Nos classiques préféré.e.s : s’émerveiller avec Jean-Claude Mourlevat !

Jean-Claude Mourlevat est un auteur prolifique qui se renouvelle de façon étonnante : ses écrits revisitent les genres du conte, de la fable, du polar et de la dystopie. Il ravit ses lecteur.ice.s dans tous les registres grâce à sa plume vive, son art de conteur et son talent pour nous interroger sur les sujets les plus percutants. À tel point qu’il a reçu récemment le prix Astrid Lindgren, considéré comme le Prix Nobel de littérature jeunesse (nommé d’après une autrice dont nous avons d’ailleurs eu l’occasion de parler par ici). Un prix qui contribue à rendre visible à l’international la richesse inouïe de la littérature jeunesse francophone, mais qui nous invite surtout à (re-)découvrir les livres de cet auteur. Un billet s’imposait dans notre série sur les “classiques” de la littérature jeunesse !

Vous connaissez le principe : chacune de nous choisit un titre qu’elle a particulièrement aimé et vous dit pourquoi.

Jean-Claude Mourlevat, source : son site Internet

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Lucie a envie de mettre en avant La Troisième Vengeance de Robert Poutifard. Voilà pourquoi !

La Troisième Vengeance de Robert Poutifard de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard Jeunesse, 2004.

– Parce que c’est le roman de Jean-Claude Mourlevat préféré par son fils (pour le moment !)
– Que l’on soit élève ou enseignant, ce roman est un délicieux jeu de massacre.
– Parce que Robert Poutifard ne déteste pas seulement ses élèves mais aussi ses collègues, et que ses commentaires in petto sont hilarants.
– Parce que les enfants peuvent se montrer particulièrement cruels et que les effets de la méchanceté ne sont pas anodins.
– Pour les trois machinations mises en place, qui sont tout simplement diaboliques.
– Pour Bourru, le chien du cousin garagiste de Robert, à pleurer de rire.
– Parce que Poutifard a beau être animé par la vengeance, il est humain et particulièrement attachant.
– Parce que la vengeance qui compte réellement, comme le titre l’indique, c’est la troisième qui apporte compréhension et pardon.

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Comment ne pas braquer tous les projecteurs sur Cornebique et entonner en cœur sa ballade ? Pour Isabelle, les arguments sont multiples et convergents !

La ballade de Cornebique, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard, 2003.

– Pour l’irrésistible bouc Cornebique, gaillard tout en jambes, doté d’un solide appétit, d’une bonne dose d’auto-ironie et d’un cœur tendre à souhait.
– Par ce que Jean-Claude Mourlevat est un conteur hors-pair qui place ce récit sous haute tension.
– Pour les émotions fortes qui nous font passer du rire aux larmes…
– … et pour le son entraînant et émouvant du banjo qui fait écho à nos états d’âme et nous donne envie de danser.
– Pour les frasques de Cornebique dont l’esprit de compétition, la fantaisie et la liberté vont droit au cœur des enfants (même ceux qui sont adultes).
– Pour les dialogues, trésors d’humour et de répartie.
– Évidemment, pour le savoureux concours d’insultes.
– Et pour la convivialité de ce roman où tout s’arrange toujours autour d’un repas chaud.

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Pour Linda, la fable animalière Jefferson est une invitation à voyager, à rêver, à penser mais aussi à rire. Voilà quelques raisons de le mettre en avant.

Jefferson de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2018.

– Parce que c’est le roman préféré de ma fille, celui qu’elle relit régulièrement, qu’elle chérit comme un doudou,
– Pour cette couverture toute simple qui nous présente Jefferson, et son résumé qui dévoile juste ce qu’il faut de l’intrigue (avec humour) pour donner envie d’en savoir plus,
– Pour son intrigue policière qui prend la forme d’un voyage parfois terrifiant,
– Pour les valeurs d’amitié et de joie de vivre qui dominent,
– Pour ses personnages animaliers qui, caricaturant les humains, dressent des portraits touchants et drôles,
– Pour le questionnement sur notre rapport aux animaux et sur leurs droits,
– Parce que derrière ce questionnement humaniste et écologique, l’histoire n’en reste pas moins bourrée d’humour,
– Parce qu’un bon polar c’est aussi une enquête qui nous entraîne à l’aventure en laissant de la place au suspens,
– Enfin, parce que Jean-Claude Mourlevat, tout simplement.

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Pour Liraloin, l’épopée contée du roman Le Chagrin du Roi Mort emporte très loin l’imagination du lecteur aventurier !

Le Chagrin du Roi Mort de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009

– Pour cet incipit : « Je dédie ce roman, une fois n’est pas coutume, à mes camarades de littérature, celle qu’on dit «de jeunesse ». »
– Pour ce titre, genèse de ce conte qui va se dérouler sous vos yeux.
– Pour l’amour, ce sentiment humain dont l’essence enveloppe nos héros.
– Pour la sorcellerie, ligne directrice parfaitement orchestrée.
– Pour les deux parties de l’histoire : l’enfance si douce et mystérieuse / la guerre : combats fraternels et l’amour possible ou impossible ?
– Pour le sort tragique d’une mère légitime ou non.
– Pour le combat d’un père qu’il soit légitime ou non.
– Pour le souffle court d’Aleks lorsqu’il évoque Lia (une série de chapitres dont les voix résonnent très longtemps)
– Pour les quelques pages impossibles à terminer par peur de la chute, d’un réveil trop brutal.
– Pour cette histoire qui restera longtemps à vibrer.

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Pour Colette, Mourlevat c’est la magie de La Rivière à l’envers avant tout !

La Rivière à l’envers, Jean-Claude Mourlevat,PKJ, 2009

– Parce que les quelques mots du prologue sont juste… parfaits ! “L’histoire que voici se passe en un temps où l’on n’avait pas encore inventé le confort moderne. Les jeux télévisés n’existaient pas, ni les voitures avec airbags, ni les magasins à grande surface. Or ne connaissait même pas les téléphones portables ! Mais il y avait déjà les arcs-en-ciel après la pluie, la confiture d’abricot avec des amandes dedans, les bains de minuit improvisés, enfin toutes ces choses qu’on continue à apprécier de nos jours. Il y avait aussi, hélas, les chagrins d’amour et le rhume des foins, contre lesquels on n’a toujours rien trouvé de vraiment efficace. Bref, c’était… autrefois.
– Parce que tout commence dans une épicerie, une épicerie qui est un véritable petit royaume de poésie.
– Pour l’incroyable foisonnement du merveilleux qui se niche entre ces pages : de la Forêt de l’oubli à la prairie des Parfumeurs, ce récit explore le moindre recoin du pays des merveilles !
– Parce qu’il y est question d’amour, d’amour naissant, un amour qui ne se dit jamais explicitement, mais un amour qui engage et qui emmène.
– Parce que Tomek est le héros par définition : courageux, vaillant, droit, sincère.
– Parce que son pendant féminin, Hannah, est l’héroïne par définition : courageuse, vaillante, droite, sincère.
– Parce que le style de Mourlevat y est précis, limpide, d’une clareté aussi lumineuse que celle de l’eau de la rivière Qjar.
– Parce que la chapitration du roman a permis à nombreux de mes élèves, même petits lecteurs, de se lancer dans une lecture longue, un défi qui n’est pas mince à relever !
– Pour ce processus ingénieux de la double narration, celle de Tomek, dans un livre, celle d’Hannah dans l’autre, un processus qui nous invite à changer de point de vue, à relire sans cesse, à ne jamais être trop sûr de soi. Une belle leçon d’humilité en somme. De poésie aussi.
– Pour les moments précieux que sa lecture à voix haute m’a permis de vivre au côté de mon fils aîné qui en avait livré, jadis, ici même, sa lecture d’enfant.

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Et vous, avez-vous lu Jean-Claude Mourlevat et lequel de ses romans auriez-vous choisi de mettre en avant ?

Nos classiques préféré.e.s : Anthony Browne.

Anthony Browne est un auteur-illustrateur d’origine anglaise particulièrement déroutant. Ses albums sont peuplés de chimpanzés et de gorilles aux regards troublants, si expressifs que c’est tout un imaginaire, qui à travers eux, est à portée de main. Le zoomorphisme y est une porte d’entrée, mais pas que. Des portes d’entrée dans l’univers de cet auteur prolifique, il y en a beaucoup. L’art y tient une place primordiale. Et pour un collectif qui ne cesse de plaider en faveur de la culture, faire découvrir Anthony Browne est une manière de la soutenir encore et encore ! Alors promenons-nous dans les albums du lauréat 2000 du Hans Christian Andersen Award !

Déclinaison du jeu des formes, Anthony Browne, avec Joe Browne © éditions Kaléidoscope, 2011.

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C’est grâce à Colette que Lucie a découvert l’univers d’Anthony Browne. Voici les raisons qui l’ont convaincue de présenter Les histoires de Marcel !

Les histoires de Marcel d’Anthony Browne, éditions Kaléidoscope, 2014.

1- Parce que cet album est une ode à la lecture et à l’imagination,
2- Qu’il multiplie les références et donne envie de (re)découvrir ses classiques.
3- Pour le jeu sur les capitales d’imprimerie qui marque l’ampleur des émotions.
4- Parce que chaque aventure reste en suspens, interpelle le lecteur et l’incite à être acteur, à chercher, à être curieux.
5- Pour les indices cachés dans les illustrations qui les transforment en véritable jeu de piste.
6- Parce qu’Anthony Browne a la gentillesse de nous souffler les réponses à la fin de l’album.
7- Et qu’il n’est jamais superflu de rappeler les trésors que recèlent les bibliothèques !

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C’est grâce à une lecture commune avec Lucie que vous découvrirez bientôt, que Colette s’est replongée dans Les Tableaux de Marcel. Voici les dix raisons qui expliquent pourquoi.

Les Tableaux de Marcel , Titre de l’oeuvre originale : Willy’s Pictures,
Kaléidoscope, 2015.

1.Parce que mon fils cadet a redécouvert le personnage de Marcel dans la bibliothèque de sa classe et que nous venons de passer plusieurs semaines en compagnie de ce petit chimpanzé qui le fascine.

2. Parce que la couverture de cet album est une formidable mise en abîme : c’est le personnage fétiche d’Anthony Browne qui est représenté en artiste ; et que peint-il ? Le portrait de son auteur vêtu de son incontournable chandail. J’y vois un clin d’œil au Triple autoportrait de Norman Rockwell qui interroge le lien entre le vrai et le faux dans toute œuvre d’art, notamment autobiographique.

Triple autoportrait, Norman Rockwell, 1962.

3. Parce qu’Anthony Browne y interroge l’art de la seule manière qui le rende vraiment accessible : “Marcel aime peindre et regarder les tableaux. Il sait que chaque image raconte une histoire.”

4. Parce qu’au fil des pages, l’artiste revisite des tableaux incontournables de l’Histoire de l’art mondiale, de Léonard de Vinci à Frida Kahlo en passant par Ingres ou Vermeer.

5. Et non seulement, il les revisite mais en plus il le fait avec humour en y intégrant les personnages de ses albums dans des situations saugrenues.

6. Et non seulement, il le fait sur un registre léger, mais en plus dans chaque tableau, il interroge le processus artistique en y intégrant des références à l’acte de peindre.

7. Les titres eux-mêmes sont modifiés, de manière à créer un lien entre ces œuvres universelles et l’intériorité du personnage principal, Marcel.

8. Parce qu’à la fin de l’ouvrage, on trouve un dépliant qui aurait pu être très didactique où le lecteur et la lectrice retrouvent les œuvres “citées” dans l’album mais en fait Anthony Browne y livre ses émotions personnelles face aux tableaux choisis. Passer par les émotions étant, selon moi, le seul moyen d’entrer de plein pied dans le monde de l’art.

9. Parce que l’avant dernière page de l’album confirme la mise en abîme de la couverture par un habile jeux de références : Anthony Browne joue sans cesse avec nos capacités d’analyse et, j’avoue, j’ai un faible pour ces artistes qui osent sans cesse mettre au défi leur lectorat, dès le plus jeune âge !

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A chaque (re)lecture, Blandine (re)découvre Une histoire à quatre voix. Voici pourquoi en dix raisons:

Une histoire à quatre voix. Titre original: Voices in the park. Kaléidoscope, 1998
  1. Pour son titre qui attire et interroge
  2. Parce que d’un évènement banal, Anthony Browne en a fait un exercice de style
  3. Pour les différentes graphies utilisées, une pour chaque voix
  4. Pour le dessin au trait vintage et les gorilles emblématiques d’Anthony Browne
  5. Pour les ambiances chromatiques propres à chaque personnage
  6. Pour les références, clins d’œil et illusions d’optique qui parsèment chaque illustration
  7. Parce que ces détails racontent l’histoire, les peurs et espoirs de chacun
  8. Pour ses différents niveaux de lectures
  9. Parce que ça résonne en nous et nous questionne, nous invite à réfléchir à nos propres façons de voir
  10. Parce que tout est affaire de perspectives

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Pour Liraloin c’est les détails des illustrations qui retiennent son souffle ! Et du détail il y en a énormément dans cet album !

Hansel et Gretel de Jakob et Wihem Grimm, illustré par Anthony Browne, Kaleidoscope, 1981
  1. Car c’est une adaptation du célébrissime conte des frères Grimm complètement modernisé dans un monde ouvrier.
  2. Car Anthony Browne invite le lecteur dans son univers aux illustrations marquantes et aux détails qui n’échappent pas à l’œil du jeune lecteur ou de la jeune lectrice.
  3. Justement ces détails dès l’entrée de l’histoire : le rose, les bijoux, la belle lingerie, le maquillage de la méchante belle-mère contrastant avec la pauvreté de famille et de la maison.
  4. Pour ce chapeau de forme conique projeté sur l’ombre de la belle-mère…. Et son visage si similaire à celui de la méchante sorcière ….hahaha … le suspens monte d’un cran !
  5. Pour cette maison en biscuit pas très appétissante (contrairement à d’autres versions) mais assez pour attirer et apaiser la gourmandise retenue d’Hansel et Gretel.
  6. Pour cette forêt lugubre aux arbres fantomatiques et parfois droits comme des barreaux d’une prison. Ces visages sur les troncs me donnent la pétoche …
  7. Pour ce faisceau de lumière qui jaillit d’entre les arbres laissant présager, sans doute, un espoir de s’échapper.
  8. Pour cette petite pousse de bonheur dans son pot qui grandira en se reflétant dans la porte vitrée bleutée de la maison
  9. Car nous avons suivi ces deux enfants voulant à tout prix revenir chez eux. Hansel et Gretel, deux enfants libres et à la fois prisonniers, je vous laisse le découvrir tranquillement…
  10. Car il faut continuer à lire et présenter les albums d’Anthony Browne, lui seul adapte et voit le quotidien comme personne d’autre.

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Et pour boucler la boucle, jetons notre dévolu avec Isabelle sur une nouvelle histoire de singe signée Anthony Browne : Petite Beauté, qui célèbre la rencontre entre un gorille esseulé et un malicieux chaton. Quel plaisir de se regarder dans les yeux, de partager chaque moment, d’être ensemble ! Mais les humains seront-ils capables d’y croire et de laisser les deux compères ensemble ? Cet album est depuis de nombreuses années l’un des livres fétiches des moussaillons de L’île aux trésors. Voici pourquoi !

Petite Beauté, de Anthony Browne, L’école des loisirs, 2008.
  1. Pour l’univers toujours délicieusement vintage d’Anthony Browne qui fait se retrouver plusieurs générations !
  2. Pour l’art de dessiner les singes d’un trait méticuleux et délicat, représentant chaque poil de la fourrure du gorille…
  3. … et surtout ce regard tellement expressif et bouleversant.
  4. Pour le décor qui, à l’image du protagoniste, se situe à mi-chemin entre mondes humains et sauvages, avec ce salon aux motifs luxuriants.
  5. Et pour les petites surprises glissées ici et là, que l’on découvre au fil des relectures.
  6. Pour le petit clin d’œil à King Kong.
  7. Pour découvrir la magie de l’expression par la langue des signes.
  8. Parce que cet album évoque à hauteur d’enfant des sentiments qui parleront à chacun.e : la solitude, la tendresse, le bonheur, la colère et la peur.
  9. Parce qu’il montre si joliment les charmes de l’amitié et des moments partagés…
  10. … et à quel point les plus grands peuvent avoir besoin des petits.

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Et vous ? Avez-vous lu et aimé Anthony Browne ? Lesquels de ses livres aimeriez-vous partager ?

Nos classiques préféré.e.s : voyage au pays de l’enfance avec Astrid Lindgren

Les auteur.e.s classiques se démarquent par leur charme intemporel, leur capacité à résister au temps, et donc à réunir plusieurs générations de lecteur.ice.s. Prenez Astrid Lindgren, par exemple : le succès de ses livres ne s’est jamais démenti depuis de nombreuses décennies, faisant de cette autrice suédoise l’une des plus lues au monde – 165 millions de livres vendus en une centaine de langues ! On considère aujourd’hui qu’elle a contribué à l’autonomisation d’un genre littéraire destiné aux enfants. À tel point que l’équivalent jeunesse du prix Nobel de littérature (qui vient d’être décerné pour la première fois à un auteur français, Jean-Claude Mourlevat) porte son nom. Le secret de ce triomphe ? Des histoires racontées à hauteur d’enfant, d’autant plus captivantes et réjouissantes qu’elles n’hésitent pas à sortir des cases. Il souffle un vent de liberté, de rêve et même de folie dans les livres d’Astrid Lindgren qui font la part belle aux personnages féminins, souvent engagés contre les injustices et les règles absurdes. Des lectures malicieusement subversives qui ont la trempe de celles qui élargissent les horizons et les esprits. Autant dire qu’il était impensable de ne pas revenir sur cette œuvre dans le cadre de nos billets sur nos classiques préféré.e.s… C’est parti pour un tour d’horizon !

Astrid Lindgren. Source: Wikipedia

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Comment ne pas évoquer son personnage le plus connu : Fifi Brindacier !

Chez nous, on est tous fans, des parents aux enfants devenus grands, et comme notre grande fille apprend le suédois depuis cette année, cela a été l’occasion de regarder les films en suédois, que mon mari regardait en téléfilm en Espagne enfant ! Voici pourquoi en dix raisons :

Fifi Brindacier, l’intégrale, Hachette romans
  1. Pour ses tresses !
  2. Et ses chaussettes dépareillées…
  3. La liberté totale qui émane de ces pages,
  4. La joie de vivre si communicative,
  5. L’anti-conformisme (les coups de pieds aux policiers, c’est vraiment marrant !),
  6. Sa tristesse d’être seule et son désir de trouver une famille : une grande souffrance en filigrane,
  7. La seule fille qui peut être forte et montrer aux garçons comment jouer,
  8. Le féminisme : le droit d’être des princesses-pirates !
  9. Ne pas avoir de parents : le rêve non ?
  10. Elle pense par elle-même Fifi et on l’adore !

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En lisant l’œuvre d’Astrid Lindgren, on ne peut qu’être frappé.e par les très beaux personnages féminins nés de son imagination : Fifi, bien sûr, mais aussi Lotta la filoute ou encore la protagoniste du roman Ronya, fille de brigand, qui reste l’un des plus beaux souvenirs de lecture à voix haute de la famille d’Isabelle. Voici pourquoi, en dix raisons !

Ronya, fille de brigand. Le Livre de Poche, 2009 pour la traduction française.
  1. Avant tout, pour l’inoubliable Ronya, onze ans de débrouillardise, de loyauté et d’indépendance.
  2. Pour le territoire médiéval prodigieux dans lequel évolue la jeune fille : château aux multiples recoins, nature sauvage et envoutante…
  3. Pour la plume vive d’Astrid Lindgren qui insuffle vie, frémissements et même un peu de magie à ce décor. On s’y croirait !
  4. Pour cette rencontre à la lisière entre deux clans qui s’affrontent, un peu comme Roméo Juliette, version « brigande » et optimiste.
  5. Pour les jeux et aventures merveilleux de Ronya et de Rik qui conquièrent une grotte, apprivoisent des chevaux sauvages et se jouent des trolls et autres sylves griffues…
  6. Pour la liberté sans bornes qui règne en maître sur la vie de Ronya, dont on respire des goulées entières en parcourant chaque page.
  7. Pour cette bande de brigands certes un peu brutes, mais si tendres et attachants.
  8. Pour leurs dialogues réjouissants qui font de Ronya, fille de brigand une savoureuse lecture à voix haute.
  9. Pour la façon dont ce texte nous transporte, parfois d’un instant à l’autre, des rêves aux frissons, du rire aux larmes.
  10. Pour le magnifique message de paix, de fraternité et de respect qui traverse ce roman de bout en bout !

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Colette, a choisi dans sa toute nouvelle collection de livres d’Astrid Lindgren, un album au titre énigmatique Lutin veille. Voici dix bonnes raisons de s’installer sous un plaid pour le déguster.

Lutin veille, Astrid Lindgren et Kitty Crowther, Ecole des loisirs, 2012.
  1. Parce que c’est l’histoire d’un lutin, petit être magique qui habite tant de folklores à travers le monde, si populaire qu’il nous semble particulièrement familier. Qui n’aimerait pas avoir un être de barbe blanche, au bonnet rouge, une lanterne à la main pour veiller sur lui ?
  2. Parce que le cadre de cette histoire nous invite au recueillement, au repli, au repos : une ferme, dans la montagne, l’hiver, la nuit. L’auteure nous attire hors du monde, dans un endroit reculé, à l’abri. Une véritable tentation.
  3. Parce que c’est un texte digne d’une fable, d’un poème avec sa langue claire et simple et ce refrain qui revient au rythme des animaux et des humains rencontrés : “Le lutin lui parle à la manière du lutin, une petite langue silencieuse que les moutons peuvent comprendre.”
  4. Parce que c’est un texte aux allures de conte intemporel, tout écrit au présent, un présent doux comme une vérité universelle, si rassurante dans un monde qui semble s’effriter.
  5. Parce que l’album se construit à la fois comme une promenade et une ritournelle : on va de l’étable à l’écurie, on passe par la bergerie pour rejoindre ensuite le poulailler, s’arrêter à la niche, entrer dans la maison des hommes pour retrouver le chat dans la maison du lutin. Chaque double page est à la fois une découverte et une répétition.
  6. Parce que c’est le monde de la nuit que chante ce texte, ce monde des vies parallèle, du surnaturel, un surnaturel bienveillant, un surnaturel ancestral (“C’est un vieux, vieux lutin et il a vu la neige de centaines d’hivers.”).
  7. Parce que les liens entre toux ceux qui habitent la terre y est chanté de manière respectueuse, apaisante : “Les hommes ne le voient jamais, mais ils savent qu’il est là. Parfois, le matin au réveil, ils voient les traces de ses petits pieds dans la neige. Mais personne n’a encore vu le lutin.”
  8. Parce que cet album chante le retour des saisons : “ J’ai vu les hivers venir et s’en aller, J’ai vu les étés venir et s’en aller, Et vous pourrez bientôt brouter dans l’enclos.” Même s’ il y a quelque chose d’inquiétant à ne pas tout à fait s’y retrouver à notre époque où les hivers ne sont plus tout à fait aussi froids et les étés plus tout à fait aussi généreux.
  9. Parce que c’est un album illustré par une autre de nos classiques préférées, dont nous aurons très vite l’occasion de vous reparler, Kitty Crowther, qui elle même a reçu le prix Astrid Lindgren en 2010.
  10. Parce que la deuxième et la troisième de couverture m’ont rappelé de beaux moments de mon enfance à plier et découper de jolis flocons de papier à coller aux fenêtres !

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Lucie a choisi la suite des aventure de ce lutin bienveillant : Le Renard et le Lutin.

Le Renard et le Lutin, Astrid Lindgren et Eva Eriksson, Ecole des loisirs, 2018.

1- Pour les illustrations toutes douces d’Eva Eriksson.
2- Parce que le message de partage est parfaitement adapté au conte de Noël.
3- Pour la nuit claire et silencieuse, et ce ciel étoilé qui invite au rêve.
4- Parce qu’il a beau essayer de se faire discret, le renard est au centre du récit et qu’il est particulièrement attachant.
5- Pour le jeu sur ce personnage du renard tour à tour rusé ou piégé.
6- Pour cette illustration des poules dodues perchées dans leur poulailler, à l’opposé du renard qui a passé la tête et les pattes avant dans leur abri.
7- Pour le personnage du lutin, à la fois familier et folklorique.
8- Parce que ce sont les enfants, pourtant inconscients de ce qui se joue à l’extérieur, qui apportent la solution en toute insouciance.
9- Parce que ce lutin fait honneur à la tradition de partage et d’accueil de Noël.
10- Pour les guirlandes d’étoiles dans l’arbre effeuillé, très poétiques.

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Et en bonus, un petit dernier plébiscité par les garçons d’Isabelle : les trois romans consacrés à l’incroyable Karlsson sur le toit, des livres lus et relus avec toujours le même succès. Vous vous demandez pourquoi ? Et bien, il y aurait au moins dix raisons !

1- Parce que quand, comme Petit Frère, on se sent parfois seul, il est si doux de trouver un ami, imaginaire ou pas.
2- Pour Karlsson. Comment vous dire… Un improbable bonhomme bavard, effronté, un peu vantard (sur les bords) et plein d’imagination. Ah oui, et doté d’une hélice lui permettant de voler et de rejoindre sa petite maison… sur le toit de l’immeuble !
3- Parce qu’avec Karlsson, chaque jeu est une aventure et TOUT est possible !
4- Pour les dialogues hilarants…
5- … et en particulier pour les répliques cultes du garnement : “à la fleur de l’âge”, “du calme, pas de panique” ou “tout ça, c’est purement matériel”…
6- Pour les téméraires qui s’efforcent de remettre nos amis sur le droit chemin. Et qui ne soupçonnent pas à quel point ils vont avoir fort à faire.
7- Parce que c’est un ravissement pour les enfants sages et modestes de voir quelqu’un se permettre sans vergogne tout ce qu’ils doivent s’interdire !
8- Pour le parcours de Petit Frère qui grandit au fil des tomes et apprend à s’affirmer au contact de son ami.
9- Pour les délicieuses spécialités suédoises qui donnent une saveur supplémentaire à cette série.
10- Pour le plaisir de voir que malgré tout, les idées farfelues de Karlsson finissent toujours par faire, un peu malgré lui, le bonheur de son entourage.

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Et vous, avez-vous lu Astrid Lindgren ? Lequel de ses livres vous a particulièrement marqué.e ?

Nos classiques préféré.e.s : jouer avec Hervé Tullet !

Dans notre panthéon des classiques de la littérature jeunesse, il est un auteur incroyablement inspirant, prolifique, joyeux et innovant, c’est Hervé Tullet. Que d’ingéniosité graphique, que de jeux avec la matière, la couleur, les formes et les mots ! Nous ne pouvions résister à vous présenter son travail en ce début d’année que nous vous souhaitons, à l’image d’une aventure de Turlututu, pleine de surprises !

Pour aller plus loin à la découverte de cet auteur hors du commun, n’hésitez pas à visiter son blog.

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Il est malheureusement épuisé, mais disponible dans de nombreuses bibliothèques : Lucie a choisi dix raisons de vous amuser avec Jeu de lumière.

Jeu de lumière, Panama, 2006

1. Parce que, comme toujours avec Hervé Tullet, la magie surgit de trois fois rien : une page découpée, un calque, une petite lampe… et le livre prend vie.
2. Parce que rien n’est plus simple, ni plus beau, qu’une ombre projetée dans la pénombre d’une chambre d’enfant.
3. Parce qu’en quelques phrases toutes simples et sans rien imposer, Hervé Tullet suggère des situations pleines de poésie. Grâce à lui :
4. Les fleurs poussent au plafond…
5. Et les poissons dansent sur les murs !
6. Mais l’enfant peut aussi décider que ce soit le contraire.
7. Parce que les livres d’Hervé Tullet permettent de développer la créativité des enfants, qui peuvent se les approprier sans peine.
8. Parce que « pour ce jeu de lumière un adulte est nécessaire » et quoi de mieux que ces moments d’histoires partagées ?
9. Parce que c’est un livre qui fait rêver, idéal pour le moment du coucher.
10. Et pour ceux qui ne veulent pas (encore) éteindre la lumière, Hervé Tullet a aussi publié « Jeu d’ombres » et « Jeu dans le noir »

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Un livre est un album phénomène, best-seller plébiscité par les enfants du monde entier – et, dès leurs premiers mois, par les moussaillons d’Isabelle. Voilà pourquoi, en dix points !

Un livre, Bayard Jeunesse, 2010.
  1. Parce que c’est un livre qui vous fera croire que la magie existe – et ça juste avec de petits ronds de couleur !
  2. Parce que le principe est aussi simple que génial : on suit une consigne, on tourne la page et on s’émerveille de voir que la magie a opéré…
  3. Pour la créativité réjouissante avec laquelle Hervé Tullet exploite ce principe simple.
  4. Pour les petites exclamations pleines de bonne humeur qui ponctuent le texte : « Hum joli ! Bravo ! On y va ? »
  5. Pour le plaisir de frotter, pencher, secouer et souffler sur le livre…
  6. … et de le voir obéir au doigt et à l’œil, avec ces petits ronds qui se multiplient en plusieurs couleurs, s’éparpillent, glissent à gauche puis à droite lorsqu’on penche le livre, puis se remettent en ordre…
  7. Pour la curiosité, la surprise, la jubilation procurées par ces expériences qui nous prennent de court de la première à la dernière page.
  8. Pour la malice avec laquelle l’auteur détourne nos usages des nouvelles technologies et montre qu’un livre surpasse encore une tablette en magie !
  9. Pour le final qui ne peut que susciter l’incontournable : « Encore ! »
  10. Pour le succès assuré (deux millions de lecteurs conquis dans le monde tout de même) qui ne se démentit pas quand les enfants grandissent – dix ans plus tard, l’enthousiasme est intact chez moi !

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Moi c’est blop ! est paru en 2005 aux éditions Panama et depuis il a été régulièrement réédité, normal me direz-vous car ce livre est surprenant et inventif ! Liraloin vous en dit plus en 10 raisons.

Moi, c’est blop !, Phaïdon, 2015
  1. Parce que la forme du livre est une invitation au jeu.
  2. Parce que blop est une fleur ou une forme qui ressemble à un trèfle à quatre feuilles. Il paraît que ça porte bonheur.
  3. Parce qu’Hervé Tullet débute cette histoire avec un blop noir et un autre blanc. Ces derniers sont des échos à Noir sur blanc Blanc sur noir de Tana Hoban).
  4. Parce que notre blop va grandir, découvrir et prendre de la couleur.
  5. Parce que ces mélanges de couleur sont accentués par le jeu des pages transparentes. Un régal !
  6. Parce que blop peut mener une vie tout à fait normale : faire la ronde, être en classe et puis être complétement inspiré lors d’une visite au musée ou se fondre dans le décor pour incarner une étoile ou un rocher à la montagne. Et pourquoi pas devenir un animal tant qu’on y est ?
  7. Parce que l’enfant va facilement s’identifier à cette forme.
  8. Parce qu’Hervé Tullet crée du jeu, son terrain favori, en exploitant la petite enfance en passant par l’éveil, la vie en société.
  9. Parce que le jeune lecteur va s’amuser avec les couleurs et les formes dans les situations de la vie quotidienne.
  10. Parce qu’Hervé Tullet est un magicien !

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Oh ! Un livre qui fait des sons : si c’est pas jubilatoire un truc pareil ?

10 raisons de jouer pour Pépita :

  1. Parce que mettre la musique de façon ludique dans un livre, il fallait y penser et il n’y a que Hervé Tullet pour ça !
  2. Parce que ça marche : ce livre fait VRAIMENT des sons ! Sans puce sonore, sans rien d’autre que le livre et le petit lecteur-musicien,
  3. Parce qu’on retrouve ces points colorés : un concept épatant et si facile d’accès,
  4. Parce que qui côtoie de jeunes enfants sait parfaitement qu’ils vont s’en saisir mille fois mieux que nous,
  5. Parce que ce livre a différents niveaux d’appropriation : le son associé à une couleur, et progressivement il introduit des éléments liés à la musique : portée, notes, tonalités, écriture musicale qui investit la page,
  6. Parce que faire de la musique en s’amusant, il n’y a rien de plus amusant même si on y connait rien,
  7. Parce que cette approche permet de jouer, de rire, de se surprendre,
  8. Parce qu’on finit par chanter en modulant sa voix, en s’appliquant, en tentant diverses expériences, ou en faisant les fous,
  9. Parce que les sons sont partout et que là, ils prennent corps,
  10. Parce que c’est beau tout simplement !

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Coucou ! C’est moi Turlututu : en voilà un personnage étrange qui ne manquera pas d’intriguer ses lecteurs et ses lectrices !

10 raisons de s’offrir une lecture partagée selon Colette, la collectionneuse de papillons (et de jolies histoires).

  1. Parce que franchement quel personnage troublant ce Turlututu ! Mi Cyclope mi roi du monde, il est l’œil qui nous fixe de l’autre côté de la page blanche !
  2. Parce que quel plaisir de répéter à chaque page ce nom aux sonorités désopilantes, un tantinet régressives. Turlututu, onomatopée qui mime le son strident de la “flûte, du pipeau, du fifre, du mirliton”. Turlututu, joie de la musicalité de la langue.
  3. Parce que, comme toujours avec les livres de Tullet, vive l’interactivité ! Pas une page sans que nous ne soyons invité.e.s à faire des choix, à dialoguer avec le héros, et même à se faire piéger.
  4. Parce que l’auteur arrive à créer une véritable et précieuse connivence entre la lectrice/le lecteur et son personnage de papier, l’enfant y est notamment invité à se jouer de l’adulte qui lit le livre, le trio enfant-parent-personnage étant ici explicitement mis en scène.
  5. Parce que c’est une explosion de couleurs à chaque page !
  6. Parce que c’est aussi une explosion de mots dans des typographies qui font du texte une illustration supplémentaire !
  7. Parce que le héros ne cesse d’encourager la lectrice, le lecteur à poursuivre ses explorations, ses investigations, ses découvertes, délivrant au passage un message très positif de curiosité permanente.
  8. Parce que dans l’épisode “Turlutu s’amuse”, mon préféré, c’est notre rapport au langage que l’auteur interroge. Que signifient vraiment les mots ? A quoi servent-ils ? N’ont-t-ils d’autre fonction que de désigner, de décrire le monde ? Et si on mettait le bazar dans ce code établi que se passerait-il ?
  9. Parce que ce livre permet la construction de l’humour, compétence primordiale pour survivre en ce monde !
  10. Parce que ce livre est joyeux ! Et que la joie est vraiment un objectif à garder en ligne de mire !

Nos classiques préféré·e·s : les surprises de Rébecca Dautremer

Depuis 1996, Rebecca Dautremer nous enchante de ses créations. Pour votre plus grand plaisir, A l’Ombre du Grand Arbre a décidé de revenir sur des albums qui nous ont marqué·e·s.

Voici une belle sélection à découvrir ou redécouvrir… et pour aller plus loin https://rebeccadautremer.com/

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Et comme le dit si bien Rébecca dans son texte introductif de Midi Pile : « Bref, si tu traverses avec les yeux ce livre-là, tu pourras t’y réfugier, bien peinard, autant de fois que tu en auras besoin. (Et crois-moi, c’est une sacrée chance d’avoir un endroit où se réfugier bien peinard en cas de besoin.) Dans tous les cas, je te souhaite une bonne et belle traversée. »

Voici les 10 raisons de Liraloin de lire Midi Pile :

1.Parce qu’il n’existe pas 10 livres comme celui-ci

2.Parce que sa finesse transporte le lecteur dans un ailleurs complétement magique

3.« Je te dis que tu vas traverser ce livre POUR DE VRAI »

4.Parce que Rébecca Dautremer fait monter le suspense à chaque page tournée

5.Parce que c’est une course contre le temps et pourtant il s’écoule doucement alors…

6…dépêche-toi, lecteur, de tourner ces jolies sculptures de papier

7.Parce que les couleurs font voyager dans un lieu animé par le bonheur

8.Parce que les détails sont tendres et pleins de clins d’œil (à toi d’être malin pour les découvrir)

9.Parce qu’au fond, tout au fond de ce petit théâtre, on peut apercevoir la mer

10.Parce que l’amour ne peut pas attendre Midi Pile, il faut y être bien avant l’heure…

Midi Pile publié en 2019,
Pépite catégorie livre illustré au Salon du Livre et de la Presse jeunesse 2019.

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Voici les 10 raisons de Colette de lire Princesses oubliées :

  1. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau : du grand format carré, aux lettres du titre qui titillent le bout des doigts, en passant par le choix du papier, tout est si précieux, si délicat, si élégant.
  2. parce que les collaborations, fruits de la plume de Philippe Lechermeier et les pinceaux de Rébecca Dautremer, sont toujours d’une richesse inspirante.
  3. parce que cet album est une ode lumineuse, un hommage vibrant aux princesses de tous les continents, réelles ou imaginaires, rondes ou sèches, enfants ou vielles femmes, immenses ou minuscules…
  4. parce que le personnage archétypal de la princesse y trouve un nouveau souffle, loin des clichés véhiculés par les contes d’une époque reculée ; ici les princesses sont pirate, indienne, nomade, voleuse, lectrice invétérée ; ici les princesses peuvent être elles-mêmes, infiniment fragiles ou silencieuses, tonitruantes ou casse-pieds ;
  5. parce que ce livre est une galerie de portraits foisonnante d’une inventivité littéraire incroyable : princesse de Zoulou Zazou, princesse Pêtsec, princesse Petitpythie, le jeu de mots nous guette à chaque page;
  6. parce que cet album, par de nombreux aspects, fait œuvre encyclopédique : au delà des portraits, on pourra y lire des notes sur les objets utiles aux princesses, la définition du vocabulaire spécifique, une double page est même dédiée à l’alphabet international en éventail !
  7. parce que la mise en page parfois tient du carnet de notes ou de croquis, créant un objet hybride particulièrement original ;
  8. parce que pages 56-57, il a une carte géographique qui recense les 88 lieux de vie de nos princesses oubliées ou inconnues – et que j’adore les cartes de pays imaginaires ;
  9. parce que Rébecca Dautremer s’y essaye à différents traits, qui se répondent à travers des styles variés ;
  10. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau. Tenir un livre de Rébecca Dautremer est un pur ravissement de tous les sens renouvelé à chaque nouvelle publication ! C’est ainsi que notre histoire d’amour dure déjà depuis plus de 16 ans !
Princesses oubliées ou inconnues, Philippe Lechermeier, Rébecca Dautremer,
Gautier Languereau, 2004.

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Voici les 10 raisons de Lucie de lire Babayaga :

1. pour le grand format qui permet de partager cette lecture et de se pelotonner pour avoir moins peur ;
2. parce que Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer y racontent l’enfance de Babayaga ;
3. comment elle est devenue une terrible ogresse ;
4. et nous apprennent qu’elle n’a qu’une seule dent ;
5. pour les jeux de mots aux petits oignons de Taï-Marc Le Thanh ;
6. pour les détails cachés dans les magnifiques illustrations de Rébecca Dautremer ;
7. et notamment la page dans laquelle Miette s’aperçoit qu’à la surface de la baignoire flottent “des morceaux de carottes, de patates et de petits navets” alors que le sel et le poivre occupent le porte-savon ;
8. pour le jeu sur les plongées et contre-plongées qui accentue le sentiment d’impuissance de Miette ;
9. parce que le rythme de la fuite de Miette est incroyablement trépident, même si on en connaît l’issue ;
10. pour la lucidité de la remarque “avec un nom pareil, j’aurais dû me méfier dès le début !”.

Babayaga de Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, Gautier Languereau, 2008

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Voici les 10 raisons de lire Les riches heures de Jacominus Gainsborough selon Linda:

  1. Pour son grand format qui permet de le lire en famille et de s’en mettre plein les yeux.
  2. Pour le personnage de Jacominus, ce petit lapin à la bouille mignonne et à la patte folle,
  3. Mais aussi pour les autres personnages qui gravitent autour de lui, à qui Rebecca Dautremer a pris le temps de donner une identité à chacun leur donnant ainsi plus de contenance et l’importance qu’ils méritent.
  4. Pour le clin d’oeil évident à Beatrix Potter et son Peter Rabbit.
  5. Pour les grands tableaux double-page qui fourmillent de détails et dans lesquels le lecteur prend plaisir à se perdre dans la contemplation.
  6. Pour les double-pages qui prennent la forme d’album photos et révèlent les souvenirs et le temps qui passe.
  7. Et pour ces pages textes illustrées d’un Jacominus qui en disent tant sur les émotions qu’il ressent.
  8. Pour tous ces moments qui comptent, les bons comme les moins bons, les rencontres, le temps qui passe.
  9. Pour la poésie et la beauté des mots qui racontent tout simplement une vie. Ils semblent nous rappeler que la vie mérite d’être vécue pour tous ces moments aussi insignifiants soient-ils et qui enrichissent le quotidien.
  10. Et pour l’intemporalité du récit.
Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough, Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2018

A lire, les avis de Pépita, de Bouma et de Ladythat.

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Voici les 10 raisons de lire Journal secret du Petit Poucet selon Solectrice :

1. pour la magie d’entrer dans l’univers espiègle du petit Poucet et de découvrir ses incroyables trésors !

2. parce qu’on y trouve des dictons improbables,

3. pour ses merveilleux croquis et portraits fous !

4. pour les serments amusants que prononcent les frères du Petit Poucet,

5. parce que Rébecca Dautremer nous dévoile le lit-bouchon de Poucet,

6. pour voir les coulisses étonnantes de l’expédition en forêt des 7 frères égarés,

7. parce que le terrible Barrabas Barbak au visage peint semble tout droit venu du Pôle Nord,

8. Pour rire devant l’impertinence du gamin ou frémir face à la redoutable Popette et son inéluctable “certificat d’abandon des enfants petits et grands gentils ou méchants”,

9. Pour retrouver son âme d’enfant en suivant les facéties de ce petit bonhomme et de ses frères,

10. Parce qu’on est emporté comme dans un tourbillon par le monde fabuleux de ce conte revisité en album tendre et généreux.

Journal secret du Petit Poucet, Philippe Lechermeier et Rébecca Dautremer, Gautier Languerau, 2009.

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Voici 10 raisons de se plonger dans Une Bible selon Pépita :

  1. Parce que Une Bible n’est pas La Bible,
  2. Parce que croyant ou non croyant, elle fait partie de notre histoire,
  3. Parce que la lire, c’est revenir aux mythes fondateurs de notre société,
  4. Parce qu’il en émane une si belle musique,
  5. Parce que ce livre est une œuvre d’art,
  6. Parce que les illustrations sont comme des tableaux,
  7. Parce que la mise en page est époustouflante,
  8. Parce que j’ai eu la chance de rencontrer l’auteur et l’illustratrice parler de sa genèse et que c’est l’un de mes plus beaux souvenirs,
  9. Parce que ce livre nous raconte, nous,
  10. Parce que c’est Une Bible, comme un roman.
Une Bible, Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer,
Gautier Languereau

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