De l’humour noir au rire jaune – petits lecteurs, petites lectrices

Le mois d’avril, ses poissons et ses farces nous ont donné envie de vous proposer une sélection autour de l’humour ! Riche thématique, que nous avons pensée comme un arc-en ciel des couleurs de l’humour, et en deux temps : petits lecteurs, petites lectrices aujourd’hui ; grands lecteurs, grandes lectrices lundi prochain.

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L’humour burlesque et le comique de situation

Je mange, je dors, je me gratte, je suis un wombat, Jackie French, illustrations de Bruce Whatley, Albin MIchel, 2007.

Je mange, je dors, je me gratte, je suis un wombat est devenu un grand classique chez Lucie. Car si Jackie French se « contente » de relater la journée d’un wombat à la manière d’un journal, les illustrations de Bruce Whatley apportent un tout autre sens au texte, pour le plus grand plaisir des jeunes lecteurs !

Son avis complet ICI.

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Essayez un peu de faire faire la course à des escargots ! Une chose est sûre : rien ne se passera comme prévu. Et on va bien rigoler. L’un ne peut s’empêcher de faire halte devant un cageot de salade, l’autre se trompe de route quand un autre encore creuse un trou… C’est un vrai plaisir de suivre ces escargots en pâte à modeler, photographiés dans des décors naturels que l’on redécouvre à hauteur de gastéropode. Et la chute est très bien trouvée. À lire à voix haute en prenant la voix d’un commentateur sportif !

L’avis d’Isabelle

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Mina, Matthew Forsythe, Little Urban, 2021.

Mina est un album pour toute la famille dans lequel Matthew Forsythe s’amuse avec son lecteur dans un jeu de dupes compréhensible à tout âge. Le comique de situation se met en place dès les premières pages par l’intermédiaire de la fantaisie d’un papa aventurier qui n’aime rien tant que ramener les choses les plus farfelues chez lui.

Les avis complets de Linda, et d’Isabelle.

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La boîte des papas, Alain Le Saux, école des loisirs, 2009.

D’autres livres qui mettent les papas à l’honneur dans des situations souvent à leur désavantage, sont ceux qui composent le coffret La Boîte des papas d’Alain Le Saux. On y suit les aventures quotidiennes d’un papa qui enchaîne les bourdes et les maladresses. Un régal à mettre en voix avec nos plus jeunes lecteurs et nos plus jeunes lectrices.

L’avis de Colette par là !

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L’humour par l’absurde et le farfelu

Le livre le plus génial que j’ai jamais lu…, Christian Voltz, L’école des loisirs, 2008.

Si l’humour de Christian Voltz fait toujours mouche, Lucie adore les commentaires du petit personnage grognon qui interrompt sans cesse Le livre le plus génial que j’ai jamais lu. Le titre, la dédicace, la typographie, l’histoire… Il formule des remarques sur absolument tout et passe son temps à râler. Jusqu’à ce qu’il s’exclame finalement « Hééé ! C’est vraiment le livre le plus génial que j’ai jamais lu ! »
Que s’est-il passé ? A vous de le découvrir !

Son avis complet ICI.

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Gloups (histoire vraie), de Judith Chomel, Atelier du Poisson soluble, 2021.

Un moment d’inattention et GLOUPS ! Lili avale le précieux boulon qu’elle venait de ramasser. Que va-t-il se passer ? Son imagination se met aussitôt en branle, mais elle est loin (et nous avec) de pressentir ce qui l’attend… Cette histoire est complètement loufoque, captivante et magnifiquement mise en image. Chaque page est un vrai cabinet de curiosités, digne de la collection d’une chercheuse de trésors chevronnée : sur fond de tapisseries vintage, Judith Chomel entremêle joyeusement des photomontages faisant la part belle à des antiquités toutes plus rigolotes les unes que les autres (mais où les a-t-elle dénichées ?) et des dessins qui insufflent au récit la touche de fantaisie qui fait le sel des récits enfantins. C’est hyper réjouissant, intense comme les mômes vivent les choses.

L’avis d’Isabelle

Et cela fait parfaitement la transition vers la catégorie suivante qui est…

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L’humour pipi-caca

Cet humour, universel, fait rire aux larmes les petits comme les grands.

Ni vu ni connu de Michaël Escoffier & Kris Di Giacomo, Editions Frimousse, collection : Maxi’Boum, 2009

Léon est un caméléon un peu gourmand et après une bonne sieste digestive, une belle envie de caca ne se fait pas attendre. Mais comment s’essuyer correctement et proprement lorsque le rouleau de papier toilette est vide ? « Tiens cette vieille culotte devrait faire l’affaire » après tout elle semble bien abandonnée… sauf que quelques temps après « Léon se sent tout bizarre ». N’aurait-il pas un petit souci avec sa conscience ?

Léon, le caca c’est son affaire mais attention à ne pas subtiliser ce qui ne lui appartient pas pour son propre contentement. Ici l’humour « pipi caca » sert d’amorce à un message plus fort : celui de respecter la propriété d’autrui. Le lecteur se régale de la trombine de Léon scrutant les environs pour comprendre et tenter de voir « sa conscience ». La chute est vraiment excellente. A lire, relire et faire découvrir !

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Kiki King de la banquise fait caca de Vincent Malone & Jean-Louis Cornalba – Editions du Seuil, collection : l’Ours qui pète, 2013

Kiki est coincé sur sa mini banquise, l’auteur le croise alors que lui-même traverse « l’océan arctique aller-retour en canoë-kayak sans rames et sans escales pour une marque de camembert au lait cru… ». Kiki semble tenir le coup tout seul tandis qu’un étrange ballet sous-marin se joue. En effet, des requins « curieux en arctique » tournent autour de lui. Qu’attendent-ils et surtout pourquoi Kiki est tout crispé ? Est-ce la peur qui lui donne ce teint tout cramoisi ?

Les squales sont-ils crottivores ? Découvrez-le en lisant ce titre de la série Kiki. Tout le monde y va de son propre commentaire concernant l’état de Kiki. L’attaque imminente des requins à la mine patibulaire se fait sentir. Pauvre Kiki, personne ne le laisse tranquillement faire son affaire « faudrait des bouquins qui ferment à clef. »

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De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, Werner Holzwarth, Wolf Elbruch, Milan, 1999.

Dans cette catégorie, pour nos tout-petits, il y a un album incontournable : De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête de Wolf Erlbruch et Werner Holzwarth. On y suit une petite taupe qui mène l’enquête pour savoir qui lui a fait caca sur la tête. La voilà qui interroge une ribambelle d’animaux alentour et chacun, pour témoigner de sa bonne foi, lui montre à quoi ressemble ses crottes. Il y a un petit côté apprenti naturaliste dans cette recherche des traces et l’humour à la pédagogie mêlé forment un cocktail détonnant.

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L’ironie et l’humour noir

Pas toujours évident de manier l’ironie, le second degré, voire le sarcasme avec des tous petits ! Et pourtant, il n’y a pas d’âge pour commencer. La preuve : cet imagier qui annonce une trottinette et illustre une pomme. Puis décrit une saucisse alors que ce que l’on voit, c’est clairement… un véhicule. Complètement Toc-Toc et hilarant, pour les enfants qui connaissent déjà le sens des mots et saisissent le décalage.

L’imagier toc-toc, d’Edouard Manceau, Milan, 2018.

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Avec Triangle, Mac Barnett et Jon Klassen signent un album inattendu et désopilant ! Une histoire d’arroseur arrosé où Triangle, habitant des contrées triangulaires, joue un tour à Carré. Le dessin minimaliste est follement expressif. Et sur le mode de la fable, l’album raille l’aspiration à ne côtoyer que ses semblables et peut donc être lu comme une ode aux échanges et métissages.

Triangle, de Mac Barnett et Jon Klassen, L’école des loisirs, 2018.

L’avis d’Isabelle

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Regarde par la fenêtre, de Katerina Gorelik. Saltimbanque, 2021.

Admettez-le : difficile de résister à l’envie de glisser un regard curieux par une fenêtre ajourée. À partir de là, l’imagination peut s’emballer ! Mais attention, gardez à l’esprit que la façade peut être redoutablement trompeuse… Quel amusement de voir la réalité se révéler à mille lieux des apparences ! Regarde par la fenêtre a un charme vintage irrésistible, mais ne vous y trompez pas là non plus, tout cela est baigné d’une bonne dose d’ironie et d’humour noir. Isabelle et ses moussaillons ont eu un vrai coup de coeur pour les illustrations de Katerina Gorelik, ses clins d’œil décalés aux contes et son invitation malicieuse à ne pas juger à l’emporte-pièce.

L’avis d’Isabelle

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Les jeux de mots et l’humour par les mots

Un album à tirettes que Colette a encore plaisir à lire avec ses Petits-Pilotes devenus grands, c’est Un jour à la maison d’Alain Pichlak et Elodie Durand. Les auteur.e.s y jouent avec les mots pour notre plus grand plaisir : grâce à un ingénieux système de tirettes, les lettres bougent sur la page et par la magie de la substitution, de drôles de jeux de mots viennent chatouiller notre imaginaire.

Un jour à la maison d’Alain Pichlak et Elodie Durand, De La Martinière jeunesse.

Son avis complet ici.

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Claude Ponti est un roi de l’humour – et de l’humour par les mots en particulier. Un maître des jeux sur les sonorités des mots et des noms qu’il invente avec une imagination et une malice sans borne. Dans Ma Vallée, par exemple, les frères du narrateur s’appellent Olie-Boulie ou Fouchtri-Fouchtra. Et que dire des inventions géniales, comme la Balanquette – combinaison de balançoire et de banquette à laquelle il fallait décidément penser ! Cette histoire pourrait n’avoir aucun sens (ce qui n’est pas le cas, grâce à elle, vous saurez tout de l’univers des Touims), elle resterait jubilatoire pour cette drôle de musique qui résonne comme une comptine et qui ravit les enfants.

Ma vallée, de Claude Ponti. L’école des loisirs, 1998.

L’avis d’Isabelle

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La série des P’tites poules pourrait entrer dans plusieurs catégories. Elle comporte d’ailleurs différents niveaux de lecture qui sauront amuser tant les enfant que leurs parents. Jeux de mots, comique de situation, références historiques, mythologiques, littéraires… Il y en a pour tous les goûts. La présentation des auteurs est à elle seule un monument.

Les p’tites poules (18 tomes), Christian Jolibois et Christian Heinrich, Pocket Jeunesse, 2005.

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En attendant notre sélection consacrée au plus grands la semaine prochaine, racontez nous : de quel humour êtes-vous les plus friands ? Quel album vous fait rire aux éclats ?

Lecture commune : Résidence Beau Séjour

Gilles Bachelet est auteur illustrateur bien connu du monde de la littérature jeunesse. En 2004 et 2012, il reçoit le Prix Pépite de l’album pour les titres Mon chat le plus bête du monde et Madame le Lapin Blanc. C’est ainsi qu’en 2019, il est le premier artiste à recevoir le Prix La Grande Ourse l’année de sa création au Salon du Livre et de la Presse jeunesse de Montreuil. En 2022, Gilles Bachelet est nominé pour le Prix Astrid Lindgren et comme il le dit sur les réseaux sociaux : « Je peux mourir maintenant… 😊 ». Son humour et sa verve naturelle nous enchante et c’est avec joie que trois de nos arbonautes – et une quatrième en cours de route – ont participé à une lecture commune autour de l’album Résidence Beau Séjour paru en 2020.

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Colette. – Connaissiez-vous Gilles Bachelet avant de découvrir cet album ? Si oui, qu’en aviez-vous retenu ? Si non, qu’est-ce qui a attiré votre attention en découvrant Résidence Beau Séjour ?

Frédérique. – Oui, je connaissais cet auteur. Je l’ai découvert un peu tardivement car je n’étais pas réellement attirée par les illustrations. Ah comment ne pas passer à côté de cet humour si fin et décalé !

Linda. – Absolument pas et si vous n’en aviez pas proposé une lecture commune, je ne l’aurais probablement pas découvert. Ce qui aurait été bien dommage car j’ai vraiment aimé l’univers de Résidence Beau Séjour et que cela me donne envie d’aller plus loin dans la découverte de cet auteur.

Colette. – Quelles furent vos premières impressions en découvrant la couverture de ce nouvel album de Bachelet ? Assez déroutant, non ?

Frédérique. – Et bien pas tant que ça, la couverture est dans la même lignée que ses derniers albums. Des animaux à la mine délurée et aux expressions bizarroïdes. Poufy me fait craquer car, quelque part, elle me réconcilie avec les licornes, cet animal mythologique complètement détournée à la sauce guimauve écœurante ! Durant le confinement, Gilles Bachelet m’a énormément fait rire sur les réseaux sociaux en mettant en scène cette licorne. Quelle idée géniale cet auteur a eu de détourner cette créature.
Les valises, le cadre coincé entre les sabots fraîchement manucurés en dit long… quelle est cette résidence Beau Séjour finalement?

Linda. – C’est une couverture assurément déroutante. Cette licorne n’a rien de celles qu’on a pu voir dans les cours de récré avec ses yeux globuleux et son air hagard. En la voyant sur deux pattes, bagages aux sabots, je me suis demandée ce qu’était cette fameuse résidence.

Colette. – Et cette étrange licorne « aux yeux globuleux et à l’air hagard » est d’ailleurs la narratrice de notre récit. Une narratrice hors du commun, anti-héroïne sans le vouloir, en baisse douloureuse de popularité. Est-ce que vous pourriez nous présenter ce personnage ?

Frédérique. – Poufy est l’exemple type d’une personne en baisse de popularité, vite sous les feux des projecteurs et vite oubliée. Gilles Bachelet détourne cet animal mythologique pour en faire un personnage fade (en quête de popularité) et criard (crinière arc-en-ciel, habitat ultra coloré où les réseaux sociaux sont ultra présents.) Pourtant Madame Poufy va nous surprendre en Miss Marple des temps modernes.

Linda. – J’ai aimé que Poufy sorte des clichés de la licorne idole des fillettes avec son nom ridicule, son embonpoint et sa gourmandise. Au fil des pages on lui découvre des goûts et des centres d’intérêt assez ordinaires pour une créature aussi fantastique. Et c’est ce qui le rend si attachante et si drôle en même temps.

Colette. – Présentons maintenant un autre personnage emblématique du livre, celui qui va bouleverser la vie de Poufy : le fabuleux Groloviou. Qu’en diriez-vous ?

Frédérique. – J’adore le Groloviou, rien que son nom est génial !!! Il a tout pour plaire comme une belle voiture ! Des yeux magnifiques, une fourrure de rêve, qui ne pourrait pas craquer honnêtement ? Bachelet insiste bien sur sa mignonatitude, il est fort cet auteur, très fort !

Colette. – Pourtant personnellement, je lui trouve un petit côté ridicule à cet animal ! Tout est un peu surdimensionné chez lui. Mais peut-être est-ce cela finalement qui le rend attachant…

Linda. Je rejoins plutôt Colette sur ce point. Je n’aime pas trop cette créature que je trouve plutôt vilaine et ridicule. Ce sont ces « défauts » qui, pour moi, la rendent plus attachante…

Frédérique. – Justement c’est ça qui est intéressant : toutes les caractéristiques de l’animal parfait en un seul !

Colette. – Que diriez-vous des relations entre ces deux créatures ?

Linda. – On sent combien les préjugés sont forts au premier abord mais aussi combien il leur est facile de s’asseoir dessus. L’amitié coule de source entre ces deux créatures. Non seulement elles ont beaucoup en commun, mais elles ont aussi un vécu identique, chouchoutées puis refoulées par les enfants qui ont des passions très changeantes. Ca ne pouvait que les rassembler

Frédérique. – Je suis d’accord avec Linda. Ces deux-là étaient fait pour s’entendre. Un duo non évident au départ vu leur passif mais qui fonctionne au final.

Colette. – Focalisons-nous maintenant un peu plus sur la narration. L’art de Bachelet c’est quand même d’arriver à créer une histoire à tiroirs notamment en disséminant des détails inquiétants de ci de là, nous invitant à mener l’enquête. Avez-vous remarqué ces détails tout de suite ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous lu cet album comme une enquête justement ?

Linda. – Oui les détails sont assez flagrants. Je pense par exemple à Poufy expliquant se sentir en sécurité car un veilleur de nuit surveille leur hôtel. Et on voit passer un gars avec du matériel médical. Flippant ! Mais en même temps j’y ai vu une forme d’humour. Ce qui fait que je n’ai absolument pas abordé l’histoire comme une enquête mais plus comme un éveil de l’intelligence des créatures une fois libérées des paillettes de la célébrité. Elles se rendent compte que ce qui au premier abord était plutôt rassurant, ne l’est peut-être pas vraiment.

Frédérique. – J’ai remarqué certains détails mais c’est en le lisant à voix haute que mes ados m’ont interpellé sur d’autres détails flippants, comme quoi nous ne sommes pas toujours à 100% attentifs pour tout capter à la première lecture. Je n’ai pas lu cet album comme une enquête mais plutôt comme une histoire à tiroirs, dès le premier détail flippant je me suis dit : que veut nous dire Mr Bachelet derrière ces paillettes ?

Colette. – Et bien justement, excellente question Frédérique : que veut nous dire Mr Bachelet derrière ces paillettes ?

Frédérique. – Haha merci Colette. Justement derrière ces paillettes se cache un message très fort sur le « star system », sur le fait de n’exister que sur les réseaux sociaux (rappelez-vous, les clins d’œil assez terribles – logos Twitter, Facebook…). Propulsée star et adulée par les chérubins, Poufy en fait les frais. Je trouve ce message très fort et peu d’albums pour enfant le souligne alors que les enfants sont de plus en plus friands d’être reconnus sur ces fameux réseaux.

Colette. – Je n’avais pas vu ces références Frédérique et je trouve cette lecture passionnante ! En effet finalement il est ici question de mode, dans le sens le plus populaire du terme : ce qui est à la mode, comment devient-on à la mode, qu’est-ce qu’il advient quand on n’est plus à la mode, et aussi – dans une sorte de mise en abyme que j’adore – comment crée-t-on une mode quand on est un.e artiste ? Fausse question, je pense, pour Bachelet qui a l’air de s’en soucier bien peu tant son humour dépasse, justement, les modes !

Lucie, en off, faisait remarquer les références « intra- iconiques » à d’autres œuvres d’art – la référence à Shining est une de celle que j’ai adoré analyser et que bien entendu mes enfants n’ont pas repéré mais il y en de nombreuses autres. Lesquelles vous ont interpellé et pourquoi ?

Frédérique. – Dès la couverture intérieure, on y voit le Grosloviou affublé d’un masque du tueur de Scream. Justement dans ce hall lieu de passage on croise Pikachu, des dinosaures et des pandas et c’est rigolo car tous ont été sur le devant de la scène selon les années et connaissent encore du succès. D’ailleurs, à un moment le panda s’en va car il se retrouve à l’affiche d’une grosse production. Que dire du dinosaure déguisé en Casimir, cela donne encore plus d’importance au « star system ». Après tout, le temps d’un été, un tube-un déguisement vintage et le tour est joué ! Et si on continuait sur les références ? Personnellement j’ai retrouvé un petit air hitchcockien à cet album surtout dans les décors, c’est très cinématographie non?

Lucie. – Si je peux ajouter mon petit grain de sel, je dirais que le coté hitchcockien vient d’une ambiance a priori « normale » (bon, un hôtel pour anciennes célébrités marketing n’a rien de normal mais vous voyez ce que je veux dire) qui va devenir inquiétante par de petits détails. Certains accès sont interdits, on voit passer des infirmiers et des gardiens… Je pense que ces indices mettent assez vite la puce à l’oreille des adultes. Et puis l’auteur qui se met en scène, c’est très hitchcockien aussi. Sauf que Bachelet ne se contente pas de faire une silhouette !

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Gilles Bachelet nous livre des messages très forts sur notre société (consommation, réseaux sociaux, mode…) tout en gardant cette finesse dans un humour qui le caractérise tant. Avez-vous lu cet album ? La chute n’est-elle pas incroyable ? 

Nos coups de coeur de mars

Ce mois-ci, vous vous en doutez, nous avons fait le plein de lectures en attendant des jours meilleurs et ensoleillés !

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C’est le moment de sortir du cocon et de s’ouvrir au monde qui a séduit Liraloin dans cette lecture aux magnifiques illustrations.

Mon amie la chenille de Marion Janin, l’atelier du poisson soluble, 2021

La chenille et son amitié, celle qui nous comprend, celle pour qui on fait une grande place. Un secret bien gardé qui peut rebuter et effrayer si on ne rentre pas dans « ce monde ». Et pourtant, il faut bien s’y frotter à ce « monde », le dehors : la nature se dévoile et se révèle à moi. L’exubérance du monde me saisit et m’enveloppe toute entière.

La chenille se change, mue en un cocon quittant peu à peu sa forme originelle. Elle nous transporte, nous ouvre vers d’autres personnes, d’autres chemins…

Marion Janin et son talent d’illustratrice mais aussi d’autrice sait transposer les sentiments éprouvés durant l’adolescence. Une délicatesse rare où se mêle l’apprentissage de la vie à travers l’amitié que l’on éprouve pour soi et pour les autres. Alors même si tout semble emmêlé comme les végétaux dans une chevelure, viendra le moment où l’envol se fera un jour ou l’autre.

Retrouvez l’avis de Linda ici

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Deux coups de cœur très différents pour Lucie ce mois-ci, mais qui tous deux questionnent notre rapport à l’art.

Tout d’abord, Jours de sable. Dans cette bande dessinée inspirée de faits réels, Aimée de Jongh nous entraîne dans le Dust Bowl pendant la Grande Dépression. Un jeune photographe est envoyé par la Farm Security Administration afin de documenter les conditions de vie des paysans et de leurs familles. Mais peu à peu, John Clark va baisser son appareil et aller à la rencontre des gens. Les dessins en teintes ocres sont somptueux et la réflexion sur le cadrage et le pouvoir de la photo passionnante.

Jours de sable, Aimée de Jongh, Dargaud, 2021.

Son avis complet ici.

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Après la photographie, c’est l’art pictural qui est au centre de Aspergus et moi, du tandem Didier Lévy – Pierre Vaquez (aussi à l’origine du Train fantôme sélectionné pour le prix UNICEF de littérature jeunesse 2021).

Le narrateur de cet album est un petit assistant anonyme d’un grand peintre, responsable de la fabrication des dizaines de noirs nécessaires aux tableaux son patron. Mais voilà que ce Maître s’ennuie. Faire les portraits des puissants n’est finalement pas si réjouissant. Alors ce petit assistant va l’aider à retrouver son âme d’enfant, et par-là même la joie de peindre.

De Picasso à Pollock, en passant par Pierre Soulages et Walt Disney, nombreuses sont les références aux artistes modernes dans cet album magnifiquement illustré à la matière noire. Mais il n’est pas indispensable de les connaître pour apprécier l’histoire (le maître n’est pas toujours celui que l’on croit) et les illustrations.

Aspergus et moi de Didier Lévy, illustrations de Pierre Vaquez, Sarbacane, 2017.

Son avis complet ici.

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L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020

Blandine a totalement plongé dans le récit de JK Rowling qui nous emmène dans le Royaume prospère de Cornucopia, sur lequel règne le Roi Fred Sans Effroi, malheureusement trompé par ses deux conseillers. Mensonges, manipulation, pouvoir mais aussi amitié et entraide ponctuent ce roman à la langue facétieuse et très visuelle.

Son avis complet ICI, et celui d’Isabelle.

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Pour Linda, il y a eu peu de lectures en mars mais un beau coup de cœur s’est glissé en mode relecture par le biais d’une lecture à voix haute avec le très classique et sensible Anne de Green Gables. Un premier volume d’une série qui fait l’épreuve du temps et prouve que le charme désuet d’une époque révolue peut encore séduire les jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture, 2020.

Voici les avis de Linda et Isabelle.

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Isabelle a craqué pour un album au charme nordique mystérieux, superbement illustré par Clément Lefèvre. Un drame aux allures de conte, déclenché par la cause de la course au profit au mépris du respect le plus élémentaire de la vie et de la nature. À lire idéalement en forêt, et à faire découvrir aux lecteur.ice.s déjà grand.e.s. Pour le plaisir de l’œil, de l’imagination et de la réflexion.

La Magicienne, de Myriam Dahman et Clément Lefèvre, Glénat Jeunesse, 2021.

Son avis complet

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Colette s’est plongé avec son Petit-Pilote dans les grandes et intrigantes illustrations de l’album sans texte Dedans, dehors. Le duo Anne-Margot Ramstein et Matthias Aregui explore avec une subtile ingéniosité les ressources du cadrage et de l’échelle des plans. Chaque double page de l’album offre une vision simultanée d’un même paysage ou d’une même scène mais d’un point de vue différent : d’un côté l’extérieur de la scène, de l’autre l’intérieur de la scène. Un livre qui nous invite à chercher du sens dans ce qui n’en a pas au premier abord et à nous raconter des histoires pour créer du lien entre chaque image. Un livre comme une invitation à regarder le monde autrement.

Dedans, dehors, Anne-Margot Ramstein & Matthias Aregui, Editions Albin Michel, 2017.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en ce mois de mars ?

Nos classiques préféré.e.s : la générosité de Beatrice Alemagna !

Source : New York Times

Beatrice Alemagna débute sa carrière en gagnant le premier prix du concours d’illustration « Figures futures » du salon du livre de Montreuil à Paris en 1996. Très vite, elle publie son premier titre en tant qu’autrice illustratrice avec Une maman trop pressée. Très prolifique, Beatrice Alemagna nous enchante à chacune de ses publications. Nous partageons aujourd’hui avec vous nos coups de cœur parmi les titres de sa bibliographie.

Pour en savoir plus : son site : http://www.beatricealemagna.com/

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Pour Liraloin, il y a au moins 10 raisons d’aimer Les Cinq Malfoutus de Beatrice Alemagna, une équipe de bras cassés ? hummm… pas tant que ça !

Les Cinq Malfoutus, Beatrice Alemagna, Hélium, 2014
  1. Pour ce titre à la calligraphie amusante. Nul doute que dans cette histoire, il y aura une pointe d’humour.
  2. Pour cette présentation des cinq personnages mettant en avant des défauts assez communs : « le troisième était tout mou, toujours fatigué et endormi. »
  3. Pour… savoir qui est le plus « nul », c’est tout un casse-tête et chacun possède une bonne raison de l’être.
  4. Pour cette maison qui les accueille : aussi brinquebalante que ses locataires.
  5. Pour cette double page nous présentant un sixième personnage débarquant de nulle part : le Parfait, Monsieur sait poser devant l’objectif !
  6. Pour s’interroger et en conclure que l’intégration du Parfait va sans doute être un peu compliquée… nos cinq malfoutus sont unis comme les cinq doigts de la main !
  7. Pour cette phrase qui changera à jamais les cinq compagnons : « Vous ne servez donc à rien ! Vous êtes de vraies nullités ! … dit le Parfait d’un air dégouté. »
  8. Pour les illustrations de Béatrice Alemagna, un travail alternant collage et dessins aux crayons de couleurs.
  9. Pour que les défauts restent des défauts déguisés en qualités.
  10. Pour cette conclusion : et si nos défauts n’en étaient pas ?

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Pour Lucie, il faut absolument découvrir Les choses qui s’en vont.

Les Choses qui s’en vont, Beatrice Alemagna, Hélium, 2019

Un livre essentiel parce que :

  1. Cet album est une invitation à apprécier la beauté de l’éphémère…
  2. … par l’intermédiaire de calques délicats et ludiques.
  3. Et que les choses qui s’en vont sont parfois (souvent !) les plus importantes.
  4. Pour les illustrations, douces et colorées.
  5. Beatrice Alemagna rend tangible la temporalité des choses, si difficile à concevoir pour les enfants
  6. Si « tout, finalement, passe, s’éloigne ou change », l’auteure veille à alterner des préoccupations quotidiennes (blessure, poux, cheveux)…
  7. … et des éléments plus poétiques (musique, bulles de savon).
  8. Pour la délicate transition entre ce qui disparaît mais revient toujours…
  9. … et ce qui ne s’en ira jamais, que l’auteur laisse au lecteur le soin de nommer.
  10. C’est un album plein de douceur et de tendresse, tout simplement !

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Pour Colette, quel plaisir d’offrir Le Merveilleux Dodu-Velu-Petit à chaque anniversaire !

Le Merveilleux Dodu-Velu-Petit, Beatrice Alemagna, Albin Michel Jeunesse, 2014.
  1. De une, parce que le titre est vraiment savoureux, une véritable gourmandise à faire tourner en bouche.
  2. De deux, parce que tout commence avec cette question qui trouvera un écho en chacun de nous : « mais que vais-je lui offrir pour son anniversaire ? » Question existentielle, relationnelle, essentielle pour sceller ce qui nous lie, d’autant plus quand il s’agit d’un enfant et de sa mère.
  3. De trois, parce que le récit se déroule tel un conte en randonnée, de boutique en boutique, nous emportant dans un rythme trépidant celui de notre jeune héroïne, Edith, âgée de 5 ans et demi.
  4. De quatre, parce que la ville telle que l’imagine l’autrice est un espace sécurisant, élégant, qu’un enfant peut arpenter sereinement.
  5. De cinq, parce que cet album est une invitation à jouer avec la langue, à se laisser emporter par ses sonorités à la fois tendres et drôles : chacun y va de sa définition de ce qu’est un « dodu-velu » et nous nous laissons charmer par la créativité de notre héroïne haute comme trois pommes.
  6. De six, parce que c’est une ode à l’autonomie, à l’indépendance, à la quête, et à la capacité à garder les yeux bien ouverts pour nourrir notre besoin d’émerveillement.
  7. De sept, parce que finalement on n’en finit pas de se demander quel est cet étrange dodu-velu-petit ! Le suspense est intenable !
  8. De huit, parce que le style de l’artiste est toujours un vrai régal : les couleurs, le trait, les collages… toutes les techniques ingénieuses dont Beatrice Alemagna est l’experte sont un ravissement pour les yeux.
  9. De neuf, parce qu’Edith a réussi sa quête ! Quelle merveilleuse récompense !
  10. De dix, parce que c’est un excellent souvenir de lecture commune menée ici même il y a quelques années !

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Un grand jour de rien occupe une place toute particulière dans la bibliothèque d’Isabelle. Pour dix raisons, au moins !

Un grand jour de rien, de Béatrice Alemagna, Albin Michel Jeunesse, 2016.
  1. Pour l’attrait de ces pages joliment détrempées de pluie et de souvenirs d’enfance.
  2. Pour la justesse des mots qui disent si bien le désarroi enfantin quant « tout l’ennui de l’univers s’est donné rendez-vous ».
  3. Parce que – ooops ! – la console (qui comme on le sait porte mal son nom) se retrouve au fond de la mare.
  4. Pour le monde exaltant qui se révèle alors dans le décor familier : de quoi donner envie d’empoigner de la terre humide à pleines mains, d’explorer les environs, à la recherche de petits trésors.
  5. Pour la folle intensité de ces expériences enfantines troublantes, fascinantes, éblouissantes.
  6. Pour la façon émouvante dont les sublimes illustrations (« les plus belles jamais vues », dixit l’un des moussaillons de L’île aux trésors) restituent cette intensité.
  7. Pour ce petit chaperon orange auquel on s’identifie instantanément, partageant son désarroi, puis le réconfort de parvenir à s’affirmer au contact de la nature.
  8. Parce quand on a vécu un tel « jour de rien », un moment de complicité autour d’une tasse fumante s’impose pour partager ça avec une personne aimée.
  9. Pour le souvenir, justement, d’avoir découvert cet album en famille, bercés par une averse automnale et enveloppés du parfum de chocolat chaud.
  10. Pour l’ode aux « jours de rien » qui sont peut-être ce qui nous reste de plus précieux ?

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Et vous ? Quel est le livre que vous auriez choisi pour parler de cette autrice ? Ou, si vous ne la connaissiez pas encore, lequel de ses titres auriez-vous envie de découvrir ?

Nos imagiers préférés !

Les imagiers sont « ces livres très français, hérités de la collection du Père Castor qui en inventa le principe comme le terme en 1957 » comme le précise Sophie Van der Linden dans un article qu’elle consacre à une des artistes phare du genre, Bernadette Gervais. Ce sont des livres qui s’adressent donc en premier lieu au tout-petit pour lui permettre d’ouvrir une première porte de papier sur le monde qui l’entoure afin d’apprendre à le nommer, pièce par pièce. Mais les imagiers sont de plus en plus le lieu où s’élaborent de véritables visions du monde, sous forme de galerie d’art, dans lesquelles le tout-petit est amené à se promener et à se délecter de belles images toutes plus originales les unes que les autres. Nous vous présentons aujourd’hui nos préférés !

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Les éditions Thierry Magnier sont, pour Colette, les reines en matière d’imagiers originaux et dépaysants. Lors de son immersion dans le monde de l’édition, il y a maintenant 20 ans, elle a découvert le magnifique Tout un monde d’Antonin Louchard et Katie Couprie. Le titre a lui seul est une promesse incroyable ! On y découvre au fil des pages des photos, des gravures, des peintures, des collages qui représentent au fil des techniques des visages amis, des situations quotidiennes. Sans qu’aucun mot ne les accompagne. L’enfant en prend donc plein les yeux à travers ce petit bijou au format carré qui se lit dans tous les sens. Ou plutôt qui se vit dans tous les sens. En 2018, les éditions Thierry Magnier ont réédité l’album avec un coffret collector dans lequel on trouvera 30 illustrations tirées du livre au format carte à jouer. Une invitation à mettre en image le monde à notre portée.

Tout un monde, Katy Couprie, Antonin Louchard,
Le coffret collector, Thierry Magnier, 2018

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Chez le même éditeur, on pourra découvrir les audacieux imagiers de Véronique Joffre : L’imagier mouillé, L’imagier mouvementé et L’imagier caché. Trois manières de regarder le monde en suivant une ligne, un horizon à travers des illustrations très graphiques, sobres mais malicieuses.

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Lucie est fan du travail de Xavier Deneux. Ses illustrations très rondes sont parfaitement adaptées aux tout-petits. Il propose aussi bien les fameux imagiers à toucher, dont les petites mains sont si friandes, que de curieux imagiers gigognes. Tous aux éditions Milan.
Outre les larges surfaces de matières et des pages cartonnées, l’avantage de Mon grand imagier à toucher est de faire le tour des objets du quotidien. Regroupés par thème (les transports, les animaux) ou par pièce (la cuisine, la salle de bain), l’enfant ne peut que reconnaître les objets qui l’entourent. Classique mais efficace !

Mon grand imagier à toucher, Xavier Deneux, Milan, 2016.

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Plus éloigné du quotidien (encore que) mais aussi plus poétique, l’album Les contraires invite l’enfant à mettre des mots sur des notions plus abstraites telles que « grand », « petit », « vide » ou « plein », etc. Les deux notions contraires sont disposées face à face, l’une présentant un relief qui s’emboite dans le creux de l’autre lorsque l’on tourne la page.

Les contraires, Xavier Deneux, Milan, 2012.

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Liraloin apprécie beaucoup le travail des éditions Phaïdon et cet imagier en particulier. Dans ce gros livre aux pages glacées et cartonnées, l’enfant découvre que les formes qui l’entourent peuvent former des motifs. Ici ce n’est pas banal : motifs écossais, chevrons, damiers… vont se succéder. Ainsi chacun d’entre eux se retrouvent insérer dans un paysage que le tout-petit va reconnaître : le parc, la plage, la ville…

Cet imagier est inventif et tout à fait original. Les scènes représentées sont dessinées façon sérigraphie. Les couleurs acidulées nous transportent dans un univers amusant. Une belle réussite.

Mon premier livre de motifs de Bobby et June George & Boyoun Kim, Phaïdon, 2017

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Blandine adore la diversité et l’originalité qui se cachent derrière le concept de l’imagier, à la fois unique et toujours inattendu, pour toujours plus de découvertes.

Les Objets de mon petit monde. Sandra LE GUEN et Popy MATIGOT. Casterman Jeunesse, janvier 2022

Un petit cartonné et des pages épaisses pour nous présenter en dessins facétieux et en mots emplis de poésie trente objets qui font le quotidien, et le monde, des tout-petits. Des objets communs ou inattendus, des objets jolis ou usuels, des objets usés ou vénérés. Tous ces objets qui l’entourent, le rassurent, lui dessinent des contours, l’encouragent, l’aident à grandir, et lui font vivre mille aventures.

La présentation de Blandine ICI

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Les imagiers peuvent aussi se faire abécédaires. Ici aussi, la singularité et la fantaisie permettent d’explorer et de prolonger le genre.

Mon ABéCéDaire. Céline LAMOUR-CROCHET. Editions Les Minots, 2017

Mon ABéCéDaire allie inventivité, ingéniosité et Art pour nous présenter des mots attendus ou plus exotiques. Tous sont écrits avec trois graphies : majuscule d’imprimerie, script et cursive. Et avec trois couleurs : noir, blanc et gris pour jouer avec les contrastes, les creux et les pleins, pour distinguer les lettres et découvrir le calligramme du mot. C’est beau et ludique !

La chronique de Blandine LA !

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Isabelle Simler a élargi le champ de l’imagier en l’associant au jeu et à la déduction. Avec ses crayons de couleurs aux traits aussi délicats que colorés, elle a eu la merveilleuse idée d’aborder les contes par un angle inédit !

Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres… Isabelle SIMLER. Éditions Courtes et Longues, 2015

Qui n’a pas mis, enfant, dans ses poches, mille trouvailles glanées, ramassées ? Ces petits riens accumulés disent beaucoup de nous. C’est ainsi qu’Isabelle Simler a choisi de nous évoquer les contes. Etalés sur la double page, ces trésors présentés en poésie ne demandent qu’à retrouver leur propriétaire ! Si la tâche n’est pas si aisée, le plaisir de la recherche, de l’observation et de la « restitution » rendent cet album extraordinaire !

La chronique de Blandine ICI

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Isabelle a trouvé que dans cet article, il fallait parler du grand imagier des petits, de Ole Könnecke. Un album tendre et complet qui s’est imposé comme un classique du genre grâce à ses multiples qualités. D’abord, le charme de ses graphismes, si pleins de douceur et d’humour. Ensuite, son format cartonné si généreux permettant d’offrir une somme très complète de termes qui ravira les enfants passionnés par les outils ou les instruments de musique – et ceux qui aiment les mots réjouissants comme « excavatrice ». Mais aussi et surtout ces détails et historiettes qui fourmillent et insufflent un supplément de vie.

Le grand imagier des petits, de Ole Könnecke. L’école des loisirs, 2011.

Chronique sur L’île aux trésors

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Le ruban d’Adrien Parlange offre une proposition peut-être plus subjective, certainement singulière parmi la profusion d’imagiers. Cet album se démarque par la classe de ses illustrations stylisées, jaunes sur fond bleu. Mais surtout par ce ruban qui vient prolonger l’image, donner au lecteur la chance de compléter le tableau en disposant cet accessoire de façon à lui donner la forme du ruban d’une ballerine, d’un lacet défait, de la queue d’une souris ou encore d’un éclair d’orage. Ludique et beau !

Le Ruban, d’Adrien Parlange. Albin Michel Jeunesse, 2016.

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Et vous, quels imagiers avez-vous aimé mettre dans les mains de vos tout-petits ?