Nos classiques préférés : le bric à brac de Christian Voltz

Il se passe des choses incroyables sous notre bel arbre ! Figurez-vous que nous n’avions jamais parlé de Christian Voltz, de son travail original et de son humour surtout. A travers ses albums, c’est tout un univers qui s’offre aux petits comme aux plus grands. Alors voici les 10 raisons d’aimer à la folie cet auteur exceptionnel !

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Pour Liraloin, Christian Voltz a bercé les jeunes années de ses deux grands enfants maintenant. Jamais lasse de raconter ses albums, c’est un réel plaisir de partager des histoires pour rire car on ne rit jamais trop !

C’est pas ma faute ! Christian Voltz – Le Rouergue, 2001
  1. Pour ce réveil bien matinal à la campagne, quel plaisir !
  2. Pour cette charmante fermière… comment ça les araignées peuvent faire peur …
  3. Pour cette histoire en randonnée dont on raffole
  4. Pour ce carambolage d’animaux qui n’ont vraiment pas vu les choses arriver
  5. Pour la page de titre qui nous invite à presque entrer dans cette charmante ferme
  6. Pour la trombine des personnages et leurs expressions ébahies
  7. Pour cette pauvre araignée qui est un dommage collatéral
  8. Pour cette chute qui mérite réflexion
  9. Pour cette lecture à voix haute qui me ravie à chaque fois !
  10. Pour lire et relire encore cette histoire
Patates de Christian Voltz – Le Rouergue, 2000
  1. Pour les frites, la purée et les patates
  2. Pour la faim qui tiraille l’estomac, attention cela peut jouer sur l’humeur
  3. Pour cette mise en bouche que va être la rencontre entre Mr Albert et Mr Marcel
  4. Pour cette pousse verte tant convoitée
  5. Pour ce dialogue digne d’une scène que l’on pourrait retrouver chez Molière
  6. Pour cette joie intense si vite effacée … affaire à suivre…
  7. Pour cette bagarre haute en coups et en onomatopées
  8. Pour lire avec l’accent belge s’il vous plait (surtout dans l’interprétation de Mr Albert)
  9. Pour cette chute si croustillante !
  10. Pour cette quatrième de couverture (attention spoiler)
Comme chaque matin de Christian Voltz – Rouergue, 1998
  1. Pour ce maudit réveil qu’on ne préfère pas entendre, courage Mr Léon
  2. Pour cette couverture intérieure qui invite la/le jeune lectrice/lecteur à entrer dans cette maison, véritable décor de théâtre  
  3. Pour ce robinet qui goutte : plic plic plic (est-ce que quelqu’un ici connaît un bon plombier ?)
  4. Pour cette journée qui ne sera faite que de gris visiblement (vêtements, pollution…)
  5. Pour cet empressement qui caractérise Mr Léon (ceci est purement ironique)
  6. Pour ce soupir que nous poussons à l’unissons avec notre personnage préféré (je vous rassure, c’est pas le directeur, non non non)
  7. Pour cette découverte qui peut changer une vie (et parole d’arbonaute, il ne suffit de pas grand-chose)
  8. Pour cette dernière couverture intérieure qui va vous transporter sur un petit nuage de joie
  9.  et 10 Pour cet album qui n’a pas pris une ride

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Pour Lucie, Christian Voltz c’est avant tout l’auteur du premier album utilisé dans un projet transdisciplinaire : le fameux Toujours rien ? qui outre la qualité intrinsèque de l’histoire est idéal à lire en parallèle de plantations. Premier coup de cœur d’une longue série pour le travail de cet auteur-illustrateur au style unique. Et parmi eux, un titre qui se détache : Le livre le plus génial que j’ai jamais lu… voici pourquoi.

Le livre le plus génial que j’ai jamais lu… Christian Voltz, L’école des loisirs, 2008.
  • Pour ce titre terriblement racoleur.
  • Et les commentaires acerbes du bien nommé Petit Bonhomme Grognon qui commencent dès le titre (et ironise sur la célébrité de l’auteur).
  • Pour cette jeune fille pirate qui boit du rhum et se bat, héroïne badass s’il en est, mais aussi capable de gambader dans les herbes folles.
  • Pour la double narration : l’histoire principale et les commentaires du Petit Bonhomme Grognon…
  • Associée à un mélange de styles des illustrations : bricolages et dessin au trait.
  • Pour les illustrations de bric et de broc photographiée par Jean-Louis Hess dont on ne se lasse pas… et qui prennent ici une profondeur inédite.
  • Pour le jeu sur l’objet livre avec le Petit Bonhomme qui tente de tourner une page.
  • Pour les adresses à Christian Voltz, sommet de mise en abyme.
  • Pour l’humour, évidemment.
  • Et parce que le Petit Bonhomme Grognon revient dans Happy End ! et qu’on se régale une nouvelle fois.

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Hélène a eu la chance de rencontrer Christian Voltz en 2024 et de lui faire dédicacer ce livre si amusant sur la confection d’un gâteau par une équipe de pâtissier amateurs.

Un gâteau au goûter… Christian Voltz, L’école des loisirs, 2021.
  1. Pour cette équipe de cuisiniers amateurs qui se donne du mal, de manière bien originale
  2. Pour ce thème du goûter, universel et indémodable
  3. Pour le style d’illustrations caractéristique de Christian Voltz avec collages, fil de fer, boutons…
  4. Pour tous ces ingrédients auxquels on pense trop rarement quand on fait un gâteau (patates, navet, mouches…)
  5. Pour la rencontre touchante entre Monsieur Anatole et Mademoiselle Blanche
  6. Pour la solidarité des animaux voisins qui aident notre prince charmant à cuisiner pour sa dulcinée
  7. Pour la créativité, tant dans le fond de l’album que dans sa forme
  8. Pour les moments simples partagés
  9. Pour la bonne volonté des cuisiniers et la positivité de Mademoiselle Blanche
  10. Pour l’humour qui mène n’importe quelle situation vers un happy end !

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Aussi étrange que cela puisse paraître, dans la mesure où elle apprécie souvent les univers drôles, originaux et décalés, Séverine ne connaissait pas bien les albums de Christian Voltz. Elle en avait lu quelques-uns avec ses deux grands enfants, mais jamais avec la petite dernière. Voilà qui est corrigé, (corrigé, oui, car c’était une grossière erreur) et elle a même eu du mal à choisir, tant les albums qu’elle a découvert l’ont emportée. En voici deux:

Heu-reux ! de Christian Voltz, Editions du Rourgue jeunesse, mars 2016
  1. Pour le titre de l’album qui donne immédiatement le sourire parce qu’il promet le bonheur.
  2. Pour le conte détourné dans lequel le héros à marier n’est pas une princesse.
  3. Pour la fin de l’histoire, même sans le classique « ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’… »!
  4. Pour le souvenir de la publicité du fameux fromage, quand des vaches toutes plus originales les unes que les autres passaient le casting pour incarner la star (qui rit) mais qu’aucune n’avait les qualités requises.
  5. Pour le message d’estime et d’affirmation de soi qu’il délivre.
  6. Pour la fin des préjugés, côté père (finalement, toutes les animales ont leur chance de rendre le prince heureux, pas seulement les vaches)
  7. Pour la fin des préjugés côté prétendantes (finalement, toutes les animales ont leur chance de rendre le prince heureux, même celles qui n’y croyaient pas)
  8. Pour la tolérance et l’ouverture d’esprit autour de l’homosexualité.
  9. Pour le traitement humoristique, à hauteur d’enfant, du droit à aimer qui on veut.
  10. Pour le mariage, et le bonheur, pour tous.
  1. Pour le clin d’œil à une Coupe du monde de football mythique (et 1 et 2, et 3 à zéro !)
  2. Pour le jeu de mots Hommelettes, qui vaut à lui seul, son pesant de cacahouètes.
  3. Pour les affiches publicitaires typiques que l’on voit encore trop souvent (une femme mise en scène pour vendre des produits aux hommes).
  4. Pour la dénonciation des stéréotypes de genre.
  5. Pour le plaidoyer d’une répartition égalitaire des tâches quotidiennes au sein du couple.
  6. Pour le droit des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent.
  7. Pour le droit des femmes à sortir et s’amuser entre copines, hors du foyer.
  8. Pour la bouille trop mignonne de l’enfant.
  9. Pour les moments de tendresse du père avec son fils, contrairement à son discours viriliste.
  10. Pour la toute dernière image, qui fait fondre.

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Et vous quels sont vos classiques préférés de cet auteur ?

Nos coups de coeur de février

Comment ça le printemps ne pointe pas encore le bout de son nez ? La pluie nous rend marteau heureusement que la lecture adoucit notre quotidien. Voici des livres aimés pour mieux vous conseiller !

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Pour Liraloin, c’est une lecture à voix haute qu’il faut retenir ce mois-ci, un texte mis en scène par des illustrations qui montrent encore une fois toute l’originalité de cette maison d’édition qu’est le Rouergue.

Droméo et Chuliette de Marcus Malte et Henri Meunier, Le Rouergue, 2025

Ces deux-là ne sont pas faits pour se rencontrer. Quel point commun peut-on trouver entre Droméo, pianiste né au (bon) endroit où les palissades protègent (sans doute) des autres (mal intentionnés ?) et Chuliette née au (mauvais) endroit vivant dans une tour, jouant des heures à Fornite (faut bien tuer ce temps) ? Est-il si énorme ce point d’interrogation, chère spectatrice, cher spectateur : quel point commun ? L’Amour bien sûr, celui qui ne fait aucune différence entre le thé chaud et la citronnade. L’Amour, celui qui n’a pas de (frontière) tout comme ce bon vieux bus 53 traversant côté cour et côté jardin.

Suivre l’écriture en vers de Marcus Malte c’est déclamer à voix haute cette histoire où la tragédie n’est que toile de fond.

« Mes pensées sont amères

La faute à Dromadaire

Mon cœur dans un étau

C’est la faute à Chameau »

On veut y croire à cet amour, cette vie sans Droméo et Chuliette ne peut exister sans la pincée d’espoir qui est semée tout le long de cette histoire. De son dessin minimaliste, Henri Meunier entre dans le secret du cœur de nos deux jeunes héros, donne des indications scéniques sur cet amour (contrarié), allège nos peurs et nous rend optimiste face aux obstacles.

La chronique de Séverine ICI et celle de Lucie .

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Pour Séverine, l’un des gros coups de cœur du mois de février, c’est le dernier recueil de poésie de Carl Norac, illustré par la grande Anne Brouillard. Ces deux géants de la littérature jeunesse avaient un poème à lui dire, elle les a écoutés attentivement. Et leur poème, tour à tour délicat, aérien, drôle, sensible, lumineux, lui a raconté l’enfance et ses possibles, l’enfance et sa générosité, l’enfance et son émerveillement. Il lui a aussi dit les arbres et la mer, la liberté de la mésange, le secret de la mangrove, la valse des jours et des saisons, la nécessité de prendre son temps pour grandir, il lui a chanté une berceuse pour s’endormir. Il n’a pas répondu pas à toutes ses questions mais il a libéré son imagination. Il lui a dit ni barrière ni frontière, ce sont des lames qui coupent les ailes des enfants (ou les pattes de l’araignée), il l’a invitée à la complicité, la solidarité, la tolérance et le respect, il a cultivé sa bonne humeur, sa joie et sa légèreté, en jouant avec les mots. Il lui a dit tant et tant, à découvrir. Oui, ce poème avait décidément de très beaux vers à lui offrir.

J’ai un poème à te dire, de Carl Norac, illustré par Anne Brouillard, L’école des loisirs, 2026

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Ce sont deux publications fort différentes de Flammarion qui ont tapé dans l’œil de Lucie ce mois-ci.

Alors qu’elle s’apprête à aller voir l’adaptation théâtrale de L’ennemi avec ses élèves, Lucie est tombée sur cet autre album dénonçant l’absurdité de la guerre. Avec son trait si reconnaissable, un humour décapant, des découpes mais sans aucun texte, Olivier Tallec met en scène deux ennemis que tout oppose… vraiment ?

Le parallèle entre le quotidien des deux soldats montre évidemment plus de points communs que de différences (et celles-ci sont très amusantes), et la chute est un sommet d’ironie. Indispensable !

Waterloo & Trafalgar, Olivier Tallec, Flammarion, 2012.

Son avis complet ICI.

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Lucie aime beaucoup la plume de Marie Pavlenko, mais elle a traîné à lire ce roman en raison de la mention de drames dans le résumé qui, associée à cette couverture rouge n’annonçait pas une lecture facile. Et la vie de Rita est en effet une succession de tragédies. Heureusement, ce roman choral est aussi porté par des personnages attachants et lumineux. Construit autour des témoignages des proches de cette jeune fille, il montre que l’on ne connaît jamais vraiment les gens et révèle progressivement l’ampleur des difficultés auxquelles Rita doit faire face au quotidien. Si elle regrette un peu le côté voyeur du suspens autour de la révélation, Lucie a beaucoup aimé suivre le cheminement des différents personnages.

Rita, Marie Pavlenko, Flammarion, 2023.

Son avis complet ICI, celui d’Helolitla.

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Héloïse (Helolitla) a craqué pour le dernier roman ado de Maëlle Desard, Infiltrée dans la Cupidon Squad. Un roman plein d’énergie et de surprises.

Au programme ? Des Cupidons, infiltrés parmi nous. Lorsque Rebecca découvre que sa meilleure amie est en une, sa vie bascule, et la voilà qui doit affronter tout un tas de situations rocambolesques.

Amour, humour, rebondissements et secrets bien gardés dans ce premier tome qui donne le sourire. C’est foufou, c’est drôle, pétillant, bref, Héloïse a fondu devant cette histoire et ses personnages attachants.

Sa chronique ICI.

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Côté albums, c’est Le fabuleux club de lecture du bus 65 qui a charmé Héloïse et ses enfants. Le pitch : une enfant qui prend le bus comme tous les jours… et y rencontre de surprenants lecteurs.

Héloïse a un faible pour les livres qui parlent de livres, et celui-ci l’a conquise tant pour ses douces illustrations que pour ses beaux messages. Ode à la lecture et au partage, à l’amitié, il propose une douce parenthèse, un peu magique et enchantée, dans la grisaille du quotidien.

Le fabuleux club de lecture du bus 65, de Céline Person, illustré par Sanoé. Ed. Kaleidoscope, Septembre 2025.

Sa chronique à retrouver ICI.

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Hélène pour sa part souhaitait vous présenter deux albums et un petit roman qui sont se sont particulièrement distingués dans ses lectures de février.

C’est tout d’abord Le jardin des fées de Georgia Buckthorn et Isabella Mazzanti qui lui a beaucoup plu puisqu’elle a un faible pour les histoires de fées et que celle-ci est particulièrement réussie grâce à ses illustrations très colorées mais surtout au récit.

Mimi rêve de rencontrer des fées et fait tout ce qu’elle peut pour rendre son jardin le plus accueillant possible. Sauf que ce qu’elle croit par-fait… Ne l’est pas toujours pour les fées. Elles se sentent mieux dans un jardin plus sauvage, où elles peuvent se faire des lits de feuilles et côtoyer les limaces… Une ode à la nature et à la liberté.

Le jardin des fées, de Georgia Buckthorn et Isabella Mazzanti, Editions Gauthier Languereau, février 2024

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Un second album trouvé par hasard à la bibliothèque est devenu un coup de coeur à la première lecture, il s’agit de Billie et la petite banshee.

Ce titre fait découvrir au lecteur la mythologie irlandaise et les créatures surnaturelles que sont les banshee et qui sont chargées d’annoncer aux humains l’imminence de leur mort. Pour Billie, la première personne qu’elle voit en sortant de son cocon est une petite fille, Rose, à laquelle elle va s’attacher… Et cette fois cela ne se passera pas exactement comme d’habitude. Une manière très poétique d’aborder la mort et les traditions qui y sont liées, et une plongée très plaisante dans les légendes irlandaises, un univers tout à fait à part.

Billie la petite banshee, Eoin Colfer et Steve McCarthy, Pastel, octobre 2025

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Enfin, un petit roman à destination des enfants de fin de primaire a retenu l’attention d’Hélène. Parue à partir de 2021, la série La vie de château a rencontré un certain succès et ce fut un plaisir d’en découvrir le premier tome.

Violette, dont les parents sont morts, doit aller vivre au château de Versailles chez Régis, un oncle dont elle n’a pas un très bon souvenir (elle le surnomme Régis-le-Puant, c’est vous dire !). Les relations sont effectivement très difficiles au début mais finalement, ces deux personnages que tout oppose s’aideront mutuellement. Une situation de départ tragique, une rencontre entre deux personnages que tout oppose, de l’humour malgré tout, bref les bases d’une série dont on a envie de suivre les personnages attachants !

la vie de château de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’Limi, Ecole des loisirs, collection : Médium, 2021

Et vous, quels titres ont accompagné votre mois de février ?

Nos coups de cœur de janvier

Mais oui 2026 est enfin là et nous reprenons nos belles habitudes ! Voici en exclusivité et rien que pour vous nos nombreux coups de cœur. Un bon thé, un plaid et un excellent livre, quoi de mieux pour affronter cet hiver piquant ?!

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Pour Liraloin, c’est encore une BD qui remporte tous les suffrages. Tous les ingrédients sont réunis pour partir dans une aventure complétement loufoque sur un océan pas si Pantouflard que ça.

Forbans ! de Renaud Farace & Olivier Philipponneau – Editions 3oeil, 2025

Lorsque Barbe-en-Tas apprend qu’il est papa, tout va pour le mal dans ce bateau de pirates survoltés : « mon hériter, un terrien ?! Foi de Barbe-en-Tas, une telle infâmie n’arrivera pas. » Enlevé par son géniteur, Eric ne cherche qu’à s’enfuir de ce maudit rafiot afin d’aller s’unir à la merveilleuse et riche Eléonore. Mais sur l’océan Pantouflard la navigation n’est pas une activité des plus tranquille. Entre crises existentielles, tentatives de mariage et de mutinerie, personne ne sortira complétement indemne de ce voyage oh combien périlleux : « Ho ça va vous, hein ! Vous feriez moins les malins si on avait empêché vos noces, détruit votre avenir de gentilhomme et, cerise sur le pudding, si une bande de malpropres emplumés vous avait capturés pour vous occire au fin fond d’un marais perdu en plein océan Pantouflard !».

Quels joyeux lurons que ces forbans d’eau salée ! Quel régal de rire comme des pirates en lisant cette aventure qui n’arrête pas une seconde. Entre les jeux de mots et les punchlines, on s’amuse comme des gosses, après tout on est tous des mômes devant cette BD. Les personnages sont tous complétement barrés c’est sans doute les conséquences de la palette de couleurs utilisée par O. Philipponneau.

Si vous souhaitez en savoir plus, venez les rejoindre à bord pour partir à la recherche de la fameuse perle mais attention à cette tribu des Kot Kot Kot et les animaux qui peuplent cette île maléfique… brrrrrrrrrrrrrrrrrr…

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Lucie a été séduite par le roman graphique grand format Le berger et l’assassin. L’histoire de ce berger recueillant un assassin l’a profondément touchée. Le texte d’Henri Meunier s’attache à la simplicité de son personnage, mais ouvre des questionnements moraux passionnants. Et les illustrations de montagne de Régis Lejonc sont somptueuses. Un coup de cœur à tous points de vue !

Le berger et l’assassin, Henri Meunier, Régis Lejonc, Little Urban, 2022.

Sa chronique ICI.

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C’est aux Éditions Rue du Monde que Lucie doit son deuxième coup de cœur. Contactées en prévision des articles sur l’EVARS (à paraître prochainement), elles lui ont partagé l’album Noli qui dit Non !. Antje Damm y met en scène un petit rongeur capturé par un enfant qui souhaite jouer avec. Sans que le propos ne soit appuyé, le jeune lecture se voit sensibilisé au consentement, au respect et à la cause animale. Et pour ne rien gâcher, les illustrations de cet album sont très graphiques.

Noli qui dit Non !, Antje Damm, Rue du Monde, 2025.

Son avis complet ICI.

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Héloïse – Hélolità a lu beaucoup de graphiques ce mois-ci, en voici une petite sélection ! Elle est retombée en enfance le temps de sa lecture de Dina et le millimonde, a vibré avec Soeurs de glisse, et a retrouvé avec un grand enthousiasme les héros atypiques de Promenons-nous dans l’espace.

Dina et le millimonde, c’est la nostalgie de l’enfance, l’odeur des plats italiens qui mijotent, le goût de l’aventure et du mystère… Dina, c’est une jeune fille qui vit seule avec sa mère depuis que son père a mystérieusement disparu. Elles vont passer quelques jours de vacances chez Nonna, la grand-mère, enfin, c’est ce qui est prévu… La magie s’invite, Dina rétrécit subitement, et découvre un nouvel univers…

Chronique familiale, puis aventure pleine de rebondissements, ce premier tome a su charmer Héloïse, avec cette héroïne au caractère (trop) bien trempé, ces relations mère-fille compliquées, cette grand-mère si adorable, ces mystères, cet univers minuscule. Une lecture chaleureuse, et en même temps rythmée et prenante.

Dina et le millimonde, tome 1 : Le peuple du grenier, de Antonello Dalena et Stéphane Lapuss’, Dupuis,
janvier 2026

Sa chronique ICI.

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Léonie est née malvoyante. Cela ne l’a jamais empêchée de faire du sport à haut niveau en milieu valide. Mais son handicap finit par la rattraper. Sa mère lui propose alors de tenter le ski paralympique. Contre toute attente, cela lui plaît. Sauf que c’est sa sœur, avec qui elle ne s’entend guère, qui sera sa guide…

Avec Sœurs de glisse, Héloïse a plongé dans l’univers du ski paralympique. Handicap, acceptation de soi et des différences y sont abordés avec finesse, mais ce qui l’a touchée avec ce graphique, c’est surtout la relation qui se tisse peu à peu entre les deux sœurs du titre. On sent bien au départ que tout les oppose, et ce nouveau défi, avec toutes ses difficultés, les rapproche peu à peu…

Sœurs de glisse, de Gwenola Morizur et Agnese Innocente, Jungle, janvier 2026

La chronique complète d’Hélolitlà ICI.

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Promenons-nous dans l’espace, c’est un manga qui avait su surprendre Héloïse dès le premier tome. Dès qu’elle a aperçu cette suite chez son libraire manga préféré, il a aussitôt été acheté, précieusement ramené à la maison, et dévoré.

Promenons-nous dans l’espace, ce sont deux « héros » atypiques, l’un en échec scolaire, et qui jusqu’à présent a toujours fait comme si cela ne le dérangeait pas, l’autre neuroatypique. La rencontre des deux, c’est une belle surprise, et une amitié qui se tise peu à peu, entre doutes, moments de partage et d’échange, difficultés à affronter.

D’une soirée avec le club d’astronomie à la difficile révision des examens en passant par la difficulté à être entouré de gens et sursollicité, toutes les thématiques sont abordées avec bienveillance. C’est touchant. Avec en rime un beau message : chacun a ses forces et ses faiblesses, mais tout le monde peut s’en sortir. Entraide, différence, zeste de folie, persévérance, voila un petit bonbon tout doux et foufou à savourer sans hésitation !

Promenons-nous dans l’espace, tome 2, de Inuhiko Doronoda, Glénat manga, janvier 2026

Sa chronique détaillée ICI.

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Pour Séverine, les coups de cœur du mois, ce sont d’abord les 2 nouveautés de la récente collection Faire humanité, emblématique de la ligne éditoriale des Editions du Pourquoi pas ? : originalité (2 courts textes en vis-à-vis, que l’on peut lire séparément mais qui se « répondent »), belles illustrations (douces et évanescentes de pour Petite chose/Et si l’on s’aime, punchy et chamarrées pour Fashion victim/Sous toutes les coutures), sensibilité, poésie, réflexion, à portée d’enfant, toujours.

Dans Petite chose, de Claire Beuve et Et si l’on s’aime, de Cathy Ytak, c’est la réciprocité du sentiment amoureux qui est interrogée, qu’elle soit bafouée, ou sublimée. Quand Claire Beuve, dans un texte à la fois doux et rythmé, sans complaisance mais sans jugement, dénonce les mariages forcés, au nom de traditions séculaires, de jeunes filles tout juste adolescentes, c’est la voix de celles qui n’en ont pas que l’on entend, qui résonnent tel un chant d’espoir. Quand Cathy Ytak, tout en pudeur, raconte les premiers émois amoureux, la découverte de la sensualité, au féminin comme au masculin, on imagine avec elles que filles et garçons d’aujourd’hui sauront rebattre les cartes, déconstruire les clichés et injonctions de genre, tout en faisant du consentement l’as de leurs relations, au présent et à venir. Pour un autre avenir.

Petite chose/Et si l’on s’aime, de Claire Beuve, Cathy Ytak, illustré par Josephine Fromme, Editions du pourquoi pas?, 2026

Sa chronique complète ICI.

Dans Fashion victim et Sous toutes les coutures, Marie Colot nous invite, tout en nuances, à voir plus loin que le bout de notre jean, à en découdre avec nos habitudes consuméristes, à ne pas cautionner la fast fashion qui asservit, gaspille, pollue…Et l’on se prend à vouloir revêtir de nouvelles peaux d’âme…tissées d’humanité.

Fashion victim /Sous toutes les coutures, de Marie Colot, illustré par Gin, Editions du pourquoi pas ?, 2026

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Mais elle a surtout eu le coup de cœur absolu pour un magnifique album-photo, paru aux Etats-Unis et au Japon en 1967, écrit par l’autrice américaine Betty Jean Lifton, avec des photographies en noir et blanc de l’artiste japonais Eikoe Hosoe. L’album s’appelle Taka-chan et moi-Le voyage d’un chien au Japon. Il vient d’être édité pour la première fois en France par les éditions MeMo et c’est une splendeur. Histoire d’amitié entre un chien Braque de Weimar majestueux, Runcible, et une fillette japonaise, Taka-chan, « prisonnière » d’un dragon qui refuse de la laisser retourner chez elle pour se venger de son père, à moins que Runcible ne trouve la personne la plus loyale de tout le pays, et dépose une fleur à ses pieds. Nous suivons ainsi nos deux héros, complices et courageux, dans tout Tokyo, jusqu’à…un chien, mais pas n’importe quel chien ! La légende d’Hachiko parle certainement aux passionné.es de Japon, n’est-ce pas Lira loin? Les photographies en noir et blanc, jouant avec le flou, le mouvement, la profondeur de champ, le contraste…sont superbes et déroutantes, le récit, dont le chien est le narrateur, est truffé (et l’on conviendra que c’est fort à propos !) d’humour, de tendresse canine, d’émotions à fleur de crocs…Onirique, cet album unique s’ouvre et se clôt par cette question : « Qui peut bien dire si ce qu’on vit tient du rêve, ou de la réalité ? » La littérature jeunesse à son meilleur.

Taka-chan et moi-Le voyage d’un chien au Japon, de Betty Jean Lifton, photographies d’Eikoh Hosoe, Editions Memo, 2023

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Sauveur et fils, Marie-Aude Murail, l’école des loisirs, édition 2025

Hélène pour sa part a découvert 10 ans après tout le monde la série Sauveur et Fils de Marie-Aude Murail à l’occasion de sa réédition et elle a dévoré les 3 premiers tomes.

Une lecture fluide et des personnages auxquels on s’attache très rapidement l’ont immédiatement séduite : Sauveur, Louise, leurs enfants et une famille élargie aux voisins et amis des amis forment une amille recomposée si attachante ! Et bien sûr questionnements existentiels des patients de Sauveur qui, quand il ne tente pas de mettre de l’ordre dans sa propre vie aide les autres à mieux vivre la leur puisqu’il est psychologue apportent de la profondeur au récit.

A la fois intemporel et incroyablement moderne, ce livre nous offre toute une palette de sentiments sans tomber justement dans les « bons sentiments », une réflexion complexe sur les personnages extrêmement bien construits, un amour des enfant, une tendresse pour les adolescents et leur tourments, une manière de regarder le présent et le passé avec douceur et de multiples rebondissements, pour beaucoup d’entre eux liés aux hamsters adoptés par Sauveur et son fils Lazare.

Racisme (Sauveur est martiniquais), secrets de famille, poids du passé, transidentité, scarification, famille dysfonctionnelle, tentative de suicide, burn-out des enseignants… Tous ces sujets très lourds sont traité avec finesse et naturel, car derrière la porte de son cabinet, la « vraie vie » de Sauveur l’attend et dans cette vie il y a des enfants à élever et à protéger du monde sans leur en cacher la dureté. L’humour présent à chaque page ou presque aide beaucoup à cela !

Du vrai beau roman jeunesse comme on aime !

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Le second coup de coeur d’Hélène est l’album Etrange et fabuleuse Henriette d’Héloïse Solt.

Séduite par le graphisme de la couverture et par le titre, Hélène n’a pas été déçue de l’histoire. Les illustrations sont fidèles à celles de la couverture, fouillées, et Henriette tellement mignonne avec ses tâches de rousseur et ses coccinelles dans les cheveux ! Son prénom donne le ton, elle est un peu en décalage avec les enfants de son âge puisque ses passions sont les endives et les insectes.

Henriette va rencontrer une créature jaune vif, qui va un jour se matérialiser devant elle et partager sa passion pour les insectes. Afin de la convaincre de manger autre chose, Henriette emmène sa nouvelle amie à l’école et notamment à la cantine où tout le monde se montre persuasif, en étant très créatif avec la nourriture, pour faire découvrir de nouvelles saveurs la créature qui est très attachante. Kawaï food, rires et nourriture partagé permettront à Henriette de s’intégrer tout en restant elle-même.

Un album loufoque mais avec un message profond, avec plusieurs degrés de lecture et des illustrations très belles et détaillées, voilà la recette d’un livre de qualité à mettre entre toutes les mains à partir de 4 ans et bien au-delà !

Etrange et fabuleuse Henriette Héloïse Solt, Little Urban; 2025

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Et vous, quelles histoires vous ont fait vibrer en ce début d’année ?

Lecture commune : 72 saisons au Japon

Lucie, Héloïse et Liraloin ont décidé de partir très loin, dans un pays fantastique et accueillant. Une île où 72 micros saisons rythment la vie des japonaises et des japonais. Curieuses et charmées par ce documentaire, elles vont voulu échanger leurs impressions. Préparez-vous un bon thé matcha, et en route pour le Pays du Soleil Levant…

72 saisons au Japon, Kyùreki un calendrier de la Nature d’Emmanuelle Grundmann & Gilberte Niamh Bourget, 2025

Liraloin : Avant la lecture de ce documentaire, saviez-vous que les japonais étaient très attachés au cycle des saisons ? 

Héloïse : Je ne suis jamais allée au Japon, j’avoue connaître surtout ce pays grâce à ma lecture de mangas (j’en lis énormément), et j’avais remarqué que le printemps, et notamment la saison des cerisiers en fleurs, jouait un rôle important chez eux, tout comme certaines fêtes. Mais je n’imaginais pas qu’il y avait autant de mini-saisons ! 

Lucie : Moi non plus. Je savais qu’ils avaient un lien particulièrement fort avec la nature (les cerisiers en fleur comme Héloïse, les forêts et c’est aussi souvent le sujet des haïkus…) mais je n’avais jamais entendu parler de ces multiples saisons ! Et toi Liraloin, qui a eu la chance de visiter ce pays récemment ?

Liraloin : J’ai découvert cette subtilité sur les saisons avec le youtubeur Ichiban Japan (cela dit en passant, fait de magnifiques vidéos explicatives et dépaysantes sur les régions pas très touristiques au Japon). Je connaissais le lien très fort en particulier avec la floraison des sakuras mais pas plus. C’est en lisant beaucoup de littérature japonaise que je me suis aperçu que les saisons étaient très importantes dans le rythme de vie des japonais. Et qui plus est : qu’il y a même des micros-saisons.

72 saisons au Japon d’Ichiban Japan – Ichiban Japan, 2022

Lucie : Que pensez-vous de ces micro-saisons justement ? Elles vous paraissent “justifiées” ?

Héloïse : Je trouve ça super intéressant, cette connexion à la nature, au monde qui nous entoure, au vivant.

Liraloin : exactement Héloïse, j’adore penser que les japonais sont hyper connectés à cette Nature et à la lecture de ce livre il y a cette impression d’observation qui s’en dégage. Le fait de prendre le temps de regarder, se délecter ce qui nous entoure jour après jour presque… et toi Lucie? 

Lucie : Honnêtement en découvrant le titre j’ai trouvé que 72 saisons c’était peut-être un peu exagéré. Mais à la lecture, j’ai vraiment adoré cette attention aux détails, aux minuscules changements de la nature. Et j’ai trouvé cette approche très poétique. Une véritable invitation à ralentir et à observer nous aussi ce qu’il se passe autour de nous.

Liraloin : Je te rejoins complètement Lucie, cette poésie fait du bien car elle nous permet de s’arrêter un peu et on en a bien besoin.

Héloïse : Oui, j’ai beaucoup aimé cette idée d’observer la nature et ses infimes changements, comme marqueur de temps qui passe, mais aussi et surtout l’émerveillement de voir cette Nature si vivante…

Liraloin : D’où cette question : qu’avez-vous pensé de la construction de ce documentaire? 

Lucie : Logiquement, il est chronologique donc pas de surprise de ce côté-là. J’ai trouvé le texte concis, juste comme il le fallait pour attirer l’attention sur les infimes changements mais laisser aussi une place à l’imagination.

Héloïse : Je l’ai lu par petites touches, et j’ai aimé cet aspect chronologique, justement. C’est le genre d’ouvrage qu’on rouvre régulièrement, pour y piocher des anecdotes, des petites informations…

Lucie : En l’ouvrant je pensais comme toi le « picorer », et en fait je me suis laissée prendre au jeu de « mais quel élément va marquer le prochain changement de saison ? », un peu comme un petit suspense et je l’ai lu pratiquement d’une traite. Je trouve que l’écriture se prête bien aux deux types de lecture : ce n’est pas indigeste en continu, mais ça se lit aussi par petites touches très facilement.

Liraloin : Mais oui tu as raison Lucie ! J’ai eu cette même impression à la lecture ! Ce qui est très intéressant ici c’est que les explications données sont faites de manière ludiques et instructives, c’est fort appréciable.

Héloïse : J’ai apprécié le lien entre nature et légendes ! J’y ai retrouvé certaines dates et événements rencontrées lors d’autres lectures, et c’était très chouette de les voir illustrées et expliquées ici. 

Liraloin : C’était d’autant plus amusant que ces anecdotes m’ont bien replongé dans mon voyage donc Lucie, tu peux être fière car grâce à ce livre, je prolonge ce plaisir ! 

Liraloin : Dans la construction nous avons évoqué le contenu texte mais qu’avez-vous pensez de l’objet livre en lui-même? 

Héloïse : J’ai apprécié le format allongé avec sa couverture rigide, et la mise en page à la fois aérée et colorée. Les illustrations ont un aspect enfantin assez amusant, délicat presque, je trouve qu’elles vont bien avec l’aspect poétique de l’ensemble. 

Liraloin : Je trouve ce livre très attirant il a un format entre guide de voyage et roman graphique. Justement cela permet au jeune lecteur-lectrice de l’emporter partout. La couverture est visuellement bien réussie avec ce dégradé de saisons allant de l’hiver au printemps. J’apprécie également lorsqu’il y a une attention particulière aux couvertures intérieures. Il est soigné !

Lucie : J’ai aimé la couverture rigide, la mise en page très aérée et, évidemment, les saisons écrites en japonais qui sont quand même indispensables ! Les tonalités de couleurs de ces signes et des sous-titres sont très harmonieuses. On sent que tout a été pensé et c’est très agréable à lire.

Liraloin : Comme l’évoque Héloïse, les illustrations peuvent sembler assez enfantines. Est-ce que cela vous a plu ? 

Héloïse : J’ai été surprise au début, et puis j’ai apprécié cet aspect un peu rétro, cette impression de retomber en enfance, tout comme les enfants peuvent s’émerveiller de tout, on nous invite à nous émerveiller nous aussi. D’ailleurs, je trouve que cet ouvrage est à mi-chemin entre l’album et le documentaire. 

Lucie : Oui, j’ai aimé. Elles ont un côté « sur le vif » et en même temps, encore une fois, les couleurs sont très harmonieuses. C’est enfantin mais maîtrisé, juste une manière de signaler aux enfants que OUI, ce documentaire avec son grand nombre (72 !) et ces mots compliqués à lire (car il y a des transcriptions de mots japonais) leur est destiné. Je te rejoins Héloïse, on est vraiment entre l’album et le documentaire et j’aime beaucoup ton interprétation de l’invitation à retrouver notre émerveillement d’enfant.

Liraloin : Je vous rejoins complètement, j’ai été surprise de ce choix d’illustrations car on s’attend toujours à un trait un peu plus “japonisant” mais en réalité cela colle complètement à ce documentaire, comme vous le dites, à mi chemin avec l’album. J’ai apprécié ce trait naïf aux couleurs harmonieuses. Les illustrations d’oiseaux sont superbes !

Lucie : J’évoquais les mots compliqués ; ce n’est pas tant qu’ils sont compliqués mais plutôt que l’on trouve un savant mélange entre mots japonais transcrits et termes scientifiques précis. Dans un texte très accessible par ailleurs, j’ai trouvé qu’ils contribuaient au côté poétique de l’écriture. J’avoue que j’aime bien quand les auteurs font confiance aux enfants pour comprendre et se saisir de “mots savants”, d’expérience ils adorent ça ! Est-ce que vous aussi vous avez été séduites par ce choix ?

Liraloin : J’ai parcouru le livre suite à ton interrogation Lucie, pour ma part je ne trouve pas qu’il y ait trop de mots compliqués, c’est des mots japonais que l’on retrouve ici et là mais ils ne gênent pas la lecture. Au contraire cette attention incite l’enfant sans doute à vouloir en avoir plus ou simplement à se délecter d’un mot étranger et qui sonne bien.

Héloïse : Le vocabulaire est assez précis, il y a quelques termes scientifiques effectivement (chrysalide, par exemple), et je trouve ça chouette, mais ce n’est pas non plus trop complexe. 

Lucie : Pour conclure, à qui conseilleriez-vous ce livre ?

Liraloin : Bien évidemment à tout fan du Japon mais aussi aux personnes qui cherchent des livres pour se déconnecter en poésie ! Sa mise en page incite à le lire par petites bribes et à y revenir… 

Héloïse : Son format généreux et aéré, ce vocabulaire riche et poétique me fait penser qu’il plaira à petits et grands. D’ailleurs, à la maison, chacun y a trouvé son compte ! Qu’on soit fan du Japon, de nature ou de poésie, il y a de quoi être conquis.e !

Lucie : Je sais que beaucoup de parents râlent lorsque leurs enfants ne lisent que des mangas. Je me dis que cet album-documentaire peut être une ouverture vers un autre aspect du Japon, culturellement et poétiquement car ce pays a aussi une culture très riche dans ce domaine. Cela ne remplacera pas mais pourra peut-être compléter. Je vous rejoins : les “petits lecteurs” peuvent y trouver leur compte grâce à la possibilité dont on a déjà parlé de “picorer”. Et je le conseillerais aussi à tous les amoureux de la nature qui ont envie d’un regard neuf sur les petites transformations du quotidien.

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Nous espérons que ce documentaire vous aura apporté autant de petits bonheurs qu’il nous en a procuré !

Nos coups cœur de 2025

L’année 2025 nous aura apporté son lot de génialissimes lectures et de découvertes littéraires ! Chaque mois, c’est le rendez-vous à ne pas manquer sous notre bel arbre. Voici nos livres préférés, incontournables titres que l’on aime partager ici.

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Pour Liraloin c’est une lecture toute récente qui l’a transporté dans sa propre enfance. Il s’agit de Coboye de Cécile, une BD dont les aventures sont toutes amusantes, pleine de moments espiègles qui sentent bon la nostalgie .

Coboye de Cécile, Dupuis, 2025

Chronique complète ICI et l’avis de Lucie et celui d’Héloïse.

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Comment ne pas passer à côté de cet immense roman de l’année 2025, qui a emporté le Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Un titre qui a aussi été l’objet d’une lecture commune. Une histoire percutante, tellement d’actualité, criante de vérité !

Le silence est à nous de Coline Pierré – Flammarion jeunesse, 2025

Chronique compléte ICI et l’avis de Lucie .

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Pour ses coups de coeur de l’année, Lucie aussi a choisi un livre ayant fait l’objet d’une lecture commune : La petite fille au fusil. Ce roman graphique rassemble tout ce qu’elle cherche dans une lecture : émotion, humour, mais aussi vraie réflexion sur le courage et en plus elle comblé certaines de ses lacunes au sujet de la seconde guerre mondiale en Lituanie. Elle a été séduite par l’histoire de Magda, petite fille qui doit faire face à la tourmente de l’Histoire.

La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante, Marius Marcinkevičius et Lina Itagaki, Editions du Ricochet, 2025.

Son avis complet ICI.

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Côté album, elle n’a pas su choisir entre Le caillou, fabuleuse fable de Thierry Dedieu sur la mémoire et la bêtise humaine et Quand je garde le silence, véritable claque poétique. Deux albums très différents mais faisant l’éloge du respect et de l’écoute.

Ses avis complets sur Le caillou et Quand je garde le silence.

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Côté roman, elle doit son coup de cœur de l’année à Helolitla. Car si la belle couverture de Nos constellations lui avait tapé dans l’œil, les thématiques laissaient présager une histoire pesante. Il n’en est rien, bien au contraire ! Car si Max et Aurélien font face à des difficultés, leur relation douce et respectueuse leur donne des ailes. Un amour porteur comme on en souhaite à nos ados !

Nos constellations, Florence Quentin, Didier jeunesse, 2025.

Son avis ICI et celui d’Helolitla .

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Héloïse (Helolitla) n’a pas su choisir un seul livre, tellement cette année 2025 a été riche en lectures de qualité.

Côté romans ados, elle a ri, pleuré, été bouleversée par de nombreux titres. Dissidentes, la dystopie très immersive de Tosca Noury, qui fait froid dans le dos tellement elle est réaliste. La neige au rendez-vous, émouvant roman d’Esmé Planchon, qui parle si justement de deuil, de famille, du droit d’être soi-même. Deux autres romans ados l’ont bouleversée : En décalage, de Lolie Cherbonnel, et Nos Constellations, de Florence Quentin.

2025 a également été l’année où Héloïse a redécouvert la poésie, avec notamment quelques recueils de Rupi Kaur, ou plus récemment Ma maison en fleurs, de Pauline Bilisari, qui l’a profondément émue.

Ma maison en fleurs de Pauline Bilisari, J’ai lu, 2023

En lectrice accro à la fantasy et à la science-fiction, Héloise a vibré avec Les archipels engloutis, de Nancy Guilbert et Martin Meyrone, a frissonné avec le premier tome de Contrer les brumes, de Léa Muna. Elle a voyagé avec la saga des Mystères, dont elle a dévoré les 4 derniers tomes cette année. Elle a retrouvé avec joie la plume d’Ellie S. Green dans son nouvel univers qui mêle western et fantastique, Silverton Supernatural Project. Enfin, elle a frissonné avec le très réaliste Célèbre a en mourir, d’Alain Gagnol.

Les albums coups de cœur d’Héloïse et de ses enfants sont nombreux. Plusieurs thématiques reviennent en force : l’amour des livres et de la nature, la tolérance et la solidarité, le droit d’être soi-même. En voici un florilège.

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Hélène est très heureuse de vous présenter ses grands coups de coeur de l’année 2025, une année riche en lecture qui lui a permis de découvrir des pépites pour tous les âges. Le choix a été très difficile également mais voici le meilleur pour tous les âges de son point de vue totalement subjectif.

La vie secrète des adultes, Anna Fiske, La joie de lire, 2025.

Pédagogique, humoristique et interactif, ce livre donne un aperçu complet et réaliste de ce que c’est d’être adulte (rappelant au passage que même une fois grand on doit respecter des règles) et surtout des mille et une façons d’être adulte. On y parle look, métier, gestion du budget, goûts alimentaires, loisirs, parentalité, rapport aux autres, consommation d’alcool… Le champs des possibles est très large ! Cela permet à l’ enfant de se représenter les libertés et contraintes de la vie d’ adulte sous un jour positif, de lui montrer qu’il y a énormément de choix de vie possibles, c’est fabuleux et cela ouvre plein de perspectives ! Le format entre album et BD est très intéressant également. La chronique d’Hélène ICI

Les enquêtes de Lady Souris et Jimmy Tigré, Quentin Girardclos, La Martinière Jeunesse, 2025.

Une super petite BD découpée en trois chapitres qui correspondent chacun à une enquête, avec un très très beau graphisme. Le tome 2 « Du rififi à Paris » sort en février et devrait faire partie de nos favoris en 2026 également.

L’étoile de Mo, Yeonju Choi, Helium, 2024.

Un joli petit livre au format hybride : album en noir et blanc, mini BD ou petit roman illustré, peu importe, les images sont aussi poétiques que le texte. Un beau moment de lecture en compagnie de ce petit chat que nous prenons plaisir à suivre dans sa quête, l’avis complet d‘Hélène à retrouver ICI

Un garçon comme les autres, de Damas à Manchester, A-M Dassu, Milan Editions, 2024.

Et puisqu’il faut finir car le temps et l’espace sont trop courts pour parler de tous les livres qui nous ont plu cette année, Hélène vous propose ce roman ado très touchant, une histoire d’exil mais surtout l’histoire d’un jeune homme et de sa famille, racontée à la première personne. De la fuite à la reconstruction de leur vie ailleurs, des obstacles, frayeurs et batailles à la reprise d’une vie quotidienne d’adolescent, ce roman permet de se mettre à la place de l’Autre, il est profondément touchant. Elle vous en parle un peu plus ici mais aucune chronique ne vous touchera autant que la lecture de ce livre, qui pourra être l’occasion d’échanges entre ados et adultes sur des sujets de société actuels et profonds.

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Pour Séverine, côté albums, son coup de cœur absolu, c’est Le parfum des grandes vacances, de l’auteur-illustrateur Thibault Prugne, qui l’a éblouie, par la grâce, la mélancolie, la sensibilité du texte et de ses illustrations absolument somptueuses, où la noirceur de l’époque, en proie à la guerre qui fait rage, est adoucie par la relation magique entre un grand-père original et une petite fille curieuse. Pour elle, la parenthèse enchantée et émouvante qu’offre cet album a tout simplement le parfum du chef-d’œuvre. Gros coups de coeurs pour deux autres albums qui ont en commun d’être nés sous la plume ou le pinceau d’Henri Meunier. Dans Sous le pommier en fleurs, joliment illustré par Olivier Latyk, tout en jeux de lumière et de couleurs, l’auteur exprime sa virtuosité à la fois facétieuse et poétique, sa sensibilité teintée de fantaisie (ou l’inverse ?), son élégance rare. Une réussite parfaite pour cette belle invitation au lâcher prise et à la joie de vivre ! Droméo et Chuliette, dernier album de Marcus Malte, qu’il a illustré avec un graphisme figuratif, coloré, vitaminé, fin dans sa simplicité, lui a offert un moment de lecture délicieux. C’est de la littérature jeunesse comme elle l’aime : loufoque, intelligente, originale, créative, faisant confiance aux enfants, bref, tout ce qu’une IA ne pourra jamais faire (on l’espère).

Côté romans, ce sont les autrices qui se sont détachées cette année.

Enragée, un roman fort de Cécile Alix qui résonnera longtemps…Certains passages sont écrasants de noire tension, de désespoir, de douleur insoutenable. Pour autant, grâce aux belles rencontres de son héroïne, à sa passion pour la danse, à l’amour qui pointe le bout du nez, le positif résiste. Emilie Chazerand l’a comme souvent, fait pouffer de rire et verser des larmes de crocodile dans la même page, c’est une prouesse assez rare pour être soulignée, avec son dernier roman, Hyper ! Le style phénoménal, le sens des dialogues dinguissime. Sans pour autant faire sombrer à son tour dans une dépression irréversible, grâce à un humour féroce, décalé, qui fait sans cesse des pirouettes. Un moment de lecture intense, une héroïne inoubliable. Nos incendies a été pour Séverine la découverte d’une plume, celle de Sandrine Caillis, dont elle a apprécié son grand respect pour la jeunesse, sans toutefois occulter ses excès. Elle a trouvé pointu son regard sur les relations intrafamiliales, sur les fractures, sur l’engagement, sur le cœur qui (s’)affirme, dans un mélange incandescent de sensibilité, de mouvement et de fureur. Mention spéciale pour les titres des chapitres du roman qui, à eux seuls, mis bout à bout, pourraient former un superbe poème en prose.

Chez les juniors, enfin, énorme coup de cœur pour l’édition française d’un roman illustré norvégien de Maria Parr. Oskar et moi et tous nos petits endroits, égrène tout au long d’une année, le quotidien de deux enfants, Ida, 8 ans, la narratrice, et son petit frère Oskar, 5 ans, dans tout ce qu’il a de plus banal, et de plus merveilleux. On rit, on pleure, comme dans la vie ! Ce roman, c’est le lieu où tout commence et rien ne finit jamais, son parfum est le plus délicieux de tous : il fleure si bon l’enfance.

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