Coups de coeur de l’été

Septembre est arrivé, avec la rentrée des classes. L’été touche bientôt à sa fin, c’est donc l’occasion de vous partager les coups de coeur estivaux à l’ombre du grand arbre !

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Pour Hélène la grande lecture de l’été n’est pour une fois pas un livre jeunesse mais un titre de Julie Gielen-Michel.

Croire aux fées mais pas aux clichés est un ouvrage très documenté mais édité de manière moderne, sous forme de fiches. Il peut donc se lire du début à la fin ou par petites touches en fonction des sujets qui nous intéressent particulièrement. Il permet de se rendre compte des biais sexistes dans la littérature de jeunesse, liés évidemment au contexte dans lequel ces oeuvres sont écrites.

Agisme, racisme sont également convoqués pour expliquer comment la figure de la sorcière ou de l’étrangère sont parfois utilisées de manière caricaturale. tant dans la vision qu’il en est donné à voir que dans celle d’elle-même qu’elles intériorisent, tout ceci étant bien entendu lié. Le temps de parole des personnages féminins concentrent également beaucoup d’enjeux… Car les plus bavardes ne sont pas toujours celles que l’on croit.

Tous les chapitres n’ont pas forcément convaincu Hélène mais beaucoup d’entre eux permettent de prendre conscience et de chiffrer l’ampleur de certaines questions comme le nombre de mots utilisés par les personnages féminins inférieur à celui des hommes alors que ces denières sont pourtant beaucoup plus facilement traitées de pipelettes.

 Croire aux fées mais pas aux clichés – Le guide pour comprendre et combattre les clichés sexistes de la fiction jeunesse ; de Julie Gielen-Michel  et Fanny Vella – Le Courrier du Livre, 2025

Un magnifique album, très à propos lors de cet été caniculaire a retenu son attention, il s’agit de la Terre Sens dessus dessous de Coline Pierre et Maureen Poignonec.

Terre Sens dessus dessous de Coline Pierre et Maureen Poignonec – Grund, 2026

Enfin, un roman l’a particulièrement fait rire lors de ses allers retours au travail en bus (que voulez-vous, on enchante le quotidien comme on peut !)

Il s’agit de Code Petite Sirène de Clémentine Beauvais et c’est une très bonne surprise car le premier de la série, l’affaire Petit Prince, ne l’avait pas vraiment convaincue.

Cette fois on suit Pierre DéteXtive privé qui se fait littéralement embarquer par une agente secrète danoise dans une nouvelle mission (alors qu’il est, rappelons le, toujours interdit d’exercice de la profession de détecXtive, les raisons sont détaillées dans le tome 1 qui concerne le Petit Prince). Une traversée en bateau pleine de mystères et de rebondissements, avec Bas de Casse en guest-star (enfin en passager clandestin plutôt).

Entre énigmes textuelles, ex-conjoints qui refont surface air plus mauvais moment, des quiproquos dont Clémentine Beauvais a le secret et des analyses inédites du conte de la Petite Sirène en toile de fond, Hélène a passé un très bon moment de lecture et vous conseille ce livre, qui se lit indépendamment des autres de la série.

Petite info bonus pour vous donner encore plus envie : Clémentine Beauvais a indiqué dans un podcast que le personnage de Bas-de-Casse était inspiré de Fifi Brindacier. Un grain de malice qui donne tout son sel au livre.

Code petite sirène : Pierre Bayard DeteXtivePrivé de Clémentine Beauvais – Sarbacane, 2026

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Pour faire baisser sa PAL composée de livres trouvés dans des boites au fil des années, Lucie a lu beaucoup de littérature générale cet été. Mais quelques titres jeunesse ont réussi à s’infiltrer, dont deux vrais coups de cœur.

Quand on s’attaque à un album qui a reçu la Pépite du SLPJ 2025 catégorie « Livre illustré » et qui fait partie de la sélection du prix UNICEF, les attentes sont élevées. Quand ces attentes sont comblées, quel plaisir de partager son coup de cœur !

Il s’agit d’un album pour les « grands petits », les tout jeunes lecteurs. Découpé en chapitres, il est assez épais et adopte la forme d’un roman mais bénéficie en pleine page des illustrations nettes et colorées d’Aurore Petit.

Un jour qu’il se promène dans la forêt et profite de la moindre stimulation sensorielle de cet environnement, Pavel trouve un bébé. Mais voilà, il n’a aucune expérience en la matière : comment s’en occuper ? Étonnant album qui explique le chambardement de l’arrivée d’un enfant, mais aussi tout ce que les parents apprennent de leur progéniture. Et que l’amour filial ne s’encombre pas de ressemblance.

Pavel et Mousse, Aurore Petit, Les fourmis rouges, 2025.

Son avis complet ICI.

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Toujours à la recherche d’histoires mettant en scène des garçons respectueux et réfléchis avec les femmes pour nourrir les discussions avec son ado, Lucie avait hate de découvrir celui-ci qui semblait cocher toutes les cases. Ado aidant, skateur, fan de musique et ami fidèle, Benjamin a de nombreuses facettes et suscite beaucoup d’empathie. Aussi, quand il tombe amoureux, le lecteur a envie de le voir heureux.

Ce roman est l’illustration parfaite des changements que peuvent opérer les relations : on se met à s’intéresser à des choses qui nous laissaient indifférents, à faire des choses dans le seul but d’épater l’être aimé… ce tourbillon d’émotions et de nouveautés qui emporte Benjamin est très stimulant. D’autant qu’il implique une vraie réflexion sur la sexualité. Ce roman est très agréable à lire et, ce qui ne fait jamais de mal, est un point de départ pour des discussions sur les relations homme-femme avec des jeunes. D’où sa présence dans notre sélection EVARS à destination des élèves de lycée et de CAP.

Quelque chose de beau, Julie Rey, L’école des loisirs, 2025.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin c’est sa perpétuelle quête d’albums pour les tout-petits qui a déniché quelques histoires plus belles les unes que les autres. Avec Loupiotes de Marine Rivoal, le bébé atteint les sommets de la douceur.

Le bain est donné, l’histoire est racontée, le doudou est paré de son jaune lumineux et accompagnera ce bébé vers le doux moment de l’endormissement. Loupiotes comme ces petites touches de lumières çà et là qui viennent éclairer la nuit. Bienvenue dans le monde où le papillon viendra chercher sa lumière, où le phare illuminera la mer, où le jour semble vouloir se pointer sur nos loupiot(e)s. La tête remplie de rêves qui glissent lentement vers le réveil, bébé pourra enfin saluer le lever du soleil printanier.

Avec une grande délicatesse, Marine Rivoal joue sur l’ombre et la lumière. Dans cet album sans texte, la technique utilisée pour la réalisation des illustrations nous invite à la quiétude comme si le rêve envahissait lentement l’endormissement du bébé. Une histoire douce qui laisse le temps s’échapper vers le monde de la nuit.

Loupiotes de Marine Rivoal – Les Grandes personnes, 2026

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Dans Premier Souffle de Hu Yifan, la vie inspire et expire. Si le Mont Fuji entrait en irruption, il nous montrerait d’abord son calme légendaire « inspire » pour mieux laisser échapper la lave volcanique brûlante « expire ». La grenouille inspire pour expirer un souffle qui sort de sa gorge gonflée d’air. L’escargot fait beaucoup d’effort pour sortir de sa coquille. Quant aux pissenlits, au moindre souffle la Nature fait s’envoler ses pistils cotonneux. Ensemble nous pouvons ressentir le calme lorsque notre « machine » s’arrête et stoppe ses pensées…

La couleur domine cet album où le monde animal et végétal est célébré. Soyons à son écoute, inspirons-nous d’eux pour mieux accueillir ces petites vies qui naissent aux quatre coins de la planète.

Premier souffle de Hu Yifan – HongFei, 2026

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Le plus gros coup de cœur de l’été, pour Séverine, c’est le dernier roman-graphique, de Myren Duval et Emma Constant, qui avaient déjà signé ensemble le magnifique et inoubliable Merci pour la tendresse, chez les Editions du Rouergue Jeunesse. De tendresse, encore, il est question Dans Tant pis pour les fantômes, avec humour, poésie, un peu de tristesse, mais aussi de la joie, et beaucoup d’amour. Cette fois-ci, le duo autrice/illustratrice, qui rivalise de vitalité, de finesse et de sensibilité, nous emmène dans un road-trip à hauteur de môme. Avec Titouan et Timothée, deux frères placés en foyer de l’enfance, nous marchons sur le fil de l’émotion, aux confins d’un lien indéfectible, plus solide que les murs, plus fort que la peur et la mort…Pendant leur périple, on croisera des fantômes, bien sûr, un chien mâle chanceux, des baskets qui parlent, des vers de terre de cimetière et des dragons d’époque, un adulte davantage perdu- isolé-apeuré que méchant, une éducatrice plus-que-parfaite… Et à la fin, très émouvante, se profile un grand espoir de réparer le passé pas simple des deux jeunes garçons. Séverine, désormais, a Titou et Timi dans le cœur, elle est prête à parier que vous succomberez aussi.

Tant pis pour les fantômes, de >Myren Duval et Emma Constant, Rouergue Jeunesse, 2026

Son avis complet ICI.

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Héloïse a fondu pour Le Petit chêne et le moineau, d’Alexandra Garibal et Christine Davenier. Dans cet ouvrage : un petit chêne qui pousse de travers, des animaux qui tentent à tout prix de le redresser, un moineau qui s’inquiète et qui écoute… bref, une très belle métaphore de l’éducation positive te bienveillante.

Héloïse a adoré les messages dispensés : cette ode à la différence, cette invitation à accepter l’autre tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, à l’aider à grandir et à s’épanouir. Et puis… Les illustrations sont si belles, expressives, colorées !

Le petit chêne et le moineau, d’Alexandra Garibal, illustré par Christine Davenier. Didier Jeunesse, 2026

Son avis complet ICI.

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Autre ouvrage qui l’a beaucoup ému cet été, mais cette fois-ci à destination de lecteurices autonomes : Le Jardin aux acacias, d’Elise Blaque. Dans ce roman très poétique, un jeune enfant qui s’ennuie, Max. Pour parer à ce problème, ses parents l’envoient chez son grand-père. Mais là-bas, il s’ennuie tout autant…

Héloïse a adoré voir éclore cette très jolie relation entre un enfant et son papy. Une relation faite de silences, et d’instants partagés. D’un coté, nous avons un enfant qui apprend à voir la vie autrement, de l’autre un grand-père qui dévoile peu à peu ses secrets. C’est une très belle histoire intergénérationnelle, qui défend la solidarité, l’attention aux autres, nous parle aussi de résilience, et de la douceur fragile des instants partagés. Un coup de cœur, un coup au cœur 💙 !

Le jardin aux acacias, d’Élise Blaque, Didier Jeunesse, 2026.

Sa chronique ICI.

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Et vous, quelles lectures vous ont transportés cet été ?

Vacances rime avec Intense


Pour Héloïse (Helolitla), le mot Vacances rime avec « intense ». Que ce soient l’amour, la confiance en soi, les rencontres hautes en couleurs, pour elle, c’est clair, les vacances, c’est le moment d’explorer, de rencontrer, d’aimer, de se retrouver. Un peu à la manière de Séverine donc sur le thème de l’amour et de l’amitié, un peu à la manière d’Hélène pour la confiance en soi, mais en mode… intense ! 


Et quoi de mieux que la littérature adolescente pour exprimer le mieux le bouillonnement et l’effervescence de cette période où l’intensité est à son paroxysme ? Voici donc une courte sélection de romans ado, pas toujours estivaux, mais qui lui ont procuré des émotions intenses !

*** Des héros-ïnes qui ressentent tout intensément ***


Yellow Feu follet, l’héroïne du roman éponyme de Siècle Vaelban, fait partie de ces héroïnes qui ressentent tout intensément. Yellow court dans tous les sens, mais elle est aussi solaire et très touchante, à l’image de ce roman qui a beaucoup ému Héloïse, et qui traite entre autres, de santé mentale. C’est un texte court, qui fourmille d’émotions, qui nous plonge dans la beauté du monde et de la nature, dans la complexité des émotions, avec justesse, et poésie.

Yellow Feu Follet, de Siècle Vaëlban, L’école des Loisirs, 2026

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Dans un tout autre style, mais qui ne laisse pas indemne, on retrouve Miriam, l’héroïne du roman Hyper, d’Émilie Chazerand. Et le titre du roman colle bien au personnage de Miriam, qui est à la fois hyper drôle, malgré la tristesse et la gravité du quotidien qu’elle nous narre, hyper sensible (elle perçoit les émotions et les exprime de manière exacerbée), hyper cynique (âmes sensibles se méfier, certaines de ses réflexions sont bien noires), hyper attachante surtout. Héloïse a adoré l’intensité de ce texte caustique, presque dérangeant par moments, qui bouscule et bouleverse.

Hyper, d’Emilie Chazerand, Pocket Jeunesse, 2025

Ce roman était d’ailleurs l’objet d’une lecture commune entre Lucie, Liraloin et Héloïse.

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Eden, l’héroïne de Marie Colot, est à fleur de peau, mal dans sa tête depuis un événement tragique, rongée par la culpabilité… Sur la thématique, choquante !, du marché de la réadoption aux Etats-Unis, l’autrice embarque ses lecteurices, le temps d’un été, dans la vie de cette héroïne écorchée, qui a peur de s’attacher. C’est vif, parfois brut, parfois poétique, mais toujours juste. On ne peut que se laisser emporter par Eden, sa verve, son énergie, et ce roman lumineux, bourré d’optimisme, sur la résilience, la capacité à surmonter les épreuves.

Eden, fille de personne, de Marie Colot, Actes Sud, 2021

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Coment ne pas parler de Nathanaël Stone, le héros de La première Rose de Bloomstone, de Mary Orchard ? Les difficultés qu’il doit affronter, son abnégation, son courage, et surtout, la générosité et l’empathie dont il fait preuve… Il a énormément touché Héloïse, ce jeune homme qui se sent vite différent des autres, hypersensible, qui doit se battre dans une société qui n’est prête à accepter ni ses émotions, ni son orientation sexuelle. Une lecture-doudou, cosy, qui fait pleurer, qui fait sourire.

La première rose de Bloomstone, de Mary Orchard. Casterman, 2024

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*** Des voyages intenses qui changent la vie ***

Les vacances, c’est souvent l’occasion de voyager, de découvrir de nouveaux paysages, de rencontrer de nouvelles personnes, d’en retrouver d’autres. Et parfois, de se (re)trouver au bout du chemin. Voici donc un petit échantillon de voyages intenses et inoubliables, qui changent à jamais la vie de leurs personnages. Comme le très célèbre Les petites reines, déjà cité par Séverine et Hélène, qu’il était impossible de ne pas mentionner ici !

Les petites reines, ce sont Astrid, Hakima, et Mireille. Trois adolescentes qu’un concours malveillant a élu « Boudins » du collège sur Facebook. Toutes trois montent un rejet fou : rallier Paris, depuis Bourg-en-Bresse, leur ville d’origine, à vélo ! Derrière elle, le lecteur est embarqué dans un voyage initiatique drôle et foufou, qui a le don d’aborder avec légèreté un sujet sensible et difficile : le harcèlement, et la grossophobie. C’est rocambolesque, et les rebondissements sont nombreux sur la route des trois jeunes femmes. Ode au vélo, à l’amitié, invitation à croire en soi et à s’accepter tel que l’on est, Les petites reines est une pépite d’humanité.

Les petites reines, de Clémentine Beauvais. Sarbacane, 2015

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Direction l’Irlande maintenant, avec Sweet Home, et ses paysages sauvages, abrupts et splendides. On y suit Birdie, sa mère et son petit frère Yzac, qui sillonnent le pays dans un van. On y croise des adolescents et des adultes blessés, qui souffrent et peinent parfois à communiquer. On y découvre les secrets du passé. Et puis l’espoir, la lumière, l’amitié et l’entraide qui transcendent tout. Reconstruction, rédemption : entre émotions et tensions, moments difficiles et instants plus cosys, dérobés à l’âpreté de la vie, c’est une lecture certes dure mais aussi très poétique, percutante, et optimiste.

Sweet home, de Nancy Guilbert. Didier Jeunesse. 2024

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Bien évidemment, avec cette histoire de voyage et d’émotions intenses, Héloïse a très vite pensé à L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, cette jeune fille de 12 ans qui sillonne les États-Unis dans un bus avec son père Rodéo. Ce roman, c’est un road-trip haut en couleurs et foufou, des discussions, des mésaventures, ces personnes abîmées par la vie, qui vont échanger, dévoiler leurs secrets, et évoluer. Au programme donc, traumatisme, deuil, violences, mais aussi et surtout entraide, amitié, humour, espoir. Héloïse a adoré ce texte, triste, mais aussi doux et lumineux !

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart. Pocket jeunesse, 2020

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Sur une touche plus fantasy, L’Odyssée des Tranchevent, la duologie de Noémie Delpra, propose un voyage époustouflant et onirique dans un univers où les terres flottent dans les cieux, et les humains sont appariés à des créatures maritimes volantes… Mais Nayla, privée de l’usage de ses jambes, n’a pu rencontrer son âme sœur… Mise à l’écart par les siens, elle vit simplement en compagnie de son frère adoptif Brewen. Jusqu’au jour où il disparaît… Pour le retrouver, Nayla se lance dans un dangereux périple. Sur sa route : de nombreuses rencontres, des aventures périlleuses, et surtout, au bout du chemin, elle-même… Deux romans lumineux et fascinants sur l’importance de croire en ses rêves, et la force de l’entraide.

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*** Des émotions intenses ***

Deuil, résilience, amour, passion, émerveillement… La littérature jeunesse et ado regorge de romans qui abordent ces émotions intenses, le temps d’un été… ou non. Petit florilège.

Dans Gazelle Punch, de Nancy Guilbert, nous suivons Violette, qui accueille tous les étés un adolescent en difficulté. Mais cette année, il y en aura deux : Dempsey, et Livia. tous deux très différents, et avec un passé bien difficile… Des personnages abîmés par la vie, fragiles, et terriblement touchants. D’une côté, une femme qui a tout perdu et se consacre désormais aux autres pour avancer. De l’autre deux adolescents meurtris. Héloïse a adoré cette magnifique histoire d’amitié et d’entraide qui se dessine derrière ces histoires tragiques. De la bienveillance, de l’amour, de la rédemption, ce roman ado est une invitation à s’ouvrir aux autres et à partager. Un roman puissant, émouvant, une ode à la vie.

Gazelle Punch, de Nancy Guilbert, Slalom, 2023

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Avec Les cigales chantent ton retour, Caroline Peiffer emmène ses lecteurices en Provence, entre romance et résilience. Deux points de vue alternent : Prune, jumelle effacée de Mirabelle, passionnée de lecture et de crochet, qui revoit son amour d’enfance, Cyprien, et son passé plus-que-compliqué. Avec ce roman, on navigue entre amour – passion (et tendres premiers émois), reconstruction après un passé violent (certains passages font horriblement mal au cœur !), et affirmation de soi. Une belle lecture, dépaysante, parfaite pour la saison.

Les cigales chantent ton retour, de Caroline Peiffer. Scrineo romance, 2026

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Changement radial de décor pour La Neige au rendez-vous d’Esmé Planchon : direction Paris et les fêtes de fin d’année. Si décembre est pour beaucoup une période de réjouissance, c’est aussi un moment compliqué pour celleux qui viennent de vivre un drame, comme Amélie. Cette héroïne blessée, perdue, fuit la réalité parce qu’elle lui fait trop mal. Parce que son frère n’est plus là, que sa mère s’enferme dans sa chambre toute la journée. Et puis, il y a Stella, la fille du nouveau compagnon de sa tante. Entre elles deux, ça crépite, les éclairs fusent. Deuil et amour, droit d’être qui on veut et d’aimer qui on le souhaite, c’est une lecture fantasque, magnifique, qui a bouleversé Héloïse.

La neige au rendez-vous, d’Esmé Planchon. Bayard jeunesse, 2025.

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Pas de vacances dans Le jardin aux acacias, mais de ces petits instants volés, riches en émotions partagés. Max, le petit héros, s’ennuie. Alors ses parents lui proposent de passer ses mercredi chez son papy Jean. Mais là-bas, il s’ennuie aussi !

Ce roman d’une grande douceur, est poétique, et surtout riche en émotions. Il montre l’éclosion d’une belle relation intergénérationnelle entre Max et son papy, une relation pleine de silences, d’instants partagés, de secrets dévoilés. A travers le personnage taciturne de papy Jean, on découvre l’ampleur de deuil et de la souffrance, qui peuvent nous enfermer sur nous-mêmes, au point d’en oublier l’essentiel : s’ouvrir au monde, et à ceux qui nous sont proches. Héloïse a ete très touchée par cette belle histoire qui défend l’attention aux autres, et nous parle de la douceur fragile des instants partagés.

Le jardin aux acacias, d’Elise Blaque. Didier jeunesse, 2026

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En terme d’émotions fortes, difficile de passer à côté de Non réparable, d’Hervé Giraud. Un roman dur, violent, marquant, percutant, bouleversant. Le genre de roman qui fait mal et en même temps exprime avec beaucoup de finesse et de justesse l’explosion, la rage, le désarroi d’un adolescent maltraité dès le plus jeune âge.

Milo, le protagoniste, est enfermé dans un centre spécialisé. Qui est-il ? L’histoire, horrible, se révèle au fil des chapitres et des rendez-vous du jeudi chez le psy. Maltraitance, violence familiale, humiliations, rien n’est épargné à Milo, qui n’est en sécurité nulle part. C’est dur, toute cette violence, toute cette détresse qui affleure, c’est cru, ça prend au tripes. Mais c’est aussi un texte malheureusement nécessaire, pour mettre des mots sur ces maux de notre société. Héloïse a lu ce texte en apnée jusqu’au final, et sa révélation. Elle tenait à vous le partager, malgré sa dureté, pour sa poésie et son message essentiel.

Non réparable, d’Hervé Giraud. Ed. Tierry Magnier, 2026

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Enfin, pour finir sur une touche un peu plus optimiste, parce que c’est une lecture d’été qui se prête totalement à la thématique, parce qu’elle l’a relu il y a peu, et parce que c’est un de ses romans préférés !, Héloïse ne pouvait pas ne pas parler de Nos Constellations, de Florence Quentin. Le pitch ? Maxence et Aurélien sont deux lycéens qui ont vécu chacun un drame. Deux anciens amis d’enfance, perdus de vue, qui se retrouvent sept ans après. Avec cette question, au fond d’eux : l’alchimie qu’ils ont ressenti étant enfants est-elle toujours là ?

Héloïse adoré cette histoire, ces deux jeunes hommes et les personnages qui gravitent autour d’eux, cet amour naissant et si profond qu’il renverse tout sur son passage. Les deux héros sont à vif, écorchés par les épreuves, mais aussi et surtout très lumineux quand ils sont ensemble. En quelques centaines de pages, elle a vécu avec Maxence et Aurélien de bien jolis moments, d’une grande tendresse, entre humour, émotions, tristesse et joie.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Didier Jeunesse, 2025

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Et vous, quelles ont été les lectures les plus intenses pour vous ?

Prix A l’ombre du Grand arbre 2026 : les lauréats !

Et voilà enfin le moment tant attendu : celui des résultats du Prix ALODGA ! Depuis un mois, nous vous avons présenté les titres sélectionnés (parus en 2025), et vous avez été invité.es à voter pour vos préférés. Voici donc les lauréats, dans les 6 catégories du Prix !

Catégorie Belles branches (romans ados)

Nos Constellations remporte cette catégorie. Roman très émouvant, qui aborde des thèmes difficiles : harcèlement, deuil, homophobie, c’est l’histoire d’un amour naissant entre deux très jeunes hommes, si profond qu’il renverse tout sur son passage. Dur, parfois, mais aussi sensible et poétique, on referme ce livre avec un pincement au cœur et l’idée, sublime, que l’amour triomphe des difficultés.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Ed. Didier Jeunesse. 2025

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Catégorie Grandes feuilles (romans jeunesse)

Vos votes… généreux ont permis au court roman Le musée des générosités de l’emporter ! Très joliment illustré, il fait réfléchir, sans donner de réponses toutes faites, et touchera les enfants comme les plus grand.es. La très belle histoire d’amitié qu’il raconte, plus forte que les préjugés, transmet implicitement des valeurs de générosité, évidemment, mais aussi de non-jugement et de tolérance, sans angélisme pour autant. Quand la littérature jeunesse rime avec finesse.

Le musée des générosités, de Laurence Gillot et Emma Morison, Éditions du pourquoi pas, 2025

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Catégorie Branches dessinées (BD et romans graphiques)

L’envers de nos décors. Créé à l’origine pour le spectacle vivant, ce monologue est l’histoire d’un enfant un peu différent, que son enseignante n’a pas compris. Elle a multiplié les remarques tout au long de l’année, l’abîmant chaque jour un peu plus. Mais aujourd’hui, il va lui répondre et enfin trouver sa place. Cette bande-dessinée aussi sensible que profonde, qui épingle les micro-violences du quotidien, vous a touché.es au bon endroit : en plein cœur.

L’envers de nos décors, de Thomas Scotto et Carole Chaix. Éditions du pourquoi pas, 2025

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Catégorie Racines (documentaires)

Chercheuses d’or est un album documentaire passionnant qui raconte les grandes étapes de la ruée vers l’or au Klondike, mais aussi sa géographie, ses effets sur les peuples autochtones, les étapes de l’orpaillage et, évidemment, la place des femmes dans la société de l’époque. Vous ne vous y êtes pas trompé.es et avez bien compris que c’est une pépite. D’or, évidemment.

Chercheuses d’or, de Flora Delargy, ed. Milan, 2025

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Catégorie Brindilles (albums pour les petit.es)

Vous aviez envie d’un Gros câlin. et l’avez exprimé à travers vos votes ! À la fois livre à compter (à rebours) et bel objet à manipuler, cet album plein de tendresse, que l’on prend plaisir à le lire et relire à son enfant, vous a séduit.es par sa douceur, son interactivité et son message autour de la beauté du monde animal, ainsi que, subtilement, de la notion de consentement.

Gros câlin, d’Anabelle Buxton, ed. la Partie, 2025

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Catégorie Petites feuilles (albums pour les grand.es)

Droméo et Chuliette, très librement inspiré de la plus célèbre pièce de William Shakespeare, raconte avec le sourire, beaucoup de malice et une imagination foisonnantes, tant dans le texte que les illustrations, la (d)romance entre Droméo le dromadaire des quartiers chics, et Chuliette, la chamelle des quartiers populaires. Un concentré de littérature jeunesse comme vous l’aimez : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, inventive et créative. Une vraie réussite anti-morosité !

Dromeo et Chuliette, de Marcus Malte et Henri Meunier, Ed. Rouergue, 2025

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Encore un beau succès du Prix ALODGA, pour lequel nous avons mobilisé en équipe, toute notre conviction, notre passion. Félicitations aux lauréats, à leurs auteur.e.s et à leurs maisons d’édition (à noter que l’édition indépendante s’est encore particulièrement illustrée cette année.) Mais plus qu’une compétition, ce Prix a surtout pour objectif de mettre en valeur la richesse infinie d’un pan de la littérature à part entière. La belle littérature jeunesse a quelque chose à nous dire, entre capacité à s’émerveiller et consciences à éveiller. Écoutons-la. Défendons-la, des racines, jusqu’au bout des branches !

Lecture commune : L’heure des lapins

En pleine lecture des ouvrages pré-sélectionnés pour le Prix ALODGA, nous nous sommes réunies pour une lecture commune autour de cet album d’Anne Cortey et de HuaLing Xu, qui nous invite à une balade hors du temps et des sentiers battus.

L’heure des lapins, d’Anne Cortey et Hua Ling Xu. Ed. Thierry Magnier, 2025.

Liraloin : Je pense que vous connaissiez toutes Anne Cortey mais est-ce que l’illustratrice Hualing Xu vous était connue ? 

Sev : Oui, avec 2 albums précédents, Frères, dont vous aviez aussi fait une lecture commune, et un titre comme Même quand je ne suis pas là ? Je les trouve magnifiques tous les deux ! De mémoire, elle était présente au SLPJ en 2025, non ? Il me semble l’avoir vue avec Anne Cortey chez Thierry Magnier… 

Héloïse : Je l’ai découverte avec l’album Frères, que j’aime beaucoup. C’est la seconde fois que je peux admirer son trait. 

Lucie : Oui, c’est elle qui a illustré le magnifique album Frères dont on a fait une LC ici ! Mais je crois que je ne connais rien d’autre d’elle. Je ne vais pas tarder à y remédier…

Liraloin : Je l’ai connu grâce au titre Frères qu’elle a également illustré paru en 2023. Sa technique de dessin est remarquable, ses peintures sont magnifiques. Tu as raison Héloïse, cette illustratrice a un trait super original.

Frères, de Marie le Cuziat, illustré par Hua Ling Xu. Ed L’étagère du bas, 2023

Sev : Est-ce que vous savez si elle est “peintre” par ailleurs ? Je veux dire si elle crée des tableaux qu’elle expose ?

Liraloin : En allant regarder son site je vois qu’elle réalise des tableaux. Je pense qu’elle doit exposer : https://xuhualing.com/index.php 

Sev : J’irai le voir, alors, parce que vraiment, j’adore ce qu’elle fait ! Merci pour le lien !

Liraloin : Toujours très sensible à la reliure d’un album mais aussi à la maquette (première de couverture, couvertures intérieures…), qu’est ce que vous avez pensé de la 1ere et de la 4eme de couverture ? 

Sev : Ce lapin géant m’a happée ! J’ai immédiatement été séduite par les couleurs chaudes, ces tons rouge/jaune/orangé. Et j’ai également bien aimé la police du titre, qui rappelle la rondeur du soleil couchant également présent.

Héloise : Oui, la première de couverture est très belle, avec ces couleurs chaudes, à l’image d’un coucher de soleil envoûtant. C’est une invitation au voyage, en quelque sorte. 

Lucie : A vrai dire les couleurs sont un peu trop flashy pour moi (jaune, orange, rose et violet du titre), cette couverture ne m’attirait pas beaucoup. Mais, en réalité elle convient parfaitement à l’ambiance de fin de journée en Provence. Ce qui m’a plu immédiatement en revanche, c’est la douceur de la couverture au toucher (ça change du filmolux de la bibliothèque). Et la quatrième avec le détail des pieds qui avancent sur le chemin est très chouette.

Liraloin : La première de couverture m’a fait penser à cette forme que l’on imagine dans les nuages lorsqu’on contemple le ciel. C’est une invitation également à admirer le coucher du soleil, ce dégradé de couleur entre orange et rose nous indique à quelle temporalité va se situer l’histoire. J’aime la 4ème de couverture, elle nous indique qu’une aventure va avoir lieu (avec comme indices ce chemin caillouteux et les sandales). Lorsqu’on ouvre le livre on tombe sur cette magnifique double couverture intérieure orange. 

Sev : J’aime bien le résumé, qui va de suite à l’essentiel avec la première phrase, puis laisse une part de mystère. Comme Lucie, j’apprécie le toucher doux du livre.

Liraloin : En effet, je suis complètement d’accord avec vous. Le touché est super doux. Faut dire que le filmolux dans les médiathèques ne nous font pas apprécier ce sens.  

Liraloin : Ah la perte du doudou (qui ne l’a pas vécu lève le doigt !). Tout de suite l’heure est grave et on le sait, un enfant sans son doudou = catastrophe et nuit agitée. Qu’avez-vous pensé de ce découpage qui dès le départ nous fait entrer dans l’histoire ? 

Sev : Oh oui, la perte de cet objet transitionnel ! C’est une hantise pour tous les parents concernés. Je trouve que l’image du volcan est utilisée à bon escient car on imagine une déflagration, certes, mais aussi les conséquences que tu décris, Liraloin : nuit agitée, larmes, etc. Comme la lave qui se répand…

Lucie : On n’a jamais eu de perte de doudou ici, mais j’imagine sans mal la cata quand ça arrive ! Pour moi il y a deux éléments, la perte du doudou, mais aussi (surtout !) la décision immédiate de partir à sa recherche malgré l’heure tardive. Sur la première illustration, les larmes de Dorémus en premier plan brisent le cœur du lecteur et les aînés ne minimisent pas la perte. J’ai beaucoup aimé cette attention à la parole des enfants qui revient plusieurs fois dans l’histoire.

Héloïse : La perte d’un doudou, quelle catastrophe ! Effectivement, c’est quelque chose que j’ai vécu avec mes enfants, et il n’y avait qu’une priorité à chaque fois, le retrouver ! Heureusement, à chaque fois, on a pu récupérer le “précieux”. J’aime bien ton interprétation du volcan Sev, je n’y avais pas pensé. Et oui, d’accord avec toi Lucie, c’est important de relever la bienveillance et l’attention portée aux enfants dans ce récit. 

Sev : Les adultes écoutent les petits, c’est très important. On a trop souvent tendance à vouloir les faire grandir trop vite. J’entends par là leur servir un discours de type : “Tu es grand maintenant, tu peux te passer de ton doudou” (valable pour lâcher sa tétine, arrêter de sucer son pouce), pour se faciliter les choses. Or, ce n’est pas le cas ici. Le chagrin de Dorémus n’est pas concevable. Il faut agir.

Liraloin : Merci de le souligner Sév ! Carrément, c’est toute la famille qui est concernée. Ici nous découvrons d’emblée les membres de la famille. Chaque personnage nous est présenté comme on entrerait dans une BD, j’ai trouvé cela original. Tout le long de l’album la lectrice-le lecteur va alterner sa lecture entre illustration pleine page et texte directement incrusté dans la peinture ou non.

Liraloin : D’où cette question : Quelles impressions ressortent le plus dans cette histoire car le sujet est assez classique (la perte du doudou) ?

Sev : Pour moi, c’est clairement la solidarité familiale. Le fait que tout le monde participe aux recherches et est actif, y compris le premier concerné, Dorémus, voire plus ! Au début de “l’expédition”, on peut lire :

Louis regarde à gauche. Marthe à droite. Dorémus tourne la tête de tous les côtés.

Lucie : Rien qu’en mot clé sur Booknode tu as 21 livres, c’est dire si c’est un sujet récurrent ! Mais exploité de cette manière je n’avais jamais lu. C’est aussi le point de départ de Jack et la grande aventure du Cochon de Noël de J.K. Rowling dont on a aussi fait une LC. Mais dans ce titre la perte était due à un conflit dans la fratrie et le doudou perdu était remplacé par un exemplaire neuf. Du moins au début de l’histoire. Autant dire que le propos était très différent.

Héloïse : Au final, pour moi, cette recherche du doudou est aussi une invitation à partager un moment un peu hors du temps, magique, en pleine nature. Il y a comme un mélange entre réel et irréel dans l’histoire les frontières sont floues : est-ce qu’on rêve, ou non ?

Liraloin : Bien vu Héloïse. Je vous rejoins complètement sur la solidarité familiale qui se met en place de façon quasi instantanée et cela fait du bien de le lire. Il y a un côté complètement magique et irréel, et sans trop divulgâcher c’est ce traitement qui m’a beaucoup plu.

Lucie : Je te rejoins aussi Héloise. Cette quête prend la forme d’une balade familiale un peu hors du temps. Comme un moment d’été volé pendant les vacances. C’est très doux. Cela questionne en effet le réel et l’imaginaire et à ce titre le personnage de la grand-mère, restée à la maison pour préparer le dîner, est vraiment intéressant. Comme le lecteur elle se demande “si tout cela est bien réel”.

Sev : Comme vous dites, cette envie de prolonger l’instant, une fois le doudou retrouvé, c’est très attendrissant. Comme toi, Lucie, le personnage de la grand-mère, qui s’interroge sur la réalité des faits, m’a interpellée. En revanche, la féministe (rabat-joie ??!!?) en moi ne peut s’empêcher de se demander si l’histoire aurait été différente si c’était le grand-père qui était resté à la maison préparer le repas, et la grand-mère partie à la recherche du doudou. Je trouve que le stéréotype a la vie dure. A l’homme, l’action et le résultat. A la femme, l’attente et la préparation du repas… C’est un peu dommage. Mais c’est le seul questionnement que j’ai par rapport à cette famille.

Liraloin : Est-ce que ce n’est pas générationnel finalement car je suis du même avis que toi Sév mais la plupart du temps dans la vie c’est tout de même les grands-pères qui sont dans l’action et la grand-mère à faire des tâches ménagères et s’inquiéter. Oui, car l’inquiétude est ultra présente lorsqu’on la voit à la fenêtre…

Lucie : A vrai dire Sev je me suis interrogée aussi sur ce point mais finalement qu’un grand-père se mette en route pour chercher un doudou est déjà un progrès en soi. Et cela piétine par la même occasion le cliché selon lequel les hommes sont plus rationnels que les femmes. Finalement ça ne me dérange pas du tout que la grand-mère soit restée. Laisser le grand-père à la maison aurait pu donner l’impression qu’il se désintéressait du sujet.

Sev : Tu as raison Lucie. Beaucoup d’hommes, surtout déjà âgés, s’en seraient désintéressés. En vérité, cette situation me questionne un peu, mais ne me choque pas.

Lucie : Je ne sais pas ce que vous en pensez mais pour moi on est hors clichés ici. Cette attention à la parole des petits-enfants m’ont immédiatement rendu les grands-parents sympathiques. Cela se reproduit quand Marthe dit qu’elle a besoin de silence pour se concentrer sur la recherche du doudou. Aucune moquerie ni dans la fratrie ni de la part du grand père, juste du respect et de la bienveillance. Ça fait du bien !

Liraloin : Complètement Lucie, ça fait vraiment du bien et le fait que cette randonnée-recherche se déroule durant le coucher du soleil apporte de l’apaisement. Je crois qu’Anne Cortey est attachée elle-même à ces valeurs familiales, enfin j’aime à le penser.

Sev : Non mais vraiment, je ne dis pas que je suis contrariée ! Anne Cortey est bien plus talentueuse que ça, que ma “polémique qui n’en est pas”, il y a dans tout cet album une bienveillance et une douceur, une atmosphère apaisante qu’elle retranscrit très joliment.

Lucie : La tendresse se retrouve dans le vocabulaire avec le jeu sur le terme “lapin” qui désigne aussi bien le doudou que les vrais lapins, mais aussi les petits enfants ainsi nommés par le grand-père.

Sev : Effectivement, que celui ou celle qui n’a jamais appelé quelqu’un qu’il aime “mon lapin” nous jette la première…carotte ! 😉 Blague à part, c’est très bien vu ! D’ailleurs, je me fais la réflexion à l’instant grâce à vous : “l’heure des lapins” du titre désigne un moment de la journée, certes. Mais ne pourrait-on pas aller plus loin et se dire que c’est peut-être aussi l’heure que grand-père et petits-enfants ont passée ensemble ? Je ne sais pas si je suis claire…

Liraloin : Mais oui ! Tu as raison Sév, cette heure des lapins entre réel et irréel. Entre chien et loup.

Lucie : Carrément, je n’y avais pas pensé non plus. C’est tout à fait ça ! 

Héloïse : Et ces lapins qui font irruption dans le récit… C’est vraiment à ce moment pour moi que la magie commence à se manifester. 

Sév : Mais oui, Hélo, c’est vrai ! La magie commence à ce moment-là !

Liraloin : J’aime beaucoup ce moment où il me semble que la lune est la cheffe d’orchestre de ce moment fabuleux. Elle est là toute ronde à observer ce petit monde en bas.

Héloïse : Les paysages, de fin de journée ou de nuit, sont tellement beaux, il faut dire dans cet album. On sent toute la beauté et la bienveillance de la nature. La nature livre un beau spectacle à ses invités d’un soir, nous invitant en tant que lecteurice, à l’admirer nous aussi. 

Lucie : Tiens, j’ai une question à ce propos : Chaque illustration est un véritable tableau, en avez-vous une préférée ?

Sev : En lien avec la remarque d’Héloïse, sur l’arrivée des lapins, je dirais que mon illustration préférée est celle de l’œil de Doremus avec le reflet du lapin sur l’iris ET la larme, dont on sait qu’elle est d’émotion. Il pleure de joie. J’adore. 

Liraloin : La pleine page où les 4 lapins assis dans l’herbe observe en hauteur le grand-père et les 3 petits enfants sur le chemin. Eux c’est nous !

Héloïse : J’adore les couleurs de celle où ils sont assis en demi-cercle tous ensemble, juste à côté de la lune, justement. Elle a un côté chaleureux, un moment partagé, de communion en famille, tous ensemble. J’aime aussi beaucoup celle de nuit, avec le lapin géant en ombre sur la forêt et la maison, seule lumière dans la nuit. 

Lucie : Comme Liraloin, j’aime quand Hualing Xu joue avec la profondeur de champs : dans la première illustration avec Dorémus qui pleure en premier plan et sa mamie qui cherche derrière, et évidemment (ma préférée) les lapins sur la colline et les humains sur le chemin en contrebas. Mais le passage des retrouvailles et juste après sont aussi très beaux, vous avez raison !

Sev : Mais comme Liraloin et Lucie, j’aime aussi beaucoup celle où les 4 lapins sont assis dans l’herbe et semblent observer la famille de… 4 humains ! 

Lucie : La lune qui remplace l’œil de Dorémus, c’est très cinématographique, on imagine tout à fait un fondu à ce moment-là de l’album.

Liraloin : Mais oui Lucie, je n’avais pas remarqué trop forte ! Et comme le dit Sev, dans l’iris de Doremus on y voit le lapin !

Sev : D’une manière plus générale à propos des illustrations de Hualing Xu. Comme dans les autres albums que nous avons cités, j’apprécie son talent, je trouve, pour illustrer le mouvement.

Lucie : Et parallèlement, je trouve qu’Anne Cortey a une écriture à la fois poétique et sensorielle. Ça sent bon la Provence avec la lavande, les pins et les cèdres, et dans le même temps il y a des phrases extra, comme “les lapins font la course du temps perdu”… trop joli !

Sev : Tout à fait, Lucie. Je trouve le vocabulaire utilisé assez riche, mais sans être trop abstrait. Par exemple, j’aime particulièrement le paragraphe de la page où le doudou apparaît, la sémantique du mouvement apporte vraiment un plus à l’illustration (ou le contraire ?) : “chancelant” “se frotte les yeux” “galoper” “folle équipée” “cavale”.

Liraloin : A lire à voix haute, un régal dans les dialogues et le ton donné lorsque les sentiments sont trop forts pour Dorémus. Cette phrase que tu cites Lucie est tellement poétique !

Héloïse : Mais oui, à lire à voix haute, c’est un régal ! On passe à la traditionnelle question finale, à qui conseilleriez-vous cet album ?

Lucie : A tous les rêveurs, les amoureux de la nature, des promenades familiales…  À ceux qui ont déjà perdu un doudou ou qui craignent que ça arrive (parce que ce n’est pas si grave si ça devient l’occasion d’une balade nocturne), aux petits et aux grands(-parents ?) pour qu’ils se retrouvent autour de cette jolie histoire. A pas mal de monde en fait !

Liraloin : Aux familles qui ne se connectent plus entre elles. A partir de 5 ans en lecture à voix haute.

Héloïse : Je vous rejoins, il est adorable, pour petits comme grands lecteurs. Qui n’y liront pas forcément la même chose, mais c’est encore mieux si c’est en lecture partagée, pour retrouver justement la chaleureuse ambiance de cette virée familiale. 

Sev : Je conseillerais cet album à qui apprécie les albums dans lesquels le lien intergénérationnel est mis en valeur, celles et ceux qui aiment les illustrations qui ressemblent à des tableaux

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Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir L’heure des lapins, et pourquoi pas de partir faire une balade au coucher du soleil, en famille !

Lecture commune : Forbans !

A l’Ombre du Grand Arbre, on aime découvrir de nouveaux titres, et on fait confiance aux copinautes et à leurs recommandations. Alors quand Liraloin nous a parlé de Forbans !, l’idée d’une lecture commune s’est très vite imposée…

Forbans !, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Ed. 3oeil, Octobre 2025

Liraloin : Aviez-vous déjà entendu parlé du scénariste Renaud Farace et du dessinateur Olivier Philipponneau ? 

Lucie : Non je ne connaissais pas du tout leur travail, mais j’ai découvert en faisant une petite recherche qu’ils avaient déjà collaboré sur Détective Rollmops qui je dois le dire m’attire beaucoup (ce titre !). Mais j’y suis allée les yeux fermés parce que quand tu conseilles une BD, Liraloin, je n’hésite jamais !

Détective Rollmops, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau, Ed. The Hoochie Coochie, Novembre 2021.

Héloïse : Pas du tout ! Si Lucie n’en avait pas parlé, je ne serais jamais allée lire ce graphique pour le moins original (et cela aurait été bien dommage !)

Liraloin : J’ai découvert Olivier Philipponneau à travers ses publications notamment avec son grand livre très intéressant Détective Rollmops.Il publie également des albums jeunesse, je suis fan de Amimots.

Animots, de ALIS, Olivier Philipponnneau et Raphaële Enjary, Ed. Albin Michel, 2019.

Liraloin : Cette bande dessinée a été éditée par les éditions 3Oeil. Aviez-vous déjà lu des livres publiés par cette maison ? 

Lucie : Je connaissais les Philonimo et j’aime beaucoup leurs visuels pour leur côté artisanal. Et puis bon, une collection de philo pour les petits je ne peux qu’adhérer !

Le Loup de Hobbes, d’Alice Brière-Haquet et Herbéra, ed. 3Oeil, 2023

Héloïse : Je ne connaissais que les Philonimo, au design visuel très original. Et comme le dit Lucie, c’est chouette d’oser la philo avec les plus jeunes ! 

Hélène : Idem, une découverte pour moi, qui n’avait pas non plus fait le lien avec les Philonimo.

Liraloin : Complètement, c’est un petit éditeur sur la même ligne qu’Hoochie Coochie. Je connais les titres jeunesse notamment ceux d’Alice Brière-Hacquet. Je connais moins la série Philonimo par contre.

Liraloin : Commençons par évoquer l’aspect physique du livre ? Qu’en avez-vous pensé ? (reliure, maquette, couverture intérieure et extérieure)…

Lucie : J’ai été surprise par la taille de cet ouvrage. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si gros, avec en plus une couverture rigide. C’est un objet imposant. Mais sa stature est contrebalancée par cette illustration de couverture un peu folle avec des personnages très graphiques, des couleurs vives tranchant avec le noir profond… A posteriori, je trouve que la couverture est très fidèle au contenu.

Liraloin : En effet, quelle surprise en ouvrant cette BD. La reliure est superbe, dans mon club BD un de mes collègues a cru que le livre était cassé (trop drôle). La couverture intérieure de fin est originale en nous rappelant tous les personnages croisés lors de notre lecture. Et oui, le livre est bien imposant !

Lucie : Faut dire que les personnages sont très nombreux… Heureusement qu’ils sont faciles à identifier parce qu’il y aurait de quoi s’y perdre !

Hélène : Oui, une très belle galerie de personnages hauts en couleur, dans tous les sens du terme !

Liraloin : Au premier abord, dès la première de couverture, nous tombons nez à nez avec une ribambelle de Forbans – Pirates. En tant que lectrice on se dit tout de suite que le graphisme est très original. Comment êtes-vous entrée dans cette lecture? 

Héloïse : Au départ, j’étais sceptique face au graphisme des personnages. Mais ça colle tellement bien à cet univers déjanté ! Ce qui m’a marquée, c’est le traitement des couleurs : une couleur par chapitre et par partie, tout le reste en noir et blanc. C’est un procédé que j’aime beaucoup.  

Lucie : Comme Héloïse, j’ai été déstabilisée par ce graphisme presque rudimentaire. D’autant plus qu’il ne correspond pas au propos et aux références qui eux nécessitent culture et un certain recul. A l’image de la couverture riche en contrastes, je trouve que cette bande dessinée joue sur plusieurs attendus et se plaît à les détourner. Mais après quelques pages, j’ai vraiment apprécié ces personnages au caractère fort et facilement identifiables, comme nous le disions.

Liraloin : Je vous rejoins complètement et clairement c’est ce que j’ai apprécié dans cette lecture. Tout d’abord, en ce moment, je trouve que les BD jeunesse se ressemblent un peu toutes graphiquement sauf quelques exceptions, et là, ça fait du bien de voir une BD sortir du lot. En en parlant avec toi Lucie, je ne trouvais pas que les références étaient compliquées pour les jeunes mais tu m’as fait réfléchir et après coup ma conclusion a été : c’est une BD pour tous ! Le graphisme me plaît énormément. Comme le dit Héloïse, les codes couleurs pour chaque chapitre donne un ton particulier à la lecture et cela est très plaisant.

Héloïse : Clairement, l’humour est le gros point fort de ce titre… Entre les jeux de mots, les situations rocambolesques, les mots-valises, on en prend plein les yeux. 

Hélène : Moi aussi j’ai trouvé le graphisme très original mais dans le bon sens du terme. Les couleurs m’ont tout de suite attirée. J’ai mis un peu de temps à identifier les personnages mais une fois ceci fait, j’ai pu pleinement apprécier l’humour qui se dégage du texte ! 


Lucie : Justement, parlons des couleurs. Tu le disais Héloïse, elles marquent l’identité de chaque chapitre, chacun étant composé de noir et blanc et une couleur fluo ou très vive. Qu’avez-vous pensé de ce choix artistique ?

Liraloin : Ce choix est judicieux et apporte au jeune lecteur un repère du moins j’ose l’espérer, je n’ai pas trop de retour de lectures de jeunes lectrices et lecteurs pour le moment. Cette transition de couleur après couleur permet de mieux aborder la lecture comme pour faire abstraction de la charge visuel que nous donne tous les personnages. Finalement ce choix apporte de la fluidité.

Hélène : Moi aussi j’ai été séduite par ce choix artistique. Cela amène un peu de repère et permettra je pense au jeune lecteur de faire des “pauses” mentales entre chaque chapitre. D’un point de vue purement graphique c’est très intéressant de séparer les chapitres de cette façon, je n’avais pas souvent vu ce procédé. 

Liraloin : Tout à fait Hélène, c’est pour cela que je plussoie les petites maisons d’éditions comme celle-ci. Il y a un vrai travail artistique !

Lucie : Ce parti pris va à l’encontre d’une vision naturaliste à laquelle de toute manière – nous l’avons dit – le graphisme n’appellait pas. Les personnages peuvent changer de couleur d’un chapitre à l’autre sans que cela ne pose problème. J’ai envie de dire que c’est un choix courageux qu’il fallait assumer (surtout dans le chapitre jaune qui peut parfois piquer un peu les yeux). Mais cela participe définitivement à la folie de l’entreprise ! Folie graphique, folie des couleurs et personnages un brin perchés eux aussi (c’est un euphémisme). La forme épouse parfaitement le fond.

Héloïse : C’est si joliment dit Lucie ! Effectivement, il souffle un vent de folie sur ces Forbans !, à tous les niveaux. 

Liraloin : D’où cette question sur ce qu’évoquait Héloïse plus haut : l’humour ! Est-ce que vous avez bien rigolé durant la lecture de cette bande dessinée, car ça c’est hyper important ? 

Héloïse : Je n’ai peut-être pas ri à gorge déployée, mais j’ai beaucoup souri, et certains passages m’ont bien fait rire. Les jeux de mots sont truculents, et les références très amusantes. 

Lucie : Eh oui, j’ai bien rigolé ! Il y a les mots-valises dont parlait Héloïse, mais aussi les références à la pop culture, le caractère très affirmé des personnages… En réalité, il y a de multiples motifs de rire, à plusieurs niveaux de lecture. Ça va du rire de surprise du genre “ils n’ont pas osé ?!” à la référence inattendue. Ce qui en fait, comme tu le disais Frédérique, une lecture pour tous les âges !

Héloïse : Je suis d’accord avec vous les filles, je trouve que ce graphique permet différents niveaux de lecture, et c’est d’autant plus chouette. 

Liraloin : Je me suis bien amusée durant cette lecture, j’étais à bord sur le rafiot avec eux. Le scénario apporte une spontanéité qui est tellement appréciable. Punch line à gogo, tirades et monologues complètement hystériques, situations cocasses… ça n’arrête pas ! Et puis les noms donnés aux personnages comme les trois boulets… Les titres des chapitres sont amusants également : des moutons et des hommes, pour n’en citer qu’un !

Liraloin : Nous avons évoqué plusieurs fois les nombreux personnages, quel est votre préféré? 

Héloïse : Sans hésiter : la fiancée. Je trouve qu’elle a du caractère, aux antipodes de la jeune femme fragile à sauver. C’est même elle qui sauve les autres à de nombreuses reprises…

Liraloin : Tu as raison Héloïse. La fiancée est un personnage un peu badass comme on les aime. J’ai aussi apprécié qu’Eléonore soit aux antipodes d’Eric (quel prénom qui détonne par rapport aux autres : Barbe-en-tas, Tortilla…). D’ailleurs, un de mes personnages préféré ou je devrais dire mes personnages préférées, c’est la tribu Kot Kots avec tous les jeux de mots. Je suis fan.

Lucie : Moi aussi j’ai aimé la comtesse Eléonore du Nordest : malgré son titre, elle est top, badass à souhait. Mais j’avoue que j’ai aussi beaucoup aimé l’évolution du pirate, le bien nommé Barbe-en-tas. Il se fait destituer de son rôle de capitaine, doit faire face aux divergences d’opinion de son fils quant à son avenir, et se retrouve finalement à apprécier le courage de son ex-future-bru. J’ai adoré ces revirements de situation. La tortue Tortilla est géniale aussi avec sa curiosité pour la culture KotKot. C’est vraiment difficile d’en choisir un seul.

Héloïse : Oui la relation entre le “grand méchant capitaine pirate” et Éléonore est très très drôle. De rejet à l’acceptation, en passant par l’admiration. 

Hélène : Petit coup de cœur pour Éléonore de mon côté également. Elle m’a fait rire, mais les autres personnages ne manquent pas de piquant non plus !

Lucie : Outre votre personnage préféré, je me demandais si vous aviez un chapitre favori. Chacun a son unité autant en couleur qu’en péripéties !

Héloïse : Je n’en ai pas… ils sont tous amusants à leur façon !

Hélène : Moi non plus, je n’ ai pas réussi à en dégager un en particulier…

Liraloin : Le Mijoté de mutinerie car il fallait oser le jaune comme couleur dominante et c’est un des chapitres où on sent que la situation échappe à Barbe-en-tas. Quelques personnages se révèlent aussi comme le cuistot… et puis aussi les 3 pages avec juste les bulles dans le chapitre Dans le ventre d’Anacondaltonien.

Lucie : Pour ma part j’hésite entre l’arrivée chez les Kot Kots Secousse chez les Kot Kots et le suivant, la bien nommée Forêt farfelue, particulièrement loufoque qui voit vraiment se révéler l’héroïne chez Eléonore.

Lucie : Avant de conclure avec notre question traditionnelle, et sans trop en révéler aux chanceux qui vont découvrir cette BD, je dois dire qu’après ce tourbillon de folie qui ne ressemble à rien de ce que j’avais pu lire avant j’étais curieuse de découvrir la fin. A-t-elle répondu à vos attentes ?

Liraloin : Mais oui, j’ai trouvé que cette fin était dans la même lignée que le reste du scénario avec en prime une belle solidarité dans cette dernière épreuve. Mais on en dira pas plus !!!!

Lucie : Il ne faut évidemment pas trop en dire, mais justement une fin convenue aurait été franchement décevante. Une partie de la résolution était prévisible mais le reste (comme dans toute la BD il y a plusieurs couches) est à mon avis à la hauteur de ce qui précède. Il y a une logique certaine mais c’est aussi ce qu’il fallait.

Héloïse : Elle m’a semblée assez logique, dans la continuité de ce qu’on avait lu. Avec une chute bien drôle pour terminer en beauté. 

Lucie : Pour finir, à qui conseilleriez-vous cette BD ?

Héloïse : A partir du collège, je dirais, et plus si affinités.

Liraloin : Tout comme toi Héloïse à partir du collège et plus plus plus. A conseiller aux adultes trop sérieux et qui détestent la couleur !

Lucie : Le graphisme pourrait laisser penser à une BD destinée à un public plus jeune mais je vous rejoins tout à fait, à partir du collège les lecteurs pourront saisir jeux de mots et références. Il faut juste passer outre cette couverture et accepter d’entrer dans le monde fou de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Il y a matière à rire quel que soit son âge !

Hélène : Tout comme vous je pense qu’il faut une certaine maturité pour comprendre les jeux de mots et le sous-texte. Parfait pour les collégiens et au-delà (nous-mêmes avons aimé et nous ne sommes plus vraiment collégiennes n’est-ce pas 😉). Le volume de l’ouvrage va également dans ce sens. Le graphisme est coloré mais pas si enfantin que cela finalement. Il faut juste le proposer, l’accompagner, et cette BD de qualité a tout le potentiel pour rencontrer son public ado.

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Merci aux éditions 3oeil de nous avoir permis de découvrir cette BD pétillante. On espère que cette lecture commune vous aura donné envie de découvrir Forbans !, un graphisme original, drôle et inattendu, qui a rencontré un gros succès A l’Ombre du Grand Arbre !