Nos coups de cœur de Mai

Le déconfinement se met en place tout doucement et avec lui l’accès aux médiathèques et librairies devient possible à nouveau.

A l’ombre du grand arbre, nous avons bien entamé nos piles à lire pour partager avec vous nos derniers coups de cœur !

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C’est avec un plaisir immense que Linda et ses ladies ont traversé la Sicile en compagnie de Léonce et son peuple d’ursidés dans cette épopée fantastique qui soulève une réflexion sur la place de l’homme dans la nature.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati, Folio Junior

Son avis est ICI.

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Chez Lucie, on a (re)plongé dans l’univers magique d’Harry Potter. Les cinq premiers tomes ont été dévorés les uns après les autres. Ça a été un grand bonheur de faire découvrir ces romans et de les relire dans leurs jolies rééditions. A ce stade, le « chouchou » reste Le prisonnier d’Azkaban.

Son avis ici, et celui de Linda .

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Pour Alice, c’est un besoin de bonbon sucré, de réconfort et de bienveillance qui s’est fait sentir pendant ce mois de mai particulier. Avec joie, elle s’est replongé dans les 5 tomes de la saga incontournable  » Sauveur & fils » de Marie Aude Murail. Quel régal !

Le Tome 3 reste mon préféré, mais lisez les tous d’urgence, si vous ne les connaissez pas encore !

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Pour Claudia, le roman Esperluette de Anne Vantal est un grand moment de lecture.

Un récit court et éloquent sur un amour fusionnel entre deux enfants, puis devenus ados. Un texte puissant et très beau à découvrir de la collection D’une seule voix chez Actes Sud junior.

Son avis est ICI.

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Sur l’île aux trésors, Isabelle et ses garçons ont craqué pour l’adaptation BD de Sacrées Sorcières, par Pénélope Bagieu. Il fallait être culottée pour s’attaquer à ce monument de la littérature jeunesse, quel bonheur de voir le résultat ! L’occasion aussi de relire le roman original de Roald Dahl, lui aussi paru chez Gallimard Jeunesse.

Son avis et celui de Bouma. Et par ici pour en savoir plus sur le roman !

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Dans son Méli-Mélo de livres, Pépita a vibré, ri, pleuré, pour un SOLEIL GLACE : non, ce n’est pas un nom de glace, mais un roman lumineux sur la différence, sur l’apprivoisement (ça se dit ?), sur les liens familiaux, sur les bêtises, sur….Il y a tant à en dire ! Séverine Vidal signe là un chef d’œuvre d’humanité et c’est édité chez Robert Laffont, collection R. Ne le manquez pas !

Son avis ICI

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HashtagCéline se réjouit d’avoir rencontré des personnes formidables : les Mortemer. Dans la lignée d’autres chroniques familiales marquantes comme Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh, Falalalala d’Emilie Chazerand ou Oh, boy ! de Marie-Aude Murail, Célia Garino nous invite à faire la connaissance des enfants des Feuillantines, des cousins et des cousines, des frères et des soeurs dont les mères respectives brillent par leur absence. De l’émotion et beaucoup d’humour pour ce roman de 500 pages qui se lit pourtant d’une traite.

Les enfants des Feuillantines de Célia Garino , Sarbacane 2020.

Son avis ICI.

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Ada reprend goût à la lecture, après des semaines de jeûne littéraire, grâce à une pièce de théâtre glissée dans notre joli swap de Noël par Alice . Il s’agit de Prête-moi tes ailes de Dominique Paquet, publié aux éditions Théâtrales jeunesse en 2019. On y suit les discussions profondes et lumineuses du jeune Louis et de son amie Libellule. Louis est en colère, on ricane autour de lui. On ricane de lui. Parce qu’il danse. Alors Louis s’interroge.

 » Pourquoi ne faut-il pas mentir ? « 

« Qui suis-je moi qui suis différent des autres ? »

« Pourquoi je me sens à la fois fille et garçon ? »

« Pourquoi suis-je Moi ? »

« Pourquoi le monde existe ? »

Prête moi tes ailes de Dominique Paquet, étions théâtrales jeunesse, 2019.

Franck Prévot

C’est par les éditions HongFei que nous avons appris hier la disparition soudaine de Franck Prévot.

Voici leur hommage que nous relayons ici :

Endeuillées,
Frappées de stupeur,
Attristées,
Démunies,
Unies dans la douleur avec son épouse, ses trois enfants, ses proches et amis,
Les éditions HongFei ont le grand regret d’avoir appris le décès de Franck Prévot, auteur de plusieurs albums publiés par notre maison depuis 2016, un ami.

Franck écrivait des histoires et de la poésie.
Ses textes lus par mille gens, ceux-là voulurent le rencontrer. Il aima ces gens et ces rencontres.
Elles lui donnèrent mille occasions d’inviter qui le voulait à écrire sa poésie. Et chacun devenait poète en sa présence.
Mais aujourd’hui est vide.
Jusque-là, Franck faisait vivre ses textes auprès des lecteurs petits, grands ou vieux et autres émerveillés. Désormais, c’est à ses textes de faire vivre sa voix.

Franck a choisi sa manière de donner. Avec la même liberté, nous recevons, reconnaissants.

Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh, éditeurs
Le 29 mai 2020.

Voici quelques-uns de ses livres que nous aimons particulièrement

Un album qui enfle le cœur tant la beauté qui s’en dégage ne peut qu’émouvoir : un hymne pour célébrer la force et le mystère de la poésie.

La chronique de Pépita

Un magnifique album qui retrace le combat de cette femme africaine désormais célèbre dans le monde entier et Prix Nobel de la paix en 2004. Un combat pour la planète, les droits des femmes et la liberté.

Une belle histoire d’amour mais quand on a 10 ans, on fait comment ? Poésie pure !

Sous la direction de Romain Galissot et Philippe Lesgourgues, Franck Prévot aux textes, ce ne sont pas moins de 11 illustrateurs qui apportent leur contribution, souvent facétieuse, à cette encyclopédie revisitée.
11 thèmes d’origine sont revisités à leur manière, en les actualisant, ou en y ajoutant des articles de fiction, le tout servi par les illustrations de chacun avec leur personnalité. Une cohérence est respectée dans l’articulation textes/images, la qualité graphique est absolument irréprochable. L’esprit de l’origine, au service de la vulgarisation des connaissances, est magnifiquement mis en scène.

La chronique de Pépita

Des pensées profondes, de la dérision, de l’humour, des clins d’œil ! Des recueils de poésie à lire et relire.

Et son dernier album, sorti en mars 2019 chez les éditions Nathan.

LA VRAIE VÉRITÉ SUR LE SECRET DE LA MAÎTRESSE

Notre maîtresse, elle a un secret de magie ! Elle a des lunettes qui transforment les mots écrits en mots à dire. Mais, nous, on ne sait pas encore lire. Alors heureusement qu’elle est là, avec ses lunettes magiques ! Mais un jour… ELLE A OUBLIÉ SES LUNETTES !

La chronique de Claudia

Des livres jeunesse incontournables à découvrir ou à relire.

Lecture d’enfant #30 : Beats of Olympus, tome 1 : Un amour de monstre

Pendant le confinement, Antoine a beaucoup lu. Je lui ai donc proposé de présenter un livre qu’il avait aimé, de manière à donner à d’autres personnes envie de le découvrir sur ce blog. Ce projet l’a enthousiasmé. Voici sa présentation, suivie du compte-rendu de notre discussion téléphonique.

Je m’appelle Antoine, j’ai 8 ans, je suis en CE2 et j’ai envie de vous parler de ce livre : Beasts of Olympus, tome 1, Un amour de monstre. Il raconte l’histoire d’un garçon qui s’appelle Pandémonius et qui est le fils de Pan (le dieu des bergers). Il adore les animaux et a le pouvoir de parler avec eux. Il vit avec sa maman qui est humaine, mais un jour son père décide de l’emmener sur le mont Olympe, pour qu’il débarrasse les étables divines de leur puanteur monstrueuse, et soigne les bêtes légendaires des dieux grecs.

Beasts of Olympus, tome 1, Un amour de monstre de Lucy Coats
Le Livre de Poche Jeunesse

Pourquoi as-tu choisi ce livre en particulier ?
J’aime beaucoup la mythologie, les aventures et les dieux. Ce livre regroupe tous ces éléments, c’est pour ça que je l’ai choisi.

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?
J’ai aimé que le héros, Pandémonius, ait peur au début parce qu’il croit que son père l’emmène sur le mont Olympe pour un sacrifice. J’ai aussi aimé sa rencontre avec tous les dieux grecs.
J’aime que la boîte qui aide Pandémonius à guérir les animaux en lui indiquant les médicaments à leur donner utilise des mots compliqués.

Connaissais-tu la mythologie grecque avant de lire ce livre ?
Quand j’étais petit, ma maman me racontait des légendes grecques, surtout l’histoire d’Ulysse. C’est comme ça que j’ai découvert la mythologie et que j’ai commencé à aimer. D’ailleurs, ce roman s’inspire des vrais dieux et héros de la mythologie.

Quelles relations Pandémonius entretient-il avec les animaux dont il s’occupe ?
Les animaux légendaires lui racontent leurs histoires et, aidé par la boîte magique, il peut les soigner. L’animal avec lequel il a le plus de relations est Arnie, un griffon qui a très mauvais caractère.

Quel est ton personnage préféré ?
C’est difficile de choisir. J’aime bien Arnie, Pandémonius et les dieux.

Qui est l’« amour de monstre » du titre de ce tome ?
Je ne crois pas que ce soit un monstre en particulier, c’est plutôt Pandémonuis qui se met à apprécier les créatures dont il s’occupe.

As-tu lu les autres tomes ?
Oui, il y a six tomes et je les ais tous lus. Ils sont indépendants mais il vaut mieux les lire dans l’ordre quand même. J’ai tellement aimé que j’en ai parlé à mes parents et ils ont commencé à les lire aussi. Mon papa commence le premier tome et ma maman en est au troisième.

Merci à Antoine pour ce moment de partage. Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai hâte de découvrir Beasts of Olympus !

Lecture commune : Akita et les grizzlys

Lorsque les mots de Caroline Solé rencontrent le pinceau de Gaya Wisniewski, cela donne un très joli roman initiatique. Et un palmarès impressionnant, avec notamment une pépite à Montreuil et une nomination pour le prix Sorcières. Akita nous entraîne dans un univers polaire à couper le souffle où il s’agit d’affronter les éléments, mais surtout de mystérieux grizzlys. Ce roman nous a enchantées au point d’avoir envie de prolonger cette lecture en revenant sur plusieurs points marquants…

Akita et les grizzlys, de Caroline Solé et Gaya Wisniewski. L’école des loisirs, 2019.

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Isabelle: Qu’est-ce qui vous a donné envie de braver le froid pour faire la connaissance d’Akita ?

Pépita : Je ne serais pas allée le lire s’il n’avait pas été pépite à Montreuil et nommé aux Sorcières, c’est clair ! Le froid, la banquise, c’est pas mon truc. Et puis il y a aussi l’illustratrice dont j’aime le travail. Alors, cela a suffi ! Et franchement, je ne regrette pas.

Isabelle : C’est drôle que dises ça, Pépita, nous on a immédiatement été attirés par ce livre parce qu’on ADORE les livres qui nous entraînent en région polaire. Et donc les illustrations de Gaya Wisniewski qui sait si bien sublimer l’hiver !

Bouma : Pour moi, la Pépite a joué, bien sûr. Et aussi le nom de Caroline Solé dont j’avais adoré le premier roman La Pyramide des besoins humains.

Isabelle : Le titre annonce des grizzlys, des animaux un peu effrayants, non ?

Pépita : Oui ! je me suis dit : voyons voir, ça ressemble à quoi cette bête-là ? À de gros ours !!! Et mon imagination a galopé…

Isabelle : Comme toi, j’ai imaginé d’énormes animaux pas très rassurants pour cette toute petite fille sur la couverture. Nous avons donc, d’un côté, Akita, et de l’autre, ces inquiétants grizzlys qui ne sont pas forcément ceux qu’on attendait.

Bouma : Grizzlys n’est pas forcément synonyme d’effrayant dans mon imaginaire, en tant que cousins des ours. Je me suis juste dit qu’il s’agissait de gros animaux de cette région froide du monde où sembler habiter Akita.

Isabelle : Justement, parlons un peu d’elle. Comment décririez-vous Akita ?

Pépita : Quelle petit bout de femme ! Elle sait ce qu’elle veut ! On ne dirait pas qu’elle va avoir 7 ans, on dirait déjà une ado en puissance ! Mais en même temps, elle aime profondément sa famille et elle est respectueuse des coutumes.

Bouma : Je rejoins l’avis de Pépita. Akita est une petite fille pleine de vie et de détermination. Mais derrière cette carapace, on sent aussi une certaine fragilité, une envie de se faire accepter malgré les différences profondes qu’elle semble manifester.

Isabelle : Oui, Akita est un tourbillon d’énergie et d’émotions et, en même temps, elle a quelque chose de fragile qui m’a touchée. À la fois dans sa solitude, liée à sa différence, qu’elle voudrait bien pouvoir surmonter. Elle a aussi la fragilité de ceux qui grandissent : cela demande une bonne dose de courage d’aller de l’avant quand on est à la charnière entre deux âges.

Isabelle : Pour dompter les fameux grizzlys qui se déchaînent parfois en Akita, ses parents l’emmènent voir une glooglooka – encore une dénomination intrigante, voire un peu inquiétante ! Comment avez-vous lu cette expérience initiatique ?

Pépita : J’ai été très intriguée mais rapidement, j’ai fait l’association avec une psychologue. C’est une bien jolie manière dans ce roman pour un jeune public d’apporter du merveilleux, j’ai trouvé. Et dire ce mot à haute voix, c’est jubilatoire. Mais comme Akita se prête assez de bonne grâce à cette visite, même si elle ronchonne un peu, on se dit qu’il ne peut pas en sortir du mauvais. Elle va avoir 7 ans aussi, Akita, elle attend avec impatience. C’est comme un rite, oui, un passage. Bien symbolisé par la grotte dans laquelle elle pénètre…

Bouma : Moi aussi j’y ai tout de suite vue la figure d’une psychologue, allant de soi avec la métaphore des grizzlys pour symboliser des colères incontrôlables. Mais l’écriture de Caroline Solé dessine un aspect magique à l’ensemble et en donne donc une toute autre vision à l’enfant lecteur. C’est une rencontre importante pour la jeune Akita que de se retrouver face à cette figure imposante. Pourtant, on sent tout de suite de la bienveillance et de l’écoute chez cette figure…

Isabelle : Je vous rejoins tout à fait. La visite chez la googlooka, c’est quelque chose qui semble impressionnant, voire inquiétant, a priori. Et finalement j’y ai vu comme vous une très jolie façon de parler de l’aide que peut apporter une personne extérieure dans les moments difficiles. J’ai été épatée par la densité métaphorique de ce petit roman qui parle de beaucoup de sujets importants, qu’il s’agisse de l’épreuve de grandir, de la souffrance de se sentir différent, du rôle des expériences initiatiques et du bien que cela peut faire d’accepter l’aide d’autrui… Des thèmes qui parleront sans doute à toutes et tous.

Proposer quelque chose d’aussi universel à partir d’un univers aussi lointain que celui d’Akita, c’est fort, non ?

Pépita : J’ai trouvé que les métaphores étaient remarquables ! Personnellement, je n’ai jamais rien lu d’aussi abouti sur les émotions. Et je me dis que cette façon d’aborder les colères parlera bien à l’imaginaire des enfants. La distance permet l’appropriation pour moi. J’ai été bluffée par la richesse de ce petit roman.

Bouma : Exactement. Et ce que j’apprécie également beaucoup, c’est qu’un lecteur qui n’aurait pas envie d’y lire ces métaphores peut aussi rester sur l’histoire au premier degré et l’apprécier tout autant. Il y a plusieurs niveaux de lecture, chacun y trouvera ce qui lui parle.

Isabelle : Ce roman est illustré de bout en bout par Gaya Wisniewski : qu’avez-vous pensé de sa proposition et quel impact a-t-elle eu sur votre lecture ?

Bouma : J’avoue que ce n’est pas le style d’illustration que je préfère. Mais le trait léger du pinceau de cette illustratrice apporte une belle complémentarité à l’histoire.

Pépita : Je trouve les illustrations superbes ! Les contours flous, les coloris lumineux, tout concourt à rendre l’atmosphère du grand Froid (on sentirait presque sa morsure) et le côté mystérieux et irréel de cette histoire.

Isabelle : J’ai trouvé que le texte et les illustrations se faisaient parfaitement écho pour composer un univers très incarné, fait de grandes immensités neigeuses, de chiens de traineau, d’aurores boréales et de cristaux scintillants… Gaya Wisniewski, que l’on connaissait déjà grâce à ses albums Mon bison et Chnourka est dans son élément avec cet univers polaire et cette histoire de petite fille et d’animaux. Je rejoins Pépita, elle n’a pas son pareil pour nous transporter dans le grand froid dont elle nous fait presque ressentir le frisson et le silence ! En quelques traits, elle parvient aussi à représenter de façon très expressive le désarroi d’Akita ou l’amusement de la glooglooka. Et la technique de l’aquarelle se prête pour réaliser des fondus qui donnent libre cours à l’imagination. Ce sont ces dessins-là que j’ai le plus aimés.

Qu’avez-vous retenu de cette lecture ?

Pépita : Ce que j’en ai retenu, c’est le parcours initiatique métaphorique. C’est surprenant, doux et beau à la fois.

Isabelle : Pour ma part, je retiens une restitution très juste, par le texte comme par les illustrations, d’émotions qui peuvent être dévorantes. Et un message optimiste sur le réconfort que peut apporter la main tendue, notamment celle du/de la psychologue.

À qui auriez-vous envie de faire découvrir Akita et les grizzlys ?

Bouma : C’est un beau texte que je pourrais conseiller aux parents qui ont des enfants plus âgés que la maternelle sur la gestion des émotions, en conseillant aux parents de le lire aussi !

Pépita : Je le conseillerais aussi aux adultes.

Isabelle : J’ai été ravie de partager cette lecture avec mes enfants et je me suis empressée de la faire découvrir à mes petites nièces. Mais je vous rejoins, c’est un livre qui peut toucher à tout âge !

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les avis de Pépita et Isabelle. N’hésitez pas non plus à nous donner votre ressenti sur ce roman : vous fait-il envie ? Peut-être l’avez-vous déjà lu et qu’en avez-vous pensé ?

Il était une fois… des contes détournés !

Chacun connaît les contes traditionnels, leurs personnages, leur magie et leur densité émotionnelle et philosophique. Ces histoires puisent leurs racines dans les temps anciens où elles se racontaient au coin du feu et se sont transmises jusqu’à aujourd’hui. Elles offrent un réservoir de références quasiment universelles dans lesquels les auteurs contemporains continuent de puiser. Certains n’hésitent pas à les revisiter, voire à les dépoussiérer ou les détourner, faisant voler en éclats certains stéréotypes associés aux figures incontournables des contes ! Nous ne pourrions pas faire ici le tour des innombrables contes détournés qui fleurissent chaque année, nous avons préféré vous trier sur le volet ce que nous adorons le plus !

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Quand Flore Vesco s’empare des contes traditionnels, elle laisse son humour, son imagination et sa plume si malicieuse opérer et la magie est toujours au rendez-vous ! Son dernier roman multiplie les clins d’œil joyeusement décalés aux contes de Grimm. On rit à gorge déployée en prenant conscience de l’absurdité de récits pourtant culte !

226 bébés, de Flore Vesco, Didier Jeunesse (2019)

Les avis de Hashtagcéline, Pépita et Isabelle

Et comment ne pas parler ici de L’Estrange Malaventure de Mirella qui a été récompensé l’année dernière par le prestigieux prix Vendredi ? Flore Vesco choisit ici de revisiter l’un des contes les plus célèbres du canon des bibliothèques enfantines – nous avons nommé : le joueur de flûte de Hamelin ! L’autrice brode, étoffe le propos pour nous plonger dans la noirceur la plus profonde du Moyen-Âge. Un roman émancipateur, pétillant d’intelligence et débordant de vérité, à découvrir sans hésiter.

L’Estrange Malaventure de Mirella, de Flore Vesco, L’école des loisirs (2019)

Notre lecture commune et les avis d’Isabelle, Pépita, Hashtagcéline et Bouma

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Roald Dahl a lui aussi été inspiré par les contes traditionnels. Le recueil Un conte peut en cacher un autre propose des versions en rimes pour le moins étonnantes et modernes.

Un conte peut en cacher un autre, de Roald Dahl, illustrations Quentin Blake, Folio cadet (2017)

L’avis de Lucie

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Jean-Claude Grumberg a choisi de transposer Le Petit Chaperon rouge en pièce de théâtre et de situer l’action pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le Petit chaperon Uf se voit alors affublé d’un vilain fichu jaune et rencontre un loup caporal SS. Glaçant !

Le petit chaperon Uf, Jean-Claude Grumberg, Heyoka Jeunesse (2005)

L’avis de Lucie

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Dans le genre décalé et rigolo, il ne faut surtout pas passer à côté des revisites aux éditions Marcel & Joachim. Ainsi on découvre une version de Barbe bleue aux accents québecois et une du Petit Chaperon rouge aux accents belges. Les textes sont transposés dans notre monde contemporain en plus d’apporter le petit grain de folie propre aux langages de ces pays (en tout cas de notre point de vue). Accompagnés d’un cd (à écouter à tout prix), on a donc tout le temps de regarder les splendides illustrations signées Camille de Cussac.

Barbe Blue et le maudit québecois, Camille de Dussac, Marcel & Joachim (2017)
Le Petit Chaperon belge, Camille de Cussac, Marcel & Joachim (2016)

L’avis de Bouma sur ces deux titres

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S’il y a bien une version du loup et des trois petits cochons à ne pas louper, c’est celle-ci ! Car pourquoi donc les petits cochons finiraient toujours dévorés par le loup ? Et si on inversait pour une fois ? Rires à tous les étages dans cet album au rythme effréné et au second degré à toutes les pages !

Mort au loup de Philippe Jalbert, Seuil jeunesse

L’avis de Pépita

S’il est une version étonnamment décalée du Conte du Petit Chaperon rouge, c’est celle-ci qui me vient à l’esprit : j’ai adoré le chemin pris par l’auteur pour s’éloigner de l’histoire originale, mais aussi sa façon d’y revenir.

Le petit chaperon rouge n’en peut plus, Sébastien Meschenmoser, Minedition

L’avis de Pépita

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Et vous ? Vous connaissez forcément des contes détournés, quels seraient vos préférés ?