EVARS au collège, une sélection de livres jeunesse

Après les articles consacrés aux titres pouvant servir de support à l’EVAR à destination des élèves de maternelle puis de primaire, voici celui qui marque l’arrivée du S pour sexualité avec les titres pour les collégiens. Documentaires, albums, BD ou romans, nous les avons classés selon les entrées du programme pour faciliter leur utilisation. Nous avons tenté d’être le plus exhaustives possibles pour que chacun et chacune puisse trouver les supports qui convient le mieux.

Merci aux attachées de presse qui nous ont aidées à élaborer cette liste : Annick Antoniazzi (Éditions du Pourquoi pas ?), Sophie Bès de Berc (éditions Milan), Gilberte Bourget (L’agrume / Syros), Louise Brouilhet (Didier Jeunesse), Amandine Byrotheau (Rue du monde), Abélia Catty (Little Urban), Cécile Emeraud (Voce Verso), Emma Georges (Casterman), Célia Giglio (Pocket Jeunesse / Slalom), Manon Lalouelle (L’école des loisirs), Anaïs Malherbe (Sarbacane), Amélie Müller (Editions de l’Isalis), Yves Nadon (Editions d’Eux), Audrey Sauser (Editions du Ricochet), Elisabeth Tielemans (agence Mauvaise Herbe) et Valéria Vanguelov (Grasset jeunesse).

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Notre sélection pour le collège

Ouvrages généraux pour se questionner

A quoi tu penses ?, Géraldine Mosna-Savoye, Clémentine Pontavice, L’école des loisirs, 2023.

Je suis qui ? Je suis quoi ?, Sophie Nanteuil, Jean-Michel Billioud, Zelda Zonk et Terkel Risbjerg, Casterman, 2019.

Sixième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Connaître les changements induits par la puberté. Corps, amour, sexualité : les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Charline Vermont, Albin Michel, 2022.
Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Jan von Holleben, Antje Helms, Syros, 2014.
Nichonnées fantastiques, Marion Cocklico, Grasset jeunesse, 2025.
Petit chaperon, Beatriz Martín Vidal, Grasset jeunesse, 2025.
Comprendre que la puberté est une composante de l’adolescence, qui entraîne des changements physiques, physiologiques, psychologiques et affectifs, et savoir que ces changements se produisent selon des rythmes différents pour chaque individu.Journal intime de mon corps, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2022.
Journal intime de mon cœur, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2024.
La mousse, Nina Six, Sarbacane, 2024.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
La puberté et moi, L’essentiel pour la vivre sereinement, Sophie Bordet-Petillon, avec l’expertise de Marie-Rose Moro, illustré par Océane Meklemberg, Hygée éditions, 2021
Savoir que les menstruations (règles) douloureuses nécessitent une consultation médicale.C’est beau le rouge, Lucia Zamolo, La Martinière, 2021.
Changer les règles, Claire Lecoeuvre, Victoria Roussel, Actes Sud Jeunesse, 2023.
Naître fille, Alice Dussutour, Editions du Ricochet, 2022.
Mon corps qui change : 50 conseils pour apprendre à s’aimer, Marawa Ibrahim, Sinem Erkas, Gallimard jeunesse, 2019.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Caractériser le contexte, la nature et les enjeux d’une relation interpersonnelle : indifférence/intérêt ; familiarité/altérité ; sympathie/antipathie ; attirance/répulsion.Journal intime de mon cœur, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2024.
Lettre à toi qui m’aimes, Julia Thévenot, Sarbacane, 2021 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO).
Crush collège : tous en scène !, Pascale Perrier, Inês Cerquiera, Poulpe fictions, 2026.
Savoir penser de façon critique : reconnaître les influences positives et négatives des pairs sur les décisions et les comportements à l’adolescence.Esprit critique
L’attaque des slips tueurs, Elise Gravel, Milan, 2023.
STOP aux fake news, Lina Fourneau, Lise Pressac, Clémentine Latron, Magenta éditions, 2026.

Harcèlement
La jungle, harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.
Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier jeunesse, 2020.
Six contre un, Cécile Alix, Pocket jeunesse, 2025.
Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Connaître, en particulier dans l’usage des outils numériques, le cadre légal qui vise à protéger la vie privée et respecter l’intimité de tout individu et la dimension éthique qui le sous-tend.#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
Mon deuxième cerveau, Gaël Aymon, Héloïse Solt, L’école des loisirs, 2024.
M@ sixième, Estelle Billon-Spagnol, Didier jeunesse, 2024.
Développer des relations constructives : développer des liens sociaux.Le garçon du fond de la classe, Onjali Q. Raúf, Pippa Curnick, Gallimard jeunesse, 2022.
Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser, Jo Witek, Seuil jeunesse, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Étudier les fonctionnements sociaux :
– en différenciant : règles, normes, modèles et stéréotypes ;
– en interrogeant les normes sociales et culturelles et en analysant leurs impacts ;
– en considérant les processus de hiérarchisation ou d’exclusion (réelle ou symbolique) à l’œuvre au sein des groupes d’appartenance.
La drôle d’histoire du corps : mœurs, tabous et autres inventions anatomiques à travers les âges, Laurent Turcot, Héloïse Le Glaunec, Point Nemo, 2026.
Etre un garçon, la masculinité à contre-courant, Karim Ouaffi, Mikankey, Editions du ricochet, 2024.
Y’a plein de manières d’être un garçon, Thomas Messias, Sarah Loulendo, Casterman, 2025.
Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
La boucle d’oreille rose, Séraphine Menu, Sylvie Serprix, Motus, 2022.
Comprendre ce que signifie, à la puberté, la liberté d’être soi-même et le devoir de respect des autres.Ça va le faire !, Hélène Meunier, Editions de l’Isatis, 2022.
Va te changer !, Cathy Ytak, Thomas Scotto, Gilles Abier, Editions du Pourquoi Pas ?, 2019.
Développer des relations fondées sur l’acceptation des autres dans leur diversité, la collaboration, la coopération, l’entraide.Superman n’est pas juif (et moi un peu…), Jimmy Bemon, Emilie Boudet, La Boite à Bulles, 2020.
L’île aux chats, Kim Chungmi, Thierry Magnier, 2008.
Ophélie, Charlotte Gingras, Daniel Sylvestre, Alice jeunesse, 2018.
Les fabuleuses aventures d’Aurore, Douglas Kennedy, Joann Sfar, Pocket Jeunesse, 2019.
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, Lisa Thompson, Pocket jeunesse, 2017.

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Cinquième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Différencier sexe, genre et orientation
sexuelle et respecter leurs diversités.
Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Briere Haquet, Lionel Larchevêque, Actes Sud, 2010.
A copier 100 fois, Antoine Dole, Sarbacane, 2013.
Comprendre comment l’attirance et
les sentiments amoureux permettent de
prendre conscience de son orientation
sexuelle.
Amourons-nous, Geert De Kockere, Sabien Clement, Le Rouergue, 2007.
Les tragédies romantiques d’un drama king, Harry Trevaldwyn, Gallimard jeunesse, 2026.
Amour amour amour, Unt’ Margaria, Talents hauts, 2024.
Comprendre que la diversité des
apparences physiques n’empêche pas
l’égalité, et réciproquement.





Développer des relations sociales
constructives : l’acceptation des autres
dans leur diversité.
Wonder, R. J. Palacio, Pocket jeunesse, 2012.
L’anguille, Valentine Goby, Thierry Magnier, 2020.
Nos cœurs tordus, T.1 – Ça tourne au collège, Séverine Vidal, Manu Causse, Javi Rey, Bayard jeunesse, 2023.
Superman n’est pas juif (et moi un peu…), Jimmy Bemon, Emilie Boudet, La Boite à Bulles, 2020.
L’île aux chats, Kim Chungmi, Thierry Magnier, 2008.
Ophélie, Charlotte Gingras, Daniel Sylvestre, Alice jeunesse, 2018.
Les fabuleuses aventures d’Aurore, Douglas Kennedy, Joann Sfar, Pocket Jeunesse, 2019.
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, Lisa Thompson, Pocket jeunesse, 2017.
Plume, une histoire d’anorexie, Pascal Clavel Gabrielle Morisseau, éditions de l’Isatis, collection Griffs, 2025.
Un simple soupçon, Sandrine Beau, Mijade, 2021.
Identifier la santé comme un « état
complet de bien-être physique, mental
et social » (définition de l’Organisation
mondiale de la santé).
Panique organique, Marion Montaigne, Sarbacane, 2007 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
A la poursuite des animaux arc-en-ciel, Sarah Ann Juckes, Sharon King-Chai, Little Urban, 2024.
La Cabane, Ludovic Lecomte, L’école des loisirs, 2024.
Par delà les vagues, Catherine Grive, Anouk Alliot, Seunghee Choi, Editions du Pourquoi Pas ?, 2021.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Reconnaître l’importance de la diversité et de la non-discrimination et prendre conscience que chaque individu a droit à la liberté et au respect.Etre un garçon, la masculinité à contre-courant, Karim Ouaffi, Mikankey, Editions du ricochet, 2024.
La Ligue des super féministes, Mirion Malle, éditions la Ville Brûle, 2019.
Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
Beurre breton et sucre afghan, Anne Rehbinder, Actes Sud jeunesse, 2021.
La tour de Jeanne, Florence Médina, Mary-Gaël Tramon, Poulpe fiction, 2023.
Identifier ce qui caractérise une relation interpersonnelle positive et ce qui caractérise une relation interpersonnelle négative.Comment j’ai réussi mon chagrin d’amour, Catherine Grive, Sarbacane, 2025.
Antoine et la fille trop bien, Alexandre Franc, Sarbacane, 2021.
Simon & Louise, Max de Radiguès, Sarbacane, 2020 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
Comprendre que tout acte de nature sexuelle non désiré constitue une violence sexuelle.



S’affirmer par le consentement et le refus.
Et si on se parlait ?, Andréa Bescond, Mathieu Tucker, Harpercollins, 2020.
Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried Filliozat, Pocket, 2020.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Développer des relations sociales fondées sur l’acceptation des autres dans leur diversité, la collaboration, la coopération, l’entraide.Quand on dansait sur les toits, Tristan Koëgel, Didier jeunesse, 2023.
La Coloc’, Manu Causse, Slalom, 2023.
Prendre conscience que les réseaux sociaux et Internet diffusent des contenus sexuellement explicites, interdits aux personnes mineures, qui peuvent être choquants, violents, peuvent véhiculer des stéréotypes et banaliser des comportements violents. Élaborer des stratégies pour s’en protéger et protéger les autres.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir les notions de liberté, de respect et d’égalité concernant le sexe, le genre et l’orientation sexuelle. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Briere Haquet, Lionel Larchevêque, Actes Sud, 2010.
A copier 100 fois, Antoine Dole, Sarbacane, 2013.
Petit chaperon, Beatriz Martín Vidal, Grasset jeunesse, 2025.
Identifier des situations de cyberviolences à caractères sexistes et sexuels et leurs effets néfastes.Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Comme des images, Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2019.
Prendre conscience que chaque individu possède des droits humains (droit à la dignité, droit au respect de sa vie privée, droit à l’image). La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.
Savoir comment réagir de manière efficace lorsqu’une personne est victime de harcèlement ou de violences sexistes ou sexuelles (pratiquer une écoute empathique, apporter du soutien solidaire à la victime, signaler les violences).Harcèlement
La jungle, harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.
Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier jeunesse, 2020.
#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
Six contre un, Cécile Alix, Pocket jeunesse, 2025.
La sans-visage, Louise Mey, L’école des loisirs, 2025.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Prendre conscience que l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux peut entraîner des situations dangereuses ou des infractions à la loi, élaborer des stratégies pour s’en protéger et protéger les autres.#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
A l’ombre de l’oubli, Mireille Desdero, Seuil Jeunesse, 2013.
Tous connectés, Mathilde Giard, Marigribouille, La Martinière, 2018.
Développer sa capacité d’écoute, l’attention portée aux autres et des relations sociales constructives.Les désaccordés, Anne Cortey, L’école des loisirs, 2023.
Une guitare pour deux, Mary Amato, Nathan, 2013.
Les anges pleurent en silence, Arthur Ténor, Oskar éditeur, 2014.
Sauveur & Fils, Marie-Aude Murail, L’école des loisirs, série de 7 tomes depuis 2016.
Le carnet du club des 4, Vickie VanSickle, Laure Delattre-Faure, Poulpe Fiction, 2026.
Savoir faire des choix responsables.L’attaque des slips tueurs, Élise Gravel, Milan, 2023.
STOP aux fake news, Lina Fourneau, Lise Pressac, Clémentine Latron, Magenta éditions, 2026.

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Quatrième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Envisager les différents aspects de la sexualité : physique/psychologique ; personnelle/interpersonnelle ; impliquant différentes parties du corps ; faisant l’objet d’une série de représentations et de modèles sociaux pouvant impliquer l’amour, le plaisir, la reproduction.Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Antje Helms, Jan von Hollenben, Syros, 2014.
16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles, 2017.
Amour(s), Alexandre Tess, Camille Deschiens, éditions Des Éléphants, 2022.
Ni prince ni charmant, Florence Médina, Talents hauts, 2025.
A la tombée du ciel, Sophie Cameron, Nathan, 2019.
Savoir qu’il existe des personnes intersexes. Qui sont les LGBT+ ?, Cécile Benoist, Élodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2024.
Polly, Fabrice Melquiot, Isabelle Pralong, La joie de lire, 2021.
Envisager la sexualité comme un cheminement personnel singulier et comprendre sa diversité d’expression.Gwen et Art are not in love, Lex Croucher, Casterman, 2023.
Comprendre, identifier, apprendre à gérer ses émotions.Petite chose / Et si l’on s’aime, Cathy Ytak, Claire Beuve, Joséphine Forme, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.
Je ne dirai pas le mot, Madeleine Assas, Actes Sud Jeunesse, 2022.
Connaître où et comment s’informer ou bénéficier de dépistages ou d’une prise en charge médicale en santé sexuelle (vaccination contre les infections à papillomavirus humains, douleurs gynécologiques, troubles du cycle menstruel, dépistage de l’endométriose, etc.).SOS contraception – Les clés pour comprendre son corps et bien choisir sa contraception, Marie-Laure Brival, Violette Suquet, First, 2021.
Girls : no panic, Hayley Long, Gemma Correll, Milan, 2015.
Boys : no panic, Dawson, Marion Montaigne, Milan, 2015.
Blue Cerises (Saison 3). Amos : Anticorps, Sigrid Baffert, Milan, 2010.
Développer sa capacité à faire des choix responsables.Fake news, Léon Maret, Éditions 2042, 2026.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir la notion de relation (échange, don, partage, réciprocité), les positions au sein des groupes d’appartenance, la notion de consentement dans son rapport à la liberté.Les nouvelles vagues, Arnaud Catherine, Pocket Jeunesse, 2026.
Coeurs sourds, Laura Desprein, L’école des loisirs, 2023.
Une année pour toujours, Lucile de Pestoüan, Talents hauts, 2022.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Connaître les incidences des réseaux sociaux sur les relations et les choix de relations : être ou ne pas être sous le regard des autres ; examiner ce que ce regard des autres apporte à l’affirmation de soi et à la reconnaissance, pourquoi il peut aussi nuire et comment s’en protéger ; identifier les ressources et les comptes favorables ou non au bien-être et à l’estime de soi.Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Silence radio, Alice Oseman, Nathan, 2023.
Challenge chicken wings, Jean-Christophe Tixier, Syros, 2024.
Chain Mail, Hiroshi Ishizaki, Editions du Rocher, 2009.
Comprendre les problèmes associés à la diffusion et au commerce des images (des autres ou de soi), à la marchandisation du corps, à l’exploitation sexuelle, à la prostitution des mineurs, savoir comment il est possible de s’en protéger et d’être aidé pour le faire.
Virgin Mojito, Louison Nielman, Le Muscadier, 2025.
Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Le Rouergue, 2020.
En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Le secret de la dame en rouge, Béatrice Bottet, Scrineo, 2017.
L’infortune de Kitty Grey, Mary Hooper, Les Grandes Personnes, 2014.
L’enfant du trottoir d’en face, Marc Cantin, Oskar éditeur, 2014.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Comprendre l’importance de prendre des décisions favorables à sa santé et celle des autres, faire des choix responsables :
– décision d’avoir ou non un rapport sexuel ;
– prévention des infections sexuellement transmissibles (modes de transmission et moyens de protection) ;
– prévention des grossesses non prévues et/ ou non désirées (moyens de contraception, interruption volontaire de grossesse).
Identifier un adulte de confiance, un lieu, un service d’aide et de soutien à qui s’adresser pour échanger, poser des questions, trouver des informations en lien avec sa santé sexuelle, bénéficier d’un dépistage ou d’une prise en charge médicale ou être aidé en cas de violences sexistes et sexuelles (y compris l’inceste) ou de violences fondées sur des discriminations telles que définies par le Code pénal.Livrets Stop aux violences sexuelles (éditions Bayard), à télécharger : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Livret-STOP_auxviolences_sexuelles-faites-aux-enfants.pdf
Nos corps jugés, Catherine Cuenca, Editions Talents Hauts, 2022.
La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.

Inceste
La-Gueule-du-Loup, Eric Pessan, L’école des loisirs, 2021.
Savoir demander de l’aide pour soi ou pour une autre personne.En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Imbécile heureux, Jean-François Sénéchal, Sarbacane, 2021.
Délit de solidarité, Myren Duval, Rouergue, 2021.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Analyser la notion de norme sociale, de modèle, de stéréotype et réfléchir aux effets induits : intégration, exclusion, socialisation, normalisation.Qu’est-ce qui fait mon genre ?, Aïda N’Diaye, Léa Murawiec, Gallimard jeunesse, 2022.
Beurre breton et sucre afghan, Anne Rehbinder, Actes Sud jeunesse, 2021.
Wonder, R. J. Palacio, 2014.
Repérer et expliquer la différence entre des situations ou des représentations égalitaires et d’autres qui ne le sont pas (femmes/hommes ; majorités/minorités).Les têtes hautes, Cathy Ytak, Talents hauts, 2023.
Le Renard et la Couronne, Yann Fastier, Talents Hauts, 2018.
La fille d’Avril, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
Calpurnia, Jacqueline Kelly, L’école des loisirs, 2015.
Calpurnia et Travis, Jacqueline Kelly, L’école des loisirs, 2017.
Savoir penser de façon critique.Fake news, Léon Maret, Éditions 2042, 2026.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.
Décrypter les messages et les images de la sexualité dans les médias (explicites et/ou implicites).
Comprendre la notion de pornographie, la différencier des contenus érotiques et prendre conscience que la pornographie représente, de manière faussement réaliste et stéréotypée, des actes sexuels dépourvus de toute dimension affective ou sentimentale et souvent violents.Y a plein de manières d’être garçon, Thomas Messias, Sarah Loulendo, Casterman, 2025.
Non c’est non ! : contre le harcèlement sexuel, Nadia Leïla Aïssaoui, Édith Carron, Actes Sud jeunesse, 2019.
Le cœur, le corps et tout le reste, Eric Pessan, L’école des loisirs, 2025.
Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Comprendre les raisons de l’interdiction d’accès des mineurs à la pornographie, inscrite dans le Code pénal.
Identifier les conséquences de la prostitution sur la santé des victimes et prendre conscience que les réseaux prostitutionnels utilisent les réseaux sociaux pour développer leurs activités illégales.
Virgin Mojito, Louison Nielman, Le Muscadier, 2025.
Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Le Rouergue, 2020.
En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Le secret de la dame en rouge, Béatrice Bottet, Scrineo, 2017.
L’infortune de Kitty Grey, Mary Hooper, Les Grandes Personnes, 2014.
L’enfant du trottoir d’en face, Marc Cantin, Oskar éditeur, 2014.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.

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Troisième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir les notions de désir, d’excitation, de plaisir, de bonheur, ainsi que leurs relations à la sexualité. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
Sexpérience – Les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried-Filliozat, Robert Laffont, 2019.
Ceci n’est pas un livre de sexe, Chusita, Maria Lolvet,  Nathan, 2018.
Petit Guide pour une sexualité féministe et épanouie, Osez le Féminisme, Les Frangines, Anne Billows, éditions First, 2021.
Vingt-quatre secondes avant nous, Jason Reynolds, Milan, 2025.
This is not a love letter, Anouk Filippini, Auzou, 2023.
Faire la différence entre le désir qui fait
référence aux imaginations, aux émotions
et aux envies, et le comportement qui
correspond à des actions qui peuvent être
réfléchies et contrôlées ; examiner la part
et la place de la liberté dans ces différentes situations.
16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles, 2017.
Amour(s), Alexandre Tess, Camille Deschiens, éditions Des Éléphants, 2022.
Queen Kong, Hélène Vignal, Thierry Magnier, 2021.
Comprendre que le désir peut ne pas
toujours être assouvi.

Développer sa capacité à maîtriser ses
impulsions, ses émotions et ses sentiments.
Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Antje Helms, Jan von Holleben, Syros, 2014.
Ni prince ni charmant, Florence Medina, Talents hauts, 2025.
Comme ton père, Gilles Abier, In8, 2021.
Prendre conscience que les pratiques
de mutilations sexuelles féminines, qui
ne touchent pas directement la fonction
reproductive et atteignent la fonction
de plaisir, de sexualité et de construction
de soi des femmes qui en sont victimes,
correspondent à une appropriation du
corps des femmes et à l’enrayement de
leur liberté de choix.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Distinguer les notions de partage, de consentement, de réciprocité, de frustration ; prendre la mesure des enjeux et des difficultés liés au partage des sensations, des émotions, des plaisirs : par exemple, être d’accord ou pas ; être synchrone ou asynchrone.Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried Filliozat, Pocket, 2020.
Le consentement, on en parle ?, Justin Hancock, Fuchia MacAree, Gallimard jeunesse, 2022.
Pourquoi ?, la psychologie expliquée aux adolescents, 12 à 15 ans, Caroline Goldman, Dunod, 2025.
Rien que ta peau, Cathy Ytak, Actes Sud, 2014.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Notre feu, Alexandre Chardin, Rageot, 2021.
Analyser la notion de risque, pour soi et pour les autres, aux plans physiques et psychologiques ; faire des choix responsables pour sa santé et celle des autres.


Prendre la mesure des risques à prévenir ou à maîtriser s’agissant de la sexualité :
– réduction des risques d’infections sexuellement transmissibles (IST), y compris d’infection par le VIH : modes de transmission, moyens de protection, dépistage, prophylaxie préexposition (PrEP), traitement post-exposition au VIH (TPE), vaccination contre les infections à papillomavirus (HPV) ;
– grossesses non prévues et/ou non désirées : moyens de contraception, tests de grossesse, interruption volontaire de grossesse (IVG).
SOS contraception – Les clés pour comprendre son corps et bien choisir sa contraception, Marie-Laure Brival, Violette Suquet, First, 2021.
Girls : no panic, Hayley Long, Gemma Correll, Milan, 2015.
Boys : no panic, Dawson, Marion Montaigne, Milan, 2015.
Blue Cerises (Saison 3). Amos : Anticorps, Sigrid Baffert, Milan, 2010.
17 millimètres, Florence Médina, Scrineo, 2024.
Prendre conscience de la place qu’occupent l’attirance et les sentiments dans une relation.
Reconnaître l’importance de donner et d’obtenir le consentement. Apprendre à accepter un refus de la part de l’autre.Le consentement, on en parle ?, Justin Hancock, Fuchia MacAree, Gallimard jeunesse, 2022.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Prendre conscience que l’usage de substances psychoactives modifie le raisonnement et augmente le risque de prise de décision inappropriée y compris en matière de sexualité.
Reconnaître des mécanismes d’emprise et des situations de violences (physiques, psychologiques, verbales, violences sexistes, violences sexuelles, cyberviolences, violences au sein du couple ou non) ; prendre conscience de leurs effets néfastes et de l’importance pour une personne qui en est victime de chercher du soutien.Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Push, Annelise Heurtier, Casterman, 2021.
Point de fuite, Marie Colot, Nancy Guilbert, Gulf Stream, 2020.
Le silence est à nous, Coline Pierré, Flammarion, 2025.
• Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.
Quelle est la couleur du ciel aujourd’hui, Marilou Rytz, Editions du Pourquoi Pas ?, 2024.
Dédée /  Un jardin pour maman, Claire Beuve, Tildé Barbey, Editions du Pourquoi Pas ? 2025.
Amour bleu, Raphaële Frier, Kam, Editions du Pourquoi Pas ?, 2022.
J’ai rien dit, Marcus Malte, Rageot, 2025.
Comprendre que le mariage forcé est une atteinte aux droits humains fondamentaux.J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Gallimard, 2023.
Au bord du monde, Emmanuelle Pirotte, L’école des loisirs, 2024.
Petite chose / Et si l’on s’aime, Cathy Ytak, Claire Beuve, Joséphine Forme, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Le sourire de Wajma, Jack Chaboud, Alca, Editions du Pourquoi Pas ?, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Déterminer le champ des droits et des devoirs en matière de sexualité et comprendre leur raison d’être (principes et valeurs impliquées : égalité entre les femmes et les hommes, entre les orientations sexuelles, droit à la différence).Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Ni prince ni charmant, Florence Médina, Talents hauts, 2025.
Ne me dis pas que tu as peur, Giuseppe Catozzella, Seuil, 2014.
Filles de la Walïlu, Cécile Roumiguière, L’école des loisirs, 2020.
Les normaux – Tome 1, Janssen Janine et Al Sabado S., Casterman, 2025.
Gwen & Art are not in love, Lex Croucher, Casterman, 2023.
En apnée, Meg Grehan, Talents hauts, 2020.
Caractériser et savoir reconnaître une situation de violence sexuelle (y compris l’inceste), de stigmatisation, de violence ou de discrimination opérée sur le fondement notamment du sexe, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou de l’état de santé (article 225-1 du Code pénal) : homophobie et autres.Livrets Stop aux violences sexuelles (éditions Bayard), à télécharger : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Livret-STOP_auxviolences_sexuelles-faites-aux-enfants.pdf
Guide publié dans le magazine Phosphore de mars 2023 qui s’accompagne de vidéos : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Stop-aux-violencessexuelles.pdf
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.

Inceste
Théa te hait, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2023.
Prendre conscience que les victimes n’en sont jamais responsables et réfléchir aux moyens d’y faire face (soutien aux victimes, capacité à chercher et trouver de l’aide, promotion de l’égalité, éducation).Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.
Non c’est non ! : contre le harcèlement sexuel, Nadia Leïla Aïssaoui, Édith Carron, Actes Sud Jeunesse, 2019.
Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.
Développer sa capacité d’écoute et l’attention portée aux autres.Prendre la parole, Benjamin Delmotte, Alice Meteignier, Gallimard jeunesse, 2024.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Mettre en lien le respect des droits humains avec les évolutions de la société, des lois et des politiques publiques.Où va le racisme ?, Cécile Benoist, Élodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2026.
100 idées en 100 mots clés : idées importantes expliquées simplement, Tracey Turner, Tequitia Andrews, Saltimbanque, 2025.
La paix !, Philippe Godard, Vincent Odin, Le Calicot, 2025.
La première rose de Bloomstone, Mary Orchard, Casterman, 2024.
Lettres du Kansas, Mélanie De Coster, Milan, 2023.
Aya & Ansel : machines de guerre, Gaëtan B. Maran, Syros, 2024.

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Et vous, quels titres conseillez-vous à vos ados pour amorcer les discussions ?

Lecture commune : Forbans !

A l’Ombre du Grand Arbre, on aime découvrir de nouveaux titres, et on fait confiance aux copinautes et à leurs recommandations. Alors quand Liraloin nous a parlé de Forbans !, l’idée d’une lecture commune s’est très vite imposée…

Forbans !, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Ed. 3oeil, Octobre 2025

Liraloin : Aviez-vous déjà entendu parlé du scénariste Renaud Farace et du dessinateur Olivier Philipponneau ? 

Lucie : Non je ne connaissais pas du tout leur travail, mais j’ai découvert en faisant une petite recherche qu’ils avaient déjà collaboré sur Détective Rollmops qui je dois le dire m’attire beaucoup (ce titre !). Mais j’y suis allée les yeux fermés parce que quand tu conseilles une BD, Liraloin, je n’hésite jamais !

Détective Rollmops, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau, Ed. The Hoochie Coochie, Novembre 2021.

Héloïse : Pas du tout ! Si Lucie n’en avait pas parlé, je ne serais jamais allée lire ce graphique pour le moins original (et cela aurait été bien dommage !)

Liraloin : J’ai découvert Olivier Philipponneau à travers ses publications notamment avec son grand livre très intéressant Détective Rollmops.Il publie également des albums jeunesse, je suis fan de Amimots.

Animots, de ALIS, Olivier Philipponnneau et Raphaële Enjary, Ed. Albin Michel, 2019.

Liraloin : Cette bande dessinée a été éditée par les éditions 3Oeil. Aviez-vous déjà lu des livres publiés par cette maison ? 

Lucie : Je connaissais les Philonimo et j’aime beaucoup leurs visuels pour leur côté artisanal. Et puis bon, une collection de philo pour les petits je ne peux qu’adhérer !

Le Loup de Hobbes, d’Alice Brière-Haquet et Herbéra, ed. 3Oeil, 2023

Héloïse : Je ne connaissais que les Philonimo, au design visuel très original. Et comme le dit Lucie, c’est chouette d’oser la philo avec les plus jeunes ! 

Hélène : Idem, une découverte pour moi, qui n’avait pas non plus fait le lien avec les Philonimo.

Liraloin : Complètement, c’est un petit éditeur sur la même ligne qu’Hoochie Coochie. Je connais les titres jeunesse notamment ceux d’Alice Brière-Hacquet. Je connais moins la série Philonimo par contre.

Liraloin : Commençons par évoquer l’aspect physique du livre ? Qu’en avez-vous pensé ? (reliure, maquette, couverture intérieure et extérieure)…

Lucie : J’ai été surprise par la taille de cet ouvrage. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si gros, avec en plus une couverture rigide. C’est un objet imposant. Mais sa stature est contrebalancée par cette illustration de couverture un peu folle avec des personnages très graphiques, des couleurs vives tranchant avec le noir profond… A posteriori, je trouve que la couverture est très fidèle au contenu.

Liraloin : En effet, quelle surprise en ouvrant cette BD. La reliure est superbe, dans mon club BD un de mes collègues a cru que le livre était cassé (trop drôle). La couverture intérieure de fin est originale en nous rappelant tous les personnages croisés lors de notre lecture. Et oui, le livre est bien imposant !

Lucie : Faut dire que les personnages sont très nombreux… Heureusement qu’ils sont faciles à identifier parce qu’il y aurait de quoi s’y perdre !

Hélène : Oui, une très belle galerie de personnages hauts en couleur, dans tous les sens du terme !

Liraloin : Au premier abord, dès la première de couverture, nous tombons nez à nez avec une ribambelle de Forbans – Pirates. En tant que lectrice on se dit tout de suite que le graphisme est très original. Comment êtes-vous entrée dans cette lecture? 

Héloïse : Au départ, j’étais sceptique face au graphisme des personnages. Mais ça colle tellement bien à cet univers déjanté ! Ce qui m’a marquée, c’est le traitement des couleurs : une couleur par chapitre et par partie, tout le reste en noir et blanc. C’est un procédé que j’aime beaucoup.  

Lucie : Comme Héloïse, j’ai été déstabilisée par ce graphisme presque rudimentaire. D’autant plus qu’il ne correspond pas au propos et aux références qui eux nécessitent culture et un certain recul. A l’image de la couverture riche en contrastes, je trouve que cette bande dessinée joue sur plusieurs attendus et se plaît à les détourner. Mais après quelques pages, j’ai vraiment apprécié ces personnages au caractère fort et facilement identifiables, comme nous le disions.

Liraloin : Je vous rejoins complètement et clairement c’est ce que j’ai apprécié dans cette lecture. Tout d’abord, en ce moment, je trouve que les BD jeunesse se ressemblent un peu toutes graphiquement sauf quelques exceptions, et là, ça fait du bien de voir une BD sortir du lot. En en parlant avec toi Lucie, je ne trouvais pas que les références étaient compliquées pour les jeunes mais tu m’as fait réfléchir et après coup ma conclusion a été : c’est une BD pour tous ! Le graphisme me plaît énormément. Comme le dit Héloïse, les codes couleurs pour chaque chapitre donne un ton particulier à la lecture et cela est très plaisant.

Héloïse : Clairement, l’humour est le gros point fort de ce titre… Entre les jeux de mots, les situations rocambolesques, les mots-valises, on en prend plein les yeux. 

Hélène : Moi aussi j’ai trouvé le graphisme très original mais dans le bon sens du terme. Les couleurs m’ont tout de suite attirée. J’ai mis un peu de temps à identifier les personnages mais une fois ceci fait, j’ai pu pleinement apprécier l’humour qui se dégage du texte ! 


Lucie : Justement, parlons des couleurs. Tu le disais Héloïse, elles marquent l’identité de chaque chapitre, chacun étant composé de noir et blanc et une couleur fluo ou très vive. Qu’avez-vous pensé de ce choix artistique ?

Liraloin : Ce choix est judicieux et apporte au jeune lecteur un repère du moins j’ose l’espérer, je n’ai pas trop de retour de lectures de jeunes lectrices et lecteurs pour le moment. Cette transition de couleur après couleur permet de mieux aborder la lecture comme pour faire abstraction de la charge visuel que nous donne tous les personnages. Finalement ce choix apporte de la fluidité.

Hélène : Moi aussi j’ai été séduite par ce choix artistique. Cela amène un peu de repère et permettra je pense au jeune lecteur de faire des “pauses” mentales entre chaque chapitre. D’un point de vue purement graphique c’est très intéressant de séparer les chapitres de cette façon, je n’avais pas souvent vu ce procédé. 

Liraloin : Tout à fait Hélène, c’est pour cela que je plussoie les petites maisons d’éditions comme celle-ci. Il y a un vrai travail artistique !

Lucie : Ce parti pris va à l’encontre d’une vision naturaliste à laquelle de toute manière – nous l’avons dit – le graphisme n’appellait pas. Les personnages peuvent changer de couleur d’un chapitre à l’autre sans que cela ne pose problème. J’ai envie de dire que c’est un choix courageux qu’il fallait assumer (surtout dans le chapitre jaune qui peut parfois piquer un peu les yeux). Mais cela participe définitivement à la folie de l’entreprise ! Folie graphique, folie des couleurs et personnages un brin perchés eux aussi (c’est un euphémisme). La forme épouse parfaitement le fond.

Héloïse : C’est si joliment dit Lucie ! Effectivement, il souffle un vent de folie sur ces Forbans !, à tous les niveaux. 

Liraloin : D’où cette question sur ce qu’évoquait Héloïse plus haut : l’humour ! Est-ce que vous avez bien rigolé durant la lecture de cette bande dessinée, car ça c’est hyper important ? 

Héloïse : Je n’ai peut-être pas ri à gorge déployée, mais j’ai beaucoup souri, et certains passages m’ont bien fait rire. Les jeux de mots sont truculents, et les références très amusantes. 

Lucie : Eh oui, j’ai bien rigolé ! Il y a les mots-valises dont parlait Héloïse, mais aussi les références à la pop culture, le caractère très affirmé des personnages… En réalité, il y a de multiples motifs de rire, à plusieurs niveaux de lecture. Ça va du rire de surprise du genre “ils n’ont pas osé ?!” à la référence inattendue. Ce qui en fait, comme tu le disais Frédérique, une lecture pour tous les âges !

Héloïse : Je suis d’accord avec vous les filles, je trouve que ce graphique permet différents niveaux de lecture, et c’est d’autant plus chouette. 

Liraloin : Je me suis bien amusée durant cette lecture, j’étais à bord sur le rafiot avec eux. Le scénario apporte une spontanéité qui est tellement appréciable. Punch line à gogo, tirades et monologues complètement hystériques, situations cocasses… ça n’arrête pas ! Et puis les noms donnés aux personnages comme les trois boulets… Les titres des chapitres sont amusants également : des moutons et des hommes, pour n’en citer qu’un !

Liraloin : Nous avons évoqué plusieurs fois les nombreux personnages, quel est votre préféré? 

Héloïse : Sans hésiter : la fiancée. Je trouve qu’elle a du caractère, aux antipodes de la jeune femme fragile à sauver. C’est même elle qui sauve les autres à de nombreuses reprises…

Liraloin : Tu as raison Héloïse. La fiancée est un personnage un peu badass comme on les aime. J’ai aussi apprécié qu’Eléonore soit aux antipodes d’Eric (quel prénom qui détonne par rapport aux autres : Barbe-en-tas, Tortilla…). D’ailleurs, un de mes personnages préféré ou je devrais dire mes personnages préférées, c’est la tribu Kot Kots avec tous les jeux de mots. Je suis fan.

Lucie : Moi aussi j’ai aimé la comtesse Eléonore du Nordest : malgré son titre, elle est top, badass à souhait. Mais j’avoue que j’ai aussi beaucoup aimé l’évolution du pirate, le bien nommé Barbe-en-tas. Il se fait destituer de son rôle de capitaine, doit faire face aux divergences d’opinion de son fils quant à son avenir, et se retrouve finalement à apprécier le courage de son ex-future-bru. J’ai adoré ces revirements de situation. La tortue Tortilla est géniale aussi avec sa curiosité pour la culture KotKot. C’est vraiment difficile d’en choisir un seul.

Héloïse : Oui la relation entre le “grand méchant capitaine pirate” et Éléonore est très très drôle. De rejet à l’acceptation, en passant par l’admiration. 

Hélène : Petit coup de cœur pour Éléonore de mon côté également. Elle m’a fait rire, mais les autres personnages ne manquent pas de piquant non plus !

Lucie : Outre votre personnage préféré, je me demandais si vous aviez un chapitre favori. Chacun a son unité autant en couleur qu’en péripéties !

Héloïse : Je n’en ai pas… ils sont tous amusants à leur façon !

Hélène : Moi non plus, je n’ ai pas réussi à en dégager un en particulier…

Liraloin : Le Mijoté de mutinerie car il fallait oser le jaune comme couleur dominante et c’est un des chapitres où on sent que la situation échappe à Barbe-en-tas. Quelques personnages se révèlent aussi comme le cuistot… et puis aussi les 3 pages avec juste les bulles dans le chapitre Dans le ventre d’Anacondaltonien.

Lucie : Pour ma part j’hésite entre l’arrivée chez les Kot Kots Secousse chez les Kot Kots et le suivant, la bien nommée Forêt farfelue, particulièrement loufoque qui voit vraiment se révéler l’héroïne chez Eléonore.

Lucie : Avant de conclure avec notre question traditionnelle, et sans trop en révéler aux chanceux qui vont découvrir cette BD, je dois dire qu’après ce tourbillon de folie qui ne ressemble à rien de ce que j’avais pu lire avant j’étais curieuse de découvrir la fin. A-t-elle répondu à vos attentes ?

Liraloin : Mais oui, j’ai trouvé que cette fin était dans la même lignée que le reste du scénario avec en prime une belle solidarité dans cette dernière épreuve. Mais on en dira pas plus !!!!

Lucie : Il ne faut évidemment pas trop en dire, mais justement une fin convenue aurait été franchement décevante. Une partie de la résolution était prévisible mais le reste (comme dans toute la BD il y a plusieurs couches) est à mon avis à la hauteur de ce qui précède. Il y a une logique certaine mais c’est aussi ce qu’il fallait.

Héloïse : Elle m’a semblée assez logique, dans la continuité de ce qu’on avait lu. Avec une chute bien drôle pour terminer en beauté. 

Lucie : Pour finir, à qui conseilleriez-vous cette BD ?

Héloïse : A partir du collège, je dirais, et plus si affinités.

Liraloin : Tout comme toi Héloïse à partir du collège et plus plus plus. A conseiller aux adultes trop sérieux et qui détestent la couleur !

Lucie : Le graphisme pourrait laisser penser à une BD destinée à un public plus jeune mais je vous rejoins tout à fait, à partir du collège les lecteurs pourront saisir jeux de mots et références. Il faut juste passer outre cette couverture et accepter d’entrer dans le monde fou de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Il y a matière à rire quel que soit son âge !

Hélène : Tout comme vous je pense qu’il faut une certaine maturité pour comprendre les jeux de mots et le sous-texte. Parfait pour les collégiens et au-delà (nous-mêmes avons aimé et nous ne sommes plus vraiment collégiennes n’est-ce pas 😉). Le volume de l’ouvrage va également dans ce sens. Le graphisme est coloré mais pas si enfantin que cela finalement. Il faut juste le proposer, l’accompagner, et cette BD de qualité a tout le potentiel pour rencontrer son public ado.

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Merci aux éditions 3oeil de nous avoir permis de découvrir cette BD pétillante. On espère que cette lecture commune vous aura donné envie de découvrir Forbans !, un graphisme original, drôle et inattendu, qui a rencontré un gros succès A l’Ombre du Grand Arbre !

Nos grands-parents…

La semaine prochaine, du 06 au 12 octobre, nos séniors sont à l’honneur. A l’occasion de la semaine bleue, nous avons décidé de poursuivre le billet d’été de Séverine et de vous faire part de nos nombreuses lectures dont le super héros est une mamie ou un papy, bref, une personne âgée.

Albums

Le petit Monsieur d’Orianne Lellemand, texte et Anne-Isabelle Le Touzé – Glénat jeunesse, 2021

Dans cette grande et jolie demeure de bord de mer, vit le petit monsieur. Dans sa vie pleine de ronrons il s’ennuie très fortement. Mais un jour lors de sa rituelle promenade au marché il croise un groupe de réfugiés. « Ces personnes ont fui la guerre dans leur pays. Nous avons pu loger la plupart d’entre elles, mais il reste une famille sans abri. Alors mes amis, qui peut les accueillir ? ». Est-ce que le petit monsieur va se proposer ?

Dans cet album il est question de tolérance, de solidarité mais surtout de famille. Nous appartenons tous à une famille mais le plus marquant c’est qu‘au fil du temps, la famille s’étend même au-delà. C’est le cas de cette maman, ce papa et de ces enfants qui vont sans doute trouver chez le petit monsieur un vieil homme qui pourrait être un père, un grand-père pour eux et cela n’a pas de prix.

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Quand Hadda reviendra-t-elle ? d’Anne Herbauts – Casterman, 2021

« Mais je suis là mon étoile. Regarde, tu as toute ma volonté ». Hadda est absente, physiquement elle n’est plus dans cet appartement d’une vie qui s’écoule ou qui s’est écoulée. Hadda rassure, murmure sa présence à travers les pièces traversée par cette même question : « Quand Hadda reviendra-t-elle ? ». Une ritournelle qui s’égrène page après page et qui attend une réponse bienveillante, encourageante.

Il y a plusieurs manières d’aborder le deuil et ce n’est jamais un exercice facile en littérature de jeunesse. La poésie d’Anne Herbauts souligne le chemin qui appartient à la disparue et l’enfant. Cette complicité ne fait que se renforcer à travers chaque page et invite la le lectrice lecteur à les détails. Des jeux d’enfants qui se mêlent au quotidien d’une personne âgée éclairés par des illustrations pleine page.

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Ma mamie en vrai, Yves Grevet, illustrations de Yann Lebras, Mango, 2018.

Louise adore sa mamie, quel dommage que celle-ci habite au Québec, de l’autre coté de l’Océan ! Heureusement, elles peuvent s’appeler en visio. Un jour mamie se met à faire de drôles de blagues, à appeler Louise par le prénom de sa maman… Alors la famille décide de prendre l’avion pour aller lui rendre visite pour de vrai.

Ce roman fait partie de l’excellente collection « roman dessiné » de Mango Jeunesse à destination des tout jeunes lecteurs. Nul doute que l’histoire leur parlera car la relation que tissent la petite fille et sa grand-mère par delà les écrans est particulièrement touchante. A l’heure où de plus en plus de familles vivent éloignées des générations précédentes, Yves Grevet montre qu’avec un peu d’inventivité des liens peuvent être entretenus malgré la distance. Mais aussi que ces relations seront fatalement interrompues, que ce soit par la maladie ou le décès, et qu’il est essentiel d’en profiter pleinement.

L’avis de Lucie.

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Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Elodie Balandras, Didier Jeunesse, 2020.

Dans Un nouveau printemps pour pépé ours, Elodie Balandras propose à ses lecteurs d’accompagner Pépé Ours et sa petite fille pour décrocher la traditionnelle ruche pleine de miel. Une balade intergénérationnelle au cours de laquelle les deux protagonistes vont se rendre compte des changements survenus dans l’année. Alors que sa petite fille a grandi et gagné en autonomie, Pépé Ours n’est plus si rapide et fringuant.

Un album plein de tendresse qui figurait dans la sélection du Prix UNICEF 2023 consacré à la famille.

L’avis de Lucie.

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Mon grand-père s’efface, Gilles Baum, illustrations de Barroux, Albin Michel Jeunesse, 2019.

La mémoire joue aussi des tours aux grands-pères. Surtout lorsqu’il approchent des 100 ans ! Ils ont vécu tant d’événements qu’ils se mélangent un peu. Quand un petit fils rend visite à son papy et que celui-ci le prend pour son frère, l’enfant est face à un dilemme : prévenir ses parents ou jouer le jeu ? Il va choisir la seconde option et profiter d’un vrai moment d’enfance aux cotés de son aïeul.

Comme on pouvait l’espérer de ce duo talentueux d’auteur-illustrateur, les choix graphiques de cet album apportent beaucoup de poésie à cette situation douce-amère.

L’avis de Lucie.

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Josette, Clarisse Lochmann, Versant Sud, 2024.

Le lien entre enfants et personnes âgées se passe parfois de lien du sang. C’est le cas avec Josette qui garde Angèle et Clément le temps d’un été. Le temps s’étire, les enfants s’ennuient et décident d’organiser un Noël. Mais comment va réagir Josette ?

Ode à la spontanéité, au partage et à la joie des petits moments, Josette est illuminé par les illustrations floues de Clarisse Lochmann qui laissent au lecteur le soin d’imaginer les détails.

L’avis de Lucie.

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La robe rouge de Nonna, Michel Piquemal, illustrations de Justine Brax, Albin Michel Jeunesse, 2013.

Un jour, la petite fille de Nonna l’interroge : pourquoi chante-t-elle toujours en italien ? C’est l’occasion pour cette grand-mère de raconter l’histoire familiale et l’immigration en France pour échapper aux chemises noires de Mussolini. Magnifique album grand format qui met à l’honneur la transmission intergénérationnelle et la résistance à travers les sonorités et les chants. C’est l’histoire de nombreuses familles françaises qui reconnaîtront sûrement des éléments communs.

L’avis de Lucie.

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Hanabishi, de Didier Lévy, illustré par clémence Monnet. Sarbacane, mai 2022

Les grands-parents sont parfois les gardiens et les passeurs de savoirs, comme nous le montre Didier Lévy dans Hanabishi, un magnifique album aux couleurs chatoyantes. L’héroïne, une petite fille, est fascinée par les feux d’artifices, les hanabi au Japon. Et pour cause : elle nous narre le destin de sa grand-mère, seule femme hanabishi dans un métier dévolu aux hommes. A travers ses mots se dresse un portrait vibrant, hommage incontesté envers cette femme forte et pionnière. On y lit aussi une très belle complicité grand-mère – petite-fille, tendre et délicate.

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L’enfant et grand-mère, de Benji Davies. Ed. par Milan, 2019

Benji Davies aime lui aussi rendre hommage aux grands-parents. Dans sa très célèbre série L’enfante et la baleine, un tome est ainsi dévolu à la grand-mère : L’enfant et rand-mère. Le petit héros, Noé, passe ses vacances chez sa grand-mère, sur un minuscule rocher, et s’ennuie. Il part alors en exploration… Dans cette courte histoire très touchante, BEnji Davies met à l’honneur la famille et les liens intergénérationnels, à travers la relation qui se noue entre un petit garçon et sa grand-mère, les instants de flottement au début, puis de tendresse et de complicité qui apparaissent petit à petit. Une grand-mère haute en couleurs, indépendante, active, qui n’hésite pas à sortir son bateau en mer en pleine tempête… Une femme de caractère, comme on les aime !

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Capitaine Papy, de Benji Davies. Ed. par Milan, 2015

Dans un texte plus ancien, c’était un grand-père que Benji Davies mettait à l’honneur. Dans capitaine Papy, un voyage extraordinaire réunit petit-fils et grand-père. En quelques pages et avec beaucoup de tendresse, l’auteur aborde de manière imagée la question de la séparation, du deuil et de la disparition des proches. C’est doux, tendre, touchant.

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J’aime pas ma mamie. Isabelle DAMOTTE et Charles DUTERTRE. Magnard jeunesse, 2021

Non, la fillette de notre album, petite blondinette à couettes, n’aime pas sa grand-mère !
Elle a beau être la mère de son père, son nom lui échappe toujours, il n’y a rien à y faire.
C’est ainsi, elle ne l’aime pas.
Mais ne croyez pas que cela soit sans raisons. Au fil des pages, elle nous détaille ses arguments avec comique de répétitions et illustrations de famille qui en disent long. Suspicions, dévalorisations, remarques sur son éducation, visage sans cesse renfrogné, la Mamie n’aime pas non plus sa petite-fille et ne s’en cache pas.
Voilà qui explique peut-être/certainement la profonde aversion de la petite envers son aïeule…

Isabelle Damotte nous rappelle que toutes les mamies ne sont pas « gâteaux », gentilles et pleines d’attentions affectueuses envers leurs petits-enfants, tous ou quelques-uns. Avec son texte en rimes très dynamique, ses quelques délicieux mots désuets, complétés par les foisonnants, pétillants et colorés dessins de Charles Dutertre, cet album est vraiment drôle.
Pourtant, derrière le rire et les expressions blasées, se cachent une souffrance, un désir de reconnaissance, d’être et d’exister. Notre fillette se construira avec cela et autrement !

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Romans

Ma collec de mamies de Leïla Brient & Claire Gaudriot – Les Monédières, 2021

Les mamies, Louise les aime à la folie : « Ouais, mais les mamies, c’est plus précieux que les cartes Pakémou, il faut en prendre soin, les aimer très fort. C’est du boulot une collec de mamies, je sais pas trop si vous vous rendez compte ! »

Samedi prochain à 14h, Louise va donner rendez-vous à chacune de ses mamies préférées : Mamie Ella, la rouge si en colère et espiègle à la fois : « Ne t’habitue jamais à ce qui te fait mal, à ce qui t’indigne. Ne baisse jamais les bras, mords, bats-toi, hurle ! C’est pas normal, tu sais, de devoir partager ce monde avec ces trous du cul. » Mamie Violette et ses chiffres sur le bras, sa beauté de jeune fille à jamais dans ses sourires. Aimée la mémé de Louise confectionne des biscuits à la cannelle et aime démesurément ! Il y a Joséphine, très classe, qui pose avec les célébrités, pas besoin d’être jeune et belle pour ça (si si c’est vrai !). Quant à Bertille, elle collectionne les amoureux ébréchés et nourrit les oiseaux. Mamie Linette aime Papi Moktar : « Papi Moktar la berce dans ses grandes mains. Grandes comme un livre d’histoires. Les mains de Papi Moktar remontent doucement Linette dans leurs filets tissés de souvenirs. ». Ce même Papi qui tricote, fait cuire des confitures et qui a vécu mille et une vie. Toutes les invitations sont écrites, soigneusement personnalisées pour que la fête soit belle !

Bien sûr il fallait compter sur Claire Gaudriot qui aime les « trucs de vieilles » pour nous livrer cette magnifique galerie de portraits de mamies, si belles ! Le texte de Leïla Brient nous fait voyager à travers le vécu de ces femmes ordinaires tant elles sont extraordinaires. Des vies à aimer, à s’indigner, à être heureuse tout simplement.

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Des vacances d’Apache, Alexandre Chardin, Le livre de pochette jeunesse, 2023.

Alexandre Chardin affectionne particulièrement les relations inter-génerationnelles et on en trouve dans nombre de ses romans. Dans Les vacances d’Apache, il invite Oscar et ses lecteurs à rencontrer Marcel Miluche, un grand-père farfelu, champion de jeux vidéo, de dressage de chat domestique et de batailles rangées avec les gamins du quartier. Un adulte-enfant, bien décidé à rendre son petit-fils un peu moins raisonnable. Sa devise ? « Il faut être un Apache ! Toujours avec panache ! »

L’avis de Lucie.

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Premier rôle, Mickaël Ollivier, éditions Thierry Magnier, 2023.

Premier rôle figurait lui aussi dans la sélection du Prix Vendredi 2023. Il faut dire que Mickaël Ollivier a donné une place de choix au personnage de la grand-mère dans son roman. Son décès est le point du départ du récit de Laura, sa petite fille, qui va raconter leur vie et leur passion partagée pour le cinéma.

Un roman fort, avec de beaux portraits de femmes de trois générations marquées par l’amour, qu’il soit fou, manqué ou filial.

L’avis de Lucie.

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Illettrée littéraire / Perpète de Pierre Soletti, illustrations d’Emma Morison, Editions du Pourquoi pas ?, 2023.

Illettrée littéraire a été publié dans la collection Faire Humanité des éditions du Pourquoi pas ?, tête bêche avec Perpète. Ces deux textes sont des hommages poétiques très émouvants de l’auteur à sa Mamé.

D’un côté il partage ses souvenirs de devoirs effectués sous sa surveillance fantasque ; de l’autre le vide qu’elle a laissé en disparaissant. La tristesse est teintée de tendresse et d’humour qui apportent beaucoup de douceur.

L’avis de Séverine ICI, celui de Lucie et d’Héloïse.

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Venise, Bises, Cerises. Nancy GUILBERT. Oskar Editeur, février 2020

Bien que le sujet de ce roman jeunesse ne soit pas précisément les grands-parents, ceux-ci occupent une place importante dans la construction de Venise. Celle-ci est orpheline de mère et, au-delà de ses propres souvenirs matériels ou émotionnels, ses grands-parents pourraient lui apporter de quoi construire sa mémoire et son identité. Mais ces derniers ne sont en aucun cas chaleureux. C’est même tout l’inverse ! Et aller chez eux est à chaque fois une épreuve pour Venise et son père tant les critiques sont constantes. Concernant le métier de leur gendre, l’éducation qu’il prodigue à Venise (ou pas justement), comme sur la jeune génération dont elle fait partie et qui irait à vau-l’eau. Ce point de vue, réel, fait du bien à lire et se remarque tant il est rarement abordé en littérature jeunesse. Il l’est un peu plus aujourd’hui cinq ans après la parution de ce roman, mais est encore une exception.

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Documentaires

Les rides, JR, Phaidon, 2019.

Est-ce vraiment en documentaire ? Oui, d’une certaine manière car on lit dans les rides des modèles de JR le temps qui passe et les expériences de vie. Les modèles racontent aussi leur histoire et celle de leur quartier à la fin de cet album aux magnifiques photos en noir et blanc. Photos qui ont ensuite été collées sur des façades d’immeubles de leur ville. Comme une invitation à nous tourner vers ces habitants, mémoires de nos cités.

L’avis de Lucie.

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BD-Mangas

Ma mamie adorée de Junko Honma – Rue de Sèvres, collection : le renard doré, 2024

Koume adore sa mamie Ume, étant proche de part l’étymologie de leur prénom, elles ne sont encore plus dans leur complicité. Laissons Junko Monma présenter ses personnages à travers leurs objets préférés et il y a vraiment des choses surprenantes. Vous les retrouverez tout le long de ces petites saynètes de la vie. Si parfois Koume se fait du souci pour la santé de sa mamie il en va de même pour Ume qui transmet de belles valeurs à sa petite fille. Toutes les deux sont attentives au fait et geste de l’autre. Quoi que de plus adorable que d’être le témoin d’autant d’amour à travers les saisons qui se déploient au Nord de l’île de Honshû.

Ce manga se déguste comme une part d’un bon gâteau moelleux réconfortant. Koume est si fusionnelle avec sa mamie qu’on ne peut s’empêcher d’envisager une immense tristesse si elle venait à la perdre un jour. Les illustrations et le découpage des chapitres apportent une atmosphère de bien-être et de nostalgie à la lectrice et au lecteur. La petite cerise c’est les explications données en fin de volume sur les coutumes ou autre de la vie japonaise.

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Le poids des héros, David Sala, Casterman, 2022.

Le poids des héros, c’est la transmission de l’histoire familiale. Les deux grands-pères de David Sala ont fuit l’Espagne de Franco pour se retrouver face au nazisme en France. Des héros qui ont vécu selon leurs convictions, sans éclat ni tambour. Et qui ont survécu à l’horreur. Un héritage plus ou moins lourd à porter selon la sensibilité des descendants et leur envie de le transmettre.

Le travail de recherche et de mémoire de David Sala est admirable. Son traitement, distillé dans une autobiographie est particulièrement délicat.

L’avis de Séverine ICI et celui de Lucie.

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Ce joli est album d’Emilie Chazerand paru en 2019 aux éditions de l’Elan Vert met en scène une correspondance entre Jonathan, un petit garçon coquin et quelque peu insolent et sa mamie.

Au départ Jonathan, obligé par sa Maman à écrire à sa grand-mère ne le fait pas de très bon coeur mais leurs échanges épistolaires nous font presque avoir des fous-rires tellement la grand-mère a du répondant. Entre jeux de mots (Chère Mamimolette, Cher Chenapan), et confidences s’installe un dialogue plus profond qu’il n’en a l’air sur les âges de la vie (eh non, les mamies ne sont pas que des vieilles dames qui tricotent), le rôle de parents (les mamans sont des embêteuses professionnelles mais c’est pour la bonne cause, un jour il y aura du résultat espérons !). Le recul que peut apporter le regard des grands-parents au service d’un livre à la fois drôle et profond, avec des illustrations signées Charles Dutertre qui servent parfaitement le propos.

Un livre intergénérationnel à partager en famille pour renforcer la complicité et alléger les soucis du moment qui de toutes façons finiront par passer. Tout est plus léger à dos d’éléphant de toutes façons !

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La forêt des souvenirs est un joli album paru aux éditions Kimane en 2021 et qui traite de la maladie d’Alzheimer.

Emma et sa mamie se promènent ensemble dans la forêt des souvenirs, un lieu magique, probablement une métaphore de la mémoire de la grand-mère, dans lequel elles se promènent toutes les deux et revivent ensemble ses souvenirs les plus précieux.

Elles se rendront compte à la fin que même si l’on oublie tout, le plus important reste l’amour que l’on a donné et reçu.

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Pour terminer ce billet, nous avions envie de zoomer, après les albums Le petit Monsieur d’Oriane Lallemand et Josette de Clarisse Lochmann, sur une petite sélection dans laquelle les personnes âgées ne sont pas les grands-parents des héros/héroïnes, mais avec lesquelles ils/entretiennent une relation qui les aide à grandir, les nourrit, les transforme.

Le magicien du square, de Thierry Lenain, illustré par Laurent Corvaisier, Grasset Jeunesse, 2003

Le magicien du square, c’est ce vieil homme seul que rencontre la narratrice de ce bel album de 2003, aux illustrations sensibles, au texte émouvant. Du récit d’une amitié improbable entre une fillette de cité solitaire, passionnée de dessin, et un marginal, ancien marin, peintre à ses heures perdues, que beaucoup évitent, Thierry Lenain et Laurent Corvaisier font une ode à l’imaginaire, au pouvoir des histoires et de l’art comme langage universel capable de rapprocher des êtres que tout oppose. La véritable magie, c’est celle de la passion, du rêve, de l’amitié, au-delà des préjugés et des différences. En parallèle, c’est aussi une belle histoire sur la vieillesse, la maladie, la fin de vie, qui peut amener une réflexion, un échange avec les enfants, sur la solidarité avec les personnes âgées isolées.

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Sur le chemin de Reinette, d’Emmanuel Bourdier, illustré par François Ravard, Flammarion jeunesse, 2024

Dans cet album, on savoure avec Zélie l’océan, ses parfums, ses embruns, le sentiment de liberté et de sérénité qu’il lui apporte. Le seul problème, c’est que pour se rendre en bord de plage, il lui faut prendre le chemin qui passe devant la maison de Reinette, une vieille dame méchante et acariâtre, qui grogne, jure, postillonne. Mais quand l’on découvre avec Zélie un secret de siècle dernier, inscrit sur un « trésor sous verre » venu s’échouer aux pieds de la fillette et qu’elle comprend de qui provient le message, le crapaud reprend visage humain et notre regard change… Et si la méchanceté de Reinette était plutôt la manifestation de l’aigreur d’un bonheur qu’elle n’a pas connu, d’une blessure jamais cicatrisée ? C’est alors, entre l’enfant et la vieille dame, le début d’une complicité aussi pudique que surprenante…Ce bel album, au texte et aux illustrations généreux et lumineux, apporte évasion, émotion, réflexion. Il est d’autant plus touchant qu’il est également, empreint d’humanité, un beau récit sur la solitude, la vieillesse et les rendez-vous manqués.

L’avis de Séverine LA.

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Presque perdu, d’Hervé Giraud, illustré par Aurélie Castex, Seuil Jeunesse, 2023

Dans Presque perdu, Hervé Giraud met en scène la relation entre Émile, un enfant de 9 ans, et un grand-père (qui n’est pas le sien) surnommé Tintin, récemment veuf, masquant sa tristesse et sa peine derrière une extravagance faussement joyeuse. Leurs aventures familiales d’un été (vivre en tribu, se disputer, s’amuser, faire des concessions, trouver un enfant, perdre un enfant) leur permettront de se rapprocher et de s’apporter mutuellement réconfort et confiance. Entre humour et tendresse, ce roman junior nous dit à la fois l’amour entre générations, la transmission, et la manière dont un enfant sait mieux affronter la réalité du monde adulte quand il est bien entouré. Grâce à Tintin, Emile apprend que la perte définitive existe, mais que l’amour, les liens, et le souvenir permettent de continuer à vivre et même à être heureux. Les illustrations pleines de peps et très expressives sont absolument délicieuses, tandis que, comme souvent avec cet auteur, sensibilité et rires se taillent la part du lion pour de beaux moments d’émotions.

L’avis de Lucie.

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La vie devant soi, d’Emile Ajar/Romain Gary, Mercure de France, 1975

La dernière œuvre présentée n’est pas à proprement parler destinée à la jeunesse. Néanmoins, elle peut être lu dès l’adolescence et certaines arbronautes considèrent même que c’est un tel chef-d’œuvre qu’il n’est jamais trop tôt pour le lire et apprécier ce roman de 1975, Prix Goncourt pour le moins surprenant d’un auteur inconnu : Emile Ajar.

Dans un Paris populaire marqué par la pauvreté, la marginalité et le racisme, son héros inoubliable, Momo, fils de prostituée placé chez Madame Rosa, une vieille dame juive, malade, obèse, ancienne prostituée elle-même, à qui l’on confie les enfants dont les mères ne peuvent pas s’occuper. Narrateur du roman, il décrit avec la gouaille de ses mots d’enfant et la fraîcheur de son innocence, une réalité dure où les allié.e.s sont rares, les drames latents, les souffrances omniprésentes, les solitudes tragiques. Mais ce que Momo raconte, – comment des êtres fragiles peuvent se sauver les uns les autres, la solidarité entre marginaux et autres rejetés de la société-, est d’une humanité réconfortante, d’une drôlerie mêlée de sensibilité sans pareille, d’une lumière infinie. Sa relation avec Madame Rosa, figure maternelle de substitution, c’est une magnifique leçon d’amour au-delà des liens du sang. Mais, plus que ça et par-dessus tout, la prouesse de ce magnifique roman, c’est, en évoquant la vieillesse, la maladie et la mort, de sublimer, puissante et résiliente, l’enfance, ce moment où l’on a La vie devant soi. Bravo Monsieur Gary !

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Et vous, quels livres vous rappellent vos grand-parents, les moments passés avec eux, ce qu’ils vous ont transmis… ?

Lecture commune : La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante

Lorsque la BD s’invite sous notre bel arbre, l’envie de faire une lecture commune s’en fait de suite ressentir. Pour ce titre Lucie et Liraloin ont partagé leurs émotions durant la lecture de cette BD. Vous allez voir que Magda, cette petite fille au fusil nous relate un épisode très sombre de l’Histoire de la Lituanie…

La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante de Marius  MARCINKEVICIUS et illustré par Lina ITAGAKI, 2025

Lucie : J’ai beaucoup vu passer cet album sur les réseaux avant de me lancer et je n’étais pas totalement convaincue sur le papier : d’un côté l’histoire m’intéressait vraiment, de l’autre je trouvais les illustrations très (trop) « enfantines ». As-tu été immédiatement attirée par ce titre de ton côté ?

Liraloin : Je n’avais pas entendu parler de cette BD. C’est en recevant la liste via le blog que le titre m’a interpellé et comme tu étais aussi partante de ton côté, j’ai foncé. Tu évoques les illustrations. Pour ma part, comme je fais partie d’un comité BD et étant grande lectrice d’albums, je passe outre les illustrations. Ce qui m’a attiré : ce passage de l’Histoire qui n’est pas forcément très connu (du moins pour ma part). D’ailleurs, est-ce que tu connaissais l’histoire de la Lituanie durant la seconde Guerre Mondiale? 

Lucie : Pas du tout, c’est précisément ce qui m’a attirée. Et j’avoue avoir été choquée en découvrant les nombreuses vagues d’invasions qui se sont succédées. Les lituaniens ont été en paix beaucoup plus tard que la France, quelle période affreuse ! De mon côté, avec les illustrations c’est quitte ou double, j’ai beaucoup de mal à entrer dans une histoire si les dessins me crispent, surtout dans un roman graphique. Je n’arrive pas à avoir du recul à ce sujet. Mais ici elles vont très bien avec la narratrice, je trouve finalement que l’effet est harmonieux.

Liraloin : Je suis d’accord avec toi. Le choix du découpage qui est complétement la construction d’un roman graphique rend la lecture très fluide et l’illustration a autant son importance que le scénario.

Lucie : On découvre donc l’histoire de la Lituanie à la fin des années 1940 à travers les yeux de Magda qui en est au même point que nous. As-tu envie de présenter notre héroïne ?

Liraloin : Bien sûr !!! Magda n’est pas très âgée mais assez pour se voir confier une mission d’une grande importance. Son père a dû voir en elle cet esprit téméraire. Elle est très débrouillarde car ses parents et son grand-père lui ont enseigné comment se débrouiller avec ce que peut apporter la Nature. Ce qui m’a plu dans le personnage de Magda c’est son caractère très fort qui est à l’inverse de cette esprit de fillette qui est en elle. De par ses choix, elle peut être maladroite comme un enfant de cet âge pourrait l’être finalement. Et toi qu’est-ce qui te plait chez Magda? 

Lucie : Comme toi, cette alternance entre enfance et débrouillardise m’a semblé très juste. D’autant que les talents de Magda sont justifiés : elle sait coudre parce que son grand-père est cordonnier, elle se déplace silencieusement parce qu’elle est passionnée par les indiens… ses qualités ne sortent pas d’un chapeau et j’ai vraiment apprécié ce côté réaliste. D’autant que le lecteur fait sa connaissance dans un moment dramatique puisque son père lui a demandé de se cacher alors que toute sa famille était arrêtée ! Après, sa personnalité très vive est extrêmement attachante, surtout au milieu d’adultes. 

Liraloin : Oui tout à fait. Il y a une page qui montre l’absurdité de cette guerre et les conséquences : les occupations notamment. Dans le cas de la Lituanie, Magda parle des soldats verts qui persécutent le peuple puis l’arrivée des hommes en marron qui ne sont pas mieux : “Ils ont pris les montres de tout le monde, comme s’ils voulaient être les maîtres du temps”. Le ton d’une fillette qui parle en somme. 

Lucie : Suite à l’arrestation de sa famille, Magda se retrouve seule. Souhaites-tu parler du groupe de résistants qui la recueille ?

Liraloin : Elle est secourue par son ancien instituteur qui l’amène dans un de ces fameux bunkers. Et là on rencontre d’autres personnages qui eux aussi sont sortis de l’enfance plus tôt que prévu ou ont été blessés… très difficile et réaliste ! D’ailleurs, comment as-tu vu cette nouvelle vie qui arrive très brusquement pour Magda ? 

Lucie : La transition est très bien amenée par le personnage du maître comme tu le disais. Le lecteur est comme Magda, inquiet de l’arrivée cet adulte en uniforme : de quel côté est-il ? comment va-t-elle se débrouiller maintenant qu’elle est seule ? Et en fait son intégration se fait naturellement, on comprendra plus tard pourquoi. J’ai trouvé que l’abri des résistants fonctionnait un peu comme une famille – peut être parce qu’ils sont très jeunes comme tu le disais – avec des personnalités très tranchées mais aussi très attentives les unes aux autres. As-tu un personnage préféré parmi eux ?

Liraloin : Comme tu le dis très bien, c’est une famille qui est recréé pour elle. Je n’arrive pas à savoir si j’ai un personnage qui m’a touché plus que l’autre. Ils sont si différents dans leur caractère et de les voir prendre ces risques au jour le jour me les a tous rendus très attachants. Après, je ne peux pas résister au duo Magda-Pépite ! La vie en dehors des missions s’organise comme une famille et c’est d’autant plus compliqué lorsqu’elle revient chez elle pour y chercher un objet, elle ne reconnaît plus sa maison et son odeur. 

Lucie : Pépite est donc le chien de Magda, personnage à part entière de ce roman graphique et central de différentes péripéties car Magda y est très attachée.

Ce moment dont tu parles du retour à la maison est hyper bien vu. Il montre bien l’étrangeté du conflit qui atteint les recoins les plus intimes. Et en même temps l’humanité de l’ennemi puisqu’une autre famille a été logée là, probablement sans savoir le drame qui lui a permis d’avoir cette maison. Martin explique à Magda : “Ne te mets pas en colère, ce sont peut-être des gens bien. L’homme a perdu sa jambe à la guerre. Le nouveau gouvernement a donné la maison des déportés à d’autres familles… Ce n’est pas facile pour eux…” Cette volonté de nuances m’a énormément plu.

Liraloin : Exactement ! ça me fait rebondir sur cette histoire de territoire vu avec la famille de renard. Magda intervient et fait une énorme bêtise qu’elle veut réparer car finalement elle s’est aperçue qu’elle avait envahi le territoire de chasse de la renarde. J’ai trouvé cela parfait ! Le renard, ce prédateur que tout le monde veut abattre ! 

Lucie : C’est d’ailleurs un passage qui intervient juste après. Ces passages avec les renards pourraient sembler anecdotiques mais ils ne le sont pas du tout, ils montrent la complexité et les conséquences de chaque décision, à la hauteur des renards mais pas seulement évidemment ! On prend une décision qui semble bonne sur le moment, on se rend compte qu’elle a des conséquences qu’on n’avait pas prévu, et essayer de rattraper le coup prend finalement beaucoup d’énergie (ici beaucoup de risques)… J’aime les bons sentiments qui animent toujours les prises de décisions de Magda. 

Liraloin : Justement, cette petite fille si agile et courageuse se remet en question comme tu dis et c’est d’autant plus compliqué qu’elle n’est pas avec ses parents. D’ailleurs, elle se souvient des bêtises commises lorsqu’elle vivait encore avec sa famille. 

Lucie : Et si réparer ses bêtises lui fait prendre des risques énormes en volant dans la cuisine des soldats ennemis, celui lui permet aussi de nourrir les résistants du bunker. Car on n’en a pas beaucoup parlé mais la réalité des difficultés de la guerre n’est pas cachée. Ils ont peur, ils ont faim, ils sont blessés (voire pire), certains sont traumatisés par des événements antérieurs… Magda évolue dans un monde qui n’a rien d’enfantin.

Liraloin : En effet, la destruction et l’occupation met ses sentiments à rude épreuve et pourtant l’histoire trouve un juste équilibre en essayant de préserver de temps à autre l’innocence enfantine et cette subtilité est grandement appréciée ! 

Lucie : La subtilité tient jusqu’au drame de la fin, qui n’est montré que par des chaussures. Cela m’a beaucoup fait penser au film Jojo Rabbit. Et, si leurs camps sont opposés, je trouve qu’il y a une vraie filiation entre ces deux œuvres sur l’enfance prise en étau entre réalité horrible et imaginaire de son âge.

Jojo Rabbit réalisé par Taika Waititi, adapté du roman de le Ciel en cage de Christine Leunens, 2019

Liraloin : Merci pour ce titre de film que je ne connaissais pas mais je comprends car n’ayant pas ta référence j’ai été moi-même marqué par cette scène !

Lucie : Malgré mes craintes j’ai finalement trouvé qu’elles avaient un côté un peu enfantin qui allait très bien avec le propos. Et toi, qu’as-tu pensé des illustrations ?

Liraloin : Oui, étonnamment les illustrations soulignent bien la noirceur du propos justement en permettant au lecteur de se réfugier dans un monde plus enfantin. Comme si l’image nous permettait de reprendre un peu de notre souffle. Le choix des couleurs nous invite à comprendre que toute l’intrigue se situera dans la forêt, camouflée par la Nature. Est-ce que tu as apprécié ce choix de palette ? 

Lucie : Je suis tout à fait d’accord avec toi. A la fois les dessins permettent de garder un certain recul, et en même temps elles laissent presque penser que Magda nous raconte son histoire a posteriori, peu de temps après. L’effet est très intéressant. Et ces teintes entre le marron et le gris vont bien avec le contexte : les personnages sont cachés dans la forêt, ne sortent que la nuit… Et en même temps il y a quelque chose de très naturel, pas du tout oppressant (à contrario du rouge qui fait des apparitions de mauvaise augure : le feu, le sang, le danger !). 

Nous en avons un peu parlé au début de cette discussion mais cet ouvrage se termine sur une courte chronologie de la guerre en Lituanie qui m’a fait tomber des nues. Je n’avais aucune idée des difficultés rencontrées par ce pays, ce qui montre bien qu’on est encore très “européens de l’ouest centrés” dans cette Histoire. Qu’as-tu pensé de cette note finale ?

Liraloin : Je trouve que cette note est intéressante pour le jeune lecteur. Elle permet d’éclairer l’histoire de ce pays durant la seconde Guerre Mondiale tout en restant succinct pour ne pas tomber dans le cours d’histoire. Comme toi, j’étais aussi étonnée de cette situation, preuve en est que la littérature soit disant destinée à la jeunesse l’est aussi pour les adultes.  

Lucie : Justement, à qui conseillerais-tu ce roman graphique ? 

Liraloin : Je dirais à partir de 10 ans jusqu’à… aucune limite et toi? 

Lucie : Pareil. Pas trop tôt parce qu’il faut tout de même avoir les références (les étoiles sur les casquettes des militaires, la déportation, la Résistance…). Mais je crains tout de même que les illustrations très enfantines, même si nous sommes d’accord pour dire qu’elles sont appropriées, ne freinent les lecteurs plus âgés. Par exemple, mon fils de 13 ans n’était pas du tout attiré par ce titre à cause d’elles et s’il a fini par le lire et l’apprécier, il n’a pas adhéré au parti pris graphique. C’est vraiment dommage car pour moi cet album est une réussite à tous points de vue !

Liraloin : Et oui, c’est un parti pris un peu risqué mais avec une belle médiation, ce roman graphique peut fonctionner !

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Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir cette BD et que vous prendrez autant de plaisir que nous à découvrir cette histoire. Merci aux Éditons du Ricochet de nous avoir envoyé ce titre !

Billet d’été : Voyage à travers la BD

Après le séjour au Japon proposé par Liraloin la semaine dernière, Lucie a décidé de vous emmener voyager grâce aux BD. Voyages dans le temps mais surtout dans l’espace, la place des illustrations de ce support permettant de plonger dans des décors grandioses… pour un dépaysement garanti ! Alors installez-vous confortablement (parce que certaines d’entre elles sont volumineuses) et préparez-vous pour les neuf escales qu’elle vous a concoctées entre vignettes et phylactères.

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Première étape, le Nouveau Monde…

… Avec Florida, bande dessinée racontant une expédition française pour la Floride au 16ème siècle. Jean Dytar y mêle admirablement deux époques : celle d’Eléonore dont le mari est revenu traumatisé par ce projet dont il refuse de parler et celle à laquelle le jeune cartographe participe à la malheureuse tentative de colonisation.

Avec finesse et sans manichéisme, l’auteur questionne ces expéditions, leurs motifs et leurs conséquences, tout en mettant en scène des femmes qui refusent de faire tapisserie et des enjeux religieux et économiques. Alors que nous connaissons la fin, dramatique, de l’histoire, Jean Dytar parvient à nous transporter aux cotés de Jacques Le Moyne (personnage ayant réellement existé) grâce notamment à des décors éblouissants et à des représentations de cartes d’époque.
Un voyage dans le temps et l’espace.

Florida, Jean Dytar, Delcourt, 2018

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Nous voici 300 ans plus tard, en 1850, toujours en Amérique et la colonisation a eu les effets que l’on connait sur les amérindiens. Alors que Georges est élevé par le pasteur qui gère la réserve dont il est issu, il vit coupé de ses origines et des traditions de son peuple. Jusqu’à ce que Little Knife tue l’homme de foi et l’entraine dans un voyage qui va lui permettre de renouer avec son histoire.

Cette bande dessinée a été récompensée de nombreux prix, à juste titre. Outre ses paysages de l’Ouest américain, grandioses, Neyef met en scène quatre personnages aussi complexes que complémentaires dans une quête où la violence est reine. Qu’attendre d’autre d’un peuple qui a été décimé ? Une nouvelle fois, la question se pose de la légitimité des colonisateurs qui ne tient qu’à la violence et à une technologie plus élaborée. Mais il est aussi question d’entraide, d’altérité et de transmission dans cette œuvre éprouvante.
Un voyage brutal mais nécessaire.

Hoka Hey !, Neyef, Rue de Sèvres, 2022

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A peine 10 ans plus tard, encore en Amérique, le jeune Simon décide d’entreprendre un voyage de son Missouri natal à Denver. 1000 km pour aller vendre des dindes beaucoup plus cher que chez lui. Ce pari un peu fou va être l’occasion de faire des rencontres, de prendre confiance et de se confronter à des destins fort différents du sien.

Destiné à un lectorat plus jeune que les deux titres précédents, cette adaptation du classique de Kathleen Karr par Léonie Bischoff est aussi tendre que réfléchie, lumineuse que sérieuse. Car il est aussi question d’esclavage, de la place de la femme, du destin des orphelins… Le tout dans une ambiance très colorée avec des paysages sauvages et ces dindes que Léonie Bischoff prend visiblement beaucoup de plaisir à croquer.
Un voyage tout en vivacité.

La longue marche des dindes, Léonie Bischoff d’après Kathleen Karr, Rue de Sèvres, 2022

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Quatrième et dernière escale en Amérique et nouveau bond dans le temps que presque un siècle. Aimée de Jongh nous entraine dans le Dust Bowl en 1937. John Clark, photoreporter de 22 ans est chargé par le Farm Security Administration de témoigner de la situation dramatique des agriculteurs dans la région.

A la fois témoignage historique, puisqu’elle s’inspire de faits réels, et avec une forte résonnance avec les enjeux écologiques d’aujourd’hui, cette bande dessinée fait très fort. D’abord grâce aux planches, magnifiques. Les couleurs, les cadrages, les attitudes, la réussite est totale. Avec discrétion, elles interrogent sur le rôle du photographe dans le témoignage : comment dispose-t-il son appareil, que choisi-il de cadrer (et donc d’exclure) ? Et l’humain fini évidemment par prendre le pas sur le travail, le professionnel par s’impliquer face aux situations dramatiques auxquelles il assiste.
Un voyage éprouvant mais passionnant.

Jours de sable, Aimée de Jongh, Dargaud, 2021

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Voyager pour mieux se connaître ou réaliser un rêve

Après cette première étape de l’autre côté de l’Atlantique, la destination compte moins que le chemin. Les voyages forment la jeunesse dit-on, est-ce qu’ils apprennent à mieux se connaitre ? C’est en tout cas ce qu’espèrent Ulysse et Aimée, couple que tout oppose qui voyage vers le sud de l’Espagne dans le van aménagé. Ils sont à un tournant de leur vie, ce voyage va-t-il les rapprocher ou les séparer ?

Alicia Jaraba Abellán file les métaphores de la plongée et de la route au gré des aléas, des rencontres et des questionnements de ses personnages. Quand on se connait depuis (presque) toujours, comment savoir où l’on commence et ou fini l’autre ? Les deux personnages ont des aspirations qui les éloignent implacablement, s’aiment-ils assez pour surmonter leurs difficultés ? Les décors sont variés entre ville, campagne et côtes, le lecteur voyage et se questionne en même temps que les héros.
Un voyage doux-amer en eaux agitées.

Loin, Alicia Jaraba Abellán, Bamboo édition, 2024

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Est-ce pour mieux se connaître que le papa d’Antoine est parti ? Pour se prouver ou fuir quelque chose ? « L’important ce n’est pas d’arriver, mais de partir. » voilà le leitmotiv de Georges alors qu’il s’embarque pour un séjour d’un an sur une île déserte. Mais cette île est un caillou aride loin de sa vision romantique du Robinson.

Cette bande dessinée est directement issue de la lecture des carnets de Georges par Antoine. Celui-ci cherche à comprendre ce qui a motivé son père à quitter le confort de sa vie parisienne pour l’expérience ultime de la solitude. Le dialogue par-delà le temps, les résonnances des âges des deux personnages et les articles reproduits à la fin de l’ouvrage sont particulièrement intéressants. Et Xavier Coste se fait le plaisir de rendre l’île la moins accueillante possible. Ses illustrations à la peinture apportent du mouvement et une certaine étrangeté qui convient parfaitement à cette quête de sens qui anime Antoine.
Un voyage en forme d’hommage d’un fils à son père.

Il déserte, Antoine de Caunes et Xavier Coste, Dargaud, 2025

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Sermilik, c’est l’histoire vraie de Max Audibert, parti de Marseille à 18 ans pour s’installer sur la côte est du Groenland. L’opportunité de découvrir le mode de vie des Inuits mais aussi une nature aussi magnifique qu’impitoyable. Qu’est-ce qui pousse un jeune homme à quitter tout ce qu’il connaît pour vivre son rêve de devenir chasseur arctique ? Et surtout, comment vit-il la confrontation entre rêve et réalité ?

Découvrir les us et coutumes des habitants du petit village de Tiniteqilaaq, s’imprégner de la langue, se faire accepter et, évidemment, apprendre les méthodes de chasse… Voici quelques unes des difficultés qui attendent Max. Mais il trouvera aussi l’entraide d’une communauté soudée, une famille et la fierté d’avoir réalisé son rêve.
Un voyage aussi glacé que passionné.

Sermilik, Simon Hureau, Dargeau, 2022

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Deux escales dans l’imaginaire

Certains auteurs se plaisent à entrainer leurs lecteurs dans des mondes intérieurs, directement issus de leur imagination. Et comment parler du voyage sans évoquer la libre adaptation anthropomorphique de L’île au trésor de R. L. Stevenson ? Renommée du nom de son héros qui a les traits d’un jeune félin, cette version de Sébastien Vastra évoque forcément l’univers de Blacksad. Mais l’auteur a les talents de ses ambitions.

La vie de Jim va être bouleversée par l’arrivée de Billy Bones dans l’auberge de sa mère. La suite, le lecteur la connait mais les paysages maritimes et insulaires font rêver, tout comme cette quête de trésor avec un équipage inquiétant.
Un voyage plein d’aventures et de rebondissements.

Jim Hawkins – intégrale, Sébastien Vastra, Ankama éditions, 2023

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Il a été lauréat de notre prix ALODGA 2025 dans la catégorie Branches Dessinées, il était impossible de conclure ce billet d’été sans reparler du voyage dans les profondeurs de Jean Jambe.  Inspiré par les minéraux et autres trésors ramassés au fil de ses promenades, Matthias Picard joue avec les échelles et la profondeur pour faire évoluer son personnage dans un paysage en trois dimensions.

Aucun texte mais beaucoup de poésie au fil des pérégrinations de Jean Jambe qui suit un mystérieux fil, sans paraitre s’inquiéter le moins du monde des obstacles qu’il rencontre. Où ce fil mène-t-il ? C’est la question que se pose le lecteur avant de se laisser porter par les décors très graphiques, lunettes 3D sur le nez. Le mystère sera bien sûr résolu, entre humour et mise en abîme.
Un voyage énigmatique et réflexif.

Jean Jambe et le mystère des profondeurs, Matthias Picard, éditions 2042, 2024

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Lucie vous remercie d’avoir voyagé à ses côtés au fil des planches et des bulles, et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour le road trip organisé par Helolitla !