Billet d’été : Réflexions d’un sportif de 10 ans.

Ce billet d’été m’a été inspiré par mon fils cadet, un garçon de 10 ans qui tourbillonne, court, saute, grimpe, danse, lance depuis qu’il est né, avec une grâce et une dextérité qui m’a toujours émerveillée. Quand il a su que les Jeux Olympiques et Paralympiques auraient lieu dans son pays cette année, il a été pris d’une irrésistible passion pour le sujet et en quelques mois, il est devenu l’expert de la famille. Palmarès, biographies, records des athlètes qui nous ont fait vibrer cet été sont devenus ses mantras et comme savent si bien le faire les enfants, il a engrangé un nombre incroyable de connaissances sur le sujet en quelques mois. C’est à cette passion dévorante que je voulais dédier mon billet d’été, car si le sport est entré dans ma vie c’est bien grâce à cet athlète en devenir qui grandit dans mon nid.

Colette. – Nathanaël, comment est née ta passion pour le sport ?

Nathanaël. – Ma passion pour le sport est née grâce au mouvement. Jouer avec un ballon, sans ballon, courir, m’amuser, gagner, perdre, apprendre, voilà tout ce que j’adore !

Colette. – Est-ce que tu te rappelles de la première fois que tu as fait du sport ?

Nathanaël.- oui, à 5 mois quand j’ai commencé à jeter des choses ! Et quelques mois plus tard quand j’ai découvert que je pouvais courir !

Colette. – Quel est ton sport préféré ?

Le handball évidemment, parce que j’aime jouer avec un ballon, gagner, perdre, courir apprendre à être fair play, apprendre à jouer en équipe, avec mes copains. Je fais du handball depuis que j’ai 8 ans, j’ai été initié par mon frère aîné qui en fait depuis qu’il a 10 ans.

Colette. – Pour nourrir cette passion, nous sommes souvent allés à la médiathèque ou à la librairie. Quels sont les livres qui t’ont marqué ?

Nathanaël. – J’aime bien lire la vie des athlètes, en ce moment sur ma table de chevet il y a la vie de Rafael Nadal par exemple, que j’admire beaucoup.

Rafa, Rafael Nadal et John Carlin, J’ai lu, 3013.

J’aime aussi le livre que tu m’as offert pour mon mois-siversaire de Mai Les Stars des jeux olympiques et paralympiques de Françoise Ancey où on découvre la vie de nombreuses champion.nes olympiques et paralympiques des JO d’Athènes en 1896 à 2020.

Les Stars des Jeux olympiques et paralympiques, Françoise Ancey, Hugo Jeunesse, 2023.

J’aime aussi les documentaires dédiés à un sport en particulier par exemple celui sur le handball que nous avons emprunté à la médiathèque.

Le handball raconté aux enfants, Frédéric Brindelle, La Matinière jeunesse, 2009.

J’ai aussi adoré le livre que j’ai lu à l’école sur Clarisse Agbégnénou.

Combattre pour être soi, les conseils d’une championne, Clarisse Agbégnénou, Rageot, 2021.

Et celui que tu m’as offert sur la plus jeune championne olympique des JO de 1936, Marjorie Gestring, qui a participé aux côtés du champion Jesse Owens dont j’ai découvert l’histoire à l’école.

La véritable histoire de Marjorie Gestring, la plus jeune championne aux Jeux de 1936, Sophie Adriensen, Mary-Gaël Tramon, Bayard Jeunesse, 2024.

Colette. – Mais je sais qu’il n’y a pas que les livres qui nourrissent ta curiosité sur les JOP. Peux-tu nous présenter les autres médias que tu as découverts pour assouvir ta passion des JOP ?

Nathanaël.– J’ai bien aimé écouter le podcast « Théo, le taxi » avec Théo Curin, nageur handisport, conférencier, mannequin, acteur, chroniqueur, qui conduit un taxi et qui prend dans sa voiture un.e athlète pour l’interviewer. J’ai aimé l’épisode avec Elodie Clouvel qui a été médaillée d’argent au pentathlon dimanche 11 août. Il interviewe aussi des athlètes des jeux paralympiques comme Natenin Keita championne de para-athlétisme ou Axel Bourlon en para-altérophilie..

Colette. – Pourquoi aimes-tu cette émission en particulier ?

Nathanaël. – Parce qu’il montre des athlètes, comment il et elles sont vraiment, combien de chances ils ou elles peuvent avoir aux JOP Paris 2024. Théo fait des petits défis ludiques avec l’athlète invité.e : l’athlète choisit un endroit où il/elle veut aller : par exemple Clarisse Agbégnénou a voulu aller à l’aréna du champ de Mars où elle serait en compétition pendant les JOP.

Et dans mes émissions télévisées préférées, j’ai bien aimé « Aux jeux citoyens », notamment le feuilleton des jeux où tu te focalises sur un.e athlète, par exemple Séraphine Okemba, joueuse de rubgy à 7, même si elle n’a pas eu de médaille aux JO. Et avant le feuilleton des jeux, il y avait un focus sur les chances de médailles. Aujourd’hui, nous sommes le 11 août, c’est le dernier jour des JO, alors je peux comparer avec les données qu’on avait à ce moment là, c’est très intéressant de comparer maintenant avec les prévisions, on peut voir le chemin parcouru.

https://www.france.tv/france-3/aux-jeux-citoyens/

J’ai aussi vu des documentaires, par exemple celui sur Teddy Riner de 2013 à 2016, j’ai bien aimé car c’est une idole pour moi, au judo, je l’adore, comme mon père. Parce qu’il est grand, massif, costaud, il est dans la catégorie des plus de 100 kg, il a été 11 fois champion du monde, 5 fois champion olympique. J’ai bien aimé ce documentaire car il parle de sa vie, il raconte comment ça allait se passer pour les JOP de Rio, la finale était contre l’athlète Japonais qu’il a gagné en 20 secondes. C’est très impressionnant.

Teddy dans l’ombre de Riner, Yann Lhénoret, 2016.

Colette. – Qu’est-ce que tout ce que tu as lu, regardé ou écouté sur les JOP t’a apporté ? Des émotions particulières ? Des modèles dont tu aimerais t’inspirer ? Des connaissances sur le sport ?

Nathanaël. – Me renseigner sur les sportifs et les sportives m’inspirent car j’aimerais jouer au handball professionnellement et à travers les histoires des champion.nes je peux comprendre les qualités nécessaires pour se dépasser sportivement. Et puis le sport permet d’éprouver de grandes joies, des joies communicatives, qu’on partage avec tous.tes les spectateurs et les spectatrices.

Colette. – Quel est le sportif ou la sportive que tu préfères ? Pourquoi ?

Nathanaël. – Chez les femmes, c’est Clarisse Agbégnénou, c’est une wonderwoman, elle peut tout faire, être mère, championne du monde de judo, championne olympique, elle est marraine de plusieurs associations et combat le tabou des règles dans le sport en soutenant une entreprise française qui fabrique des culottes menstruelles. Chez les hommes, il y a Teddy Riner dont j’ai déjà parlé et LeBron James pour les mêmes raisons, il est costaud, massif et très fort.

Colette. – De toutes les anecdotes que tu connais maintenant sur la vie des champions et des championnes, est-ce qu’il y en a une que tu aimerais raconter ?

Nathanaël. – J’ai été très impressionnée par le parcours de l’escrimeuse Bébé Vio, elle a été atteinte à 11 ans d’une méningite fulminante à méningocoque C dont elle n’a pu être sauvée que grâce à l’amputation de ses 4 membres et surtout grâce à son rêve de refaire de l’escrime, sport qu’elle pratique depuis qu’elle a 5 ans. Je trouve cette championne très courageuse.

Colette. – Tu as eu la chance d’aller aux JOP de Paris 2024 : quel est ton meilleur souvenir ?

Nathanaël. – Un des meilleurs moments que j’ai vécus, c’est après le match de handball masculin entre le Danemark et l’Argentine, quand les spectateurs et les spectatrices sont restés dans l’Arena Paris Sud 6 pour regarder en direct la finale du 200 mètres brasse masculin sur nos téléphones et où ensemble on acclamait Léon Marchand qui nageait à plusieurs kilomètres de là où nous étions ! Quand il a gagné, on s’est tous.tes mis.e.s à chanter la Marseillaise, et on était joyeux ensemble. C’était un moment magique.

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J’ai aimé observer la passion de Nathanaël grandir au fil de ses découvertes sur les jeux olympiques et paralympiques, j’ai aimé écouter ses questions sur les chances de médailles de la France, définir ce qu’est l’optimisme et le pessimisme par rapport à cette question qui a rythmé nombreux repas de famille, j’ai aimé aborder avec lui ce continent qui m’était jusque là complètement inconnu. Celui de l’olympisme, ses valeurs, ses règles, ses rêves. L’olympisme dont le discours sur l’humain, sur ce dont il est capable, quand le corps et l’esprit sont unis, m’ont peu à peu touchée. Bousculée. Chamboulée. Au point que même sans mon fils à mes côtés, je me suis surprise à regarder la mini-série documentaire « Le nouvel essor de Simone Biles » et à réclamer de faire une halte culturelle lors de notre séjour parisien au Palais de la porte dorée pour découvrir l’incroyable exposition « Olympisme, une histoire du monde ».

Parce que l’Olympisme, visiblement, nous permet de grandir en philosophe !

Billet d’été : Quand le Sport se décline au Féminin

L’été est déjà bien entamé et les billets sportifs se sont enchaînés autour de divers thématiques. Cette semaine, Linda vous propose de découvrir une sélection de livres consacrés aux sportives.

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Femmes déterminées, Sportives engagées

Pour commencer, voici quelques titres qui mettent en avant des questionnements sur la place de la femme dans le sport au travers de réflexions ou de portraits qui valorisent l’engagement et le combat de ces héroïnes du sport. Ils sont aussi l’occasion de (re)découvrir des femmes qui ont marqué leur époque et ont contribué à changer le monde du sport.

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Portraits de sportives, de femmes fortes, de battantes, essai féministe et engagée, Femmes & Sport nous rappelle le chemin parcouru entre 1930 et 2007 (informations remises à jour en 2023 pour la réédition) par et pour les femmes, les sportives et spectatrices qui ont toutes un rôle à jouer.
Constitué d’une cinquantaine de textes courts écrits par un collectif d’auteur.es qui, chacun dans son style, amènent une réflexion sur le rapport de la femme au sport, mais aussi et surtout, sur le rapport du sport aux femmes.

Femmes & Sport, Collectif, hélium, 2024.

Son avis complet est ICI.

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Composé de huit nouvelles écrites par huit auteurices réuni.es par Carole Trébor, directrice d’ouvrage, Les Olympes s’inscrit dans une thématique féministe et engagée en proposant huit portraits de femmes qui ont contribué à changer l’image des sportives en montrant comment elles ont su s’imposer dans leur discipline, en transgressant les codes vestimentaires et/ou de genre et de couleurs, et en faisant preuve de force physique et mentale pour ouvrir la voie aux suivantes en se libérant du poids des stéréotypes.

Ces histoires reviennent sur les victoires de Gertrude Ederle, Rena Kanokogi, Kathrine Switer, Florence Artaud, Serena Williams, Kiran Gandhi, Megan Rapiroe et de l’équipe de beach handball norvégienne et nous rappelle que la lutte pour l’égalité existe depuis longtemps et n’est pas encore fini.

Les Olympes, Collectif, Albin Michel, 2024.

Son avis complet est ICI.

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Il faisait parti de notre sélection documentaire lors du dernier Prix ALODGA, Surfeuses dresse le portrait de neuf femmes qui se sont battues pour avoir le droit de pratiquer cette activité sportive au même titre que les hommes. Pionnières, elles se sont imposées dans la pratique et ont contribué à faire évoluer les mentalités et le surf en la rendant accessible à toutes.

Surfeuses de Paola Hirou, Hélium, 2023.

L’avis complet d’Isabelle.

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Véritable catalogue, cet album propose de découvrir 65 sportives, dont 50 françaises, au travers d’une présentation de leur pratique sportive, leur palmarès et leur combat pour s’imposer dans leur discipline.
Chaque portrait se présente sur une double page. La page de gauche dresse une présentation sommaire mais pourtant complète, la page de droit est une illustration de la championne et propose un petit encadré récapitulatif du palmarès des médaillées.
Un album documentaire à découvrir en famille, dès 5/6 ans.

Les super-héroïnes du sport d’Andrès Ramos & Syanie Dalmat, Talent Sport, 2024.

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Portraits de Sportives

Voici ensuite une sélection de titres qui mettent en avant le parcourt de femmes qui ont marqué leur discipline par leur performance en s’imposant jusqu’à devenir des figures inspirantes pour leur génération et les petites et jeunes filles qui feront les sportives de demain.

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Première star internationale du tennis féminin, Suzanne Lenglen, surnommée la Divine, a révolutionné le monde du sport en s’imposant sur les courts. Mais au-delà de son palmarès impressionnant, c’est sa façon d’imposer un style encore jamais vu chez les femmes qui en font une figure marquante de son époque.
Elle brave les mœurs de la société en se libérant du carcan qui enferme les femmes dans un corset et joue en tenue décontractée tout en imposant un style de jeu alors réservé aux hommes. Au fil des années, elle défie la Fédération du Tennis en devenant professionnelle alors que seule les amateurs sont acceptés sur les tournois et ne perçoivent aucun salaire.

Suzanne de Tom Humberstone, Ankama, 2024.

Son avis complet est ICI.

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Première médaillée olympique de l’histoire des jeux modernes, Betty Robinson est une athlète qui aura marqué son époque et les Etats-Unis pour son parcours aussi exceptionnel que fulgurant. Philippe Nessmann retrace son histoire et son parcours de ses débuts dans l’athlétisme à l’âge de 16 ans à sa dernière participation à une compétition officielle lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Entre exploit sportif et récit historique, Une fille en or est un roman à découvrir dès 9-10 ans !

Une fille en or de Philippe Nessmann, Flammarion jeunesse, 2021.

Son avis complet est ICI et celui d’Héloïse – Ileautrésor ICI.

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Six fois championnes du monde, Clarisse Agbégnénou affiche un palmarès impressionnant et s’impose comme une figure majeur du judo féminin français. Dans ce petit roman, elle raconte son combat dès sa naissance pour vivre – née prématurément sans grand espoir de survie. Elle raconte ensuite son enfance et sa difficulté à se poser jusqu’à sa rencontre avec le judo, ses premières compétitions et ses rêves de championne du monde.
Si le récit est assez simple, il est parfaitement adapté aux jeunes lecteurs qui en plus d’y découvrir une jeune fille incroyable, y trouveront des conseils pour s’accepter tels qu’ils sont, le droit à l’erreur, l’importance de se trouver une activité qui stimule et passionne dans la construction de l’estime et la confiance de soi.
Enfin, il est aussi appréciable d’y trouver des informations de bases sur le judo et son vocabulaire spécifique purement japonais.

Combattre pour être soir – Les conseils d’une championne de Clarisse Agbégnénou, Rageot, 2021.

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Corpsobjet

Il est difficile de parler du sport en féminin sans évoquer les abus sexuels. Mais sans avoir besoin de sombrer dans le voyeurisme, le sujet mérite d’être traité avec pudeur en insistant sur l’importance de parler.

Annelise Heurtier parvient parfaitement à nous introduire dans le gymnase auprès de ces adolescentes dont la vie s’articule autour de leur passion commune. Sa jeune héroïne, Tessa, nous y décrit les entrainements, le dépassement de soi, les relations entre les différentes sportives, les sélections, les compétitions…les relations particulières qui s’installent entre le sportif et son coach. Jusqu’au drame qui vient éclabousser le club et chambouler l’organisation bien huilée du groupe avant qu’elles osent briser le silence ensemble.

Push d’Annelise Heurtier, Casterman, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Fiction

Pour finir, voici une petit série fictive fort sympathique qui, tout en abordant différents sujets, met en avant le parcours et le combat d’une jeune fille d’origines maliennes dans le monde de la danse. Il est reconnu que le parcours de danseuse étoile n’est pas des plus simples mais quand on a comme Eve la peau noire, il faut se battre encore plus pour s’imposer et faire sa place.

Son avis complet sur le tome 1 et le tome 2.

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Quelle figure du sport féminin vous inspire ? Quelles lectures recommanderiez-vous ?

Billet d’été : L’équitation pour rebondir et se reconstruire

Après le billet d’Hélolitlà sur la reconstruction par le sport la semaine dernière, Héloïse – Ileautresor se propose de poursuivre sur ce thème en insistant sur le lien à l’animal. Et pas n’importe lequel car il s’agit de chevaux. L’équitation est un sport qui permet de pratiquer un exercice physique mais aussi de suivre et de réguler le flot de ses émotions. Cela permet d’instaurer une complicité avec sa monture. Sinon, un cheval a tôt fait de s’emballer et d’emporter son cavalier.

Cependant, le sport équestre n’est pas sans risques… Mais il permet aussi de surmonter bien des difficultés justement grâce à ce lien avec le cheval : en équitation, entraînement et exercices moteurs sont profondémement liés à l’affection que le cavalier éprouve pour le cheval. Vous l’aurez compris, cette semaine, Héloïse – Ileautresor a décidé de mettre ce sport au cœur de son billet d’été. Car elle est persuadée que le sport équestre peut ainsi favoriser la reconstruction après un accident de la vie et permet de rebondir.

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Le mystère de Lucy Lost de Michaël Morpurgo est un roman qui lui a beaucoup plu. Un homme des îles Scilly (au Sud de l’Angleterre), évoque sa grand-mère, surgie de la mer comme une sirène…

Dans son récit, Jim, un pêcheur, part pêcher avec son fils Alfie . Il ramène à la maison une petite fille inconnue, silencieuse , qui ne parvient à dire qu’un mot : Lucy… Tout un mystère l’entoure. Cette fillette semble avoir été particulièrement éprouvée par un événement inconnu. Pourquoi était-elle seule, sur l’île St-Helen ?
Planter le décor dans les îles de Cornouailles convient parfaitement pour suggérer le mystère qui entoure Lucy, trouvée en mai 1915. Lucy peine à reprendre des forces. Qu’a-t-elle vécu ? Qui est-elle vraiment ? Le mystère perdure autour d’elle. 

Alfie prend soin de Lucy. Petit à petit il se crée des liens d’amitié solides entre Lucy et Alfie. Cependant, Lucy semble vraiment désorientée : elle était égarée sur une île, mais aussi touchée par un profond choc émotionnel qui l’a ébranlée intérieurement.
Toutefois, Lucy trouve une thérapie avec un cheval apparemment indomptable. Personne n’arrive à le monter… sauf elle. En chevauchant cette monture sauvage, elle réussit à traverser le passage rempli d’eau qui sépare l’île de l’école. 

Ce récit, rempli d’énigmes de bout en bout du récit, est l’un des romans de Michael Morpurgo qu’Héloïse préfère.

Le mystère de Lucy Lost, Michael Morpurgo, Folio junior, 2018.

Son avis complet ICI et celui d’Isabelle.

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Dans Le murmure des chevaux, Charlotte Bousquet raconte une reconstruction de soi après des accidents de la vie. Le récit suit en particulier le flot des émotions et des rêves (en italiques dans le texte).

Valentin, un jeune garçon aime les chevaux depuis son enfance. Il assiste à la naissance d’une pouliche, Dona, en presence de sa mère.

Le lecteur retrouve Valentin plusieurs années après, et le sort s’est acharné sur l’adolescent. Suite à un accident, sa mère a disparu. Depuis, Valentin s’est progressivement éloigné de son père devenu distant.  L’adolescent se retrouve en apprentissage dans une filière avec des chevaux. Mais son entourage, dur et sévère, refuse toute émotion lorsqu’il n’ouvre pas la porte à la violence… Il n’est alors pas question de faire appel à des émotions positives. Or, face au refus de toute sensibilité, un nouvel accident survient. Comment s’en sortir ? Comment rebondir ? Quel chemin prendre après que le monde se soit écroulé ? 

Le roman est alors le récit d’une reconstruction de soi après des accidents de la vie. Il indique que suivre le fil de ses émotions et se faire confiance peut être une solution : en aiguillant sa vie comme on le souhaite profondément – avec une orientation que l’on a à cœur, et en donnant un sens à sa vie – en dépit des obstacles rencontrés précédemment.   

Héloïse a aimé le fait que le récit suive le flot des émotions et des rêves, que parfois les rêves du garçon et de la jument se rejoignent et se mêlent… L’une des originalités de ce livre tient à la multiplicité des points de vue qui ne font plus qu’un – comme pour devenir centaure – homme / cheval. Ce sentiment unique lorsqu’on est à cheval de faire « lien » avec son cheval dans la nature… que ce soit sur une plage de sable ou « dans le royaume des « steppes et [du] vent » » 

Un beau roman sur la résilience et le fait de reprendre confiance en soi. 

Le murmure des chevaux, Charlotte Bousquet, Scrineo, 2021.

Son avis complet ICI.

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Comme Le murmure des chevaux, Tempête au haras débute par la naissance de la pouliche Belle Intrigante. Mais ici, il est question d’une naissance simultanée entre la jument et un jeune garçon, Jean-Philippe. Celui-ci vit en effet dans un haras et depuis sa naissance, il a besoin d’être près de la pouliche.

Jean-Philippe assiste ainsi à la naissance d’autres poulains de la jument : comme celle de Tempête -justement nommé car il est né pendant un orage. 

Toute sa jeunesse, Jean-Philippe n’a qu’un rêve : devenir jockey. Alors que son père, éleveur de chevaux, souhaite surtout avoir un « crack » : un trotteur qui gagne à la course. 

Mais l’accident survient : Jean-Philippe ne peut plus tenir sur ses jambes. Pour l’adolescent, comment réaliser son rêve ? Mais il n’est pas dénué d’ingéniosité et a plus d’un tour dans son sac… 

En dépit de l’accident, ce roman rempli d’humour montre qu’il ne faut pas renoncer à réaliser ses rêves, même les plus fous… Avec de la détermination, l’équitation peut permettre de continuer à vivre et aussi de se dépasser.

Tempête au haras, Chris Donner, L’école des loisirs, 2012.

Son avis complet ICI.

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Certain(e)s rêvent d’équitation mais ne peuvent en faire : question de condition sociale ou d’époque – comme dans Un cheval de rêve d’Evelyne Brisou-Pellen.

Marie se rend à l’école en sabots. Top, Top ! Elle aime entendre le bruit des sabots qui claquent sur le chemin.
Fille de paysans bretons, à neuf ans, elle part tôt le matin pour franchir les cinq kilomètres qui la séparent de l’école… Il fait froid. Elle passe par de petits chemins, par la lande, souvent dans la nuit et le froid l’hiver ; mais elle ne se plaint pas : elle mesure sa chance d’aller étudier… Elle sait bien pourquoi elle va à l’école : elle aime apprendre, lire, écrire, compter.
Elle redoute cependant les mauvaises rencontres : surtout celle d’Amboise qui la rudoie pour s’amuser ; il la malmène souvent quand il la voit.
Aussi rêve-t-elle d’enfourcher un cheval pour aller à l’école… Marie n’aurait alors plus de souci. Elle chevaucherait alors par monts et par vaux … en toute liberté ! Il n’y aurait plus alors à redouter de croiser Amboise.
Mais ce n’est pas n’importe quel cheval vers lequel vont les pensées de Marie : celui qu’elle préfère, c’est un beau cheval noir qu’elle voit dans le pré du château. En secret, elle l’appelle Dragon noir. Un jour Marie n’y tient plus : elle enfourche le cheval noir et c’est l’accident ! Que lui arrivera-t-il encore ?

Héloïse a bien aimé l’histoire de cette jeune bretonne qui se rend à l’école en sabots – comme sa mère autrefois. Elle va par les chemins de terre, elle a son jardin secret même si cela lui semble un projet irréel loin de ce qui est possible à une fille de fermier.
Une belle histoire pour celles et ceux qui aiment le cheval et la Bretagne, lu d’une traite lors de congés dans cette belle région.

Dans ce dernier roman, le cheval apparaît comme un rêve mais aussi comme au solution face au harcèlement de Marie par un des autres enfants de l’école. 

Un cheval de rêve, Evelyne Brisou-Pellen, Nathan, 2022.

Son avis complet ICI.

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Ainsi, au-delà d’un simple sport, l’équitation est une école de maîtrise de soi. L’équitation place l’accent sur le lien entre le cavalier et sa monture. Le cavalier emprunte ainsi un chemin qui permet de se reconstruire, de franchir obstacle après l’obstacle, et de mieux rebondir…

Cette activité peut donc aider à surmonter les complications de la vie… et devient thérapie. Elle permet la reconstruction et peut permettre d’accéder à la résilience… Et vous, quels sont vous livres préférés sur le rétablissement par l’équitation ?

Billet d’été : Sport et Résilience

Après Lucie, Liraloin et Séverine, il est temps pour Héloïse – Helolitla de relever le défi de ces billets d’été sur le sport !

Le sport, un moyen de résister à l’oppression, un moyen de s’évader, à la montagne ou ailleurs… et aussi, parfois, un moyen de surmonter un traumatisme, de dépasser un drame. Le sport, un moyen de rebondir, de se reconstruire.

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C’est le cas par exemple de Glenn, qui a perdu son père, décédé dans un accident d’avion. Finies les courses à pied le long de la plage de Sydney, moments de partage et de communion avec son père et la nature, puisque Glenn doit aller vivre chez ses grands-parents, en France. Finies ? Non, Glenn ressent au fond de de lui ce besoin irrépressible de courir. Et pourrait bien trouver un allié pour reprendre ce sport…

« Plus je courais, plus je sentais la vie monter en moi.« 

Un court roman intense qui célèbre l’endurance et le running.

Courir avec des ailes de géant, Hélène Montardre, Rageot, 2017.

Sa chronique ICI.

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Jade, elle, a subi une agression sexiste et raciste : elle a été passée à tabac par des inconnus, en sortant de la piscine. Une agression violente dont elle peine à se remettre, jusqu’au jour où elle découvre le free fight. C’est ce sport qui va lui permettre de retrouver confiance en elle, de faire la paix avec son corps, de transcender cette colère qui l’anime en quelque chose de beau. Grâce au free fight, Jade trouve sa place. C’est comme une évidence pour elle.

« Quand je suis sur le tapis, j’ai l’impression d’être moi. Je suis bien dans mon corps, dans ma tête. Le reste du temps, mon cœur bat au ralenti. »

Enfin, le free fight est pour Jade un moyen de lutter contre les stéréotypes en montrant à tous que, oui, une fille peut se battre, et être douée.

Un roman coup de poing.

Frapper comme une fille, Yves-Marie Clément, Auzou, 2024.

Sa chronique complète ICI.

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Les difficultés, Astrid, Hakima et Mireille connaissent aussi. Toutes trois subissent régulièrement des moqueries sur leur physique, et cette année, elles ont été élues « Boudins » du collège. C’en est trop pour elles, elles décident de ne pas se laisser faire. Elles se lancent donc un défi : rejoindre Paris, en partant de Bourg-en-Bresse, à vélo, en vendant des boudins.

Les petites reines vont transcender ce harcèlement avec le vélo, et indirectement, alerter la population sur les dangers du harcèlement. Entre humour et émotions, un road-trip cycliste qui ne les laissera pas indemnes, et va leur permettre de se trouver elles-mêmes.

Les petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2015.

La chronique d’Isabelle, celle de Blandine, celle d’Héloïse (Ileautrésor), et celle d’Hélolitlà.

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Kasienka, 12 ans, émigre avec sa mère en Angleterre. Nouveau pays, nouvelle langue, et difficile acclimatation pour la jeune fille. Son seul refuge : la piscine, et la natation. Kasienka est une très bonne nageuse, et ce sport lui permet de mettre de côté son quotidien difficile. C’est une jeune fille touchante, en pleins émois adolescents. Une jeune fille en décalage avec les autres, moquée, harcelée, qui peine à se faire une place, hors de l’eau.

Un roman en vers libres, rythmé, puissant, sur les difficultés liées à l’intégration.

« Quand je suis dans l’eau
Mon corps tangue comme une vague :
Violent, un peu.
Beau, surtout.

Poitrine dressée,
Bras étendus,
Jambes en arrière,
Je m’apprête à frapper l’eau.

Et je tire,
Je pousse,
Je glisse.
Ainsi avance le Papillon. »

Swimming pool, Sarah Crossan, Rageot, 2018.

La chronique de Linda, celle d‘Hélolitlà.

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C’est la peur qui pousse Tony et Antoine un matin à s’enfuir. Les deux amis ne se concertent pas, ils se regardent, et partent en courant… Ils ne vont pas au collège.

Ce qui commence comme un jeu continue en course effrénée. Ils fuient tous deux quelque chose : l’un un père violent, l’autre le risque d’être expulsé de France. Une course pendant plusieurs jours, au-delà des limites, pour fuir, et dépasser ces traumatismes. Une course pleine d’espoir, au goût de liberté.

« On est invincibles, on file et nos pieds claquent de joie sur le bitume. On court comme on éclate de rire, comme on envoie balader une mauvaise pensée, comme on s’approche du bord de la piscine l’été pour se jeter en avant les bras grands ouverts vers la fraîcheur. On court dans le bonheur de l’instant. »

Aussi loin que possible, Eric Pessan, L’école des Loisirs. 2019.

Sa chronique complète à retrouver ICI.

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Et puisque qu’Héloïse trouve que le basket se prête bien à cette idée de rebondir après un drame, et que c’est le sport « familial », voici quelque titres qui l’ont marquée !

Après Frères, Kwame Alexander a imaginé l’adolescence de Charlie « Chuck » Bell, le père de Joshua et Jordan, dans un autre roman en vers libres. Nous sommes en 1988, c’est l’été, le premier été pour Charlie depuis que son père est mort. L’été où le basket, et un séjour chez ses grands-parents, lui ont redonné le goût de vivre. Durant cet été de grands changements, Chuck, aidé par sa cousine Roxie, découvre une passion qui ne le quittera plus.

« C’était l’été 1988,
l’été où le basket m’a donné des ailes,

où j’ai dû apprendre à
rebondir

sur le terrain
et dans la vie. »

Les vrais champions dansent dans le blizzard est un roman qui file à merveille la métaphore du basket pour rebondir après un drame. Un texte en vers libres poétique et résilient, qu’Héloïse ne se lasse pas de relire !

Les vrais champions dansent dans le blizzard, Kwame Alexander, Albin Michel Jeunesse, 2019.

Sa chronique complète ICI.

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Marie Vareille s’est attachée au sujet aussi, avec Le syndrome du spaghetti. Léa, basketteuse de haut niveau, qui vise une place en WNBA, voit sa vie s’écrouler du jour au lendemain. Mais il y a Anthony, rencontré par hasard. Anthony dont le basket est le seul échappatoire. À deux, ils vont tenter de surmonter les épreuves de la vie…

Deuil. Maladie. Le sport, une passion pour se reconstruire. Entraide. Amour. Marie Vareille découpe son roman avec les cinq étapes du deuil, nous montre avec justesse les émotions qui emportent Léa. C’est émouvant, vibrant, poignant.

Une ode à la vie, au sport, à l’amour.

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, Pocket Jeunesse, 2020.

La chronique de Lucie, celle d’Hélolitlà.

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Pour conclure ce billet, Hélolitlà s’éloigne un peu du sujet, mais elle souhaitait vous parler de ce roman qui l’a beaucoup touchée : ABC…, d’Antonio Da Silva.

Jomo grandit au Mali mais est repéré par un chasseur de têtes. Envoyé en France, dans un centre d’entraînement créé par Tony Parker, il se perfectionne en basket... et se heurte aux pattes de mouche, partout. Car Jomo ne sait pas lire… Il suit donc des cours du soir, en plus de ses entraînements.

Entre récit initiatique, poésie, sport, histoire d’amour tragique, l’auteur a su toucher Héloïse. Nous découvrons des personnages cosmopolites, profondément humains. Entraide et solidarité sont les maîtres-mots de cet ouvrage d’une grande délicatesse, qui met la vie au centre.

ABC…, Antonio Da Silva, Rouergue jeunesse, 2020.

Sa chronique ICI et celle d‘Isabelle.

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Et vous, quels sont les romans sur la résilience par le sport qui vous ont fait vibrer ?

Billet d’été : Résister, c’est du sport !

Après Lucie et son billet Courir pour résister, Séverine était aussi dans les starting-blocks pour présenter quelques ouvrages sur la résistance grâce au sport. Résistance au racisme, résistance politique, résistance aux stéréotypes de genre, ou simplement, résistance à la difficulté de vivre heureux.se en étant soi-même, la littérature jeunesse propose, sous toutes ses formes, un large panel d’histoires vraies ou de fictions, pour affirmer toujours plus haut, toujours plus fort que, l’important, ce n’est pas de participer, c’est de lutter ! Et, comme le disait Pierre de Coubertin : “Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.

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Black liv(r)es matters

La photo du poing levé Black Power , lors de la remise des médailles du 200 mètres aux Jeux olympiques 1968, trône dans le salon de Séverine. Tout un symbole. Pour elle, la BD Plus fort que la haine y fait particulièrement écho. Sauf que le racisme, c’est le poing ganté que le héros inoubliable de ce one-shot particulièrement fort, le combat. Louisiane, années 30. La ségrégation et la violence contre les Noirs fait rage. Alors qu’il aurait pu se laisser submerger et assouvir son désir de vengeance contre les Blancs, Doug Winston, doté d’une force herculéenne, découvre la boxe et sa puissance à la fois canalisatrice et émancipatrice. Sur le ring, plus de Blancs, plus de Noirs, juste des hommes. Egaux. De combat en combat, jusqu’au titre de Champion du monde, il comprendra que, quoi qu’il arrive, la haine n’est jamais la réponse. Ce message, optimiste s’il en est (voire un peu naïf ?), dont on aimerait qu’il soit enfin compris par le monde entier, définitivement, est ici sublimé par des illustrations de toute beauté…en noir et blanc. Un uppercut.

Plus fort que la haine de Pascal Bresson et René Follet- Glénat, 2014

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Un « truque » en moins

Séverine est également séduite par deux albums jeunesse dans lesquels le sport, détourné par le Pouvoir en outil de propagande, devient à l’inverse, pour de courageux sportifs, l’arme du refus de la soumission, un acte de résistance, jusqu’à en mourir.

Le premier traite d’une part méconnue de l’Histoire, celle de la Résistance autrichienne à l’union forcée avec l’Allemagne nazie, en imaginant une fiction autour d’un personnage réel. « Le Mozart du ballon rond« , tel était le surnom de Matthias Sindelar, Capitaine de l’équipe nationale d’une Autriche tout juste annexée par Hitler, en ce printemps 1938. Il est le héros absolu du jeune Marcus, dont le père est chargé de dissuader le footballeur de participer à l’ultime rencontre Autriche-Allemagne, car le match est truqué. Les Autrichiens doivent laisser gagner la grande Allemagne. Mais contre toute attente, le Capitaine est bien là et malgré le danger, il fait ce qu’il sait le mieux faire : il joue au football, et il gagne ! Par ailleurs, il ne lève pas le bras au ciel en signe d’allégeance au Führer. Le même Matthias Sindelar refusera de jouer sous le maillot nazi et l’Allemagne sera éliminée au premier tour de la Coupe du monde suivante. Neuf mois plus tard, Sindelar et son épouse juive seront retrouvés morts…Un étrange accident dû au gaz…Avec ce texte vibrant, servi par des illustrations magnifiques, tous deux venus d’Italie, la littérature jeunesse prouve une fois de plus qu’elle sait se saisir des sujets graves, tout en les enveloppant de beauté.

Carton rouge, de Fabrizio Silei et Maurizio A.C.Quarello, Ane bâté, 2014.

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Le second est une dystopie qui n’en a pas vraiment l’air… Un pays, une dictature, le sport comme enjeu de pouvoir. Là aussi, il est question de grand match. L’équipe d’un Gouvernement totalitaire qui nous rappelle évidemment quelque chose, grâce aux superbes illustrations sépia et aux références assumées, doit absolument prouver sa supériorité sur l’ex-équipe nationale, déjà « purgée » des minorités de toutes sortes. Ici, le ballon est ovale, on se lance dans la mêlée de toute sa virilité ! Mais comme dans l’album précédent, le match est truqué. Le Régime exige de sortir vainqueur et grandi aux yeux du peuple, pour asseoir toujours plus sa domination. C’est sans compter ceux pour qui le sport doit rester libre. Au cours d’un premier match, ils refusent de se soumettre et l’emportent. A leur grande surprise, ils sont épargnés, mais prévenus : le match retour sera perdant ou ils mourront…On devine la suite… Un récit intense et lyrique, porté par des images fortes pour dénoncer le totalitarisme et mettre en valeur le courage de ceux qui luttent. Petit plus : à la fin de l’album, quelques exemples de sportifs qui, de tous temps, ont résisté contre l’obscurantisme, dont un certain…Matthias Sindelar.

Le grand match, de Fred Bernard et Jean-François Martin, Albin Michel jeunesse, 2015.

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Championnes poids plume, championnes de la vie !

Enfin, parce que les filles ne sont pas en reste quand il s’agit de faire du sport un allié pour résister…Seule ou en équipe, celles-ci ont décidé d’exprimer par le sport, leur révolte face aux diktats de genre et à la société patriarcale. Et d’être heureuses.

Pavlina est menue, mais pas fragile. C’est la combativité faite fille. Son père veuf est un immigré russe qui se tue à la tâche. Cadette d’une famille de garçons, moquée par ses frères, chargée des corvées domestiques, seule face aux questionnements sur sa féminité naissante, la vie de la petite surnommée Brindille n’est pas rose, loin de là. La tendresse n’est pas vraiment de mise à la maison. Elle trouve le réconfort en jouant du piano, mais un jour, c’en est trop, en lieu et place de la pratique instrumentale, elle décide d’apprendre la boxe, afin d’établir un nouveau rapport de force et de se battre avec les seuls arguments compris par ses frères. Elle s’entraîne dur, progresse rapidement, jusqu’au fameux combat qui révèlera finalement que, sous leur rudesse et leur maladresse, les hommes qui l’entourent cachent en réalité, foi en elle et beaucoup d’amour. Cet album jeunesse fracassant, graphiquement très inventif, est plein d’humour, de force, de sensibilité. Il dénonce sans se faire moralisateur, il invite à la discussion et à la réflexion, comme souvent avec cet illustrateur/auteur de grand talent.

Brindille, de Rémi Courgeon, Milan, 2012.

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Dans le roman ado Championnes, son héroïne résiste, elle prouve qu’elle existe… grâce au football, qui devient un personnage à part entière. Il est sas de décompression quand l’adolescence et ses tourments amènent au bord de l’explosion, il devient messager d’espoir et de rage de vaincre quand, ballon au pied, plus rien ne compte que la victoire. Pour Pénélope et ses coéquipières, oubliés le harcèlement scolaire, la maladie d’un proche, l’abandon d’un parent, les questions de genre et d’identité, de sexualité, de précarité, qui les empêchent parfois de respirer. Il est, enfin, un coach fiable pour gagner en confiance, se dépasser, apprendre à perdre, parfois, mais avec les honneurs. Rien de différent, somme toutes, avec ce qu’apporte ce sport populaire et fédérateur, aux garçons qui le pratiquent. Dans un style dynamique, très proche du langage des adolescents, avec la juste dose d’émotion et de réalisme, ce roman file droit au but, sans temps mort, et confirme une vérité qu’il faut répéter, encore et encore, et encore, aux jeunes générations : le sexisme, dans le sport, ou ailleurs, c’est hors-jeu ! Vive le football féminin !

Championnes, de Mathilde Tournier, Gallimard Jeunesse-Scripto, 2024.