Interview à deux voix sur un roman à quatre mains

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©Coline Pierré et Martin

 

 

 

 

“Bonjour,

Nous sommes un collectif de blogueurs (Blog : A l’ombre du grand arbre”) et nous organisons régulièrement des lectures communes. Nous avons été plusieurs à lire votre dernier roman qui nous a beaucoup plu et une lecture commune est en cours. Nous aurions aimé vous poser quelques questions sur la genèse de cette histoire. Accepteriez-vous de répondre à nos questions ?…”

Et voilà. Pour nous aussi, cela a commencé par une correspondance…

Coline Pierré et Martin Page ont eu la gentillesse de répondre à nos questions sur leur dernier roman, dont vous avez pu lire notre échange hier.

Un grand merci pour ces réponses très éclairantes !

****************

-Comment est née l’idée de ce projet ? Son élément déclencheur ?

En fait, cette idée est née de l’envie de faire un livre ensemble.
On a cherché un dispositif, puis petit à petit, en discutant, les personnages se sont dessinés dans nos têtes, leur histoire, leurs situations se sont greffés à partir des sujets qu’on avait envie d’aborder. La forme épistolaire était présente à l’origine. C’était évident. Ainsi nous gardions chacun notre voix.

-Comment s’est organisée cette écriture à quatre mains ? -Avez-vous vraiment joué le jeu de la correspondance sans avoir au préalable décidé ensemble de la direction, voire de la fin ?

Oui, pendant quelques mois, on s’est envoyés des emails de la même manière que Flora et Max s’écrivent des lettres. L’écriture s’est fait un peu en parallèle de nos autres travaux. L’un de nous écrivait une lettre (sans en parler à l’autre) puis lui envoyait. On répondait parfois tout de suite, parfois quelques heures après. C’était très enrichissant car la découverte de la lettre de l’autre permet de rebondir. C’est l’incursion de l’imaginaire de l’autre dans notre propre cheminement qui faisait naître de nouvelles idées.
Et en effet, on ne savait vraiment pas où on allait en commençant le livre. On connaissait le point de départ de chacun de nos personnages, on avait quelques sujets qui nous tenaient à coeur. On savait aussi qu’on avait envie qu’ils avancent, qu’ils ne soient pas au même point de leur vie à la fin et au début du livre. Mais c’est à peu près tout.
Par exemple, Coline a découvert la mort de la grand-mère de Max par sa lettre. De même, l’idée de l’école alternative, Coline l’a découverte par la lettre de Max, on n’en avait pas discuté avant. Et finalement, elle est devenue le point central de la fin du livre. Mais ce n’était pas planifié.

Ensuite, après cette phase d’écriture, on a relu ensemble plusieurs fois l’intégralité des lettres, intervenant chacun aussi sur le texte de l’autre, discutant, trouvant de nouvelles idées.

-Pourquoi avoir choisi le milieu carcéral ?

On cherchait à parler de deux formes d’enfermement différentes. On avait envie de parler de violence aussi. C’est un milieu mal connu (plus encore quand il s’agit d’adolescents, et surtout de filles), qui souffre de beaucoup de préjugés donc on avait envie d’en dire quelque chose, de montrer une trajectoire possible et positive (et atypique) dans cet univers dur.

-Comment se fait-il qu’il y ait si peu de présence d’adultes ?

Ce sont deux adolescents qui, d’une certaine façon, du fait de leurs situations, sont livrés à eux-mêmes. Et de manière plus générale, les adolescents se construisent aussi souvent dans une certaine indépendance vis-à-vis des adultes. Les adultes qui entourent Flora sont plutôt des figures répressives, et ceux qui entourent Max sont de grands enfants. Ceci dit, il y a des adultes : les parents de Max, ceux de Flora (en pointillés), la grand-mère, Isabella, le psy de Max…

-Flora, c’est Coline et Max, c’est Martin ? Des éléments autobiographiques ou du moins de vos personnalités sont-ils instillés dans ce roman ?

Oui, Coline a incarné le personnage de Flora, et Martin, celui de Max. Bien sûr, on y a mis beaucoup de nous, de ce qu’on aime, de ce qui nous habite, de ce qu’on a vécu à cet âge-là. Et puis on parle aussi aux adolescents que l’on était. Max est très proche de Martin, dans son caractère ou même dans son rapport aux autres. Coline ressemble pas mal à Flora, même si elle n’a jamais frappé personne. Ce sont en quelques sortes des versions exacerbées de nous : ils ont fait ce que nous n’avons pas osé faire.

-Quel(s) message(s) souhaitiez-vous faire passer à travers cet échange épistolaire ?

On avait envie de dire aux ados qui ne sont pas très en phase avec le monde de rester qui ils sont. Le monde ne s’adaptera pas à eux. Mais ce n’est pas non plus à eux de s’adapter au monde. En revanche, ils peuvent agir pour mieux vivre leur inadaptation : en la revendiquant, en trouvant des alliés par exemple. En inventant des ruses et des parades aussi.

-Est-ce une expérience d’écriture que vous souhaiteriez réitérer ? Et si oui, pourquoi ?

Nous avons déjà réalisé un « livre fait-maison » ensemble (dessiné) pour notre petite maison d’autoédition www.monstrograph.com et avons envie de travailler sur d’autres textes communs, car c’était une expérience riche et enthousiasmante. Des choses nouvelles naissent de l’échange, de la discussion, de la contradiction. C’est fertile. Nous avons d’ailleurs quelques projets déjà commencés : un album jeunesse, un roman adulte, de la musique…

-D’autres projets en cours ?

Martin sortira son nouveau roman au Seuil en avril prochain : L’art de revenir à la vie. Il y sera aussi question d’adolescence.
Coline sort un nouveau roman ado au Rouergue en mars prochain : “Ma fugue chez moi », et il y sera encore question d’enfermement.

Les sites des deux auteurs :

-Coline Pierré

-Martin Page

Olivier Ka et son roman Janis est folle

Peut-être avez-vous eu envie de lire ce roman depuis notre échange récent LA

Olivier Ka - Janis est folle.

Afin d’éclairer notre regard sur ce roman qui nous a tant secouées,Olivier KA a accepté de répondre à nos questions et nous l’en remercions très sincèrement.

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Comment vous est venue cette histoire ? Vous l’avez écrite en résidence : était-ce une nécessité pour vous ?

L’idée a mis du temps à germer. J’ai longtemps travaillé sur la notion de transfert d’identité. J’avais en tête cette relation fusionnelle entre une mère et son fils que je voulais pousser jusqu’à brouiller les individus. Ma première intention était que Janis, dans sa folie, vole l’identité de Titouan, qu’elle le vampirise totalement. Je comptais d’ailleurs y apporter une touche fantastique. Et puis, à l’écriture, c’est une autre direction qui s’est dessinée.
On m’a proposé cette résidence alors que j’étais en cours d’écriture. C’est très bien tombé mais ça n’était pas une demande de ma part. Elle m’a permis de m’isoler et de m’immerger dans mon histoire, ce qui est très confortable, mais j’aurais écris ce roman de toute façon. Peut-être en y mettant un peu plus de temps.

Avez-vous été hanté par vos personnages ? Parce que en tant que lecteur, on en oublie de respirer !

Oui, c’est vrai que Janis, particulièrement, a pris une place importante dans mon esprit. J’éprouve d’étranges sentiments pour elle. Elle me séduit et elle m’agace terriblement. Je connais des gens qui lui ressemblent un peu, dans mon entourage. Je ne sais pas s’ils se reconnaîtront…
J’ai eu longtemps mes personnages en tête, car en réalité j’ai écrit cette histoire deux fois. Dans ma première version, qui était moins tragique, l’émotion avait du mal à éclore. Je restais en surface, sans doute par peur de me faire trop mal. Ça n’allait pas. Après quelques mois de décantation, j’ai tout repris. Et en réécrivant cette histoire, elle a pris une nouvelle direction. Mes personnages étaient plus nets, et j’ai vraiment eu le sentiment qu’ils existaient par eux-mêmes.

N’y aurait-il pas une sorte de « complaisance » à rester dans ce noir dramatique tout le long de l’histoire, véritable descente aux enfers ? Etes-vous conscient de l’impact que peut avoir cette lecture ? Que cherchez vous à secouer à l’intérieur de chacun de nous ?

Quand j’écris, j’essaye de creuser un sillon, de mettre en place une situation et de la pousser au maximum, de la faire évoluer dans un sens qui me paraît logique, voire inévitable. Ce n’est pas de la complaisance. Si j’avais choisi un autre genre, mettons l’aventure, j’aurais tenté d’emmener mes personnages loin, j’aurais multiplié les rebondissements, est-ce que ça aurait été de la complaisance ? A partir du moment où je choisis que le cœur de mon histoire est dramatique, je ne peux pas passer à côté, sinon j’aurais le sentiment de faire des promesses non tenues. Et puis, j’aime bien quand ça fait mal.
Je n’imagine jamais de quelle manière va être reçue mon histoire. Je tente simplement de ne pas être ennuyeux. Quand quelqu’un me dit que mon roman lui a fait verser une larme, je suis content. Pas parce que la personne a pleuré, mais parce qu’elle a ressenti quelque chose. J’ai deux soucis quand j’écris : générer des images et faire naître l’émotion.

Votre roman est publié dans la collection Doado noir. Avez-vous pensé à un type de lectorat à son écriture ? Ou pour être plus précises, dans quelles mains le mettriez-vous ?

Pour cette histoire, je ne me suis mis aucune barrière. Pour moi, Janis est folle est un roman adulte qui peut être lu par les adolescents. C’est ce que j’aime beaucoup d’ailleurs dans cette collection, et chez les éditions du Rouergue en général, le fait qu’ils osent proposer des textes qui ne sont pas formatés, calibrés pour tel ou tel lectorat. Ce roman aurait très bien pu sortir dans une collection pour adultes.

Le reste de votre œuvre est-elle toujours aussi noire ?

Tu tu tu, pas du tout. Je suis très varié dans mon écriture. J’écris d’ailleurs aussi bien des textes poétiques pour des albums jeunesse que des scénarii de bande-dessinée, des nouvelles absurdes ou des chanson humoristiques. Je suis l’inverse de l’auteur monomaniaque qui va passer sa vie à tirer sur la même corde, à réécrire le même roman tout au long de sa carrière. Quand je voyage, j’aime la découverte. Ça m’ennuierait profondément de retourner toujours au même endroit.

Y a-t-il des éléments autobiographiques ?

Moins que dans mes précédents romans pour adolescents. Les éléments autobiographiques sont très discrets. Je joue de l’accordéon diatonique, par exemple. J’habite à présent dans le Tarn et, quand j’écrivais cette histoire, je résidais près du Tréport. Mais c’est tout.

Une suite est-elle envisagée ? Plus lumineuse ?

Pour l’instant, non, je n’ai pas pensé à une suite. Mais pourquoi pas. Jusqu’à présent, je n’ai jamais fait cela. Quand je bâtis une histoire, je tourne autour d’une émotion principale, je développe un sentiment et quand j’arrive à la fin, j’ai dit ce que j’avais à dire. J’ai un peu peur d’être redondant en étirant une histoire, en remettant le couvert. Même si j’ai tendance à terminer sur des fins ouvertes qui, d’ailleurs, sont en général une respiration pour le lecteur. La suite de Janis, tout le monde peut l’imaginer, elle peut prendre la direction que chaque lecteur souhaite. Ou on peut simplement souhaiter bon vent à Titouan…

Entretien avec Olivier Ka en résidence à Blois from bdboum on Vimeo.

Pascale Maret répond à nos questions…

Professeur agrégée de lettres modernes et Normalienne, Pascale Maret a beaucoup voyagé. Elle a enseigné la langue et la littérature française en Côte d’Ivoire, en Argentine, aux Émirats arabes unis, en Birmanie et au Venezuela.

Ce n’est que tardivement qu’elle s’est consacrée à l’écriture de livres pour la jeunesse.

Gentiment, Pascale Maret a bien voulu répondre à nos questions après notre lecture commune  de son dernier roman ado : Les Ailes de la Sylphide (Thierry Magnier, 2013).

– Comment vous est venue cette idée de parler du milieu de la danse ? Quel fut votre point de départ ?

J’adore la danse et m’étonnais de n’avoir pas encore eu l’idée d’un roman sur ce thème. Mais je n’avais pas envie d’écrire « une histoire de danse » un peu mièvre, s’attachant uniquement à raconter le parcours d’une jeune apprentie danseuse. C’est en voyant le film « Black swan » que j’ai réalisé combien il pouvait être intéressant d’exploiter l’aspect fantastique de tout ballet romantique pour construire une histoire. En même temps, le fantastique n’est pas un genre avec lequel je me sente beaucoup d’affinités, donc j’ai décidé d’écrire une histoire faussement fantastique, où le surnaturel ne serait qu’un travestissement de la réalité.

Aviez-vous à l’origine cette histoire telle quelle en tête ? Ou s’est-elle construite peu à peu ? Notamment la résonance qu’induit ce ballet dans la réalité de cette jeune fille ?

En général, quand je commence la rédaction d’un livre, j’ai déjà assez clairement l’histoire en tête. Pour « la Sylphide », ça ne s’est pas du tout pas passé comme ça. J’avais donc l’idée de départ : une jeune danseuse qui s’imagine devenir la créature surnaturelle qu’elle interprète, parce qu’en fait elle se sent très mal à l’aise dans son corps et dans sa vie. Je voulais vraiment faire le parallèle entre le ballet et la réalité (par exemple le fait que le garçon délaisse sa première copine, la cousine, pour Lucie, comme le James du ballet délaisse sa fiancée humaine pour la Sylphide). Mais cela restait très flou : était-elle anorexique ? Souffrait-elle au fond d’être adoptée et de ne pas connaître ses origines ? Croyait-elle vraiment à son histoire ? L’intrigue était très simple, trop simple : gagnée par la confusion entre réalité et imaginaire, elle finissait par se jeter dans le vide sans son harnais lors d’une répétition, se blessant gravement. Mais je sentais confusément que ce personnage me cachait autre chose, de plus essentiel et plus douloureux, et qui ne m’est apparu qu’en cours d’écriture.

– Pourquoi la Sylphide et pas un autre ballet ?

Bon, « Le lac des cygnes », c’était déjà fait ! Plus sérieusement, « la Sylphide » est le premier ballet que j’ai vu intégralement, à la télévision (il n’était plus dansé depuis longtemps à l’Opéra et le chorégraphe Pierre Lacotte l’a d’abord remonté pour la télévision), c’est pourquoi j’ai toujours gardé une tendresse très spéciale pour cette œuvre. Ensuite cet univers de forêt mystérieuse et de créatures plus ou moins « elfiques » me paraissait tout à fait correspondre au fantastique très convenu que je voulais utiliser.

– Finalement, est-ce le ballet qui sert votre intrigue et le personnage de Lucie, ou l’inverse ?

La question est intéressante. Au départ, je pense être partie vraiment du ballet choisi, et on peut dire que mon intrigue et le personnage de Lucie en ont découlé. Mais finalement, ils s’en sont peu à peu émancipés, à partir du moment où j’ai eu la « révélation » du secret que Lucie cachait. Contrairement au ballet, où le fait de se livrer à l’homme entraîne la mort de la Sylphide (la métaphore de la perte des ailes comme perte de la virginité et désacralisation de la femme idéale me paraît assez claire dans le ballet), dans le roman Lucie finit par se réconcilier avec son corps et avec la sexualité grâce à l’amour de Théo.

– Lucie existe-t-elle dans la vraie vie ?

J’ai eu l’occasion de rencontrer dans les différents cours de danse que j’ai suivis des filles très mal à l’aise avec leur corps, donc plusieurs anorexiques. Mais le personnage de Lucie est une invention. Ce qui n’empêche pas qu’une fille réelle puisse se reconnaître dans le personnage, cela m’est déjà arrivé pour d’autres héros ou héroïnes que j’avais créés.

– Avez-vous pensé que vos lecteurs pourraient être plus que surpris par l’épilogue et qu’il puisse susciter un choc ?

Ma crainte était que le lecteur ne se laisse pas piéger et ne soit donc pas surpris par l’épilogue. Mon but était de créer la surprise, voire le choc. Il est possible que certaines jeunes lectrices soient choquées par l’évocation de ce qu’a subi Lucie, cependant rien n’est dit ou décrit de façon crue, car cela ne correspond pas à ma façon d’écrire, et cet ouvrage ne s’adresse pas à des enfants, mais à des ados. Mon livre peut être « choquant » pour ces derniers, car ils sont souvent très friands de fantastique, et acceptent très bien dans ce cadre la violence et les métaphores de la sexualité (le vampire est une figure bien connue d’une sexualité à la fois fascinante et dangereuse), or dans cette histoire je lève brusquement le voile sur le sens caché de la métaphore fantastique.

– A la lecture de notre conversation, vous constaterez que nous nous sommes interrogées sur l’attitude du personnage de la cousine, est-elle vraiment insensible au problème de Lucie ? Est-ce un évitement conscient ou inconscient ? Comment expliquer sa non-implication, voire son indifférence au mal-être de Lucie ?

Le personnage de la cousine reste assez secondaire, c’est plutôt une sorte de repoussoir. Elle est extrêmement différente de Lucie, qui lui paraît être une fille peu intéressante et pour laquelle elle éprouve de la condescendance. Egocentrique, comme on l’est à cet âge, elle ne perçoit guère le mal-être de Lucie et partage avec elle très peu de choses. Leur cohabitation leur a été imposée par leurs parents respectifs, et n’a pas créé de véritable intimité entre elles. Lorsque Théo va délaisser Margot pour Lucie, l’indifférence cédera la place à la jalousie et même à l’inimitié.

-Avez-vous participé au choix de la couverture (magnifique) ?

Non, c’est le choix de l’éditeur, et je dois dire qu’au départ cette couverture ne me plaisait pas du tout. Je la trouvais très esthétique et j’appréciais sa délicatesse, mais j’étais très gênée par le fait que le personnage soit trop enfantin et surtout n’ait pas du tout le corps et l’attitude d’une danseuse. J’aurais préféré une photo de danseuse. Je m’aperçois à présent que cette couverture plaît beaucoup. Une autre option aurait été de choisir une illustration plus « fantasy », donc plus commerciale, mais je pense que cela n’aurait pas servi le texte.

A partir de quel âge conseilleriez-vous cette lecture ?

Comme je l’ai dit plus haut, ce texte n’est pas destiné aux enfants. Mais à quel âge entre-t-on dans l’adolescence? Cela dépend tellement que je ne veux pas m’avancer : à douze ans, certains sont très matures, d’autres à quatorze ont encore du mal à quitter l’enfance.

Enfin, quels sont vos projets ?

Après « Les ailes de la Sylphide », j’ai écrit un petit roman plus léger qui cette fois s’adresse à des enfants. Il sortira l’été prochain et a pour titre (provisoire encore) « Bon Zigue et Clotaire ». En ce moment, j’essaie d’écrire un roman pour adultes qui est assez avancé mais ne me satisfait pas vraiment. J’irai néanmoins au bout de l’écriture, je n’abandonne jamais une histoire ! J’ai écrit également un conte, qui est actuellement en lecture chez un éditeur.Une chose est sûre : après une dizaine de romans pour les ados (et une dizaine d’années passées à me colleter à la maison avec les miens !), j’avais besoin de changer un peu d’ambiance !

Encore un grand merci à Pascale Maret pour avoir accepté ce jeu de questions/réponses.

Pour en savoir plus, faites un tour sur son site !

Carte postale en provenance de … l’Imaginaire de Victor Dixen

Parmi les plus beaux voyages qu’il est possible de vivre, la plupart sont imaginaires. Et si, comme beaucoup, je profite des vacances pour partir en vadrouille un peu partout en France, voire à l’étranger, l’été est chaque année pour moi synonyme de lecture. Ces trois semaines qui s’achèvent bientôt et que j’ai passées dans une maison de vacances appartenant à ma famille, pas très loin de chez moi, au bord de la mer, ont été très riches en lecture. J’ai dévoré bouquin sur bouquin, me suis attaché à des personnages, ai suivi leurs aventures avec passion, ai eu peur, ai tremblé, ri, ou presque pleuré pour eux. J’ai usé de cette magie des mots qui emmène le lecteur … ailleurs.

La carte postale qui vous parvient aujourd’hui a fait un long chemin, puisqu’elle revient sur une lecture du début de mois de Juillet, et est en provenance de l’univers, de l’imaginaire fascinant d’un auteur auquel je suis fidèle: Victor Dixen.

Victor Dixen

Peut-être ce nom ne vous dit pas grand chose. Et pourtant sa saga Le cas Jack Spark, dont le premier tome est paru en 2009 et le dernier tome l’année dernière chez Jean-Claude Gawsewitch, est aussi disponible partiellement chez Gallimard Jeunesse (coll. Pôle fiction) et Eté mutant est lauréat du Grand prix de l’Imaginaire du festival Etonnants Voyageurs de 2010. De plus, ayant eu un intense coup de cœur pour l’ensemble de cette saga, j’en ai beaucoup parlé au cours de l’année dernière, et notamment en septembre puisque, sur mon blog, le mois entier était consacré à cette série hors du commun. Le cas Jack Spark, c’est, en effet, les aventures ô combien passionnantes d’un adolescent insomniaque et allergique au sel qui va découvrir, à l’occasion d’un camp d’été pour adolescents “anormaux” qu’il n’est pas celui qu’il croit. Cette première œuvre mérite selon moi ce dernier qualificatif et surpasse toujours en style, en puissance et en inventivité Animale. Si je devais conseiller cet auteur, je m’ecrierai sans aucun hésitation: «Lisez Jack Spark !».Nul doute cependant qu’avant la parution d’un nouveau roman chez Gallimard Jeunesse, Victor Dixen saura se faire une place dans la cour des grands, et obtenir une certaine reconnaissance dans la littérature adolescente actuelle.Dixen Victor - Le Cas Jack Spark saison 1 Eté mutant (poche)

La trentaine, 5 romans écrits, un autre publié dans Je Bouquine et victime d’insomnies… en fouillant un peu on peut glaner quelques informations sur toi, mais tu sembles vouloir garder une aura de mystère autour de toi… Intimité ? Art du mystère ? Comment te définirais-tu en quelques mots ?

Je me considère avant tout comme un raconteur d’histoires. A ce titre, j’aime l’idée de m’effacer derrière mes romans et de leur laisser la vedette. Ou mieux encore : je souhaite faire office de passeur, me mettre au service des livres pour donner aux lecteurs l’envie de les découvrir.

La nuit est ton moteur, ton inspiration, le matériau sur lequel se forgent tes livres, et on le ressent fortement en les lisant. Ils sont assez sombres, souvent inquiétants et de nombreux passages sont nocturnes… as-tu toujours entretenu ce lien avec celle-ci, ou ne date-t-il que de cette fameuse expérience que tu as vécue plus jeune ?

En effet, j’étais sujet à dDixen Victor - Le Cas Jack Spark saison 2 Automne Traquées crises de somnambulisme étant jeune, peut-être à la suite d’un excès de loopings dans les montagnes russes du Tivoli de Copenhague. Le somnambulisme est passé avec l’âge, les insomnies sont restées. Du coup, je peux dire que la nuit fait vraiment partie de mon quotidien depuis toujours, ou presque. Non seulement elle me donne le temps nécessaire pour écrire, mais elle m’inspire aussi. C’est le temps du rêve, pour ceux qui dorment, c’est le temps de l’imaginaire pour ceux qui veillent – qu’ils lisent au creux de leur lit ou bien qu’ils écrivent au coin d’une table. Les ombres de la nuit ne sont pas vides : elles sont peuplées de présences que les livres peuvent éclairer.

Tu aurais paraît-il vécu une enfance de globe trotter, tes livres, on le remarque notamment dans Animale, sont imprégnés par cela et le lecteur voyage à ta suite entre Epinal, le Vatican, l’Europe nordique … sont-ils le moyen de te rattacher aux pays de ton enfance ou juste des décors faciles à planter puisque tu les connais ?

J’ai en effet beaucoup voyagé avec mes parents étant enfant et adolescent, et par la suite, devenu adulte, j’ai vécu dans plusieurs pays. Je crois que le voyage et la littérature sont très liés. Ouvrir un livre, c’est toujours commencer un voyage; voyager, c’est déchiffrer le grand livre du monde. Les lieux où j’ai habité m’ont certainement marqué, et ils me reviennent naturellement à l’esprit lorsque que je me mets à écrire: par exemple le Colorado et l’Irlande pour Le cas Jack Spark, le Danemark dans Animale. Ce sont pour moi bien davantage que des décors : des endroits que je continue à explorer à travers l’écriture, et qui continuent de me dévoiler leurs secrets.Dixen Victor - Jack Spark saison 3 Hiver Nucléaire

Les métamorphoses que subissent la plupart de tes personnages sont-elles la métaphore de l’adolescence dans laquelle ils se situent ?

Je crois que l’on se métamorphose tout sa vie durant – physiquement mais aussi et surtout psychologiquement. L’Homme est un être de changement. A certaines périodes de la vie, les changements sont plus évidents, comme bien sûr à l’adolescence. C’est pour cela que cet âge est si intéressant d’un point de vue littéraire : parce que c’est l’âge où tout change.

Dans Jack Spark comme dans Animale les personnages vivent cette métamorphose en devenant des créatures plus sombres que lumineuses… l’influence nocturne ou toujours une association à l’adolescence ?

Dans tout changement, il y a une part de deuil. On quitte un état pour en gagner un autre. Il y a toujours de l’incertitude, souvent de la peur. On peut avoir l’impression de ne plus savoir qui on est vraiment. Mais ces moments peuvent aussi être formidablement créatifs. Changer, ce n’est pas seulement risquer de se perdre: c’est surtout se donner une Dixen Victor - Jack Spark saison 4 Printemps Humainchance de se trouver.

Et dans les deux cas, l’amour apparaît comme une lumière à laquelle s’accrocher: est-ce ainsi que tu le vois ?

L’amour est l’un des plus puissants moteurs de changement qui soient, me semble-t-il. Que ne ferait-on, qui ne deviendrait-on pour plaire à l’être aimé ! C’est aussi une balise – une certitude qui demeure lorsque tout le reste semble sombre. Alors oui, comme tu le dis : une lumière, un phare dans la nuit.

Avec un an de recul, que représente désormais pour toi la série Jack Spark ? Les personnages te manquent-ils ? Pourrait-on bientôt les revoir ?

Le cas Jack Spark a constitué pour moi une formidable aventure, qui a occupé mes nuits pendant quatre ans. J’espère que les lecteurs auront perçu un peu de la passion qui m’a animé ces quatre années d’écriture. Les personnages du cas resteront toujours à mes côtés. J’ai voyagé avec eux aux quatre coins du monde, et à travers les époques. Quant à les revoir un jour … je ne dis jamais «jamais» !

Peux-tu nous parler du roman que tu as écrit pour Je Bouquine ? Que retiens-tu de cette expérience ? La réitèrerais-tu si tu en avais l’occasion ?Je Bouquine

J’ai beaucoup aimé l’expérience du format très court. Je Bouquine demande des textes de la longueur d’une nouvelle, mais qui contiennent les ingrédients d’un roman : un vrai début, une vraie fin, et surtout de vrais personnages qu’il faut parvenir à faire exister en quelques lignes. De surcroît, Versailles Académie a été pour moi l’occasion de plonger dans le passé de l’un des personnages les plus redoutables du cas Jack Spark.

Alors réitérer l’expérience : oui, bien sûr ! D’ailleurs c’est déjà fait, puisque mon prochain roman Je Bouquine paraîtra début 2014 dans les pages du magazine…

couvANIMALE.inddAnimale n’est qu’un one-shot : l’envie d’écrire quelque chose de court après 4 gros tomes de Jack Spark ?

J’avais en effet l’envie d’une histoire forte, qui se tienne en un volume, et que le lecteur dévore en une nuit sans pouvoir le lâcher – mes livres je crois sont plutôt à lire le soir, car c’est le soir qu’ils sont nés, qu’en penses-tu ?

Ceci dit, je crois aussi que Blonde n’a pas fini d’accomplir sa destinée, et qu’il reste de nombreux secrets qui demanderaient à être dévoilés…

Peux-tu présenter le roman aux lecteurs ?

Animale, pour moi, c’est comme un vitrail coloré dans une chapelle obscure. C’est une histoire lumineuse entourée de ténèbres, à la fois intime et épique. Un récit que l’on pourrait entendre à la veillée, et que l’on continuerait d’écouter jusqu’à l’aurore sans voir le temps passer. Je voudrais que ce récit reste longtemps avec le lecteur une fois le roman achevé.

Et puis Animale, c’est aussi une folle histoire d’amour, une histoire d’amour(s) fou(s). Le pluriel ici est volontaire !

Et Animale, c’est aussi la réécriture d’un conte de notre enfance: Boucle d’Or et les trois ours … que représentent les contes pour toi ? Lisais-tu beaucoup étant enfant ?

J’ai beaucoup lu les contes étant enfant, ceux du répertoire français, mais aussi de Scandinavie. Je continue d’en lire dès que j’en ai l’occasion, et ils continuent de me fasciner par leur mélange unique de simplicité apparente et de mystère inépuisable.

Et enfin comment se présente la suite ? Une série ? Un roman ? As-tu déjà des projets ?

Oui, plein de projets, plein d’envies d’écriture, et plein de nuits pour les réaliser ! Mais je n’en dis pas plus pour l’instant, le soleil n’est pas encore levé..

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dixen imaginales

Animale paraîtra dans tout juste une semaine, le 22 Août, chez Gallimard Jeunesse sous une très belle couverture dessinée par la talentueuse Mélanie Delon, artiste choisie par Victor lui-même ! Ce roman onirique, sombre et envoûtante réécriture de Boucle d’or et les trois ours, est LE roman fantastique de la rentrée littéraire jeunesse ! Je vous invite donc à découvrir ce jour-là ma chronique sur mon blog, qui sera suivie d’ici peu d’une semaine spéciale consacrée au roman : des questions et des réponses encore et encore, des cadeaux et d’autres surprises !

En attendant, vous pouvez redécouvrir sur mon blog le mois spécial Jack Spark qui avait eu lieu l’année dernière, mes chroniques consacrées à la saga et les interviews de l’auteur déjà réalisées…

Carte postale de Dordogne en compagnie de…

La Dordogne ©Méli-Mélo de livres

La Dordogne
©Méli-Mélo de livres

Aujourd’hui, continuons notre petit voyage estival avec :

une carte postale envoyée de Dordogne par…

CHRISTOPHE LEON

J’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur son parcours, son actualité et ses projets (Pépita-Méli-Mélo de livres).

Pour avoir lu plusieurs de ses romans (liens en bas de cet article), je peux vous dire qu’ils ne laissent pas indifférents. Ils font réfléchir à des sujets de société et creusent les relations humaines. Son écriture, très ciselée, va pourtant toujours à l’essentiel et laisse au lecteur une large liberté d’interprétation.

“Je ne crois pas à « l’inspiration » au sens où on l’entend généralement, comme une illumination qui viendrait d’on ne sait où. Je remplace volontiers ce mot par celui de «curiosité». Être curieux, s’intéresser aux autres, me semble une bonne source à laquelle puiser.”

Chritophe_Leon_Christophe Léon est né en 1959. Il se consacre à l’écriture et vit actuellement en Dordogne. Il a pourtant exercé une multitude de métiers avant. Son premier roman, “Tu t’appelles Amandine Keddha”, est publié aux Éditions du Rouergue en 2002.

Voici donc ses réponses à mes questions et je le remercie très sincèrement pour sa disponibilité.

-Quel est votre parcours ? Et comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Mon premier livre est paru en 2002 et s’intitule “Tu t’appelles Amandine Keddha”, dans la collection La brune des éditions du Rouergue, en littérature générale. J’avais 43 ans. Auparavant, je suis passé du tennis à l’appareillage orthopédique puis à la peinture, sans oublier une longue période de père au foyer. Bref un parcours plutôt éclectique dû surtout aux hasards de la vie. Je suis venu à l’écriture en lisant — très précisément par l’intermédiaire d’André Gide et de ses Journaux —, presque naturellement, comme si cela allait de soi et sans me poser trop de questions.

-Comment écrivez-vous (dans le calme, le bruit, à quel moment de la journée, sur ordinateur,…) ?

Il fut un temps où j’avais besoin de silence pour écrire et où je m’étais inventé un rituel : travailler le matin, à l’ordinateur, à mon bureau et à heures fixes. Puis il y a eu les déplacements pour les rencontres et les salons, le temps de plus en plus long passé dans les transports (surtout le train), ce qui m’a obligé à travailler un peu partout, — dans le train donc, à l’hôtel, dans les salles d’attente, les médiathèques… J’écris maintenant davantage hors de chez moi, et me suis rendu compte que je n’avais besoin ni d’un environnement calme ni d’être « à l’aise » pour écrire.

-A la lecture de vos romans, j’ai toujours été frappée par une certaine forme d’engagement et de dénonciation de dérives de notre société. Les thématiques de vos romans sont en effet en prise direct avec la réalité. D’où vous vient votre inspiration ? De faits divers, de vos lectures du moment, de votre indignation personnelle ?

Je ne crois pas à « l’inspiration » au sens où on l’entend généralement, comme une illumination qui viendrait d’on ne sait où. Je remplace volontiers ce mot par celui de «curiosité». Être curieux, s’intéresser aux autres, me semble une bonne source à laquelle puiser. Les sujets que j’aborde dans mes livres sont ceux qui m’occupent au quotidien, comme par exemple l’écologie, le nucléaire, l’injustice sociale ou encore la désobéissance civile. Le thème de la résistance (aux médias, à la surconsommation, au système économique…) mérite aussi sa place dans la littérature jeunesse actuelle. Bref, vous ne trouverez pas dans mes livres de Voldemort ou de dragons péteurs, tout simplement parce que je suis incapable d’écrire ce genre de textes.

 – Votre roman “Délit de fuite” a été adapté au cinéma et vous avez fait la démarche inverse en adaptant en roman “Le petit criminel” de Doillon. Quel est votre lien à l’image ? Comment avez-vous vécu ces expériences ?

En fait, Délit de fuite vient d’être adapté et tourné pour France 2. Le téléfilm sera diffusé dans le courant du second semestre 2013 par la chaîne. Il a pour principaux acteurs Éric Cantona, Mathilda May, Jérémie Duvall, Tom Hudson et Isabelle Candelier. Une expérience plutôt schizophrène pour quelqu’un qui a écrit des livres « contre » la télévision et qui se méfie de l’usage que nous en faisons… Mais j’ai eu la chance que Julie Jézéquel — en qui j’avais toute confiance quant à la qualité de son travail et sa rigueur professionnelle — accepte d’adapter mon livre.

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Pour Le petit criminel, c’est mon éditeur du Seuil qui m’a proposé de m’attaquer au film de Jacques Doillon pour en faire un roman à part entière, qui s’intéresse aux personnages (leur vie off, leur psychologie, etc.) tout en suivant le scénario original. Une aventure nouvelle pour moi, à la fois excitante et compliquée.

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Mon rapport à l’image est complexe. Comme je vous le disais, je m’en méfie mais ne peux pas y échapper. Il faudrait revenir, je crois, à des notions aussi simples que celles de l’usage et du besoin. Godard a dit : « Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse.», ce qui me paraît être juste et de l’ordre du symbole. A-t-on besoin d’une télé allumée du matin au soir ? Sommes-nous capables de choisir les images que nous regardons, qu’on nous impose ? Quel impact ont les images sur nos enfants ? Je conseille à ce sujet la lecture du livre de Michel Desmurget : TV Lobotomie, qui a apporté de nombreuses réponses à beaucoup de mes interrogations.

-Quelles ont été vos lectures enfant et adolescent ? Et aujourd’hui ?

Mes lectures d’adolescent étaient surtout consacrées à des journaux tels que Hara-Kiri ou bien Pilote. En fait, je lisais peu. Je n’ai commencé réellement à lire que vers l’âge de 40 ans. Aujourd’hui je lis surtout des Sciences humaines, des documents et des essais, mais je fus un temps un grand lecteur de littérature japonaise, avec des auteurs comme Osamu Dazaï, Jun’ichirō Tanizaki, Yasushi Inoue ou encore Yasunari Kawabata.

 -Que pensez-vous de la littérature jeunesse actuelle ?

La littérature jeunesse actuelle, du moins la française que je connais le mieux, me semble très diverse et riche — un grand nombre d’excellents auteurs participe à cette diversité (Mikaël Ollivier, Fred Paronnuzzi, Pascale Maret, Agnès Aziza, Guillaume Guéraud, Cécile Chartre, Florence Hinckel, Gilles Abier… pour ne citer que les quelques-uns qui me viennent à l’esprit). En ce qui me concerne, ce sont les auteurs qui écrivent sur la jeunesse et non pas pour elle, qui attirent particulièrement mon attention.

Tant par les thèmes abordés que par les formes adoptées, la littérature jeunesse permet d’offrir aux lecteurs un large échantillon du monde. Lire est essentiel pour grandir et s’opposer. Un livre jeunesse devrait permettre à la fois d’allier le plaisir de la lecture et l’ouverture à la vie. D’ailleurs, lire est, j’en suis convaincu le dernier acte révolutionnaire, en cela qu’il fait peur à tous les pouvoirs. Les mots sont comme des graines, ils ne demandent qu’à pousser en nous ; et une certaine littérature jeunesse, celle qui m’intéresse du moins, est un terreau fertile à de belles plantes.

  -Est-ce difficile d’écrire pour les adolescents ? Qu’y trouvez-vous ?

Pas plus ni moins que d’écrire des textes de littérature générale. Ce que j’y trouve ? Impossible de répondre précisément à cette question. Je n’ai pas l’impression d’écrire en direction de la jeunesse. J’écris des textes et certains sont publiés en littérature jeunesse. Écrire pour la jeunesse serait, me semble-t-il, une contrainte qui limiterait le champ de mon travail. Ni le lexique ni les formes de narration que j’emploie dans mes textes ne sont définis par une quelconque destination.

-D’après votre agenda (mis en ligne sur votre site), vous êtes très souvent en déplacement. Aimez-vous ces rencontres avec votre public ?

Depuis deux ans, effectivement je réponds plus favorablement aux invitations qui me sont faites. Il est évident que j’aime rencontrer les lecteurs et discuter avec eux des livres, de la société et de diverses « petites choses » qui me tiennent à cœur. Ces échanges me sont même devenus en quelque sorte indispensables et font partie de ma pratique d’écrivain. Et puis, assez souvent, ces rencontres sont aussi l’objet d’autres rencontres avec des collègues auteurs à l’occasion desquelles nous refaisons le monde de l’édition et le monde tout court…

  -Quels sont vos projets en cours ?

 À la rentrée, fin août début septembre, deux livres vont paraître. L’un, aux éditions La joie de lire, s’intitule La vie est belle, dans la collection Encrage, et l’autre Mon père n’est pas un héros, dans la collection Court métrage des éditions Oskar. Pour 2014, plusieurs textes sont sur les rails et devraient paraître dans le courant cette année-là.

LA VIE EST BELLE_RVB

Parution le 23 août 2013-La Joie de lire-Encrage

Fukushima

Parution le 30 août 2013-Oskar jeunesse-Court-métrage

 

N’hésitez pas à lire les romans de cet auteur engagé…

Ses deux prochains romans “La vie est belle” et “Mon père n’est pas un héros” seront chroniqués dès leur parution sur mon blog.

 

Pour en savoir plus : 

Le site de l’auteur

Mes billets sur ses romans :

-Désobéis ! Délit de fuiteLa randonnéeDernier métro

Et de mes collègues d’A l’Ombre Du Grand Arbre :

Chez Bouma-Un petit bout de (Bib) Délit de fuiteLe goût de la tomate

Chez Alice-A lire aux pays des merveilles (Une grande fan !) : La randonnéeEngrenagesDésobéisJordan et LucieArgentina, ArgentinaQui va loin revient près

Bel été à vous et belles lectures !