Prix A l’ombre du Grand arbre 2026 : les lauréats !

Et voilà enfin le moment tant attendu : celui des résultats du Prix ALODGA ! Depuis un mois, nous vous avons présenté les titres sélectionnés (parus en 2025), et vous avez été invité.es à voter pour vos préférés. Voici donc les lauréats, dans les 6 catégories du Prix !

Catégorie Belles branches (romans ados)

Nos Constellations remporte cette catégorie. Roman très émouvant, qui aborde des thèmes difficiles : harcèlement, deuil, homophobie, c’est l’histoire d’un amour naissant entre deux très jeunes hommes, si profond qu’il renverse tout sur son passage. Dur, parfois, mais aussi sensible et poétique, on referme ce livre avec un pincement au cœur et l’idée, sublime, que l’amour triomphe des difficultés.

Nos Constellations, de Florence Quentin. Ed. Didier Jeunesse. 2025

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Catégorie Grandes feuilles (romans jeunesse)

Vos votes… généreux ont permis au court roman Le musée des générosités de l’emporter ! Très joliment illustré, il fait réfléchir, sans donner de réponses toutes faites, et touchera les enfants comme les plus grand.es. La très belle histoire d’amitié qu’il raconte, plus forte que les préjugés, transmet implicitement des valeurs de générosité, évidemment, mais aussi de non-jugement et de tolérance, sans angélisme pour autant. Quand la littérature jeunesse rime avec finesse.

Le musée des générosités, de Laurence Gillot et Emma Morison, Éditions du pourquoi pas, 2025

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Catégorie Branches dessinées (BD et romans graphiques)

L’envers de nos décors. Créé à l’origine pour le spectacle vivant, ce monologue est l’histoire d’un enfant un peu différent, que son enseignante n’a pas compris. Elle a multiplié les remarques tout au long de l’année, l’abîmant chaque jour un peu plus. Mais aujourd’hui, il va lui répondre et enfin trouver sa place. Cette bande-dessinée aussi sensible que profonde, qui épingle les micro-violences du quotidien, vous a touché.es au bon endroit : en plein cœur.

L’envers de nos décors, de Thomas Scotto et Carole Chaix. Éditions du pourquoi pas, 2025

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Catégorie Racines (documentaires)

Chercheuses d’or est un album documentaire passionnant qui raconte les grandes étapes de la ruée vers l’or au Klondike, mais aussi sa géographie, ses effets sur les peuples autochtones, les étapes de l’orpaillage et, évidemment, la place des femmes dans la société de l’époque. Vous ne vous y êtes pas trompé.es et avez bien compris que c’est une pépite. D’or, évidemment.

Chercheuses d’or, de Flora Delargy, ed. Milan, 2025

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Catégorie Brindilles (albums pour les petit.es)

Vous aviez envie d’un Gros câlin. et l’avez exprimé à travers vos votes ! À la fois livre à compter (à rebours) et bel objet à manipuler, cet album plein de tendresse, que l’on prend plaisir à le lire et relire à son enfant, vous a séduit.es par sa douceur, son interactivité et son message autour de la beauté du monde animal, ainsi que, subtilement, de la notion de consentement.

Gros câlin, d’Anabelle Buxton, ed. la Partie, 2025

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Catégorie Petites feuilles (albums pour les grand.es)

Droméo et Chuliette, très librement inspiré de la plus célèbre pièce de William Shakespeare, raconte avec le sourire, beaucoup de malice et une imagination foisonnantes, tant dans le texte que les illustrations, la (d)romance entre Droméo le dromadaire des quartiers chics, et Chuliette, la chamelle des quartiers populaires. Un concentré de littérature jeunesse comme vous l’aimez : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, inventive et créative. Une vraie réussite anti-morosité !

Dromeo et Chuliette, de Marcus Malte et Henri Meunier, Ed. Rouergue, 2025

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Encore un beau succès du Prix ALODGA, pour lequel nous avons mobilisé en équipe, toute notre conviction, notre passion. Félicitations aux lauréats, à leurs auteur.e.s et à leurs maisons d’édition (à noter que l’édition indépendante s’est encore particulièrement illustrée cette année.) Mais plus qu’une compétition, ce Prix a surtout pour objectif de mettre en valeur la richesse infinie d’un pan de la littérature à part entière. La belle littérature jeunesse a quelque chose à nous dire, entre capacité à s’émerveiller et consciences à éveiller. Écoutons-la. Défendons-la, des racines, jusqu’au bout des branches !

Prix ALODGA – catégories Brindilles et Petites feuilles

Vous connaissez les sélections des catégories Belles branches (romans ado), Grandes feuilles (romans jeunesse). Voici les deux suivantes : Petites feuilles (albums pour les grands) et Brindilles (albums pour les petits).

Rappel : vous avez jusqu’au samedi 6 juin 20h30 pour nous indiquer vos titres préférés et les lauréats seront annoncés le lundi 8 juin !

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Catégorie Brindilles

Sur un camaïeu de couleurs, le bébé va découvrir une Terre foisonnante d’animaux plus originaux les uns que les autres. Chaque page offre un élément du paysage qui caractérise l’animal(e). Montrer au tout-petit comment caresser les moustaches des phoques du Groenland ou le bout du nez des chauves-souris nous donne l’envie de connaître d’autres espèce animale mal-aimée ou peu connue.

À la fois livre à compter (à rebours) et invitation à la douceur, il évoque aussi le respect du consentement. Pas mal en 10 pages ! Un album plein de tendresse, qu’on prendra plaisir à lire et relire à son enfant et qui créera des souvenirs communs.

Gros câlin d’Annabelle Buxton – La Partie, 2025

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Ah le fameux doudou perdu, quel drame ! Ici, c’est avec beaucoup de bienveillance que la famille part à la recherche du précieux. L’occasion de nous proposer une balade un peu magique et hors du temps dans la nature. Dans cet album les illustrations nous plongent dans une atmosphère qui oscille entre rêve et réalité. Les couleurs évoluent selon les heures de la soirée et apportent ainsi une inquiétude mêlée d’aventure. Les frontières se brouillent comme pour mieux nous perdre dans cette histoire très onirique. Une lecture commune à retrouver ICI.

L’heure des lapins d’Anne Cortey et Hualing Xu – Thierry Magnier, 2025

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Cet album est un joli conte philosophique sur la vie. Le mulot, trouvant un œuf de merle, décide de le remonter dans son nid, « quoiqu’il en coûte ». Formule bien connue mais qu’il s’applique à lui-même, nuance de taille.

Clin d’œil au mythe de Sisyphe, cette belle histoire nous montre à quel point la persévérance peut nous emmener loin. Grâce à ce jeune mulot, le lecteur apprend l’importance de croire en soi. Il découvre que la vie n’est pas toujours rose, qu’elle est faite de hauts et de bas, de moments doux comme de tempêtes. Mais aussi qu’avec du courage, et « sans lâcher », on peut aller très loin. Même si personne ne croit en nous.

Marche du mulot de Nadine Robert & Valerio Vidali – Saltimbanque, 2025

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Brindilles" préférez-vous ?

  • Gros câlin (40%, 6 Votes)
  • La marche du mulot (33%, 5 Votes)
  • L'heure des lapins (27%, 4 Votes)

Total Voters: 15

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Catégorie Petites feuilles

Droméo et Chuliette est un album original, très librement inspiré de la plus célèbre pièce de William Shakespeare, cette histoire d’amour tragique entre deux jeunes gens que tout oppose. Mais point de tragédie ici, puisque au contraire, c’est avec le sourire, de la tendresse, beaucoup de malice et une imagination foisonnantes que Marcus Malte et Henri Meunier revisitent la (d)romance entre Droméo le dromadaire des quartiers chics, et Chuliette, la chamelle des quartiers populaires. De la littérature jeunesse comme on l’aime sous le grand arbre : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, inventive, créative. Il y est question d’amoureux fous, évidemment, mais aussi de classe sociale, de langues vivantes, de musiciens morts depuis bien longtemps, de Voltaire et Rousseau, du Larzac et de b(g)osses libres ! Tout un programme…sans le drame ! Tout au long de la lecture, au rythme sans temps mort (parfaite à voix haute), on rit, on s’émeut, les jeux de mots fusent, la poésie se cache dans les détails et les références…Le graphisme est figuratif, coloré, vitaminé, fin dans sa simplicité…Une vraie réussite anti-morosité !

Droméo et Chuliette, de Marcus Malte et Henri Meunier, Rouergue jeunesse, 2025

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Toto, est un album de l’autrice/illustratrice coréenne Hyewon Yum, d’une grande finesse, pour aborder en douceur avec les enfants la question des complexes, du regard de l’autre, de la confiance en soi, de la tolérance, aussi, envers les personnes différentes de la norme. Toto, c’est le surnom qu’a donné la petite héroïne de notre histoire, à la « tâche de vin » qu’elle a sur le front depuis sa naissance. C’est une jolie façon pour elle d’apprivoiser cette particularité physique, dont elle a le sentiment qu’elle la rend « spéciale« , sans vraiment pouvoir exprimer pourquoi. Mais si, au sein de sa famille, Toto ne pose aucun problème,- chacun.e a sa vision de ce qu’apporte cette distinction à l’enfant,- qu’en sera-t-il à l’extérieur, en particulier à l’école ? C’est pourquoi sa maman propose de cacher Toto sous une frange fraichement coupée. la veille de la rentrée, pour, dans un premier temps, mieux s’intégrer…Et justement, la petite fille rencontre Margot, qui devient immédiatement sa meilleure amie. Elles partagent tant de choses et moments complices ! Jusqu’à ce que… A travers cette histoire tendre, aux jolis crayonnés délicats, en noir et blanc, sauf Toto et les émotions qu’il procure à l’enfant, c’est plus largement la parole autour des thèmes de la diversité, de la bienveillance et du respect des différences, sources de richesse, qu’ouvre cet album.

Toto, de Hyewon Yum, Les éditions des éléphants, 2025

Si vous aimez les contes de fée revisités, les albums qui mènent la vie dure aux stéréotypes en tous genre, sans se prendre au sérieux, les histoires dans lesquelles l’imagination et le plaisir de création de l’auteur.ice débordent à chaque page, alors Et à la fin, de Jean-Baptiste Drouot, est fait pour vous ! En effet, alors que son conte commence de façon classique, avec des protagonistes et des décors conformes au genre (un prince sur son destrier, une princesse en détresse, un méchant dragon, un château), l’auteur-illustrateur, en revanche, lui imagine des fins toutes plus farfelues les unes que les autres : « Le prince vint sauver la princesse, mais se trompa de château », « Le prince arriva trop tard, la princesse s’était sauvée toute seule » ; « La princesse tua le dragon et ouvrit une rôtisserie », « la princesse fut enlevée par des extra-terrestres »,etc. et même une inversion des rôles ! D’autant que sa propre famille, qui apparaît en guest dans l’album, et les personnages eux-mêmes, par moments, semblant vouloir reprendre le contrôle, interviennent et perturbent son imagination déjà débordante…Comment tout cela va-t-il bien pouvoir se terminer ? Illustrations et textes rivalisent d’humour, de détails, de références, de rythme et de surprises, dans un album qui casse les codes (et les clichés), ode à l’imagination, à la liberté de créer et au pouvoir des histoires, qui sait parler au cœur des enfants comme des adultes. Et à la fin…ils liront ensemble beaucoup de livres.

Et à la fin, de Jean-Bapiste Drouot, Hélium, 2025

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Petites feuilles" préférez-vous ?

  • Droméo et Chuliette (47%, 7 Votes)
  • Et à la fin (27%, 4 Votes)
  • Toto (27%, 4 Votes)

Total Voters: 15

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Lecture commune : L’heure des lapins

En pleine lecture des ouvrages pré-sélectionnés pour le Prix ALODGA, nous nous sommes réunies pour une lecture commune autour de cet album d’Anne Cortey et de HuaLing Xu, qui nous invite à une balade hors du temps et des sentiers battus.

L’heure des lapins, d’Anne Cortey et Hua Ling Xu. Ed. Thierry Magnier, 2025.

Liraloin : Je pense que vous connaissiez toutes Anne Cortey mais est-ce que l’illustratrice Hualing Xu vous était connue ? 

Sev : Oui, avec 2 albums précédents, Frères, dont vous aviez aussi fait une lecture commune, et un titre comme Même quand je ne suis pas là ? Je les trouve magnifiques tous les deux ! De mémoire, elle était présente au SLPJ en 2025, non ? Il me semble l’avoir vue avec Anne Cortey chez Thierry Magnier… 

Héloïse : Je l’ai découverte avec l’album Frères, que j’aime beaucoup. C’est la seconde fois que je peux admirer son trait. 

Lucie : Oui, c’est elle qui a illustré le magnifique album Frères dont on a fait une LC ici ! Mais je crois que je ne connais rien d’autre d’elle. Je ne vais pas tarder à y remédier…

Liraloin : Je l’ai connu grâce au titre Frères qu’elle a également illustré paru en 2023. Sa technique de dessin est remarquable, ses peintures sont magnifiques. Tu as raison Héloïse, cette illustratrice a un trait super original.

Frères, de Marie le Cuziat, illustré par Hua Ling Xu. Ed L’étagère du bas, 2023

Sev : Est-ce que vous savez si elle est “peintre” par ailleurs ? Je veux dire si elle crée des tableaux qu’elle expose ?

Liraloin : En allant regarder son site je vois qu’elle réalise des tableaux. Je pense qu’elle doit exposer : https://xuhualing.com/index.php 

Sev : J’irai le voir, alors, parce que vraiment, j’adore ce qu’elle fait ! Merci pour le lien !

Liraloin : Toujours très sensible à la reliure d’un album mais aussi à la maquette (première de couverture, couvertures intérieures…), qu’est ce que vous avez pensé de la 1ere et de la 4eme de couverture ? 

Sev : Ce lapin géant m’a happée ! J’ai immédiatement été séduite par les couleurs chaudes, ces tons rouge/jaune/orangé. Et j’ai également bien aimé la police du titre, qui rappelle la rondeur du soleil couchant également présent.

Héloise : Oui, la première de couverture est très belle, avec ces couleurs chaudes, à l’image d’un coucher de soleil envoûtant. C’est une invitation au voyage, en quelque sorte. 

Lucie : A vrai dire les couleurs sont un peu trop flashy pour moi (jaune, orange, rose et violet du titre), cette couverture ne m’attirait pas beaucoup. Mais, en réalité elle convient parfaitement à l’ambiance de fin de journée en Provence. Ce qui m’a plu immédiatement en revanche, c’est la douceur de la couverture au toucher (ça change du filmolux de la bibliothèque). Et la quatrième avec le détail des pieds qui avancent sur le chemin est très chouette.

Liraloin : La première de couverture m’a fait penser à cette forme que l’on imagine dans les nuages lorsqu’on contemple le ciel. C’est une invitation également à admirer le coucher du soleil, ce dégradé de couleur entre orange et rose nous indique à quelle temporalité va se situer l’histoire. J’aime la 4ème de couverture, elle nous indique qu’une aventure va avoir lieu (avec comme indices ce chemin caillouteux et les sandales). Lorsqu’on ouvre le livre on tombe sur cette magnifique double couverture intérieure orange. 

Sev : J’aime bien le résumé, qui va de suite à l’essentiel avec la première phrase, puis laisse une part de mystère. Comme Lucie, j’apprécie le toucher doux du livre.

Liraloin : En effet, je suis complètement d’accord avec vous. Le touché est super doux. Faut dire que le filmolux dans les médiathèques ne nous font pas apprécier ce sens.  

Liraloin : Ah la perte du doudou (qui ne l’a pas vécu lève le doigt !). Tout de suite l’heure est grave et on le sait, un enfant sans son doudou = catastrophe et nuit agitée. Qu’avez-vous pensé de ce découpage qui dès le départ nous fait entrer dans l’histoire ? 

Sev : Oh oui, la perte de cet objet transitionnel ! C’est une hantise pour tous les parents concernés. Je trouve que l’image du volcan est utilisée à bon escient car on imagine une déflagration, certes, mais aussi les conséquences que tu décris, Liraloin : nuit agitée, larmes, etc. Comme la lave qui se répand…

Lucie : On n’a jamais eu de perte de doudou ici, mais j’imagine sans mal la cata quand ça arrive ! Pour moi il y a deux éléments, la perte du doudou, mais aussi (surtout !) la décision immédiate de partir à sa recherche malgré l’heure tardive. Sur la première illustration, les larmes de Dorémus en premier plan brisent le cœur du lecteur et les aînés ne minimisent pas la perte. J’ai beaucoup aimé cette attention à la parole des enfants qui revient plusieurs fois dans l’histoire.

Héloïse : La perte d’un doudou, quelle catastrophe ! Effectivement, c’est quelque chose que j’ai vécu avec mes enfants, et il n’y avait qu’une priorité à chaque fois, le retrouver ! Heureusement, à chaque fois, on a pu récupérer le “précieux”. J’aime bien ton interprétation du volcan Sev, je n’y avais pas pensé. Et oui, d’accord avec toi Lucie, c’est important de relever la bienveillance et l’attention portée aux enfants dans ce récit. 

Sev : Les adultes écoutent les petits, c’est très important. On a trop souvent tendance à vouloir les faire grandir trop vite. J’entends par là leur servir un discours de type : “Tu es grand maintenant, tu peux te passer de ton doudou” (valable pour lâcher sa tétine, arrêter de sucer son pouce), pour se faciliter les choses. Or, ce n’est pas le cas ici. Le chagrin de Dorémus n’est pas concevable. Il faut agir.

Liraloin : Merci de le souligner Sév ! Carrément, c’est toute la famille qui est concernée. Ici nous découvrons d’emblée les membres de la famille. Chaque personnage nous est présenté comme on entrerait dans une BD, j’ai trouvé cela original. Tout le long de l’album la lectrice-le lecteur va alterner sa lecture entre illustration pleine page et texte directement incrusté dans la peinture ou non.

Liraloin : D’où cette question : Quelles impressions ressortent le plus dans cette histoire car le sujet est assez classique (la perte du doudou) ?

Sev : Pour moi, c’est clairement la solidarité familiale. Le fait que tout le monde participe aux recherches et est actif, y compris le premier concerné, Dorémus, voire plus ! Au début de “l’expédition”, on peut lire :

Louis regarde à gauche. Marthe à droite. Dorémus tourne la tête de tous les côtés.

Lucie : Rien qu’en mot clé sur Booknode tu as 21 livres, c’est dire si c’est un sujet récurrent ! Mais exploité de cette manière je n’avais jamais lu. C’est aussi le point de départ de Jack et la grande aventure du Cochon de Noël de J.K. Rowling dont on a aussi fait une LC. Mais dans ce titre la perte était due à un conflit dans la fratrie et le doudou perdu était remplacé par un exemplaire neuf. Du moins au début de l’histoire. Autant dire que le propos était très différent.

Héloïse : Au final, pour moi, cette recherche du doudou est aussi une invitation à partager un moment un peu hors du temps, magique, en pleine nature. Il y a comme un mélange entre réel et irréel dans l’histoire les frontières sont floues : est-ce qu’on rêve, ou non ?

Liraloin : Bien vu Héloïse. Je vous rejoins complètement sur la solidarité familiale qui se met en place de façon quasi instantanée et cela fait du bien de le lire. Il y a un côté complètement magique et irréel, et sans trop divulgâcher c’est ce traitement qui m’a beaucoup plu.

Lucie : Je te rejoins aussi Héloise. Cette quête prend la forme d’une balade familiale un peu hors du temps. Comme un moment d’été volé pendant les vacances. C’est très doux. Cela questionne en effet le réel et l’imaginaire et à ce titre le personnage de la grand-mère, restée à la maison pour préparer le dîner, est vraiment intéressant. Comme le lecteur elle se demande “si tout cela est bien réel”.

Sev : Comme vous dites, cette envie de prolonger l’instant, une fois le doudou retrouvé, c’est très attendrissant. Comme toi, Lucie, le personnage de la grand-mère, qui s’interroge sur la réalité des faits, m’a interpellée. En revanche, la féministe (rabat-joie ??!!?) en moi ne peut s’empêcher de se demander si l’histoire aurait été différente si c’était le grand-père qui était resté à la maison préparer le repas, et la grand-mère partie à la recherche du doudou. Je trouve que le stéréotype a la vie dure. A l’homme, l’action et le résultat. A la femme, l’attente et la préparation du repas… C’est un peu dommage. Mais c’est le seul questionnement que j’ai par rapport à cette famille.

Liraloin : Est-ce que ce n’est pas générationnel finalement car je suis du même avis que toi Sév mais la plupart du temps dans la vie c’est tout de même les grands-pères qui sont dans l’action et la grand-mère à faire des tâches ménagères et s’inquiéter. Oui, car l’inquiétude est ultra présente lorsqu’on la voit à la fenêtre…

Lucie : A vrai dire Sev je me suis interrogée aussi sur ce point mais finalement qu’un grand-père se mette en route pour chercher un doudou est déjà un progrès en soi. Et cela piétine par la même occasion le cliché selon lequel les hommes sont plus rationnels que les femmes. Finalement ça ne me dérange pas du tout que la grand-mère soit restée. Laisser le grand-père à la maison aurait pu donner l’impression qu’il se désintéressait du sujet.

Sev : Tu as raison Lucie. Beaucoup d’hommes, surtout déjà âgés, s’en seraient désintéressés. En vérité, cette situation me questionne un peu, mais ne me choque pas.

Lucie : Je ne sais pas ce que vous en pensez mais pour moi on est hors clichés ici. Cette attention à la parole des petits-enfants m’ont immédiatement rendu les grands-parents sympathiques. Cela se reproduit quand Marthe dit qu’elle a besoin de silence pour se concentrer sur la recherche du doudou. Aucune moquerie ni dans la fratrie ni de la part du grand père, juste du respect et de la bienveillance. Ça fait du bien !

Liraloin : Complètement Lucie, ça fait vraiment du bien et le fait que cette randonnée-recherche se déroule durant le coucher du soleil apporte de l’apaisement. Je crois qu’Anne Cortey est attachée elle-même à ces valeurs familiales, enfin j’aime à le penser.

Sev : Non mais vraiment, je ne dis pas que je suis contrariée ! Anne Cortey est bien plus talentueuse que ça, que ma “polémique qui n’en est pas”, il y a dans tout cet album une bienveillance et une douceur, une atmosphère apaisante qu’elle retranscrit très joliment.

Lucie : La tendresse se retrouve dans le vocabulaire avec le jeu sur le terme “lapin” qui désigne aussi bien le doudou que les vrais lapins, mais aussi les petits enfants ainsi nommés par le grand-père.

Sev : Effectivement, que celui ou celle qui n’a jamais appelé quelqu’un qu’il aime “mon lapin” nous jette la première…carotte ! 😉 Blague à part, c’est très bien vu ! D’ailleurs, je me fais la réflexion à l’instant grâce à vous : “l’heure des lapins” du titre désigne un moment de la journée, certes. Mais ne pourrait-on pas aller plus loin et se dire que c’est peut-être aussi l’heure que grand-père et petits-enfants ont passée ensemble ? Je ne sais pas si je suis claire…

Liraloin : Mais oui ! Tu as raison Sév, cette heure des lapins entre réel et irréel. Entre chien et loup.

Lucie : Carrément, je n’y avais pas pensé non plus. C’est tout à fait ça ! 

Héloïse : Et ces lapins qui font irruption dans le récit… C’est vraiment à ce moment pour moi que la magie commence à se manifester. 

Sév : Mais oui, Hélo, c’est vrai ! La magie commence à ce moment-là !

Liraloin : J’aime beaucoup ce moment où il me semble que la lune est la cheffe d’orchestre de ce moment fabuleux. Elle est là toute ronde à observer ce petit monde en bas.

Héloïse : Les paysages, de fin de journée ou de nuit, sont tellement beaux, il faut dire dans cet album. On sent toute la beauté et la bienveillance de la nature. La nature livre un beau spectacle à ses invités d’un soir, nous invitant en tant que lecteurice, à l’admirer nous aussi. 

Lucie : Tiens, j’ai une question à ce propos : Chaque illustration est un véritable tableau, en avez-vous une préférée ?

Sev : En lien avec la remarque d’Héloïse, sur l’arrivée des lapins, je dirais que mon illustration préférée est celle de l’œil de Doremus avec le reflet du lapin sur l’iris ET la larme, dont on sait qu’elle est d’émotion. Il pleure de joie. J’adore. 

Liraloin : La pleine page où les 4 lapins assis dans l’herbe observe en hauteur le grand-père et les 3 petits enfants sur le chemin. Eux c’est nous !

Héloïse : J’adore les couleurs de celle où ils sont assis en demi-cercle tous ensemble, juste à côté de la lune, justement. Elle a un côté chaleureux, un moment partagé, de communion en famille, tous ensemble. J’aime aussi beaucoup celle de nuit, avec le lapin géant en ombre sur la forêt et la maison, seule lumière dans la nuit. 

Lucie : Comme Liraloin, j’aime quand Hualing Xu joue avec la profondeur de champs : dans la première illustration avec Dorémus qui pleure en premier plan et sa mamie qui cherche derrière, et évidemment (ma préférée) les lapins sur la colline et les humains sur le chemin en contrebas. Mais le passage des retrouvailles et juste après sont aussi très beaux, vous avez raison !

Sev : Mais comme Liraloin et Lucie, j’aime aussi beaucoup celle où les 4 lapins sont assis dans l’herbe et semblent observer la famille de… 4 humains ! 

Lucie : La lune qui remplace l’œil de Dorémus, c’est très cinématographique, on imagine tout à fait un fondu à ce moment-là de l’album.

Liraloin : Mais oui Lucie, je n’avais pas remarqué trop forte ! Et comme le dit Sev, dans l’iris de Doremus on y voit le lapin !

Sev : D’une manière plus générale à propos des illustrations de Hualing Xu. Comme dans les autres albums que nous avons cités, j’apprécie son talent, je trouve, pour illustrer le mouvement.

Lucie : Et parallèlement, je trouve qu’Anne Cortey a une écriture à la fois poétique et sensorielle. Ça sent bon la Provence avec la lavande, les pins et les cèdres, et dans le même temps il y a des phrases extra, comme “les lapins font la course du temps perdu”… trop joli !

Sev : Tout à fait, Lucie. Je trouve le vocabulaire utilisé assez riche, mais sans être trop abstrait. Par exemple, j’aime particulièrement le paragraphe de la page où le doudou apparaît, la sémantique du mouvement apporte vraiment un plus à l’illustration (ou le contraire ?) : “chancelant” “se frotte les yeux” “galoper” “folle équipée” “cavale”.

Liraloin : A lire à voix haute, un régal dans les dialogues et le ton donné lorsque les sentiments sont trop forts pour Dorémus. Cette phrase que tu cites Lucie est tellement poétique !

Héloïse : Mais oui, à lire à voix haute, c’est un régal ! On passe à la traditionnelle question finale, à qui conseilleriez-vous cet album ?

Lucie : A tous les rêveurs, les amoureux de la nature, des promenades familiales…  À ceux qui ont déjà perdu un doudou ou qui craignent que ça arrive (parce que ce n’est pas si grave si ça devient l’occasion d’une balade nocturne), aux petits et aux grands(-parents ?) pour qu’ils se retrouvent autour de cette jolie histoire. A pas mal de monde en fait !

Liraloin : Aux familles qui ne se connectent plus entre elles. A partir de 5 ans en lecture à voix haute.

Héloïse : Je vous rejoins, il est adorable, pour petits comme grands lecteurs. Qui n’y liront pas forcément la même chose, mais c’est encore mieux si c’est en lecture partagée, pour retrouver justement la chaleureuse ambiance de cette virée familiale. 

Sev : Je conseillerais cet album à qui apprécie les albums dans lesquels le lien intergénérationnel est mis en valeur, celles et ceux qui aiment les illustrations qui ressemblent à des tableaux

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Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir L’heure des lapins, et pourquoi pas de partir faire une balade au coucher du soleil, en famille !

EVAR en primaire, une sélection de livres jeunesse

Comme nous l’évoquions dans le premier article EVAR consacré aux titres à destination des enfants de maternelle, nous sommes blogueuses de littérature jeunesse mais aussi mamans et, pour certaines, enseignantes, nous avons eu envie de recenser les ouvrages pouvant accompagner les enseignants dans la mise en place de ce nouveau programme. Documentaires, albums, premières lectures ou romans, nous les avons classés selon les entrées du programme pour faciliter leur utilisation. Nous avons tenté d’être le plus exhaustives possibles pour que chacun et chacune puisse trouver les supports qui convient le mieux.

Merci aux attachées de presse qui nous ont aidées à élaborer cette liste : Annick Antoniazzi (Éditions du Pourquoi pas ?), Sophie Bès de Berc (éditions Milan), Gilberte Bourget (L’agrume / Syros), Louise Brouilhet (Didier Jeunesse), Amandine Byrotheau (Rue du monde), Abélia Catty (Little Urban), Cécile Emeraud (Voce Verso), Emma Georges (Casterman), Célia Giglio (Pocket Jeunesse / Slalom), Manon Lalouelle (L’école des loisirs), Anaïs Malherbe (Sarbacane), Amélie Müller (Editions de l’Isalis), Yves Nadon (Editions d’Eux), Audrey Sauser (Editions du Ricochet), Elisabeth Tielemans (agence Mauvaise Herbe) et Valéria Vanguelov (Grasset jeunesse).

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Notre sélection pour le primaire

Cours préparatoire

Ouvrages généraux pour se questionner : la série Max et Lili, Dominique de Saint-Mars et Serge Bloch, Calligram, depuis 1992.

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Nommer les parties du corps, dont les parties intimes, avec un vocabulaire scientifique précis.• C’est ta vie !, Thierry Lenain et Benoît Morel, Oskar, 2013.
• Le Petit Guide de la Foufoune Sexuelle : découverte du corps, des émotions, du consentement, Julia Pietri, éditions Better Call Julia, 2021.
Zizi, Zézette : modes d’emploi, Michaël Escoffier, Séverine Duchesne, Frimousse, 2015.
• Tout sur les zézettes et les zizis, Anna Roy, Mademoiselle Caroline, Flammarion, 2023.
Corps, amour, sexualité : les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Charline Vermont, Albin Michel, 2022.
Les P’tits potes – Pas la piscine !, Anna Roy, Madame Caroline, Casterman, 2025.
Identifier les points communs et les différences physiques entre les filles et les garçons.• Garçon et Fille, Hilde Matre Larsen, Cambourakis, 2018.
Est-ce que filles = garçons ?, Stéphanie Duval, Clémence Lallemand, Gulf Stream, 2019.
• Marre du rose !, Nathalie Hense, Ilya Green, Albin Michel Jeunesse, 2009.
• Rose Bleu et Toi, Elise Gravel, Alice Jeunesse, 2022.
• Le petit garçon qui aimait le rose, Jeanne Taboni Miserazzi, Des ronds dans l’O, 2011.
• Longs cheveux, Benjamin Lacombe, Talents Hauts éditions, 2010.
• La dictature des petites couettes, Ilya Green, Didier Jeunesse, 2025.
• Je suis une fille !, Yasmeen Ismail, Milan, 2015.
• Les filles peuvent le faire… aussi !, Sophie Gourion, Isabelle Maroger, Editions Günd, 2019.
• Les garçons peuvent le faire… aussi !, Sophie Gourion, Isabelle Maroger, Editions Günd, 2019.
• Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, Christian Bruel, Thierry Magnier, 2014.
• Lotte fille pirate, Sandrine Bonini et Audrey Spiry, Sarbacane, 2014 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO).
Définir ce qu’est son intimité (corps, pensées, écrits) et celle des autres.• Mes p’tites questions, L’intimité et le consentement de Manon Paulic, Milan, 2024.
• Mon corps m’appartient ! Respect, intimité, consentement, parlons-en, Isabelle Filliozat,Margot Fried-Filliozat, Isabelle Maroger, Nathan, 2022.
Comprendre que toute personne a le droit au respect de son intimité.• Anti-bisous, Marie Lenne-Fouquet, Editions Talents Hauts.
• La porte, Michel Van Zeveren, L’école des loisirs, 2008.
Les P’tits potes – Les bisous, c’est obligé ?, Anna Roy, Madame Caroline, Casterman, 2026.
Le cochon qui voulait dire “non”, Carine Paquin, éditions Michel Quinton, 2023.
Développer sa connaissance de soi.Tu peux, Élise Gravel, Alice éditions, 2020.
Tout le monde, Élise Gravel, Scolastic, 2021.
Ce qui te rend unique, Chris Saunders, Gautier-Languereau, 2023.
Le grand livre des superpouvoirs, Susanna Isern, Rocio Bonilla, Père Fouettard, 2019.
Mes super qualités, Ruth Martin, Fotini Tikkou, Quatre fleuves éditions, 2023.
Le joyau intérieur, Anna Llenas, Glénat Jeunesse, 2024.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Comprendre, identifier et nommer ses sentiments et ses émotions, savoir les gérer.• BOUM BOUM et autres petits et grands bruits de la vie, Catherine Latteux, Mam’zelle Roüge, Editions Pourpenser, 2018.
La petite fille qui avait peur de tout, Aurora Cacciapuoti, Grasset jeunesse, 2022.
Quelle émotion ?!, Cécile Gabriel, Mila, 2007.
Mes p’tites questions : Les émotions, Astrid Dumontet, Axel Langlois, Milan, 2014.
Exprimer ses sentiments et ses émotions de façon appropriée.Noli qui dit non !, Antje Damm, Rue du monde, 2025.
De vert de rage à Rose bonbon, Annie Mollard-Desfour, Bénédicte Rivière, Blexbolex, Albin Michel Jeunesse, 2006.
Des mots plus légers, Youn Young-Seon, Jeun Keum-Ha, Chan-Ok éditions, 2009.
A quoi penses-tu ?, Laurent Moreau, Hélium, 2011.
Résoudre des conflits de façon constructive.• Le gang des 11, Rocio Bonilla, Père Fouettard, 2023.
Un renard dans mon école, Olivier Dupin, Ronan Badel, Gautier-Languereau, 2021.
• Edgar et la malédiction du corbeau, Séverine Gauthier, Clément Lefèvre, Little Urban, 2025.
• L’ennemi, Davide Cali, Serge Bloch, Sarbacane, 2016.
Waterloo & Trafalgar, Olivier Tallec, Flammarion, 2012.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Identifier différents liens familiaux, se rendre compte de la diversité des structures familiales.
















Respecter la diversité des structures familiales.
Diversité des familles
Affiche d’Elise Gravel téléchargeable ici : https://elisegravel.com/blog/familles-diverses/
• Camille veut une nouvelle famille, Yann Walcker, Mylène Rigaudie, Auzou, 2022.
• Une famille c’est une famille tout simplement, Sara O’Leary, Qin Leng, Les Arènes, 2022.
• Un air de familles, Béatrice Boutignon, Le Baron perché, 2013.
• L’arc-en-ciel des familles, Muriel Douru, KTMéditions, 2014.
• Autant de familles que d’étoiles dans le ciel, Émilie Chazerand, Clémence Sauvage, La ville brûle, 2024.
Toutes les familles de mon village, Ophélie Célier, P’tit Kiwi, 2021.
Le Cadeau, Louison Nielman, Barroux, 2024.
• Les P’tits potes – Au secours un bébé arrive !, Anna Roy, Madame Caroline, Casterman, 2025.

Parents divorcés 
• Le dé-mariage, Babette Cole, Seuil Jeunesse, 2014.
• L’amour en poche, Eric Sanvoisin, Editions du pourquoi pas ?, 2024.
• Notre neige à nous, Thomas Scotto, Marion Novion, Mango, 2019.

Liens familiaux
• Quand on est au milieu, Anika A. Denise, Kaléidoscope, 2024.
• Frères, Marie Le Cuziat, Hua Ling XU, L’étagère du bas, 2023.
• Je suis petite, Qin Leng, Bayard, 2018.

Famille monoparentale
• Rosalie, Ninon Dufrenois, Julien Martinière, Voce Verso, 2022.
• La maison bleue, Phoebe Wahl, Les éditions des éléphants, 2020.

Famille recomposée
• Mon premier demi-frère, Davide Cali, Amélie Graux, Little Urban, 2019.

Famille homoparentale
• Mes deux mamans, Anna Zobel, Bernadette Green, Talents Haut éditions, 2021.
• Des lions même pas en cage, Arnaud Tiercelin, Editions du Pourquoi Pas ?, 2018.
Pomine & Pomette, Praline Gay-Prara, Lauranne Quentric, Didier Jeunesse, 2024.
• Et avec Tango, nous voilà trois !, Justin Richardson, Peter Parnell, Henry Cole, Rue du Monde, 2013.
Développer la connaissance de soi et les liens sociaux.• La légendaire histoire du colibri qui sauva l’Amazonie, Gwendoline Raisson, Mouche, L’école des loisirs, 2019.
Le conte chaud et doux des Chaudoudoux, Claude Steiner, Pef, InterEditions, 1984.
L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1964.
Mon ami, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse, 2015.
Tu peux y arriver… ou le secret de l’entraide, Olivier Clerc, Gaia Bordicchia, Flammarion, 2021.
La valise, Chris Naylor-Ballesteros, L’école des loisirs, 2019.

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Cours élémentaire première année

Ouvrages généraux pour se questionner : la série Les Goûters Philo, Brigitte Labbé, Michel Puech, Jacques Azam, Milan éditions, depuis 2002.

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Comprendre que la croissance entraîne des changements physiques.Bientôt ados ! Petit guide sans tabou de la puberté, Jacqui Bailey, Sarah Naylor, Casterman, 2024.
Prendre conscience que chaque personne a un corps unique et qu’il existe des différences en termes de taille, de morphologie, de fonctionnement et de caractéristiques, etc.





Apprendre à respecter son corps, celui des autres, leurs différences, leur singularité.
Dans le cœur gros d’Anouk, Mathou, Robert Laffont, 2022.
Homme de couleur, Jérome Ruillier, Bilboquet, 2001.
Oreilles papillons, Luisa Aguilar, André Neves, Père Fouettard, 2014.
La petite poule noire, Martina Schlossmacher, Gider Iskender, Mijade, 2012.
Tous différents !, Todd Parr, Bayard Jeunesse, 2020.
Tous pareils !, Petites pensées de sagesse caribou, Édouard Manceau, Milan, 2008.
• Tous différents, tous pareils !, Arnaud Alméras, Robin, Gallimard jeunesse, 2020.
• Tous pareils, tous pas pareils, Michel Séonnet, Olivier Pasquiers, Rue du Monde, 2010.
5 questions à poser à un oiseau, Laurence Gillot, Guilin Braïda, éditions du Pourquoi pas, 2026.
Savoir protéger son intimité : préserver son intimité, c’est pouvoir créer un espace où l’on se sent bien, un espace à soi où l’on peut s’isoler.• Le petit livre pour dire NON aux abus sexuels, Delphine Saulière, Bernadette Després, Bayard Jeunesse, 2015.
• Mon petit trésor, Christine Naumann-Villemin, Sibylle Delacroix, L’école des loisirs, 2024.
Développer une bonne connaissance de soi.• Et toi ? et toi ?, Christian Voltz, Le Rouergue, 2022.
On n’est pas des moutons, Claire Cantais, Yann Fastier, La ville brûle, 2016.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Identifier et différencier plusieurs types de sentiments et de relations amoureuses et amicales.• Amitié, tout ce qui nous lie, Heike Faller, Valerio Vidali, Editions du sous-sol, 2020.
• Zizi, lolos, smack !! Delphine Godard et Nathalie Weil, Nathan
• Ma sexualité de 6 à 9 ans, Jocelyne Robert, éditions de l’Homme, 2016. 
• Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ?, Thierry Lenain, Editions Nathan, 2011.
• C’est ta vie ! L’encyclopédie qui parle d’amitié, d’amour et de sexe aux enfants,  Thierry Lenain et Benoit Morel, éditions Oskar, 2015.
• Où sont les filles ?, Claire Renaud et Églantine Ceulemans, Sarbacane, 2018.
Décrire les principales composantes d’une relation positive (par exemple, la confiance, l’échange, le respect, le soutien, l’empathie et l’entraide).Le conte chaud et doux des Chaudoudoux, Claude Steiner, Pef, InterEditions, 1984.
J’ai rien dit, Stéphanie Boyer, Elisa Gonzalez, Les 400 coups, 2022.
La légendaire histoire du colibri qui sauva l’Amazonie, Gwendoline Raisson, Mouche, L’école des loisirs, 2019.
L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1964.
Mon ami, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse, 2015.
Tu peux y arriver… ou le secret de l’entraide, Olivier Clerc, Gaia Bordicchia, Flammarion, 2021.
La valise, Chris Naylor-Ballesteros, L’école des loisirs, 2019.
Prendre conscience que le genre, le handicap ou l’état de santé ne sont pas un obstacle pour nouer des amitiés.Handicap
• Le miroir de Lorenzo, Sarah Khoury
Georges le collectionneur désordonné, Pauline Ferrand, Grasset jeunesse, 2025.
Comprendre qu’il est possible d’apprécier et d’aimer qui on veut, d’avoir et d’exprimer ses préférences, et prendre conscience de l’importance de respecter les différences.Différences physiques
• Comme un million de papillons noirs, Laura Nsafou, Barbara Brun, Cambourakis, 2018.
Kaïg, Eric Simard, Jean-Loup Felicioli, Suros, 2024.
Les gens sont beaux, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2022.

Différences sociales
• Le musée des générosités, Laurence Gillot
• Taupe et Mulot, Faire famille, Henri Meunier

Genre
• Julian est une sirène, Jessica Love, Pastel, 2020.
• Princesse Pimprenelle se marie, de Brigitte Minne et Trui Chielens, CotCotCot Éditions, 2020.
• Jérome par coeur, Thomas Scotto, Olivier Tallec, Actes Sud jeunesse, 2009.
Identifier ses droits et ses devoirs au travers d’exemples simples.Les Goûters Philo, Les droits et les devoirs, Brigitte Labbé, P.-F. Dupont-Beurier, Jacques Azam, Milan, 2020.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Savoir définir et repérer des stéréotypes, notamment de genre, et des discriminations.• A quoi tu joues ?, Marie-Sabine Roger, Anne Sol, Sarbacane, 2018.
• Dînette dans le tractopelle, Christos, Mélanie Grandgirard, Talents hauts, 2009.
• Hector, l’homme extraordinairement fort, Magali Le Huche, Didier jeunesse, 2008.
• La révolte des cocottes, Adèle Tariel, Céline Riffard, Talents hauts, 2021.
• Blanche-Neige et les 77 nains, Davide Cali, Raphaëlle Barbanègre, Talents hauts, 2016.
• Roule, Ginette, Anne Dory, Mirion Malle, La ville brûle, 2021.
• Le foot c’est ensemble !, Rémi Chaurand, Sébastien Chebret, Hachette éducation, 2023.
• Poussins Poussines, Laurent Cardon, Père Fouettard, 2024.
• A calicochon, Anthony Browne, Kaléidoscope, 2010.
• Pourquoi papi ne fait pas la vaisselle ?, Thomas Piet, Fanny Vella, Ophélie Celier, Petit Leduc, 2024.
• Vite, vite, chère Marie !, Erik Blegvad, Niels Mogens Bodecker, Autrement, 2008.
• La petite rouge courroux, Victoria Dorche, Raphaële Frier, Sarbacane, 2021.
• Dagfrid, à Thor et à travers, Agnès Mathieu-Daudé, Olivier Tallec, Mouche, L’école des Loisirs, 2020.
• Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, Christian Bruel, Anne Galland, Anne Bozellec, Thierry Magnier, 2014.
• Camille aux papillons, Mary Wenker, Amélie Buri, Editions loisirs et pédagogie, 2021 (dossier pédagogique disponible sur le site de l’éditeur).
Ma sœur est une brute épaisse, Alice de Nussy, Sandrine Bonini, Grasset jeunesse, 2018.
Prendre conscience que les stéréotypes, notamment de genre, varient selon les lieux et les époques.• La parité : filles & garçons, Carina Louart, Eva Coste, Actes Sud jeunesse, 2020.
• Des femmes et des hommes, Equipo Plantel, Luci Gutierrez, Rue de l’échiquier, 2020.
• Il n’y a pas si longtemps, Thierry Lenain, Olivier Balez, Sarbacane, 2005.
• La revanche des princesses, Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Charlotte Bousquet, Alice Brière-Haquet, Anne-Fleur Multon, Carole Trébor, Poulpe fictions, 2019.
Prendre conscience que les stéréotypes peuvent entraîner des préjugés et des discriminations• Tous pour une !, Nancy Guilbert, Léonie Koelsch, Kilowatt, 2022.
Qui veut jouer au foot ?, Myriam Gallot, Syros, 2019.
• Un futur pour elles, Plan International, Adolie Day, Larousse Jeunesse, 2024.
• Compte sur moi, Miguel Tanco, Grasset jeunesse, 2025.
• Une place dans la cour, Gaël Aymon, Caroline Modeste, Talents Hauts éditions, 2011.
• Qui veut jouer au foot ? et autres histoires d’égalité pour les filles et les garçons, Myriam Gallot, Claudine Aubrun, Claire Ubac, Zelda Zonk, Syros, 2023.
Développer des relations sociales constructives (comportements tels que l’acceptation, la collaboration, la coopération, l’entraide).Le conte chaud et doux des Chaudoudoux, Claude Steiner, Pef, InterEditions, 1984.
La légendaire histoire du colibri qui sauva l’Amazonie, Gwendoline Raisson, Mouche, L’école des loisirs, 2019.
L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1964.
Tu peux y arriver… ou le secret de l’entraide de Olivier Clerc, Gaia Bordicchia, Flammarion, 2021.
J’ai rien dit, Stéphanie Boyer, Elisa Gonzalez, Les 400 coups, 2022.
Savoir penser de façon critique (biais, influences).• La meilleure façon de marcher, Anna Castagnoli et Gaia Stella, Grasset jeunesse, 2019.
On n’est pas des moutons, Claire Cantais, Yann Fastier, La ville brûle, 2016.
• Le gang des 11, Rocio Bonilla, Père Fouettard, 2023.
Comment ton cerveau se laisse piéger, Alexandre Pinault, Thomas Tessier, Rue des Enfants, 2021.
Gare à la toile, Coralie Saudo, Séverine Duchesne, Piktos jeunesse, 2026.

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Cours élémentaire deuxième année

Ouvrages généraux pour se questionner : Philonimo, Alice Brière-Haquet, 3oeil, depuis 2020.

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Prendre conscience de l’importance d’apprécier et de prendre soin de son corps.







Développer sa capacité d’attention à soi.







Être capable de repérer les comportements favorables à sa santé et apprendre à faire des choix favorables à soi et aux autres.
• Le corps humain, Alex Frith, Adam Larkum, Usborn, 2013.
Le corps humain, Simon Rogers, Peter Grundy, Autrement Jeunesse, 2014.
Le dico de la santé pour les enfants, Sophie Bordet-Petillon, Océane Meklemberg, Hygée, 2019.
C’est sale ! La grande histoire de l’hygiène, Piotr Socha, Monika Utnik-Strugata, La Martinière jeunesse, 2022.
• La tribu qui pue, Elise Gravel, Magali Le Huche, Les Fourmis rouges, 2017.
Super Globo, Véronique Delamarre Bellégo, Pascale Perrier, Joëlle Passeron, Sarbacane, 2022.
Le jardin du microbiote – explore le monde étonnant des bactéries, Katie Brosnan, Milan, 2021.
Les dents ne poussent que deux fois, Magda Garguláková, Marie Urbánková, Albatros, 2024.
Comment je suis devenue sale de bain, Elisabeth Brami, Les éditions du mercredi, 2022.
Parfum Mémé, Marie-France Zerolo, Mathilde Magnan, Voce verso, 2020.
Le prince qui voulait rester propre, Christian Oster, Grégory Elbaz, L’École des loisirs, 2015.
Je sens pas bon, Emmanuel Arnaud, Princesse Camcam, le Rouergue, 2008.
Comme un sou neuf, Lesley Newson, Erika Harispé, Flammarion, 1997.
Le yoga pour les enfants : 25 postures pour s’initier et se relaxer, Susannah Hoffman, Gallimard Jeunesse, 2019.
Savoir demander de l’aide.Violences intrafamiliales
• Barbouillé, Olivier Dupin, Quentin Zuttion, Editions petit lapin, 2020.
Je ne suis pas un super héros, Julien Josset, Gilles Rapaport, Circonflexe, 2004.
• Le grand méchant loup dans ma maison, Valérie Fontaine, Nathalie Dion, Les 400 coups, 2020.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir ce qu’est le consentement, savoir comment l’exprimer, comment refuser.Affiche d’Elise Gravel téléchargeable ici : https://elisegravel.com/blog/consentement-explique-aux-enfants/
• Qui s’y frotte s’y pique !, Pascal Lemaître, Marie-France Botte, L’archipel, 1997.
Touche pas à mon corps, Tatie Jacotte !, Thierry Lenain, Les 400 coups, 2000.
Le petit livre qui dit “non !”, Swann Meralli, P’tit Glénat, 2015.
J’ai le droit de dire “non !”, Ophélie Célier, P’tit Kiwi, 2021.
L’histoire du non, Elena Levi, Serge Bloch, La joie de lire, 2025.
Savoir quoi faire lorsqu’on hésite entre « oui » et « non ».Le mot secret de Charlie, Charlotte Meriaux, Milan, 2024.
Le cochon qui voulait dire “non”, Carine Paquin, éditions Michel Quinton, 2023.
La potion du consentement, Soline Bourdeverre-Veyssière, Alain Boyer, Hachette éducation, 2024.
Ça suffit les bisous !, Pascal Bruckner, Jean-Pierre Kerloc’h, Mayatana Itoïz, P’tit Glénat, 2016.
Comprendre que chaque personne a droit au respect de son corps de la part de toute personne (jeune ou adulte, familière ou non familière) et prendre conscience qu’il existe des mots et des gestes déplacés ou abusifs, qui font violence à l’intégrité personnelle et corporelle.• Mô-Namour, Claude Ponti, L’école des loisirs, 2011.
• Touche pas à mon corps, Pascal Lemaître, Marie-France Botte, Editions de la Martinière, 1998.
Mon petit trésor, Christine Naumann-Villemin, Sibylle Delacroix, L’école des loisirs, 2024.
Les petits et les (trop) gros secrets, Mylen Vigneault, Alice jeunesse, 2021.
Le Loup, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2021.
Je ne suis pas le doudou de mon papa, Elisabeth Brami, Sylvie Serprix, Talents hauts, 2023.
• Kit de prévention : jeu des secrets, REVIS Hérault (revisherault.org)
• STOP aux violences sexuelles faites aux enfants, Gwenaëlle Boulet, Delphine Saulière, Marie Spénale, Bayard Jeunesse, 2019.
• L’envers de nos décors, Thomas Scotto, Carole Chaix, Éditions du pourquoi pas ?, 2025.
Savoir identifier un adulte de confiance et où chercher de l’aide.

Savoir demander de l’aide.
Mon petit trésor, Christine Naumann-Villemin, Sibylle Delacroix, L’école des loisirs, 2024.
La bulle de Miro, Rhéa Dufresne, Fondation Marie-Vincent, 2018.
Développer des relations sociales constructives.Le conte chaud et doux des Chaudoudoux, Claude Steiner, Pef, InterEditions, 1984.
La légendaire histoire du colibri qui sauva l’Amazonie, Gwendoline Raisson, Mouche, L’école des loisirs, 2019.
L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1964.
Tu peux y arriver… ou le secret de l’entraide de Olivier Clerc, Gaia Bordicchia, Flammarion, 2021.
J’ai rien dit, Stéphanie Boyer, Elisa Gonzalez, Les 400 coups, 2022.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Connaître ses droits et reconnaître que chaque individu a des droits fondamentaux qui doivent être reconnus.









Savoir ce qu’est la Convention internationale des droits de l’enfant.
Prix UNICEF de littérature jeunesse, quatre ouvrages par tranche d’âge proposés autour d’un thème tous les ans.
• Le grand livre des droits de l’enfant, Alain Serres, Pef, Rude du Monde, 2009.
• Tous les enfants ont les mêmes droits. La déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 racontée aux enfants, Marie-Agnès Combesque, Rue du Monde, 2008.
• Malala pour le droit des filles à l’éducation, Raphaële Firer, Rue du Monde, 2015.
• Le crayon magique de Malala, Malala Yousafzai, Kerascoët, Gautier Languereau, 2017.
• Un futur pour elles, Plan International, Adolie Day, Larousse Jeunesse, 2024.
Un toit pour tous !, Nancy Guilbert, Léonie Koelsch, Kilowatt, 2026.
• Wangari Maathai la femme qui plante des millions d’arbres, Franck Prévot, Aurélia Fronty, Rue du Monde, 2011.
• La déclaration des droits des garçons, Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol, Talents hauts, 2014.
• La déclaration des droites des filles, Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol, Talents hauts, 2014.
La Tresse ou le voyage de Lalita, Laetitia Colombani, Clémence Pollet, Grasset jeunesse, 2018.
Prendre conscience du rôle que chacune et chacun peut avoir dans le respect de la diversité et de la différence.Racisme
• Il court ! Jesse Owens, un dieu du stade chez les nazis, Cécile Alix, L’élan vert, 2022.
• Harlem, Anne Cortey, L’école des loisirs, 2024.

Handicap
• La Street, série de 4 tomes de Cécile Alix, Dimitri Zegboro, Magnard, 2020-2021.

Egalité des sexes
• La fille du samouraï, Fred Bernard, François Roca, Albin Michel jeunesse, 2012.
Le garçon rose malabar, Claudine Aubrun, Syros, 2018.
Moi, Gisèle, Sandrine Bonini, Annick Cojean, Grasset jeunesse, 2024.

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Cours moyen première année

Ouvrages généraux pour se questionner : Chouette penser !, Collection de Gallimard jeunesse depuis 2006.

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Connaître les principaux changements
à la puberté.









Prendre conscience que ces changements sont normaux et apprendre à les respecter.
• Ma sexualité de 9 à 11 ans, Jocelyne Robert, éditions de l’Homme, 2016.  
• Bientôt ados ! Petit guide sans tabou de la puberté, Jacqui Bailey, Sarah Naylor, Casterman, 2024.
Nichonnées fantastiques, Marion Cocklico, Grasset, 2025.
Et si on se parlait ? 7-10 ans, Andréa Bescond, MathieuTucker, Harper-Collins, 2020.
Tout sur les règles, Anna Roy, Mademoiselle Caroline, Flammarion, 2021.
• Collection Le petit illustré de l’intimité, Atelier de la belle étoile, Mathilde Baudy, Tiphaine Dieumegard 2021.
Lolo, zizi, smack !!, Nathalie Well, Delphine Godard, Nathan, 2013.
La puberté c’est génial (ou presque) !, Brigitte Bègues, Jacques Azam, La Martinière jeunesse, 2015.
Tout sur les zezettes et les zizis, Anna Roy, Mademoiselle Caroline, Flammarion jeunesse, 2023
Mon corps qui change, 50 conseils pour apprendre à s’aimer, Marawa Ibrahim, Gallimard jeunesse, 2019.
Stella onze ans, presque douze, Anne Deneufbourg, Oskar éditeur, 2026.
Soutif, Susie Morgenstern, Catel Muller, Gallimard Jeunesse, 2021.
Comprendre qu’il est important de se
sentir bien dans son corps et de l’écouter.
Ma maison intérieure : à la découverte de mon corps et de mon esprit, Caroline Hauton, Domitille Leca, Rue des Enfants, 2024.
Tous les corps sont beaux ! : apprends pourquoi tu es unique !, Beth Cox, Samantha Meredith, Rue des Enfants, 2024.
Suzanne est à la hauteur, Fred L., Talents hauts, 2011.
Ronde comme la lune, Mireille Disdero, Seuil Jeunesse, 2015.
Comprendre que la puberté se produit
à des âges différents selon les individus et qu’elle n’a pas les mêmes effets.
Adoland, Anne Bargiacchi, Alexandre Hubert, Clotka, Nathan, 2024.
Mes coquelicots, Isabelle Rossignol, Fanny Vella, Talents Hauts, 2025.
Journal intime de mon corps, Clémentine du Pontavice, L’École des loisirs, 2022.
Dans mon garde-robe, Aimée Verret, La courte échelle, 2021.
Comprendre pourquoi se moquer de
quelqu’un est un comportement néfaste.
Un concours plein d’obstacles !, Kristin Varner, Rue de Sèvres, 2022.
Un poids sur le coeur, Yaël Hassan, Nathan, 2019.
Je n’ai rien dit, Stéphanie Boyer, Elisa Gonzalez, Les 400 coups, 2022.
Apprendre à parler des autres et aux
autres de manière positive.
• Série Taupe et Mulot, Henri Meunier, Benjamin Chaud, Hélium, 2021-2025.
Kyym, le petit mammouth, Jean-Michel Chevry, Cécile Bidault, Editions du bout de la rue, 2013.
Pour demain et bien plus loin, Germano Zullo, Albertine, La joie de lire, 2023.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Développer sa capacité d’écoute et l’attention portée aux autres.La lettre de Sasha, Nathalie Bernard, Thierry Magnier, 2025.
La rivière des brumes, Hélène Gloria, Odile Santi, Cipango, 2023.
Le carnet de Lola Boumbadaboum, Baptiste Chaperon, Héloïse Solt, Little Urban, 2020.
Les papillons de Risha, Amarnath Hosany, Minji Lee-Diebold, HongFei, 2018.
Résoudre des conflits de façon constructive.Chronique d’un lézard sans importance, Patrick Ness, Tim Miller, Gallimard jeunesse, 2025.
Les podcasts de la lose, Guillaume Nail, Aurélie Guarino, Milan, 2025.
Qui aime Martin ?, Sophie Grenaud, Le Rouergue, 2026.
Exprimer son consentement ou son refus.• Je suis moi et personne d’autre, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2024.
• Le mot secret de Charlie, Charlotte Meriaux, Milan, 2024.
La potion du consentement, Soline Bourdeverre-Veyssière, Alain Boyer, Hachette éducation, 2024.
• Les pansements invisibles, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2025.
Définir et reconnaître le harcèlement et ses différentes formes, en particulier le harcèlement sexiste et sexuel.Quelque chose sur le cœur, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Bobine et pop-corn, Patricia Vigier, Le Muscadier, 2025.
Trois jours dans la peau d’un garçon, Camille Brissot, Syros, 2022.
Les mots pour combattre le sexisme, Jessie Magana, Alexandre Messager, Syros, 2019.
Diane la géniale, Estelle Billon-Spagnol, Sébastien Mourrain, L’école des loisirs, 2023.
Comprendre que tout acte de harcèlement ou d’intimidation est irrespectueux et néfaste, qu’il a des conséquences graves et peut être sanctionné par la loi.


Prendre conscience que les victimes n’en sont jamais responsables et qu’il est de la responsabilité de chaque témoin de signaler les actes de harcèlement ou d’intimidation.
M@ sixième, Estelle Billon-Spagnol, Didier jeunesse, 2024.
Polly peut tout, Camille Victorine, Anna Wanda Gogusey, La ville brûle, 2026.
Un petit rien du tout, Chloé Bergheaud, Sara Prune, D’Eux, 2025.
Monosourcil, Delphine Vallette, Renaud Vigourt, Seuil Jeunesse, 2023.
La grande Lili, Rémi Courgeon, Rozenn Brécard, Seuil jeunesse, 2025.
Le meilleur voyage de toute ma vie, Dan Santat, Rue de Sèvres, 2025.
Pue le chat, Anne Théréné, Nord Avril, 2024.
Savoir où et comment demander de l’aide pour soi ou autrui.
Je me défends du harcèlement, Emmanuelle Piquet, Lisa Mandel, Albin Michel Jeunesse, 2016.
Le harcèlement et (pas) moi : l’essentiel pour y faire face, Sandra Laboucarie, Marie Quartier, Léonie Koelsch, Hygée, 2023.
Grace Harlowe, Mystère à Oakdale, Jessie Graham Flower, Novel, 2024.
Mes p’tites questions : Le harcèlement, Sandra Laboucarie, Milan, 2018
Harcelés, harceleurs, Catherine Dolto, Colline Faure-Poirée, Gallimard jeunesse, 2019

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir ce que sont les stéréotypes et les préjugés.Déconstruction des stéréotypes
• Féroce, Jean-François Chabas, David Sala, Casterman, 2012.
• Vives et vaillantes, 7 héroïnes de contes, Praline Gay-Prara, Didier jeunesse, 2018.
• Elisabeth sous les toits, Vincent Cuvellier, Guillaume Bianco, Little Urban, 2023.
• Les Lapins de la couronne d’Angleterre, Santa, Simon Montefiore, Kate Hindley, Little Urban, 2020.
• Ni poupées ni super-héros, Delphine Beauvois, Claire Cantais, La ville brûle, 2015.
• Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie, Leire Salaberria, Gallimard Jeunesse, 2020.
Comprendre en quoi les stéréotypes et les représentations liées au genre ont une influence sur la manière dont les individus vivent leur vie et peuvent être à l’origine de discriminations.Racisme
• Quand on arrive en France : histoire de l’immigration, Jean-Michel Boillioud
• Swamp : un été dans le bayou, Johann G. Louis, Dargaud, 2023.
• Eddie et Noé : Les agitateurs, Max de Radighès, Hugo Piette, Sarbacane, 2023.
• Jesse Owens : Le coureur qui défia les nazis, Elise Fontenaille, Le Rouergue, 2020.
Agir pour lutter contre les stéréotypes, les préjugés et les discriminations.• Je suis Camille, Jean-Loup Felicioli, Syros, 2019.
• Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
• C’est notre secret, Raphaële Frier, Thierry Magnier, 2018.
Cheveux et autres poils, Morgane Soularue, Camille De Cussac, Gallimard Jeunesse, 2019.
Tous pour une !, Nancy Guilbert, Léonie Koelsch, Kilowatt, 2022.
Comprendre qu’on peut choisir librement une activité ou un métier (qu’on soit une fille ou un garçon) en fonction de ses motivations ou de ses compétences.




Se sentir libre de ses choix pour une activité ou une passion.
• Tuto tricot, Ludovic Lecomte, Irène Bonacina, Neuf, L’école des loisirs, 2022.
• Renversante, Florence Hinckel, Clothilde Delacroix, Neuf, L’école des loisirs, 2019.
• Invisibles, Ana Arzelus, Casterman, 2025.
Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon, Christian Bruel, Anne Bozellec, Être, 2009.
Le foot c’est ensemble !, Rémi Chaurand, Sébastien Chebret, Hachette éducation, 2023.
Savoir penser de façon critique : apprendre à résister à la pression sociale
sans préjugés ni discriminations.
• La voix du loup, Sam Thompson, Anna Tromop, Pocket Jeunesse, 2024.
L’attaque des slips tueurs, Elise Gravel, Milan, 2023.

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Cours moyen deuxième année

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Connaître les changements du corps lors de la puberté et savoir qu’ils ne se produisent pas au même moment chez tous les enfants.• Ma sexualité de 9 à 11 ans, Jocelyne Robert, éditions de l’Homme, 2016.  
• Bientôt ados ! Petit guide sans tabou de la puberté, Jacqui Bailey, Sarah Naylor, Casterman, 2024.
Nichonnées fantastiques, Marion Cocklico, Grasset, 2025.
Et si on se parlait ? 7-10 ans, Andréa Bescond, MathieuTucker, Harper-Collins, 2020.
• Collection Le petit illustré de l’intimité, Atelier de la belle étoile, Mathilde Baudy, Tiphaine Dieumegard 2021.
Nommer le nom et la fonction des organes reproducteurs.• Le petit illustré de l’intimité : de la vulve, du vagin, de l’utérus, du clitoris, des règles…, Tiphaine Dieumegard, Mathilde Baudy, Atelier de la belle étoile, 2021.
• Le petit illustré de l’intimité : du pénis, des testicules, du scrotum, du prépuce, des érections…, Tiphaine Dieumegard, Mathilde Baudy, Atelier de la belle étoile, 2021.
Apprendre scientifiquement ce que sont les menstruations (règles) et qu’elles sont une composante normale et naturelle du développement physique des filles, et ne doivent pas faire l’objet de tabous ou de moqueries.Le p’tit guide des filles pour tout savoir sur les règles et la puberté, Le cercle des filles, 2023.
Le grand guide décomplexé des premières règles, Julien Rouzeaud, AFNIL, 2022.
Tout sur les règles, Anna Roy, Mademoiselle Caroline, Flammarion, 2021.
Les règles… Quelle aventure !, Élise Thiébaut, Mirion Malle, La ville brûle, 2017.
Je grandis. Super. Mon guide sur la puberté, Emma Delone, 2024.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Savoir que les relations entre individus peuvent traduire différents types de relations affectives (par exemple, l’affection entre amis, l’amour entre parents, l’amour au sein de la famille, l’amour entre partenaires) et qu’il existe des façons différentes d’exprimer son amour.• Le cœur : histoire, science et beaucoup d’amour, Noemí Fabra, Gallimard Jeunesse, 2025.
Le petit illustré de l’intimité, de la sexualité, de la contraception, des IST, du consentement…, Tiphaine Dieumegard, Mathilde Baudy, Atelier de la belle étoile, 2021.
Nommer divers sentiments qui peuvent être éprouvés dans les relations interpersonnelles.

Exprimer ses émotions.
Demander et s’assurer du consentement ; exprimer son consentement ou son refus ; comprendre et respecter le refus des autres.• Je suis moi et personne d’autre, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2024.
• Le mot secret de Charlie, Charlotte Meriaux, Milan, 2024.
La potion du consentement, Soline Bourdeverre-Veyssière, Alain Boyer, Hachette éducation, 2024.
• Les pansements invisibles, Baptiste Beaulieu, Qin Leng, Les Arènes, 2025.
Comprendre qu’il existe des mots et des gestes qui constituent des violences : violences verbales, physiques, psychologiques, sexistes, sexuelles (dont l’inceste) ; savoir identifier ces situations et percevoir les relations d’emprise.Mon corps m’appartient ! Respect, intimité, consentement, parlons-en, Isabelle Filliozat, Margot Fried-Filliozat, Isabelle Maroger, Nathan, 2022.
La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Gros, Sylvain Levey, Editions Théâtrales, 2020.
Prendre conscience que les violences sexuelles, quel qu’en soit l’auteur, constituent toujours une violation des droits humains et que les victimes n’en sont jamais responsables.• Les bons et les mauvais secrets : kit de prévention, REVIS (revisherault.org).
Savoir comment chercher de l’aide et du soutien lorsque l’on est victime de violences.
Je me défends du harcèlement, Emmanuelle Piquet, Lisa Mandel, Albin Michel Jeunesse, 2016.
Le harcèlement et (pas) moi : l’essentiel pour y faire face, Sandra Laboucarie, Marie Quartier, Léonie Koelsch, Hygée, 2023.
Grace Harlowe, Mystère à Oakdale, Jessie Graham Flower, Novel, 2024.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Comprendre ce qu’est la majorité numérique et son objectif de protection des enfants.

Devenir acteur de sa protection sur Internet et savoir identifier un adulte de confiance à qui s’adresser si quelque chose qui a été vu sur Internet ou sur les réseaux sociaux perturbe ou fait peur.
Au-delà des écrans : 4 histoires pour déjouer les pièges du numérique, Cécile Benoist, Anatole Aufrère, A dos d’âne, 2021.
Hacking !, Jeanne Desaubry, Editions d Jasmin, 2013.
La vie et compagnie (T.2). Comme un papillon dans la toile, Sylvie de Mathuisieulx, Oslo, 2012.
Tous connectés, Mathilde Giard, Mary Gribouille, La Martinière jeunesse, 2018.
Prendre conscience que l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux présente des dangers et nécessite des mesures particulières, notamment car des images et des médias sexuellement explicites, interdits pour les mineurs, violents et choquants y sont accessibles.Mon deuxième cerveau, Gaël Aymon, Héloïse Solt, L’école des loisirs, 2024.
M@ sixième, Estelle Billon-Spagnol, Didier jeunesse, 2024.

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Et vous, quels livres utilisez-vous pour aborder ces sujets avec vos enfants ou vos élèves ?

Entretien avec Jo Witek

Vous l’avez compris avec l’article que nous lui avons consacré, pour le Grand Arbre Jo Witek est une auteure essentielle. Nous aimons la diversité des formats qu’elle aborde, ses engagements, son talent pour décrire l’adolescence et ses tourments, sa capacité à se renouveler tout en sonnant toujours juste.

(Re)lire et discuter de son œuvre aussi variée qu’engagée a amené une foule de questions, et nous avons été très touchées qu’elle prenne le temps de nous répondre.

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Vos romans pour ados sont séparés en deux catégories assez distinctes : d’un côté les polars, de l’autre les histoires sur des sujets plus proches du quotidien. Appréciez-vous ces deux genres en tant que lectrice ?

Je lis très peu de littérature noire, c’est très étrange. Je crois que mon goût du thriller vient clairement du cinéma. J’ai été lectrice pour le cinéma, j’ai donc été payée pour « démonter » pas mal de récits, les fouiller, les analyser, trouver les manques narratifs. Telle une mécanicienne, en apprenant à déconstruire, j’ai appris à travailler le suspens, le rythme du thriller et la psychologie des personnages. En revanche, la littérature réaliste, sociale, engagée est celle que je lis et que j’affectionne depuis l’adolescence.

En tant que lectrices adultes, nous apprécions l’aspect engagé et féministe de vos textes, sur la mise en place des relations filles-garçons et plus particulièrement les questions de respect et de consentement qui sont récurrentes dans vos romans ; et ce bien avant que l’EVARS refasse surface. Quelles sont vos motivations ?

Oui, je vais intervenir prochainement dans une journée professionnelle pour des enseignants et travailleurs sociaux autour du programme de l’EVARS et du lien quasi évident de la littérature jeunesse avec ce programme. Je pense que pas mal de romans en jeunesse peuvent accompagner ce dispositif, donner corps, chair et émotion au travers de la fiction aux points abordés avec les animateurs, enseignants autour de l’EVARS : respect du corps, le sien, celui des autres, la notion de consentement, l’emprise, le harcèlement, les luttes contre les discriminations sexuelles et sexistes, et contre les stéréotypes de genre, le droit au respect, à la liberté, à l’affection saine, au plaisir, à l’amour, retour sur le droit à la contraception gratuite, à l’avortement, etc. J’ai traité tous ses sujets dans mes romans ou documentaires. La lutte pour une société égalitaire et non violente est le cœur de mon travail, c’est à dire le bien-être, le respect, la liberté de l’individu dans l’espace public ou privé, quel que soit son genre, ses préférences sexuelles, ses origines, son milieu social, culturel, sa religion ou sa non-religion. Je travaille cette humanité et pointe le danger de nos inhumanités de différente façon, dans des ouvrages pour tous les âges. Par exemple, quand en 2011, nous commençons à travailler sur les émotions incarnées par une petite fille dans nos albums avec Christine Roussey (Le Petit cœur, Les petites peurs (9 volumes) Editions de La Martinière), certains se moquaient de nous. Ils jugeaient ce travail psycho-émotionnel et psychosocial au travers d’histoires simples un peu « bêbête » voire superficiel et forcément « facile ». Six ans plus tard, alors que notre série était traduite dans 35 langues et cartonnait aux États-Unis (2 millions d’exemplaires), les albums sur les émotions et le bien-être de l’enfant se sont multipliés et nous avons été pas mal copiées, ce qui en soit est plutôt positif.

J’aime l’idée d’être toujours un poil en avance, j’aime la recherche et essayer de défricher, d’aller plus loin dans ma liberté créative, me surprendre et accompagner les changements de sociétés, les découvertes en matière de psychologie, pédagogie, psychologie ou recherches scientifiques. Par exemple, avec la série Areuh pour les tous petits, j’ai fait le lien entre partition textuelle et partition musicale, en demandant à une compositrice de respecter le rythme, la musique des mots (sans les mots) dans sa bande originale. Les petits après avoir écouté le texte et la musique, font le lien immédiatement album/musique. Je pense qu’il faut « amplifier » l’album, le sortir de son dialogue unique texte/image. Pour un bébé le son est plus important à la base que l’image, c’est par l’oreille qu’il apprend à parler. L’image qu’il préfère est le visage de celui ou celle qui prend soin de lui. Ce qui bien sûr, n’empêche pas l’illustration mais on peut aller plus loin ; surtout avec les nouvelles technologies qui facilitent la musique hébergée.

Vous avez plusieurs séries à votre actif : Mentine, Le clan des cabossés et les albums pour lesquels vous collaborez avec Christine Roussey. En quoi est-ce un exercice différent d’un roman d’un seul tome ?

La série est différente de l’unitaire, car le lecteur, la lectrice se transforme alors en fan. La série amène l’addiction, l’envie de suite. Du plus, du toujours plus, du encore. C’est tout à fait intéressant, excitant et parfois, inquiétant, je l’admets. Cela permet aussi de faire évoluer un personnage, comme je l’ai fait avec Mentine. C’est très touchant quand les lecteurs et les lectrices parlent de votre personnage comme s’il existait. « Alors Mentine va revenir ? », j’ai aimé entendre cette phrase. Après, je me lasse vite. Vous l’avez compris, j’aime innover, prendre des risques, explorer. Je déteste me répéter, alors la série très vite m’ennuie. Je m’arrête toujours avant le volume de trop. Cinq volumes sont mon maximum, avec Mentine. Mais qui sait ? Je pourrai la faire revenir, car ce personnage est sans doute celui qui me ressemble le plus.

Mentine, Jo Witek, Margaux Motin, Flam jeunesse, série de 5 tomes, 2015-2019.

Les albums avec Christine Roussey portent sur les émotions et le quotidien des jeunes enfants, sujets énormément exploités en littérature jeunesse. Pourtant vous avez trouvé un ton et un format (papier découpé façon gigogne) qui leur permettent de sortir du lot. De quelle manière avez-vous collaboré ?

Pour la série avec Christine Roussey, nous n’avons jamais parlé de série. Chaque année, pendant neuf ans, je crois, on s’est dit, « on en refait un ? » Et voilà, c’était tout. J’écrivais le texte et Christine se l’appropriait dans son merveilleux imaginaire. Nos univers s’accordent très bien sans que nous ayons besoin de nous parler plus que ça. On a pas mal de points communs elle et moi et on adore rire. J’ai toujours adoré ses images si pétillantes et mes textes lui ont toujours donné envie de déployer ses images. Ce fut une relation de travail très joyeuse entre nous. Les découpes, le format, tout cela c’est Christine avec l’éditrice Marie Bluteau qui l’ont décidé. Au départ, on avait pris le temps l’éditrice et moi, de chercher la personne qui donnerait vie en image à cette petite fille qui n’avait pas de prénom. Dès que j’avais vu les images de Christine Roussey, il y a 15 ans (déjà !), j’avais su que c’était elle et je lui faisais totalement confiance ! Aujourd’hui avec Marie Bluteau, mon éditrice à la Martinière, cela fait plus d’un an qu’on recherche l’illustrateur-ice pour l’un de mes textes. On n’a pas encore trouvé. J’aime cette exigence. Prendre le temps de créer. Attendre l’alchimie. L’évidence.

En parlant d’évidence, nous sommes admiratives de votre capacité à vous renouveler tout en réussissant à écrire des textes qui sonnent juste au bon moment, qui parlent aux ados. Une des rédactrices du blog qui est aussi documentaliste partageait encore ce constat récemment. Comment parvenez-vous à trouver un ton si adapté ?

Je crois que l’adolescente que je fus est encore en moi. Très vivante. Je suis une adulte de cinquante-sept ans, j’ai élevé deux garçons (merveilleux !), j’ai passé un paquet de galères comme tout à chacun, mais j’ai un souffle d’ado. Je ne serai jamais tout à fait sérieuse comme une adulte qui achète des actions ou parle des travaux de sa maison pendant des heures. J’ai cru l’avoir perdu dernièrement, ce souffle. Et puis non, c’est ce qui l’emporte aujourd’hui, cette voix de la jeunesse que je veux continuer à avoir et à porter. C’est très créatif la contrainte d’écrire pour des lecteurs et lectrices ados. Par exemple dans J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, comment décrire une nuit de noces qui est forcément une scène de viol dans un mariage forcé ? Faut-il ne pas l’écrire ? Il y a une responsabilité morale de l’autrice et en même temps une envie de ne pas édulcorer la violence faite aux filles mariées sans consentement. Et bien là commence le travail d’autrice jeunesse : écrire cette scène, ne pas mentir aux jeunes, mais ne pas décrire ce qui n’a pas besoin de l’être.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Actes sud jeunesse, 2021.

Justement, votre roman J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle a marqué de nombreux lecteurs et a rencontré un immense succès. Vous souvenez-vous de la naissance de ce projet ? Saviez-vous déjà que vous teniez quelque chose de spécial ?

On ne sait vraiment jamais quand on a terminé un manuscrit si on tient un livre qui va « marcher » comme on dit. J’avais peur pour celui-ci comme pour Une fille de… qui est l’histoire d’une fille de prostituée, que les textes ne rentrent pas au collège et au lycée. Pas facile parfois et très courageux de la part des enseignants de proposer l’étude d’une littérature engagée, réaliste, féministe et sociale aux élèves. Surtout en ce moment où certains parents veulent empêcher l’étude des romans liés au droit des filles (ils ne sont pas si nombreux d’ailleurs). Je suis ravie que ces ouvrages aient eu un très beau succès en librairie et en établissements étant donné l’état du monde, je trouve que plus que jamais cette littérature du réel a toute sa place en cours de français, d’histoire, en EVARS ou en lecture libre.

Vous avez écrit de nombreux albums et romans. Récemment vous avez changé de registre en écrivant un documentaire où vous recueillez la parole d’ados. Pouvez-vous nous raconter ce qui vous a menée à ce projet ?

Chambres adolescentes est un projet transmédia (photographie, texte, podcast, site internet, 6 expositions) de portraits d’adolescents dans leur chambre, sur 4 territoires et que j’ai mené avec la photographe Juliette Mas. Il a pris 4 ans de rencontres, un an pour préparer le livre éponyme (La Martinière jeunesse) photos, textes et podcast et deux grosses expositions à Paris (Mairie de Paris en quai de Seine et Centre d’art contemporain Tignous). Une exposition tourne actuellement dans les médiathèques et salons du livre) Un travail de dingue ! Je me suis lancée dans cette aventure avec la photographe Juliette Mas en plein confinement en plus ! Un pied de nez : le monde était en chambres et nous ne pouvions plus y aller. L’idée était d’aller écouter longuement des adolescent.e.s âgés de 12 à 19 ans dans leurs petits « chez eux » que représente leur chambre à cet âge. C’est beaucoup plus qu’un documentaire, ce fut pour moi une expérience de vie très forte : avec Juliette Mas d’abord en duo créatif et de terrain, puis avec toutes les familles qui ont voulu être dans le projet, les jeunes qui avaient des choses à dire et ont osé s’exposer très courageusement, avec nos partenaires, les maisons des écritures, les régions, les départements, les communautés de communes…. C’était aussi mettre en lumière des jeunes d’une France non parisienne, du Gers aux villages de l’Hérault ou encore celle des chambres de l’aide sociale à l’enfance de jeunes mineurs isolés venus du Pakistan ou de Guinée. L’idée était de rendre visibles et audibles des individus très différents qui traversaient l’adolescence entre 2020 et 2023. Avions-nous des points communs entre nos adolescences d’hier à aujourd’hui ? En quoi la génération Z était-elle différente ? Pourquoi les adultes étaient-ils si sévères envers cette génération née avec le numérique ? Ce fut très beau, car très fédérateur. À chaque rencontre tout public, vernissage, débat, les adultes et les adolescents étaient mélangés, intéressés et restaient. Les publics se mélangent peu de nos jours, quand c’est le cas, quand je parviens à ces échanges autour d’un de mes projets, je me dis que mon écriture fait sens. Que je suis à ma place. Je crois que j’aime la littérature jeunesse, car elle demeure celle qui crée le plus de liens sociaux et culturels. Par exemple, j’étais les deux derniers jours en médiation au collège, je proposais des débats avec des élèves de 3e autour des paroles de Chambres adolescentes. C’était très puissant, très bouleversant. Peu à peu, les jeunes ont pris la parole, se sont exprimés, ont écouté les points de vue divergents de leurs camarades autour de sujets délicats comme : le harcèlement, le sexisme ordinaire, l’accueil des migrants, l’homophobie, le temps d’écran, l’usage des réseaux, etc. Je trouve que les collégiens et collégiennes sont plus capables de grands débats d’idées que les adultes en ce moment. Ils savent écouter et lever le doigt pour prendre la parole ! Encore faut-ils qu’on leur propose de s’exprimer librement.

Ce documentaire a donné une belle exposition. Comment avez-vous abordé ce travail ?

Chambres adolescentes a donné deux grosses expositions sur Paris. Il était important d’exposer à Paris, car malheureusement sans la « validation parisienne » un projet artistique n’est pas pris au sérieux encore aujourd’hui. J’avais donc promis aux jeunes que leurs mots, photos, pensées, portraits seraient exposés en pleine lumière dans la capitale. Nous avons tenu nos promesses avec Juliette Mas. La Mairie de paris nous a exposé sur les quais de Seine, le travail de commissariat d’expo était assez simple là, puisqu’il s’agissait de grands tirages avec texte et QR code. Pour le centre d’art Tignous, c’était une aventure plus complexe. Aurélie Thuez, la directrice du CTAC de Montreuil nous a donné carte blanche. Nous avons donc repensé le storytelling de nos contenus pour habiter les trois salles du centre d’art avec l’envie de faire ressentir aux visiteurs les émotions partagées dans ces chambres. Nous avons créé un espace confortable pour que les gens prennent le temps d’écouter la jeunesse via les podcasts (qui sont sur les plateformes maintenant). J’ai peu exposé mon texte, préférant mettre en avant leurs verbatims et les photographies magnifiques de Juliette Mas. J’ai juste imaginé un rouleau de 10 mètres, qui était exposé pour montrer la longueur des portraits. Ils étaient longs tels des récits non fictionnels de nos rencontres. C’était une écriture particulière, car je n’avais pas de référentiels de portraits de la sorte, c’est-à-dire qui intégraient le point de vue de l’auteur et le rapport au temps qu’exige la mise en confiance d’une jeune personne. Au CTAC de Montreuil, nous avons pu inviter deux plasticiens de nos choix pour leur proposer de créer des œuvres in situ à partir des contenus de Chambres adolescentes. Stéphane Kiehl a proposé un mur d’exergues des jeunes, sur des feuilles A4, en noir et blanc, comme une matrice de messages. Carole Chaix a créé Cuisine de femmes, une pièce dédiée à la création, valorisant ce travail de fond des artistes et ce temps qui passe, cette géopolitique qui s’invite au fil du travail, les aléas de la vie qui perturbe le projet. J’ai adoré retrouver la créativité en équipe.

Certains de vos romans ont été traduits et/ou lauréats de prix. Comment vivez-vous cette reconnaissance ? Avez-vous un souvenir particulier à partager au sujet ?

Les sélections de prix sont importantes plus que les prix, à mon sens, car elles portent nos ouvrages vers les jeunes. Un souvenir ? Oui, dans le cadre du Prix du jeune lycéen allemand, j’étais allée rencontrer des jeunes en Allemagne avec Une fille de… (Actes sud jeunesse).

Une fille de…, Jo Witek, Actes sud jeunesse, 2017.

C’était en mars 2020 ! Je me souviens que je me suis retrouvée dans la voiture de l’ambassadrice de France en Allemagne, car j’étais la seule autrice française sur place, alors que le festival de Leipzig venait d’être annulé. Me voilà au consulat, me voilà invitée à déjeuner avec tous les grands pontes de la ville avec une traductrice à mes côtés (je ne parle pas un mot d’allemand). À la fin du déjeuner, le consul me demande de conclure la conversation. Je décide de blaguer. Je leur dis qu’en France, on classe la littérature selon le prestige qu’elle inspire aux intellectuels. La littérature blanche, c’est le top, ensuite la noire, ensuite la jeunesse, très mal considérée. Je leur fis alors remarquer qu’à ce déjeuner, je n’étais peut-être pas une littéraire digne de ce nom, car j’étais une autrice qui écrivait aussi du thriller pour la jeunesse. Ils ont beaucoup ri. Je pense que les cultures allemandes, anglos- Saxonne ou Chinoises considèrent avec beaucoup plus respect que la nôtre les auteurs de littérature jeunesse. Ensuite, ce fut moins drôle. Il me fallut vite regagner la France avant que les frontières ne se referment à cause du COVID.

Mille mercis d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, cela a été un véritable plaisir d’échanger avec vous !

Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à la jeunesse, à sa littérature, à sa diversité, à ses auteurs et autrices. Rien n’est plus sérieux et exigeant que d’écrire pour les enfants ou de travailler auprès d’eux, il serait temps que certains adultes s’en rendent compte ☺