Billet d’été : On the road

Cet été, vous avez envie de voyager, mais dans le contexte particulier que nous vivons, vous hésitez ? À l’ombre du grand arbre, nous avons la solution : voyager par les livres ! La preuve : cette semaine, inspirée par l’adorable Swap envoyé par Sophie, je vous fais traverser l’océan Atlantique et je vous emmène visiter les États-Unis – voyage garanti sans CO2, fouilles à l’aéroport ni besoin de porter un masque. Vous n’avez même pas besoin de quitter votre fauteuil préféré ! Quelques pages et la magie des mots déploie l’immensité sauvage des paysages nord-américains, les possibles des routes interminables, les villes imposantes, mais aussi et surtout la diversité de cette société qui promet de belles rencontres… Et pour le même prix, je vous offre même un voyage dans le temps ! Vous êtes prêts ? On y va !

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1860 : Missouri-Denver : 1000 kilomètres avec 1000 dindes

Difficile d’imaginer que dans un passé pas si lointain, le transport des marchandises ne pouvait se faire ni par des camions, ni par des trains. Prenez par exemple les grandes plaines américaines vers 1860. Si vous vouliez livrer votre bétail sur pied à l’autre bout du pays, il n’y avait pas trente-six solutions : il fallait l’y emmener à pied, quitte à braver les périls du Far West ! Tel est le génial sujet de ce roman, qui nous fait découvrir l’Amérique de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn : celle des chercheurs d’or et des Indiens, mais aussi celle de l’esclavagisme, de la famine et des chasseurs de bisons. Pour en savoir plus

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… 1904 : Du Sud au Nord, avec une bande d’irrésistibles aventuriers

Nous voici à l’aube de la révolution industrielle. À la place du révolver commandé par correspondance (!), P’tit Trois, Eddy, Joju et Min ont reçu une montre détraquée. Qu’à cela ne tienne, ils iront réclamer leur dû, quitte à traverser les Etats-Unis pour cela ! Leurs aventures palpitantes nous entraînent du bayou natal aux abattoirs de Chicago, en passant par la Nouvelle Orléans et les rives du Mississippi.

Un voyage qui montre une société en mutation rapide, mais qui reste minée par la ségrégation raciale. Pour en savoir plus

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… 1957 : Lutte pour l’égalité à Little Rock

Plus de 50 ans plus tard, cette page ségrégationniste n’est toujours pas tournée. Ce roman inspiré de faits réels raconte une page importante du mouvement des droits civiques : les violences racistes et la timide évolution des esprits déclenchées par l’inscription de neuf élèves noirs dans un lycée jusque-là réservé aux Blancs.

Un livre qui entretient une mémoire essentielle et évoque le courage immense de celles et ceux qui agissent en pionniers de la conquête de nouveaux droits, qui s’exposent en première ligne pour permettre à d’autres d’être acceptés, respectés et éduqués. Pour en savoir plus

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… Aujourd’hui : de la Floride à Seattle dans un ancien bus scolaire

De l’eau a coulé sous les ponts, retour à la période actuelle pour un road-trip décoiffant qui nous fait traverser le pays de bout en bout. Un voyage intense et urgent, guidé par la quête de Coyote, inoubliable fille de douze ans assortie de son hippie de père. On brûle de savoir s’ils arriveront à temps, mais se rend vite compte que cet immense chemin parcouru, ponctué de magnifiques rencontres, compte en lui-même. Pour en savoir plus

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Autant de fenêtres sur le lointain et l’Histoire que ces quatre romans. Mais aussi des textes qui invitent à rêver et à construire un monde de partage, de tolérance et de générosité. Et, particulièrement cette année, cela fait un bien fou.

Lecture commune : Akita et les grizzlys

Lorsque les mots de Caroline Solé rencontrent le pinceau de Gaya Wisniewski, cela donne un très joli roman initiatique. Et un palmarès impressionnant, avec notamment une pépite à Montreuil et une nomination pour le prix Sorcières. Akita nous entraîne dans un univers polaire à couper le souffle où il s’agit d’affronter les éléments, mais surtout de mystérieux grizzlys. Ce roman nous a enchantées au point d’avoir envie de prolonger cette lecture en revenant sur plusieurs points marquants…

Akita et les grizzlys, de Caroline Solé et Gaya Wisniewski. L’école des loisirs, 2019.

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Isabelle: Qu’est-ce qui vous a donné envie de braver le froid pour faire la connaissance d’Akita ?

Pépita : Je ne serais pas allée le lire s’il n’avait pas été pépite à Montreuil et nommé aux Sorcières, c’est clair ! Le froid, la banquise, c’est pas mon truc. Et puis il y a aussi l’illustratrice dont j’aime le travail. Alors, cela a suffi ! Et franchement, je ne regrette pas.

Isabelle : C’est drôle que dises ça, Pépita, nous on a immédiatement été attirés par ce livre parce qu’on ADORE les livres qui nous entraînent en région polaire. Et donc les illustrations de Gaya Wisniewski qui sait si bien sublimer l’hiver !

Bouma : Pour moi, la Pépite a joué, bien sûr. Et aussi le nom de Caroline Solé dont j’avais adoré le premier roman La Pyramide des besoins humains.

Isabelle : Le titre annonce des grizzlys, des animaux un peu effrayants, non ?

Pépita : Oui ! je me suis dit : voyons voir, ça ressemble à quoi cette bête-là ? À de gros ours !!! Et mon imagination a galopé…

Isabelle : Comme toi, j’ai imaginé d’énormes animaux pas très rassurants pour cette toute petite fille sur la couverture. Nous avons donc, d’un côté, Akita, et de l’autre, ces inquiétants grizzlys qui ne sont pas forcément ceux qu’on attendait.

Bouma : Grizzlys n’est pas forcément synonyme d’effrayant dans mon imaginaire, en tant que cousins des ours. Je me suis juste dit qu’il s’agissait de gros animaux de cette région froide du monde où sembler habiter Akita.

Isabelle : Justement, parlons un peu d’elle. Comment décririez-vous Akita ?

Pépita : Quelle petit bout de femme ! Elle sait ce qu’elle veut ! On ne dirait pas qu’elle va avoir 7 ans, on dirait déjà une ado en puissance ! Mais en même temps, elle aime profondément sa famille et elle est respectueuse des coutumes.

Bouma : Je rejoins l’avis de Pépita. Akita est une petite fille pleine de vie et de détermination. Mais derrière cette carapace, on sent aussi une certaine fragilité, une envie de se faire accepter malgré les différences profondes qu’elle semble manifester.

Isabelle : Oui, Akita est un tourbillon d’énergie et d’émotions et, en même temps, elle a quelque chose de fragile qui m’a touchée. À la fois dans sa solitude, liée à sa différence, qu’elle voudrait bien pouvoir surmonter. Elle a aussi la fragilité de ceux qui grandissent : cela demande une bonne dose de courage d’aller de l’avant quand on est à la charnière entre deux âges.

Isabelle : Pour dompter les fameux grizzlys qui se déchaînent parfois en Akita, ses parents l’emmènent voir une glooglooka – encore une dénomination intrigante, voire un peu inquiétante ! Comment avez-vous lu cette expérience initiatique ?

Pépita : J’ai été très intriguée mais rapidement, j’ai fait l’association avec une psychologue. C’est une bien jolie manière dans ce roman pour un jeune public d’apporter du merveilleux, j’ai trouvé. Et dire ce mot à haute voix, c’est jubilatoire. Mais comme Akita se prête assez de bonne grâce à cette visite, même si elle ronchonne un peu, on se dit qu’il ne peut pas en sortir du mauvais. Elle va avoir 7 ans aussi, Akita, elle attend avec impatience. C’est comme un rite, oui, un passage. Bien symbolisé par la grotte dans laquelle elle pénètre…

Bouma : Moi aussi j’y ai tout de suite vue la figure d’une psychologue, allant de soi avec la métaphore des grizzlys pour symboliser des colères incontrôlables. Mais l’écriture de Caroline Solé dessine un aspect magique à l’ensemble et en donne donc une toute autre vision à l’enfant lecteur. C’est une rencontre importante pour la jeune Akita que de se retrouver face à cette figure imposante. Pourtant, on sent tout de suite de la bienveillance et de l’écoute chez cette figure…

Isabelle : Je vous rejoins tout à fait. La visite chez la googlooka, c’est quelque chose qui semble impressionnant, voire inquiétant, a priori. Et finalement j’y ai vu comme vous une très jolie façon de parler de l’aide que peut apporter une personne extérieure dans les moments difficiles. J’ai été épatée par la densité métaphorique de ce petit roman qui parle de beaucoup de sujets importants, qu’il s’agisse de l’épreuve de grandir, de la souffrance de se sentir différent, du rôle des expériences initiatiques et du bien que cela peut faire d’accepter l’aide d’autrui… Des thèmes qui parleront sans doute à toutes et tous.

Proposer quelque chose d’aussi universel à partir d’un univers aussi lointain que celui d’Akita, c’est fort, non ?

Pépita : J’ai trouvé que les métaphores étaient remarquables ! Personnellement, je n’ai jamais rien lu d’aussi abouti sur les émotions. Et je me dis que cette façon d’aborder les colères parlera bien à l’imaginaire des enfants. La distance permet l’appropriation pour moi. J’ai été bluffée par la richesse de ce petit roman.

Bouma : Exactement. Et ce que j’apprécie également beaucoup, c’est qu’un lecteur qui n’aurait pas envie d’y lire ces métaphores peut aussi rester sur l’histoire au premier degré et l’apprécier tout autant. Il y a plusieurs niveaux de lecture, chacun y trouvera ce qui lui parle.

Isabelle : Ce roman est illustré de bout en bout par Gaya Wisniewski : qu’avez-vous pensé de sa proposition et quel impact a-t-elle eu sur votre lecture ?

Bouma : J’avoue que ce n’est pas le style d’illustration que je préfère. Mais le trait léger du pinceau de cette illustratrice apporte une belle complémentarité à l’histoire.

Pépita : Je trouve les illustrations superbes ! Les contours flous, les coloris lumineux, tout concourt à rendre l’atmosphère du grand Froid (on sentirait presque sa morsure) et le côté mystérieux et irréel de cette histoire.

Isabelle : J’ai trouvé que le texte et les illustrations se faisaient parfaitement écho pour composer un univers très incarné, fait de grandes immensités neigeuses, de chiens de traineau, d’aurores boréales et de cristaux scintillants… Gaya Wisniewski, que l’on connaissait déjà grâce à ses albums Mon bison et Chnourka est dans son élément avec cet univers polaire et cette histoire de petite fille et d’animaux. Je rejoins Pépita, elle n’a pas son pareil pour nous transporter dans le grand froid dont elle nous fait presque ressentir le frisson et le silence ! En quelques traits, elle parvient aussi à représenter de façon très expressive le désarroi d’Akita ou l’amusement de la glooglooka. Et la technique de l’aquarelle se prête pour réaliser des fondus qui donnent libre cours à l’imagination. Ce sont ces dessins-là que j’ai le plus aimés.

Qu’avez-vous retenu de cette lecture ?

Pépita : Ce que j’en ai retenu, c’est le parcours initiatique métaphorique. C’est surprenant, doux et beau à la fois.

Isabelle : Pour ma part, je retiens une restitution très juste, par le texte comme par les illustrations, d’émotions qui peuvent être dévorantes. Et un message optimiste sur le réconfort que peut apporter la main tendue, notamment celle du/de la psychologue.

À qui auriez-vous envie de faire découvrir Akita et les grizzlys ?

Bouma : C’est un beau texte que je pourrais conseiller aux parents qui ont des enfants plus âgés que la maternelle sur la gestion des émotions, en conseillant aux parents de le lire aussi !

Pépita : Je le conseillerais aussi aux adultes.

Isabelle : J’ai été ravie de partager cette lecture avec mes enfants et je me suis empressée de la faire découvrir à mes petites nièces. Mais je vous rejoins, c’est un livre qui peut toucher à tout âge !

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les avis de Pépita et Isabelle. N’hésitez pas non plus à nous donner votre ressenti sur ce roman : vous fait-il envie ? Peut-être l’avez-vous déjà lu et qu’en avez-vous pensé ?

Il était une fois… des contes détournés !

Chacun connaît les contes traditionnels, leurs personnages, leur magie et leur densité émotionnelle et philosophique. Ces histoires puisent leurs racines dans les temps anciens où elles se racontaient au coin du feu et se sont transmises jusqu’à aujourd’hui. Elles offrent un réservoir de références quasiment universelles dans lesquels les auteurs contemporains continuent de puiser. Certains n’hésitent pas à les revisiter, voire à les dépoussiérer ou les détourner, faisant voler en éclats certains stéréotypes associés aux figures incontournables des contes ! Nous ne pourrions pas faire ici le tour des innombrables contes détournés qui fleurissent chaque année, nous avons préféré vous trier sur le volet ce que nous adorons le plus !

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Quand Flore Vesco s’empare des contes traditionnels, elle laisse son humour, son imagination et sa plume si malicieuse opérer et la magie est toujours au rendez-vous ! Son dernier roman multiplie les clins d’œil joyeusement décalés aux contes de Grimm. On rit à gorge déployée en prenant conscience de l’absurdité de récits pourtant culte !

226 bébés, de Flore Vesco, Didier Jeunesse (2019)

Les avis de Hashtagcéline, Pépita et Isabelle

Et comment ne pas parler ici de L’Estrange Malaventure de Mirella qui a été récompensé l’année dernière par le prestigieux prix Vendredi ? Flore Vesco choisit ici de revisiter l’un des contes les plus célèbres du canon des bibliothèques enfantines – nous avons nommé : le joueur de flûte de Hamelin ! L’autrice brode, étoffe le propos pour nous plonger dans la noirceur la plus profonde du Moyen-Âge. Un roman émancipateur, pétillant d’intelligence et débordant de vérité, à découvrir sans hésiter.

L’Estrange Malaventure de Mirella, de Flore Vesco, L’école des loisirs (2019)

Notre lecture commune et les avis d’Isabelle, Pépita, Hashtagcéline et Bouma

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Roald Dahl a lui aussi été inspiré par les contes traditionnels. Le recueil Un conte peut en cacher un autre propose des versions en rimes pour le moins étonnantes et modernes.

Un conte peut en cacher un autre, de Roald Dahl, illustrations Quentin Blake, Folio cadet (2017)

L’avis de Lucie

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Jean-Claude Grumberg a choisi de transposer Le Petit Chaperon rouge en pièce de théâtre et de situer l’action pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le Petit chaperon Uf se voit alors affublé d’un vilain fichu jaune et rencontre un loup caporal SS. Glaçant !

Le petit chaperon Uf, Jean-Claude Grumberg, Heyoka Jeunesse (2005)

L’avis de Lucie

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Dans le genre décalé et rigolo, il ne faut surtout pas passer à côté des revisites aux éditions Marcel & Joachim. Ainsi on découvre une version de Barbe bleue aux accents québecois et une du Petit Chaperon rouge aux accents belges. Les textes sont transposés dans notre monde contemporain en plus d’apporter le petit grain de folie propre aux langages de ces pays (en tout cas de notre point de vue). Accompagnés d’un cd (à écouter à tout prix), on a donc tout le temps de regarder les splendides illustrations signées Camille de Cussac.

Barbe Blue et le maudit québecois, Camille de Dussac, Marcel & Joachim (2017)
Le Petit Chaperon belge, Camille de Cussac, Marcel & Joachim (2016)

L’avis de Bouma sur ces deux titres

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S’il y a bien une version du loup et des trois petits cochons à ne pas louper, c’est celle-ci ! Car pourquoi donc les petits cochons finiraient toujours dévorés par le loup ? Et si on inversait pour une fois ? Rires à tous les étages dans cet album au rythme effréné et au second degré à toutes les pages !

Mort au loup de Philippe Jalbert, Seuil jeunesse

L’avis de Pépita

S’il est une version étonnamment décalée du Conte du Petit Chaperon rouge, c’est celle-ci qui me vient à l’esprit : j’ai adoré le chemin pris par l’auteur pour s’éloigner de l’histoire originale, mais aussi sa façon d’y revenir.

Le petit chaperon rouge n’en peut plus, Sébastien Meschenmoser, Minedition

L’avis de Pépita

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Et vous ? Vous connaissez forcément des contes détournés, quels seraient vos préférés ?

L’arbre est au complet : faites la connaissance de Lucie et de Frédérique !

Mercredi, nous avions le plaisir de vous présenter Linda et Claudia et nous vous annoncions deux nouveaux portraits pour aujourd’hui. Roulement de tambour… c’est aujourd’hui au tour de Lucie et Frédérique de répondre à nos questions. Bienvenue à elles sous le grand arbre !

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Lucie (profil Livres d’avril sur Babelio)

La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?
Pour moi, la littérature jeunesse, c’est de la littérature à destination des plus jeunes, mais qui ne les prend pas pour des sous-lecteurs. L’existence de ce blog et le nombre d’adultes lisant des livres de cette catégorie montrent bien que c’est avant tout de la littérature. Tous les sujets peuvent être abordés, en général de manière assez directe et sans trop de fioritures.
Les auteurs qui écrivent pour les jeunes ont souvent un message et une volonté de transmettre qui me touchent, et je trouve qu’ils ont tendance à moins “se regarder écrire” ou enchaîner les effets de style gratuits.

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?
Ma rencontre avec la littérature jeunesse date de ma lecture de Junk de Melvin Burgess en 2002. Un sujet grave traité avec puissance et réalisme, une claque ! L’année précédente (avec pas mal de retard) j’avais découvert Harry Potter. Deux univers très différents qui m’ont tous deux interpellée. Et je n’ai plus arrêté !

Et depuis quand partages-tu tes lectures sur Babelio ?
Je suis aussi une petite nouvelle sur ce terrain de jeu. Je suis inscrite sur Babelio depuis février 2019. À l’origine, c’était pour garder une liste à jour des livres déjà lus, car il m’est arrivé plusieurs fois de m’apercevoir au bout de dix pages que j’avais déjà lu un livre. Je me suis mise à rédiger des avis, à échanger avec des babeliotes et l’aventure était lancée !

Parlons donc un peu de tes lectures : quand, comment, avec qui ?
Trois types de lecture chez moi :
– Personnelle, souvent guidée par mon documentaliste de mari dénicheur officiel de pépites ; principalement le soir.
– Partagée, avec mon loulou de 8 ans ; quand l’envie nous en prend mais au minimum lors du rituel du coucher. Des beaux moments de complicité. J’aime particulièrement le moment entre deux lectures pendant lequel il s’imagine la suite, émet des hypothèses… Il est toujours très enthousiaste et demandeur. La plupart du temps ce sont des relectures pour ma part.
– Dans le cadre de mon métier d’enseignante, souvent de manière thématique. Je fais de belles découvertes sur des blogs de collègues ou à la bibliothèque et je trépigne dans l’attente du moment où je les partage enfin avec mes élèves.

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?
Plutôt des auteurs fétiches. En littérature jeunesse : Roald Dahl, Timothée de Fombelle, Jean-Claude Mourlevat, Philippe Corentin, Geoffrey de Pennart, Annelise Heurtier, Michael Morpurgo, Patrick Ness, Brian Selznick, Hervé Tullet, et beaucoup d’autres ! Mais j’adore aussi découvrir des auteurs que je ne connais pas : tout un nouvel univers s’ouvre alors à moi.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?
Il y en a eu plusieurs, mais l’énorme coup de coeur a été l’adaptation en BD de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper Lee, par Fred Fordham.

Aurais-tu une recommandation de lecture pour s’évader pendant le confinement ?
En période de doute, je me tourne facilement vers les classiques. J’en ai relu beaucoup ces derniers semaines entre Voltaire, Oscar Wilde, R. L. Stevenson ou Stefan Zweig.
En littérature jeunesse, je recommanderais des fresques magiques comme La Passe-miroir de Christelle Dabos, par exemple. Nous avions besoin d’un rendez-vous quotidien qui nous permette de nous évader. Nous avons donc enchaîné Tobie Lolness, Gardiens des cités perdues et nous venons de terminer le premier tome d’Harry Potter. Jusqu’à présent cela nous réussit bien !

Nous sommes ravies de t’accueillir sous le grand arbre. As-tu des attentes, des idées ou des envies particulières qui pourraient y prendre forme ?
Je compte déjà essayer de m’intégrer au mieux dans votre belle équipe et participer aux projets en cours.
J’imagine que des idées et des envies viendront avec le temps.
Pour l’instant, j’observe le fonctionnement et l’organisation assez impressionnante que représente ce blog et je savoure le plaisir de cette nouvelle expérience et ces échanges passionnés. Merci encore pour votre chaleureux accueil !

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Frédérique, profil LiraLoin sur Facebook et Instagram

La littérature jeunesse, pourquoi ?

Pour l’image et le texte qui se fondent et ne font qu’un. Pour sa variété et ses inspirations. La littérature jeunesse s’ouvre de plus en plus et devient une lecture indispensable pour les enfants comme pour les adultes. Elle est extraordinaire et généreuse, ainsi que ses autrices et ses auteurs.

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?
Depuis toujours je crois. Cet amour a commencé lors de mes études DUT métiers du livre. Une libraire nous avait présenté Navratil d’Olivier Douzou et ça été une révélation. Plus tard j’ai fait du bénévolat pour l’association Lis avec Moi à Lille, où j’ai appris à lire pour les petits et participé à de nombreuses formations sur la littérature jeunesse….

Et depuis quand partages-tu tes lectures en ligne, sur ton blog et sur les réseaux sociaux ?
Depuis peu finalement car j’ai eu peur… très longtemps de mon écriture, mais je n’ai pas peur de mes émotions, donc je me suis lancée ! 2018 mais avant j’ai partagé (et je partage toujours) beaucoup oralement.

Parlons donc un peu de tes lectures : quand, comment, avec qui ?
Le plus souvent possible mais je trouve que je manque toujours de temps. Je mets ma frustration de côté et je fais ce que je peux lorsque j’ai envie c’est pour ça que je déteste les PAL, le fait de s’imposer des lectures. Je lis souvent seule mais lorsque mes enfants étaient petits c’était lecture tous les soirs. Et maintenant, j’arrive à en choper un pour lui lire une histoire. Je lis souvent le soir et le lundi matin pour mes chroniques.

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?
Oui, Raison et sentiments, de Jane Austen. Georgia et tous mes rêves chantent, aussi, de Timothée de Fombelle. Bon, j’aime trop Timothée de Fombelle ! Et d’autres : Soie et Novenceto pianiste de Alessandro Baricco ; Milly Vodovic, de Nastasia Rugani ; Les ronces et Noir volcan, de Cécile Coulon ; L’enchanteur de Barjavel ; Black out, de Brian Selznick ; Just kids, de Patti Smith ; Chaos de famille de Franz Bartelt ; Midi pile de Rébecca Dautremer ; L’enfant de la haute mer, de Jules Supervielle ; Neverwhere et Sandman de Neil Gaiman ; Lock and Key, de Joe Hill ; les Supers de Dawid et Maupomé ; Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais ; Betty Boob de Vero Cazot ; Le silence des pierres, de Marion Janin ; L’homme gribouillé de Serge Lehman ; Pilules bleues, de Frederik Peeters ; Zai Zai Zai, de Fabcaro ; les albums de Jeanne Macaigne ; toutes les BD d’Alan Moore qui est un des meilleurs scénariste de BD de la Terre hahahaha ; et plusieurs séries manga : Fruit Basket ; A silent voice ; Last man...

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?
Cécile Coulon car la puissance de ses mots est trop forte, je ne sais pas comment, à même pas 30 ans, cette autrice peut écrire ainsi !

Aurais-tu une recommandation de lecture pour s’évader pendant le confinement ?
Des sagas comme Les chroniques de San Francisco, ou Broadway limited de Malika Ferdjoukh. Pour se retrouver avec des gens et les voir évoluer.

Nous sommes ravies de t’accueillir sous le grand arbre. As-tu des attentes, des idées ou des envies particulières qui pourraient y prendre forme ?
Je suis très heureuse et honorée de faire partie de ce bel arbre… J’aimerais proposer des vidéos de lectures et faire pleins d’interviews !

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Le grand arbre est maintenant au complet ! Et vous allez voir, plus on est de branches, plus on rit !

Bienvenue aux nouvelles branches du grand arbre !

En cette belle saison printanière, le grand arbre se renouvelle et s’enrichit de nouvelles branches qui contribuent dès à présent à nos échanges et publications. Nous sommes ravies de les compter parmi nous. Cette semaine, nous vous proposons de faire leur connaissance, en commençant par Linda et Claudia qui ont accepté de répondre à toutes nos questions !

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Linda, du blog sirthisandladythat.com

La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?
J’aime l’imaginaire qui se dégage des œuvres destinées aux enfants. Elles apportent du rêve et de l’aventure, les auteurs redoublent de belles idées pour nous faire voyager. La littérature jeunesse est aussi un excellent moyen d’échanger avec les enfants, de partager ce qu’ils aiment, d’éduquer et d’ouvrir sur le monde.

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?
Je dirais que j’ai vraiment commencé à lire de la littérature jeunesse à la sortie du lycée, lassitude des textes classiques peut-être. J’ai eu peu accès à la lecture étant enfant et j’ai longtemps pensé que c’était une façon de me rattraper. Aujourd’hui je sais que c’est surtout parce que j’aime vraiment ce que j’y trouve. Et en devant mère, j’ai vraiment élargi mes horizons.

Et depuis quand partages-tu tes lectures en ligne ?
J’ai ouvert mon blog en mars 2013, cela fait donc sept ans.

Parlons donc un peu de tes lectures : quand, comment, avec qui ?
Je lis pour moi, bien sûr, mais je lis aussi beaucoup à voix haute à mes deux filles de bientôt onze ans. J’ai commencé quand elles sont nées et je ne me suis jamais arrêtée. Elles ont toujours adoré ce temps que l’on partage ensemble quotidiennement. Par contre en grandissant, la lecture du soir est devenue la lecture du goûter car elles aiment lire de leur côté une fois au lit. Nous nous installons donc autour de la table au moment du goûter, moi avec un livre, elles avec de quoi dessiner ou colorier, et je leur fais la lecture. Généralement nos lectures nous amènent à des discussions passionnantes en lien avec la lecture. C’est vraiment enrichissant pour nous trois.

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?
Pas vraiment, il y en a tellement que j’apprécie. Je choisis davantage un livre pour sa couverture qui m’inspire, son texte engagé en faveur des animaux ou de la nature, les livres qui ouvrent sur une leçon de vie, des valeurs morales et/ou sur le dépassement de soi.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?
Question difficile… Pour rester dans l’année en cours, je vais dire Ceux qui ne peuvent pas mourir, de Karine Martins, et l’adaptation en bande dessinée de Miss Charity, de Marie-Aude Murail, par Loïc Clément et Anne Montel.

Nous sommes ravies de t’accueillir sous le grand arbre. As-tu des attentes, des idées ou des envies particulières qui pourraient y prendre forme ?
Merci de m’accueillir. Je suis ravie de venir agrandir ce grand bel arbre. Je réfléchis encore à ce qui pourrait venir s’ajouter au travail déjà accompli.

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Claudia, du blog Les lectures de Claudia

La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?

Elle a toujours eu une place très importante pour moi, avant même d’avoir des enfants… J’ai toujours été émerveillée par la splendeur des albums jeunesse : les illustrations, les histoires contées permettant la rêverie, l’apprentissage, le questionnement, etc. J’affectionne beaucoup les romans jeunesse, particulièrement ceux qui sont adressés aux adolescents. Les messages sont souvent très forts, abordant des sujets d’actualité et de société qui m’ont toujours beaucoup intéressée, interpellée et touchée. Dans ces textes, il y a une intelligence et une pertinence qui me scotche très souvent en les lisant.

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?

Depuis toujours ! Toute petite, je lisais les romans de la Bibliothèque Rose & Verte et je me souviens de ma frustration, enfant, de ne pouvoir emprunter le magazine J’aime lire car il était toujours pris par d’autres lecteurs à la bibliothèque. Adolescente, j’ai continué à lire…
Depuis que je suis maman, j’ai dû m’intéresser à la BD et au manga car mes enfants aiment en lire. Par contre, j’avoue avoir vraiment un peu de mal à apprécier ces deux catégories mais j’essaye de lire de plus en plus de BD jeunesse (et adulte). Pour les albums destinés aux jeunes enfants, j’ai toujours lu des histoires à mes enfants dès le berceau.

Et depuis quand partages-tu tes lectures en ligne sur ton blog et sur Instagram ?

Je partage mes lectures sur mon blog depuis 2017 mais pour la catégorie jeunesse, j’ai commencé réellement en 2018 suite à mon partenariat avec les éditions Nathan. Pour Babelio et Lecteurs.com je partage mes chroniques depuis 2017. Et mon compte Instagram a été créé en 2018.

Parlons donc un peu de tes lectures : quand, comment, avec qui ?

Je lis seule ou avec mes trois enfants (16 ans, 14 ans, 10 ans). Nous avons toujours instauré le soir, avec les enfants, un moment lecture avant le couchage. Avec la dernière, nous lisons ensemble très souvent, à voix haute, chacune notre tour.

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?

J’aime énormément les ouvrages de la collection D’une seule voix des éditions Actes Sud. Je suis fan des romans de Nathalie Bernard et de Vincent Mondiot. J’aime aussi beaucoup l’écriture d’Eric Pessan et de Jo Witeck.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?

Vincent Mondiot avec Nightwork et la BD Lettres d’amour de 0 à 10 de Susie Morgenstern.

Aurais-tu une recommandation de lecture pour s’évader pendant le confinement ?

Je lis rarement des choses légères ! Alors, je vous conseille le dernier gros coup de cœur de ma fille Louisa (10 ans) : Catch, Tournevis et lutins-robots de H. Lenoir. Elle a passé un excellent moment de lecture avec ce roman d’aventure.

Nous sommes ravies de t’accueillir sous le grand arbre. As-tu des attentes, des idées ou des envies particulières qui pourraient y prendre forme ?

Ne travaillant pas en librairie ou dans une bibliothèque, faire partie de ce groupe va me permettre d’échanger, de découvrir et de connaître davantage la littérature jeunesse que j’adore.

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Merci à Linda et à Claudia que nous aurons le plaisir de retrouver très vite autour de la littérature jeunesse ! Nous vous donnons rendez-vous vendredi pour rencontrer deux autres nouvelles branches de l’arbre…