Catalogues, collections, inventaires {+ concours}

Au revoir.

Il est temps pour moi, enfin pour mon blog Maman Baobab de quitter l’équipe d’A l’Ombre du Grand Arbre, mais pas sans dire au revoir.

Au revoir! 

Dans mes valises, je pars avec de bons souvenirs, de belles rencontres, d’abord autour de livres ou d’albums, ensuite autour d’une pizza, d’un plat chinois, d’une mare aux grenouilles, de colis de facteur, de jaune poussin, d’étoiles et des poussières, d’une brosse à dents, de soirées pyjamas, d’excursions en salons, de dédicaces, de conférences, d’un déjeuner sur l’herbe. Si je devais esquisser une guirlande qui afficherait quelques livres, comme ça, dans un premier jet, qui croise les débuts de mon aventure avec A l’Ombre du Grand Arbre, je mettrais Sciarini avec Carole, Grevet avec Kik, Mourlevat avec Bouma, De Fombelle avec Nathan, par exemple, ou encore Vallery chez Céline. Je reparlerais de La Fille Verte de Cuvellier, une lecture commune que j’avais menée, mais il y a encore beaucoup d’autres titres, livres, articles et partages avec les autres blogs de la collection d’A l’Ombre, aussi avec d’autres membres qui sont déjà partis. Beauvais ou Vidal avec La Mare aux mots, Santini avec Za. Je quitte l’équipe en emportant cette liste non exhaustive dans mes sacoches, dans mes cabas, dans mes étagères qui débordent. Mais avec un temps contraint, il faut faire des choix. Ce blog en a été un, il m’a permis de voler de mon propre zèle. Maintenant je tourne une page. Elle s’était déjà tournée depuis quelques temps. Depuis des semaines, des mois, j’étais devenue un fantôme sur A l’Ombre, c’était un signe. Alors j’ai décidé de partir, en cette fin d’année scolaire, de laisser ma place, mais pas sans vous laisser de quoi lire.

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Pas sans vous laisser non plus sans un petit cadeau concocté avec mon complice Georges, Mesdames et Messieurs, selon sa formule. A l’occasion de la sortie de sa compilation, les éditions Grains de sel vous offrent deux numéros. Un à gagner sur ce blog, l’autre à gagner synchrone sur le blog Maman Baobab. Quelle sacrée chance !

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Dans le digest, plus que très digeste et on en redemanderait même une petite part une fois qu’on a tourné la 194e page. Georges, c’est un « drôle de magazine pour enfants » dont j’ai parlé déjà à deux reprises sur mon blog, avec son numéro Chaussure ici et son numéro Sardine . Il faut dire que le mag au visuel moustache a cette particularité de nommer ses numéros avec les thématiques explorées plutôt que de les numéroter. Dans cette première compilation au format très plaisant, facile à glisser dans un sac, facile à embarquer partout, on retrouve les numéros Moustache, Valise, Gâteau et Trompette. Le sommaire est dense et le plaisir de retrouver les rubriques habituelles l’est aussi. Longue histoire, BD, interviews, jeux, activités manuelles, cuisine, vocabulaire, découverte le tout assaisonné de jus de pédagogie, drôlerie et d’un zeste de langue française. Georges regorge de bonnes idées, a bon ton et en plus il est d’une élégance folle. Et vous pourrez en juger par vous-même en tentant de le gagner.

Pour tenter votre chance, dites nous en commentaires de ce blog où vous emmèneriez le magazine en vacances cet été. Et faite de même sur le blog Maman Baobab ici pour doubler vos chances ! 

Participations jusqu’au 14 juillet 18h00.

Au revoir donc. Mais une dernière fois, j’ai invité mes complices d’A l’Ombre du Grand Arbre à plancher. Au menu ? collections, inventaires, compilations, catalogues et tout ça avec des titres de littérature jeunesse bien entendu. Ils s’en sont donnés à cœur joie…

Du côté de Kik…

Bric-à-Brac de Maria Jalibert , Didier Jeunesse, 2013

Un amas de jouets en plastique. Des trucs et des machins de toutes les couleurs. Maria Jalibert s’amusent avec les couleurs, mais aussi les formes. Il y a des petits jouets pour tous les goûts. À découvrir et à redécouvrir de mille et une façons. La suite Ici

 L’avis de Drawoua

 

 

 

 

La ménagerie d’Agathe d’Éric Chevillard
dessins de Frédéric Rébéna
Hélium, 2013

Éric Chevillard fait l’inventaire des jouets de sa fille Agathe dont il constate les écarts de formes,

de matériaux, de taille et de fonction avec les animaux du monde réel.

Agathe ferait bien de se méfier : ces compagnons de jeux si innocents, si doux, si malléables sont, en fait, des êtres sauvages, parfois terribles, et indomptables… Un album mordant par Ici

 

 

 

Des petits imagiers chez La Joie de Lire 

Des objets par dizaine, qui s’égrènent peu à peu, qui se retrouvent, d’un livre à un autre, différemment. Des imagiers, pour mettre des mots sur des objets du quotidien, mais pas seulement,
Des livres à feuilleter encore et encore.
Des petits imagiers publiés par La Joie de Lire, que Kik a découvert avec grand plaisir, toute une collection, c’est par Ici

 

Du côté des Merveilles d’Alice…

31 boîtes de Cécile Boyer. Albin Michel, 2011

En voilà un imagier original. 31 boîtes fermées, mais 31 boites différentes et  31 fois la même question : « Qu’y a t-il dans cette boite ?« . De mystère en devinettes pour ces 31 boîtes super chouettes à découvrir par Ici

Catalogue de bêtises « trés » culottées d’Elisabeth Brami et Serge Bloch, Le seuil, 2013

Un instantané d’espièglerie et de drôlerie pour amuser grands et petits ! C’est par Ici

 L’avis de Drawoua 

Du côté de Pépita… 

Drôles de bêtes, Textes et dessins d’André Hellé, MéMo, 2011

Un livre exceptionnel, bestiaire arche de Noé, peint par l’auteur avec pour chacun une petite histoire. Publié il y a cent ans et réédité, il s’agit d’un inventaire artistique d’une qualité rare. Pour lire la suite, c’est par

Lumières, l’encyclopédie revisitée, éditions l’Edune, 2013 

quand l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert est revue et corrigée par 11 illustrateurs de talent, avec les textes de Franck Prévot, cela donne un ouvrage d’une qualité graphique exceptionnelle. 11 thématiques revues et actualisées (Agriculture – Histoire naturelle – Anatomie- Chirurgie Sciences – Métiers de bouche – Beaux-Arts – Transports- Ecriture et Imprimerie – Armes et Soldats -Mode – Artisanat). A découvrir encore plus par ici

Du côté de Bouma…

Attention aux princesses !

texte de Cédric Ramadier

illustrations de Clément Devaux
Albin Michel Jeunesse, 2013

Princesse garagiste. Princesse agricultrice. Princesse amoureuse ou joueuse. Une belle galerie de princesses pas comme les autres vous attend dans cet album énergique, un brin loufoque. Pour les parents, et enfants, qui veulent renouveler leurs fondamentaux. La suite par

La Grande collection

texte de Séverine Vidal

illustrations de Delphine Vaute
Philomèle, 2012

Violette collectionne tout et rien à la fois. Elle garde au fond de ses poches une ribambelle d’objets plein de souvenirs. Un album qui conjugue passé, présent et avenir tant il décrit parfaitement l’enfance et son imagination. Vous ne verrez plus les collections de la même façon ? Venez voir par Ici et retrouvez L’avis de Drawoua 

 Et du côté d’A l’Ombre du Grand Arbre…Une collection de lectures communes mais surtout une lecture commune en particulier sur une collection de maisons pour faire le tour du monde des habitations sans quitter son logis : Ma maison… d’Eric Battut Editions L’Elan Vert

C’est Ici

 mais ce n’est qu’un au revoir, la suite pour Maman Baobab continue bien entendu, pas trop loin, mais un petit peu ailleurs quand même !

A très vite ! Et… merci !

Drawoua

Souriez, c’est la rentrée !

Ding dong. La cloche de la rentrée n’a pas encore sonné, il nous reste un tout petit peu de temps avant de remettre le pied à l’étrier, une petite semaine pour se préparer, et LES préparer aussi, bien entendu. Toute première rentrée en (Toute) Petite Section, ou grandes étapes, CP, 6e, Seconde. Il peut y avoir dans tous les cas des questions, des inquiétudes, de l’impatience, des envies, des retrouvailles, de la nouveauté… Alors pourquoi ne pas lire et relire sur le sujet ? C’est bien l’idée que nous avions en vous préparant une sélection très subjective sur la rentrée bien sûr, sur l’école aussi ! Bonne pré-rentrée A l’Ombre du Grand Arbre !

En maternelles…

L’école maternelle d’Anne-Sophie Baumann, illustré par Laurence Jammes.

Rien de mieux qu’un imagier bien conçu et détaillé pour mettre des mots et des images pour cet événement exceptionnel qu’est la rentrée pour un Tout-Petit. Celui-ci est un coup de cœur pour le blog Maman Baobab dont vous pourrez retrouver la chronique Ici.

Mon imagier des comptines de la maternelle, de J.P Crespin et B. Davois, illustré par C. Roederer, Editions Gallimard Jeunesse

Un très beau livre-CD qui compile une sélection de comptines prisées par les écoles maternelles, c’est ce que vous propose de regarder et d’écouter Maman Baobab pour vous mettre agréablement dans le bain. Sa chronique Ici.

Mes écoles du monde de Clémentine Sourdais, Editions Seuil jeunesse

mes-ecoles-du-mondePour vous permettre d’ouvrir une fenêtre sur le monde, Sophie, de La Littérature jeunesse de Judith et Sophie vous invite à la découverte de ce très bel album. S’ouvrant comme une fenêtre sur le monde, ce livre évoque le quotidien des écoliers de différents pays. Avec leur témoignage, une illustration pleine de détails nous plonge au cœur de leur école. La dernière page, avec un pop-up très réussi nous invite à fouiner derrière les fenêtres de l’établissement quelque part en France…

Retrouvez également un avis sur cet album sur le blog Trois étoiles, dans une sélection consacrée aux écoles du monde, ici.

En primaire…

La rentrée de Noë d’Anne Loyer, illustré par Barroux, Editions Des Braques, Collection Les P’tits Braques.

Une rentrée en CP pour Noë, une rentrée en 6e pour sa soeur Zoë. Il est plutôt inquiet, elle a l’air plutôt détendue. Le pas est tellement grand entre la grande section et le CP, pense Noë. Et s’il ne parvenait pas à apprendre à lire ? Un très bel album sélectionné par le blog Maman Baobab dont vous pouvez lire la chronique Ici.

Je n’irai pas de Séverine Vidal et Cécile Vangout.- Editions Frimousse

n irai pas

J’ai pourtant tout préparé, il le faut bien, ça approche ! Mais bon, tant pis, je vous le dis, je n’irai pas. C’est comme ça ! Mais qui ça ? Je ne dévoilerai pas la chute irrésistible de cet album irrésistible ! Découvrez la suite est à lire chez Meli-Melo de livres Ici

« Maths » et « Philo » de Rachel Corenblit et Cécile Bonbon, Editions du Rouergue – Collection A la petite semaine.

Deux titres  pour cette nouvelle collection au concept très intéressant : sous la forme d’un cahier d’école, et sur une semaine, on suit les réflexions fort pertinentes de Léna, élève de primaire, qui se pose un tas de questions sur ce qu’on lui enseigne.

C’est léger, drôle, impertinent,

dans un joyeux désordre comme parfois ce qui se bouscule dans sa tête. Des petits romans de 24 pages à partir de 8 ans et qui sont sortis le 21 août dernier sélectionnés spécialement pour vous par Pépita du blog Méli-Mélo de Livres.

Elle vous propose également et en avant-première s’il vous plaît…

Brigitte fait peur aux frites de Christine Avel, illustrations de Bruno Heitz, Editions Ecole des loisirs, collection Mouche. Parution le 12 septembre 2013.

brigitteQui dit école dit aussi cantine. Et souvent, c’est pas la joie…Brigitte, on dirait une ogresse. Elle oblige à tout finir dans son assiette. Simon n’en peut plus. Heureusement, Thomas, le nouveau, a une idée : faire la grève de la cantine. Une première lecture réjouissante sur la capacité des enfants à trouver des solutions à leurs soucis quotidiens…

 

 

Le livre de tous les écoliers d’ Allan et Janet Ahlberg, Editions Gallimard

Chouchou des livres de la rentrée pour Céline, nouvelle recrue dans l’équipe d’A l’Ombre du Grand Arbre. Retrouvez la chronique du Tiroir à histoires Ici

Au collège et au lycée… 

Enzo, 11 ans, Sixième 11 de Joëlle Ecormier, Editions Nathan, 2013
Cette année 2011, Enzo entre en Sixième 11 et fête ses 11 ans le 11 novembre. De quoi donner le vertige et paniquer Enzo, pas rassuré du tout par cette rentrée au collège… Lisez la suite de la chronique chez A lire aux Pays des Merveilles !

Double Jeu de Jean-Philippe Blondel, Actes Sud, 2013 

 Au lycée, pas facile pour Quentin de trouver son identité, alors qu’il est hors de toute logique de groupe… La suite ? Chez A lire aux Pays des Merveilles.

L’école de la mort, Courants noirs, Gulf Stream éditeur 

L’école de la mort, c’est quatre auteurs de talent, Lilian Bathelot, Charlotte Bousquet, Martiaroff et Béatrice Egémar ; huit nouvelles pleine de suspense pour un voyage à travers le temps et l’espace autour de l’école au sens large et, au final, un recueil noir qui fera plus que frissonner les lecteurs, élèves ou non. De l’enseignante empoisonnée à la ciguë à la religieuse poussée au pire par les fantômes de celles qu’elle a tourmentées en passant par le jeune grec qui se montre aussi cruel que le Joffrey Baratheon de Game of Thrône, il y en a pour toutes les peurs ! Après ça, c’est certain, vous ne regarderez plus jamais votre école de la même manière !  Pour en savoir plus, consultez Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse.

La vie secrète des PROFS, de Françoise GRARD, Nicolas WILD, coll. Et Toc !, Gulf Stream éditeur Sortie le 29/09 – un peu de patience !

Avec septembre qui approche à grands pas, retour d’une espèce à part… les PROFS ! Il y a ceux qu’on admire, ceux qu’on craint, ceux dont on se souvient encore des années après… Mais qui sont-ils en réalité ? Quels sont leurs rêves, leurs peurs, leurs défis de tous les jours ? Les réponses et bien plus dans cet « abécédaire » qui n’en est pas vraiment un !  Céline de Qu’importe le flacon vous en reparlera le 29 septembre !

Nous vous souhaitons à tous et particulièrement à vos enfants une belle rentrée, dans le plaisir et la légèreté ! Les sélections sur les livres consacrés à l’école vont continuer à paraître sur nos blogs respectifs, n’hésitez pas à venir nous rendre visite. 

Loin des yeux, loin d’Internet…

… Mais plus près des étoiles !

De ses vacances, ou pour être plus précis, pendant les grandes vacances, chaque membre d’A l’Ombre du Grand Arbre devait vous faire un crelieurlin d’œil sous la forme d’une carte postale postée directement sur ce blog collaboratif que vous commencez à bien connaître. Frank Andriat, Gaspard Corbin, Christophe Léon, Jean-Philippe Blondel, Victor Dixen, la collection X’Prim chez Sarbacane, les Editions Les Fourmis Rouges, et même une carte postale dite agricole, en provenance de la ferme : les contenus ont été denses et variés et vous avez eu à lire et à découvrir de bien beaux paysages, et des univers très différents. Ceux qui font la pluralité d’une équipe de blogueurs littéraires que vous pouvez aussi suivre chacun sur leur blog, ou sur leur fil d’actualité Facebook.

Dans ma valise, peu de place ;  sur mon lieu de vacances, pas de connexion Internet – sauf à passer la tête par le vasistas, à lever le téléphone vers le ciel, la jambe gauche en équerre pour équilibrer l’ensemble d’un corps en extension sur les doigts du pied droit qui n’a jamais fait de danse classique, le tout en attendant que le vent souffle, dans le bon sens. Autant dire difficile avec le téléphone. Impossible avec un ordinateur. Cet été, j’ai donc chroniqué sur post-it. Et j’ai lu aussi. Plutôt au format poche. Parce que la bibliothèque ne passe pas dans les valoches (même pas dans celles qui sont parfois sous mes yeux) et que je n’ai pas adopté de liseuse.

0lire le propre deEn pensant à vous, donc, j’ai voulu me rapprocher des étoiles. De celles qui font que tous les soirs, nos enfants s’endorment avec des héros plein la tête, des émotions, de l’aventure, des sensations, de nouvelles connaissances, des mots, des histoires, de l’Histoire, des sourires, des rires aussi, des larmes parfois, des images, sur des pages ou dans la tête, des clés pour se situer pour comprendre qui ils sont ce qu’ils veulent devenir, qui les font cogiter, prendre du plaisir, grandir. Je ne me suis pas adressée directement à ces auteurs, j’ai (re)lu une petite perle éditée par l’école des loisirs : Lire est le propre de l’homme. Il s’agit d’un petit recueil discret et facile à prendre dans son bagage à main, dans sa main même ou pourquoi pas dans sa poche. Un petit recueil édité en 2011 qu propose les « témoignages et les réflexions de cinquante auteurs de livres pour l’enfance et la jeunesse »  sous-titré De l’enfant lecteur au libre électeur et pour lequel Jean Delas et Jean-Louis Fabre, directeurs de L’école des Loisirs, cosignent une introduction qui lie lire et élire, lecteur et électeur.

liste« C’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la liberté de choisir et leur assure d’être demain des femmes et des hommes libres« . Dans ce recueil, ces auteurs, de grands noms de la littérature jeunesse, livrent dans leurs témoignages leurs réflexions autour du sens qu’ils donnent à leur travail artistique, mais pas seulement. Ils racontent quand ils étaient enfants – « un jour (…) je me suis ouverte à un livre » écrit Valérie Zenatti. Ils racontent les enfants qu’ils croisent aujourd’hui, ceux qu’ils sont encore restés, ceux qu’ils ont fait naître. Ils racontent ce qu’ils ont lus, ce qu’ils observent, ceux qu’ils rencontrent dans les séances de dédicaces, les conférences ou les travaux réalisés avec les classes. Ils racontent le lecteur d’hier, celui d’aujourd’hui. Ils racontent leurs amis, ces personnages de fiction qui ont tant marqué leur enfance, leur construction. Ce sont les nôtres, aussi. Valérie Zenatti toujours, nomme ces héros qui lui ont « appris le courage, le goût de la justice, l’audace, la rêverie« .

bibliothèque

Ceux qu’elle considère comme « des membres très proches de [sa] famille ». Ces auteurs racontent le lecteur dévoreur de livres qu’ils étaient. Les livres qu’ils aiment, LE livre en général.

La liste des signataires fait baver. Et les textes offerts sont passionnants. A lire absolument, in extenso, même si mon petit plaisir sera celui de vous en donner quelques extraits. D’en photographier aussi. Un livre, par Agnès Desarthe, « c’est là à portée de main, ça ne tombe jamais en  panne, ça tient au creux de la paume, c’est un miroir, une machine à remonter le temps, une porte ouverte sur l’autre« . Qui ne rejoint pas Marie-Aude Murail quand elle écrit que la lecture est une nécessité de chaque jour ? « C’est le passeport pour l’insertion dans notre société et c’est ce qui donne accès à la liberté, liberté de parler, de penser, de circuler (…). Ce n’est pas la lecture qui est en danger. Ce sont les illettrés« . blakeIl y a l’odeur des livres pour Stéphanie Blake, qui les observe toute petite, jusqu’à comprendre que « les lettres collées les unes aux autres formaient des mots, les mots des phrases, et que cela pouvait aevolutionvoir un sens : je lisais! (…). Je découvrais une autre voix que la mienne, une autre pensée« . Il y a eu Yvette pour Malika Ferdjoukh, « quand le quartier de La Goutte d’or était un village« . Il y a eu Yvette! Yvette… « Elle vendait ses charmes (…) sur les pentes de Montmartre « .

Et alors ? Elle le lui avait dit, à elle, Malika, petite fille de CE2 : « il faut lire des livres, des vrais ! » « Elle devint la bâtisseuse de mon éveil intellectuel, l’entrepreneur de ma première bibliothèque » : la Comtesse de Ségur, Andersen, Fantômette, Jack London, Le Clan des Sept… Il y a eu Yvette. « J’ai lu Yvette. Je lis. Et merci de m’avoir sauvé la vie« . Moi aussi, j’ai eu mon Yvette, quand j’étais petite. Comme je me sens proche de ce texte là, ou de celui de Valérie Zenatti. Mais il y en a beaucoup d’autres auteurs, Claude Ponti, Christian Oster ou enore Marie Desplechin qui voit la lecture comme « un vice privé, un chemin de traverse, une échappée belle et que chacun lise pour soi, contre le monde « . Pas une activité dont on puisse tirer de « la gloriole« . Il y a pour Geneviève Brisac le besoin profond et l’envie de « faire en sorte que des livres et des personnes, des personnes et des livres se rencontrent. Pour une alchimie toujours renouvelée. Unique » quand Sophier Chérer parle de « la résistance à l’oppression » pour Sophie Chérer. La solitude aussi, et les précieux amis de Nathalie Brisac qui feront naître dans la tête et les pensées de ses petits élèves de CP l’envie et le besoin de lire tout seuls. « Maîtresse, c’est beau, on veut encore !« . Ces belles plumes qui se mêlent, se complètent, sont scandées par des illustrations, pour raconter les histoires, les livres, leur histoire Le livre. Ce qui est posé, enfoui en eux et qui font qu’aujourd’hui nous lisons  leurs écrits, dans notre tête ou à voix haute pour nos marmots, avec plaisir, avec délectation. Merci.fruits et légumes

Vous pouvez télécharger ou commander un exemplaire de ce recueil via le site : http://www.lirelire.org/

*** Un petit plus ?

Durant mes vacances, j’ai demandé à quelques blogueurs de me dire pourquoi ils consacraient leurs blogs à la littérature jeunesse. J’ai reçu quelques réponses, très peu, les blogueurs sont aussi des vacanciers ! Voici des petites graines pour réfléchir, discuter, partager, échanger et je vous invite d’ailleurs, si vous le souhaitez à répondre en commentaire pour agrémenter ces petits clichés pris sur le vif. Rester dans l’enfance et partager sont les maîtres-mots de leurs réponses.

Céline de Qu’Importe le flacon, explique n’avoir « jamais vraiment quitté le monde de l’enfance…  Officiellement, je recherche des titres qui pourraient plaire à mes élèves (12-14 ans) ; officieusement, j’ADORE ça !!!!  De temps en temps, je fais une petite incursion dans le monde adulte mais c’est juste pour me donner bonne conscience. Il n’y a pas de lecture supérieure à d’autres, ce qui compte avant tout c’est le plaisir éprouvé ! « . Kik reste dans la même veine : « A part pour le BAC je ne suis jamais passée à la littérature pour adultes je me suis arrêtée aux romans pour adolescents« . Pépita, de Méli-Mélo de livres, explique les choses comme une évidence : « C‘est tout simplement parce que je suis bibliothécaire jeunesse depuis 10 ans maintenant et que l’envie m’est venue de la promouvoir à travers mes propres lectures. Une façon aussi de me souvenir de mes nombreuses lectures, de prendre du recul sur celles-ci en trouvant les mots et de les partager !« . Un sentiment que partage justement Sophie de La littérature Jeunesse de Judith et Sophie. « C’est une littérature que j’ai redécouvert pendant mes études de bibliothécaire. Quand Judith et moi avons ouvert le blog dans le cadre d’un cours, la littérature jeunesse était un intérêt commun que nous avions envie de faire partager« . Dans le Cabas de Za, il y a 4 ans, il y avait tout, genre fourre-tout, et puis… « Je suis enseignante en élémentaire et grande lectrice. J’avais aussi sous la main un mignon cobaye qui avait 4 ans à l’époque, alors les choses ont évolué tout  naturellement. La production de littérature de jeunesse est immense, d’une variété extraordinaire, j’avais envie de partager les belles et passionnantes choses qui me tombaient sous les yeux« .

L’orphelinat du bout du monde de Coralie Saudo et Emna

Ils sont carrés et colorés, les albums de la collection La tête sur l’oreiller chez Les P’tits Bérets. Mais quand j’ai vu la couverture de celui-ci, L’Orphelinat du bout du monde, je l’ai tout de suite distingué. Attirée par une illustration originale, aux teintes bleu rivière et rose nénuphar signées Emna, attirée également par un de mes thèmes de prédilection, la parentalité, signée par une auteure dont l’on connaît plutôt le coup de crayon, j’ai eu très envie de le découvrir, de vous le présenter sur mon blog, Maman Baobab, et d’inviter quelques unes de mes comparses d’A l’Ombre du Grand Arbre à s’y pencher et à partager la lecture avec vous. Ces lectures communes sont pour moi à la fois l’occasion d’échanger, de partager et de débattre, elles ont aussi pour but de mettre en lumière le travail de maisons d’édition discrètes mais de qualité, comme c’est le cas pour Les P’tits Bérets. Sophie LJ ( La littérature Jeunesse de Judith et Sophie ), Carole ( 3 étoiles ) et Alice ( A lire au pays des merveilles ) vous donnent leur avis sur cet album.

Bonne lecture de notre lecture ! * Drawoua

 

Pourquoi avoir rejoint cette lecture commune, qu’est ce qui vous a attiré dans cet album ? 

Sophie. J’aime beaucoup les illustrations de Coralie Saudo, c’était donc l’occasion de la découvrir différemment.

Alice. Moi, c’est plutôt, l’éditeur qui m’a motivée : une petite maison d’édition pas très loin de chez moi avec un catalogue de plus en plus qualitatif

Carole. Pour moi la curiosité de découvrir un nouvel éditeur sur lequel je louchais depuis quelques temps à force de lire vos chroniques… Puis une rencontre avec l’équipe sur le Salon du livre de Paris et le travail de Coralie Saudo, ainsi que le titre… et enfin le plaisir de la lecture commune avec vous bien sûr !

Pouvez-vous résumer l’histoire en quelques mots ?

Sophie. Cet album raconte l’histoire d’un couple atypique : une autruche et un crocodile. Ceux-ci ne peuvent pas avoir d’enfant ensemble alors quand ils trouvent un œuf abandonné, ils décident de l’adopter. Leur histoire se répand et bientôt, ils fondent un orphelinat pour tous les parents qui, comme eux, ne peuvent pas avoir de petits ou au contraire, ne peuvent les garder.

Alice. Trop différents, Monsieur Crocodile et Madame Autuche ont beau être amoureux, il n’est pas possible pour eux d’avoir des enfants. Mais la vie fait bien les choses, et un oeuf trouvé sur le chemin donnera naissance à un joli petit perroquet. A eux trois, ils forment une famille unie que tout le monde applaudit. Heureux de cette adoption réussie, ils décident de faire le bonheur de couples comme eux et se chargent de leur attribuer des œufs abandonnés. Tout le monde est ravi et la vie est belle ainsi !

Globalement comment qualifieriez -vous cet album, quels en sont pour vous les points forts ? 

Sophie. Tout d’abord, l’histoire fait référence à l’actualité avec cette question de l’adoption, de la différence et on l’aborde sous un angle intéressant qui peut permettre d’engager la conversation avec les enfants. Ensuite, j’adore les illustrations. Toutes ces formes, ces couleurs, ces motifs, ces collages, c’est magnifique et le petit côté girly me plait bien.

Carole. Cet album parle de stérilité, d’adoption et surtout d’Amour. Pas de discrimination ni préjugé, peu importe ce que renferme l’oeuf, chacun a le droit à une famille. C’est un album subtil, poétique, et dans l’air du temps. Grande ouverture d’esprit et tolérance aussi.

Alice. J’ai de suite été séduite par l’illustration, les couleurs et les imprimés choisis qui nous emmènent dans des pays lointains. Mais au risque d’animer le débat, je n’ai pas du tout accroché sur le texte. Sur le fond tout d’abord : j’ai trouvé cette histoire trop parfaite. Tout s’y déroule parfaitement bien, « tout le monde est beau, tout le monde est gentil« . La trouvaille de l’œuf est tellement rapide que je ne me suis pas posée de question sur la stérilité. L’adoption est réussie, la famille est unie, les amis sont présents, la création de l’orphelinat est un succès…. Tout coule trop bien et ne traduit pas du tout pour moi, la réalité des difficultés de l’adoption.
Sur la forme, j’ai souvent été gênée par l’emploi du passé simple, notamment dans toute la dernière partie. Cela donne un caractère un peu « pompeux » à l’histoire.
Un conte où tout est bien qui finit bien, sans qu’il y ait eu d’élément perturbateur.

Sophie. C’est vrai que c’est un peu trop « facile ». Finalement le seul souci c’est leur différence qui les empêche d’avoir un petit ensemble. À part ça, tout se passe au mieux. On peut voir ça comme un message d’espoir, une histoire qui réchauffe et qui fait du bien.

Et si l’histoire était juste une douce histoire d’amour, et si on n’était pas toujours obligé de semer d’embûches les narrations à destination des enfants ? Je me fais un peu l’avocat du diable mais de temps en temps, ce n’est pas désagréable, surtout dans ce contexte : adoption, différences, tolérance…Tout est presque bien et finit bien. Pourquoi pas ?

Alice. Je vois dans ce livre toute une succession d’évènements qui se suivent, qui passent, qui glissent mais je ne trouve personnellement pas d’accroche. Bien sûr que les embûches ne sont pas « obligatoires », mais les thèmes évoqués sont forts et j’attends qu’ils me »parlent ». Or ici, je lis bien l’amour, la différence, la tristesse, l’espoir, la joie… mais je ne ressens rien. J’attends d’un livre qu’il me touche, qu’il me fasse réfléchir, qu’il me surprenne.

Carole. C’est incroyable à quel point on peut entrer en lecture dans le même album mais de façon complètement différente ! En ce qui me concerne, avant de lire ta réflexion Alice, je ne m’en suis pas rendue compte, de ce manque d’embûches, d’obstacles pourtant bien réels et présents dans un vrai parcours d’adoption. J’ai plongé dans une jolie histoire qui se déroule bien avec une fin heureuse, comme Drawoua. Et comme ça fait du bien ! Peut-être que le climat social des derniers mois m’a donné envie de douceur, de rondeur, de jolies choses…qui sait ? Quoiqu’il en soit, cet album m’a émue.

Pouvez-vous parler des illustrations, du style de l’illustratrice, de ce que vous en avez pensé ?

Sophie. Ce sont des illustrations que j’ai trouvé un peu « japonisante » avec beaucoup de motifs à fleurs. Emna utilise une technique de découpage et de collage avec des papiers très colorés. J’ai trouvé ça un peu chargé par endroit mais joli dans l’ensemble.

Alice. Gros coup de cœur pour les illustrations ! J’adore le choix du découpage/collage, j’adore les imprimés, j’adore les coloris.. Rien qu’en feuilletant l’album, je me sens complètement dépaysée, dans un pays imaginaire, à l’autre bout du monde..

Carole. Gros coup de cœur pour moi aussi pour le collage des imprimés fleuris ! ça m’embarque au bout du monde, dans des contrées lointaines et inconnues ! voyage réussi du début à la fin ! bravo

Un dernier mot pour conclure ?

Carole. Je découvre la plume de Coralie Saudo, je connaissais ses illustrations, et je trouve son écriture sensible et rythmée. Quant à Emna, c’est aussi une découverte, je vais la suivre de près… Bref, deux jolies découvertes en un album très réussi !

Quelques pas de plus en découvrant les billets de chacune :

Celui de Sophie ici 

Celui de Carole   

Celui de Drawoua Ici

Le temps : hier, aujourd’hui, demain (2e partie)

(Deuxième partie – à partir de 8 ans)

8 – 10 ans
L’arbre de l’An Bientôt de Xavier Armange, illustré par Mathieu Redelsperger

Editions D’Orbestier, collection Rêves Bleus, 2011, 15 euros * par 3 étoiles *
L'arbre de l'an bientôtIl s’agit d’un grand album illustré pour les 8 – 10 ans. En l’An Bientôt, Cyla et Cely, 2 enfants du futur, suivent les cours sur la télékol, ont des numéros en guise de nom de famille, portent une combinaison antiradiation et un casque respiratoire, se déplacent en volant. Ils doivent aujourd’hui visiter le musée du passé. Ici sont exposés des objets des siècles derniers : une automobile à essence du XXI ème siècle, un ananas ou encore un noeud papillon. Mais surtout, ils découvrent un trésor : un arbre ! C’est un survivant, il respire encore bien que très malade et surtout il parle… Il va leur raconter son secret d’antan, comment on vivait à son époque, leur apprendre l’existence de feu les oiseaux, leur expliquer ce qu’est un baiser et aborder les relations parents-enfants… Malheureusement, les robotflics débarquent et coupent toute communication. Entre incompréhension de leur monde respectif et communication naturelle entre générations lointaines, l’arbre aura l’audace temporelle de donner aux enfants un marron, fruit de sa survie. Les deux protagonistes en feront-ils bon usage….?

Mon avis : j’ai beaucoup aimé et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’auteur utilise des mots très rigolos, plein de néologismes aux consonances onomatopesques ( oui moi aussi je crée des mots ! ) :  » quel drôle de blû ! « ,  » tu rechnoques complètement ! « ,  » et des compusplatchs ? « . Bref, à lire à haute voix, c’est drôle ! et ça ne gène en rien la compréhension. Ensuite, l’histoire : elle n’est ni moralisatrice, elle n’oppose pas le passé au présent, elle ne brosse ni un tableau idéalisé du passé ni un futur sombre et pollué. L’arbre du passé défend son point de vue et les enfants du futur aussi ! Ce n’est pas un match de valeurs, seulement un constat : des choses ont changé en bien ou en mal, certaines choses ont disparu au profit d’autres, il s’agit d’évolution. C’est une histoire d’écologie-fiction faite d’espoir, sans complaisance pour un passé révolu ni concession pour un présent robotisé. A chacun de prendre du recul et de se faire sa propre opinion. Cette lecture permet à mon avis d’engager un dialogue sur le rapport au temps, aux changement, à l’évolution. Enfin, les illustrations sont assez jolies et explicites. Il y a de la couleur et du plus sombre selon ce qui est évoqué. Dans l’ensemble, ce livre est intelligent et sensible, il aborde le thème de l’écologie dans l’air du temps, les jeux de mots et néologismes créent un rythme et apportent un aspect humoristique non négligeable et qui j’en suis certaine plaira beaucoup aux jeunes lecteurs.

L’avis de Kik :

9-12 ANS

Le passage des Lumières de Catherine Cuenca

série en 5 tomes – Editions Gulf Stream – 2012  * par Sophie Hérisson *

Zélie ne croit pas son oncle quand il lui dit avoir trouvé un passage vers le 18ème siècle. Pourtant elle se rend à son rendez-vous, entre dans la grotte… et se retrouve coincée en 1789 pour un mois.
L’occasion pour elle (et pour nous) de découvrir la vie d’un petit village près de Verdun quelques mois avant la Révolution. De trouver des amis aussi… et peut-être l’amour ?
Dans le premier tome, on nous présente surtout situations et personnages pour mieux nous faire entrer dans la Révolution Française dans les prochains tomes. Zélie détonne avec sa façon de vivre du 21ème siècle. Elle a bien du mal à se tempérer, à ne pas répondre, prendre la parole… et au final c’est ce qui nous fait sourire, c’est ce qui fait qu’on apprécie autant ce roman. L’aspect historique est bien soigné, avec un univers que l’on sent documenté, sans que le roman se transforme en documentaire comme souvent pour cette tranche d’âge. De belles illustrations accompagnent ce récit, couverture couleur et dorée, en-tête de chapitre, on plonge vraiment pour un sympathique voyage vers la Révolution Française.

Des avis plus complets :
Par Sophie Hérisson, sur le tome 1 Espoir, le tome 2 Révoltes, le tome 3 Victoires, le tome 5 Trahisons
Par Gabriel : le tome 1 Espoir, le tome 2 Révoltes, le tome 3 Victoires

 

 Ulysse Moore de Baccalario

 Bayard jeunesse * par Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse *

La série Ulysse Moore de l’auteur Pierdomenico Baccalario compte 12 volumes (10 sont sortis en français). L’histoire débute avec l’arrivée des jumeaux Jason et Julia, deux Londoniens, qui emménagent avec leurs parents dans la Villa Argo, l’ancienne demeure de la famille Moore située à Kilmore Cove, dans les Cornouailles. Très vite, ils se lient d’amitié avec Rick, un garçon du village. Ensemble, ils explorent la demeure et découvrent une mystérieuse porte munie de quatre serrures… Ils ne se doutent nullement que cette découverte va les amener à voyager à travers le temps et l’espace !
Bourrée d’énigmes, de messages codés, de carnets mystérieux rédigés dans des langues inconnues, de cartes, de croquis, cette aventure amène le lecteur à la découverte de l’Egypte pharaonique, du Moyen Age ou encore de la Venise du XVIIIe siècle. Le lecteur de 10 à 15 ans y trouvera certainement son compte tant les péripéties sont multiples, les rebondissements inattendus et les révélations surprenantes. Il ne manquera pas également de s’attacher à nos jeunes héros, aux caractères différents mais bien tranchés ! Une réelle réussite !

Retrouvez un avis plus détaillé sur les six premiers tomes sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse : (T1 : Les clefs du temps, T2 : La boutique des cartes perdues, T3 : La maison aux miroirs, T4 : L’île aux masques, T5 : Les gardiens de Pierre, T6 : La première clé)

 

Dès 12 ans

Shinobi life de Shoko Conami

Panini manga, 2006-2012 * par Lucie Bouma *

Beni, fille unique d’un riche mafieu, est sauvé par un ninja tombé du ciel, Kagetora. Le beau jeune homme dit venir du passé et est prêt à tout pour protéger la Princesse Beni. Mais ne la confond-il pas avec quelqu’un d’autre ?

Ce manga joue sur les sauts dans le temps avec merveille. L’histoire des deux protagonistes se construit autant dans le présent que dans le passé pour finalement construire leur avenir. Une belle histoire d’amour au pays des ninjas qui en plus se finit au 13ème tome.

Rouge Rubis de  Kerstin Gier

Edition Milan – 2011 * par Lucie Bouma *

Les familles Montrose et Devilliers possèdent le gène de voyager dans le temps depuis plusieurs générations. Gwendolyn n’en a pas hérité, en tout cas c’est ce qu’elle croit comme le reste de sa famille. L’avenir va lui prouver le contraire.

Cette trilogie (Rouge rubis, Bleu saphir et Vert émeraude) est menée tambour battant par Kerstin Gier. Entre complots, chronologie complexe et aventures inter-temporelles, la jeune Gwendolyne ne sera plus où donner de la tête, d’autant plus si l’amour s’en mêle en la personne de Gidéon Devilliers. Une série à découvrir sans attendre.

Pour en savoir plus, retrouvez les chroniques de Bouma  et les suites : Bleu saphir et Vert émeraude

Hier tu comprendras de Rebecca Stead

 Nathan jeunesse – 2011, 13€90, 246 pages * par Nathan *


Tu entres dans le bouquin et là qu’est-ce que tu as ? Pas cette lettre dont te parle le résumé mais des histoires, des fragments, comme des anecdotes et des personnages qui se succèdent. Mais oh, bien que j’ai lu le livre il y a un bout de temps, je peux vous dire que c’est la construction de ce roman qui fait son charme ! Tout finit par s’imbriquer de manière admirable … et le voyage dans le temps ! Il complexifie l’histoire mais tout est tellement bien expliqué et assemblé qu’on ne s’y perd pas et qu’au contraire on tombe d’admiration devant l’intelligence de ce récit original, léger et terriblement passionnant !

L’avis plus détaillé de Nathan.

2065 1. La ville engloutie de Jean Michel Payet

Milan Jeunesse 2010 – 2011 * par Sophie Hérisson *

Émile 13 ans découvre que son grand père a trouvé le moyen de voyager dans le temps. Il décide alors de partir dans le futur, en 2065 et découvre un monde en très mauvaise posture. Aventure, Amitié, Environnement, Voyage dans le temps sont autant de sujets qui sont traités avec beaucoup de justesse par Jean Michel Payet dans ce roman entraînant ! La thématique du voyage dans le temps, souvent malmenée dans les romans jeunesse, est ici menée avec brio et la protection de l’environnement est vue par les yeux d’un héros qui n’y prête aucune attention de prime abord. Le premier tome d’une série qui ne cesse de toucher et surprendre !

 Le signe de K1 de Claire Gratias

(2 tomes) – Syros collection soon, 2011, 320 pages * Choisi par Nathan *


Soon … de la science-fiction totale ! Ici nous sommes même je crois dans de la dystopie … les eaux ont tellement monté que la population se retrouve à vivre en haut des montagnes … j’adore ! D’autant que pour trouver une solution, des scientifiques et leur famille sont envoyés … dans le passé ! Et à mesure que je vous écris ces quelques lignes, les souvenirs remontent ! Quel plaisir que cette série de deux tomes, menée d’une plume bien aiguisée, taillée avec précision et passion, qui est pour le lecteur un véritable combat qu’il suit avec uppercuts de surprises, halètement dans le rythme qui tient sans relâche et … coup de cœur ! Grandiose !

dès 13 ans

Time Riders d’Alex Scarrow

Penguin Books pour la version originale, Nathan pour la version française.

* par Kik *

Quand on parle du temps qui passe, on se demande pourquoi on est là et maintenant, et pas ailleurs dans une autre vie, dans un autre lieu à une autre époque.
Quand on parle du temps qui passe, on se demande ce qu’il y avait ici avant, il y a des dizaines ou des centaines d’années.
Quand on parle du temps qui passe, on se demande pourquoi on ne peut pas naviguer dans les époques.
Quand on parle du temps qui passe, on se demande pourquoi on est obligé de regarder le temps passer inexorablement, sans pouvoir rien faire pour le ralentir ou l’accélérer.
Les voyages dans le temps fascinent par leur impossibilité. Et si seulement, on pouvait retourner en arrière. Et si seulement c’était possible… Alex Scarrow l’envisage dans ses romans de la série Time Riders. Voilà ce qu’annonce la quatrième de couverture :
Liam O’Connor aurait dû mourir en mer en 1912.
Maddy Carter aurait dû mourir en avion en 2010.
Sal Vikram aurait dû mourir dans un incendie en 2026.
Mais à la dernière seconde, une mystérieuse agence les a sauvés pour les recruter.
Désormais, ils sont les Time Riders. Leur mission : empêcher que les voyages dans le temps ne modifient le passé…et ne détruisent notre monde.

Là est toute la complexité des voyages dans le temps. Une petite modification dans le passé peut avoir de lourdes conséquences sur le présent. Les Time Riders doivent vérifier que des voyageurs dans le temps ne modifient pas ce qui doit se passer, même si l’on rêve tous d’empêcher les guerres et les morts. L’auteur réussit à jongler avec le temps. Les romans de cette série sont toujours riches de découvertes historiques.

3 tomes disponibles en Français :
1- Time Riders, 2012. Le nœud de l’intrigue est lié à la Seconde Guerre Mondiale.
2- Le jour du prédateur, 2012. On se retrouve face à des dinosaures et autres créatures des temps anciens qui auraient pu exister.
3- Code Apocalypse, 2012. L’action se déroule au temps du roi Arthur.

Des avis plus détaillés :
Le tome 1 chez : Kik, Nathan, Bouma Sophie Hérisson, Dorot’,
Le tome 2 chez : Kik, Nathan,  Sophie Hérisson, Dorot’,
Le tome 3 chez : Nathan, Dorot’,

Dès 14 ans

Le voyageur imprudent de René Barjavel

Folio, 1973, 256 pages, 5€95 * par Nathan *


Classique ne rime pas avec ennui. Et pour cause ! Malgré un début assez déplaisant, selon moi, on se retrouve vite plongé au cœur d’une intrigue trépidante ! La notion de voyage dans le temps est au cœur de ce roman, et Barjavel, précurseur de la science-fiction, en dresse là une critique, éloge, mise en garde, véritable réflexion qui m’a passionné ! Science bien sûr, mais aussi amour, et sentiments humains qui se permettent de venir toucher le cœur. A avoir lu … et avec plaisir bien entendu !

Le temps : hier, aujourd’hui, demain (1ère partie)

(Première partie)

Le temps est une notion difficile à appréhender pour les plus jeunes. Le temps qui passe, celui qui ne passe pas ; le passé, proche ou lointain, le présent qui à peine exposé, ne l’est déjà plus. Le futur, celui de demain, de quand tu seras grand, l’avenir, dans dix ans. Peut-être même plus, quand je serai vieille et que toi tu auras des enfants… Le temps est bien sûr très présent dans la littérature jeunesse, autour  d’elle aussi. Quand on a envie de prendre le temps de lire, de regarder, de commenter et de raconter par exemple. Nous avons eu envie de vous présenter une petite sélection sur cette notion. Le temps est aussi insaisissable qu’il est infini, aussi indéfinissable qu’il interfère avec d’autres notions, mêlant objectivité et sensations, parfois même émotions. La subjectivité. C’est aussi le prisme choisi pour vous présenter une sélection d’ouvrages pour tous les âges, des pistes de voyage et de compréhension du temps pour les petits et les plus grands, une sélection à notre image, entre narration du quotidien à l’aventure, en passant par de belles histoires ou la grande Histoire. Elle est aussi hétéroclite qu’est l’équipe d’ A l’Ombre du Grand Arbre.  •

Drawoua – Maman Baobab

Dès 1 an

Au revoir ! Bonjour !
de Catherine Leblanc, illustré par Laurent Richard

L’Elan vert, 2012 – *par Bouma*


Le temps qui passe est une notion difficile à appréhender pour les tout-petits. En partant du principe qu’à chaque fois que l’on dit au revoir à une activité (les jeux par exemple), on dit bonjour à une autre (l’arrivée de son papa), Catherine Leblanc explique le déroulement d’une journée type d’un l’enfant. Les illustrations simples et dynamiques permettront aux tout-jeunes lecteurs d’appréhender facilement ce petit format agréable à manipuler.

A partir de 2 ans

Une Année bien remplie de Xavier Deneux

Editions Tourbillon, 2009 – * par Bouma *

Deux arbres se font face. Grâce à leurs jolies frimousses et surtout à leurs branches, les enfants découvrent le temps qui passe. Les saisons se déroulent ; après le froid de l’hiver arrivent les feuilles de l’automne et la chaleur estivale. Douze doubles pages, une pour chaque mois de l’année, presque un calendrier !

Une autre chronique sur ce livre par Maman Baobab

Petit Ours Blanc a un an de Satoshi Iriyama

Editions Tourbillon, 2011 –  * par Bouma *

 

Lorsque naît Petit Ours Blanc, la nuit hivernale est froide. Au fil des saisons, il découvre la nature et le cycle des saisons. Un album plein de délicatesse et de tendresse autour des apprentissages d’un petit ourson durant sa première année. Les douces couleurs et les thèmes reconnaissables des illustrations finiront de séduire les plus sceptiques.

La chronique de Bouma sur son blog, c’est ici

Benny & Teddy : Comme des grands d’Emmanuelle Eckhout

Editions Pastel, 2012 – * par Bouma *

Benny, le lapin, et son ourson Teddy sont grands et le montrent tout au long de la journée. Chaque activité du quotidien (du petit déjeuner au coucher final) est l’occasion d’accéder à une certaine autonomie. Un album pétillant et dynamique qui donnera aux enfants l’envie d’apprendre par eux-mêmes à réaliser les tâches du quotidien.

Pour en savoir plus sur le point de vue de Bouma, c’est ici !

 A partir de 4 ans

La semaine de Souris Chérie, texte de Magdalena Guirao Jullien et Illustrations de Maïté Laboudigue
Editions Kaléïdoscope, 2001 – 13 € – * par Drawoua de Maman Baobab *

Que fait Souris Chérie du lundi au vendredi ? Que fait Souris Chérie le mardi, le mercredi ?  Et si Souris Chérie collectait de beaux habits, et si Souris Chérie se faisait jolie jolie et si Souris Chérie rencontrait un doux chéri ? Voici un très bel album aux douces illustrations et au ton poétique pour égrainer les jours de la semaine et filer filer sans plus attendre jusqu’à dimanche, filer d’impatience avec un cœur gros comme ça, vers le prince souris charmant.

Martine et les quatre saisons de Gilbert Delahaye et Marcel Marlier

collection Farandole, Editions Casterman – 1962 * par
Céline de Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse

Un petit album vintage ? Ca vous dit ? Martine et les quatre saisons est paru en 1962 avec Gilbert Delahaye pour le texte et le grand Marcel Marlier pour les images. Dans ce titre, il est question de calendrier. C’est le cadeau que Martine a reçu de son grand-père pour la nouvelle année (on est bien loin des Iphones et autres gadgets électroniques d’aujourd’hui). L’occasion pour son frère Jean et elle d’en feuilleter toutes les pages et d’énumérer les douze mois de l’année et leurs caractéristiques (toujours pareilles 50 ans après !). Un texte simple mais pas simpliste, des illustrations limpides, juste un peu désuètes peut-être, reprises pour certaines d’autres albums… En bref, un album qui fleure bon les plaisirs simples de la vie, le contact avec la nature et les jeux qui peuplaient nos journées d’enfance. De belles retrouvailles !

Retrouvez un avis plus détaillé sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse
et son challenge Vintage ici

 A partir de 5 ans

Le dimanche de Monsieur Pervenche, texte de Jeanne Taboni Misérazzi et illustrations de Mayana Itoïz

Editions Les P’tits Bérets, collection La Tête sur l’Oreiller, 2011 – 12,9 € – * Par Drawoua de Maman Baobab *

Monsieur Pervenche n’aime pas le dimanche. La veille du dimanche d’ailleurs, il fait une nuit blanche. Le dimanche, les rues sont vides, le village est sans vie, il ne se passe rien. Angoissant. Encore plus quand on vit seul… Ce qui est le cas de Monsieur Pervenche qui, va avoir une belle idée. Celui d’écrire des lettres et de semer des mots dans tous le village. Le dimanche va devenir pour tout le village une journée très attendue. Les habitants découvriront-ils celui qui remplit secrètement leurs boites aux lettres ? Voici une tendre histoire aux illustrations d’une grande douceur pour donner une autre vision du dimanche que Monsieur Pervenche, pour sûr, n’est peut-être pas le seul à ne pas aimer. Et si cela changeait ?

Retrouvez un avis plus détaillé sur Maman Baobab

 Jean-Michel le caribou des bois de Magali Le Huche

Editions Acte Sud Junior – mars 2009 – * par Maman Baobab*

Excellent ! C’est le premier qualificatif qui me vient au sujet de ce grand livre. Un livre jeu, un livre-circuit dans lequel le jeune lecteur revêt le costume de super-héros, celui de Jean-Michel le caribou. Tous les doudous ont disparu. Une vraie catastrophe pour les habitants de Vlalbonvent. Les responsables ? les Koumpfs, bien sûr ! Heureusement que Jean-Michel est là pour leur courir après. Mëme si en raquettes, il faut bien le dire ce n’est pas si pratique. Il ne lui faudra pas plus d’une journée pour les retrouver. Une vraie course contre la montre basée d’ailleurs sur le rythme d’une journée classique : lever, matinée, pause-déjeuner, sieste, goûter, bain, dîner, l’aventure continuera même jusqu’à minuit ! Sur chaque double page un parcours, de l’humour et une petite pendule qui indique l’heure. Facile de se repérer et de vaincre les méchants avec le super héros super gagnant et pourquoi pas d’apprendre à déchiffrer les pendules et à percer le secret des aiguilles. Pas celles qui sont dans les bottes de foin, celles qui sont sur les pendules. A mettre à l’heure bien entendu !

Retrouvez l’auteure interviewée sur La Mare aux Mots

Le livre orange de l’automne et Le livre rouge de l’hiver de Sophie Coucharrière  et Hervé Le Goff
Editions Flammarion Père Castor – * par Drawoua de Maman Baobab *

 C’est à l’attention des maternelles que s’adresse cette collection de documentaires très bien conçue.  Un album par saison – les deux prochains sur le printemps et sur l’été sont à paraître – qui répond aux questions, expliquent les modifications et les spécificités liées aux saisons avec des termes techniques, des définitions et des schémas, quelques ateliers qui proposent une expérience et une recette de cuisine, mais surtout au fil d’une histoire. Les couvertures de cette collection sont remarquables, couleurs vives, tout cartonné avec l’empreinte d’un arbre dont les changements sont caractéristiques de la saison présentée. Très belle collection qui allie le ludique à l’éducatif dans des albums incontournables.
J’avais chroniqué Le livre orange de l’automne, l’automne dernier Là 

A partir de 6 ans
Tout sur l’automne – Album documentaire de Clémentine Sourdais et Charline Picard

Éditions du Seuil jeunesse – 2011 – * par Sophie Hérisson *

Tout sur l’Automne est un album documentaire issu d’une série sur les saisons. C’est la diversité de la présentation qui est particulièrement intéressante car on va trouver à la fois des bandes-dessinées informatives avec l’expert Loupiote, des pages qui proposent des scènes de vie, des planches pédagogiques (imagiers naturalistes), et de la poésie. Orienté autour de trois axes, la nature, les animaux et le quotidien, il offre de nombreuses informations intéressantes, traitées avec un sérieux scientifique mais aussi de l’humour grâce à l’expert Loupiote. Ce personnage un peu exaspérant permet d’avoir un fil conducteur tout au long du livre. Un livre pour enfants que les parents prendront aussi plaisir à feuilleter. C’est en plus un très beau livre !

Vous pouvez visualiser un extrait sur le site de l’illustratrice –  ici  – et un que j’aime particulièrement !

Bouma a également chroniqué ce livre Ici

A partir de  8 ans

La collection La Cabane Magique de Mary Pope Osborne

41 titres édités chez Bayard * par Kik *

Pour faire la transition entre les albums pour les enfants et les plus grands, il y a la série de romans La Cabane Magique de Mary Pope Osborne, édité chez Bayard. Deux enfants, Tom et Léa, parcourent différentes époques, à l’aide de livres. Ils vivent des aventures en lien avec l’époque explorée. Ces romans pour lecteurs débutants permettent de joindre l’utile à l’agréable, on vibre lorsque les personnages sont dans des situations difficiles (ce qui arrive très souvent) et on découvre une période historique. A l’heure actuelle il y a 41 tomes, de quoi passer plusieurs heures à bouquiner aux côtés de Tom et Léa.

Lecture Commune de La Fille Verte

Quand j’ai lu, une fois, deux fois, plus encore La Fille Verte de Vincent Cuvellier, j’ai été très surprise, je me suis dit aussi, c’est exactement le genre d’album autour duquel je voudrais discuter avec mes complices d’A l’Ombre du Grand Arbre. 4 blogueuses m’ont suivie sur cette lecture commune : Kik, Bouma, Pépita, Sophie.

la fille verteLa fille verte  de Vincent Cuvellier, illustré par Camilla Engman, album Gallimard Jeunesse publié en septembre2012

Drawoua : Première question pour commencer, quel a été votre sentiment en refermant le livre ? Vous avez aimé, pas aimé ? Quelles émotions avez-vous ressenti durant la lecture ?

Kik : Ma première impression a été d’avoir rêvé. Je me suis demandée jusqu’au bout ce qu’il allait advenir de cette fille verte. Un songe dans un jardin. Une après-midi passée au milieu des hautes herbes. J’ai vécu cette lecture comme une pause, un moment pendant lequel le temps a été ralenti.

Bouma : Ma première impression a été de me dire « Heuuuu ? ». Qu’est-ce que je viens de lire ? Je suis restée perplexe autant sur la forme que sur le fond de cet album qui pour moi n’en ai pas tout à fait un, où en tout cas un album qui sort des normes.

La fille vertePépita : J’ai d’abord été accrochée par la couverture très mystérieuse. Et j’ai commencé à lire… d’une traite. J’ai été envoûtée par cet album-roman (il se situe entre les deux pour moi), j’ai presque « vécu » la métamorphose comme la jeune fille, j’étais avec elle dans son jardin secret, j’entendais le froissement des herbes, les voix au loin, je sentais les odeurs, je fourmillais de partout. Etrange et délicieux à la fois. Et quand j’ai refermé le livre, c’était comme si je me réveillais d’un beau rêve. Un peu étourdie. Et je l’ai ouvert à nouveau pour m’attarder cette fois sur les illustrations que je n’avais pas vraiment eu le temps d’apprécier (elles sont superbes !) tellement j’étais happée par les mots.

Sophie : J’ai aussi été perplexe en refermant le livre la première fois. Du coup, je l’ai feuilleté à nouveau et j’ai mieux compris ce qu’il s’était passé. Finalement, j’ai aimé, c’est le genre de livre qui pose des questions et j’aime ça.

Drawoua : Si je vous ai posé la question de votre ressenti en premier, c’est vraiment parce que de mon côté, j’ai été happée par la lecture. Je suis passée par de multiples sentiments. Des sensations aussi. Quand j’ai refermé  le livre, je me suis dit : « mais de quoi ça parle ? ». C’est ma deuxième question !

Kik : il est question d’évasion, d’envie d’ailleurs, d’absence, de solitude, d’oubli… Je ne sais pas vraiment. C’est étrange.

Sophie : Si on s’en tient au texte, il s’agit d’une petite fille qui apprécie de passer du temps dans un coin de son jardin au point qu’elle finit par s’enraciner et se transformer en arbre. Évidemment, c’est un peu plus compliqué et abstrait que ça. À la fin de l’histoire, on comprend que tout ça n’était en fait un rêve.

Bouma : Il s’agit d’une petite fille rêveuse qui porte un regard assez distant sur sa personne et sur le monde qui l’entoure. C’est aussi un récit sur la nature, qui reprend ses droits…

Drawoua : Quand on reprend la présentation de l’éditeur, le livre est défini comme « Une fable poétique qui parle de la métamorphose de l’enfance et de l’adolescence« . Qu’en dites -vous ?

Sophie :  Fable poétique, je suis totalement d’accord. Par contre, la métamorphose de l’enfance à l’adolescence, je ne l’ai pas spécialement vue. Même si on voit bien que cette expérience a fait grandir cette jeune fille.

La fille vertePépita : Il est question dans ce livre d’une presque jeune fille qui vient de déménager, qui découvre un nouvel endroit, qui essaie de se l’approprier… Elle partage sa chambre avec son petit frère, cette proximité ne l’enchante guère. Elle a besoin de se ressourcer, de se retrouver et se réfugie donc dans ce jardin secret au sens propre, au fond du terrain de son immeuble. Au sens figuré, ce livre est une belle métaphore du passage de l’enfance à l’adolescence : ce jardin, dans sa vie et ses transformations au fil des saisons, l’accompagne dans sa croissance à elle et lui permet d’écouter ce qui se passe dans son propre corps. Ce ressourcement intérieur grâce à la nature lui permet de grandir et de l’accepter. C’est une magnifique fable poétique en effet.

Bouma : Et bien, c’est justement la quatrième de couverture qui m’a appris ce dont le livre parle. J’ai trouvé le texte beau, l’écriture simple et imagée… peut-être un peu trop car je n’en ai pas compris vraiment le sens.

Kik : Elle grandit, c’est vrai. Mais comment savoir si c’est un passage de l’enfance à l’adolescence? Ce changement se fait toujours au cours de l’hiver?! Je n’ai pas lu le quatrième de couverture (je ne les aime pas!), sans son évocation ici, j’aurai plutôt dit qu’il s’agit d’un nouveau départ dans une nouvelle maison, malgré des points de contrariété et une envie d’isolement.

Drawoua : Nous nous sommes approprié le texte d’une manière différente et ne nous accordons pas non plus tout à fait sur le sens (ou en tout cas pas vraiment avec la présentation de l’éditeur). On peut avoir de multiples entrées de lecture de ce texte. Qu’en pensez-vous. ? Est-ce un atout ? Est-ce que cela vous a déstabilisé ? Emporté ? Dérangé ?

Pépita : C’est une fable poétique et le propre de la poésie, ce sont les multiples entrées… Pour ma part, j’ai trouvé ce texte magnifique, les illustrations sont superbes aussi. Je n’ai pas été déstabilisée mais emportée par ce voyage au fond du jardin, j’étais cette jeune fille. Ce texte a trouvé résonance en moi : adolescente, je m’étais choisie un arbre confident qui me ressourçait quand j’en ressentais le besoin. Il m’a accompagnée longtemps. Il était mon jardin secret. En fermant les yeux, je le vois et je le sens encore … Mais je comprends tout à fait qu’on puisse être quelque peu surpris à la lecture de ce livre et qu’on ne voit pas très bien où il mène.

Sophie : Après une première lecture un peu perturbée, j’ai finalement apprécié ce texte. Il m’a fallu un peu de réflexion et une seconde lecture mais j’ai réussi à y trouver un sens.

Bouma : Je ne pense pas que cela soit un atout mais ce n’est pas un frein non plus. Cela donne au contraire l’impression que le livre s’adapte au lecteur. En fonction de sa sensibilité, chacun y comprendra une symbolique différente.  Après en ce qui me concerne personnellement, toute cette symbolique m’a déstabilisé. Je ne m’attendais pas à un tel texte dans un livre de ce format. Et il m’a fallu une deuxième lecture (comme Sophie) pour apprécier la beauté du texte et la rythmique des mots. J’ai seulement peur qu’un tel livre mérite une grande médiation pour satisfaire son lectorat jeune…

Kik : Chacun perçoit un livre de manière différente. Il est vrai que ce livre en particulier qui explore une métamorphose (vraie ou pas, symbole de quelque chose ou pas) invite à une appréciation très personnelle. Pour ma part, je trouve que cette qualité est un atout, et que cela témoigne d’une richesse de l’écriture et des illustrations.

Drawoua : Je relève ce que tu poses comme éventuelle difficulté Bouma concernant le travail de médiation qui pourrait être à faire par l’adulte mais aussi ce que tu soulignes Kik sur le fait que l’on perçoive le livre de manière différente. Cela laisse, selon moi, laisse toute la place au jeune lecteur d’entrer dans l’univers que peint Cuvellier. Entre ces deux positions, n’y aurait-il pas un pont, une autre entrée dans le texte que sont les illustrations ?

La fille verteKik : Effectivement, les illustrations correspondent bien à l’univers décrit par Vincent Cuvellier. J’y ai trouvé la part de nature, de douceur et de questionnement que m’a inspiré le texte. La composition des images peut parfois paraître particulière (avec un focus sur un détail par exemple), je la trouve surtout poétique.

Pépita : Les illustrations sont en effet superbes. La couverture est très attirante aussi. Elle m’a donné envie d’ouvrir ce livre de suite. L’alternance des pleines pages et les détails insérés dans le texte (le texte s’adapte même aux petites illustrations) rendent cette fable poétique plus forte encore. Elles participent pleinement de l’histoire (pp.26-27 : cette double page est magnifique !). Elles sont douces, le papier est agréable au toucher et dans son grain, le format idéal. C’est aussi un voyage au pays des sens. C’est un beau travail réalisé entre l’auteur et l’illustrateur je trouve.

Sophie : Les illustrations sont mon coup de cœur pour ce livre et ce qui m’a donné envie de l’ouvrir. J’ai adoré ces tons pales et ces couleurs très naturelles. J’ai trouvé que les dessins en pleine page correspondaient vraiment à l’histoire et enrichissaient le texte. Les autres sont pour moi plus des éléments de décor qui permettent de plonger le lecteur dans l’ambiance générale du livre.

Drawoua :  une couverture verte, une illustration pleine page verte, une fille verte. La couverture vous a t-elle incitée à la lecture ? A quoi vous attendiez-vous en entrant dans cet univers ? Qu’est-ce que vous retiendrez de cette lecture ?

Bouma : La couverture donne vraiment envie de lire ce livre. Avec le titre, je m’attendais effectivement à une histoire sur la nature, mais j’imaginais quelque chose de moins réel (genre une fille porteuse de la voix de la nature). Ce récit m’a complètement prise au dépourvu. Ce que je retiendrais de cette lecture est le questionnement qu’elle a soulevé en moi. J’ai eu du mal à entrer dans la fable de l’auteur, à en comprendre la signification et c’est assez rare en littérature de jeunesse pour que ça me marque (surtout pour un album).

Sophie : Je ne peux pas dire que je m’attendais à grand chose. Non, je n’avais aucun a priori sur cette lecture, peut-être l’idée qu’on me parlerait de nature mais pas plus. En revanche oui la couverture a totalement motivé ma lecture. Je l’ai trouvé (et la trouve encore) sublime et c’est en général suffisant pour me convaincre d’ouvrir un livre sans même savoir de quoi il parle.

Pépita : La couverture m’a littéralement séduite. Elle donne vraiment envie d’ouvrir ce livre pour savoir ce qu’il nous réserve. De plus, le contenu correspond parfaitement bien ainsi que le titre. Cette lecture m’a transportée dans un univers que j’ai eu le sentiment à un moment de ma vie de fréquenter. Le temps n’avait plus prise et c’est délicieux. Je ne m’attendais à rien de particulier. J’ai pris les mots, les illustrations et je me suis sentie comme la fille verte. C’était étrange. Je n’ai pas ressenti le besoin de le relire. Tout est dit. Tout est reçu. Cette lecture restera longtemps présente. J’ai souhaité aussi donner à lire ce livre à ma fille qui va avoir 13 ans et elle a beaucoup aimé ce voyage intérieur et sensoriel.

La fille verteDrawoua : Pour orienter vos dernières réponses sur l’album, j’aimerai vous convier, si ce n’est déjà fait, à lire l’article de Vincent Cuvellier concernant la genèse de La Fille Verte. UN texte qu’il a publié sur son blog : http://vincentcuvellier.canalblog.com.  Il indique notamment que bien que le texte tourne autour d’une jeune fille de 13 ans, il s’agit du texte le plus autobiographique qu’il ait publié. Il insiste aussi sur la difficulté de trouver un illustrateur Il s’est tourné vers Camilla Engman, illustratrice suédoise qui travaille particulièrement les matières organiques. En vous remerciant de m’avoir suivie dans cette lecture, je vous laisse réagir et conclure chacune votre tour.

Bouma : J’ai effectivement lu cet article de Cuvellier lorsque j’ai fait des recherches pour cette lecture. Cela m’a permis (après-coup) de mieux comprendre le récit de l’auteur, son travail également et combien ce texte lui tenait à cœur. Je crois que ma sensibilité n’a pas réussi à s’accorder à la sienne sur cet album, et c’est bien dommage car cela reste un objet de grande qualité.

Pépita : Comme Bouma, j’ai lu aussi cette genèse de l’album expliquée par Vincent Cuvellier lorsque j’ai préparé ma chronique pour mon blog. Je n’ai pas été surprise. Cela a totalement conforté ma lecture de ce roman-album qui restera pour moi une très belle rencontre. Je pense que je le relirai régulièrement. Je l’ai reçu comme un vrai et rare cadeau.

Kik : J’ai aimé savoir que cet album a été pensé, malaxé, recréé, réfléchi, oublié, repris… Il a vécu avant de voir vraiment le jour. Comme la transformation qui s’opère au fil des pages, l’auteur a réellement créé peu à peu son ouvrage. Rien n’a été fait au hasard. J’aime ces albums qui respirent une bonne odeur de création, de vécu … et de tripes ! (C’est bizarre à dire, mais c’est ça, en fait ! exactement ça !)

Sophie : C’est intéressant de savoir comment est né ce livre. Si comme Bouma, je suis un peu passée à côté, je reconnais la qualité de cet album tant sur le texte que les illustrations.

En bonus :

Camilla Engman, l’illustratrice suédoise qui s’est si bien accordée au texte de Vincent Cuvellier, nous parle  de cet album :

« J’ai tout de suite aimé le texte de Vincent. Etant enfant, je passais beaucoup de temps en pleine nature et c’est encore le cas maintenant. La nature est très importante pour moi. Voilà pourquoi le texte me parle particulièrement. J’étais totalement libre de fournir mon interprétation du texte. Je pense qu’ils me l’auraient dit si j’avais été à côté de la plaque. Je dessine et travaille avec Photoshop. Les couleurs s’imposent d’elles-mêmes.  Je travaille avec mon cœur et mon instinct et j’essaie, autant que possible, de ne pas trop impliquer mon cerveau dans le processus. Je m’appuie sur mon expérience et mon savoir-faire de ce genre d’exercice » *.

Son site : http://www.camillaengman.com
Son blog : http://camillaengman.blogspot.fr

*Merci à Pec pour la traduction

Retrouvez nos chroniques sur nos blogs :
Pour Pépita Méli-Mélo de livres : http://melimelodelivres.blogspot.fr/ : c’est ici : http://melimelodelivres.blogspot.fr/2012/11/la-fille-verte.html
Pour Bouma du blog Un Petit Bout de bib c’est ici : http://boumabib.fr/2012/11/14/la-fille- … cuvellier/
Pour Sophie du blog La littérature jeunesse de Judith et Sophie, c’est ici : http://litterature-jeunesse.over-blog.f … 19396.html
Pour Kik des Lectures de Kik, c’est ici : http://leslecturesdekik.blogspot.fr/2012/12/la-fille-verte-vincent-cuvellier.html
Pour Drawoua de Maman Baobab, c’est ici : http://maman-baobab.blogspot.fr/2012/11/la-fille-verte.html

Partez à la rencontre de l’auteur Vincent Cuvellier via son blog : http://vincentcuvellier.canalblog.com

Les illustrations de cet article sont réalisées par Camilla Engman et sont publiées sur A l’Ombre du Grand Arbre avec son aimable autorisation.