ALODGA s’engage – pour la culture déconfinée

Suite à notre billet aux côtés de la culture confinée, nous avions à cœur de partager avec vous nos premières sorties culturelles après des mois de fermetures et de restrictions.

Nous avons donc fait le choix d’ouvrir nos billets d’été ensemble car la culture se partage et se vit autant qu’elle se raconte. Et que les vacances sont aussi l’occasion de partager des moments culturels en famille ou entre amis.

C’est sur un coup de tête que Linda a réservé deux places pour une visite au Musée de L’Hospice Comtesse de Lille. Au saut du lit ce vendredi 21 mai, soit deux jours après la réouverture des lieux, le besoin de prendre un bain de culture ne pouvait plus attendre. L’ouverture de l’exposition Kaï Wu – Art et Design en Chine fut l’occasion de partager un moment mère-fille autour d’une passion pour la culture chinoise. Redécouvrir ce lieu riche historiquement leur a fait un bien fou au moral. L’exposition en elle-même était un prétexte satisfaisant mais il faut bien reconnaître qu’elles n’ont pas été complètement séduites. Une partie des œuvres donnaient un peu l’impression de circuler dans un magasin de meubles. Il y avait malgré tout une partie de l’expo qui les a vraiment émerveillées par l’originalité et la mise en lumière des œuvres valorisées et valorisant l’espace. Par ailleurs, le contraste entre le lieu et les créations fut une invitation à voyager dans le temps et l’espace donnant un côté magique à cette visite.

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Pour Colette, le retour à la culture s’est fait dès le 22 mai avec le dernier spectacle de son abonnement au TNBA – Théâtre National Bordeaux Aquitaine – dernier et seul spectacle qu’elle ait pu voir au final. Quel bonheur de se glisser, entre amies, dans les fauteuils de velours rouge de la grande salle de spectacle Vitez ! Quel bonheur de scruter les moindres détails du décor incroyable imaginé par Christian Tirole et Jean-François Sivadier ! Quel bonheur de plonger dans cette histoire rocambolesque de scandale sanitaire dans une station thermale de Norvège portée par des comédiennes et des comédiens puissant.e.s ! Et quel plaisir sans nom d’être une fois de plus poussée dans ses retranchements et de se demander avec le personnage principal si préserver la mécanique économique bien huilée d’un système prévaut sur un problème de santé publique que l’on pourra étouffer ? Des questions éminemment actuelles qui ont eu un écho d’une incroyable ironie tragique dans le cœur des spectatrices et des spectateurs masqué.e.s mais enthousiasmé.e.s par tant d’art et d’intelligence !

Un ennemi du peuple, Henrik Ibsen, mise en scène de Jean-François Sivadier.

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Le fils de Lucie s’étant plongé dans la littérature autour de la Seconde Guerre mondiale pendant le premier confinement – un moyen comme un autre de relativiser la situation angoissante que nous traversions – il était prévu de longue date que la première sortie familiale se ferait au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. Situé dans les anciens locaux de la Gestapo, ce musée propose une exposition permanente intitulée “Lyon dans la guerre, 1939-1945”. Les documents, les photos et les objets d’époque (le parachute de Jean Moulin !) ainsi que la reconstitution d’une placette, d’un appartement et d’une imprimerie clandestine ont fait de cette visite un moment fort en émotions. Le film sur la libération de Lyon clôturant l’exposition, mêlant archives et témoignages de lyonnais, est d’une rare intensité.

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Pour Liraloin, l’aventure était au rendez-vous avec ce spectacle tout à fait original : Follow Me de la Compagnie Queen Mother.

« Prolongement de nos mains, devenu objet du quotidien, le téléphone portable bouscule notre rapport aux autres. Follow Me s’en empare et embraque le spectateur dans une aventure artistique connecté dans la ville. »

Nous avions rendez-vous à 17h sur une place en plein centre-ville. Les règles étaient simples : répondre aux messages, suivre les consignes. Arrivés en avance, nous avons déambulé dans la ville en nous régalant de textes écrits çà et là parfaitement en harmonie avec ce que l’œil pouvait discerner.

Cette enquête (?) pouvait alors débuter. A la fois intrigués et impatients, nous répondions chacun de notre côté aux premiers messages reçus. Cette connexion avec l’autre, cet(te) inconnu(e) commence par le texto suivant : « Le rideau se lève. Sur notre rencontre. Une sonnerie dans le creux de la main et quelque chose qui change. Sans presque rien ne change… » et cet(te) inconnu(e) te salue, espère que tu le/la nommes pour provoquer un peu plus d’intimité.

Si l’aventure, pour ma part, s’est révélée apaisante et sujet à la rêverie avec la rédaction d’une histoire, pour mon amoureux cette expérience s’est soldée par une course poursuite dans toute la ville !

Ce que je retiens de ce voyage de deux heures (oui pour moi cette aventure est passée en deux secondes) c’est un moment de quiétude et de connexion avec l’inconnu. Un ou une inconnu(e) qui par le biais de simples messages semble te connaître, te faisant passer par des jolis moments d’émotions.

Après tous ces mois de privation, cet évènement m’a apporté de l’oxygène.

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Dans la région allemande où vivent Isabelle et ses moussaillons, les lieux de culture commencent à peine à rouvrir, alors l’attente est longue ! Ils ont d’autant mieux savouré le déconfinement lors d’un petit séjour aux confins du Médoc à la fin du mois de mai. La première sortie les a conduits dans un lieu merveilleux de partages livresques : la librairie de Corinne, à Soulac sur mer.

La Librairie de Corinne, à Soulac sur mer, en Gironde.

Une caverne d’Ali Baba toute bleue et baignée de soleil qui a le charme si particulier des villas soulacaises, un lieu où se mêlent le parfum des embruns et celui des livres neufs, où vibre la passion de lire de l’équipe des libraires. Parce que rien ne vaut l’exploration d’étagères débordant d’albums et de romans, le plaisir d’effleurer les couvertures, de se laisser surprendre par des textes qu’on n’attendait pas et d’échanger ses trouvailles avec d’autres amoureux des livres. Des saveurs sublimées lorsqu’on peut ensuite embarquer son butin pour lire sur la plage !

Il se pourrait que les moussaillons de l’île se soient un peu laissé emporter par leur enthousiasme… Nous en avons eu pour des heures de voyage littéraire qui nous ont permis de tenir jusqu’à ce que le déconfinement permette de sortir de nouveau de notre côté du Rhin. Des lectures dont vous entendrez parler sur L’île aux trésors et bien sûr À l’ombre du grand arbre !

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Blandine attendait avec impatience la levée des restrictions pour enfin retourner à la bibliothèque municipale. Déambuler en toute liberté, flâner entre les bacs, avoir le regard happé par une couverture, un titre ou un nom, pouvoir toucher et feuilleter les livres, choisir de les prendre ou de les reposer. Le bonheur !

Un album en entrainant un autre, une jolie pile s’est constituée. Heureuse coïncidence, tous évoquaient la nature, l’évasion, le partage et la transmission. Depuis, Blandine y est retournée plusieurs fois, repartant toujours les bras chargés… Mais ceci est une autre histoire qui s’écrit déjà sur Vivrelivre et ici!

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Et vous? Quelle a été votre première sortie culturelle? N’hésitez pas à partager votre expérience avec nous.

ALODGA s’engage – aux côtés de la culture confinée !

En cette semaine anniversaire de notre blog collectif, et après plus d’un an de culture confinée, malmenée, non seulement masquée mais muselée, nous avions envie d’échanger autour d’un album jeunesse qui interroge notre capacité à nous engager pour que vive la culture.

Aujourd’hui, nous vous proposons donc une lecture commune de l’album Si j’étais ministre de la culture de Carole Fréchette et Thierry Dedieu publié d’abord au Québec aux éditions d’eux en 2016 puis édité en France par HongFei en 2017. Vous pouvez en savourer la lecture à haute voix par Daniel Pennac sur le site de l’éditeur québécois.

Linda : Si j’étais Ministre de la Culture est à l’origine une lettre ouverte de Carole Fréchette écrite en 2014 lors de campagne électorale québécoise. L’objectif était d’attirer l’attention des candidats et des électeurs à l’importance des enjeux culturels. Quel(s) parallèle(s) y avez-vous vu avec la situation actuelle ?

Colette : Quand j’ai relu ce livre complètement par hasard il y a un mois environ, je me suis dit “non, ce n’est pas possible ! Cet album décrit de manière hypothétique la situation que nous sommes en train de vivre de manière très très réelle !” Et cette lecture a provoqué en moi une sorte de rire grinçant. Il y a une telle ironie tragique à lire ces pages aujourd’hui : tout était écrit, là, noir sur blanc, de ce que nous vivons aujourd’hui. De ce que nous laissons nos gouvernements nous imposer comme vie aujourd’hui… Une vie sans culture, sans musée, sans théâtre, sans cinéma, sans spectacle de rue, sans danse, sans opéra, sans concert… Dans l’album, ce n’est qu’un un défi proposé par une hypothétique ministre de la culture qui décrèterait des “journées sans culture” pour prouver quelque chose à la classe politique qui l’entoure. La véritable ironie, c’est qu’aujourd’hui en 2021, c’est notre réalité. Et pas qu’un seul jour. Tous les jours depuis un an.

Lucie : Le parallèle que tu proposes avec la situation actuelle m’a aussi sauté aux yeux, cette vision de l’art “non essentiel”. Nous avons vécu ces journées sans culture, nous continuons à les vivre, Colette le dit très bien. Et si finalement les librairies ont rouvert (après avoir bataillé), le reste continue à nous manquer. C’est d’ailleurs un manque très bizarre, lancinant, qui n’est pas aussi criant que je l’aurais cru mais qui pèse sur le moral (ce que Carole Fréchette avait anticipé avec une triste lucidité), chaque jour un peu plus.

Linda : Si ces décisions paraissaient justifiées dans un premier temps, je suis moins convaincue par la fermeture complète de tout ce secteur lors du deuxième confinement à l’automne dernier. Aucun cluster n’était lié aux lieux culturels, tous faisaient des efforts pour respecter les règles de distanciation, les gestes sanitaires ainsi que la mise en place de jauge restreinte. Pourtant lorsqu’il a fallu “confiner” de nouveau, ce sont ces lieux qui ont fermé en premier sans réelles justifications. Comment peut-on justifier le sacrifice d’une partie de la population pour en protéger une autre ? C’est un autre débat mais je m’interroge vraiment sur les conséquences à long terme de ce genre de décisions.

Linda : Le sacrifice de la culture par nos gouvernements en situation de pandémie n’est-il pas le reflet d’un système capitaliste qui condamne ce qui n’est pas rentable, sacrifiant les bienfaits de la culture sur l’homme ? Peut-on encore espérer convaincre nos dirigeants que notre bien-être passe par le confort de l’esprit, bien plus que par un portefeuille bien garni ?

Colette : J’avoue que je ne sais jamais me mettre à la place d’un gouvernement. Mais je comprends complètement ton interprétation. Ce qui me questionne le plus au travers de cet album c’est ce que nous avons fait, nous, citoyens, citoyennes, face à de très longues “journées sans culture”. La première fois que j’ai lu cet album, je pouvais aller au théâtre ou au cinéma comme je le voulais. Cet album m’avait fait sourire. Bien trouvée cette “dystopie” , m’étais-je dit ! Ça n’arrivera jamais ! La deuxième fois que je l’ai lu, c’était il y a un mois, après une année entière sans pouvoir accéder librement à la culture et bien j’ai eu terriblement envie de pleurer : parce que je n’ai rien fait. Et du coup, je me suis demandé : est-ce que je ne suis pas finalement seulement une consommatrice de culture ? Et quand le bien se fait rare, je m’en passe. Qu’en pensez-vous ?

Lucie : Je suis d’accord avec toi Colette, la situation était inédite et critique. Comment juger des décisions du gouvernement visant à protéger ? Un an après, je découvre ce texte grâce à vous. Et je me dis que si je l’avais lu avant j’aurais souri, trouvé l’idée pertinente et que le lien avec l’oxygène était une jolie métaphore. Sauf que ce n’est pas une métaphore. “L’équilibre des âmes”, c’est vraiment ça. On entend bien les baisses de moral et d’énergie autour de nous. Pour moi elles sont directement liées à ce manque de culture. Je le vis comme quelque chose de plus en plus oppressant.
Qu’aurais-tu pu faire que tu n’as pas fait, Colette ? Tu as continué à faire découvrir des œuvres à tes élèves, à leur donner le goût pour cette culture, avec l’envie et l’énergie qui te caractérisent. Tu as continué à partager tes découvertes et tes coups de cœur sur tes blogs, et tu as continué à lire écouter regarder malgré tout. Qu’aurait-on pu faire de plus avec une année de recul ? Je ne trouve pas que l’on se soit résignées.

Linda : Ne sommes-nous pas tous, plus ou moins, consommateur de culture ? Après tout, en tant que grandes lectrices, nous sommes déjà dans un schéma de consommation assumée. Mais c’est aussi la consommation qui fait vivre la culture donc d’une certaine manière consommer revient à aider la culture. Aujourd’hui, nous pouvons aussi rejoindre les artistes qui occupent les théâtres et autres lieux culturels dans leurs actions pour la défense des intermittents et la réouverture des lieux culturels. Chez nous, à Lille, il y a eu des rassemblements autorisés en mars dernier et tout le monde était invité à participer, à montrer son engagement. C’était chaleureux et convivial, en musique et en danse ! C’est certes peu mais que peut-on faire de plus que de montrer notre soutien lorsque même la Ministre de la Culture appuie les décisions du gouvernement?

Lucie : La difficulté de notre situation c’est que quand il est écrit “il faut privilégier les vraies urgences”, ici c’est pour protéger la santé de nos concitoyens que nous avons été privés de culture. Du coup il y a presque une culpabilité à se plaindre. La vraie urgence était effectivement la santé. Mais la privatisation à long terme nous ont fait réaliser que la culture est aussi indispensable à notre équilibre. Au delà de notre situation exceptionnelle, je trouve très maline la réaction de la ministre : la culture n’est pas une urgence? Interdisons-la quelques jours et voyons. Vous qui l’avez lu avant de le vivre, vous souvenez-vous de ce que vous avez pensé de ce ressort narratif ?

Linda : Je ne l’ai découvert que sur les conseils de Colette il y a quelques semaines donc déjà en pleine restriction. La réalité de ce que l’on vit est à l’image de la fiction. L’auteure a une analyse très fine du poids de la culture sur notre santé.

Colette : Lucie, tu fais bien de rappeler ce ressort narratif car c’est ce que j’ai trouvé le plus ingénieux dans cet album ! Cela m’a clairement fait penser au virage à 180 degrés proposé par la psychothérapeute Emmanuelle Piquet dans ses livres destinés à la jeunesse “Je me défends du sexisme”, “Je me défends du harcèlement” ou encore “Je combats ce qui m’empêche d’apprendre”. Face au problème rencontré, elle invite la personne en souffrance à faire le contraire de ce qu’elle aurait tendance à faire spontanément. Mon rapprochement est un peu hasardeux mais j’y vois ici la même technique : vous n’écoutez pas ce que j’ai à dire sur l’importance de la culture, alors vivons sans culture. A la place des mots, des actions. Voilà bien l’essence même de l’activisme politique et c’est génial que dans ce livre ce soit une femme politique qui opte pour cette option militante, cela permet de donner une image positive de la politique, de montrer qu’une personne dans un gouvernement peut aussi changer les choses.

Linda : Thierry Dedieu utilise un dessin caricatural qui vient appuyer les arguments très imagés de l’auteure. Je trouve le style graphique particulièrement saisissant ! L’expressivité des personnages reflètent, à mon sens, parfaitement le vide laissé par le manque de culture dans nos vies. Qu’en pensez-vous?

Colette : Je suis tout à fait d’accord avec toi, connaissant en plus la multiplicité des styles graphiques de Dedieu, le style choisi ici est vraiment percutant ! Ce qui m’a le plus saisie, c’est la solitude : la solitude de la ministre de la culture, la solitude des musiciens, la solitude des danseuses, la solitude du clown, etc. sur ces grandes pages de couleur. Les artistes sont seuls. Abandonnés. Le public est seul. Il n’existe même plus. Il n’y a plus de public. Chacun est isolé de son côté. Et ça je l’ai vraiment ressenti quand au premier confinement il y a eu profusion de ressources culturelles partagées sur le net : c’était un geste honorable, mais à quoi bon ? Regarder une pièce de théâtre, seule dans mon salon, ça n’a pas de goût. Écouter un concert sur Facebook en live : ça ne fait pas battre mon cœur. M’installer avec des popcorns dans mon canapé pour regarder un film d’auteur.e : ça ne me fait pas vibrer.

Lucie : Cette mise à l’écart de la ministre puis la solitude des artistes et des gens est en effet très bien rendue graphiquement. Et elle renvoie elle aussi à notre solitude imposée depuis un an. Je te rejoins sur le spectacle vivant, Colette : regarder du théâtre ou de la danse sur YouTube et même visiter un musée virtuellement ne m’intéresse pas. En revanche je crois sincèrement que ma bibliothèque et ma dvdthèque bien remplies (ainsi que la réouverture des bibliothèques municipales) m’ont empêché de sombrer. Parce que cette culture-là existe toujours, qu’on en profite de la même manière qu’avant, et que c’est à la fois un élément qui n’a pas été touché et “mieux que rien”. D’autant que les films et les livres permettent des discussions réjouissantes, notamment par ici ! Dans le livre, toute culture, même la plus quotidienne est interdite. Cela permet aussi de monter qu’il y a une forme d’art à laquelle nous ne faisons presque plus attention : les arts appliqués comme le design ou la mode par exemple.

Linda : Je ne suis pas complètement d’accord quand tu dis que les bibliothèques n’ont pas été touchées car leurs services ne se limitent pas qu’aux prêts. Je regrette les ateliers ou animations qu’elles peuvent proposer en temps normal et qui permettent des échanges entre le personnel et le public. Mais c’est là aussi qu’on voit vraiment que c’est l’interaction sociale qui est limitée aujourd’hui plus que le reste. Ça fait sens par rapport à la pandémie mais, humainement, ce n’est pas viable sur une si longue période. Comme tu le disais plus haut, les baisses de moral viennent de là car oui, la culture et le lien social vont de pair et nous avons besoin pour vivre.

Colette : J’adhère complètement à ce que dit Linda sur ce qu’ont révélé les restrictions culturelles en terme de sociabilité, d’humanité, d’humanisme. Certes je peux lire, écouter de la musique et regarder des films chez moi – et c’est vrai que c’est ce qui nous “sauve” en partie ! – mais le fait de ne pas pouvoir se retrouver avec d’autres, des inconnus, des étrangers, “nos frères pourtant”, ces gens que je ne cherche pas à voir, à sentir, à toucher mais que le hasard de nos goûts artistiques communs met sur ma route l’espace d’un instant, et bien ce vide là, je ne m’y attendais pas, est immense. Ce vide là, j’en ai bien peur, est en train de défaire les liens qui nous lient.

Lucie : Et que pensez-vous du fait que cette ministre de la culture soit une femme ?
Pour ma part, j’ai d’abord pensé qu’elle représentait Carole Fréchette, mais j’avoue que de la voir opposée seulement à des hommes, et assez âgés qui plus est, m’a fait m’interroger sur un message sous-jacent.

Colette : Bizarrement pour moi qui suis très sensible à la cause féministe, je n’y avais pas fait attention. Mais tu as raison de le souligner, Lucie. C’est très intéressant comme choix… On laisse le “non-essentiel” à une femme 😉 On peut à la fois le lire comme un autre choix engagé ou un triste clin d’œil à une répartition des portefeuilles encore particulièrement sexiste dans de nombreux gouvernements.

Linda : J’avoue avoir vu l’auteure dans le rôle de la ministre et ne pas avoir cherché un autre message. On a tendance à voir un engagement féministe partout sans que ce soit forcément le cas, surtout en temps que femme. C’est une réflexion qui ne manque pas de sens mais je crois que je préfère me dire qu’il s’agit ici d’un simple choix lié à l’auteure.

Lucie : Je vois trois parties dans les illustrations de l’album : la ministre qui essaie de convaincre ses collègues, puis les effets de sa décision tout d’abord sur les artistes (ou employés dans le milieu culturel, comme le gardien de musée), et enfin sur la population qui obéit mais ne se résigne pas totalement (comme la vieille dame qui soulève un drap recouvrant une statue dans le parc). Après, avec le côté “strictement fonctionnel” des modèles imposés de vêtements et de voitures, on se rapproche même d’une forme de dictature. Y avez-vous pensé aussi ?

Colette : Complètement Lucie : une vraie dictature qui commence par interdire les différentes formes de culture puis qui retourne les tableaux dans les musées, drape les monuments, et enfin uniformise nos vêtements et nos voitures. On y lit une progression, l’installation d’un modèle de pensée unique. C’est le fonctionnement même du totalitarisme. Et c’est sans doute ce pressentiment qui nous étouffe aujourd’hui. Combien de fois avons-nous eu l’impression que notre quotidien prenait l’étrange tournure d’un roman dystopique ? Rien que les affiches placardées à l’entrée des écoles, avec ce visage sans regard masqué, et ce slogan “Protégeons-nous les uns les autres” (à une lettre près, on pourrait lire “Protégeons-nous les uns des autres”…).

Linda : Oui je vous rejoins complètement. La question de l’uniformité vestimentaire m’a d’ailleurs fait penser au 1984 d’Orwell qui dépeint un état totalitaire. Cela fait un peu plus d’un an que nos libertés sont retreintes sous couvert de se protéger et de protéger les autres. Ces mesures liberticides créent un malaise et nous font craindre l’installation permanente de restrictions qui tendent vers la dictature. C’est effrayant !

Lucie : On commence à voir le bout du tunnel, les effets de tant de sacrifices. Un peu d’espoir : quel est le premier endroit où vous irez / retournerez quand les lieux culturels auront rouvert?

Linda : J’ai terriblement envie de m’asseoir dans l’Auditorium et d’écouter l’Orchestre Nationale de Lille jouer. Mais nous commencerons par le musée d’arts et d’industrie La Piscine de Roubaix. Nos billets sont déjà réservés.

Colette : On ira à Capsciences à Bordeaux ! Il y a une nouvelle exposition qui s’intitule “Esprit critique – Détrompez-vous !”. Il me semble qu’elle tombe fort à propos, cette expo ! 
Pour conclure sur l’invitation donnée par le titre “et vous si vous étiez ministre de la culture”, que feriez-vous ?

Linda : Question difficile ! Après une proposition telle que celle que nous venons de lire, comment proposer quelque chose de plus pertinent ? De plus efficace pour convaincre ? Une réforme complète du système politique serait peut-être nécessaire pour que chaque ministère ait autant de poids qu’un autre…

Lucie : Je ne serai jamais ministre de la culture, donc je peux avoir des projets irréalisables : Ce que je souhaiterais, c’est la gratuité de la culture ! Pas via le téléchargement (qui est bien souvent du vol et non de la gratuité) mais par des subventions, des pass culture ou autre pour quelle soit accessible à tous. Et que chacun ait son content de beauté et d’émotion pour mieux respirer et vivre !

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Nous souhaitions, en tant que blogueuses culturelles, montrer notre engagement envers la culture en apposant une pastille sur le blog. Nous remercions chaleureusement Carole, ancienne branche, et son époux pour la réalisation de ce logo.

ALODGA s’engage – aux côtés des éditions Rue du monde.

L’année 2020 a été particulièrement difficile pour les petites maisons d’édition indépendantes. Et pourtant leur travail, leurs choix, leurs savoir faire sont essentiels pour ouvrir à l’art, à la littérature et à la beauté du monde, les enfants, petits ou grands. Afin de montrer notre soutien au travail précieux de ces joailliers du livre jeunesse, nous avons décidé aujourd’hui de mettre en avant une maison chère à notre cœur : les éditions Rue du monde. Chacune de nous va donc présenter ici un des livres de cette maison d’édition dont la richesse, depuis 25 ans, ne cesse de nous étonner, de nous interroger, de nous enchanter.

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Pour Liraloin, le choix d’un titre s’est porté sur Je vous aime tant d’Alain Serres & Olivier Tallec

« Si la fille est à sa fenêtre bleue, il détourne aussitôt les yeux vers le ciel, comme s’il cherchait là-haut sa petite cuillère pour dissiper un nuage de lait dans son thé. » Gaëtan est timide et cherche des yeux la belle demoiselle qui habite dans l’immeuble en face. Il n’est certain que d’une chose : c’est que Laura fait battre son cœur. Un samedi où il n’y a pas école, il décide de lui écrire un message universel en langage amoureux. Au lieu de déposer la missive directement dans la boîte aux lettres de la jeune fille, il préfère expédier sa flamme par la poste. Et si cette toute petite lettre remplie de gigantesques mots d’amour n’arrivait jamais à destination ?

J’ai aimé cet amour si grand qu’il devra braver bien des étapes parfois terribles.

Des aventures rocambolesques vous attendent et il faut avoir le cœur bien accroché (comme en amour) pour enfin connaître l’heureuse ou triste fin de cette lettre amoureuse.

Je vous aime tant d’Alain Serres et Olivier Tallec, Rue du Monde, 2006

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Virus, bactéries, infection, anticorps, pandémie, vaccin… En ce début d’année 2021, on se dit qu’on n’a que trop entendu ces mots, mais ils demandent plus que jamais d’être décryptés à hauteur d’enfant. Rédigé à plusieurs mains par un collectif de chercheuses, La vie secrète des virus parvient à faire le tour du sujet de façon à la fois complète, très didactique et même drôle – on vous assure ! Les enfants d’Isabelle ont apprécié les données chiffrées (vous serez probablement aussi ravis qu’eux d’apprendre qu’un seul gramme de crotte contient près d’un milliard de virus), le quizz final qui permet de tester ses connaissances (9/10 pour eux, ferez-vous mieux ?) et les illustrations pleines d’humour – avec par exemple cette cellule infectée qui prend des airs de zombie ; ou ces virus colorés et dissipés un peu partout qui contribuent finalement plutôt à égayer cette lecture. Passionnant et attrayant !

La vie secrète des virus, Rue du Monde, 2020.

L’avis d’Isabelle

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Dans la bibliothèque de classe de La collectionneuse de papillons, il y a des incontournables : les albums au magnifique grand format carré de la collection “Grands portraits”. Que ce soit pour parler de l’éducation des filles avec Malala, que ce soit pour évoquer la résistance à l’oppression avec Missak Manouchian, que ce soit pour évoquer l’importance de vivre en adéquation avec la nature avec Wangari Maathai ou encore pour évoquer les droits de l’enfant avec Janusz Korczack, ces livres de Rue du monde livrent une parole essentielle : celle de l’engagement citoyen.

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Pour MéLi-MéLo de livres, c’est un album de Daniel Picouly et illustré par Nathalie Novi (qui vient d’être réédité : enrichi et augmenté) qui me vient à l’esprit tant il est d’actualité : Et si on redessinait le monde ? Mêlant cartes anciennes, texte et illustrations, il invite à un véritable voyage dans lequel l’enfant est acteur de sa vision du monde. Un grand format lui donne toute latitude pour exprimer ce si beau message.

L’avis de Pépita et celui de Linda.

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Pour Linda, c’est le magnifique atlas de Aleksandra Mizielinska et Daneil Mizielinski, sobrement intitulé Cartes qui a retenu son attention. Véritable invitation au voyage, cet album très grand format propose des cartes du monde entier; des cartes géographique richement illustrées qui mettent en avant les richesses de chaque pays: des symboles culturels et historiques, des spécialités culinaires, des personnages célèbres, des animaux… Il a été réédité en 2018 dans une version revue et augmentée.

L’avis de Linda.

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Et si vous voulez en savoir plus sur l’urgence d’aider l’édition jeunesse indépendante, n’hésitez pas à aller lire ici le texte écrit par Alain Serres, éditeur de Rue du monde.

ALODGA s’engage – pour les droits de l’enfant.

Le 20 novembre 1989, l’ONU adoptait à l’unanimité la Convention relative aux droits de l’Enfant : les droits de chaque enfant du monde étaient désormais reconnus par un traité international, ratifié par 195 états ! Depuis, le 20 novembre a été déclaré “Journée internationale des droits de l’enfant”. C’est cet immense progrès du XXe siècle que nous voulions célébrer avec vous, chères lectrices, chers lecteurs, en vous proposant une sélection de livres qui, à un moment ou à un autre de notre vie, nous ont permis d’aborder cette question primordiale avec les enfants de notre entourage.

Editions du Chêne
L’avis de Pépita

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J’ai le droit… à une identité

Un album fort qui montre l’importance d’avoir une identité : une petite fille et son papa, migrants, vont être reconduits à la frontière car sans papiers.

Sans papiers, Rascal, Ane bâté

L’avis de Pépita

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J’ai le droit… de vivre en famille

Dans Quatre sœurs, Malika Ferdjoukh partage le quotidien des sœurs Verdelaine, fraichement orphelines. Si cette tétrade met surtout l’accent sur la vie de cette famille, sa joie, ses peines et ses amours naissants, on perçoit en toile de fond le combat de l’aînée pour maintenir son droit de tutelle sur ses cadettes et leur permettre de rester ensemble dans la maison de leurs parents. Une série dont l’éditeur publie cette semaine une édition poche collector en un seul volume.

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J’ai le droit… à l’éducation

Les deux romans de Jacqueline Kelly : Calpurnia et Calpurnia et Travis sont captivants pour leur intérêt scientifique et culturel mais également pour la question qu’ils soulèvent sur la place des filles dans la société et leur accès à l’éducation. En effet, si Calpurnia rêve de recherches scientifiques et d’études, encouragée par un grand-père qui partage son amour de la nature et des découvertes, elle se confronte à la réalité d’une société qui relègue les femmes à la cuisine et à une mère qui veut que son unique fille reçoive une éducation simple pour en faire une parfaite petite ménagère.

Les avis de Lucie, Pépita, Isabelle et Linda sur Calpurnia. Et leurs avis sur Calpurnia et Travis ICI, ICI, ICI et LA.

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J’ai le droit… aux loisirs

Le temps libre est crucial pour grandir et se développer. Ce temps que les enfants doivent pouvoir utiliser pour jouer, faire du sport ou d’autres activités, ou même ne rien faire, est mis en péril par la pauvreté et la guerre dans certains pays, mais aussi par la course la performance et les mode de vie moderne. Il est important d’en prendre conscience. Et il est un roman qui, s’il a été rédigé en 1973, met très bien le doigt sur la valeur du temps et les dérives liées à la course à la productivité, au consumérisme et aux écrans qui semblent voués à combler chaque vide. À travers les aventures d’une petite fille aux prises avec une bande de « voleurs de temps », Michael Ende nous fait prendre conscience de la valeur inestimable du trésor que représente le temps de toute notre vie. L’intrigue est de celles qui vous accrochent de la première à la dernière page : la vie de jeux et de partages de Momo et ses amis est menacée par des messieurs gris qui convainquent les habitants de gérer le temps comme un capital à faire fructifier. Page après page, on prend conscience de la valeur de notre temps – des moments de partage, de rêve, d’ennui, de jeu et d’inaction.

Momo, de Michael Ende, Bayard Jeunesse, 2009.

Les avis de Lucie et d’Isabelle.

Un magnifique album qui nous emmène au pays de la culture : musique, théâtre, lecture, danse, peinture….Une ronde joyeuse et poétique pour rappeler ce droit fondamental.

Tous les enfants ont droit à la culture, Alain Serres et Aurélia Fronty, Rue du monde

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J’ai le droit… d’avoir un toit

Partis sans laisser d’adresse est un livre captivant et bouleversant, mais aussi une lecture qui invite à réfléchir à plusieurs droits, notamment au logement, puisque le jeune protagoniste et sa mère vivent dans un camion. Ce texte suscite la soif de connaître le fin mot de l’histoire, l’envie de céder à l’humour irrésistible de Susin Nielsen et une vraie prise de conscience de ce que signifie la pauvreté. La misère se matérialise de façon très concrète, douloureuse et stigmatisante. On réalise la valeur d’un réfrigérateur plein, d’une prise électrique, de toilettes à disposition. On accueille mille autres réflexions sur la famille, l’entraide, la tolérance, les dilemmes moraux aussi. Et pourtant, à chaque page, le roman est lumineux et plein d’espoir.

Partis sans laisser d’adresse, de Susin Nielsen. Helium, 2019

Les avis de Pépita et d’Isabelle

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J’ai le droit… d’être soigné et d’être nourri

C’est l’histoire d’un homme pas tout à fait comme les autres. Je dirais même : c’est l’histoire d’un homme extraordinaire. C’est l’histoire de Janusz Korczak. Dans cet album, nous découvrons comment le jeune homme, né Henryk Goldszmit, va se passionner d’éducation en observant les enfants autour de lui, dans les rues de Varsovie. Il décide d’abord d’apprendre à les soigner en devenant médecin “parce que le premier des droits des enfants est celui d’être en bonne santé”. Puis il fonde la Maison de l’orphelin, un endroit où libertés, droits et devoirs prennent sens, définis par les enfants eux-mêmes. Hélas, le monde dans lequel vit Korczak est un monde au bord de la guerre et le pire va arriver. Mais jamais Korczak n’a abandonné les enfants à qui il a dédié sa vie.

Korczak pour que vivent les enfants, Philippe Meirieu, Pef,
Rue du monde, 2012.

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J’ai le droit… d’avoir mon avis et de l’exprimer

Et oui, les enfants ont le droit d’avoir leur propre opinion, y compris lorsque celle-ci diffère de celle de leurs parents ! Pour réfléchir aux implications de ce droit, pourquoi ne pas lire cette histoire décapante où une femme au caractère excentrique reçoit un paquet contenant un enfant en conserve, garanti par le fabricant « joyeux, agréable et prometteur », « facile à prendre en main et à surveiller ». Les petits lecteurs riront aux éclats des situations ubuesques créées par le décalage entre la fantaisie de Mme Bartolotti et les bonnes manières de Frédéric. Les plus grands apprécieront aussi, de la part d’une autrice qui a grandi dans l’Autriche national-socialiste, une réflexion distanciée sur l’éducation et les qualités des « bons » parents, le mythe de l’enfant-modèle tourné en dérision et la morale de l’histoire, résolument anticonformiste et anti-autoritaire. Un livre qui fait plaisir à tout le monde !

Le môme en conserve, de Christine Nöstlinger, Le Livre de Poche, 2014.

L’avis d’Isabelle.

Devenir délégué de classe, représenter ses camarades auprès des adultes, porter leur parole, n’est-ce pas là exercer ce droit de l’enfant ? La série culte- Max et Lili- des enfants aborde ce sujet.

Max veut être délégué de classe/D. de Saint Mars et Serge Bloch, Calligram

Chez les poules aussi, on donne son avis ! Quand une poule disparue donne lieu à des avis contraires, comment s’y prendre pour aller dans le même sens ? Un album épatant pour aborder ce droit.

S’unir, c’est se mélanger : une histoire de poules, Laurent Cardon, Le père fouettard

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J’ai le droit… à la protection de ma vie privée

Une petite fille poste des photos et des vidéos à partir de son portable…sauf qu’elle ne le fait pas bien. Une revisite du conte Boucle d’or sur les réseaux sociaux et c’est bien vu. “Car avant de poster , réfléchis !”. Cela engage d’autres personnes qui ont le droit de ne pas vouloir.

#boucledor de Jeanne Willis et Tony Ross, Little Urban

Et si exercer ce droit, c’est aussi apprendre aux enfants et en famille à réguler leur consommation des écrans ! 10 jours sans écrans, vous essayez ?

Dix jours sans écrans de Sophie Rigal-Goulard, Rageot

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J’ai le droit… d’être protégé de l’exploitation

De façon très subtile, Fish Girl nous parle de captivité, d’exploitation et de maltraitance. On voit combien il est difficile d’en prendre conscience lorsqu’elle est exercée par quelqu’un qui se présente comme protecteur, qu’on vit captive, qu’on n’a pas trop confiance en soi et qu’on se sent différente… S’il est pas évident de parler de tout cela de manière frontale avec des enfants, Fish Girl permet de le faire, sous une forme largement métaphorique et grâce à la pincée de magie et de merveilleux qui rendent un livre adapté à de jeunes lecteurs. Il faut reconnaître la prouesse des auteurs qui parviennent, avec beaucoup de sensibilité, à nous montrer le cheminement interne de Fish Girl vers la l’émancipation et la liberté.

Fish Girl, de David Wiesner & Donna Jo Napoli, Éditions du Genévrier, 2017.

L’avis d’Isabelle

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J’ai le droit… d’être protégé de la violence

L’histoire de BOO se destine aux adolescents et aborde à leur niveau le problème du harcèlement scolaire, les violences que peuvent subir les jeunes et les conséquences dramatiques que cela a sur leur développement et sur leur vie. Sans porter de jugement, l’auteur soulève la question de la responsabilité et de la protection des enfants et adolescents.

BOO de Neil Smith, éditions L’école des loisirs, 2019

Les avis d’Isabelle, #Céline et Linda.

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J’ai le droit… d’être protégé des discriminations

L’histoire des Little Rock Nine est particulièrement inspirante pour évoquer la lutte contre les discriminations. Suite à un arrêt de la cour suprême qui mit légalement fin à la ségrégation raciale dans les écoles publiques américaines, ces neuf élèves noirs s’inscrivirent dans un lycée jusque-là réservé aux Blancs. Neuf adolescents qui rêvaient d’une éducation digne de ce nom et d’égalité, mais c’était sans compter la violence des manifestations racistes qui embrasèrent toute la ville. Avec Sweet Sixteen, Annelise Heurtier montre le courage immense des pionniers de la conquête de nouveaux droits, qui s’exposent en première ligne pour permettre à d’autres d’être acceptés, respectés et éduqués. On prend aussi la mesure de la difficulté de faire évoluer les esprits, même lorsqu’on a la loi de son côté. Mais ce texte montre surtout comment, pas à pas, les luttes émancipatrices peuvent faire bouger les lignes, y compris dans un contexte où l’obscurantisme règne en maître.

Sweet Sixteen, d’Annelise Heurtier, Casterman, 2015.

Les avis de Bouma, d’Isabelle et de Pépita.

Les discriminations entre filles et garçons sont aussi un sujet à aborder.
Les éditions Cache-cailloux proposent deux albums sur ce thème : La plus belle des Moutardes pour les petits (niveau maternelle), et CAMILLE ou Camille ? plus adaptés aux enfants en primaire. Ces deux albums ont aussi l’intérêt de se terminer avec une page documentaire : sur les femmes dans le sport pour le premier et leur accès à l’éducation dans le second.

Les avis de Lucie ici et .

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Et si vous souhaitez faire réfléchir les enfants et les adolescent.e.s autour de vous à leurs droits, n’hésitez pas à leur proposer de participer à la consultation nationale d’UNICEF France : les enfants ont la parole !


ALODGA s’engage – aux côtés de l’UNICEF pour son prix de littérature jeunesse 2020.

Depuis 2016, l’UNICEF organise un prix de littérature jeunesse pour sensibiliser dès le plus jeune âge aux droits de l’enfant grâce à la lecture. Ce sont les jeunes lecteurs et lectrices, de 3 à 15 ans, qui votent pour leur livre préféré parmi une sélection d’ouvrages choisis en fonction d’un thème et répartis en 4 catégories d’âge, de la maternelle au lycée. Chaque année, les enfants et les adolescent.e.s peuvent participer en famille ou par le biais d’une collectivité.

La thématique de cette année ne pouvait que retenir notre attention, car elle permettait d’aborder un sujet qui est au cœur des préoccupations de nombreuses Terriennes et nombreux Terriens :

“Objectif Terre : lisons pour la planète !”

Nous vous présentons donc aujourd’hui, jour de la proclamation des résultats du vote des enfants, nos coups de cœur parmi cette sélection, en espérant vous donner envie d’aller en lire quelques uns en passant par le drive de vos médiathèques, en incitant vos enfants à flâner entre les rayonnages des bibliothèques de classes ou des CDI, pour que la lecture et les droits de l’enfant restent au fondement de nos préoccupations.

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Dans la sélection des 3-5 ans…

Un album très coloré qui modernise les personnages de Franquin. L’auteur aborde la question du déménagement et plus largement de l’immigration, mettant en avant l’importance de l’accueil et de la solidarité.

Le nouveau nid des Petits Marsus de Benjamin Chaud, Little Urban, 2017

Pour aller plus loin : les avis de Pépita et de Linda.

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Un album beau et très émouvant qui montre comment on peut parler à hauteur d’enfant des questions les plus terribles – ici, le fameux “continent” de plastique qui grandit dans l’océan Pacifique. Le souffle poétique, la densité du texte et la sensibilité des illustrations en font un modèle en la matière.

Sur mon île, de Myung-Ae Lee, La Martinière Jeunesse, 2019.

Pour en savoir plus : les avis d’Isabelle de Linda.

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Un album foisonnant de couleurs, une invitation à l’imaginaire, à l’observation de la nature, à l’affranchissement des frontières. Un tour du monde animalier incroyable !

Jouer dehors, Laurent Moreau, éditions Hélium

L’avis de Pépita

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Monsieur Toutenordre, comme son nom l’indique, aime l’ordre ! Rien ne dépasse dans sa maison. Pris de frénésie, l s’attaque à la forêt dérangeant les animaux dans leur habitat naturel. Une façon d’expliquer aux plus jeunes l’importance du respect de l’environnement avec des images qui leur parlent.

Tout en ordre, Christophe Ellegaard, les Fourmis rouges

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Dans la sélection des 6-8 ans…

Album ludo-éducatif, Océans… et comment les sauver est un très bel ouvrage à conseiller aux jeunes lecteurs pour une découverte des écosystèmes marins et une sensibilisation à leur protection écologique. L’auteure apporte un regard optimiste et propose des actions applicables par tous depuis la maison.

Océans… et comment les sauver de Amandine Thomas, Sarbacane, 2019

L’avis complet de Linda est ICI.

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Il y avait une maison de Philippe Nessmann et Camille Nicolazzi nous raconte le quotidien des habitants d’une “vaste maison perdue dans les montagnes. Elle y était si grande et si belle qu’une multitude d’animaux y avaient élu résidence.” On y découvre au fil des pages, les choix que font ses habitants de tout poil et l’impact de ces choix sur les autres habitants. Cette fable écologique sur la biodivesité est publiée par La Cabane bleue qui conçoit ses livres dans une démarche globale de développement durable. Une maison d’édition qui mérite toute notre attention.

Il y avait une maison, Philippe Nessmann et Camille Nicolazzi, La Cabane bleue, 2019.

Pour en savoir plus : l’avis de Linda.

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Dans ce magnifique livre au format à l’italienne, on découvre tout un catalogue de métiers dont on aurait bien besoin pour notre futur : éleveur de forêts, conservateur d’espèces oubliées ou bien Planteur de lagon… Un imaginaire foisonnant que l’on découvre tout autant dans le texte poétique que dans les magnifiques illustrations qui l’accompagnent.

Le livre des métiers : un imaginaire pour demain de Julie Bernard, Zebulo éditions, 2018

Pour en savoir plus : l’avis de Bouma

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Melle Coline, institutrice, a du pain sur la planche ! Quand elle s’aperçoit que ses élèves ne savent rien des légumes, elle se lance dans des semis avec sa classe. A travers ce projet, c’est tout un quartier qui va découvrir les bienfaits du jardinage pour un meilleur mode de vie. Un roman bien sympathique, à l’enthousiasme contagieux, qui donne envie de prendre sa bêche pour retourner la terre et voir pousser le fruit de son travail. Un roman qui s’attache à décrire une réalité.

Le jour des premières fois, Salades & cie, Marie Colot et Florence Weiser, Alice jeunesse, coll. Primo

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Dans la sélection des 9-12 ans…

Livre de vulgarisation scientifique qui s’aborde comme une promenade au bord d’une rivière et la découverte de ses écosystèmes. Au fil des rencontres, Naïa, jeune collégienne qui prépare un exposé, s’interroge et trouve des réponses sous différents angles : géographie, théologie, philosophie et sciences pures. Des angles qui soulèvent l’importance de l’eau tout en soulignant l’inégalité de sa répartition naturelle.

Les mystères de l’eau de Blaise Hofmann, La joie de Lire, 2018

L’avis de Linda est ICI.

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Livre de philosophie mais aussi livre d’art, Demain entre tes mains est une œuvre exigeante et belle qui nous interroge sur notre rapport à l’argent, à la consommation, à la nourriture, aux déplacements… Fruit de la rencontre entre deux personnalités engagées, Cyril Dion et Pierre Rabhi, ce livre croise contes, paraboles, textes documentaires et réflexions philosophiques. Il est magnifiquement illustré par 32 artistes de l’agence Costume 3 pièces, dont les images résonnent autant que les mots qu’elles accompagnent.

Demain entre tes mains, Cyril Dion, Pierre Rabhi, Actes Sud Junior + Costume 3 Pièces, 2017.

Pour en savoir plus : les avis de Linda et de Pépita.

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Un récit de science-fiction comme on les aime qui met en scène la famille Karadine dont le père est laborantin en biotechnologie. Il a créé une bactérie qui dévore le plastique pour lutter contre la pollution. Mais le “Plastivorax” va échapper à son créateur et devenir extrêmement dangereux… Un récit au rythme haletant qui se lit d’une traite ! Ce fut le livre préféré des élèves de Colette qui participaient cette année au prix !

Plastique Apocalypse, Arthur Ténor, Le Muscadier, 2018.

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30 jours sans déchets (ou plus) raconte le défi relevé par la famille Delamare qui rêve de surpasser ses voisins parfaits, les Bertin. Pour figurer dans le journal local, Austin décide de convaincre sa famille de vivre 30 jours sans faire de déchets. Le défi sera difficile à relever, mais c’est sans compter sur l’implication progressive de la famille, sur l’aide inattendue des voisins, sur la solidarité sans laquelle ce modèle écologique ne peut se mettre en place. Un livre qui non seulement raconte une belle histoire d’amitié et de famille mais qui donne aussi de nombreuses astuces pour soi-même initier ce défi dans sa famille ! A vos poubelles !

30 jours sans déchets (ou plus..), Sophie Rigal-Goulard, Rageot Editeur, 2019.

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Dans la sélection des 13-15 ans…

Un roman d’anticipation engagé et percutant, entre utopie et dystopie. Tout s’articule à la perfection pour nous tenir en haleine et donner à réfléchir aux maux du monde et aux façons de le changer.

Nous sommes l’étincelle, de Vincent Villeminot, PKJ, 2019.

Pour en savoir plus : les avis de Linda, de Pépita et d’Isabelle, ainsi que l‘avis du jeune Antoine.

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Bleu Pétrole est une bande dessinée qui revient sur les évènements survenus le 16 mars 1978 à Portsall dans le Finistère lorsqu’un pétrolier s’est échoué et a créé l’une des plus grande marées noires du siècle. Léon, maire de la commune décide de poursuivre les responsables et engage une lutte judiciaire qui va durer des années. L’auteure livre un témoignage basé sur les anecdotes et l’histoire de sa famille.

Bleu Pétrole de G. Morizur et F. Montgermont, Grand Angle, 2017

L’avis de Linda.

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Quinze portraits qui permettent de rencontrer des jeunes et leur combat pour la planète, les droits des enfants, etc. Assez didactique, l’ouvrage se veut clair et appuie ces informations de chiffres qui soulignent la gravité et l’urgence de la situation.

Ces jeunes qui changent le monde de J. Canepa et P. Ducrozet, La Martinière jeunesse, 2019

L’avis de Linda est ICI.

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Récit multi-genre, La dernière marée se situe entre dystopie, vie de famille ou romance adolescente. La mer recule laissant place à une plage immense, sa mère est dépressive, son père ne sait plus comment gérer, Elo se retrouve seule jusqu’à sa rencontre avec l’optimiste Hugo. Mais lorsque Hugo se met à douter de lui, Elo ne sait plus à quelle bouée s’accrocher…

La dernière marée d’Aylin Manço, Talents Hauts, 2019

A découvrir, les avis de #Céline et de Linda.

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Avez-vous lu certains de ces titres ? Ou avez-vous des lectures coup de cœur à partager autour du thème de la protection de la planète ? En parlez-vous avec les enfants et les adolescent.e.s autour de vous ? N’hésitez pas à partager vos titres et surtout n’hésitez pas à vous inscrire au prochain prix de littérature jeunesse de l’UNICEF !