Vacances rime avec Intense


Pour Héloïse (Helolitla), le mot Vacances rime avec « intense ». Que ce soient l’amour, la confiance en soi, les rencontres hautes en couleurs, pour elle, c’est clair, les vacances, c’est le moment d’explorer, de rencontrer, d’aimer, de se retrouver. Un peu à la manière de Séverine donc sur le thème de l’amour et de l’amitié, un peu à la manière d’Hélène pour la confiance en soi, mais en mode… intense ! 


Et quoi de mieux que la littérature adolescente pour exprimer le mieux le bouillonnement et l’effervescence de cette période où l’intensité est à son paroxysme ? Voici donc une courte sélection de romans ado, pas toujours estivaux, mais qui lui ont procuré des émotions intenses !

*** Des héros-ïnes qui ressentent tout intensément ***


Yellow Feu follet, l’héroïne du roman éponyme de Siècle Vaelban, fait partie de ces héroïnes qui ressentent tout intensément. Yellow court dans tous les sens, mais elle est aussi solaire et très touchante, à l’image de ce roman qui a beaucoup ému Héloïse, et qui traite entre autres, de santé mentale. C’est un texte court, qui fourmille d’émotions, qui nous plonge dans la beauté du monde et de la nature, dans la complexité des émotions, avec justesse, et poésie.

Yellow Feu Follet, de Siècle Vaëlban, L’école des Loisirs, 2026

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Dans un tout autre style, mais qui ne laisse pas indemne, on retrouve Miriam, l’héroïne du roman Hyper, d’Émilie Chazerand. Et le titre du roman colle bien au personnage de Miriam, qui est à la fois hyper drôle, malgré la tristesse et la gravité du quotidien qu’elle nous narre, hyper sensible (elle perçoit les émotions et les exprime de manière exacerbée), hyper cynique (âmes sensibles se méfier, certaines de ses réflexions sont bien noires), hyper attachante surtout. Héloïse a adoré l’intensité de ce texte caustique, presque dérangeant par moments, qui bouscule et bouleverse.

Hyper, d’Emilie Chazerand, Pocket Jeunesse, 2025

Ce roman était d’ailleurs l’objet d’une lecture commune entre Lucie, Liraloin et Héloïse.

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Eden, l’héroïne de Marie Colot, est à fleur de peau, mal dans sa tête depuis un événement tragique, rongée par la culpabilité… Sur la thématique, choquante !, du marché de la réadoption aux Etats-Unis, l’autrice embarque ses lecteurices, le temps d’un été, dans la vie de cette héroïne écorchée, qui a peur de s’attacher. C’est vif, parfois brut, parfois poétique, mais toujours juste. On ne peut que se laisser emporter par Eden, sa verve, son énergie, et ce roman lumineux, bourré d’optimisme, sur la résilience, la capacité à surmonter les épreuves.

Eden, fille de personne, de Marie Colot, Actes Sud, 2021

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Coment ne pas parler de Nathanaël Stone, le héros de La première Rose de Bloomstone, de Mary Orchard ? Les difficultés qu’il doit affronter, son abnégation, son courage, et surtout, la générosité et l’empathie dont il fait preuve… Il a énormément touché Héloïse, ce jeune homme qui se sent vite différent des autres, hypersensible, qui doit se battre dans une société qui n’est prête à accepter ni ses émotions, ni son orientation sexuelle. Une lecture-doudou, cosy, qui fait pleurer, qui fait sourire.

La première rose de Bloomstone, de Mary Orchard. Casterman, 2024

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*** Des voyages intenses qui changent la vie ***

Les vacances, c’est souvent l’occasion de voyager, de découvrir de nouveaux paysages, de rencontrer de nouvelles personnes, d’en retrouver d’autres. Et parfois, de se (re)trouver au bout du chemin. Voici donc un petit échantillon de voyages intenses et inoubliables, qui changent à jamais la vie de leurs personnages. Comme le très célèbre Les petites reines, déjà cité par Séverine et Hélène, qu’il était impossible de ne pas mentionner ici !

Les petites reines, ce sont Astrid, Hakima, et Mireille. Trois adolescentes qu’un concours malveillant a élu « Boudins » du collège sur Facebook. Toutes trois montent un rejet fou : rallier Paris, depuis Bourg-en-Bresse, leur ville d’origine, à vélo ! Derrière elle, le lecteur est embarqué dans un voyage initiatique drôle et foufou, qui a le don d’aborder avec légèreté un sujet sensible et difficile : le harcèlement, et la grossophobie. C’est rocambolesque, et les rebondissements sont nombreux sur la route des trois jeunes femmes. Ode au vélo, à l’amitié, invitation à croire en soi et à s’accepter tel que l’on est, Les petites reines est une pépite d’humanité.

Les petites reines, de Clémentine Beauvais. Sarbacane, 2015

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Direction l’Irlande maintenant, avec Sweet Home, et ses paysages sauvages, abrupts et splendides. On y suit Birdie, sa mère et son petit frère Yzac, qui sillonnent le pays dans un van. On y croise des adolescents et des adultes blessés, qui souffrent et peinent parfois à communiquer. On y découvre les secrets du passé. Et puis l’espoir, la lumière, l’amitié et l’entraide qui transcendent tout. Reconstruction, rédemption : entre émotions et tensions, moments difficiles et instants plus cosys, dérobés à l’âpreté de la vie, c’est une lecture certes dure mais aussi très poétique, percutante, et optimiste.

Sweet home, de Nancy Guilbert. Didier Jeunesse. 2024

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Bien évidemment, avec cette histoire de voyage et d’émotions intenses, Héloïse a très vite pensé à L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, cette jeune fille de 12 ans qui sillonne les États-Unis dans un bus avec son père Rodéo. Ce roman, c’est un road-trip haut en couleurs et foufou, des discussions, des mésaventures, ces personnes abîmées par la vie, qui vont échanger, dévoiler leurs secrets, et évoluer. Au programme donc, traumatisme, deuil, violences, mais aussi et surtout entraide, amitié, humour, espoir. Héloïse a adoré ce texte, triste, mais aussi doux et lumineux !

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart. Pocket jeunesse, 2020

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Sur une touche plus fantasy, L’Odyssée des Tranchevent, la duologie de Noémie Delpra, propose un voyage époustouflant et onirique dans un univers où les terres flottent dans les cieux, et les humains sont appariés à des créatures maritimes volantes… Mais Nayla, privée de l’usage de ses jambes, n’a pu rencontrer son âme sœur… Mise à l’écart par les siens, elle vit simplement en compagnie de son frère adoptif Brewen. Jusqu’au jour où il disparaît… Pour le retrouver, Nayla se lance dans un dangereux périple. Sur sa route : de nombreuses rencontres, des aventures périlleuses, et surtout, au bout du chemin, elle-même… Deux romans lumineux et fascinants sur l’importance de croire en ses rêves, et la force de l’entraide.

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*** Des émotions intenses ***

Deuil, résilience, amour, passion, émerveillement… La littérature jeunesse et ado regorge de romans qui abordent ces émotions intenses, le temps d’un été… ou non. Petit florilège.

Dans Gazelle Punch, de Nancy Guilbert, nous suivons Violette, qui accueille tous les étés un adolescent en difficulté. Mais cette année, il y en aura deux : Dempsey, et Livia. tous deux très différents, et avec un passé bien difficile… Des personnages abîmés par la vie, fragiles, et terriblement touchants. D’une côté, une femme qui a tout perdu et se consacre désormais aux autres pour avancer. De l’autre deux adolescents meurtris. Héloïse a adoré cette magnifique histoire d’amitié et d’entraide qui se dessine derrière ces histoires tragiques. De la bienveillance, de l’amour, de la rédemption, ce roman ado est une invitation à s’ouvrir aux autres et à partager. Un roman puissant, émouvant, une ode à la vie.

Gazelle Punch, de Nancy Guilbert, Slalom, 2023

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Avec Les cigales chantent ton retour, Caroline Peiffer emmène ses lecteurices en Provence, entre romance et résilience. Deux points de vue alternent : Prune, jumelle effacée de Mirabelle, passionnée de lecture et de crochet, qui revoit son amour d’enfance, Cyprien, et son passé plus-que-compliqué. Avec ce roman, on navigue entre amour – passion (et tendres premiers émois), reconstruction après un passé violent (certains passages font horriblement mal au cœur !), et affirmation de soi. Une belle lecture, dépaysante, parfaite pour la saison.

Les cigales chantent ton retour, de Caroline Peiffer. Scrineo romance, 2026

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Changement radial de décor pour La Neige au rendez-vous d’Esmé Planchon : direction Paris et les fêtes de fin d’année. Si décembre est pour beaucoup une période de réjouissance, c’est aussi un moment compliqué pour celleux qui viennent de vivre un drame, comme Amélie. Cette héroïne blessée, perdue, fuit la réalité parce qu’elle lui fait trop mal. Parce que son frère n’est plus là, que sa mère s’enferme dans sa chambre toute la journée. Et puis, il y a Stella, la fille du nouveau compagnon de sa tante. Entre elles deux, ça crépite, les éclairs fusent. Deuil et amour, droit d’être qui on veut et d’aimer qui on le souhaite, c’est une lecture fantasque, magnifique, qui a bouleversé Héloïse.

La neige au rendez-vous, d’Esmé Planchon. Bayard jeunesse, 2025.

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Pas de vacances dans Le jardin aux acacias, mais de ces petits instants volés, riches en émotions partagés. Max, le petit héros, s’ennuie. Alors ses parents lui proposent de passer ses mercredi chez son papy Jean. Mais là-bas, il s’ennuie aussi !

Ce roman d’une grande douceur, est poétique, et surtout riche en émotions. Il montre l’éclosion d’une belle relation intergénérationnelle entre Max et son papy, une relation pleine de silences, d’instants partagés, de secrets dévoilés. A travers le personnage taciturne de papy Jean, on découvre l’ampleur de deuil et de la souffrance, qui peuvent nous enfermer sur nous-mêmes, au point d’en oublier l’essentiel : s’ouvrir au monde, et à ceux qui nous sont proches. Héloïse a ete très touchée par cette belle histoire qui défend l’attention aux autres, et nous parle de la douceur fragile des instants partagés.

Le jardin aux acacias, d’Elise Blaque. Didier jeunesse, 2026

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En terme d’émotions fortes, difficile de passer à côté de Non réparable, d’Hervé Giraud. Un roman dur, violent, marquant, percutant, bouleversant. Le genre de roman qui fait mal et en même temps exprime avec beaucoup de finesse et de justesse l’explosion, la rage, le désarroi d’un adolescent maltraité dès le plus jeune âge.

Milo, le protagoniste, est enfermé dans un centre spécialisé. Qui est-il ? L’histoire, horrible, se révèle au fil des chapitres et des rendez-vous du jeudi chez le psy. Maltraitance, violence familiale, humiliations, rien n’est épargné à Milo, qui n’est en sécurité nulle part. C’est dur, toute cette violence, toute cette détresse qui affleure, c’est cru, ça prend au tripes. Mais c’est aussi un texte malheureusement nécessaire, pour mettre des mots sur ces maux de notre société. Héloïse a lu ce texte en apnée jusqu’au final, et sa révélation. Elle tenait à vous le partager, malgré sa dureté, pour sa poésie et son message essentiel.

Non réparable, d’Hervé Giraud. Ed. Tierry Magnier, 2026

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Enfin, pour finir sur une touche un peu plus optimiste, parce que c’est une lecture d’été qui se prête totalement à la thématique, parce qu’elle l’a relu il y a peu, et parce que c’est un de ses romans préférés !, Héloïse ne pouvait pas ne pas parler de Nos Constellations, de Florence Quentin. Le pitch ? Maxence et Aurélien sont deux lycéens qui ont vécu chacun un drame. Deux anciens amis d’enfance, perdus de vue, qui se retrouvent sept ans après. Avec cette question, au fond d’eux : l’alchimie qu’ils ont ressenti étant enfants est-elle toujours là ?

Héloïse adoré cette histoire, ces deux jeunes hommes et les personnages qui gravitent autour d’eux, cet amour naissant et si profond qu’il renverse tout sur son passage. Les deux héros sont à vif, écorchés par les épreuves, mais aussi et surtout très lumineux quand ils sont ensemble. En quelques centaines de pages, elle a vécu avec Maxence et Aurélien de bien jolis moments, d’une grande tendresse, entre humour, émotions, tristesse et joie.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Didier Jeunesse, 2025

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Et vous, quelles ont été les lectures les plus intenses pour vous ?

Lecture commune : Forbans !

A l’Ombre du Grand Arbre, on aime découvrir de nouveaux titres, et on fait confiance aux copinautes et à leurs recommandations. Alors quand Liraloin nous a parlé de Forbans !, l’idée d’une lecture commune s’est très vite imposée…

Forbans !, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Ed. 3oeil, Octobre 2025

Liraloin : Aviez-vous déjà entendu parlé du scénariste Renaud Farace et du dessinateur Olivier Philipponneau ? 

Lucie : Non je ne connaissais pas du tout leur travail, mais j’ai découvert en faisant une petite recherche qu’ils avaient déjà collaboré sur Détective Rollmops qui je dois le dire m’attire beaucoup (ce titre !). Mais j’y suis allée les yeux fermés parce que quand tu conseilles une BD, Liraloin, je n’hésite jamais !

Détective Rollmops, de Renaud Farace et Olivier Philipponneau, Ed. The Hoochie Coochie, Novembre 2021.

Héloïse : Pas du tout ! Si Lucie n’en avait pas parlé, je ne serais jamais allée lire ce graphique pour le moins original (et cela aurait été bien dommage !)

Liraloin : J’ai découvert Olivier Philipponneau à travers ses publications notamment avec son grand livre très intéressant Détective Rollmops.Il publie également des albums jeunesse, je suis fan de Amimots.

Animots, de ALIS, Olivier Philipponnneau et Raphaële Enjary, Ed. Albin Michel, 2019.

Liraloin : Cette bande dessinée a été éditée par les éditions 3Oeil. Aviez-vous déjà lu des livres publiés par cette maison ? 

Lucie : Je connaissais les Philonimo et j’aime beaucoup leurs visuels pour leur côté artisanal. Et puis bon, une collection de philo pour les petits je ne peux qu’adhérer !

Le Loup de Hobbes, d’Alice Brière-Haquet et Herbéra, ed. 3Oeil, 2023

Héloïse : Je ne connaissais que les Philonimo, au design visuel très original. Et comme le dit Lucie, c’est chouette d’oser la philo avec les plus jeunes ! 

Hélène : Idem, une découverte pour moi, qui n’avait pas non plus fait le lien avec les Philonimo.

Liraloin : Complètement, c’est un petit éditeur sur la même ligne qu’Hoochie Coochie. Je connais les titres jeunesse notamment ceux d’Alice Brière-Hacquet. Je connais moins la série Philonimo par contre.

Liraloin : Commençons par évoquer l’aspect physique du livre ? Qu’en avez-vous pensé ? (reliure, maquette, couverture intérieure et extérieure)…

Lucie : J’ai été surprise par la taille de cet ouvrage. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si gros, avec en plus une couverture rigide. C’est un objet imposant. Mais sa stature est contrebalancée par cette illustration de couverture un peu folle avec des personnages très graphiques, des couleurs vives tranchant avec le noir profond… A posteriori, je trouve que la couverture est très fidèle au contenu.

Liraloin : En effet, quelle surprise en ouvrant cette BD. La reliure est superbe, dans mon club BD un de mes collègues a cru que le livre était cassé (trop drôle). La couverture intérieure de fin est originale en nous rappelant tous les personnages croisés lors de notre lecture. Et oui, le livre est bien imposant !

Lucie : Faut dire que les personnages sont très nombreux… Heureusement qu’ils sont faciles à identifier parce qu’il y aurait de quoi s’y perdre !

Hélène : Oui, une très belle galerie de personnages hauts en couleur, dans tous les sens du terme !

Liraloin : Au premier abord, dès la première de couverture, nous tombons nez à nez avec une ribambelle de Forbans – Pirates. En tant que lectrice on se dit tout de suite que le graphisme est très original. Comment êtes-vous entrée dans cette lecture? 

Héloïse : Au départ, j’étais sceptique face au graphisme des personnages. Mais ça colle tellement bien à cet univers déjanté ! Ce qui m’a marquée, c’est le traitement des couleurs : une couleur par chapitre et par partie, tout le reste en noir et blanc. C’est un procédé que j’aime beaucoup.  

Lucie : Comme Héloïse, j’ai été déstabilisée par ce graphisme presque rudimentaire. D’autant plus qu’il ne correspond pas au propos et aux références qui eux nécessitent culture et un certain recul. A l’image de la couverture riche en contrastes, je trouve que cette bande dessinée joue sur plusieurs attendus et se plaît à les détourner. Mais après quelques pages, j’ai vraiment apprécié ces personnages au caractère fort et facilement identifiables, comme nous le disions.

Liraloin : Je vous rejoins complètement et clairement c’est ce que j’ai apprécié dans cette lecture. Tout d’abord, en ce moment, je trouve que les BD jeunesse se ressemblent un peu toutes graphiquement sauf quelques exceptions, et là, ça fait du bien de voir une BD sortir du lot. En en parlant avec toi Lucie, je ne trouvais pas que les références étaient compliquées pour les jeunes mais tu m’as fait réfléchir et après coup ma conclusion a été : c’est une BD pour tous ! Le graphisme me plaît énormément. Comme le dit Héloïse, les codes couleurs pour chaque chapitre donne un ton particulier à la lecture et cela est très plaisant.

Héloïse : Clairement, l’humour est le gros point fort de ce titre… Entre les jeux de mots, les situations rocambolesques, les mots-valises, on en prend plein les yeux. 

Hélène : Moi aussi j’ai trouvé le graphisme très original mais dans le bon sens du terme. Les couleurs m’ont tout de suite attirée. J’ai mis un peu de temps à identifier les personnages mais une fois ceci fait, j’ai pu pleinement apprécier l’humour qui se dégage du texte ! 


Lucie : Justement, parlons des couleurs. Tu le disais Héloïse, elles marquent l’identité de chaque chapitre, chacun étant composé de noir et blanc et une couleur fluo ou très vive. Qu’avez-vous pensé de ce choix artistique ?

Liraloin : Ce choix est judicieux et apporte au jeune lecteur un repère du moins j’ose l’espérer, je n’ai pas trop de retour de lectures de jeunes lectrices et lecteurs pour le moment. Cette transition de couleur après couleur permet de mieux aborder la lecture comme pour faire abstraction de la charge visuel que nous donne tous les personnages. Finalement ce choix apporte de la fluidité.

Hélène : Moi aussi j’ai été séduite par ce choix artistique. Cela amène un peu de repère et permettra je pense au jeune lecteur de faire des “pauses” mentales entre chaque chapitre. D’un point de vue purement graphique c’est très intéressant de séparer les chapitres de cette façon, je n’avais pas souvent vu ce procédé. 

Liraloin : Tout à fait Hélène, c’est pour cela que je plussoie les petites maisons d’éditions comme celle-ci. Il y a un vrai travail artistique !

Lucie : Ce parti pris va à l’encontre d’une vision naturaliste à laquelle de toute manière – nous l’avons dit – le graphisme n’appellait pas. Les personnages peuvent changer de couleur d’un chapitre à l’autre sans que cela ne pose problème. J’ai envie de dire que c’est un choix courageux qu’il fallait assumer (surtout dans le chapitre jaune qui peut parfois piquer un peu les yeux). Mais cela participe définitivement à la folie de l’entreprise ! Folie graphique, folie des couleurs et personnages un brin perchés eux aussi (c’est un euphémisme). La forme épouse parfaitement le fond.

Héloïse : C’est si joliment dit Lucie ! Effectivement, il souffle un vent de folie sur ces Forbans !, à tous les niveaux. 

Liraloin : D’où cette question sur ce qu’évoquait Héloïse plus haut : l’humour ! Est-ce que vous avez bien rigolé durant la lecture de cette bande dessinée, car ça c’est hyper important ? 

Héloïse : Je n’ai peut-être pas ri à gorge déployée, mais j’ai beaucoup souri, et certains passages m’ont bien fait rire. Les jeux de mots sont truculents, et les références très amusantes. 

Lucie : Eh oui, j’ai bien rigolé ! Il y a les mots-valises dont parlait Héloïse, mais aussi les références à la pop culture, le caractère très affirmé des personnages… En réalité, il y a de multiples motifs de rire, à plusieurs niveaux de lecture. Ça va du rire de surprise du genre “ils n’ont pas osé ?!” à la référence inattendue. Ce qui en fait, comme tu le disais Frédérique, une lecture pour tous les âges !

Héloïse : Je suis d’accord avec vous les filles, je trouve que ce graphique permet différents niveaux de lecture, et c’est d’autant plus chouette. 

Liraloin : Je me suis bien amusée durant cette lecture, j’étais à bord sur le rafiot avec eux. Le scénario apporte une spontanéité qui est tellement appréciable. Punch line à gogo, tirades et monologues complètement hystériques, situations cocasses… ça n’arrête pas ! Et puis les noms donnés aux personnages comme les trois boulets… Les titres des chapitres sont amusants également : des moutons et des hommes, pour n’en citer qu’un !

Liraloin : Nous avons évoqué plusieurs fois les nombreux personnages, quel est votre préféré? 

Héloïse : Sans hésiter : la fiancée. Je trouve qu’elle a du caractère, aux antipodes de la jeune femme fragile à sauver. C’est même elle qui sauve les autres à de nombreuses reprises…

Liraloin : Tu as raison Héloïse. La fiancée est un personnage un peu badass comme on les aime. J’ai aussi apprécié qu’Eléonore soit aux antipodes d’Eric (quel prénom qui détonne par rapport aux autres : Barbe-en-tas, Tortilla…). D’ailleurs, un de mes personnages préféré ou je devrais dire mes personnages préférées, c’est la tribu Kot Kots avec tous les jeux de mots. Je suis fan.

Lucie : Moi aussi j’ai aimé la comtesse Eléonore du Nordest : malgré son titre, elle est top, badass à souhait. Mais j’avoue que j’ai aussi beaucoup aimé l’évolution du pirate, le bien nommé Barbe-en-tas. Il se fait destituer de son rôle de capitaine, doit faire face aux divergences d’opinion de son fils quant à son avenir, et se retrouve finalement à apprécier le courage de son ex-future-bru. J’ai adoré ces revirements de situation. La tortue Tortilla est géniale aussi avec sa curiosité pour la culture KotKot. C’est vraiment difficile d’en choisir un seul.

Héloïse : Oui la relation entre le “grand méchant capitaine pirate” et Éléonore est très très drôle. De rejet à l’acceptation, en passant par l’admiration. 

Hélène : Petit coup de cœur pour Éléonore de mon côté également. Elle m’a fait rire, mais les autres personnages ne manquent pas de piquant non plus !

Lucie : Outre votre personnage préféré, je me demandais si vous aviez un chapitre favori. Chacun a son unité autant en couleur qu’en péripéties !

Héloïse : Je n’en ai pas… ils sont tous amusants à leur façon !

Hélène : Moi non plus, je n’ ai pas réussi à en dégager un en particulier…

Liraloin : Le Mijoté de mutinerie car il fallait oser le jaune comme couleur dominante et c’est un des chapitres où on sent que la situation échappe à Barbe-en-tas. Quelques personnages se révèlent aussi comme le cuistot… et puis aussi les 3 pages avec juste les bulles dans le chapitre Dans le ventre d’Anacondaltonien.

Lucie : Pour ma part j’hésite entre l’arrivée chez les Kot Kots Secousse chez les Kot Kots et le suivant, la bien nommée Forêt farfelue, particulièrement loufoque qui voit vraiment se révéler l’héroïne chez Eléonore.

Lucie : Avant de conclure avec notre question traditionnelle, et sans trop en révéler aux chanceux qui vont découvrir cette BD, je dois dire qu’après ce tourbillon de folie qui ne ressemble à rien de ce que j’avais pu lire avant j’étais curieuse de découvrir la fin. A-t-elle répondu à vos attentes ?

Liraloin : Mais oui, j’ai trouvé que cette fin était dans la même lignée que le reste du scénario avec en prime une belle solidarité dans cette dernière épreuve. Mais on en dira pas plus !!!!

Lucie : Il ne faut évidemment pas trop en dire, mais justement une fin convenue aurait été franchement décevante. Une partie de la résolution était prévisible mais le reste (comme dans toute la BD il y a plusieurs couches) est à mon avis à la hauteur de ce qui précède. Il y a une logique certaine mais c’est aussi ce qu’il fallait.

Héloïse : Elle m’a semblée assez logique, dans la continuité de ce qu’on avait lu. Avec une chute bien drôle pour terminer en beauté. 

Lucie : Pour finir, à qui conseilleriez-vous cette BD ?

Héloïse : A partir du collège, je dirais, et plus si affinités.

Liraloin : Tout comme toi Héloïse à partir du collège et plus plus plus. A conseiller aux adultes trop sérieux et qui détestent la couleur !

Lucie : Le graphisme pourrait laisser penser à une BD destinée à un public plus jeune mais je vous rejoins tout à fait, à partir du collège les lecteurs pourront saisir jeux de mots et références. Il faut juste passer outre cette couverture et accepter d’entrer dans le monde fou de Renaud Farace et Olivier Philipponneau. Il y a matière à rire quel que soit son âge !

Hélène : Tout comme vous je pense qu’il faut une certaine maturité pour comprendre les jeux de mots et le sous-texte. Parfait pour les collégiens et au-delà (nous-mêmes avons aimé et nous ne sommes plus vraiment collégiennes n’est-ce pas 😉). Le volume de l’ouvrage va également dans ce sens. Le graphisme est coloré mais pas si enfantin que cela finalement. Il faut juste le proposer, l’accompagner, et cette BD de qualité a tout le potentiel pour rencontrer son public ado.

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Merci aux éditions 3oeil de nous avoir permis de découvrir cette BD pétillante. On espère que cette lecture commune vous aura donné envie de découvrir Forbans !, un graphisme original, drôle et inattendu, qui a rencontré un gros succès A l’Ombre du Grand Arbre !