Prix ALODGA – catégories Belles branches et Grandes feuilles

Comme tous les ans au mois de mai, voici le grand retour du PRIX Alogda !

Petit rappel du fonctionnement du prix : toute l’équipe du blog sélectionne ses ouvrages préférés, parus en 2025, dans différentes catégories. Chacun.e en lit le plus possible. Après un premier vote interne, trois titres sont pré-sélectionnés dans les catégories suivantes :

  • Belles branches (romans ado)
  • Grandes Feuilles (romans jeunesse jusqu’à 11 ans)
  • Petites feuilles (albums pour « grands »)
  • Brindilles (albums premier âge)
  • Branches dessinées (BD)
  • Racines (documentaires)

Nous allons vous les présenter dans les prochaines semaines, et c’est vous qui allez pouvoir voter pour élire LE lauréat de chaque catégorie !

Aujourd’hui nous commençons par les Belles branches,et les Grandes feuilles.

Rappel : vous avez jusqu’au samedi 6 juin 20h30 pour nous indiquer vos titres préférés et les lauréats seront annoncés le lundi 8 juin !

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Catégorie Belles branches

Huit titres avaient été pré-sélectionnés dans cette catégorie, et ils ont donné lieu à de grandes discussions ! Voici les trois qui ont finalement remporté les suffrages :

Nos Constellations, de Florence Quentin :

Maxence. Aurélien. Deux lycéens qui ont vécu chacun un drame. Deux anciens amis d’enfance, qui se retrouvent sept ans après. Avec cette question, au fond d’eux : l’alchimie qu’ils ont ressenti étant enfants est-elle toujours là ?

Nos Constellations, de Florence Quentin, est un roman très émouvant, qui aborde des thèmes difficiles : harcèlement, deuil, homophobie. Ses deux protagonistes sont très touchants, écorchés, à vif, mais aussi lumineux lorsqu’ils se retrouvent deux. C’est aussi l’histoire d’un amour naissant, si profond qu’il renverse tout sur son passage. Dans un Sud ensoleillé, tout un microcosme gravite sous nos yeux. C’est poétique, on s’y croirait. C’est dur, parfois, on a les larmes aux yeux. Pour refermer cet ouvrage avec un pincement au cœur et l’idée, sublime, que l’amour triomphe des difficultés.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Ed. Didier jeunesse. 2025

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Le silence est à nous, de Coline Pierré

Le silence est à nous, qui a remporté le Prix Vendredi des lecteurs du pass culture, avait attiré l’oeil des arbronautes, et pour cause ! D’ailleurs nous en avions fait une lecture commune.

Leo assiste à l’agression sexuelle d’une de ses camarades, Maryam. Sous le choc, elle n’ose pas intervenir… Mais décide de revenir vers elle ensuite, et de faire entendre sa voix.

Un roman en vers libre touchant, féministe, et engagé, dont les enjeux peuvent parler à toustes. Ici, le silence est une arme, pour lutter contre le mépris de certains adultes, et les yeux qui se ferment sur les violences faites aux femmes et les stéréotypes de genre. C’est un roman percutant, incisif, qui pointe les derives et invite à se battre contre les inégalités.

Le silence est à nous, de Coline Pierré. Ed. Flammarion jeunesse, 2025

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Hyper, d’Émilie Chazerand

Miriam, une adolescente très mal dans sa peau, a vécu un traumatisme qu’elle ne parvient pas à surmonter. Harcelée, désespérée, elle tente de mettre fin à ses jours, mais échoue. Sa mère, Barbara, l’envoie direct en thérapie. Là, son psy lui demande de tenir un journal, enfin deux : l’officiel, celui qu’elle laisse traîner pour que sa mère le lise, et le « vrai », celui dans lequel elle déverse toute sa colère, sa rage, son ml-être. Le tout avec un humour décapant, et une auto-dérision XXL.

Hyper, c’est une lecture qui bouscule, douloureuse et belle, avec des personnages hauts en couleurs, pleins de défauts mais auxquels on s’attache quand même. Harcèlement, santé mentale, regard des autres et surpoids, grossophobie, c’est traité de manière cash, parfois foufou, on passe du rire aux larmes en quelques phrases. Intense, caustique à souhait, presque dérangeant parfois, c’est un roman qui ne vous laissera pas indemne…

Retrouver notre lecture commune sur ce titre et l’interview d’Emilie Chazerand.

Hyper, d’Emilie Chazerand. Pocket jeunesse, 2025

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A vous de voter pour votre titre préféré !

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Catégorie Grandes feuilles

Cette catégorie de titres concernait les jeunes lecteurs de primaire. Sur les 5 titres pré-sélectionnés, voici les 3 qui ont particulièrement retenu notre attention !

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On commence avec Jean-Amédée, impérateur, de Gwendoline Raisson, illustré par Christian Heinrich qui prête également son coup de crayon aux Petites Poules de la série bien connue.


C’est l’histoire d’un jeune crapaud à qui sa maman a toujours dit qu’il était le plus beau, et qui de ce fait se sent un peu supérieur aux autres (ses 4567 frères et soeurs) et nourrit de grandes ambitions. Ambitions qu’il parvient à atteindre par des moyens assez peu recommandables, en s’attribuant le mérite d’un exploit accompli par sa grande amie Bérénice avec qui il coule des jours paisibles et s’entend à merveille.

Un baiser plus tard, le voici prince… Enivré par le pouvoir, il prend des décisions sans réfléchir aux conséquences mais se lasse vite et vise plus grand encore ! Il parviendra à devenir roi, puis empe… Euh impérateur, mais aucun de ces statuts ne le satisfait sur le long terme. L’ennui le rattrape toujours.

Toutes ces péripéties lui permettront-elles de comprendre qu’il faut parfois savoir se satisfaire de ce que l’on a et surtout, ne pas piétiner les autres pour réussir ? Rien n’est moins sûr !

Un prénom faussement snob mais un brin ridicule, un conte de fée revisité car cette fois c’est le crapaud qui doit se faire embrasser par une princesse et un humour décapant, tels sont les ingrédients d’un roman à lire à partir de 8 ans, au second degré, pour lire et réfléchir en même temps !

Jean-Amédée, impérateur, Gwendoline Raisson, Christian Heinrich. Pocket jeunesse, 2025

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L’echappée belle de Marta est un très beau roman qui met en scène une oie pâtissière passionnée mais épuisée. Elle n’a pas le moral mais ne veut pas se l’avouer, habituée qu’elle est à tenir le rythme et à ne pas s’apesantir sur elle-même.

Un vague à l’âme s’installe sans qu’elle ne parvienne réellement à déterminer pourquoi.

Le médecin lui conseille une pause, lui disant qu’il a lui-même connu cette grande fatigue.

Un retour sur les lieux de ses vacances d’enfance lui fait l’effet d’un retour aux sources. Pendant plusieurs jours elle quitte la frénésie de son rythme quotidien. Ce repos fera revenir la joie et chassera les gros nuages, lui laissera le temps, aussi de digérer « ces vieux chagrins enfouis depuis tant d’années qui, soudain, remontaient ».

En laissant la marée emporter ses tracas et en se confiant à un inconnu, tout ira mieux. Un thème qui parle beaucoup aux adultes mais qui touche forcément les enfants, eux aussi parfois soumis à un rythme soutenu. Tout en poésie, ils comprendront qu’il peut arriver à chacun de déprimer un peu et que parfois se poser, se confier, permet ensuite de repartir de plus belle au milieu des autres, prêt à dévorer de délicieuses pâtisseries !

L’echappée belle de Marta, Delphine Roux et Gaëlle Duhauzé, Hong Fei Editions, 2025

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Le musée des générosités est un roman très touchant dans un tout autre registre.

Très court, il évoque une rencontre entre Suzie et Idris. Elle est une petite fille qui se promène avec sa maman qui lui achète un nouveau pull. En sortant, elle croise Idris avec sa famille. Leur communication ne sera que visuelle mais elle laissera volontairement tomber son gilet pour qu’il s’en empare.

Cet acte de générosité marquera profondément le petit garçon, d’autant qu’elle a oublié une figurine de chat dans la poche. Il y tient comme les enfants peuvent tenir à ces petits objets. Chacun grandit et développe ses passions, en pensant régulièrement l’un à l’autre.

Des années plus tard, Suzie apprendra que son geste a profondément marqué Idris… Pour en savoir plus et éventuellement verser une petite larme, rendez-vous au musée des générosités.

Les très belles illustrations ajoutent au charme de ce livre, qui fait réfléchir sans donner de réponses et touchera les enfants. Ecrit pour eux, il leur transmettra implicitement des valeurs de générosité, évidemment, mais aussi de non-jugement et de tolérance, sans angélisme.

Le musée des générosités, Laurence Gillot, éditions du Pourquoi Pas, 2025

A vous de voter pour votre titre préféré !

Quel titre de la sélection Grandes feuilles préférez-vous ?

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Et la semaine prochaine nous vous présenterons la sélection des albums pour les petits avec les catégories Brindilles et Petites feuilles.

EVARS au collège, une sélection de livres jeunesse

Après les articles consacrés aux titres pouvant servir de support à l’EVAR à destination des élèves de maternelle puis de primaire, voici celui qui marque l’arrivée du S pour sexualité avec les titres pour les collégiens. Documentaires, albums, BD ou romans, nous les avons classés selon les entrées du programme pour faciliter leur utilisation. Nous avons tenté d’être le plus exhaustives possibles pour que chacun et chacune puisse trouver les supports qui convient le mieux.

Merci aux attachées de presse qui nous ont aidées à élaborer cette liste : Annick Antoniazzi (Éditions du Pourquoi pas ?), Sophie Bès de Berc (éditions Milan), Gilberte Bourget (L’agrume / Syros), Louise Brouilhet (Didier Jeunesse), Amandine Byrotheau (Rue du monde), Abélia Catty (Little Urban), Cécile Emeraud (Voce Verso), Emma Georges (Casterman), Célia Giglio (Pocket Jeunesse / Slalom), Manon Lalouelle (L’école des loisirs), Anaïs Malherbe (Sarbacane), Amélie Müller (Editions de l’Isalis), Yves Nadon (Editions d’Eux), Audrey Sauser (Editions du Ricochet), Elisabeth Tielemans (agence Mauvaise Herbe) et Valéria Vanguelov (Grasset jeunesse).

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Notre sélection pour le collège

Ouvrages généraux pour se questionner

A quoi tu penses ?, Géraldine Mosna-Savoye, Clémentine Pontavice, L’école des loisirs, 2023.

Je suis qui ? Je suis quoi ?, Sophie Nanteuil, Jean-Michel Billioud, Zelda Zonk et Terkel Risbjerg, Casterman, 2019.

Sixième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Connaître les changements induits par la puberté. Corps, amour, sexualité : les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Charline Vermont, Albin Michel, 2022.
Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Jan von Holleben, Antje Helms, Syros, 2014.
Nichonnées fantastiques, Marion Cocklico, Grasset jeunesse, 2025.
Petit chaperon, Beatriz Martín Vidal, Grasset jeunesse, 2025.
Comprendre que la puberté est une composante de l’adolescence, qui entraîne des changements physiques, physiologiques, psychologiques et affectifs, et savoir que ces changements se produisent selon des rythmes différents pour chaque individu.Journal intime de mon corps, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2022.
Journal intime de mon cœur, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2024.
La mousse, Nina Six, Sarbacane, 2024.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
La puberté et moi, L’essentiel pour la vivre sereinement, Sophie Bordet-Petillon, avec l’expertise de Marie-Rose Moro, illustré par Océane Meklemberg, Hygée éditions, 2021
Savoir que les menstruations (règles) douloureuses nécessitent une consultation médicale.C’est beau le rouge, Lucia Zamolo, La Martinière, 2021.
Changer les règles, Claire Lecoeuvre, Victoria Roussel, Actes Sud Jeunesse, 2023.
Naître fille, Alice Dussutour, Editions du Ricochet, 2022.
Mon corps qui change : 50 conseils pour apprendre à s’aimer, Marawa Ibrahim, Sinem Erkas, Gallimard jeunesse, 2019.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Caractériser le contexte, la nature et les enjeux d’une relation interpersonnelle : indifférence/intérêt ; familiarité/altérité ; sympathie/antipathie ; attirance/répulsion.Journal intime de mon cœur, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2024.
Lettre à toi qui m’aimes, Julia Thévenot, Sarbacane, 2021 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO).
Crush collège : tous en scène !, Pascale Perrier, Inês Cerquiera, Poulpe fictions, 2026.
Savoir penser de façon critique : reconnaître les influences positives et négatives des pairs sur les décisions et les comportements à l’adolescence.Esprit critique
L’attaque des slips tueurs, Elise Gravel, Milan, 2023.
STOP aux fake news, Lina Fourneau, Lise Pressac, Clémentine Latron, Magenta éditions, 2026.

Harcèlement
La jungle, harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.
Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier jeunesse, 2020.
Six contre un, Cécile Alix, Pocket jeunesse, 2025.
Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Connaître, en particulier dans l’usage des outils numériques, le cadre légal qui vise à protéger la vie privée et respecter l’intimité de tout individu et la dimension éthique qui le sous-tend.#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
Mon deuxième cerveau, Gaël Aymon, Héloïse Solt, L’école des loisirs, 2024.
M@ sixième, Estelle Billon-Spagnol, Didier jeunesse, 2024.
Développer des relations constructives : développer des liens sociaux.Le garçon du fond de la classe, Onjali Q. Raúf, Pippa Curnick, Gallimard jeunesse, 2022.
Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser, Jo Witek, Seuil jeunesse, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Étudier les fonctionnements sociaux :
– en différenciant : règles, normes, modèles et stéréotypes ;
– en interrogeant les normes sociales et culturelles et en analysant leurs impacts ;
– en considérant les processus de hiérarchisation ou d’exclusion (réelle ou symbolique) à l’œuvre au sein des groupes d’appartenance.
La drôle d’histoire du corps : mœurs, tabous et autres inventions anatomiques à travers les âges, Laurent Turcot, Héloïse Le Glaunec, Point Nemo, 2026.
Etre un garçon, la masculinité à contre-courant, Karim Ouaffi, Mikankey, Editions du ricochet, 2024.
Y’a plein de manières d’être un garçon, Thomas Messias, Sarah Loulendo, Casterman, 2025.
Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
La boucle d’oreille rose, Séraphine Menu, Sylvie Serprix, Motus, 2022.
Comprendre ce que signifie, à la puberté, la liberté d’être soi-même et le devoir de respect des autres.Ça va le faire !, Hélène Meunier, Editions de l’Isatis, 2022.
Va te changer !, Cathy Ytak, Thomas Scotto, Gilles Abier, Editions du Pourquoi Pas ?, 2019.
Développer des relations fondées sur l’acceptation des autres dans leur diversité, la collaboration, la coopération, l’entraide.Superman n’est pas juif (et moi un peu…), Jimmy Bemon, Emilie Boudet, La Boite à Bulles, 2020.
L’île aux chats, Kim Chungmi, Thierry Magnier, 2008.
Ophélie, Charlotte Gingras, Daniel Sylvestre, Alice jeunesse, 2018.
Les fabuleuses aventures d’Aurore, Douglas Kennedy, Joann Sfar, Pocket Jeunesse, 2019.
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, Lisa Thompson, Pocket jeunesse, 2017.

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Cinquième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Différencier sexe, genre et orientation
sexuelle et respecter leurs diversités.
Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Briere Haquet, Lionel Larchevêque, Actes Sud, 2010.
A copier 100 fois, Antoine Dole, Sarbacane, 2013.
Comprendre comment l’attirance et
les sentiments amoureux permettent de
prendre conscience de son orientation
sexuelle.
Amourons-nous, Geert De Kockere, Sabien Clement, Le Rouergue, 2007.
Les tragédies romantiques d’un drama king, Harry Trevaldwyn, Gallimard jeunesse, 2026.
Amour amour amour, Unt’ Margaria, Talents hauts, 2024.
Comprendre que la diversité des
apparences physiques n’empêche pas
l’égalité, et réciproquement.





Développer des relations sociales
constructives : l’acceptation des autres
dans leur diversité.
Wonder, R. J. Palacio, Pocket jeunesse, 2012.
L’anguille, Valentine Goby, Thierry Magnier, 2020.
Nos cœurs tordus, T.1 – Ça tourne au collège, Séverine Vidal, Manu Causse, Javi Rey, Bayard jeunesse, 2023.
Superman n’est pas juif (et moi un peu…), Jimmy Bemon, Emilie Boudet, La Boite à Bulles, 2020.
L’île aux chats, Kim Chungmi, Thierry Magnier, 2008.
Ophélie, Charlotte Gingras, Daniel Sylvestre, Alice jeunesse, 2018.
Les fabuleuses aventures d’Aurore, Douglas Kennedy, Joann Sfar, Pocket Jeunesse, 2019.
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, Lisa Thompson, Pocket jeunesse, 2017.
Plume, une histoire d’anorexie, Pascal Clavel Gabrielle Morisseau, éditions de l’Isatis, collection Griffs, 2025.
Un simple soupçon, Sandrine Beau, Mijade, 2021.
Identifier la santé comme un « état
complet de bien-être physique, mental
et social » (définition de l’Organisation
mondiale de la santé).
Panique organique, Marion Montaigne, Sarbacane, 2007 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
A la poursuite des animaux arc-en-ciel, Sarah Ann Juckes, Sharon King-Chai, Little Urban, 2024.
La Cabane, Ludovic Lecomte, L’école des loisirs, 2024.
Par delà les vagues, Catherine Grive, Anouk Alliot, Seunghee Choi, Editions du Pourquoi Pas ?, 2021.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Reconnaître l’importance de la diversité et de la non-discrimination et prendre conscience que chaque individu a droit à la liberté et au respect.• Naître fille, Nos futurs, Alice Dussutour, Éditions du Ricochet, 2026.
• Naître fille, Notre courage, Alice Dussutour, Éditions du Ricochet, 2026.
Etre un garçon, la masculinité à contre-courant, Karim Ouaffi, Mikankey, Editions du Ricochet, 2024.
La Ligue des super féministes, Mirion Malle, éditions la Ville Brûle, 2019.
Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
Beurre breton et sucre afghan, Anne Rehbinder, Actes Sud jeunesse, 2021.
La tour de Jeanne, Florence Médina, Mary-Gaël Tramon, Poulpe fiction, 2023.
Identifier ce qui caractérise une relation interpersonnelle positive et ce qui caractérise une relation interpersonnelle négative.Comment j’ai réussi mon chagrin d’amour, Catherine Grive, Sarbacane, 2025.
Antoine et la fille trop bien, Alexandre Franc, Sarbacane, 2021.
Simon & Louise, Max de Radiguès, Sarbacane, 2020 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
Comprendre que tout acte de nature sexuelle non désiré constitue une violence sexuelle.



S’affirmer par le consentement et le refus.
Et si on se parlait ?, Andréa Bescond, Mathieu Tucker, Harpercollins, 2020.
Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried Filliozat, Pocket, 2020.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Développer des relations sociales fondées sur l’acceptation des autres dans leur diversité, la collaboration, la coopération, l’entraide.Quand on dansait sur les toits, Tristan Koëgel, Didier jeunesse, 2023.
La Coloc’, Manu Causse, Slalom, 2023.
Prendre conscience que les réseaux sociaux et Internet diffusent des contenus sexuellement explicites, interdits aux personnes mineures, qui peuvent être choquants, violents, peuvent véhiculer des stéréotypes et banaliser des comportements violents. Élaborer des stratégies pour s’en protéger et protéger les autres.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir les notions de liberté, de respect et d’égalité concernant le sexe, le genre et l’orientation sexuelle. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Briere Haquet, Lionel Larchevêque, Actes Sud, 2010.
A copier 100 fois, Antoine Dole, Sarbacane, 2013.
Petit chaperon, Beatriz Martín Vidal, Grasset jeunesse, 2025.
Identifier des situations de cyberviolences à caractères sexistes et sexuels et leurs effets néfastes.Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Comme des images, Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2019.
Prendre conscience que chaque individu possède des droits humains (droit à la dignité, droit au respect de sa vie privée, droit à l’image). La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.
Savoir comment réagir de manière efficace lorsqu’une personne est victime de harcèlement ou de violences sexistes ou sexuelles (pratiquer une écoute empathique, apporter du soutien solidaire à la victime, signaler les violences).Harcèlement
La jungle, harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.
Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier jeunesse, 2020.
#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
Six contre un, Cécile Alix, Pocket jeunesse, 2025.
La sans-visage, Louise Mey, L’école des loisirs, 2025.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Prendre conscience que l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux peut entraîner des situations dangereuses ou des infractions à la loi, élaborer des stratégies pour s’en protéger et protéger les autres.#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
A l’ombre de l’oubli, Mireille Desdero, Seuil Jeunesse, 2013.
Tous connectés, Mathilde Giard, Marigribouille, La Martinière, 2018.
Développer sa capacité d’écoute, l’attention portée aux autres et des relations sociales constructives.Les désaccordés, Anne Cortey, L’école des loisirs, 2023.
Une guitare pour deux, Mary Amato, Nathan, 2013.
Les anges pleurent en silence, Arthur Ténor, Oskar éditeur, 2014.
Sauveur & Fils, Marie-Aude Murail, L’école des loisirs, série de 7 tomes depuis 2016.
Le carnet du club des 4, Vickie VanSickle, Laure Delattre-Faure, Poulpe Fiction, 2026.
Savoir faire des choix responsables.L’attaque des slips tueurs, Élise Gravel, Milan, 2023.
STOP aux fake news, Lina Fourneau, Lise Pressac, Clémentine Latron, Magenta éditions, 2026.

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Quatrième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Envisager les différents aspects de la sexualité : physique/psychologique ; personnelle/interpersonnelle ; impliquant différentes parties du corps ; faisant l’objet d’une série de représentations et de modèles sociaux pouvant impliquer l’amour, le plaisir, la reproduction.Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Antje Helms, Jan von Hollenben, Syros, 2014.
16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles, 2017.
Amour(s), Alexandre Tess, Camille Deschiens, éditions Des Éléphants, 2022.
Ni prince ni charmant, Florence Médina, Talents hauts, 2025.
A la tombée du ciel, Sophie Cameron, Nathan, 2019.
Savoir qu’il existe des personnes intersexes. Qui sont les LGBT+ ?, Cécile Benoist, Élodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2024.
Polly, Fabrice Melquiot, Isabelle Pralong, La joie de lire, 2021.
Envisager la sexualité comme un cheminement personnel singulier et comprendre sa diversité d’expression.Gwen et Art are not in love, Lex Croucher, Casterman, 2023.
Comprendre, identifier, apprendre à gérer ses émotions.Petite chose / Et si l’on s’aime, Cathy Ytak, Claire Beuve, Joséphine Forme, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.
Je ne dirai pas le mot, Madeleine Assas, Actes Sud Jeunesse, 2022.
Connaître où et comment s’informer ou bénéficier de dépistages ou d’une prise en charge médicale en santé sexuelle (vaccination contre les infections à papillomavirus humains, douleurs gynécologiques, troubles du cycle menstruel, dépistage de l’endométriose, etc.).SOS contraception – Les clés pour comprendre son corps et bien choisir sa contraception, Marie-Laure Brival, Violette Suquet, First, 2021.
Girls : no panic, Hayley Long, Gemma Correll, Milan, 2015.
Boys : no panic, Dawson, Marion Montaigne, Milan, 2015.
Blue Cerises (Saison 3). Amos : Anticorps, Sigrid Baffert, Milan, 2010.
Développer sa capacité à faire des choix responsables.Fake news, Léon Maret, Éditions 2042, 2026.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir la notion de relation (échange, don, partage, réciprocité), les positions au sein des groupes d’appartenance, la notion de consentement dans son rapport à la liberté.Les nouvelles vagues, Arnaud Catherine, Pocket Jeunesse, 2026.
Coeurs sourds, Laura Desprein, L’école des loisirs, 2023.
Une année pour toujours, Lucile de Pestoüan, Talents hauts, 2022.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Connaître les incidences des réseaux sociaux sur les relations et les choix de relations : être ou ne pas être sous le regard des autres ; examiner ce que ce regard des autres apporte à l’affirmation de soi et à la reconnaissance, pourquoi il peut aussi nuire et comment s’en protéger ; identifier les ressources et les comptes favorables ou non au bien-être et à l’estime de soi.Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Silence radio, Alice Oseman, Nathan, 2023.
Challenge chicken wings, Jean-Christophe Tixier, Syros, 2024.
Chain Mail, Hiroshi Ishizaki, Editions du Rocher, 2009.
Comprendre les problèmes associés à la diffusion et au commerce des images (des autres ou de soi), à la marchandisation du corps, à l’exploitation sexuelle, à la prostitution des mineurs, savoir comment il est possible de s’en protéger et d’être aidé pour le faire.
Virgin Mojito, Louison Nielman, Le Muscadier, 2025.
Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Le Rouergue, 2020.
En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Le secret de la dame en rouge, Béatrice Bottet, Scrineo, 2017.
L’infortune de Kitty Grey, Mary Hooper, Les Grandes Personnes, 2014.
L’enfant du trottoir d’en face, Marc Cantin, Oskar éditeur, 2014.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Comprendre l’importance de prendre des décisions favorables à sa santé et celle des autres, faire des choix responsables :
– décision d’avoir ou non un rapport sexuel ;
– prévention des infections sexuellement transmissibles (modes de transmission et moyens de protection) ;
– prévention des grossesses non prévues et/ ou non désirées (moyens de contraception, interruption volontaire de grossesse).
Identifier un adulte de confiance, un lieu, un service d’aide et de soutien à qui s’adresser pour échanger, poser des questions, trouver des informations en lien avec sa santé sexuelle, bénéficier d’un dépistage ou d’une prise en charge médicale ou être aidé en cas de violences sexistes et sexuelles (y compris l’inceste) ou de violences fondées sur des discriminations telles que définies par le Code pénal.Livrets Stop aux violences sexuelles (éditions Bayard), à télécharger : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Livret-STOP_auxviolences_sexuelles-faites-aux-enfants.pdf
Nos corps jugés, Catherine Cuenca, Editions Talents Hauts, 2022.
La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.

Inceste
La-Gueule-du-Loup, Eric Pessan, L’école des loisirs, 2021.
Savoir demander de l’aide pour soi ou pour une autre personne.En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Imbécile heureux, Jean-François Sénéchal, Sarbacane, 2021.
Délit de solidarité, Myren Duval, Rouergue, 2021.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Analyser la notion de norme sociale, de modèle, de stéréotype et réfléchir aux effets induits : intégration, exclusion, socialisation, normalisation.Qu’est-ce qui fait mon genre ?, Aïda N’Diaye, Léa Murawiec, Gallimard jeunesse, 2022.
Beurre breton et sucre afghan, Anne Rehbinder, Actes Sud jeunesse, 2021.
Wonder, R. J. Palacio, 2014.
Repérer et expliquer la différence entre des situations ou des représentations égalitaires et d’autres qui ne le sont pas (femmes/hommes ; majorités/minorités).• Naître fille, Nos futurs, Alice Dussutour, Éditions du Ricochet, 2026.
• Naître fille, Notre courage, Alice Dussutour, Éditions du Ricochet, 2026.
Les têtes hautes, Cathy Ytak, Talents hauts, 2023.
Le Renard et la Couronne, Yann Fastier, Talents Hauts, 2018.
La fille d’Avril, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
Calpurnia, Jacqueline Kelly, L’école des loisirs, 2015.
Calpurnia et Travis, Jacqueline Kelly, L’école des loisirs, 2017.
Savoir penser de façon critique.Fake news, Léon Maret, Éditions 2042, 2026.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.
Décrypter les messages et les images de la sexualité dans les médias (explicites et/ou implicites).
Comprendre la notion de pornographie, la différencier des contenus érotiques et prendre conscience que la pornographie représente, de manière faussement réaliste et stéréotypée, des actes sexuels dépourvus de toute dimension affective ou sentimentale et souvent violents.Y a plein de manières d’être garçon, Thomas Messias, Sarah Loulendo, Casterman, 2025.
Non c’est non ! : contre le harcèlement sexuel, Nadia Leïla Aïssaoui, Édith Carron, Actes Sud jeunesse, 2019.
Le cœur, le corps et tout le reste, Eric Pessan, L’école des loisirs, 2025.
Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Comprendre les raisons de l’interdiction d’accès des mineurs à la pornographie, inscrite dans le Code pénal.
Identifier les conséquences de la prostitution sur la santé des victimes et prendre conscience que les réseaux prostitutionnels utilisent les réseaux sociaux pour développer leurs activités illégales.
Virgin Mojito, Louison Nielman, Le Muscadier, 2025.
Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Le Rouergue, 2020.
En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Le secret de la dame en rouge, Béatrice Bottet, Scrineo, 2017.
L’infortune de Kitty Grey, Mary Hooper, Les Grandes Personnes, 2014.
L’enfant du trottoir d’en face, Marc Cantin, Oskar éditeur, 2014.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.

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Troisième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir les notions de désir, d’excitation, de plaisir, de bonheur, ainsi que leurs relations à la sexualité. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
Sexpérience – Les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried-Filliozat, Robert Laffont, 2019.
Ceci n’est pas un livre de sexe, Chusita, Maria Lolvet,  Nathan, 2018.
Petit Guide pour une sexualité féministe et épanouie, Osez le Féminisme, Les Frangines, Anne Billows, éditions First, 2021.
Vingt-quatre secondes avant nous, Jason Reynolds, Milan, 2025.
This is not a love letter, Anouk Filippini, Auzou, 2023.
Faire la différence entre le désir qui fait
référence aux imaginations, aux émotions
et aux envies, et le comportement qui
correspond à des actions qui peuvent être
réfléchies et contrôlées ; examiner la part
et la place de la liberté dans ces différentes situations.
16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles, 2017.
Amour(s), Alexandre Tess, Camille Deschiens, éditions Des Éléphants, 2022.
Queen Kong, Hélène Vignal, Thierry Magnier, 2021.
Comprendre que le désir peut ne pas
toujours être assouvi.

Développer sa capacité à maîtriser ses
impulsions, ses émotions et ses sentiments.
Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Antje Helms, Jan von Holleben, Syros, 2014.
Ni prince ni charmant, Florence Medina, Talents hauts, 2025.
Comme ton père, Gilles Abier, In8, 2021.
Prendre conscience que les pratiques
de mutilations sexuelles féminines, qui
ne touchent pas directement la fonction
reproductive et atteignent la fonction
de plaisir, de sexualité et de construction
de soi des femmes qui en sont victimes,
correspondent à une appropriation du
corps des femmes et à l’enrayement de
leur liberté de choix.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Distinguer les notions de partage, de consentement, de réciprocité, de frustration ; prendre la mesure des enjeux et des difficultés liés au partage des sensations, des émotions, des plaisirs : par exemple, être d’accord ou pas ; être synchrone ou asynchrone.Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried Filliozat, Pocket, 2020.
Le consentement, on en parle ?, Justin Hancock, Fuchia MacAree, Gallimard jeunesse, 2022.
Pourquoi ?, la psychologie expliquée aux adolescents, 12 à 15 ans, Caroline Goldman, Dunod, 2025.
Rien que ta peau, Cathy Ytak, Actes Sud, 2014.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Notre feu, Alexandre Chardin, Rageot, 2021.
Analyser la notion de risque, pour soi et pour les autres, aux plans physiques et psychologiques ; faire des choix responsables pour sa santé et celle des autres.


Prendre la mesure des risques à prévenir ou à maîtriser s’agissant de la sexualité :
– réduction des risques d’infections sexuellement transmissibles (IST), y compris d’infection par le VIH : modes de transmission, moyens de protection, dépistage, prophylaxie préexposition (PrEP), traitement post-exposition au VIH (TPE), vaccination contre les infections à papillomavirus (HPV) ;
– grossesses non prévues et/ou non désirées : moyens de contraception, tests de grossesse, interruption volontaire de grossesse (IVG).
SOS contraception – Les clés pour comprendre son corps et bien choisir sa contraception, Marie-Laure Brival, Violette Suquet, First, 2021.
Girls : no panic, Hayley Long, Gemma Correll, Milan, 2015.
Boys : no panic, Dawson, Marion Montaigne, Milan, 2015.
Blue Cerises (Saison 3). Amos : Anticorps, Sigrid Baffert, Milan, 2010.
17 millimètres, Florence Médina, Scrineo, 2024.
Prendre conscience de la place qu’occupent l’attirance et les sentiments dans une relation.
Reconnaître l’importance de donner et d’obtenir le consentement. Apprendre à accepter un refus de la part de l’autre.Le consentement, on en parle ?, Justin Hancock, Fuchia MacAree, Gallimard jeunesse, 2022.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Prendre conscience que l’usage de substances psychoactives modifie le raisonnement et augmente le risque de prise de décision inappropriée y compris en matière de sexualité.
Reconnaître des mécanismes d’emprise et des situations de violences (physiques, psychologiques, verbales, violences sexistes, violences sexuelles, cyberviolences, violences au sein du couple ou non) ; prendre conscience de leurs effets néfastes et de l’importance pour une personne qui en est victime de chercher du soutien.Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Push, Annelise Heurtier, Casterman, 2021.
Point de fuite, Marie Colot, Nancy Guilbert, Gulf Stream, 2020.
Le silence est à nous, Coline Pierré, Flammarion, 2025.
• Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.
Quelle est la couleur du ciel aujourd’hui, Marilou Rytz, Editions du Pourquoi Pas ?, 2024.
Dédée /  Un jardin pour maman, Claire Beuve, Tildé Barbey, Editions du Pourquoi Pas ? 2025.
Amour bleu, Raphaële Frier, Kam, Editions du Pourquoi Pas ?, 2022.
J’ai rien dit, Marcus Malte, Rageot, 2025.
Comprendre que le mariage forcé est une atteinte aux droits humains fondamentaux.J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Gallimard, 2023.
Au bord du monde, Emmanuelle Pirotte, L’école des loisirs, 2024.
Petite chose / Et si l’on s’aime, Cathy Ytak, Claire Beuve, Joséphine Forme, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Le sourire de Wajma, Jack Chaboud, Alca, Editions du Pourquoi Pas ?, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Déterminer le champ des droits et des devoirs en matière de sexualité et comprendre leur raison d’être (principes et valeurs impliquées : égalité entre les femmes et les hommes, entre les orientations sexuelles, droit à la différence).Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Ni prince ni charmant, Florence Médina, Talents hauts, 2025.
Ne me dis pas que tu as peur, Giuseppe Catozzella, Seuil, 2014.
Filles de la Walïlu, Cécile Roumiguière, L’école des loisirs, 2020.
Les normaux – Tome 1, Janssen Janine et Al Sabado S., Casterman, 2025.
Gwen & Art are not in love, Lex Croucher, Casterman, 2023.
En apnée, Meg Grehan, Talents hauts, 2020.
Caractériser et savoir reconnaître une situation de violence sexuelle (y compris l’inceste), de stigmatisation, de violence ou de discrimination opérée sur le fondement notamment du sexe, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou de l’état de santé (article 225-1 du Code pénal) : homophobie et autres.Livrets Stop aux violences sexuelles (éditions Bayard), à télécharger : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Livret-STOP_auxviolences_sexuelles-faites-aux-enfants.pdf
Guide publié dans le magazine Phosphore de mars 2023 qui s’accompagne de vidéos : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Stop-aux-violencessexuelles.pdf
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.

Inceste
Théa te hait, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2023.
Prendre conscience que les victimes n’en sont jamais responsables et réfléchir aux moyens d’y faire face (soutien aux victimes, capacité à chercher et trouver de l’aide, promotion de l’égalité, éducation).Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.
Non c’est non ! : contre le harcèlement sexuel, Nadia Leïla Aïssaoui, Édith Carron, Actes Sud Jeunesse, 2019.
Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.
Développer sa capacité d’écoute et l’attention portée aux autres.Prendre la parole, Benjamin Delmotte, Alice Meteignier, Gallimard jeunesse, 2024.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Mettre en lien le respect des droits humains avec les évolutions de la société, des lois et des politiques publiques.Où va le racisme ?, Cécile Benoist, Élodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2026.
100 idées en 100 mots clés : idées importantes expliquées simplement, Tracey Turner, Tequitia Andrews, Saltimbanque, 2025.
La paix !, Philippe Godard, Vincent Odin, Le Calicot, 2025.
La première rose de Bloomstone, Mary Orchard, Casterman, 2024.
Lettres du Kansas, Mélanie De Coster, Milan, 2023.
Aya & Ansel : machines de guerre, Gaëtan B. Maran, Syros, 2024.

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Et vous, quels titres conseillez-vous à vos ados pour amorcer les discussions ?

Lecture commune : Forbans !

A l’Ombre du Grand Arbre, on aime découvrir de nouveaux titres, et on fait confiance aux copinautes et à leurs recommandations. Alors quand Liraloin nous a parlé de Forbans !, l’idée d’une lecture commune s’est très vite imposée…

Forbans !, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Ed. 3oeil, Octobre 2025

Liraloin : Aviez-vous déjà entendu parlé du scénariste Renaud Farace et du dessinateur Olivier Philipponneau ? 

Lucie : Non je ne connaissais pas du tout leur travail, mais j’ai découvert en faisant une petite recherche qu’ils avaient déjà collaboré sur Détective Rollmops qui je dois le dire m’attire beaucoup (ce titre !). Mais j’y suis allée les yeux fermés parce que quand tu conseilles une BD, Liraloin, je n’hésite jamais !

Détective Rollmops, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau, Ed. The Hoochie Coochie, Novembre 2021.

Héloïse : Pas du tout ! Si Lucie n’en avait pas parlé, je ne serais jamais allée lire ce graphique pour le moins original (et cela aurait été bien dommage !)

Liraloin : J’ai découvert Olivier Philipponneau à travers ses publications notamment avec son grand livre très intéressant Détective Rollmops.Il publie également des albums jeunesse, je suis fan de Amimots.

Animots, de ALIS, Olivier Philipponnneau et Raphaële Enjary, Ed. Albin Michel, 2019.

Liraloin : Cette bande dessinée a été éditée par les éditions 3Oeil. Aviez-vous déjà lu des livres publiés par cette maison ? 

Lucie : Je connaissais les Philonimo et j’aime beaucoup leurs visuels pour leur côté artisanal. Et puis bon, une collection de philo pour les petits je ne peux qu’adhérer !

Le Loup de Hobbes, d’Alice Brière-Haquet et Herbéra, ed. 3Oeil, 2023

Héloïse : Je ne connaissais que les Philonimo, au design visuel très original. Et comme le dit Lucie, c’est chouette d’oser la philo avec les plus jeunes ! 

Hélène : Idem, une découverte pour moi, qui n’avait pas non plus fait le lien avec les Philonimo.

Liraloin : Complètement, c’est un petit éditeur sur la même ligne qu’Hoochie Coochie. Je connais les titres jeunesse notamment ceux d’Alice Brière-Hacquet. Je connais moins la série Philonimo par contre.

Liraloin : Commençons par évoquer l’aspect physique du livre ? Qu’en avez-vous pensé ? (reliure, maquette, couverture intérieure et extérieure)…

Lucie : J’ai été surprise par la taille de cet ouvrage. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si gros, avec en plus une couverture rigide. C’est un objet imposant. Mais sa stature est contrebalancée par cette illustration de couverture un peu folle avec des personnages très graphiques, des couleurs vives tranchant avec le noir profond… A posteriori, je trouve que la couverture est très fidèle au contenu.

Liraloin : En effet, quelle surprise en ouvrant cette BD. La reliure est superbe, dans mon club BD un de mes collègues a cru que le livre était cassé (trop drôle). La couverture intérieure de fin est originale en nous rappelant tous les personnages croisés lors de notre lecture. Et oui, le livre est bien imposant !

Lucie : Faut dire que les personnages sont très nombreux… Heureusement qu’ils sont faciles à identifier parce qu’il y aurait de quoi s’y perdre !

Hélène : Oui, une très belle galerie de personnages hauts en couleur, dans tous les sens du terme !

Liraloin : Au premier abord, dès la première de couverture, nous tombons nez à nez avec une ribambelle de Forbans – Pirates. En tant que lectrice on se dit tout de suite que le graphisme est très original. Comment êtes-vous entrée dans cette lecture? 

Héloïse : Au départ, j’étais sceptique face au graphisme des personnages. Mais ça colle tellement bien à cet univers déjanté ! Ce qui m’a marquée, c’est le traitement des couleurs : une couleur par chapitre et par partie, tout le reste en noir et blanc. C’est un procédé que j’aime beaucoup.  

Lucie : Comme Héloïse, j’ai été déstabilisée par ce graphisme presque rudimentaire. D’autant plus qu’il ne correspond pas au propos et aux références qui eux nécessitent culture et un certain recul. A l’image de la couverture riche en contrastes, je trouve que cette bande dessinée joue sur plusieurs attendus et se plaît à les détourner. Mais après quelques pages, j’ai vraiment apprécié ces personnages au caractère fort et facilement identifiables, comme nous le disions.

Liraloin : Je vous rejoins complètement et clairement c’est ce que j’ai apprécié dans cette lecture. Tout d’abord, en ce moment, je trouve que les BD jeunesse se ressemblent un peu toutes graphiquement sauf quelques exceptions, et là, ça fait du bien de voir une BD sortir du lot. En en parlant avec toi Lucie, je ne trouvais pas que les références étaient compliquées pour les jeunes mais tu m’as fait réfléchir et après coup ma conclusion a été : c’est une BD pour tous ! Le graphisme me plaît énormément. Comme le dit Héloïse, les codes couleurs pour chaque chapitre donne un ton particulier à la lecture et cela est très plaisant.

Héloïse : Clairement, l’humour est le gros point fort de ce titre… Entre les jeux de mots, les situations rocambolesques, les mots-valises, on en prend plein les yeux. 

Hélène : Moi aussi j’ai trouvé le graphisme très original mais dans le bon sens du terme. Les couleurs m’ont tout de suite attirée. J’ai mis un peu de temps à identifier les personnages mais une fois ceci fait, j’ai pu pleinement apprécier l’humour qui se dégage du texte ! 


Lucie : Justement, parlons des couleurs. Tu le disais Héloïse, elles marquent l’identité de chaque chapitre, chacun étant composé de noir et blanc et une couleur fluo ou très vive. Qu’avez-vous pensé de ce choix artistique ?

Liraloin : Ce choix est judicieux et apporte au jeune lecteur un repère du moins j’ose l’espérer, je n’ai pas trop de retour de lectures de jeunes lectrices et lecteurs pour le moment. Cette transition de couleur après couleur permet de mieux aborder la lecture comme pour faire abstraction de la charge visuel que nous donne tous les personnages. Finalement ce choix apporte de la fluidité.

Hélène : Moi aussi j’ai été séduite par ce choix artistique. Cela amène un peu de repère et permettra je pense au jeune lecteur de faire des “pauses” mentales entre chaque chapitre. D’un point de vue purement graphique c’est très intéressant de séparer les chapitres de cette façon, je n’avais pas souvent vu ce procédé. 

Liraloin : Tout à fait Hélène, c’est pour cela que je plussoie les petites maisons d’éditions comme celle-ci. Il y a un vrai travail artistique !

Lucie : Ce parti pris va à l’encontre d’une vision naturaliste à laquelle de toute manière – nous l’avons dit – le graphisme n’appellait pas. Les personnages peuvent changer de couleur d’un chapitre à l’autre sans que cela ne pose problème. J’ai envie de dire que c’est un choix courageux qu’il fallait assumer (surtout dans le chapitre jaune qui peut parfois piquer un peu les yeux). Mais cela participe définitivement à la folie de l’entreprise ! Folie graphique, folie des couleurs et personnages un brin perchés eux aussi (c’est un euphémisme). La forme épouse parfaitement le fond.

Héloïse : C’est si joliment dit Lucie ! Effectivement, il souffle un vent de folie sur ces Forbans !, à tous les niveaux. 

Liraloin : D’où cette question sur ce qu’évoquait Héloïse plus haut : l’humour ! Est-ce que vous avez bien rigolé durant la lecture de cette bande dessinée, car ça c’est hyper important ? 

Héloïse : Je n’ai peut-être pas ri à gorge déployée, mais j’ai beaucoup souri, et certains passages m’ont bien fait rire. Les jeux de mots sont truculents, et les références très amusantes. 

Lucie : Eh oui, j’ai bien rigolé ! Il y a les mots-valises dont parlait Héloïse, mais aussi les références à la pop culture, le caractère très affirmé des personnages… En réalité, il y a de multiples motifs de rire, à plusieurs niveaux de lecture. Ça va du rire de surprise du genre “ils n’ont pas osé ?!” à la référence inattendue. Ce qui en fait, comme tu le disais Frédérique, une lecture pour tous les âges !

Héloïse : Je suis d’accord avec vous les filles, je trouve que ce graphique permet différents niveaux de lecture, et c’est d’autant plus chouette. 

Liraloin : Je me suis bien amusée durant cette lecture, j’étais à bord sur le rafiot avec eux. Le scénario apporte une spontanéité qui est tellement appréciable. Punch line à gogo, tirades et monologues complètement hystériques, situations cocasses… ça n’arrête pas ! Et puis les noms donnés aux personnages comme les trois boulets… Les titres des chapitres sont amusants également : des moutons et des hommes, pour n’en citer qu’un !

Liraloin : Nous avons évoqué plusieurs fois les nombreux personnages, quel est votre préféré? 

Héloïse : Sans hésiter : la fiancée. Je trouve qu’elle a du caractère, aux antipodes de la jeune femme fragile à sauver. C’est même elle qui sauve les autres à de nombreuses reprises…

Liraloin : Tu as raison Héloïse. La fiancée est un personnage un peu badass comme on les aime. J’ai aussi apprécié qu’Eléonore soit aux antipodes d’Eric (quel prénom qui détonne par rapport aux autres : Barbe-en-tas, Tortilla…). D’ailleurs, un de mes personnages préféré ou je devrais dire mes personnages préférées, c’est la tribu Kot Kots avec tous les jeux de mots. Je suis fan.

Lucie : Moi aussi j’ai aimé la comtesse Eléonore du Nordest : malgré son titre, elle est top, badass à souhait. Mais j’avoue que j’ai aussi beaucoup aimé l’évolution du pirate, le bien nommé Barbe-en-tas. Il se fait destituer de son rôle de capitaine, doit faire face aux divergences d’opinion de son fils quant à son avenir, et se retrouve finalement à apprécier le courage de son ex-future-bru. J’ai adoré ces revirements de situation. La tortue Tortilla est géniale aussi avec sa curiosité pour la culture KotKot. C’est vraiment difficile d’en choisir un seul.

Héloïse : Oui la relation entre le “grand méchant capitaine pirate” et Éléonore est très très drôle. De rejet à l’acceptation, en passant par l’admiration. 

Hélène : Petit coup de cœur pour Éléonore de mon côté également. Elle m’a fait rire, mais les autres personnages ne manquent pas de piquant non plus !

Lucie : Outre votre personnage préféré, je me demandais si vous aviez un chapitre favori. Chacun a son unité autant en couleur qu’en péripéties !

Héloïse : Je n’en ai pas… ils sont tous amusants à leur façon !

Hélène : Moi non plus, je n’ ai pas réussi à en dégager un en particulier…

Liraloin : Le Mijoté de mutinerie car il fallait oser le jaune comme couleur dominante et c’est un des chapitres où on sent que la situation échappe à Barbe-en-tas. Quelques personnages se révèlent aussi comme le cuistot… et puis aussi les 3 pages avec juste les bulles dans le chapitre Dans le ventre d’Anacondaltonien.

Lucie : Pour ma part j’hésite entre l’arrivée chez les Kot Kots Secousse chez les Kot Kots et le suivant, la bien nommée Forêt farfelue, particulièrement loufoque qui voit vraiment se révéler l’héroïne chez Eléonore.

Lucie : Avant de conclure avec notre question traditionnelle, et sans trop en révéler aux chanceux qui vont découvrir cette BD, je dois dire qu’après ce tourbillon de folie qui ne ressemble à rien de ce que j’avais pu lire avant j’étais curieuse de découvrir la fin. A-t-elle répondu à vos attentes ?

Liraloin : Mais oui, j’ai trouvé que cette fin était dans la même lignée que le reste du scénario avec en prime une belle solidarité dans cette dernière épreuve. Mais on en dira pas plus !!!!

Lucie : Il ne faut évidemment pas trop en dire, mais justement une fin convenue aurait été franchement décevante. Une partie de la résolution était prévisible mais le reste (comme dans toute la BD il y a plusieurs couches) est à mon avis à la hauteur de ce qui précède. Il y a une logique certaine mais c’est aussi ce qu’il fallait.

Héloïse : Elle m’a semblée assez logique, dans la continuité de ce qu’on avait lu. Avec une chute bien drôle pour terminer en beauté. 

Lucie : Pour finir, à qui conseilleriez-vous cette BD ?

Héloïse : A partir du collège, je dirais, et plus si affinités.

Liraloin : Tout comme toi Héloïse à partir du collège et plus plus plus. A conseiller aux adultes trop sérieux et qui détestent la couleur !

Lucie : Le graphisme pourrait laisser penser à une BD destinée à un public plus jeune mais je vous rejoins tout à fait, à partir du collège les lecteurs pourront saisir jeux de mots et références. Il faut juste passer outre cette couverture et accepter d’entrer dans le monde fou de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Il y a matière à rire quel que soit son âge !

Hélène : Tout comme vous je pense qu’il faut une certaine maturité pour comprendre les jeux de mots et le sous-texte. Parfait pour les collégiens et au-delà (nous-mêmes avons aimé et nous ne sommes plus vraiment collégiennes n’est-ce pas 😉). Le volume de l’ouvrage va également dans ce sens. Le graphisme est coloré mais pas si enfantin que cela finalement. Il faut juste le proposer, l’accompagner, et cette BD de qualité a tout le potentiel pour rencontrer son public ado.

***

Merci aux éditions 3oeil de nous avoir permis de découvrir cette BD pétillante. On espère que cette lecture commune vous aura donné envie de découvrir Forbans !, un graphisme original, drôle et inattendu, qui a rencontré un gros succès A l’Ombre du Grand Arbre !

Entretien avec Jo Witek

Vous l’avez compris avec l’article que nous lui avons consacré, pour le Grand Arbre Jo Witek est une auteure essentielle. Nous aimons la diversité des formats qu’elle aborde, ses engagements, son talent pour décrire l’adolescence et ses tourments, sa capacité à se renouveler tout en sonnant toujours juste.

(Re)lire et discuter de son œuvre aussi variée qu’engagée a amené une foule de questions, et nous avons été très touchées qu’elle prenne le temps de nous répondre.

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Vos romans pour ados sont séparés en deux catégories assez distinctes : d’un côté les polars, de l’autre les histoires sur des sujets plus proches du quotidien. Appréciez-vous ces deux genres en tant que lectrice ?

Je lis très peu de littérature noire, c’est très étrange. Je crois que mon goût du thriller vient clairement du cinéma. J’ai été lectrice pour le cinéma, j’ai donc été payée pour « démonter » pas mal de récits, les fouiller, les analyser, trouver les manques narratifs. Telle une mécanicienne, en apprenant à déconstruire, j’ai appris à travailler le suspens, le rythme du thriller et la psychologie des personnages. En revanche, la littérature réaliste, sociale, engagée est celle que je lis et que j’affectionne depuis l’adolescence.

En tant que lectrices adultes, nous apprécions l’aspect engagé et féministe de vos textes, sur la mise en place des relations filles-garçons et plus particulièrement les questions de respect et de consentement qui sont récurrentes dans vos romans ; et ce bien avant que l’EVARS refasse surface. Quelles sont vos motivations ?

Oui, je vais intervenir prochainement dans une journée professionnelle pour des enseignants et travailleurs sociaux autour du programme de l’EVARS et du lien quasi évident de la littérature jeunesse avec ce programme. Je pense que pas mal de romans en jeunesse peuvent accompagner ce dispositif, donner corps, chair et émotion au travers de la fiction aux points abordés avec les animateurs, enseignants autour de l’EVARS : respect du corps, le sien, celui des autres, la notion de consentement, l’emprise, le harcèlement, les luttes contre les discriminations sexuelles et sexistes, et contre les stéréotypes de genre, le droit au respect, à la liberté, à l’affection saine, au plaisir, à l’amour, retour sur le droit à la contraception gratuite, à l’avortement, etc. J’ai traité tous ses sujets dans mes romans ou documentaires. La lutte pour une société égalitaire et non violente est le cœur de mon travail, c’est à dire le bien-être, le respect, la liberté de l’individu dans l’espace public ou privé, quel que soit son genre, ses préférences sexuelles, ses origines, son milieu social, culturel, sa religion ou sa non-religion. Je travaille cette humanité et pointe le danger de nos inhumanités de différente façon, dans des ouvrages pour tous les âges. Par exemple, quand en 2011, nous commençons à travailler sur les émotions incarnées par une petite fille dans nos albums avec Christine Roussey (Le Petit cœur, Les petites peurs (9 volumes) Editions de La Martinière), certains se moquaient de nous. Ils jugeaient ce travail psycho-émotionnel et psychosocial au travers d’histoires simples un peu « bêbête » voire superficiel et forcément « facile ». Six ans plus tard, alors que notre série était traduite dans 35 langues et cartonnait aux États-Unis (2 millions d’exemplaires), les albums sur les émotions et le bien-être de l’enfant se sont multipliés et nous avons été pas mal copiées, ce qui en soit est plutôt positif.

J’aime l’idée d’être toujours un poil en avance, j’aime la recherche et essayer de défricher, d’aller plus loin dans ma liberté créative, me surprendre et accompagner les changements de sociétés, les découvertes en matière de psychologie, pédagogie, psychologie ou recherches scientifiques. Par exemple, avec la série Areuh pour les tous petits, j’ai fait le lien entre partition textuelle et partition musicale, en demandant à une compositrice de respecter le rythme, la musique des mots (sans les mots) dans sa bande originale. Les petits après avoir écouté le texte et la musique, font le lien immédiatement album/musique. Je pense qu’il faut « amplifier » l’album, le sortir de son dialogue unique texte/image. Pour un bébé le son est plus important à la base que l’image, c’est par l’oreille qu’il apprend à parler. L’image qu’il préfère est le visage de celui ou celle qui prend soin de lui. Ce qui bien sûr, n’empêche pas l’illustration mais on peut aller plus loin ; surtout avec les nouvelles technologies qui facilitent la musique hébergée.

Vous avez plusieurs séries à votre actif : Mentine, Le clan des cabossés et les albums pour lesquels vous collaborez avec Christine Roussey. En quoi est-ce un exercice différent d’un roman d’un seul tome ?

La série est différente de l’unitaire, car le lecteur, la lectrice se transforme alors en fan. La série amène l’addiction, l’envie de suite. Du plus, du toujours plus, du encore. C’est tout à fait intéressant, excitant et parfois, inquiétant, je l’admets. Cela permet aussi de faire évoluer un personnage, comme je l’ai fait avec Mentine. C’est très touchant quand les lecteurs et les lectrices parlent de votre personnage comme s’il existait. « Alors Mentine va revenir ? », j’ai aimé entendre cette phrase. Après, je me lasse vite. Vous l’avez compris, j’aime innover, prendre des risques, explorer. Je déteste me répéter, alors la série très vite m’ennuie. Je m’arrête toujours avant le volume de trop. Cinq volumes sont mon maximum, avec Mentine. Mais qui sait ? Je pourrai la faire revenir, car ce personnage est sans doute celui qui me ressemble le plus.

Mentine, Jo Witek, Margaux Motin, Flam jeunesse, série de 5 tomes, 2015-2019.

Les albums avec Christine Roussey portent sur les émotions et le quotidien des jeunes enfants, sujets énormément exploités en littérature jeunesse. Pourtant vous avez trouvé un ton et un format (papier découpé façon gigogne) qui leur permettent de sortir du lot. De quelle manière avez-vous collaboré ?

Pour la série avec Christine Roussey, nous n’avons jamais parlé de série. Chaque année, pendant neuf ans, je crois, on s’est dit, « on en refait un ? » Et voilà, c’était tout. J’écrivais le texte et Christine se l’appropriait dans son merveilleux imaginaire. Nos univers s’accordent très bien sans que nous ayons besoin de nous parler plus que ça. On a pas mal de points communs elle et moi et on adore rire. J’ai toujours adoré ses images si pétillantes et mes textes lui ont toujours donné envie de déployer ses images. Ce fut une relation de travail très joyeuse entre nous. Les découpes, le format, tout cela c’est Christine avec l’éditrice Marie Bluteau qui l’ont décidé. Au départ, on avait pris le temps l’éditrice et moi, de chercher la personne qui donnerait vie en image à cette petite fille qui n’avait pas de prénom. Dès que j’avais vu les images de Christine Roussey, il y a 15 ans (déjà !), j’avais su que c’était elle et je lui faisais totalement confiance ! Aujourd’hui avec Marie Bluteau, mon éditrice à la Martinière, cela fait plus d’un an qu’on recherche l’illustrateur-ice pour l’un de mes textes. On n’a pas encore trouvé. J’aime cette exigence. Prendre le temps de créer. Attendre l’alchimie. L’évidence.

En parlant d’évidence, nous sommes admiratives de votre capacité à vous renouveler tout en réussissant à écrire des textes qui sonnent juste au bon moment, qui parlent aux ados. Une des rédactrices du blog qui est aussi documentaliste partageait encore ce constat récemment. Comment parvenez-vous à trouver un ton si adapté ?

Je crois que l’adolescente que je fus est encore en moi. Très vivante. Je suis une adulte de cinquante-sept ans, j’ai élevé deux garçons (merveilleux !), j’ai passé un paquet de galères comme tout à chacun, mais j’ai un souffle d’ado. Je ne serai jamais tout à fait sérieuse comme une adulte qui achète des actions ou parle des travaux de sa maison pendant des heures. J’ai cru l’avoir perdu dernièrement, ce souffle. Et puis non, c’est ce qui l’emporte aujourd’hui, cette voix de la jeunesse que je veux continuer à avoir et à porter. C’est très créatif la contrainte d’écrire pour des lecteurs et lectrices ados. Par exemple dans J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, comment décrire une nuit de noces qui est forcément une scène de viol dans un mariage forcé ? Faut-il ne pas l’écrire ? Il y a une responsabilité morale de l’autrice et en même temps une envie de ne pas édulcorer la violence faite aux filles mariées sans consentement. Et bien là commence le travail d’autrice jeunesse : écrire cette scène, ne pas mentir aux jeunes, mais ne pas décrire ce qui n’a pas besoin de l’être.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Actes sud jeunesse, 2021.

Justement, votre roman J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle a marqué de nombreux lecteurs et a rencontré un immense succès. Vous souvenez-vous de la naissance de ce projet ? Saviez-vous déjà que vous teniez quelque chose de spécial ?

On ne sait vraiment jamais quand on a terminé un manuscrit si on tient un livre qui va « marcher » comme on dit. J’avais peur pour celui-ci comme pour Une fille de… qui est l’histoire d’une fille de prostituée, que les textes ne rentrent pas au collège et au lycée. Pas facile parfois et très courageux de la part des enseignants de proposer l’étude d’une littérature engagée, réaliste, féministe et sociale aux élèves. Surtout en ce moment où certains parents veulent empêcher l’étude des romans liés au droit des filles (ils ne sont pas si nombreux d’ailleurs). Je suis ravie que ces ouvrages aient eu un très beau succès en librairie et en établissements étant donné l’état du monde, je trouve que plus que jamais cette littérature du réel a toute sa place en cours de français, d’histoire, en EVARS ou en lecture libre.

Vous avez écrit de nombreux albums et romans. Récemment vous avez changé de registre en écrivant un documentaire où vous recueillez la parole d’ados. Pouvez-vous nous raconter ce qui vous a menée à ce projet ?

Chambres adolescentes est un projet transmédia (photographie, texte, podcast, site internet, 6 expositions) de portraits d’adolescents dans leur chambre, sur 4 territoires et que j’ai mené avec la photographe Juliette Mas. Il a pris 4 ans de rencontres, un an pour préparer le livre éponyme (La Martinière jeunesse) photos, textes et podcast et deux grosses expositions à Paris (Mairie de Paris en quai de Seine et Centre d’art contemporain Tignous). Une exposition tourne actuellement dans les médiathèques et salons du livre) Un travail de dingue ! Je me suis lancée dans cette aventure avec la photographe Juliette Mas en plein confinement en plus ! Un pied de nez : le monde était en chambres et nous ne pouvions plus y aller. L’idée était d’aller écouter longuement des adolescent.e.s âgés de 12 à 19 ans dans leurs petits « chez eux » que représente leur chambre à cet âge. C’est beaucoup plus qu’un documentaire, ce fut pour moi une expérience de vie très forte : avec Juliette Mas d’abord en duo créatif et de terrain, puis avec toutes les familles qui ont voulu être dans le projet, les jeunes qui avaient des choses à dire et ont osé s’exposer très courageusement, avec nos partenaires, les maisons des écritures, les régions, les départements, les communautés de communes…. C’était aussi mettre en lumière des jeunes d’une France non parisienne, du Gers aux villages de l’Hérault ou encore celle des chambres de l’aide sociale à l’enfance de jeunes mineurs isolés venus du Pakistan ou de Guinée. L’idée était de rendre visibles et audibles des individus très différents qui traversaient l’adolescence entre 2020 et 2023. Avions-nous des points communs entre nos adolescences d’hier à aujourd’hui ? En quoi la génération Z était-elle différente ? Pourquoi les adultes étaient-ils si sévères envers cette génération née avec le numérique ? Ce fut très beau, car très fédérateur. À chaque rencontre tout public, vernissage, débat, les adultes et les adolescents étaient mélangés, intéressés et restaient. Les publics se mélangent peu de nos jours, quand c’est le cas, quand je parviens à ces échanges autour d’un de mes projets, je me dis que mon écriture fait sens. Que je suis à ma place. Je crois que j’aime la littérature jeunesse, car elle demeure celle qui crée le plus de liens sociaux et culturels. Par exemple, j’étais les deux derniers jours en médiation au collège, je proposais des débats avec des élèves de 3e autour des paroles de Chambres adolescentes. C’était très puissant, très bouleversant. Peu à peu, les jeunes ont pris la parole, se sont exprimés, ont écouté les points de vue divergents de leurs camarades autour de sujets délicats comme : le harcèlement, le sexisme ordinaire, l’accueil des migrants, l’homophobie, le temps d’écran, l’usage des réseaux, etc. Je trouve que les collégiens et collégiennes sont plus capables de grands débats d’idées que les adultes en ce moment. Ils savent écouter et lever le doigt pour prendre la parole ! Encore faut-ils qu’on leur propose de s’exprimer librement.

Ce documentaire a donné une belle exposition. Comment avez-vous abordé ce travail ?

Chambres adolescentes a donné deux grosses expositions sur Paris. Il était important d’exposer à Paris, car malheureusement sans la « validation parisienne » un projet artistique n’est pas pris au sérieux encore aujourd’hui. J’avais donc promis aux jeunes que leurs mots, photos, pensées, portraits seraient exposés en pleine lumière dans la capitale. Nous avons tenu nos promesses avec Juliette Mas. La Mairie de paris nous a exposé sur les quais de Seine, le travail de commissariat d’expo était assez simple là, puisqu’il s’agissait de grands tirages avec texte et QR code. Pour le centre d’art Tignous, c’était une aventure plus complexe. Aurélie Thuez, la directrice du CTAC de Montreuil nous a donné carte blanche. Nous avons donc repensé le storytelling de nos contenus pour habiter les trois salles du centre d’art avec l’envie de faire ressentir aux visiteurs les émotions partagées dans ces chambres. Nous avons créé un espace confortable pour que les gens prennent le temps d’écouter la jeunesse via les podcasts (qui sont sur les plateformes maintenant). J’ai peu exposé mon texte, préférant mettre en avant leurs verbatims et les photographies magnifiques de Juliette Mas. J’ai juste imaginé un rouleau de 10 mètres, qui était exposé pour montrer la longueur des portraits. Ils étaient longs tels des récits non fictionnels de nos rencontres. C’était une écriture particulière, car je n’avais pas de référentiels de portraits de la sorte, c’est-à-dire qui intégraient le point de vue de l’auteur et le rapport au temps qu’exige la mise en confiance d’une jeune personne. Au CTAC de Montreuil, nous avons pu inviter deux plasticiens de nos choix pour leur proposer de créer des œuvres in situ à partir des contenus de Chambres adolescentes. Stéphane Kiehl a proposé un mur d’exergues des jeunes, sur des feuilles A4, en noir et blanc, comme une matrice de messages. Carole Chaix a créé Cuisine de femmes, une pièce dédiée à la création, valorisant ce travail de fond des artistes et ce temps qui passe, cette géopolitique qui s’invite au fil du travail, les aléas de la vie qui perturbe le projet. J’ai adoré retrouver la créativité en équipe.

Certains de vos romans ont été traduits et/ou lauréats de prix. Comment vivez-vous cette reconnaissance ? Avez-vous un souvenir particulier à partager au sujet ?

Les sélections de prix sont importantes plus que les prix, à mon sens, car elles portent nos ouvrages vers les jeunes. Un souvenir ? Oui, dans le cadre du Prix du jeune lycéen allemand, j’étais allée rencontrer des jeunes en Allemagne avec Une fille de… (Actes sud jeunesse).

Une fille de…, Jo Witek, Actes sud jeunesse, 2017.

C’était en mars 2020 ! Je me souviens que je me suis retrouvée dans la voiture de l’ambassadrice de France en Allemagne, car j’étais la seule autrice française sur place, alors que le festival de Leipzig venait d’être annulé. Me voilà au consulat, me voilà invitée à déjeuner avec tous les grands pontes de la ville avec une traductrice à mes côtés (je ne parle pas un mot d’allemand). À la fin du déjeuner, le consul me demande de conclure la conversation. Je décide de blaguer. Je leur dis qu’en France, on classe la littérature selon le prestige qu’elle inspire aux intellectuels. La littérature blanche, c’est le top, ensuite la noire, ensuite la jeunesse, très mal considérée. Je leur fis alors remarquer qu’à ce déjeuner, je n’étais peut-être pas une littéraire digne de ce nom, car j’étais une autrice qui écrivait aussi du thriller pour la jeunesse. Ils ont beaucoup ri. Je pense que les cultures allemandes, anglos- Saxonne ou Chinoises considèrent avec beaucoup plus respect que la nôtre les auteurs de littérature jeunesse. Ensuite, ce fut moins drôle. Il me fallut vite regagner la France avant que les frontières ne se referment à cause du COVID.

Mille mercis d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, cela a été un véritable plaisir d’échanger avec vous !

Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à la jeunesse, à sa littérature, à sa diversité, à ses auteurs et autrices. Rien n’est plus sérieux et exigeant que d’écrire pour les enfants ou de travailler auprès d’eux, il serait temps que certains adultes s’en rendent compte ☺

Notre auteure essentielle : Jo Witek

Parmi les auteurices qui nous marquent durablement, il y a Jo Witek. Autrice protéiforme, elle écrit tant des albums que des romans noirs, ou des chroniques adolescentes décapantes. A l’ombre du grand arbre, on aime son engagement, sa capacité à dépeindre les émotions adolescentes. Petit florilège des ouvrages qui nous ont touchées.

Jo Witek, photo issue du site des Editions de la Martinière.

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Le choix d’Héloïse

De nombreux romans de Jo Witek ont marqué Héloïse. Elle aime ses romans pour ados, comme la série Mentine, ou Récit intégral (ou presque)… Elle adore ses romans policiers, Rêves en noir, Peur Express, ou encore Un hiver en enfer. Elle a été bouleversée par J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais puisqu’il faut choisir, elle a opté pour J’entends des pas derrière moi, et son format court et percutant.

J’entends des pas derrière moi, de Jo Witek. Nathan, coll. Court toujours, 2021

J’entends des pas derrière moi… C’est la nuit, je suis seule. J’ai peur, j’angoisse. Le moindre bruit me fait sursauter. A tort ? Ou à raison ? Sans pouvoir rien contrôler, ma tête se remplit d’images, toutes plus horribles et stressantes les unes que les autres. est-ce un bruit de pas que j’entends ? Homme, ou femme ? Ami, ou ennemi ?

J’ai peur. Il fait nuit, je suis seule. Vais-je réussir à rentrer chez moi ? Par où passer ? Quel trajet est « sûr » ? Y a-t-il quelqu’un qui guette, dans le noir ? Et si…, et si ?

D’où me viennent ces idées, pourquoi ne puis-je les contrôler ? Pourquoi le fait d’être une jeune femme, seule, la nuit, est-il si effrayant ?

« J’en ai marre de passer pour une dingue alors que c’est le monde dans lequel je vis, qui est malade. »

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Le choix de Lucie

Difficile de choisir, tant d’histoires de Jo Witek semblent essentielles ! Mais Lucie a une tendresse particulière pour les titres publiés chez Actes Sud junior aux couvertures illustrées par Olivier Tallec. Et ne pas parler de Momo, dont la situation est bien plus fréquente qu’on ne le croit, était inenvisageable. C’est donc sur Y a pas de héros dans ma famille ! que son choix s’est porté.

Y a pas de héros dans ma famille !, Jo Witek, Actes sud junior, 2017.

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Le choix de Liraloin

Liraloin a choisi un roman publié en 2021, J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle. Une réalité crue et tellement d’actualité, hélas … Pour cet exercice qu’est la découverte d’une autrice ou d’un auteur essentiel(le), Liraloin a choisi d’écrire sous forme de témoignage en reprenant des passages de cette histoire inoubliable.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Actes Sud Junior, 2021

Efi raconte ce qui lui est arrivé, il y a quelques années …

« Lorsque je reviens chez moi, je suis heureuse comme peut l’être une adolescente de mon âge à l’idée de revoir ma famille. Mais les miens ont la mine grave : « Mon retour ne se déroule pas vraiment comme je l’avais imaginé. Après la lecture du carnet, ma mère me félicite pour mon bon comportement général. Rien sur mes résultats. Je comprends que cela ne compte pas, que cela ne compte plus, et cette nouvelle indifférente m’effraie autant qu’elle me révolte. »

Ne plus se déplacer, s’amuser comme « avant » et qu’est-ce que c’était au juste « avant » ? Ma mère m’incite à me comporter comme une nubile devrait être : soumise, baissant le regard.

Et mon père qui décide de me marier dans moins de trois semaines. Je ne comprends plus rien, paralysée par cette nouvelle je décide d’écrire ce qui m’arrive :

« J’avais compris ; on allait me marier. A ce moment dans ma tête, la guerre a éclaté. Seule sur ma paillasse, j’ai vu des centaines d’images défiler. Le meilleur comme le pire de l’humanité. J’ai vu des bombes, des morts, des injustices, des pierres sur les corps des femmes et des enfants, des hommes enchaînés, des femmes immolées, j’ai vu le monde tel qu’il est, tel qu’il me déplaît et que grâce à internet je sais que je peux changer. J’ai vu le meilleur, le progrès, tout ce qui depuis que je vais au collège me fait rêver. J’ai vu des femmes dignes, fières et libres de choisir leur destin, leurs amours, leur chemin. J’ai vu des astronautes, des écrivaines, des cheffes de gouvernement, des avocates, des scientifiques, des agricultrices, des ingénieures et des marches pacifistes pour défendre l’injustice. Sur ma paillasse, alors que mes parents réglaient avec les étrangers les formalités de mon avenir emprisonné, j’ai ouvert la fenêtre qui donne sur la planète et je me suis fait la promesse de ne jamais laisser personne la refermer. Je suis une fille éclairée et jamais je ne pourrais vivre dans l’obscurité. Ma tête a dit non. Mon corps a dit non. Mes rêves ont dit non. »

Je m’accroche à ces quelques vers appris lors de mes études pour ne pas sombrer dans la folie : « C’est un poème de femme. Le cri d’une empêchée. Je suis personne ! Qui êtes-vous ? Etes-vous – personne – aussi ? Alors faisons la paire ! Silence ! on nous chasserait – vous savez ! » (Poème d’Emily Dickinson).

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Le choix de Séverine

A l’occasion de ce billet, Séverine s’est replongée avec délice (et une pointe de nostalgie) dans la série d’albums à découpes illustrés par Christine Roussey, chez La Martinière Jeunesse, qu’elle lisait avec ses aînés, d’abord, puis sa plus jeune fille quand elle était toute petite. Dans mon petit cœur, Dans mon sourire, Le ventre de ma maman, Les bras de Papa, Mes petites peurs, et bien évidemment Sous mon arbre 😉! L’univers poétique et doux qu’elles acréé autour des émotions du jeune enfant, tendre, mais sans niaiserie, est un très bel exemple de ses collaborations avec des illustrateur.ices de grand talent, au service de l’enfance. C’est sous la forme d’un poème que Séverine voudrait lui rendre hommage.

Dans les bras de mon papa,

Je ne crains vraiment rien.

Je cache mes petites peurs,

Et quelques gros chagrins.

Il est plus géant que moi,

Pourtant bientôt grande sœur,

Puisque dans le ventre de maman,

Et déjà dans mon petit cœur,

Il y a toi, le bébé, minuscule enfant

Qui agrandira notre bonheur.

Sous mon arbre à histoires,

Je te raconterai, écrits par Jo,

De ses mots les plus beaux,

Illustrés par Christine,

Avec ses meilleures mines,

Les albums les plus tendres.

Lovées dans ma petite chambre,

Ce sera le paradis, nous deux réunies.

Nous formerons fratrie,

et mieux encore, famille.

Quand je pense à tout ça,

Dans mon sourire on voit

Mille étoiles qui scintillent.

Comptine

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Le choix de Blandine

Comme l’ont souligné les autres Arbronautes, Jo Witek a une bibliographie très conséquente, allant de la prime enfance à la grande adolescence. Parmi tous ses livres, le choix de Blandine a été une évidence : le premier qui lui a permis de découvrir Jo Witek, Un jour j’irai chercher mon prince en skate.

Un jour j’irai chercher mon prince en skate. Jo WITEK. Actes Sud Junior, 2013

Ça n’a l’air de rien peut-être aujourd’hui,
Mais pour elle ça voulait dire beaucoup, ceci :
Inversement des mots et des images
Pour un dialogue non genré, surtout moins sage

« Elle ira chercher son prince en skate »
Elle, c’est Fred, dans un titre au rythme sec.
A l’instar de Diane sa tante, elle veut être libre
Elle se revendique « célibre »

A Clémence, les perspectives changent,
Pour d’autres, son démon devient un ange,
Et elle se débat dans ses contraires émotions

On lui avait dit, « c’est comme ça la vie »
entre secrets de famille et contes en féérie
Elle comprend surtout que c’est à elle de se faire son propre avis !

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Le choix d’Hélène

Trop tôt, Jo Witek, Talents Hauts Editions, 2015

Hélène a lu ce titre il y a quelques temps pour la préparation de cet article. Il représente bien l’oeuvre de Jo Witek, qui traite de beaucoup de sujets de société, notamment concernant les femmes.

Ici, c’est l’interruption volontaire de grossesse qui est abordée, au travers de l’histoire de Pia, une jeune femme qui suit sa cousine en boîte de nuit pendant les vacances. A quinze ans, elle veut séduire et elle y parvient. Elle passe une partie de la nuit avec Nathan avec qui elle a sa première relation sexuelle.

Quelques semaines après le retour de vacances, le retour à la réalité est rude puisque la jeune fille s’aperçoit qu’elle est enceinte… Elle fera le choix de l’avortement, soutenue par sa mère. Les réactions des personnages sont très réalistes et le roman est clair sur ce qui se passe, tout en restant délicat sur ce sujet difficile et les sentiments qui traversent l’héroïne. Le ton n’est ni jugeant ni victimisant envers elle, et peut faire de ce titre un bon outil de prévention, par le biais de la fiction.

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Et vous, quel titre auriez-vous choisi ?