ALODGA s’engage : Prix UNICEF 2026

Cette édition 2026 marque les 10 ans du Prix UNICEF de littérature jeunesse. À cette occasion, l’ONG a sélectionné des titres qui célèbrent TOUS leurs droits sous le slogan « Les droits de l’enfant, quelle histoire ! ».

Les lauréats ont été annoncés la semaine dernière, mais tous les titres ont leur intérêt. Voici donc nos retours de lecture des livres proposés aux jeunes (et moins jeunes) lecteurs.

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Catégorie 3-5 ans

Si l’illustrateur a choisi de le mettre en images avec l’écologie, le texte d’Amanda Gorman a ceci de génial qu’il reste assez flou pour correspondre à quantités de situations intolérables (racisme, pauvreté, handicap, immigration et tant d’autres). Il met en scène un enfant ne se satisfait pas du monde qui l’entoure. Les adultes tentent de le dissuader d’intervenir, mais lui refuse que cette situation perdure. À force d’espoir et de travail – et malgré des échecs, il parvient à faire évoluer les choses et à fédérer autour de son projet.

Parfaite illustration du proverbe « les petits ruisseaux font les grandes rivières » et donc que chaque geste compte, il parle beaucoup aux jeunes lecteurs.

Petit à petit, Amanda Gorman, Christian Robinson, Héluim 2024.

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Ici c’est chez moi. Ici c’est mon arbre

Ici tout a été déraciné. Ici je suis déraciné

J’ai ma vie, mes amis, du confort et tout pour être heureux.

J’ai vu cet arbre, je m’y suis installé, mes amis me manquent. La nourriture y est abondante.

Pourtant je n’arrive pas à croire que cet oiseau là s’installe sans ma permission.

Je ne comprends pas cette langue et pourtant je veux faire connaissance.

Cet album propose deux lectures bien distinctes ce qui apporte une réelle densité à l’histoire et renforce les émotions éprouvées lors de l’incompréhension entre les deux protagonistes.

Finalement est-ce qu’avec un peu de de tolérance ne pouvons-nous pas vivre sous les mêmes branches ?  

Ici, Séverine Duchesne, Kilowatt, 2024.

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Outre cette sélection pour le prix UNICEF, cet album est idéal pour amorcer une séance d’EVAR en maternelle. Le message est simple et essentiel : « Interdit de me faire du mal ».
Chaque double page se présente de la même façon : à gauche une illustrations avec des personnages montrant les expressions gestuelles et visuelles qui « introduisent » une violence (par exemple une main levée) ; à droite une question posée au jeune lecteur, dont la réponse est toujours NON (pour bien montrer que la violence est à bannir dans tous les cas). 

Une fois ce fait établi, Mai Lan Chapiron s’assure qu’il est bien passé en multipliant les exemples de situations, invitant les jeunes lecteurs à marteler le non. Simple, efficace, indispensable.

Interdit de me faire MAL, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2025.

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Et terminons avec le lauréat de cette année : Loujain rêve de tournesols !

Loujain veut voler et espère un jour pouvoir contempler les tournesols, magnifiques fleurs imitant le soleil. Mais ce soleil brûle les rêves des petites filles. Là où habite Loujain, il est interdit de rêver, de voler, d’espérer … pourtant, certains adultes vont l’écouter et l’aider à réaliser l’impossible.

Cet album est un cri d’espoir et de solidarité. La détermination de Loujain ne faiblit à aucun moment. Personne ne pourra lui arracher ce rêve qui loge au fond de son cœur et de son esprit de femme libre vivant dans un monde patriarcal. Un album essentiel.

Loujain rêve des tournesols, Lina Alhateque, Uma Mishra-Newbery, Rebecca Green, Les 400 coups, 2024.

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Catégorie 6-8 ans

Hana et sa maman se sont réfugiées en France pour fuir la guerre. Seulement, l’argent manque et elles sont obligées de dormir dans un musée. L’émerveillement de la petite fille face aux oeuvres d’art en dépit de sa situation précaire est très touchant. Tout comme le lien qui se tisse entre art et artisanat à travers les broderies de la maman. Les illustrations d’Emma Morison jouent d’ailleurs sur la polysémie du verbe « tisser » avec ces dessins de fils. Lâches au début, ils forment progressivement un tracé régulier, alors qu’Hana parvient à se lier avec une camarade.

Avec la délicatesse qu’on lui connaît, Laurence Gillot invite à faire évoluer le regard que l’on porte sur « l’étranger », particulièrement lorsqu’il est issu de l’immigration. 

Mademoiselle Vole, Laurence Gillot, Emma Morison, Editions du Pourquoi Pas ?, 2022.

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Tout commence avec un chat qui voyage dans le monde et se passionne pour la Déclaration des droits des filles. Chaque page présente ensuite une jeune fille confrontée au non respect de l’un de ses droits de manière (même si le lecteur peut aisément supposer que certaines cumulent de nombreuses difficultés). Dommage que le lecteur n’apprenne rien sur son pays, sa famille, ses conditions de vie, bref du contexte dans lequel a lieu cette transgression.

Cet album propose un texte très didactique, façon documentaire. C’est la limite d’un album écrit par une ONG : si le fond et l’engagement ne peuvent être mis en doute, il manque l’imagination d’un auteur qui aurait pu faire de cet album une oeuvre de littérature jeunesse.

Un futur pour elles, Plan international France, Adolie Day, Larousse, 2024.

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La répartition de l’espace de la cour de récréation est un vrai sujet dans de nombreuses écoles. Si l’adulte voit rapidement où veut en venir l’auteure, les jeunes lecteurs adhérent immédiatement au sujet et au vocabulaire fleuri. On peut regretter qu’Alessio soit si compréhensif et facile à convaincre mais l’évolution de la répartition de l’espace est un super extra pour amorcer la discussion avec des élèves.

A savoir : les héros reviennent en 2026 avec Un toit pour tous du même duo d’auteure-illustratrice sur le mal-logement.

Tous pour une !, Nancy Guilbert, Léonie Koelsch, Kilowatt, 2022.

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Dans cette catégorie, c’est l’histoire de Martha qui a le plus ému les jeunes votants. Suite à des problèmes familiaux, cette petite fille est placée en attendant que ses parents puissent s’occuper d’elle correctement. Cet album aborde ce sujet grave avec douceur et bienveillance. Un optimisme forcené aussi, qui a sa place dans un album jeunesse mais ne traduit pas forcément la réalité. Les illustrations de Cécile et le choix des animaux anthropomorphes contribuent grandement à adoucir la situation.

Ainsi, le lecteur s’attache à Martha et à ses doudous, et l’intérêt supérieur de l’enfant prend tout son sens.

Qui s’occupe de Martha ?, Emmanuelle Toussaint, Cécile, Utopique, 2024.

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Catégorie 9-12 ans

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman expose les difficultés des collégiens du Haut Maroni, en Guyane, pour accéder à l’éducation. Quitter sa famille, son village et son environnement pour aller étudier en ville, sans possibilité de retour en dehors des vacances à 11 ans est très brutal. La bonne idée est de présenter deux amis aux caractères très différents, qui vont donc réagir chacun à leur manière face à ce déracinement.
Si certains jeunes quittent volontairement leur village pour trouver un travail, Claire Clément montre bien que la situation est très différente lorsque la séparation est imposée, surtout si jeune.

Les illustrations de Léo Alcatraz immergent le lecteur dans la végétation luxuriante de la forêt amazonienne et apporte de la couleur à un récit dur. On ne peut qu’espérer que le rôle de sentinelle soit développé pour réduire les drames.

La sentinelle, Claire Clément, Alca, Editions du Pourquoi Pas ?, 2023.

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Ce roman sorti en 2024 résonne terriblement avec l’actualité très récente sur les violences sexuelles envers les enfants. Les monstres aimés. Ceux qui volent le sommeil, l’insouciance, la parole. Qui inversent dans l’esprit de l’enfant la culpabilité, l’enferment dans la solitude. Pourtant, ils sont des milliers…Tel est le sujet ultra-sensible d’Ombreline, où il est question d’inceste. Si, par exemple, en littérature blanche, un roman autobiographique sur le même sujet vient de remporter le prix Goncourt du premier roman, il n’est pas surprenant que les enfants votant pour le Prix UNICEF n’aient pas offert en masse leurs suffrages à cette histoire. Certes adoucie par son univers féérique, son texte à la fois juste, subtil et poétique, et de belles illustrations brun-orangé chaleureuses et oniriques, son fond terrifiant doit être absolument discuté en amont. (d’ailleurs, alors que l’objet-livre est magnifique, il eût sans doute été judicieux que Milan indique clairement son thème). Si le/la lecteur.ice n’a pas été sensibilisé.e à cette thématique, la lecture peut s’avérer soit trop distante, trop délicate, voire inaboutie. La fin très émouvante laisse néanmoins place à l’espoir : il existe des adultes-ressources, prêt.e.s à accueillir la parole de l’enfant victime, à le croire, à l’aider. Des bonnes fées pour ces enfants de la nuit.

119 – Allo enfance en danger

Ombreline, de Manon Fargetton, illustré par Maud Begon, Milan, 2024

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Dans une collection adaptée aux dys, Le garçon qui voulait être un chat nous, de Veronique Foz, nous embarque dans la tête d’Ilyan, autiste Asperger. Depuis tout petit, cela complique ses relations avec les autres. Heureusement, il y a son grand-père, toujours là pour lui. Toujours ?

Deux thématiques qui se croisent : la difficulté d’un enfant autiste à s’épanouir, et la maladie d’Alzheimer. On ne peut qu’être touché par notre héros, ses difficultés à trouver sa place, sa passion pour les chats, les mauvais traitements qu’il subit de la part de certains camarades. Et que dire de son désarroi, quand son grand-père perd la mémoire…

Les difficultés rencontrées par Ilyan sont abordées avec justesse et finesse. On perçoit très bien les conséquences de son handicap sur lui-même, mais aussi son entourage. On voit les limites d’un système scolaire qui a du mal à inclure tout le monde, faute de moyens et de personnels. Et quelle belle relation avec le grand-père ! Elle est émouvante, touchante, encore plus avec cette maladie d’Alzheimer qui vient tout compliquer.

Le garçon qui voulait être un chat, Véronique Foz, Johanne Licard, Tom Pousse, 2023.

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C’est cette BD qui a reçu les suffrages des votants. On suit Manon qui bascule dans la jungle du harcèlement à cause de Stacey jalouse de ses bonnes notes. Le mécanisme s’enclenche et les effets sont très bien décrits. Tout comme l’impuissance – consciente ou non – des adultes qui l’entourent. La métaphore de la jungle apporte à la fois pertinence et recul, mais l’après révélation, s’il montre bien la solitude des familles manque justement de clés pour réagir efficacement.

Une BD utile, pleine de bonnes intentions et qui a le mérite d’aborder frontalement un sujet terrible. Mais il ne va pas au bout de la démarche et manque cruellement d’éléments concrets au niveau des solutions à apporter.

La Jungle, Harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.

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Catégorie 13-15 ans

N’ayant pas pu lire ce titre, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.

Années 1960. Dans un quartier populaire d’une ville de La Réunion, Jean et Madeleine sont arrachés à leur mère par les services sociaux qui leur promettent une vie meilleure en métropole, une bonne éducation et des retours réguliers sur leur île. Lucien, jeune fonctionnaire fraîchement affecté à La Réunion, arrive à la préfecture et découvre ses fonctions à la Section 4 : il devra notamment superviser le transfert de « pupilles de l’État » dans l’Hexagone…Transplantés en Creuse, Jean et Madeleine sont séparés. De foyers en familles d’accueil, Jean rencontre d’autres enfants réunionnais dans la même situation que lui. Une vie durant, entre errances et recherches, il tentera de comprendre pourquoi…

Piment zoizos, Les enfants oubliés de la Réunion, Téhem, Steinkis, 2024.

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L’héroïne de Girls Bazaar est une jeune fille Nat (peuple traditionnellement nomade dont le mode de vie a été interdit ce qui les a réduit à la pauvreté en marge de la société). Cela permet de montrer le quotidien de ces familles pour lesquelles chaque jour est un combat, mais aussi la pression sociale et les barrières que se mettent ces filles. Car elles sont élevées dans l’idée que leur seul horizon sera la prostitution. Difficile de remettre en cause un destin qui a touché toute sa famille et ses voisines sur plusieurs générations. Le rôle du sport (ici le kung-fu) est central dans la prise de confiance et la capacité à se défendre.

Ce roman a été écrit par l’activiste indo-américaine Ruchira Gupta suite à son documentaire The Selling of innocents. Alors qu’elle était journaliste, elle a découvert l’ampleur du trafic de petites filles indiennes et a créé l’ONG Apne Aap pour le combattre.

Girls bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.

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Les quatres personnages principaux sont des ados très caractérisés : les jumelles riches, l’ado honteux de sa famille pauvre, et les deux élèves issus de l’immigration… mais c’est aussi le reflet de la société.
En réalité, le propos est pédagogique mais c’est assez bien fait pour que ça n’empiète pas sur les situations auxquelles les jeunes font face. Et leur énergie (ainsi que celle de leur prof dont les difficultés ne sont pas passées sous silence) est plutôt porteuse.

Julie Scheibling a adapté Une brève histoire de l’égalité de Thomas Piketty pour sensibiliser les adolescents à la question des inégalités sociales. Et en effet, cette BD permet aux jeunes lecteurs de s’approprier les concepts et comprendre qu’autour d’eux, il existe de nombreuses différences et inégalités entre les classes.

Jeux de classes, librement inspiré d’Une brève histoire de l’égalité, Quentin Vijoux, Julie Scheibling, Seuil jeunesse, 2025.

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N’ayant pas pu lire ce titre qui a pourtant reçu la majorité des suffrages, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.

Pourquoi ça fait si mal ?

Juliette et Mathilde sont amies depuis toujours. En cette rentrée en 4e, Mathilde a des envies de popularité et un crush pour le beau Thomas. Elle se rapproche alors de Karine, qu’elle semble admirer plus que tout. Juliette n’apprécie pas vraiment Karine, sa bande, et les airs rebelles qu’ils se donnent. Une incompréhension grandissante s’installe entre les deux amies. Peu à peu, c’est un étrange mécanisme d’exclusion qui se met en place, jusqu’à ce qu’une photo de Juliette, à demi-nue, soit prise dans les vestiaires…

Ratures indélébiles, Aurelle Gaillard, Camille K., Jungle, 2022.

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Avez-vous lu ces titres ? Lesquels vous ont le plus enthousiasmés ?

Prix A l’ombre du Grand arbre 2026 : les lauréats !

Et voilà enfin le moment tant attendu : celui des résultats du Prix ALODGA ! Depuis un mois, nous vous avons présenté les titres sélectionnés (parus en 2025), et vous avez été invité.es à voter pour vos préférés. Voici donc les lauréats, dans les 6 catégories du Prix !

Catégorie Belles branches (romans ados)

Nos Constellations remporte cette catégorie. Roman très émouvant, qui aborde des thèmes difficiles : harcèlement, deuil, homophobie, c’est l’histoire d’un amour naissant entre deux très jeunes hommes, si profond qu’il renverse tout sur son passage. Dur, parfois, mais aussi sensible et poétique, on referme ce livre avec un pincement au cœur et l’idée, sublime, que l’amour triomphe des difficultés.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Ed. Didier Jeunesse. 2025

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Catégorie Grandes feuilles (romans jeunesse)

Vos votes… généreux ont permis au court roman Le musée des générosités de l’emporter ! Très joliment illustré, il fait réfléchir, sans donner de réponses toutes faites, et touchera les enfants comme les plus grand.es. La très belle histoire d’amitié qu’il raconte, plus forte que les préjugés, transmet implicitement des valeurs de générosité, évidemment, mais aussi de non-jugement et de tolérance, sans angélisme pour autant. Quand la littérature jeunesse rime avec finesse.

Le musée des générosités, de Laurence Gillot et Emma Morison, Éditions du pourquoi pas, 2025

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Catégorie Branches dessinées (BD et romans graphiques)

L’envers de nos décors. Créé à l’origine pour le spectacle vivant, ce monologue est l’histoire d’un enfant un peu différent, que son enseignante n’a pas compris. Elle a multiplié les remarques tout au long de l’année, l’abîmant chaque jour un peu plus. Mais aujourd’hui, il va lui répondre et enfin trouver sa place. Cette bande-dessinée aussi sensible que profonde, qui épingle les micro-violences du quotidien, vous a touché.es au bon endroit : en plein cœur.

L’envers de nos décors, de Thomas Scotto et Carole Chaix. Éditions du pourquoi pas, 2025

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Catégorie Racines (documentaires)

Chercheuses d’or est un album documentaire passionnant qui raconte les grandes étapes de la ruée vers l’or au Klondike, mais aussi sa géographie, ses effets sur les peuples autochtones, les étapes de l’orpaillage et, évidemment, la place des femmes dans la société de l’époque. Vous ne vous y êtes pas trompé.es et avez bien compris que c’est une pépite. D’or, évidemment.

Chercheuses d’or, de Flora Delargy, ed. Milan, 2025

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Catégorie Brindilles (albums pour les petit.es)

Vous aviez envie d’un Gros câlin. et l’avez exprimé à travers vos votes ! À la fois livre à compter (à rebours) et bel objet à manipuler, cet album plein de tendresse, que l’on prend plaisir à le lire et relire à son enfant, vous a séduit.es par sa douceur, son interactivité et son message autour de la beauté du monde animal, ainsi que, subtilement, de la notion de consentement.

Gros câlin, d’Anabelle Buxton, ed. la Partie, 2025

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Catégorie Petites feuilles (albums pour les grand.es)

Droméo et Chuliette, très librement inspiré de la plus célèbre pièce de William Shakespeare, raconte avec le sourire, beaucoup de malice et une imagination foisonnantes, tant dans le texte que les illustrations, la (d)romance entre Droméo le dromadaire des quartiers chics, et Chuliette, la chamelle des quartiers populaires. Un concentré de littérature jeunesse comme vous l’aimez : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, inventive et créative. Une vraie réussite anti-morosité !

Dromeo et Chuliette, de Marcus Malte et Henri Meunier, Ed. Rouergue, 2025

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Encore un beau succès du Prix ALODGA, pour lequel nous avons mobilisé en équipe, toute notre conviction, notre passion. Félicitations aux lauréats, à leurs auteur.e.s et à leurs maisons d’édition (à noter que l’édition indépendante s’est encore particulièrement illustrée cette année.) Mais plus qu’une compétition, ce Prix a surtout pour objectif de mettre en valeur la richesse infinie d’un pan de la littérature à part entière. La belle littérature jeunesse a quelque chose à nous dire, entre capacité à s’émerveiller et consciences à éveiller. Écoutons-la. Défendons-la, des racines, jusqu’au bout des branches !

Coups de coeur de mai

Mai, ses ponts, ses beaux jours qui invitent aux sorties… et ses lectures ! Car que ce soit au parc, au bord d’un lac, dans une prairie ou sur la plage nous sommes toujours accompagnées d’un bon bouquin. Et vous, quel est votre spot de lecture préféré ?

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Deux coups de coeur ce mois-ci pour Lucie : un album et un roman, d’un genre très différent l’un de l’autre.

Humour et autodérision sont les maîtres-mots du Casting de Gilles Bachelet. Toujours prompt à se mettre en scène, l’auteur-illustrateur donne à ses personnages phares la mission de trouver le héros de son prochain album. Références à ses albums précédents, détails hilarants glissés dans les illustrations et jeux de mots sont au rendez-vous. Attention, il vaut mieux connaître son travail pour apprécier ce livre à sa juste valeur !

Le casting, Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse, 2025.

Son avis ICI.

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C’est grâce à Séverine qui avait proposé leur première collaboration que Lucie a découvert le duo Sarah Ann Juckes et Sharon King-Chai. À la poursuite des animaux arc-en-ciel avait été un véritable coup de cœur et elle était curieuse de vérifier si leur second opus serait aussi réussi. Et c’est le cas. Dans Le Chant du Rossignol, Lucas, passionné par les oiseaux, part à la recherche de sa sœur adorée. Si le lecteur comprend vite les tenants et aboutissants de sa quête, l’essentiel est dans son cheminement et les rencontres qu’il fait en route. Un roman sur un sujet fort, tout en émotions.

Le Chant du Rossignol, Sarah Ann Juckes, Sharon King-Chai, Little Urban, 2025.

Son avis ICI.

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En mai, Héloïse – Hélolitlà a lu beaucoup de graphiques, dont l’excellent She wasn’t a guy, ou encore les suites de ses mangas « doudou » : Promenons-nous dans l’espace, Bloom et Smoking behid the supermarket with you.

Mais celui dont elle voulait parler, c’est Mi-Mouche, une bande dessinée de Vero Cazet et Carole Maurel, à destination des adolescents, qui l’a conquise, et ses enfants aussi.

L’histoire ? Colette a grandi dans l’ombre de sa sœur jumelle, Lison. Celle-ci, très solaire, attirait les regards, maintenant Colette dans l’ombre. Tout change quand Lison meurt brutalement, dans un accident de voiture… Colette se glisse alors dans les pas de sa sœur, continuant la danse alors qu’elle n’aime pas ça. Une ombre ne la quitte jamais. Et qui la pousse à prendre toujours plus de risques…

Héloïse a trouvé cette histoire très émouvante : on parle de deuil, mais aussi d’une enfant qui va s’effacer au profit du souvenir de sa sœur. Elle s’oublie peu à peu. Il va falloir du temps, et un déclic pour que Colette se « réveille ». Ce déclic, c’est la boxe. Héloïse a adoré la voir s’affirmer peu à peu, dans cette envie de faire ce qu’elle aime (et non ce qu’on attend d’elle).

Mi-Mouche, c’est donc une magnifique histoire de résilience et de reconstruction, un récit qui bouscule, qui frappe, droit au cœur.

Mi-mouche, Premier round : Tu veux te battre, de Véro Cazet et Carole Maurel, Dupuis. 2025

Sa chronique ICI.

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Dans un tout autre style, et raccord avec la météo, Héloïse a découvert la nouvelle série BD de Giovanni di Gregorio, scénariste des Sœurs Grémillet. Sa nouvelle héroïne se prénomme Marla et n’a pas froid aux yeux ! Elle est passionnée par les chasses au trésor. Quand elle découvre une bouteille à la mer, contenant une énigme, elle est heureuse ! Elle embarque sa meilleure amie et sa grand-mère quand une quête qui n’est pas de tout repos…

Elle est pétillante Marla ! Pleine de vie, dynamique, elle fonce sans réfléchir… et parfois sans se rendre compte qu’elle blesse ses proches. C’est là la force de ce premier tome : non seulement on découvre une enquête riche en rebondissements dans un cadre idyllique, et on savoure ce récit vivant et pétulant !, mais en plus, il y a de belles réflexions autour de la psychologie des personnages. Quant aux illustrations de Lorena Calderon, elles sont splendides, à l’image de cette histoire qui pétille.

Marla, tome 1 : La grotte du flamant rose, de Giovanni di Gregorio et Lorena Calderon. Dupuis 2026.

Sa chronique détaillée ici.

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Du côté des romans, pas mal de belles surprises, dont une romance ! Héloïse n’est pas une grande fan du genre, mais L’effet boule de neige, de Clara Héraut, a su se démarquer à ses yeux. Héloïse a notamment apprécié que les archétypes du genres soient repris et amenés avec beaucoup d’humour.

Au programme de ce roman ado ? Une jeune étudiante amoureuse, qui revoit son crush, Charles, pour les vacances de Noël. Problème, ce dernier vient accompagné…. de sa nouvelle copine. Pour le « rendre jaloux », l’héroïne, Iris, fait semblant de sortir avec le frère de Charles, Alex. Et tout ce petit monde se retrouve pour les vacances pour leur traditionnel séjour à la montagne…

La fin est attendue, mais Héloïse a beaucoup aimé la façon dont cette relation se tisse avec beaucoup de bienveillance, des quiproquos, de l’humour. Les relations entre les jeunes héros sont saines, avec un petit côté feel-good charmant et rafraîchissant. Ici, on respecte le consentement, et on se montre à l’écoute de l’autre, sans passer par des psycho-drames inutiles.

Une romance pétillante, joyeuse et adorable.

L’effet boule de neige, de Clara Héraut. Hachette romans, 2023

La chronique détaillée ICI.

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Pour Liraloin, la perspective de dénicher encore et toujours des albums pour les lectures aux plus petits est de mise ! Voici un imagier qui ravira autant les bébés que leurs parents. Il s’agit d’Un instant de Liuna Virardi.

Comme un tour de magie qui n’aurait pas de fin, ce livre se déplie et se replie à l’infini. Sous forme de cartes au papier épais, l’enfant va découvrir un changement qui s’opère en une fraction de seconde. « Un au revoir » se lit comme un adieu à ce soleil couchant qui disparait de l’horizon. Et cette petite feuille jaune accrochée à l’arbre finira bien par se séparer de sa branche… Tel un imagier poétique, Liuna Virardi arrive à montrer au tout-petit un évènement qui le fera réagir et comprendre ce monde qui l’entoure. Que tout peut se transformer en « un instant » et recommencer encore et encore…

Un instant de Liuna Virardi – L’Agrume, 2025

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Et puis puisqu’il faut sans cesse ouvrir de nouveaux chapitres dans sa vie de lectrice, Liraloin a choisi un album illustré par des illustratrices et illustrateurs de talent sous l’écriture de Thomas Scotto….

Puisqu’il faut ouvrir un chapitre, le premier, il sera question d’espoir. Que le titre soit présent ou non, le numéro un s’inscrit dans un début : « Chaque nouvelle page tournée serait alors le début d’un nouveau monde qui se porterait mieux… ». Il suffit d’être différent pour faire des merveilles, d’un peu de malice pour braver les interdits, appréhender son quotidien d’une autre façon et partir calmement : « Va ! Puisque ton petit espace contient tout ce que tu connais – tes livres, tes pensées, le murmure des vents quotidiens. Puisque tout est là, confiné, suspendu. Va ! ». Peut-on à jamais user d’écrits pour que le monde se porte mieux ?

A la fois récit d’aventure, réflexion philosophique ou dystopie, Thomas Scotto est le metteur en scène des différentes voix qui s’annoncent aux lecteurices. Chaque illustration se mêle à une couleur donnée, à cette parole, ces prises de décisions de démarrer un nouveau chapitre ou non. Débuter autant de nouvelles histoires nous oblige à être témoin d’un temps qui passe inlassablement et nous interroge : est-ce que l’espoir sera toujours de mise dans un monde qui pourrait se porter mieux ?

Et le monde se portera mieux de Thomas Scotto, illustrations de Fanny Pageaud, Anne-Lise Boutin, Jean-Luc Englebert, Mathias Friman, Raphaële Enjary & Olivier Philiponneau, Rascal, Joana Concejo, Maria Jalibert, Régis Lejonc, Kris Di Giacomo, Albertine, Csil, Nathalie Paulhiac, Eva Offerdo, Claire Gaudriot, Françoise Rogier, Ingrid Godon, Gaya Wisniewski, Julia Wauters, Virginie Berger, Claire Garralon, Pascale Breysse, Maxime Derouen, Julia Chausson, Léonore Feldin, Natali Fortier, Arno Célérier, ClémenceG., Géraldine Alibeu, Dominique Robert, Laurent Corvaisier, Cédric Abt, Alfred, Armell Galli, Carole Chaix – A pas de loups, 2025

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Pour Séverine, deux coups de coeur au mois de mai, pour deux romans « junior », parus dans la même collection (Le grand bain, chez Seuil Jeunesse, destinée aux toustes jeunes lecteur.ices déjà autonomes, à partir de 8 ans), incontournable de sa bibliothèque jeunesse. 17 cm x 12 cm, sur 1 cm d’épaisseur, telles sont leurs mensurations. Ce sont de petit livres, d’une grande collection .

L’été où j’ai (enfin) eu chaud a bouleversé Séverine. Écrit par un grand auteur au grand cœur : Hervé Giraud. Illustré par une géante, qui met la vie en belles couleurs, et par mille détails, saisit ce qui resplendit : Aurélie Castex. C’est l’histoire d’un enfant placé, refroidi par la vie, qui passe chaque été chez un couple de retraités…Il parle d’abandon, de foyer pour enfants, de foyer pour un enfant, de sauvetage puis adoption d’un oisillon, de famille à tipi(que), de chambre à soi, de protection rapprochée et d’envol. Ce livre, c’est une histoire d’espèces fragiles, humaines ou animales, à abreuver, nourrir, préserver. C’est « une histoire d’enfants pour réveiller les grandes personnes« , ou cajoler l’enfant intérieur qu’elles ont délaissé pour porter le masque d’adulte réparé, alors que certaines blessures resteront profondes. C’est une histoire de famille de substitution, une histoire de famille tout court. Une histoire d’amour. Et il est tout sauf triste, ce livre ! La tendresse sous le sourire, l’émotion à fleur de rire, c’est là sa prouesse. Il muscle les zygomatiques, il mouille les yeux, il illumine le regard, il gonfle d’espoir, il réchauffe l’humain en soi.

« Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. » Camus.

L’été où j’ai (enfin) eu chaud, d’Hervé Giraud, illustré par Aurélie Castex, Seuil Jeunesse, collection Le grand bain, 2026

Sa chronique complète ICI.

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Quant à Mes vacances presque ratées, de Marc Daniau, illustré par le bédéiste François Sanz, pour Séverine, c’est une belle réussite ! Elle a redécouvert Marc Daniau « auteur » assez récemment, alors qu’elle connaît l’illustrateur qu’il est aussi depuis bien plus longtemps, notamment pour ses illustrations chaleureuses et généreuses d’albums parmi ses préférés (Ruby tête haute et Adi de Boutanga). En tant qu’auteur, elle avait beaucoup aimé son premier roman pour ados, S’arracher, mais il s’agit d’une histoire très intense autour du deuil et du mal-être adolescent. Elle était donc curieuse de savoir de quoi il serait capable dans le registre de la comédie. Et, bonne surprise, c’est effectivement un roman alerte, drôle, loufoque, plein de rebondissements et de punchlines qu’il propose, un road-trip intergénérationnel où se mêlent (més)aventures automobiles, mignon chien-chien à sa mémère, complicité enfant/grand-parent et premiers émois amoureux, avec un style très frais, proche du langage enfantin, très pertinent. Bien soutenu par des illustrations joyeusement vitaminées, il réussit donc haut la main son plongeon dans cette collection qui alterne depuis plusieurs années récits intimistes et imagination débordante. Avec cette histoire estivale entrainant les jeunes lecteur.ices sur les chemins de l’imprévu et de l’adaptation, il montre que l’aventure se trouve parfois là où on ne l’attend pas (par exemple au fond du cœur)…

Mes vacances presque ratées, de Marc Daniau, illustré par François Sanz, Seuil Jeunesse, collection Le grand bain, 2026

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Hélène quant à elle a lu mais pas autant qu’elle l’aurait voulu, malgré les ponts et la chaleur. Quelques lectures non-convaincantes ont finalement été abandonnées mais deux titres, très différents l’un de l’autre, se dégagent quand même ce mois-ci, un pour les petits, un pour les ados.

Les astres brilleront toujours de Pauline Bilisari a beaucoup touché Hélène. C’est un premier roman, un roman ado comme elle les aime qui présente deux personnages blessés qui se sauvent mutuellement. Côme et Céleste vivent chacun des difficultés : violence, abandon, toutes ces choses qui résonnent fort à l’âge où l’ont se construit. L’une est désespérée, l’autre semble plus solide alors que sa situation est extrêmement déstabilisante au quotidien. Ils apprennent à se connaître et à faire abstraction de leurs soucis, quelques temps, grâce à leur relation. Il s’élèvent et reprennent espoir en la vie et surtout en leur avenir qui leur semblait bien sombre. Un roman qui donnera de l’espoir à tous les jeunes un peu perdus, qui se lit également comme une belle histoire d’amour. Ecrit en vers libres, comme on commence à le voir depuis quelques temps, cette forme sert le texte en permettant des silences, en étant concis pour laisser le lecteur imaginer les sentiments des personnages. Un roman à la fois actuel et intemporel.

Les astres brilleront toujours, Pauline Bilisari, Slalom, 2025

Pour les plus jeunes, un titre récent de la légendaire Susie Morgenstern, qu’Hélène a eu la chance de rencontrer. Illustré par Marie Quentrec, Graines de folie parle de transmission, de potager, de patience et d’amour, bref beaucoup des ingrédient qu’il faut pour faire un grandir un potager… Ou un enfant ! Un livre tout doux pour qui pourra être lu et relu et donner à vos enfants l’envie de vous aider au jardin.

Graines de folie, Susie Morgenstern et Marie Quentrec, Glénat Jeunesse, 2026

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Et vous, avez-vous lu ce qu’il vous plait en mai ?

Prix ALODGA – catégories Branches dessinées et Racines

Vous connaissez les sélections des catégories Belles branches (romans ado), Grandes feuilles (romans jeunesse)Petites feuilles (albums pour les grands) et Brindilles (albums pour les petits). Voici les deux dernières : Branches dessinées (BD et romans graphiques) et Racines (documentaires).

Rappel : vous avez jusqu’au samedi 6 juin 20h30 pour nous indiquer vos titres préférés et les lauréats seront annoncés le lundi 8 juin !

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Catégorie Branches dessinées

Vous le savez, nous avons présenté nombre de ses titres et il nous a même accordé une interview : sous le Grand Arbre nous aimons la plume de Thomas Scotto. Aussi, lorsqu’il s’associe avec Carole Chaix pour livrer une bande dessinée aussi sensible que profonde, nous craquons. C’est l’histoire d’un enfant un peu différent, que son enseignante n’a pas compris. Elle a multiplié les remarques tout au long de l’année, l’abîmant chaque jour un peu plus. Aujourd’hui, il va repondre.

Créé pour le spectacle vivant, ce monologue épingle les micro-violences du quotidien et touche en plein coeur.

L’envers de nos décors de Thomas Scotto et illustré par Carole Chaix, Editions du Pourquoi pas ?, 2025.

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Quand on aime, on ne compte pas. Après avoir fait l’objet d’une lecture commune, il semblait évident que La petite fille au fusil avait toute sa place dans cette sélection. Instructif, émouvant et drôle, ce roman graphique éclaire l’histoire de la Lituanie pendant la seconde Guerre Mondiale a travers celle de Magda. Un jour, cette petite fille assiste – impuissante – à l’arrestation de sa famille par l’armée russe. Recueillie par un groupe de résistants, elle va apporter de la joie dans un quotidien marqué par le courage et le deuil.

Les illustrations d’inspiration enfantine, la palette de couleurs, mais aussi les personnages aussi variés que nuancés nous ont séduites.

La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante de Marius  Marcinkevicius et illustré par Lina Itagaki, 2025.

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Sans surprise, et même plus récemment, le troisième titre de cette sélection a lui aussi fait l’objet d’une lecture commune. Nous avons été emballées par la folie et les couleurs de cette imposante BD éditée chez 3Oeil, maison aux choix esthétiques toujours affirmés. Coté histoire, le pirate Barbe-en-tas cherche à faire de son fils Eric un pirate digne de ce nom. Seul souci : celui-ci envisage une vie plus tranquille avec sa fiancée Eléonore. Ce point de départ va entraîner les lecteurs dans un tourbillon d’aventures aussi drôles que fantaisistes avec une multitude de personnages hauts en couleurs.

Nous avons aimé les jeux de mots, les références à la pop culture, et ces couleurs très tranchées, changeant à chaque chapitre. Une BD TRES originale !

Forbans ! de Renaud Farace et illustré par Olivier Philipponneau, Ed. 3oeil, 2025.

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A vous de voter pour votre titre préféré !

Quel titre de la sélection Branches dessinées préférez-vous ?

  • L'envers de nos décors (44%, 16 Votes)
  • La petite fille au fusil (36%, 13 Votes)
  • Forbans ! (19%, 7 Votes)

Total Voters: 36

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Catégorie Racines

Les titres sélectionnés dans la catégorie Racines se font toujours plus discrets mais cela ne veut pas dire qu’ils sont moins intéressants. Au contraire ! Alors que la sélection de l’année dernière était définitivement celle de la différence et de l’ouverture aux autres, celle de cette année est extrêmement variée. Pour votre plus grand plaisir !

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Tout d’abord avec un voyage dans le temps et l’espace : en route pour le Grand Nord canadien à la fin du 19ème siècle avec Chercheuses d’or. Vous pensiez ce cette activité était réservée aux hommes ? Que nenni, Flora Delargy présente dans ce documentaire quatre femmes ayant chacune participé à ce pan de l’histoire à leur manière. Découvreuse de l’or à l’origine de la première ruée, femme engagée, femme d’affaire ou prospectrice, elles ont bousculé le rôle réservé à leur sexe et sont allées au bout de leurs projets.

Cet album documentaire passionnant raconte les grandes étapes de la ruée vers l’or au Klondike mais aussi sa géographie, ses effets sur les peuples autochtones, les étapes de l’orpaillage et, évidemment, la place des femmes dans la société de l’époque.

Chercheuses d’or, Des pionnières dans le Grand Nord canadien de Flora Delargy, Milan, 2025.

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La mise en abyme de la couverture annonce bien le contenu de ce documentaire. Les auteurs racontent l’histoire et les étapes qui ont mené à l’objet que l’on connaît aujourd’hui. Matières, formes et, de manière aussi originale que pertinente, lien avec la nature.
Mais les auteurs ne s’arrêtent pas là : ils abordent aussi attachement particulier qui nous lie à cet objet, le sentiment qu’ils peuvent être vivants.
Le lecteur a aussi droit à une étude de mise en page : place du texte, taille des illustrations, du livre… Et rôle – central ! – du lecteur.

Un livre sur un livre est toujours objet de convoitise sous le Grand Arbre, et celui-ci nous a enthousiasmées par la variété des aspects abordés.

Le livre est un livre est un livre de Mathilde Magnan et Denis Gombert, Illustré par Léa Louis, Editions Courtes et Longues, 2025.

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Le livre s’ouvre sur une planète : la nôtre. Nous pouvons la situer dans ce vaste Univers grâce à la double page intérieure et la page de garde. « Tout passe, tout change » et nous voilà embarqué dans un voyage où la lectrice va apprendre en combien de temps peut se former une montagne, combien de temps peut vivre un Ginko ou bien plus commun : un bouquet d’iris. Cette succession bien orchestrée et surtout bien illustrée nous emporte dans un catalogue doux et informatif. Un documentaire abordable et tendre sur ce temps qui passe inlassablement.

Combien de temps? de Carine Prache, Seuil jeunesse, 2025

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A vous de voter pour votre titre préféré !

Quel titre de la sélection Racines préférez-vous ?

  • Chercheuses d'or : des pionnières dans le Grand Nord canadien (48%, 11 Votes)
  • Le livre est un livre est un livre (35%, 8 Votes)
  • Combien de temps ? (17%, 4 Votes)

Total Voters: 23

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Rendez-vous le 8 juin pour les résultats !

Prix ALODGA – catégories Brindilles et Petites feuilles

Vous connaissez les sélections des catégories Belles branches (romans ado), Grandes feuilles (romans jeunesse). Voici les deux suivantes : Petites feuilles (albums pour les grands) et Brindilles (albums pour les petits).

Rappel : vous avez jusqu’au samedi 6 juin 20h30 pour nous indiquer vos titres préférés et les lauréats seront annoncés le lundi 8 juin !

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Catégorie Brindilles

Sur un camaïeu de couleurs, le bébé va découvrir une Terre foisonnante d’animaux plus originaux les uns que les autres. Chaque page offre un élément du paysage qui caractérise l’animal(e). Montrer au tout-petit comment caresser les moustaches des phoques du Groenland ou le bout du nez des chauves-souris nous donne l’envie de connaître d’autres espèce animale mal-aimée ou peu connue.

À la fois livre à compter (à rebours) et invitation à la douceur, il évoque aussi le respect du consentement. Pas mal en 10 pages ! Un album plein de tendresse, qu’on prendra plaisir à lire et relire à son enfant et qui créera des souvenirs communs.

Gros câlin d’Annabelle Buxton – La Partie, 2025

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Ah le fameux doudou perdu, quel drame ! Ici, c’est avec beaucoup de bienveillance que la famille part à la recherche du précieux. L’occasion de nous proposer une balade un peu magique et hors du temps dans la nature. Dans cet album les illustrations nous plongent dans une atmosphère qui oscille entre rêve et réalité. Les couleurs évoluent selon les heures de la soirée et apportent ainsi une inquiétude mêlée d’aventure. Les frontières se brouillent comme pour mieux nous perdre dans cette histoire très onirique. Une lecture commune à retrouver ICI.

L’heure des lapins d’Anne Cortey et Hualing Xu – Thierry Magnier, 2025

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Cet album est un joli conte philosophique sur la vie. Le mulot, trouvant un œuf de merle, décide de le remonter dans son nid, « quoiqu’il en coûte ». Formule bien connue mais qu’il s’applique à lui-même, nuance de taille.

Clin d’œil au mythe de Sisyphe, cette belle histoire nous montre à quel point la persévérance peut nous emmener loin. Grâce à ce jeune mulot, le lecteur apprend l’importance de croire en soi. Il découvre que la vie n’est pas toujours rose, qu’elle est faite de hauts et de bas, de moments doux comme de tempêtes. Mais aussi qu’avec du courage, et « sans lâcher », on peut aller très loin. Même si personne ne croit en nous.

Marche du mulot de Nadine Robert & Valerio Vidali – Saltimbanque, 2025

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Brindilles" préférez-vous ?

  • Gros câlin (40%, 6 Votes)
  • La marche du mulot (33%, 5 Votes)
  • L'heure des lapins (27%, 4 Votes)

Total Voters: 15

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Catégorie Petites feuilles

Droméo et Chuliette est un album original, très librement inspiré de la plus célèbre pièce de William Shakespeare, cette histoire d’amour tragique entre deux jeunes gens que tout oppose. Mais point de tragédie ici, puisque au contraire, c’est avec le sourire, de la tendresse, beaucoup de malice et une imagination foisonnantes que Marcus Malte et Henri Meunier revisitent la (d)romance entre Droméo le dromadaire des quartiers chics, et Chuliette, la chamelle des quartiers populaires. De la littérature jeunesse comme on l’aime sous le grand arbre : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, inventive, créative. Il y est question d’amoureux fous, évidemment, mais aussi de classe sociale, de langues vivantes, de musiciens morts depuis bien longtemps, de Voltaire et Rousseau, du Larzac et de b(g)osses libres ! Tout un programme…sans le drame ! Tout au long de la lecture, au rythme sans temps mort (parfaite à voix haute), on rit, on s’émeut, les jeux de mots fusent, la poésie se cache dans les détails et les références…Le graphisme est figuratif, coloré, vitaminé, fin dans sa simplicité…Une vraie réussite anti-morosité !

Droméo et Chuliette, de Marcus Malte et Henri Meunier, Rouergue jeunesse, 2025

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Toto, est un album de l’autrice/illustratrice coréenne Hyewon Yum, d’une grande finesse, pour aborder en douceur avec les enfants la question des complexes, du regard de l’autre, de la confiance en soi, de la tolérance, aussi, envers les personnes différentes de la norme. Toto, c’est le surnom qu’a donné la petite héroïne de notre histoire, à la « tâche de vin » qu’elle a sur le front depuis sa naissance. C’est une jolie façon pour elle d’apprivoiser cette particularité physique, dont elle a le sentiment qu’elle la rend « spéciale« , sans vraiment pouvoir exprimer pourquoi. Mais si, au sein de sa famille, Toto ne pose aucun problème,- chacun.e a sa vision de ce qu’apporte cette distinction à l’enfant,- qu’en sera-t-il à l’extérieur, en particulier à l’école ? C’est pourquoi sa maman propose de cacher Toto sous une frange fraichement coupée. la veille de la rentrée, pour, dans un premier temps, mieux s’intégrer…Et justement, la petite fille rencontre Margot, qui devient immédiatement sa meilleure amie. Elles partagent tant de choses et moments complices ! Jusqu’à ce que… A travers cette histoire tendre, aux jolis crayonnés délicats, en noir et blanc, sauf Toto et les émotions qu’il procure à l’enfant, c’est plus largement la parole autour des thèmes de la diversité, de la bienveillance et du respect des différences, sources de richesse, qu’ouvre cet album.

Toto, de Hyewon Yum, Les éditions des éléphants, 2025

Si vous aimez les contes de fée revisités, les albums qui mènent la vie dure aux stéréotypes en tous genre, sans se prendre au sérieux, les histoires dans lesquelles l’imagination et le plaisir de création de l’auteur.ice débordent à chaque page, alors Et à la fin, de Jean-Baptiste Drouot, est fait pour vous ! En effet, alors que son conte commence de façon classique, avec des protagonistes et des décors conformes au genre (un prince sur son destrier, une princesse en détresse, un méchant dragon, un château), l’auteur-illustrateur, en revanche, lui imagine des fins toutes plus farfelues les unes que les autres : « Le prince vint sauver la princesse, mais se trompa de château », « Le prince arriva trop tard, la princesse s’était sauvée toute seule » ; « La princesse tua le dragon et ouvrit une rôtisserie », « la princesse fut enlevée par des extra-terrestres »,etc. et même une inversion des rôles ! D’autant que sa propre famille, qui apparaît en guest dans l’album, et les personnages eux-mêmes, par moments, semblant vouloir reprendre le contrôle, interviennent et perturbent son imagination déjà débordante…Comment tout cela va-t-il bien pouvoir se terminer ? Illustrations et textes rivalisent d’humour, de détails, de références, de rythme et de surprises, dans un album qui casse les codes (et les clichés), ode à l’imagination, à la liberté de créer et au pouvoir des histoires, qui sait parler au cœur des enfants comme des adultes. Et à la fin…ils liront ensemble beaucoup de livres.

Et à la fin, de Jean-Bapiste Drouot, Hélium, 2025

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Petites feuilles" préférez-vous ?

  • Droméo et Chuliette (47%, 7 Votes)
  • Et à la fin (27%, 4 Votes)
  • Toto (27%, 4 Votes)

Total Voters: 15

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