Nos classiques préféré.e.s : Anthony Browne.

Anthony Browne est un auteur-illustrateur d’origine anglaise particulièrement déroutant. Ses albums sont peuplés de chimpanzés et de gorilles aux regards troublants, si expressifs que c’est tout un imaginaire, qui à travers eux, est à portée de main. Le zoomorphisme y est une porte d’entrée, mais pas que. Des portes d’entrée dans l’univers de cet auteur prolifique, il y en a beaucoup. L’art y tient une place primordiale. Et pour un collectif qui ne cesse de plaider en faveur de la culture, faire découvrir Anthony Browne est une manière de la soutenir encore et encore ! Alors promenons-nous dans les albums du lauréat 2000 du Hans Christian Andersen Award !

Déclinaison du jeu des formes, Anthony Browne, avec Joe Browne © éditions Kaléidoscope, 2011.

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C’est grâce à Colette que Lucie a découvert l’univers d’Anthony Browne. Voici les raisons qui l’ont convaincue de présenter Les histoires de Marcel !

Les histoires de Marcel d’Anthony Browne, éditions Kaléidoscope, 2014.

1- Parce que cet album est une ode à la lecture et à l’imagination,
2- Qu’il multiplie les références et donne envie de (re)découvrir ses classiques.
3- Pour le jeu sur les capitales d’imprimerie qui marque l’ampleur des émotions.
4- Parce que chaque aventure reste en suspens, interpelle le lecteur et l’incite à être acteur, à chercher, à être curieux.
5- Pour les indices cachés dans les illustrations qui les transforment en véritable jeu de piste.
6- Parce qu’Anthony Browne a la gentillesse de nous souffler les réponses à la fin de l’album.
7- Et qu’il n’est jamais superflu de rappeler les trésors que recèlent les bibliothèques !

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C’est grâce à une lecture commune avec Lucie que vous découvrirez bientôt, que Colette s’est replongée dans Les Tableaux de Marcel. Voici les dix raisons qui expliquent pourquoi.

Les Tableaux de Marcel , Titre de l’oeuvre originale : Willy’s Pictures,
Kaléidoscope, 2015.

1.Parce que mon fils cadet a redécouvert le personnage de Marcel dans la bibliothèque de sa classe et que nous venons de passer plusieurs semaines en compagnie de ce petit chimpanzé qui le fascine.

2. Parce que la couverture de cet album est une formidable mise en abîme : c’est le personnage fétiche d’Anthony Browne qui est représenté en artiste ; et que peint-il ? Le portrait de son auteur vêtu de son incontournable chandail. J’y vois un clin d’œil au Triple autoportrait de Norman Rockwell qui interroge le lien entre le vrai et le faux dans toute œuvre d’art, notamment autobiographique.

Triple autoportrait, Norman Rockwell, 1962.

3. Parce qu’Anthony Browne y interroge l’art de la seule manière qui le rende vraiment accessible : “Marcel aime peindre et regarder les tableaux. Il sait que chaque image raconte une histoire.”

4. Parce qu’au fil des pages, l’artiste revisite des tableaux incontournables de l’Histoire de l’art mondiale, de Léonard de Vinci à Frida Kahlo en passant par Ingres ou Vermeer.

5. Et non seulement, il les revisite mais en plus il le fait avec humour en y intégrant les personnages de ses albums dans des situations saugrenues.

6. Et non seulement, il le fait sur un registre léger, mais en plus dans chaque tableau, il interroge le processus artistique en y intégrant des références à l’acte de peindre.

7. Les titres eux-mêmes sont modifiés, de manière à créer un lien entre ces œuvres universelles et l’intériorité du personnage principal, Marcel.

8. Parce qu’à la fin de l’ouvrage, on trouve un dépliant qui aurait pu être très didactique où le lecteur et la lectrice retrouvent les œuvres “citées” dans l’album mais en fait Anthony Browne y livre ses émotions personnelles face aux tableaux choisis. Passer par les émotions étant, selon moi, le seul moyen d’entrer de plein pied dans le monde de l’art.

9. Parce que l’avant dernière page de l’album confirme la mise en abîme de la couverture par un habile jeux de références : Anthony Browne joue sans cesse avec nos capacités d’analyse et, j’avoue, j’ai un faible pour ces artistes qui osent sans cesse mettre au défi leur lectorat, dès le plus jeune âge !

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A chaque (re)lecture, Blandine (re)découvre Une histoire à quatre voix. Voici pourquoi en dix raisons:

Une histoire à quatre voix. Titre original: Voices in the park. Kaléidoscope, 1998
  1. Pour son titre qui attire et interroge
  2. Parce que d’un évènement banal, Anthony Browne en a fait un exercice de style
  3. Pour les différentes graphies utilisées, une pour chaque voix
  4. Pour le dessin au trait vintage et les gorilles emblématiques d’Anthony Browne
  5. Pour les ambiances chromatiques propres à chaque personnage
  6. Pour les références, clins d’œil et illusions d’optique qui parsèment chaque illustration
  7. Parce que ces détails racontent l’histoire, les peurs et espoirs de chacun
  8. Pour ses différents niveaux de lectures
  9. Parce que ça résonne en nous et nous questionne, nous invite à réfléchir à nos propres façons de voir
  10. Parce que tout est affaire de perspectives

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Pour Liraloin c’est les détails des illustrations qui retiennent son souffle ! Et du détail il y en a énormément dans cet album !

Hansel et Gretel de Jakob et Wihem Grimm, illustré par Anthony Browne, Kaleidoscope, 1981
  1. Car c’est une adaptation du célébrissime conte des frères Grimm complètement modernisé dans un monde ouvrier.
  2. Car Anthony Browne invite le lecteur dans son univers aux illustrations marquantes et aux détails qui n’échappent pas à l’œil du jeune lecteur ou de la jeune lectrice.
  3. Justement ces détails dès l’entrée de l’histoire : le rose, les bijoux, la belle lingerie, le maquillage de la méchante belle-mère contrastant avec la pauvreté de famille et de la maison.
  4. Pour ce chapeau de forme conique projeté sur l’ombre de la belle-mère…. Et son visage si similaire à celui de la méchante sorcière ….hahaha … le suspens monte d’un cran !
  5. Pour cette maison en biscuit pas très appétissante (contrairement à d’autres versions) mais assez pour attirer et apaiser la gourmandise retenue d’Hansel et Gretel.
  6. Pour cette forêt lugubre aux arbres fantomatiques et parfois droits comme des barreaux d’une prison. Ces visages sur les troncs me donnent la pétoche …
  7. Pour ce faisceau de lumière qui jaillit d’entre les arbres laissant présager, sans doute, un espoir de s’échapper.
  8. Pour cette petite pousse de bonheur dans son pot qui grandira en se reflétant dans la porte vitrée bleutée de la maison
  9. Car nous avons suivi ces deux enfants voulant à tout prix revenir chez eux. Hansel et Gretel, deux enfants libres et à la fois prisonniers, je vous laisse le découvrir tranquillement…
  10. Car il faut continuer à lire et présenter les albums d’Anthony Browne, lui seul adapte et voit le quotidien comme personne d’autre.

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Et pour boucler la boucle, jetons notre dévolu avec Isabelle sur une nouvelle histoire de singe signée Anthony Browne : Petite Beauté, qui célèbre la rencontre entre un gorille esseulé et un malicieux chaton. Quel plaisir de se regarder dans les yeux, de partager chaque moment, d’être ensemble ! Mais les humains seront-ils capables d’y croire et de laisser les deux compères ensemble ? Cet album est depuis de nombreuses années l’un des livres fétiches des moussaillons de L’île aux trésors. Voici pourquoi !

Petite Beauté, de Anthony Browne, L’école des loisirs, 2008.
  1. Pour l’univers toujours délicieusement vintage d’Anthony Browne qui fait se retrouver plusieurs générations !
  2. Pour l’art de dessiner les singes d’un trait méticuleux et délicat, représentant chaque poil de la fourrure du gorille…
  3. … et surtout ce regard tellement expressif et bouleversant.
  4. Pour le décor qui, à l’image du protagoniste, se situe à mi-chemin entre mondes humains et sauvages, avec ce salon aux motifs luxuriants.
  5. Et pour les petites surprises glissées ici et là, que l’on découvre au fil des relectures.
  6. Pour le petit clin d’œil à King Kong.
  7. Pour découvrir la magie de l’expression par la langue des signes.
  8. Parce que cet album évoque à hauteur d’enfant des sentiments qui parleront à chacun.e : la solitude, la tendresse, le bonheur, la colère et la peur.
  9. Parce qu’il montre si joliment les charmes de l’amitié et des moments partagés…
  10. … et à quel point les plus grands peuvent avoir besoin des petits.

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Et vous ? Avez-vous lu et aimé Anthony Browne ? Lesquels de ses livres aimeriez-vous partager ?

Des figures paternelles enthousiasmantes.

A quelques jours de la fête des pères, en cette année qui verra à partir du 1er juillet 2021 le congé paternité enfin allongé, passant de 11 à 25 jours, nous avions envie de partager avec vous une sélection d’albums et de romans qui mettent en avant des personnages de pères curieux, ouverts, bienveillants et attentifs.

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Pour les plus petits, Alain Le Saux décline toutes les potentialités d’un papa attentif et drôle dans sa fameuse Boîte des papas. Quatre titres en format cartonné idéal pour que les petites mains découvrent au fil des verbes un papa joueur et câlin qui a su soigner son âme d’enfant.

La Boîte des papas, Alain Le Saux, École des loisirs, 2009.

L’avis de Colette.

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Ecrire permet souvent de déclarer son amour et cela fonctionne parfaitement dans cet album qu’Oliver Jeffers a écrit pour sa fille. Au fil des pages, il parle de transmission, des souvenirs que l’on se crée ensemble, du chemin que l’on parcourt côte à côte, main dans la main. Tout n’est pas toujours facile, mais à deux il est plus facile de se relever et d’avancer.

Toi et Moi – Ce que nous construirons ensemble, Oliver Jeffers. L’école des loisirs, 2020.

L’avis de Lucie.

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Pour Liraloin c’est Papa ! ce grand classique de Philippe Corentin qui montre une figure paternelle très sympathique.

Ce que l’on remarque tout de suite c’est le visage transit de peur (bouche grande ouverte, cheveux dressés sur la tête) d’un petit garçon criant « Papa ! ». Une peur provoquée par cet étrange animal aperçu au dos du livre.

« Au lit, on lit » c’est bien connu qu’une bonne lecture est propice à un bon endormissement. Cependant, le réveil peut être brutal surtout lorsqu’un étrange petit garçon se retrouve dans le même lit. Quel est le monstre finalement ? Et si ce dernier était le fruit de notre imagination ?

Dans cet album, Philippe Corentin exploite la figure paternelle de façon très simple. Le papa est celui qui est appelé pour secourir ou éventuellement pour chasser l’horrible monstre du lit. C’est à lui qu’incombe le rôle salvateur alors que la maman est là pour rassurer et consoler ou pour faire la morale. Et oui, ce petit garçon s’est couché le ventre trop plein entrainant une mauvaise digestion et donc… Boum ! Cauchemar en action !

Papa ! est un album intemporel que les enfants ne cessent de réclamer. Cette histoire est drôle, rassurante et douillette. Après tout, il n’y a pas que le papa et la maman qui s’inquiètent du petit garçon mais tous les invités également.

Papa ! de Philippe Corentin. Ecole des loisirs, 1995

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Si Roald Dahl s’amuse souvent au dépend des adultes en soulignant leurs travers et leurs contradictions pour notre plus grand plaisir, la figure paternelle de Danny champion du Monde est pour le moins enthousiasmante. Aimant, attentif, valorisant et plein d’humour, Lucie vous invite à (re)découvrir le papa de Danny !

Son avis ICI.

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Le père de Coyote, c’est tout un poème. Pieds nus, look de hippie, regard désarmant, tendresse infinie pour sa fille. Leur bus, qui leur sert de maison nomade, les transporte d’un bout à l’autre des États-Unis au gré de leurs inspirations. Rodéo partage avec sa fille le goût des livres et des histoires, l’envie de laisser des inconnus monter à bord et l’amour des sandwiches du Montana ! Mais il a aussi ses failles qui le rendent d’autant plus attachant. Si Coyote est le personnage principal du roman, son père reste une figure paternelle inoubliable parmi celles que l’on rencontre en littérature jeunesse.

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart, PKJ, 2020.

Les avis d’Isabelle, Linda et Lucie

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La forme du roman choral se prête également à évoquer une relation père-fils. Madeline Roth nous donne à entendre la voix de Lucas, seize ans, et de son père, qui ne se parlent plus depuis longtemps. Ce n’est pas qu’ils soient fâchés, mais les silences, leurs différences et le temps qui voit Lucas grandir et son père vieillir ont distendu le fil de leurs liens. Rassemblés pour une semaine de vacance dans un chalet perdu dans la montagne, ils n’ont guère le choix d’autre choix que de se faire face. S’ils ne pourraient guère être plus différents – l’un posé, habile de ses mains, taiseux, solitude, l’autre avide de vivre, de bruit, de contacts – ils se manquent l’un à l’autre et partagent plus qu’ils ne le pensent. Un beau texte sur le pouvoir qu’a l’amour de transcender les différences et sur l’urgence d’entretenir, mot après mot, geste après geste, les liens qui nous tiennent à cœur.

Mon père des montagnes, de Madeline Roth. Éditions du Rouergue, 2019.

L’avis d’Isabelle

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En bonus, on vous conseille un film magnifique, captivant, déroutant, enthousiasmant qui dresse le portrait d’un père de 6 enfants parfaitement incroyable. Un Captain Fantastic qui sait nous interroger sur notre rapport à indépendance, aux savoirs, à la transmission, à l’amour.

Captain Fantastic, Matt Ross, 2016.

La bande annonce si ça vous tente !

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Et vous, quel livre auriez-vous ajouté à cette sélection ? Quel livre a su témoigner du bonheur d’être parent ?

Parlons politique !

A la veille des élections régionales, Le Grand Arbre a décidé de vous proposer plusieurs articles dédiés aux sujets politiques. Et nous voulions commencer notre exploration de ce territoire de la littérature jeunesse en vous proposant une sélection de titres qui invitent à regarder de près le fonctionnement politique et qui font la part belle à des personnages engagés.

Des livres qui interrogent le fonctionnement politique

La fiction, et les dystopies en particulier, permettent d’imaginer une société ayant fait des choix politiques différents et ainsi de sensibiliser à l’importance de s’intéresser aux décisions. La série des Hunger Games est particulièrement intéressante de ce point de vue-là, et particulièrement le dernier tome paru l’année dernière : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur qui nous entraîne dans les coulisses des jeux.

Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur de Suzanne Collins, Pocket Jeunesse, 2020.

L’avis de Lucie ICI.

Mais certaines autres dystopies moins connues sont tout aussi pertinentes et questionnent ce que nous serions prêts à sacrifier pour une société pacifiée. C’est le cas d’Un bonheur insoutenable de Ira Levine ou encore du Passeur de Lois Lowry (qui a écrit quatre autres romans autour de l’univers qu’elle a créé).

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Isabelle et ses moussaillons ont été très intéressés par l’adaptation sous forme d’album jeunesse de la fable politique Le Pays des Souris. Cette histoire de souris qui ont le droit de vote mais élisent systématiquement de vilains matous évoque, sur un mode outrancier, la question du pluralisme, invite à oser concevoir des alternatives hors des schémas existants, à rester attentifs à ce que font nos représentants entre deux élections. Et pose une question excellente : si les chats ne sont pas les mieux à même de représenter les souris, les majorités ne sont peut-être pas les mieux placées pour gouverner les minorités, voire les hommes pour parler au nom des femmes, les plus âgés pour agir au nom des jeunes, etc. Autant dire que les grands comme les petits trouveront matière à réflexion dans ces pages !

Le Pays des Souris, d’Alice Méricourt et Ma Sanjin. Éditions Père Fouettard, 2020.

L’avis d’Isabelle

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Incroyable de voir à quel point les fables de la Fontaine peuvent encore résonner plus de trois siècles plus tard. Quelle idée de génie a eue Olivier Morel de donner à lire Les animaux malades de la peste à hauteur d’enfant, en jouant sur la typographie et des gravures très modernes ! Vous connaissez forcément cette fable dans laquelle on cherche un responsable du fléau de la peste. Si chaque animal bat sa coulpe, on ne peut pas vraiment dire que chacun soit logé à la même enseigne… Cette critique de la justice à géométrie variable exercée par les puissants est très percutante et ne manquera pas de parler aux plus jeunes. Une lecture puissante et réjouissante, qu’Isabelle et ses moussaillons aiment redécouvrir régulièrement.

Les animaux malades de la peste. Jean de La Fontaine, illustrations d’Olivier Morel. Éditions courtes et longues, 2013.

L’avis d’Isabelle

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Comment imaginer que le décor bucolique de Watership Down puisse être le théâtre de d’événements terrifiants ? Ce conte fleuve est avant tout une extraordinaire intrigue à rebondissements qui se noue à partir de l’exil forcé d’une poignée de lapins suite à la prophétie de la destruction imminente de leur garenne. Mais on peut aussi voir une allégorie dans ces lapins qui s’efforcent de « faire société », une fable qui parle des migrations, des fondements (démocratiques ou autoritaires) du pouvoir, de rébellion, des vertus de l’entraide, des rapports entre humains et animaux. Un livre culte à découvrir absolument, réédité magnifiquement en 2020 par Monsieur Toussaint Louverture !

Watership Down, de Richard Adams. Monsieur Toussaint Louverture, 2020.

L’avis d’Isabelle

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Des livres qui invitent à s’engager

Et si s’engager, aujourd’hui encore plus qu’hier, c’était désobéir ? Dans la collection “Nouvelles” de chez Thierry Magnier, un recueil de 8 nouvelles de Christophe Léon a particulièrement retenu notre attention, un recueil justement intitulé Désobéis ! Un vrai petit manuel de désobéissance civile, où peut-être trouver de quoi se former une âme de militant.e.

Désobéis !, Christophe Léon, Thierry Magnier, 2011.

L’avis de Pépita par là.

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Et si pour encourager nos jeunes à agir nous éveillions leur conscience et les aidions à développer leur esprit critique? Dans le roman à 7 voix qu’est On n’a rien vu venir, les auteures présentent comment un état totalitaire se met en place insidieusement et combien il faut de courage et l’importance du soutien pour se lever contre les injustices.

On n’a rien vu venir, AG. Balpe, S. Beau, C. Beauvais, AL. Heurtier, A. Laroche, F. Robin, S. Vidal, Alice édition, 2012.

Les avis de Bouma, Linda et Pépita.

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Et si agir, c’était réfléchir, s’engager au quotidien ? Un album qui invite à ne pas être des moutons…

On n’est pas des moutons ! Claire Cantais
et Yann Fastier, La ville brûle

L’avis de Pépita

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4 destins de jeunes qui pourraient être ceux de jeunes d’aujourd’hui : des destins lumineux désireux de s’engager pour des causes importantes dans un esprit de solidarité et militant. Quand petite histoire et grande Histoire se rencontrent…

Camarades, Shaïne Cassim, EDL

L’avis de Pépita

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ALODGA s’engage – aux côtés de la culture confinée !

En cette semaine anniversaire de notre blog collectif, et après plus d’un an de culture confinée, malmenée, non seulement masquée mais muselée, nous avions envie d’échanger autour d’un album jeunesse qui interroge notre capacité à nous engager pour que vive la culture.

Aujourd’hui, nous vous proposons donc une lecture commune de l’album Si j’étais ministre de la culture de Carole Fréchette et Thierry Dedieu publié d’abord au Québec aux éditions d’eux en 2016 puis édité en France par HongFei en 2017. Vous pouvez en savourer la lecture à haute voix par Daniel Pennac sur le site de l’éditeur québécois.

Linda : Si j’étais Ministre de la Culture est à l’origine une lettre ouverte de Carole Fréchette écrite en 2014 lors de campagne électorale québécoise. L’objectif était d’attirer l’attention des candidats et des électeurs à l’importance des enjeux culturels. Quel(s) parallèle(s) y avez-vous vu avec la situation actuelle ?

Colette : Quand j’ai relu ce livre complètement par hasard il y a un mois environ, je me suis dit “non, ce n’est pas possible ! Cet album décrit de manière hypothétique la situation que nous sommes en train de vivre de manière très très réelle !” Et cette lecture a provoqué en moi une sorte de rire grinçant. Il y a une telle ironie tragique à lire ces pages aujourd’hui : tout était écrit, là, noir sur blanc, de ce que nous vivons aujourd’hui. De ce que nous laissons nos gouvernements nous imposer comme vie aujourd’hui… Une vie sans culture, sans musée, sans théâtre, sans cinéma, sans spectacle de rue, sans danse, sans opéra, sans concert… Dans l’album, ce n’est qu’un un défi proposé par une hypothétique ministre de la culture qui décrèterait des “journées sans culture” pour prouver quelque chose à la classe politique qui l’entoure. La véritable ironie, c’est qu’aujourd’hui en 2021, c’est notre réalité. Et pas qu’un seul jour. Tous les jours depuis un an.

Lucie : Le parallèle que tu proposes avec la situation actuelle m’a aussi sauté aux yeux, cette vision de l’art “non essentiel”. Nous avons vécu ces journées sans culture, nous continuons à les vivre, Colette le dit très bien. Et si finalement les librairies ont rouvert (après avoir bataillé), le reste continue à nous manquer. C’est d’ailleurs un manque très bizarre, lancinant, qui n’est pas aussi criant que je l’aurais cru mais qui pèse sur le moral (ce que Carole Fréchette avait anticipé avec une triste lucidité), chaque jour un peu plus.

Linda : Si ces décisions paraissaient justifiées dans un premier temps, je suis moins convaincue par la fermeture complète de tout ce secteur lors du deuxième confinement à l’automne dernier. Aucun cluster n’était lié aux lieux culturels, tous faisaient des efforts pour respecter les règles de distanciation, les gestes sanitaires ainsi que la mise en place de jauge restreinte. Pourtant lorsqu’il a fallu “confiner” de nouveau, ce sont ces lieux qui ont fermé en premier sans réelles justifications. Comment peut-on justifier le sacrifice d’une partie de la population pour en protéger une autre ? C’est un autre débat mais je m’interroge vraiment sur les conséquences à long terme de ce genre de décisions.

Linda : Le sacrifice de la culture par nos gouvernements en situation de pandémie n’est-il pas le reflet d’un système capitaliste qui condamne ce qui n’est pas rentable, sacrifiant les bienfaits de la culture sur l’homme ? Peut-on encore espérer convaincre nos dirigeants que notre bien-être passe par le confort de l’esprit, bien plus que par un portefeuille bien garni ?

Colette : J’avoue que je ne sais jamais me mettre à la place d’un gouvernement. Mais je comprends complètement ton interprétation. Ce qui me questionne le plus au travers de cet album c’est ce que nous avons fait, nous, citoyens, citoyennes, face à de très longues “journées sans culture”. La première fois que j’ai lu cet album, je pouvais aller au théâtre ou au cinéma comme je le voulais. Cet album m’avait fait sourire. Bien trouvée cette “dystopie” , m’étais-je dit ! Ça n’arrivera jamais ! La deuxième fois que je l’ai lu, c’était il y a un mois, après une année entière sans pouvoir accéder librement à la culture et bien j’ai eu terriblement envie de pleurer : parce que je n’ai rien fait. Et du coup, je me suis demandé : est-ce que je ne suis pas finalement seulement une consommatrice de culture ? Et quand le bien se fait rare, je m’en passe. Qu’en pensez-vous ?

Lucie : Je suis d’accord avec toi Colette, la situation était inédite et critique. Comment juger des décisions du gouvernement visant à protéger ? Un an après, je découvre ce texte grâce à vous. Et je me dis que si je l’avais lu avant j’aurais souri, trouvé l’idée pertinente et que le lien avec l’oxygène était une jolie métaphore. Sauf que ce n’est pas une métaphore. “L’équilibre des âmes”, c’est vraiment ça. On entend bien les baisses de moral et d’énergie autour de nous. Pour moi elles sont directement liées à ce manque de culture. Je le vis comme quelque chose de plus en plus oppressant.
Qu’aurais-tu pu faire que tu n’as pas fait, Colette ? Tu as continué à faire découvrir des œuvres à tes élèves, à leur donner le goût pour cette culture, avec l’envie et l’énergie qui te caractérisent. Tu as continué à partager tes découvertes et tes coups de cœur sur tes blogs, et tu as continué à lire écouter regarder malgré tout. Qu’aurait-on pu faire de plus avec une année de recul ? Je ne trouve pas que l’on se soit résignées.

Linda : Ne sommes-nous pas tous, plus ou moins, consommateur de culture ? Après tout, en tant que grandes lectrices, nous sommes déjà dans un schéma de consommation assumée. Mais c’est aussi la consommation qui fait vivre la culture donc d’une certaine manière consommer revient à aider la culture. Aujourd’hui, nous pouvons aussi rejoindre les artistes qui occupent les théâtres et autres lieux culturels dans leurs actions pour la défense des intermittents et la réouverture des lieux culturels. Chez nous, à Lille, il y a eu des rassemblements autorisés en mars dernier et tout le monde était invité à participer, à montrer son engagement. C’était chaleureux et convivial, en musique et en danse ! C’est certes peu mais que peut-on faire de plus que de montrer notre soutien lorsque même la Ministre de la Culture appuie les décisions du gouvernement?

Lucie : La difficulté de notre situation c’est que quand il est écrit “il faut privilégier les vraies urgences”, ici c’est pour protéger la santé de nos concitoyens que nous avons été privés de culture. Du coup il y a presque une culpabilité à se plaindre. La vraie urgence était effectivement la santé. Mais la privatisation à long terme nous ont fait réaliser que la culture est aussi indispensable à notre équilibre. Au delà de notre situation exceptionnelle, je trouve très maline la réaction de la ministre : la culture n’est pas une urgence? Interdisons-la quelques jours et voyons. Vous qui l’avez lu avant de le vivre, vous souvenez-vous de ce que vous avez pensé de ce ressort narratif ?

Linda : Je ne l’ai découvert que sur les conseils de Colette il y a quelques semaines donc déjà en pleine restriction. La réalité de ce que l’on vit est à l’image de la fiction. L’auteure a une analyse très fine du poids de la culture sur notre santé.

Colette : Lucie, tu fais bien de rappeler ce ressort narratif car c’est ce que j’ai trouvé le plus ingénieux dans cet album ! Cela m’a clairement fait penser au virage à 180 degrés proposé par la psychothérapeute Emmanuelle Piquet dans ses livres destinés à la jeunesse “Je me défends du sexisme”, “Je me défends du harcèlement” ou encore “Je combats ce qui m’empêche d’apprendre”. Face au problème rencontré, elle invite la personne en souffrance à faire le contraire de ce qu’elle aurait tendance à faire spontanément. Mon rapprochement est un peu hasardeux mais j’y vois ici la même technique : vous n’écoutez pas ce que j’ai à dire sur l’importance de la culture, alors vivons sans culture. A la place des mots, des actions. Voilà bien l’essence même de l’activisme politique et c’est génial que dans ce livre ce soit une femme politique qui opte pour cette option militante, cela permet de donner une image positive de la politique, de montrer qu’une personne dans un gouvernement peut aussi changer les choses.

Linda : Thierry Dedieu utilise un dessin caricatural qui vient appuyer les arguments très imagés de l’auteure. Je trouve le style graphique particulièrement saisissant ! L’expressivité des personnages reflètent, à mon sens, parfaitement le vide laissé par le manque de culture dans nos vies. Qu’en pensez-vous?

Colette : Je suis tout à fait d’accord avec toi, connaissant en plus la multiplicité des styles graphiques de Dedieu, le style choisi ici est vraiment percutant ! Ce qui m’a le plus saisie, c’est la solitude : la solitude de la ministre de la culture, la solitude des musiciens, la solitude des danseuses, la solitude du clown, etc. sur ces grandes pages de couleur. Les artistes sont seuls. Abandonnés. Le public est seul. Il n’existe même plus. Il n’y a plus de public. Chacun est isolé de son côté. Et ça je l’ai vraiment ressenti quand au premier confinement il y a eu profusion de ressources culturelles partagées sur le net : c’était un geste honorable, mais à quoi bon ? Regarder une pièce de théâtre, seule dans mon salon, ça n’a pas de goût. Écouter un concert sur Facebook en live : ça ne fait pas battre mon cœur. M’installer avec des popcorns dans mon canapé pour regarder un film d’auteur.e : ça ne me fait pas vibrer.

Lucie : Cette mise à l’écart de la ministre puis la solitude des artistes et des gens est en effet très bien rendue graphiquement. Et elle renvoie elle aussi à notre solitude imposée depuis un an. Je te rejoins sur le spectacle vivant, Colette : regarder du théâtre ou de la danse sur YouTube et même visiter un musée virtuellement ne m’intéresse pas. En revanche je crois sincèrement que ma bibliothèque et ma dvdthèque bien remplies (ainsi que la réouverture des bibliothèques municipales) m’ont empêché de sombrer. Parce que cette culture-là existe toujours, qu’on en profite de la même manière qu’avant, et que c’est à la fois un élément qui n’a pas été touché et “mieux que rien”. D’autant que les films et les livres permettent des discussions réjouissantes, notamment par ici ! Dans le livre, toute culture, même la plus quotidienne est interdite. Cela permet aussi de monter qu’il y a une forme d’art à laquelle nous ne faisons presque plus attention : les arts appliqués comme le design ou la mode par exemple.

Linda : Je ne suis pas complètement d’accord quand tu dis que les bibliothèques n’ont pas été touchées car leurs services ne se limitent pas qu’aux prêts. Je regrette les ateliers ou animations qu’elles peuvent proposer en temps normal et qui permettent des échanges entre le personnel et le public. Mais c’est là aussi qu’on voit vraiment que c’est l’interaction sociale qui est limitée aujourd’hui plus que le reste. Ça fait sens par rapport à la pandémie mais, humainement, ce n’est pas viable sur une si longue période. Comme tu le disais plus haut, les baisses de moral viennent de là car oui, la culture et le lien social vont de pair et nous avons besoin pour vivre.

Colette : J’adhère complètement à ce que dit Linda sur ce qu’ont révélé les restrictions culturelles en terme de sociabilité, d’humanité, d’humanisme. Certes je peux lire, écouter de la musique et regarder des films chez moi – et c’est vrai que c’est ce qui nous “sauve” en partie ! – mais le fait de ne pas pouvoir se retrouver avec d’autres, des inconnus, des étrangers, “nos frères pourtant”, ces gens que je ne cherche pas à voir, à sentir, à toucher mais que le hasard de nos goûts artistiques communs met sur ma route l’espace d’un instant, et bien ce vide là, je ne m’y attendais pas, est immense. Ce vide là, j’en ai bien peur, est en train de défaire les liens qui nous lient.

Lucie : Et que pensez-vous du fait que cette ministre de la culture soit une femme ?
Pour ma part, j’ai d’abord pensé qu’elle représentait Carole Fréchette, mais j’avoue que de la voir opposée seulement à des hommes, et assez âgés qui plus est, m’a fait m’interroger sur un message sous-jacent.

Colette : Bizarrement pour moi qui suis très sensible à la cause féministe, je n’y avais pas fait attention. Mais tu as raison de le souligner, Lucie. C’est très intéressant comme choix… On laisse le “non-essentiel” à une femme 😉 On peut à la fois le lire comme un autre choix engagé ou un triste clin d’œil à une répartition des portefeuilles encore particulièrement sexiste dans de nombreux gouvernements.

Linda : J’avoue avoir vu l’auteure dans le rôle de la ministre et ne pas avoir cherché un autre message. On a tendance à voir un engagement féministe partout sans que ce soit forcément le cas, surtout en temps que femme. C’est une réflexion qui ne manque pas de sens mais je crois que je préfère me dire qu’il s’agit ici d’un simple choix lié à l’auteure.

Lucie : Je vois trois parties dans les illustrations de l’album : la ministre qui essaie de convaincre ses collègues, puis les effets de sa décision tout d’abord sur les artistes (ou employés dans le milieu culturel, comme le gardien de musée), et enfin sur la population qui obéit mais ne se résigne pas totalement (comme la vieille dame qui soulève un drap recouvrant une statue dans le parc). Après, avec le côté “strictement fonctionnel” des modèles imposés de vêtements et de voitures, on se rapproche même d’une forme de dictature. Y avez-vous pensé aussi ?

Colette : Complètement Lucie : une vraie dictature qui commence par interdire les différentes formes de culture puis qui retourne les tableaux dans les musées, drape les monuments, et enfin uniformise nos vêtements et nos voitures. On y lit une progression, l’installation d’un modèle de pensée unique. C’est le fonctionnement même du totalitarisme. Et c’est sans doute ce pressentiment qui nous étouffe aujourd’hui. Combien de fois avons-nous eu l’impression que notre quotidien prenait l’étrange tournure d’un roman dystopique ? Rien que les affiches placardées à l’entrée des écoles, avec ce visage sans regard masqué, et ce slogan “Protégeons-nous les uns les autres” (à une lettre près, on pourrait lire “Protégeons-nous les uns des autres”…).

Linda : Oui je vous rejoins complètement. La question de l’uniformité vestimentaire m’a d’ailleurs fait penser au 1984 d’Orwell qui dépeint un état totalitaire. Cela fait un peu plus d’un an que nos libertés sont retreintes sous couvert de se protéger et de protéger les autres. Ces mesures liberticides créent un malaise et nous font craindre l’installation permanente de restrictions qui tendent vers la dictature. C’est effrayant !

Lucie : On commence à voir le bout du tunnel, les effets de tant de sacrifices. Un peu d’espoir : quel est le premier endroit où vous irez / retournerez quand les lieux culturels auront rouvert?

Linda : J’ai terriblement envie de m’asseoir dans l’Auditorium et d’écouter l’Orchestre Nationale de Lille jouer. Mais nous commencerons par le musée d’arts et d’industrie La Piscine de Roubaix. Nos billets sont déjà réservés.

Colette : On ira à Capsciences à Bordeaux ! Il y a une nouvelle exposition qui s’intitule “Esprit critique – Détrompez-vous !”. Il me semble qu’elle tombe fort à propos, cette expo ! 
Pour conclure sur l’invitation donnée par le titre “et vous si vous étiez ministre de la culture”, que feriez-vous ?

Linda : Question difficile ! Après une proposition telle que celle que nous venons de lire, comment proposer quelque chose de plus pertinent ? De plus efficace pour convaincre ? Une réforme complète du système politique serait peut-être nécessaire pour que chaque ministère ait autant de poids qu’un autre…

Lucie : Je ne serai jamais ministre de la culture, donc je peux avoir des projets irréalisables : Ce que je souhaiterais, c’est la gratuité de la culture ! Pas via le téléchargement (qui est bien souvent du vol et non de la gratuité) mais par des subventions, des pass culture ou autre pour quelle soit accessible à tous. Et que chacun ait son content de beauté et d’émotion pour mieux respirer et vivre !

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Nous souhaitions, en tant que blogueuses culturelles, montrer notre engagement envers la culture en apposant une pastille sur le blog. Nous remercions chaleureusement Carole, ancienne branche, et son époux pour la réalisation de ce logo.

Au printemps, Le Grand Arbre fleurit !

En cette semaine anniversaire, c’est aujourd’hui l’occasion de vous présenter une nouvelle venue.

Blandine – Blog Vivrelivre (Instagram, Facebook, Pinterest et Twitter)

Nous lui avons posé nos questions rituelles afin de vous la présenter.

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La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?

La littérature jeunesse est pour moi un trésor d’enfances, qui n’a pas de frontière d’âge. Enfance nostalgique avec retrouvailles livresques et d’imaginaires, puis transmissions. Enfance fantasmée avec ce que j’aurais aimé vivre/lire/ressentir. Enfance de mes enfants, créatrice de moments de complicités, de partages et d’échanges, comme de souvenirs. Enfance curieuse et foisonnante avec toutes ses différents supports, formes, sujets qui la composent et la rendent si riche. La littérature jeunesse est vaste, multiple, passionnante, et inspirante. Elle est pour moi un florilège d’émotions.

Parlons donc un peu de tes lectures : quand, comment, avec qui ?

Je lis dès que je le peux, mais pas pour cinq minutes. J’aime être posée pour profiter de ma lecture comme de ce temps volé au temps. Je lis donc souvent le soir, et même la nuit. Ce qui crée une ambiance particulière qui me plaît beaucoup. J’aime aussi lire en voiture et dans les transports en commun. Je suis dans ma bulle.

Et je lis avec mes garçons pour l’histoire du soir, ou chacun avec son livre, tous les trois côte à côte. Ces moments partagés se raréfient, alors je les savoure.

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?

Quelle question difficile ! Il y a les livres refuges de mon enfance/adolescence, tels Le Magicien des couleurs ou Ming Lo déplace la montagne d’Arnold Lobel ; Ronya, fille de brigand d’Astrid Lindgren ; Le Petit Prince de Saint-Exupéry qui est une redécouverte à chaque relecture ; Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, mon classique préféré.

Il y a les découvertes faites depuis et qui m’enchantent rien que d’y penser : Banquise Blues de Jory John et Lane Smith pour voir ce qui va bien aussi ; les sublimes albums du duo Fred Bernard et François Roca ; les délicieux détournements de contes de Mario Ramos ; les univers stylisés de Benjamin Lacombe ou Rébecca Dautremer ; l’écriture si douce de Nancy Guilbert ou celle qui me touche toujours tant de Sandrine Beau ; Paul Auster et cette question prépondérante de l’identité dans son œuvre ; l’autodérision d’Amélie Nothomb ; la Première Guerre Mondiale dans son ensemble ; Maxime Chattam pour frissonner.
En BD, font battre mon cœur : la Quête des Elfes des époux Pini ; les questionnements existentiels de Calvin & Hobbes de Bill Watterson ; Valentine de Vanyda ; Young d’Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro ; Ceux qui restent de Josep Busquet et Alex Xoul. Pour ne citer que ceux-là.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?

J’aime lire mais j’aime aussi relire. Aussi ai-je lu et relu autour du personnage de Peter Pan : le roman original de J. M. Barrie, puis des adaptations, interprétations, réécritures, prolongements. Tout simplement fantastique !

Nous sommes ravies de t’accueillir sous le grand arbre. As-tu des attentes, des idées ou des envies particulières qui pourraient y prendre forme ?

Merci pour votre accueil, je suis très heureuse de me trouver à vos côtés sous ce grand arbre ! J’ai hâte de d’échanger et de participer à vos nombreux et passionnants projets en cours. Puis de vous en proposer à mon tour, pour toujours plus de découvertes et de partages.