Comme tous les ans au mois de mai, voici le grand retour du PRIX Alogda !
Petit rappel du fonctionnement du prix : toute l’équipe du blog sélectionne ses ouvrages préférés, parus en 2025, dans différentes catégories. Chacun.e en lit le plus possible. Après un premier vote interne, trois titres sont pré-sélectionnés dans les catégories suivantes :
- Belles branches (romans ado)
- Grandes Feuilles (romans jeunesse jusqu’à 11 ans)
- Petites feuilles (albums pour « grands »)
- Brindilles (albums premier âge)
- Branches dessinées (BD)
- Racines (documentaires)
Nous allons vous les présenter dans les prochaines semaines, et c’est vous qui allez pouvoir voter pour élire LE lauréat de chaque catégorie !
Aujourd’hui nous commençons par les Belles branches,et les Grandes feuilles.
Rappel : vous avez jusqu’au samedi 6 juin 20h30 pour nous indiquer vos titres préférés et les lauréats seront annoncés le lundi 8 juin !
***
Catégorie Belles branches
Huit titres avaient été pré-sélectionnés dans cette catégorie, et ils ont donné lieu à de grandes discussions ! Voici les trois qui ont finalement remporté les suffrages :
Nos Constellations, de Florence Quentin :
Maxence. Aurélien. Deux lycéens qui ont vécu chacun un drame. Deux anciens amis d’enfance, qui se retrouvent sept ans après. Avec cette question, au fond d’eux : l’alchimie qu’ils ont ressenti étant enfants est-elle toujours là ?
Nos Constellations, de Florence Quentin, est un roman très émouvant, qui aborde des thèmes difficiles : harcèlement, deuil, homophobie. Ses deux protagonistes sont très touchants, écorchés, à vif, mais aussi lumineux lorsqu’ils se retrouvent deux. C’est aussi l’histoire d’un amour naissant, si profond qu’il renverse tout sur son passage. Dans un Sud ensoleillé, tout un microcosme gravite sous nos yeux. C’est poétique, on s’y croirait. C’est dur, parfois, on a les larmes aux yeux. Pour refermer cet ouvrage avec un pincement au cœur et l’idée, sublime, que l’amour triomphe des difficultés.
*
Le silence est à nous, de Coline Pierré
Le silence est à nous, qui a remporté le Prix Vendredi des lecteurs du pass culture, avait attiré l’oeil des arbronautes, et pour cause ! D’ailleurs nous en avions fait une lecture commune.
Leo assiste à l’agression sexuelle d’une de ses camarades, Maryam. Sous le choc, elle n’ose pas intervenir… Mais décide de revenir vers elle ensuite, et de faire entendre sa voix.
Un roman en vers libre touchant, féministe, et engagé, dont les enjeux peuvent parler à toustes. Ici, le silence est une arme, pour lutter contre le mépris de certains adultes, et les yeux qui se ferment sur les violences faites aux femmes et les stéréotypes de genre. C’est un roman percutant, incisif, qui pointe les derives et invite à se battre contre les inégalités.
*
Hyper, d’Émilie Chazerand
Miriam, une adolescente très mal dans sa peau, a vécu un traumatisme qu’elle ne parvient pas à surmonter. Harcelée, désespérée, elle tente de mettre fin à ses jours, mais échoue. Sa mère, Barbara, l’envoie direct en thérapie. Là, son psy lui demande de tenir un journal, enfin deux : l’officiel, celui qu’elle laisse traîner pour que sa mère le lise, et le « vrai », celui dans lequel elle déverse toute sa colère, sa rage, son ml-être. Le tout avec un humour décapant, et une auto-dérision XXL.
Hyper, c’est une lecture qui bouscule, douloureuse et belle, avec des personnages hauts en couleurs, pleins de défauts mais auxquels on s’attache quand même. Harcèlement, santé mentale, regard des autres et surpoids, grossophobie, c’est traité de manière cash, parfois foufou, on passe du rire aux larmes en quelques phrases. Intense, caustique à souhait, presque dérangeant parfois, c’est un roman qui ne vous laissera pas indemne…
Retrouver notre lecture commune sur ce titre et l’interview d’Emilie Chazerand.
*
A vous de voter pour votre titre préféré !
***
Catégorie Grandes feuilles
Cette catégorie de titres concernait les jeunes lecteurs de primaire. Sur les 5 titres pré-sélectionnés, voici les 3 qui ont particulièrement retenu notre attention !
***
On commence avec Jean-Amédée, impérateur, de Gwendoline Raisson, illustré par Christian Heinrich qui prête également son coup de crayon aux Petites Poules de la série bien connue.
C’est l’histoire d’un jeune crapaud à qui sa maman a toujours dit qu’il était le plus beau, et qui de ce fait se sent un peu supérieur aux autres (ses 4567 frères et soeurs) et nourrit de grandes ambitions. Ambitions qu’il parvient à atteindre par des moyens assez peu recommandables, en s’attribuant le mérite d’un exploit accompli par sa grande amie Bérénice avec qui il coule des jours paisibles et s’entend à merveille.
Un baiser plus tard, le voici prince… Enivré par le pouvoir, il prend des décisions sans réfléchir aux conséquences mais se lasse vite et vise plus grand encore ! Il parviendra à devenir roi, puis empe… Euh impérateur, mais aucun de ces statuts ne le satisfait sur le long terme. L’ennui le rattrape toujours.
Toutes ces péripéties lui permettront-elles de comprendre qu’il faut parfois savoir se satisfaire de ce que l’on a et surtout, ne pas piétiner les autres pour réussir ? Rien n’est moins sûr !
Un prénom faussement snob mais un brin ridicule, un conte de fée revisité car cette fois c’est le crapaud qui doit se faire embrasser par une princesse et un humour décapant, tels sont les ingrédients d’un roman à lire à partir de 8 ans, au second degré, pour lire et réfléchir en même temps !
*
L’echappée belle de Marta est un très beau roman qui met en scène une oie pâtissière passionnée mais épuisée. Elle n’a pas le moral mais ne veut pas se l’avouer, habituée qu’elle est à tenir le rythme et à ne pas s’apesantir sur elle-même.
Un vague à l’âme s’installe sans qu’elle ne parvienne réellement à déterminer pourquoi.
Le médecin lui conseille une pause, lui disant qu’il a lui-même connu cette grande fatigue.
Un retour sur les lieux de ses vacances d’enfance lui fait l’effet d’un retour aux sources. Pendant plusieurs jours elle quitte la frénésie de son rythme quotidien. Ce repos fera revenir la joie et chassera les gros nuages, lui laissera le temps, aussi de digérer « ces vieux chagrins enfouis depuis tant d’années qui, soudain, remontaient ».
En laissant la marée emporter ses tracas et en se confiant à un inconnu, tout ira mieux. Un thème qui parle beaucoup aux adultes mais qui touche forcément les enfants, eux aussi parfois soumis à un rythme soutenu. Tout en poésie, ils comprendront qu’il peut arriver à chacun de déprimer un peu et que parfois se poser, se confier, permet ensuite de repartir de plus belle au milieu des autres, prêt à dévorer de délicieuses pâtisseries !
*
Le musée des générosités est un roman très touchant dans un tout autre registre.
Très court, il évoque une rencontre entre Suzie et Idris. Elle est une petite fille qui se promène avec sa maman qui lui achète un nouveau pull. En sortant, elle croise Idris avec sa famille. Leur communication ne sera que visuelle mais elle laissera volontairement tomber son gilet pour qu’il s’en empare.
Cet acte de générosité marquera profondément le petit garçon, d’autant qu’elle a oublié une figurine de chat dans la poche. Il y tient comme les enfants peuvent tenir à ces petits objets. Chacun grandit et développe ses passions, en pensant régulièrement l’un à l’autre.
Des années plus tard, Suzie apprendra que son geste a profondément marqué Idris… Pour en savoir plus et éventuellement verser une petite larme, rendez-vous au musée des générosités.
Les très belles illustrations ajoutent au charme de ce livre, qui fait réfléchir sans donner de réponses et touchera les enfants. Ecrit pour eux, il leur transmettra implicitement des valeurs de générosité, évidemment, mais aussi de non-jugement et de tolérance, sans angélisme.
A vous de voter pour votre titre préféré !
***
Et la semaine prochaine nous vous présenterons la sélection des albums pour les petits avec les catégories Brindilles et Petites feuilles.





