C’est quoi l’âme sœur ?

Et si on commençait cette sélection thématique par un poème de Paul Eluard, un poème à murmurer à l’oreille de votre propre cœur, pour attiser le feu et accélérer le pouls, pour se souvenir ou se projeter :

L’Amoureuse

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Aujourd’hui, voici donc une sélection qui va vous faire croire à l’âme sœur… Ou vous convaincre qu’elle n’existe pas !

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Et pour rester dans la poésie, voici un album doux et tendre que j’aime d’amour : à l’image de ce baiser du bout des moustaches de la couverture, sur chaque double-page : une paire d’animaux, parfois improbables, dans une très belle illustration page de droite, qui traduit dans un bel élan le sentiment amoureux dans ce qu’il a de fragile et de profond, et page de gauche, une poésie au titre évocateur et qui dit ce qui se joue dans l’illustration. Un petit livre grand comme l’amour !

Deux qui s’aiment de Jürg Shubiger et Wolf Erlbuch, La Joie de lire

L’avis de Pépita

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La question de l’âme sœur est une question si ancienne qu’elle imprègne les plus antiques récits, les mythes et les légendes qui ont bercé et bercent encore l’entrée en littérature d’un grand nombre de jeunes lecteurs et de jeunes lectrices. Frédéric Clément et Ghislaine Roman se sont lancé.e.s le défi de partager avec nous quelques unes des ces histoires d’amour fou, ces amours qui mènent à la folie et le plus souvent la mort. Dans le magnifique album L’Amour fou, nous retrouvons en Grèce Ulysse et Pénélope, en Arabie Qays Ibn al-Mulawwah et Laylâ, à Vérone Roméo et Juliette, en plein cœur de l’océan indien Paul et Virginie, en France Cyrano et Roxane, et en Asie Orihimé et Kengyû. Et au fil des pages et des magnifiques illustrations de Frédéric Clément, nous ne pouvons qu’admirer ce qui fait la puissance de ce sentiment qui unit les êtres humains, au delà du temps qui passe et des continents.

L’Amour fou, Ghislaine Roman et Frédéric Clément, Saltimbanques éditions, 2020.

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Cet amour fou qui peut unir deux êtres, il peut surgir dès le plus jeune âge. C’est ce que raconte avec beaucoup de poésie et de délicatesse le très bel album au doux format à l’italienne intitulé Tandem publié en 2016 par les éditions La Joie de lire. Séverine Vidal et Irène Bonacina y racontent à travers un dessin au trait délicat et une bichromie bien choisie le lien qui se tisse entre une petite chouette et un long oiseau à casquette. Les mots de Séverine Vidal, avec une simplicité lumineuse, dévoilent toute la complexité de ce que l’on peut ressentir quand on découvre l’âme soeur, qu’on apprend à la comprendre, qu’on l’attend, qu’on l’espère et que l’on craint qu’elle nous oublie alors que pourtant on l’aime en toute confiance.

Tandem, Séverine Vidal et Irène Bonacina, Editions La Joie de lire, 2016.

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S’il y a un roman que j’aime un peu, beaucoup, passionnément pour parler d’amour avec les grands ados que j’ai la chance de côtoyer, c’est l’intense Le Fair ou mourir de Claire-Lise Margier publié aux éditions du Rouergue en 2011. On y suit les premiers pas au lycée de Damien, un jeune homme qui se cherche, et qui se trouve en Samy. C’est une histoire d’amour qui me bouleverse à chaque lecture. On y retrouve tous les ingrédients de l’amour tragique : les familles qui s’opposent, la figure paternelle autoritaire qui s’immisce dans les choix amoureux de son enfant, un amour que le héros n’assume d’abord pas, un amour qui nous change et nous fait devenir autre. C’est grâce à Pépita, que je l’avais découvert (et j’ai relu avec émotion le commentaire laissé sur son blog, il y a déjà… 8 ans !). Pour lire son avis, c’est ici.

Le Faire ou mourir, Claire-Lise Marguier, Editions du Rouergue, 2011.

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En contre-pied de l’âme-soeur, voici MON AME FRERE : un roman de Gaël Aymon qui pose le choix : avenir contre amour. Camille va devoir choisir. A quoi renoncer ? Un très beau roman sur l’amour conjugué à deux mais pour plus tard.

Mon âme frère de Gaël Atmon,
Actes sud junior

L’avis de Pépita

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Est-il encore besoin de présenter Nos étoiles contraires de John Green ?
Ce qui est sûr, c’est que selon nous cette histoire d’amour, contrariée par le cancer, avait toute sa place dans cette sélection. Parce que les sentiments d’Hazel et Augustus sont tellement sincères et émouvants qu’ils nous donnent envie de croire à l’âme sœur même dans les situations dramatiques.

Nos étoiles contraires de John Green, Pocket Jeunesse

Les avis de Bouma et Pépita.

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Quand nous avons préparé cette sélection, Isabelle faisait partie de celles qui restaient sceptiques face à l’idée d’âme-soeur, surtout déclinée au singulier. Elle a donc choisi d’illustrer des expériences que cette idée ne saurait synthétiser, avec trois romans coup de cœur !

Les âmes-sœur peuvent être celles qui se trouvent et s’entraident dans la difficile quête de soi, face aux normes sociales, aux écueils de la déviance et aux poids des attentes parentales… Ari et Dante, 15 ans, sont différents – l’un ordonné, tourmenté et introverti, l’autre plus sûr de lui et optimiste, maniant aussi bien le verbe que l’ironie. Mais ne dit-on pas que les contraires s’attirent ?

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers, de Benjamin Alire Saenz, Pocket Jeunesse, 2015.

Les avis de Linda, Pépita et Isabelle

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L’âme-sœur pourrait aussi être celle qu’on ne parvient pas à oublier des années après que les circonstances nous l’ont ravie. Celle que dont on chérit les souvenirs en forme de bouts de papiers amoureusement rassemblés dans une vieille théière, en dépit du temps écoulé, des kilomètres et des frontières… Un roman captivant et bouleversant !

L’arrêt du coeur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine, d’Agnès Debacker, illustrations d’Anaïs Brunet. Éditions MeMo, 2019.

Les avis de Bouma, Isabelle, de Pépita et notre LC

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L’âme-sœur pourrait, enfin, être tout simplement celle que l’on choisit – et celle qui nous choisit tel.le que nous sommes, sans chercher à nous faire rentrer dans un moule, même quand on est aussi originale et décalée que Miss Charity !

Miss Charity, de Marie-Aude Murail, L’école des loisirs, 2008.

Les avis d’Isabelle et de Linda

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L’âme sœur se décline à l’infini pour Anne Shirley, cette jeune fille à l’esprit rêveur. Que ce soit par le lien filial qu’elle tisse avec Matthew ou par ses quelques amies de cœur, Anne trouve l’âme sœur dans chaque esprit qui communie avec le sien. C’est la résonance de deux cœurs qui donne vie à ce lien si particulier!

Anne de Green Gables, de Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture, 2020

Nos coups de cœur de Janvier.

Janvier : un mois que nous avons voulu chaleureux grâce à notre Swap de début d’année, engagé aux côtés de l’édition indépendante, joyeux en compagnie de Monsieur Tullet. Janvier, un mois pour s’élancer. Malgré les masques qui entravent les ailes de nos sourires. Malgré les couvre-feux qui nous empêchent d’attiser les incendies des joies du spectacle vivant, des amitiés frivoles et des amours brûlantes. Janvier donc. Un mois pour écouter plus que jamais nos coups de cœur tambouriner.

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Pour Colette, l’année a commencé en compagnie de Marie et Bronia, deux sœurs incroyables, vibrantes, persévérantes et tellement intelligentes ! Des filles reconnaissantes, des amoureuses passionnées, des mères bienveillantes et surtout des femmes engagées de tout leur être à mieux comprendre le monde pour pouvoir le transformer. Deux femmes infiniment puissantes.

Marie et Bronia, le pacte des soeurs, Natacha Henry, Albin Michel, Litt’.

En Mars, mois que nous consacrerons aux femmes inspirantes, on vous en livrera une lecture commune en tête à tête avec Frédérique.

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Ce mois de janvier a été l’occasion pour Lucie de découvrir quelques livres de la sélection pour le prix UNICEF 2021, dont le thème est “Au fil des émotions”. De ces ouvrages d’une grande qualité s’est détaché Le train fantôme.
Dans cet album, Didier Lévy nous entraine aux côtés de Lina, partie à la recherche de son grand frère qui a quitté le domicile familial suite à une dispute avec leurs parents. Les illustrations “à la manière noire” de Pierre Vaquez fourmillent de détails et évoquent irrésistiblement l’univers du réalisateur Tom Burton.
Un album sombre mais d’une grande délicatesse sur les difficultés de communication et la perte d’un être cher.

Le Train Fantôme de Didier Lévy, Sarbacane

Son avis et celui de Ladythat avec un aperçu des magnifiques illustrations.

Plus de renseignements sur le prix UNICEF ici.

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Pépita et son MéLi-MéLo de livres ont vibré à la lecture de ce roman solaire et lumineux : une infusion d’humanité sur ces liens qui nous échappent, qu’on se créé, qu’on défait sans savoir que nous sommes nous aussi unis par des constellations. A lire absolument !

A quoi rêvent les étoiles de Manon Fargetton, Gallimard jeunesse

Mon p’tit avis, c’est par ici

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Ce mois-ci, Isabelle n’a pas pu se décider et elle partage donc son coup de cœur entre un roman et un album ! Le roman du mois est donc L’Ickabog, une histoire aux allures de conte sur laquelle plane une créature de légende : conte pour enfants ou menace réelle ? À lire pour l’univers décalé, l’aventure, le mystère et une réflexion fort pertinente sur l’irrationalité de certaines peurs et de leur instrumentalisation à des fins de pouvoir. Ça commence avec les Père Fouettard et autres mythes inventés pour impressionner les enfants, et ça finit avec les marchands de peur qui font leur commerce politique en pointant des menaces largement déconnectées de la réalité – quand il ne s’agit pas purement et simplement de fake news. Les dangers les plus grands ne sont pas toujours là on les attend !

L’Ickabog, de J.K. Rowling, Gallimard Jeunesse, 2020

Son avis et celui de Théodore !

Et en album, la lecture du mois fait écho à nos meilleurs chimères : n’avez-vous jamais rêvé de concocter un gâteau incroyabilicieux, avec ce qu’il faut de crèmes parfumées, de chocolat, de meringues et de sucre glace ? Une création suffisamment colossale pour que vous puissiez y organiser une grande FÊTE avec TOUS vos copains (célébrités et amis imaginaires compris) ? Le projet serait d’autant plus savoureux qu’il serait exécuté collectivement, avec la multitude de vos camarades poussins ! Cette fête inoubliable qui prend une dimension particulière dans la période actuelle, Claude Ponti l’a créée pour vous avec ce classique gourmand et réjouissant, à découvrir absolument dans la nouvelle édition géante parue récemment chez L’école des loisirs !

Blaise et le Château d’Anne Hiversère, de Claude Ponti. L’École des loisirs, édition géante de 2020.

Les avis d’Isabelle et des Lectures Lutines

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Liraloin se prend pour une guerrière (ce qui lui arrive souvent) et vous parle de la série Bergères Guerrières de Jonathan Garnier & Amélie Fléchais.

Molly vit seule avec sa maman dans un petit village qui n’a rien à envier à Astérix. Elle fait partie des Bergères Guerrières, un groupe de petite fille en apprentissage : « Nouvelles recrues ! vous avez maintenant l’âge d’intégrer la formation pour devenir un membre de l’ordre. Vous êtes nées il y a dix ans, en cette sombre année, mais vous représentez l’espoir et le renouveau. » Peu d’hommes sont restés au village, les autres ont disparu, jamais revenu d’une guerre aux confins du territoire que l’on appelle « Terres Mortes ». Afin de parfaire leur apprentissage, Molly et son fidèle destrier Barbe Noire ainsi que toutes ses amies partent en mission. C’était sans compter sur Liam, son meilleur ami, venu durcir les rangs car lui aussi veut devenir une Bergère Guerrière…

Les trois premiers volumes de cette série sont très riches en aventures et rebondissements. Si l’action se focalise sur les personnages principaux : Molly et Liam, leur amitié est renforcée par tous les autres personnages qui apportent une belle dynamique à cette BD. Les intrigues s’entremêlent bien et la magie apporte du frisson.

La relève : volume 1, la menace : volume 2 et le périple : volume 3 nous annonce une suite tumultueuse !

Bergères Guerrières de Jonathan Garnier & Amélie Fléchais, Glénat, 2017-2019

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Chez Bouma, c’est un album qui a su séduire petits et grands par le talent indéniable qu’il s’en dégage. On y suit un conducteur de camion s’arrêtant sur le bas côté d’une route de montagne. Il semble à la recherche de quelque chose et ce que l’on va découvrir avec lui au fil des pages est très loin de ce que l’on aurait pu imaginer.

La Montagne de Manuel Marsol et Carmen Chica, Les Fourmis rouges, 2018

Véritable ode à l’imagination, le talent de raconteur des auteurs prend forme au fur et à mesure que l’on découvre les illustrations, magnifiques, pleines de sens et de couleurs. Manuel Marsol a d’ailleurs remporté le 8e Prix International de l’Illustration de la Foire de Bologne pour cet album. On ne saurait donc que vous en recommander la lecture.

Son avis ici.

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Chez Linda, c’est l’histoire de Winnie qui a su séduire Lady et Petite Lady. S’inspirant des histoires de sa famille, Lindsay Mattick écrit à quatre mains, avec Josh Greenhut, un récit touchant, débordant d’amitié et d’humanisme sur fond de Première Guerre Mondiale. Elle revient sur l’histoire de Winnipeg, une ourse noire adoptée au Canada par un jeune soldat qui l’emmena en Europe comme mascotte de son régiment avant de la placer au zoo de Londres où elle devint la mascotte des londoniens et notamment celle d’un jeune garçon prénommé Christopher Robin, fils de l’auteur A.A. Milne.

Winnie et la Grande Guerre de Lindsay Mattick & Josh Greenhut, l’école des loisirs, 2020.

Son avis ici.

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Il ne reste plus désormais qu’à aller fouiller dans nos nouvelles (ou anciennes) Piles à Lire (PAL) pour trouver les coups de cœur du mois prochain.

Nos classiques préféré.e.s : jouer avec Hervé Tullet !

Dans notre panthéon des classiques de la littérature jeunesse, il est un auteur incroyablement inspirant, prolifique, joyeux et innovant, c’est Hervé Tullet. Que d’ingéniosité graphique, que de jeux avec la matière, la couleur, les formes et les mots ! Nous ne pouvions résister à vous présenter son travail en ce début d’année que nous vous souhaitons, à l’image d’une aventure de Turlututu, pleine de surprises !

Pour aller plus loin à la découverte de cet auteur hors du commun, n’hésitez pas à visiter son blog.

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Il est malheureusement épuisé, mais disponible dans de nombreuses bibliothèques : Lucie a choisi dix raisons de vous amuser avec Jeu de lumière.

Jeu de lumière, Panama, 2006

1. Parce que, comme toujours avec Hervé Tullet, la magie surgit de trois fois rien : une page découpée, un calque, une petite lampe… et le livre prend vie.
2. Parce que rien n’est plus simple, ni plus beau, qu’une ombre projetée dans la pénombre d’une chambre d’enfant.
3. Parce qu’en quelques phrases toutes simples et sans rien imposer, Hervé Tullet suggère des situations pleines de poésie. Grâce à lui :
4. Les fleurs poussent au plafond…
5. Et les poissons dansent sur les murs !
6. Mais l’enfant peut aussi décider que ce soit le contraire.
7. Parce que les livres d’Hervé Tullet permettent de développer la créativité des enfants, qui peuvent se les approprier sans peine.
8. Parce que « pour ce jeu de lumière un adulte est nécessaire » et quoi de mieux que ces moments d’histoires partagées ?
9. Parce que c’est un livre qui fait rêver, idéal pour le moment du coucher.
10. Et pour ceux qui ne veulent pas (encore) éteindre la lumière, Hervé Tullet a aussi publié « Jeu d’ombres » et « Jeu dans le noir »

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Un livre est un album phénomène, best-seller plébiscité par les enfants du monde entier – et, dès leurs premiers mois, par les moussaillons d’Isabelle. Voilà pourquoi, en dix points !

Un livre, Bayard Jeunesse, 2010.
  1. Parce que c’est un livre qui vous fera croire que la magie existe – et ça juste avec de petits ronds de couleur !
  2. Parce que le principe est aussi simple que génial : on suit une consigne, on tourne la page et on s’émerveille de voir que la magie a opéré…
  3. Pour la créativité réjouissante avec laquelle Hervé Tullet exploite ce principe simple.
  4. Pour les petites exclamations pleines de bonne humeur qui ponctuent le texte : « Hum joli ! Bravo ! On y va ? »
  5. Pour le plaisir de frotter, pencher, secouer et souffler sur le livre…
  6. … et de le voir obéir au doigt et à l’œil, avec ces petits ronds qui se multiplient en plusieurs couleurs, s’éparpillent, glissent à gauche puis à droite lorsqu’on penche le livre, puis se remettent en ordre…
  7. Pour la curiosité, la surprise, la jubilation procurées par ces expériences qui nous prennent de court de la première à la dernière page.
  8. Pour la malice avec laquelle l’auteur détourne nos usages des nouvelles technologies et montre qu’un livre surpasse encore une tablette en magie !
  9. Pour le final qui ne peut que susciter l’incontournable : « Encore ! »
  10. Pour le succès assuré (deux millions de lecteurs conquis dans le monde tout de même) qui ne se démentit pas quand les enfants grandissent – dix ans plus tard, l’enthousiasme est intact chez moi !

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Moi c’est blop ! est paru en 2005 aux éditions Panama et depuis il a été régulièrement réédité, normal me direz-vous car ce livre est surprenant et inventif ! Liraloin vous en dit plus en 10 raisons.

Moi, c’est blop !, Phaïdon, 2015
  1. Parce que la forme du livre est une invitation au jeu.
  2. Parce que blop est une fleur ou une forme qui ressemble à un trèfle à quatre feuilles. Il paraît que ça porte bonheur.
  3. Parce qu’Hervé Tullet débute cette histoire avec un blop noir et un autre blanc. Ces derniers sont des échos à Noir sur blanc Blanc sur noir de Tana Hoban).
  4. Parce que notre blop va grandir, découvrir et prendre de la couleur.
  5. Parce que ces mélanges de couleur sont accentués par le jeu des pages transparentes. Un régal !
  6. Parce que blop peut mener une vie tout à fait normale : faire la ronde, être en classe et puis être complétement inspiré lors d’une visite au musée ou se fondre dans le décor pour incarner une étoile ou un rocher à la montagne. Et pourquoi pas devenir un animal tant qu’on y est ?
  7. Parce que l’enfant va facilement s’identifier à cette forme.
  8. Parce qu’Hervé Tullet crée du jeu, son terrain favori, en exploitant la petite enfance en passant par l’éveil, la vie en société.
  9. Parce que le jeune lecteur va s’amuser avec les couleurs et les formes dans les situations de la vie quotidienne.
  10. Parce qu’Hervé Tullet est un magicien !

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Oh ! Un livre qui fait des sons : si c’est pas jubilatoire un truc pareil ?

10 raisons de jouer pour Pépita :

  1. Parce que mettre la musique de façon ludique dans un livre, il fallait y penser et il n’y a que Hervé Tullet pour ça !
  2. Parce que ça marche : ce livre fait VRAIMENT des sons ! Sans puce sonore, sans rien d’autre que le livre et le petit lecteur-musicien,
  3. Parce qu’on retrouve ces points colorés : un concept épatant et si facile d’accès,
  4. Parce que qui côtoie de jeunes enfants sait parfaitement qu’ils vont s’en saisir mille fois mieux que nous,
  5. Parce que ce livre a différents niveaux d’appropriation : le son associé à une couleur, et progressivement il introduit des éléments liés à la musique : portée, notes, tonalités, écriture musicale qui investit la page,
  6. Parce que faire de la musique en s’amusant, il n’y a rien de plus amusant même si on y connait rien,
  7. Parce que cette approche permet de jouer, de rire, de se surprendre,
  8. Parce qu’on finit par chanter en modulant sa voix, en s’appliquant, en tentant diverses expériences, ou en faisant les fous,
  9. Parce que les sons sont partout et que là, ils prennent corps,
  10. Parce que c’est beau tout simplement !

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Coucou ! C’est moi Turlututu : en voilà un personnage étrange qui ne manquera pas d’intriguer ses lecteurs et ses lectrices !

10 raisons de s’offrir une lecture partagée selon Colette, la collectionneuse de papillons (et de jolies histoires).

  1. Parce que franchement quel personnage troublant ce Turlututu ! Mi Cyclope mi roi du monde, il est l’œil qui nous fixe de l’autre côté de la page blanche !
  2. Parce que quel plaisir de répéter à chaque page ce nom aux sonorités désopilantes, un tantinet régressives. Turlututu, onomatopée qui mime le son strident de la “flûte, du pipeau, du fifre, du mirliton”. Turlututu, joie de la musicalité de la langue.
  3. Parce que, comme toujours avec les livres de Tullet, vive l’interactivité ! Pas une page sans que nous ne soyons invité.e.s à faire des choix, à dialoguer avec le héros, et même à se faire piéger.
  4. Parce que l’auteur arrive à créer une véritable et précieuse connivence entre la lectrice/le lecteur et son personnage de papier, l’enfant y est notamment invité à se jouer de l’adulte qui lit le livre, le trio enfant-parent-personnage étant ici explicitement mis en scène.
  5. Parce que c’est une explosion de couleurs à chaque page !
  6. Parce que c’est aussi une explosion de mots dans des typographies qui font du texte une illustration supplémentaire !
  7. Parce que le héros ne cesse d’encourager la lectrice, le lecteur à poursuivre ses explorations, ses investigations, ses découvertes, délivrant au passage un message très positif de curiosité permanente.
  8. Parce que dans l’épisode “Turlutu s’amuse”, mon préféré, c’est notre rapport au langage que l’auteur interroge. Que signifient vraiment les mots ? A quoi servent-ils ? N’ont-t-ils d’autre fonction que de désigner, de décrire le monde ? Et si on mettait le bazar dans ce code établi que se passerait-il ?
  9. Parce que ce livre permet la construction de l’humour, compétence primordiale pour survivre en ce monde !
  10. Parce que ce livre est joyeux ! Et que la joie est vraiment un objectif à garder en ligne de mire !

ALODGA s’engage – aux côtés des éditions Rue du monde.

L’année 2020 a été particulièrement difficile pour les petites maisons d’édition indépendantes. Et pourtant leur travail, leurs choix, leurs savoir faire sont essentiels pour ouvrir à l’art, à la littérature et à la beauté du monde, les enfants, petits ou grands. Afin de montrer notre soutien au travail précieux de ces joailliers du livre jeunesse, nous avons décidé aujourd’hui de mettre en avant une maison chère à notre cœur : les éditions Rue du monde. Chacune de nous va donc présenter ici un des livres de cette maison d’édition dont la richesse, depuis 25 ans, ne cesse de nous étonner, de nous interroger, de nous enchanter.

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Pour Liraloin, le choix d’un titre s’est porté sur Je vous aime tant d’Alain Serres & Olivier Tallec

« Si la fille est à sa fenêtre bleue, il détourne aussitôt les yeux vers le ciel, comme s’il cherchait là-haut sa petite cuillère pour dissiper un nuage de lait dans son thé. » Gaëtan est timide et cherche des yeux la belle demoiselle qui habite dans l’immeuble en face. Il n’est certain que d’une chose : c’est que Laura fait battre son cœur. Un samedi où il n’y a pas école, il décide de lui écrire un message universel en langage amoureux. Au lieu de déposer la missive directement dans la boîte aux lettres de la jeune fille, il préfère expédier sa flamme par la poste. Et si cette toute petite lettre remplie de gigantesques mots d’amour n’arrivait jamais à destination ?

J’ai aimé cet amour si grand qu’il devra braver bien des étapes parfois terribles.

Des aventures rocambolesques vous attendent et il faut avoir le cœur bien accroché (comme en amour) pour enfin connaître l’heureuse ou triste fin de cette lettre amoureuse.

Je vous aime tant d’Alain Serres et Olivier Tallec, Rue du Monde, 2006

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Virus, bactéries, infection, anticorps, pandémie, vaccin… En ce début d’année 2021, on se dit qu’on n’a que trop entendu ces mots, mais ils demandent plus que jamais d’être décryptés à hauteur d’enfant. Rédigé à plusieurs mains par un collectif de chercheuses, La vie secrète des virus parvient à faire le tour du sujet de façon à la fois complète, très didactique et même drôle – on vous assure ! Les enfants d’Isabelle ont apprécié les données chiffrées (vous serez probablement aussi ravis qu’eux d’apprendre qu’un seul gramme de crotte contient près d’un milliard de virus), le quizz final qui permet de tester ses connaissances (9/10 pour eux, ferez-vous mieux ?) et les illustrations pleines d’humour – avec par exemple cette cellule infectée qui prend des airs de zombie ; ou ces virus colorés et dissipés un peu partout qui contribuent finalement plutôt à égayer cette lecture. Passionnant et attrayant !

La vie secrète des virus, Rue du Monde, 2020.

L’avis d’Isabelle

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Dans la bibliothèque de classe de La collectionneuse de papillons, il y a des incontournables : les albums au magnifique grand format carré de la collection “Grands portraits”. Que ce soit pour parler de l’éducation des filles avec Malala, que ce soit pour évoquer la résistance à l’oppression avec Missak Manouchian, que ce soit pour évoquer l’importance de vivre en adéquation avec la nature avec Wangari Maathai ou encore pour évoquer les droits de l’enfant avec Janusz Korczack, ces livres de Rue du monde livrent une parole essentielle : celle de l’engagement citoyen.

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Pour MéLi-MéLo de livres, c’est un album de Daniel Picouly et illustré par Nathalie Novi (qui vient d’être réédité : enrichi et augmenté) qui me vient à l’esprit tant il est d’actualité : Et si on redessinait le monde ? Mêlant cartes anciennes, texte et illustrations, il invite à un véritable voyage dans lequel l’enfant est acteur de sa vision du monde. Un grand format lui donne toute latitude pour exprimer ce si beau message.

L’avis de Pépita et celui de Linda.

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Pour Linda, c’est le magnifique atlas de Aleksandra Mizielinska et Daneil Mizielinski, sobrement intitulé Cartes qui a retenu son attention. Véritable invitation au voyage, cet album très grand format propose des cartes du monde entier; des cartes géographique richement illustrées qui mettent en avant les richesses de chaque pays: des symboles culturels et historiques, des spécialités culinaires, des personnages célèbres, des animaux… Il a été réédité en 2018 dans une version revue et augmentée.

L’avis de Linda.

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Et si vous voulez en savoir plus sur l’urgence d’aider l’édition jeunesse indépendante, n’hésitez pas à aller lire ici le texte écrit par Alain Serres, éditeur de Rue du monde.

Les livres-de-toute-une-vie, quintessence de papier.

Après les instants fugaces, les plaisirs minuscules, si on évoquait ces livres qui nous plongent dans l’épaisseur de toute une vie ? Ces livres si particuliers qui nous invitent tout en douceur à réfléchir sur ce qui donne du sens à une existence.

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Toute une vie de végétal.

Dans la collection de papillons de Colette, vous pourrez vous allonger à l’ombre d’un grand arbre généreux. Cet album de Shel Silverstein, devenu un classique de la littérature jeunesse, nous invite à questionner la vie, la mort, les liens qui nous tissent avec beaucoup de poésie et de simplicité.

L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1982.

Le petit avis de Colette, c’est par !

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C’est un autre album plein de poésie sur la vie d’un arbre que vous propose Lucie. Dans Je suis l’arbre, Eric Singelin utilise des aplats de couleurs vives et le pop-up pour donner vie à l’arbre, image parfaite de la nature attaquée, transformée par l’homme, mais finalement indomptable.

Je suis l’arbre, Eric Singelin, Gallimard Jeunesse, 2017

Son avis ici.

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Toute une vie d’animal.

Un petit ours s’invente un jardin comme un refuge, comme un sanctuaire de ses souvenirs.  Pour conserver la mémoire de ces instants de vie, faits de joies simples mais néanmoins essentielles de partage avec chacun de ses grands-pères. Ils reprennent vie aux yeux du lecteur, papi et pépé, chacun dans leurs habitudes, leurs passions, dans leur maison, leur jardin, leur cuisine. Il se dégage de cet album un sentiment de plénitude délicieux malgré l’absence et quelle ode à la vie !

Le jardin des ours, Fanny Ducassé, Thierry Magnier

L’avis de Pépita

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Certaines vies sont miraculeuses ! Comment ne pas s’émerveiller des métamorphoses parfois prodigieuses que connaissent certains êtres vivants : moustique, grenouille, champignon, papillon, etc. Des transformations pleines de suspense, merveilleusement illustrées et racontées, en faisant claquer les mots qu’on aime répéter rien que pour leur sonorité et leur mystère : nymphe, sporophore, mycélium, chrysalide, monocotylédone… Un hommage émouvant à une nature fascinante, frémissante de vie, mais fragile et éphémère.

Métamorphoses, de Frédéric Clément. Seuil Jeunesse, 2015.

L’avis d’Isabelle

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Toute une vie de créature.

S’il y a bien une créature que j’adore, c’est Piouh petit habitant du grand bois. Toute sa vie tient dans sa champimaison et une existence faite de petits riens de tous les jours : une vie magique ! Mon petit doigt de bibliothécaire me dit qu’un nouvel album vient de sortir….

Piouh, petit habitant du grand bois, Estelle Billon-Spagnol, Grasset jeunesse

L’avis de Pépita

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Une balade qui peut sembler interminable, mais qui est finalement vite parcourue, ça vous rappelle quelque chose ? C’est bien de la vie que nous parle La balade de Koïshi. Ce leporello nous entraîne à la suite d’une drôle de petite créature qui fait ses premiers pas, hésite, s’émerveille, va de l’avant, surmonte des obstacles, savoure des rencontres, prend des pauses pour mieux repartir, avant de s’étioler… Quel amusement de constater que cette balade ne suit pas nécessairement un trajet linéaire, mais que les extrémités du livre se rejoignent, permettant un éternel recommencement de l’histoire !

La balade de Koïshi, d’Agnès Domergue et de Cécile Hudrisier. Grasset Jeunesse, 2019.

Les avis d’Isabelle et de Pépita

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Toute une vie d’humain.e.

Un album incontournable pour évoquer ce qui se tisse au fil d’une vie, c’est le très beau livre de Serge Bloch et Davide Cali intitulé Moi, j’attends. On y découvre à travers l’histoire du narrateur les évènements qui font les vies les plus ordinaires. Et ce qui les rend si extraordinaires.

Moi, j’attends, Davide Cali, Serge Bloch, Sarbacane, 2005.

Un album à emprunter d’urgence dans votre médiathèque, selon Colette.

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Serge Bloch est d’ailleurs particulièrement doué pour embrasser toute une vie en quelques dessins. C’est aussi ce défi qu’il relève dans La Grande histoire d’un petit trait, saisissant au fil des pages ce qui fait la naissance puis l’épanouissement de la passion artistique.

La Grande histoire d’un petit trait, Serge Bloch, Sarbacane, 2014.

Pour découvrir sa place dans la collection de Colette, c’est par et Pépita vous dit quelques mots de l’application en lien avec l’album par ici.

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Oliver Jeffers nous offre à nouveau un album magique sur ce lien d’amour entre un père et sa fille : Toi et moi ce que nous construirons ensemble se projette dans la vie avec ses promesses d’avenir radieux au milieu du monde pour trouver sa place.

Toi et moi, ce que nous construirons ensemble, Oliver Jeffers, Kaléidscope, 2020

L’avis de Pépita

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Parfois, la vie est une énigme, du moins on n’arrive pas à se l’imaginer et à trouver du sens. Jo Witek sublime ses personnages dans ce roman en leur permettant de bâtir leur chemin de vie en faisant leurs propres choix.

Premier arrêt avant l’avenir, Jo Witek, Actes sud junior

L’avis de Pépita