Sélection thématique sur la rentrée

La rentrée approche et comme chaque année c’est un grand moment, un rendez-vous à ne pas manquer, des souvenirs pour la vie, entre joie des retrouvailles ou appréhension de savoir quel maître ou maîtresse on aura et si l’on sera dans la classe de ses copains, renouveau aussi et bonnes résolutions…

Pour aborder cette nouvelle année avec enthousiasme et sérénité, la lecture sera, à ce moment-là et toute l’année, une fidèle compagne.

Enfants, parents, enseignants, voici quelques livres pour vous inspirer, vous projeter et vous amuser !

Très bonne fin de vacances à tous en attendant 🙂

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Des documentaires

Hélène a eu un coup de cœur pour le titre Suivez le guide, à l’école de Camille Garoche. Il s’agit d’une autrice qu’elle connaît et suit depuis longtemps, notamment son premier titre Marie de Paris, sans oublier ses magnifiques publications de ces dernières années Le concours des fées et Le concours de cabanes.

Aujourd’hui le chat Rominagrobis nous emmène à l’école. En reconnaissance pour sa jeune maîtresse, il rencontrera des personnages qui lui donneront l’occasion d’aller visiter toutes les pièces de l’école et d’en expliquer l’utilité. Un livre avec des magnifiques illustrations détaillées, à regarder longtemps, dont on peut discuter entre l’enfant et l’adulte, des volets à ouvrir et un chat Je sais tout qui fera bien rire les jeunes et moins jeunes lecteurs, dédramatisant le lieu de l’école qui peut être impressionnant pour les touts-petits.

Pour information, il s’agit du 5e tome d’une série qui comporte également des titres sur les thèmes de la visite (d’un vieux manoir, du jardin, du quartier et de la forêt).

Suivez le guide, à l’école, Camille Garoche, Casteman jeunesse, 2026.

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Après le lieu, les personnes ! Lucie a eu l’occasion de lire le tout nouveau Au secours, c’est la rentrée ! Découvre le métier de maître d’école dans la collection « Bienvenue à Qui-Fait-Quoi » des éditions Milan.

En racontant les premières semaines d’un tout jeune professeur, cette BD aux traits classiques montre bien le quotidien des enseignants, entre recherche du juste ton et organisation du travail de préparation. De quoi rassurer les écoliers en leur montrant que les adultes aussi peuvent être stressés par cette échéance !

Au secours, c’est la rentrée ! Découvre le métier de maître d’école, Lola Koenig, Milan, 2026.

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Des albums

Hélène voulait absolument vous rappeler de relire ce classique de Mireille d’Allancé Non non et non !
Un petit Octave que l’on devine passablement anxieux à l’idée de faire sa première rentrée et qui s’oppose (ça aussi c’est de son âge, en plus d’aller à l’école).

Non, il n’ira pas à l’école. Non, il n’accrochera pas son manteau, non, pas de bisou pour Maman, non il n’aime pas jouer aux puzzles, non non non… Sauf peut-être pour un bonbon ?

Un livre très bien écrit, avec un système de répétition qui donne un rythme à la lecture, beaucoup beaucoup d’humour et de dédramatisation…

De quoi faire comprendre à tous les petits loups (et à certains parents ?) que « l’école, c’est épatant ! »

Non, non et non ! Mireille d’Allancé, Ecole des Loisirs, 2001

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Dans les « classiques », qui fonctionnent bien, il y a aussi l’amusant Nino Dino, :Non, pas l’école !, qui a eu beaucoup de succès avec les enfants d’Héloïse. Le célèbre tyranosaure, inventé par Mim et Thierry Bedouet, s’apprête à faire sa première rentrée. Ses parents lui en on parlé, mais lui commence à s’inquiéter : pourquoi ses parents sont-ils si pressés de le déposer à l’école ? Veulent-ils se débarrasser de lui pour rester seuls avec bébé dino ?

Un p’tit rannosaure attachant, une histoire qui fait sourire, voila un album parfait pour dédramatiser l’entrée à l’école.

Nino Dino : Non, pas l’école ! de Mim et Thierry Bedouet. Milan, 2018

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Autre classique toujours aussi efficace pour dédramatiser ce grand moment qu’est la rentrée : Calinours va a l’école. Notre petit héros se rend ici à l’école. Mais sur le chemin, il rencontre des ami-es, qui lui proposent de chouettes activités.

Une histoire malicieuse, un conte en randonnée qui dédramatise l’école avec ses activités ludiques et amusantes, et une enseignante très bienveillante et chaleureuse.
Un texte simple, plein de rimes, avec des illustrations toutes douces qui en font une jolie lecture à partager à voix haute.

Calinours va à l’école, d’Alain Broutin et Frederic Stehr. Ed. L’école des Loisirs, 1994

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À la rentrée, les rumeurs battent leur plein : la maîtresse serait sévère, elle donnerait une multitude de devoirs, ce serait la plus chouette de l’univers…

Lucie aime beaucoup l’humour de Michaël Escoffier, qui pousse ici ces rumeurs à leur paroxysme. Jugez plutôt : la nouvelle maîtresse serait une sorcière (tient donc !), la fille d’un ogre, ou – forcément – une martienne.
Les discussions vont bon train, chacun y allant de son information et de ses sources particulièrement alambiquées. Elle court, elle court la rumeur, jusqu’à la révélation finale.
Un album drôle et coloré, mais aussi vraiment intéressant pour aborder le sujet des « on dit » avec des enfants.

La Maîtresse vient de Mars, Michaël Escoffier, Clément Lefèvre, Frimousse, 2014.

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Héloïse a été récemment touchée par Le Cartable aux fraises, de Mary Orchard. Un album coloré et tout doux qui dénonce les stéréotypes de genre à travers une histoire – vraie ! -, celle du cartable de son fils. Ce dernier, qui adore les fraises, avait choisi un magnifique cartables avec lesdits fruits dessus… et a été refroidi par la remarque de sa nounou : « C’est pour les filles ! ».

Le propos est abordé avec délicatesse, et beaucoup de bienveillance. Les craintes et doutes de notre petit héros sont contrebalancés par les discours de son entourage, et surtout celui de son enseignant. C’est au final très doux. Tout comme les illustrations d’Amandine Meyer, douces et lumineuses elles aussi. C’est ce qui est réconfortant finalement : l’enfant trouve le soutien des personnes qui lui sont chères pour dépasser ce préjugé qu’on lui inflige. 

Le cartable aux fraises, de Mary Orchard, illustré par Amandine Meyer. Ed. Casterman, 2026

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Lucie utilise souvent Moi j’adore, la maîtresse déteste pour aborder les règles de vie avec ses élèves à la rentrée. Il faut dire que tant les idées d’Élisabeth Brami que les illustrations de Lionel Le Néouanic sont hilarantes. Rire ensemble puis discuter du bien fondé des règles, c’est une chouette façon de créer du lien. Mais cet album permet aussi d’expliquer le fonctionnement de la classe en famille avant la rentrée. Et pourquoi ne pas poursuivre avec d’autres titres du duo : Moi j’adore, maman déteste, Moi je déteste, maman adore, Moi j’adore, maman aussi… il y en a pour tous les goûts !

Moi j’adore, la maîtresse déteste, Élisabeth Brami, Lionel Le Néouanic, Seuil, 2002.

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Peut–être vous souvenez-vous d’un excellent album au long format vertical, de Laurence Salaün et Gilles Rapaport, intitulé « A l’école, il y a des règles ». Pendant ses vacances, Blandine a trouvé, par hasard, la suite !

A l’école, il y a encore des règles ! Laurence SALAÜN et Gilles RAPAPORT. Seuil Jeunesse, août 2023

Le premier opus était déjà très drôle, et celui-ci l’est tout autant avec ses 32 nouvelles règles, toujours aussi criantes de réalisme et de vécu !

J’articule et je parle fort.
Je ne fais pas croire à la maîtresse qu’elle devient sourde.

Je réponds quand la maîtresse me pose une question.
Je ne suis pas sourd, moi…

Elles décortiquent tous les aspects de la vie à l’école : les relations avec les camarades, la politesse, l’attitude en classe, l’(im)patience de la maîtresse, le rôle des parents, le remplacement de la maîtresse, et tant d’autres… Le format de l’album et le côté rétro papier buvard des illustrations sont de vrais plus. Elles accompagnent, complètent, prolongent à merveille le texte. On s’y retrouve !

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Sur le mode humoristique toujours, Hélène vous recommande chaudement le titre La rentrée des oiseaux d’Eric Veillé.

La rentrée c’est dur pour tout le monde. La préparation des oiseaux est parfois poussive mais celle de la maîtresse aussi ! Trop d’émotion, la voici qui pleure devant ses nouveaux élèves ? Que faire ? Les oiseaux, pleins d’imagination, trouveront bien la solution !

La rentrée des oiseaux, Eric Veillé, Actes Sud Jeunesse, 2024

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Pour continuer sur ce sujet de la rentrée vue par les maîtresses, on peut citer La rentrée de la maîtresse. Une vision de la maîtresse qui, oh surprise, s’inquiète elle aussi de ce qui l’attend et a la tête un peu ailleurs le matin de la rentrée au point d’oublier de s’habiller et de partir en chemise de nuit.

Qui de Dolorès ou de ses élèves est le/la plus impressionné(e) au bout du compte ?

Encore une manière de dédramatiser par l’humour cette situation que tout le monde a vécu un jour et qui se reproduit à tous les âges : premier jour à l’école, premier jour au collège mais aussi premier jour de travail…

La rentrée de la maîtresse, Axel Scheffler, Agnès Bertron-Martin, Bayard jeunesse, 2019

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Et enfin toujours pour dédramatiser l’entrée à l’école grâce à l’imagination de petits personnages parfois rebelles, Hélène vous propose de retrouver Pascaline, la petite chauve-souris malicieuse qu’elle a découverte cette année dans un autre titre de la série (le top du top, à conseiller également même si sans aucun rapport avec la rentrée des classes).

Cette fois elle l’a décrété, c’est Même pas en rêve qu’elle ira à l’école ! Elle se fâche tellement qu’elle rétrécit ses parents… Malheur ! La voilà obligée de les prendre sous son aile… Comment va se passer cette journée ?

Même pas en rêve !, Beatrice Alemagna, L’école des loisirs, 2021.

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Des romans

Lucie a été séduite par la jolie idée de cette Leçon de silence !

Un matin, sans un mot, la maîtresse écrit Leçon de silence au tableau. Ce court roman raconte les réactions des élèves, de la surprise à l’adhésion en passant par les rires.
Les illustrations de Jeanne Mentrel servent merveilleusement le texte ciselé de François David.

Véritable invitation à prêter attention à son environnement, à consacrer un peu de temps au calme dans une vie trépidante, ce petit roman est extra. À tester en classe ou à la maison !

La leçon de silence, François David, Jeanne Mentrel, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.

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Pour sa deuxième année d’enseignement, Nathan est décidé : il s’est donné pour mission de rendre tous ses élèves fous de lecture ! Et pour cela il a un plan infaillible.

Faire venir un auteur en classe est un événement valorisé par l’Éducation Nationale. Mais lorsqu’il s’agit de Victor Hugo, le défi se corse. Court roman du point de vue du maître, cette histoire permet aux jeunes lecteurs de passer de l’autre côté du miroir. Pour le meilleur comme pour le pire !

Sacré Victor ! (version 2005) ou Sacré Hugo ! (réédition en 2012), Yaël Hassan, Antoine Deprez, Magnard.

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Pour les réfractaires à l’école, Yves Grevet propose un futur dans lequel les écoles ont disparu. Nous sommes en 2028, soit demain, et les écoliers sont répartis en deux catégories : ceux dont les parents sont assez riches pour payer leurs frais de scolarité et ceux qui voient leurs écoles « sponsorisées » par des entreprises privées. Entreprises qui se chargent de leur « éducation » tout en les obligeant à rendre des services. Ou l’apprentissage dès le CP.

Le principe n’est pas si farfelu, et cela quelque chose de terrifiant de voir l’éducation marchandisée, soumise à la rentabilité et orientée vers une carrière sans perspectives d’évolution.

Un roman court (44 pages) mais efficace et percutant. Lucie ne doute pas que des discussions passionnantes puissent émerger suite à cette lecture.
Ce n’est pas pour rien qu’Yves Grevet, lui-même enseignant, dédie son livre à ses collègues de l’école gratuite, laïque et obligatoire.

L’école est finie, Yves Grevet, Syros, 2012.

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Pour Liraloin, un roman de Marion Brunet se détache du ploton des romans destinés au adolescents. Il s’agit du titre Des rires de hyènes.

Julien est jeune, amoureux et bien entouré par ses ami(e)s. Julien est professeur de français dans un collège et c’est sa première rentrée. Il aime la poésie, animé par cette soif de transmettre aux élèves. Motivé et enthousiaste, Julien attend avec fébrilité de rencontrer ces jeunes collégiens.

Tout comme dans Plein gris, le récit commence fort. L’entrée en scène est solide et ne fait pas dans la demi-mesure : « – Bonjour à tous. C’est pas un problème de style, il est habillé normal, pas de marques mais pas non plus décalé, il leur sourit. Il a le sourire coincé des condamnés, ça les excite comme le sang excite les requins. »

Lentement, page après page, mois après mois, jour après jour, Julien va déchanter, essayer d’analyser, se révolter, oscillant entre fragilité et résistance. Julien va s’enfoncer dans une terrible détresse. Ici, en 130 pages Marion Brunet signe un roman sur l’envers du décor, celui d’un professeur seul, incompris, perdant peu à peu son équilibre vital.

Des rires de hyènes de Marion Brunet – Editions IN8, collection : Faction – 2022

Et évidemment les classiques :

Est-il encore besoin de présenter Matilda ? Chef d’œuvre de l’irrévérencieux Roald Dahl, ce roman met en scène une petite fille aux capacités exceptionnelles pour laquelle l’école va jouer un rôle de révélateur. Le portrait de sa famille, particulièrement réussi, montre bien l’influence des proches dans la réussite ou l’échec de leurs enfants. Mais c’est surtout le binôme Mademoiselle Candy – Mademoiselle Legourdin qui est réjouissant ! Si l’une est aussi fluette que bienveillante, l’autre cristallise toutes les craintes que peuvent avoir les enfants face à une nouvelle enseignante. Que l’on se rassure : des comme cela, on n’en fait (fort heureusement) plus !

Matilda, Roald Dahl, Quentin Blake, Gallimard jeunesse, 2016 pour la présente édition.

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Joker est encore un roman du point de vue d’un maître. Et pas n’importe lequel : Hubert Noël, à un an de la retraite, est bien loin d’être lassé par son métier. D’ailleurs, cette année il compte apprendre à ses élèves la patience, leur offrir la littérature (rien que cela !) et surtout des jokers, source de trafics et de philosophie de vie. Un joker pour rester au lit, Un joker pour être en retard à l’école, un autre pour ne pas faire ses devoirs… Autant dire que la directrice ne voit pas cette initiative d’un très bon œil.

Le lien tissé entre ce maître, proche de la retraite mais plein d’enthousiasme, et ses élèves est très touchant. En revanche, sa suite intitulée Maître Joker est beaucoup moins réussie.

Joker, Susie Morgenstern, Serge Bloch, L’école des loisirs, 2021 pour la présente édition.

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On l’a vu avec d’autres titres, la rentrée concerne tout autant les enfants que les enseignants. Sauf Robert Poutifard, qui voit ENFIN l’heure de la retraite arriver.

Ce moment il l’attendait depuis longtemps. Et ce qu’il a prévu va beaucoup amuser les jeunes lecteurs (à partir de 9 ans) : se venger des élèves l’ayant ridiculisé pendant sa carrière. Mais Jean-Claude Mourlevat ne s’arrête pas au rire. Ce livre, qui n’aurait pu être qu’une grande farce (réussie), va plus loin, vers l’humain. Partant de la caricature d’un maître grognon et revanchard face à de petites pestes d’élèves, il glisse sans en avoir l’air vers la découverte de l’autre dans sa complexité.
« Ne juge pas quelqu’un avant d’avoir marché dans ses chaussures » dit un proverbe anglais. Et la troisième vengeance abouti à une ouverture et une compréhension de l’autre tout à fait bienvenue.

La troisième vengeance de Robert Poutifard, Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009.

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Et vous, quels titres recommanderiez-vous aux écoliers et à leurs parents ?

Déjà l’automne ! Quels sont vos premiers coups de cœur depuis la rentrée ?

Le temps nous rattrape, les feuilles volent déjà et entre nos mains, les pages ont tourné depuis la rentrée.

Partageons les livres qui nous ont fait vibrer, les récits précieux qui nous ont attachés à leurs êtres de papier.

Cette rentrée, c’est aussi l’occasion d’accueillir trois nouvelles têtes sous le Grand Arbre : Hashtagcéline, Isabelle et Yoko lulu. Bienvenues !

Le Méli-Mélo de livres de Pépita s’est régalée de ce roman plein de fraîcheur, d’humanité… et de responsabilités à la sauce Pëppo !

Pëppo de Séverine Vidal – Bayard

Mais aussi de cet autre roman à l’écriture magistrale de beauté qui embarque le lecteur dans cette histoire étrange entre onirisme et imaginaire, avec des personnages bouleversants, en particulier Milly Vodovc.

Milly Vodovic de Nastasia Rugani – Editions MeMo, collection Grande Polynie

Alice,  dans son pays des merveilles, a été très émue et très touchée par la maternité d’Irène, par sa maturité et par  le trouble qu’elle a su laisser une fois la dernière page tournée. Coup de cœur partagé par Sophie.

Soixante-douze heures de Marie-Sophie Vermot – Thierry Magnier

Le récit des aventures déjantées du groupe de suicidants d’Axl Cendres a particulièrement touché mais aussi beaucoup fait rire HashtagCéline.

Cœur battant d’Axl Cendres – Sarbacane

Aurélie a mis dans son atelier un album plein de tendresse sur l’amitié. Un livre sur la différence, l’école et sur la naissance des sentiments, histoire de bien aborder la rentrée.

Mon ami d’Astrid Desbordes et Pauline Martin – Albin Michel Jeunesse

Grâce à Robinson, Isabelle de L’île aux trésors s’est offert un voyage onirique magnifié par les illustrations splendides de Peter Sis. Un album qui nous invite à assumer nos différences, à voguer vers d’autres horizons et à célébrer les merveilleux pouvoirs de l’imagination…

Robinson de Peter Sis – Grasset jeunesse, 2018

Chez Chloé (Littérature enfantine), le coup de cœur du mois n’est pas une nouveauté, loin de là, plutôt un classique qui n’a pas pris une ride au fil des ans. L’histoire de deux enfants qui entreprennent d’expliquer à leurs parents ignorants Comment on fait les bébés ! C’est drôle et ça décape.

Comment on fait les bébés, Babette Cole – Seuil jeunesse, 1993

Chez Les lectures lutines, deux romans plein d’humanité les ont conquises. Un récit troublant, entre fantastique, fait divers et altruisme, qui a résonné ce mois-ci pour Solectrice.

Dans la forêt de Hokkaïdo, Eric Pessan – Ecole des Loisirs, 2017.

Et pour Yoko lulu, c’est un roman d’une magnifique sincérité, d’une cruelle vérité. Sur l’amour et la différence. Sur l’intégration et l’espérance. Les héros ont un petit quelque chose qui nous attache à eux du début à la fin.

Envole-moi, Annelise Heurtier. Casterman, 2017.

 

Chez Bouma (Un Petit Bout de Bib), c’est un album intrigant, mêlant enquête, texte en rimes et illustrations presque naturalistes qui est sorti du lot ! Une invitation à s’interroger et à regarder plus loin que le bout de son nez !

Carnivore, Tariel et Peyrat – Père Fouettard, 2018

Et chez Sophie, c’est un roman sur la condition des femmes dans les années 1960 qui l’a conquise. On y découvre l’histoire de Catherine qui raconte comment elle a dû se battre pour vivre sa passion, pourtant simple aujourd’hui : la course à pied !

La fille d’avril, Annelise Heurtier – Casterman, 2018

Et vous, quels sont vos coups de cœur de la rentrée ?

Une Preuve d’amour de Valentine Goby

Lorsque j’ai lu ce roman, j’ai été frappée une fois de plus par la délicatesse et la justesse de l’écriture de Valentine Goby. Aussi ai-je entrainé deux arbronautes, Pépita et Colette, à partager cette lecture (et j’espère qu’il en sera de même pour vous).

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Une preuve d’amour de Valentine Goby
Thierry Magnier, 2017 (2013 pour la première édition)

 

Bouma : Avant d’avoir lu ce roman, quels thèmes pensiez-vous y trouver en vous basant sur la couverture et le titre ?

Pépita: Tout de suite à une histoire d’adoption ou de migrants. Comme quoi, la couverture est explicite !

Colette : J’avoue qu’au seuil de ce texte, j’ai pensé lire une aventure en terre africaine, une aventure dans laquelle les héros devraient faire des sacrifices par amour..

Bouma : Pour moi il s’agissait plutôt de voyage avec cette jeune fille qui regarde au loin et la carte qui dessine les cheveux du visage central.
Et que raconte l’histoire finalement ?

Pépita : Le lecteur est transporté dans une classe, en cours de français, avec le texte des Misérables de Victor Hugo qui est étudié. Le professeur essaie de faire accoucher ces esprits une réflexion sur un personnage en particulier, celui de Fantine qui abandonne Causette. Mauvaise mère ou non ? Le débat est lancé, la discussion est vive… Abdou se lève d’un coup et quitte la classe. Il n’y a que Sonia qui perçoit le malaise du jeune homme et elle décide de l’aider.

Colette : Cette histoire est celle d’un amour naissant, un amour qui se tisse autour d’un mystère que le lecteur devra déchiffrer sur les pas du personnage principal, un amour courageux…

Bouma : Quel personnage vous a le plus touché et pourquoi ?

Pépita: et bien, je ne sais pas ! Bien sûr on s’attache d’emblée à Abdou et Sonia, c’est inévitable ! J’ai particulièrement apprécié les adultes dans cette histoire : le prof de français mais surtout le père de Sonia.

Colette : sans hésiter mon personnage préféré est celui du père de Sonia : quel  adulte bienveillant, respectueux, attentif, impliqué ! J’ai toujours eu une tendresse particulière pour ces papas qui s’occupent seuls de leurs enfants ! Pas de misérabilisme dans cette parentalité solitaire, mais des preuves d’amour en veux-tu en voilà !

Bouma : Je rebondis sur ta formulation Colette, non pas UNE mais DES preuves d’amour selon toi. D’amour maternel avec la mère d’Abdou, d’amour paternel avec le père de Sonia, d’accord. Mais n’y a-t-il pas aussi quelques preuves d’amour de la part de ces personnages adolescents ?
PS. Moi c’est le personnage d’Abdou qui m’a touché par sa sensibilité et sa relation au monde. Il dégage une présence même à travers les pages d’un livre.

Que pensez-vous des références à Victor Hugo ? Cela peut-il faire écho même chez des lecteurs qui ne l’ont pas lu ?

Pépita :J’ai trouvé ce procédé particulièrement intelligent, comme quoi les grandes œuvres traversent les siècles sans une ride ! Effectivement, soit on ne l’a pas lu mais je ne pense pas que cela gêne la compréhension de l’histoire (qui est très bien posée par rapport au contexte et à la référence) ou au plus, cela peut donner envie de lire ces pages. J’ai aimé aussi l’attitude de l’enseignant qui ne lâche rien, qui veut mener ces ados dans les derniers retranchements de leur réflexion. J’aurais du coup aimé le connaitre un peu plus aussi. Comme quoi les grandes œuvres ont toujours une résonance et que chacun peut s’identifier aux personnages à l’aune de sa propre vie. C’est aussi un roman sur la force de la littérature.

Colette : Absolument car oui j’ai honte  mais je n’ai jamais lu Les Misérables et j’ai parfaitement saisi à quel point cette référence était précieuse pour délier les nœuds en boule dans le cœur d’Abdou et Sonia. C’est un des miracles de la littérature : son précieux pouvoir cathartique ! Et puis je ne peux qu’apprécier un roman qui commence par une lecture analytique en cours de Français.

Bouma : Aviez-vous déjà lu d’autres romans de Valentine Goby ? Comment décririez-vous sa plume ?

Colette : J’avais lu Kinderzimmer offert par notre Carole lors de mon premier swap de Noël à vos côtés mes arbronautes et j’avais été bouleversée… Pour de nombreuses raisons, parce que c’est un roman essentiel sur la femme, son corps, la maternité quand tout vous prive de cette féminité, de ce corps, de cette maternité puisque l’histoire se déroule en grande partie à Ravensbrück… Je n’ai pas retrouvé le même style dans Une Preuve d’amour. Je ne saurais trop expliquer pourquoi. Parce que les choses n’y sont pas aussi complexes sans doute, parce que tout va très vite dans Une Preuve d’amour, le rythme de la narration est beaucoup plus basé sur le déroulé des évènements (comme souvent dans la littérature ado, me semble-t-il) que sur l’exploration des abysses de l’esprit humain !

Pépita : Je n’ai rien lu d’autre d’elle en jeunesse. Celui que tu cites Colette me tente depuis longtemps mais je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire. Par contre, je l’ai lue en littérature adulte et j’ai notamment été embarquée par Un paquebot dans les arbres chez Actes sud. C’est une auteure qui a le don des personnages je trouve. Elle leur donne, malgré les situations qu’ils vivent souvent difficiles, une sorte d’élan de vie qui bouscule.

Bouma : Moi j’avais déjà lu Le Voyage immobile dans la collection d’Une seule voix chez Actes Sud Junior. Un texte très court encore plus que celui-ci, sur le handicap et la différence, qui avait su me toucher.
Pour Une preuve d’amour, certes les évènements conduisent la marche mais je trouve que la plume de Goby sait questionner le lecteur, l’interroger sur sa place dans le monde et dans la société.

 

Au final, Valentine Goby livre un roman plein de sens où littérature et réalité se font échos dans la quête de sens et la recherche identitaire.

Pour aller plus loin, retrouvez nos avis sur ce roman :

Colette

Pépita

Bouma