Lecture d’ados#5 : Games of Throne, tome 1

Je m’appelle Léa Pasquier, j’ai 15 ans et je suis en seconde, je voudrais aujourd’hui vous faire découvrir le premier tome de “Games of Throne” de Georges R.R. Martin. (Bon évidemment ce dont je parle n’est étranger à personne).

En français “Le Trône de fer”, étrange traduction puisque littéralement il faudrait dire “Les jeux du trône” ce qui est bien plus descripteur de l’épopée, de la saga, de la série… cette histoire à rallonge vaut bien tous ces termes ! Et mieux ! Elle les mérite !

George R-R Martin - Le Trône de fer l'Intégrale (A game of Thrones) Tome 1 : .

Editions Pygmalion

Je suis tombée dessus à 13 ans en me rendant compte de l’existence de la série télévisée… que mes parents n’ont absolument pas voulu que je regarde ! Mais j’aimais déjà les histoires qui alliaient combats, magies, violence (oui un peu…), mystères, amours.. et j’en passe !

Faute de pouvoir visionner, j’ai eu le droit de lire ! C’est avec énormément de plaisir que j’ai acheté la première intégrale, puis la deuxième.. j’en suis actuellement à la moitié de la cinquième. (Bon entre-temps j’ai eu le droit de regarder la série mais ça ne concerne pas vraiment ce dont nous allons parler). Comme je l’ai dit je vais vous parler du premier tome de la saga “Le trône de fer”. Celui qui une fois achevé donne envie de continuer, et continuer encore.

L’histoire se passe dans le monde de Westeros, royaume médiéval appartenant à de nombreuses familles dont les plus puissantes se partagent le pouvoir (oui, pour le moment elles ne font que se le partager ). Autrefois gouverné par les Targaryens, c’est désormais Robert Baratheon qui occupe le trône de fer. L’action commence au château des gouverneurs du Nord. Le roi vient y chercher son ami le plus cher et ancien compagnon d’armes Eddard Stark pour le faire “Main du Roi” (autrement dit le second dans la hiérarchie du royaume), en effet sa précédente Main vient de décéder. Eddard accepte pour la seule raison que la nouvelle veuve suspecte les Lannisters (maison à laquelle appartient la reine Cersei) d’avoir empoisonné son mari. C’est le début d’une aventure qui va mener chacun à emprunter des chemins différents au bout desquels la mort, plus ou moins proche attend, imperturbable.

“Le Trône de fer” c’est un foisonnement incessant de personnages, chacun aime, trahit, trompe, tue.. liens de sang, liens de coeur.. tout est effacé par le pouvoir. Ceux qui cherchent à s’en emparer, ceux qui cherchent à s’en protéger. Le prodige que réussit ici  Martin est de rendre humain chacune de ses créatures, et pouvant même, selon les moments, faire éprouver de la pitié au lecteur pour les plus abjectes.

Deuxième prodige :  l’évolution des caractères. Pour ma part, par exemple, au début j’appréciais énormément Arya Stark mais vers la fin, ses choix me l’ont faite apparaître moins sympathique. Tout le contraire de Jaimes Lannister.

Autre chose que j’aime particulièrement c’est qu’au fur à mesure qu’on  “saute” d’un personnage à l’autre, on change souvent de lieux, de royaumes, d’environnement. L’exemple le plus frappant est de passer de la chaleur du désert Dotraki de Daenerys, au gel qui règne sur le Mur de Jon Snow.

Je pourrais continuer longtemps sur les raisons pour lesquelles cette série à été un choc pour moi (déjà ce n’est absolument pas sexiste !) mais je ne dirai pas tout non plus ! Tant il y a à découvrir…

Dans ce premier tome, donc, Martin pose les codes de sa série (je me suis décidée à employer ce terme, sans doute aidée par la télévision). Nous autres lecteurs, on n’a plus qu’à se laisser emporter, émerveillés. Même si nous ne sommes pas toujours d’accord est-il besoin de le préciser ? C’est tant pis pour nous, on se laisse emporter, on n’a même pas envie de résister.

Un dernier mot sur l’écriture. Très bien écrit, quoique parfois un peu lourd du fait de tournures de phrases compliquées.. qui ne font que renforcer l’effet passionnant et captivant  des destins croisés.

Alors.. je vous souhaite de tout coeur de découvrir ces pages (si ce n’est pas déjà fait) mais attention… souvenez-vous :

“Quand on joue au jeu des trônes, soit on gagne, soit on meurt.”

Lecture d’ados #4 : Mon amour

Quand une ado lectrice picore la pile de livres de sa maman, il lui arrive parfois de dénicher une petite perle, d’avoir un joli coup de coeur pour un album au message universel.

desborde

Mon amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin : une lecture croisée entre Alice et sa fille de 14 ans, des lumières qui s’éclairent et des points de vues qui se complètent.

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 – Comme tous les enfants Archibald se demande si  son amour pour sa maman est réciproque.

Alice – Quel enfant n’a jamais douté  de l’amour de ses parents, et de sa mère en particulier ? Archibald ne déroge pas à la règle, et au moment du coucher,  il cherche à être rassuré.

Et oui, je me souviens moi aussi m’être posée ce genre de question : “ma maman  et mon papa m’aimeront-ils toute la vie ?”

Mais, bon, en grandissant, on se rend vite compte  que sans nous, les papas et les mamans, sont vite perdus. 😉

J’ai trouvé très intéressant de découvrir le point de vue de la maman, car je ne le connaissais pas. Ses paroles sincères et son humour décalé m’ont permis de me rendre compte de certaines choses essentielles dans une relation entre une mère et son enfant.

Alice – C’est vrai, la maman, avec toute sa sincérité et sa tendresse apporte des réponses à Archibald. A partir de situations concrètes, elle démontre par l’exemple et le contre-exemple, que quoi qu’il arrive elle sera toujours sa maman, il sera toujours son enfant et que rien n’altérera son amour.
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– Je trouve aussi que les illustrations renforcent l’idée de douceur de cette relation. et  les exemples sont bien choisis. Parfois pendant a lecture , je me posais des questions, je m’identifiais à Archibald : “Ah bon ? Ma maman m’aime aussi dans ces moments là ?”
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Alice  – Cet album ne parait pas édifiant et pourtant, comme il est bienveillant, rassurant et fortifiant ! C’est une jolie déclaration d’amour pour avancer dans la vie du bon pied, tu ne trouves pas ?
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– C’est une lecture toute douce et toute mignonne qui donne envie de dire merci à sa maman et d’en devenir une !

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Alice  – (touchée en plein coeur) : Merci ma chérie.
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Lecture d’ados [1]

Jusqu’ici on donnait la parole aux enfants de mes chères collègues qui sont pour la plupart mamans … aujourd’hui on innove avec une nouvelle catégorie jumelle des lectures d’enfants: les lectures d’ados ! Et pour pousser l’innovation jusqu’au bout, ce ne sera pas un dialogue de mère à enfant … mais de frère à frère ! J’ai le bonheur d’accueillir aujourd’hui à l’ombre de notre grand arbre un blogueur qui a failli nous rejoindre définitivement. Du coup, le voici qui débarque ponctuellement, mon frère jumeau, Tom, de lavoixdulivre, pour vous parler de l’un de ses derniers coups de coeur !

Place au dialogue …

Rambaud Yann - Gaspard des profondeursNathan: Pourquoi as-tu choisi de présenter Gaspard des profondeurs ?

Tom: Il y a des livres qu’on sait qu’ils vont nous marquer, et la surprise est de savoir comment. Celui-là fait partie de ces livres… c’est ce genre d’appel muet d’un livre à son lecteur, qui promet beaucoup mais sans le dire clairement. Gaspard m’appelait, des profondeurs de ses mots, il a su me toucher. C’est une histoire joviale – au départ – pleine d’imagination faites de non-dits qui fragilisent le tout. A la fin ces non-dits ressurgissent d’un seul coup et tout s’effondre vers une atmosphère sombre et terrifiante, jusqu’à nous ébranler le coeur, le corps, les mots… c’est un livre incroyablement bien construit qui nous parle de l’enfance, de la parte, de la conscience… voilà pourquoi !

Nathan: Donc il raconte quoi exactement ce roman ?

Tom: Le héros, Gaspard, qui a treize ans, fugue un matin pour retrouver son père qui est parti mais n’est toujours pas revenu… Il a une piste, un prospectus d’un théâtre dans lequel sa troupe devait passer, trouvé dans le sac de sa mère. Il part donc avec son sac à dos et quelques provisions, et entame la route comme un gamin se lance dans la vie un peu trop tôt… Quand il s’endort, durant ce voyage, il se met à rêver dans de drôles d’endroits avec d’étranges personnages trop réels pour n’être que le fruit de son imagination. Quand il rencontre Néné, un peu comme lui, rêveur et bousculé par la vie, tout change, et tout va bousculer…

Nathan: Et c’est à partir de là que la fragilité commence à effriter l’ensemble ? Tu as une partie préférée ?

Tom: Pas tout de suite mais on sent que le point où tout s’effrite arrive. Au début c’est l’émulation, c’est la découverte de l’autre, l’amitié… J’ai retenu une citation du livre : “Vous êtes tous les deux en quête. Chacun d’une chose différente, mais en vous épaulant l’un l’autre. C’est cela, la définition exacte de l’amitié.” C’est ça au départ : ils se savent chacun en quête mais peu importe de quoi ils sont chacun là pour l’autre. Puis après une des deux quêtes commence à prendre beaucoup d’importance tandis que l’autre va attendre la fin pour révéler son dénouement, qui prend en parallèle de l’autre une étoffe bien différente de ce qu’on aurait imaginé. Si je peux le dire comme ça ma partie préférée ce sont les 100 dernières pages : toute la tension est à son comble, on avale toutes les pages d’un coup et ça fait trembler, ça fait presque pleurer…

Nathan: L’amitié, la paternité, les rêves … il semble il y a avoir une multitude de thèmes dans ce roman ! Tu peux nous dire quels sont les principaux, et lesquels t’ont le plus touché ?

Tom: Il y a l’amitié, le principal sûrement, qui touche beaucoup parce que c’est la naissance d’une grande amitié qui nous rappelle ce que c’est avec beaucoup de fantaisie et aussi de justesse. Après il y a l’Intérieur Extérieur des rêves, qui nous montre qu’on a chacun nos deux mondes qui se superposent, et qu’on refoule tout plein de choses dans notre intérieur (c’est très freudien tout ça) qui ressortiront forcément à un moment… Finalement, c’est aussi des thèmes dont je ne peux pas parler que l’on comprend à la fin mais qui sont réunis en un seul. Yann Rambaud nous montre qu’on a chacun notre “Bêtimonde”, qu’on doit affronter. Il y a une phrase de ma chronique que je trouve essentielle : “Yann Rambaud nous ramène à nos peurs et à l’horreur humaine avec le regard d’un enfant sur un monde qu’il ne comprend plus.

Nathan: Et les personnages ? Y en a-t-il d’autres que ces deux amis ? Y en a-t-il un qui t’a plus marqué ?

Tom: Peu de personnages si ce n’est deux ou trois qui surviennent légèrement : la sœur de Néné, l’incarnation féminine par excellence, la mère de Gaspard ou son petit frère trop mignon, mais sinon il y a tous les personnages de l’univers rêvé de Gaspard : une grand-mère farfelue, un pélican médecin, une oie guerrière… et puis celui qui m’a le plus touché dans tous ces “seconds rôles” c’est un “touchécorce”, très sympa, qui, vous le comprendrez en le lisant, incarne l’amitié à forte dose !

Nathan: C’est quoi qui t’a le plus touché dans ce roman ? L’univers farfelu, l’émotion, les personnages, la fin, … ?

Tom: La fin et l’émotion : tout est léger et fantaisiste au départ, mais on sent le plomb derrière, et tout d’un coup tout dégringole, s’effrite, et ça prend vraiment aux tripes. Ce qui m’a touché en fait c’est cette enfance confrontée à un monde trop dur qui essaye juste de lutter contre sa Bétimonde.

Nathan: Un livre pour les enfants à partir de quel âge ? Les adultes aussi peuvent s’y retrouver ?

Tom: A partir de quel âge ? C’est difficile comme question mais pas trop tôt non plus parce qu’il y a de l’émotion brute et pure qui peut dérouter l’enfant. Peut-être 11,12 ans, mais je ne suis pas un expert de l’enfance. Les adultes s’y retrouveront parce que comme je l’ai déjà répété ça fait écho à tout le monde : c’est l’idée qu’on lutte contre quelque chose de bien trop grand pour nous mais qu’on peut en être capable si on n’est pas seul, du moins c’est ce que j’ai ressenti…

Nathan: Un mot pour décrire le roman ?

Tom: Un mot : profond.

Nathan: Et si tu devais le rapprocher d’autres lectures ce seraient lesquelles ?

Tom: Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, de Mathias Malzieu, sans hésiter. C’est aussi l’enfance qui souffre et se reconstruit par l’imaginaire. Et peut-être pour les plus grands Love Letters to the dead, qui conte un deuil et une renaissance par les mots.

Retrouvez sa chronique ICI et en plus jusqu’à ce soir sur son blog, vous pouvez gagner un exemplaire du roman !