Entretien avec Carole Chaix

Nous avons été subjuguées par le titre l’Envers de nos décors, qui d’ailleurs, a emporté le Prix ALODGA dans la catégorie Branches dessinées. C’est tout naturellement que nous avons demandé à l’illustratrice Carole Chaix de répondre à nos questions. Son duo avec Thomas Scotto nous montre encore une fois la force des mots en parfaite harmonie avec l’illustration.

Illustration sur le site du Port a jauni

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Actuellement vous êtes en résidence. Pouvez-vous nous en parler ainsi que de votre prochaine publication ? (Vous retrouverez ces portraits sensibles, poétiques (et d’autres héroïnes) dans le carnet publié à l’occasion de la fin de ma résidence « IL ÉTAIT PLEIN DE FOIS aux BEAUDOTTES » en juin 2026.)

J’ai fait la connaissance de Sevran (93) il y a 4 ans. J’ai gagné un concours « illustrer le Grand Paris » on m’a attribué la ville de Sevran, je devais partir du territoire pour réaliser 8 grandes illustrations (imprimées et exposées sur les murs de la future gare de métro).

La gare ouvre en 2027 et aux différents interlocuteurs rencontrés, je disais que je voudrais rencontrer les habitant.es avant l’ouverture, histoire de les connaitre et faire une jolie fête. Depuis 2 ans donc, je travaille en partenariat avec la ville de Sevran dans le cadre d’une résidence de création, sur le vif je rencontre et dessine ces habitant.es travailleurs travailleuses… je récolte des instantanés dans mes carnets. La première année j’ai installé mon bureau d’illustratrice au milieu des gens (c’était à la Micro-Folie de Sevran) avec un studio de portraits dessinés, j’invitais les gens à s’assoir devant moi et poser. Comme la monnaie était du temps, les gens me donnaient de leur vie (j’avais déjà vérifié cela ailleurs) pendant 6/8 mois bien évidemment j’avais d’autres projets à réaliser, je partageais cela aussi. Cette deuxième année a été différente, j’ai installé un bureau mobile dans quatre lieux qui ont été importants pour moi l’année précédente = Micro-Folie, Asso Idées Sevran, Atelier Poulbot et Bibliothèque Yourcenar. Cette année j’ai aussi proposé différentes rencontres/ateliers. Bref J’ai accumulé dessins sur le vif, récits, rencontres, instantanés…

Dès le départ je savais que juin 2026 serait la fin de cette grande aventure. J’ai choisi la forme de l’abécédaire pour ce carnet (qui sera édité par la ville) j’aime les listes de mots, ils sont dans ce carnet poésies. Les doubles pages s’enchaînent ou pas, par exemple on peut passer de claquettes chaussettes à droit au beau, j’aime les paradoxes… J’ai pensé ce carnet comme un résultat poétique, sensible, artistique et politique, je le dédie aux habitant.es. et comme des points de suspension, il sera lors de sa distribution à continuer, je ne peux pas m’empêcher à mettre du participatif… En parallèle et tout l’été une exposition sera installée en extérieur sur les grilles de la Micro-Folie.

Que cherchez-vous concrètement lorsque vous acceptez ou postulez à une résidence d’illustratrice ?

Depuis 2009, j’en fais régulièrement. J’aime travailler ailleurs que dans mon atelier et j’aime aussi faire connaissance avec un territoire c’est un terrains de vies qui me permet de rester dans la réalité, c’est pour cela d’ailleurs que j’ajoute systématiquement TOUS TERRAINS à illustratrice.

J’aime aussi les grands écarts que ces résidence peuvent engendrer : passer du jardin de la villa Médicis à Rome et la Halle Mandela de Sevran par exemple, dans les deux cas, je fais mon métier. Et surtout le carnet, réceptacle de mes instantanés, me permet de partager ces endroits dans l’un et l’autre des lieux.

Participer à des résidences et dessiner au milieu des gens, ma permis de développer cette pratique du dessin sur le vif, aujourd’hui le dessin est ma deuxième langue mais cela n’a pas toujours été le cas, aujourd’hui je peux compter dessus comme si j’étais bilingue.Et puis mes résidences sont programmés en amont, financées, c’est rassurant quand on pense que nos métiers ont un statut très précaire.

Vous travaillez également sur des « grands formats » c’est-à-dire que vous réalisez des fresques. Comment se concrétise ce genre de performance ?

Je les conçois de la même façon que mes images sur des histoires pour futur album ou bd. Avant tout ce sont des illustrations, donc un dessin qui raconte, et s’il n’y a pas d’histoires je m’en trouve une. La grosse différence est bien entendu la taille et le pourquoi et pour qui ?J’aime que l’illustration soit aussi en dehors du livre relié. J’aime aussi créer des fresques que j’ai nommé « Permis de colorier » avec et pour le public et enfin j’aime concevoir des installations de papier en 3D (exemples pour le Palais de la Porte Dorée à Paris) où le public visite un récit plutôt que de tourner des pages…

Nous vous connaissons à travers vos illustrations réalisées pour les éditions du Port à jauni mais également pour celles qui illuminent les textes de Thomas Scotto. Comment abordez-vous ces différentes étapes de travail par rapport au écrits proposés ?

Je rencontre toujours l’autrice ou l’auteur et bien entendu l’éditeur ou l’éditrice. Je conçois ce travail en étroite collaboration. Avec Thomas Scotto par exemple, nous nous sommes inventés une résidence ensemble afin de réaliser la « bible » de notre future BD, à savoir découpage et intentions par liste, story board…. document hyper important pour la suite, ce doc a été un guide, à chaque étape j’ai montré à Thomas, esquisses, story board, planches…

Au Port a jauni, j’ai travaillé en étroite collaboration avec l’éditrice qui est venue dans mon atelier et a exploré comme une dénicheuse, très intéressant aussi comme approche professionnelle, c’était très gestuelle. J’ai l’habitude d’accrocher au mur mes recherches, j’ai devant les yeux des cartes mentales de tous les travaux en cours…

Juste le ciel et nous – texte d’Anne Agopian, illustré par Carole Chaix – Le Port a jauni, 2022

Dans vos illustrations, vous faites souvent le choix de couleurs très vives, qui contrastent avec des parties laissées blanches ou peu colorées, pouvez-vous nous expliquer ce qu’il signifie pour vous ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur votre technique ?

J’ai commencé à travailler mes illustrations en volume (date à modeler, fil de fer…) il fallait un photographe, j’ai adoré cette période et au fil des années et 26 ans plus tard et grâce à l’assurance du trait, j’aime que mes outils tiennent dans des trousses. C’est par les dessins sur le vif que ces couleurs vives sont apparues, et c’est surtout mes voyages en Italie, la lumière, les jardins…m’ont « fait des shoot » des couleurs de lumières… Je voulais garder tout ça dans mes autres images… C’est vrai qu’il fait souvent beau dans mes images avec ce bleu (piscine turquoise). En revanche dans mes illustrations cela dépend du ton de l’histoire, de mes émotions à, la lecture, des ambiances et décors…. C’est l’histoire qui commande.

Avec quel(s) auteurice(s) rêveriez-vous de collaborer ?

Aujourd’hui je vais être l’autrice de mes futurs albums/BD. En revanche je viens de terminer un spectacle, une lecture dessinée musicale avec Jo Witek et nous sommes impatientes de travailler ensemble sur pourquoi pas ce projet en édition.

Vous êtes souvent éditée chez des petits éditeurs. Est-ce un choix de votre part ?

Actes Sud, Thierry Magnier, Rue du Monde… ne sont pas petits, d’ailleurs très honnêtement je ne sais pas ce que cela veut dire petits éditeurs. Moi, je veux travailler avec des éditeurs/éditrices professionnelles, honnêtes, enthousiasmes, pas menteurs et ne faisant pas de chantages affectifs… petits ou gros… Et quand cela ne fonctionne plus je les quitte et n’y retourne plus.

Vous êtes très sensible aux différentes formes d’art et dans votre parcours cet éveil nous donne des publications très originales comme vous avez pu le faire avec les éditions de l’Edune ou de la Maison est en carton. Comment ces projets naissent-ils ?

Sensibles plutôt depuis mes études aux beaux-arts et aux décoratifs à Paris en images imprimée (section art) cela a coloré qui je suis aujourd’hui pas nécessairement ces deux maisons d’éditions. Mes nourritures sont au musée, peu dans les livres…

A musée de Carole Chaix – La Maison est en carton, 2010

Vous rencontrez différents publics, quels types d’échanges préférez-vous ?

Difficile de choisir, Je ne préfère pas un public particulièrement je crois, mais quand je rencontre des classes j’aime voir des élèves en fin de primaire ou, et aller au collège avec les albums, mes carnets et les BD j’adore… C’est aussi pour cela que je partage et fabrique des résidences, aller rencontrer et faire connaissance avec des gens ailleurs… Et puis depuis quelques années je suis invitée à des modérations graphiques : je traduis en mots et en images : débats, formations professionnelles, L’Alliance pour la lecture…. ou collectivement (lors notamment du festival des Passeurs.ses d’Humanité dans la Roya) et là, à la fin nous invitons le public présent à venir consulter cette « traduction » graphique.

Avez-vous un souvenir de l’une de ces rencontres à nous partager ?

Aujourd’hui je fais très rarement des ateliers d’illustrations (ou alors en duo avec l’auteurice) je partage cette langue du dessin et pendant les rencontres scolaires, j’invite les élèves à essayer ce langage en mots et en dessins… et ça marche !

On devrait vraiment enseigner cette langue comme un moyen de communication et pas, d’abord comme une discipline artistique avec des concepts…

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C’est une merveilleuse conclusion à cet échange, merci à Carole Chaix d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous vous invitons à (re)découvrir son univers dans ses livres et sur son blog !

Sélection thématique sur la rentrée

La rentrée approche et comme chaque année c’est un grand moment, un rendez-vous à ne pas manquer, des souvenirs pour la vie, entre joie des retrouvailles ou appréhension de savoir quel maître ou maîtresse on aura et si l’on sera dans la classe de ses copains, renouveau aussi et bonnes résolutions…

Pour aborder cette nouvelle année avec enthousiasme et sérénité, la lecture sera, à ce moment-là et toute l’année, une fidèle compagne.

Enfants, parents, enseignants, voici quelques livres pour vous inspirer, vous projeter et vous amuser !

Très bonne fin de vacances à tous en attendant 🙂

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Des documentaires

Hélène a eu un coup de cœur pour le titre Suivez le guide, à l’école de Camille Garoche. Il s’agit d’une autrice qu’elle connaît et suit depuis longtemps, notamment son premier titre Marie de Paris, sans oublier ses magnifiques publications de ces dernières années Le concours des fées et Le concours de cabanes.

Aujourd’hui le chat Rominagrobis nous emmène à l’école. En reconnaissance pour sa jeune maîtresse, il rencontrera des personnages qui lui donneront l’occasion d’aller visiter toutes les pièces de l’école et d’en expliquer l’utilité. Un livre avec des magnifiques illustrations détaillées, à regarder longtemps, dont on peut discuter entre l’enfant et l’adulte, des volets à ouvrir et un chat Je sais tout qui fera bien rire les jeunes et moins jeunes lecteurs, dédramatisant le lieu de l’école qui peut être impressionnant pour les touts-petits.

Pour information, il s’agit du 5e tome d’une série qui comporte également des titres sur les thèmes de la visite (d’un vieux manoir, du jardin, du quartier et de la forêt).

Suivez le guide, à l’école, Camille Garoche, Casteman jeunesse, 2026.

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Après le lieu, les personnes ! Lucie a eu l’occasion de lire le tout nouveau Au secours, c’est la rentrée ! Découvre le métier de maître d’école dans la collection « Bienvenue à Qui-Fait-Quoi » des éditions Milan.

En racontant les premières semaines d’un tout jeune professeur, cette BD aux traits classiques montre bien le quotidien des enseignants, entre recherche du juste ton et organisation du travail de préparation. De quoi rassurer les écoliers en leur montrant que les adultes aussi peuvent être stressés par cette échéance !

Au secours, c’est la rentrée ! Découvre le métier de maître d’école, Lola Koenig, Milan, 2026.

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Des albums

Hélène voulait absolument vous rappeler de relire ce classique de Mireille d’Allancé Non non et non !
Un petit Octave que l’on devine passablement anxieux à l’idée de faire sa première rentrée et qui s’oppose (ça aussi c’est de son âge, en plus d’aller à l’école).

Non, il n’ira pas à l’école. Non, il n’accrochera pas son manteau, non, pas de bisou pour Maman, non il n’aime pas jouer aux puzzles, non non non… Sauf peut-être pour un bonbon ?

Un livre très bien écrit, avec un système de répétition qui donne un rythme à la lecture, beaucoup beaucoup d’humour et de dédramatisation…

De quoi faire comprendre à tous les petits loups (et à certains parents ?) que « l’école, c’est épatant ! »

Non, non et non ! Mireille d’Allancé, Ecole des Loisirs, 2001

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Dans les « classiques », qui fonctionnent bien, il y a aussi l’amusant Nino Dino, :Non, pas l’école !, qui a eu beaucoup de succès avec les enfants d’Héloïse. Le célèbre tyranosaure, inventé par Mim et Thierry Bedouet, s’apprête à faire sa première rentrée. Ses parents lui en on parlé, mais lui commence à s’inquiéter : pourquoi ses parents sont-ils si pressés de le déposer à l’école ? Veulent-ils se débarrasser de lui pour rester seuls avec bébé dino ?

Un p’tit rannosaure attachant, une histoire qui fait sourire, voila un album parfait pour dédramatiser l’entrée à l’école.

Nino Dino : Non, pas l’école ! de Mim et Thierry Bedouet. Milan, 2018

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Autre classique toujours aussi efficace pour dédramatiser ce grand moment qu’est la rentrée : Calinours va a l’école. Notre petit héros se rend ici à l’école. Mais sur le chemin, il rencontre des ami-es, qui lui proposent de chouettes activités.

Une histoire malicieuse, un conte en randonnée qui dédramatise l’école avec ses activités ludiques et amusantes, et une enseignante très bienveillante et chaleureuse.
Un texte simple, plein de rimes, avec des illustrations toutes douces qui en font une jolie lecture à partager à voix haute.

Calinours va à l’école, d’Alain Broutin et Frederic Stehr. Ed. L’école des Loisirs, 1994

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À la rentrée, les rumeurs battent leur plein : la maîtresse serait sévère, elle donnerait une multitude de devoirs, ce serait la plus chouette de l’univers…

Lucie aime beaucoup l’humour de Michaël Escoffier, qui pousse ici ces rumeurs à leur paroxysme. Jugez plutôt : la nouvelle maîtresse serait une sorcière (tient donc !), la fille d’un ogre, ou – forcément – une martienne.
Les discussions vont bon train, chacun y allant de son information et de ses sources particulièrement alambiquées. Elle court, elle court la rumeur, jusqu’à la révélation finale.
Un album drôle et coloré, mais aussi vraiment intéressant pour aborder le sujet des « on dit » avec des enfants.

La Maîtresse vient de Mars, Michaël Escoffier, Clément Lefèvre, Frimousse, 2014.

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Héloïse a été récemment touchée par Le Cartable aux fraises, de Mary Orchard. Un album coloré et tout doux qui dénonce les stéréotypes de genre à travers une histoire – vraie ! -, celle du cartable de son fils. Ce dernier, qui adore les fraises, avait choisi un magnifique cartables avec lesdits fruits dessus… et a été refroidi par la remarque de sa nounou : « C’est pour les filles ! ».

Le propos est abordé avec délicatesse, et beaucoup de bienveillance. Les craintes et doutes de notre petit héros sont contrebalancés par les discours de son entourage, et surtout celui de son enseignant. C’est au final très doux. Tout comme les illustrations d’Amandine Meyer, douces et lumineuses elles aussi. C’est ce qui est réconfortant finalement : l’enfant trouve le soutien des personnes qui lui sont chères pour dépasser ce préjugé qu’on lui inflige. 

Le cartable aux fraises, de Mary Orchard, illustré par Amandine Meyer. Ed. Casterman, 2026

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Lucie utilise souvent Moi j’adore, la maîtresse déteste pour aborder les règles de vie avec ses élèves à la rentrée. Il faut dire que tant les idées d’Élisabeth Brami que les illustrations de Lionel Le Néouanic sont hilarantes. Rire ensemble puis discuter du bien fondé des règles, c’est une chouette façon de créer du lien. Mais cet album permet aussi d’expliquer le fonctionnement de la classe en famille avant la rentrée. Et pourquoi ne pas poursuivre avec d’autres titres du duo : Moi j’adore, maman déteste, Moi je déteste, maman adore, Moi j’adore, maman aussi… il y en a pour tous les goûts !

Moi j’adore, la maîtresse déteste, Élisabeth Brami, Lionel Le Néouanic, Seuil, 2002.

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Peut–être vous souvenez-vous d’un excellent album au long format vertical, de Laurence Salaün et Gilles Rapaport, intitulé « A l’école, il y a des règles ». Pendant ses vacances, Blandine a trouvé, par hasard, la suite !

A l’école, il y a encore des règles ! Laurence SALAÜN et Gilles RAPAPORT. Seuil Jeunesse, août 2023

Le premier opus était déjà très drôle, et celui-ci l’est tout autant avec ses 32 nouvelles règles, toujours aussi criantes de réalisme et de vécu !

J’articule et je parle fort.
Je ne fais pas croire à la maîtresse qu’elle devient sourde.

Je réponds quand la maîtresse me pose une question.
Je ne suis pas sourd, moi…

Elles décortiquent tous les aspects de la vie à l’école : les relations avec les camarades, la politesse, l’attitude en classe, l’(im)patience de la maîtresse, le rôle des parents, le remplacement de la maîtresse, et tant d’autres… Le format de l’album et le côté rétro papier buvard des illustrations sont de vrais plus. Elles accompagnent, complètent, prolongent à merveille le texte. On s’y retrouve !

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Sur le mode humoristique toujours, Hélène vous recommande chaudement le titre La rentrée des oiseaux d’Eric Veillé.

La rentrée c’est dur pour tout le monde. La préparation des oiseaux est parfois poussive mais celle de la maîtresse aussi ! Trop d’émotion, la voici qui pleure devant ses nouveaux élèves ? Que faire ? Les oiseaux, pleins d’imagination, trouveront bien la solution !

La rentrée des oiseaux, Eric Veillé, Actes Sud Jeunesse, 2024

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Pour continuer sur ce sujet de la rentrée vue par les maîtresses, on peut citer La rentrée de la maîtresse. Une vision de la maîtresse qui, oh surprise, s’inquiète elle aussi de ce qui l’attend et a la tête un peu ailleurs le matin de la rentrée au point d’oublier de s’habiller et de partir en chemise de nuit.

Qui de Dolorès ou de ses élèves est le/la plus impressionné(e) au bout du compte ?

Encore une manière de dédramatiser par l’humour cette situation que tout le monde a vécu un jour et qui se reproduit à tous les âges : premier jour à l’école, premier jour au collège mais aussi premier jour de travail…

La rentrée de la maîtresse, Axel Scheffler, Agnès Bertron-Martin, Bayard jeunesse, 2019

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Et enfin toujours pour dédramatiser l’entrée à l’école grâce à l’imagination de petits personnages parfois rebelles, Hélène vous propose de retrouver Pascaline, la petite chauve-souris malicieuse qu’elle a découverte cette année dans un autre titre de la série (le top du top, à conseiller également même si sans aucun rapport avec la rentrée des classes).

Cette fois elle l’a décrété, c’est Même pas en rêve qu’elle ira à l’école ! Elle se fâche tellement qu’elle rétrécit ses parents… Malheur ! La voilà obligée de les prendre sous son aile… Comment va se passer cette journée ?

Même pas en rêve !, Beatrice Alemagna, L’école des loisirs, 2021.

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Des romans

Lucie a été séduite par la jolie idée de cette Leçon de silence !

Un matin, sans un mot, la maîtresse écrit Leçon de silence au tableau. Ce court roman raconte les réactions des élèves, de la surprise à l’adhésion en passant par les rires.
Les illustrations de Jeanne Mentrel servent merveilleusement le texte ciselé de François David.

Véritable invitation à prêter attention à son environnement, à consacrer un peu de temps au calme dans une vie trépidante, ce petit roman est extra. À tester en classe ou à la maison !

La leçon de silence, François David, Jeanne Mentrel, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.

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Pour sa deuxième année d’enseignement, Nathan est décidé : il s’est donné pour mission de rendre tous ses élèves fous de lecture ! Et pour cela il a un plan infaillible.

Faire venir un auteur en classe est un événement valorisé par l’Éducation Nationale. Mais lorsqu’il s’agit de Victor Hugo, le défi se corse. Court roman du point de vue du maître, cette histoire permet aux jeunes lecteurs de passer de l’autre côté du miroir. Pour le meilleur comme pour le pire !

Sacré Victor ! (version 2005) ou Sacré Hugo ! (réédition en 2012), Yaël Hassan, Antoine Deprez, Magnard.

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Pour les réfractaires à l’école, Yves Grevet propose un futur dans lequel les écoles ont disparu. Nous sommes en 2028, soit demain, et les écoliers sont répartis en deux catégories : ceux dont les parents sont assez riches pour payer leurs frais de scolarité et ceux qui voient leurs écoles « sponsorisées » par des entreprises privées. Entreprises qui se chargent de leur « éducation » tout en les obligeant à rendre des services. Ou l’apprentissage dès le CP.

Le principe n’est pas si farfelu, et cela quelque chose de terrifiant de voir l’éducation marchandisée, soumise à la rentabilité et orientée vers une carrière sans perspectives d’évolution.

Un roman court (44 pages) mais efficace et percutant. Lucie ne doute pas que des discussions passionnantes puissent émerger suite à cette lecture.
Ce n’est pas pour rien qu’Yves Grevet, lui-même enseignant, dédie son livre à ses collègues de l’école gratuite, laïque et obligatoire.

L’école est finie, Yves Grevet, Syros, 2012.

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Pour Liraloin, un roman de Marion Brunet se détache du ploton des romans destinés au adolescents. Il s’agit du titre Des rires de hyènes.

Julien est jeune, amoureux et bien entouré par ses ami(e)s. Julien est professeur de français dans un collège et c’est sa première rentrée. Il aime la poésie, animé par cette soif de transmettre aux élèves. Motivé et enthousiaste, Julien attend avec fébrilité de rencontrer ces jeunes collégiens.

Tout comme dans Plein gris, le récit commence fort. L’entrée en scène est solide et ne fait pas dans la demi-mesure : « – Bonjour à tous. C’est pas un problème de style, il est habillé normal, pas de marques mais pas non plus décalé, il leur sourit. Il a le sourire coincé des condamnés, ça les excite comme le sang excite les requins. »

Lentement, page après page, mois après mois, jour après jour, Julien va déchanter, essayer d’analyser, se révolter, oscillant entre fragilité et résistance. Julien va s’enfoncer dans une terrible détresse. Ici, en 130 pages Marion Brunet signe un roman sur l’envers du décor, celui d’un professeur seul, incompris, perdant peu à peu son équilibre vital.

Des rires de hyènes de Marion Brunet – Editions IN8, collection : Faction – 2022

Et évidemment les classiques :

Est-il encore besoin de présenter Matilda ? Chef d’œuvre de l’irrévérencieux Roald Dahl, ce roman met en scène une petite fille aux capacités exceptionnelles pour laquelle l’école va jouer un rôle de révélateur. Le portrait de sa famille, particulièrement réussi, montre bien l’influence des proches dans la réussite ou l’échec de leurs enfants. Mais c’est surtout le binôme Mademoiselle Candy – Mademoiselle Legourdin qui est réjouissant ! Si l’une est aussi fluette que bienveillante, l’autre cristallise toutes les craintes que peuvent avoir les enfants face à une nouvelle enseignante. Que l’on se rassure : des comme cela, on n’en fait (fort heureusement) plus !

Matilda, Roald Dahl, Quentin Blake, Gallimard jeunesse, 2016 pour la présente édition.

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Joker est encore un roman du point de vue d’un maître. Et pas n’importe lequel : Hubert Noël, à un an de la retraite, est bien loin d’être lassé par son métier. D’ailleurs, cette année il compte apprendre à ses élèves la patience, leur offrir la littérature (rien que cela !) et surtout des jokers, source de trafics et de philosophie de vie. Un joker pour rester au lit, Un joker pour être en retard à l’école, un autre pour ne pas faire ses devoirs… Autant dire que la directrice ne voit pas cette initiative d’un très bon œil.

Le lien tissé entre ce maître, proche de la retraite mais plein d’enthousiasme, et ses élèves est très touchant. En revanche, sa suite intitulée Maître Joker est beaucoup moins réussie.

Joker, Susie Morgenstern, Serge Bloch, L’école des loisirs, 2021 pour la présente édition.

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On l’a vu avec d’autres titres, la rentrée concerne tout autant les enfants que les enseignants. Sauf Robert Poutifard, qui voit ENFIN l’heure de la retraite arriver.

Ce moment il l’attendait depuis longtemps. Et ce qu’il a prévu va beaucoup amuser les jeunes lecteurs (à partir de 9 ans) : se venger des élèves l’ayant ridiculisé pendant sa carrière. Mais Jean-Claude Mourlevat ne s’arrête pas au rire. Ce livre, qui n’aurait pu être qu’une grande farce (réussie), va plus loin, vers l’humain. Partant de la caricature d’un maître grognon et revanchard face à de petites pestes d’élèves, il glisse sans en avoir l’air vers la découverte de l’autre dans sa complexité.
« Ne juge pas quelqu’un avant d’avoir marché dans ses chaussures » dit un proverbe anglais. Et la troisième vengeance abouti à une ouverture et une compréhension de l’autre tout à fait bienvenue.

La troisième vengeance de Robert Poutifard, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009.

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Et vous, quels titres recommanderiez-vous aux écoliers et à leurs parents ?

Vacances rime avec vagues qui dansent

Le thème choisi, pour Héloïse-ileautresor, c’est : les vacances, c’est la mer ,
Vacances riment avec mer et océan, et avec vagues qui dansent :

Pour les vacances Héloïse pense à la mer, à la beauté de l’océan ou aux oiseaux de mer, mais aussi aux animaux marins sont dérangés par les activités humaines, ce qui est le cas pour Dans mon océan ou pour Bouuuuut !

Héloïse a choisi plusieurs albums jeunesse :

Dans mon océan présente une même histoire avec deux points de vue.
D’un côté, celle d’une humaine, une surfeuse qui redoute la rencontre avec un requin.
De l’autre côté, celle d’un requin qui craint tout autant la rencontre avec les humains… surtout sous la forme d’un grand bateau qui pollue le fonds des océans.
Car bien des animaux marins sont menacés par les pétroliers et les grands paquebots qui nuisent par leur présence et leur bruit incessant…

Cet album à lire en recto-verso offre plusieurs points de vue :
celui d’une humaine d’une part, celui d’un animal marin (un requin) d’autre part.
L’album est à découvrir pour deux raisons : il intéresse à la fois au niveau littéraire, par cette diversité de points de vue, et aussi au niveau écologique, parce qu’il évoque la beauté de l’océan – menacée par les paquebots humains.

Dans mon océan, Adèle Tariel et Jérôme Peyrat, éditions du Père Fouettard, mai 2026.

Le propos du Chant du pêcheur est justement d’accorder de l’importance au rêve et à la vie intérieure.
Il frappe d’emblée par la beauté de ses illustrations à l’aquarelle, qui transportent le lecteur dans un monde de rêve… Dès la couverture, le ciel est traversé de lumières bleutées et rosées qui frappent l’œil. Or le monde imaginaire est en effet mis à l’honneur.

Cette histoire se présente comme un conte, avec l’appel des sirènes par trois fois: en échange de la gloire et de la fortune, l’une d’elles lui demande de renoncer à son plus beau souvenir, et une autre sirène d’oublier ses rêves, en gagnant au passage l’immortalité.
Quant à la dernière, elle lui promet un trésor, un brochet en or, qui lui permettrait de s’offrir ce dont il manquait.

Toutefois, le pêcheur refuse de renoncer à la beauté de ses souvenirs (à celui de son chat, de sa douceur et de son tendre ronronnement). Il souhaite poursuivre son rêve d’une « maison posée au fonds des eaux », dans une immense bulle d’air la protégeant de l’océan. Il refuse enfin le cadeau du brochet doré… Il préfère s’endormir du sommeil du juste au soleil couchant.

L’album est à découvrir, aussi parce qu’entre terre et mer, il permet d’admirer des images superbes sur le ciel et sur l’océan… Il délivre aussi un message essentiel : celui de de ne pas renoncer à ses espoirs, à ses rêves et à sa vie intérieure. Un album en tout point magnifique.

Le chant du pêcheur, David Pogran et Diana Marciano, éditions du Père Fouettard, mai 2026.

Dans bouuuuut !, les mouettes sont gênées par la présence d’un immense paquebot dans leur habitat . D’innombrables touristes volubiles surgissent du bateau et envahissent l’espace, en écrasant un crabe au passage… De nombreuses espèces souffrent de leur présence comme c’est le cas ici pour es oiseaux de mer.

Claire Garralon avait déjà donné la parole aux mouettes dans un autre album : Pouêt ! L’un des oiseaux avait avalé du plastique, ce qui étouffait ce qu’il disait – sachant que la pollution plastique étouffe littéralement les océans. Là, ce sont les humains qui empêchent d’autres espèces de vivre à leur aise dans leur habitat naturel.

La beauté des illustrations sert au propos de Claire Garralon. L’auteure avertit adultes et tout-petits sur les difficultés qu’engendrent les activités humaines. L’utilisation de paquebots de plaisance est sans égard pour la vie des animaux marins qui évoluent dans l’océan. Les humains qui empêchent d’autres espèces de vivre à leur aise… dans leur habitat naturel.

L’album est à retenir à la fois au niveau écologique et au niveau esthétique.

Bouuuuut !, Claire Garralon, éditions Memo, avril 2026.

Alma et les trésors de l’océan est un appel au secours :
une jolie histoire comme une bouteille à la mer…

Cet album permet de sensibiliser
en même temps petits et grands
à l’écologie et en particulier
à la vie dans les océans.

Un petit poisson adore collectionner coquillages
et toutes sortes de trésors.
Attiré par une belle perle brillante,
il se retrouve mal placé, dans un drôle de bocal…

Ce petit poisson effectue un long voyage
finit par se trouver sur une plage.
Il se retrouve sur le chemin
d’une petite fille qui parvient à le délivrer.
de la bouteille dans laquelle il était coincé.

La pollution des océans
est un problème bien plus que gênant :
Il empêche les poissons d’évoluer en toute liberté
et la vie sous-marine de prospérer.

Or dans la barrière de corail vit
une multitude d’espèces uniques :
– l’hippocampe feuillu appelé dragon de mer,
– le grand poulpe à anneaux bleus,
– le fameux poisson-clown,
– et les étoiles de mer bleues.

A la fin du livre, un petit rappel
propose de faire plus attention
à l’utilisation des objets plastifiés,
de faire appel au recyclage,
voire d’aider au nettoyage des plages :

Cette histoire est surtout un appel au secours :
une jolie histoire comme une bouteille à la mer.

Alma et les trésors de l’océan, Lara Hawthorne, Larousse, mars 2020.

Héloïse a aussi choisi un roman pour adolescents : Kaspar le chat du Grand Hôtel.

Johnny Trott est un orphelin qui travaille comme groom au grand hôtel le Savoy à Londres : il accueille les clients, les installe dans leurs appartements, et porte leurs bagages. C’est ainsi que le jeune garçon rencontre Kaspar, un chat superbe et hautain, qui appartient à une comtesse russe. Or la maîtresse du chat doit s’absenter : elle demande alors à Johnny de parler à Kaspar et de le promener. Peu à peu, le jeune groom s’attache à ce chat dédaigneux mais si beau qu’il provoque l’admiration. Le félin, ce « prince des chats » semble sourire tant il apprécie les efforts du jeune garçon. En récompense, l’aristocrate russe invite le groom à l’entendre chanter la « Reine de la Nuit » : en effet, elle est la cantatrice qui chante cet opéra.

Mais dès le lendemain, un accident met brusquement fin à la vie de la comtesse. Ce brusque décès attriste l’orphelin. Johnny a néanmoins pris le chat en affection et continue à prendre soin de lui.

Par ailleurs, le jeune garçon se lie d’amitié avec une fillette joyeuse et bien vivante, Lizbeth. Cette dernière aime beaucoup Kaspar… Toutefois, la petite fille doit partir à bord d’un paquebot, le Titanic, qui doit l’emmener, elle et sa famille, en Amérique. Johnny suit la fillette sur l’immense bateau : à cette fin, il lui apporte le chat (caché dans une couverture). Finalement, sur un coup de tête, il reste à bord – il devient ainsi un passager clandestin du paquebot réputé insubmersible.

Mais Johnny ne tarde pas à se faire repérer par le capitaine – , qui le fait désormais travailler comme « chauffeur » près des chaudières du bateau. Le Titanic heurte toutefois un iceberg, ce qui provoque la fin du paquebot. Lisbeth et sa mère parviennent à se glisser dans un canoë de sauvetage : les femmes et les enfants d’abord! En dépit du naufrage, Johnny et le père de Lizbeth réussissent à embarquer à bord d’une chaloupe mise à l’eau par une immense vague.

La narration prend pour thème la mer, thème que j’aime particulièrement. Le récit reprend donc un épisode historique : le naufrage du Titanic. Le roman s’inscrit autour de cet épisode à l’origine d’un grand film romanesque.
C’est encore un naufrage, comme dans Le mystère de Lucy Lost – un roman historique qu’elle avait beaucoup aimé.

Le roman s’articule aussi sur les mésaventures d’un jeune orphelin qui a la chance de se tirer de plus d’un mauvais pas . Après l’accident survenu en mer, Johnny se fait adopter par la famille de Lizbeth. Les épreuves rapprochent quand il est question d’entraide …
Le roman fait ainsi part d’une amitié entre deux adolescents et de l’affection pour un merveilleux chat.
Plus tard, Lizbeth sculpte une statuette du chat, qui serait plus à sa place au grand hôtel – elle décide que Johnny qui a grandi doit aussi ramener Kaspar en Angleterre.
Un mystère s’inscrit toujours autour de l’apparition de ce beau chat majestueux : car il paraît que ce superbe félin hante encore le grand hôtel du Savoy. Ainsi, il se jucha encore sur le piano d’une comtesse russe, elle aussi présente dans ces lieux.

Kaspar, le chat du grand hôtel, Michaël Morpurgo, Gallimard jeunesse, 2008.

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C’était notre dernier billet d’été, nous espérons vous avoir fait voyager !

La semaine prochaine, nous vous proposerons une sélection thématique autour de la rentrée, parce qu’elle arrive, il faut bien s’y préparer !

Vacances rime avec Intense


Pour Héloïse (Helolitla), le mot Vacances rime avec « intense ». Que ce soient l’amour, la confiance en soi, les rencontres hautes en couleurs, pour elle, c’est clair, les vacances, c’est le moment d’explorer, de rencontrer, d’aimer, de se retrouver. Un peu à la manière de Séverine donc sur le thème de l’amour et de l’amitié, un peu à la manière d’Hélène pour la confiance en soi, mais en mode… intense ! 


Et quoi de mieux que la littérature adolescente pour exprimer le mieux le bouillonnement et l’effervescence de cette période où l’intensité est à son paroxysme ? Voici donc une courte sélection de romans ado, pas toujours estivaux, mais qui lui ont procuré des émotions intenses !

*** Des héros-ïnes qui ressentent tout intensément ***


Yellow Feu follet, l’héroïne du roman éponyme de Siècle Vaelban, fait partie de ces héroïnes qui ressentent tout intensément. Yellow court dans tous les sens, mais elle est aussi solaire et très touchante, à l’image de ce roman qui a beaucoup ému Héloïse, et qui traite entre autres, de santé mentale. C’est un texte court, qui fourmille d’émotions, qui nous plonge dans la beauté du monde et de la nature, dans la complexité des émotions, avec justesse, et poésie.

Yellow Feu Follet, de Siècle Vaëlban, L’école des Loisirs, 2026

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Dans un tout autre style, mais qui ne laisse pas indemne, on retrouve Miriam, l’héroïne du roman Hyper, d’Émilie Chazerand. Et le titre du roman colle bien au personnage de Miriam, qui est à la fois hyper drôle, malgré la tristesse et la gravité du quotidien qu’elle nous narre, hyper sensible (elle perçoit les émotions et les exprime de manière exacerbée), hyper cynique (âmes sensibles se méfier, certaines de ses réflexions sont bien noires), hyper attachante surtout. Héloïse a adoré l’intensité de ce texte caustique, presque dérangeant par moments, qui bouscule et bouleverse.

Hyper, d’Emilie Chazerand, Pocket Jeunesse, 2025

Ce roman était d’ailleurs l’objet d’une lecture commune entre Lucie, Liraloin et Héloïse.

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Eden, l’héroïne de Marie Colot, est à fleur de peau, mal dans sa tête depuis un événement tragique, rongée par la culpabilité… Sur la thématique, choquante !, du marché de la réadoption aux Etats-Unis, l’autrice embarque ses lecteurices, le temps d’un été, dans la vie de cette héroïne écorchée, qui a peur de s’attacher. C’est vif, parfois brut, parfois poétique, mais toujours juste. On ne peut que se laisser emporter par Eden, sa verve, son énergie, et ce roman lumineux, bourré d’optimisme, sur la résilience, la capacité à surmonter les épreuves.

Eden, fille de personne, de Marie Colot, Actes Sud, 2021

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Coment ne pas parler de Nathanaël Stone, le héros de La première Rose de Bloomstone, de Mary Orchard ? Les difficultés qu’il doit affronter, son abnégation, son courage, et surtout, la générosité et l’empathie dont il fait preuve… Il a énormément touché Héloïse, ce jeune homme qui se sent vite différent des autres, hypersensible, qui doit se battre dans une société qui n’est prête à accepter ni ses émotions, ni son orientation sexuelle. Une lecture-doudou, cosy, qui fait pleurer, qui fait sourire.

La première rose de Bloomstone, de Mary Orchard. Casterman, 2024

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*** Des voyages intenses qui changent la vie ***

Les vacances, c’est souvent l’occasion de voyager, de découvrir de nouveaux paysages, de rencontrer de nouvelles personnes, d’en retrouver d’autres. Et parfois, de se (re)trouver au bout du chemin. Voici donc un petit échantillon de voyages intenses et inoubliables, qui changent à jamais la vie de leurs personnages. Comme le très célèbre Les petites reines, déjà cité par Séverine et Hélène, qu’il était impossible de ne pas mentionner ici !

Les petites reines, ce sont Astrid, Hakima, et Mireille. Trois adolescentes qu’un concours malveillant a élu « Boudins » du collège sur Facebook. Toutes trois montent un rejet fou : rallier Paris, depuis Bourg-en-Bresse, leur ville d’origine, à vélo ! Derrière elle, le lecteur est embarqué dans un voyage initiatique drôle et foufou, qui a le don d’aborder avec légèreté un sujet sensible et difficile : le harcèlement, et la grossophobie. C’est rocambolesque, et les rebondissements sont nombreux sur la route des trois jeunes femmes. Ode au vélo, à l’amitié, invitation à croire en soi et à s’accepter tel que l’on est, Les petites reines est une pépite d’humanité.

Les petites reines, de Clémentine Beauvais. Sarbacane, 2015

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Direction l’Irlande maintenant, avec Sweet Home, et ses paysages sauvages, abrupts et splendides. On y suit Birdie, sa mère et son petit frère Yzac, qui sillonnent le pays dans un van. On y croise des adolescents et des adultes blessés, qui souffrent et peinent parfois à communiquer. On y découvre les secrets du passé. Et puis l’espoir, la lumière, l’amitié et l’entraide qui transcendent tout. Reconstruction, rédemption : entre émotions et tensions, moments difficiles et instants plus cosys, dérobés à l’âpreté de la vie, c’est une lecture certes dure mais aussi très poétique, percutante, et optimiste.

Sweet home, de Nancy Guilbert. Didier Jeunesse. 2024

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Bien évidemment, avec cette histoire de voyage et d’émotions intenses, Héloïse a très vite pensé à L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, cette jeune fille de 12 ans qui sillonne les États-Unis dans un bus avec son père Rodéo. Ce roman, c’est un road-trip haut en couleurs et foufou, des discussions, des mésaventures, ces personnes abîmées par la vie, qui vont échanger, dévoiler leurs secrets, et évoluer. Au programme donc, traumatisme, deuil, violences, mais aussi et surtout entraide, amitié, humour, espoir. Héloïse a adoré ce texte, triste, mais aussi doux et lumineux !

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart. Pocket jeunesse, 2020

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Sur une touche plus fantasy, L’Odyssée des Tranchevent, la duologie de Noémie Delpra, propose un voyage époustouflant et onirique dans un univers où les terres flottent dans les cieux, et les humains sont appariés à des créatures maritimes volantes… Mais Nayla, privée de l’usage de ses jambes, n’a pu rencontrer son âme sœur… Mise à l’écart par les siens, elle vit simplement en compagnie de son frère adoptif Brewen. Jusqu’au jour où il disparaît… Pour le retrouver, Nayla se lance dans un dangereux périple. Sur sa route : de nombreuses rencontres, des aventures périlleuses, et surtout, au bout du chemin, elle-même… Deux romans lumineux et fascinants sur l’importance de croire en ses rêves, et la force de l’entraide.

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*** Des émotions intenses ***

Deuil, résilience, amour, passion, émerveillement… La littérature jeunesse et ado regorge de romans qui abordent ces émotions intenses, le temps d’un été… ou non. Petit florilège.

Dans Gazelle Punch, de Nancy Guilbert, nous suivons Violette, qui accueille tous les étés un adolescent en difficulté. Mais cette année, il y en aura deux : Dempsey, et Livia. tous deux très différents, et avec un passé bien difficile… Des personnages abîmés par la vie, fragiles, et terriblement touchants. D’une côté, une femme qui a tout perdu et se consacre désormais aux autres pour avancer. De l’autre deux adolescents meurtris. Héloïse a adoré cette magnifique histoire d’amitié et d’entraide qui se dessine derrière ces histoires tragiques. De la bienveillance, de l’amour, de la rédemption, ce roman ado est une invitation à s’ouvrir aux autres et à partager. Un roman puissant, émouvant, une ode à la vie.

Gazelle Punch, de Nancy Guilbert, Slalom, 2023

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Avec Les cigales chantent ton retour, Caroline Peiffer emmène ses lecteurices en Provence, entre romance et résilience. Deux points de vue alternent : Prune, jumelle effacée de Mirabelle, passionnée de lecture et de crochet, qui revoit son amour d’enfance, Cyprien, et son passé plus-que-compliqué. Avec ce roman, on navigue entre amour – passion (et tendres premiers émois), reconstruction après un passé violent (certains passages font horriblement mal au cœur !), et affirmation de soi. Une belle lecture, dépaysante, parfaite pour la saison.

Les cigales chantent ton retour, de Caroline Peiffer. Scrineo romance, 2026

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Changement radial de décor pour La Neige au rendez-vous d’Esmé Planchon : direction Paris et les fêtes de fin d’année. Si décembre est pour beaucoup une période de réjouissance, c’est aussi un moment compliqué pour celleux qui viennent de vivre un drame, comme Amélie. Cette héroïne blessée, perdue, fuit la réalité parce qu’elle lui fait trop mal. Parce que son frère n’est plus là, que sa mère s’enferme dans sa chambre toute la journée. Et puis, il y a Stella, la fille du nouveau compagnon de sa tante. Entre elles deux, ça crépite, les éclairs fusent. Deuil et amour, droit d’être qui on veut et d’aimer qui on le souhaite, c’est une lecture fantasque, magnifique, qui a bouleversé Héloïse.

La neige au rendez-vous, d’Esmé Planchon. Bayard jeunesse, 2025.

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Pas de vacances dans Le jardin aux acacias, mais de ces petits instants volés, riches en émotions partagés. Max, le petit héros, s’ennuie. Alors ses parents lui proposent de passer ses mercredi chez son papy Jean. Mais là-bas, il s’ennuie aussi !

Ce roman d’une grande douceur, est poétique, et surtout riche en émotions. Il montre l’éclosion d’une belle relation intergénérationnelle entre Max et son papy, une relation pleine de silences, d’instants partagés, de secrets dévoilés. A travers le personnage taciturne de papy Jean, on découvre l’ampleur de deuil et de la souffrance, qui peuvent nous enfermer sur nous-mêmes, au point d’en oublier l’essentiel : s’ouvrir au monde, et à ceux qui nous sont proches. Héloïse a ete très touchée par cette belle histoire qui défend l’attention aux autres, et nous parle de la douceur fragile des instants partagés.

Le jardin aux acacias, d’Elise Blaque. Didier jeunesse, 2026

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En terme d’émotions fortes, difficile de passer à côté de Non réparable, d’Hervé Giraud. Un roman dur, violent, marquant, percutant, bouleversant. Le genre de roman qui fait mal et en même temps exprime avec beaucoup de finesse et de justesse l’explosion, la rage, le désarroi d’un adolescent maltraité dès le plus jeune âge.

Milo, le protagoniste, est enfermé dans un centre spécialisé. Qui est-il ? L’histoire, horrible, se révèle au fil des chapitres et des rendez-vous du jeudi chez le psy. Maltraitance, violence familiale, humiliations, rien n’est épargné à Milo, qui n’est en sécurité nulle part. C’est dur, toute cette violence, toute cette détresse qui affleure, c’est cru, ça prend au tripes. Mais c’est aussi un texte malheureusement nécessaire, pour mettre des mots sur ces maux de notre société. Héloïse a lu ce texte en apnée jusqu’au final, et sa révélation. Elle tenait à vous le partager, malgré sa dureté, pour sa poésie et son message essentiel.

Non réparable, d’Hervé Giraud. Ed. Tierry Magnier, 2026

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Enfin, pour finir sur une touche un peu plus optimiste, parce que c’est une lecture d’été qui se prête totalement à la thématique, parce qu’elle l’a relu il y a peu, et parce que c’est un de ses romans préférés !, Héloïse ne pouvait pas ne pas parler de Nos Constellations, de Florence Quentin. Le pitch ? Maxence et Aurélien sont deux lycéens qui ont vécu chacun un drame. Deux anciens amis d’enfance, perdus de vue, qui se retrouvent sept ans après. Avec cette question, au fond d’eux : l’alchimie qu’ils ont ressenti étant enfants est-elle toujours là ?

Héloïse adoré cette histoire, ces deux jeunes hommes et les personnages qui gravitent autour d’eux, cet amour naissant et si profond qu’il renverse tout sur son passage. Les deux héros sont à vif, écorchés par les épreuves, mais aussi et surtout très lumineux quand ils sont ensemble. En quelques centaines de pages, elle a vécu avec Maxence et Aurélien de bien jolis moments, d’une grande tendresse, entre humour, émotions, tristesse et joie.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Didier Jeunesse, 2025

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Et vous, quelles ont été les lectures les plus intenses pour vous ?

Vacances rime avec… confidences et confiance

L’été, ce moment où tout ralentit, pour le plus grand bien des grands et des petits, ce moment où l’on sort de son quotidien pour vivre des aventures pas forcément hors du commun mais qui nous permettent de faire des rencontres qui nous transforment ou tout simplement de passer de précieux moments avec ceux qui nous sont proches… Amis, famille, copains de vacances… C’est l’occasion de passer de longues soirées à se raconter notre année, à faire des confidences et aussi à gagner en confiance. Nouvelles expériences et retrouvailles sont parfaitement propices à tout cela et voici quelques livres pour vous accompagner sur ce chemin, soigneusement choisis par Hélène.

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Pour les amis de confiance, Hélène et retombée sur Loulou, ce classique de Grégoire Solotareff.

Un loup et un lapin qui deviennent amis, quoi de plus insolite… Mais pas si surprenant en vacances et dans la littérature jeunesse où l’amitié fait souvent fi des conventions.

Loulou, Grégoire Solotareff, Ecole des Loisirs

Mais un jour, Loulou fait une mauvaise blague à son ami qui prend peur. Il lui faudra beaucoup de temps pour regagner sa confiance mais une fois cela fait, les deux compères seront inséparables pour la vie.

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Nous restons sur le thème de l’amitié, que Séverine a déjà traité avec brio d’ailleurs, mais qui pour Hélène est toujours intimement lié à la question de la confiance. Et pour cela, rien de tel que le titre Mon ami, de Pauline Martin et Astrid Desbordes, un livre qui met en scène le petit Archibald auquel nous avons eu le temps de nous attacher depuis la parution du titre Mon amour en 2015.

Dans Mon ami, Archibald se lie avec un jeune garçon, Sam, un peu différent des autres. Pourtant, il ose aller vers lui et entrer dans son univers puisque Sam est un enfant qui a beaucoup d’imagination et sait regarder le monde avec l’oeil d’un rêveur et ainsi voir le beau partout, comme des dragons dans les nuages. Les deux jeunes garçons se font confiance malgré leur apparente différence et se créent leur univers bien à eux.

Mon ami, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse,

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Dans Clarissa et Septimus, Clarissa, jeune lérote, est censée hiberner tout l’hiver, comme le reste de sa famille. Cependant, elle préfère se lancer dans une compétition de patinage artistique avec son ami Septimus. Ce projet deviendra réalité grâce à l’alliance des deux amis et des encouragements mutuels. Une belle preuve de confiance et un album qui, Hélène l’espère, vous rafraîchira au cours de cet été caniculaire.

Clarissa et Septimus, éditions Ecole des Loisirs, 2024

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On passe maintenant à un petit roman pour les enfants d’école primaire, cet âge où l’on affine ses relations et où on choisit ses amis avec davantage de soin et de sélectivité : en primaire, on n’accorde plus sa confiance à n’importe qui.

C’est là que ce petit roman est génial, au même titre que son héroïne, Diane !

Embêtée par Ethan, elle saura trouver des alliés à qui faire confiance. En secret, dans leur confidences d’amis, ils mettent en place un plan pour neutraliser les agissements du jeune garçons.

Une jolie démonstration du pouvoir du groupe et de la confiance en soi et en les autres pour se protéger du harcèlement scolaire.

Diane la géniale, Estelle Billon-Spagnol, Sébastien Mourrain, 2023

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L’amitié et la complicité tiennent également une grande place dans le classique de Marie-Aude Murail, Le hollandais sans peine.

Jean-Charles est un jeune garçon espiègle qui a tous les plans pour se faire dispenser de devoirs de vacances et qui se fait un ami, avec qui il apprend le hollandais… Enfin ça, c’est ce qu’il fait croire à ses parents ! Secrets de copains, confidences dans le dos des parents et bonne tranche de rigolade, ce petit roman fera bien rire les enfants de primaire un peu coquins !

Goed lezen (bonne lecture en hollandais, le vrai.!)

Le hollandais sans peine, Marie-Aude Murail, L’école des Loisirs, 2010

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Quatre soeurs en colo s’est imposé à Hélène quand il a fallu réfléchir à ce billet puisque quel meilleur contexte pour gagner en confiance et en indépendance que de partir en colo ? C’était aussi l’occasion de parler de cette série à succès de Sophie Rigal-Goulard. Car les vacances, c’est aussi le moment de retrouver des compagnons familiers qu’on n’a pas toujours le temps de côtoyer en temps normal.

Confidences sous la tente et entre soeurs, confiance en de nouveaux amis, gaffes et blagues affectueuses, tous les ingrédients sont réunis pour un été bien entouré.

Quatre soeurs en colo, Sophie Rigal-Goulard, Rageot, 2022

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Mes vacances chez mes incroyables grands-parents est un très beau titre qui parlera à beaucoup de petits lecteurs qui ont la chance d’aller passer un peu de temps chez leurs grands-parents ou tout simplement de partager plus de temps avec eux à cette période de l’année.

Le jeune garçon de ce roman s’ennuie jusqu’à ce qu’il trouve une boîte remplie de merveilles et trésors d’un temps passé : photos, objets… Ce sera l’occasion d’ouvrir un dialogue avec ses grands-parents car plusieurs de ces objets et photos leur ont appartenu et/ou les représentent.

Transmission, confidences et histoires de famille, une plongée dans le temps que les enfants adorent car ils comprennent ainsi mieux d’où ils viennent… Des souvenirs d’été inoubliables de complicité partagée.

Mes vacances chez mes incroyables grands-parents, Daniela Sosa, Gallimard Jeunesse, 2025

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Toujours sur ce thème de l’échange avec les grands-parents en vacances, Hélène vous propose Le voyage de Hulotte, chouette (;)) héroïne que l’on adore retrouver dans ce contexte dépaysant pour les lecteurs qui ne sont pas du Sud.

Hulotte fait un séjour chez ses grands-parents, à qui elle apprend à faire confiance au fil du séjour même si elle est un peu fâchée au début que ses parents la laissent. Elle savoure ensuite les bénéfice d’une vie ralentie, découvre le mode de vie que l’on pourrait qualifier de « slow » de ses grands-parents et les expressions typiques de leur région. Sans beaucoup de mots, ils lui transmettent beaucoup de sagesse et de confiance, confiance en eux mais aussi en cet endroit qui a l’aspect d’un refuge intemporel où elle reviendra et qu’elle pourra toujours convoquer dans ses souvenirs.

A découvrir en famille, cet album lui aussi saura toucher le coeur des enfants par sa sensibilité qui permet de ressentir des choses intangibles et indescriptibles qui touchent à l’histoire et à l’identité de chacun qui, on le sait, son des ingrédients magiques de confiance et de bonheur.

Les vacances de Hulotte, Juliette Lagrange, Kaléidoscope, 2024

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Dans un format un peu différent, Hélène vous propose la BD sans texte Luminous. Un coup de coeur pour petits et grands, qui parle de l’aspect sombre de nous-même et du monde qui nous entoure qui peut parfois nous submerger. L’héroïne, la jeune Color, qui manque de confiance en elle, choisira de suivre la lumière en la « personne » d’un chat qui la guide vers un passage secret qui mène à un monde meilleur. Se faire confiance, faire confiance à la vie, voici un chemin à emprunter même si cela n’est pas facile. Un ouvrage aux sublimes illustrations, plein de poésie et de métaphores, du genre que l’on peut lire et comprendre différemment selon les périodes de sa vie. A prendre le temps de lire à l’ombre ou au soleil, pour faire entrer la magie en vous et la garder toute l’année.

Luminous, Mari Guillem, Editions de la Gouttière, 2026

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Enfin, Hélène termine cette chronique par un roman ado qui a déjà été évoqué par Séverine dans son billet d’été qui parlait d’amitié et qu’Héloïse avait chroniqué sur Babelio ici, Les petites reines. Hélène vous renvoie à ces deux très bonnes chroniques mais voulait tout de même citer ce titre qui parle d’un road-trip à vélo entre filles, qui permet à chacune de prendre confiance en elle et de parler, entre « boudins », de choses qu’elles n’arrivent à confier à personne d’autre. Un roman à la fois drôle et touchant.

Les petites reines, Clémentine Beauvais, Gallimard Jeunesse, 2019

Et voilà, Hélène espère que cet été sera pour vous et vos enfants le moment de déposer quelques confidences auprès d’oreilles compréhensives et attentives, de grandir un peu et d’aborder la rentrée avec confiance une fois débarrassés de ce qui peut encore vous peser.

Très belle suite d’été à tous !