Nos coups de cœur de novembre

Sous les belles branches de notre grand arbre fleurissent chaque mois des lectures inoubliables. Découvrez les livres qui ont fait chaviré nos cœurs de blogueuses en ce mois de novembre !

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Pour Liraloin c’est un voyage hypnotique qui emporte le coup de cœur pour ce mois-ci. Il s’agit d’Odyssée de Peter Van Den Ende publié chez Sarbacane en 2020. Il s’agit d’un premier album.

Cet album sans texte est une formidable aventure à travers les mers. Les illustrations en noir et blanc pleine page soulignent une atmosphère propice à la rêverie.  Une route longue et fantastique s’ouvre devant un si petit bateau en papier, cet origami plié par des générations d’enfants. Justement, Peter Van Den Ende invite le lecteur à voyager dans son imagination, à trouver dans son odyssée des créatures qui rassurent ou qui font peur pour cheminer et arriver à bon port afin de grandir en étant son propre capitaine.

Odyssée de Peter Van Den Ende, Sarbacane, 2020

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Chez Lucie, la sortie du deuxième tome d’Alma de Timothée de Fombelle était attendu avec impatience.

Si comme eux vous avez envie de retrouver les personnages qui vous ont fait vibrer, suivez leurs aventures entre la France, l’Afrique, l’Amérique et l’Australie dans un grand jeu de piste comme sait si bien en concevoir cet auteur malicieux. Alma : l’enchanteuse est un enchantement !

Alma : l’enchanteuse de Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse, 2021.

Son avis ICI.

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J’en rêvais depuis longtemps a aussi attiré l’attention de Lucie et de son fils. Par son format inhabituel tout d’abord, mais surtout par son contenu. Outre les illustrations toujours expressives et réjouissantes d’Olivier Tallec, il joue ici avec l’identité du narrateur de manière très amusante.

J’en rêvais depuis longtemps d’Olivier Tallec, Actes Sud Junior, 2021.

Son avis ICI.

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Pour Blandine, le choix ne fut pas facile tant novembre lui a fait battre le cœur. Puisqu’il faut bien choisir, voici les deux livres qui résonnent particulièrement!

Le Passeur de fantômes – Tome 1. Alain GROUSSET et Johan HELIOT. Éditions Auzou, 2018

Malo emménage dans une nouvelle maison, que l’on dit hantée… à raison. Il y fait la connaissance de Jérémy, fantôme d’un garçon de son âge, amnésique et qui ne peut aller dans l’au-delà. Avec l’aide de Silène et d’Octave, son aïeul fantôme d’un Poilu de 1914, il lui vient en aide et se découvre un pouvoir.

Ce roman aborde des thèmes forts comme l’amitié, la culpabilité et l’entraide avec un peu d’Histoire Surtout, il nous permet d’entrevoir un univers riche autour de l’occultisme, sans aspect effrayant.

Son avis complet ICI.

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Les Croques – Tome 3
Léa MAZÉ. Éditions de la Goutière, 2020

Les Croques, ce sont Céline et Colin, deux jumeaux turbulents, harcelés au collège en raison du métier de leurs parents, croque-morts, et délaissés par ces derniers trop pris par leurs difficultés. Renvoyés une énième fois, les jumeaux se mettent en tête de résoudre un mystère après avoir vu des marques étranges sur certaines tombes… Ils s’attendaient à vivre une aventure palpitante, les voilà plongés au cœur d’une enquête haletante et pleine de dangers.

Avec son triptyque, Léa Mazé nous happe tout du long et nous plonge dans un thriller au cadre atypique: un cimetière! Elle joue sur les apparences et les cadrages, son travail autour des couleurs est magnifique. Nous sommes maintenus en haleine et ce troisième tome, avec sa double chute, clôt parfaitement la série!

L’avis complet de Blandine ICI.

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C’est un voyage au Bois de Burrow qui a conquis Linda. Thibault Guichon utilise la fable animalière pour dénoncer les travers de notre société moderne : fashion addict, surconsommation ou encore addiction aux réseaux sociaux sont pointées du doigt dans un texte plein de poésie et d’humour. Superbement illustré par Frédéric Pillot dans un style noir et blanc proche des gravures du XIXe siècle, cet album très grand format est aussi un très bel objet-livre.

Les Fabuleuses Fables du Bois de Burrow de Thibault Guichon, illustrations de Frédéric Pillot, éditions Little Urban, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Pour Colette, le mois de Novembre fut l’occasion de renouer avec la Bande-Dessinée. Et c’est avec Nowhere girl de l’auteure Magali Le huche, qu’elle suit depuis si longtemps avec ses petits pilotes, qu’elle a redécouvert les plaisirs enchantés de ce genre si créatif. Dans Nowhere girl, Magali Le huche raconte son adolescence, et plus précisément son entrée au collège. Et l’impossibilité de s’y sentir en sécurité. Seule la musique, seuls les Beatles vont lui permettre d’ouvrir une brèche enchantée dans son quotidien angoissant. C’est avec eux, qu’elle traversera les route qui mène à l’âge adulte, confiante en ses dons, en sa créativité.

Nowhere girl, Magali Le huche, Dargaud, 2021.

Son avis complet est ici.

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Isabelle n’a fait que des belles pioches ce mois-ci. En album, elle s’est régalée avec Tombée du ciel, la nouvelle pépite des frères Fan, dont on aime toujours autant la proposition esthétique et philosophique. Cette fable autour d’une Merveille colorée qui serait tombée du ciel dans un pré d’herbes folles évoque joliment ce que peut provoquer en nous la rencontre avec l’inconnu : la curiosité, la perplexité, les questionnements métaphysiques ou spirituels, la gourmandise ou la convoitise… Elle nous interroge sur les manies humaines de vouloir s’approprier et marchandiser tout ce qui pourrait rester commun. Un album à couper le souffle, entre poésie, perche tendue à notre conscience et hymne au partage.

Tombée du ciel, des Fan Brothers, Little Urban, 2021.

L’avis d’Isabelle ICI

Et en roman, Isabelle et son moussaillon cadet ont adoré lire à voix haute le deuxième tome de la série Angie ! de Marie-Aude et Lorris Murail. Une enquête policière de haut vol portée par des personnages qu’on est ravi.e de voir retrouver et voir évoluer. L’intrigue s’inscrit à la fois dans notre époque de pandémie et dans le temps long de l’histoire du Havre. Tout cela est pimenté d’humour et porté par une plume énergique, vivante et très visuelle. Un roman plein de vie !

Souviens-toi de septembre ! de Marie-Aude et Lorris Murail. L’école des loisirs, 2021.

Son avis complet ICI

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau ce mois-ci ?

L’art dans tous ses états : les fictions !

Après vous avoir proposé une sélection pour faire découvrir et partager les délices de l’art à travers des livres documentaires, cette semaine place aux fictions !

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Léon et son crayon, Barney Saltzberg, Seuil Jeunesse, 2013.

Léon est passionné dessin. Et c’est cette fabuleuse passion, fabuleuse au sens étymologique du terme, au sens d’inventer des histoires, que nous donne à voir cet album avec beaucoup d’ingéniosité.

L’avis de Colette ICI.

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Scribble et Ink, Ethan Long, Hélium, 2012.

Scribble et Ink ne sont jamais d’accord, ils n’ont pas la même vision de l’art. L’un peint, l’autre dessine et ils ont des styles très différents. Jusqu’au jour où leur vient une idée géniale comme seul.e.s les artistes peuvent en avoir !

L’avis de Colette ICI.

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Max et son art, de David Wiesner, Circonflexe, 2011.

Arthur, peintre accompli, espérait bien mettre à profit sa journée pour créer un chef d’œuvre, mais c’était compter sans l’envahissant Max qui insiste pour peindre. La séance prend vite un tour surprenant, mais jouissif : on en aurait presque envie d’en mettre partout à notre tour ! Le comique de situation est servi par de splendides illustrations truffées de détails hilarants. La morale de l’histoire, s’il y en a une, est décomplexante : folie, maladresse et imagination débridée peuvent parfois nourrir les créations les plus inattendues !

L’avis d’Isabelle ICI.

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Un bleu si bleu de Jean-François Dumont, Flammarion Jeunesse Père Castor, 2006.

Comme l’indique son titre, Un bleu si bleu est la quête d’un petit garçon à la recherche du bleu profond et lumineux dont il a rêvé. Cet enfant passionné de dessin et de peinture va quitter sa ville grise et partir pour un long voyage dont certaines étapes font directement référence à des tableaux.
Un album très touchant.

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Le secret de Zara, de Fred Bernard et Benjamin Flao (Delcourt, 2018)

Pas évident pour les parents de Zara de canaliser la fougue créative de leur artiste en herbe. Sous le trait de Benjamin Flao, elle prend vie et nous entraîne dans un tourbillon créatif aussi réjouissant que débordant ! Les personnages sont profondément humains, drôles et attendrissants. Les illustrations sont de toute beauté et font la part belle à l’imagination débridée de Zara. Elles regorgent de détails et de références. On referme ce livre avec l’envie de vivre nos rêves… et de créer.

L’avis d’Isabelle ICI

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Vladimir et Clémence, Cécile Henneroles, Sandrine Bonini, Grasset Jeunesse, 2015.

Vladimir et Clémence est un joli roman illustré qui nous invite à suivre les méandres du cœur d’un photographe débutant, Vladimir, amoureux d’une chimère que seul son art pourra faire exister. Délicat et poétique à souhait !

L’avis de Colette ICI.

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Les tableaux de l’ombre de Jean Dytar, Delcourt-Louvre éditions, 2019.

Les éditions Delcourt et Louvre éditions s’associent ponctuellement pour publier des bandes dessinées inspirées d’œuvres exposées au musée du Louvre. C’est le cas notamment pour Les tableaux de l’ombre qui avait fait l’objet d’une lecture commune. Jean Dytar donne vie aux cinq personnages de l’Allégorie des cinq sens, mais aussi à des tableaux beaucoup plus célèbres. C’est justement l’un des sujets de cette bande dessinée : le besoin de ces œuvres d’être vues.

Les avis de Colette et de Lucie.

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L’ange disparu, de Max Ducos (Sarbacane, 2008)

Tout est génial dans ces pages : le suspense insufflé à une visite de musée qui s’annonçait pourtant barbante, le plaisir de mener l’enquête dans les galeries, les détails dont on ne se lasse pas avec moult clins d’œil à des toiles bien connues – il fallait tout le talent de Max Ducos pour atteindre un tel art du détournement. Quelle perspective étourdissante sur ces œuvres ! Elle ne manque pas de sel, surtout, vous l’imaginez, quand on glisse vers l’art abstrait… C’est captivant, poétique et très ludique. On rêverait de déambuler dans ce musée et de trouver LA toile où sauter à pieds joints. L’album le montre avec force, nul besoin d’être le premier de la classe pour savourer l’art, il peut suffire de lâcher la bride de son imagination !

L’avis d’Isabelle ICI

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Frida de Sébastien PEREZ, texte & Benjamin LACOMBE, illustrations, Albin Michel, 2016

Liraloin a décidé de vous parler de cet album après la lecture du roman de Claire Berest Rien n’est noir paru chez Stock en 2019. Frida est envahie par le noir, la morbidité et le sang bien malgré elle. Au fond de son âme, Frida est colorée, aimée, amoureuse. D’ailleurs les couleurs de Benjamin Lacombe traduisent bien les tableaux et les tenues mexicaines flamboyantes de Kahlo. La tristesse se fait sentir à travers le texte poétique de Sébastien Perez , une poésie résonnant de gravité.

« Je ne connais pas de maison plus triste que la mienne ». Cette maison dont parle Frida Kahlo, c’est son corps, ses vertèbres brisées, cet abdomen transpercé. Toute sa vie, la douleur accompagnera Frida, elle peindra ses blessures, la perte de l’amour mais surtout un manque : celui ne ne pas pouvoir enfanter. « L’écorce se fend et la sève ruisselle jusqu’à la Terre. La vie n’est qu’un recommencement. »

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L’homme qui marche de Géraldine Elschner et Antoine Guilloppé, L’élan vert pont des arts, 2018.

La collection Pont des Arts se propose d’aborder l’art par la fiction.
Dans cet album, Géraldine Elschner et Antoine Guilloppé ont choisi de conter l’histoire de deux sculptures de Giacometti : L’homme qui marche et Le chien en les liant au sort des migrants. Sombre et fort.

L’avis de Lucie, et pour découvrir la collection Pont des Arts, c’est ICI.

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Azul, d’Antonio da Silva (Le Rouergue, 2021)

Le nouveau roman d’Antonio da Silva nous entraîne dans des tableaux, grâce au pouvoir très spécial de Miguel. Un pouvoir exaltant : imaginez un peu entrer dans une toile de van Gogh pour mieux goûter la voute étoilée, ou contempler les Nymphéas de Monet sans filtre ! Mais le petit jeu pourrait avoir des conséquences redoutables vu la manie irrépressible qu’a le jeune homme d’apporter de légères « retouches » au passage… Un roman qui se démarque en mêlant fantastique, art et suspense.

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Troll de Troy tome 23, « Art Brut » de Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier, Soleil, 2018.

La bande dessinée se prête extrêmement bien à l’exploration d’œuvres. Même Arleston et Mourier se sont amusés à détourner des chefs d’œuvres dans le 23ème tome de leur série Trolls de Troy intitulée Art Brut. Si l’histoire n’est pas exempte de clichés et d’humour gras, les « perspectives picturales » en fin de volume sont très réussies.

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Et vous ? Avez-vous croisé l’art au fil de vos lectures ? Ou y-a-t-il des lectures qui ont déclenché un goût de l’art chez vous ou vos enfants ?

L’art dans tous ses états : les documentaires !

Suite à leur lecture commune des Tableaux de l’ombre en juin dernier, Colette et Lucie ont proposé aux arbronautes de mettre en avant leurs coups de cœur sur l’art. Et grâce à leur enthousiasme, ce ne sont pas une mais deux sélections que nous vous proposons ! Cette semaine, les documentaires et les ouvrages de non-fiction sont à l’honneur, et la semaine prochaine ce seront les fictions dans lesquelles l’art tient un rôle particulier.

Parce que l’art, tout comme la culture, nous est essentiel !

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Olalar, éditions Faton, uniquement sur abonnement

Le magasine Olalar propose aux enfants de 4 à 7 ans de découvrir chaque mois un artiste, un courant artistique, une thématique. Le contenu est à la fois adapté et de qualité pour une première approche ludique.

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

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Couleur Renoir, Marie Sellier, RMN.

Un livre cartonné à manipuler pour découvrir les couleurs à travers l’œuvre de Renoir : voilà la très belle idée de La Réunion des Musées Nationaux avec ce bel objet qui ravira les tout-petits.

L’avis de Colette ICI.

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Mes 10 premiers tableaux de Marie Sellier, Nathan, 2011.

C’est à une approche très ludique que Marie Sellier invite les petits lecteurs. Il s’agit d’observer les détails d’une œuvre à travers des découpes, aiguillés par une question. En tournant le cache, l’enfant découvre l’œuvre dans son ensemble, accompagné par une courte présentation poétique.

L’avis de Lucie ICI.

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Mon premier livre d’art : le Sommeil de Shana Gozansky, Phaïdon, 2019

Autres titres à découvrir dans la même collection : l’Amour, le Bonheur, l’Amitié.

Petite histoire du soir, une plongée dans l’art : ce livre tout cartonné est un voyage dans les œuvres de nos chers artistes. A offrir : « Fais de beaux rêves, de la part de : » ou simplement à lire tout en cheminant à travers le bienfait du sommeil. « Tout le monde dort » et pour illustrer les étapes du sommeil, le texte va plus loin en apportant des informations sur la peinture choisie. A la fois reposant et éducatif, ce petit documentaire se partage dans un moment calme et propice à la découverte de l’art.

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Du bruit dans l’art, Andy Guérif et Edouard Manceau, éditions Palette.

Voilà un livre qui nous invite à un voyage sonore à travers des œuvres de tous les styles, de toutes les époques. Idéal pour faire découvrir l’art aux tout-petits mais c’est aussi un régal pour les plus grands. Car l’art a cette faculté incroyable de nous emporter dans cet au-delà où les étiquettes, les classes d’âge, les catégories n’ont plus leur place !

L’avis de Colette ICI.

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DADA, la première revue d’art, au numéro ou abonnement.

La revue artistique DADA propose une initiation à l’art en famille, dès 6 ans. Chaque mois, un artiste ou un courant artistique est mis en avant de façon ludique et accessible à tous. L’originalité de cette revue tient dans le fait que toutes les formes d’art cohabitent : de la peinture à la sculpture en passant par la photographie, le cinéma ou encore l’architecture, DADA se veut une ouverture totale à l’art.

Plus d’informations sur leur site internet, sur lequel on retrouve d’autres propositions artistiques.

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L’art du bout des doigts, des tableaux, des histoires, Annick de Giry, Seuil Jeunesse, 2016.

Dans cet album carré, nous sommes invités à parcourir de célèbres œuvres du bout des doigts pour faire surgir au fil des pages, au fil des formes chaque élément qui les composent. C’est interactif, c’est innovant, c’est magique !

L’avis de Colette ICI.

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L’art en bazar, de Ursus Wehrli, Milan Jeunesse, 2013.

Les adeptes du ménage et de l’ordre vous le diront : ranger, c’est tout un art ! Mais en matière d’art, justement, l’ordre n’est pas la priorité. Ce registre de création ne peut-il pas être défini précisément en opposition à la rationalité, à la fonctionnalité et aux formes d’activités séquencées et réplicables ? N’est-il pas un lieu par excellence de questionnement subversif, voire de contestation des ordres établis ? Ursus Wehrli interroge ce qui constitue une œuvre d’art en prenant nos convictions à contre-pied, avec un projet aussi provocateur que réjouissant : l’artiste entreprend en effet de « mettre de l’ordre » dans d’illustres tableaux ! Qu’il s’agisse de toiles de la Renaissance, de peintures expressionnistes ou d’art abstrait, rien ne lui résiste ! Tel un maniaque du rangement, il procède avec méthode et une approche systématique redoutablement efficace. L’entreprise a beau sembler absurde, on ne peut qu’admirer la méticulosité du travail réalisé et la beauté surprenante du résultat. Un album fascinant permettant de découvrir ou de revisiter des œuvres incontournables !

L’avis d’Isabelle

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Le musée des émotions. 40 chefs-d’oeuvre livrent leurs secrets, d’Elsa Whyte, La Martinière Jeunesse, 2020.

Le musée des émotions est un gros coup de cœur des branches du grand arbre (il figure dans la sélection des trois documentaires actuellement soumis au vote pour le Prix ALODGA). Ce bel objet-livre déploie une galerie d’œuvres associées chacune à une émotion. Parmi les incontournables, comme La Joconde, le Cri de Munch ou Guernica de Picasso, Elsa Whyte glisse des peintures, des sculptures et des photographies moins célèbres. Ces œuvres esquissent une palette d’émotions aux quarante nuances, montrant ce que tristesse, chagrin, colère, sérénité, déception, honte, souffrance, etc. font aux corps. Le classement par ordre chronologique nous entraîne dans un voyage dans le temps fascinant car il donne à voir comment les émotions et leur expression, que l’on pourrait croire universelles, changent au fil des siècles. Le texte interroge chaque scène et tend à éveiller la sensibilité artistique des jeunes lecteurs, en leur faisant prendre conscience que chaque œuvre renferme une histoire. Beau et captivant !

Les avis d’Isabelle, de Linda et de Lucie

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Comment parler d’art aux enfants de Françoise Barbe-Gall, Adam Biro, 2008.

Parce que même si on aime visiter des musées, nous n’avons pas toujours les connaissances permettant de répondre aux questions de nos enfants, Françoise Barbe-Gall propose des conseils pratiques par tranche d’âge (5-7 ans, 8-10 ans et 11-13 ans), des pistes de réponses pour certaines questions ou remarques (« Quelle est la différence entre un commanditaire et un mécène ? », « Faut-il qu’un peintre soit mort pour être célèbre ? », « C’est mal fait, mal dessiné », « Qu’est-ce qu’un tableau abstrait ? », etc.) et, évidemment, les éléments-clés pour expliquer 31 tableaux. Pour aller plus loin, l’auteur a décliné son concept avec un second tome puis des ouvrages thématiques par époque (Comment parler de l’art du XXème siècle aux enfants) ou par thème (Comment parler de l’art et du sacré aux enfants).

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La ruée vers l’art, de Clémence Simon, Arola (revue Dada), 2019.

Le street art appartient sans doute aux mouvements artistiques contemporains les plus dynamiques. La ruée vers l’art nous permet de découvrir près d’une vingtaine d’œuvres de street-artistes de renommée, qui ont toutes en commun de détourner des peintures ultra-célèbres. Chacune est présentée par une grande photo s’étendant sur une double page, assortie d’un rabat proposant une description, quelques pistes d’interprétation et des informations sur l’œuvre d’art détournée : un choc stimulant entre chefs-d’œuvre ayant marqué l’histoire et street art. Choc également entre art et objets du quotidien, comme ce seau ménager qui, déversé, déverse une vague qui ressemble à s’y méprendre à celle de Hokusai. On s’amuse en découvrant ces œuvres, d’en reconnaître d’autres parmi les tableaux détournés dont certains, comme la Joconde, sont célébrissimes. On admire les prouesses techniques des artistes : les photos montrent bien comment ils jouent sur les échelles. Le texte éclaire le contexte de création autour de questions artistiques, sociales et politiques passionnantes. Voilà une façon très ludique de découvrir en famille l’histoire et l’actualité de l’art !

L’avis d’Isabelle

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Le code de l’art d’Andy Guérif – Palette…, 2013

Tous ces panneaux sur la route que l’on soit automobiliste ou piéton font partie de notre vie quotidienne et nous n’y prêtons guère plus attention sauf en cas de besoin bien évidemment ! De cette signalisation Andy Guérif a trouvé des références dans l’art pour s’y amuser. Tout a coup, ce qui a de plus abstrait devient vivant et matière à discussion un peu comme la première de couverture réalisée avec un hologramme.

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Et vous, quel documentaire vous a apporté une nouvelle vision de l’art ?

Lecture d’enfant #39 : Partis sans laisser d’adresse

C’est en lisant l’article qu’Isabelle et ses moussaillons ont consacré à ce roman que Théo, 9 ans, a eu envie de partir à la rencontre de Félix.
Il a eu un coup de cœur immédiat pour ce personnage malmené par la vie, et a souhaité partager ses impressions à son tour.

Partis sans laisser d’adresse de Susin Nielsen, Hélium, 2019.

Peux-tu résumer l’histoire ?

C’est l’histoire de Félix, qui a douze ans et qui vit dans un Combi Volkswagen avec sa mère Astrid. Elle n’arrête pas de dire que la situation va s’arranger mais elle ne s’arrange pas pendant plusieurs mois. Félix doit garder le secret et faire semblant d’avoir une vie normale pour ses copains du collège.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de lire ce livre ?

Pas la couverture, que je trouve affreuse. Mais le résumé m’a intrigué.

Pourquoi as-tu choisi de parler de ce livre ?

Parce que je l’ai bien aimé. Il explique bien ce que c’est qu’être SDF et je n’avais jamais lu un livre sur ce sujet.

Qu’as-tu aimé dans ce livre ?

J’ai aimé plusieurs choses. J’ai été content que Félix retrouve Dylan, qu’il avait dû quitter quand il avait déménagé, et qu’ils redeviennent amis comme avant.

C’était intéressant de pouvoir lire les articles que les enfants écrivent pour le journal du collège. Et j’ai été content que Félix soit sélectionné pour participer à son jeu télévisé préféré, parce qu’il en rêvait.

Quel est ton personnage préféré ?

Félix évidemment ! Parce qu’il est super intelligent et super gentil. Il ne mérite pas une maman comme ça.

D’ailleurs, je n’ai pas trop aimé la mère, parce que je l’ai trouvée égoïste. Elle ne fait aucun effort pour garder un travail, et ça a des conséquences pour son enfant. Elle lui fait faire n’importe quoi (voler, rentrer dans des maisons dont ils ne sont pas propriétaires…) et il est inquiet tout le temps ; il ne se sent pas en sécurité.

A qui conseillerais-tu ce livre ?

À des personnes qui sont intéressées par la pauvreté, parce que ça explique bien comme la vie est compliquée quand on manque d’argent. En plus ils ont honte alors que ce n’est pas leur faute.

Merci Théo !

Le Prix Vendredi, la cinquième édition

Le Prix Vendredi récompense chaque année un roman destiné aux adolescents. Une sorte de Goncourt pour ce public qui le mérite bien ! Le 8 novembre 2021, il a été attribué à Amour Chrome, de Sylvain Pattieu, tandis que deux mentions spéciales ont récompensé Joëlle Ecormier pour et Nastasia Rugani pour Je serai vivante. Bravo aux lauréat.e.s ! Pour prolonger l’expérience et continuer de célébrer la littérature ado, nous avons eu envie comme l’année dernière de partager nos impressions sur les dix titres de la sélection 2021.

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J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle de Jo Witek, Actes Sud junior, 2021.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle est un roman porté par le souffle de son héroïne, Efi, 14 ans, qui va devoir affronter une terrible épreuve : celle que ses parents lui ont préparée au début des vacances scolaires, celle du mariage forcé avec Soan, de 15 ans son aîné. Efi résiste mais qui peut résister à la horde sauvage qui unit tant de gens autour de certaines traditions ? Seule, c’est impossible. Alors il faudra compter sur Atâ, son grand frère, sur Mme Gatzea , son enseignante passionnée de littérature, sur Emily Dickinson, sur Petite Fleur, la chèvre apprivoisée et surtout sur Mme Renata, membre d’une ONG qui lutte contre le mariage forcé.
Si ce roman n’a pas été sans rappeler à Frédérique Les Impatientes de Djaïma Amadou Amal, prix Goncourt des lycéens en 2020, il offre cette originalité de ne se situer nulle part, ce qui lui confère une dimension – tristement – universelle.
Et puis il rappelle, dès le titre, ce que devrait être toute adolescence : une lumineuse et extraordinaire bonne nouvelle !

L’avis de Frédérique.

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La Gueule-du-Loup d’Eric Pessan, l’école des loisirs, 2021.

Isabelle n’a pas du tout regretté de s’être risquée à La-Gueule-du-Loup. Avec un nom pareil, il fallait avoir le goût du danger… La maison est à l’image de son nom, sombre et pleine d’ombres – drôle d’endroit pour venir se confiner. Quelle est la chose malsaine qui cerne les lieux ? Lorsqu’une peluche est retrouvée déchiquetée, il devient clair que ce n’est pas l’imagination de Joséphine et de ses proches qui leur joue des tours… Éric Pessan, de sa belle plume imagée, joue des codes du genre horrifique pour tirer sur toutes les cordes de notre paranoïa. Et pourtant, c’est sur un tout autre terrain qu’il nous entraîne finalement, suivant une partition inattendue mais d’autant plus glaçante, à la lisière entre le thriller, le conte, la poésie et le drame. Prise de court, Isabelle a lu ce livre en apnée, mais non sans noter au passage une foule de réflexions très juste sur l’époque contemporaine (on se gardera bien de vous en dire plus !). Ce roman hypnotique se dévore et laisse groggy, mais aussi étrangement apaisé.e.

L’avis complet d’Isabelle.

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La Sourcière d’Elise Fontenaille, Rouergue, 2021.

Pour Linda, La Sourcière est un conte poétique, cruel et féministe qui nous entraîne dans les pas de Garance au pays des volcans assoupis. Alors qu’elle grandit dans la protection de Gallou la Brodeuse et parcourt la lande accompagnée de la Renarde, elle avance inéluctablement vers son destin et la confrontation au cruel et sanguinaire Saigneur Guillaume.

L’avis complet de Linda.

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Olympe de Roquedor de Jean-Philippe Arrou-Vignod & François Place, Gallimard jeunesse, 2021.

Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place rendent hommage aux feuilletons populaires et aux romans de cape et d’épée du 19ème siècle, mais en bousculant allègrement les codes puisque le premier rôle revient à une jeune fille. Cette aventure s’inscrit dans un écrin historique, avec ce qu’il faut de châteaux, de cavalcades, de tavernes, de bandits et de chasses aux sorcières : on s’y croit ! C’est une époque où l’on dispose des jeunes filles comme du bétail, qu’il s’agisse de les jeter au couvent ou de les marier. Mais Olympe semble indomptable. On s’attache immédiatement à ce personnage flamboyant, partageant son désarroi et sa lutte désespérée pour défendre sa liberté. Ses péripéties sont portées par la plume généreuse des deux auteurs. Il y a de l’action et de la liberté, du souffle et du mystère, des combats et de la subversion – même si on aurait aimé que le roman aille plus loin encore : pourquoi cette jeune femme si pleine de ressources doit-elle être si souvent sauvée, voire éclipsée par ses alliés masculins ? Cela dit, les dialogues sont plus vrais que nature, dignes d’Alexandre Dumas ou même de Molière. Un brillant récit d’aventure dont Lucie et Isabelle n’ont fait qu’une bouchée.

Les avis complets d’Isabelle et de Lucie.

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Parler comme tu respires d’Isabelle Pandazopoulos, Rageot, 2021.

Dans Parler comme tu respires Isabelle Pandazopoulos raconte l’histoire de Sibylle, 15 ans, qui décide presque sur un coup de tête de se former à la sculpture. Dans une école spécialisée, loin de sa famille, elle va se découvrir et percer le lourd secret de famille à l’origine de son bégaiement.
Ce roman a fait à Lucie l’effet d’un catalogue de difficultés à placer dans un roman jeunesse contemporain. Jugez plutôt : sont abordées les tensions que l’orientation professionnelle peut créer entre parents et enfant, le handicap, Alzheimer, un parent en prison, l’homosexualité tant chez une fille que chez un garçon, la misogynie et un secret de famille.
En 320 pages, cela fait beaucoup. Sans mettre en doute la sincérité de son auteure, le nombre de thèmes abordés donne l’impression qu’elle a voulu placer un maximum de mots-clés en un minimum de pages. La lisibilité, mais aussi l’intrigue et la crédibilité en pâtissent nécessairement. Pourtant, la passion de l’héroïne pour Rodin et sa vocation de sculptrice étaient prometteuses…

L’avis de Lucie.

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Plein Gris de Marion Brunet, PKJ, 2020.

Dans Plein Gris de Marion Brunet, il n’y a pas de pause, pas de temps mort.
« Quand le corps apparaît à la surface, inerte, contre la coque du voilier, personne ne crie. Aucun d’entre nous. Comme si ça n’arrivait pas jusqu’à nos consciences. Comme si, en ne réagissant pas, on pouvait annuler la réalité du fait : c’est un cadavre qui remonte. Le cadavre de notre ami, pour être précise. »
Voilà, le décor est planté, une intrigue implacable est nouée et l’histoire peut commencer avec cette tourmente terrifiante qui se dessine à l’horizon. La double tourmente qui frappe le groupe, celle qui l’a précipité vers la mort de Clarence et celle qui submerge le voilier, place le récit sous haute tension. On le parcourt en apnée, happé.e par les spirales de pensée des navigateurs et la façon dont se révèlent, dans l’ouragan, les blessures cachées et le tumulte déchaîné sous la surface sciemment lissée tournée vers les autres. La narratrice dit très bien la férocité et la naïveté du regard adolescent sur la vie, l’ivresse de naviguer à la lisière du danger et les jeunes amitiés, intenses et troubles. Marion Brunet mène habilement sa barque entre huis clos et nature incommensurable, entre roman catastrophe et thriller psychologique. Addictif et réussi !

Les avis complet d’Isabelle et de Frédérique.

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Quelques secondes encore de Thomas Scotto, Nathan, 2021.

Une passion dangereuse, les limites repoussées, le saut de trop, pas assez près ou prêt, et c’est la chute… fatale. Alban n’est plus. Son cœur bat, il respire, artificiellement, mais non, il n’est plus. Ce n’est plus lui. Et les médecins qui veulent savoir. Pour les organes. Car le temps est compté.

Au fil de chapitres qui entrecroisent passé et présent, Anouk, la sœur d’Alban, nous raconte son frère, ses goûts, son caractère, leur relation fusionnelle, les souvenirs en cascade, des plus fous aux plus anodins. Elle nous décrit l’hôpital, la chambre, la confusion de sa mère, ce que son frère voulait et aurait voulu, l’absence de leur père, retenu à des centaines de kilomètres pour son travail. Elle décrit l’imbroglio d’émotions, et ces trois lettres que sa mère doit se résoudre à prononcer… « Oui »… ou …. « non ».

Ce texte, plein de délicatesse, a pris Blandine au cœur. Intime, humain, poignant, il nous bouleverse, nous bouscule, et nous pousse à nous interroger sur nos croyances, nos possibles en pareille situation.

L’avis complet de Frédérique.


Ils ont reçu une Mention Spéciale

de Joëlle Ecormier, Zebulo, 2021.

Pour Linda, est un récit sensible et poétique qui aborde les difficultés du deuil chez l’adolescent avec sincérité et justesse. Le texte nous entraîne dans une quête de vérité et d’acceptation pour rendre sa vie à un jeune homme rempli de colère et de chagrin par la perte d’un père disparu en mer. Il ne faudra rien de moins que l’amour d’une mère et d’une sœur, et la gentillesse d’un inconnu pour le ramener parmi les vivants.

L’avis de Linda.

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Je serai vivante de Nastasia Rugani, Gallimard Scripto, 2021.

Assise sur une chaise, une jeune fille dépose plainte. pour viol. En face d’elle, un officier aux questions froides et factuelles. Pas de place pour l’empathie. Sur sa chaise, dans sa tête, la jeune fille se souvient, par bribes, par émotions. Ses pensées s’échappent, remontent le temps et nous racontent.

Blandine a été malmenée par ce récit. Par son écriture d’abord. Une écriture ciselée, poétique, métaphorique, qui use de figures de styles. Qui tourne, contourne, nous perd aussi un peu dans le méandres des sentiments et souvenirs de la jeune fille. Et pourtant rien n’est confus, tout est glaçant. Son histoire, qui aurait pu, qui aurait dû être belle, puis le viol et ses suites. La rupture interne, familiale, sociale. Et enfin, ces murs oppressants du commissariat pour un témoignage éprouvant. La victime est deux fois victime, devoir raconter encore et encore, devoir prouver, n’être toujours pas crédible, être culpabilisée, salie.. Douter, pas d’elle-même, mais d’eux, de leur aide possible, de leur envie de l’aider. C’est éprouvant, écœurant. Heureusement, le récit s’éclaire par moments, et ce titre nous laisse rassurés par sa capacité, future, de résilience. Oui, elle sera vivante!


Le lauréat du Prix Vendredi 2021

Amour Chrome de Sylvain Pattieu, L’école des loisirs, 2021.

Amour Chrome s’engouffre dans le quotidien d’ados qui se cherchent, des gamins qui réagissent, interagissent entre eux de façon naturelle sans surjouer. Ce sont surtout des histoires de rêves d’ados comme il en existent tout autour de nous. Frédérique a trouvé ce roman chaleureux, humain et attachant : « Il est heureux, il est avec ses copines et son pote, il trace sa route. » Le jury du prix a salué « la force, la puissance poétique et la justesse de la langue, mais aussi l’énergie des personnages ».

L’avis de Frédérique.

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Et vous, lequel a votre préférence?