anouk est déjà une grande lectrice qui aime se plonger dans de gros romans, mais à neuf ans, elle est encore trop jeune pour la littérature pour adolescents. Quand les enfants apprennent vite à lire et se lancent à 6-8 ans dans des lectures plus longues, ce n’est pas toujours évident de leur trouver des textes entre les « premières lectures » (pas toujours très passionnantes sur le fond) et les romans plus étoffés qui abordent souvent des thèmes de société ou des préoccupations plus adaptés à partir du collège. Les littératures de l’imaginaire, qui font la part belle au rêve et au merveilleux, me semblent idéales pour les dévoreurs de livres à partir du plus jeune âge. Voici quelques pépites qui transportent et amusent leurs lecteurs, donnent à rêver et à réfléchir… Plaisir de lecture et dépaysement garantis !

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Il faut évidemment parler de la collection Polynies, des éditions Memo, dont tous les romans peuvent être recommandés aux lecteurs comme Anouk (et sans limite d’âge !). Ces textes en forme de fables joliment illustrées, sur lesquelles souffle toujours un vent de liberté et de fantaisie, leur donnent la satisfaction de pouvoir découvrir de « vrais romans » en autonomie… En voici trois que nous avons particulièrement aimés pour leur espièglerie et les réflexions auxquelles ils nous invitent !

 La petite épopée des pions, d’Audren, 2017.

 Hamaika et le poisson, de Pierre Zapolarrua, 2018.

 Vendredi ou les autres jours, de Gilles Barraqué, 2018.

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Les îles désertes perdues au large d’océans immenses offrent un terrain idéal pour laisser vagabonder son imagination. Robot sauvage nous invite à imaginer une situation passionnante : Rozzoum 7134, robot intelligent, échoue sur une île déserte, mais ne conçoit pas un seul instant qu’elle n’y est pas à sa place. Et de fait : elle est dotée de toutes les ressources pour apprendre de ses erreurs et de l’observation de la nature ! Cette robinsonnade moderne est écrite dans une belle langue imagée. À travers les mésaventures de Roz, Peter Brown soulève des questions captivantes sur l’entraide au-delà des différences, l’intelligence artificielle et l’humanité. Grâce aux illustrations qui parsèment le texte et à des chapitres très courts, le texte est accessible à de jeunes lecteurs.

Robot sauvage, de Peter Brown, 2017.

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Les romans d’aventure faisant la part belle à l’imaginaire sont très populaires en Allemagne, où nous vivons. Un auteur incontournable est Michael Ende, dont on connaît en France  L’Histoire sans fin, mais moins l’histoire de Jim Bouton, un petit garçon à la recherche de ses origines qui embarque à bord d’une locomotive flottante pour des aventures captivantes et hautement divertissantes. L’univers imaginaire est foisonnant, parfois à la limite de l’absurde. Le texte se lit facilement et est ponctué d’illustrations très vivantes. Le roman classique que lisent les apprentis-lecteurs de ce côté du Rhin !

 Jim Bouton et Lucas le chauffeur de locomotive, de Michael Ende, 1960.

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C’est une anecdote, mais elle n’est peut-être pas anodine : saviez-vous que c’est Jean-Claude Mourlevat qui a traduit Jim Bouton vers le français ? Cet auteur apporte, lui aussi, une dose de merveilleux et d’imagination à la littérature jeunesse. Certains de ses romans peuvent être pleinement appréciés par des lecteurs très jeunes comme Anouk. Je pense notamment à La rivière à l’envers. Sur les traces d’Hannah, une inconnue passée furtivement dans sa boutique, Tomek se lance dans un voyage merveilleux à la recherche de la rivière Qjar, cours d’eau légendaire qui coule « à l’envers ». L’histoire vit des rencontres et des découvertes fantastiques qui ponctuent le périple de Tomek, à travers la forêt de l’Oubli, la plaine aux fleurs hypnotiques ou encore le village des parfumeurs. Un roman plein de poésie et de magie qui se lit d’un trait !

 La rivière à l’envers, de Jean-Claude Mourlevat, 2000.

 

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Les littératures de l’imaginaire, ce sont aussi les romans d’heroic fantasy. Si les enfants comme Anouk ont le temps avant de pouvoir découvrir les épopées comme Le seigneur des anneaux, Kieran Larwood a eu le génie de leur revisiter le genre à hauteur d’enfant, en l’inscrivant dans un récit animalier. Cela donne La légende de Podkin le Brave, dont nous avons dévoré deux premiers tomes, en attendant la sortie du troisième et dernier prévue pour l’automne prochain. Un vieux barde nous raconte la célèbre légende de Podkin : arrachés à leur enfance insouciante et à leurs parents, le jeune lapereau et ses frères et sœurs prennent la fuite et organisent la résistance contre des créatures monstrueuses qui sèment la terreur. L’écriture est vive, l’intrigue passionnante, l’univers joliment travaillé. Les personnages sont attachants et le texte est à la fois très bien écrit et accessible aux enfants dès l’école primaire, grâce notamment à son découpage en chapitres relativement courts et aux jolies illustrations qui portent le récit.

  La légende de Podkin le Brave : tome 1 (Naissance d’un chef, 2017) et tome 2 (Le trésor du terrier maudit, 2019), de Kieran Larwood.

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Un beau roman d’aventures à dos de dragon qui vous transporteraient de l’Écosse aux sommets de l’Himalaya, quoi de mieux pour s’évader au creux de l’été ? Les dragons dont il s’agit ici sont loin des créatures menaçantes qui font frissonner les humains. Majestueux et inoffensifs, ils se nourrissent exclusivement de lumière de lune et n’aspirent qu’à vivre paisiblement à l’écart des hommes. Mais voilà, ces derniers s’apprêtent à inonder leur vallée. Un jeune dragon, accompagné d’une kobolde et d’un jeune humain, entreprennent un voyage hasardeux et périlleux à la recherche de la « lisière du ciel », lieu légendaire dont les ancêtres croient se souvenir… L’univers du roman est insolite, les aventures rythmées et le dépaysement total. Un best-seller mondial à recommander aux bons lecteurs capables de digérer ses 520 pages !

 Le cavalier du Dragon, de Cornelia Funke, 2018.

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Ces romans permettent, chacun à leur manière, de s’évader dans des univers merveilleux où les horizons sont infinis et tous les rêves permis. N’hésitez pas à nous faire part de vos propres trouvailles accessibles aux enfants comme Anouk ! En attendant de vous lire, je souhaite à toutes et à tous de belles explorations littéraires estivales…

Billet d’été : cinq albums échos aux petits plaisirs de l’été

Quand j’ai choisi ces albums, il était encore tôt. Je n’avais pas plongé avec délice dans ces chaudes journées d’été. Je n’avais pas savouré l’oubli du temps, la caresse du soleil, la tiédeur des pages tournées dans la chaise longue. J’avais seulement imaginé un petit groupe d’enfants, assis sur un carré de tissu à l’ombre du grand charme et une voix dans la douceur de l’après-midi qui lirait ces quelques livres empilés. Aaaah, quel bonheur d’écouter lire, dans l’odeur d’herbe fraîche, au milieu des chants d’oiseaux, seulement distraits par un vol de papillons !

 

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C’est parti pour ces plaisirs de l’été que j’ai voulu associer à une petite pile d’albums :

Le premier nous emmène dans le potager. Fleurs de courgettes, haricots naissants, cosses de petits pois. Tant d’invitations à tendre la main pour attraper ces fruits de l’été et les déguster.

Au jardinier, au fond du potager, j’ai demandé : « Savez-vous qui a cueilli mes fleurs de secrets ? »

Partons les chercher dans « Le Jardin des Secrets » de Marie-Hélène Lafond et Lucie Vandevelde. Minots Editions.

 

 

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Pour le suivant, en quittant le jardin, on s’égare un peu dans la forêt, on lève la tête vers les feuillages vert tendre. A la sortie du bois, un champ de blé tout doré de soleil puis des rangs de maïs qui nous invitent à suivre ces couloirs de verdure jusqu’à se perdre… dans les méandres du labyrinthe avec Thésée.

 

La nuit était venue. Thésée réfléchissait dans les jardins du palais. L’air était doux, parfumé de jasmin, d’olivier et de cyprès.

« Je vais mourir sans gloire, songeait Thésée. J’aurai beau tuer le Minotaure, personne ne saura que je suis un héros, si je ne sors pas de ce labyrinthe… »

– Délivre-nous de ce monstre et, moi, je te révélerai comment retrouver ton chemin !

Thésée sursauta. La fille de Minos, Ariane, s’était échappée du palais et l’avait rejoint en secret.

Cette légende et d’autres mythes, mille fois entendus, viennent encore charmer nos oreilles friandes de toutes ces histoires, dans un grand album aux illustrations épurées, aux atours de fresques ou de poteries antiques :

« Héros de la mythologie grecque » de Martine Laffon et Martin Jarrie. Les Fourmis Rouges.

 

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Il est temps de s’évader davantage. L’été, c’est aussi le moment du voir du pays… Parmi les plaisirs saisonniers, je voulais ajouter celui de boucler sa valise en pensant à l’exploration qui nous attend.

 

Bonnes vacances !

 

Voyageons d’abord en Inde, de Badlapur à Chennai, sur les pas de Smita et Lalita, à la conquête d’une liberté rêvée. Avec la fillette on découvre la vie dans la cahute, les rues encombrées, l’école et un temple hindou.

« La Tresse ou le voyage de Lalita » de Laëtitia Colombani et Clémence Pollet. Grasset Jeunesse.

Des familles entières s’y pressent, vêtues de leurs plus beaux habits. Les hommes portent des dhotis, les femmes des saris mauves, rouges, vertes, jaunes, bleus, dorés. Lalita est surprise par ce tourbillon de couleurs qui lui donne le tournis.

 

Avec « Mon Cousin Hugo » de Coco des Amériques et Elza Lacotte, aux éditions du Ver à Soie, on part aussitôt de l’autre côté du globe. On s’approche du pôle, on change de saison. On rêve à d’autres horizons.

Ah, comme elle serait belle, la vie au Chili ! Surtout qu’il y a bien d’autres choses au Chili qui ne se passent pas exactement comme ici.

 

Avec « Les aventures improbables de Peter et Hermann ou le tour du monde en 25 escales », de Delphine Jacquot, aux éditions des Fourmis Rouges, on part en voyage et on ne s’arrête plus. A chaque page, un décor prometteur, une découverte qui invite à en faire beaucoup d’autres.

 

 

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Et pour découvrir justement de nombreux autres titres tout au long de l’été, retrouvez chaque semaine la sélection des arbronautes.

Billet d’été : Dans la valise de la sœur de Yokolulu

Ma sœur, Adèle, a 14 ans et aime lire. Mais on part bientôt en voyage et elle ne sait pas quel livre emmener ! En tant qu’aînée, je lui promets de résoudre son problème en lui proposant cinq livres qu’elle pourrait aimer.

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Pour commencer, je te conseille un album, parce que les ados peuvent aussi les apprécier. Tohu Bohu m’a été offert par Céline Alice, pour le swap de Noël, et je l’en remercie vivement. Musique, jeux de mots et dessins amusants s’y mêlent harmonieusement. Tout ce qu’on aime !

Tohu Bohu, Rémi Courgeon, album Nathan

L’avis d’Alice ici, de Pépita là.

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Comme premier roman, je t’en propose un d’Annelise Heurtier, parce que j’adore cette auteure et que j’ai tout autant aimé ce livre. Il est émouvant à souhait et il donne envie de voyager et de s’engager dans une association humanitaire.

Là où naissent les nuages, Annelise Heurtier, Casterman

L’avis de Pépita ici,

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Le roman suivant, je l’ai lu ce roman lorsque j’avais à peu près ton âge (treize ans) et il me faisait passer du rire aux larmes en quelques minutes. L’innocence du petit Babar et l’humour de Ben m’ont beaucoup plu ! On se demande par exemple, avec le petit frère de Camille, si on continue à fêter son anniversaire au paradis lorsqu’on est mort.

Qui décide, tous les soirs, d’allumer les étoiles ?, Carine Bausière, Ravet-Anceau

Mon avis sur notre blog ici.

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Une fois n’est pas coutume, je te conseille un livre de science-fiction ! Je sais que ses cinq cent dix-sept pages te font peur mais je t’assure qu’elles se lisent très vite ! J’avais dévoré avec passion ce (petit) pavé et j’avais rêvé dans “le monde d’après”, au milieu d’animaux inventés.

Les Eveilleurs, Livre 1, Pauline Alphen, Hachette

L’avis de Céline du Flacon ici et mon avis sur notre blog là.

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Tu vas entrer en troisième et donc étudier la shoah, c’est pour cela (notamment) que je te conseille ce roman qui aborde ce sujet avec une touche romantique. Le début peut être long mais la suite est bien plus intéressante et émouvante.

Les valises, Sève Laurent-Fajal, Gallimard Scripto

L’avis d’Alice ici.

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J’espère que cette sélection de livres va aussi vous inspirer pour cet été !

Bonnes vacances à tous ceux qui en ont ! Belles évasions littéraires aux autres !

Billet d’été : dans le baluchon des élèves d’Ada.

Quand vient l’été, viennent les valises, les sacs de plage, les coffres de voiture bien remplis, bien remplis de… livres ! De ces livres qui s’annoncent comme des horizons à parcourir, découvrir, savourer, de ces livres qui vont sublimer notre été, ces instants fragiles et fugaces de petits bonheurs retrouvés. Mais que conseiller en ce moment crucial du grand départ en vacances ? C’est à cette tâche que nos chères  arbronautes vont s’atteler chaque semaine de l’été.

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Voilà l’été est arrivé, et quand il arrive c’est le moment où je dis au revoir à mes grand.e.s adolescent.e.s de 3e. Et au moment de se dire au revoir je leur laisse une petite liste de conseils de lecture. Très, très classique ma liste avec des tas d’œuvres du XVIe au XXe siècle, de Rabelais à Robbe-Grillet. Mais cette année, il s’est passé un truc étrange, cette année on a énormément débattu et une question est revenue sans cesse dans nos analyses de texte, dans nos séances d’oral ou de soutien : la question de la place des filles et des femmes dans notre société contemporaine. Pas la place des filles dans la société du moyen-âge, pas la place des filles dans la société du XXe siècle, non, la place des filles aujourd’hui en 2019, notamment dans la cour et les couloirs du collège où l’on travaille ensemble ! Et je peux vous dire que nos débats furent passionnants, enthousiasmants, parfois même délirants. On a parlé de la bise non consentie, du harcèlement de rue (et de cour de récré), des « nudes » envoyées via insta, des insultes sexistes dans les groupes classes sur Snapchat, de la charge mentale, des jouets genrés, du plaisir féminin, etc… Et oui, quand la parole se libère, on peut explorer tous les sujets !  En tout cas, ces débats m’ont nourrie bien plus que je n’aurais voulu l’admettre au premier abord. Et je pense qu’ils ont bien bousculé la petite fée-ministe en moi. Par conséquent la liste des livres que je mettrai dans leur baluchon cette année serait bien différente de celles que je propose d’habitude : cette année mes conseils de lecture seraient 100 % « livres et égaux » pour reprendre le nom d’une collection d’une maison d’édition qui aborde avec justesse et engagement cette thématique si enivrante de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Alors dans votre baluchon, mes cher.e.s élèves en transition entre la 3e et le lycée-le CFA -la MFR, je vous glisserais bien :

  • No et moi, de Delphine de Vigan, pubié aux éditions Le Livre de Poche. C’est l’histoire de Lou, adolescente de 13 ans surdouée, et de No, jeune SDF de 18 ans. Lou va tenter de sauver No, en lui offrant tout ce qu’elle semble avoir perdu, un toit, une famille, un travail et des ami.e.s. Mais leur amitié, si forte soit-elle, ne peut venir à bout des blessures qui hantent No. No continue de sombrer. Quant à Lou, elle explore à travers cette amitié les questions qui la tourmentent et peu à peu y trouvent des réponses. Ce livre est traversé de figures féminines complexes, dont le corps est bousculé, mais pas que, dont l’histoire originelle a été placée sous le signe du traumatisme et dont les combats s’éloignent et se rejoignent sans cesse pour une humanité plus juste.

  • Le journal d’Anne Frank, un roman graphique d’Ari Folman et David Polonsky publié chez Calmann Levy. C’est une élève de 3e justement qui me l’a prêté cette année, et quel bonheur complètement inattendu cela a été de redécouvrir l’histoire de cette ado qui m’avait bouleversée quand moi-même j’avais 14 ans. Au fil des pages, où les auteurs se jouent des limites de la case, de la bande, de la planche, nous voilà replongés dans les tourments, les questionnements, les compromis que la jeune allemande va vivre pendant plus de 2 ans, enfermée avec toute sa famille dans l’annexe de l’immeuble du 263, Prinsengracht, à Amsterdam. Les auteurs ont su retracer avec justesse un monument de la littérature du moi. Intense, cruel, parfois farfelu, fantaisiste. Toute la complexité d’un esprit adolescent privé de liberté.

  • Je me défends du sexisme d’Emmanuelle Piquet, illustré par Lisa Mandel, publié chez Albin Michel Jeunesse. Un livre incroyable pour la lectrice, le lecteur qui souhaite faire face au sexisme quotidien. Parce qu’il livre les témoignages de jeunes qui ont entre 11 et 15 ans qui ont vécu un sexisme ordinaire injustifiable et inacceptable – mais que toute une culture les pousse à taire, à éviter. Parce qu’il propose une stratégie de défense que je trouve formidable, active et enthousiasmante : la stratégie du 180 degrés, une stratégie de combat si peu transmise aux filles, traditionnellement, dans leur éducation. Parce que l’auteure Emmanuelle Piquet, psychopraticienne, fait un travail extraordinaire avec les jeunes qu’elle reçoit en consultation. Parce que les illustrations de Lisa Mandel sont drôles et efficaces. Parce qu’il faut que les choses changent !

  • Les Règles… quelle aventure ! d’Elise Thiebaut et Mirion Malle publié aux éditions La Ville Brûle. Encore un livre un peu O.L.N.I, ni documentaire scientifique, ni essai philosophico-féministe, voilà un petit bouquin (70 pages) qui aborde un sujet qu’aucune femme, aucun homme ne devrait ignorer et pourtant ! On apprend vraiment énormément de choses, sur les croyances, les mythes, les tabous, les périphrases qui entourent les règles. Et les illustrations sont percutantes ! Un vrai bol d’air !

  • Mon super cahier d’activités anti-sexistes de Claire Cantais, publié également aux éditions La Ville brûle. Pour s’amuser un peu cet été, tout en réfléchissant à la place que l’on donne à chacun depuis l’enfance selon son sexe. On réfléchit aux rôles des princes et des princesses dans les contes, aux rôles des garçons et des filles à la maison au quotidien. On y découvre aussi quelque chose d’essentiel : le combat pour l’égalité des sexes n’est pas réservé aux femmes, les hommes aussi sont concernés comme le prouve la page où l’on découvre 6 féministes célèbres : Louise Michel, Simone de Beauvoir, Nicolas de Condorcet, Pierre Bourdieu, Olympes de Gouges et Michel de Montaigne. On se détend et on apprend en s’amusant !

  • Et puis pour mettre un peu de poésie dans ce baluchon, je vous inviterais bien à lire le recueil Femmes : Poèmes d’amour et de combat de Taslima Nasreen, femme engagée, née au Bengladesh, en exil encore aujourd’hui, qui lutte contre l’injustice à travers ses mots. D’ailleurs, je vous laisse avec un de ses textes les plus célèbres.

La femme casse les briques assise sur un trottoir,

La femme au sari rouge casse les briques,

Sous le soleil brûlant,

La femme couleur de bronze casse les briques.

A vingt et un ans, elle en paraît plus de quarante,

Et sept enfants l’attendent là-bas, à la maison.

La femme casse les briques toute la journée,

En échange de quoi elle recevra dix takas, pas un de plus.

Dix takas ne suffisent pas à la nourrir, ni elle ni les sept autres.

Pourtant, jour après jour, la femme casse les briques.

L’homme assis près d’elle casse aussi les briques,

Abrité sous une ombrelle.

Il touche vingt takas par jour,

Vingt par jour parce que c’est un homme.

La femme a un rêve, elle rêve d’avoir une ombrelle.

Un autre de ses rêves serait, par un beau matin,

De devenir un homme.

Vingt pour les hommes, le double pour les hommes.

Elle attend que son rêve se réalise, mais rien ne la fait

Devenir un homme,

Rien ne lui fait avoir une ombrelle,

Pas même une ombrelle déglinguée.

On construit de nouvelles routes et d’immenses tours avec les briques qu’elle a cassées, mais le toit de sa maison s’est envolé avec la tempête l’an dernier, depuis l’eau goutte à travers une tenture, elle meurt d’envie d’acheter un toit en tôle.

Alors elle hurle dans tout le voisinage,

Les gens s’esclaffent, oh la la, disent qu’il lui faudrait

De l’huile pour les cheveux, de la poudre pour le visage.

Les sept enfants doivent être nourris,

La peau de la femme s’assombrit de jour en jour,

Ses doigts deviennent durs comme des briques,

La femme elle-même devient une brique.

Plus dur que les briques, le marteau peut casser une brique mais ne peut pas casser la femme.

Rien, ni la chaleur, ni le ventre vide, ni le regret de ne pas voir un toit en tôle,

 

Rien ne peut la briser.

 

 

Nos tables de chevet en ce moment…

Pour bloguer, il faut aussi lire, c’est le cœur de ce partage, et nos bureaux témoignent de nos Piles A Chroniquer (PAC) alors que nos tables de chevet regorgent de nos Piles A Lire (PAL) !

Alors, voici, pour chacune d’entre nous, ces fameuses tables de chevet pleines de nos futures lectures ou en cours, gage de prochains articles…

Vous verrez ainsi ce qui pourrait regagner votre propre table de chevet !

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Pour HashtagCéline, la table de chevet se remplit mais jamais ne se vide. Et bien souvent, les tours de livres finissent par s’effondrer. Après un léger tri, voici ce qui s’empile sur sa table de chevet et dont vous entendrez parler très prochainement sur son blog…

Côté albums, Emerveillements de Sandrine Kao (Grasset Jeunesse), Comment rater sa vie de Bertrand Santini et Bertrand Gatignol (Grasset Jeunesse) et Cumulus de Guillaume Perreault ( 400 coups).

Côté romans, c’est une catastrophe ! Sa PAL est gigantesque et vous ne verrez ici que la partie émergée… Les faits et gestes de la famille Papillon de Florence Hinckel (Casterman), L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges de David Morosinotto (Ecole des Loisirs), Journal d’un amnésique de Nathalie Somers (Didier Jeunesse), Blé noir d’Aurélie Wellenstein (Gulf Stream), L’Estrange Malaventure de Mirella de Flore Vesco (Ecole des Loisirs) et La fille du monstre de Florence Aubry (Gallimard Jeunesse).

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Pour Alice, la table de chevet s’est télétransposée le temps d’un rayon de soleil sur la terrasse à l’heure du thé.

Essentiellement des romans qui attendent depuis bien longtemps que l’espace temps se fige pour avoir espoir d’être ouvert (oui, il y a un mois c’était DEJA la même table de chevet ….!)

On y retrouve L’archipel de Bertrand Puard (Tome 1 et 2 – Casterman), George le monde et moi d’Illiana Cantin (Hachette), Ma vie de monstre d’Anne Pouget (Scrinéo), Toute la beauté du monde n’a pas disparu de Danielle Younge-Ullman  Gallimard) et A coeur battant de Charlotte Bouque (Gulf Stream)t… Vivement le vacances !

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Chez Pépita, son MeLI-MéLO de livres porte vraiment bien son nom :  il y a certes la table de chevet jamais assez grande avec les lectures en cours et sa collection de marque-pages utilisés selon l’humeur du moment (sans oublier mes désormais si précieuses lunettes !), mais surtout un petit tabouret en-dessous réceptacle des lectures à venir, comprenant des albums (déjà lus ! Et qui seront re-lus !) et des romans achetés en librairie ou reçus. Tous choisis avec gourmandise, gage de futurs moments délicieux de lecture (mais pourquoi faut-il donc travailler ?).

En ce moment, je suis plongée dans Broadway Limited de Malika Ferdjoukh à l’Ecole des loisirs que je n’avais jamais lu,  en parallèle (oui, oui, je peux !) je lis La revanche des princesses chez Poulpe fictions (il y a un lien entre les deux, vous ne trouvez pas ?), je me suis régalée avec Emerveillements de Sandrine Kao chez Grasset jeunesse et de Chnourka de Gaya Wisniewski chez MeMo sans parler de la pile de livres à chroniquer qui m’attend sur mon bureau , dont le super roman de Flore Vesco L’estrange malaventure de Mirella que j’ai terminé hier soir. Bref, de quoi tenir un siège !

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Chez Aurélie et son atelier, les chroniques se font rares sur son blog ces temps-ci mais sur sa table de chevet, elle a toujours    de la lecture dans sa liseuse. En ce moment elle alterne entre les livres d’éducation et les romans ado. L’éducation approximative d’Agnès Labbé chez Marabout en pointillé et pour les vacances, elle a embarqué Nos vies en l’air de Manon Fargetton chez Rageot et Sur le fil d’Estelle Maskame chez Pocket jeunesse .

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Chez Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie, il y a la pile de la table de chevet, celle du salon, celle du bureau, celle de… Bref, il y a ce qu’il faut en piles ! Aujourd’hui, elle a choisi la pile qui descend plutôt vite en ce moment : celle pour le prix Litteralouest (un prix breton de littérature jeunesse). Comme Sophie participe au comité de sélection, il faut en lire des livres des auteurs du grand Ouest ! Voici ceux de la semaine.

Vous pourrez notamment apercevoir La tarte aux cornichons sauvages de Antonin Louchard, Oups ! Il y a encore un loup ! de Audrey Bouquet et Fabien Ockto Lambert ou encore Un nuit de Marie Lescroat et Emmanuelle Houssais pour les albums. Du côté des romans, il y a l’excellent L’été où j’ai vu le tueur de Claire Gratias, le premier tome de Zombies zarbis de Marie Pavlenko et Carole Trébor ou encore Les enquêtes de Clem de Catherine Kalengula et Mary Gribouille.

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Pour Bouma, son Petit Bout de Bib(liothèque) est loin d’être si petit et ses piles à lire pourraient former un château fort tant elles montent vers le ciel. Aussi plutôt que de vous donner le vertige a-t-elle choisi de vous montrer les lectures qui occupent son temps en ce moment :

un GROS CARTON plein de romans pour dénicher les titres qui seront sélectionnées pour le Grand Prix des lecteurs du Journal de Mickey et pour garder tout le suspens, elle ne vous montre que les 3 premiers : Charlie Fisher le gang des Witz de Colin Meloy, Partis sans laisser d’adresse de Susin Nielsen et Eliott et la bibliothèque fabuleuse de Pascaline Nolot

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  • Et vous , quels livres avez-vous dans votre PAL ?