ALODGA s’engage : Prix UNICEF 2026

Cette édition 2026 marque les 10 ans du Prix UNICEF de littérature jeunesse. À cette occasion, l’ONG a sélectionné des titres qui célèbrent TOUS leurs droits sous le slogan « Les droits de l’enfant, quelle histoire ! ».

Les lauréats ont été annoncés la semaine dernière, mais tous les titres ont leur intérêt. Voici donc nos retours de lecture des livres proposés aux jeunes (et moins jeunes) lecteurs.

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Catégorie 3-5 ans

Si l’illustrateur a choisi de le mettre en images avec l’écologie, le texte d’Amanda Gorman a ceci de génial qu’il reste assez flou pour correspondre à quantités de situations intolérables (racisme, pauvreté, handicap, immigration et tant d’autres). Il met en scène un enfant ne se satisfait pas du monde qui l’entoure. Les adultes tentent de le dissuader d’intervenir, mais lui refuse que cette situation perdure. À force d’espoir et de travail – et malgré des échecs, il parvient à faire évoluer les choses et à fédérer autour de son projet.

Parfaite illustration du proverbe « les petits ruisseaux font les grandes rivières » et donc que chaque geste compte, il parle beaucoup aux jeunes lecteurs.

Petit à petit, Amanda Gorman, Christian Robinson, Héluim 2024.

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Ici c’est chez moi. Ici c’est mon arbre

Ici tout a été déraciné. Ici je suis déraciné

J’ai ma vie, mes amis, du confort et tout pour être heureux.

J’ai vu cet arbre, je m’y suis installé, mes amis me manquent. La nourriture y est abondante.

Pourtant je n’arrive pas à croire que cet oiseau là s’installe sans ma permission.

Je ne comprends pas cette langue et pourtant je veux faire connaissance.

Cet album propose deux lectures bien distinctes ce qui apporte une réelle densité à l’histoire et renforce les émotions éprouvées lors de l’incompréhension entre les deux protagonistes.

Finalement est-ce qu’avec un peu de de tolérance ne pouvons-nous pas vivre sous les mêmes branches ?  

Ici, Séverine Duchesne, Kilowatt, 2024.

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Outre cette sélection pour le prix UNICEF, cet album est idéal pour amorcer une séance d’EVAR en maternelle. Le message est simple et essentiel : « Interdit de me faire du mal ».
Chaque double page se présente de la même façon : à gauche une illustrations avec des personnages montrant les expressions gestuelles et visuelles qui « introduisent » une violence (par exemple une main levée) ; à droite une question posée au jeune lecteur, dont la réponse est toujours NON (pour bien montrer que la violence est à bannir dans tous les cas). 

Une fois ce fait établi, Mai Lan Chapiron s’assure qu’il est bien passé en multipliant les exemples de situations, invitant les jeunes lecteurs à marteler le non. Simple, efficace, indispensable.

Interdit de me faire MAL, Mai Lan Chapiron, La Martinière jeunesse, 2025.

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Et terminons avec le lauréat de cette année : Loujain rêve de tournesols !

Loujain veut voler et espère un jour pouvoir contempler les tournesols, magnifiques fleurs imitant le soleil. Mais ce soleil brûle les rêves des petites filles. Là où habite Loujain, il est interdit de rêver, de voler, d’espérer … pourtant, certains adultes vont l’écouter et l’aider à réaliser l’impossible.

Cet album est un cri d’espoir et de solidarité. La détermination de Loujain ne faiblit à aucun moment. Personne ne pourra lui arracher ce rêve qui loge au fond de son cœur et de son esprit de femme libre vivant dans un monde patriarcal. Un album essentiel.

Loujain rêve des tournesols, Lina Alhateque, Uma Mishra-Newbery, Rebecca Green, Les 400 coups, 2024.

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Catégorie 6-8 ans

Hana et sa maman se sont réfugiées en France pour fuir la guerre. Seulement, l’argent manque et elles sont obligées de dormir dans un musée. L’émerveillement de la petite fille face aux oeuvres d’art en dépit de sa situation précaire est très touchant. Tout comme le lien qui se tisse entre art et artisanat à travers les broderies de la maman. Les illustrations d’Emma Morison jouent d’ailleurs sur la polysémie du verbe « tisser » avec ces dessins de fils. Lâches au début, ils forment progressivement un tracé régulier, alors qu’Hana parvient à se lier avec une camarade.

Avec la délicatesse qu’on lui connaît, Laurence Gillot invite à faire évoluer le regard que l’on porte sur « l’étranger », particulièrement lorsqu’il est issu de l’immigration. 

Mademoiselle Vole, Laurence Gillot, Emma Morison, Editions du Pourquoi Pas ?, 2022.

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Tout commence avec un chat qui voyage dans le monde et se passionne pour la Déclaration des droits des filles. Chaque page présente ensuite une jeune fille confrontée au non respect de l’un de ses droits de manière (même si le lecteur peut aisément supposer que certaines cumulent de nombreuses difficultés). Dommage que le lecteur n’apprenne rien sur son pays, sa famille, ses conditions de vie, bref du contexte dans lequel a lieu cette transgression.

Cet album propose un texte très didactique, façon documentaire. C’est la limite d’un album écrit par une ONG : si le fond et l’engagement ne peuvent être mis en doute, il manque l’imagination d’un auteur qui aurait pu faire de cet album une oeuvre de littérature jeunesse.

Un futur pour elles, Plan international France, Adolie Day, Larousse, 2024.

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La répartition de l’espace de la cour de récréation est un vrai sujet dans de nombreuses écoles. Si l’adulte voit rapidement où veut en venir l’auteure, les jeunes lecteurs adhérent immédiatement au sujet et au vocabulaire fleuri. On peut regretter qu’Alessio soit si compréhensif et facile à convaincre mais l’évolution de la répartition de l’espace est un super extra pour amorcer la discussion avec des élèves.

A savoir : les héros reviennent en 2026 avec Un toit pour tous du même duo d’auteure-illustratrice sur le mal-logement.

Tous pour une !, Nancy Guilbert, Léonie Koelsch, Kilowatt, 2022.

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Dans cette catégorie, c’est l’histoire de Martha qui a le plus ému les jeunes votants. Suite à des problèmes familiaux, cette petite fille est placée en attendant que ses parents puissent s’occuper d’elle correctement. Cet album aborde ce sujet grave avec douceur et bienveillance. Un optimisme forcené aussi, qui a sa place dans un album jeunesse mais ne traduit pas forcément la réalité. Les illustrations de Cécile et le choix des animaux anthropomorphes contribuent grandement à adoucir la situation.

Ainsi, le lecteur s’attache à Martha et à ses doudous, et l’intérêt supérieur de l’enfant prend tout son sens.

Qui s’occupe de Martha ?, Emmanuelle Toussaint, Cécile, Utopique, 2024.

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Catégorie 9-12 ans

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman expose les difficultés des collégiens du Haut Maroni, en Guyane, pour accéder à l’éducation. Quitter sa famille, son village et son environnement pour aller étudier en ville, sans possibilité de retour en dehors des vacances à 11 ans est très brutal. La bonne idée est de présenter deux amis aux caractères très différents, qui vont donc réagir chacun à leur manière face à ce déracinement.
Si certains jeunes quittent volontairement leur village pour trouver un travail, Claire Clément montre bien que la situation est très différente lorsque la séparation est imposée, surtout si jeune.

Les illustrations de Léo Alcatraz immergent le lecteur dans la végétation luxuriante de la forêt amazonienne et apporte de la couleur à un récit dur. On ne peut qu’espérer que le rôle de sentinelle soit développé pour réduire les drames.

La sentinelle, Claire Clément, Alca, Editions du Pourquoi Pas ?, 2023.

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Ce roman sorti en 2024 résonne terriblement avec l’actualité très récente sur les violences sexuelles envers les enfants. Les monstres aimés. Ceux qui volent le sommeil, l’insouciance, la parole. Qui inversent dans l’esprit de l’enfant la culpabilité, l’enferment dans la solitude. Pourtant, ils sont des milliers…Tel est le sujet ultra-sensible d’Ombreline, où il est question d’inceste. Si, par exemple, en littérature blanche, un roman autobiographique sur le même sujet vient de remporter le prix Goncourt du premier roman, il n’est pas surprenant que les enfants votant pour le Prix UNICEF n’aient pas offert en masse leurs suffrages à cette histoire. Certes adoucie par son univers féérique, son texte à la fois juste, subtil et poétique, et de belles illustrations brun-orangé chaleureuses et oniriques, son fond terrifiant doit être absolument discuté en amont. (d’ailleurs, alors que l’objet-livre est magnifique, il eût sans doute été judicieux que Milan indique clairement son thème). Si le/la lecteur.ice n’a pas été sensibilisé.e à cette thématique, la lecture peut s’avérer soit trop distante, trop délicate, voire inaboutie. La fin très émouvante laisse néanmoins place à l’espoir : il existe des adultes-ressources, prêt.e.s à accueillir la parole de l’enfant victime, à le croire, à l’aider. Des bonnes fées pour ces enfants de la nuit.

119 – Allo enfance en danger

Ombreline, de Manon Fargetton, illustré par Maud Begon, Milan, 2024

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Dans une collection adaptée aux dys, Le garçon qui voulait être un chat nous, de Veronique Foz, nous embarque dans la tête d’Ilyan, autiste Asperger. Depuis tout petit, cela complique ses relations avec les autres. Heureusement, il y a son grand-père, toujours là pour lui. Toujours ?

Deux thématiques qui se croisent : la difficulté d’un enfant autiste à s’épanouir, et la maladie d’Alzheimer. On ne peut qu’être touché par notre héros, ses difficultés à trouver sa place, sa passion pour les chats, les mauvais traitements qu’il subit de la part de certains camarades. Et que dire de son désarroi, quand son grand-père perd la mémoire…

Les difficultés rencontrées par Ilyan sont abordées avec justesse et finesse. On perçoit très bien les conséquences de son handicap sur lui-même, mais aussi son entourage. On voit les limites d’un système scolaire qui a du mal à inclure tout le monde, faute de moyens et de personnels. Et quelle belle relation avec le grand-père ! Elle est émouvante, touchante, encore plus avec cette maladie d’Alzheimer qui vient tout compliquer.

Le garçon qui voulait être un chat, Véronique Foz, Johanne Licard, Tom Pousse, 2023.

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C’est cette BD qui a reçu les suffrages des votants. On suit Manon qui bascule dans la jungle du harcèlement à cause de Stacey jalouse de ses bonnes notes. Le mécanisme s’enclenche et les effets sont très bien décrits. Tout comme l’impuissance – consciente ou non – des adultes qui l’entourent. La métaphore de la jungle apporte à la fois pertinence et recul, mais l’après révélation, s’il montre bien la solitude des familles manque justement de clés pour réagir efficacement.

Une BD utile, pleine de bonnes intentions et qui a le mérite d’aborder frontalement un sujet terrible. Mais il ne va pas au bout de la démarche et manque cruellement d’éléments concrets au niveau des solutions à apporter.

La Jungle, Harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.

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Catégorie 13-15 ans

N’ayant pas pu lire ce titre, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.

Années 1960. Dans un quartier populaire d’une ville de La Réunion, Jean et Madeleine sont arrachés à leur mère par les services sociaux qui leur promettent une vie meilleure en métropole, une bonne éducation et des retours réguliers sur leur île. Lucien, jeune fonctionnaire fraîchement affecté à La Réunion, arrive à la préfecture et découvre ses fonctions à la Section 4 : il devra notamment superviser le transfert de « pupilles de l’État » dans l’Hexagone…Transplantés en Creuse, Jean et Madeleine sont séparés. De foyers en familles d’accueil, Jean rencontre d’autres enfants réunionnais dans la même situation que lui. Une vie durant, entre errances et recherches, il tentera de comprendre pourquoi…

Piment zoizos, Les enfants oubliés de la Réunion, Téhem, Steinkis, 2024.

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L’héroïne de Girls Bazaar est une jeune fille Nat (peuple traditionnellement nomade dont le mode de vie a été interdit ce qui les a réduit à la pauvreté en marge de la société). Cela permet de montrer le quotidien de ces familles pour lesquelles chaque jour est un combat, mais aussi la pression sociale et les barrières que se mettent ces filles. Car elles sont élevées dans l’idée que leur seul horizon sera la prostitution. Difficile de remettre en cause un destin qui a touché toute sa famille et ses voisines sur plusieurs générations. Le rôle du sport (ici le kung-fu) est central dans la prise de confiance et la capacité à se défendre.

Ce roman a été écrit par l’activiste indo-américaine Ruchira Gupta suite à son documentaire The Selling of innocents. Alors qu’elle était journaliste, elle a découvert l’ampleur du trafic de petites filles indiennes et a créé l’ONG Apne Aap pour le combattre.

Girls bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.

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Les quatres personnages principaux sont des ados très caractérisés : les jumelles riches, l’ado honteux de sa famille pauvre, et les deux élèves issus de l’immigration… mais c’est aussi le reflet de la société.
En réalité, le propos est pédagogique mais c’est assez bien fait pour que ça n’empiète pas sur les situations auxquelles les jeunes font face. Et leur énergie (ainsi que celle de leur prof dont les difficultés ne sont pas passées sous silence) est plutôt porteuse.

Julie Scheibling a adapté Une brève histoire de l’égalité de Thomas Piketty pour sensibiliser les adolescents à la question des inégalités sociales. Et en effet, cette BD permet aux jeunes lecteurs de s’approprier les concepts et comprendre qu’autour d’eux, il existe de nombreuses différences et inégalités entre les classes.

Jeux de classes, librement inspiré d’Une brève histoire de l’égalité, Quentin Vijoux, Julie Scheibling, Seuil jeunesse, 2025.

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N’ayant pas pu lire ce titre qui a pourtant reçu la majorité des suffrages, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.

Pourquoi ça fait si mal ?

Juliette et Mathilde sont amies depuis toujours. En cette rentrée en 4e, Mathilde a des envies de popularité et un crush pour le beau Thomas. Elle se rapproche alors de Karine, qu’elle semble admirer plus que tout. Juliette n’apprécie pas vraiment Karine, sa bande, et les airs rebelles qu’ils se donnent. Une incompréhension grandissante s’installe entre les deux amies. Peu à peu, c’est un étrange mécanisme d’exclusion qui se met en place, jusqu’à ce qu’une photo de Juliette, à demi-nue, soit prise dans les vestiaires…

Ratures indélébiles, Aurelle Gaillard, Camille K., Jungle, 2022.

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Avez-vous lu ces titres ? Lesquels vous ont le plus enthousiasmés ?

ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF pour son prix de littérature jeunesse 2025

Le Prix UNICEF de littérature jeunesse est de retour pour une nouvelle édition sur le thème Grandir dans un monde durable, ça n’attend pas ! avec pour marraine l’écrivaine Mélissa Da Costa. Comme pour chaque édition depuis cinq ans, nous avons lu la sélection et sommes ravies de partager nos retours de lectures avec vous.

Catégorie 3-5 ans

Deux Ours

Deux Ours, une rencontre inattendue de Patricia Hegarty & Rotem Telplow, Kimane, 2020.

Deux ours vivent dans des environnements bien différents, mais sont tous deux menacés par le changement climatique. Chacun d’eux entreprend de trouver un nouveau foyer… leurs routes vont se croiser ! L’album de Patricia Hegarty et Rotem Teplow aborde en douceur le changement climatique et les migrations. Il sensibilise les plus jeunes à l’impact de l’homme sur son environnement, et nous plonge das une belle d’histoire d’amour et de tolérance.

Ils apprirent à se connaitre et découvrirent qu’ils avaient beaucoup en commun, bien que l’un soit blanc et l’autre brun.

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NATURA

NATURA de Yuval Zommer, Minedition, 2023.

Natura, esprit de la Terre et du Vivant, toutes les espèces, humaines, animales et végétales. Elle est vaste et généreuse. Mais l’homme ne cesse de l’exploiter. Jusqu’à quand tiendra-t-elle ? C’est un enfant qui va tirer la sonnette d’alarme… Voilà un album poétique qui permet de réfléchir une nouvelle fois autour de la thématique de l’environnement. Le texte simple et la richesse des illustrations ouvrent sur de nombreuses discussions possibles. Pour se rapprocher de la nature… et à la protéger.

Chez elle, chaque créature trouvait sa place…et elles étaient toutes les bienvenues. Natura était grande.

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Le Premier Rayon de soleil

Le Premier Rayon de soleil d’Alain Millet, l’étagère du bas, 2022.

Léo et ses parents doivent déménager : le temps est devenu trop sec pour continuer à travailler la terre. Ils arrivent dans la forêt des oiseaux. Ces derniers les accueillent à bras ouverts. Exil et migration climatique au programme de cet ouvrage coloré, qui met en exergue le partage, l’entraide et la générosité.

Ils sont partis pleins de courage et d’espoir, ils ont navigué sur une mer agitée, bravé des pluies, jusqu’à arriver dans un pays inconnu…

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Petite Taupe : Tombe la pluie

Petite Taupe – Tombe la pluie d’Orianne Lallemand & Claire Frossard, Auzou, 2021.

Tiens, il pleut aujourd’hui ! Plic ploc, plic ploc. Mais… Pourquoi la pluie ne s’arrête-t-elle pas ? Les animaux vont tous être inondés ! Une aventure de Petite Tape qui est confrontée avec ses amis à une inondation. Encore une fois, partage et l’entraide sont mis en valeur dans cet ouvrage tout mignon.

« J’aime la pluie qui tombe, j’aime la pluie qui mouille ! » chante Léo la grenouille.

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Catégorie 6-8 ans

S.O.S. Forêt en détresse

S.O.S. Forêt en détresse de Marie Colot & Annabelle Gormand, Kilowatt, 2021.

C’est à une enquête que convie Marie Colot avec ce titre. Les jeunes lecteurs sont invités à suivre Eva et Vadim qui arrivent chez leur grand-mère pour les vacances d’été et et découvrent la forêt qui entoure sa maison dévastée. Qui a bien pu couper tous ces arbres et pourquoi ? Aidés par le garde forestier, ils vont mener l’enquête et percer ce mystère. Si les adultes peuvent regretter le côté très manichéen de l’intrigue et les illustrations un peu « plates », les enfants sont emballés par l’intrigue et se prêtent au jeu .

L’avis complet de Lucie.

Ouverture des camions. Bang, un premier tronc est jeté dedans.

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La jeune institutrice et le grand serpent

La jeune institutrice et le grand serpent d’Irène Vesco & Juan Palomino, Obriart, 2022.

Lorsqu’elle reçoit sa mutation, la jeune institutrice découvre qu’elle va aller enseigner au fin fond de la forêt amazonienne. Qu’importe, elle est prête à tout pour apporter la connaissance à ses futurs élèves ! La communauté de Las Delicias a de quoi faire rêver, et elle va montrer à cette toute nouvelle enseignante que si les connaissances académiques sont importantes, les légendes et les traditions ont elles aussi leur raisons d’être transmises. Un très joli conte porté par des illustrations aux couleurs chatoyantes !

Déterminée, elle bricola une petite étagère pour disposer ses livres, son trésor, la seule chose au monde qui lui donnait un sentiment de sécurité.

L’avis complet de Lucie.

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Débordés

DÉBORDÉS de Mariajo Ilustrajo, Glénat, 2023.

Des animaux sont tellement obnubilés par leur quotidien qu’ils ne se rendent pas compte que l’eau monte. Un peu d’eau, ce n’est pas grave, non? Des illustrations sublimes pour un conte qui pointe du doigt l’indifférence face aux catastrophes, mais met aussi en valeur l’entraide et la solidarité, seule solution pour survivre.

La ville se réveilla comme n’importe quel autre jour d’été. Mais quelque chose était différent. Ce n’était pas un problème. La ville était juste un peu… MOUILLÉE !

Les avis complets de Helolitla et Lucie.

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Le faiseur de nuages

Le faiseur de nuages de Damien Deville, Yacouba Sawadogo & Magali Attiogbé, Gründ Jeunesse, 2023.

Adapté d’une histoire vraie, Le faiseur de nuages raconte la réhabilitation d’un village. Alors qu’il avait été dévasté par les vents chauds du Sahara, un habitant tenace a trouvé les ressources et les astuces pour faire revenir douceur de vivre et habitants. Ode au partage d’expérience et à la transmission, cette histoire aux illustrations vives est source d’espoir face aux changements climatiques.

L’avis complet de Lucie.

Vous savez, les enfants, la rencontre est souvent ce qui permet de faire germer l’espoir !

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Catégorie 9-12 ans

Les aventures de moi-même – Journal de ma manif

Les aventures de moi-même – Journal de ma manif de Charly Delwart & Ronan Badel, Flammarion jeunesse, 2024.

Gaspard, dix ans, voit le terrain vague où il retrouve ses amis menacé par le projet de construction d’un supermarché. Les enfants vont organiser une manifestation pour sensibiliser la ville à cette situation. Ce titre a l’intérêt de montrer que des enfants peuvent eux aussi mettre en place des actions et surtout de détailler les étapes de la préparation d’une manifestation. Le tout avec les illustrations pleines de vie de Roman Badel.

Avec le terrain vague, on veut protéger la planète. Enfin un morceau de planète, même très petit mais quand même. Un morceau de nature dont tout le monde peut profiter. Ça c’est un projet commun.

L’avis complet de Lucie.

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PERMACITÉ !

PERMACITÉ ! d’Olivier Dain-Belmont & Fachri Maulana, Sarbacance, 2021.

Permacité ! est un album documentaire dans lequel Olivier Dain-Belmont rêve (comme l’indique le sous-titre) une ville inspirée de techniques et organisations qui existent déjà de manière morcelée à différents endroits du globe. Et cela fait envie ! En suivant Camille, nouvelle arrivée, à la recherche de son chat, le lecteur découvre toutes les techniques et les personnes qui participent à cette cité écologique idéale.

Les avis complets de Lucie et d‘Hélolitlà.

La Permacité est un rêve. Au vu de l’urgence écologique, c’est un rêve quil faudrait appliquer très bientôt ! Qu’attendons-nous ?

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Tout jaune

Tout jaune d’Hélène Canac, Jungle, 2023.

Victor et Léna vivent à la campagne chez leurs grands-parents où la pollution et le manque de soleil réduit considérablement les récoltes. Les deux enfants vont partir pour un voyage initiatique qui leur permettra de mieux comprendre l’histoire et les raisons de la disparition du soleil. Un album dont le sujet angoissant est contrebalancé par des illustrations assez douces.

– Tu te souviens du soleil, toi ?
– Non. . . il s’est couché quand je n’étais pas encore née. Et depuis, il ne s’est plus levé. Grand-mère dit qu’il déprime au pied de la montagne noire. . .
– Il ressemblait à quoi, tu sais ?
– À un rond tout jaune dans le ciel.

L’avis complet de Lucie, celui d’Helolitlà.

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CLIMAT

CLIMAT d’Eoin Colfer, Andrew Donkin & Giovanni Rigano, Robinson, 2023.

Sami vit dan le golfe du Bengale, Yuki en Nouvelle-Ecosse. Tous deux ne se connaissent pas, mais sont menacés par le changement climatique et ses conséquences : tempêtes, fonte des glaces et montée des eaux. Un livre qui alerte sur les conséquences du changement climatique auprès des populations.

Tout ce que je sais, c’est que, malgré l’immensité du monde, le nôtre rétrécit de jour en jour.

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Catégorie 13-15 ans

Le jour où j’ai voulu sauver la forêt

Le jour où j’ai voulu sauver la forêt de Nora Dåsnes, Casterman, 2023.

Bao est engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique et représente les élèves de son collège lors des réunions d’administration. Mais loin d’être entendu, sa voix n’a guère plus de valeur que le rôle qui lui a été assigné. Alors que l’équipe administrative décide de détruire la forêt aux abords de l’établissement pour agrandir le parking, elle décide de revendiquer le droit à la préservation de la forêt en mettant en place des moyens concrets pour faire entendre la voix des adultes de demain.

C’est quand on est confronté à la fin de quelque chose qu’on prend conscience de ce qu’on a perdu.
Si tout le monde attend que quelqu’un d’autre agisse, rien ne se presse.
Quand on a 12ans,on pense qu’on peut changer le monde. Mais on oublie souvent qu’il faut commencer par changer soi même.

Nora Dåsnes dresse les différentes étapes du combat d’une jeune fille colérique qui souhaite faire comprendre que l’urgence climatique est l’affaire de tous. Les rapports sur le climat en vue des différentes réunions sont de belles réussites de vulgarisation, et l’opposition des points de vues autour de la question du parking est l’occasion de montrer que la parole des enfants, même élus, est rarement prise en compte. Une BD qui pousse à réfléchir et donne quelques clés en fin d’ouvrage pour s’engager.

L’avis complet de Lucie.

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Eddie et Noé – Tome 1

Eddie & Noé, Tome 1. Plus chauds que le climat ! de Max de Radiguès & Hugo Piette, Sarbacane, 2023.

Cette BD met en scène Eddie et Noé qui vont sécher les cours pour se rendre aux manifestations pour le climat. Et en profiter pour découvrir l’amour – tout en se sensibilisant au rascisme, à l’homosexualité, aux scarifications et aux difficultés d’un parent solo. L’ambition est belle et les illustrations pleines de vie, mais on peut regretter l’accumulation de thématiques qui noient un peu le lecteur.

Ouaip ! On lâchera rien…

…et on est plus chaud que le climat !

L’avis complet de Lucie, celui d’Hélolitlà.

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Le temps des ogres

Le temps des ogres de Michelle Montmoulineix, Hélium, 2023.

La sécheresse a modifié la surface de la Terre en un immense désert. Les quelques survivants ont perdu toute humanité, les adultes sont devenus des ogres qui dévorent les enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes. Dénués de langage et de pensée, ces derniers vivotent en attendant d’être « récoltés »… Lorsque Victoire se mêlent à un groupe de sauvageons, son empathie et sa capacité à instruire les autres enfants en font une menace pour les adultes mais un nouvel espoir pour l’humanité.
Un récit cruel mais porteur d’espoir, entre anticipation et conte, qui place l’éducation comme outil indispensable à la conquête de la liberté !

Les avis complets de Frede, Linda et Lucie.

La musique, composée par un génie d’un autre siècle, évoquait des saisons qu’elle n’avait jamais connues. Les instruments de l’orchestre emplissaient ses oreilles de chants d’oiseaux et de bourdonnements d’insectes disparus, évoquaient des printemps et des étés vert et bleu enluminés par le tracé argenté de rivières étincelantes. Ils faisaient palpiter ses narines du parfum sucré de haies fleuries. Puis les violons gémissaient et bramaient, et Victoire sonnait comme on frissonnait jadis par les soirées d’automne.

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La gardienne de la forêt

La gardienne de la forêt de Nathalie Bernard, Thierry Magnier, 2023.

En Amazonie, le frère de Diana vient d’être abattu par des bûcherons illégaux. La jeune fille décide de reprendre son rôle de « gardien de la forêt », pour tenter de sauver ces arbres qui font partie de son quotidien, mais sont aussi le « poumon de la planète ». Mais que peut-on faire à 13 ans face à ces pilleurs organisés ? Un ouvrage immersif, actuel et brûlant sur un sujet très actuel, autour de la question de la déforestation et de la destruction de la forêt amazonienne.

Elle avait adoré déchiffrer les lettres et lire les phrases jusqu’à ce qu’elles forment des images dans son esprit. Elle avait aimé découvrir des histoires passionnantes dans les livres et avait pris goût à l’écriture.

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Avez-vous lu certains de ces livres ? Avez-vous envie de les découvrir ? Nous vous invitons à guetter les lauréats de chaque catégorie sur le site my.unicef.fr qui seront annoncés le 5 juin prochain. Nous les partagerons sur notre page facebook.

ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF pour son prix de littérature jeunesse 2024

Le Prix UNICEF de littérature jeunesse est de retour pour une nouvelle édition sur le thème de la pauvreté et des inégalités sociales avec pour parrain l’écrivain Erik Orsenna ! Comme les quatre années précédentes, nous avons lu la sélection et sommes ravies de partager nos retours de lectures avec vous !

Catégorie 3-5 ans

Ours d’Hiver

Ours d’Hiver, Irène Schoch, Editions des éléphants, 2023.

Alors qu’il rejoint sa tanière pour affronter l’hiver, l’ours Aldo découvre qu’elle a été détruite pour céder la place à un parking. Sans abri, il part à la recherche d’un abri et au fil des rencontres et des surprises, il trouve un moyen de réchauffer son cœur.
Ours d’hiver aborde le sujet délicat et plutôt rare en littérature jeunesse des sans-abris. Si la débrouillardise, l’entraide et la solidarité porte Aldo dans son cheminement, le texte met en avant la chance d’avoir un toit sur la tête en évitant de culpabiliser son lecteur mais en lui rappelant l’importance d’une main tendue.

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Le p’tit cœur de Dina

Le p’tit cœur de Dina, Emmanuelle Eekhout & Batrice Renard, l’école des loisirs (pastel), 2021.

Présentation éditeur : Ce matin, sous la tente, le p’tit cœur de Dina est inquiet. C’est son premier jour d’école dans un autre pays. La petite grenouille a peur de se perdre au milieu des gens. Il y a beaucoup de bruit en classe et Dina ne comprend pas ce que dit la maîtresse. Sur le chemin du retour, elle se perd. Le p’tit cœur de Dina est en miettes quand un garçon à vélo lui demande gentiment : « Que fais-tu là grenouillette ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette ».

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Sans détour

Sans détour, Stéphanie Demasse-Pottier & Tom Haugomat, L’étagère du bas, 2022.

Présentation éditeur : Une enfant et sa mère passent chaque jour devant une dame assise sur le sol avec son bébé. Que font-ils là ? Les questions se bousculent dans la tête de l’enfant qui ne sait pas comment réagir face à cette précarité. Devant la tristesse de sa fille, la mère trouve les mots pour la réconforter, lui donnant l’élan nécessaire pour aller à leur rencontre : « On ne peut pas tout porter. Un sourire, un regard, un geste même tout petit, c’est déjà quelque chose. »

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Petit Poilu, tome 27. Tout pour moi, Rien pour tous !

Petit Poilu, tome 27. Tout pour moi, Rien pour tous !, Pierre Bailly & Céline Fraipont, Dupuis, 2022.

Bloqué par la neige lors d’une promenade, P »tit poilu se retrouve dans la maison de deux écureuils après avoir creusé en chemin. Surprise, l’un n’a pas grand chose alors que l’autre semble avoir bien trop pour lui seul. Alors qu’ils se lancent tous trois à la recherche de nourriture, on s’aperçoit que ce dernier s’enrichit au détriment des autres…
Album sans parole, bande dessinée, Tout pour moi, rien pour tous ! s’adresse aux jeunes lecteurs et interroge sur la notion de partage et de solidarité en mettant en avant un personnage égoïste et peu partageur victime d’un véritable chamboulement.

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Catégorie 6-8 ans

Le manteau

Le manteau, Séverine Vidal & Louis Thomas, Gallimard, 2020.

Quand la pauvreté est perçue au travers du regard d’un enfant, le choc peut s’avérer assez brutal ! Pourtant, Séverine Vidal réussit à rendre la rencontre touchante et bienveillante en partant de la présentation de cette enfant, Lison, qui attend impatiemment d’hériter du manteau rouge de sa grande sœur. Ce manteau de grande, ce manteau parfait dont elle rêve depuis longtemps, perd pourtant de sa valeur quand elle passe devant cette mère et son enfant mendiant dans la froid de l’hiver, vêtues de plusieurs couches de vêtements bien trop fin pour leur tenir chaud… Lison découvre alors que la chaleur passe aussi dans le partage et la générosité.

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Ling & les êtres mécaniques

Ling & les êtres mécaniques, Emma Roberts & Gwendal Blondelle, Alice jeunesse, 2020.

Entre délicatesse, imagination et réalisme, cet album nous décrit le quotidien d’une enfant obligée de travailler pour subvenir à ses besoins comme à ceux de sa famille, restée à la campagne.
Son seul bien, celui qu’on ne peut lui prendre et qui lui permet de tenir : ses pensées, ses rêves, ses espoirs.

Sans accusation aucune, il nous apprend/rappelle que des enfants travaillent malheureusement dans certaines parties du monde pour que dans d’autres endroits, d’autres enfants (et adultes) profitent du fruit de leur dur labeur.
Il nous dit aussi que d’où que nous soyons et qui que nous soyons, finalement, nos désirs profonds sont identiques.

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Le samedi au Paradis

Le samedi au Paradis, Angela Burke Kundel & Paola Escobar, Kimane, 2021.

A Bogota, en Colombie, dans le quartier de La Nueva Gloria, le samedi est attendu avec impatience par les enfants. Car le samedi, José Alberto Gutiérrez leur ouvre les portes de son Paradis: une bibliothèque constituée de livres jetés dans les quartiers riches de la ville et récupérés par José lors de ses tournées, car il est éboueur.
L’histoire de cet album qui nous présente deux José, est d’autant plus belle qu’elle est vraie.
Elle nous décrit le pouvoir des livres, leur rayonnement à-travers les lieux et les époques, le pouvoir de l’imagination qui permet de s’évader. Mais aussi un accès inégal à la culture et au savoir, certains les considérant comme « jetables ». Heureusement, l’espoir et la générosité d’un homme à la profession méprisée permettent aux jeunes enfants d’y pallier.

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Taupe & Mulot, tome 6. Faire famille

Taupe & Mulot, tome 6. Faire famille, Henri Meunier & Benjamin Chaud, Hélium, 2023.

Taupe et Mulot est une série de 6 petits romans aux personnages récurrents. Faire famille, le dernier né (pour le moment), est composé de trois histoires indépendantes. Parfait pour les jeunes lecteurs auxquels ce texte s’adresse !
L’objet livre est très agréable, les illustrations de Benjamin Chaud pleines de vie, mais c’est la relation entre Taupe et Mulot qui est vraiment mignonne. La bienveillance non dénuée d’humour, et l’attention constante de l’un envers l’autre sont charmantes.
Les histoires mettent en scène différents personnages de la forêt qui ont tous à cœur le bien de leurs camarades, et particulièrement celui de Mulot qui manque de réserves pour traverser l’hiver, sans que le message ne soit lourdement appuyé. Un coup de coeur.

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Catégorie 9-12 ans

La Jungle

La Jungle, Ludovic Joce, Alice (Deuzio), 2021.

Ici la jungle n’est pas celle, sauvage, lumineuse, qui abrite d’incroyables espèces animales et végétales. Non, la jungle ici, c’est celle de Calais. « La Jungle » c’est le nom que l’on a donné à cet endroit, en forêt, où des centaines de réfugiés se sont installés après le démantèlement du camp de Sangatte. Quand Lucas, qui vient d’emménager à Calais, fait une mauvaise chute en explorant les alentours avec son skate et son chien Malabar, un garçon nommé Seyoum va lui venir en aide et l’amener dans sa cabane. Là, il va le soigner, avec son frère et son père. De retour chez lui, Lucas ne pourra pas oublier Seymoun et sa famille mais les préjugés ont la vie dure et les liens qui se tissent entre les deux enfants vont être mis à rude épreuve. Un roman qui permet d’interroger notre manière d’accueillir en France les réfugiés et d’interroger ce qui nous lie malgré nos parcours et nos cultures.

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La trompette de Louis

La trompette de Louis, Magali Chiappone-Lucchesi & Youlie, Glénat jeunesse, 2021.

Voilà un bien bel album qui nous raconte comment le jeune et pauvre Little Louis qui a grandi à la Nouvelle-Orléans s’est sorti de la rue pour devenir le célèbre Louis Armstrong. Si l’histoire de Louis est déjà passionnante, le récit aborde la ségrégation et la difficulté d’être noir dans l’Amérique du début du vingtième siècle ainsi que l’engagement de l’artiste pour la communauté afro-américaine. A la fin de l’ouvrage, on n’a qu’une envie, écouter résonner la trompette de Louis.

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Seconde chance

Seconde chance, L. Karol, Mijade (Zone J), 2021.

Voilà un petit roman dynamique qui raconte une bien belle histoire d’amitié entre Lou-Ann, Manoa, Jeanne et Inaya, quatre adolescent.e.s qui vivent au cœur de la France, le long de ce que l’on nomme poétiquement « la diagonale du vide ». Confronté.e.s au chômage et à la précarité qu’il entraîne, nos jeunes personnages, pour aider l’une des leurs, vont user de toute leur ingéniosité et de leur créativité pour inventer des solutions et faire un sacré pied de nez à Madame La Pauvreté !

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La soupe aux amandes

La soupe aux amandes, Sylvie Deshors, Thierry Magnier, 2022 (pour la présente édition).

Ram et sa mère n’ont pas de chez-eux. Ils vivent, dorment, mangent, se déplacent dans un aéroport. Chaque jour succède au précédent avec le même objectif: ne pas se faire repérer, se fondre dans la masse, être invisible. Et parfois, cet « ordinaire » se teinte d’extraordinaire.

Comme tant d’autres de la très bonne collection « Petite Poche », ce court roman percute et fait réfléchir. Il porte notre attention sur le sort des sans-papiers, des démunis. Ces hommes, ces femmes, ces enfants aussi, qui survivent, vivotent, subissent, condamnés à vivre dans cet endroit de transfert, d’entre-deux. L’espoir est bien mince, l’avenir semble condamné et pourtant, même si une tristesse résignée s’en dégage, le roman nous laisse avec de l’espoir, de la solidarité et de l’humanité.

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Catégorie 13-15 ans

Les frères noirs

Les frères noirs, Lisa Tetzner & Hannes Binder, La joie de lire, 2022.

Présentation éditeur:

Ce roman est basée sur la véritable histoire des petits ramoneurs tessinois…

De 1850 à 1920, des familles tessinoises furent contraintes de vendre leurs fils comme main d’œuvre à Milan. C’est ainsi qu’arrive un jour, dans un village pauvre de la Suisse italienne, un étrange personnage qui propose d’acheter des garçons. La misère est telle que le père n’a d’autre choix. Giorgio doit quitter son Tessin natal pour l’Italie. À Milan, il découvre la grande ville. Mais aussi son affreux destin qui sera celui de tant d’autres de ses petits compatriotes : ramoneur. Ces enfants sont alors maltraités et vivent dans des conditions désastreuses. Beaucoup meurent au travail ou de malnutrition. Pour essayer de s’en sortir, ils décident de créer une association, celle des Frères noirs. La chance de fuir ce calvaire se présente à certains, mais la route du retour sera longue et dangereuse…
Les sombres illustrations d’Hannes Binder donne une force particulière à ce récit historique qui résonne avec un fait malheureusement encore d’actualité : le travail des enfants.

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Ghost – Si on fonce, peut-on échapper à son passé ?

Ghost, Jason Reynolds, Milan, 2021 (pour la présente édition)

Présentation de l’éditeur :

Courir, Ghost sait faire. Depuis toujours. Mais pour une équipe d’athlé, no way. Pourtant, un soir, en rentrant du collège, il défie pour s’amuser un jeune sprinteur qui s’entraîne avec son équipe. Le coach est là et comprend tout de suite qu’il a un don. Mais Ghost est un gamin pauvre qui déborde de colère. Saura-t-il canaliser ses forces pour rejoindre l’équipe ? Ou bien le passé viendra-t-il le rattraper ?

« Ghost » est le premier tome de l’incontournable tétralogie « GO ! », de Jason Reynolds, une série qui raconte le destin de quatre ados, réunis par l’amour du sport et de la course.

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La vie est un film

La vie est un film, Maité Carranza & Nicolas Pitz, Alice (Deuzio), 2022.

Olivia, 12 ans, doit faire face à une situation aussi soudaine que dramatique : suite à la perte de son emploi, sa maman ne peut plus payer l’électricité, l’école, le gaz… et la situation ne fait que s’aggraver : les voilà expulsés de leur appartement.
Ce roman évoque fortement Partis sans laisser d’adresse de Susin Nielsen qui met aussi un enfant dans le rôle du chef de famille face à un adulte défaillant, mais aussi La vie est belle de Roberto Benigni car Olivia trouve encore l’énergie cacher la réalité à son petit frère pour le protéger.
La relation entre le frère et la sœur est d’ailleurs très réussie et souvent touchante. Maïté Carranza dénonce avec force le rôle des banques dans la faillite de familles « fragiles », expose avec honnêteté les conséquences de la pauvreté pour les enfants, et livre malgré tout un texte adapté à son lectorat et plein d’espoir.

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Chez toi

Chez toi, Sandrine Martin, Casterman, 2021.

L’histoire de cette bande dessinée est particulière car Sandrine Martin s’est inspirée des témoignages recueillis par Vanessa Grotti pour ses recherches anthropologiques pour le projet EU Border Care (qui étudie les trajectoires des femmes enceintes dans les pays frontaliers de l’UE).
Cet aspect « réel » est très convaincant. Les situations subies par Mona sont atroces, et on ne peut qu’être saisi par leur véracité. Le lien que nouent Mona et Monika est particulièrement touchant. Cette dernière, sage-femme grecque, a beau avoir un quotidien moins dramatique que Mona, la bédéaste n’hésite pas à montrer que sa vie n’est pas rose pour autant. Tout cela est fait avec beaucoup de délicatesse et d’humanité. Si le lecteur peut parfois confondre certains personnages à cause d’illustrations manquant un peu de caractéristiques, Sandrine Martin a parsemé ses planches de belles trouvailles telles que son utilisation de la fumée des cigarettes Al-Hamra, le linge étendu symbolisant le temps qui passe ou la ligne de contour qui devient une carte ponctuée d’étape.

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Avez-vous lu certains de ces livres ? Avez-vous envie de les découvrir ? Nous vous invitons à guetter les lauréats de chaque catégorie sur le site my.unicef.fr que nous partagerons sur notre page facebook.

ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF pour son prix de littérature jeunesse 2023

Pour la quatrième année consécutive, nous avons fait le choix de nous engager aux côtés de l’UNICEF. Après une année de transition nécessaire au changement de leur emploi du temps pour s’adapter au calendrier scolaire, une nouvelle sélection a été proposée en juin dernier sur le thème « Un air de famille ». Cette thématique s’inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant et la sélection permet d’aborder des sujets essentiels tels que les différentes formes de familles, l’éducation et la transmission, la précarité, la violence, …
Les votes se clôturant ce dimanche 30 avril, nous en profitons pour vous présenter la sélection !

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Catégorie 3-5 ans

Camille veut une nouvelle famille

Camille veut une nouvelle famille de Yann Walcker & Mylène Rigaudie, Auzou, 2013.

Camille trouve que sa maman lui donne trop de bisous, son papa n’est jamais disponible pour jouer avec lui et sa petite sœur est agaçante. Il décide alors de partir à la recherche de la famille idéale. Au fil des rencontres il découvre des familles monoparentales ou adoptives, des familles dans lesquelles les parents ont des origines différentes ou sont du même sexe, des familles différentes mais qui sont toutes idéales à partir du moment où l’amour est présent. Une jolie histoire qui parle de tolérance, de différence et de famille.

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Attends je vais t’aider !

Attends, je vais t’aider ! de Charlotte Bellière & Orbie, Alice, 2021

Que c’est compliqué de se préparer le matin ! Il faut assortir la jupe avec les chaussettes, mais aussi avec le t-shirt… D’ailleurs, la maman de Lisette est tellement exigeante que la petite fille n’a jamais pu aller à l’école.
Un matin, à la grande surprise de sa maman, Lisette décide de se préparer toute seule et d’enfin aller à la rencontre de ses camarades. Même si elle ressemble à un épouvantail.
Un album qui invite les enfants à essayer de se débrouiller. C’est en essayant que l’on apprend, et quelle fierté de constater ses progrès !

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Encore cinq minutes…

Encore cinq minutes… de Marta Altes, Circonflexe, 2019

Papa renard s’occupe beaucoup de ses petits renardeaux, mais il court sans cesse après le temps. Son aîné trouve d’ailleurs que son papa a une drôle de gestion du temps. « Papa a souvent du mal pour évaluer le temps. Papa pense qu’une heure c’est long mais c’est faux ! Une heure ce n’est pas très long : nous venons juste de commencer à jouer et papa dit toujours « il est temps de partir » alors que ce n’est pas vrai du tout. »
Un très joli album qui invite à réfléchir sur la perception du temps selon les moments de la journée, l’intérêt de l’activité… ou son rôle dans la famille !

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Pépé Ours

Pépé Ours d’Elodie Balandras, Didier jeunesse, 2020.

Quelle belle relation que celle qu’entretiennent Petite Ours et Pépé Ours ! L’enjeu traditionnel de ce printemps et de décrocher une ruche pleine de miel. Mais voilà, Pépé Ours vieillit et cela va être l’occasion pour Petite Ours de montrer à quel point elle a grandi.
Une histoire tendre qui aborde l’inévitable vieillesse des grands-parents, mais aussi le rôle des petits enfants qui gagnent chaque année en autonomie.

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Catégorie 6-8 ans

Mon premier demi-frère

Mon premier demi-frère de Davide Cali & Amélie Graux, Little Urban, 2019.

Mon premier demi-frère est issu d’une série de romans destinés aux nouveaux lecteurs sur des thèmes proches de leur quotidien.
Effectivement ce petit roman montre bien que la famille nucléaire n’est plus la norme, et les chamboulements que vit l’enfant quand son parent refait sa vie.
Si le but, louable, est de dédramatiser la situation, mettre en avant des avantages comme le nombre de cadeaux de Noël, la possibilité de manger plus de junk food ou de prétexter un oubli dans son autre maison lorsqu’on n’a pas fait ses devoirs n’est pas des plus pertinent. D’autant que la seule solution acceptable est que le demi-frère en question soit un camarade de classe, ce qui n’est pas la situation la plus fréquente.

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Je m’appelle Wakawakaloch !

Je m’appelle Wakawakaloch ! de Chana Stiefel & Mary Sullivan, Circonflexe, 2020.

Heureusement pour les adultes qui lisent cet album aux enfants, il s’ouvre sur l’explication de la prononciation adéquate du prénom de la petite héroïne (Wa-ka-wa-ka-lokh) ! Et ce prénom, c’est justement le souci de Wakawakaloch : il est long, il est bizarre, et elle en changerait bien pour un banal Ogg ou Gloop… Jusqu’à ce qu’elle découvre l’origine de son prénom dans son histoire familiale.
On peut d’ailleurs regretter que cette histoire ne prenne pas plus de place dans le récit que le désir de Wakawakaloch de trouver un t-shirt avec son nom de dessus. Toujours est-il que les enfants apprécient l’humour des anachronismes glissés par Mary Sullivan dans les illustrations (l’occasion d’apprendre le sens de ce « mot savant » ?). Aux adultes ils rappelleront la mythique Famille Pierrafeu.

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Barbouillé

Barbouillé d’Olivier Dupin & Quentin Zuttion, éditions petit lapin, 2020.

La famille mise en scène dans Barbouillé est pour le moins inquiétante. On y est maladroits et on s’y tâche très souvent. Or, une simple couleur peut revêtir un tout autre sens : un bleu de barbouillé est en réalité celui d’un maltraité, une ecchymose que l’on prend pour une peinture.
L’adulte comprend assez vite que ces tâches de peinture sont la symbolique de traces de coups. Car le père de famille bat sa femme et son fils. Celui-ci est le narrateur, ce qui permet d’aborder ce thème de la maltraitance à hauteur d’enfant.
Mais très clairement, il est indispensable d’accompagner cette lecture. Les quatre pages qui concluent l’album sont un début, mais il est préférable de laisser la place à un débat ou un réel temps d’échange avec les enfants sur ce sujet si délicat.
Le texte est simple, la métaphore très bien vue. Cet album prend aux tripes, c’est une vraie réussite.

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La maison bleue

La maison bleue de Phoebe Wahl, éditions des éléphants, 2021.

Cet album raconte les liens d’un père et son fils face à une épreuve : un déménagement imposé. Que leur maison bleue est charmante ! Un peu vieillotte et mal isolée mais tellement mignonne. On comprend qu’ils aient du mal à la quitter, mais ces éléments nous donnent aussi des indices sur les difficultés financières du duo.
Les illustrations sont très mignonnes, avec un effet de profondeur grâce à la superposition d’éléments découpés. Et elles comportent un amusant jeu de piste de références musicales et littéraires auxquelles se prêter en famille.

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Catégorie 9-12 ans

La colère de Rudy

La colère de Rudy de Sophie Rigal-Goulard, Rageot, 2021.

Un roman qui nous emmène sur les traces de Rudy qui vient d’être séparé de sa mère avec ses deux demi-soeurs, Hissa et Lilly pour aller vivre dans une maison situé à SOS Village d’enfants. Leur mère « SOS », Claire, les accueille avec chaleur et générosité mais Rudy refuse son aide. Nous suivons tout son cheminement intérieur au fil de ses premiers mois à SOS Village d’enfants, ses RDV chez la psychologue, ses premiers jours au collège, son amitié avec Gabin, ses tentatives pour récupérer la vie qu’on lui a volée… L’histoire de Rudy est vraiment poignante, intense, elle bouscule nos a priori sur ce qu’est une famille d’accueil, sur les règles qui les régissent, sur les liens qui s’y tissent. Sur le courage des femmes et des hommes qui choisissent cette mission, sur le courage des enfants qui leur sont confiés.

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La famille Puzzle

La famille puzzle – Petites chroniques d’une famille recomposée de Pascale Bougeault, Rue de l’échiquier jeunesse, 2020.

Album documentaire, La famille puzzle aborde sous forme de récit illustré des situations propres aux familles recomposées, de la rencontre des amoureux aux présentations des enfants, l’installation dans un même foyer de deux familles en garde partagée.
L’ensemble est assez didactique mais ne manque pas d’intérêt. Les enfants lecteurs et leur famille ne manqueront pas d’y retrouver des situations qu’ils, ou leurs copains, connaissent bien. Le tout est abordé avec simplicité et humour pour bien dédramatiser.

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Beurre breton et sucre afghan

Beurre breton et sucre afghan d’Anne Rehbinder & Vincent Bergier, Actes sud junior, 2021.

Les thèmes abordés dans Beurre breton et sucre afghan sont difficiles. Immigration, chômage, anxiété… Anne Rehbinder n’a pas choisi la facilité. Pourtant, elle les exploite sans tomber dans la facilité ni l’émotion forcée.
Il est ici question de famille de sang et de famille de cœur. Mais aussi d’ouverture aux autres et d’accueil de personnes issues d’une culture différente. Une lecture aussi douce et réconfortante qu’un kouign-amann à la fleur d’oranger.

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Les fleurs de grand frère

Les fleurs de grand frère de Gaëlle Geniller, Delcourt, 2019.

Quand on est un enfant, on n’aspire souvent qu’à une chose : être normal. Alors imaginez qu’un beau matin, vous vous éveilliez et constatiez que vous êtes arbitrairement, mais néanmoins irrémédiablement différent. Et que cette particularité se révélait, aux yeux de tous ! L’histoire de Grand frère qui constate un beau matin que des fleurs ont poussé sur sa tête permet de traiter avec originalité de l’acceptation de soi et de ses différences. Le dessin est plein de grâce : tout en rondeur, doux et expressif. Il en émane une onde de mélancolie, mais aussi beaucoup de poésie et quelque chose de très enfantin. Et la métaphore fonctionne très bien, surprend, bouscule, réconforte, émerveille. Avec ses bulles concises et une atmosphère douce comme une élucubration enfantine, cette BD a beaucoup d’arguments pour séduire les jeunes lecteur.ice.s… particulièrement celles et ceux qui ont des fleurs dans les cheveux !

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Catégorie 13-15 ans

Il était une forme

Il était une forme de Cruschiform, Maison Georges, 2021.

Voilà un album ingénieux qui nous invite à revoir notre vocabulaire géométrique ! Et si en effet derrière les triangles et autres parallélogrammes se cachait tout une réflexion métaphysique sur les rapports humains ? En reprenant la trame d’un conte classique mais à travers un dessin particulièrement graphique, des formes géométriques et un lettrage original, l’autrice nous invite à discuter des attentes qui pèsent sur nous, des conventions et autres limites à la liberté d’être soi. Et quelle audace de proposer un album dans la catégorie des 13-15 ans !

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Grand appartement bizarre

Grand appartement bizarre, tome 1 : Plein de chambres à louer de Nathalie Stragier, Syros jeunesse, 2021.

Après la mort de ses parents, Gabriel ne peut envisager de quitter son Grand appartement bizarre. Désespéré, il va envisager toutes les solutions lui permettant de le garder… Y compris en louer une partie à une famille qui rencontre des difficultés à se loger.
Ce roman aborde le thème de la famille du côté de celle qu’on se construit hors de tout lien de sang. Les personnages sont attachants, bien croqués, et si l’intrigue est un peu cousue de fil blanc elle n’en est pas moins agréable.

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Enterrer la lune

Enterrer la lune d’Andrée Poulin & Sonali Zohra, Alice, 2022.

Latika n’a qu’un souhait, enterrer la Lune, enterrer sa Lumière, ne plus voir ni ressentir la Honte qu’Elle dévoile, impudique. Car chaque nuit, Latika, sa sœur, sa mère, les filles et femmes de son village d’Inde convergent vers un champ pour s’y soulager. Et chaque jour, Latika redoute de voir arriver ses douze ans, qui l’empêcheront d’aller à l’école.
Un jour, un représentant-important-du-gouvernement est dans son village et demande aux villageois ce qu’ils veulent pour son village. Latika aimerait parler mais on en l’y autorise pas. Et c’est un puits qui sera construit. Alors Latika qui ne peut pas parler, à cause de la Honte, parce que c’est une fille, décide d’agir.
Ce roman rédigé en vers libres, comme pour en adoucir la dureté, aborde un sujet aussi délicat que terrible: l’absence de toilettes dans de nombreux villages, ici d’Inde, mais malheureusement encore partout dans le monde. Une absence qui entraîne ostracisation, maladies et décès, et souvent quasi qu’à l’encontre des filles et femmes. Ceci est tellement important qu’une Journée Mondiale des Toilettes a été instituée le 19 novembre.

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Un grand-père tombée du ciel

Un grand-père tombé du ciel de Marc Lizano, d’après Yaël Hassan, Jungle Pépites, 2022.

Leah découvre qu’elle a un grand-père et que celui-ci va venir s’installer chez eux. D’abord impatiente de faire sa connaissance, elle se met vite à regretter ne pas avoir un papi plus sympathique. Pourtant, ils s’apprivoisent peu à peu et la fillette découvre que son grand-père porte une douleur encore vive sur le cœur.
Adaptation du roman éponyme, cette bande-dessinée aborde des thèmes divers comme celui de la famille mais surtout revient sur des événements historiques marquants et le poids qu’il a laissé sur des générations : la déportation des juifs, l’antisémitisme toujours existant…
Un récit sensible à portée des jeunes lecteurs.

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Avez-vous lu certains de ces livres ? Avez-vous envie de les découvrir ? Nous vous invitons à guetter les lauréats de chaque catégorie sur le site my.unicef.fr.

ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF.

Voilà deux ans que nous nous engageons aux côtés de l’UNICEF pour promouvoir le prix de littérature jeunesse que l’organisme propose depuis 2016. Cette année, l’UNICEF n’a pas proposé de sélection pour tenir compte des remarques formulées par les acteurs éducatifs qui déploraient que le rythme du prix ne soit pas celui d’une année scolaire. En effet, souvent accompagné.e.s par leurs enseignant.e.s, les élèves lisaient les livres de la sélection sur l’année scolaire mais ne savaient pas quelles œuvres avaient recueilli le plus de suffrages car les résultats étaient proclamés en novembre de l’année suivante alors qu’elles et ils avaient changé de classe. Donc cette année, on a eu le choix de se plonger dans une des sélections des années précédentes. Après concertation démocratique au pied de l’arbre, nous avons choisi un sujet qui nous enthousiasme, à une époque qui demande d’être repensée : le sujet de la sélection 2019, année des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, « Héros et héroïnes du quotidien, petits et grands combats de société » .

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Dans la sélection des 3-5 ans

Ce que j’aime vraiment d’Astrid Desbordes et Pauline Martin, Albin Michel jeunesse, 2017.

Archibald n’arrive pas à jouer au tennis. Il rate dès qu’il essaie. Aussitôt, il généralise cet échec, momentané et ciblé, à tout ce qu’il entreprend ou voudrait faire. Pour toute réponse, sa maman l’emmène en balade. En observant la nature et les animaux, la maman pose des questions à son fils, d’une manière très innocente, et apparemment sans rapport… Vraiment?

Cet album illustre parfaitement une certaine phrase qu’aurait prononcé Einstein sur la capacité de chacun pour nous démontrer que nous réussissions tous en quelque chose, parce que nous l’aimons, parce que nous y croyons. Un album au graphisme minimaliste et détaillé, empli de bienveillance pour instiller confiance en soi!

« Tu ne peux pas tout réussir, mais si tu trouves ce que tu aimes vraiment, ce qui est important pour toi, tu le réussiras. »

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Pour quelques gouttes d’eau d’Anne Jonas, Marie Desbons, Le buveur d’encre, 2017

Zahina vit dans un pays où l’eau est précieuse. Chaque jour elle accompagne sa famille au puits. Mais chaque jour elle en renverse un peu, happée par ses rêveries. Consciente de la valeur de l’eau, ce gâchis la rend triste et la fait culpabiliser. Mais elle a beau prendre des résolutions, rien n’y fait : son esprit divague le long du chemin. Jusqu’au jour où elle casse une jarre et ne peut cacher cette maladresse à son père.

Cet album d’Anne Jonas invite les jeunes lecteurs à réfléchir au prix de l’eau. S’il leur suffit d’ouvrir un robinet, ce n’est pas le cas de tous les enfants, loin s’en faut ! Mais il fait aussi la part belle à la rêverie et aux conséquences parfois merveilleuses de nos supposées maladresses. Les illustrations foisonnantes colorées de Maries Desbons nous invitent au voyage.

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Gros ours ? de Lisa Blumen, Kilowatt, 2017.

Gros Ours est un peu triste ce matin. La petite fille veut comprendre pourquoi et l’aider à aller mieux. Elle émet toutes sortes d’hypothèses et n’épargne pas sa peine pour prendre soin de son ami.

Cet album a remporté le prix UNICEF, et l’on comprend aisément pourquoi. En effet, quel enfant ne s’est pas retrouvé face à un ami ou un proche triste ? Quel enfant n’a pas essayé de comprendre et de le faire sourire ?
Car se préoccuper de son prochain est à la portée de tous, dès le plus jeune âge, et les enfants le savent bien !

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Palmir de Gilles Baum et Amandine Piu, Amaterra, 2018.

Palmir est de ces albums qui nécessitent un accompagnement. Car si les enfants peuvent n’y voir qu’un dragon se rendant à l’école, les adultes comprennent immédiatement que ce dragon fuit son pays en guerre. N’emportant qu’une petite valise, il traverse les épreuves avec courage. Sera-t-il bien accueilli une fois arrivé à destination ?

Un album qui raisonne fortement avec l’actualité et qui invite les enfants à accueillir l’Autre avec ses différences et son histoire.

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Un si petit cœur de Michel Gay, L’école des loisirs, 2018.

Sur le chemin de l’école, Nour recueille un oiseau blessé. Elle le protège, le nourri et en prend soin, jusqu’à ce qu’il puisse s’envoler.

Si l’histoire est extrêmement simple, son contexte interpelle les jeunes lecteurs. Pourquoi la petite fille porte-t-elle un foulard ? Que font ces gros camions ? Où sont les habitations ? Et les enfants de se rendre compte qu’ils réagissent de la même manière face à un être vivant fragile, quelque soit leur origine, leur sexe ou leur religion.

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Dans la sélection des 6-8 ans

Rosie Pink, le paradis des mauvaise herbes de Didier Levy et Lisa Zordan, Sarbacane, 2018.

Dans cet album, il est question de cultiver son jardin. Deux visions s’affrontent : celle de Rosie et celle d’Horace. Celle d’une enfant et celle d’un adulte. Celle de la nature sauvage et celle de la nature domestiquée. Et surtout dans cet album, il est question d’équilibre. Un équilibre offert par la nature elle-même à qui sait l’observer.

« Et soudain un matin, la lumière revient.

C’est le printemps !

La neige s’évapore et la roseraie réapparait.

Mais ce n’est plus tout à fait la même. »

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Chère toi que je ne connais pas d’Isabel Pin, Hélium, 2018.

Un album délicat où une petite fille écrit à une étrangère nouvellement arrivée dans sa classe pour l’inviter à venir prendre le goûter chez elle. Par petites touches, au travers de cette accueil bienveillant, c’est la vie de cette réfugiée avant la guerre qui est évoquée : celle d’une petite fille pas si différente de celle qui l’accueille aujourd’hui.

Chère toi,
Je t’invite samedi après-midi
à quatre heures,
pour un goûter chez moi.
On ne se connaît pas,
mais la maîtresse dit
que tu viens d’un autre pays…

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Fuis, tigre de Gauthier David et Gaëtan Dorémus, Seuil jeunesse, 2018.

Un tigre fuit, rampe, bondit pour échapper aux flammes. Il va devoir quitter sa terre natale et aller vers les terres étrangères, découvrir le monde domestique. Le tigre va trouver refuge dans une maison, dans la chambre d’un petit garçon. Un album qui, tout comme Palmir, aborde le sujet au combien d’actualité de l’exil forcé.

Fuis Tigre.
Tu es plus rapide que le feu.
Vif, déployé, tu le distances.
Fuis Tigre.
Enjambe. Rampe. Bondis.
Échappe aux flammes qui s’étirent pour te prendre.
Aux arbres qui tombent.
Au souffle terrifiant de l’incendie.
A la fumée suffocante, pluie de braises.
Fuis Tigre.
Ta terre natale disparaît derrière toi.
Il restera ton histoire.

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Les papillons de Risha d’Amarnath Hosany et Minji Lee-Diebold, Hongfei, 2018.

Dans un monde bruyant et indifférent, Risha, enfant muette, réunit sa famille pour un moment de partage véritable. Autour de Risha, petite fille d’aujourd’hui, le monde est bruyant mais on n’y communique bien peu. Même dans sa famille où maman, papa et frérot sont absorbés par leurs écrans. Alors Risha, petite fille muette, se réfugie dans un monde imaginaire où ses doigts légers dialoguent avec les nuages. Un soir, une panne d’électricité plonge le quartier dans l’obscurité. Tout le monde est désemparé. Sauf Risha !

Ça surfe, ça chat, ça zappe… en silence.
Les regards se croisent mais ne se rencontrent pas.
À la maison, c’est un film muet qui se joue quotidiennement.

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Le crayon magique de Malala de Malala Yousafzai et Kerascoët, Gautier-Langereau, 2018.

Dans cet album, Malala se remémore son enfance, lorsqu’elle rêvait, grâce à un crayon magique, de pouvoir transformer et améliorer par petites touches son quotidien et celui de sa famille.

Un crayon magique comme un moyen d’échapper à la réalité de son pays, le Pakistan. Un pays dans lequel la guerre, la pauvreté, la faim règnent. Un pays dans lequel les libertés, et notamment celles des filles, se trouvent réduites, pour aller à l’école, puis jusque dans leurs rêves.

Le crayon magique de Malala est devenu réalité. Entre ses mains, il a commencé à écrire sa vie, sa peur et celle de ses amies, son amour de l’école et du savoir. Pour que le monde sache. Avec courage, volonté et même obstination. Bienveillance, paix et amour.

« J’espère que mon histoire vous permettra de découvrir la magie dans votre vie quotidienne et d’oser dire ce en quoi vous croyez. »

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Dans la sélection des 9-12 ans

Vives et vaillantes de Praline Gay-Para, Didier jeunesse, 2018.

Non, les filles et les femmes des contes ne sont pas des « nunuches » soumises et passives qui attendent sans rien faire que le Prince Charmant viennent les délivrer et les épouser. Pour nous démontrer qu’elles sont volontaires, actives et actrices de leur destin, Praline Gay-Para, nous raconte sept contes méconnus issus de la Méditerranée, qu’elle a parfois mixé ou réactualisé pour coller à l’esprit d’aujourd’hui.

Ces contes en rappellent d’autres, et démontrent que la forme n’est pas fixe, qu’elle évolue, s’adapte en fonction des époques et des lieux mais sans pour autant perdre de sa facétie ou de son message.

« S’il existe des récits entiers ou des motifs du répertoire traditionnel sexistes, c’est à nous qui les transmettons aujourd’hui de faire le tri dans ce que nous racontons et de penser nos histoires ici et maintenant. »

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L’histoire du mouton qui sauva une école de Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux, La joie de lire, 2018.

Drame sur l’île aux moutons : le ministre de l’éducation nationale a décidé de fermer l’unique classe car elle compte moins de 30 élèves et il faut, comme toujours, faire des économies (pourquoi ? ça on ne sait pas !) Mais c’est sans compter sur l’inventivité des habitant.e.s de l’île et notamment du « vétérimaire » et de sa fille Jeanne qui vont solutionner cet épineux problème avec humour.

Le jour où le ministre décida qu’il y avait trop de classes.

« Le puissant ministre de l’éducation nationale ne trouvait jamais de position confortable. Il n’était pas grand, pourtant il se cognait tout le temps. Il n’était pas maigre, pourtant il avait toujours froid. C’était comme ça. Eté comme hiver, le ministre avait froid. »

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Des fleurs sur les murs de Cécile Roumiguière, Nathan, 2018.

Des fleurs sur les murs, c’est l’histoire d’une enfant qui comprend que le monde est injuste. Et qu’elle a le pouvoir de dénoncer les injustices par l’engagement militant. C’est l’histoire de Léna, 9 ans en 1968, qui s’oppose à la fermeture de l’usine de son village.

« Ce soir, avant d’éteindre ma lampe de chevet, je regarde le nuage noir, celui que j’ai dessiné dans mon cahier. Je me dis qu’il faudrait balayer le ciel, c’est trop triste ! Je dois trouver un moyen pour que tout reste ouvert, l’usine, l’épicerie et le cœur des gens du village ! « 

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Six contre un de Cécile Alix, Magnard jeunesse, 2018.

Six contre un est le récit à la première personne de Ludo. Harcelé au collège à cause de son poids, son quotidien est un enfer. A tel point qu’il envisage de commettre l’irréparable.

Cécile Alix choisi la fiction pour montrer la douleur, la résignation et la peur qui habitent une victime de harcèlement. Ce roman a remporté le prix UNICEF, ce qui montre que le sujet touche particulièrement les lecteurs de cette tranche d’âge. Car, on le sait, il n’est pas facile d’en parler et de se faire aider dans une telle situation. Ludo est très attachant, et on ne peut qu’espérer que ce roman aidera les victimes et les témoins à réagir.

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La révolte ou la paix de Malorie Blackman, Rageot, 2018.

Ce court roman est situé dans un vaisseau spatial. Pour maintenir la paix, les habitants ont été équipés d’un Pacifieur qui inhibe leurs émotions. Plus de colère, de peur, de tristesse… Mais plus de joie non plus. Lorsque des extra-terrestres menacent de détruire la totalité du vaisseau et de ses habitants, Mikela réagit.

Ce roman, pensé pour les lecteurs « fragiles » (petits lecteurs ou dys) invite à exprimer et célébrer les émotions qui nous rendent humains.

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Dans la sélection des 13-15 ans

Le petit prince de Harlem de Mikaël Thévenot, Didier jeunesse, 2018.

En 2018, à la Nouvelle-Orléans, un musicien des rues écrit sur son carnet une histoire qui nous est racontée en parallèle, remontant le temps jusqu’en 1927. Découpé en trois parties comme autant de vues possibles du quartier d’Harlem (vue du ciel / vue d’en bas / vue de l’intérieur) , de ses habitants et de la façon d’y être et d’y vivre, de ses joies et dangers, le roman nous fait rencontrer Sonny, jeune ado qui se cherche.

On découvre la précarité, la frontière invisible mais réelle avec les Blancs, le bolito, la mafia et la prohibition. On y croise des personnes ou des noms ayant réellement existé (Duke Ellington, John Coltrane, Queenie, etc.). C’est passionnant ! Et, surtout, la musique, le saxophone, et la liberté qu’il procure.

Un roman à la fois doux, douloureux et généreux.

« Des silhouettes avec une tache claire au niveau du visage. Je me rappelle avoir fait une pause. Je ne savais pas où je mettais les pieds et je n’étais pas très rassuré. Je n’avais toujours été, en quatorze ans, qu’un Noir parmi d’autres Noirs. »

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Barricades de Charlotte Bousquet et Jaypee, Gulf Stream, 2018.

Sam vient d’arriver dans un nouveau lycée et, bien que souhaitant s’intégrer, elle reste sur la défensive. On sent ses parents inquiets car désireux du bien-être de leur fille. Car avant d’être Samantha, Sam était Samuel.
La haine, le rejet, le harcèlement, les ont forcé à fuir.
Grâce à la musique et au groupe de Nolan et Clovis que Sam intègre, la parole, les explications, l’écoute, l’amitié et l’entraide surviennent. Elle est acceptée pour ce qu’elle est, ce qu’elle fait, ce qu’elle aime. Au-delà du genre, qui finalement importe (si) peu

L’excellente collection Les Graphiques de Gulf Stream Editeur traite des questions essentielles et actuelles de l’adolescence de façon aussi délicate que directe, et aborde ici le sujet difficile du transgenre et de la transidentité, avec pudeur et brio.

« …Je m’ancre en moi je deviens qui je suis…..« 

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Les étrangers de Pessan et Solminihac, L’école des loisirs, 2018.

Basile, en classe de 3e, voit passer sa vie puisqu’il ne la vit. Ecartelé entre son père qui a des absences, sa mère pétrie de tristesse qui endure en silence. Il observe Lou dans sa classe ou sur les réseaux sans oser l’aborder ou lui écrire, il rentre avec Simon sans parler. Jusqu’au jour, où sans savoir pourquoi, Basile ne tourne pas à l’endroit habituel pour continuer tout droit et se rendre à la gare désaffectée. Une rencontre va le faire basculer et lui ouvrir les yeux, le cœur, et le courage pour se sentir concerné par ce qui se passe « chez lui »: les Migrants qui vont, viennent, essaient de passer en Angleterre, disparaissent. Une soirée et une nuit qui vont l’ouvrir aux autres et à lui-même.

Un roman aussi difficile que subtil pour sensibiliser aux sorts des Migrants, au sort des enfants qui sont contraints de quitter leur pays, leur foyer, à cause de la guerre, à cause de maltraitance, et qui grandissent trop vite, contraints et forcés, qui s’endurcissent tout en restant si vulnérables.

J’ai l’impression que l’on vit tous dans des mondes parallèles.
On croit que les autres partagent notre réalité
alors qu’ils sont à des années-lumière de nous.
Des adolescents de mon âge traversent un quart de la planète pour échapper à la guerre,
d’autres sont contraints d’être les pères de leurs pères.

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La fillette au drapeau blanc de Saya Miyauchi, Akata, 2017.

La fillette au Drapeau Blanc s’appelle Tomiko Higa. Elle a 6 ans et habite sur l’île d’Okinawa. La photo a été prise en juin 1945 par le photoreporter John Hendrickson et dévoilée en 1977. Dix ans plus tard, Tomiko Higa sort de son anonymat, rencontre celui qui l’a immortalisée en 1988, et publie son roman autobiographique l’année suivante. En 2005, Saya Miyauchi adapte son histoire en manga. Mais il faudra attendre 2017 pour sa sortie française. Alors que le manuscrit « dormait » dans les cartons de la maison d’éditions Akata depuis des années, la vue du petit corps d’Aylan (2015) a décidé son éditeur à la publication, persuadé que les images heurtent et sensibilisent davantage que les mots.

Mai 1945, les Américains bombardent Okinawa et progressent très rapidement sur ses terres, précédés par l’horrible portrait et réputation propagés par les soldats et civils japonais. Avec ses frères et ses sœurs, Tomiko quitte la maison pour tenter de gagner le sud, mais est très vite esseulée, assistant à des horreurs encore plus inhumaines que la guerre. Elle trouve refuge dans une galerie souterraine, auprès d’un vieux couple qui prend soin d’elle et lui permet de survivre.

Ce manga est un récit de survie, dur, à la limite du soutenable, mais dont on retient surtout l’innocence, la pureté face à l’horreur et l’espoir constant de Tumiko.

« Le plus important, c’est la vie. »

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Des cailloux à ma fenêtre de Jessie Magana, Talents Hauts, 2016.

18 juin 1940, le Général de Gaulle lance son Appel depuis Londres. Sur l’Île de Sein, 128 hommes décident de le rejoindre alors que les femmes doivent subir leur absence et incertitudes comme endurer l’Occupation des Allemands. Parmi elles, Yvette et Marie, deux jeunes adolescentes, refusent de se résigner et d’attendre. Elles aussi veulent aider et parviennent à rejoindre la Résistance qui les base à Nantes. En parallèle, nous suivons Jean, jeune homme sénan qui s’est rendu en Angleterre, et qui, après l’attente des premiers mois, combat enfin sur mer avec son ami Pierre.

Récit fictionnel, ce roman se base tout de même sur un fait avéré: le large engagement des Sénans en faveur de la Résistance. La plume sensible de Jessie Magana nous permet de découvrir deux nuances de ce même acte héroïque avec le journal intime de Jean et l’arrivée massive et néanmoins inattendue et impréparée des Français en Angleterre, et le point de vue de Marie, frustrée de ne « servir à rien ».

Je repense à cette décision de partir, si rapide et pourtant si évidente. Échapper à la terre, prendre la mer, moi que rien ne destine à quitter cette île. pourquoi moi? Cette envie de fuir le chemin tout tracé, qui grandit en moi. Fille de marin, femme de. Une échappée, mais pas que. Agir, ne plus être spectatrice qui se contente de collecter les évènements, de les voir à distance. Prendre ma part. J’ai été choisie au hasard, mais je jouerai mon rôle.

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Avez-vous lu certains de ces livres? Avez-vous envie de les découvrir? Dîtes-nous!

Et rendez-vous sur le site de l’UNICEF pour découvrir la sélection 2023 sur la thématique « Un air de famille » !