Il se passe des choses incroyables sous notre bel arbre ! Figurez-vous que nous n’avions jamais parlé de Christian Voltz, de son travail original et de son humour surtout. A travers ses albums, c’est tout un univers qui s’offre aux petits comme aux plus grands. Alors voici les 10 raisons d’aimer à la folie cet auteur exceptionnel !
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Pour Liraloin, Christian Voltz a bercé les jeunes années de ses deux grands enfants maintenant. Jamais lasse de raconter ses albums, c’est un réel plaisir de partager des histoires pour rire car on ne rit jamais trop !
C’est pas ma faute ! Christian Voltz – Le Rouergue, 2001
Pour ce réveil bien matinal à la campagne, quel plaisir !
Pour cette charmante fermière… comment ça les araignées peuvent faire peur …
Pour cette histoire en randonnée dont on raffole
Pour ce carambolage d’animaux qui n’ont vraiment pas vu les choses arriver
Pour la page de titre qui nous invite à presque entrer dans cette charmante ferme
Pour la trombine des personnages et leurs expressions ébahies
Pour cette pauvre araignée qui est un dommage collatéral
Pour cette chute qui mérite réflexion
Pour cette lecture à voix haute qui me ravie à chaque fois !
Pour lire et relire encore cette histoire
Patates de Christian Voltz – Le Rouergue, 2000
Pour les frites, la purée et les patates
Pour la faim qui tiraille l’estomac, attention cela peut jouer sur l’humeur
Pour cette mise en bouche que va être la rencontre entre Mr Albert et Mr Marcel
Pour cette pousse verte tant convoitée
Pour ce dialogue digne d’une scène que l’on pourrait retrouver chez Molière
Pour cette joie intense si vite effacée … affaire à suivre…
Pour cette bagarre haute en coups et en onomatopées
Pour lire avec l’accent belge s’il vous plait (surtout dans l’interprétation de Mr Albert)
Pour cette chute si croustillante !
Pour cette quatrième de couverture (attention spoiler)
Comme chaque matin de Christian Voltz – Rouergue, 1998
Pour ce maudit réveil qu’on ne préfère pas entendre, courage Mr Léon
Pour cette couverture intérieure qui invite la/le jeune lectrice/lecteur à entrer dans cette maison, véritable décor de théâtre
Pour ce robinet qui goutte : plic plic plic (est-ce que quelqu’un ici connaît un bon plombier ?)
Pour cette journée qui ne sera faite que de gris visiblement (vêtements, pollution…)
Pour cet empressement qui caractérise Mr Léon (ceci est purement ironique)
Pour ce soupir que nous poussons à l’unissons avec notre personnage préféré (je vous rassure, c’est pas le directeur, non non non)
Pour cette découverte qui peut changer une vie (et parole d’arbonaute, il ne suffit de pas grand-chose)
Pour cette dernière couverture intérieure qui va vous transporter sur un petit nuage de joie
et 10 Pour cet album qui n’a pas pris une ride
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Pour Lucie, Christian Voltz c’est avant tout l’auteur du premier album utilisé dans un projet transdisciplinaire : le fameux Toujours rien ? qui outre la qualité intrinsèque de l’histoire est idéal à lire en parallèle de plantations. Premier coup de cœur d’une longue série pour le travail de cet auteur-illustrateur au style unique. Et parmi eux, un titre qui se détache : Le livre le plus génial que j’ai jamais lu… voici pourquoi.
Le livre le plus génial que j’ai jamais lu… Christian Voltz, L’école des loisirs, 2008.
Pour ce titre terriblement racoleur.
Et les commentaires acerbes du bien nommé Petit Bonhomme Grognon qui commencent dès le titre (et ironise sur la célébrité de l’auteur).
Pour cette jeune fille pirate qui boit du rhum et se bat, héroïne badass s’il en est, mais aussi capable de gambader dans les herbes folles.
Pour la double narration : l’histoire principale et les commentaires du Petit Bonhomme Grognon…
Associée à un mélange de styles des illustrations : bricolages et dessin au trait.
Pour les illustrations de bric et de broc photographiée par Jean-Louis Hess dont on ne se lasse pas… et qui prennent ici une profondeur inédite.
Pour le jeu sur l’objet livre avec le Petit Bonhomme qui tente de tourner une page.
Pour les adresses à Christian Voltz, sommet de mise en abyme.
Pour l’humour, évidemment.
Et parce que le Petit Bonhomme Grognon revient dans Happy End ! et qu’on se régale une nouvelle fois.
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Hélène a eu la chance de rencontrer Christian Voltz en 2024 et de lui faire dédicacer ce livre si amusant sur la confection d’un gâteau par une équipe de pâtissier amateurs.
Un gâteau au goûter… Christian Voltz, L’école des loisirs, 2021.
Pour cette équipe de cuisiniers amateurs qui se donne du mal, de manière bien originale
Pour ce thème du goûter, universel et indémodable
Pour le style d’illustrations caractéristique de Christian Voltz avec collages, fil de fer, boutons…
Pour tous ces ingrédients auxquels on pense trop rarement quand on fait un gâteau (patates, navet, mouches…)
Pour la rencontre touchante entre Monsieur Anatole et Mademoiselle Blanche
Pour la solidarité des animaux voisins qui aident notre prince charmant à cuisiner pour sa dulcinée
Pour la créativité, tant dans le fond de l’album que dans sa forme
Pour les moments simples partagés
Pour la bonne volonté des cuisiniers et la positivité de Mademoiselle Blanche
Pour l’humour qui mène n’importe quelle situation vers un happy end !
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Aussi étrange que cela puisse paraître, dans la mesure où elle apprécie souvent les univers drôles, originaux et décalés, Séverine ne connaissait pas bien les albums de Christian Voltz. Elle en avait lu quelques-uns avec ses deux grands enfants, mais jamais avec la petite dernière. Voilà qui est corrigé, (corrigé, oui, car c’était une grossière erreur) et elle a même eu du mal à choisir, tant les albums qu’elle a découvert l’ont emportée. En voici deux:
Heu-reux ! de Christian Voltz, Editions du Rourgue jeunesse, mars 2016
Pour le titre de l’album qui donne immédiatement le sourire parce qu’il promet le bonheur.
Pour le conte détourné dans lequel le héros à marier n’est pas une princesse.
Pour la fin de l’histoire, même sans le classique « ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’… »!
Pour le souvenir de la publicité du fameux fromage, quand des vaches toutes plus originales les unes que les autres passaient le casting pour incarner la star (qui rit) mais qu’aucune n’avait les qualités requises.
Pour le message d’estime et d’affirmation de soi qu’il délivre.
Pour la fin des préjugés, côté père (finalement, toutes les animales ont leur chance de rendre le prince heureux, pas seulement les vaches)
Pour la fin des préjugés côté prétendantes (finalement, toutes les animales ont leur chance de rendre le prince heureux, même celles qui n’y croyaient pas)
Pour la tolérance et l’ouverture d’esprit autour de l’homosexualité.
Pour le traitement humoristique, à hauteur d’enfant, du droit à aimer qui on veut.
Pour le mariage, et le bonheur, pour tous.
Nous, les hommes, de Christian Voltz, Editions du Rouergue jeunesse, septembre 2010
Pour le clin d’œil à une Coupe du monde de football mythique (et 1 et 2, et 3 à zéro !)
Pour le jeu de mots Hommelettes, qui vaut à lui seul, son pesant de cacahouètes.
Pour les affiches publicitaires typiques que l’on voit encore trop souvent (une femme mise en scène pour vendre des produits aux hommes).
Pour la dénonciation des stéréotypes de genre.
Pour le plaidoyer d’une répartition égalitaire des tâches quotidiennes au sein du couple.
Pour le droit des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent.
Pour le droit des femmes à sortir et s’amuser entre copines, hors du foyer.
Pour la bouille trop mignonne de l’enfant.
Pour les moments de tendresse du père avec son fils, contrairement à son discours viriliste.
Pour la toute dernière image, qui fait fondre.
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Et vous quels sont vos classiques préférés de cet auteur ?
Lorsque les éditions de l’Agrume nous ont proposé de recevoir l’album J’aime pas d’Emmanuelle Bastien, Lucie et Liraloin ont été enchantées d’y voir une potentielle lecture commune, mais aussi de mieux comprendre le travail de cette autrice-illustratrice grâce à une interview.
Vous êtes diplômée des Beaux-Arts de Besançon comment êtes-vous arrivée à la littérature de jeunesse ?
Après les Beaux-Arts, j’ai travaillé comme maquettiste pour la presse sur différents magazines pendant presque dix ans. La littérature de jeunesse m’intéressait déjà beaucoup, après la naissance de ma fille, j’ai repris des études et je suis entrée aux Arts déco (EnsAD, Paris) en formation continue. C’est à partir de ce moment là que les choses se sont concrétisées.
Il y a d’ailleurs de vrais choix artistiques dans vos albums qui ont des techniques d’illustrations très différentes (tampons, gravures, découpes…). Quels critères guident vos choix ?
La technique utilisée pour les images de mes albums est souvent un moteur narratif. C’est le cas avec la gravure pour Bonhomme, sa maison et pluie et pluie, les tampons pour Il était plusieurs fois, ou le pochoir pour l’album italien Archì. Toutes ces techniques permettent de faire des multiples, c’est à dire de reproduire une même image. Pour mon album Bonhomme, sa maison et pluie et pluie, j’ai associé différentes images gravées en les superposant au moment du tirage. J’imprime le personnage, puis j’imprime la pluie : Bonhomme est sous la pluie ; j’ajoute la maison : il est dans sa maison alors qu’il pleut dehors, etc. Ici, les histoires découlent directement de ce jeu d’associations propre à la gravure. Je m’empare des contraintes et des possibles d’une technique pour construire un récit. Chaque technique a ses particularités. Le tampon permet une répétition facile et rapide d’une même image : une tampon « arbre » permettra de dessiner facilement une forêt. Je m’amuse aussi à détourner les formes pour créer de nouvelles images, ainsi la maison peut devenir une fusée ou le corps d’un animal.
Mes derniers albums édités [J’aime, J’irai voir et J’aime pas] n’ont pas d’images imprimées, ce sont les découpes et la superposition des pages qui forment les images. Là, je me suis intéressée de près à l’objet livre et aux pages que l’on tourne. Aucune image n’existe en dehors du livre, c’est le geste du lecteur qui crée l’image. À chaque projet, le moyen employé influence la narration et va me guider vers un type de livre ou bien un autre.
Comme vous l’évoquez, vos derniers albums nécessitent des découpes particulières, comment les concevez-vous et comment travaillez-vous avec la maison d’édition sur cet aspect ?
Pour mes albums à découpes, je fabrique des maquettes, parfois toutes petites, pour éprouver les superpositions des pages. Ensuite, si le projet est satisfaisant, je fais les fichiers vectoriels avec les tracés de découpes pour l’imprimeur. Je travaille avec le même éditeur – Guillaume Griffon des éditions L’Agrume – qui a l’habitude des albums animés et arrive à imaginer un livre à partir d’une petite maquette moche. Il saura me proposer un type de reliure et une fabrication particulière si besoin. Les contraintes techniques liées à la fabrication, comme la solidité de l’objet, son coût ou son épaisseur pour sa place en librairie, entrent aussi en ligne de compte.
Outre les contraintes matérielles, l’âge du lectorat est évidemment a prendre en compte. Quels avantages et contraintes voyez-vous à vous adresser à des tout-petits ? Est-ce un lectorat qui demande une attention particulière ?
Les lecteurs m’intéressent de plus en plus, surtout le double lectorat, puisqu’un album est souvent partagé entre un adulte et un enfant. Ces échanges là et cette expérience partagée m’intéressent particulièrement. Des albums identifiés comme étant pour de jeunes enfants peuvent avoir un public plus large, je pense aux albums sans texte qui captivent certains enfants, peu importe leur âge. J’aime laisser de la place au lecteur, à ses interprétations et le mettre en position de découvreur.
Votre dernier album J’aime pas est une sorte de réponse à J’aime qui était paru 10 ans plus tôt. Pourquoi maintenant ?
En effet, mon album J’aime pas fait écho à J’aime, c’est un livre-anniversaire pour fêter ses 10 ans. Les rencontres et les ateliers ouvrent, pour chaque livre, des champs nouveaux (interprétations, idées, prolongements plastiques…), avec J’aime, nous avons fabriqué des tas d’imagiers de choses rondes. J’apprends beaucoup. Pour chaque livre, je cherche à expérimenter de nouvelles formes, mais l’idée de faire cet album-anniversaire m’amusait et mon éditeur était partant.
Pouvez-vous nous dire sur quels critères vous avez choisi les éléments nommés dans ces deux albums ?
Comme je m’adresse à de jeunes enfants, l’énumération parle du quotidien (la nourriture, le bain, l’environnement, les inquiétudes). Les contraintes techniques organisent aussi le propos. La succession des pages induit les couleurs des ronds, les trous s’appuyant sur les deux pages voisines (la suivante et la précédente) pour se colorer. Et puis, il me faut trouver deux idées pour une même découpe (recto et verso). On doit renoncer à des idées parce qu’elles ne trouvent pas leur place dans l’ensemble.
Proposer des albums découpés, par essence plus fragiles, à des tout-petits est un pari. A-t-il été difficile de trouver un éditeur pour ces projets ?
Au moment de la publication de J’aime et de J’irai voir, le livre pour bébé était en pleine expansion, certains éditeurs étaient friands de ce type de projets. C’est mon éditeur qui m’a proposé de faire de J’aime un tout-carton. Pour J’irai voir, certaines pages, très petites, nous ont obligées à opter pour une autre fabrication.
J’irai voir, Emmanuelle Bastien, L’Agrume, 2019.
On propose souvent aux tout-petits des imagiers pour les aider à nommer ce qui les entoure. Nous avons trouvé que vos albums prenaient un parti différent en les invitant à donner leur avis, ouvrir le regard… ils invitent à un échange adulte-enfant qui n’est plus simplement de l’ordre du « je t’apprends quelque chose ». Est-ce que cet aspect était pensé dès le début de vos projets et pourquoi ?
Finalement les images de J’aime sont abstraites, en les nommant, les mots vont les révéler. Je dis, regarde ces points verts sont des petits pois. Parfois, je décale légèrement en désignant l’ensemble et plus seulement les ronds, comme « l’été » ou« le clafoutis », cela rend l’énumération moins monotone. Et puis, de petites polémiques ouvrent des discussions (« j’aime… le poivre » / « j’aime pas… les bonbons au miel »), car même à trois ans, on est tous différents. Lors de la conception, les choses sont plutôt instinctives et ludiques. Je comprends toujours mieux mes livres, ensuite, grâce aux enfants !
Vous avez été en résidence sur différents projets. Comment se réalisent-ils ?
À Tours avec Livre passerelle, j’ai mené des recherches sur un ensemble de livres pour bébés. Un projet passionnant. Il trouve, aujourd’hui, un prolongement avec la conception d’une exposition pour les tout-petits. Imaginer des espaces, des parcours, des objets-jeux au delà du livre, m’intéresse de plus en plus. Le projet développé à Troyes en 2023 est un album à manipuler où le lecteur à un rôle à jouer, il accompagne le personnage dans sa quête. Cette résidence m’a permis de beaucoup expérimenter et d’explorer de nouvelles pistes narratives, mais ce projet peine à trouver un éditeur. La résidence de création est un moment précieux qui permet de s’immerger complétement dans un projet sans être, sans cesse, interrompue par les multiples autres activités nécessaires à ce métier.
Vous avez conçu des expositions dans le cadre de différentes manifestations. Comment choisissez-vous et travaillez-vous avec les commanditaires ?
Exposer a toujours été délicat : certains de mes livres n’ont aucune image originale, d’autres des originaux minuscules, parfois noir et blanc. C’est pourquoi, je préfère imaginer mes expositions comme la possibilité de nouvelles créations, que ce soit en créant de nouvelles images (exposition « Bonhomme, le Chaperon et pluie et pluie ») ou bien en imaginant des jeux ou des objets à manipuler. L’espace de lecture, la place du livre et l’invitation à le partager sont aussi des aspects passionnants. Pour la restitution de ma résidence à Troyes (exposition « VIDE »), j’ai imaginé et conçu des objets-jeux avec Sylvain Moreau qui les a ensuite fabriqué pour qu’il soit fonctionnels et pérennes, mais ce n’est possible que s’il y a un budget dédié.
Atelier – livre référence J’aime, éditions L’Agrume photo Emmanuelle BastienAtelier à l’école maternelle autour du livre, avec Livre-Passerelle (37) en 2024.
Objets-jeux fabriqués par Syvain Moreau.
Pouvez-vous en dire plus sur votre prochaine publication ?
En ce moment, je travaille sur plusieurs projets. Un album avec une maison qui se déplie et une fillette qui observe et questionne ses grands-parents. La narration est portée par le texte, ce qui renouvèle mon approche texte-images. Un nouveau projet pour les petits est en cours, qui joue sur des images qui se transforment, comme souvent, mais là nous suivrons un personnage !
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Merci à Emmanuelle Bastien d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et d’avoir partagé les photos qui illustrent cet entretien !
Parallèlement, Liraloin et Lucie ont échangé sur ce duo d’albums pour le moins original.
Lucie : Je n’avais pas entendu parler de J’aime, le premier opus d’Emmanuelle Bastien avant de découvrir le communiqué de presse de L’Agrume au sujet de J’aime pas. C’est d’ailleurs toi qui a attiré mon attention sur ce titre. Te souviens-tu pourquoi ?
Liraloin : Oui tout à fait. J’ai fait l’acquisition de J’irais voir publié en 2019 pour le fonds de la médiathèque dans laquelle je travaille. J’apprécie cet album pour son découpage, il fonctionne très bien d’ailleurs. C’est tout naturellement que j’ai accepté la proposition des éditions l’Agrume.
Lucie : J’ai trouvé ces titres très graphiques avec leurs pages en monochrome et les trous, je ne suis pas étonnée qu’ils t’aient tapé dans l’œil. Quel(s) autre(s) parti pris t’ont plu ?
Liraloin : Tu commences à connaître mes goûts en matière de littérature en direction du tout-petit. Ce qui est intéressant ici c’est l’exploitation de l’imaginaire qui fonctionne chez le très jeune enfant. A travers la disposition des trous et selon leurs grosseurs, la couleur va compléter la fonction que l’on veut donner au mot. C’est super intelligent. Pour répondre à ta question je dirais que ce qui me plait c’est comment les pages se répondent jusqu’à la chute.
Lucie : J’ajouterais que c’est aussi une invitation à partager ses goûts. Cet album permet à l’adulte de questionner le tout petit : “et toi, est-ce que tu aimes le shampoing ?” Comme nous le faisions remarquer à Emmanuelle Bastien, ça me semble d’autant plus intéressant qu’à cet âge-là on est beaucoup dans les imagiers qui, même quand ils sont bien faits, peuvent être pris comme un support pour travailler le vocabulaire. Ici on est plus dans l’échange, le dialogue, la lecture-plaisir.
Liraloin : Qu’est-ce que tu as le plus aimé dans cet album, qui est aussi valable pour le premier opus J’aime ?
Lucie : Sur le fond j’ai aimé cette invitation à l’échange, sur la forme j’ai admiré la conception avec l’enchaînement des couleurs en lien avec les éléments. Très bien pensé ! Et toi ?
Liraloin : Ce que j’apprécie le plus c’est cet enchaînement naturel qui s’ouvre et invite le tout-petit à observer une notion qui peut paraître abstraite au premier abord. Emmanuelle Bastien en parle très bien. Mais, au contraire, l’abstrait, comme tu le dis plus haut, invite au dialogue et à l’échange. Est-ce que tu as eu l’occasion de découvrir les autres titres de cette autrice ?
Lucie : Je n’ai pas encore pu lire les albums illustrés avec des tampons mais je vais tenter d’y remédier car Emmanuelle Bastien a attisé ma curiosité. Cependant, après la lecture de ces deux titres je me suis procuré J’irai voir. Tu as raison, il fonctionne très bien et m’a beaucoup plu. J’ai adoré la succession des paysages et l’invitation au voyage, pas si fréquente dans les albums à destination des tout-petits. Les découpes sont extra.
Mais je me rends compte que les petits trous sont aussi très adaptés pour les petites mains. Le toucher est un sens vraiment important à cet âge là et je ne doute pas que les enfants apprécient de sentir ces creux. D’ailleurs j’adore l’idée d’en faire des grands panneaux que les enfants peuvent explorer. As-tu eu l’occasion de vérifier ce sentiment lors d’animations avec des petits ?
Liraloin : Oui, j’ai eu l’occasion de lire ce titre lors d’une animation. Les bébés et leurs accompagnantes ont très bien réagi. Plus tard, les assistantes maternelles m’ont fait un bon retour sur ce titre si original. Sinon j’ai l’occasion de lire des livres dont la particularité est le toucher et c’est surprenant comme les enfants sont dans la répétition et cela même dans la lecture. Lors de mes diverses animations en direction des 0-3 ans que ce soit en crèche ou à la médiathèque je me fais toujours un malin-grand plaisir à lire des ouvrages qui leur donnent envie de toucher. J’aime lire et faire toucher les livres du coffret des “Pré-livres” de Bruno Munari qui est un des premiers auteurs-illustrateurs à avoir créé des ouvrages dans ce sens tout comme j’aime leur montrer les livres de Komagata “little-eyes”. D’ailleurs Lucie Félix fait souvent référence à ces deux auteurs lorsqu’elle parle de ses créations. “Coucou” de Lucie Félix fonctionne très bien car ce genre de livre stimule non seulement le toucher mais aussi invite au jeu, à la devinette. Lorsque je lis “Coucou” par exemple, je le déplie autour du bébé par terre qui rampe ou non, je touche les matières et l’enfant même tout petit (6 mois…) va faire de même, il est dans l’imitation. La transparence invite à jouer à “caché-coucou”, c’est très drôle à faire ! J’ajouterais aussi, dans le cas du livre d’Emmanuelle Bastien, la couleur tient une place importante. Lorsqu’elle fait référence aux noyaux de cerise en employant ce rouge si délicieux ou encore les yeux ronds du chien du voisin qui va faire réfléchir l’enfant…
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Merci à Emmanuelle Bastien et aux éditions l’Agrume. Nous espérons que cet article vous donnera envie de dévaliser vos librairies et médiathèques préférées afin d’y dénicher tous ces livres indispensables à l’éveil de nos tout-petits !
Comment ça le printemps ne pointe pas encore le bout de son nez ? La pluie nous rend marteau heureusement que la lecture adoucit notre quotidien. Voici des livres aimés pour mieux vous conseiller !
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Pour Liraloin, c’est une lecture à voix haute qu’il faut retenir ce mois-ci, un texte mis en scène par des illustrations qui montrent encore une fois toute l’originalité de cette maison d’édition qu’est le Rouergue.
Droméo et Chuliette de Marcus Malte et Henri Meunier, Le Rouergue, 2025
Ces deux-là ne sont pas faits pour se rencontrer. Quel point commun peut-on trouver entre Droméo, pianiste né au (bon) endroit où les palissades protègent (sans doute) des autres (mal intentionnés ?) et Chuliette née au (mauvais) endroit vivant dans une tour, jouant des heures à Fornite (faut bien tuer ce temps) ? Est-il si énorme ce point d’interrogation, chère spectatrice, cher spectateur : quel point commun ? L’Amour bien sûr, celui qui ne fait aucune différence entre le thé chaud et la citronnade. L’Amour, celui qui n’a pas de (frontière) tout comme ce bon vieux bus 53 traversant côté cour et côté jardin.
Suivre l’écriture en vers de Marcus Malte c’est déclamer à voix haute cette histoire où la tragédie n’est que toile de fond.
« Mes pensées sont amères
La faute à Dromadaire
Mon cœur dans un étau
C’est la faute à Chameau »
On veut y croire à cet amour, cette vie sans Droméo et Chuliette ne peut exister sans la pincée d’espoir qui est semée tout le long de cette histoire. De son dessin minimaliste, Henri Meunier entre dans le secret du cœur de nos deux jeunes héros, donne des indications scéniques sur cet amour (contrarié), allège nos peurs et nous rend optimiste face aux obstacles.
La chronique de Séverine ICI et celle de Lucie LÀ.
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Pour Séverine, l’un des gros coups de cœur du mois de février, c’est le dernier recueil de poésie de Carl Norac, illustré par la grande Anne Brouillard. Ces deux géants de la littérature jeunesse avaient un poème à lui dire, elle les a écoutés attentivement. Et leur poème, tour à tour délicat, aérien, drôle, sensible, lumineux, lui a raconté l’enfance et ses possibles, l’enfance et sa générosité, l’enfance et son émerveillement. Il lui a aussi dit les arbres et la mer, la liberté de la mésange, le secret de la mangrove, la valse des jours et des saisons, la nécessité de prendre son temps pour grandir, il lui a chanté une berceuse pour s’endormir. Il n’a pas répondu pas à toutes ses questions mais il a libéré son imagination. Il lui a dit ni barrière ni frontière, ce sont des lames qui coupent les ailes des enfants (ou les pattes de l’araignée), il l’a invitée à la complicité, la solidarité, la tolérance et le respect, il a cultivé sa bonne humeur, sa joie et sa légèreté, en jouant avec les mots. Il lui a dit tant et tant, à découvrir. Oui, ce poème avait décidément de très beaux vers à lui offrir.
J’ai un poème à te dire, de Carl Norac, illustré par Anne Brouillard, L’école des loisirs, 2026
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Ce sont deux publications fort différentes de Flammarion qui ont tapé dans l’œil de Lucie ce mois-ci.
Alors qu’elle s’apprête à aller voir l’adaptation théâtrale de L’ennemi avec ses élèves, Lucie est tombée sur cet autre album dénonçant l’absurdité de la guerre. Avec son trait si reconnaissable, un humour décapant, des découpes mais sans aucun texte, Olivier Tallec met en scène deux ennemis que tout oppose… vraiment ?
Le parallèle entre le quotidien des deux soldats montre évidemment plus de points communs que de différences (et celles-ci sont très amusantes), et la chute est un sommet d’ironie. Indispensable !
Lucie aime beaucoup la plume de Marie Pavlenko, mais elle a traîné à lire ce roman en raison de la mention de drames dans le résumé qui, associée à cette couverture rouge n’annonçait pas une lecture facile. Et la vie de Rita est en effet une succession de tragédies. Heureusement, ce roman choral est aussi porté par des personnages attachants et lumineux. Construit autour des témoignages des proches de cette jeune fille, il montre que l’on ne connaît jamais vraiment les gens et révèle progressivement l’ampleur des difficultés auxquelles Rita doit faire face au quotidien. Si elle regrette un peu le côté voyeur du suspens autour de la révélation, Lucie a beaucoup aimé suivre le cheminement des différents personnages.
Héloïse (Helolitla) a craqué pour le dernier roman ado de Maëlle Desard, Infiltrée dans la Cupidon Squad. Un roman plein d’énergie et de surprises.
Au programme ? Des Cupidons, infiltrés parmi nous. Lorsque Rebecca découvre que sa meilleure amie est en une, sa vie bascule, et la voilà qui doit affronter tout un tas de situations rocambolesques.
Amour, humour, rebondissements et secrets bien gardés dans ce premier tome qui donne le sourire. C’est foufou, c’est drôle, pétillant, bref, Héloïse a fondu devant cette histoire et ses personnages attachants.
Infiltrée dans la Cupidon Squad de Maëlle Desard, Rageot, 2026
Côté albums, c’est Le fabuleux club de lecture du bus 65 qui a charmé Héloïse et ses enfants. Le pitch : une enfant qui prend le bus comme tous les jours… et y rencontre de surprenants lecteurs.
Héloïse a un faible pour les livres qui parlent de livres, et celui-ci l’a conquise tant pour ses douces illustrations que pour ses beaux messages. Ode à la lecture et au partage, à l’amitié, il propose une douce parenthèse, un peu magique et enchantée, dans la grisaille du quotidien.
Le fabuleux club de lecture du bus 65, de Céline Person, illustré par Sanoé. Ed. Kaleidoscope, Septembre 2025.
Hélène pour sa part souhaitait vous présenter deux albums et un petit roman qui sont se sont particulièrement distingués dans ses lectures de février.
C’est tout d’abord Le jardin des fées de Georgia Buckthorn et Isabella Mazzanti qui lui a beaucoup plu puisqu’elle a un faible pour les histoires de fées et que celle-ci est particulièrement réussie grâce à ses illustrations très colorées mais surtout au récit.
Mimi rêve de rencontrer des fées et fait tout ce qu’elle peut pour rendre son jardin le plus accueillant possible. Sauf que ce qu’elle croit par-fait… Ne l’est pas toujours pour les fées. Elles se sentent mieux dans un jardin plus sauvage, où elles peuvent se faire des lits de feuilles et côtoyer les limaces… Une ode à la nature et à la liberté.
Le jardin des fées, de Georgia Buckthorn et Isabella Mazzanti, Editions Gauthier Languereau, février 2024
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Un second album trouvé par hasard à la bibliothèque est devenu un coup de coeur à la première lecture, il s’agit de Billie et la petite banshee.
Ce titre fait découvrir au lecteur la mythologie irlandaise et les créatures surnaturelles que sont les banshee et qui sont chargées d’annoncer aux humains l’imminence de leur mort. Pour Billie, la première personne qu’elle voit en sortant de son cocon est une petite fille, Rose, à laquelle elle va s’attacher… Et cette fois cela ne se passera pas exactement comme d’habitude. Une manière très poétique d’aborder la mort et les traditions qui y sont liées, et une plongée très plaisante dans les légendes irlandaises, un univers tout à fait à part.
Billie la petite banshee, Eoin Colfer et Steve McCarthy, Pastel, octobre 2025
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Enfin, un petit roman à destination des enfants de fin de primaire a retenu l’attention d’Hélène. Parue à partir de 2021, la série La vie de château a rencontré un certain succès et ce fut un plaisir d’en découvrir le premier tome.
Violette, dont les parents sont morts, doit aller vivre au château de Versailles chez Régis, un oncle dont elle n’a pas un très bon souvenir (elle le surnomme Régis-le-Puant, c’est vous dire !). Les relations sont effectivement très difficiles au début mais finalement, ces deux personnages que tout oppose s’aideront mutuellement. Une situation de départ tragique, une rencontre entre deux personnages que tout oppose, de l’humour malgré tout, bref les bases d’une série dont on a envie de suivre les personnages attachants !
la vie de château de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’Limi, Ecole des loisirs, collection : Médium, 2021
Et vous, quels titres ont accompagné votre mois de février ?
Parce que nous sommes blogueuses de littérature jeunesse mais aussi mamans et, pour certaines, enseignantes, nous avons eu envie de recenser les ouvrages pouvant accompagner les enseignants dans la mise en place de ce nouveau programme. Documentaires, albums, premières lectures ou romans, nous les avons classés selon les entrées du programme pour faciliter leur utilisation. Nous avons tenté d’être le plus exhaustives possibles pour que chacun et chacune puisse trouver les supports qui convient le mieux.
Merci aux attachées de presse qui nous ont aidées à élaborer cette liste : Annick Antoniazzi (Éditions du Pourquoi pas ?), Sophie Bès de Berc (éditions Milan), Gilberte Bourget (L’agrume / Syros), Louise Brouilhet (Didier Jeunesse), Amandine Byrotheau (Rue du monde), Abélia Catty (Little Urban), Cécile Emeraud (Voce Verso), Emma Georges (Casterman), Célia Giglio (Pocket Jeunesse / Slalom), Manon Lalouelle (L’école des loisirs), Anaïs Malherbe (Sarbacane), Amélie Müller (Editions de l’Isalis), Yves Nadon (Editions d’Eux), Audrey Sauser (Editions du Ricochet), Elisabeth Tielemans (agence Mauvaise Herbe) et Valéria Vanguelov (Grasset jeunesse).
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Ouvrages de littérature jeunesse
Nommer les différentes parties du corps.
• Mon corps à moi !, Elise Gravel, Gautier-Languereau, 2023. • J’aime mon corps, Nikki Luna, Julienne Dadivas, éditions Bayard jeunesse. • Zizis et Zézettes, Camille Laurans, Jess Pauwels, Editions Milan, 2017. • Ma sexualité de 0 à 6 ans, Jocelyne Robert, éditions de l’Homme, 2016. • L’imagier qui tourne pas rond : le corps, Élo, Sarbacane, 2022. • Cachatrou c’est ma bouche, Jeanne Ashbé, L’école des loisirs, 1996. • Mon cœur est un petit moteur qui démarre avec de l’amour, Alex Cousseau, Charles Dutertre, Le Rouergue, 2021. • Loup, Olivier Douzou, Le Rouergue, 1999. • Les corps-paysages, Manon Galvier, Editions du Cosmographe, 2020.
Prendre conscience de ce qu’est l’intimité : les parties intimes du corps ; les espaces d’intimité ; les mots, les gestes et les conduites associés.
• C’est MON corps !, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2025. • Mon corps est un trésor, Florence Dutruc-Rosset, Bayard Jeunesse, 2024. • Chat ! de Claire Garralon, éditions Talents Hauts, 2021. • La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018. • Chez moi, Eve Gentilhomme, Voce verso, 2023. Fiche pédagogique téléchargeable grâce à un QR code à l’intérieur de l’album • Libre comme l’air, Jennifer Yerkes, Editions du Cosmographe, 2020.
Développer sa connaissance de soi.
• Je suis une patate, Ziggy Hanaor, Elliot Kruszynski, Seuil Jeunesse, 2025. • Qui suis-je ?, Stéphane Servant, Aurore Petit, Didier Jeunesse, 2024. • Et toi ?, Alex Sanders, EDL, 2009. • Grande !, Aurore Petit, Les Fourmis rouges, 2024.
Identifier les espaces où chacune et chacun a droit à son intimité par rapport aux adultes et aux autres élèves.
• La porte, Michel Van Zeveren, L’école des loisirs, 2008. • Le bain de Madame Trompette, Jill Murphy, Mijade, 2015. • Un câlin ?, Bernard Duisit, Olivia Cosneau, Hélium Editions, 2022 (livre pop-up)
Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Développer la capacité de s’affirmer par le consentement et le refus.
• La famille Ohé : C’est lui !, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2013. • Faut savoir dire non !, Agnès Rosenstiehl, Albin Michel, 2023. • Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !, Thierry Lenain, Stéphane Poulain, Les 400 coups, 2000. • Ça suffit les bisous !, Mayana Itoïz, Jean-Pierre Kerloc’h, Pascal Bruckner, Glénat, 2016. • Le livre qui dit non, Ramadier et Bourgeau, L’école des loisirs, 2019. • J’ai le droit de dire “non !”, Ophélie Célier, P’tit Kiwi, 2021. • Le petit livre qui dit “non !”, Swann Meralli, Glénat, 2015. • Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !, Thierry Lenain, Les 400 coups, 2020. • La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018.
Développer la capacité de respecter le refus de l’autre
• J’ai le droit de dire non, Ophélie Celier, Thomas Piet, Fanny Vella, Petit Kiwi. • La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Geneviève Després, Fondation Marie Vincent, 2018. • Attrap’bisous, France Quatromme, Christine Davenier, L’école des loisirs, 2022. • Hervéne veut pas partager, Steve Small, Sarbacane, 2025.
Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Comprendre qu’une activité ou un métier peuvent être choisis indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction des compétences requises et de l’envie de l’exercer.
• Bravo maman manchot !, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2022. • Papoulpe, Emile Jadoul, L’école des loisirs, 2021. • Chevalier Chouette, Christopher Denise, Kaléidoscope, 2023. • Chevalier Chouette et la petite oiselle, Christopher Denise, Kaléidoscope, 2025. • À quoi tu joues ?, Marie-Sabine Roger, Anne Sol, Sarbacane, 2009 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur). • Fille, Garçon, Hélène Druvert, Saltimbanque éditions, 2021. • Fleur-de-Cactus et Castor-Têtu, Jean Leroy, Audrey Poussier, L’école des loisirs, 2017. • Les filles peuvent le faire… aussi, Sophie Gourion, Isabelle Maroger, Günd, 2019. • Les garçons peuvent le faire… aussi, Sophie Gourion, Isabelle Maroger, Günd, 2019.
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À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Se connaître, vivre et grandir avec son corps
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Nommer les différentes parties du corps.
• Comment fabriquer un grand frère ?, Anais Vaugelade, L’école des loisirs, 2016. •Corps, amour, sexualité : les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Charline Vermont, Albin Michel, 2022.
Découvrir ce qu’est une grossesse et la naissance.
• Bébé, Helen Oxenbury • Am Stram Graine, Anne-Catherine Le Roux, Le Pommier, 2019. • Le ventre de ma maman, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2011. • Le Mystère des graines à bébé, Serge Tisseron, Aurélie Guillerey, Albin Michel Jeunesse, 2014. • Un poisson dans le bidon, Davide Sire Magali Le Huche, Sarbacane, 2015 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur). • Et dedans, il y a, Jeanne Ashbé, Ecole des Loisirs, 1997.
Découvrir et identifier ses émotions (quatre des émotions de base : joie, tristesse, peur, colère), ses sentiments et les reconnaître quand on les ressent.
•Dans mon petit coeur, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2013. • Le livre de mes émotions, Stéphanie Couturier, Maurèen Poignonec, Pocket Jeunesse, 2017. • Parfois je me sens…, Anthony Browne, L’école des loisirs, 2018. • La couleur des émotions, Anna Llenas, Quatre fleuves, 2014. • Dans mon corps, Mijana Farkas, La joie de lire, 2018. • Les émotions ça chahute un peu, beaucoup, énormément, Rhéa Dufresne, éditions du Ricochet, 2016. • Aujourd’hui je suis…, Mies Van Hout, Minéditions, 2011. • Beaucoup de beaux bébés, David Ellwand, L’école des loisirs, 2009. • Kumo la petite nuée timide, Kyo MacLear, Editions de l’Isatis, 2025.
La colère • Je déteste tout !, Sophy Henn, Saltimbanque, 2025. • La petite mauvaise humeur, Isabelle Carrier, Bilboquet-Valbert, 2011. • La colère de Zélie, Ella Charbon, L’école des loisirs, 2024. • Grosse colère, Mireille d’Allancé, L’école des loisirs, 2000. • Les colères de Simon, Ian de Haes, Alice Jeunesse, 2016. • Le garçon de feu, Sarthak Sinha, Editions du Ricochet, 2025. • Le livreen en colère, Cédric Ramadier, Vincent Bourgeau, Ecole des loisirs, 2016.
La peur • Pas de panique, petit crabe, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2021. •Mes petites peurs, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2015. • Mousse, Estelle Billon-Spagnol, Talents hauts éditions, 2020. • Barnabé n’a peur de rien, Gilles Bizouerne, Béatrice Rodriguez, Didier Jeunesse, 2021. • Bébés chouettes, Martin Waddell, Patrick Benson, L’école des loisirs, 2015. • Hou Hou, Georgette, Tourbillon, 2024. • Le livre qui a peur, Cédric Ramadier, Vincent Bourgeau, Ecole des loisirs, 2018.
La tristesse • Bienvenue tristesse, Eva Eland, Les éléphants 2019. • Les larmes, Sibylle Delacroix, Bayard Jeunesse, 2019.
La joie • Joie, Lotta Olsson, Emma Adbåge, Cambourakis, 2022. • Dans mon sourire, Jo Witek, Christine Roussey, 2021. • J’aime, Emmanuelle Bastien, L’agrume, 2015 (peut être utilisé en dyptique avec J’aime pas, Emmanuelle Bastien, L’agrume, 2025).
Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Définir la notion de confiance.
• Il était une fois la corne des licornes, Beatrice Blue, Little Urban, 2019. • Le projet Barnabus, The Fan Brothers, Little Urban, 2020.
Définir un adulte de confiance comme étant un adulte à qui on peut parler et qui est susceptible d’apporter une aide et avec qui on se sent bien (école, famille, environnement médical, sportif, etc.).
• Un peu perdu, Chris Haugthon, Thierry Magnier, 2013. • Qui s’occupe de Martha ?, Emmanuelle Toussaint, Cécile, Utopique, 2024. • Hekla et Laki, Marine Schneider, Albin Michel Jeunesse, 2022.
Identifier un adulte de confiance.
• Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022. • La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018.
Savoir qu’il existe des comportements interdits même avec un adulte de confiance.
• Te laisse pas faire !, Jocelyne Robert, Editions de l’Homme, 2019. • Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022. • Petit Doux n’a pas peur, Marie Wabbes, La Martinière jeunesse, 2015.
Distinguer ce que l’on peut garder pour soi ou entre enfants (un secret), d’une situation de danger ou de violence qu’il est important de partager avec un adulte de confiance.
• La Princesse sans bouche, Florence Dutruc-Rosset, Bayard Jeunesse, 2020. • Le loup, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2021. • Mô-Namour, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2011. • Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022. • Petit Doux n’a pas peur, Marie Wabbes, La Martinière jeunesse, 2015.
Renforcer son attention à ses sensations.
•Si j’étais un oiseau, Barroux, Little Urban, 2025. •Tortue-Express, Sandra Le Guen, Maurèen Poignonec, Little Urban, 2021. • Le monde t’appartient, Riccardo Bozzi, Olimpia Zagnoli, Grasset jeunesse, 2014. • Ma boîte à petits bonheurs, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2014.
Savoir demander de l’aide pour soi ou pour les autres.
• Presque perdu, Chris Haugthon, Thierry Magnier, 2011. • Petit Doux n’a pas peur, Marie Wabbes, La Martinière jeunesse, 1998. • Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022.
Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Prendre conscience qu’il est possible d’acquérir et de développer des compétences diversifiées, quel que soit son sexe.
• Bravo maman manchot !, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2022. • Les animales, Fred L., Talents Hauts éditions, 2021. • Fille, Garçon, Hélène Druvert, éditions Saltimbanque, 2021. • Maman Robot, Zidrou, Sébastien Chebret, Sarbacane, 2018. • Vive la danse, Didier Lévy, Magali Le Huche, Sarbacane, 2016 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur). • Étrange et fabuleuse Henriette, Héloïse Solt, Little Urban, 2025. • À quoi tu joues ?, Marie-Sabine et Anne Sol Roger, Sarbacane, 2018. • Ou alors pompier…, Hubert Ben Kemoun, Rue du Monde, 2013. • Poussins, Poussines : une histoire de poussin.es, Laurent Caldon, Père Fouettard, 2024.
Appréhender, comprendre et respecter les différentes structures familiales à partir de ce que l’élève a observé dans son environnement proche à cet âge.
• L’amour en poche, Eric Sanvoisin, Editions du Pourquoi pas ?, 2024. • Familles, Georgette, Didier Jeunesse, 2020. • Pomine & Pomette, Praline Gay-Prara, Lauranne Quentric, Didier Jeunesse, 2024. • Bonjour, facteur, Michaël Escoffier, L’école des loisirs, 2012. • Un air de famille, Béatrice Boutignon, Le Baron perché, 2013. • Tango a deux papas, et pourquoi pas ?, Béatrice Boutignon, Le Baron perché, 2014. • Toutes les familles de mon village, Ophélie Célier, P’tit Kiwi, 2021. • Une famille c’est une famille, tout simplement, Sarah O’Leary, Qin Leng, Les Arènes, 2022. • Le papa qui avait 10 enfants, Bénédicte Guettier, Casterman, 2014. • Adelphina, une enfant de l’amour, Valérie Dumas, Editions du Cosmographe, 2025.
Développer des liens sociaux (aller vers l’autre, entrer en relation, etc.).
• Demain, c’est moi qui commande !, Jörg Mühle, Pastel, 2025. • Deux pour moi, Un pour toi, Jörg Mühle, Pastel, 2019. • La Machine à câlins, de Scott Campbell, Little Urban, 2025.
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À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés
Se connaître, vivre et grandir avec son corps
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Identifier ses émotions et sentiments et celles des autres.
• La couleur des émotions, Anna Llenas, Quatre Fleuves, 2014. • Devine qui ?, Jarvis, Milan, 2016. • Roméo et Juliette, Mario Ramos, L’école des loisirs, 1999. • Nous les émotions, Tina Oziewicz & Aleksandra Zając, La partie, 2021. • Un drôle de truc pas drôle, Giulia Sagramola, Le Rouergue, 2019. • Après la pluie, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse, 2023.
Prendre conscience de la différence de sensations selon les personnes et du fait qu’un même événement n’engendre pas la même réaction.
• Gare à tes noisettes !, Sébastien Chebret, Géraldine Collet, Mijade, 2020.
Communiquer de façon efficace et constructive.
• La famille Ohé, C’est lui !, Oliver Jeffers, L’école des loisirs, 2013.
Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Identifier différents types de sentiments (par exemple, l’amitié, l’amour).
• A & B, Sara Donati, Rouergue, 2024. • Serpent bleu, serpent rouge, Olivier Tallec, Pastel, 2025. • Petit-Bleu et Petit-Jaune, Leo Lionni, L’école des loisirs, 1979. • Un meilleur meilleur ami, Olivier Tallec, Pastel, 2023. • Mouette et Chouette, Sandra Le Guen, Julien Arnal, Little Urban, 2024. • L’amour, Georgette, Didier Jeunesse, 2022.
Définir et prendre conscience de ce qu’est l’amitié.
• Memphis et Renard, Pascale Poussin, 400 coups, 2023. • Noël au printemps, Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse, 2019. • Chicorée et la fête de l’arbre d’or, Claire Leboug, Mickaël Jourdan, Ecole des loisirs, 2025.
Développer des liens sociaux positifs (par exemple, aller vers l’autre, entrer en relation, nouer des amitiés).
• Ensemble, Emilie Chazerand, Amandine Piu, Editions de la Martinière, 2024. • Le Grand livre des Supergentils, Rocio Bonilla, Père Fouettard, 2025. • Dans les yeux de Nawang, Jean-François Chabas, Clotilde Perrin, 2019. • Bredouille, Agnès Domergue, Grasset jeunesse, 2025.
Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable
Notions et compétences
Ouvrages de littérature jeunesse
Identifier les ressemblances et les différences physiques entre les filles et les garçons.
• La plus belle des moutardes, Isabelle Mignard, Coralie Saudo, Cache-Cailloux, 2016. • Camille ou Camille ?, Marizabel, Séverine Duchesne, Cache-Cailloux, 2016. • Fille, Garçon, Hélène Druvert, Saltimbanque éditions, 2021. • Alice numéro 10, Camille Camillon, Mango, 2025. • Lotte fille pirate, Sandrine Bonini, Audrey Spiry, Sarbacane, 2014 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur). • Les Choukachics Magiques, Émilie Chazerand, Aurélie Guilleret, Sarbacane, 2018. • Princesse Kevin, Michaël Escoffier, Roland Garrigue, Glénat 2018.
Décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses paroles et de ses actes sur les autres.
• Noli qui dit non !, Antje Damm, Rue du Monde, 2025.
Différence • La petite casserole d’Anatole, Isabelle Carrier, Bilboquet, 2009. • Petite tâche, Lionel Le Néouanic, Les grandes personnes, 2011. • Je suis moi et personne d’autre, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2024. • Toto, Hyewon Yum, Les éditions de l’éléphant, 2025. • Elle est où ta jambe, James Catchpole, Karen George, Editions d’Eux, 2025.
Développer l’empathie et des relations sociales constructives (comportements tels que la collaboration, la coopération, l’entraide).
• La Brouille, Claude Boujon, L’école des loisirs, 1989. • La famille Ohé, Le nouveau pull-over, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2012. • Y’a plus de place, Malika Doray, L’école des loisirs, 2014. • Juste un petit bout, Emile Jadoul., L’école des loisirs, 2004. • L’agneau qui ne voulait pas être un mouton, Didier Jean, Zad, Syros, 2003.
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Et vous, quels livres utilisez-vous pour aborder ces sujets avec vos enfants ou vos élèves ?
Parmi les auteurices qui nous marquent durablement, il y a Jo Witek. Autrice protéiforme, elle écrit tant des albums que des romans noirs, ou des chroniques adolescentes décapantes. A l’ombre du grand arbre, on aime son engagement, sa capacité à dépeindre les émotions adolescentes. Petit florilège des ouvrages qui nous ont touchées.
De nombreux romans de Jo Witek ont marqué Héloïse. Elle aime ses romans pour ados, comme la série Mentine, ou Récit intégral (ou presque)… Elle adore ses romans policiers, Rêves en noir, Peur Express, ou encore Un hiver en enfer. Elle a été bouleversée par J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais puisqu’il faut choisir, elle a opté pour J’entends des pas derrière moi, et son format court et percutant.
J’entends des pas derrière moi, de Jo Witek. Nathan, coll. Court toujours, 2021
J’entends des pas derrière moi… C’est la nuit, je suis seule. J’ai peur, j’angoisse. Le moindre bruit me fait sursauter. A tort ? Ou à raison ? Sans pouvoir rien contrôler, ma tête se remplit d’images, toutes plus horribles et stressantes les unes que les autres. est-ce un bruit de pas que j’entends ? Homme, ou femme ? Ami, ou ennemi ?
J’ai peur. Il fait nuit, je suis seule. Vais-je réussir à rentrer chez moi ? Par où passer ? Quel trajet est « sûr » ? Y a-t-il quelqu’un qui guette, dans le noir ? Et si…, et si ?
D’où me viennent ces idées, pourquoi ne puis-je les contrôler ? Pourquoi le fait d’être une jeune femme, seule, la nuit, est-il si effrayant ?
« J’en ai marre de passer pour une dingue alors que c’est le monde dans lequel je vis, qui est malade. »
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Le choix de Lucie
Difficile de choisir, tant d’histoires de Jo Witek semblent essentielles ! Mais Lucie a une tendresse particulière pour les titres publiés chez Actes Sud junior aux couvertures illustrées par Olivier Tallec. Et ne pas parler de Momo, dont la situation est bien plus fréquente qu’on ne le croit, était inenvisageable. C’est donc sur Y a pas de héros dans ma famille ! que son choix s’est porté.
Y a pas de héros dans ma famille !, Jo Witek, Actes sud junior, 2017.
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Le choix de Liraloin
Liraloin a choisi un roman publié en 2021, J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle. Une réalité crue et tellement d’actualité, hélas … Pour cet exercice qu’est la découverte d’une autrice ou d’un auteur essentiel(le), Liraloin a choisi d’écrire sous forme de témoignage en reprenant des passages de cette histoire inoubliable.
J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Actes Sud Junior, 2021
Efi raconte ce qui lui est arrivé, il y a quelques années …
« Lorsque je reviens chez moi, je suis heureuse comme peut l’être une adolescente de mon âge à l’idée de revoir ma famille. Mais les miens ont la mine grave : « Mon retour ne se déroule pas vraiment comme je l’avais imaginé. Après la lecture du carnet, ma mère me félicite pour mon bon comportement général. Rien sur mes résultats. Je comprends que cela ne compte pas, que cela ne compte plus, et cette nouvelle indifférente m’effraie autant qu’elle me révolte. »
Ne plus se déplacer, s’amuser comme « avant » et qu’est-ce que c’était au juste « avant » ? Ma mère m’incite à me comporter comme une nubile devrait être : soumise, baissant le regard.
Et mon père qui décide de me marier dans moins de trois semaines. Je ne comprends plus rien, paralysée par cette nouvelle je décide d’écrire ce qui m’arrive :
« J’avais compris ; on allait me marier. A ce moment dans ma tête, la guerre a éclaté. Seule sur ma paillasse, j’ai vu des centaines d’images défiler. Le meilleur comme le pire de l’humanité. J’ai vu des bombes, des morts, des injustices, des pierres sur les corps des femmes et des enfants, des hommes enchaînés, des femmes immolées, j’ai vu le monde tel qu’il est, tel qu’il me déplaît et que grâce à internet je sais que je peux changer. J’ai vu le meilleur, le progrès, tout ce qui depuis que je vais au collège me fait rêver. J’ai vu des femmes dignes, fières et libres de choisir leur destin, leurs amours, leur chemin. J’ai vu des astronautes, des écrivaines, des cheffes de gouvernement, des avocates, des scientifiques, des agricultrices, des ingénieures et des marches pacifistes pour défendre l’injustice. Sur ma paillasse, alors que mes parents réglaient avec les étrangers les formalités de mon avenir emprisonné, j’ai ouvert la fenêtre qui donne sur la planète et je me suis fait la promesse de ne jamais laisser personne la refermer. Je suis une fille éclairée et jamais je ne pourrais vivre dans l’obscurité. Ma tête a dit non. Mon corps a dit non. Mes rêves ont dit non. »
Je m’accroche à ces quelques vers appris lors de mes études pour ne pas sombrer dans la folie : « C’est un poème de femme. Le cri d’une empêchée. Je suis personne ! Qui êtes-vous ? Etes-vous – personne – aussi ? Alors faisons la paire ! Silence ! on nous chasserait – vous savez ! » (Poème d’Emily Dickinson).
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Le choix de Séverine
A l’occasion de ce billet, Séverine s’est replongée avec délice (et une pointe de nostalgie) dans la série d’albums à découpes illustrés par Christine Roussey, chez La Martinière Jeunesse, qu’elle lisait avec ses aînés, d’abord, puis sa plus jeune fille quand elle était toute petite. Dans mon petit cœur, Dans mon sourire, Le ventre de ma maman, Les bras de Papa, Mes petites peurs, et bien évidemment Sous mon arbre 😉! L’univers poétique et doux qu’elles acréé autour des émotions du jeune enfant, tendre, mais sans niaiserie, est un très bel exemple de ses collaborations avec des illustrateur.ices de grand talent, au service de l’enfance. C’est sous la forme d’un poème que Séverine voudrait lui rendre hommage.
Comme l’ont souligné les autres Arbronautes, Jo Witek a une bibliographie très conséquente, allant de la prime enfance à la grande adolescence. Parmi tous ses livres, le choix de Blandine a été une évidence : le premier qui lui a permis de découvrir Jo Witek, Un jour j’irai chercher mon prince en skate.
Un jour j’irai chercher mon prince en skate. Jo WITEK. Actes Sud Junior, 2013
Ça n’a l’air de rien peut-être aujourd’hui, Mais pour elle ça voulait dire beaucoup, ceci : Inversement des mots et des images Pour un dialogue non genré, surtout moins sage
« Elle ira chercher son prince en skate » Elle, c’est Fred, dans un titre au rythme sec. A l’instar de Diane sa tante, elle veut être libre Elle se revendique « célibre »
A Clémence, les perspectives changent, Pour d’autres, son démon devient un ange, Et elle se débat dans ses contraires émotions
On lui avait dit, « c’est comme ça la vie » entre secrets de famille et contes en féérie Elle comprend surtout que c’est à elle de se faire son propre avis !
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Le choix d’Hélène
Trop tôt, Jo Witek, Talents Hauts Editions, 2015
Hélène a lu ce titre il y a quelques temps pour la préparation de cet article. Il représente bien l’oeuvre de Jo Witek, qui traite de beaucoup de sujets de société, notamment concernant les femmes.
Ici, c’est l’interruption volontaire de grossesse qui est abordée, au travers de l’histoire de Pia, une jeune femme qui suit sa cousine en boîte de nuit pendant les vacances. A quinze ans, elle veut séduire et elle y parvient. Elle passe une partie de la nuit avec Nathan avec qui elle a sa première relation sexuelle.
Quelques semaines après le retour de vacances, le retour à la réalité est rude puisque la jeune fille s’aperçoit qu’elle est enceinte… Elle fera le choix de l’avortement, soutenue par sa mère. Les réactions des personnages sont très réalistes et le roman est clair sur ce qui se passe, tout en restant délicat sur ce sujet difficile et les sentiments qui traversent l’héroïne. Le ton n’est ni jugeant ni victimisant envers elle, et peut faire de ce titre un bon outil de prévention, par le biais de la fiction.