Nos coups de cœur de mai !

Le soleil brille et vient apporter un peu de chaleur, nous poussant à passer plus de temps à l’extérieur. Mais cela ne gâte en rien notre plaisir de lire. Ses rayons éclairent nos pas et font briller nos yeux du plaisir de partager avec vous nos coups de cœur du mois de mai.

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Pour Linda, la lecture du bel album de Sara Lundberg fut source de plaisir pour les yeux et d’ouverture culturelle. En effet, biographique, le récit nous emmène à la découverte d’une artiste peintre suédoise méconnue, Berta Hansson, dont l’enfance fut marquée par de biens douloureuses épreuves. Mais loin de se laisser aller, la fillette a su se battre pour prendre sa place dans le monde, bien loin du rôle de femme au foyer que son père lui destinait. De plus, l’écriture poétique et les magnifiques peintures décrivent le quotidien des paysans suédois du début du vingtième siècle.

L’oiseau en moi vole où il veut de Sara Lundberg, La Partie, 2022

Son avis complet est ICI ainsi que celui de Liraloin

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Coup de cœur de Liraloin pour l’album Tu es là de Laëtitia Bourget et Joanna Concejo où la poésie n’est pas seulement dans le texte mais également dans sa forme. La superposition des feuilles transparentes qui vont se poser les unes sur les autres au fur et à mesure du récit ne font qu’augmenter l’émotion transmise par l’écriture. Un effet de transparence où l’on devine la suite du souvenir où l’on voit la page se tourner sur un mot, une phrase terminée comme on essaye de clore une histoire. Un sentiment qui donne l’impression d’aller très loin en soi à la recherche de ce souvenir.

Tu es là de Laëtitia Bourget & Joanna Concejo, Les Grandes Personnes, 2022

Son avis complet est ici

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Isabelle et ses moussaillons ont adoré faire « le tour du monde en 24 marchés » : douze mois, autant de pays et pour chacun, une double-page (lexique, aliments répandus, fonctionnement des marchés…) puis la présentation de deux marchés singuliers et de leurs spécialités locales que l’on est invité à chercher sur une grande illustration. Les dabo kolos éthiopiens, les pâtisseries du marché Levinsky de Tel Aviv, les variétés de cookies du marché d’Oxford, les crêpes de riz farcies à la noix de coco qui se dégustent au marché flottant d’Amphawa en Thaïlande ou les poissons fumés d’Astrkhan, en Russie donnent l’eau à la bouche. On voyage à travers des continents, des pays, des villes variés mais en parcourant les pages de cet album, on réalise à quel point les marchés traversent l’humanité. De quoi provoquer l’envie de bourlinguer, de cuisiner et surtout d’aller au marché ! Une vraie gourmandise qui mêle documentaire, livre de recettes et cherche-et-trouve.

Le tour du monde en 24 marchés, de Maria Bakhareya et Anna Desnitskaya, La Partie, 2022.

L’avis complet d’Isabelle et celui de Lucie et Liraloin

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Et en romans, l’équipage de L’île aux trésors s’est laissé captiver dans l’Ouest le plus sauvage à la suite d’une improbable (mais inoubliable) famille : celle fondée par un Français exilé en plein Far West qui ne peut se résoudre à abandonner des orphelins à leur triste sort. Peu à peu, on découvre comment l’homme les a préparés à ce monde où la violence règne en maître, leur inculquant les bonnes manières mais aussi et surtout l’art d’observer les tensions humaines, la boxe, la chasse et la poésie. De quelle histoire trouble tire-t-il ces savoirs ? Dans quelles circonstances s’est-il retrouvé assorti d’une flopée de gamines ? Où vont-ils, que font-ils et que leur veulent ces cavaliers lancés à leurs trousses ? Vous découvrirez tout cela en vous plongeant dans Et le ciel se voila de fureur, récompensé de plusieurs prix dont le fameux Prix Sorcières et une mention spéciale du Prix Vendredi. L’atmosphère est électrique, la tension maximale, les péripéties vertigineuses. On s’accroche aux valeurs que Hidalgo s’efforce d’inculquer dans ce monde âpre. Et on se prend à imaginer que les liens familiaux pourraient être suffisamment forts pour affranchir les plus vulnérables de la terreur du plus fort.

Et le ciel se voila de fureur, de Taï-Marc Le Thanh, L’école des loisirs, 2022.

Les avis d’Isabelle et de Lucie

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Voilà une BD qui aura pu se retrouver dans notre sélection de la semaine dernière : Libres de penser, dix femmes, dix vies philosophiques nous lance sur les traces de Cléobuline, d’Hypatie d’Alexandrie, de Sei Shônagon, d’Hildegarde de Bingen, de Christine de Pizan, de Gabrielle Suchon, de Louise Michel, de Nathalie Sarraute, de Simone de Beauvoir et d’Etty Hillesum. On y découvre des parcours fabuleusement inspirants, des chemins de traverse insoupçonnés, des manières de penser le monde qui donnent envie de s’aventurer en philosophie. Et oui même quand on est une fille ! Si ce livre ne se revendique pas féministe par la parole qu’il porte, il l’est parce qu’il « contribue à corriger un manque : celui de la place des femmes en philosophie. »

Libres de penser, dix femmes, dix vies philosophiques, Jean-Philippe Thivet, Anne Idoux, Marie Dubois, Jérôme Vermer, Rue de Sèvres, 2023.

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Plus de vingt ans après sa parution, Lucie a voulu vérifier si La grammaire est une chanson douce méritait le bon souvenir qu’elle en avait, et si ce texte était adapté aux jeunes lecteurs. Et en effet, son loulou de 11 ans a apprécié la créativité et la poésie de ce joli texte.
Erik Orsenna (par ailleurs parrain du Prix de littérature jeunesse de l’UNICEF 2024) offre un conte qui fait de la langue française une héroïne vivante, fragile, multiple, plus que jamais d’actualité. Un coup de cœur renouvelé !

La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna, Stock, 2001.

Son avis ICI.

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Pour Blandine, c’est « Le Poids des Héros » de David Sala qui emporte son cœur. A partir de son histoire familiale et de la manière dont il l’a connue et ressentie au fil des années, de son enfance à l’âge adulte, David Sala nous parle d’identité, de mémoire, de transmission, d’Histoire, de la valeur de la vie et de la manière dont on la perpétue et la lègue. Graphiquement, c’est splendide, des motifs et clins d’œil pour une immersion nostalgique, des couleurs éclatantes pour parer les douleurs, nous prenant à contre-pied pour mieux nous marquer.

Les avis de Blandine et Isabelle et Liraloin

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Et vous, quels sont vos coups de cœur de ce mois de mai ?

Nos coups de cœur d’avril !

Les cerisiers se sont couverts de fleurs, les pissenlits percent de leur rayons dorés les grandes étendues d’herbe, le soleil caresse la peau de nos cous quand nous nous promenons dans les ruelles et venelles de nos imaginaires : ça y est, le printemps est revenu ! Et cela a beau faire des années que nous en avons l’expérience, c’est toujours un émerveillement ! Et pour accompagner cette magie du réel, rien de mieux que quelques livres coups de cœur pour nous emporter encore plus loin que le ciel qui se dégage au dessus de nos têtes.

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Du côté de chez Colette, on lit et relit le bel album Le Livre du rien de Rémi Courgeon. Alicia reçoit de son grand-père qui sent la mort venir, un livre un peu particulier, Le Livre du rien, un livre aux pages blanches qui a l’extraordinaire capacité de donner à celui, celle qui le tient entre ses mains… des idées ! Des petites, des grandes, des ingénieuses, des stupides, des idées en veux-tu en voilà ! Et ce livre incroyable va accompagner Alicia tout au long de sa vie, jusqu’au jour où… Nous vous laissons découvrir la jolie pirouette qui boucle l’histoire d’Alicia et vous invitons à essayer, comme elle, de regarder germer vos idées ! C’est un exercice revigorant qui nourrit la confiance en soi, en son pouvoir sur les choses.

Le Livre du rien, Rémi Courgeon,
Seuil Jeunesse, 2020.

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Du côté de chez Linda, l’Expédition de Stéphane Servant fut un voyage des plus passionnant, en compagnie d’une jeune fille attirée par la mer depuis sa plus tendre enfance. Encouragée et portée par l’amour de ses parents, elle se lance dans la fabrication d’une embarcation qui lui permettra de quitter son île natale. Au fil des étapes et des rencontres, elle se forge le destin qu’elle s’est choisie et avance d’un port à l’autre pour vivre la plus belle des aventures : la vie !
Le texte nous rappelle que le plus important n’est pas la destination mais le voyage. Les illustrations sont juste magnifiques avec leurs couleurs chatoyantes et leurs formes qui semblent donner du mouvement à la mer, donner vie aux paysages…

L’expédition de Stéphane Servant, illustré par Audrey Spiry, Thierry Magnier, 2022.

Son avis complet est ICI.

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Pour Liraloin c’est la perspective de profiter bientôt pleinement des randonnées en montagne qui lui a fait choisir Des zombies dans la prairie de Chrysostome Gourio.
Sur fond de musique métal et ambiance festive, cher(e) lectrice et lecteur attends-toi à pogoter sévère au rythme de cette histoire sanglante ! Loin de l’image douillette que peut dégager la vue d’une marmotte, ici on est bien loin du compte et ce n’est surement pas dans ce roman que tu rencontreras les personnages de la Petite maison dans la prairie. Le récit est empreint d’un humour digne des comédies déjantées anglaises. L’alternance des témoignages (parfois un poil exagéré) des différents personnages permet d’apporter un enchaînement des évènements qui n’en finit pas !
Bref, la lecture s’achève avec l’impression d’avoir un peu mal partout d’avoir tant explosé ces satanés rongeurs à coups de pelle bien tranchante.

Des Zombies dans la prairie de Chrysostome Gourio, Casterman, 2023

Son avis complet est ICI.

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Chez Lucie, l’Espace et le Système Solaire sont à l’honneur dans deux livres très différents mais tout aussi merveilleux.
Tout d’abord le très scientifique Fabuleux paysages du système solaire. Ecrit en collaboration avec l’ALMA, il présente toutes les planètes du système solaire mais aussi la ceinture d’astéroïdes, les planètes naines et leur histoire. Le tout illustré magnifiquement à la manière des planches scientifiques du XIXème siècle. Un documentaire qu’on ne se lasse pas de feuilleter !

Fabuleux paysages du Système Solaire, Aina Bestard, Saltimbanque éditions, 2022.

Les avis de Linda et Lucie.

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C’est un point de vue bien plus personnel qu’a choisi Oliver Jeffers pour Nous sommes là. Et pour cause : il a écrit cet album au cours des deux premiers mois de vie de son fils avec pour ambition de lui expliquer les choses qu’il devrait savoir. L’auteur-illustrateur présente donc lui aussi le système solaire, mais de manière nettement plus intuitive (il indique d’ailleurs avec humour qu’il n’est « probablement pas à l’échelle »). Il explique ensuite les éléments présents sur Terre, les animaux, le corps humain, le temps qui passe… C’est un grand et émouvant fouillis, à l’image de toutes les émotions qui peuvent traverser un tout jeune parent devant son nourrisson.

Nous sommes là, Olivier Jeffers, Editions Kaléidoscope, 2018

Son avis complet est ICI.

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Avec son garçon, Isabelle s’est laissé entraîner par une drôle de voiture plastifiée que Citroën produisait dans les années 1970, la Méhari ! Dans Rosalie, Ninon Dufrenois imagine une famille qui se serre les coudes, suite au « départ » du papa, dans l’une de ces automobiles. Ce véhicule tout-terrain vend du rêve : imaginez une sorte de cabane mobile qu’on n’aurait pas peur de crotter et qui nous trimbalerait un peu partout, cheveux au vent, selon l’envie du moment. Merveilleusement illustrées par Julien Martinière, ces pages sont chaudes comme une tasse de chocolat partagée avec ses proches, douces comme le ronronnement du moteur, enivrantes comme l’appel du voyage et le souffle de la liberté. Et c’est bon à prendre parce qu’on le sait, « la vie, c’est comme une route en lacets ». L’un des plus jolis titres de la collection Ginko que nous aimons beaucoup sous le grand arbre !

Rosalie, de Ninon Dufrénois et Julien Martinière. Voce Verso, 2022.

Les avis d’Isabelle, de Linda et de Lucie

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Et en BD, l’équipage de L’île aux trésors n’a pas résisté à la chatoyance de Seizième printemps et des aquarelles de l’autrice-illustratrice sud-coréenne YunBo. Son pinceau nous ouvre les portes d’un pays peuplé d’animaux anthropomorphes où se noue un drame : la petite renarde Yeowoo brûle de fêter son anniversaire mais sa mère a visiblement la tête ailleurs et son père n’a rien préparé. C’est la dispute, puis la bêtise de trop. Les parents divorcent et Yeowoo est envoyée pour un temps indéterminé chez son grand-père et sa tante. Rongée par la colère et les doutes, la petite renarde devient difficile. Mais un jour s’installe dans la maison voisine Paulette, une poule adepte de jardinage qui prétend que chacun a en soi une fleur qui ne demande qu’à s’épanouir. La mue lente d’une fillette colérique vers une jeune femme qui s’ouvre au monde est émouvante comme un coquelicot qui déploie ses pétales : une jolie découverte printanière !

Seizième Printemps - cartonné - Yunbo - Achat Livre ou ebook | fnac
Seizième printemps, de Yunbo, Delcourt, 2022.

Les avis d’Isabelle et de Linda

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Blandine a eu de beaux et nombreux coups de cœur très variés. Difficile de n’en retenir que deux pour ce billet!
Clover Elkin a 13 ans lorsqu’elle se retrouve seule sur les routes des Etats Unifiés. Orpheline de mère, cette fille de médecin suit la dernière recommandation de son père pour mettre à l’abri la seule Curiosité qu’il ait gardé. Dans le monde de Clover, il existe des Curiosités, objets ordinaires aux propriétés extraordinaires, aussi nécessaires que dangereuses, qui suscitent intérêts de collections, convoitises scientifiques ou politiques…
L’étrange voyage de Clover Elkin est une quête identitaire qui se déroule dans un environnement immersif riche de détails et de références, et dans un contexte historique remanié. Et c’est un régal!

L’étrange voyage de Clover Elkin. Eli BROWN. Bayard Jeunesse, mars 2023

Sa chronique ICI.

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Le travail de Frédéric Clément fascine Blandine: son travail utilise le dessin, des objets subtilement choisis et délicatement déposés, différents styles de peintures peintures, sur des supports variés, traditionnels ou totalement atypiques. Dans cet album, il use de peinture pour nous emmener au Japon, auprès d’un peintre doué et à l’excellente réputation, ce qui lui confère un train de vie faste. Jusqu’au jour où il décide de suivre le vol d’oiseaux blancs entr’aperçus dans le ciel. Subjugué, Teiji laissera tout derrière lui pour tenter d’approcher, de saisir et d’atteindre la Beauté et la Perfection.
Onirique, métaphorique, et riche de sensibilité nippone, cet album est une ode à la beauté de la Nature autant qu’à son évanescence.

Le Peintre et les Cygnes sauvages. Claude CLEMENT et Frédéric CLEMENT. Casterman Jeunesse, 2004

L’avis complet de Blandine LA.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en avril ? Quelles lectures coups de cœur souhaitez-vous partager ?

Nos coups de coeur de mars !

Le printemps est là et nous sommes en plein rangement traditionnel de nos bibliothèques en vue du prix ALOGDA. Nous vous préparons une sélection aux petits oignons pour le mois de mai, mais avant cela il y aura le prix UNICEF (le mois suivant)… Bref de belles lectures en perspectives !

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C’est sur une suggestion d’Isabelle que Lucie a lu Le Monde extraordinaire de William Shakespeare. Ce documentaire présente aussi bien la vie de l’auteur que son œuvre et le contexte historique. Il fourmille d’informations passionnantes, souvent présentées avec humour, et les illustrations très colorées en font un livre que l’on a plaisir à consulter.

Le monde extraordinaire de William Shakespeare, Emma Roberts, Little Urban, 2022.

Les avis de Lucie et d’Isabelle.

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Encore une pépite d’Oliver Tallec ce mois-ci. Cet auteur-illustrateur a le chic de proposer des albums à plusieurs niveaux de lecture dont Lucie est très friande. Ici, il met en scène un mouton qui accède au pouvoir par hasard. Quelles décisions va-t-il prendre ? Sera-t-il un bon dirigeant ? Les illustrations amusent les petits, alors que la question de la légitimité du pouvoir et son utilisation font mouche auprès des plus grands.

Louis Ier Roi des moutons, Oliver Tallec, Actes sud junior, 2014.

L’avis de Lucie.

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Pour Liraloin c’est L’imagier des sens d’Anne Crausaz LE coup de cœur de ce mois, un imagier récompensé par le Prix Sorcière 2023 dans la catégorie Carrément Beau Mini.

« Ce qui nous entoure » : l’air, l’eau, la terre, le feu : cinq éléments que la nature nous offre à observer, sentir, goûter, toucher et expérimenter. Le plus évident est là, devant soi et il faut y prêter attention, s’imprégner d’une sensation de bien-être après l’effort ou simplement profiter du moment présent. Si on ne peut retenir l’air, on peut « l’écouter se faufiler entre les herbes ». Compter les gouttes de pluie, plonger les pieds dans l’eau glacée est aussi précieux que de sentir l’odeur de la terre mouillée, regarder des flammes une nuit d’été.

Anne Crausaz offre un moment où le temps se fige lorsqu’il est question d’un souvenir, d’une sensation un peu oubliée (Ha… nostalgie quand tu nous tiens…). Ici, on prend une grande respiration à chaque page tournée pour mieux profiter de cette nature généreuse. Les illustrations pleines pages sont une invitation à la poésie pour les yeux des jeunes lectrices et lecteurs. Des peintures qui font parler les familles du bonheur éprouvé le temps d’un bref instant figé dans l’éternel cycle du recommencement.

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C’est en réponse à une proposition de l’éditeur à ALODGA que Linda a découvert Des zombies dans la prairie, un roman déjanté qui prend place en Haute-Savoie en plein festival punk. Une attaque de marmottes-zombies se prépare orchestré depuis les enfers par Belzebuth himself . Porté par un ado sympathique, sa copine gendarmette et ses jumeaux de frangins, le roman déborde de références et d’humour qui nous entrainent dans un univers complètement loufoque qui s’achève sur un final à mourir de rire.

Des zombies dans la prairie de Chrysostome Gourio, Casterman, 2023.

L’avis complet de Linda.

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Dans un genre complètement différent, Linda a pris beaucoup de plaisir à lire un album documentaire original qui propose une découverte des sols géologiques au travers de la sédimentation ou de la datation des roches en partant d’un questionnement sur la présence d’une coquille d’huître en haut d’une montagne. Les informations claires et précises sont riches mais accessibles à tous et superbement illustrées pour plus de compréhension.

Un million d’huîtres au sommet de la montagne d’Alex Nogués & Miren Asiain Lora, éditions des Eléphants, 2022.

L’avis complet de Linda.

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Au mois de mars, dans la classe de Colette, on prépare L’Escale du livre. Et cette année, on a la chance de rencontrer Cécile Roumiguière ! Pour préparer ce moment, nous avons plongé ensemble dans l’album Le Fil de soie. On y entend les échanges entre Marie-Lou et sa grand-mère Mamilona, couturière professionnelle qui « pique et coud, et pique et coud » en chantant une ancienne chanson aux paroles étranges :

 » Sa me amala oro khelena… »

Marie-Lou soupçonne que sous ces paroles énigmatiques se cache un secret, un secret qu’elle voudrait tant connaître. Pour ses 10 ans, Mamilona lui offrira de la plus délicate des manières ce secret si longtemps gardé et que nous avons eu plaisir à déchiffrer au fil des illustrations tout en poésie de Delphine Jacquot.

Le Fil de soie, Cécile Roumiguière, Delphine Jacquot, Editions Thierry Magnier, 2013.

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Isabelle et son moussaillon de douze ans sont encore abasourdis par Spinder, un roman jeunesse très remarqué aux Pays-Bas et en Allemagne mais moins connu (pour l’instant) des lecteurs francophones. Un roman illustré qui se donne à lire comme le journal de Hidde qui nous raconte la guerre qui l’oppose à son frère. C’est atroce, une guerre – n’allez pas croire que c’est parce qu’elle concerne deux enfants qu’elle est moins terrible. Le jeune auteur Simon van der Geest compose magnifiquement la voix naïve et courageuse du narrateur, gagnée tour à tour par la colère et par une immense lucidité. Il ne faut pas une page pour qu’on soit suspendu à sa plume : comment les choses ont-elles pu dégénérer à ce point ? Quel est ce secret qui envenime la famille du narrateur ? Et surtout, que venons-nous faire là-dedans et quel rôle sommes-nous amenés à jouer ? Impossible de ne pas s’attacher à au garçon singulier qu’est Hidde, avec son approche systématique des choses et des gens, sa passion sans bornes pour les insectes et ses manières bien à lui de résister. La mise en scène est impeccable, le ton parfaitement juste entre gravité et quelque chose d’un peu décalé, à l’image des parallèles savoureux que Hidde fait sans cesse entre le monde des humains et celui des arthropodes. À découvrir absolument, ainsi que le tout nouveau roman de Simon van der Geest : Comment j’ai disparu dans la jungle !

SPINDER : Van der Geest, Simon, Rogaar, Karst-Janneke, Lomré, Maurice:  Amazon.de: Bücher
Spinder, de Simon van der Geest, Joie de Lire, 2018.

L’avis d’Isabelle

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Et en album, l’équipage de L’île aux trésors a craqué pour un objet livre pharaonique ! En soulevant sa couverture épaisse, on ouvre la porte d’un autre monde. La mise en scène est somptueuse : deuxième de couverture ornée de hiéroglyphes, papier lourd comme du papyrus, pages bordées d’élégants carreaux de mosaïques… Ce documentaire nous entraîne à la découverte de l’Égypte antique en prenant pour fil conducteur une quarantaine d’objets emblématiques : cercueils d’Hénouttaouy, buste de Néfertiti, momie de chat, trône royal, etc. Chacun est présenté sur une double-page magnifiquement illustrée. Ces pages montrent très bien comment les fouilles archéologiques permettent de reconstituer le fonctionnement d’une société ancienne : divinités et croyances relatives à l’au-delà, habitations et jardins, agriculture et préparation du pain, rôle des scribes, jeux, rapport à la musique ou aux animaux domestiques. Outre une mine d’information mirifiques, ces pages célèbrent la grâce la grâce émouvante de ces objets millénaires. Un régal pour les yeux et l’esprit !

Le Livre extraordinaire de l'Egypte antique - relié - Eugénia Nobati,  Steele Philip - Achat Livre | fnac
Le livre extraordinaire de l’Egypte antique, de Philip Steele, illustré par Eugenia Nobati (Little Urban, 2022)

L’avis d’Isabelle

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Premiers printemps. Anne CRAUSAZ. MeMo, 2010

Blandine a d’abord craqué pour cette couverture délicate et pleine de fraicheur avant d’être emportée par les mots poésie d’Anne Crausaz. Au fil d’une année, nous suivons une fillette qui profite des bienfaits et émerveillements de chaque saison, par le prisme des cinq sens: odorat, ouïe, toucher, goût et vue. Son initiation fait nos souvenirs. C’est un album que l’on découvre et referme le sourire aux lèvres. Tout simplement.

L’avis complet de Blandine ICI

Et vous ? Avez-vous fait de belles trouvailles en ce joli mois de mars ?

Nos coups de cœur de février !

Ils sont tous beaux, choisis avec grand soin par vos arbonautes préférées : les coups de cœurs de février ! C’est le moment de se faire plaisir et s’adonner à son passe-temps préféré : la lecture …

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Pour Liraloin c’est une BD sans texte qui fait froid dans le dos qui emporte le coup de cœur ce mois-ci !

Ils sont quatre (si on assemble la première et la quatrième de couverture). Quatre adolescents sur des vélos à pédaler sous le soleil couchant entre prairie et montagne. Pourtant il y a bien cinq jeunes avec dans leurs sacs à dos clopes et boissons campant dans les bois. Il fait nuit et tous savourent ce moment privilégié d’un soir d’été. Soudain tout va très vite dans cette atmosphère de nuit où l’on cherche le pote égaré en balayant les bois de sa lampe torche. La peur s’installe au rythme d’une rubalise que l’on déroule sur cette fameuse scène d’une personne portée disparue. Les gendarmes sont là, la battue s’organise, le voisinage est interrogé… la tension monte !

Effectivement la tension est palpable est fini par rester dans cette BD sans texte. Si l’intrigue se déroule à la campagne au milieu des montagnes et des grandes étendues herbeuses s’est pour mieux déstabiliser la le lectrice lecteur. On y perd ses repères dans ce paysage qui, lui, continu d’exister à travers les saisons tout comme ce groupe d’ados amputé d’un camarade.

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Il y a eu beaucoup de belles lectures chez Linda en février et le choix n’a pas été facile pour sélectionner celle.s qui l’a.ont faite vibrer.

Du côté des romans, un titre se démarque par sa couverture qui évoque la nature, les pique-niques entre amis sous le soleil d’été. Mais c’est surtout l’histoire de ces quatre ados qui tendent à s’accorder sur un même rythme qui l’a touchée. Des ados un peu hors normes qui expriment leurs émotions et apportent du concret à leurs existences au travers de l’expression artistique. Musique, photographie, skateboard leur permettent d’enchanter un quotidien qui pèse parfois lourd sur leurs jeunes épaules.

Son avis complet est ICI.

Les désaccordés d’Anne Cortey, illustré par Cyril Pedrosa, l’école des loisirs, 2023.

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Un petit tour du côté de la Pologne lui a permis de découvrir un conte raconté à deux voix : celle d’Olga Tokarczuk qui nous raconte par les mots, la douleur de la perte et la prise de conscience, et celle de Joanna Concejo qui utilise le dessin pour raconter le temps passé à courir et le besoin de ralentir. Les illustrations tiennent une place essentielle et prépondérante dans cet album incroyable qui invite à ralentir.

Son avis complet est ICI.

Une âme égarée d’Olga Tokarczuk, illustré par Joanna Concejo, Format, 2018.

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Mois très faste également du côté de chez Isabelle ! Mais s’il ne fallait retenir qu’un roman, ce serait Monstres, le petit dernier de Stéphane Servant illustré par Nicolas Zouliamis. Le duo nous entraîne dans un village étrange où arrive un cirque avec, paraît-il, un monstre tel qu’on en a jamais vu. Textes et illustrations se complètent magnifiquement pour placer ce récit sous tension et nous immerger dans une sorte d’upside-down qui fait vaciller nos repères. Cela donne une sorte d’expérience de pensée qui révèle l’arbitraire des codes, la peine infligée à ceux qui diffèrent, les cages qu’on peut briser et la force tirée de l’amitié : on est tous le monstre de quelqu’un, les pratiques les plus monstrueuses visent d’ailleurs certainement ceux qui sont perçus comme tels. Un message dans l’air du temps mais amené de manière vraiment inattendue ! Émouvant et délicieusement bizarre.

Monstres, de Stéphane Servant et Nicolas Zouliamis. Thierry Magnier, 2023.

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Et parmi les lectures d’album du mois, Isabelle est ravie de vous parler de Nicky & Vera, de Peter Sis. À travers une histoire vraie, cet album raconte les années 1930, de l’Angleterre, l’Allemagne et la République tchèque, la montée de la haine, des préjugés et de l’autoritarisme, et la façon dont les mouflets de cette époque ont vu leur enfance voler en éclat. Pourtant, ces pages vibrent d’espoir : elles racontent l’histoire incroyable de quelqu’un d’ordinaire qui trouva le courage de faire simplement « ce qu’il fallait » et sauva 669 enfants. Tout est beau dans cet album : les illustrations d’une puissance sidérante, la résilience de Vera, le courage modeste de Nicky et l’hommage inspirant rendu aux héros discrets. Une de ces lectures qui vous marquent à vie !

Nicky & Vera, de Peter Sis, Grasset Jeunesse, 2022.

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C’est sur les conseils de son loulou passionné d’athlétisme, que Lucie a découvert Le garçon qui courait de François-Guillaume Lorrain. L’histoire vraie de Sohn Kee-Chung, athlète d’origine coréenne ayant remporté l’épreuve du marathon sous la bannière du Japon lors des J.O. de 1936. Moins connu que celle de Jessie Owens, son parcours est pourtant passionnant entre fierté, abnégation et résistance. Si son nom coréen a été rétabli sur les tablettes du Comité International Olympique en 2011 (il était jusque-là inscrit sous le nom Kitei Son, qui lui avait été imposé par les japonais), la victoire est toujours attribuée au Japon, la Corée n’existant plus à l’époque. Un hymne au dépassement de soi.

Le garçon qui courait, François-Guillaume Lorrain, Sarbacane, 2017.

Son avis complet ICI.

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Après le magnifique Forêt des frères dont nous avions fait une lecture commune, Yukiko Noritake revient avec un album qui se lit aussi bien dans un sens que dans l’autre. Etonnant !
Il poursuit sa sensibilisation des enfants (et de leurs parents) à la protection de l’environnement, par la présentation de deux modes de vie dont les effets sur la nature sont très différents. Si le message est ici un peu plus appuyé, les vues en plongée qui incitent à chercher les détails et la conception en miroir sont une belle réussite.

De l’autre coté de la mer, Yukiko Noritake, Actes sud junior, 2022.

Son avis complet ICI.

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Pour Colette et son Petit-Pilote-de-Trotinette, gros coup de cœur de février pour les livres de Kotimi qu’ils ont eu la chance de rencontrer à la médiathèque pour un atelier créatif de dessin à l’encre de Chine. Après s’être plongés dans Momoko, une enfance japonaise nous avons savouré la suite des aventures de la petite écolière à travers les 4 anecdotes des Vacances de Momoko. Un graphisme dynamique, joyeux qui nous emmène au cœur de la vie de famille d’une enfant de 6 ans, quand son père décide de prendre 3 jours de vacances pendant l’été. Des vacances rythmées par les cours obligatoires de natation, l’hospitalisation de sa petite sœur et le séjour forcé chez ses grands-parents qui s’en suivit. Au fil des pages, nous découvrons des coutumes et des rituels propres à la culture de cette enfant, dont l’histoire puise ses racines dans l’enfance de l’autrice. On guette le troisième tome des aventures de Momoko avec impatience !

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Pour Blandine, c’est l’Amour et la mélancolie qui ont emporté son cœur avec le magnifique album de Daniela Volpari, Un amour américain.

Un Amour Américain. Daniela VOLPARI. Marmaille & Cie, 2015

Sur un pont, James entrevoit un jeune femme rousse. Coup de foudre, évanescence de l’instant. Entre rêve et réalité, des années durant, il n’aura de cesse de la chercher.

Avec délicatesse, Daniela Volpari nous décrit le temps qui passe, entre ce qui change et demeure, et nous restitue des époques, des lieux, des pensées, entre poésie, zen et jazz, empruntant à de grands auteurs leurs mots et paroles. Ses illustrations aux teintes fanées possèdent un charme délicieusement rétro et joliment stylisé (il y a comme une influence de Rébecca Dautremer dans son trait). Nous oscillons entre le présent et le passé, entre la vie et le souvenir, entre la réalité et la nostalgie, entre photographie d’antan et dessins à la mine de plomb, entre couleurs sépia ou flamboyantes, entre symboles et métaphores
Et nous ne savons pas ce qui est… ou n’est pas…

L’avis de Blandine ICI.

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Et vous, qu’avez-vous aimé en février ?

Nos coups de cœur de Janvier !

Le premier mois de l’année est déjà achevé, mais l’hiver nous donne plus que jamais l’envie de rester sous un plaid avec un bon livre pour nous réchauffer. Voici nos derniers coups de cœur !

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Linda a fait de bien jolies découvertes de mois-ci et parmi celles qui l’ont marquées, il y a eu un récit fantastique original qui prend la forme d’une réécriture des contes de notre enfance. Un réécriture qui, par ailleurs, nous perd à la frontière entre réalité et imaginaire et nous pousse à nous interroger sur les limites de notre existence.

L’apprenti conteur de Gaël Aymon, illustré par Siegfried de Turkheim, l’école des loisirs, 2022.

Retrouvez les avis complets de Frede, Linda et Lucie.

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Mais Linda et sa Petite Demoiselle (plus si petite) ont aussi craqué pour l’aventure sauvage et la quête d’identité de George, jeune Lakota éduqué selon les préceptes de la Bible et formaté à devenir « presque aussi intelligent qu’un blanc ». Esthétiquement magnifique, ce roman graphique nous invite à parcourir les grandes plaines sauvages des Etats-Unis aux côtés d’un groupe Lakota-irlandais, nous poussant un peu plus, à chaque étape du voyage, à interroger notre rapport aux autres et à la nature.

HOKA HEY ! de Neyef, Label 619 (Rue de Sèvres), 2022.

Son avis complet est ICI.

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Beaucoup de belles découvertes ce mois-ci chez Lucie, et notamment grâce aux copinautes toujours de bon conseil ! Le choix a donc été difficile, mais il était inenvisageable de ne pas parler d’Une histoire d’amour de Gilles Bachelet. Frédérique et la collectionneuse de papillons sont fans de l’univers de cet auteur, et il y a de quoi !
Dans le texte, rien que de très banal : un homme, une femme, une rencontre, un pique-nique, un mariage, des enfants… Mais, comme souvent chez Gilles Bachelet ce sont les illustrations qui apportent un twist inattendu. Car cette histoire se déroule entre deux… gants de vaisselle. Et de parsemer ses dessins d’objets du quotidien totalement détournés (mention spéciale pour la brosse à ongle canidé). Un délice d’humour !

Une histoire d’amour, Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse, 2017.

Son avis complet ICI.

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Plusieurs lectrices du Grand Arbre ont aimé se flâner dans la National Gallery aux côtés d’Oscar Goupil. Il faut dire que Camille Guénot a su capter l’atmosphère du lieu et y élaborer une intrigue joyeusement fantastique. Car Oscar a un don familial très rare, celui de communiquer avec certains tableaux. Dans quelles aventures cette capacité va l’entrainer ? Il faut le découvrir dans ce London Mystery.
Lucie et son fils se sont régalés à chercher les figures d’artistes ayant inspiré les personnages, à chercher les tableaux évoqués et à imaginer où l’auteure les entraînerait. Merci à Linda pour ce joli cadeau !

Oscar Goupil, A London Mystery, Camille Guénot, L’école des loisirs, 2022.

Les avis de Linda, Isabelle et Lucie.

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Pour Colette et son Grand-Pilote-de-VTT, Janvier fut dédié à Clémentine Beauvais ! Après avoir eu l’occasion de la rencontrer un soir d’hiver dans la très accueillante librairie des Chartrons à Bordeaux, toute la famille s’est plongée dans les méandres du rapport de service civique de Valentin. En effet dans son roman Âge tendre, l’autrice donne la parole à un jeune homme de 14 ans qui pendant une année doit faire son service civique dans une unité médicale un peu particulière, l’unité Mnémosyne , située à Boulogne-sur-mer. Il va devoir y relever de nombreux défis qui aident les vieux pensionnaires de l’unité à avoir l’impression de vivre dans les années 60-70. Et le livre que nous tenons entre nos mains est le fruit de son expérience, de ses rencontres, de ses introspections. Ce livre est vraiment déroutant, original, inspirant, musical, émouvant, complexe et joyeux tout à la fois car il alterne journal intime, notices techniques, allers-retours entre récits des expériences professionnelles du collégien et analyse rétrospective de ce que ces expériences ont apporté à celui qu’il est devenu. Dans une langue dont l’autrice semble explorer de nouvelles potentialités à chaque livre, nous voyageons à travers la France, les époques et les intériorités. C’est, comme souvent avec Clémentine Beauvais, une expérience jubilatoire !

Age tendre, Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2020.

Et si vous voulez découvrir l’excellent trailer du roman où l’autrice joue elle-même un personnage clé de l’histoire, c’est par !

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Janvier a été faste aussi sur L’île aux trésors ! Tout l’équipage a adoré voyager dans l’Angleterre victorienne en lisant à voix haute Griffes, le dernier roman de Malika Ferdjoukh. Un thriller qui cligne de l’oeil vers Conan Doyle et Jane Austen ! L’énigme embrouillée à souhait se déploie dans un réjouissant décor de 19ème siècle où l’on voyage en diligence et porte le tweed ou la dentelle sous l’œil d’animaux empaillés. Un duo d’enquêteur est dépêché par Scotland Yard vers Morgan’s Moor, bourgade du nord de l’Angleterre en proie au gel et à une sombre affaire : un drame ancien, une vision funestement prémonitoire, une griffe qui se lève pour frapper… Chacun semble avoir quelque chose à cacher, les personnages sont hauts en couleur et les dialogues réjouissants. Une gourmandise de saison, portée par une plume extraordinaire.

Griffes - Malika Ferdjoukh, François Roca - Ecole Des Loisirs - Grand  format - La Presqu'île STRASBOURG
Griffes, de Malika Ferdjoukh, L’école des loisirs, 2022.

L’avis complet d’Isabelle

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Et en BD, Furieuse, revisite crash-féministe de la légende arthurienne a fait l’unanimité sur L’île aux trésors ! Isabelle et ses moussaillons se sont passionnés pour l’épopée d’Isabelle, infortunée fille du roi Arthur. Le temps des prouesses et des glorieuses conquêtes est loin pour celui-ci, il n’est plus que l’ombre de lui même. Victime collatérale de cette déchéance, la princesse se laisse convaincre par l’épée enchantée d’Arthur de déguerpir : une arme si puissance ne lui pourrait-elle pas lui permettre de s’émanciper ? Souffle épique, rebondissements ahurissants, dialogues désopilants, tout est au top dans cette parodie moderne et réjouissante du genre de l’heroic fantasy. En toile de fond, une critique de l’étroitesse des marges de manoeuvre laissées aux femmes, mais aussi des dérives du pouvoir. Furieusement chouette !

Bandes dessinées - Furieuse - DARGAUD
Furieuse, de Geoffroy Monde et Mathieu Burniat, Dargaud, 2022.

L’avis complet d’Isabelle

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Pour Blandine, janvier a été un mois dédié à l’introspection pour mieux repartir, pour bien commencer l’année. Elle a eu beaucoup de belles lectures, des coups de cœur et au cœur, pas qu’en jeunesse, pas tous présentés sur son blog (le temps!!). Il a fallu faire un choix, que voici:

Peut-être. Kobi YAMADA et Gabriella BAROUCH. Le Lotus et l’Eléphant, 2021

Un titre qui intrigue et questionne, un sous-titre qui attire.
Une couverture aux couleurs enveloppantes rehaussées de détails dorés. Un texte en « tu », pour l’enfant lecteur et l’enfant resté en nous. Des illustrations tendres, métaphoriques, magnifiques.
Et nous voilà plongés dans cet album onirique sur les pouvoirs insoupçonnés, uniques, pas encore révélés, et pourtant présents, que nous avons tous en nous. Pour nous-mêmes. Pour les Autres. Pour cette place que nous occupons.

Sa chronique complète ICI.

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Secrets d’Oracles. Suki FERGUSON et Ana NOVAES. De La Martinière Jeunesse, 2022

Dans la lignée du superbe album documentaire Secrets de Sorcières, Une initiation à notre histoire et nos savoirs, De La Martinière Jeunesse nous en propose un autre, tout aussi magnifique que fascinant ! Il nous explique ce qu’est le Tarot, ses origines, son utilisation, et nous détaille chacune des 22 Arcanes Majeurs, avant de nous délivrer des conseils et rituels pour nos tirages. Et quelle beauté dans ses illustrations!

Un album passionnant et riche à découvrir davantage dans son article LA!

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en janvier ?