Histoires de dédicaces.

A l’ombre du grand arbre, on lit beaucoup d’histoires mais on s’en raconte aussi une multitude. L’histoire de nos vies, l’histoire de nos fulgurances et de nos ténèbres, l’histoire de nos enfants, l’histoire de nos familles. Et on se raconte aussi l’histoire de nos rencontres. Et c’est de nos rencontres littéraires qu’on voulait vous parler aujourd’hui à travers l’histoire de nos dédicaces. Tout est parti d’une discussion que nous avions eue sur un livre de Chabas que Colette avait glissé dans un swap pour Frédérique et qu’elle avait acheté sur un site de livres d’occasion. Quand elle l’avait reçu, incroyable surprise : il était dédicacé !!! Colette s’était étonnée que l’on puisse se séparer d’un livre dédicacé par un tel artiste et chacune a alors livré quelques anecdotes surprenantes !

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Du côté de chez Colette…

Je n’ai jamais été fan de dédicaces en fait avant de devenir maman. Avec mon mari, quand on a pensé la chambre de notre fils aîné, avant qu’il naisse, on a voulu lui créer un “mur des artistes” pour qu’il soit entouré de beauté partout où son regard neuf se poserait. Ma sœur, qui dessine beaucoup, m’avait offert une petite aquarelle me représentant enceinte avec elle à mes côtés et un doudou Totoro qu’elle avait cousu pour mon Théodore (c’était ses débuts en couture, il y a déjà 13 ans). Nous avions accroché son dessin dans la chambre de Théodore et puis on a eu l’idée d’accompagner ce dessin de croquis d’autres artistes.

Et à chaque rencontre, en librairie ou en salons du livre, nous demandions aux illustrateurs et illustratrices rencontré.e.s de faire un dessin pour “le mur des artistes” de notre fils. C’est ainsi que sur son mur, il y a désormais des dessins dédicacés de Claude Ponti (le premier !), Rebecca Dautremer, Geoffroy de Pennart, Hervé Tullet, Horne, Delphine Garcia, Marie Wabbes… Mais aussi d’une amie chère à mon cœur (des portraits de femmes inspirantes) et des aquarelles de ma sœur.

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Du côté de chez Frédérique…

Quelques rencontres avec Timothée de Fombelle … et François Place. En février 2019, j’apprends par hasard que Timothée de Fombelle est invité dans une grande librairie de Toulon. Il est présent pour nous parler de son dernier livre qui sera un triptyque : Alma.

En attendant ce moment c’est avec beaucoup d’émotion que je l’écoute parler du travail et des recherches menés pour l’écriture de son roman. Des recherches qui l’on amené souvent à faire venir des documents de différents pays notamment des Etats-Unis. Fin de la rencontre qui aura duré une petite heure. Pas de foule immense à affronter, juste ma grande timidité.

D’ailleurs quel bonheur de le retrouver deux ans plus tard au Salon du Livre et de la Presse jeunesse de Montreuil durant une lecture dessinée avec François Place. Une lecture ponctuée d’une histoire qui a inspiré les personnages d’Alma et de son frère. Comment, Timothée de Fombelle a suivi la trace de deux enfants esclaves et retrouvé un des aïeux. Malgré l’agitation dû aux nombreuses manifestations du salon, l’assemblée était suspendue aux dessins de François Place. Voir les personnages prendre vie simplement, des gens d’une autre époque…

Et quel ne fût pas notre trouble lorsqu’une chanteuse apparaîtra pour déclamer des chants issus de cette période d’esclavage aux Etats-Unis. Des chansons pour tenir et vivre dans ces immenses champs de coton.

Du côté de chez Blandine

Ce que j’aime, ce sont les rencontres, ce petit moment suspendu partagé, que va prolonger la dédicace. Pourtant, je suis d’un naturel réservé, alors il me faut puiser un peu/beaucoup en moi pour “oser” me présenter. Passé le moment “rouge tomate”, on se confie, on s’ouvre un peu / beaucoup, et on partage autour du livre lu / en cours de lecture / ou à lire, et selon, cela peut influer sur la discussion puis sur la dédicace. Pour se transformer en beau souvenir!

Dédicaces au Festival du Livre Paris 2022

Un des plus forts souvenirs qui me restent est survenu en décembre 2012 lorsque j’ai appris le décès de Mario Ramos que j’avais eu la chance de rencontrer au Salon du Livre de Paris en mars de la même année (à la Porte de Versailles à l’époque). L’une de mes premières. Cela avait été bref (il y avait du monde) mais il prenait le temps d’échanger quelques mots avec chacun. Cette annonce m’a beaucoup touchée et peinée, et rendu ce moment encore plus précieux.

Dédicaces au Festival du Livre Paris 2022

Au Festival du Livre de Paris cette année, ce sont les potentielles dédicaces qui m’ont portée. J’y suis allée sans idée de quels auteurs y seraient et je me suis dirigée vers eux sans attente aucune, attirée par leur seule présence, un nom ou un titre reconnu, une couverture. Et cela m’a permis de découvrir des livres vers lesquels je ne serais pas allée sans, de faire de très belles rencontres et discussions avec des auteurs connus (François Roca) ou pas du tout (Astrid-Aimé), de partager des points communs ou des recommandations livresques, de connaître des histoires et de genèses de livres incroyables (tel le roman graphique “Des vivants : le réseau du musée de l’homme, 1940-42“).

Les moments forts, c’est aussi lorsque je reçois un mot d’un auteur ou d’une maison d’éditions, via les réseaux sociaux ou dans ma boîte aux lettres. Tous ces moments, vrais et virtuels, me restent au cœur et je leur suis infiniment reconnaissante <3

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Du côté de chez Isabelle

Les dédicaces découlent de rencontres avec des auteur.ice.s. Comme je n’habite pas en France, je n’en ai pas souvent l’occasion et je trouve d’ailleurs cela un peu intimidant. Etrange aussi : on ne se connaît pas personnellement, mais écrire et lire est quelque chose d’assez intime et si on a déjà lu plusieurs livres de l’écrivain.e, on peut avoir l’impression d’avoir partagé quelque chose d’assez personnel. Mais avoir un blog donne parfois la chance de pouvoir dialoguer avec des auteur.ice.s. Beaucoup lisent les billets publiés autour de leurs titres et certain.e.s prennent le temps de réagir. Cela fait toujours immensément plaisir et donne l’impression d’être prise au sérieux par celles et ceux qui nous offrent les textes que nous aimons lire. Ils sont souvent curieux de sonder notre lecture personnelle, notre ressenti subjectif. Quelle surprise et quel bonheur quand, parfois, arrive un livre ou un dessin dédicacé par la poste !

Mon souvenir le plus sympathique, en la matière, concerne un jeune auteur-illustrateur pour lequel ma tribu avait eu un vrai coup de cœur, Cédric Philippe. Nous l’avions découvert en tant qu’illustrateur d’un roman génial d’Audren, La petite épopée des pions, qui mettait en scène des pions d’échec, le jeu préféré de mes moussaillons. Quelques mois plus tard, nous avons eu envie de lire Les fleurs sucrées des trèfles, roman publié cette fois en tant qu’illustrateur ET auteur. Le sujet de l’histoire était passionnant : la chance ! Ce roman fut l’un des plus étranges et des plus intéressants que nous avons lus : « Peut-être quelque chose à la frontière entre un conte, Alice au pays des Merveilles et un film de David Lynch ? », écrivais-je sur mon blog.

Quelques jours plus tard, Cédric Philippe m’écrivit non seulement pour me remercier pour ma chronique, mais pour demander si nous serions partants pour échanger un peu par mail sur nos impressions. Il s’intéressait particulièrement au ressenti de mes moussaillons et le cadet, qui avait particulièrement aimé le roman, accepta volontiers de répondre à quelques questions. L’échange fut fort sympathique et fut l’occasion, puisque nous aimions visiblement fréquenter les mêmes mondes littéraires, de partager des idées de lectures. Ce qui nous valut de nouveaux coups de cœur pour plusieurs romans animaliers, notamment Watership Down (un autre souvenir éblouissant) et Le vent dans les saules. Et la dédicace dans tout ça, me direz-vous ?

Et bien, figurez-vous que quelques temps plus tard, j’ai eu la surprise de recevoir par la poste ce dessin désopilant, représentant les bestioles que nous avions adorées dans Les fleurs sucrées des trèfles. Nous l’avons gardé précieusement. Je n’en reviens toujours pas de tant de gentillesse et de générosité !

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Du côté de chez Linda…

Je n’en demande jamais, trop timide. Mais j’accompagne mes filles dans cette démarche. Leur première dédicace était de Mymi Doinet. Gabrielle y était allée avec un tome de la série “les animaux de Lou” et Juliette avec “La Tour Eiffel a des ailes”, elles étaient toutes petites encore et avaient adoré cette rencontre. Mymi avait collé des gommettes pailletées pour illustrer ses dédicaces et déjà Juliette hurlait que “c’est un truc de filles” ! Ensuite il y a eu Bertrand Santini et pour le coup nous avions eu un bel échange. Dernièrement Gabrielle a fait dédicacé Les Vigilantes par Fabien Clavel et elle espère avoir bientôt une dédicace de Valentine Goby.

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Du coté de chez Lucie…

Plus que la dédicace, c’est la rencontre qui m’intéresse. Je vois plus la dédicace comme un petit souvenir de l’échange que comme un but en tant que tel.
Notre première dédicace, c’est Jean Claverie qui nous a prédit à mon amoureux et moi un bel avenir dans L’art des bises il y a près de 20 ans. Un joli souhait qui nous accompagne encore aujourd’hui !

Les deux dernières rencontres marquantes ont été Timothée de Fombelle, dont toute la famille est fan, et Clarisse Lochmann.
Pour le premier, mon fils avait préparé une petite boite d’éléments naturels auxquels il avait imaginé la fonction pour Tobie Lolness. Puis il lui a demandé de dédicacer son exemplaire déjà très usé par les relectures.

J’ai découvert la seconde grâce à Colette, et ça a été une évidence de lui faire dédicacer sa Passoire adorée… Ce qui l’a amenée à m’envoyer un exemplaire de Barbe Bleue dédicacé par François Roca !

Bien que n’ayant pas rencontré l’illustrateur, j’ai aimé cet échange passionné autour de la littérature jeunesse, si représentatif des attentions que nous avons les unes pour les autres sous ce bel arbre.

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Du côté des anciennes…

Avant de partir, Pépita nous avait confié sa pratique des dédicaces :

“Ici je fais dédicacer pour mes… futurs petits-enfants ! ça plait beaucoup aux auteurs illustrateurs de voir que leurs livres iront dans les mains de futurs lecteurs ! Et moi ça me permet de me projeter dans du prochain bonheur de partages. Et ces dédicaces sont très touchantes ! Mais Covid est passé par là… et nos enfants ne se projettent plus comme parents. Mais ça peut changer ! On verra bien !”

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Nous avons aussi eu la belle surprise de recevoir chacune de François Place une magnifique estampe de Olympe de Roquedor suite aux articles que nous lui avions consacrés (nos classiques préférés et un entretien).
Nous ne sommes toujours pas revenues de ce cadeau !

Et vous, avez-vous des histoires de dédicaces à partager ?

Nos classiques préféré.e.s : les peintures exceptionnelles de François Roca

« Je pars d’une feuille blanche, je dessine, je crayonne et ensuite je peins. Parfois je rate et je recommence. Cette première image va donner le ton, déterminer le personnage principal… » Extrait Fred Bernard & François Roca : créateurs d’aventures publié chez Albin Michel jeunesse en 2016.

Souvent, on associe François Roca à Fred Bernard. C’est tout à fait normal car ce duo est quasi inséparable depuis plus de 20 ans. Les deux hommes se sont connus à l’Ecole Emile-Cohl et s’exerçaient ensemble : l’un au dessin et l’autre à l’écriture. Jamais l’un sans l’autre. C’est ainsi que, quelques années plus tard, ils se sont retrouvés pour publier leur premier album La Reine des fourmis a disparu. L’aventure ne faisait que commencer… François Roca travaille également avec Charlotte Moundlic et illustre des couvertures de romans. Ses jeux de lumière et son trait sont uniques : il a forcément une place de choix parmi nos classiques préféré.e.s !

Tour d’horizon des titres de François Roca qui nous ont particulièrement marquées, avec au moins dix raisons d’avoir envie de découvrir chacun.

François Roca (auteur de Le pompier de Lilliputia) - Babelio
François Roca. Source: Babelio

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Pour Lucie, bien que pas particulièrement passionnée par les dinosaures, ce sera 10 bonnes raisons de découvrir Rex et moi.

Rex et moi, Fred Bernard, illustrations de François Roca, Albin Michel Jeunesse, 2007.
  1. Le narrateur est un délicat compsognathus, dinosaure ni cruel, ni pataud contrairement à la plupart des albums qui leur sont habituellement dédiés.
  2. Pour les illustrations hyperréalistes de François Roca et ses arrières plans soignés…
  3. … Et le jeu sur les échelles, les personnages ayant des différences de taille vertigineuses.
  4. Parce qu’Iggy est malin, courageux et audacieux
  5. Pour l’entraide et la solidarité, valeurs phares de cet album.
  6. Car, pour paraphraser La Fontaine, « On a souvent besoin d’un plus petit que soit. De cette vérité Rex et moi fera foi, Tant la chose en preuves abonde. »
  7. Et que l’idée d’un « petit » peut être adoptée par les « grands » si elle est bonne…
  8.  … Et que c’est définitivement une réflexion à mener avec les enfants.
  9. Parce que tous les personnages sont des dinosaures, et que les enfants adorent. Oui, même les filles.
  10. D’ailleurs cela fait déjà deux fois que ses élèves l’empruntent à la bibliothèque, et qu’ils se l’arrachent (au sens figuré). Un signe qui ne trompe pas !

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Pour Liraloin il y a 10 raisons d’aimer d’un amour véritable l’Indien de la tour Eiffel.

L’Indien de la tour Eiffel de Fred Bernard, illustrations de François Roca, Seuil jeunesse, 2004

1. Pour cette première de couverture qui nous chuchote un amour impossible.
2. Pour cet extrait de coupure de presse annonçant une histoire très très sombre.
3. Pour le rapport du commissaire dépêché sur place constatant le double meurtre et un coupable clairement identifié : Billy Powona.
4. Pour ce couple qui s’aime, si avant-gardiste dans un Paris de 1888 : un indien travaillant sur la tour Eiffel et une chanteuse de cabaret.
5. Pour cet amour inconditionnel peu importe la fatigue et les dangers d’aimer Alice La Garenne, une femme tant désirée par la gente masculine.
6. Pour cet homme revenu du passé qui entrainera surement la mort dans son sillage.
7. Pour cette chevauchée fantastique vers les hauteurs de la tour Eiffel : ultime refuge de deux êtres s’aimant plus que tout.
8. Pour le réalisme des peintures de François Roca : son jeu de la lumière apportant cette profondeur à ce récit.
9. Pour les trois dernières pages de l’album où le texte et l’image font retenir le souffle du lecteur.
10. Pour que l’amour soit plus forte que la vengeance.

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Isabelle et ses moussaillons ont été très émus par le King Kong de Fred Bernard et de François Roca. Voici pourquoi !

King Kong de Fred Bernard et François Roca, Albin Michel Jeunesse, 2020.

1. Pour l’objet livre de toute beauté, tout en dorures, enluminures et hommage aux années folles.
2. Pour la prise de risque : il fallait oser s’emparer de cette bête mythique qui suscite la fascination depuis son apparition initiale, dans le film éponyme de 1933 : les adaptations sont déjà innombrables. 
3. Pour le pari réussi : le duo se démarque et en livre une interprétation singulière, aux accents écologiques.
4. Pour la démarche de faire connaître cette icône aux jeunes lecteurs et lectrices.
5. Pour la plume vive de Fred Bernard, comme toujours.
6. Pour les illustrations sensibles et frémissantes. Regardez par exemple ces pages sépia qui sont autant de clins d’œil aux films de l’époque du premier King Kong.
7. Et les autres tableaux qui subliment la beauté imposante et fragile de la bête sauvage.
8. Parce que cela souligne la frénésie et l’aliénation des humains, dominés par le mépris des autres espèces, la soif de conquêtes et la course au profit.
9. Parce que King Kong semble à la lisière entre ces deux mondes que tout oppose, incarnation puissante de la bestialité, mais au regard grave où perce une triste sagacité.
10. Pour la lueur d’espoir qui jaillit de la rencontre avec Ann qui la change à jamais.

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Pour Colette, c’est Jésus Betz qui remporte tous les suffrages ! Voilà pourquoi !

Jesus Betz, Fred Bernard, François Roca, Seuil jeunesse, 2001.
  1. Parce que cette couverture est fascinante : sur qui, sur quoi vont s’ouvrir ces deux énormes rideaux rayés rouge et or ? Mystère !
  2. Parce que cet album, c’est la parole d’un personnage vraiment pas comme les autres en littérature jeunesse : Jésus a le nom d’un sauveur et il est né sans jambes et sans bras. Jésus est un homme tronc.
  3. Parce que cet album est celui de toute une vie, une vie d’aventures, enfin surtout de mésaventures. Une vie de rencontres improbables, de hasards fâcheux et d’amours incroyables.
  4. Parce que cet album est peuplé de monstres. De ces monstres que Tod Browning ose faire jouer pour la première fois en 1932 dans un film culte intitulé Freaks. Aujourd’hui ce serait carrément politiquement incorrect d’utiliser ce terme, et c’est ce qui est formidable avec cet album : il envoie valser le politiquement correct.
  5. Parce que non seulement cet album est celui de l’audace en terme narratif mais aussi en terme esthétique : les illustrations de François Roca ne sont pas étiquetées “jeunesse”. Il y a de la violence, de la sévérité mais aussi beaucoup de sensualité dans les images de François Roca. Les jeunes lectrices et les jeunes lecteurs ne s’y trompent pas, ici on leur fait sacrément confiance et l’illustrateur ne cherche pas à les “amadouer”. François Roca peint. Point. Ce sont des œuvres qu’il nous donne à voir, des œuvres dans toute leur complexité.
  6. Parce que cet album met à l’honneur les corps difformes, les trop, les pas assez, les corps qu’on regarde avec insistance, les corps qu’on évite de regarder.
  7. Parce que cet album, derrière son personnage masculin à toute épreuve, est une ode à la féminité plurielle.
  8. Parce que cet album nous donne à penser, à philosopher, à analyser : qu’est-ce qu’un héros ? qu’est-ce que la beauté ? qu’est-ce qu’une vie réussie ? Les portes d’entrée y sont multiples.
  9. Parce que nous avons eu la chance, avec mes élèves de 6e, de rencontrer François Roca cette année à l’Escale du livre de Bordeaux et que nous avons appris à connaître les coulisses de cet album. Et c’était passionnant !
  10. Parce que Jésus Betz est un amoureux inconditionnel de la vie et ça franchement, c’est inspirant !

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Pour Blandine, ce sont les parcours de vie qui l’émeuvent particulièrement! La littérature jeunesse permet de découvrir des destins, de créer des modèles, d’inspirer des passions, de transmettre des émotions grâce à des illustrations aux styles variés. Les fabuleuses et immersives peintures de François Roca attirent irrémédiablement, prolongent les mots et transportent auprès des personnages et donnent envie d’en savoir toujours plus.

L’incroyable exploit d’Elinor. Tami LEWIS BROWN et François ROCA. Albin Michel Jeunesse, 2011
  1. Parce que François Roca est aux pinceaux !
  2. Parce que François Roca n’est pas en binôme avec Fred Bernard
  3. Parce que le titre promet une rencontre marquante
  4. Parce que l’on a envie de découvrir « cet incroyable exploit »
  5. Parce qu’on veut savoir qui était Elinor
  6. Parce qu’il est question des débuts de l’aviation
  7. Parce qu’il est question de passion qui permet tout
  8. Parce qu’il est question d’émancipation féminine
  9. Parce qu’il nous transporte à une époque où « tout » était à faire et tenter
  10. Parce que l’on a forcément envie d’en connaître davantage après cette rencontre

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François Roca au Festival du Livre Paris, avril 2022 (Photo personnelle publiée avec son accord )

Quel album de François Roca a votre préférence? Quelles émotions son travail suscite-t-il en vous? Nous avons hâte de vous lire!

ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF.

Voilà deux ans que nous nous engageons aux côtés de l’UNICEF pour promouvoir le prix de littérature jeunesse que l’organisme propose depuis 2016. Cette année, l’UNICEF n’a pas proposé de sélection pour tenir compte des remarques formulées par les acteurs éducatifs qui déploraient que le rythme du prix ne soit pas celui d’une année scolaire. En effet, souvent accompagné.e.s par leurs enseignant.e.s, les élèves lisaient les livres de la sélection sur l’année scolaire mais ne savaient pas quelles œuvres avaient recueilli le plus de suffrages car les résultats étaient proclamés en novembre de l’année suivante alors qu’elles et ils avaient changé de classe. Donc cette année, on a eu le choix de se plonger dans une des sélections des années précédentes. Après concertation démocratique au pied de l’arbre, nous avons choisi un sujet qui nous enthousiasme, à une époque qui demande d’être repensée : le sujet de la sélection 2019, année des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, “Héros et héroïnes du quotidien, petits et grands combats de société” .

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Dans la sélection des 3-5 ans

Ce que j’aime vraiment d’Astrid Desbordes et Pauline Martin, Albin Michel jeunesse, 2017.

Archibald n’arrive pas à jouer au tennis. Il rate dès qu’il essaie. Aussitôt, il généralise cet échec, momentané et ciblé, à tout ce qu’il entreprend ou voudrait faire. Pour toute réponse, sa maman l’emmène en balade. En observant la nature et les animaux, la maman pose des questions à son fils, d’une manière très innocente, et apparemment sans rapport… Vraiment?

Cet album illustre parfaitement une certaine phrase qu’aurait prononcé Einstein sur la capacité de chacun pour nous démontrer que nous réussissions tous en quelque chose, parce que nous l’aimons, parce que nous y croyons. Un album au graphisme minimaliste et détaillé, empli de bienveillance pour instiller confiance en soi!

“Tu ne peux pas tout réussir, mais si tu trouves ce que tu aimes vraiment, ce qui est important pour toi, tu le réussiras.”

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Pour quelques gouttes d’eau d’Anne Jonas, Marie Desbons, Le buveur d’encre, 2017

Zahina vit dans un pays où l’eau est précieuse. Chaque jour elle accompagne sa famille au puits. Mais chaque jour elle en renverse un peu, happée par ses rêveries. Consciente de la valeur de l’eau, ce gâchis la rend triste et la fait culpabiliser. Mais elle a beau prendre des résolutions, rien n’y fait : son esprit divague le long du chemin. Jusqu’au jour où elle casse une jarre et ne peut cacher cette maladresse à son père.

Cet album d’Anne Jonas invite les jeunes lecteurs à réfléchir au prix de l’eau. S’il leur suffit d’ouvrir un robinet, ce n’est pas le cas de tous les enfants, loin s’en faut ! Mais il fait aussi la part belle à la rêverie et aux conséquences parfois merveilleuses de nos supposées maladresses. Les illustrations foisonnantes colorées de Maries Desbons nous invitent au voyage.

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Gros ours ? de Lisa Blumen, Kilowatt, 2017.

Gros Ours est un peu triste ce matin. La petite fille veut comprendre pourquoi et l’aider à aller mieux. Elle émet toutes sortes d’hypothèses et n’épargne pas sa peine pour prendre soin de son ami.

Cet album a remporté le prix UNICEF, et l’on comprend aisément pourquoi. En effet, quel enfant ne s’est pas retrouvé face à un ami ou un proche triste ? Quel enfant n’a pas essayé de comprendre et de le faire sourire ?
Car se préoccuper de son prochain est à la portée de tous, dès le plus jeune âge, et les enfants le savent bien !

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Palmir de Gilles Baum et Amandine Piu, Amaterra, 2018.

Palmir est de ces albums qui nécessitent un accompagnement. Car si les enfants peuvent n’y voir qu’un dragon se rendant à l’école, les adultes comprennent immédiatement que ce dragon fuit son pays en guerre. N’emportant qu’une petite valise, il traverse les épreuves avec courage. Sera-t-il bien accueilli une fois arrivé à destination ?

Un album qui raisonne fortement avec l’actualité et qui invite les enfants à accueillir l’Autre avec ses différences et son histoire.

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Un si petit cœur de Michel Gay, L’école des loisirs, 2018.

Sur le chemin de l’école, Nour recueille un oiseau blessé. Elle le protège, le nourri et en prend soin, jusqu’à ce qu’il puisse s’envoler.

Si l’histoire est extrêmement simple, son contexte interpelle les jeunes lecteurs. Pourquoi la petite fille porte-t-elle un foulard ? Que font ces gros camions ? Où sont les habitations ? Et les enfants de se rendre compte qu’ils réagissent de la même manière face à un être vivant fragile, quelque soit leur origine, leur sexe ou leur religion.

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Dans la sélection des 6-8 ans

Rosie Pink, le paradis des mauvaise herbes de Didier Levy et Lisa Zordan, Sarbacane, 2018.

Dans cet album, il est question de cultiver son jardin. Deux visions s’affrontent : celle de Rosie et celle d’Horace. Celle d’une enfant et celle d’un adulte. Celle de la nature sauvage et celle de la nature domestiquée. Et surtout dans cet album, il est question d’équilibre. Un équilibre offert par la nature elle-même à qui sait l’observer.

“Et soudain un matin, la lumière revient.

C’est le printemps !

La neige s’évapore et la roseraie réapparait.

Mais ce n’est plus tout à fait la même.”

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Chère toi que je ne connais pas d’Isabel Pin, Hélium, 2018.

Un album délicat où une petite fille écrit à une étrangère nouvellement arrivée dans sa classe pour l’inviter à venir prendre le goûter chez elle. Par petites touches, au travers de cette accueil bienveillant, c’est la vie de cette réfugiée avant la guerre qui est évoquée : celle d’une petite fille pas si différente de celle qui l’accueille aujourd’hui.

Chère toi,
Je t’invite samedi après-midi
à quatre heures,
pour un goûter chez moi.
On ne se connaît pas,
mais la maîtresse dit
que tu viens d’un autre pays…

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Fuis, tigre de Gauthier David et Gaëtan Dorémus, Seuil jeunesse, 2018.

Un tigre fuit, rampe, bondit pour échapper aux flammes. Il va devoir quitter sa terre natale et aller vers les terres étrangères, découvrir le monde domestique. Le tigre va trouver refuge dans une maison, dans la chambre d’un petit garçon. Un album qui, tout comme Palmir, aborde le sujet au combien d’actualité de l’exil forcé.

Fuis Tigre.
Tu es plus rapide que le feu.
Vif, déployé, tu le distances.
Fuis Tigre.
Enjambe. Rampe. Bondis.
Échappe aux flammes qui s’étirent pour te prendre.
Aux arbres qui tombent.
Au souffle terrifiant de l’incendie.
A la fumée suffocante, pluie de braises.
Fuis Tigre.
Ta terre natale disparaît derrière toi.
Il restera ton histoire.

*

Les papillons de Risha d’Amarnath Hosany et Minji Lee-Diebold, Hongfei, 2018.

Dans un monde bruyant et indifférent, Risha, enfant muette, réunit sa famille pour un moment de partage véritable. Autour de Risha, petite fille d’aujourd’hui, le monde est bruyant mais on n’y communique bien peu. Même dans sa famille où maman, papa et frérot sont absorbés par leurs écrans. Alors Risha, petite fille muette, se réfugie dans un monde imaginaire où ses doigts légers dialoguent avec les nuages. Un soir, une panne d’électricité plonge le quartier dans l’obscurité. Tout le monde est désemparé. Sauf Risha !

Ça surfe, ça chat, ça zappe… en silence.
Les regards se croisent mais ne se rencontrent pas.
À la maison, c’est un film muet qui se joue quotidiennement.

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Le crayon magique de Malala de Malala Yousafzai et Kerascoët, Gautier-Langereau, 2018.

Dans cet album, Malala se remémore son enfance, lorsqu’elle rêvait, grâce à un crayon magique, de pouvoir transformer et améliorer par petites touches son quotidien et celui de sa famille.

Un crayon magique comme un moyen d’échapper à la réalité de son pays, le Pakistan. Un pays dans lequel la guerre, la pauvreté, la faim règnent. Un pays dans lequel les libertés, et notamment celles des filles, se trouvent réduites, pour aller à l’école, puis jusque dans leurs rêves.

Le crayon magique de Malala est devenu réalité. Entre ses mains, il a commencé à écrire sa vie, sa peur et celle de ses amies, son amour de l’école et du savoir. Pour que le monde sache. Avec courage, volonté et même obstination. Bienveillance, paix et amour.

“J’espère que mon histoire vous permettra de découvrir la magie dans votre vie quotidienne et d’oser dire ce en quoi vous croyez.”

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Dans la sélection des 9-12 ans

Vives et vaillantes de Praline Gay-Para, Didier jeunesse, 2018.

Non, les filles et les femmes des contes ne sont pas des “nunuches” soumises et passives qui attendent sans rien faire que le Prince Charmant viennent les délivrer et les épouser. Pour nous démontrer qu’elles sont volontaires, actives et actrices de leur destin, Praline Gay-Para, nous raconte sept contes méconnus issus de la Méditerranée, qu’elle a parfois mixé ou réactualisé pour coller à l’esprit d’aujourd’hui.

Ces contes en rappellent d’autres, et démontrent que la forme n’est pas fixe, qu’elle évolue, s’adapte en fonction des époques et des lieux mais sans pour autant perdre de sa facétie ou de son message.

“S’il existe des récits entiers ou des motifs du répertoire traditionnel sexistes, c’est à nous qui les transmettons aujourd’hui de faire le tri dans ce que nous racontons et de penser nos histoires ici et maintenant.”

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L’histoire du mouton qui sauva une école de Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux, La joie de lire, 2018.

Drame sur l’île aux moutons : le ministre de l’éducation nationale a décidé de fermer l’unique classe car elle compte moins de 30 élèves et il faut, comme toujours, faire des économies (pourquoi ? ça on ne sait pas !) Mais c’est sans compter sur l’inventivité des habitant.e.s de l’île et notamment du “vétérimaire” et de sa fille Jeanne qui vont solutionner cet épineux problème avec humour.

Le jour où le ministre décida qu’il y avait trop de classes.

Le puissant ministre de l’éducation nationale ne trouvait jamais de position confortable. Il n’était pas grand, pourtant il se cognait tout le temps. Il n’était pas maigre, pourtant il avait toujours froid. C’était comme ça. Eté comme hiver, le ministre avait froid.”

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Des fleurs sur les murs de Cécile Roumiguière, Nathan, 2018.

Des fleurs sur les murs, c’est l’histoire d’une enfant qui comprend que le monde est injuste. Et qu’elle a le pouvoir de dénoncer les injustices par l’engagement militant. C’est l’histoire de Léna, 9 ans en 1968, qui s’oppose à la fermeture de l’usine de son village.

“Ce soir, avant d’éteindre ma lampe de chevet, je regarde le nuage noir, celui que j’ai dessiné dans mon cahier. Je me dis qu’il faudrait balayer le ciel, c’est trop triste ! Je dois trouver un moyen pour que tout reste ouvert, l’usine, l’épicerie et le cœur des gens du village ! “

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Six contre un de Cécile Alix, Magnard jeunesse, 2018.

Six contre un est le récit à la première personne de Ludo. Harcelé au collège à cause de son poids, son quotidien est un enfer. A tel point qu’il envisage de commettre l’irréparable.

Cécile Alix choisi la fiction pour montrer la douleur, la résignation et la peur qui habitent une victime de harcèlement. Ce roman a remporté le prix UNICEF, ce qui montre que le sujet touche particulièrement les lecteurs de cette tranche d’âge. Car, on le sait, il n’est pas facile d’en parler et de se faire aider dans une telle situation. Ludo est très attachant, et on ne peut qu’espérer que ce roman aidera les victimes et les témoins à réagir.

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La révolte ou la paix de Malorie Blackman, Rageot, 2018.

Ce court roman est situé dans un vaisseau spatial. Pour maintenir la paix, les habitants ont été équipés d’un Pacifieur qui inhibe leurs émotions. Plus de colère, de peur, de tristesse… Mais plus de joie non plus. Lorsque des extra-terrestres menacent de détruire la totalité du vaisseau et de ses habitants, Mikela réagit.

Ce roman, pensé pour les lecteurs “fragiles” (petits lecteurs ou dys) invite à exprimer et célébrer les émotions qui nous rendent humains.

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Dans la sélection des 13-15 ans

Le petit prince de Harlem de Mikaël Thévenot, Didier jeunesse, 2018.

En 2018, à la Nouvelle-Orléans, un musicien des rues écrit sur son carnet une histoire qui nous est racontée en parallèle, remontant le temps jusqu’en 1927. Découpé en trois parties comme autant de vues possibles du quartier d’Harlem (vue du ciel / vue d’en bas / vue de l’intérieur) , de ses habitants et de la façon d’y être et d’y vivre, de ses joies et dangers, le roman nous fait rencontrer Sonny, jeune ado qui se cherche.

On découvre la précarité, la frontière invisible mais réelle avec les Blancs, le bolito, la mafia et la prohibition. On y croise des personnes ou des noms ayant réellement existé (Duke Ellington, John Coltrane, Queenie, etc.). C’est passionnant ! Et, surtout, la musique, le saxophone, et la liberté qu’il procure.

Un roman à la fois doux, douloureux et généreux.

“Des silhouettes avec une tache claire au niveau du visage. Je me rappelle avoir fait une pause. Je ne savais pas où je mettais les pieds et je n’étais pas très rassuré. Je n’avais toujours été, en quatorze ans, qu’un Noir parmi d’autres Noirs.”

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Barricades de Charlotte Bousquet et Jaypee, Gulf Stream, 2018.

Sam vient d’arriver dans un nouveau lycée et, bien que souhaitant s’intégrer, elle reste sur la défensive. On sent ses parents inquiets car désireux du bien-être de leur fille. Car avant d’être Samantha, Sam était Samuel.
La haine, le rejet, le harcèlement, les ont forcé à fuir.
Grâce à la musique et au groupe de Nolan et Clovis que Sam intègre, la parole, les explications, l’écoute, l’amitié et l’entraide surviennent. Elle est acceptée pour ce qu’elle est, ce qu’elle fait, ce qu’elle aime. Au-delà du genre, qui finalement importe (si) peu

L’excellente collection Les Graphiques de Gulf Stream Editeur traite des questions essentielles et actuelles de l’adolescence de façon aussi délicate que directe, et aborde ici le sujet difficile du transgenre et de la transidentité, avec pudeur et brio.

…Je m’ancre en moi je deviens qui je suis…..

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Les étrangers de Pessan et Solminihac, L’école des loisirs, 2018.

Basile, en classe de 3e, voit passer sa vie puisqu’il ne la vit. Ecartelé entre son père qui a des absences, sa mère pétrie de tristesse qui endure en silence. Il observe Lou dans sa classe ou sur les réseaux sans oser l’aborder ou lui écrire, il rentre avec Simon sans parler. Jusqu’au jour, où sans savoir pourquoi, Basile ne tourne pas à l’endroit habituel pour continuer tout droit et se rendre à la gare désaffectée. Une rencontre va le faire basculer et lui ouvrir les yeux, le cœur, et le courage pour se sentir concerné par ce qui se passe “chez lui”: les Migrants qui vont, viennent, essaient de passer en Angleterre, disparaissent. Une soirée et une nuit qui vont l’ouvrir aux autres et à lui-même.

Un roman aussi difficile que subtil pour sensibiliser aux sorts des Migrants, au sort des enfants qui sont contraints de quitter leur pays, leur foyer, à cause de la guerre, à cause de maltraitance, et qui grandissent trop vite, contraints et forcés, qui s’endurcissent tout en restant si vulnérables.

J’ai l’impression que l’on vit tous dans des mondes parallèles.
On croit que les autres partagent notre réalité
alors qu’ils sont à des années-lumière de nous.
Des adolescents de mon âge traversent un quart de la planète pour échapper à la guerre,
d’autres sont contraints d’être les pères de leurs pères.

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La fillette au drapeau blanc de Saya Miyauchi, Akata, 2017.

La fillette au Drapeau Blanc s’appelle Tomiko Higa. Elle a 6 ans et habite sur l’île d’Okinawa. La photo a été prise en juin 1945 par le photoreporter John Hendrickson et dévoilée en 1977. Dix ans plus tard, Tomiko Higa sort de son anonymat, rencontre celui qui l’a immortalisée en 1988, et publie son roman autobiographique l’année suivante. En 2005, Saya Miyauchi adapte son histoire en manga. Mais il faudra attendre 2017 pour sa sortie française. Alors que le manuscrit « dormait » dans les cartons de la maison d’éditions Akata depuis des années, la vue du petit corps d’Aylan (2015) a décidé son éditeur à la publication, persuadé que les images heurtent et sensibilisent davantage que les mots.

Mai 1945, les Américains bombardent Okinawa et progressent très rapidement sur ses terres, précédés par l’horrible portrait et réputation propagés par les soldats et civils japonais. Avec ses frères et ses sœurs, Tomiko quitte la maison pour tenter de gagner le sud, mais est très vite esseulée, assistant à des horreurs encore plus inhumaines que la guerre. Elle trouve refuge dans une galerie souterraine, auprès d’un vieux couple qui prend soin d’elle et lui permet de survivre.

Ce manga est un récit de survie, dur, à la limite du soutenable, mais dont on retient surtout l’innocence, la pureté face à l’horreur et l’espoir constant de Tumiko.

“Le plus important, c’est la vie.”

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Des cailloux à ma fenêtre de Jessie Magana, Talents Hauts, 2016.

18 juin 1940, le Général de Gaulle lance son Appel depuis Londres. Sur l’Île de Sein, 128 hommes décident de le rejoindre alors que les femmes doivent subir leur absence et incertitudes comme endurer l’Occupation des Allemands. Parmi elles, Yvette et Marie, deux jeunes adolescentes, refusent de se résigner et d’attendre. Elles aussi veulent aider et parviennent à rejoindre la Résistance qui les base à Nantes. En parallèle, nous suivons Jean, jeune homme sénan qui s’est rendu en Angleterre, et qui, après l’attente des premiers mois, combat enfin sur mer avec son ami Pierre.

Récit fictionnel, ce roman se base tout de même sur un fait avéré: le large engagement des Sénans en faveur de la Résistance. La plume sensible de Jessie Magana nous permet de découvrir deux nuances de ce même acte héroïque avec le journal intime de Jean et l’arrivée massive et néanmoins inattendue et impréparée des Français en Angleterre, et le point de vue de Marie, frustrée de ne “servir à rien”.

Je repense à cette décision de partir, si rapide et pourtant si évidente. Échapper à la terre, prendre la mer, moi que rien ne destine à quitter cette île. pourquoi moi? Cette envie de fuir le chemin tout tracé, qui grandit en moi. Fille de marin, femme de. Une échappée, mais pas que. Agir, ne plus être spectatrice qui se contente de collecter les évènements, de les voir à distance. Prendre ma part. J’ai été choisie au hasard, mais je jouerai mon rôle.

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Avez-vous lu certains de ces livres? Avez-vous envie de les découvrir? Dîtes-nous!

Et rendez-vous sur le site de l’UNICEF pour découvrir la sélection 2023 sur la thématique “Un air de famille” !

Nos coups de cœur de mai

Ce joli mois de mai a été propice à la découverte de lectures les plus diversifiées !

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Pour Liraloin, c’est le casque vissé sur les oreilles laissant échapper de douces mélodies que le coup de cœur est arrivé ! Il s’agit de la série BD intitulée Blue au Pays des songes. Une lecture qui se fait en musique pour de beaux moments oscillant entre voyage onirique et rêves monstrueux !

Blue au Pays des songes de Davide Tosello, Vents d’Ouest, 2021

Pour en savoir plus, c’est ici

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Avoir entendu Matthieu Maudet parler de ses albums a donné envie à Lucie de découvrir son univers. Un enfant parfait, écrit par son complice Michaël Escoffier, a été une belle révélation. C’est un album malin qui sera, sans aucun doute, source de discussions dans les familles ! Car, peut-on vraiment attendre la perfection de son enfant lorsque l’on est soi-même imparfait ?!

Un enfant parfait, Michaël Escoffier et Matthieu Maudet, L’école des loisirs, 2016.

Son avis ICI.

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Son second coup de cœur était sur la liste de Lucie depuis la lecture commune consacrée aux romans fleuves de Davide Morosinotto. La Fleur perdue du Chaman de K l’avait particulièrement intriguée, et une fois de plus le goût des copinautes s’est avéré très sûr. Une maladie mystérieuse, une amitié indéfectible, un voyage initiatique en Amérique du Sud, des rencontres et un jeu hypnotique sur la typographie… Encore un très grand roman de cet auteur italien !

La Fleur perdue du Chaman de K, Davide Morosinotto, L’école des loisirs, 2021.

L’avis de Lucie, d’Isabelle et de Linda.

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Pour Colette, le mois de mai s’est conclu en beauté avec le baptême de son neveu adoré. Une mission lui a été confiée : partager sa passion pour les beaux textes avec celui qui allait officiellement devenir son filleul. Alors, pour mettre toutes les chances de l’impressionner de son côté, c’est le vieux butaï familial qu’elle a dégainé. Ce fut l’occasion d’offrir aux proches réunis, la lecture à haute voix du magnifique album Il faudra écrit par Thierry Lenain et illustré par Olivier Tallec, en version kamishibaï publié aux éditions Callicéphale, spécialiste du théâtre de papier ! Un magnifique texte qui invite à se confronter au monde tel qu’il est afin d’y trouver sa place et d’y faire sa part.

Il faudra, Thierry Lenain, Olivier Tallec, Kamishibaï Callicéphale éditions, 2007.

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Poussin et Renard, BD joyeusement colorée adressée aux plus jeunes, a fait fondre Isabelle et ses moussaillons. Ces six historiettes célèbrent l’amitié entre un poussin mignon mais néanmoins enquiquinant et un renard d’une constance admirable. On ne peut qu’être ravi par le charme vintage des illustrations (qui rappellent agréablement celles de Janosch), leur trait malicieux et la drôlerie des situations. Parfait comme histoire du soir comme pour se lancer dans la lecture autonome de BD !

Poussin et Renard, de Sergio Ruzzier, La Joie de Lire, 2022.

L’avis d’Isabelle

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L’équipage de L’île aux trésors a aussi vibré pour Skandar et le vol de la licorne. Ce premier tome prometteur nous entraîne au cœur d’un univers intégralement organisé pour contenir une force dévastatrice : les licornes. Celles-ci n’ont, évidemment, rien de mignonnes bestioles pailletées ! Si vous raffolez de Harry Potter, vous aimerez sans doute le personnage de Skandar, mais aussi la qualité d’intrigue, la fantaisie et l’humour réjouissant d’A.F. Steadman. L’autrice a su transposer dans son univers imaginaire des choses que les enfants et les ados reconnaîtront facilement : la quête de soi, les attentes des professeurs et des parents, la difficulté de prendre confiance en soi, la stigmatisation des minorités ou encore les dérives de la désinformation. Un de ces romans qu’on dévore et qu’on fait découvrir aux copines et copains !

Skandar et le vol de la licorne, de A.F. Steadman, Hachette, 2022.

L’avis d’Isabelle

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Blandine s’est laissée emporter par deux livres très différents et néanmoins réjouissants!

PIPIOU Quel appétit ! Richard MARNIER et Aude MAUREL Frimousse, 2021

Pipiou est un petit poussin fort gourmand.
Ce jour-là, il a faim, vraiment très faim. Et il ne trouve rien à se mettre dans le bec. Tour à tour, il trouve un caillou, un bout de bois, puis une fraise, qui ne le sustentent pas! Mais Pipiou est malin et sait comment se régaler!

Un album au graphisme épuré et facétieux qui voit l’effort récompensé!

L’avis de Blandine ICI

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Yahho Japon ! Eva OFFREDO. Maison Georges, 2021

Découvrez le Japon comme vous ne l’avez jamais vu ou imaginé grâce à ce livre à la croisée des genres entre l’album, le documentaire et la BD! Avec un graphisme minimaliste, monochrome et au trait noir épais, il nous emmène auprès de huit femmes et autant de métiers étonnants, inconnus, improbables. Ce faisant, il nous dévoile également des éléments de culture nippone et nous rappelle que le bonheur est souvent synonyme de simplicité!

L’avis de Blandine LA!

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Et vous ? Où vos coups de cœur vous ont-ils mené.e.s en ce joli mois de mai ? Partagez-vous certains titres avec les arbronautes ? N’hésitez pas à nous raconter !

La mythologie antique dans le monde

La mythologie est l’ensemble de récits fabuleux unifiant un peuple autour de son histoire, de ses croyances, légendes et êtres au destin extraordinaire.

Elle raconte le monde, de sa naissance à ses phénomènes les plus mystérieux ou terrifiants.

Liant les Hommes à la Nature, elle apporte des explications, des raisons, des clés de compréhensions à ce que l’on ne saisit pas, phénomènes naturels comme comportements humains, par le biais d’aventures de personnages hors normes.

Parce que la Mythologie est un vaste sujet, aussi foisonnant que fascinant, parce que souvent nous vient d’abord à l’esprit la gréco-romaine, nous avons choisi de scinder notre Sélection Thématique pour vous parler de la Mythologie dans toute sa diversité.

Notre premier billet concentrait des références sur la mythologie gréco-romaine, celle-ci nous emmène partout dans le monde.

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Ces deux ouvrages nous emmènent à la rencontre de différentes mythologies pour nous raconter la Naissance et les premiers Temps du Monde comme ceux des Hommes: Grèce, Japon, Dogon, Tibet, Chine, Rome, Inde. Subdivisés en récits plus ou moins connus, ils sont enrichis par des encarts précisant vocabulaire, rôles des personnages, lieux ou coutumes, liens avec d’autres mythologies ou textes ultérieurs.

Deux ouvrages riches et complets pour découvrir ou redécouvrir les Mythologies.

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Dans les Temps Anciens, le Mal voulut s’emparer du monde par l’entremise de six Dieux Mauvais.
Chacun fut défait par six Dieux Gentils dotés d’armes extraordinaires.
Vaincu, le Mal fut emporté et scellé dans le désert rouge de la planète Mars.
Jusqu’à aujourd’hui. La venue d’une mission spatiale japonaise a malheureusement libéré le Mal qui se répand à nouveau sur Terre sous l’apparence de ces six Dieux, en investissant le corps de six hommes.
Les descendants des Six Héros, ignorant tout de leur condition, découvrent tour à tour leur destin. Tous sont accompagnés de leur aïeul revenu sous la forme d’un esprit de petite taille aux traits ronds et enfantins, un brin comiques.

Chacun des six premiers tomes de la série nous présente donc tour à tour ces six descendants, avant de les voir découvrir Gaïa et le Chaos et de s’allier pour combattre le Mal. Ainsi fait-on connaissance avec Yuko descendante de Raijin (Japon); de Parvâti avec Durga (Inde); Amir avec Horus (Egypte); Abigapil avec Freya (Scandinavie); Miguel avec le Quetzalcóatl (Mexique) et Néo avec Heraclès (Grèce).

La série est dynamique et très expressive avec un dessin japonisant, un atout pour les jeunes lecteurs. Son intrigue est pleine de rebondissements, de références et d’humour et permet une première approche de la mythologie mondiale. Le premier cycle comprend 10 tomes et un nouveau vient de s’ouvrir.

L’avis de Blandine sur les 10 premiers tomes ICI.

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MYTHOLOGIE EGYPTIENNE

Chez Isabelle, la mythologie égyptienne est particulièrement prisée : pour sa poésie, mais aussi pour la beauté pharaonique des pages qu’inspire aux auteur.ice.s l’esthétique de cette époque. Format imposant, couleurs lumineuses, illustrations majestueuses : La déesse indomptable a quelque chose de princier, de divin qui attire le regard comme une parure antique. Le récit reprend une légende égyptienne ancestrale : suite à une violente querelle avec le dieu Soleil Rê, sa fille Bastet est furieuse. Qu’à cela ne tienne, la déesse chatte se transforme en lionne et s’exile, laissant Rê désemparé. Celui-ci compte sur l’art oratoire et la force de persuasion de Thot, le dieu savant, qui semble avoir mille et une histoires dans son sac. Viendra-t-il à bout du courroux de la déesse indomptable ? L’histoire raconte l’amertume de la colère, la douceur de la réconciliation et la valeur de l’entraide – et ce ne sont pas toujours ceux qu’on pense qui ont besoin de secours !

La déesse indomptable, de Viviane Koenig et Marie Caillou. La Martinière Jeunesse, 2019.

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Un autre livre chouchou d’Isabelle et de ses moussaillons pour voyager en Egypte est l’incontournable Egyptomania : un album précieux, orné à chaque page de somptueux motifs égyptiens aux couleurs dorées et éclatantes, que l’on parcourt en retenant son souffle, avec l’impression de pénétrer dans quelque pyramide sacrée… L’album brosse une fresque de l’Égypte ancienne : son histoire, sa géographie et son économie façonnées par le Nil, son mode de vie, ses fameuses pyramides et, bien sûr, sa mythologie. La lecture est, là encore, sublimée par les splendides illustrations. Les autrices font un usage très créatif de rabats et de parties mobiles qui semblent par exemple donner vie aux saisons qui se succèdent le long du Nil, ou nous donner l’impression d’entrer pas à pas dans un temple, une pyramide, un sarcophage… Un régal pour les yeux et l’esprit, accessible de 7 à 77 ans !

Egyptomania, d’Emma Giuliani et Carole Saturno, Les Grandes Personnes, 2016.

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Les Secrets des Dieux Egyptiens. Suzon LACROIX, Alea LEFEVRE et Diana CALLICO. Editions Le Héron d’Argent, 2021

Les Editions Le Héron d’Argent publient des ouvrages aussi magnifiques et soignés, qu’instructifs et richement documentés. Dans celui-ci, le panthéon égyptien nous est expliqué: les liens entre chaque Dieu, avec la Nature et envers les Hommes dans tous les aspects de leur vie: religion, politique, écriture, Arts, la guerre, la mesure du Temps…

Fascinant!

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MYTHOLOGIE JAPONAISE

Chez Colette, on est adepte des créatures japonaises les plus fantasmagoriques : des Yokaîs aux Pokemons, on ne cesse depuis des années de tenter de les apprivoiser. Notre livre préféré pour apprendre à les connaître est le magnifique A l’intérieur des Yokaï de Shigeru Misuki. Il se présente comme un documentaire qui donne à voir le fonctionnement interne de chaque créature ! C’est une merveille esthétique mais aussi documentaire qui permet d’appréhender une culture très différente de la culture européenne.

A l’intérieur des Yokaï, Shigeru Mizuki, Cornélius, 2018.

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MYTHOLOGIE NORDIQUE

Pour sa première bande-dessinée consacrée à la famille Vieillepierre, le talentueux Joe Todd-Stanton puise son inspiration dans une mythologie nordique dont on découvre tout le charme. L’Islande, terre de forêts et de glaces, de cavernes et de falaises offre un décor envoûtant aux aventures d’Arthur. Il s’agit-là d’une véritable épopée, avec ce qu’il faut d’épreuves, de territoires à explorer, d’alliances à créer et de monstres à terrasser. Tout cela est superbement illustré, avec de ravissantes couleurs chaudes et une multitude de petits détails à savourer au fil des lectures. Un tome qui se suffit parfaitement à lui-même, mais dont on peut avec profit découvrir les suivants qui explorent d’autres contrées mythologiques…

Arthur et la Corde d’or, de Joe Todd-Stanton, Sarbacane, 2019.

L’avis d’Isabelle

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Astra Saga livre vraiment un hommage inattendu à la mythologie nordique puisque ces références sont importées dans un space opera aux accents steampunk. Le désastre du Ragnarök a beau avoir marqué profondément le paysage galactique, les espèces survivantes à cette extermination réciproque des Ases et des géants Jötun semblent avoir la mémoire bien courte. L’empire qui a prospéré sur le champ de mines est menacé de l’intérieur par une rébellion et, de l’extérieur, par un Ase rescapé du Ragnarök. La flotte impériale va avoir fort à faire pour maintenir l’ordre et la cohésion des provinces… Ce premier tome pose les bases d’une intrigue ample, mais d’autant plus intéressante que plusieurs des camps semblent traversés par des clivages internes. Les illustrations sont vraiment remarquable : profusion de détails à la précision quasi-photographique, clarté et dynamisme du trait, couleurs splendides. Très original !

Astra Saga, tome 1 : L’or des Dieux, de Philippe Ogaki. Delcourt, 2021.

L’avis d’Isabelle

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MYTHOLOGIE INDIENNE

Le Ramayana. Pascal FAULIOT. Casterman, 2015

Le Ramayana fait le récit de l’épopée extraordinaire de Rama, Prince de l’Inde. Courageux, Compatissant et respectueux du Dharma, Rama est un homme parfait, et son épouse, Sita, ne l’est pas moins. Dès lors, comment échapper à la cupidité et la convoitise des Hommes et des Démons?

Figure majeure de l’hindouisme jusqu’à être l’incarnation de Vishnou (le Dieu supérieur préservateur de l’univers), Rama fait l’objet d’un véritable culte et plusieurs lieux de pèlerinages lui sont consacrés. Ce texte de Pascal Fauliot est une condensation de deux versions majeures et a fait l’objet d’une adaptation pour être plus accessible aux lecteurs d’aujourd’hui.

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BONUS : DES ROMANS NOURRIS PAR LES MYTHES

En bonus, deux romans (étrangement tous les deux ancrés dans un monde de… lapins) qui nous parlent de la genèse et des fonctions remplies par les mythes. Comment occupait-on jadis les longues soirées d’hiver ? En racontant des histoires au coin du feu, bien sûr ! Il y a très longtemps, il était même fréquent que certains en fassent leur métier et deviennent « bardes » qui collectaient les anecdotes et devaient une mémoire vivante de la communauté. Certaines histoires étaient répétées si souvent qu’elles finissaient composer un univers de références partagées…

Dans la société médiévale imaginée par Kieran Larwood, la légende de Podkin le brave fait incontestablement partie de ce patrimoine. Le récit épique qu’en fait un vieux barde très informé nous raconte la façon brutale dont une guerre civile les a tirés, lui et ses frère et sœur, de leur enfance insouciante dans le clan de leur père, arrachés à leurs parents et poussés à la fuite. Rencontres et péripéties s’enchaînent avec beaucoup de rythme, faisant de cette épopée une expérience initiatique qui permet à l’insouciant Podkin de trouver le courage de résister… La morale de l’histoire, puisque fables et légendes servent aussi à éduquer les enfants suspendus aux lèvres du barde, suggère ainsi à la fois que les personnes a priori les moins héroïques peuvent déployer des ressources insoupçonnées et que c’est en réalité l’union qui fait la force… Une introduction géniale à l’heroic Fantasy, accessible aux plus jeunes !

La légende de Podkin le Brave, Kieran Larwood, 3 tomes parus chez Gallimard Jeunesse

L’avis d’Isabelle sur les tomes 1, 2 et 3

Les lecteur.ice.s un peu plus grand.e.s pourront se plonger avec délice dans Watership Down, un classique anglais magnifique réédité en français par Monsieur Toussaint Louverture. Une extraordinaire intrigue à rebondissements qui se noue à partir de l’exil forcé d’une poignée de lapins suite à une inquiétante prophétie. Le périple vers les collines de Watership Down est semé d’embuches face auxquelles les petits héros devront rester unis et clairvoyants. Ils seront heureusement inspirés et réconfortés, dans l’adversité, par toute une collection de mythes fondateurs. Les moussaillons d’Isabelle ont adoré les aventures du légendaire lièvre Shraavilshâ. Mais surtout, ces lapins qui s’efforcent de “faire société” seront un jour eux-mêmes au coeur de mythes… Un roman immersif qui fait rire, vibrer et trembler. Et qui multiplie les clins d’oeil aux mythes antiques, de Cassandre au cheval de Troie, en passant par l’enlèvement des Sabines.

Watership Down, de Richard Adams. Monsieur Toussaint Louverture, 2020.

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N’hésitez pas à aller voir du coté des sélections de l’association Arrête ton char qui a initié en 2020 un prix Littérature Jeunesse et Antiquité. Cette association a créé le plus vaste site francophone de ressources pour les Langues & Cultures de l’antiquité : une mine d’or !

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Découvrir tous les livres qui abordent la mythologie est aussi passionnant que fascinant! Il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges, sans qu’on puisse se lasser! Et vous, comment aimez-vous lire la Mythologie?