C’est l’été, et les plus chanceux sont peut-être déjà en congés. Cette année, pour accompagner la pause estivale, nous avons décidé de faire rimer les « vacances » avec ce qu’elles nous inspirent. L’occasion de vous proposer chacune notre tour des billets plus personnels, mais aussi et toujours des livres qui nous ont touchées.
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Lucie ouvre le bal, et pour elle les vacances riment avec ces immenses plages de temps qui offrent la possibilité de se ressourcer au contact de la nature mais surtout de prendre son temps. Si nous courrons tous tout le temps, tiraillés entre de multiples sollicitations, l’été est le moment où l’on peut sortir de la roue du hamster et profiter.
Mais le temps, qu’est-ce que c’est ? Voilà une notion bien compliquée à concevoir pour la plupart des enfants ! Il faut déjà faire la différence entre le temps long, celui qui englobe une grande partie de l’humanité comme le font ces deux albums :
Commençons avec Notre Histoire, la tentative d’Oliver Jeffers pour expliquer l’évolution de l’humanité. Il s’interroge sur l’événement qui a marqué les débuts (le feu ? la préhension ? la bipédie ?) tout en questionnant la notion de frontière et notre avenir en tant qu’espèce.
Vaste programme, surtout que l’auteur-illustrateur s’est donné comme mission de contrer la morosité ambiante avec un optimisme (et un rose fluo) à toute épreuve.
Sa théorie : prendre un peu de recul permet de se rendre compte que la Terre n’accueille que des « nous » et amorcer un nouveau récit, tourné vers les autres.

Retrouvez la lecture commune de ce titre ICI.
De son côté, Johanna Schaible propose avec Ce qui sera un incroyable livre gigogne qui retrace l’histoire de notre planète sur des millénaires… jusqu’à son petit instantané central, qui appelle à faire un vœu, à se projeter dans l’avenir. Cela tombe bien car c’est justement l’objet de la seconde partie de cet album. L’auteure invite son (jeune) lecteur à imaginer sa vie dans quelques jours puis dans quelques années, grandissant en même temps que le format des pages. Les illustrations sont somptueuses : paysages peints à la brosse, découpages et minuscules silhouette ; et l’expérience passionnante.
Et le temps à l’échelle d’une vie, voire même d’une semaine pour les plus petits avec les deux titres suivants :
Au début, il n’y avait qu’un néflier. Planté dans le jardin d’une maison, il est le témoin privilégié de la vie de la famille qui y habite. Le passage du temps est donc forcément subjectif : parfois rapide, parfois lent, avec simplement quelques indication de dates. Le lecteur peut d’ailleurs s’amuser à retrouver les membres de la famille aux différents âges de leur vie.
Il y a très peu de texte dans cet album porté par les douces illustrations de Julia Spiers. Elle y a glissé de petits clin d’œil à destination des adultes, qui ne manqueront pas d’identifier certains objets de leur enfance.
Cet album a aussi fait l’objet d’une lecture commune à lire ICI.
Si le concept du temps n’est pas facile à cerner pour les enfants, celui qui les séparent du retour de leurs parents l’est encore moins ! C’est le sujet de cet adorable album cartonné de Victoria Kaario, à la fois très concret (nombre de vêtements, durées déterminées) et d’une poésie rare. La superbe mise en couleurs de Juliette Binet y est pour beaucoup mais il se dégage aussi beaucoup de bienveillance du texte.
Et pour les vrais curieux, des ouvrages à portée philosophiques développent cette thématique :
Ce tome des Goûters philo consacré au temps est remarquable. Dans toutes les familles, le temps est à la source de la plupart des tentions. Les auteurs nous proposent ici de réfléchir à ce concept tout en discutant de notre vision du temps. Est-il impératif d’en gagner ou de le prendre ? Vaut-il mieux le remplir ou le perdre ?
Cela dépend évidemment du moment, mais aussi de notre rapport à la vieillesse et à la mort.
Nous mettant face à nos contradictions, les auteurs nous invitent à prendre le temps d’en discuter avec nos enfants. Pour convenir ensemble de plages libres dans des emplois du temps surchargés ou pour comprendre que adultes et enfants sont soumis au même temps ? Peu importe. Comme toujours l’essentiel est d’ouvrir le dialogue et d’être à l’écoute.

Christophe Bouton a fait avec cet ouvrage un effort de vulgarisation considérable. Expliquer le concept du temps à des enfants… vaste projet ! L’auteur met en vis à vis ses explications et des citations de grands philosophes s’étant penchés sur la question. Moins ludique que la collection des Goûters philo, cet ouvrage s’adresse à un lectorat un peu plus grand, mais le ton se veut très accessible, notamment par l’emploi du « tu ».

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Une fois le concept intégré avec plus ou moins de facilité, une question demeure : du temps oui, mais pour quoi faire ? Et d’ailleurs, est-ce obligatoire d’en « faire » quelque chose ?
Davide Cali et Alexandra Huard vous invitent pour Un week-end de repos absolu ! Le papa laisse son journal économique, la maman son téléphone portable et les voilà partis pour une pause champêtre bien méritée. Sauf que les habitudes ont la vie dure, et qu’il y a toujours quelque chose à faire. Le week-end file, les activités aussi. Avec humour et tendresse, cet album questionne notre tendance à vouloir toujours remplir le temps d’une multitude d’activité et propose de remettre en cause nos habitudes.
La couverture et le titre de ce Grand jour de rien sont très évocateurs. Ne rien faire, s’ennuyer, c’est essentiel pour un enfant. C’est dans ces moments de creux, de « vide » qu’il va s’intéresser au monde qui l’entoure et que son imagination va s’épanouir.
Alors qu’il vient de perdre son jeu vidéo et qu’il craint de s’ennuyer, le héros de cet album va faire des découvertes merveilleuses dans la nature qui l’entoure. Beatrice Alemagna est au auteure qui sait mettre en valeur les petits riens qui font le sel de la vie, et cet ouvrage envoûtant en est un parfait exemple.
Ce titre avait été présenté par Isabelle dans l’article que nous avions consacré aux classiques de cette auteure-illustratrice, à lire ICI.
Avec le temps que nous consacrons à la lecture sur ce blog, il était évident de mentionner cette occupation ! Ainsi, un livre mettant en lumière les lecteurs de l’impossible, qui parviennent à lire malgré les distractions de leur environnement, trouve forcément écho chez nous. Dans ce chouette hommage aux grands lecteurs, Timothée de Fombelle se propose de nommer 101 des 36 000 façons de lire illustrées de manière très parlante par Benjamin Chaud.
Je ne doute pas que chaque lecteur trouvera la (les) sienne(s) et donc le nom poétique qui lui convient.
Rébecca Dautremer explore la thématique du temps dans tous les titres de la série consacrée à Jacominus Gainsborough. Mais ce quatrième tome accorde une place particulière à la construction d’une amitié. Et pas n’importe laquelle : l’amitié d’une vie !
Jacominus se réveille de sa sieste avec les réminiscences d’un souvenir, mais il ne parvient pas à le retrouver. Son ami Policarpe lui fait des suggestions qui remontent le fil de leur histoire d’amitié jusqu’à son élément fondateur.
Tant les illustrations que le texte sont emprunts d’une douceur intemporelle qui donne envie de célébrer le temps consacré à l’amitié.
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Reste cette triste vérité : si le temps est cyclique et a priori infini, celui qui nous est accordé sur terre est compté. Alors, que faire si on n’a plus de temps ? Déjà se préparer à l’idée afin de faire des choix en accord avec nos envies et nos valeurs
Difficile d’évoquer l’aspect éphémère de certains événements avec les enfants. Petites et grandes disparitions peuvent facilement les bousculer. Dans Les choses qui s’en vont, Beatrice Alemagna rend le concept évident par un jeu de calques à la fois bien pensé et très ludique. Sans rien ôter à la délicatesse de l’album aux douces illustrations.
Mention spéciale à la conclusion, réservée à ce qui ne s’en va pas, et dont l’interprétation est laissée au petit lecteur.
Ce titre avait été présenté par Lucie dans l’article que nous avions consacré aux classiques de cette auteure-illustratrice, à lire ICI.
Et tant qu’il reste du temps, rien n’empêche de rêver sa vie, et ainsi de la démultiplier les quelques heures qui nous restent.
Ne vivons nous pas chaque jour une vie entière ?
Inspiré par le journal d’Etty Hillesum, Timothée de Fombelle trace de sa plume délicate des souvenirs en suspension, une vie inventée en une nuit pour faire durer l’espoir. L’engagement et la sensibilité de Claire sont particulièrement émouvants. Elle s’invente des souvenirs de moments de presque-rien qui font le sel de la vie. Aux grandes joies et aux drames, elle préfère la chaleur d’un toit en été, une lumière ou une odeur. Ou comment l’imagination permet de vivre une vie en une nuit.
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La semaine prochaine, Liraloin fait rimer vacances avec élégance dans un billet à ne pas manquer.
Lucie vous souhaite un bel été, et de longues plages de temps à consacrer à vos proches, vos passions, vos amis… ou à ne rien faire !







































