Billet d’été : L’équitation pour rebondir et se reconstruire

Après le billet d’Hélolitlà sur la reconstruction par le sport la semaine dernière, Héloïse – Ileautresor se propose de poursuivre sur ce thème en insistant sur le lien à l’animal. Et pas n’importe lequel car il s’agit de chevaux. L’équitation est un sport qui permet de pratiquer un exercice physique mais aussi de suivre et de réguler le flot de ses émotions. Cela permet d’instaurer une complicité avec sa monture. Sinon, un cheval a tôt fait de s’emballer et d’emporter son cavalier.

Cependant, le sport équestre n’est pas sans risques… Mais il permet aussi de surmonter bien des difficultés justement grâce à ce lien avec le cheval : en équitation, entraînement et exercices moteurs sont profondémement liés à l’affection que le cavalier éprouve pour le cheval. Vous l’aurez compris, cette semaine, Héloïse – Ileautresor a décidé de mettre ce sport au cœur de son billet d’été. Car elle est persuadée que le sport équestre peut ainsi favoriser la reconstruction après un accident de la vie et permet de rebondir.

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Le mystère de Lucy Lost de Michaël Morpurgo est un roman qui lui a beaucoup plu. Un homme des îles Scilly (au Sud de l’Angleterre), évoque sa grand-mère, surgie de la mer comme une sirène…

Dans son récit, Jim, un pêcheur, part pêcher avec son fils Alfie . Il ramène à la maison une petite fille inconnue, silencieuse , qui ne parvient à dire qu’un mot : Lucy… Tout un mystère l’entoure. Cette fillette semble avoir été particulièrement éprouvée par un événement inconnu. Pourquoi était-elle seule, sur l’île St-Helen ?
Planter le décor dans les îles de Cornouailles convient parfaitement pour suggérer le mystère qui entoure Lucy, trouvée en mai 1915. Lucy peine à reprendre des forces. Qu’a-t-elle vécu ? Qui est-elle vraiment ? Le mystère perdure autour d’elle. 

Alfie prend soin de Lucy. Petit à petit il se crée des liens d’amitié solides entre Lucy et Alfie. Cependant, Lucy semble vraiment désorientée : elle était égarée sur une île, mais aussi touchée par un profond choc émotionnel qui l’a ébranlée intérieurement.
Toutefois, Lucy trouve une thérapie avec un cheval apparemment indomptable. Personne n’arrive à le monter… sauf elle. En chevauchant cette monture sauvage, elle réussit à traverser le passage rempli d’eau qui sépare l’île de l’école. 

Ce récit, rempli d’énigmes de bout en bout du récit, est l’un des romans de Michael Morpurgo qu’Héloïse préfère.

Le mystère de Lucy Lost, Michael Morpurgo, Folio junior, 2018.

Son avis complet ICI et celui d’Isabelle.

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Dans Le murmure des chevaux, Charlotte Bousquet raconte une reconstruction de soi après des accidents de la vie. Le récit suit en particulier le flot des émotions et des rêves (en italiques dans le texte).

Valentin, un jeune garçon aime les chevaux depuis son enfance. Il assiste à la naissance d’une pouliche, Dona, en presence de sa mère.

Le lecteur retrouve Valentin plusieurs années après, et le sort s’est acharné sur l’adolescent. Suite à un accident, sa mère a disparu. Depuis, Valentin s’est progressivement éloigné de son père devenu distant.  L’adolescent se retrouve en apprentissage dans une filière avec des chevaux. Mais son entourage, dur et sévère, refuse toute émotion lorsqu’il n’ouvre pas la porte à la violence… Il n’est alors pas question de faire appel à des émotions positives. Or, face au refus de toute sensibilité, un nouvel accident survient. Comment s’en sortir ? Comment rebondir ? Quel chemin prendre après que le monde se soit écroulé ? 

Le roman est alors le récit d’une reconstruction de soi après des accidents de la vie. Il indique que suivre le fil de ses émotions et se faire confiance peut être une solution : en aiguillant sa vie comme on le souhaite profondément – avec une orientation que l’on a à cœur, et en donnant un sens à sa vie – en dépit des obstacles rencontrés précédemment.   

Héloïse a aimé le fait que le récit suive le flot des émotions et des rêves, que parfois les rêves du garçon et de la jument se rejoignent et se mêlent… L’une des originalités de ce livre tient à la multiplicité des points de vue qui ne font plus qu’un – comme pour devenir centaure – homme / cheval. Ce sentiment unique lorsqu’on est à cheval de faire « lien » avec son cheval dans la nature… que ce soit sur une plage de sable ou « dans le royaume des « steppes et [du] vent » » 

Un beau roman sur la résilience et le fait de reprendre confiance en soi. 

Le murmure des chevaux, Charlotte Bousquet, Scrineo, 2021.

Son avis complet ICI.

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Comme Le murmure des chevaux, Tempête au haras débute par la naissance de la pouliche Belle Intrigante. Mais ici, il est question d’une naissance simultanée entre la jument et un jeune garçon, Jean-Philippe. Celui-ci vit en effet dans un haras et depuis sa naissance, il a besoin d’être près de la pouliche.

Jean-Philippe assiste ainsi à la naissance d’autres poulains de la jument : comme celle de Tempête -justement nommé car il est né pendant un orage. 

Toute sa jeunesse, Jean-Philippe n’a qu’un rêve : devenir jockey. Alors que son père, éleveur de chevaux, souhaite surtout avoir un « crack » : un trotteur qui gagne à la course. 

Mais l’accident survient : Jean-Philippe ne peut plus tenir sur ses jambes. Pour l’adolescent, comment réaliser son rêve ? Mais il n’est pas dénué d’ingéniosité et a plus d’un tour dans son sac… 

En dépit de l’accident, ce roman rempli d’humour montre qu’il ne faut pas renoncer à réaliser ses rêves, même les plus fous… Avec de la détermination, l’équitation peut permettre de continuer à vivre et aussi de se dépasser.

Tempête au haras, Chris Donner, L’école des loisirs, 2012.

Son avis complet ICI.

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Certain(e)s rêvent d’équitation mais ne peuvent en faire : question de condition sociale ou d’époque – comme dans Un cheval de rêve d’Evelyne Brisou-Pellen.

Marie se rend à l’école en sabots. Top, Top ! Elle aime entendre le bruit des sabots qui claquent sur le chemin.
Fille de paysans bretons, à neuf ans, elle part tôt le matin pour franchir les cinq kilomètres qui la séparent de l’école… Il fait froid. Elle passe par de petits chemins, par la lande, souvent dans la nuit et le froid l’hiver ; mais elle ne se plaint pas : elle mesure sa chance d’aller étudier… Elle sait bien pourquoi elle va à l’école : elle aime apprendre, lire, écrire, compter.
Elle redoute cependant les mauvaises rencontres : surtout celle d’Amboise qui la rudoie pour s’amuser ; il la malmène souvent quand il la voit.
Aussi rêve-t-elle d’enfourcher un cheval pour aller à l’école… Marie n’aurait alors plus de souci. Elle chevaucherait alors par monts et par vaux … en toute liberté ! Il n’y aurait plus alors à redouter de croiser Amboise.
Mais ce n’est pas n’importe quel cheval vers lequel vont les pensées de Marie : celui qu’elle préfère, c’est un beau cheval noir qu’elle voit dans le pré du château. En secret, elle l’appelle Dragon noir. Un jour Marie n’y tient plus : elle enfourche le cheval noir et c’est l’accident ! Que lui arrivera-t-il encore ?

Héloïse a bien aimé l’histoire de cette jeune bretonne qui se rend à l’école en sabots – comme sa mère autrefois. Elle va par les chemins de terre, elle a son jardin secret même si cela lui semble un projet irréel loin de ce qui est possible à une fille de fermier.
Une belle histoire pour celles et ceux qui aiment le cheval et la Bretagne, lu d’une traite lors de congés dans cette belle région.

Dans ce dernier roman, le cheval apparaît comme un rêve mais aussi comme au solution face au harcèlement de Marie par un des autres enfants de l’école. 

Un cheval de rêve, Evelyne Brisou-Pellen, Nathan, 2022.

Son avis complet ICI.

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Ainsi, au-delà d’un simple sport, l’équitation est une école de maîtrise de soi. L’équitation place l’accent sur le lien entre le cavalier et sa monture. Le cavalier emprunte ainsi un chemin qui permet de se reconstruire, de franchir obstacle après l’obstacle, et de mieux rebondir…

Cette activité peut donc aider à surmonter les complications de la vie… et devient thérapie. Elle permet la reconstruction et peut permettre d’accéder à la résilience… Et vous, quels sont vous livres préférés sur le rétablissement par l’équitation ?

Billet d’été : Sport et Résilience

Après Lucie, Liraloin et Séverine, il est temps pour Héloïse – Helolitla de relever le défi de ces billets d’été sur le sport !

Le sport, un moyen de résister à l’oppression, un moyen de s’évader, à la montagne ou ailleurs… et aussi, parfois, un moyen de surmonter un traumatisme, de dépasser un drame. Le sport, un moyen de rebondir, de se reconstruire.

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C’est le cas par exemple de Glenn, qui a perdu son père, décédé dans un accident d’avion. Finies les courses à pied le long de la plage de Sydney, moments de partage et de communion avec son père et la nature, puisque Glenn doit aller vivre chez ses grands-parents, en France. Finies ? Non, Glenn ressent au fond de de lui ce besoin irrépressible de courir. Et pourrait bien trouver un allié pour reprendre ce sport…

« Plus je courais, plus je sentais la vie monter en moi.« 

Un court roman intense qui célèbre l’endurance et le running.

Courir avec des ailes de géant, Hélène Montardre, Rageot, 2017.

Sa chronique ICI.

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Jade, elle, a subi une agression sexiste et raciste : elle a été passée à tabac par des inconnus, en sortant de la piscine. Une agression violente dont elle peine à se remettre, jusqu’au jour où elle découvre le free fight. C’est ce sport qui va lui permettre de retrouver confiance en elle, de faire la paix avec son corps, de transcender cette colère qui l’anime en quelque chose de beau. Grâce au free fight, Jade trouve sa place. C’est comme une évidence pour elle.

« Quand je suis sur le tapis, j’ai l’impression d’être moi. Je suis bien dans mon corps, dans ma tête. Le reste du temps, mon cœur bat au ralenti. »

Enfin, le free fight est pour Jade un moyen de lutter contre les stéréotypes en montrant à tous que, oui, une fille peut se battre, et être douée.

Un roman coup de poing.

Frapper comme une fille, Yves-Marie Clément, Auzou, 2024.

Sa chronique complète ICI.

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Les difficultés, Astrid, Hakima et Mireille connaissent aussi. Toutes trois subissent régulièrement des moqueries sur leur physique, et cette année, elles ont été élues « Boudins » du collège. C’en est trop pour elles, elles décident de ne pas se laisser faire. Elles se lancent donc un défi : rejoindre Paris, en partant de Bourg-en-Bresse, à vélo, en vendant des boudins.

Les petites reines vont transcender ce harcèlement avec le vélo, et indirectement, alerter la population sur les dangers du harcèlement. Entre humour et émotions, un road-trip cycliste qui ne les laissera pas indemnes, et va leur permettre de se trouver elles-mêmes.

Les petites reines, Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2015.

La chronique d’Isabelle, celle de Blandine, celle d’Héloïse (Ileautrésor), et celle d’Hélolitlà.

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Kasienka, 12 ans, émigre avec sa mère en Angleterre. Nouveau pays, nouvelle langue, et difficile acclimatation pour la jeune fille. Son seul refuge : la piscine, et la natation. Kasienka est une très bonne nageuse, et ce sport lui permet de mettre de côté son quotidien difficile. C’est une jeune fille touchante, en pleins émois adolescents. Une jeune fille en décalage avec les autres, moquée, harcelée, qui peine à se faire une place, hors de l’eau.

Un roman en vers libres, rythmé, puissant, sur les difficultés liées à l’intégration.

« Quand je suis dans l’eau
Mon corps tangue comme une vague :
Violent, un peu.
Beau, surtout.

Poitrine dressée,
Bras étendus,
Jambes en arrière,
Je m’apprête à frapper l’eau.

Et je tire,
Je pousse,
Je glisse.
Ainsi avance le Papillon. »

Swimming pool, Sarah Crossan, Rageot, 2018.

La chronique de Linda, celle d‘Hélolitlà.

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C’est la peur qui pousse Tony et Antoine un matin à s’enfuir. Les deux amis ne se concertent pas, ils se regardent, et partent en courant… Ils ne vont pas au collège.

Ce qui commence comme un jeu continue en course effrénée. Ils fuient tous deux quelque chose : l’un un père violent, l’autre le risque d’être expulsé de France. Une course pendant plusieurs jours, au-delà des limites, pour fuir, et dépasser ces traumatismes. Une course pleine d’espoir, au goût de liberté.

« On est invincibles, on file et nos pieds claquent de joie sur le bitume. On court comme on éclate de rire, comme on envoie balader une mauvaise pensée, comme on s’approche du bord de la piscine l’été pour se jeter en avant les bras grands ouverts vers la fraîcheur. On court dans le bonheur de l’instant. »

Aussi loin que possible, Eric Pessan, L’école des Loisirs. 2019.

Sa chronique complète à retrouver ICI.

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Et puisque qu’Héloïse trouve que le basket se prête bien à cette idée de rebondir après un drame, et que c’est le sport « familial », voici quelque titres qui l’ont marquée !

Après Frères, Kwame Alexander a imaginé l’adolescence de Charlie « Chuck » Bell, le père de Joshua et Jordan, dans un autre roman en vers libres. Nous sommes en 1988, c’est l’été, le premier été pour Charlie depuis que son père est mort. L’été où le basket, et un séjour chez ses grands-parents, lui ont redonné le goût de vivre. Durant cet été de grands changements, Chuck, aidé par sa cousine Roxie, découvre une passion qui ne le quittera plus.

« C’était l’été 1988,
l’été où le basket m’a donné des ailes,

où j’ai dû apprendre à
rebondir

sur le terrain
et dans la vie. »

Les vrais champions dansent dans le blizzard est un roman qui file à merveille la métaphore du basket pour rebondir après un drame. Un texte en vers libres poétique et résilient, qu’Héloïse ne se lasse pas de relire !

Les vrais champions dansent dans le blizzard, Kwame Alexander, Albin Michel Jeunesse, 2019.

Sa chronique complète ICI.

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Marie Vareille s’est attachée au sujet aussi, avec Le syndrome du spaghetti. Léa, basketteuse de haut niveau, qui vise une place en WNBA, voit sa vie s’écrouler du jour au lendemain. Mais il y a Anthony, rencontré par hasard. Anthony dont le basket est le seul échappatoire. À deux, ils vont tenter de surmonter les épreuves de la vie…

Deuil. Maladie. Le sport, une passion pour se reconstruire. Entraide. Amour. Marie Vareille découpe son roman avec les cinq étapes du deuil, nous montre avec justesse les émotions qui emportent Léa. C’est émouvant, vibrant, poignant.

Une ode à la vie, au sport, à l’amour.

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, Pocket Jeunesse, 2020.

La chronique de Lucie, celle d’Hélolitlà.

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Pour conclure ce billet, Hélolitlà s’éloigne un peu du sujet, mais elle souhaitait vous parler de ce roman qui l’a beaucoup touchée : ABC…, d’Antonio Da Silva.

Jomo grandit au Mali mais est repéré par un chasseur de têtes. Envoyé en France, dans un centre d’entraînement créé par Tony Parker, il se perfectionne en basket... et se heurte aux pattes de mouche, partout. Car Jomo ne sait pas lire… Il suit donc des cours du soir, en plus de ses entraînements.

Entre récit initiatique, poésie, sport, histoire d’amour tragique, l’auteur a su toucher Héloïse. Nous découvrons des personnages cosmopolites, profondément humains. Entraide et solidarité sont les maîtres-mots de cet ouvrage d’une grande délicatesse, qui met la vie au centre.

ABC…, Antonio Da Silva, Rouergue jeunesse, 2020.

Sa chronique ICI et celle d‘Isabelle.

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Et vous, quels sont les romans sur la résilience par le sport qui vous ont fait vibrer ?

Billet d’été : Résister, c’est du sport !

Après Lucie et son billet Courir pour résister, Séverine était aussi dans les starting-blocks pour présenter quelques ouvrages sur la résistance grâce au sport. Résistance au racisme, résistance politique, résistance aux stéréotypes de genre, ou simplement, résistance à la difficulté de vivre heureux.se en étant soi-même, la littérature jeunesse propose, sous toutes ses formes, un large panel d’histoires vraies ou de fictions, pour affirmer toujours plus haut, toujours plus fort que, l’important, ce n’est pas de participer, c’est de lutter ! Et, comme le disait Pierre de Coubertin : “Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.

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Black liv(r)es matters

La photo du poing levé Black Power , lors de la remise des médailles du 200 mètres aux Jeux olympiques 1968, trône dans le salon de Séverine. Tout un symbole. Pour elle, la BD Plus fort que la haine y fait particulièrement écho. Sauf que le racisme, c’est le poing ganté que le héros inoubliable de ce one-shot particulièrement fort, le combat. Louisiane, années 30. La ségrégation et la violence contre les Noirs fait rage. Alors qu’il aurait pu se laisser submerger et assouvir son désir de vengeance contre les Blancs, Doug Winston, doté d’une force herculéenne, découvre la boxe et sa puissance à la fois canalisatrice et émancipatrice. Sur le ring, plus de Blancs, plus de Noirs, juste des hommes. Egaux. De combat en combat, jusqu’au titre de Champion du monde, il comprendra que, quoi qu’il arrive, la haine n’est jamais la réponse. Ce message, optimiste s’il en est (voire un peu naïf ?), dont on aimerait qu’il soit enfin compris par le monde entier, définitivement, est ici sublimé par des illustrations de toute beauté…en noir et blanc. Un uppercut.

Plus fort que la haine de Pascal Bresson et René Follet- Glénat, 2014

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Un « truque » en moins

Séverine est également séduite par deux albums jeunesse dans lesquels le sport, détourné par le Pouvoir en outil de propagande, devient à l’inverse, pour de courageux sportifs, l’arme du refus de la soumission, un acte de résistance, jusqu’à en mourir.

Le premier traite d’une part méconnue de l’Histoire, celle de la Résistance autrichienne à l’union forcée avec l’Allemagne nazie, en imaginant une fiction autour d’un personnage réel. « Le Mozart du ballon rond« , tel était le surnom de Matthias Sindelar, Capitaine de l’équipe nationale d’une Autriche tout juste annexée par Hitler, en ce printemps 1938. Il est le héros absolu du jeune Marcus, dont le père est chargé de dissuader le footballeur de participer à l’ultime rencontre Autriche-Allemagne, car le match est truqué. Les Autrichiens doivent laisser gagner la grande Allemagne. Mais contre toute attente, le Capitaine est bien là et malgré le danger, il fait ce qu’il sait le mieux faire : il joue au football, et il gagne ! Par ailleurs, il ne lève pas le bras au ciel en signe d’allégeance au Führer. Le même Matthias Sindelar refusera de jouer sous le maillot nazi et l’Allemagne sera éliminée au premier tour de la Coupe du monde suivante. Neuf mois plus tard, Sindelar et son épouse juive seront retrouvés morts…Un étrange accident dû au gaz…Avec ce texte vibrant, servi par des illustrations magnifiques, tous deux venus d’Italie, la littérature jeunesse prouve une fois de plus qu’elle sait se saisir des sujets graves, tout en les enveloppant de beauté.

Carton rouge, de Fabrizio Silei et Maurizio A.C.Quarello, Ane bâté, 2014.

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Le second est une dystopie qui n’en a pas vraiment l’air… Un pays, une dictature, le sport comme enjeu de pouvoir. Là aussi, il est question de grand match. L’équipe d’un Gouvernement totalitaire qui nous rappelle évidemment quelque chose, grâce aux superbes illustrations sépia et aux références assumées, doit absolument prouver sa supériorité sur l’ex-équipe nationale, déjà « purgée » des minorités de toutes sortes. Ici, le ballon est ovale, on se lance dans la mêlée de toute sa virilité ! Mais comme dans l’album précédent, le match est truqué. Le Régime exige de sortir vainqueur et grandi aux yeux du peuple, pour asseoir toujours plus sa domination. C’est sans compter ceux pour qui le sport doit rester libre. Au cours d’un premier match, ils refusent de se soumettre et l’emportent. A leur grande surprise, ils sont épargnés, mais prévenus : le match retour sera perdant ou ils mourront…On devine la suite… Un récit intense et lyrique, porté par des images fortes pour dénoncer le totalitarisme et mettre en valeur le courage de ceux qui luttent. Petit plus : à la fin de l’album, quelques exemples de sportifs qui, de tous temps, ont résisté contre l’obscurantisme, dont un certain…Matthias Sindelar.

Le grand match, de Fred Bernard et Jean-François Martin, Albin Michel jeunesse, 2015.

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Championnes poids plume, championnes de la vie !

Enfin, parce que les filles ne sont pas en reste quand il s’agit de faire du sport un allié pour résister…Seule ou en équipe, celles-ci ont décidé d’exprimer par le sport, leur révolte face aux diktats de genre et à la société patriarcale. Et d’être heureuses.

Pavlina est menue, mais pas fragile. C’est la combativité faite fille. Son père veuf est un immigré russe qui se tue à la tâche. Cadette d’une famille de garçons, moquée par ses frères, chargée des corvées domestiques, seule face aux questionnements sur sa féminité naissante, la vie de la petite surnommée Brindille n’est pas rose, loin de là. La tendresse n’est pas vraiment de mise à la maison. Elle trouve le réconfort en jouant du piano, mais un jour, c’en est trop, en lieu et place de la pratique instrumentale, elle décide d’apprendre la boxe, afin d’établir un nouveau rapport de force et de se battre avec les seuls arguments compris par ses frères. Elle s’entraîne dur, progresse rapidement, jusqu’au fameux combat qui révèlera finalement que, sous leur rudesse et leur maladresse, les hommes qui l’entourent cachent en réalité, foi en elle et beaucoup d’amour. Cet album jeunesse fracassant, graphiquement très inventif, est plein d’humour, de force, de sensibilité. Il dénonce sans se faire moralisateur, il invite à la discussion et à la réflexion, comme souvent avec cet illustrateur/auteur de grand talent.

Brindille, de Rémi Courgeon, Milan, 2012.

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Dans le roman ado Championnes, son héroïne résiste, elle prouve qu’elle existe… grâce au football, qui devient un personnage à part entière. Il est sas de décompression quand l’adolescence et ses tourments amènent au bord de l’explosion, il devient messager d’espoir et de rage de vaincre quand, ballon au pied, plus rien ne compte que la victoire. Pour Pénélope et ses coéquipières, oubliés le harcèlement scolaire, la maladie d’un proche, l’abandon d’un parent, les questions de genre et d’identité, de sexualité, de précarité, qui les empêchent parfois de respirer. Il est, enfin, un coach fiable pour gagner en confiance, se dépasser, apprendre à perdre, parfois, mais avec les honneurs. Rien de différent, somme toutes, avec ce qu’apporte ce sport populaire et fédérateur, aux garçons qui le pratiquent. Dans un style dynamique, très proche du langage des adolescents, avec la juste dose d’émotion et de réalisme, ce roman file droit au but, sans temps mort, et confirme une vérité qu’il faut répéter, encore et encore, et encore, aux jeunes générations : le sexisme, dans le sport, ou ailleurs, c’est hors-jeu ! Vive le football féminin !

Championnes, de Mathilde Tournier, Gallimard Jeunesse-Scripto, 2024.

Billet de l’été : À l’assaut de la montagne !

Après Lucie et son billet consacré aux sportifs engagés, Liraloin, fan de randonnées et de paysages montagneux vous a concocté une petite sélection rocailleuse car n’oublions pas qu’en 2021, l’escalade sportive a fait son apparition aux J.O de Tokyo.

La montagne, cette roche immense qui se dresse droit devant, lorsque nous sommes en son creux nous ne pouvons que nous sentir minuscule, si fragile face à cette paroi faite de cailloux, accueillant végétaux et microcosmes vivants. Que nous soyons alpiniste chevronné ou randonneur occasionnel, l’ascension d’une montagne demande des efforts et un grand respect pour la Nature. Alors entre rencontres inoubliables, levés de soleil dans la brume matinale, la montagne ne se dévoilera que petit à petit à celles et ceux qui le méritent vraiment.

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Se préparer 

Pour être un as de l’escalade il faut en connaitre toutes les subtilités. Dans ce documentaire accessible et surtout très complet, la montagne n’aura plus aucun secret, du moins son ascension va vous paraître plus facile ! La lectrice-le lecteur va suivre les aventures de « la Tribu » : une fille et quatre garçons, tous passionnés d’escalade. Ce groupe va être le fil conducteur pour en savoir plus sur le corps et sa préparation ou bien sur la visualisation : « c’est tout simplement savoir observer, anticiper, comprendre… gagner du temps de réaction et de la précision dans tes gestes pour aller d’une prise à l’autre ». 

Les interviews et reportages sur les différents grimpeurs qui ont marqué l’histoire de l’escalade rythment également le contenu. Entrainement, efforts et courage détermineront si la montagne sera clémente ou le contraire !

So cool la grimpe de Romain Desgranges, illustré par Flore Beaudelin, Paulsen jeunesse, 2023

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A la recherche de sensations fortes !

L’Everest, mythique ascension. Dangereux sommet et le rêve de plus d’un alpiniste chevronné. Mallory a 15 ans et quelques sommets à son actif. Formant un duo inséparable avec son père Mathieu, la jeune fille est bien décidée à affronter ce glacier inébranlable.

Accepter la préparation, avoir le mental et l’énergie pour y faire face. Chercher du réconfort, un sens à ce qui va être entrepris. Se mettre dans sa bulle sans oublier l’autre. Ce roman va au-delà de l’aventure sensationnelle d’une ascension, c’est avant tout une formidable aventure humaine. Une étape importante et bouleversante dans la vie d’une adolescence déterminée et timide.

8848 mètres de Silène Edgar – Casterman, collection : Ici maintenant des romans qui regardent le monde en face, 2020

L’avis de Lucie est ici.

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Dans ce roman suivre le rythme de Pic peut s’avérer dangereux. Après avoir escaladé de façon illégale un gratte-ciel New-Yorkais et pour échapper à une justice un peu trop sévère Pic s’envole au Tibet. Avant de retrouver son père qui l’emmène à l’aéroport avec un but très précis : « Je vais escalader l’Everest ? ai-je demandé, sonné comme je ne l’avais jamais été de ma vie. Je ne sais pas si tu atteindras le sommet, mais si on t’y emmène avant ton quinzième anniversaire, tu seras la plus jeune personne du monde à poser le pied à plus de 8 800 mètres. » A travers l’ascension de Pic, la lectrice/le lecteur va assister à toute la préparation physique/psychologique et matériel qui incombe à un tel exploit humain. La dureté de l’ascension, les abandons et parfois la mort…

Solidaire et entêté, Pic, du haut de ses 14 ans, devra faire preuve d’une grande force mentale pour peut-être atteindre le toit du monde.

Pic de Roland Smith  – Seuil, 2007

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Se réparer grâce à la passion de la montagne…

Tessa est plongée dans le coma, un coma artificiel depuis son accident de montagne. Peu à peu la vie se réorganise pour permettre à sa famille, ses amis les plus proches ainsi que son petit ami Edgar d’être constamment à son chevet : « Qui sont ces gens ? Mais où je suis ? Oui, je vous entends. Je serre fort, là, vous sentez pas ? » A son réveil, l’équipe médicale décide d’y aller doucement car Tessa ne comprend pas qu’autour d’elle tout le monde semble avoir vécu une année de plus que son dernier souvenir.

Il y a beaucoup de pudeur dans l’écriture de Jessie Magana comme par crainte d’être trop intrusive dans ce qui est construit entre Tessa et Edgar. Une douce sensibilité émane de l’écriture d’Edgar, ses confidences sur papier sont magnifiques, lui qui a perdu l’amour de Tessa depuis cet accident : « Je t’écrirais des lettres, manuscrites. Des lettres d’amour. Des poèmes. Comme dans les romans. Et tant pis si tu trouvais ça ridicule. A demain. Edgar. »

A contrario Tessa ne comprend pas ses pertes de souvenirs et une rage mêlée à de la colère sont consignées dans son journal. Tessa veut vivre, peu importe les répercutions qu’il y aura sur son cœur et son corps. Compétiteurs dans l’âme, les deux jeunes gens mettront tout en œuvre pour que chacun, de son côté, puisse se « réparer ».

Free ride de Jessie Magana – Thierry Magnier, 2023

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Randonner 

Lorsque le montage s’offre à vous, il n’y a aucun moyen de s’y refuser mais plutôt de s’y refugier. Une belle aventure attend nos deux jeunes sœurs qui n’ont qu’une envie : « faire le tour de la montagne en une semaine » comme leur Tante Jeannette. Alors carte IGN en main et équipement sur le dos, les deux apprenties marcheuses vont suivre des chemins de randonnées sous un temps parfois menaçant car la montagne surprend par son changement soudain : « un son feutré de vent froid et de pluie continue nous enveloppe. »

Lorsque les éléments se déchaînent, le moral et le matériel peuvent sacrément en prendre un coup. Géraldine Alibeu nous offre une belle traversée dans l’immensité des Alpes. Son regard nous livre des peintures immersives aux couleurs changeantes. 

L’autre côté de la montagne de Géraldine Alibeu, Cambourakis, 2022

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Dans son livre Jana peut y voir des montagnes. Accompagnée de sa fidèle Billie, la petite fille rêve de bientôt les voir en vraies ! Mais quelle terrible déception envahit Jana lorsque le brouillard a décidé de cacher le géant rocher. C’est un véritable petit film d’animation qui se joue sous nos yeux. Nous sommes à 100% avec Jana : son attente si fortement exprimée et enfin cette rencontre tant espérée ! Les illustrations pleine page y sont pour beaucoup, elles nous immergent encore plus dans ce rêve de montagne gage de belles promenades et randonnées en famille.

Montre-toi, Montagne ! de Davide Wautier, Diplodocus, 2022

L’avis de Linda est ici.

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Le p’tit plus

Bon d’accord, pas de sport à proprement parlé dans ce roman mais des rencontres avec des p’tits animaux de la montagne pas si inoffensifs que ça : les marmottes au poil clairsemé !

« Une histoire de famille, de musique, d’amour et de zombie (pas n’importe lesquels). »

Ah quel bonheur que d’être là, à cet instant précis, profitant d’une randonnée… pourtant Jean-Pierre et Marie-Pierre étaient loin de se douter que la douce marmotte observée au loin deviendrait si agressive…

Pendant ce temps, Maximus est en route pour des vacances de « rêves », direction Habère-Poche en compagnie de (Notre) Dame « sa » mère, ses jumeaux de frères qui ne s’arrêtent jamais et le petit dernier le Nain, le chouchou, le « Chouch’ » à sa môman ! Oh joie ultime que de se rendre compte que le Hellfestnoz lui passe sous le nez au profit du Broch’n’poche, un semblant de festival pour les métalleux et punk à chiens du coin.

A peine arrivés aux portes du village que Maximus aperçoit une marmotte un chouilla mal en point : « Elle lève une griffe bien haut, celle du milieu. Le temps que je comprenne qu’une marmotte pourrie vient de me faire un doigt, elle a disparu. »

Quelques temps plus tard, après que toute la petite famille se soit installée chez Maminette et l’oncle Jean-Sassois, Maximus repère d’autres rongeurs mal en point. Que se passe-t-il à Habère-Poche ? Les marmottes ont-elles chopé la rage ou un virus bizarroïde ?

Sur fond de musique métal et ambiance festive, cher(e) lectrice et lecteur attends-toi à pogoter sévère au rythme de cette histoire sanglante ! Loin de l’image douillette que peut dégager la vue d’une marmotte, ici on est bien loin du compte et ce n’est surement pas dans ce roman que tu rencontreras les personnages de la « Petite maison dans la prairie ». Le récit est empreint d’un humour digne des comédies déjantées anglaises. L’alternance des témoignages (parfois un poil exagéré) des différents personnages permet d’apporter un enchaînement des évènements qui n’en finit pas !

Bref, la lecture s’achève avec l’impression d’avoir un peu mal partout d’avoir tant explosé ces satanés rongeurs à coups de pelle bien tranchante.

Des zombies dans la prairie : la comédie horrifique qui vous fera voir les marmottes d’un autre œil !  de Chrysostome Gourio – Casterman, 2023 

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Et vous ? Quelles lectures autour de la montagne aimeriez-vous nous faire partager ?

Billet d’été : Courir pour résister

Pour accompagner les Jeux Olympiques puis Paralympiques, nos billets d’été seront consacrés au sport ! Les listes de livres mettant en scène des sportifs étant nombreuses, nous avons choisi de présenter les nôtres sous un angle un peu différent.

Cette semaine, pour donner le coup d’envoi de cette thématique, Lucie vous propose de découvrir une sélection de romans consacrés à des coureurs ayant utilisé leur sport pour résister.

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Biographies romancées

Jessie Owens est une figure mythique des J.O. et de la course. Athlète à la peau noire dans un pays qui pratique encore la ségrégation, il traverse l’atlantique pour aller s’imposer dans un stade allemand sous les yeux d’Adolf Hitler. Son histoire est une ode à l’abnégation et à l’humanité puisqu’il profitera de son séjour pour sympathiser avec Luz Long, coureur allemand farouchement opposé aux idées nazis. De retour aux USA auréolé de ses quatre médailles d’or, il devra emprunter l’entrée de service pour rejoindre la soirée organisée en l’honneur des athlètes américains, et le président Franklin D. Roosevelt (alors en pleine campagne électorale) refusera de le féliciter de vive voix.

Jesse Owens Le coureur qui défia les nazis, Élise Fontenaille, Rouergue, 2020.

Son avis avis complet.

Il court ! Jesse Owens, un dieu du stade chez les nazis, Cécile Alix, Élan Vert, 2022.

Son avis complet.

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Sohn Kee-chung a remporté la médaille d’or du marathon aux J.O. de 1936. Ceux-là même où Jesse Owens a brillé. Et leur parcours a une autre similitude : si la médaille du marathonien figure au palmarès du Japon, il est en réalité coréen. Mais voilà, à l’époque son pays est envahi par les japonais et n’a plus d’existence légale. Courir alors que l’on est considéré comme un sous-homme par certains de ses compatriotes, voilà une idée qui doit être familière à l’athlète américain. Jusqu’à sa mort Sohn Kee-chung se battra pour que sa médaille soit attribuée à la Corée, sous son vrai nom (les japonais l’avaient renommé Son Kitei). Ce sera chose faite en 2011, 9 ans après son décès.

Le garçon qui courait, François Guillaume Lorrain, Sarbacane, 2017.

Son avis complet.

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Les athlètes qui ne gagnent pas méritent tout autant que l’on raconte leur histoire. L’important c’est de participer, et en l’occurrence, de résister. Saamiya Yusuf Omar en est un exemple frappant. Spécialiste du sprint, la coureuse d’origine somalienne avait foulé le stade Olympique de Pékin en 2008. Elle était arrivée dernière du 200 m, mais son exploit était ailleurs : être l’une des deux seuls représentants son pays lors de cette manifestation, alors qu’il était dominé par les fondamentalistes islamistes. Elle est décédée en 2012 en tentant de traverser la Méditerranée pour trouver un entraîneur en vue des Jeux Olympiques de Londres, victime parmi tant d’autres des « charrettes de la mer ».

Je m’étais énormément entraînée et je voulais à tout prix gagner.

Gagner pour moi, gagner pour montrer à tout le monde que la guerre ne pouvait pas tout arrêter, gagner pour faire plaisir à aabe et à hooyo.

p.55
Ne me dis pas que tu as peur, Giuseppe Catozzella, Seuil, 2014.

Son avis complet.

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Fiction

Dans La fille d’avril, Annelise Heurtier donne la parole à Catherine qui raconte à sa petite fille son quotidien dans les années 1960. À l’époque, les filles ne font pas de sport et il est admis que courir fait pousser les poils partout (y compris sur le visage) et rend stérile. Mais voilà, Catherine a pris goût à la course et refuse de se soumettre aux préjugés de son temps. Une détermination qui va la pousser à remettre en cause la place de la femme dans la société.

La fille d’avril, Annelise Heurtier, Casterman, 2018.

Son avis complet.

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Une histoire de transmission entre grand-parent et petit-enfant tend aussi l’intrigue du Garçon qui courait plus vite que ses rêves. La vie de Solomon prend une direction tout à fait inattendue le jour où son grand-père décide de partir avec lui pour Addis-Abeba. Cela représente tout de même une marche de plus de 30 km, mais il est ravi de l’opportunité car ce séjour correspond au retour des athlètes éthiopiens médaillés aux Jeux Olympiques. Or, Solomon adore courir, et il va avoir l’occasion de montrer ses capacités tout en découvrant un pan de son histoire familiale. Elizabeth Laird montre avec ce roman que, loin d’être seulement une fuite en avant, la course peut permettre de montrer son courage et de réaliser son destin.

Ce jour-là, j’appris la plus importante de toutes : courir ne dépend pas que de vos jambes et de vos bras. Certes, ce sont eux qui font le travail (vos jambes surtout), mais ce qui compte réellement, c’est ce qui se passe dans votre tête.

p.115
Le garçon qui courait plus vite que ses rêves, Elizabeth Laird, Flammarion, 2016.

Son avis complet.

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Dans Une fille de…, Jo Witek nous présente Hanna qui court pour fuir les commentaires injurieux sur sa mère, mais surtout pour se forger un corps fort. Un corps qui lui obéit parfaitement et dont personne ne pourra abuser contre son gré. La ténacité de cette jeune fille vient de l’histoire de sa mère qui a subit mensonges, violences et abus de toutes sortes de la part d’hommes malintentionnés. Elle court aussi vers un avenir qu’elle se trace elle-même par son travail et sa résistance.

Une fille de…, Jo Witek, Actes Sud, 2017.

Son avis complet.

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C’est aussi la fuite de son passé qui pousse Castle (alias Ghost) à courir dans Go ! Ghost de Jason Reynolds. Son père, alcoolique et violent, est en prison. Sa mère peine à joindre les deux bout avec son emploi de cantinière. Et Ghost a cette colère en lui qu’il ne parvient pas à contrôler et qui le pousse à multiplier les « incidents » au collège. Jusqu’à ce qu’il pose le pied sur une piste d’athlétisme. L’entrainement va lui permettre de reprendre confiance en lui et de trouver des personnes sur lesquelles il peut compter. Mais cela suffira-t-il à l’empêcher de replonger ?

Go ! Ghost, Jason Reynolds, Milan, 2019.

Son avis complet et celui d’Isabelle.

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Le héros de Cours ! de Davide Cali est confronté à une situation similaire. En colère contre son père parce qu’il a quitté sa famille, contre sa mère et ses frères, frustré par sa pauvreté et la racisme qu’il subit dans son « école des Blancs », Ray passe son temps à se battre. Mais voilà qu’après avoir été confronté à des adultes le punissant sans chercher à comprendre il rencontre un proviseur qui va lui proposer de courir pour apprendre à canaliser son énergie. Éloge du sport comme pédagogie : il permet non seulement d’évacuer la colère mais aussi d’apprendre le goût de l’effort et de reprendre confiance en soi. Et Ray d’échapper à un destin tout tracé pour devenir un champion. Les magnifiques illustrations de Maurizio A.C. Quarello portent un récit plein d’espoir.

Cours !, Davide Cali, illustrations de Maurizio A.C. Quarello, Sarbacane, 2016.

Son avis complet et celui de Linda.

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Et vous, quels sportifs résistants forcent votre admiration ?