ALODGA s’engage : Prix UNICEF 2026

Cette édition 2026 marque les 10 ans du Prix UNICEF de littérature jeunesse. À cette occasion, l’ONG a sélectionné des titres qui célèbrent TOUS leurs droits sous le slogan « Les droits de l’enfant, quelle histoire ! ».

Les lauréats ont été annoncés la semaine dernière, mais tous les titres ont leur intérêt. Voici donc nos retours de lecture des livres proposés aux jeunes (et moins jeunes) lecteurs.

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Catégorie 3-5 ans

Si l’illustrateur a choisi de le mettre en images avec l’écologie, le texte d’Amanda Gorman a ceci de génial qu’il reste assez flou pour correspondre à quantités de situations intolérables (racisme, pauvreté, handicap, immigration et tant d’autres). Il met en scène un enfant ne se satisfait pas du monde qui l’entoure. Les adultes tentent de le dissuader d’intervenir, mais lui refuse que cette situation perdure. À force d’espoir et de travail – et malgré des échecs, il parvient à faire évoluer les choses et à fédérer autour de son projet.

Parfaite illustration du proverbe « les petits ruisseaux font les grandes rivières » et donc que chaque geste compte, il parle beaucoup aux jeunes lecteurs.

Petit à petit, Amanda Gorman, Christian Robinson, Héluim 2024.

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Ici c’est chez moi. Ici c’est mon arbre

Ici tout a été déraciné. Ici je suis déraciné

J’ai ma vie, mes amis, du confort et tout pour être heureux.

J’ai vu cet arbre, je m’y suis installé, mes amis me manquent. La nourriture y est abondante.

Pourtant je n’arrive pas à croire que cet oiseau là s’installe sans ma permission.

Je ne comprends pas cette langue et pourtant je veux faire connaissance.

Cet album propose deux lectures bien distinctes ce qui apporte une réelle densité à l’histoire et renforce les émotions éprouvées lors de l’incompréhension entre les deux protagonistes.

Finalement est-ce qu’avec un peu de de tolérance ne pouvons-nous pas vivre sous les mêmes branches ?  

Ici, Séverine Duchesne, Kilowatt, 2024.

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Outre cette sélection pour le prix UNICEF, cet album est idéal pour amorcer une séance d’EVAR en maternelle. Le message est simple et essentiel : « Interdit de me faire du mal ».
Chaque double page se présente de la même façon : à gauche une illustrations avec des personnages montrant les expressions gestuelles et visuelles qui « introduisent » une violence (par exemple une main levée) ; à droite une question posée au jeune lecteur, dont la réponse est toujours NON (pour bien montrer que la violence est à bannir dans tous les cas). 

Une fois ce fait établi, Mai Lan Chapiron s’assure qu’il est bien passé en multipliant les exemples de situations, invitant les jeunes lecteurs à marteler le non. Simple, efficace, indispensable.

Interdit de me faire MAL, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2025.

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Et terminons avec le lauréat de cette année : Loujain rêve de tournesols !

Loujain veut voler et espère un jour pouvoir contempler les tournesols, magnifiques fleurs imitant le soleil. Mais ce soleil brûle les rêves des petites filles. Là où habite Loujain, il est interdit de rêver, de voler, d’espérer … pourtant, certains adultes vont l’écouter et l’aider à réaliser l’impossible.

Cet album est un cri d’espoir et de solidarité. La détermination de Loujain ne faiblit à aucun moment. Personne ne pourra lui arracher ce rêve qui loge au fond de son cœur et de son esprit de femme libre vivant dans un monde patriarcal. Un album essentiel.

Loujain rêve des tournesols, Lina Alhateque, Uma Mishra-Newbery, Rebecca Green, Les 400 coups, 2024.

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Catégorie 6-8 ans

Hana et sa maman se sont réfugiées en France pour fuir la guerre. Seulement, l’argent manque et elles sont obligées de dormir dans un musée. L’émerveillement de la petite fille face aux oeuvres d’art en dépit de sa situation précaire est très touchant. Tout comme le lien qui se tisse entre art et artisanat à travers les broderies de la maman. Les illustrations d’Emma Morison jouent d’ailleurs sur la polysémie du verbe « tisser » avec ces dessins de fils. Lâches au début, ils forment progressivement un tracé régulier, alors qu’Hana parvient à se lier avec une camarade.

Avec la délicatesse qu’on lui connaît, Laurence Gillot invite à faire évoluer le regard que l’on porte sur « l’étranger », particulièrement lorsqu’il est issu de l’immigration. 

Mademoiselle Vole, Laurence Gillot, Emma Morison, Editions du Pourquoi Pas ?, 2022.

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Tout commence avec un chat qui voyage dans le monde et se passionne pour la Déclaration des droits des filles. Chaque page présente ensuite une jeune fille confrontée au non respect de l’un de ses droits de manière (même si le lecteur peut aisément supposer que certaines cumulent de nombreuses difficultés). Dommage que le lecteur n’apprenne rien sur son pays, sa famille, ses conditions de vie, bref du contexte dans lequel a lieu cette transgression.

Cet album propose un texte très didactique, façon documentaire. C’est la limite d’un album écrit par une ONG : si le fond et l’engagement ne peuvent être mis en doute, il manque l’imagination d’un auteur qui aurait pu faire de cet album une oeuvre de littérature jeunesse.

Un futur pour elles, Plan international France, Adolie Day, Larousse, 2024.

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La répartition de l’espace de la cour de récréation est un vrai sujet dans de nombreuses écoles. Si l’adulte voit rapidement où veut en venir l’auteure, les jeunes lecteurs adhérent immédiatement au sujet et au vocabulaire fleuri. On peut regretter qu’Alessio soit si compréhensif et facile à convaincre mais l’évolution de la répartition de l’espace est un super extra pour amorcer la discussion avec des élèves.

A savoir : les héros reviennent en 2026 avec Un toit pour tous du même duo d’auteure-illustratrice sur le mal-logement.

Tous pour une !, Nancy Guilbert, Léonie Koelsch, Kilowatt, 2022.

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Dans cette catégorie, c’est l’histoire de Martha qui a le plus ému les jeunes votants. Suite à des problèmes familiaux, cette petite fille est placée en attendant que ses parents puissent s’occuper d’elle correctement. Cet album aborde ce sujet grave avec douceur et bienveillance. Un optimisme forcené aussi, qui a sa place dans un album jeunesse mais ne traduit pas forcément la réalité. Les illustrations de Cécile et le choix des animaux anthropomorphes contribuent grandement à adoucir la situation.

Ainsi, le lecteur s’attache à Martha et à ses doudous, et l’intérêt supérieur de l’enfant prend tout son sens.

Qui s’occupe de Martha ?, Emmanuelle Toussaint, Cécile, Utopique, 2024.

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Catégorie 9-12 ans

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman expose les difficultés des collégiens du Haut Maroni, en Guyane, pour accéder à l’éducation. Quitter sa famille, son village et son environnement pour aller étudier en ville, sans possibilité de retour en dehors des vacances à 11 ans est très brutal. La bonne idée est de présenter deux amis aux caractères très différents, qui vont donc réagir chacun à leur manière face à ce déracinement.
Si certains jeunes quittent volontairement leur village pour trouver un travail, Claire Clément montre bien que la situation est très différente lorsque la séparation est imposée, surtout si jeune.

Les illustrations de Léo Alcatraz immergent le lecteur dans la végétation luxuriante de la forêt amazonienne et apporte de la couleur à un récit dur. On ne peut qu’espérer que le rôle de sentinelle soit développé pour réduire les drames.

La sentinelle, Claire Clément, Alca, Editions du Pourquoi Pas ?, 2023.

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Ce roman sorti en 2024 résonne terriblement avec l’actualité très récente sur les violences sexuelles envers les enfants. Les monstres aimés. Ceux qui volent le sommeil, l’insouciance, la parole. Qui inversent dans l’esprit de l’enfant la culpabilité, l’enferment dans la solitude. Pourtant, ils sont des milliers…Tel est le sujet ultra-sensible d’Ombreline, où il est question d’inceste. Si, par exemple, en littérature blanche, un roman autobiographique sur le même sujet vient de remporter le prix Goncourt du premier roman, il n’est pas surprenant que les enfants votant pour le Prix UNICEF n’aient pas offert en masse leurs suffrages à cette histoire. Certes adoucie par son univers féérique, son texte à la fois juste, subtil et poétique, et de belles illustrations brun-orangé chaleureuses et oniriques, son fond terrifiant doit être absolument discuté en amont. (d’ailleurs, alors que l’objet-livre est magnifique, il eût sans doute été judicieux que Milan indique clairement son thème). Si le/la lecteur.ice n’a pas été sensibilisé.e à cette thématique, la lecture peut s’avérer soit trop distante, trop délicate, voire inaboutie. La fin très émouvante laisse néanmoins place à l’espoir : il existe des adultes-ressources, prêt.e.s à accueillir la parole de l’enfant victime, à le croire, à l’aider. Des bonnes fées pour ces enfants de la nuit.

119 – Allo enfance en danger

Ombreline, de Manon Fargetton, illustré par Maud Begon, Milan, 2024

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Dans une collection adaptée aux dys, Le garçon qui voulait être un chat nous, de Veronique Foz, nous embarque dans la tête d’Ilyan, autiste Asperger. Depuis tout petit, cela complique ses relations avec les autres. Heureusement, il y a son grand-père, toujours là pour lui. Toujours ?

Deux thématiques qui se croisent : la difficulté d’un enfant autiste à s’épanouir, et la maladie d’Alzheimer. On ne peut qu’être touché par notre héros, ses difficultés à trouver sa place, sa passion pour les chats, les mauvais traitements qu’il subit de la part de certains camarades. Et que dire de son désarroi, quand son grand-père perd la mémoire…

Les difficultés rencontrées par Ilyan sont abordées avec justesse et finesse. On perçoit très bien les conséquences de son handicap sur lui-même, mais aussi son entourage. On voit les limites d’un système scolaire qui a du mal à inclure tout le monde, faute de moyens et de personnels. Et quelle belle relation avec le grand-père ! Elle est émouvante, touchante, encore plus avec cette maladie d’Alzheimer qui vient tout compliquer.

Le garçon qui voulait être un chat, Véronique Foz, Johanne Licard, Tom Pousse, 2023.

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C’est cette BD qui a reçu les suffrages des votants. On suit Manon qui bascule dans la jungle du harcèlement à cause de Stacey jalouse de ses bonnes notes. Le mécanisme s’enclenche et les effets sont très bien décrits. Tout comme l’impuissance – consciente ou non – des adultes qui l’entourent. La métaphore de la jungle apporte à la fois pertinence et recul, mais l’après révélation, s’il montre bien la solitude des familles manque justement de clés pour réagir efficacement.

Une BD utile, pleine de bonnes intentions et qui a le mérite d’aborder frontalement un sujet terrible. Mais il ne va pas au bout de la démarche et manque cruellement d’éléments concrets au niveau des solutions à apporter.

La Jungle, Harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.

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Catégorie 13-15 ans

N’ayant pas pu lire ce titre, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.

Années 1960. Dans un quartier populaire d’une ville de La Réunion, Jean et Madeleine sont arrachés à leur mère par les services sociaux qui leur promettent une vie meilleure en métropole, une bonne éducation et des retours réguliers sur leur île. Lucien, jeune fonctionnaire fraîchement affecté à La Réunion, arrive à la préfecture et découvre ses fonctions à la Section 4 : il devra notamment superviser le transfert de « pupilles de l’État » dans l’Hexagone…Transplantés en Creuse, Jean et Madeleine sont séparés. De foyers en familles d’accueil, Jean rencontre d’autres enfants réunionnais dans la même situation que lui. Une vie durant, entre errances et recherches, il tentera de comprendre pourquoi…

Piment zoizos, Les enfants oubliés de la Réunion, Téhem, Steinkis, 2024.

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L’héroïne de Girls Bazaar est une jeune fille Nat (peuple traditionnellement nomade dont le mode de vie a été interdit ce qui les a réduit à la pauvreté en marge de la société). Cela permet de montrer le quotidien de ces familles pour lesquelles chaque jour est un combat, mais aussi la pression sociale et les barrières que se mettent ces filles. Car elles sont élevées dans l’idée que leur seul horizon sera la prostitution. Difficile de remettre en cause un destin qui a touché toute sa famille et ses voisines sur plusieurs générations. Le rôle du sport (ici le kung-fu) est central dans la prise de confiance et la capacité à se défendre.

Ce roman a été écrit par l’activiste indo-américaine Ruchira Gupta suite à son documentaire The Selling of innocents. Alors qu’elle était journaliste, elle a découvert l’ampleur du trafic de petites filles indiennes et a créé l’ONG Apne Aap pour le combattre.

Girls bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.

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Les quatres personnages principaux sont des ados très caractérisés : les jumelles riches, l’ado honteux de sa famille pauvre, et les deux élèves issus de l’immigration… mais c’est aussi le reflet de la société.
En réalité, le propos est pédagogique mais c’est assez bien fait pour que ça n’empiète pas sur les situations auxquelles les jeunes font face. Et leur énergie (ainsi que celle de leur prof dont les difficultés ne sont pas passées sous silence) est plutôt porteuse.

Julie Scheibling a adapté Une brève histoire de l’égalité de Thomas Piketty pour sensibiliser les adolescents à la question des inégalités sociales. Et en effet, cette BD permet aux jeunes lecteurs de s’approprier les concepts et comprendre qu’autour d’eux, il existe de nombreuses différences et inégalités entre les classes.

Jeux de classes, librement inspiré d’Une brève histoire de l’égalité, Quentin Vijoux, Julie Scheibling, Seuil jeunesse, 2025.

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N’ayant pas pu lire ce titre qui a pourtant reçu la majorité des suffrages, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.

Pourquoi ça fait si mal ?

Juliette et Mathilde sont amies depuis toujours. En cette rentrée en 4e, Mathilde a des envies de popularité et un crush pour le beau Thomas. Elle se rapproche alors de Karine, qu’elle semble admirer plus que tout. Juliette n’apprécie pas vraiment Karine, sa bande, et les airs rebelles qu’ils se donnent. Une incompréhension grandissante s’installe entre les deux amies. Peu à peu, c’est un étrange mécanisme d’exclusion qui se met en place, jusqu’à ce qu’une photo de Juliette, à demi-nue, soit prise dans les vestiaires…

Ratures indélébiles, Aurelle Gaillard, Camille K., Jungle, 2022.

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Avez-vous lu ces titres ? Lesquels vous ont le plus enthousiasmés ?

EVAR en maternelle, une sélection de livres jeunesse

Parce que nous sommes blogueuses de littérature jeunesse mais aussi mamans et, pour certaines, enseignantes, nous avons eu envie de recenser les ouvrages pouvant accompagner les enseignants dans la mise en place de ce nouveau programme. Documentaires, albums, premières lectures ou romans, nous les avons classés selon les entrées du programme pour faciliter leur utilisation. Nous avons tenté d’être le plus exhaustives possibles pour que chacun et chacune puisse trouver les supports qui convient le mieux.

Merci aux attachées de presse qui nous ont aidées à élaborer cette liste : Annick Antoniazzi (Éditions du Pourquoi pas ?), Sophie Bès de Berc (éditions Milan), Gilberte Bourget (L’agrume / Syros), Louise Brouilhet (Didier Jeunesse), Amandine Byrotheau (Rue du monde), Abélia Catty (Little Urban), Cécile Emeraud (Voce Verso), Emma Georges (Casterman), Célia Giglio (Pocket Jeunesse / Slalom), Manon Lalouelle (L’école des loisirs), Anaïs Malherbe (Sarbacane), Amélie Müller (Editions de l’Isalis), Yves Nadon (Editions d’Eux), Audrey Sauser (Editions du Ricochet), Elisabeth Tielemans (agence Mauvaise Herbe) et Valéria Vanguelov (Grasset jeunesse).

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Notre sélection pour la maternelle

À aborder avant 4 ans

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Nommer les différentes parties du corps.• Mon corps à moi !, Elise Gravel, Gautier-Languereau, 2023.
• J’aime mon corps, Nikki Luna, Julienne Dadivas, éditions Bayard jeunesse.
• Zizis et Zézettes, Camille Laurans, Jess Pauwels, Editions Milan, 2017.
• Ma sexualité de 0 à 6 ans, Jocelyne Robert, éditions de l’Homme, 2016.
• L’imagier qui tourne pas rond : le corps, Élo, Sarbacane, 2022.
• Cachatrou c’est ma bouche, Jeanne Ashbé, L’école des loisirs, 1996.
Mon cœur est un petit moteur qui démarre avec de l’amour, Alex Cousseau, Charles Dutertre, Le Rouergue, 2021.
• Loup, Olivier Douzou, Le Rouergue, 1999.
• Les corps-paysages, Manon Galvier, Editions du Cosmographe, 2020.
Prendre conscience de ce qu’est l’intimité : les parties intimes du corps ; les espaces d’intimité ; les mots, les gestes et les conduites associés.• L’intimité, ca se respecte un peu, beaucoup…, Rhéa Dufresne, Sébastien Chebret, Éditions du Ricochet, 2026.
• C’est MON corps !, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2025.
• Mon corps est un trésor, Florence Dutruc-Rosset, Bayard Jeunesse, 2024.
• Chat ! de Claire Garralon, éditions Talents Hauts, 2021.
La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018.
Chez moi, Eve Gentilhomme, Voce verso, 2023. Fiche pédagogique téléchargeable grâce à un QR code à l’intérieur de l’album
• Libre comme l’air, Jennifer Yerkes, Editions du Cosmographe, 2020.
Développer sa connaissance de soi.• Je suis une patate, Ziggy Hanaor, Elliot Kruszynski, Seuil Jeunesse, 2025.
• Qui suis-je ?, Stéphane Servant, Aurore Petit, Didier Jeunesse, 2024.
Et toi ?, Alex Sanders, EDL, 2009.
• Grande !, Aurore Petit, Les Fourmis rouges, 2024.
Identifier les espaces où chacune et chacun a droit à son intimité par rapport aux adultes et aux autres élèves.• La porte, Michel Van Zeveren, L’école des loisirs, 2008.
Le bain de Madame Trompette, Jill Murphy, Mijade, 2015.
Un câlin ?, Bernard Duisit, Olivia Cosneau, Hélium Editions, 2022 (livre pop-up)

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Développer la capacité de s’affirmer par le consentement et le refus.
• La famille Ohé : C’est lui !, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2013.
• Faut savoir dire non !, Agnès Rosenstiehl, Albin Michel, 2023.
• Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !, Thierry Lenain, Stéphane Poulain, Les 400 coups, 2000.
• Ça suffit les bisous !, Mayana Itoïz, Jean-Pierre Kerloc’h, Pascal Bruckner, Glénat, 2016.
Le livre qui dit non, Ramadier et Bourgeau, L’école des loisirs, 2019.
J’ai le droit de dire “non !”, Ophélie Célier, P’tit Kiwi, 2021.
Le petit livre qui dit “non !”, Swann Meralli, Glénat, 2015.
Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !, Thierry Lenain, Les 400 coups, 2020.
La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018.
Développer la capacité de respecter le refus de l’autre• J’ai le droit de dire non, Ophélie Celier, Thomas Piet, Fanny Vella, Petit Kiwi.
• La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Geneviève Després, Fondation Marie Vincent, 2018.
• Attrap’bisous, France Quatromme, Christine Davenier, L’école des loisirs, 2022.
• Hervé ne veut pas partager, Steve Small, Sarbacane, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Comprendre qu’une activité ou un métier peuvent être choisis indifféremment par les filles ou les garçons, en fonction des compétences requises et de l’envie de l’exercer.• Bravo maman manchot !, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2022.
• Papoulpe, Emile Jadoul, L’école des loisirs, 2021.
• Chevalier Chouette, Christopher Denise, Kaléidoscope, 2023.
Chevalier Chouette et la petite oiselle, Christopher Denise, Kaléidoscope, 2025.
À quoi tu joues ?, Marie-Sabine Roger, Anne Sol, Sarbacane, 2009 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
Fille, Garçon, Hélène Druvert, Saltimbanque éditions, 2021.
Fleur-de-Cactus et Castor-Têtu, Jean Leroy, Audrey Poussier, L’école des loisirs, 2017.
Les filles peuvent le faire… aussi, Sophie Gourion, Isabelle Maroger, Günd, 2019.
Les garçons peuvent le faire… aussi, Sophie Gourion, Isabelle Maroger, Günd, 2019.

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À partir de 4 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Nommer les différentes parties du corps.Comment fabriquer un grand frère ?, Anais Vaugelade, L’école des loisirs, 2016.
Corps, amour, sexualité : les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Charline Vermont, Albin Michel, 2022.
Découvrir ce qu’est une grossesse et la naissance.• Bébé, Helen Oxenbury
• Am Stram Graine, Anne-Catherine Le Roux, Le Pommier, 2019.
Le ventre de ma maman, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2011.
• Le Mystère des graines à bébé, Serge Tisseron, Aurélie Guillerey, Albin Michel Jeunesse, 2014.
• Un poisson dans le bidon, Davide Sire Magali Le Huche, Sarbacane, 2015 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
• Et dedans, il y a, Jeanne Ashbé, Ecole des Loisirs, 1997.
Découvrir et identifier ses émotions (quatre des émotions de base : joie, tristesse, peur, colère), ses sentiments et les reconnaître quand on les ressent. Dans mon petit coeur, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2013.
• Le livre de mes émotions, Stéphanie Couturier, Maurèen Poignonec, Pocket Jeunesse, 2017.
Parfois je me sens…, Anthony Browne, L’école des loisirs, 2018.
La couleur des émotions, Anna Llenas, Quatre fleuves, 2014.
Dans mon corps, Mijana Farkas, La joie de lire, 2018.
Les émotions ça chahute un peu, beaucoup, énormément, Rhéa Dufresne, éditions du Ricochet, 2016.
Aujourd’hui je suis…, Mies Van Hout, Minéditions, 2011.
Beaucoup de beaux bébés, David Ellwand, L’école des loisirs, 2009.
Kumo la petite nuée timide, Kyo MacLear, Editions de l’Isatis, 2025.

La colère 
• Je déteste tout !, Sophy Henn, Saltimbanque, 2025.
La petite mauvaise humeur, Isabelle Carrier, Bilboquet-Valbert, 2011.
• La colère de Zélie, Ella Charbon, L’école des loisirs, 2024.
• Grosse colère, Mireille d’Allancé, L’école des loisirs, 2000.
Les colères de Simon, Ian de Haes, Alice Jeunesse, 2016.
Le garçon de feu, Sarthak Sinha, Editions du Ricochet, 2025.
Le livreen en colère, Cédric Ramadier, Vincent Bourgeau, Ecole des loisirs, 2016.

La peur
• Pas de panique, petit crabe, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2021.
Mes petites peurs, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2015.
Mousse, Estelle Billon-Spagnol, Talents hauts éditions, 2020.
Barnabé n’a peur de rien, Gilles Bizouerne, Béatrice Rodriguez, Didier Jeunesse, 2021.
Bébés chouettes, Martin Waddell, Patrick Benson, L’école des loisirs, 2015.
Hou Hou, Georgette, Tourbillon, 2024.
Le livre qui a peur, Cédric Ramadier, Vincent Bourgeau, Ecole des loisirs, 2018.

La tristesse
Bienvenue tristesse, Eva Eland, Les éléphants  2019.
Les larmes, Sibylle Delacroix, Bayard Jeunesse, 2019.

La joie
Joie, Lotta Olsson, Emma Adbåge, Cambourakis, 2022.
Dans mon sourire, Jo Witek, Christine Roussey, 2021.
• J’aime, Emmanuelle Bastien, L’agrume, 2015 (peut être utilisé en dyptique avec J’aime pas, Emmanuelle Bastien, L’agrume, 2025).

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir la notion de confiance.• Il était une fois la corne des licornes, Beatrice Blue, Little Urban, 2019.
• Le projet Barnabus, The Fan Brothers, Little Urban, 2020.
Définir un adulte de confiance comme étant un adulte à qui on peut parler et qui est susceptible d’apporter une aide et avec qui on se sent bien (école, famille, environnement médical, sportif, etc.).• Un peu perdu, Chris Haugthon, Thierry Magnier, 2013.
• Qui s’occupe de Martha ?, Emmanuelle Toussaint, Cécile, Utopique, 2024.
• Hekla et Laki, Marine Schneider, Albin Michel Jeunesse, 2022.
Identifier un adulte de confiance.Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022.
La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018.
Savoir qu’il existe des comportements interdits même avec un adulte de confiance.• Te laisse pas faire !, Jocelyne Robert, Editions de l’Homme, 2019.
Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022.
Petit Doux n’a pas peur, Marie Wabbes, La Martinière jeunesse, 2015.
Distinguer ce que l’on peut garder pour soi ou entre enfants (un secret), d’une situation de danger ou de violence qu’il est important de partager avec un adulte de confiance.• La Princesse sans bouche, Florence Dutruc-Rosset, Bayard Jeunesse, 2020.
• Le loup, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2021.
• Mô-Namour, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2011.
Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022.
Petit Doux n’a pas peur, Marie Wabbes, La Martinière jeunesse, 2015.
Renforcer son attention à ses sensations. Si j’étais un oiseau, Barroux, Little Urban, 2025.
Tortue-Express, Sandra Le Guen, Maurèen Poignonec, Little Urban, 2021.
Le monde t’appartient, Riccardo Bozzi, Olimpia Zagnoli, Grasset jeunesse, 2014.
Ma boîte à petits bonheurs, Jo Witek, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2014.
Savoir demander de l’aide pour soi ou pour les autres.• Presque perdu, Chris Haugthon, Thierry Magnier, 2011.
• Petit Doux n’a pas peur, Marie Wabbes, La Martinière jeunesse, 1998.
• Le secret de Soro, Charline Le Maguet. Bayard jeunesse, 2022.
• Quand on te fait du mal, brochure du Dre Muriel Salmona, Sokhna Fall et Claude Ponti avec document d’accompagnement téléchargeable ici : https://www.memoiretraumatique.org/publications-et-outils/brochures-d%E2%80%99information.html

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Prendre conscience qu’il est possible d’acquérir et de développer des compétences diversifiées, quel que soit son sexe.Bravo maman manchot !, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2022.
Les animales, Fred L., Talents Hauts éditions, 2021.
• Fille, Garçon, Hélène Druvert, éditions Saltimbanque, 2021.
Maman Robot, Zidrou, Sébastien Chebret, Sarbacane, 2018.
Vive la danse, Didier Lévy, Magali Le Huche, Sarbacane, 2016 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
Étrange et fabuleuse Henriette, Héloïse Solt, Little Urban, 2025.
À quoi tu joues ?, Marie-Sabine et Anne Sol Roger, Sarbacane, 2018.
Ou alors pompier…, Hubert Ben Kemoun, Rue du Monde, 2013.
Poussins, Poussines : une histoire de poussin.es, Laurent Caldon, Père Fouettard, 2024.
Appréhender, comprendre et respecter les différentes structures familiales à partir de ce que l’élève a observé dans son environnement proche à cet âge.L’amour en poche, Eric Sanvoisin, Editions du Pourquoi pas ?, 2024.
Familles, Georgette, Didier Jeunesse, 2020.
Pomine & Pomette, Praline Gay-Prara, Lauranne Quentric, Didier Jeunesse, 2024.
Bonjour, facteur, Michaël Escoffier, L’école des loisirs, 2012.
Un air de famille, Béatrice Boutignon, Le Baron perché, 2013.
Tango a deux papas, et pourquoi pas ?, Béatrice Boutignon, Le Baron perché, 2014.
Toutes les familles de mon village, Ophélie Célier, P’tit Kiwi, 2021.
Une famille c’est une famille, tout simplement, Sarah O’Leary, Qin Leng, Les Arènes, 2022.
Le papa qui avait 10 enfants, Bénédicte Guettier, Casterman, 2014.
Adelphina, une enfant de l’amour, Valérie Dumas, Editions du Cosmographe, 2025.
Développer des liens sociaux (aller vers l’autre, entrer en relation, etc.).Grand loup et petit loup, Nadine Brun-Cosme, Olivier Tallec, Flammarion, 2019.
Demain, c’est moi qui commande !, Jörg Mühle, Pastel, 2025.
Deux pour moi, Un pour toi, Jörg Mühle, Pastel, 2019.
La Machine à câlins, de Scott Campbell, Little Urban, 2025.

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À partir de 5 ans ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Identifier ses émotions et sentiments et celles des autres.La couleur des émotions, Anna Llenas, Quatre Fleuves, 2014.
Devine qui ?, Jarvis, Milan, 2016.
Roméo et Juliette, Mario Ramos, L’école des loisirs, 1999.
Nous les émotions, Tina Oziewicz & Aleksandra Zając, La partie, 2021.
Un drôle de truc pas drôle, Giulia Sagramola, Le Rouergue, 2019.
Après la pluie, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse, 2023.
Prendre conscience de la différence de sensations selon les personnes et du fait qu’un même événement n’engendre pas la même réaction. Gare à tes noisettes !, Sébastien Chebret, Géraldine Collet, Mijade, 2020.
Communiquer de façon efficace et constructive.La famille Ohé, C’est lui !, Oliver Jeffers, L’école des loisirs, 2013.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Identifier différents types de sentiments (par exemple, l’amitié, l’amour).A & B, Sara Donati, Rouergue, 2024.
Serpent bleu, serpent rouge, Olivier Tallec, Pastel, 2025.
Petit-Bleu et Petit-Jaune, Leo Lionni, L’école des loisirs, 1979.
Un meilleur meilleur ami, Olivier Tallec, Pastel, 2023.
Mouette et Chouette, Sandra Le Guen, Julien Arnal, Little Urban, 2024.
L’amour, Georgette, Didier Jeunesse, 2022.
Définir et prendre conscience de ce qu’est l’amitié.Memphis et Renard, Pascale Poussin, 400 coups, 2023.
Noël au printemps, Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse, 2019.
Chicorée et la fête de l’arbre d’or, Claire Leboug, Mickaël Jourdan, Ecole des loisirs, 2025.
Développer des liens sociaux positifs (par exemple, aller vers l’autre, entrer en relation, nouer des amitiés).Ensemble, Emilie Chazerand, Amandine Piu, Editions de la Martinière, 2024.
Le Grand livre des Supergentils, Rocio Bonilla, Père Fouettard, 2025.
Dans les yeux de Nawang, Jean-François Chabas, Clotilde Perrin, 2019.
Bredouille, Agnès Domergue, Grasset jeunesse, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Identifier les ressemblances et les différences physiques entre les filles et les garçons.La plus belle des moutardes, Isabelle Mignard, Coralie Saudo, Cache-Cailloux, 2016.
Camille ou Camille ?, Marizabel, Séverine Duchesne, Cache-Cailloux, 2016.
Fille, Garçon, Hélène Druvert, Saltimbanque éditions, 2021.
Alice numéro 10, Camille Camillon, Mango, 2025.
Lotte fille pirate, Sandrine Bonini, Audrey Spiry, Sarbacane, 2014 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
Les Choukachics Magiques, Émilie Chazerand, Aurélie Guilleret, Sarbacane, 2018.
Princesse Kevin, Michaël Escoffier, Roland Garrigue, Glénat 2018.
Décrire ce que signifie traiter quelqu’un avec respect et identifier les effets de ses paroles et de ses actes sur les autres.Noli qui dit non !, Antje Damm, Rue du Monde, 2025.

Différence
La petite casserole d’Anatole, Isabelle Carrier, Bilboquet, 2009.
Petite tâche, Lionel Le Néouanic, Les grandes personnes, 2011.
Je suis moi et personne d’autre, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2024.
Toto, Hyewon Yum, Les éditions de l’éléphant, 2025.
Elle est où ta jambe, James Catchpole, Karen George, Editions d’Eux, 2025.
Développer l’empathie et des relations sociales constructives (comportements tels que la collaboration, la coopération, l’entraide).La Brouille, Claude Boujon, L’école des loisirs, 1989.
La famille Ohé, Le nouveau pull-over, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2012.
Y’a plus de place, Malika Doray, L’école des loisirs, 2014.
Juste un petit bout, Emile Jadoul., L’école des loisirs, 2004.
L’agneau qui ne voulait pas être un mouton, Didier Jean, Zad, Syros, 2003.

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Et vous, quels livres utilisez-vous pour aborder ces sujets avec vos enfants ou vos élèves ?

Le Rouergue : la fin des albums ?

C’est au moment du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil que nous l’avons appris : Le Rouergue met fin à sa collection d’albums lancée il y a trente ans. Nous vous conseillons d’ailleurs la lecture du texte poignant d’Henri Meunier paru dans Libération à cette occasion.

Sous le Grand Arbre, attristées par cette nouvelle, nous avons choisi de célébrer ce qu’est cette collection à travers la présentation de nos titres préférés et ils sont nombreux. En espérant très fort qu’ils seront toujours disponibles en bibliothèque et ailleurs !

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Les choix de Lucie

Autant l’avouer d’entrée, Lucie n’est pas une spécialiste du catalogue des éditions du Rouergue. Mais la fermeture d’une maison d’édition, qui plus est de manière aussi brusque, n’est pas sans l’inquiéter quant à l’avenir de la littérature jeunesse de qualité. Car si de plus en plus d’albums sont édités, ceux aux partis-pris aussi forts que ceux qui ont fait les beaux jours du Rouergue sont peu nombreux. Elle a pu s’en rendre compte suite à une razzia à la bibliothèque en vue de cet article : il s’agit d’albums à la démarche artistique aboutie et qui font tellement confiance à l’intelligence des enfants qu’ils séduisent aussi les adultes.

Monsieur 2 D est un personnage en papier découpé très curieux. Il explore les pages de son album et tombe sur un univers en 3D qui le renvoie aux limites imposées par son état par des situations cocasses. Cet album de Bruno Heitz est composé de photos noir et blanc de figures découpées, un régal pour les yeux d’autant que tous les éléments sont pensés dans leurs moindres détails. Il est aussi plein de fantaisie grâce à des situations inattendues et des jeux de mots amusants. De la vraie belle littérature jeunesse !

Monsieur 2 D, Bruno Heitz, Le Rouergue, 2012.

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Dès le titre l’annonce est faite : Jean Gourounas va proposer sa version du mille-pattes, mais chacun pourra le réaliser comme il le souhaite. Quelle belle invitation à la création pour les enfants ! D’autant qu’il prend ensuite un malin plaisir à multiplier les suggestions, de plus en plus improbables. Coloré, ludique et ambitieux, cet album « à compter » (car les 1000 pattes seront bien dessinées) est bien plus que cela. À mettre entre toutes les mains !

Le mille-pattes on le dessine comme on veut, Jean Gourounas, Le Rouergue, 2012

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Le principe de La princesse rebelle se dévoile est extra. Une double page présente la vie parfaite de la princesse dans son château de conte de fée. Mais dès que le lecteur tourne la page, voilà le même texte et la même illustration caviardés avec talent pour en modifier totalement le sens. Et le procédé de se répéter tout au long de l’album sans perdre de son efficacité. Véritable pied-de-nez aux contes de fées traditionnels et aux clichés de princesses, cet album est aussi frais que drôle !

La princesse rebelle se dévoile, Guillaume Guéraud, Henri Meunier, Le Rouergue, 2021.

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Lucie aime les albums qui s’attaquent aux concepts difficiles à saisir. Et quoi de plus compliqué pour un enfant que de réaliser le temps qui passe, celui qui le sépare des retrouvailles avec sa maman ? C’est le défi que se sont lancé Victoria Kaario et Juliette Binet avec Le temps est rond. Le texte, très poétique, alterne entre éléments concrets et symbolisme pendant que les illustrations jouent avec toutes les variations et nuances du rond bleu. De quoi discuter et patienter jusqu’au retour de ses parents !

Le temps est rond, Victoria Kaario, Juliette Binet, Le Rouergue, 2023.

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Les choix de Séverine

Grande fan des albums de cette maison d’édition (mais pas que, elle adore aussi ses romans), Séverine se devait de parler du tout premier album publié dans la collection jeunesse des éditions du Rouergue, le fameux Jojo la Mache, premier livre écrit et illustré par Olivier Douzou en1993. Cet album fondateur a en effet ouvert la voie à un catalogue dont la qualité et la diversité (formats, univers graphiques, auteurs et autrices) n’ont d’égales que l’audace ou l’originalité.

L’album Jojo la mache est innovant, car ses illustrations utilisent des formes simples, des couleurs franches et un style minimaliste, très différent des albums jeunesse de l’époque, tandis que son texte, rythmé, à la troisième personne du pluriel, incluant le/la lecteur.ice dans l’histoire, ne suit pas une narration classique: il laisse la part belle au jeu (de mots), à l’imaginaire et à l’interprétation personnelle. Sans simplifier à l’excès. C’est l’histoire d’une vache nommée Jojo perdant jour après jour ses attributs (cornes, queue, mamelles…), qui se transforment en éléments célestes (étoiles, lune, soleil), comme une métaphore sur la disparition et le souvenir. C’est une façon drôle, poétique et délicate d’évoquer l’absence, la disparition d’un être cher ou simplement le cycle de la vie. Le petit format carré et les illustrations épurées, avec seuls trois tons dominants (orange, bleu, noir), attirent l’œil et donnent une vraie personnalité graphique à l’album. La première grande réussite d’une longue série pour le Rouergue. A noter que 20 ans plus tard, l’album Lola, du même Olivier Douzou, est une suite, un clin d’œil dans l’air du temps, un rappel à son illustre prédécesseur.

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« Pour un art du récit toujours renouvelé« , peut-on lire sur le site internet de la maison d’édition. S’il y en a bien un à qui ce leitmotiv va comme un gant, c’est Henri Meunier. Tantôt illustrateur, tantôt auteur, souvent les deux, il y a plus de 25 ans qu’il a intégré le catalogue, on le trouve aussi bien du côté du conte revisité, que de la fable philosophique, ou encore de l’album pour tout-petit (mais toujours à message).

L’album Mirabelle Prunier est l’une de ses nombreuses collaborations avec Nathalie Choux (chez d’autres maisons d’édition), sa première chez le Rouergue jeunesse. Il raconte une histoire de harcèlement, de violence scolaire et sociale, sous la forme d’une fable, encourageant la réflexion plutôt que le didactisme. L’album aborde poétiquement, avec sensibilité et émotion, mais aussi exigence, le rejet auquel les enfants peuvent être confrontés. Ici, grâce à la métaphore de l’arbre en lequel se transforme la jeune fille, l’épreuve n’est pas simplement surmontée, elle devient une source de force et de vie. Le texte, au vocabulaire soutenu et au style inimitable, plus littéraire que narratif, impose une lecture plus profonde et nuancée que de nombreux albums jeunesse, et peut être lu à différents niveaux selon l’âge et la sensibilité du lecteur. Les illustrations de Nathalie Choux, rondes, douces et délicates, accompagnent avec onirisme ce récit intense.

Mirabelle Prunier, Henri Meunier, illustré par Nathalie Choux, Edition du Rouergue, 2020

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Autre tandem du catalogue ayant marqué Séverine : Guillaume Guéraud et Marc Daniau, avec leur album Raspoutine, album atypique pour son époque (2008), qui traite de la marginalité en racontant l’histoire de Ferdinand, un sans-abri surnommé «Raspoutine » par les gens du quartier. Ferdinand vit dans la rue, fait la manche, boit, interpelle les enfants. Un jour, pourtant, malgré la peur qu’il inspire, un lien se crée avec eux. Le livre aborde la vie des SDF sans édulcorer la réalité puisque Ferdinand n’a « ni maison ni identité » autre que la rue, mais sans misérabilisme. C’est un excellent parti-pris narratif que le récit adopte le point de vue d’un enfant, hors jugement moral ni pitié excessive, l’approche est comme plus sincère, presque naïve, et donc touchante. Le livre questionne les préjugés, il invite à réfléchir à la place des exclus. Guillaume Guéraud, habitué des sujets difficiles en littérature jeunesse,- ici, c’est même un sujet rare,- le traite avec une justesse extraordinaire, jusqu’à la toute fin de l’histoire… Les illustrations de Marc Daniau montrant des scènes de rue très vivantes, dans un quartier animé, créent une atmosphère urbaine réaliste et parviennent à rendre Raspoutine à la fois inquiétant et attachant, humain avant tout. Une très belle réussite !

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Les choix de Liraloin

Bienvenue dans l’univers de Jacques Tati, grand réalisateur de films, génial interprète du personnage Monsieur Hulot, un héros solitaire en parfaite désharmonie avec le monde moderne qui l’entoure.

Dans cet album sans texte, David Merveille rend un bel hommage à ce personnage tendre et burlesque. Si la première page s’ouvre sur sa silhouette à califourchon sur un cyclomoteur c’est pour mieux le retrouver en pleine lecture prenant à peine conscience du monde qui l’entoure. Page après page, l’auteur s’amuse et devient à son tour metteur en scène du fameux Monsieur Hulot. Il semble bien que Jacques Tati aurait adoré se découvrir joueur de crêpière lui qui appréciait tellement jouer avec la fameuse petite balle jaune !

Hulot domino de David Merveille d’après Jacques Tati – Le Rouergue, 2019

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M. Hulot sur un toit perché ouvre le bal sur des futures scénettes, prêt pour un voyage dans un ciel parisien où quelques aventures burlesques vont se dérouler. Retenez donc ce parapluie qui menace de s’envoler !

Ainsi M. Hulot affublé de son éternel imper’, sa pipe et ses chaussettes rayées nous amène à changer notre regard sur le quotidien qui en devient magique et propice à la rêverie.

Chaque scénette, au titre évocateur, est composée de cases, ce qui apporte un micro temps suspendu avant la chute se situant au verso de la page. A la fois comique et poétique M. Hulot sait comment redonner le sourire lorsqu’il s’essaye à la plomberie ou lorsqu’il s’amuse à la pêche aux canards (cela dit avec une maladresse qu’on lui connaît bien !). Que dire du clin d’œil à Don Quichotte et au personnage du facteur héros au vélo du film Jour de Fête, futur M. Hulot avant Hulot !

La chute de cet album sans texte est un régal et invite à relire Monsieur Hulot à la plage . La mise en page soignée de cet album va jusqu’au code barre du livre se substituant à la chaussette rayée de notre personnage préféré.

Hello monsieur Hulot de David Merveille d’après Jacques Tati – Rouergue, 2010

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Les choix d’Helolitla

Héloïse est plus habituée aux romans ado du Rouergue – elle adore la collection Epik et les romans de Marine Carteron -, mais elle ne pouvait pas ne pas mentionner les albums de Christian Voltz. Elle les a récemment découvert avec ses enfants, et a beaucoup aimé tant le style graphique que les thématiques abordées.

Celui qui a le plus marqué sa famille, c’est Loupé !, avec ses deux personnages qui attendent le bus. Le ton satirique et le décalage entre les deux personnages en font un album percutant et mordant qui dénonce avec brio notre rapport aux écrans. Un texte brillant qui nous invite, a contrario, à profiter de chaque petit instant…

Loupé !, de Christian Voltz. Le Rouergue, 2017

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Un autre album du Rouergue a eu beaucoup de succès avec les enfants d’Helolitla : Moi, en pyjamarama, de Michael Leblond et Frédérique Bertrand.

Cet album original et ludique est en effet fourni avec une sorte de loupe rayée. Loupe qui permet d’animer la lecture des images, et en fait de magnifiques expériences visuelles. Au fil de la lecture, on se rend compte qu’on voyage dans le corps humain, et tout prend sens à la fin. C’est un titre surprenant et joyeux, amusant et très original !

Moi en pyjamarama, de Michael Leblond et Frédérique Bertand. Le Rouergue, 2012

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Grâce à ce billet, nous espérons vous avoir convaincu.e.s que la collection « Albums » du Rouergue s’est imposée par son exigence artistique et la richesse de ses univers, en mêlant liberté graphique, textes sensibles et thèmes contemporains. Elle laisse l’empreinte durable d’une littérature jeunesse audacieuse et profondément créative, « participant plus que sa part à l’image d’excellence dont bénéficie la création littéraire jeunesse française dans le monde.« , ainsi que l’écrit Henri Meunier dans sa tribune. D’autres maisons d’édition tirent tout de même encore leur épingle du jeu. Alors, dans un monde éditorial de plus en plus formaté, espérons avec lui que « les ambitieux résilients, auteur·es et maisons d’édition, sauront se retrousser les manches, sauront se retrouver des maches.« 

Et vous, quels albums des Editions du Rouergue jeunesse vous ont-ils fait vibrer ?

Des livres pour aborder la séparation parent-enfant : prison, enfermement…

Les Journées Nationales Prison, organisées chaque année par le Groupe National de Concertation Prison (GNCP), ont pour but de sensibiliser le public sur les problèmes posés par l’incarcération et la réinsertion. Alors que les rencontres de cette année sont centrées sur la question « quelle prison pour faire société ? », nous avons eu envie de proposer une sélection de livres sur l’emprisonnement mais aussi plus largement la séparation d’un enfant avec son parent.

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La thématique de l’enfermement se prête au genre épistolaire. C’est en tout cas le choix fait par trois auteurs différents, pour des textes plein d’humanité.

Un album pour commencer. Avec Tous les bateaux ne prennent pas la mer, Germano Zullo propose aux lecteurs de lire les lettres échangées entre Giorgio, incarcéré à la suite de « mauvais choix » et sa femme et ses deux enfants. Chacun vit cette épreuve à sa manière : alors que la femme veut cesser tout contact, la fille est dévorée par la colère. Seul le fils garde le lien au fil des lettres et des années. Avec douceur et bienveillance, l’auteur montre les conséquences de la séparation sur la famille sur une durée de 30 ans. Les illustrations très colorées d’Albertine semblent tout droit sorties de l’imagination d’un enfant (le fils ?). Dernier mystère, pourquoi ce titre ? Nous vous laissons le découvrir en même temps que ce bel album.

Tous les bateaux ne prennent pas la mer, Germano Zullo, illustrations d’Albertine, La joie de lire, 2024.

L’avis de Lucie et celui de Séverine.

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Outre l’incontournable Tous les bateaux ne prennent pas la mer , on retrouve le thème de la séparation liée à l’emprisonnement d’un parent dans un autre album illustré, à destination des enfants plus jeunes : Derrière le mur, de Laëtitia Valentin et Isabelle Carrier. C’est un album très tendre malgré son sujet, avec peu de texte, égrenant au fil des pages les moments manqués entre un papa et sa famille, qu’ils soient agréables (courir sur le sable, donner un biberon, piquer un fou rire) ou un peu moins (les disputes), du point de vue de l’enfant, dont la mesure du temps n’est pas la même que pour un adulte. La prison n’est finalement pas tant le sujet que le manque dû à la séparation. Le mot de la fin est très fort…Les illustrations crayonnées sont très jolies (le trait d’Isabelle Carrier étant reconnaissable entre mille), elles adoucissent une histoire dure dont le message, à travers les mots fins et adaptés de l’autrice, reste néanmoins positif : ce n’est pas parce qu’il est en prison que Papa est un mauvais père et qu’il ne mérite pas d’être aimé. Inversement, la prison ne l’empêche pas d’aimer sa famille. Très émouvant.

Derrière le mur, d’Elsa Valentin, illustré par Isabelle Carrier, Alice Editions, 2010

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Dans Mon papa en cage, facile à deviner, il est également question d’un papa en prison. Le sujet est assez rarement traité chez les « juniors », Mais c’est avec humour, non sans tendresse cependant, qu’Agnès de Lestrade raconte l’engrenage ayant entraîné cette situation et le sentiment de honte qu’elle a provoqué chez l’enfant. Elle dit aussi la solidarité des jeunes du quartier en l’absence du père, et en cela, pose un regard bienveillant sur la cité qui peut aussi être le lieu où de bonnes initiatives se prennent. En quelques pages, des thèmes comme la pauvreté, les inégalités, l’écologie, ou le droit à l’erreur et le pardon sont abordés avec beaucoup de bons sentiments, certes, mais le monde n’en a-t-il pas besoin de temps en temps ? Destiné aux 8-9 ans, ce roman fort à propos illustré par zoomorphisme séduit pour son optimisme. Il a également le mérite de permettre de découvrir, si ce n’est déjà fait, quelques notions du fonctionnement de la justice et du milieu carcéral.

Mon papa en cage, d’Agnès de Lestrade, illustré par Morgan Navarro, Rouergue Jeunesse, 2014

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Impossible de passer à côté d’Aurélien Malte, roman épistolaire aussi puissant que sensible de Jean-François Chabas. Aurélien est en prison depuis 13 ans quand Anne commence à venir lui rendre visite. Pour patienter entre deux rendez-vous, il lui écrit des lettres qu’il ne lui envoie pas. Il y raconte son histoire, la violence, l’enfermement mais aussi, petit à petit, la naissance de l’espoir. Cet auteur sait traduire la complexité des situations. S’il n’excuse pas son personnage, il invite à réfléchir aux circonstances qui l’ont amené en prison. Et à accepter de considérer les détenus comme des humains traversés par des émotions comme chacun d’entre nous.

Aurélien Malte, Jean-François Chabas, Le livre de poche, 2007.

L’avis de Lucie.

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Si dans les livres que nous avons lus les prisonniers sont le plus souvent des hommes, certains mettent en scène des prisonnières et cela nous semblait important qu’elles aient leur place dans cette sélection.

Dans La folle rencontre de Flora et Max, c’est une adolescente qui se retrouve derrière les barreaux. Et une nouvelle fois, c’est par des lettres que nous allons découvrir son histoire. Max vit un enfermement bien différent, il est atteint du syndrome de la cabane, ou hikikomori en japonais. En apprenant son incarcération, il décide d’écrire à Flora pour échanger sur leurs situations à la fois si différentes et si proches. Se noue un dialogue vif, attentionné et profond entre ces deux âmes en peine. Coline Pierré et Martin Page livrent un texte subtil qui questionne sur les conditions d’emprisonnement et la justice. Mais aussi sur les relations humaines, le pouvoir de l’art et l’espoir. Très touchant.

La folle rencontre de Flora et Max, Martin Page et Coline Pierré, EDL, 2018.

L’avis de Lucie et celui de Linda.

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C’est le point de vue de la maman séparée de son enfant qu’adopte Jo Hoestland dans La lettre que j’attends. En attendant cette fameuse lettre, elle imagine le quotidien de sa fille loin d’elle. Avec beaucoup de poésie, Jo Hoestland égraine les petits riens qui font les journées bien remplies des enfants. Plus que les grands événements, c’est probablement ces « détails » qui manquent le plus aux parents qui ne voient pas leurs enfants régulièrement. Un album très touchant.

La lettre que j’attends, Jo Hoestland, Delphine Grenier, Le baron perché, 2007.

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Zoé est née en prison où sont enfermées sa mère, sa tante et sa grand-mère, toutes les trois braqueuses de bijouteries. À 14 ans, elle est donc élevée par son père et son grand-père, aimants mais pour le moins originaux, et se questionne sur l’enfermement, le destin, la justice et elle-même. Dans Bandiya, La fille qui avait sa mère en prison, Catherine Grive déploie la finesse et l’humour qu’on lui connaît pour livrer un personnage riche en nuances et particulièrement attachant. Ainsi sa relation avec sa mère, entre tendresse et quête de reconnaissance saisi le lecteur et l’oblige à faire évoluer son regard sur les détenus.

Bandiya, La fille qui avait sa mère en prison, Catherine Grive, Fleurus 2018.

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Et vous, avez-vous lu et aimé des histoires sur cette thématique singulière ?

ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF pour son prix de littérature jeunesse 2025

Le Prix UNICEF de littérature jeunesse est de retour pour une nouvelle édition sur le thème Grandir dans un monde durable, ça n’attend pas ! avec pour marraine l’écrivaine Mélissa Da Costa. Comme pour chaque édition depuis cinq ans, nous avons lu la sélection et sommes ravies de partager nos retours de lectures avec vous.

Catégorie 3-5 ans

Deux Ours

Deux Ours, une rencontre inattendue de Patricia Hegarty & Rotem Telplow, Kimane, 2020.

Deux ours vivent dans des environnements bien différents, mais sont tous deux menacés par le changement climatique. Chacun d’eux entreprend de trouver un nouveau foyer… leurs routes vont se croiser ! L’album de Patricia Hegarty et Rotem Teplow aborde en douceur le changement climatique et les migrations. Il sensibilise les plus jeunes à l’impact de l’homme sur son environnement, et nous plonge das une belle d’histoire d’amour et de tolérance.

Ils apprirent à se connaitre et découvrirent qu’ils avaient beaucoup en commun, bien que l’un soit blanc et l’autre brun.

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NATURA

NATURA de Yuval Zommer, Minedition, 2023.

Natura, esprit de la Terre et du Vivant, toutes les espèces, humaines, animales et végétales. Elle est vaste et généreuse. Mais l’homme ne cesse de l’exploiter. Jusqu’à quand tiendra-t-elle ? C’est un enfant qui va tirer la sonnette d’alarme… Voilà un album poétique qui permet de réfléchir une nouvelle fois autour de la thématique de l’environnement. Le texte simple et la richesse des illustrations ouvrent sur de nombreuses discussions possibles. Pour se rapprocher de la nature… et à la protéger.

Chez elle, chaque créature trouvait sa place…et elles étaient toutes les bienvenues. Natura était grande.

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Le Premier Rayon de soleil

Le Premier Rayon de soleil d’Alain Millet, l’étagère du bas, 2022.

Léo et ses parents doivent déménager : le temps est devenu trop sec pour continuer à travailler la terre. Ils arrivent dans la forêt des oiseaux. Ces derniers les accueillent à bras ouverts. Exil et migration climatique au programme de cet ouvrage coloré, qui met en exergue le partage, l’entraide et la générosité.

Ils sont partis pleins de courage et d’espoir, ils ont navigué sur une mer agitée, bravé des pluies, jusqu’à arriver dans un pays inconnu…

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Petite Taupe : Tombe la pluie

Petite Taupe – Tombe la pluie d’Orianne Lallemand & Claire Frossard, Auzou, 2021.

Tiens, il pleut aujourd’hui ! Plic ploc, plic ploc. Mais… Pourquoi la pluie ne s’arrête-t-elle pas ? Les animaux vont tous être inondés ! Une aventure de Petite Tape qui est confrontée avec ses amis à une inondation. Encore une fois, partage et l’entraide sont mis en valeur dans cet ouvrage tout mignon.

« J’aime la pluie qui tombe, j’aime la pluie qui mouille ! » chante Léo la grenouille.

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Catégorie 6-8 ans

S.O.S. Forêt en détresse

S.O.S. Forêt en détresse de Marie Colot & Annabelle Gormand, Kilowatt, 2021.

C’est à une enquête que convie Marie Colot avec ce titre. Les jeunes lecteurs sont invités à suivre Eva et Vadim qui arrivent chez leur grand-mère pour les vacances d’été et et découvrent la forêt qui entoure sa maison dévastée. Qui a bien pu couper tous ces arbres et pourquoi ? Aidés par le garde forestier, ils vont mener l’enquête et percer ce mystère. Si les adultes peuvent regretter le côté très manichéen de l’intrigue et les illustrations un peu « plates », les enfants sont emballés par l’intrigue et se prêtent au jeu .

L’avis complet de Lucie.

Ouverture des camions. Bang, un premier tronc est jeté dedans.

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La jeune institutrice et le grand serpent

La jeune institutrice et le grand serpent d’Irène Vesco & Juan Palomino, Obriart, 2022.

Lorsqu’elle reçoit sa mutation, la jeune institutrice découvre qu’elle va aller enseigner au fin fond de la forêt amazonienne. Qu’importe, elle est prête à tout pour apporter la connaissance à ses futurs élèves ! La communauté de Las Delicias a de quoi faire rêver, et elle va montrer à cette toute nouvelle enseignante que si les connaissances académiques sont importantes, les légendes et les traditions ont elles aussi leur raisons d’être transmises. Un très joli conte porté par des illustrations aux couleurs chatoyantes !

Déterminée, elle bricola une petite étagère pour disposer ses livres, son trésor, la seule chose au monde qui lui donnait un sentiment de sécurité.

L’avis complet de Lucie.

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Débordés

DÉBORDÉS de Mariajo Ilustrajo, Glénat, 2023.

Des animaux sont tellement obnubilés par leur quotidien qu’ils ne se rendent pas compte que l’eau monte. Un peu d’eau, ce n’est pas grave, non? Des illustrations sublimes pour un conte qui pointe du doigt l’indifférence face aux catastrophes, mais met aussi en valeur l’entraide et la solidarité, seule solution pour survivre.

La ville se réveilla comme n’importe quel autre jour d’été. Mais quelque chose était différent. Ce n’était pas un problème. La ville était juste un peu… MOUILLÉE !

Les avis complets de Helolitla et Lucie.

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Le faiseur de nuages

Le faiseur de nuages de Damien Deville, Yacouba Sawadogo & Magali Attiogbé, Gründ Jeunesse, 2023.

Adapté d’une histoire vraie, Le faiseur de nuages raconte la réhabilitation d’un village. Alors qu’il avait été dévasté par les vents chauds du Sahara, un habitant tenace a trouvé les ressources et les astuces pour faire revenir douceur de vivre et habitants. Ode au partage d’expérience et à la transmission, cette histoire aux illustrations vives est source d’espoir face aux changements climatiques.

L’avis complet de Lucie.

Vous savez, les enfants, la rencontre est souvent ce qui permet de faire germer l’espoir !

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Catégorie 9-12 ans

Les aventures de moi-même – Journal de ma manif

Les aventures de moi-même – Journal de ma manif de Charly Delwart & Ronan Badel, Flammarion jeunesse, 2024.

Gaspard, dix ans, voit le terrain vague où il retrouve ses amis menacé par le projet de construction d’un supermarché. Les enfants vont organiser une manifestation pour sensibiliser la ville à cette situation. Ce titre a l’intérêt de montrer que des enfants peuvent eux aussi mettre en place des actions et surtout de détailler les étapes de la préparation d’une manifestation. Le tout avec les illustrations pleines de vie de Roman Badel.

Avec le terrain vague, on veut protéger la planète. Enfin un morceau de planète, même très petit mais quand même. Un morceau de nature dont tout le monde peut profiter. Ça c’est un projet commun.

L’avis complet de Lucie.

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PERMACITÉ !

PERMACITÉ ! d’Olivier Dain-Belmont & Fachri Maulana, Sarbacance, 2021.

Permacité ! est un album documentaire dans lequel Olivier Dain-Belmont rêve (comme l’indique le sous-titre) une ville inspirée de techniques et organisations qui existent déjà de manière morcelée à différents endroits du globe. Et cela fait envie ! En suivant Camille, nouvelle arrivée, à la recherche de son chat, le lecteur découvre toutes les techniques et les personnes qui participent à cette cité écologique idéale.

Les avis complets de Lucie et d‘Hélolitlà.

La Permacité est un rêve. Au vu de l’urgence écologique, c’est un rêve quil faudrait appliquer très bientôt ! Qu’attendons-nous ?

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Tout jaune

Tout jaune d’Hélène Canac, Jungle, 2023.

Victor et Léna vivent à la campagne chez leurs grands-parents où la pollution et le manque de soleil réduit considérablement les récoltes. Les deux enfants vont partir pour un voyage initiatique qui leur permettra de mieux comprendre l’histoire et les raisons de la disparition du soleil. Un album dont le sujet angoissant est contrebalancé par des illustrations assez douces.

– Tu te souviens du soleil, toi ?
– Non. . . il s’est couché quand je n’étais pas encore née. Et depuis, il ne s’est plus levé. Grand-mère dit qu’il déprime au pied de la montagne noire. . .
– Il ressemblait à quoi, tu sais ?
– À un rond tout jaune dans le ciel.

L’avis complet de Lucie, celui d’Helolitlà.

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CLIMAT

CLIMAT d’Eoin Colfer, Andrew Donkin & Giovanni Rigano, Robinson, 2023.

Sami vit dan le golfe du Bengale, Yuki en Nouvelle-Ecosse. Tous deux ne se connaissent pas, mais sont menacés par le changement climatique et ses conséquences : tempêtes, fonte des glaces et montée des eaux. Un livre qui alerte sur les conséquences du changement climatique auprès des populations.

Tout ce que je sais, c’est que, malgré l’immensité du monde, le nôtre rétrécit de jour en jour.

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Catégorie 13-15 ans

Le jour où j’ai voulu sauver la forêt

Le jour où j’ai voulu sauver la forêt de Nora Dåsnes, Casterman, 2023.

Bao est engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique et représente les élèves de son collège lors des réunions d’administration. Mais loin d’être entendu, sa voix n’a guère plus de valeur que le rôle qui lui a été assigné. Alors que l’équipe administrative décide de détruire la forêt aux abords de l’établissement pour agrandir le parking, elle décide de revendiquer le droit à la préservation de la forêt en mettant en place des moyens concrets pour faire entendre la voix des adultes de demain.

C’est quand on est confronté à la fin de quelque chose qu’on prend conscience de ce qu’on a perdu.
Si tout le monde attend que quelqu’un d’autre agisse, rien ne se presse.
Quand on a 12ans,on pense qu’on peut changer le monde. Mais on oublie souvent qu’il faut commencer par changer soi même.

Nora Dåsnes dresse les différentes étapes du combat d’une jeune fille colérique qui souhaite faire comprendre que l’urgence climatique est l’affaire de tous. Les rapports sur le climat en vue des différentes réunions sont de belles réussites de vulgarisation, et l’opposition des points de vues autour de la question du parking est l’occasion de montrer que la parole des enfants, même élus, est rarement prise en compte. Une BD qui pousse à réfléchir et donne quelques clés en fin d’ouvrage pour s’engager.

L’avis complet de Lucie.

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Eddie et Noé – Tome 1

Eddie & Noé, Tome 1. Plus chauds que le climat ! de Max de Radiguès & Hugo Piette, Sarbacane, 2023.

Cette BD met en scène Eddie et Noé qui vont sécher les cours pour se rendre aux manifestations pour le climat. Et en profiter pour découvrir l’amour – tout en se sensibilisant au rascisme, à l’homosexualité, aux scarifications et aux difficultés d’un parent solo. L’ambition est belle et les illustrations pleines de vie, mais on peut regretter l’accumulation de thématiques qui noient un peu le lecteur.

Ouaip ! On lâchera rien…

…et on est plus chaud que le climat !

L’avis complet de Lucie, celui d’Hélolitlà.

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Le temps des ogres

Le temps des ogres de Michelle Montmoulineix, Hélium, 2023.

La sécheresse a modifié la surface de la Terre en un immense désert. Les quelques survivants ont perdu toute humanité, les adultes sont devenus des ogres qui dévorent les enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes. Dénués de langage et de pensée, ces derniers vivotent en attendant d’être « récoltés »… Lorsque Victoire se mêlent à un groupe de sauvageons, son empathie et sa capacité à instruire les autres enfants en font une menace pour les adultes mais un nouvel espoir pour l’humanité.
Un récit cruel mais porteur d’espoir, entre anticipation et conte, qui place l’éducation comme outil indispensable à la conquête de la liberté !

Les avis complets de Frede, Linda et Lucie.

La musique, composée par un génie d’un autre siècle, évoquait des saisons qu’elle n’avait jamais connues. Les instruments de l’orchestre emplissaient ses oreilles de chants d’oiseaux et de bourdonnements d’insectes disparus, évoquaient des printemps et des étés vert et bleu enluminés par le tracé argenté de rivières étincelantes. Ils faisaient palpiter ses narines du parfum sucré de haies fleuries. Puis les violons gémissaient et bramaient, et Victoire sonnait comme on frissonnait jadis par les soirées d’automne.

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La gardienne de la forêt

La gardienne de la forêt de Nathalie Bernard, Thierry Magnier, 2023.

En Amazonie, le frère de Diana vient d’être abattu par des bûcherons illégaux. La jeune fille décide de reprendre son rôle de « gardien de la forêt », pour tenter de sauver ces arbres qui font partie de son quotidien, mais sont aussi le « poumon de la planète ». Mais que peut-on faire à 13 ans face à ces pilleurs organisés ? Un ouvrage immersif, actuel et brûlant sur un sujet très actuel, autour de la question de la déforestation et de la destruction de la forêt amazonienne.

Elle avait adoré déchiffrer les lettres et lire les phrases jusqu’à ce qu’elles forment des images dans son esprit. Elle avait aimé découvrir des histoires passionnantes dans les livres et avait pris goût à l’écriture.

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Avez-vous lu certains de ces livres ? Avez-vous envie de les découvrir ? Nous vous invitons à guetter les lauréats de chaque catégorie sur le site my.unicef.fr qui seront annoncés le 5 juin prochain. Nous les partagerons sur notre page facebook.