Nos Coups de Cœur d’Octobre

Octobre annonce l’automne et la saison des tisanes au coin du feu accompagnées de douceurs en tout genre. L’éveil des sens est au cœur de cette saison pas comme les autres qui nous rappelle le temps qui passe et nous apporte le réconfort dans le partage. Parce que la lecture illumine le quotidien en nous stimulant, nous vous proposons de découvrir nos derniers coups de cœur !

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Les Flamboyants – Nous, on a tué personne ! d’Hubert Ben Kemoun, Sarbacane, 2022.

Linda a découvert la plume d’Hubert Ben Kemoun, un auteur incroyable qui est parvenu à la faire rire dans un récit qui aborde la maltraitance infantile. Les Flamboyants est l’histoire de cinq jeunes garçons “attardés” que la vie n’a pas épargnéS. Interrogés par le Capitaine Delaunay, ils doivent raconter leur soirée qui déterminera les circonstances de la mort de leur éducateur. Une enquête policière dont on comprend rapidement qu’elle n’est, pour l’auteur, qu’un prétexte pour faire parler les garçons et lever le voile sur des secrets bien gardés au fond d’eux. Epoustouflant !

Son avis complet est ICI.

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Mais Linda a aussi été très touchée par la poésie et la sensibilité de l’histoire de Yeowoo, une petite renarde rejetée par ses parents au moment de leur divorce, et déracinée quand son père l’abandonne à la campagne chez son grand-père et sa tante. D’abord pleine de colère, elle va peu à peu apaiser sa douleur grâce à Paulette, une poule elle aussi rejetée des siens. La solitude et le besoin d’amour sont au cœur de cette bande dessinée au graphisme délicat et soigné. L’amitié entre Yeowoo et Paulette montre aussi que l’amour voit au-delà des différences.

Seizième printemps de Yunbo, Delcourt, 2022.

Son avis complet est ICI.

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De Cape et de Mots, de Flore Vesco et Kerascoët, Dargaud, 2022.

Quand un roman culte est adapté en BD, on a forcément peur d’être déçu.e… Et bien pas du tout, chaque millimètre carré de De Cape et de Mots a emporté l’enthousiasme d’Isabelle et de ses moussaillons ! Quel bonheur de suivre les débuts à la cour royale de Sérine qui arrive sans relations ni parures, mais avec une répartie inouïe, doublée d’un sens solide de la justice sociale. Notre héroïne navigue entre coups-bas et complots, semant la zizanie dans les rouages bien huilés de cette cour digne de Versailles ! Les aquarelles du duo Kerascoët donnent merveilleusement forme et couleurs à ce décor absolutiste. Tours et marbreries, baldaquins et salle de bal, coiffures alambiquées et conseil des ministres : chaque détail respire l’humour irrésistible et le grain de folie de l’autrice (que l’on retrouve aussi, évidemment, dans les dialogues). Le scénario rend en tout point justice aux péripéties et rebondissement de l’intrigue originale. À ne manquer sous aucun prétexte !

Son avis complet ICI.

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L’autre coup de coeur de l’équipage de L’île aux trésors est balèze mais très classe avec son ruban marque-page et ses couleurs chatoyantes, orné de dorures, de sympathiques bestioles et… de crânes. Et riche de révélations avec ça ! Il s’agit, évidemment, du dernier tome de la collection Le Monde Extraordinaire chez Little Urban, consacré au plus fascinant des scientifiques : Charles Darwin. On apprend (presque) tout : la jeunesse du naturaliste, les doctrines qui avaient cours à l’époque, l’expédition du Beagle, les thèses évolutionnistes, leur réception par ses contemporains et leurs prolongements plus récents. Les contenus sont d’une précision réjouissante. Ils expliquent notamment avec une grande clarté les principaux fondements de la théorie de l’évolution. La mise en page est attrayante, les illustrations splendides et le propos s’appuie sur des exemples très parlants. Une mine d’information spectaculaire, pour les curieux déjà grands et sans limite d’âge !

Le Monde Extraordinaire de Charles Darwin, d’Anna Brett & Nick Hayes, Little Urban, 2022.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin, un conte sublimé par de majestueuses illustrations a retenu toute son attention.

Maroussia vit avec sa grand-mère dans une forêt où les divinités se mêlent aux légendes. Les esprits de la forêt veillent sur elles et Maroussia est fascinée par l’un d’entre eux : le gardien nommé Lièchi. Parfois, certaines nuits, Bouka peut réveiller la jeune fille mais rassurée par sa grand-mère elle se défend : « Prends garde, disait-elle. Je connais bien le dieu de la Forêt. » Et le monstre ne bronchait pas ». Alors lorsque cette vie paisible et respectueuse vis-à-vis de la nature et de ses esprits est mise à mal, Maroussia demande l’aide du dieu de la Forêt : « Oh Iarilo, dieu de la Forêt, aide-nous, la situation est grave. Notre village est menacé, les arbres et les animaux de la forêt le sont aussi. Ils vont tout raser, arracher nos buissons, abattre nos arbres. »Finira-t-elle par être entendue ? Parviendra-t-elle à empêcher la destruction de la forêt ?

Ce conte nous transporte dans ces légendes anciennes où la femme communique avec la nature : relation privilégiée. L’humain reçoit ce que la forêt lui donne avec générosité. La force qui émane de Maroussia vient de ce respect juste et sincère. Les illustrations de Daniel Egnéus nous transportent loin dans ce folklore mis en texte par l’écriture soutenue et poétique de Carole Trébor.

Maroussia celle qui sauve la forêt de Carole Trébor & Daniel Egnéus, Little Urban, 2021

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Pour Colette, c’est le très bel album Tancho de Luciano Lozano qui a rallumé l’étincelle dans son coeur d’éco-anxieuse 🙂 L’auteur y raconte l’histoire vraie de Yoshitaka Ito, un habitant de l’île d’Hokkaïdo, qui a empêché l’extinction des grues à couronne rouge au Japon en nourrissant ces oiseaux majestueux au moment où ceux-ci commençaient à déserter. Grâce à lui, un Centre de conservation des grues a vu le jour sur l’île japonaise. Cette histoire particulièrement inspirante nous rappelle combien le soin que nous accordons aux autres est au cœur de ce qui fait le vivant.

Tancho, Luciano Lozano, Les éditions des éléphants, 2022.

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Lucie a été bluffée par la qualité du petit documentaire Pourquoi la laïcité ?
Ce concept essentiel, méconnu et parfois même décrié, est parfaitement expliqué par Ingrid Seithumer. Elle en retrace l’histoire, présente les grands penseurs, explique les idées reçues et sa mise en place dans différents pays.
120 pages de faits, rien que de faits !
POCQQ, une collection d’une grande qualité, à découvrir sans tarder.

Pourquoi la laïcité ? d’Ingrid Seithumer et Elodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2022.

Son avis complet ICI.

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Avec Je ne dirai pas le mot, Madeleine Assas nous entraine dans les affres du premier amour. Au retour des vacances d’été, une jeune fille retrouve son voisin, son ami d’enfance, mais ne le voit plus avec les même yeux. Que faire ? Lui dire ou non ? Prendre le risque d’être rejetée ? Comment cacher ses émotions à ses amis, à sa famille ?

Un texte court au ton incroyablement juste, qui a permis un instant à Lucie de retrouver des sensations d’adolescente.

Je ne dirai pas le mot, Madeleine Assas, Actes Sud Junior, 2022.

Son avis complet ICI.

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Secrets de sorcières. Julie LEGERE, Elsa WHYTE et Laura PEREZ. La Martinière Jeunesse, 2019

Blandine a été subjuguée par ce livre à la croisée des genres qui nous emmène à travers le temps et les continents pour nous présenter la figure, à la fois stable et mouvante de la Sorcière, ce qu’elle représente et induit. Et c’est aussi passionnant qu’édifiant !

Chapitré chronologiquement de l’Antiquité à nos jours, il s’agrémente de portraits de femmes ayant existé et marqué leur temps, comme de focus sur les accessoires, pratiques et liens avec la Nature. Les dessins qui les accompagnent sont splendides!

Son avis complet ICI!

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Et vous, quel a été votre coup de cœur d’octobre ?

Coups de coeur de septembre

La rentrée est passée, le froid s’installe déjà – trop tôt !
Heureusement, A l’ombre du Grand Arbre, nous avons quelques coups de cœur à partager… Pour faire durer le beau temps ou nous préparer à affronter l’automne !

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Lucie a découvert la collection “Court Toujours” de Nathan avec un certain plaisir. Défi lancé à de grands noms de la littérature jeunesse : écrire un texte court (à lire ou à écouter en moins d’une heure), adapté au mode de vie des 18-25 ans. Ces romans sont disponibles en format papier mais aussi numérique et audio.
Pour le moment, ses “chouchous” sont J’entends des pas derrière moi de Jo Witek et Miettes (humour décalé) de Stéphane Servant.

Son avis sur J’entends des pas derrière moi, Miettes (humour décalé) et Tu reverras ton frère.

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Hasard de calendrier, c’est aussi ce mois-ci qu’elle a lu la suite de deux romans coup de cœur mettant en scène des animaux.
D’un côté, Jefferson fait de son mieux, “suite” de Jefferson, par Jean-Claude Mourlevat. Et quel plaisir de retrouver le petit hérisson, enquêteur malgré lui pour sauver l’une des “Ballardeau” embrigadée dans une secte ! Humour, aventures et réflexion sur la détresse face à la solitude. Un très beau roman.

Jefferson fait de son mieux, Jean-Claude Mourlevat, illustrations d’Antoine Ronzon, Gallimard Jeunesse, 2022

Retrouvez les avis d’Isabelle, Linda, Théodore (chez la Collectionneuse de papillons) et Lucie sur le premier tome, et ceux d’Isabelle et de Lucie sur le second.

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De l’autre, Pax, Le chemin du retour, suite de Pax et le petit soldat de Sara Pennypacker. Le premier tome ayant laissé un goût d’inachevé malgré sa grande qualité, suivre les traces de Pax et Peter, chacun de leur côté, est un soulagement. L’occasion aussi de répondre aux questions restées en suspens : Pax oubliera-t-il Peter ? Saura-t-il se débrouiller dans la nature ravagée par les conflits des hommes ? Comment Peter fera-t-il face à la disparition de son père ? Une reconstruction sera-t-elle possible suite à tous ces drames ?
Un roman sur l’amitié et le deuil, dans lequel l’écologie tient une place primordiale.

Pax, Le chemin du retour, Sara Pennypacker, illustrations de Jon Klassen, Gallimard Jeunesse, 2022.

Retrouvez les avis de Linda, d’Isabelle et Liraloin sur le premier tome, et celui de Lucie sur le second.

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Pour Liraloin, il était une fois une belle histoire : celle de Berta Hansson. Un album aux magnifiques illustrations relatant l’enfance de cette artiste-peintre suédoise.

L’oiseau en moi vole où il veut, Sara Lundberg, La Partie, 2022

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Pour Linda, la visite de cette maison hantée s’est faite les yeux pétillants de plaisir à la recherche de petits fantômes cachés sur des feuilles de papier calque qui jouent sur la transparence et l’effet de superposition pour créer des éléments de surprise.

Cette maison est hantée de Oliver Jeffers, kaléidoscope, 2022.

Son avis complet est à lire ICI.

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Et puis il y a ce premier roman de Ninon Dufrénois, véritable ode à la famille qui véhicule de si belles valeurs familiales. Le texte est touchant, l’histoire est une grande aventure, l’ensemble donne un récit “première lecture” poétique pour toute la famille.

Rosalie de Ninon Dufrénois, illustré par Julien Martinière, VoceVerso, 2022.

Critique complète de Linda.

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Isabelle a ri toute seule en dévorant le nouveau roman de Clémentine Beauvais, Les Facétieuses. Un roman déguisé en enquête (à moins que ?) sur les traces du jeune Louis XVII et surtout de sa marraine la bonne fée : comment a-t-elle pu l’abandonner à son sort atroce ? L’enquête nous conduit de librairies confidentielles en placards secrets du château de Versailles, recoins parisiens et farouches bibliothèques. Vers des mondes insoupçonnés où frémissent la limonade à la rose et les plumes de paon, peuplés d’historiens féministes ou réactionnaires, de brocanteurs et même de gardes de la couronne britannique. On rit beaucoup mais on n’en découvre pas moins d’où viennent les inégalités d’hier et d’aujourd’hui ! C’est complètement foisonnant et fantaisiste, mais d’une logique imparable : on brûle de connaître le fin mot de l’histoire. 

Les Facétieuses, de Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2022.

Son avis complet ICI

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Et en BD, Isabelle et ses moussaillons ont adoré se lancer dans un périple avec mille dindes dans le Far West de 1860, grâce à l’adaptation BD du roman La longue marche des dindes par la talentueuse Léonie Bischoff. Simon Green compte bien faire fortune en conduisant un convoi de mille volatiles jusqu’à la ville florissante de Denver où on se les arrache pour au moins cinq dollars pièce. Seul détail, le chemin de fer n’existe pas encore et le voyage de 1000 km devra donc se faire… à pied. Aventures, rencontres et découverte de soi dans une Amérique peuplée de chercheurs d’or et d’Indiens, de brigands et d’exploiteurs d’esclaves, de fermiers affamés et de chasseurs de bisons. Les illustrations sont colorées, pleines de mouvement et d’expressivité. On glousse de plaisir !

La longue marche des dindes, de Léonie Bischoff (adapté du roman de Kathleen Karr), Rue de Sèvres, 2022.

L’avis d’Isabelle et celui de Lucie.

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Bien que très différentes, les deux lectures coup de cœur de Blandine ont des thèmes similaires, et l’ont beaucoup émue.

La Baleine la plus seule au monde. Kim CRABEELS et Sebastiaan Van Doninck. Alice Jeunesse

Ce très bel album lie deux solitudes. Celle d’une petite fille, Lila, qui se trouve en bout de monde. En attendant sur son phare son papa océanographe parti en aventures pour oublier et combler, elle collectionne les coquillages.
Et celle d’une baleine esseulée par sa différence acoustique.
Un récit métaphorique et magnifiquement illustré sur le deuil, la différence et l’amitié, basé sur une histoire vraie, et qui, forcément, fera écho.

La nuit où les étoiles se sont éteintes. Nine GORMAN et Marie ALHINHO. Albin Michel, 2021

Finn, ado rebelle et cabossé, débarque à la Nouvelle-Orléans chez son oncle maternel qu’il ne connaît pas. Il ne le sait pas encore, mais ce sera pour lui, après avoir connu et en affronter d’autres, l’occasion de se (re)construire, d’avoir un but dans la vie ainsi que des amis. Une bande de potes extravagante, parfois agaçante, mais finalement toujours présente. Et l’amour, aussi inattendu que soudain.

La nuit où les étoiles se sont éteintes est un roman qui emporte et émeut. Beaucoup de thèmes s’entremêlent entre quête identitaire et initiatique, amitié et amour, sexualité et homosexualité, parentalités plurielles, violences et (re)construction, deuil et avenir… C’est beau, c’est juste et c’est fort!

L’avis de Blandine ICI.

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Colette s’est plongée dans la magnifique BD de David Sala, intitulée Le Poids des héros. L’auteur explore son enfance mais à l’aulne de ce que ses grands-pères, héros de guerre et de résistance, ont laissé comme empreintes indélébiles dans les récits qui se transmettent de générations en générations. Et c’est non seulement à un voyage à travers l’histoire d’une famille que l’auteur nous invite mais aussi à un fabuleux voyage à travers la couleur et l’imaginaire. Les images de Sala sont lumineuses même quand elles abordent cette histoire parfois méconnue de ce côté des Pyrénées, celle de la dictature de Franco, de l’exil des Républicains espagnols en France, du camp de concentration d’Argelés-sur-mer…

Le Poids des héros, David Sala, Casterman, 2021.

Vous pourrez feuilleter la BD par ici pour vous faire votre petit avis avant d’aller l’emprunter dans la médiathèque la plus proche !

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Et vous, quels sont les coups de cœur de votre rentrée ?

Nos coups de cœur de l’été

Ca y est, l’été s’achève. Il aura été l’occasion de beaux moments de partage, de visites et de découvertes. Mais aussi de lectures et d’échanges !

Pour bien commencer l’année scolaire, voici les jolis textes que nous avons dénichés cet été.

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Chez Lucie, on a découvert l’univers de David Walliams avec beaucoup de bonheur. “Orphelins” depuis qu’ils avaient lus tous les romans de Roald Dahl, son fiston et elle ont été enchantés de retrouver des personnages loufoques, une délicieuse cruauté et surtout un humour très proche de celui du “Champion des histoires”. Sa collaboration avec Tony Ross est aussi à mettre en parallèle avec celle de Roald Dalh avec Quentin Blake, texte et illustration se répondant de manière amusante. Le Gang de Minuit et Ratburger ont donc recueilli tous les suffrages… En attendant de découvrir les autres !

L’avis de Lucie sur Le Gang de Minuit et Ratburger.

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Linda n’a pas beaucoup lu cet été, mais il est difficile de faire un choix tant les très bonnes lectures étaient au rendez-vous. Un titre se démarque pourtant, une réinterprétation moderne de l’opéra de Verdi : D’après la Traviata de Fabien Clavel, un roman lyrique, poétique qui l’a énormément touché. L’écriture est sensible, la mise en page dynamique rythme les paroles de l’héroïne créant un effet saisissant d’émotions. A découvrir dès 13 ans.

D’après La Traviata de Fabien Clavel, Gulf Stream, 2022.

L’avis complet de Linda est ICI.

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Pour Liraloin, l’été est toujours synonyme de lectures à foison et c’est toujours avec un grand carton rempli de livres que la fuite vers les vacances s’organise ! Voici deux coups de cœur en ce joli mois de rentrée. Le premier est une bande-dessinée de David Sala qui parle de la guerre et nous rappelle à notre devoir de mémoire et de transmission. Elle nous démontre également la force des liens familiaux peu importe son histoire et ses engagements. Une BD émouvante et d’une sensibilité rare.

Le poids des héros de David Sala, Casterman, 2022

L’avis complet de Liraloin est ici

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Dans cette deuxième lecture, il est question de relations humaines : imaginez-vous un lycéen un peu frêle, un peu timide déclamant un texte sur scène. Il est là devant ses camarades de classe, ses parents, ses professeurs. Comment va-t-il « interpréter » son texte, quelle est la nature réelle de son intervention ? C’est qu’il en faut du courage pour parler de soi, pour avouer sa souffrance et dénoncer le comportement de certains.

Tout va très vite dans ce texte qui crescendo monte en puissance. Je découvre, ici, l’écriture de Stéphane Servant, une force pas si tranquille. Un roman au ton juste qui dénonce les stéréotypes, qui donne confiance et montre l’importance de garder « la tête froide ».

Miettes (humour décalé) de Stéphane Servant, Nathan : collection court toujours, 2021

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Pour La Collectionneuse de papillons, l’été fut l’occasion de découvrir l’écriture d’Emilie Chazerand grâce aux excellents conseils de ses copinautes. Elle a enchaîné la lecture d’ Annie au milieu qui la fait rire, pleurer et rire avec celle de La Fourmi rouge qui la aussi fait rire, pleurer et rire ! Que ce soit les aventures d’Annie et son incroyable famille ou celles de Vania Strudel au destin si pathétique, les héroïnes d’Emilie Chazerand ont ce quelque chose d’infiniment bancal et de particulièrement poétique qui vous emporte immédiatement vers d’autres quotidiens que le vôtre mais qui pourraient quand même un peu y ressembler. On vous en reparle d’ailleurs très vite, ici même !

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Pou Blandine, les lectures et relectures ont été aussi nombreuses que bonnes. Découvertes d’écritures et d’univers, de récits enthousiasmants et engagés, de parcours de vie inspirants et relatés tout en pudeur ou interprétations, et de livres qui parlent de livres. Que du bon! En voici deux!

Promenade. Bernard FRIOT et Jungho Lee. Editions Milan, 2017

Ode aux livres, à la littérature et surtout à leur pouvoir, cet album grand format nous emporte en voyage au fil d’illustrations sur double-page qu’accompagnent pour chacune une ou deux phrases, métaphoriques. C’est beau et c’est fort.

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L’été du changement. Sophie ADRIANSEN. Editions Glénat et #onestpret, octobre 2020

La chaleur à Strasbourg est infernale. Mylan et Cléa subissent la canicule. C’est ainsi qu’ils se rendent à la Skihalle, une station de ski artificielle où ils vont ensuite chaque jour pendant une semaine avant de partir chacun de leur côté en vacances. Lui chez son oncle en Norvège, elle en Malaisie avec ses parents. Le dépaysement sera total pour les deux ados qui, au fil de leurs rencontres, activités et observations, vont se rendre compte de l’impact de leurs choix sur la planète, l’écologie, le climat, et de leurs modes de consommation… Tout en redoutant de paraître, ou non, rabat-joie aux yeux de l’autre.

L’écriture de Sophie Adriansen fait toujours mouche. Avec justesse et réalisme, elle nous décrit ici la prise de conscience écologique de deux ados amis au fil de leurs vacances estivales, diamétralement opposées. Il est aussi question de cultures, de consumérisme, et d’apparence. Un roman nécessaire!

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Isabelle et ses moussaillons ont embarqué à destination de l’archipel de Saltkråken, en Suède, grâce à la traduction d’un roman inédit en français d’Astrid Lindgren ! Avec la famille Melkerson, ils ont passé des vacances inoubliables, pêché, construit des cabanes et surtout goûté la saveur incomparable du partage et de l’amitié. Ce roman gorgé de soleil et de parfums iodés était LA lecture à voix haute idéale pour les vacances d’été. Ça marche aussi très bien pour prolonger à volonté le bonheur des vacances !

L’avis complet d’Isabelle

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Et en BD, le coup de cœur de L’île aux trésors va sans conteste à Sermilik. Cet album de Simon Hureau raconte l’aventure extraordinaire de Max Audibert, un Français qui s’est installé au Groënland dans un village Inuit. Le décor est d’une pureté grandiose, les lois de la nature implacable, les aventures de Max tour à tour drôles et terrifiantes. Sermilik se lit comme un hymne à la nature boréale, un récit atypique d’initiation, d’intégration et de transmission, une invitation à aller au bout des rêves qui nous tiennent à cœur. Une lecture intense et immersive qui nous laisse durablement la sensation du froid polaire et le halètement des chiens dans l’oreille.

L’avis complet d’Isabelle

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Votre été a-t-il été beau et riche de découvertes et lectures ? Les nôtres vous tentent-elles ? Dites-nous tout!

Nos coups de cœur de juin

L’été est là, et pour les plus chanceux les vacances approchent à grands pas ! Le beau temps invite à sortir, à retrouver les liens sociaux qui nous ont tant manqués ces dernières années. Mais nous avons tout de même trouvé le temps de lire et découvert quelques pépites à vous partager : voici nos coups de cœur de juin !

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Petit à petit, Lucie explore l’univers d’Olivier Tallec dont elle apprécie beaucoup l’humour et les illustrations. Ce mois-ci, elle a découvert Dagfrid, jeune fille viking au caractère bien trempé créée par Agnès Mathieu-Daudé. Si tous les tomes (4 à ce jour) ne sont pas égaux, ces petits romans méritent sans aucun doute votre attention !

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L’équipage de L’île aux trésors a tremblé, ri et pleuré en lisant le troisième et dernier tome de la série Angie, signé Marie-Aude et Lorris Murail. La recette est éprouvée : une intrigue policière merveilleusement entortillée, des personnages irrésistibles (tous !), des dialogues piquants, un art de faire progresser l’enquête et monter la tension malgré un joyeux bazar de gamines survoltées, de flics en plein crise existentielle et de chien surexcité. Mais aussi une façon de prendre les jeunes lecteur.ice.s au sérieux en leur révélant les rouages des romans policiers et en leur parlant avec justesse et franchise du monde contemporain : familles recomposées, sites de rencontres, psychiatrie, recherches génétiques, dérives liées aux réseaux sociaux et revues à sensation imbibées d’hémoglobine. On rêverait de faire les 400 coups avec Angie et ses copains, de suivre les leçons de filature d’Augustin et de bavarder avec le croco de Tante Thérèse. Une entrée de choix dans le genre policier !

À l’hôtel du Pourquoi-Pas ? de Marie-Aude et Lorris Murail, L’école des loisirs, 2022.

L‘avis complet d’Isabelle

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Et au rayon album, Isabelle et ses moussaillons ont fondu de tendresse pour Petite Panthère. Regardez la, qui nous regarde à travers les fougères. Elle vous invite à répondre à une devinette : mais qui donc est à la fois douce et sucrée, noire, forte et silencieuse ? Chaque double-page nous révèle un trait supplémentaire du personnage mystère (« Elle est douce ») – avec en miroir, sous un volet à déplier, la façon dont Petite panthère a expérimenté cette caractéristique (« Les pattes de petite panthère l’ont touchée »). Le petit félin utilise tous ses sens pour explorer le monde. Chiara Raineri est parvenue adorablement à dessiner la curiosité, la maladresse et l’enthousiasme que cela implique. C’est mignon comme tout. Et le dénouement est parfait – malin et apaisant, vous verrez !

Petite panthère, de Chiara Raineri. Rue du monde, 2022.

L’avis complet d’Isabelle

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Pour Linda, c’est la bande dessinée d’Alicia Jaraba qui a su trouver le chemin de son cœur. Celle qui parle est un récit retraçant l’histoire de La Malinche, une amérindienne qui a aidé le conquistador Hernán Cortès dans sa conquête du Mexique en lui servant d’interprète et de conseillère en diplomatie locale. L’auteure revient sur ses origines et choisit de proposer une interprétation qui met en avant sa personnalité et en revenant sur les raisons qui l’ont motivé à faire des choix aux conséquences lourdes pour elle et son peuple. La Malinche, Doña Marina, est encore aujourd’hui l’un des personnages les plus controversés de l’héritage colonial.

Celle qui parle d’Alicia Jaraba, Grand Angle, 2022.

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Pour Liraloin, la douceur s’invite en coup de cœur avec Poèmes à murmurer à l’oreille des bébés (de 9 secondes à 9 mois et au-delà…)

A partir de la naissance et bien avant et surtout bien au-delà.

Il est de ces poèmes que l’on respire comme on respire l’odeur de son bébé. Il est de ces poèmes que l’on ressent vibrer comme on ressent les premiers coups de pieds, un lien unique partagé entre bébé et maman. Il est des poèmes qui font prendre conscience que l’amour porté à son enfant est universel et à la fois si intime.

Si léger, chaque poème est une envolée vers ce petit être qui va à jamais bouleverser la vie d’une femme, d’un homme, d’un couple : « Nous t’imaginions, nous rêvions de toi. » L’amour, le souffle, l’odeur, la douceur, la chaleur, l’infini et les émotions souvent décuplées lorsque bébé est là tout contre sa peau. Les illustrations apportent cette délicatesse si fine et précieuse qu’il faut user lorsqu’on berce un enfant.

A offrir sans modération aux futurs parents.

Poèmes à murmurer à l’oreille des bébés (de 9 secondes à 9 mois et au-delà…) de Marcella & Marie Poirier, Les Venterniers, 2020 – livre imprimé, relié et façonné à la main

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Quant à Colette, elle a partagé avec son Grand-Pilote-de-Vélo, la lecture à haute voix de l’excellent documentaire Internet aussi, c’est la vraie vie de Lucie Ronfaut-Hazard et Mirion Malle. L’autrice, journaliste indépendante spécialisée dans les nouvelles technologies et la culture web, y explicite les liens entre nos pratiques numériques et le monde dans lequel nous évoluons. Il y ait surtout question des risques que nous prenons à oublier parfois qu’Internet, aussi c’est la vraie vie… Un livre qui enrichit notre sélection thématique sur les pratiques émancipatrices du net.

Internet aussi, c’est la vraie vie, Lucie Ronfaut-Hazard, Mirion Malle, La Ville brûle, 2022.

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Blandine et ses garçons aiment toujours autant les histoires avec des loups! Ceux de Philippe Jalbert particulièrement! Dans ces deux albums, l’auteur-illustrateur le croque si bien, entre attitude bravache et airs circonspect, qu’il est impossible de ne pas rire… Car vous l’aurez deviné, le Loup n’est pas au bout de ses (més)aventures!

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L’histoire du Loup à grande bouche vous en rappellera certainement une (ou plusieurs) autre(s) déjà très drôle(s) !!
Dans cette version-ci, notre Loup cherche à diversifier son alimentation et sort de sa forêt. Et devinez sur qui il tombe??!! Il ne faut pas vous en dire plus… pour que vous puissiez vous aussi vous régaler !!!

Dans le second album, le Loup est sûr d’une chose: ce n’est pas la mémoire qu’il perd mais son petit-déjeuner !! Un voleur s’en empare la nuit. Et pour s’occuper du malotru, il faut des méthodes de malotru!! Aussi fait-il appel à une fripouille pour pouvoir se débarrasser de l’importun. Aux grands maux, les grands moyens… Mais qu’il vaut mieux ne pas oublier! Une chose est sûre : Le matin ne réussit pas au Loup !!

Ces deux albums sont hilarants grâce aux récits forts en répétitions et chutes comiques, au dynamisme de leurs dessins et aux expressions du Loup ! Vraiment, on ne s’en lasse pas!

L’avis complet de Blandine ICI.

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Partagez-vous nos coups de cœur? Quels ont été les vôtres? Dites-nous tout!

Nos coups de cœur de mai

Ce joli mois de mai a été propice à la découverte de lectures les plus diversifiées !

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Pour Liraloin, c’est le casque vissé sur les oreilles laissant échapper de douces mélodies que le coup de cœur est arrivé ! Il s’agit de la série BD intitulée Blue au Pays des songes. Une lecture qui se fait en musique pour de beaux moments oscillant entre voyage onirique et rêves monstrueux !

Blue au Pays des songes de Davide Tosello, Vents d’Ouest, 2021

Pour en savoir plus, c’est ici

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Avoir entendu Matthieu Maudet parler de ses albums a donné envie à Lucie de découvrir son univers. Un enfant parfait, écrit par son complice Michaël Escoffier, a été une belle révélation. C’est un album malin qui sera, sans aucun doute, source de discussions dans les familles ! Car, peut-on vraiment attendre la perfection de son enfant lorsque l’on est soi-même imparfait ?!

Un enfant parfait, Michaël Escoffier et Matthieu Maudet, L’école des loisirs, 2016.

Son avis ICI.

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Son second coup de cœur était sur la liste de Lucie depuis la lecture commune consacrée aux romans fleuves de Davide Morosinotto. La Fleur perdue du Chaman de K l’avait particulièrement intriguée, et une fois de plus le goût des copinautes s’est avéré très sûr. Une maladie mystérieuse, une amitié indéfectible, un voyage initiatique en Amérique du Sud, des rencontres et un jeu hypnotique sur la typographie… Encore un très grand roman de cet auteur italien !

La Fleur perdue du Chaman de K, Davide Morosinotto, L’école des loisirs, 2021.

L’avis de Lucie, d’Isabelle et de Linda.

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Pour Colette, le mois de mai s’est conclu en beauté avec le baptême de son neveu adoré. Une mission lui a été confiée : partager sa passion pour les beaux textes avec celui qui allait officiellement devenir son filleul. Alors, pour mettre toutes les chances de l’impressionner de son côté, c’est le vieux butaï familial qu’elle a dégainé. Ce fut l’occasion d’offrir aux proches réunis, la lecture à haute voix du magnifique album Il faudra écrit par Thierry Lenain et illustré par Olivier Tallec, en version kamishibaï publié aux éditions Callicéphale, spécialiste du théâtre de papier ! Un magnifique texte qui invite à se confronter au monde tel qu’il est afin d’y trouver sa place et d’y faire sa part.

Il faudra, Thierry Lenain, Olivier Tallec, Kamishibaï Callicéphale éditions, 2007.

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Poussin et Renard, BD joyeusement colorée adressée aux plus jeunes, a fait fondre Isabelle et ses moussaillons. Ces six historiettes célèbrent l’amitié entre un poussin mignon mais néanmoins enquiquinant et un renard d’une constance admirable. On ne peut qu’être ravi par le charme vintage des illustrations (qui rappellent agréablement celles de Janosch), leur trait malicieux et la drôlerie des situations. Parfait comme histoire du soir comme pour se lancer dans la lecture autonome de BD !

Poussin et Renard, de Sergio Ruzzier, La Joie de Lire, 2022.

L’avis d’Isabelle

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L’équipage de L’île aux trésors a aussi vibré pour Skandar et le vol de la licorne. Ce premier tome prometteur nous entraîne au cœur d’un univers intégralement organisé pour contenir une force dévastatrice : les licornes. Celles-ci n’ont, évidemment, rien de mignonnes bestioles pailletées ! Si vous raffolez de Harry Potter, vous aimerez sans doute le personnage de Skandar, mais aussi la qualité d’intrigue, la fantaisie et l’humour réjouissant d’A.F. Steadman. L’autrice a su transposer dans son univers imaginaire des choses que les enfants et les ados reconnaîtront facilement : la quête de soi, les attentes des professeurs et des parents, la difficulté de prendre confiance en soi, la stigmatisation des minorités ou encore les dérives de la désinformation. Un de ces romans qu’on dévore et qu’on fait découvrir aux copines et copains !

Skandar et le vol de la licorne, de A.F. Steadman, Hachette, 2022.

L’avis d’Isabelle

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Blandine s’est laissée emporter par deux livres très différents et néanmoins réjouissants!

PIPIOU Quel appétit ! Richard MARNIER et Aude MAUREL Frimousse, 2021

Pipiou est un petit poussin fort gourmand.
Ce jour-là, il a faim, vraiment très faim. Et il ne trouve rien à se mettre dans le bec. Tour à tour, il trouve un caillou, un bout de bois, puis une fraise, qui ne le sustentent pas! Mais Pipiou est malin et sait comment se régaler!

Un album au graphisme épuré et facétieux qui voit l’effort récompensé!

L’avis de Blandine ICI

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Yahho Japon ! Eva OFFREDO. Maison Georges, 2021

Découvrez le Japon comme vous ne l’avez jamais vu ou imaginé grâce à ce livre à la croisée des genres entre l’album, le documentaire et la BD! Avec un graphisme minimaliste, monochrome et au trait noir épais, il nous emmène auprès de huit femmes et autant de métiers étonnants, inconnus, improbables. Ce faisant, il nous dévoile également des éléments de culture nippone et nous rappelle que le bonheur est souvent synonyme de simplicité!

L’avis de Blandine LA!

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Et vous ? Où vos coups de cœur vous ont-ils mené.e.s en ce joli mois de mai ? Partagez-vous certains titres avec les arbronautes ? N’hésitez pas à nous raconter !