Billet d’été : des classiques illustrés

L’été, la détente, le farniente et… les listes de livres !

Que l’on ait noté les ouvrages qui nous faisaient envie tout au long de l’année ou que les titres soient suggérés par les enseignants, l’été nous permet d’accorder du temps à des lectures plus exigeantes que le reste de l’année. C’est donc le moment idéal pour (re)découvrir un classique.

Ces textes sont des valeurs sûres et ont l’avantage d’être souvent tombés dans le domaine public. Ce n’est donc pas un hasard si l’on voit paraître de plus en plus de « classiques illustrés ».

Les nouvelles éditions illustrées présentent deux avantages. Tout d’abord, elles désacralisent et dédramatisent le rapport au texte classique, le rendant plus accessible aux jeunes lecteurs. Car il semble plus abordable accompagné d’illustrations. Mais les versions illustrées proposent surtout l’appropriation d’une œuvre par un artiste, qui souvent l’enrichi de précieux détails visuels. Un texte puissant impose à l’illustrateur de se montrer à la hauteur !

Voici une petite sélection. Attention, ces éditions ne comportent pas toujours le texte intégral.

  • Des bandes dessinées
Le premier homme, Albert Camus, illustrations de Jacques Ferrandez, Gallimard Jeunesse, 2017.

Parallèlement à la jeunesse d’Albert Camus, Le premier homme évoque les différentes étapes de la colonisation de l’Algérie, de manière à la fois factuelle et nuancée. Les thèmes sont forts : recherche des origines, amour filial, poids de la pauvreté, éducation, et cette Algérie si chère à Camus.
Les dessins sont efficaces, les couleurs remarquables et les astuces mises en place quand les souvenirs assaillent le narrateur, bien vues.

L’avis de Lucie.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee, illustrations de Fred Fordham, Grasset, 2018.

Grand classique de la littérature américaine, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur raconte le procès d’un homme Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Dans l’Alabama des années 1930, la petite communauté de Maycomb est violemment divisée. Le dessin de Fred Fordham est parfaitement adapté à Scout, la jeune narratrice : il est à la fois vif et doux. Certaines planches (la mare, l’incendie…) sont tout simplement somptueuses.

L’avis de Lucie.

Le baron perché, Italo Calvino, illustrations de Claire Martin, Jungle !, 2020.

Cette adaptation du conte philosophique d’Italo Calvino est une réflexion sur la propriété, la nature, l’amour et les conséquences de ses choix, avec une mise en images et en couleurs signée Claire Martin. La taille de l’album, la fraîcheur des illustrations et les couleurs, nous emportent d’arbre en arbre aux côtés de Côme. 

L’avis de Lucie.

  • Des romans graphiques
L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Robert Louis Stevenson (texte intégral), illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2018.

Les thèmes de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde infusent longtemps après avoir tourné la dernière page. La double personnalité, l’acceptation de soi, le rapport aux autres, l’amitié, les pulsions, la perte de contrôle… Et cela tombe bien car les illustrations de Maurizio A.C. Quarello invitent à prendre notre temps pour les contempler : chacune semble être un tableau !

Les avis d’Isabelle et de Linda.

Et parfois ils reviennent… : Histoires de fantômes, Guy de Maupassant, Sheridan Le Fanu, Jerome K. Jerome, Gustavo Adolfo Bécquer, Robert E. Howard, Oscar Wilde, Tcheng Ki-Tong, Edgar Allan Poe (textes intégraux), illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2020.

Les huit nouvelles choisies sont des classiques, efficaces, à la fois effrayantes et pleines d’humour noir. Chacune d’elle est magnifiée par les illustrations de Maurizio A.C. Quarello, merveille de finesse et vraie valeur ajoutée.

Les avis de Linda et de Lucie.

Dracula, Bram Stoker, illustrations de François Roca, L’école des loisirs, 2020.

Cette adaptation du roman de Bram Stoker conserve la forme originale de l’oeuvre : fragments de journaux intimes, de courriers, de télégrammes et de coupures de presse. François Roca joue sur le classicisme du personnage immortel et multiplie les clairs-obscurs pour accentuer le questionnement sur les limites entre la bête et l’homme, la vie et mort ou le Bien et le Mal.

L’avis d’Isabelle.

Des souris et des hommes, John Steinbeck (texte intégral), illustrations de Rebecca Dautremer, Tishina, 2020.

Dans cet autre incontournable de la littérateur américaine, John Steinbeck broie le rêve américain en même temps que ses personnages sous le poids du déterminisme. Incroyable travail de Rebecca Dautremer qui fait de chaque page de cet imposant ouvrage une oeuvre d’art. Elle varie les styles et les points de vue, les couleurs et les échelles de plan. Mieux encore, elle joue avec l’imagerie des années 1930 pour dénoncer la face obscure de la société de consommation. Incontournable.

L’avis d’Isabelle.

Pour découvrir d’autres titres en attendant le billet du 23 août consacré aux romans de Jane Austen illustrés par Margaux Motin, explorez les Grands classiques illustrés chez Sarbacane, les Illustres classiques de L’école des loisirs (versions abrégées), les Romans illustrés par Quentin Gréban chez Mijade ou encore les magnifiques Classiques illustrés par MinaLima chez Flammarion.

Bel été illustré !

Billet d’été : Au fil de l’eau…

L’été est enfin arrivé avec l’espérance de détente et de plaisirs propres aux vacances. L’eau, élément essentiel à la vie, est souvent source de plaisir et d’aventures aussi ai-je fait le choix de proposer une petite liste de livres autour des rivières, fleuves, mers et océans.

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Pour commencer notre voyage au bord de l’eau, des livres informatifs et documentaires permettront de découvrir les mystères de l’eau.

Les mystères de l’eau de Blaise Hofmann, la Joie de lire, 2019.

Ce récit de vulgarisation scientifique est idéal pour les petits curieux qui aimeraient tout savoir sur l’eau. Blaise Hofmann utilise la forme du récit pour apporter des informations multiples tout en proposant une promenade au bord de la rivière. De la science à la géographie en passant par la théologie ou la philosophie, l’eau n’aura plus aucun secret.

Mon avis complet.

Histoires de Fleuves de Timothy Knapman, Sarbacane, 2019.

De tout temps, l’homme a cherché à s’installer près des cours d’eau. Timothy Knapman propose une découverte du passage des hommes sur les rives de cinq des plus grands fleuves du monde. De la source à l’embouchure, ils livrent leur histoire, de la culture des peuples qui y vivent aux histoires issus du folklore local en passant par des anecdotes divers. Un magnifique album qui se déplient littéralement sous nos yeux pour révéler les fleuves et leurs mystères.

Mon avis complet et celui d’Isabelle.

Océans… et comment les sauver d’Amandine Thomas, Sarbacane, 2019.

Et parce que les océans méritent d’être préserver, je vous propose de découvrir ce très bel album qui s’ouvre sur dix écosystèmes marins différents, fragilisés par l’activité humaine. Amandine Thomas présente la vie aquatique et les causes qui le fragilisent en apportant un regard optimiste en proposant des solutions applicables par tous depuis chez soi.

Mon avis complet.

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Quoi de plus appréciable par une belle journée d’été qu’une baignade dans la rivière. Les invitations à jouer sont nombreuses, les rencontres arrivent souvent de façon inattendue.

Vite, à la rivière! de Yuichi Kasano, Nobi!Nobi!, 2017.

Pour Hiro, les tentations ont beau être nombreuses, cet été-là il n’a qu’un objectif, glisser le grand toboggan sur la cascade. Un très bel album qui parle de dépassement de soi et de courage en proposant une découverte des activités familiales que l’on peut mener les pieds dans l’eau.

Mon avis complet.

La reine des truites de Sandrine Bonini et Alice Bohl, Grasset jeunesse, 2016.

Pour Suzie et Ismaël, l’été est l’occasion de découvrir la nature luxuriante et de vivre de grandes aventures. Mais c’est à la rivière qu’ils aiment aller se rafraîchir, quand la reine des truites ne protège pas son territoire. Une histoire pleine de fraîcheur qui met l’amitié et les jeux de l’enfance au cœur de l’été.

Un été en liberté de Mélanie Edwards, Bayard, 2020.

Les rencontres apportent parfois plus que de l’amitié. Pour Violette, les premiers émois amoureux se feront autour de nombreuses baignades dans la rivière et de lectures à l’ombre d’une grand arbre. Le texte est doux et touchant comme un premier baiser.

Mon avis complet.

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Les vacances sont aussi l’occasion de vivre de grandes aventures. Quoi de mieux qu’un bon livre d’aventures au bord de l’eau ou sur l’eau pour passer un bon moment?

Le chant de la Grande Rivière de Tom Moorhouse, hélium, 2013.

L’aventure à hauteur de campagnols avec ce roman à mi-chemin entre le documentaire animalier et le récit initiatique. L’auteur y dépeint la vie de tout un écosystème au travers de nombreuses thématiques: le deuil, le dépassement de soi, la différence, la tolérance…

Mon avis complet.

La grande rivière d’Anne Rossi, Magnard jeunesse, 2015.

Un récit initiatique pour les jeunes lecteurs qui parle de dépassement de soi, d’amitié au travers d’une aventure palpitante qui montre que la différence n’est pas un frein pour réussir de grandes choses. Les thématiques sont nombreuses (handicap, rejet, acceptation de soi…) pour ce récit d’aventures palpitant sur la grande rivière.

Mon avis complet.

La rivière à l’envers de Maxe L’Hermenier d’après le roman de Jean-Claude Mourlevat, Jungle Pépites, 2020.

Adaptation du roman de Mourlevat, cette bande dessinée est une bonne manière d’entrer dans l’univers de Tomek et Hannah dans leur quête de la mystérieuse rivière à l’envers.

Mon avis complet, celui de Blandine pour le tome 1 et le tome 2.

La série des trois “romans-fleuve” de Davide Morosinotto vous entrainera à l’aventure sur les bord du Mississippi, de le Neva et de l’Amazone. Trois récits palpitants qui s’inscrivent dans l’Histoire.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à (re)lire notre lecture commune autour des ces trois grands romans ICI.

Edison – La fascinante plongée d’une souris au fond de l’océan de Torben Khulman, 2018.

Pour finir, voici un album de vulgarisation scientifique qui nous entraîne au fin de l’océan Atlantique dans une chasse au trésor à hauteur de souris.

Mon avis complet et celui d’Isabelle.

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Il ne me reste plus qu’à vos souhaitez de belles lectures et un bel été au bord de l’eau.

Billet d’été – D’Arbres en Arbres

Dernière arrivée à l’Ombre du Grand Arbre, jeune bourgeon qui souhaite devenir vieille branche, vous parler d’arbres, de feuilles et de racines, m’a semblé évident. Voici donc une sélection pour vous emmener en balade, pour découvrir des arbres d’ici et d’ailleurs, des arbres fascinants ou métaphoriques, des arbres qui suscitent de multiples émotions ou favorisent les imaginations.

Se promener en forêt, en humer les odeurs, observer les différentes ramées… et ne pas toujours les reconnaître ! Avec ces deux albums, il devient aisé d’apprendre à les différencier et nommer.

Je découvre LES ARBRES. Claire LECOEUVRE et Laurianne CHEVALIER. Circonflexe/Millepages, 2016

Après nous avoir présenté ce qu’est un arbre, ce qui le compose, comment reconnaître feuilles et fruits, les autrices nous détaillent en mots et en dessins 24 espèces que nous pouvons facilement retrouver dans nos forêts et balades : érable, if, sapin, bouleau, pommier, robinier…

Chaque arbre se voit mis à l’honneur avec informations descriptives et géographiques, sur son bois, sur son “talent caché” et son “petit secret”. Un petit pas-à-pas nous apprend à dessiner sa feuille ou son fruit.

Regarde ce que j’ai trouvé dans les bois. Moira BUTTERFIELD et Jesús VERONA. Editions Père Castor, – 2020

Cet album nous invite à suivre trois amis qui s’en vont se promener en forêt. Chemin faisant, ils observent, ramassent, comparent ce qu’ils trouvent pour nous permettre de connaître les arbres, leurs particularités et bienfaits, comme la vie qui y fourmille, au fil d’illustrations minutieusement détaillées.

L’histoire se double d’un cherche-et-trouve et s’alterne avec des pages documentaires riches d’informations dessinées sur des feuilles à petits carreaux.

Un album pour apprendre, aimer et donner envie de préserver la forêt.

Mon avis ICI.

Il y a les arbres qui nous sont familiers, et tous ces autres qui parent d’autres contrées, qui forment d’autres légendes ou traditions. Etonnants, passionnants, l’album de Nancy Guilbert et Anna Griot nous emmènent à leur rencontre.

L’Arboretum. Voyage au pays des arbres. Nancy GUILBERT et Anna GRIOT. Courtes et Longues, 2018

Par une nuit étoilée, un enfant est guidé par un oiseau à la découverte des arbres, de leurs formes, de leurs couleurs et de leurs particularités.
Servie par des mots-poèmes et des illustrations chatoyantes, cette histoire onirique se double d’un herbier que remplit l’enfant au fil de son merveilleux voyage.

Un album sensible pour découvrir, partager, respecter et être en lien avec la Nature qui nous entoure.

Mon avis ICI.

Dans le vaste et foisonnant monde des livres, les Arbres occupent toujours une place de choix, bienveillante, salvatrice et gardienne. Ils sont le symbole de l’équilibre et de la verticalité, de la vie, dans son évolution comme dans sa régénération, ce qui leur confère tant de sagesse.

Les livres dont je vous parle ci-après mettent à l’honneur cette vie, ce lien et cette transmission.

Petit-Arbre veut grandir. Nancy GUILBERT et Coralie SAUDO. Éditions Circonflexe, 2015

Dans cet album aux illustrations délicatement travaillées, nous accompagnons un arbrisseau impatient de grandir. Au fil du temps qui passe et de sa croissance, sa confiance en lui s’accroît grâce à l’enseignement du Grand-Chêne comme des animaux qui viennent le solliciter.

Un album aux mots rimés pour aborder l’estime de soi, l’appartenance au monde et le sentiment d’utilité, comme le cycle de la vie et la ronde des saisons.

Mon avis ICI.

Sous les Arbres – Un chouette Été. Dav. Les Editions de la Gouttière, 2021

C’est l’été, il fait beau, il fait chaud, et dans la forêt, résonnent des cris joyeux.
Trois enfants jouent dans un plan d’eau, mais leurs bruits exaspèrent M. Hibou et M. Crapaud qui le font savoir chacun à leur manière.
Pourtant, peu à peu, chacun va s’adoucir et se souvenir.

Une petite BD au format à l’italienne, quasi muette, qui fleure bon l’enfance et sa nostalgie, comme les petits bonheurs estivaux.

Mon avis ICI.

Tobie Lolness. Timothée de FOMBELLE. Gallimard Jeunesse, 2016

Le père de Tobie Lolness a fait une découverte scientifique qu’il refuse de révéler, ayant compris combien son invention pourrait être détournée de manière néfaste pour l’Arbre, ses habitants et leur Monde.
A cause de cela, Tobie est contraint de fuir et nous le suivons dans son périple et ses découvertes.

Timothée de Fombelle nous entraîne dans un passionnant roman d’apprentissage qui entremêle aventure et écologie.
Il a créé toute une société autour de l’Arbre dont ses habitants ne mesurent que quelques millimètres de haut.
Ainsi découvre-t-on sa géographie, sa hiérarchie sociale, ses valeurs, ses croyances, ses craintes, les différents dangers, les ambitions dévorantes de certains, les comportements (humains) dans toute leur diversité, les théories quant à la nature de ces “Hommes” et à celle de l’Arbre.
L’écriture de Timothée de Fombelle s’attache au sens des mots, est immergeante et très visuelle, empreinte de poésie et de clins d’œil.

L’arbre-lit. Silène EDGAR et Gilles FRELUCHE. Éditions La Cabane Bleue, 2020

Valentine a grandi et son père décide de lui fabriquer un nouveau lit. Pour ce faire, il utilise le bois du vieux poirier malade qui se trouve dans le jardin. Lorsqu’il est fini, Valentine est heureuse de s’endormir dedans quand une voix profonde et chaleureuse la réveille doucement.

Chaque nuit, cette voix lui raconte des histoires des temps passés devenues contes et légendes, lui permettant de rencontrer différents êtres et personnages.
Mais voilà qu’un soir, l’arbre se tait. Son absence désempare le rossignol. Son silence soudain attriste l’enfant. Une larme coule de sa joue au bois de son lit. Et durant son sommeil, une branche feuillue grandit jusqu’à surplomber sa tête.
Aussitôt, Valentine la plante dans le jardin.

Depuis, chaque soir, avant d’aller dormir, Valentine conte une histoire à l’arbrisseau pour l’aider à grandir.

Voici une délicate histoire de cycle, de transmission et d’écologie, très joliment illustrée.

Pour conclure ce billet au pays des Arbres, je vous emmène là où leurs symboles prennent sens, forces et formes. Où les feuilles deviennent feuillets et pages, où grâce à eux les histoires commencent et où nous remontons le temps pour découvrir nos racines. Ainsi l’Arbre devient libre, ainsi devient-il généalogique.

archives DÉTECTIVE. Nancy GUILBERT et Anna GRIOT. Editions Courtes et Longues, 2021

Un enfant se rend avec ses parents dans le bâtiment des Archives.
Ses doigts compulsent des documents anciens, sauvegardés, enluminés, restaurés. Ses yeux découvrent des lieux, des noms, des histoires, des identités. Lui n’en recherche qu’une seule.
Au fil des pages du livre que nous tenons, lui remonte les branches du temps et d’un Arbre.

Nancy Guilbert et Anna Griot nous convient à vivre un voyage merveilleux, auréolé de mystères et de découvertes, vibrant de couleurs et de détails.
Avec délicatesse et poésie, elles nous apprennent, ou nous rappellent, toutes les professions qui entourent et font vivre les Archives.
Et nous encouragent, nous aussi, à y mener notre propre (en)quête.

Mon avis ICI.

Je vous souhaite une belle balade auprès des Arbres et des pages.
N’hésitez pas à me/nous dire quels sont vos livres adorés en rapport avec eux.
Bel été,
Blandine

Nos coups de cœur de l’été

Cet été, il a fait beau, il a fait chaud. Et forcément, pour les dévoreuses de livres que nous sommes, les lectures ont eu une place de choix.

Voici un petit florilège de nos lectures préférées !

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Pour Claudia, C’est un plongeon dans l’univers de la télé-réalité et ses dangers.
Un roman efficace et accessible à tous, particulièrement aux adolescents.
Un livre court et réussi qui en dit long sur le sujet ! 

Ma story de Julien Dufresne-Lamy
Editions Magnard Jeunesse

Son avis est ICI.

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Un autre coup de cœur pour Claudia et sa fille Louisa, 11 ans, avec ce roman d’aventures qui nous transporte dans un monde irréel et fabuleux ! Une histoire captivante, remplie de péripéties et de mystères, avec des rebondissements et de l’action en continu. Un régal !

Bienvenue à Oswald de Célia Garino
Editions Courtes et Longues

Son avis est ICI.

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Pour Lucie et son fils, Le Mystère des pingouins a été l’occasion de voyager au Japon cet été. Entre sa fantastique enquête sur l’apparition de pingouins et sa couverture hypnotique, le best seller de Tomihiko Morimi les a enchantés. Leur avis ICI.

Le Mystère des pingouins de Tomihiko Morimi, Ynnis Editions

Ce roman a été adapté en manga (3 tomes) et en film d’animation.

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Avec 11 romans lus sur trois semaines de congés, très difficile de choisir pour Pépita ! Son blog MéLI-MéLO de livres n’a jamais aussi bien porté son nom… Je ne vais pas mettre à nouveau en lumière des romans mis en coups de cœur par mes comparses sous cette rubrique, alors je choisis une nouveauté toute fraiche qui me donne envie de lire le roman pour adultes publié avant lui : Murène de Valentine Goby Chez Actes Sud.

L’anguille de la même autrice chez Thierry Magnier, nous parle de différence, de situation de handicap, mais aussi d’amitié, de joie, de résilience et de REGARD : car oui, tout est toujours question de regard sur soi et des autres. Un roman que j’ai lu d’une traite tant Camille et Halis vous emportent dans leur sillage. Je ne l’ai pas encore chroniqué sur mon blog mais allez-y les yeux ouverts !

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Pour Solectrice, c’est une BD pleine d’humanité, qui l’a emporté sur la demi-douzaine de romans, pourtant savoureux, dévorés cet été.

A la vie ! de l’Homme étoilé, chez Calmann Lévy, comme son titre l’indique, c’est une ode, une formule qui invite à profiter jusqu’au bout de tous les bons moments. Voici la devise de cet infirmier en soins palliatifs qui nous dévoile son quotidien enchanté, entre sourires et larmes. Si elles ne sont pas spécialement destinées à la jeunesse, ces planches émouvantes et drôles peuvent être partagées à tout âge sans modération.

Instants de vie croqués, à retrouver aussi sur Instagram.

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Pendant les vacances, l’île aux trésors a débordé de belles lectures… S’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace, de Thomas Gerbeaux, illustré par Pauline Kerleroux (La Joie de Lire, 2020). Ce petit livre se lit comme un roman d’aventure addictif, une perche tendue à nos consciences, un hymne à la liberté, à la joie de la rencontre et à la solidarité. La littérature jeunesse à son meilleur !

L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace, de Thomas Gerbeaux. La Joie de Lire

L’avis d’Isabelle ICI.

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Pour Linda, les coups de cœur ont été nombreux cet été. Faire un choix n’a pas été facile mais c’est probablement un été en liberté qui a été la lecture la plus touchante de ces vacances. Entre nostalgie et florilège émotionnel, l’histoire est douce comme un baiser, légère comme une caresse, on suit les premiers émois d’une adolescente qui rencontre son âme sœur.

un été en liberté, de Mélnaie Edwards. Bayard

Son avis est ICI.

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Pour Bouma, il n’a pas été difficile de choisir. Son cœur s’est arrêté le temps de la lecture de Heartstopper d’Alice Oseman. Il s’agit d’un comics touchant et délicat au trait vif. On y découvre les premiers émois amoureux d’un adolescent en quête de son identité sexuelle. Premier tome d’une série, il n’y a plus qu’à se plonger dans les tomes suivants.

Heartstopper T.1 d’Alice Oseman, Hachette, 2019

Son avis ICI

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Enfin, nous voulions partager un nouveau coup de cœur commun.
Cet été nous avons été nombreuses à craquer pour Alma : Le vent se lève de Timothée de Fombelle, magnifiquement illustré par François Place. Le premier tome de ce qui s’annonce comme une fresque sur l’esclavage entre trois continents nous a fait vibrer aux côtés de son héroïne au caractère bien trempé. Ce roman sera d’ailleurs très prochainement l’objet d’une lecture commune !

Alma : Le vent se lève de Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse

Les avis d’Isabelle et de Lucie.

Billet d’été : éveiller ses sens …

Ce n’est vraiment pas facile de passer la dernière pour ces billets d’été 2020 tous aussi passionnants les uns que les autres !

Vous avez dû remarquer que deux fils ont été déroulés : focus sur des livres reçus lors de notre Green swap d’été et le monde d’après (confinement oblige !). Au choix pour nous toutes.

J’ai donc décidé, étant la dernière, de relier les deux, comme une façon de fermer cette période ou au contraire de l’ouvrir vers d’autres perspectives.

Tout est donc venu du superbe swap que j’ai reçu de la part de Frédérique du blog Liraloin avec un livre comme une bombe : Le goût du baiser de Camille Emmanuelle Editions Thierry Magnier, collection L’Ardeur.

“Regarder la vie en face, toujours la vie et la reconnaître pour ce qu’elle est.
Enfin, l’aimer pour ce qu’elle est et la mettre derrière soi.”
Virginia WOOLF
Editions Thierry Magnier

Je ne vais pas ici ré-écrire une chronique (elle est déjà sur mon blog LA) ni m’improviser Maïa Mazaurette ! (Voir ses superbes chroniques dans le journal Le Monde) mais tenter de prendre de la hauteur : car des baisers, on en a manqué. Collectivement je veux dire. Du tactile, de la douceur, de la barbe qui pique, de la peau qui colle, de la bave de tout-petit, de rides comme des parchemins, …de l’humain quoi ! Car oui, ce que nous a enseigné cette période, c’est cela : ce besoin viscéral de se toucher, de se sourire, de s’écouter (en dehors des écrans), de se rencontrer sans arrière-plan de scenarii catastrophes,..alors que le machin nous en empêche.

Nous étions amputés et le sommes toujours. Sens dessus dessous. Comme Aurore dans le roman, qui n’a plus ni goût ni odorat.

En même temps, c’est une période qui nous a mené à pas mal d’introspection : à savourer le rythme de la nature, à écouter le silence (sans avions ni voitures), à observer la renaissance du printemps, à réfléchir à son mode de vie, à se prendre la tête entre quatre murs (quand on n’a pas la chance d’avoir un jardin mais c’est aussi contraignant un jardin, bref, je m’égare), à jongler entre enfants et boulot, à avoir envie de jeter les écrans trop chronophages et qui “remplaçaient” tout ça, (vraiment ?)…

A redéfinir ses priorités en fait. Comme Aurore dans le roman, qui décide de prendre sa vie en main, de sortir de sa coquille, d’aller vers l’inconnu et de re-naître.

Et de s’apercevoir qu’avec une certaine forme de liberté retrouvée, le naturel risque de revenir au galop : j’essaie de me souvenir de cette période qui a certes été violente, longue et incertaine, mais qui avait aussi un autre GOÛT.

Celui d’un espoir. Comme Aurore, qui en rencontrant d’autres personnes -et un en particulier-s’autorise enfin une autre forme de plaisir, bien au-delà de son propre espoir.

Pour le monde d’aujourd’hui, éveillons donc nos sens au sens large, même s’ils sont anesthésiés par les gestes barrières (elle est pas top cette expression hein ? Et si on disait plutôt gestes protecteurs ?), même s’ils constituent le seul rempart connu et qu’il est donc nécessaire de les appliquer.

N’ajoutons pas d’autres barrières mais au contraire transformons-les en du positif ! Ce n’est rien d’autre que le message de ce magnifique roman à travers le parcours de son héroïne. Alors à défaut de s’embrasser, EmbraSons-nous !

Il me reste à vous souhaiter une belle rentrée ! Pleine de nouveautés, de retrouvailles, d’envies, de sourires avec les yeux, de bonjours avec les mains (LSF), de baisers comme des papillons, et de patience… vers des jours meilleurs que nous devons espérer et surtout construire par nos comportements plus responsables envers la nature et les autres.

Et ça, c’était le but de notre Green Swap ! La boucle est bouclée ? … Non, elle chemine !