Billet d’été : rappeler les enfants !

Pour nos billets d’été, avec les copinautes on a échangé autour de plusieurs formules : faire découvrir le contenu de notre écolo-swap comme l’ont déjà proposé Bouma, Liraloin ou les Merveillesdalice, évoquer des lectures qui nous font voyager comme l’a fait Isabelle de l’île aux trésors ou pourquoi pas partager autour de lectures qui nous aident à penser / panser “le monde d’après” comme les médias se sont empressés de le qualifier – avec tout ce qu’il peut y avoir de caricatural dans une telle étiquette.

C’est cette dernière proposition que je voudrais saisir aujourd’hui. Après trois mois d’anesthésie totale de mon désir de lire, je me suis réconciliée avec la lecture avec un roman de littérature générale. Rappeler les enfants d’Alexis Potschke. Si je me permets de l’évoquer sur notre blog collectif dédié à la littérature jeunesse, c’est que ce roman est une incursion dans le monde des collégiens et que la myriade de portraits d’adolescents qui y est évoquée est un joli miroir tendu à la jeunesse que l’on côtoie de près dans la littérature jeune public. Et puis quelle est la véritable limite entre littérature “adulte” et littérature “jeunesse” ? Vaste débat que nous menons justement en ce moment dans les coulisses du blog 😉

Il était donc un roman qui racontait les premières années d’un jeune professeur de lettres exerçant en région parisienne. Et ce jeune professeur est tout particulièrement sensible à la beauté des moments partagés avec ses élèves. De chaque petite scène racontée dans ce roman qui se construit au fil des trimestres, émerge des portraits d’une grande douceur, d’une incroyable tendresse, d’une infinie poésie. Et d’une humanité sincère. D’une humanité qui cette année, pendant trois mois, m’a terriblement manqué : l’humanité de la salle de classe.

Si ce livre m’a permis de penser/panser mon “monde d’après”, c’est qu’il m’a permis l’espace de quelques pages de renouer avec ce qui fait l’essence même de mon métier et dont cette année j’ai du me passer tout un trimestre sans l’avoir choisi. Si ce livre m’a permis de penser/panser mon “monde d’après” c’est qu’il m’a rappelé combien j’aimais moi aussi capter l’infinie poésie des regards d’adolescents, la lumière de leur visage entre deux âges, leur parole vive et belle comme un ruisseau, le flot d’émotions dont leurs journées semblent tissées. Il m’a rappelé combien il était primordial d’être présent.e.s les un.es pour les autres. En vrai, en chair et en os. Sans écran entre nous…

A quelques pages de la fin, il y a ce discours improvisé par le narrateur un jour que ses élèves du club théâtre lui ont souhaité son anniversaire.

“Vous savez, j’ai eu plusieurs vies avant d’être professeur […] Je ne fêtais plus mon anniversaire parce que je m’étais rendu compte que j’avais arrêté de grandir. C’était autre chose.

Vieillir, a dit Elsa.

Oui, Elsa, vieillir. Vieillir. Je ne grandissais plus, je vieillissais. Les anniversaires ont commencé à me faire un peu peur, je voyais le compteur tourner ; je n’étais pas très vieux pourtant, mais je n’aimais plus ça. Je voyais le temps qui passait, qui passait. Et puis, finalement, je suis devenu professeur.

-Heureusement, a flatté Céleste.

-Oui, heureusement. Parce que, vous savez, j’aime mon métier. Oui, vous devez le savoir. J’aime vraiment mon métier.

Bien sûr, au club théâtre, c’est facile d’aimer son métier. Mais même quand mes élèves sont pénibles, même quand ils me fâchent, je suis toujours content de les retrouver. Ce qu’il y a de bien avec mon métier -, c’est qu’il change tous les jours. Je n’ai pas la routine des champs, des bureaux, de l’usine. C’est vrai que c’est un peu fatigant, parfois, mais j’aime ça, ne jamais savoir comment va être ma journée.

Quand je suis avec vous, que l’on discute, que l’on répète, et que j’essaie de vous apprendre des choses, que j’ai le bonheur de vous voir les apprendre, que je vous vois grandir aussi, j’ai l’impression, moi d’apprendre aussi, d’apprendre de vous. Vous, vous qui êtes là et qui m’écoutez, vous êtes mon antidote au temps qui passe, parce que le temps a du sens, maintenant, et je crois que c’est ce qu’il lui manquait. C’est pour ça qu’il me faisait peur.

Alors je n’attends plus les cadeaux, et ça ne reviendra pas, je n’attends plus rien, mais je n’en ai plus peur, de mon anniversaire, parce que je n’ai plus peur de vieillir.

Vous savez, depuis que je suis professeur, depuis que je côtoie mes élèves – et mes élèves, ce ne sont pas que mes cent vingt élèves, ce n’est pas que ceux que j’ai ou que j’ai eus, ce sont tous les élèves de ce collège-, depuis que je côtoie mes élèves, que je vous côtoie, vous, eh bien, voilà : j’ai arrêté de vieillir. Je ne vieillis plus, et c’est grâce à vous.

Et vous savez quoi ? Il faut que je vous le dise… depuis que je vous connais, vous, mes élèves, je crois même… je crois même que j’ai recommencé à grandir.

-Monsieur, a dit Charlotte, monsieur, je crois qu’Elsa pleure.”

Voilà.

J’ai hâte.

J’ai hâte de retrouver mes élèves.

Pour continuer à grandir.

Et entendre quel “monde d’après” ils désirent ardemment.

Et m’y atteler, de toutes mes forces, à ma petite mesure.

Green Swap 2020 : un échange pas comme les autres !

À l’ombre du grand arbre, nous avons pris l’habitude de prendre soin les unes des autres : par des mots doux, par des lectures partagées, par des débats lumineux. Et puis de temps en temps, par des colis surprises. En plein confinement, nous avons failli renoncer à notre jolie tradition des SWAPs d’été car nous ne pensions pas pouvoir retourner en librairie avant juillet, mais cela nous tenait tellement à cœur que nous avons choisi de nous réinventer. Alors nous avons profité du confinement pour nous fixer un nouvel objectif écologique : cette fois, pas besoin d’acheter de nouveaux livres pour ce partage, nous allions piocher dans notre bibliothèque ou celle de nos enfants, dans nos P.A.L, dans les boîtes à livres trouvées lors de nos sorties quotidiennes d’une heure près de chez nous, sur les sites de livres d’occasion, etc… En deux mots : “Green power”, plus que jamais !

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Ada, la collectionneuse de papillons a donc reçu, à cette occasion, un très joli “green swap mail art” de la part de Yoko Lulu .

Un mail art entre collages, calligraphie et dessin.
Un green swap aux couleurs de la Chine.

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Quand LiraLoin découvre le swap …

Il a fallu attendre (un peu… beaucoup… à la folie) et un beau jour de presque d’été, le colis atterrit tranquillement dans ma boîte aux lettres. Excitée par l’envie de l’ouvrir de suite, je me raisonne et décide de prendre mon temps.

mail art sous le signe Cubanisto

A vrai dire je ne m’attendais pas à un roman en particulier. J’étais juste heureuse de partager une lecture, qu’une personne choisisse un roman rien que pour moi. Croyez-le ou non mais mon entourage m’offre peu de livres (quelle triste vie …HAHA). A la vue de la couverture du livre, je me suis écriée « super ! un road movie littéraire » le confinement à vrai dire ne m’a pas permis de voyager beaucoup à travers la littérature. J’étais un peu bloquée et j’ai très peu lu … merciiii Lucie Bouma !

Prête pour le grand voyage?
Une enveloppe au mail art ambiance indienne

Délicatement, j’ai ouvert cette jolie enveloppe customisée d’un bus aux vitres décorées de paysages américains

Une carte postale toute douce, un dessin d’une maman portant son petit jusque dans son lit après lui avoir lu une histoire.

Que dire de ce mot, oui Lucie, j’ai été émue de le lire (je suis une très grande sensible). Alors merci encore de m’avoir demandé de rejoindre cette team de blogueuses au grand cœur rempli de partages !

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Premier SWAP aussi pour Lucie qui a été gâtée par Alice. Quelle découverte et quelle idée fabuleuse !

Un colis écolo et fleuri
Recelant de nombreux trésors pour déguster, noter, rêver, réfléchir, espérer !

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Après ces mois de confinement loin des librairies, quelle joie pour Isabelle de recevoir ce colis concocté avec une générosité créative par Sophie et ses lutines ! Un SWAP placé sous le signe du voyage et de l’évasion…

… avec en avant goût cet emballage qui donnerait bien envie de voir où mènent ces routes allemandes…
… débordant de merveilles de saison : les mots de Sophie, d’appétissantes lectures qui ont immédiatement été escamotées par les pirates de l’île aux trésors, d’adorables objets faits main (!) et un thé vert délicatement parfumé. Summer, here I come !

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Pour Linda, c’est un premier swap à l’ombre du grand arbre et le plaisir d’être gâtée par Ada, la collectionneuse de papillons; le contenu de ce Green Swap fut à l’image du thème: vert et écologique…

… le ton était donné avec cette jolie enveloppe fleurie et ces oiseaux qui regardent vers l’avenir…
… le contenu n’en est que plus appréciable entre lectures engagées, marque-page à colorier et un sachet de graines à planter. Un grand Merci!

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Premier SWAP aussi pour Claudia qui a été gâtée par Pépita.

Dès réception, ce colis a été déballé avec frénésie ! Impossible d’attendre, l’envie de découvrir a été trop forte.

Surprise ! Surprise !

Oh ! Les magnifiques emballages… Allez, j’ouvre !

Du vert, du rose, des fleurs, c’est beau !

TADAM ! Voici les petites merveilles.

Des livres, du thé, un marque-page, des cartes, une broche tricotée et même une petite coccinelle.
Vive le Green swap !

Merci beaucoup, cela a été un vrai plaisir de participer.

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Dans la maison des Lutines, ce sont deux swaps qui nous attendaient le même jour dans la boite aux lettres :

• un pour Yokolulu. Pour son dernier swap, elle a été bien gâtée : en plus du roman “La fille sans nom” de Maëlle Fierpied, Isabelle de l’Ile aux Trésors lui a offert un très joli carnet, un marque-page dinosaure et une tablette de chocolat à savourer, le tout magnifiquement emballé, accompagné d’une carte assortie réalisée par deux mains créatives. Merci pour ce bel écoloswap Isabelle !

• un pour Solectrice. Tout aussi généreux et gourmand, ce paquet était garni d’une carte estivale bienvenue, d’un adorable carnet, de deux romans “Le libraire de Cologne” de Catherine Ganz-Müller, “Les Petits Orages” de Marie Chartres, ainsi que du tendre et chaleureux album “Le Marchand de Bonheur” de Davide Calli et Marco Soma. De belles citations accompagnaient le déballage, un rooibos aux fruits rouges parfumait le colis avec une tablette de chocolat, rapidement dégustée par nos trois bouches gourmandes. Merci pour toutes ces plaisirs partagés, Linda !

J’ajoute à ces swaps, l’heureuse rencontre avec Aurélie de l’Atelier de cœurs : échange de mots, d’auteurs, de titres et d’éditeurs, et cadeau d’un roman prometteur “Romy et Julius” de Marine Carteron et Coline Pierré. Merci Aurélie !

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Pépita a reçu un colis fleuri et une thématique pleine de baisers à l’intérieur : un joli carnet artisanal, un livret de poésie détachable très original (parfait pour les glisser dans la valise de ma moitié toujours en partance !), un roman ados que j’ai déjà dévoré (une collection que j’avais très envie de découvrir), un livre de Cécile Coulon (j’aime ces clins d’œil) et une magnifique lettre artisanale assortie d’un très gentil petit mot. Merci Frédérique de Liraloin pour cette tendresse !

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Aurélie de l’atelier pour son dernier swap a reçu deux swaps suite à une erreur : quelle chance !

Le premier de la part de Lucie des livres d’Avril sur la thématique des grenouilles. En bonus, un marque page grenouille en origami 🙂

Quelques jours plus tard, un colis de Solectrice pointa son nez avec un album artistique. Elle put la remercier en personne lors d’une visite près de son arbre. Un vrai plaisir.

Quant à l’envoi de son swap,elle eut beaucoup moins de chance. Le colis adressé à Alice sur la thématique du renouveau se perdit en route. Ne t’inquiètes pas Alice, je compte me faire très vite pardonner.

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Le Dernier roi des loups : Prix Sorcières 2020, catégorie Carrément Sorcières fiction.

Chaque année, à l’ombre du grand arbre, nous scrutons avec délectation du haut de nos branches , la sélection du Prix Sorcières, prix organisé conjointement par l’Association des librairies spécialisées pour la jeunesse (ASLJ) et par l’Association des bibliothécaires de France (ABF). Et cette année, un objet littéraire non identifié à attiré notre attention. Nous vous laissons admirer sa couverture avant de partager la lecture commune qui s’ensuit entre Pépita et Colette. Il a d’ailleurs remporté le Prix Sorcières Carrément fiction.

Le Dernier roi des loups : l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur,
William Grill, Sarbacane, 2019.

Colette. – Quand tu as eu ce livre entre mains, Pépita, qu’as-tu imaginé ? Que ce soit son format, son titre ou l’illustration de couverture il y a quelque chose d’hors-norme dans cet objet non ?

Pépita.- J’ai imaginé une histoire de loup bien sûr vu le titre mais tu as raison de souligner son mystère : la couverture donne d’emblée la couleur des tons mais aussi un mouvement de liberté dans le paysage entrevu de steppes et de forêts, un sentiment de ténacité et de loyauté dans le regard du loup. L’épaisseur de l’album aussi : une longue histoire attend le lecteur.

Colette.- Je pensais que c’était une BD quant à moi en l’empruntant, étant donné son grand format ! J’ai donc été surprise en découvrant qu’il s’agissait d’un album mais un album à l’orchestration graphique très originale alternant des pages composée de petites vignettes sans cadre, de grandes illustrations double pages, des pages qui font la part belle au texte. Un livre qui n’appartient à aucun genre en quelque sorte. As-tu toi aussi eu besoin de le feuilleter, de le parcourir avant d’y plonger ?

Pépita.- Et bien non, je me suis plongée de suite dedans et c’est vrai que la forme est à mi-chemin entre bande dessinée et album. On pourrait même dire roman puisqu’il est presque chapitré. J’avoue que j’ai eu du mal avec les dessins assez petits des vignettes. Non pas que le sans texte me rebute, mais leur petitesse m’a un peu désarçonnée au début dans ma lecture. Et puis , je m’y suis faite, sans même m’en apercevoir, car l’histoire est prenante. Mais ce n’est pas une BD au sens classique du terme : ces vignettes sont comme un film, tu sais, comme ces petites images qu’on projette , sauf que là, elles ne se superposent pas mais se suivent. Je me suis surprise à aimer ce procédé au cours de ma lecture, comme s’il était indispensable que le lecteur se concentre. L’alternance des points de vue dans le traitement des illustrations est vraiment intéressante.

Colette. – Pour toi, qui est le personnage principal de cet étrange album ? En effet le sous-titre annonce une sorte de duel de héros en évoquant “L’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur”

pita. – Ah ! Très bonne question ! Au départ, on se dit que c’est Lobo le loup mais le changement qu’il induit dans la mentalité du chasseur est telle qu’on se dit que c’est lui finalement. Et puis, non, parce que sans l’intelligence hors norme de ce loup extraordinaire, rien n’aurait pu arriver dans cette prise de conscience. Alors disons qu’ils sont deux héros complémentaires !

Tu parlais plus avant de la forme de ce livre. Ce qui m’a intriguée aussi, c’est l’unicité des tons de coloris employés. Quel effet cela a pour toi ?

Colette.- Oui les couleurs de la nature dominent dans cet album, brun, noir, bleu et blanc dans toutes leurs nuances, mais plus que les coloris c’est le geste de l’artiste qui m’a semblé former une unité, je ne sais pas quelle est sa technique, j’ai l’impression que c’est du crayon de couleur, utilisé dans des croquis dynamiques comme faits sur le vif.

Pépita.- On dirait quasiment un carnet de croquis dessiné au fil de l’aventure. Les coloris font vraiment ressortir l’aridité des paysages mais aussi celui du cœur des hommes.

Mais ce titre : Le dernier roi des loups ? Il dit bien ce qu’il veut dire mais le lire c’est autre chose ! Comment as-tu ressenti cette histoire ?

Colette.- J’ai été horrifiée, mortifiée de découvrir une fois de plus l’incroyable cruauté de l’homme, cette incapacité à vivre dans la nature sans vouloir à tout prix la dominer, la maîtriser, la mettre à genoux. Tant de stratagèmes inventés de haute lutte pour piéger Lobo le loup, dont la menace est somme toute relative, l’intelligence subtile d’Ernest Thompson, pourtant naturaliste, utilisée dans le seul but de nuire à l’animal… tout cela m’a écœurée au sens presque premier du terme : c’est comme si on m’enlevait le cœur. As-tu ressenti la même chose ?

Pépita.- oui complètement ! Les pages 27 et 28, avec cette litanie de pièges, de cages, de lassos, de fusils, tout l’attirail pour capturer ce loup m’a soulevé le cœur. On sait d’emblée qu’il est condamné. Plus on approche de la fin, plus on tremble pour lui. C’est un trophée. Il n’ y a pas une once de courage là-dedans. Sauf du côté du loup. Qui lui est loyal.
C’est ça cette histoire : lâcheté versus loyauté. C’est une histoire vraie. As-tu été convaincue du revirement du chasseur ?

Colette.- Je voulais justement l’évoquer avec toi, ce revirement ! Non, je n’ai pas du tout été convaincue par ce revirement : à peine un mois après avoir abattu Lobo grâce à un piège d’une perversité inégalée, voilà notre chasseur devenu “un autre homme” comme l’annonce le titre du dernier chapitre ! Et l’auteur enchaîne ensuite sur la liste des initiatives en faveur de la protection de la nature que Seton va prendre suite à sa soudaine (mais si tardive) révélation… Il manque quelque chose pour que ce revirement soit crédible, un psychorécit, une confession, une confidence. On passe bien trop vite de l’obscurité à la lumière, l’humain n’est pas si manichéen…J’avoue que c’est ce qui m’a le plus déçue dans cette lecture.

Pépita.- Je te rejoins : on a à peine le temps de se remettre de cette traque et mise à mort cruelles que ce revirement manque singulièrement de crédibilité. J’ai été tout autant dubitative que toi. J’aurais tant aimé que cet homme soit sensible au message de ce loup avant l’irréparable !

Mais parlons de ce Lobo ? Loup en espagnol. Que t’as inspiré cette bête (pas si bête !) ainsi que son clan ?

Colette.- Je ne savais pas que Lobo voulait dire Loup en espagnol ! Merci ! Et bien le clan de Lobo, contrairement au “clan” des hommes, a suscité toute mon adhésion. Ce groupe d’animaux incarne des valeurs de coopération, d’intelligence collective et, à ma grande surprise, d’amour. C’est d’ailleurs le chapitre dédié à Blanca qui m’a le plus émue… Qu’en as-tu pensé de ce lien entre le roi des loups et cette louve blanche ?

Pépita.- Ce lien m’a émue au plus haut point, comme toi, quelle leçon d’amour absolu et respectueux en même temps ! Quelle fidélité ! Quelle abnégation ! Oui ce clan des loups a beaucoup à nous apprendre !

Colette. – En parlant de cet amour absolu, comment as-tu compris la mort de Lobo ?

Pépita.- Je l’ai comprise de deux façons : comme un désespoir sans fond, une capitulation face à la douleur provoquée par la cruauté des hommes : sans sa Blanca, il n’a plus de raison de vivre. On dirait qu’il sait que la mort est le seul moyen de vivre encore un peu en la retrouvant. Alors qu’il a déjoué tous les pièges tendus, on dirait qu’il s’est délibérément jeté dessus cette fois, les quatre pattes enferrées. Donc aussi comme une bravade : Lobo met l’homme face à sa lâcheté grâce à son courage, sa noblesse et sa grandeur d’âme. Bien qu’il soit atteint dans ce qu’il a de plus cher, il lui fait comprendre qu’il choisit de mourir et la façon de le faire. C’est son ultime choix d’animal sauvage. Sans une plainte. La double page de médaillons, à la suite de sa mort, qui reprennent des moments de sa vie avec Blanca, sont extrêmement touchants. D’ailleurs, le chasseur, quand il a compris bien trop tard, a honte. C’est le mot utilisé. Cette fin m’a serré le cœur au-delà des mots.

Colette.- Une sorte de suicide donc ? Et ce serait cette mort et la honte qui s’en est suivie qui aurait transformé Seton ? D’ailleurs, parlons peut-être de ce qui se passe après pour Seton : parmi ses nombreuses initiatives écologiques, laquelle as-tu retenue ? Pourquoi ?

Pépita.- Je ne dirais pas suicide mais sacrifice : comme si Lobo avait perçu que chez cet homme, il fallait en arriver là pour une prise de conscience. Tu l’as vu comment toi ?
Parmi ses actions, celle que j’ai le plus retenu c’est la création des Scouts d’Amérique. Quand même ! Vouloir former des générations de jeunes à la protection de l’environnement, il faut le saluer.

Colette.- La mort de Lobo je l’ai vu comme celle des grandes héroïnes des romans du XIXe siècle, celles qui se laissent mourir de chagrin, celles qui se laissent mourir d’amour. C’est la phrase suivante qui accompagne la magnifique illustration du jour qui se lève qui me fait dire celà : “Quand l’aube se leva le lendemain, Lobo était toujours immobile et silencieux, mais la force et l’esprit extraordinaire qui vibraient en lui l’avaient quitté – le dernier roi des loups n’était plus.”

Pépita.- Cette phrase est magnifique en effet. Je pense que l’auteur a voulu montrer que malgré tout, l’homme et l’animal devraient pouvoir cohabiter. En tous cas, qu’il est crucial que cela soit ainsi. Chacun a sa place dans le respect du mode de vie de l’autre et que chasser juste pour le plaisir, ce n’est pas digne de l’homme. Je pense aussi qu’il a voulu montrer que le règne animal a beaucoup à nous apprendre. Et que l’homme devrait s’en souvenir. Ce qui nous arrive comme pandémie actuellement le prouve.

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Vous pouvez retrouver la chronique complète de Pépita

dans son MéLi-MéLo de livres.

Nos classiques préféré.e.s : Jeanne Ashbé.

Nous poursuivons nos rendez-vous consacrés aux “classiques de la littérature jeunesse” avec Jeanne Ashbé. Avec plus d’une soixantaine d’albums à son actif, cette autrice-illustratrice a joué un rôle primordial dans le développement de la littérature pour les tout-petits auxquels elle sait s’adresser avec beaucoup de tendresse et d’efficacité.

https://www.ecoledesloisirs.fr/auteur/jeanne-ashbe

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Dans la collection de papillons d’Ada, il y a le souvenir émerveillé de la découverte dans nos bibliothèques préférées des petits albums souples de Jeanne Ashbé alors que mes deux Petits-Pilotes étaient encore bébés. Nous n’en avons pas achetés beaucoup, car justement nos bibliothèques avaient misé sur cette autrice-illustratrice et nous en avons toujours facilement trouvés. Mais il y en a un que nous gardons précieusement, c’est Au revoir !

Les 10 raisons qui expliquent pourquoi ce petit livre là est conservé chez nous comme un trésor

  1. Parce qu’il évoque un moment clé dans la vie d’un tout petit : le moment de la séparation, un moment que les parents appréhendent et qu’ils ne savent pas toujours comment aborder. Ce petit livre permet de dédramatiser. Et c’est à cela qu’il a “servi” au moment où mes deux garçons sont allés chez Nounou pour la première fois.
  2. Parce que les bouilles des bébés de ce petit album sont irrésistibles, rondes, roses avec juste ce qu’il faut de rouge aux joues, de grands fronts dégarnis, de petits yeux noirs, et des expressions tellement sincères, du rire aux larmes, de la colère à la confiance.
  3. Parce que l’alternance image à gauche, texte à droite, texte à gauche, image à droite crée comme un rythme particulier pour le regard du tout-petit.
  4. Parce qu’il y a de la matière dans la technique d’illustration de Jeanne Ashbé, de la peinture généreuse et lumineuse à toutes les pages.
  5. Parce qu’avec une grande simplicité, de nombreuses situations de séparation de la vie quotidienne sont abordées : une visite chez des ami.e.s, la journée chez nounou, le départ du zoo, les vacances chez mamie, le départ de Bon-papa, et bien sûr l’heure du coucher. Tous ces moments qui sont pour le tout-petit qui les découvre des moments de grande inconnue.
  6. Parce qu’à travers toutes ces situations, c’est à tout l’entourage proche du bébé à qui l’album rend hommage. Tous les êtres chers sont ici réunis : les parents, les grands-parents, nounou, les copains, les copines.
  7. Parce que la petite ritournelle qui accompagne la litanie des séparations est un enchantement pour les petites oreilles qui découvrent un récit structuré par cette étrange expression, promesse de bonheur à venir : “Au revoir, au revoir !”
  8. Mais les jeux de langage ne s’arrêtent pas là : le texte se présente comme une petite comptine avec de nombreux échos, des mots qui se répètent, des mots qui riment, des mots qui sont rigolos. Le jeu prend peu à peu le dessus sur la déception de devoir se quitter.
  9. Parce que finalement tout l’album est une invitation au langage, ici le bébé du livre parle à travers ce “je” propre à l’identification littéraire, invitant le tout-petit à entendre à travers la voix du lecteur, de la lectrice sa propre voix, de petit roseau pensant.
  10. Parce que lire des livres à mes bébés fut un des moments les plus précieux de mes débuts en tant que maman, grâce à Jeanne Ashbé ces moments ont été facilités !

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Dans le Méli-Mélo de livres de Pépita, peu de livres chroniqués de Jeanne Ashbé mais pourtant une bibliothèque qui laisse une part belle à ses livres. Donc difficile de choisir… Mais il y en a un qui a une place toute particulière.

Et pit et pat… voici pourquoi en 10 explorations

  1. Cet album rappelle combien la découverte est constitutive du tout-petit.
  2. Mais surtout rappelle à l’adulte la vision que peut avoir le tout-petit dans sa découverte quotidienne du monde.
  3. Pas besoin d’aller bien loin, TOUT est découverte et imaginaire !
  4. Cet album induit aussi profondément le besoin d’être rassuré.
  5. Les sonorités : Et “pit et pat”, “non pi non pa”, très rythmées, balisent le chemin des petits pas du tout-petit : on peut non seulement le suivre, mais l’entendre ! Exactement comme quand l’adulte le laisse découvrir mais étant en alerte pour ne pas qu’il se mette en danger.
  6. L’adulte est du coup invisible sur ces pages, mais il est bien là : comme spectateur de son tout-petit explorateur-acteur.
  7. Les objets du quotidien, dans leur transformation, constituent un petit jeu que même un grand frère ou une grande sœur peuvent apprécier. Ils sont vivants ces objets, ont leur vie propre. C’est aussi le cas dans l’imaginaire des enfants.
  8. Les coloris chaleureux avec leur unité de tons donnent un espace rassurant dans ces objets déformés et grandioses.
  9. C’est un album que j’utilise en formation petite enfance pour ce qu’il oblige à se mettre à la portée du tout-petit et à lui laisser l’espace nécessaire dans son appropriation de ce qui lui est donné à lire.
  10. En un mot un album idéal sur l’autonomie aussi bien pour le tout-petit que pour l’adulte. C’est ça le secret des albums de Jeanne Ashbé : savoir s’adresser aux deux !

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Chez sir this and lady that, il n’y a pas de livres de Jeanne Ashbé car la médiathèque en proposait toutes les publications. Si nous en avons acheté quelques uns, ils sont aujourd’hui rangés et remisés dans un carton pour le jour où une nouvelle génération de bébés viendra agrandir la famille. Pourtant, il existe un souvenir tout particulier pour la série Lou et Mouf qui figure en tête des livres de bébés les plus lus lorsque les petites ladies étaient très jeunes; le souvenirs de leurs petites mains s’emparant encore et encore des différents volumes à chacun de nos passages dans le rayon des tout petits et du plaisir évident que la lecture provoquait en elles.

Lou et Mouf… en 10 petits plaisirs

  1. Parce que Lou est un enfant sans genre qui permet à tous les bébés de s’y identifier.
  2. Parce que Lou découvre le monde par l’expérimentation; ses parents lui laissant par ailleurs la place dont il a besoin pour découvrir, arpenter, expérimenter à sa guise.
  3. Parce qu’à l’image des petits lecteurs, Lou emmène Mouf, son doudou, partout avec lui.
  4. Parce que bébé est au cœur de l’histoire ; les parents n’apparaissent pas vraiment. Jeanne Ashbé choisit de raconter le quotidien de bébé aux bébés.
  5. Parce que le format convient parfaitement aux petites mains : entre couverture moelleuse, pages cartonnées, pages éventails qui ouvrent sur une troisième image ou les petits volets à soulever pour découvrir une surprise.
  6. Parce que le dessin est réaliste au niveau des expressions et de la physionomie du tout petit entre le visage tout rond, les fesses enveloppées dans une couche, mais aussi dans les émotions ou la gestuelle, les petites “maladresses”.
  7. Parce que Jeanne Ashbé sait se mettre dans la tête de bébé pour décrire ses émotions dans l’exploration et la découverte de son quotidien. Avec intelligence et bienveillance, elle représente la façon dont le jeune enfant s’approprie le monde qui l’entoure.
  8. Parce que le texte parle aux bébés de la même manière que l’adulte, en les interpellant par des “ah!” et des “oh!”
  9. Parce que le texte a une musicalité qui résonne avec l’enfance et qu’il compte autant que l’image
  10. Et parce que chaque album de la série s’ouvre et se ferme de la même façon, comme un rituel rassurant: “Ah! Voilà Lou. Et Mouf. Bonjour Lou!“, “Au revoir, Lou!“.

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Pour ce billet, Isabelle est allée chercher l’un des trésors de son île : Non ! L’un des tous premiers albums avec lesquels elle a instauré le moment quotidien de lecture en famille. C’est l’histoire d’un petit poisson rouge qui a faim. Enfin… faim d’un bonbon. Mais grand poisson rouge a dit « non », déclenchant un rapport de force qui monte en intensité…

Dix raisons de plonger avec petit poisson rouge !

1 – Pour le petit format carré très maniable de ce livre, même par les petites mains de bébé.

2 – Et pour ses pages cartonnées qui résistent à tous les usages des dévoreurs de livres en herbe, y compris les plus affamés.

3 – Parce qu’en quelques pages, Jeanne Ashbé parvient à raconter une vraie histoire, avec ce qu’il faut de tension dramatique !

4 – Parce que cette histoire est un bonheur de lecture à voix haute qui se prête à être jouée avec force expressions, intonations et grimaces.

5 – Pour la musicalité et le rythme du texte qui résonne comme une comptine qui berce les tous petits avant même qu’ils aient l’âge de saisir le texte.

6 – Parce que ces rimes sont sublimées par des mots réjouissants, pêchés dans les fonds marins : la soupe aux vairons et la tourte au plancton, vous n’avez jamais goûté ?

7 – Parce que quand les petits lecteurs grandiront, ils apprécieront cette histoire qui parle de façon très juste des situations d’opposition entre enfants et parents, souvent mêlées d’amour malgré tout.

8 – Pour les jolis graphismes chatoyants qui accrochent l’œil et sont imprégnés de l’esprit des dessins d’enfants : quelques traits, et un univers se déploie où l’histoire peut commencer !

9 – Pour le dénouement qui donne envie de se tomber dans les bras.

10 – Parce que cet album est de ceux qu’on relit si souvent qu’on les connaît encore par cœur, des années plus tard…

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Si HashtagCéline connaissait les albums de Jeanne Ashbé, c’est véritablement à la naissance de ses enfants qu’elle s’est mise à les explorer avec un regard neuf. Et puis, en 2018, il y a eu cette rencontre avec Jeanne Ashbé, lors d’un temps fort autour de la petite enfance . En voyant l’autrice raconter Pas de loup face à un public captivé, HashtagCéline a été bluffée et cet album est venu rejoindre la bibliothèque familiale, s’y imposant par sa simplicité et son efficacité.

Pam Papam Papam, dix bonnes raisons de lire Pas de loup

1 – Si cet album peut paraître déstabilisant au premier abord, je vous assure, c’est un bonheur à lire à voix haute. Il faut vraiment le tester pour s’en rendre compte !

2 – Pam papam papam, reum reum reum reum… le texte semble d’une apparente banalité. Avec les tout-petits, grâce aux répétitions des sonorités, on accroche tout de suite l’attention. Succès assuré. Et participation garantie.

3 – Il y a un vrai rythme dans cet album. Un rythme que l’on peut adapter à sa propre envie de lecture. De façon rapide ou lente, chaque page laisse une grande liberté dans la cadence adoptée !

4 – Pas de loup est coloré. Le graphisme est vif et simple. Très contrastées, les illustrations sont aussi d’une grande diversité : carreaux noirs et blancs, grandes bandes jaunes et oranges, mains roses sur fond vert… C’est une découverte à chaque page tournée !

5 – Cet album est plein de surprises. Il y a des rabats qui se déplient sur chaque page de droite, laissant apparaître un élément étonnant. Cela fait mouche à chaque fois.

6 – Les enfants sont acteurs dans cet album. Entre les bruits qu’ils peuvent facilement reproduire, les rabats qu’ils peuvent soulever, cela en fait un album parfait à lire avec eux ou à leur laisser feuilleter seuls.

7 – Comme à chaque fois avec Jeanne Ashbé, les thèmes choisis, au fil des pages, sont adaptés à l’univers des tout-petits.

8 – Jeanne Ashbé l’a elle-même avoué : cet album est l’un de ses préférés.

9 – Dans cet album, avez-vous bien cherché…? Il n’y a pas de loup? Regardez bien. Il y en a un.

10 – Et pour finir, juste parce que cet album a toujours été un bonheur à lire à ma fille même après des dizaines et des dizaines de fois.

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Et vous ? Avez-vous lu Jeanne Ashbé et quels sont ses albums qui vous ont le plus marqué(e) ?

Lecture commune : Et le désert disparaîtra

“Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre bientôt. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré. Son peuple, nomade, traque les derniers arbres et vend leur bois pour survivre. Samaa aimerait être chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’homme. Un jour, elle désobéit et suit les chasseurs. Mais le désert a mille visages. Samaa se perd, et fera une rencontre qui changera le destin de sa tribu à jamais.” Voilà comment le dernier roman de Marie Pavlenko est présenté sur le site de son éditeur, Flammarion jeunesse. Comme À l’ombre du grand arbre, nous aimons beaucoup l’univers de cette auteure, nous nous sommes donné rendez-vous autour de cette lecture qui nous a tour à tour questionnées, déroutées, enchantées. D’abord, il y a eu #Céline, Pépita et Colette. Puis une invitée surprise, sur laquelle vous en saurez plus très bientôt, nous a rejointes. Une lecture à quatre voix pour un roman qui résonnera longtemps encore en nous.

Colette.- Et le désert disparaîtra : quel titre énigmatique, au futur intriguant ! Vous souvenez-vous de ce que vous avez imaginé en le découvrant ?

Pépita.- Très énigmatique en effet avec ce futur employé. J’ai pensé à des oasis, à une prophétie aussi. Et quand même, pas de couverture pelliculée mais une couverture douce au toucher, à caresser.

Claudia.- La promesse d’une aventure originale sur l’existence d’un monde mystérieux, mais à la fois oppressant.

#Céline.- Je suis partie sur un a priori négatif avec ce roman. Je n’attendais pas Marie Pavlenko sur un tel sujet. Pourquoi ? Sans doute à cause des deux derniers romans plus réalistes que j’avais lus d’elle et que j’avais vraiment adorés (Je suis ton soleil dont nous avions fait une lecture commune ici même et Un si petit oiseau chez Casterman qui fait partie de la sélection de notre Prix 2020 dans la catégorie “Belles branches”). Mais la couverture et le titre justement m’ont donné envie de m’y plonger. Sans même ouvrir le livre, on a déjà l’impression d’être dans le désert… A posteriori, je le trouve vraiment magnifique, comme le roman.

Pépita.- Et puis ai-je envie d’ajouter, ce titre fait très conte : “et le”….on s’attend à un aboutissement. Comme un coup de baguette magique aussi. Alors forcément on ouvre et on lit pour en savoir plus car il sait nous accrocher ce titre !

Colette – Dès que je lis le mot “désert” c’est l’univers de Jean-Marie Gustave Le Clézio qui surgit dans ma tête, souvenirs précieux et poétiques de mes lectures d’adolescente ! Tout un peuple de nomades envahissent alors mon esprit, un peuple assez semblable à celui que nous découvrons dès les premières pages du roman de Marie Pavlenko. D’ailleurs comment présenteriez-vous la tribu de Samaa, notre jeune héroïne ?

Claudia.- Les femmes ne s’occupent que des tâches domestiques. Les hommes ont un rôle bien plus important au sein de la tribu, ce sont eux, qui rapportent de quoi subvenir. Ce sont des guerriers. Même s’il y a de la bienveillance de la part des hommes envers les femmes, la marge de manœuvre est limitée pour elles. C’est très paradoxal car nous sommes dans un monde futur (une dystopie) et à la fois, les pratiques sont archaïques. C’est assez troublant.

Pépita.- Une tribu qui a su s’adapter au désert qui a tout envahi du fait de la folie démesurée des hommes et une tribu très hiérarchisée et sexiste ! Mon Dieu si c’est ça le monde qui nous attend ! Quelle régression ! Quelle absence de nature ! Quelle rudesse ! Mais en même temps, on sent aussi une sorte de bienveillance et comme une petite graine prête à éclore…

#Céline.- Je vous rejoins sur l’organisation de la vie de cette tribu. Un peu l’impression de revenir à la Préhistoire… Des conditions de vie aussi difficiles amèneraient-elles nécessairement à un tel retour en arrière? Je ne l’espère pas.

Colette – Tu parles de préhistoire #Céline, pour décrire les traditions du peuple de Samaa. Mais en fait à quelle époque semble appartenir ce récit ? Une époque troublante, non ? Comment l’avez-vous imaginée ?

#Céline.- Comme à chaque fois que je commence un roman, j’aime me situer dans l’espace et dans le temps. Ici, finalement, c’est assez compliqué. Mais cela ne m’a pas gênée car cela donne au récit un côté universel intéressant. Néanmoins, même si la mentalité de la tribu m’a fait penser à la préhistoire, je me suis plus vite située dans une époque future, pas forcément si lointaine. Finalement, une fois dans l’histoire, ces questions passent au second plan. L’avez-vous ressenti ainsi ?

Pépita.- Je me suis à peine posé la question de l’époque et je n’ai même pas pensé à la Préhistoire. Plutôt un monde futur pas du tout enviable (mais avec ce qu’il se passe en ce moment, on se dit que…) et curieusement, comme toi #Céline, ça ne m’a pas gênée. Je me suis de suite accrochée aux personnages et aux enjeux de l’histoire. Et aussi à cette quête de ressources assez énigmatique au début. Ce roman pose les choses par petites touches, et ensuite l’histoire prend son ampleur comme la ramure d’un arbre qui explose au printemps. Par contre, le fait que l’autrice ait changé les mots pour les désigner, je n’ai pas trouvé ça utile, pas vous ?

#Céline.- Inutile? Peut-être pas essentiel mais cela fait réfléchir tout de même. La tribu a tout oublié du monde d’avant jusqu’aux mots eux-mêmes, jusqu’à l’orthographe des mots liés à la nature… J’ai trouvé que cela donnait une idée de la situation et de l’état d’esprit de la tribu, aveuglée par l’urgence de survivre, obligée aussi sans doute d’oublier… Et que parvenir à retrouver les mots, cela permettrait aussi de reprendre conscience, de se souvenir de l’importance de préserver les arbres et la nature.

Pépita.- Oui effectivement, je ne l’avais pas vu comme ça ! Merci de ton éclairage ! Il n’empêche : ça m’a perturbée dans la fluidité de ma lecture mais sans doute est-ce le but en effet !

Colette.- Sur l’utilisation d’un langage altéré, je suis complètement d’accord avec #Céline, il me semble que dans toute dystopie la modification du langage est un signe important de la modification du rapport au réel, au vivant, à la connaissance et à la liberté. Cela m’a rappelé – dans une moindre mesure – la novlangue inventée par George Orwell dans 1984. Même si parfois il m’a semblé que l’auteure n’allait pas jusqu’au bout de ce parti pris, j’ai trouvé intéressant de parvenir à reconnaître certains mots -je n’y suis pas toujours arrivée au début- comme si à travers ce langage transparaissait malgré tout des vestiges du passé, que seul le lecteur pouvait comprendre parce que ces mots là étaient ancrés dans son présent. Pour moi c’était un peu comme une manière très poétique de nous alerter sur la disparition de cette nature dont nous dépendons tant. Une disparition pas si lointaine que ça…

Colette.- Cette mise en avant de la place du langage dans Et le désert disparaîtra, me fait penser à la place d’un personnage énigmatique, anonyme, sorte de gardienne de ce langage dont nous parlons : l’Ancienne. Comment avez-vous imaginé ce personnage ? Et votre perception a-t-elle changé au fil du roman ? En feriez-vous un personnage clé de l’histoire ?

#Céline.- Elle m’a tout de suite intriguée. Et surtout, ce qui m’a posé question, c’est le fait qu’on s’occupe d’elle tout en ne l’écoutant pas. Un respect pour les anciens, mais pas pour leur mémoire… Très paradoxal. Au fil du récit effectivement, on voit bien que les paroles de l’Ancienne reviennent très régulièrement en tête de Samaa. Et les petites graines semées dans l’esprit de la jeune fille au départ se mettent à éclore au fur et à mesure. L’Ancienne est effectivement pour moi un personnage clé, un guide, un repère. Elle joue son rôle alors même qu’elle reste assise dans sa tente. Et même si Samaa ne le comprend pas tout de suite !

Pépita.- L’Ancienne est la MÉMOIRE, le lien entre le monde d’avant et celui de maintenant mais aussi une prophétesse car elle fait comprendre à Samaa qu’elle réussira là où elle-même a échoué. On a le sentiment qu’elle reste en vie uniquement pour ce message-là. Il se dégage de cette personne une énergie et un respect qui peuvent tout à fait épouvanter pour qui n’a pas les clés. Oui, elle est un personnage clé, mais quel sort peu enviable pour cette vieille femme (pas très éloigné en fait de la manière dont la société actuelle considère la vieillesse d’ailleurs…), beaucoup de métaphores dans ce roman en ce qui la concerne.

Colette.- Dans cette tribu si particulière, il y a notre jeune héroïne, Samaa. Que diriez-vous d’elle ?

Claudia.- C’est une combattante. Elle est intelligente et vive. Elle s’indigne, elle s’insurge, elle s’interroge sur la manière dont la tribu fonctionne. Elle est à contre-courant des autres filles. On sent chez elle, un grand potentiel dans la suite de l’aventure. Elle est très attachante.

#Céline.- Samaa est un personnage assez étonnant. Déterminée, on le sent d’emblée, elle a un rêve a priori inaccessible qui l’incite à repousser les limites : devenir chasseuse, même si cela est réservé aux hommes. Cela m’a plu chez elle. En revanche, je l’ai aussi trouvée dure notamment avec l’Ancienne et ses théories. Influencée par la façon de penser de sa tribu, cette fermeté s’explique aussi par le drame qu’elle a vécu et par des années de survie dans un monde hostile.

Pépita.- Samaa, d’emblée, on perçoit qu’elle veut bouger les lignes. Elle est très observatrice et rebelle. Au début du roman, elle semble être comme les autres enfants de la tribu mais très vite, on se rend compte qu’elle va avoir un destin particulier. Sa vie n’est pas facile mais elle en tire toujours du positif.

Colette.- Une rebelle ? Une rebelle par rapport à la place imposée aux filles et aux femmes dans sa tribu ? Qu’en pensez-vous de cette place ?

Claudia.- Il y a un souffle féministe dans le personnage de Samaa, ce qui apporte beaucoup d’intérêt à l’histoire. Ce n’est pas que sur le thème de la fin du monde, de la survie de l’espèce animale ou végétale ou encore sur l’écologie mais c’est aussi sur les droits des femmes.

Pépita.- Une place certes utile au fonctionnement de la tribu, mais pas par rapport à ses envies d’émancipation, d’autant que son propre père l’a plus ou moins encouragée dans cette voie. Samaa, elle a des fourmis dans les jambes, elle veut comprendre. Elle exécute les tâches dévolues aux filles par obéissance et dans son fort intérieur, elle souhaite autre chose sans trop bien se le formuler au départ.

Colette.- Un père qui lui a donné une éducation différente non pas parce qu’il était précurseur d’une éducation non sexiste, mais parce qu’il n’a pas eu de fils. Malgré tout, la relation entre Samaa et son père a quelque chose de particulier, d’unique. Qu’en pensez vous ?

#Céline.- On sent effectivement qu’un lien très fort unissait Samaa à son père, qui, comme le sont certains papas, lui laissait plus de libertés (trop?) qu’il aurait dû. Par faiblesse? Par amour? Par une envie de la protéger, de la rendre heureuse dans ce monde si ingrat ? Un peu tout cela mélangé je pense et parce qu’il pressentait aussi peut-être le tempérament combatif et la force de caractère de sa fille. On sent en tout cas que ce rapport n’était pas toujours vu d’un très bon œil par les autres membres de la tribu.

Colette.- Comme on l’a déjà évoqué, le rêve de notre jeune héroïne est de devenir “chasseuse” – même si ce mot n’existe pas au féminin dans sa tribu  – est- ce que vous pourriez expliquer ce que cela signifie ? Comment avez-compris les enjeux de cette fonction essentielle à la vie de la tribu  ?

Pépita.- Chasseuse : dans la tribu c’est une fonction d’hommes. Il s’agit de partir toujours plus loin et d’affronter mille dangers (trous de sable, bêtes féroces, autres tribus chasseuses elles aussi et en concurrence). Il faut trouver les arbres de plus en plus rares (du fait de l’hostilité de l’environnement mais surtout de l’avidité des hommes) pour récupérer le bois, le vendre à la ville pour pouvoir s’acheter de quoi survivre. Pour moi, il remplace symboliquement l’argent. On en veut toujours plus. On étend ses frontières pour aller le chercher plus loin. Et ce commerce représente la société de consommation. Au féminin et rapporté à Samaa, il prend un autre sens : plus symbolique. Samaa pressent qu’il y a autre chose. Elle a une vision plus large de son environnement. Ses sens sont à l’affût, elle absorbe tout, réfléchit et agit. Elle fait preuve de sensibilité. Alors que les hommes chassent uniquement dans un même but, comme des brutes épaisses et viriles. Ils en font un peu trop sur leur rôle, je trouve.

Colette. – Pour rebondir sur ce que tu dis Pépita, personnellement j’ai du mal à me faire une idée de ce que sont les hommes de la tribu de Samaa car il n’y a pas vraiment d’autres personnages que Samaa qui soient explorés. Il y a ce jeune homme de la tribu dont parle souvent Samaa, Kalo, mais au final, son portrait reste très superficiel. On y reviendra, mais cette absence de diversité des voix des personnages est un des aspects du roman qui m’a déçue – par rapport à mes attentes vis-à-vis de cette auteure dont j’ai adoré les autres romans sans bémol.

Pépita.- Tu as raison de le souligner mais en même temps une grande partie du roman est focalisée sur l’aventure et la découverte de Samaa. Donc cela occulte le reste.

#Céline.- Concernant les personnages, j’en ajouterais un, pas humain mais important : l’arbre auprès duquel Samaa survit. Pour moi, il occupe une place essentielle dans ce roman et à son contact, l’héroïne apprend et grandit. Enfin, c’est comme ça que je l’ai ressenti.

Claudia.- Les hommes sont en second plan même si ce sont eux qui font vivre la tribu. On peut penser que les hommes ont le pouvoir mais pas du tout… Ce qui explique peut-être que nous n’avons pas beaucoup d’éléments sur eux. La véritable force de la tribu semble être les femmes. Notamment, Samaa mais aussi la vieille femme qui transmet la mémoire et le savoir des ancêtres. Et celle qui sauvera le monde est une jeune fille. Je pense même que les personnages ne sont pas les composants les plus importants dans ce conte… Mais peut-être sont-ce les trésors enfouis sous le sable qui ont la vedette ? Les arbres, la végétation, l’eau, les petites bêtes, ce sont eux qui vont pouvoir sauver et changer le monde. C’est peut être la raison des longueurs pour donner toute l’importance de ces découvertes. Pour ne pas oublier que les éléments indispensables à la vie (l’eau, le sol, l’air, la lumière, la température) sont précieux et que sans eux, les Hommes ne sont rien ?! Un texte philosophique destiné aux jeunes lecteurs, non ?

Colette.- La focalisation intensive sur le personnage de Samaa donne un rythme très particulier à ce roman. Le rythme du récit m’a longtemps semblé s’étirer dans des longueurs incroyables, le fait que le texte ne soit pas chapitré a beaucoup joué sur cette impression de longueur, de lenteur. Mais en fait ce rythme là au final n’est-il pas un personnage à part entière du roman ?

Pépita.- Non, ce rythme de récit ne m’a pas perturbée, je pense que l’autrice a très vite pris le cap de la découverte de Samaa. Elles sont approfondies ces pages sur ces découvertes au fond de son trou comme un ré-apprentissage émouvant pour nous qui lisons ces lignes. Du coup, comme je disais plus haut, cela pour moi a occulté le reste. Je me suis focalisée là-dessus avec délice et appréhension mêlés.

#Céline.-Pour ma part, le rythme, sans chapitre, dans un souffle, m’a portée de bout en bout. J’ai trouvé que c’était très agréable. C’est assez rare cette façon de procéder. Et néanmoins, il y a quand même quelques pauses, qui permettent de reprendre notre souffle, à certains moments importants. Le rythme avec cette narration continue, c’est pour moi un point fort de ce livre !

Colette.-Revenons-donc à la dimension philosophique : je dirai en effet comme Claudia que l’on peut comparer ce roman à un conte philosophique, un conte philosophique sur le pouvoir des histoires. Samaa va changer radicalement le point de vue de son peuple sur les arbres grâce au récit de son expérience. Qu’en pensez-vous ? Cela me fait penser au texte de Nancy Huston sur ce qu’elle nomme “l’espèce fabulatrice”. Cette espèce, c’est nous, l’espèce humaine qui ne s’est construite en tant que société que depuis qu’elle sait raconter des histoires, ces histoires qui font que nous accordons de l’importance, de la valeur à ce qui n’en a pas intrinsèquement (par exemple : l’argent, simple bout de papier ou de métal). Ou inversement ce sont ces mêmes histoires qui peuvent nous ramener à l’essentiel, comme ici. Est-ce à cette portée là que vous pensiez ? A quoi vous a fait réfléchir ce livre ?

Claudia.-Je pense que la portée d’un texte comme celui-ci, est de nous ramener à l’essentiel. C’est une réflexion sur le monde mais aussi une manière de sensibiliser les plus jeunes. L’histoire vécue par Samaa me fait penser à un “livre sacré” que les futures générations pourraient lire et sur lequel elle s’appuierait pour comprendre les conséquences de la destruction de la nature et de l’environnement.

Pépita.-J’ai beaucoup aimé l’idée de commencer ce roman avec le LIVRE et de le terminer avec. Avec des rappels de sa présence par moments entre Samaa et son père. Au début très énigmatique, il prend tout son sens à la fin. Une belle mise en abyme car n’étions-nous pas dans la même situation nous lecteurs en ouvrant ce roman et en le terminant ? ll y a aussi dans cette histoire une dimension sur la transmission très forte, et le livre et son histoire en font partie comme effectivement quelque chose de l’ordre du sacré.

#Céline.- Je rejoins Pépita et Claudia sur la notion de transmission et de sensibilisation. Ici, ce texte nous renvoie à des problématiques actuelles, à notre manque de discernement dans les choix que l’on fait aujourd’hui sans tirer leçon des erreurs du passé. Ce roman nous invite à réfléchir sur nos actes, les conséquences pour demain. Il a une sorte de portée universelle transposable à bien des domaines et des sujets

Colette.-Chères Arbronautes, avez-vous des choses à rajouter ? Sur la personnification de la végétation ? Des petites bêtes ? Sur l’auteure ?

Pépita.-Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est quand Samaa découvre la beauté et l’ingéniosité de la nature. C’est très beau et cela nous oblige nous aussi à regarder la nature avec plus d’attention. Y compris la plus petite des araignées ! Et combien j’ai suffoqué d’indignation quand sa tribu, qui la retrouve, détruit tout sans daigner l’écouter une seule seconde ! J’ai eu peur pour elle, j’ai été heureuse qu’on la retrouve mais le répit n’est que de courte durée. Cependant, la lecture du LIVRE à la fin donne une note d’espoir : tout ceci n’était pas vain. C’est vraiment un très beau livre.

Claudia.-Lorsque Samaa découvre et regarde minutieusement les petites bêtes, les pousses de l’arbre, l’eau qui coule… C’est pour moi, la représentation de l’innocence, de l’authenticité, de la beauté du monde à l’état pur.

#Céline.-Je dirais juste que quoi qu’elle écrive, Marie Pavlenko sait me toucher et bien souvent me faire pleurer… Honnêtement, ici aussi, elle a réussi à me faire verser quelques larmes…

Colette.-C’est un texte très particulier finalement, entre philosophie et poésie, à la croisée des chemins, comme nous le sommes peut-être aujourd’hui, à l’heure où le rapport entre l’humain et la nature (qui ne devraient pourtant pas être opposés) est tragiquement problématique. À l’heure où il nous faudrait collectivement changer radicalement de mode de vie. Guidé.e.s par la jeunesse qui ne cesse de nous montrer la voix, tous les vendredis, en faisant la grève pour le climat…

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Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’avis de Pépita au cœur de son Méli-mélo de livres, celui de Céline sur HashtagCéline et celui de notre invitée parmi Les Lectures de Claudia.

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Et si vous aviez manqué notre sélection autour des problématiques écologiques ou que vous souhaitez poursuivre la transmission de ce questionnement aux jeunes lectrices et jeunes lecteurs autour de vous, n’hésitez pas à faire un tour par là : Et si on leur parlait écologie :