Nos coups de cœur de novembre

Novembre et la course aux cadeaux peut débuter ! Mieux vaut ne pas trop tarder pour dégotter de belles lectures à offrir aux personnes que l’on aime le plus et à soi-même également ! En toute modestie, voici de quoi piocher des belles idées…

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Après avoir lu Incroyable ! c’est tout naturellement que Mademoiselle Sophie ou la fable du lion et de l’hippopotame ait élu ses quartiers dans la zone coup de cœur. Pour Liraloin ce titre est LE cadeau idéal !
Romain va bientôt pouvoir traverser la rue et ainsi se rendre au collège. En effet son école élémentaire se trouve juste en face mais en attendant il a encore une toute petite année à passer avec son institutrice Mademoiselle Sophie. Sauf que cette dernière a changé physiquement durant les vacances, en prenant beaucoup de poids, et cela inquiète Romain qui supporte mal les moqueries de ses camarades sur son institutrice préférée. Le jeune garçon a envie de la défendre et en même temps il se sent incapable d’accomplir cette action : « Punaise ! Je voudrais comprendre ce qui arrive à Mademoiselle Sophie pour l’aider… et je ne suis pas capable de comprendre ce qu’il m’arrive à moi… ». L ’adolescence pointe le bout de son nez avec, dans son sillage, son lot de changements. Heureusement que Romain peut compter sur sa grande sœur pour y voir plus clair dans ce monde d’adulte et bien évidemment enquêter sur l’état de santé de Mademoiselle Sophie.
Cette BD joue subtilement sur différentes préoccupations qu’un enfant pré-adolescent peut ressentir, le fait de grandir et d’entrer dans le monde « adulte ». Parallèlement, elle nous montre aussi la fragilité des adultes, qui eux aussi, ont des démons à combattre. « Moins on la voit plus elle prend de la place », le mal-être peut s’avérer compliqué pour un jeune garçon de 11 ans et pourtant…
Après le fabuleux titre Incroyable ! le duo Zabus & Hippolyte reprend du service pour aborder le mal-être, une souffrance compréhensible grâce à un scénario d’une belle finesse que les illustrations illuminent.

Mademoiselle Sophie ou la fbale du lion et de l’hippopotame de Zabus & Hippolyte, Dargaud, 2023

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Le mois a été très faste sur L’île aux trésors mais il y a un album qui a fait particulièrement forte impression à Isabelle et ses moussaillons : La maison au bord du canal. Ce documentaire consacré à la maison d’Anne Frank se démarque par la puissance du message et la beauté de l’objet-livre. L’histoire par les lieux de vie se prête très bien à aborder une mémoire des plus douloureuses à hauteur d’enfant. Le temps long, restitué avec un sens aigu de l’atmosphère, permet de poser sur un regard plutôt optimiste sur l’Histoire. Il y a quelque chose d’émouvant à prendre conscience que tant de personnes ont existé, aimé et lutté dans ces murs au fil des siècles. Ces pages le montrent : aux temps durs ont succédé des jours meilleurs, les arbres ont continué de s’épanouir, les enfants de jouer, l’église de sonner tous les quarts d’heure. Si rien ne pouvait malheureusement rendre ses proches au père d’Anne, seul survivant, ce dernier a travaillé à ce que le monde n’oublie pas, faisant de la maison un musée visité chaque année par un million de personnes. Puisse ce livre contribuer à entretenir cette mémoire !

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Et en roman, c’est l’imaginaire sidérant de Pascal Quiviger qui a eu les faveurs de l’équipage de L’île aux trésors. Elle nous entraîne dans un univers de mille et une nuits d’une densité incroyable, déchiré entre un pouvoir spirituel, un tyran et un vizir savant. Et donc truffé d’espions ! De sa plume vive, l’autrice déploie son intrigue tambour battant, distillant au passage de subtiles réflexions sur les fondements du pouvoir, la prédation des ressources naturelles, les dilemmes éthiques, l’amour et l’émancipation féminine. Un roman généreux et envoûtant, à proposer aux lecteurs et lectrices déjà aguerris !

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Le mois a aussi été faste chez Lucie, notamment grâce aux suggestions des branches du Grand Arbre ! Deux ouvrages très différents parus ce mois-ci se distinguent pourtant.
Bien qu’abordant un thème « peu aimable », celui des enfants-soldats, pour Guerrière, Cécile Alix a su transcender la difficulté de son sujet.
Par sa délicatesse, le point de vue qu’elle adopte et son travail sur la langue, l’auteure parvient à insuffler des miettes de douceur, puis d’espoir au fil du parcours de ses personnages, grâce aux liens qui se tissent entre eux, au rapport à la nature (les chapitres chez le peuple des arbres sont merveilleux), les rencontres, et le bouleversant duo formé par les jumeaux Nekeli et Soulaï. Les expressions qu’elle a choisies pour les passages les plus terribles comme le « coucher-obligé » sont remarquables de justesse. Ils disent la violence avec des expressions enfantines, laissant le lecteur comprendre par lui-même l’horreur de l’acte. Car si l’auteure se met à hauteur d’enfant, elle ne cache rien des sévices subis.
Guerrière est un roman que l’on lit comme en apnée tant il est difficile de s’en échapper, et tout autant d’y revenir. Une expérience de lecture qui bouscule, interroge et pousse à remettre en question ses valeurs. Car si le meurtre ne peut être toléré, qu’en est-il de la responsabilité de ces enfants endocrinés ?

Guerrière, de Cécile Alix, Slalom, 2023.

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Un nouvel album de François Place est forcément un évènement. Et quand en plus il aborde le thème de la peinture, autant se préparer à être ébloui !
Inspiré par Ricardo Cavallo, peintre qui compose des paysages gigantesques à partir d’une multitude de carrés, L’enfant, le peintre et la mer est – évidemment – somptueux.
Au départ, il y a la belle rencontre entre l’enfant et le peinture, qui va permettre d’aborder l’importance du regard de l’artiste et la transmission. Car Ricardo accueille petits et grands dans l’école d’art qu’il a créée, où il les encourage et les invite à se plonger dans l’histoire de l’art en leur prêtant ses livres. Un beau projet, qui existe réellement à Saint-Jean-du-Doigt.
Lucie a été particulièrement sensible au discours sur le rôle de l’art dans la vie. Ainsi, alors que le papa de Paul pense que le monde serait toujours le même sans art, sa maman pense que « [le monde] serait bien triste sans la poésie, la peinture, la photographie, la sculpture, la musique, la danse, le cinéma, le théâtre…« , vision que nous partageons totalement sous le Grand Arbre !

L’enfant, le peintre et la mer, de François Place, L’école des Loisirs, 2023.

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Linda a eu un mois de novembre plutôt léger en lecture, mais l’album d’Angélique Villeneuve, Je suis ton manteau, l’a particulièrement touchée. Le texte amène une réflexion très intéressante sur le rôle des parents dans l’accompagnement de l’enfant pour l’aider à affronter ses peurs et à grandir en volant de ses propres ailes. La métaphore du manteau est particulièrement pertinente car, en plus de faire le lien entre le père et son fils, elle offre à ce dernier la confiance nécessaire à l’acquisition de l’autonomie dont il a besoin pour oser aller vers l’inconnu.
Sublimé par les illustrations de Julien Martinière, un brin rétro et aux douces couleurs de l’automne, l’album figure également la liberté par une nature prépondérante, presque sauvage, dans laquelle les personnages vivent comme isolé du reste du monde.

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En France, il est rare de trouver des albums (et livres) sur La Befana, la Sorcière italienne « de Noël » qui endosse à la fois le rôle de Père Noël et de Père Fouettard, et qui passe dans la nuit du 5 au 6 janvier. Aussi quand Blandine a vu ce nouveau titre, n’a-t-elle pas hésité!
Dans une lettre adressée aux enfants, La Befana se présente par des mots tout en poésie et métaphores. Elle nous raconte d’où elle vient et quand elle vient, ce que cette Nuit apporte, d’abord aux enfants, ensuite à la Nature. Ses dires sont accompagnés et portés par des illustrations hybrides, combinant plusieurs styles et techniques, fortes de couleurs pimpantes qui mettent en avant l’élément végétal. L’album se clôt sur une présentation des sorcières, entre origines, particularités et liens avec la Nature, tout à fait dans l’air du temps, puisque cela vise à réhabiliter la place de la sorcière (et femme) dans la société. Cette présentation est donc très contemporaine tout en s’inscrivant dans une lignée et une histoire séculaires.

Befana la sorcière. Barbara CUOGHI et Elenia PERETTA. Cambourakis, octobre 2023

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Quel plaisir pour Colette de retrouver au hasard des étagères de sa médiathèque préférée, les illustrations si particulières de Gérard DuBois dont elle avait adoré l’album Un pommier dans le ventre ! Cette fois, l’illustrateur s’allie à André Marois pour nous raconter une après-midi de jeu comme on les rêve quand on a vécu son enfance à une époque où les smartphones et autres tablettes ne rythmaient pas le temps libre des enfants… Avec un album intitulé On ferait comme si, c’est la malle aux trésors qui s’ouvre grand, là dans la tête, sous les paupières à demi-closes ! « Tu veux jouer à faire semblant ? » demande à son amie un petit garçon. Et voilà les deux acolytes emportés dans une aventure des plus rocambolesques à travers le potager, en passant par le clapier et les toilettes au fond du jardin. Si tout est complètement rétro dans cet album, c’est pour mieux nous saisir, là, à l’endroit où nostalgie et innocence forment un immense pays des merveilles jamais complètement désolé.

On ferait comme si, André Marois et Gérad DuBois, Grasset Jeunesse, 2022.

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Et vous, quelles lectures ont enchanté votre mois de novembre ?

Nos coups de cœur d’octobre

Ca y est, l’automne est là. Sous le grand arbre, la grisaille nous donne envie de bouquiner bien au chaud. Mais que lire ? Voici les suggestions inspirées de nos récentes découvertes !

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Beaucoup de lectures enthousiasmantes chez Lucie ce mois-ci. Outres les découvertes dûes aux conseils avisés de ses copinautes déjà évoquées par ici (Combien de Terre faut-il à un homme ?, Pallas, La ville grise…), deux titres ont retenu son attention.

Les goûters philo : La tolérance et l’intolérance pour commencer. A la recherche de titres pouvant servir de support pour aborder les drames de l’actualité, et notamment à la commémoration du 16 octobre, Lucie s’est tournée vers cette collection qui trouve le juste ton entre réponse et invitation à la réflexion personnelle. Cet opus est un modèle du genre et semble particulièrement adapté aux élèves de primaire. Un vrai soutien pour faire face aux questions délicate des enfants !

Les goûters philo : La tolérance et l’intolérance, Brigitte Labbé, illustrations de Pierre-François Dupont-Beurier, Milan, 2019.

Son avis ICI.

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Pour une lecture « plaisir » non dénuée de réflexion, le troisième tome des aventures de Jefferson : Jefferson se fâche. La plume de Jean-Claude Mourlevat est toujours aussi délicieuse, mais invite tout de même à réfléchir sur le handicap et l’écologie. Car Jefferson a des raisons de se fâcher : son ami Emile a été renversé par une déneigeuse. A moins que cet accident ne cache une réalité plus complexe ? Quoiqu’il en soit, aidé de son ami Gilbert, le petit hérisson va mener l’enquête. Pour le plus grand plaisir de ses fans !

Jefferson se fâche, Jean-Claude Mourlevat, illustrations de Antoine Ronzon, Gallimard Jeunesse, 2023.

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Pour Liraloin, partager les aventures d’Agathe jeune fille pétillante et forte tête n’a été que source d’inspiration ! Lorsque vous entrez au Bloomstone Manor, les codes de la haute société n’existent plus. Libre et considérée, Agathe va découvrir un lieu bien loin de celui qu’elle a toujours connu. Obstinée, la jeune femme, un brin maladroite et ignorante des rudiments de l’Amour, va peu à peu s’épanouir. L’écriture de Mary Orchard nous transporte dans une Angleterre patriarcale, celle qui fait de l’ombre au bon fonctionnement du domaine de Bloomstone. Un roman qui se dévore tant que les personnages sont attachants, sensibles, justes et si actuels !

Sous les étoiles de Bloomstone Manor de Mary Orchard, Casterman, 2023

Son avis complet ICI

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Reconnaître un bon album pour les tout-petits n’est pas toujours simple. Voici une lecture qui devrait ravir les enfants et les parents par la même occasion. Miracle de la nature, dans ce jardin trois petites tortues sont nées et quelle n’est pas la surprise des autres animaux ! Papillon, grenouille, souris, chat, lapin et oiseau sont drôlement intrigués et se demandent si ces trois-là sont dotés de belles qualités tout comme eux, bien évidemment.

« Mais les trois petites tortues, TAPETI TAPETA marchent à tout petits pas. » et c’est déjà très bien non ? Cette histoire en randonnée est un petit régal à raconter et à observer. Les situations sont amusantes et le rythme invite l’enfant à prendre conscience de la qualité de chaque animal. Le graphisme coloré fait ressortir les éléments qui composent cette généreuse nature et incite l’enfant à compter les trois tulipes et les pétales du trèfle. Nul doute qu’elle ou il s’apercevra de la balade des trois mini chenilles tout le long de la page et de l’histoire.

Tapeti Tapeta de Corinne Dreyfus, Seuil jeunesse, 2023

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Pour Linda, une plongée dans l’Amérique rurale de 1943 fut une découverte des plus jouissive malgré la dureté du monde dans lequel la jeune Annabelle doit faire le dure apprentissage de la vie. Sa maturité et le regard qu’elle pose sur le monde lui donne la force d’affronter ses peurs et de prendre des décisions sans trahir ses convictions.
Harcèlement scolaire, traumatismes de guerre et conséquences de nos choix sont des éléments majeurs de ce roman d’apprentissage dans lequel on découvre également la vie de famille et d’une communauté dans l’Amérique profonde des années quarante.

L’année où j’ai appris à mentir de Lauren Wolk, l’école des loisirs, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Isabelle et son moussaillon de douze ans se sont laissé happer par la trilogie Black Cloud. Entre récit d’aventures et roman apocalyptique, cette série commence très fort ! Trois frères essaient de survivre alors qu’un mystérieux nuage prive soudainement le monde de jour. Dans un monde où on ne peut plus se fier à personne (pas même au voisin ou à la camarade de classe), la solidarité et la perspicacité de la fratrie va être mise à rude épreuve… Vincent Villeminot sait comme personne passer à la moulinette les dilemmes hobbesiens pour en faire des intrigues palpitantes qui donnent à réfléchir sans en avoir l’air. Quel goût auraient les relations humaines dans une obscurité qui ne serait plus régulée ? Que resterait-il, d’ailleurs, de notre humanité ? Ces questions donnent de la profondeur au roman mais il n’en reste pas moins un récit d’aventures haletant. Comme on ne peut que deviner les menaces tapies dans l’obscurité, notre imagination s’emballe avec celle du narrateur qui nous propulse à la lisière du fantastique. Le tome 2 sort en ce mois de novembre !

L’avis complet d’Isabelle est ICI.

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Et en album, l’équipage de L’île aux trésors a eu le coup de cœur pour le nouveau titre de Judith Chomel. On y farfouille dans une mystérieuse boîte métallique contenant les carnets d’observation et la correspondance d’un gardien de phare, peuplée d’espions anglais, de naufragées bretonnes ou de graines mystérieuses… On adore se laisser surprendre par cet album épistolaire enchâssé dans l’enquête menée par l’autrice qui a trouvé la fameuse boîte, le tout efficacement mise sous tension par la tempête qui monte à l’horizon (c’est d’actualité !). On ne sait pas trop si on peut croire tout ce qu’écrit Léon. Mais il s’est forcément passé quelque chose de spectaculaire pour que toutes ses lettres se soient retrouvées dans la fameuse boite en fer ! N’auraient-elles pas dû parvenir à leurs destinataires ? On passe de la tendresse à la curiosité, du rire au frisson, tout ça dans une irrésistible atmosphère iodée. Un album qui va faire des vagues !

L’avis complet d’Isabelle est ICI.

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Blandine et ses garçons se sont régalés à la lecture des 3 Contes Cruels de Perceval Barrier et Matthieu Sylvander.

Dans le potager, il se passe bien plus de choses qu’on pourrait le croire! Et ces trois récits, à la fois indépendants et liés, nous le démontrent. Il y a des poireaux qui s’ennuient et qui voudraient voir le monde. Naïfs, ils se laissent berner. Il y a des carottes moqueuses, mais qui ne font pas mieux. Et si l’Amour, c’est peut-être beau, ça ne protège pas non plus. Spéciale dédicace à Roméo et Juliette ! En même temps, on était prévenu dès le titre: « 3 Contes cruels ». Alors on se régale, et puis, on ne sait pas pour vous, mais nous, on aime bien la macédoine de légumes 😉

3 contes cruels. Perceval BARRIER et Matthieu SYLVANDER. Ecole des Loisirs, 2013

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This is not a love letter… A partir du moment où l’expéditrice de la lettre en question souligne d’un geste rageur que celle-ci n’est pas une lettre d’amour alors immanquablement tous nos sens sont en alerte ! On se doute bien que si, si, ceci est une lettre d’amour ! Mais une lettre d’amour pour qui ? Et quelles sont ces « 10 règles du sexe et du surf » qui ont l’air d’être au cœur de cette correspondance non amoureuse ? Oui, quel peut bien être le lien entre surf et sexe ? Les sensations fortes ? Et bien, non, le récit d’Anouk Filippini est bien plus subtil que le baiser en gros plan sur la couverture ne l’annonce. Dans ce roman là, il est question de surf certes, de sexe aussi, mais surtout d’amitié, de confiance, de mort, de violence, de famille, d’amour et de soutien. Dans ce roman là, c’est la voix d’une adolescente en construction qu’on entend, une adolescente qui doit se battre contre vents et marées pour ne pas sombrer. Et c’est à cet endroit là, à l’endroit où la vague pourrait la submerger, que la symbolique du surf trouve toute sa place. This is not a love letter, c’est vrai, c’est tout autre chose et c’est rudement bien trouvé !

This is not a love letter, Les 10 règles du sexe et du surf, Anouk Filippini, Auzou, 2023.

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Et vous, quelles ont été vos lectures d’octobre? Vous ont-elles autant embarqués que les nôtres?

Nos coups de coeur de septembre !

Ah, septembre ! Sa frénésie post-vacances, sa soif de renouveau, ses belles journées d’été indien et sa rentrée littéraire ! Certain.e.s trouvent du mal à lire en ce mois où il faut retrouver un rythme, d’autres voient leur motivation décuplée ou trouvent dans la lecture une bulle où se ressourcer. C’est donc, plus que jamais, le moment de partager avec vous nos trouvailles mensuelles !

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Isabelle et ses moussaillons ont eu un coup de cœur pour nouvel album du duo Rascal-Louis Joos. Des pages qui nous entraînent aux États-Unis, en 1884. Les bisons sont en voie d’extinction. Un grand musée d’histoire naturelle dépêche un jeune taxidermiste pour ramener des cornes, des sabots et des peaux avant que l’espèce ne disparaisse. Ce dernier ne se doute pas qu’il va vivre un moment de grâce, l’une de ces expériences qui marquent à jamais et donnent un sens à notre existence… Le texte lyrique et les illustrations à l’encre et à l’aquarelle subliment la beauté des grandes plaines, du soleil couchant et de la nuit qui s’empare de la forêt, où les humains et leurs machines industrielles semblent des intrus. Et pourtant, on assiste dans cet album à une communion bouleversante entre l’homme et la nature. On retrouve les saveurs du voyage et de la liberté qui sublimaient déjà Le voyage d’Oregon. Un immense bol d’air, cet album !

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Et en roman, le coup de cœur de L’île aux trésors va au deuxième volet du diptyque Les Nuées, de Nathalie Bernard. On renoue ici avec tout ce qui nous avait déjà emportés dans le premier tome : une expérience de pensée stimulante (que se passerait-il si une catastrophe faisait voler en éclat nos repères spatiaux et temporels ?), des personnages inoubliables et un univers immersif. Néro est à la fois une suite, puisque l’on suit la protagoniste, Lisbeth, dans la suite de son périple, et un roman-miroir. Car nous allons également revivre le cataclysme du tome 1, d’une perspective différente. Nous avions vécu cette séquence du haut de la station spatiale internationale, nous sommes cette fois au fond des mers, à bord d’un sous-marin, et allons, de nouveau, au-devant d’épreuves inimaginables. Le passé continue de résonner de manière fascinante avec le présent, révélant les rouages de la naissance des mythes et de la construction des sociétés. Une série qui fait forte impression, entre récit post-apocalyptique haletant, épopée, réflexion philosophie et ode poétique à la beauté de notre monde.

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Pour Liraloin qui adore faire des trouvailles dans les albums destinés aux plus petits c’est un jeu de cache-cache qui a retenu toute son attention. Voici qu’un visage d’enfant apparaît à travers un buisson de paille haute, petite scène qui va être le témoin d’une succession d’animaux sauvages s’approchant parfois jusqu’à frôler la cachette. Le soleil laisse place à la lune ronde qui éclaire la savane et les animaux venus se repaître d’une douce tranquillité nocturne. Soudain un chien débarque et de son puissant flair semble avoir trouvé cette enfant si bien cachée. S’engage alors une course poursuite qui nous amènera jusqu’à la civilisation.

Cet album sans texte de Jean-Claude Alphen publié aux éditions D’Eux en 2022 fait preuve d’une belle inventivité et cultive le sens du détail. Les illustrations crayonnées émergeant des pages épurées de blanc ou de noir, selon le moment de la journée, sont magnifiques. Le jeu des lumières est complétement réussi. Le mouvement donné à la course-poursuite à travers les habitations est accentué par le geste de tourner les pages le plus vite possible. Mention spéciale pour le crocodile qui donne vraiment les chocottes !

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Pour Linda, il y a eu trop peu de lectures en septembre, mais un album se démarque par la beauté de ses textes et de ses illustrations : Définitivement – Tu peux déjà ; deux textes écrits par Grand Corps Malade pour célébrer la paternité, ou tout simplement la parentalité, sublimés par Thomas Baas, un illustrateur talentueux qui a su « photographier » autant de petits instants qui font la richesse du quotidien de parents et la beauté de ce lien si particulier qui les unit à leur(s) enfant(s).

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Après l’immense succès de Wonder, Lucie était curieuse de lire ce que R. J. Palacio pouvait proposer dans un univers différent. 
Avec ce nouveau roman, l’auteure s’essaie à un nouveau genre : le western. Et c’est une vraie réussite ! L’ambiance, sauvage et inquiétante, mais surtout les personnages, très incarnés. Le jeune Silas entraîne le lecteur à la recherche de son père, enlevé sous ses yeux par des bandits aux raisons troubles. Aventure, rencontres et émotion parsèmeront un périple, duquel il sortira forcément grandi.
Il est aussi question de photographie, thème qui illustre finement la difficulté de connaître toutes les facettes des personnes qui nous entourent. Assurément un coup de cœur !

Pony, R. J. Palacio, Gallimard Jeunesse, 2023.

Son avis complet ICI.

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Parce que ces deux romans sont tellement différents qu’il était impossible de choisir, et qu’un nouveau livre d’Annelise Heurtier est forcément un évènement chez Lucie, #Toutlemondedestestelouise doit figurer dans cet article.
L’auteure y aborde le thème du cyberharcèlement au collège, qui nous intéresse particulièrement, et fait le choix de nous immerger totalement aux côtés de Louise, seule narratrice de ce roman.
Avec elle, on assiste à l’incompréhensible déferlement de ragots et de violence suite à une scène mal interprétée. Louise a beau être équilibrée et entourée, les étapes et les conséquences s’enchaînent avec une précision chirurgicale. Ce roman se lit d’une traite, et laisse le lecteur bouleversé. Essentiel pour comprendre et combattre le mécanisme du harcèlement. 

#ToutlemondedestesteLouise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.

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Pour Colette, retour devant le tableau blanc avec des textes pour bousculer ses élèves autour du thème toujours sensible de notre relation aux écrans. Et pour cela, elle a choisi un texte court d’Alain Damasio au rythme haletant, trépidant et particulièrement stressant dont les personnages principaux sont un sportif en mal d’affection et une IA à la voix sirupeuse. Bienvenue dans le monde de presque-demain de Scarlett et Novak ! En quelques pages, l’auteur nous dresse le portrait d’un homme dont le quotidien est entièrement rythmé par son brightphone, présence familière, docile et d’une fidélité à toute épreuve jusqu’au jour où… d’elle le voilà déconnecté.

Scarlett et Novak, Alain Damasio, Rageot, 2021

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Et pour poursuivre la réflexion, rien de mieux que les jolis textes emprunts de poésie de Thomas Scotto et Madeleine Pereira recueillis Dans un brouillard de poche. A travers une vingtaine de « portraits au filtre des écrans » c’est toute l’histoire de notre société contemporaine qu’on se prend en pleine figure, avec délicatesse et force à la fois. Peuple de têtes penchées, d’épaules rentrées, de pouces qui pianotent, de regards perdus. « Nous qui sommes déjà de l’autre côté du miroir… »

Dans un brouillard de poche, portraits au filtre des écrans, Thomas Scotto, Madelaine Pereira, éditions du POurquoi pas ? 2020

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Pour Blandine, deux coups de cœur très différents, qui font la part belle aux mots et aux livres.

Le samedi au paradis. Angela BURKE KUNKEL et Paola ESCOBAR. Kimane Editions, 2021

La couverture de cet album né d’une histoire vraie, est vraiment très réussie. Son sous-titre dit beaucoup de son contenu, mais sans le lire, nous savons déjà que son récit va nous emporter auprès des livres et des mots, qui font rêver et qui nous relient.
Cet album nous permet de rencontrer deux José, l’un est un enfant, l’autre est adulte. Ils se connaissent grâce à une bibliothèque, née par hasard et entretenue par un rêve un peu « fou » dans ce quartier défavorisé de Bogota en Colombie. C’est l’histoire de José Alberto Gutierrez, éboueur, qui nous est racontée. Et avec ses garçons, Blandine aime découvrir des parcours de vie. Cet album ne pouvait que leur plaire!

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Les larmes de l’assassin. Anne-Laure BONDOUX. Bayard Jeunesse, 2003

C’est pour accompagner son fils dans sa lecture que Blandine a (enfin) lu ce roman qui nous emmène au Chili, dans un bout de terre aride auprès de l’enfant Paolo, d’Angel qui a tué ses parents (et d’autres avant eux) et qui sont bientôt rejoints par Luis, aventurier raté. Au contact les uns des autres, chacun s’ouvre, développe des nuances d’humanité, Angel en particulier.
L’histoire est belle, rude, triste. Au-delà de la violence qu’induit le mot « assassin » du titre, elle nous engage à voir l’humanité de cet et de ces hommes, la manière dont elle s’est révélée et dont elle se manifeste. Ce roman c’est un plaidoyer pour la rédemption, pour découvrir toutes les facettes de l’Homme qui peut se monter tour à tour généreux, horrible, violent, amoureux, paternel, terrifiant, lâche, responsable, et jusqu’où il peut aller. Et en réponse, ce que la société pense de Lui, accepte ou non, et Lui renvoie. L’écriture d’Anne-Laure Bondoux est faite de métaphores, de douceur, et d’empathie, et instille une belle réflexion.

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Et vous, quelle a été votre lecture préférée de septembre ?

Nos coups de cœur de l’été !

Ah l’été… les vacances et ces moments tant attendus, des montagnes de romans, d’albums, de BD accumulées. Précieuses lectures misent de côté en se disant que repos rime avec découvertes livresques ! Vos arbronautes sont toujours partantes pour vous partager leurs coups de cœur adorés !

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Pour Liraloin, fortement attirée par le travail de Claire Gaudriot, c’est un roman sur les liens intergénérationnels qui a retenu toute son attention de lectrice compulsive ! Il fallait compter sur Claire Gaudriot qui aime les « trucs de vieilles » pour nous livrer cette magnifique galerie de portraits de mamies, si belles ! Le texte de Leïla Brient nous fait voyager à travers le vécu de ces femmes ordinaires tant elles sont extraordinaires. Des vies à aimer, à s’indigner, à être heureuse tout simplement. 

Ma collec de mamies de Leïla Brient & Claire Gaudriot – Les Monédières, 2021 

Retrouvez son avis complet ici

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Du côté d’une autre collectionneuse, c’est le bel album Valise de Chris Naylor-Ballesteros choisi un peu par hasard par son Petit-Pilote-de-Trottinette sur les rayonnages de la jolie librairie Le Passeur, qui a remporté tous les suffrages. Un album qui se lit à plusieurs voix, à mi chemin entre la pièce de théâtre et la planche de BD, et qui raconte l’arrivée d’un « drôle d’animal » qui avait « l’air fatigué, triste et effrayé. » Derrière lui, il traîne une grosse valise. Les animaux qu’il croise sur son chemin, n’ont de cesse de l’interroger sur ce qu’il transporte dans sa valise. Le mystère augmente au fur et à mesure des réponses du drôle d’animal. Piqués au plus vif de leur curiosité, les animaux vont commettre l’irréparable et forcer la valise de cet inconnu mystérieux. Et ce qu’ils y découvrent va leur permettre de comprendre l’histoire de l’étrange animal et de tout faire pour se faire pardonner d’avoir forcé sa valise. Il y a beaucoup de silence, de simplicité et d’amitié dans cet album. Et je crois que c’est ce que j’ai préféré : cette incroyable simplicité pour dire l’exil et l’espoir tout à la fois.

La Valise, Chris Naylor-Ballesteros, L’école des loisirs, 2022.

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C’est aussi à son loulou que Lucie doit ses deux coups de cœur de l’été.
Tout d’abord Des bleus au cartable, qu’il avait lu dans l’année et chaudement recommandé.
L’histoire de Lana qui est harcelée lors de son année de 6ème. Avec le talent qu’on lui connaît, Muriel Zürcher brosse les portraits croisés de la harcelée, du harceleur et d’un témoin. Ces trois voix témoignent parfaitement de la complexité d’une telle situation et de la pression que se mettent nos jeunes collégiens pour être populaires. Un roman d’une grande force !

Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier Jeunesse, 2020.

Son avis complet ICI.

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Et puis La fille aux mains magiques, qui aborde sa passion pour le dessin sous un angle inhabituel. Sous la forme d’un conte africain, Nnedi Okorafor parle de la création, du travail de perfectionnement qu’elle demande, et des effets qu’elle peut avoir sur soi et sur son entourage.
Childera est une petite fille issue d’une famille pauvre, que son père ignore car il espérait un garçon. Un jour qu’elle va chercher de l’eau elle découvre l’art Uli qui va bouleverser sa vie.
Les illustrations très contrastées de Zariel accompagnent magnifiquement cette histoire.

La fille aux mains magiques, Nnedi Okorafor, illustrations de Zariel, Editions Actusf, 2021.

Son avis ICI.

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De son côté, Linda a fait de belles découvertes durant l’été. Des titres plus ou moins récents, mais quantité de coups de cœur. Après réflexion, deux titres se démarquent réellement. Le premier est un album poétique qui invite à suivre une fratrie dans son aventure sous la pluie, riche d’une imagination très fertile et sans limite. Le texte est poétique, les illustrations immersives utilisent le livre dans son ensemble sans se borner au sens ou limites imposées par le format. C’est un véritable chambardement dont on ressort ébouriffés !

Les ébouriffés d’Anne Cortey & Thomas Bass, Grasset jeunesse, 2023.

Son avis complet est ICI.

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Le second titre est un roman richement illustré, découvert dans un format proche de l’album, écrit par un conteur incroyable, Michael Morpurgo. S’il s’agit d’un hommage au créateur des éditions anglosaxonne Penguin, c’est aussi et surtout un magnifique hymne à la nature et à la mer. Le texte d’une beauté sensible transporte sur l’île aux Macareux dans les pas d’un jeune garçon qui, à la suite d’un naufrage, va se lier d’amitié avec son sauveur, un vieil homme solitaire et taciturne qui vit pour l’art et les oiseaux. A ses côtés, l’enfant devenu homme va construire celui qu’il veut être et devenir un artiste passionné par la mer.

Le Phare aux oiseaux de Michael Morpurgo & Benji Davies, Gallimard jeunesse, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Isabelle et ses moussaillons ont mis l’été à profit pour découvrir ensemble de chouettes romans ! Parmi eux, Crookhaven a tiré son épingle du jeu. Un roman dans la plus pure tradition potterienne qui imagine une école où seraient enseignés escroquerie et cambriole. Avec le jeune Gabriel, on découvre une institution avec ses codes et ses institutions, ses cérémoniaux et ses matières singulières. Crookhaven se démarque pourtant par ses réflexions sur les tensions entre légalité et légitimité. Puisque le monde ne tourne pas rond et puisque les forces de l’ordre ne semblent pas à même de rétablir la justice, certaines actions illégales offrent la seule voie pour rééquilibrer un peu les choses. Ce premier tome trépidant nous laisse prendre nos marques dans cet univers et noue plusieurs fils d’intrigue autour des apprentissages, de la Coupe des Escrocs et des mystères qui entourent certains personnages – à commencer par Gabriel lui-même… On sent bien que certaines intrigues ne sont que des arcs secondaires et que le tableau d’ensemble ne fait que s’esquisser à ce stade. Une série qui s’annonce prometteuse et que tous les enfants de la famille ont dévorée !

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L’autre grand coup de cœur d’Isabelle est allé à Pallas, projet herculéen auquel s’est risquée Marine Carteron avec ce contre-récit de la mythologie grecque s’appuyant sur ses propres sources (dument listées en fin d’ouvrage) mais développant une perspective aussi nouvelle qu’éclairante, celle des femmes. Le fil d’Ariane de ce récit de blessure, de colère et de vengeance est Pallas, sœur de lait d’Athéna. Marine Carteron recoupe les textes, sélectionne certaines séquences et offre une nouvelle lecture des enchaînements qui ont mené à la guerre de Troie. Son texte est aussi envoutant que réjouissant, entre saga addictive et chant polyphonique concentrant tout ce qui a fait le succès de la mythologie grecque depuis des millénaires – la rencontre du trash, du suspense et de la poésie, le côté feuilleton avec ce qu’il faut de cliffhangers, de trahisons et de rebondissements, des dieux outranciers qui lorgnent d’un œil désintéressé sur les humains, des dialogues désopilants et un style plein de peps qui se lit merveilleusement à voix haute. Les incollables de la mythologie grecque prendront grand plaisir à décrypter les clins d’oeil et à découvrir des séquences moins célèbres ; les néophytes trouveront dans ces pages une introduction splendide qui leur donnera sans nul doute envie d’aller plus loin. On en reste médusé !

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Cet été Blandine a eu envie de découvrir et lire des mangas. Parmi ses trouvailles, l’une lui a particulièrement plu!

Chasse au cadavre – Tome 1. Hôsui Yamakazi. Casterman, 2023

Ce sont les vacances et un groupe de collégiens décide de découvrir ce qui est arrivé à l’une de leur camarade de classe, disparue deux ans plus tôt.  Chacun s’est préparé pour mener l’enquête, récoltant des indices, à repérer les lieux, à faire des suppositions, à émettre des hypothèses qui se confirment ou non en arrivant sur les lieux. Mais tout ne se passe pas comme prévu, entre nouvelles gens, réseaux sociaux et remises en perspective.

Ce premier tome, doté d’une couverture très réussie rappelant Les Goonies (film culte des années 80 – et pour lequel on trouve une référence dans les pages!!) nous présente les personnages et les faits. Le récit est haletant, les questions nombreuses pour se demander quel est l’intérêt de chacun et de tous tant dans la disparition que dans la résolution. Vivement la suite!

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Et vous, qu’avez-vous lu et aimé cet été ?

Nos coups de cœur de juin !

Avant de parcourir le monde et de vous inviter au voyage cet été, voici quelques idées de lectures et pas des moindres ! Place aux coups de cœur de vos dévouées arbronautes !

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La poésie s’est invitée au chevet de Liraloin pour profiter d’un long moment de quiétude. Poésie de saison, des saisons. Le temps se suspend quelques instants dans l’écriture de Thomas Vinau. On se prend à observer et revivre ces émotions vives et vécues lors d’une journée peu importe à quelle saison. Cette maison et sa forêt, principales témoins des animaux et des personnes qui verront le temps d’installer et s’en aller. Les illustrations d’Anne Brouillard sont consignées comme on dessinerait dans un carnet, celui emporté lors d’interminables promenades à travers la forêt de ces paysages du Nord.

Pizza 4 saisons de Thomas Vinau, illustré par Anne Brouillard – Thierry Magnier, 2022

Retrouvez son avis complet ici

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Pour Linda la poésie s’est aussi invitée, au cours du blanc chemin des merveilles en compagnie d’une Anne Shirley devenue jeune femme. Dans Anne de Windy Willows, elle est directrice à l’école de Summerside, une bourgade de l’Île-du-Prince-Edouard, et parvient à faire sa place grâce à sa persévérance et sa bonté d’âme qui la pousse à toujours voir le meilleur en chacun. Après lui avoir mené la vie dure, le clan Pringle tout entier tombera sous son charme. Le récit est ponctué d’une correspondance riche d’Anne à Gilbert. Dans le cinquième tome, Anne et sa maison de rêve, la vie a pris un tournant pour le jeune couple qui vient de se marier et est parti s’installer à une centaine de kilomètres des Pignons Verts. Anne est désormais plus sage et plus mature, mais son regard sur le monde reste profondément le même. Elle aborde sa nouvelle vie et les nouvelles rencontres avec la même passion que lorsqu’elle était enfant.

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Lucie a été séduite par le premier livre jeunesse de l’artiste JR. Véritable hommage au temps qui imprime sa marque sur les visages, Les Rides met aussi en valeur ces anonymes qui sont la mémoire des villes dans lesquelles ils ont passé toute leur vie. Les photos sont magnifiques et le court texte qui les accompagne ne manque pas non plus de poésie.

Les Rides, JR, Phaidon Jeunesse, 2019.

Son avis ICI.

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L’équipage de L’île aux trésors a adoré les aventures d’Elisabeth, mouflette en quête de ses parents dans le Paris des années 1920. Quelle énergie, quel tempérament et quel flair dans une si petite fille ! On aime la voir se débrouiller et suivre la piste de ses parents. Son enquête la conduit des Beaux-Quartiers à la prison de la Santé en passant par les Halles et le bal de la Bastille. En toile de fond s’esquisse une époque où les bonnes résidaient sous les toits, les jeunes dansaient la java au son de l’orchestre ou du grammophone, les voitures démarraient à la manivelle et… le papier toilette n’existait pas. Ce roman mêle enquête, aventure et poésie, c’est aussi joli que palpitant !

Elisabeth sous les toits, de Vincent Cuvellier, Little Urban, 2023.

L’avis complet d’Isabelle

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Et en BD, Isabelle et ses moussaillons ont craqué pour l’adaptation très réussie du classique Les Hauts de Hurlevent, par Pierre Alary ! Les éditions Rue de Sèvres ont mis les petits plats dans les grands : format somptueux, dos toilé, beau papier brillant, couleurs chaudes. On retrouve la fresque d’une société corsetée et consanguine, celle de l’État de Georgie des années 1960, et la description des ressorts (assez universels) d’une guerre dont le sens se dérobe. Le format du roman graphique vient augmenter ce récit magnifiquement raconté de décors de plantations, de grandes maisons bourgeoises et de rues. L’obstination un peu immorale de Scarlett O’Hara à vouloir aimer Ashley, promis à une autre, est si outrancière qu’elle en devient presque drôle, voire touchante. La guerre de Sécession se profile, mais la jeune femme n’a ni ferveur patriotique, ni fibre maternelle, ni souci du qu’en-dira-t-on : elle sait ce qu’elle veut. Mais c’est peut-être précisément ce tempérament qui se révélera précieux alors que le monde s’écroule et que les repères moraux et privilèges volent en éclats. Quel souffle : autant en emportent les pages !

Gone with the wind, de Pierre Alary (d’après le roman de Margaret Mitchell), Rue de Sèvres, 2023.

L’avis complet d’Isabelle

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Une énigme dans ma tirelire. Delphine PESSIN. Thierry Magnier, 2020

Blandine adore la collection « Petite Poche » des éditions Thierry Magnier. Des romans trè courts et percutants avec des thématiques très diverses mais toujours actuelles, pour émouvoir, interpeller, faire réfléchir. Dans ce titre-ci, notre jeune narrateur va enfin pouvoir s’offrir LE jeu vidéo tant attendu et en profiter tout le week-end. Mais quand il ouvre sa tirelier, à la place de son argent, un simple papier plié… et une énigme… qu’il décide de résoudre.

Suspense, humour, références et chute géniale font ce récit qui célèbre les moments qui comptent tout en rappelant combien la présence de ceux qui nous sont chers (famille, amis) n’est pas à « prendre pour argent comptant ».

Sa chronique complète ICI.

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1492, Christophe Colomb, Vers les Indes par l’ouest… On s’imagine très bien l’aventure à venir! Et bien en fait, pas du tout! Car les auteurs, avec beaucoup d’humour, de réparties bien senties, et de références géniales, nous emmènent dans l’Entremonde avec Ana, la jeune fille de la couverture. L’Entremonde? Oui ce monde qui se trouve après les Grandes Chutes tout au bord de la Terre, car oui, elle est plate! Et là, le scénario prend une autre dimension! Un monde différent et des préoccupations sociales et politiques pourtant pas si éloignées ! Blandine a adoré ce premier tome et attend avec impatience le deuxième à paraître en septembre!

Son avis complet LA!

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Et vous, quels ont été vos coups de cœur de ce mois de juin ?