Le Dernier roi des loups : Prix Sorcières 2020, catégorie Carrément Sorcières fiction.

Chaque année, à l’ombre du grand arbre, nous scrutons avec délectation du haut de nos branches , la sélection du Prix Sorcières, prix organisé conjointement par l’Association des librairies spécialisées pour la jeunesse (ASLJ) et par l’Association des bibliothécaires de France (ABF). Et cette année, un objet littéraire non identifié à attiré notre attention. Nous vous laissons admirer sa couverture avant de partager la lecture commune qui s’ensuit entre Pépita et Colette. Il a d’ailleurs remporté le Prix Sorcières Carrément fiction.

Le Dernier roi des loups : l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur,
William Grill, Sarbacane, 2019.

Colette. – Quand tu as eu ce livre entre mains, Pépita, qu’as-tu imaginé ? Que ce soit son format, son titre ou l’illustration de couverture il y a quelque chose d’hors-norme dans cet objet non ?

Pépita.- J’ai imaginé une histoire de loup bien sûr vu le titre mais tu as raison de souligner son mystère : la couverture donne d’emblée la couleur des tons mais aussi un mouvement de liberté dans le paysage entrevu de steppes et de forêts, un sentiment de ténacité et de loyauté dans le regard du loup. L’épaisseur de l’album aussi : une longue histoire attend le lecteur.

Colette.- Je pensais que c’était une BD quant à moi en l’empruntant, étant donné son grand format ! J’ai donc été surprise en découvrant qu’il s’agissait d’un album mais un album à l’orchestration graphique très originale alternant des pages composée de petites vignettes sans cadre, de grandes illustrations double pages, des pages qui font la part belle au texte. Un livre qui n’appartient à aucun genre en quelque sorte. As-tu toi aussi eu besoin de le feuilleter, de le parcourir avant d’y plonger ?

Pépita.- Et bien non, je me suis plongée de suite dedans et c’est vrai que la forme est à mi-chemin entre bande dessinée et album. On pourrait même dire roman puisqu’il est presque chapitré. J’avoue que j’ai eu du mal avec les dessins assez petits des vignettes. Non pas que le sans texte me rebute, mais leur petitesse m’a un peu désarçonnée au début dans ma lecture. Et puis , je m’y suis faite, sans même m’en apercevoir, car l’histoire est prenante. Mais ce n’est pas une BD au sens classique du terme : ces vignettes sont comme un film, tu sais, comme ces petites images qu’on projette , sauf que là, elles ne se superposent pas mais se suivent. Je me suis surprise à aimer ce procédé au cours de ma lecture, comme s’il était indispensable que le lecteur se concentre. L’alternance des points de vue dans le traitement des illustrations est vraiment intéressante.

Colette. – Pour toi, qui est le personnage principal de cet étrange album ? En effet le sous-titre annonce une sorte de duel de héros en évoquant « L’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur »

pita. – Ah ! Très bonne question ! Au départ, on se dit que c’est Lobo le loup mais le changement qu’il induit dans la mentalité du chasseur est telle qu’on se dit que c’est lui finalement. Et puis, non, parce que sans l’intelligence hors norme de ce loup extraordinaire, rien n’aurait pu arriver dans cette prise de conscience. Alors disons qu’ils sont deux héros complémentaires !

Tu parlais plus avant de la forme de ce livre. Ce qui m’a intriguée aussi, c’est l’unicité des tons de coloris employés. Quel effet cela a pour toi ?

Colette.- Oui les couleurs de la nature dominent dans cet album, brun, noir, bleu et blanc dans toutes leurs nuances, mais plus que les coloris c’est le geste de l’artiste qui m’a semblé former une unité, je ne sais pas quelle est sa technique, j’ai l’impression que c’est du crayon de couleur, utilisé dans des croquis dynamiques comme faits sur le vif.

Pépita.- On dirait quasiment un carnet de croquis dessiné au fil de l’aventure. Les coloris font vraiment ressortir l’aridité des paysages mais aussi celui du cœur des hommes.

Mais ce titre : Le dernier roi des loups ? Il dit bien ce qu’il veut dire mais le lire c’est autre chose ! Comment as-tu ressenti cette histoire ?

Colette.- J’ai été horrifiée, mortifiée de découvrir une fois de plus l’incroyable cruauté de l’homme, cette incapacité à vivre dans la nature sans vouloir à tout prix la dominer, la maîtriser, la mettre à genoux. Tant de stratagèmes inventés de haute lutte pour piéger Lobo le loup, dont la menace est somme toute relative, l’intelligence subtile d’Ernest Thompson, pourtant naturaliste, utilisée dans le seul but de nuire à l’animal… tout cela m’a écœurée au sens presque premier du terme : c’est comme si on m’enlevait le cœur. As-tu ressenti la même chose ?

Pépita.- oui complètement ! Les pages 27 et 28, avec cette litanie de pièges, de cages, de lassos, de fusils, tout l’attirail pour capturer ce loup m’a soulevé le cœur. On sait d’emblée qu’il est condamné. Plus on approche de la fin, plus on tremble pour lui. C’est un trophée. Il n’ y a pas une once de courage là-dedans. Sauf du côté du loup. Qui lui est loyal.
C’est ça cette histoire : lâcheté versus loyauté. C’est une histoire vraie. As-tu été convaincue du revirement du chasseur ?

Colette.- Je voulais justement l’évoquer avec toi, ce revirement ! Non, je n’ai pas du tout été convaincue par ce revirement : à peine un mois après avoir abattu Lobo grâce à un piège d’une perversité inégalée, voilà notre chasseur devenu « un autre homme » comme l’annonce le titre du dernier chapitre ! Et l’auteur enchaîne ensuite sur la liste des initiatives en faveur de la protection de la nature que Seton va prendre suite à sa soudaine (mais si tardive) révélation… Il manque quelque chose pour que ce revirement soit crédible, un psychorécit, une confession, une confidence. On passe bien trop vite de l’obscurité à la lumière, l’humain n’est pas si manichéen…J’avoue que c’est ce qui m’a le plus déçue dans cette lecture.

Pépita.- Je te rejoins : on a à peine le temps de se remettre de cette traque et mise à mort cruelles que ce revirement manque singulièrement de crédibilité. J’ai été tout autant dubitative que toi. J’aurais tant aimé que cet homme soit sensible au message de ce loup avant l’irréparable !

Mais parlons de ce Lobo ? Loup en espagnol. Que t’as inspiré cette bête (pas si bête !) ainsi que son clan ?

Colette.- Je ne savais pas que Lobo voulait dire Loup en espagnol ! Merci ! Et bien le clan de Lobo, contrairement au « clan » des hommes, a suscité toute mon adhésion. Ce groupe d’animaux incarne des valeurs de coopération, d’intelligence collective et, à ma grande surprise, d’amour. C’est d’ailleurs le chapitre dédié à Blanca qui m’a le plus émue… Qu’en as-tu pensé de ce lien entre le roi des loups et cette louve blanche ?

Pépita.- Ce lien m’a émue au plus haut point, comme toi, quelle leçon d’amour absolu et respectueux en même temps ! Quelle fidélité ! Quelle abnégation ! Oui ce clan des loups a beaucoup à nous apprendre !

Colette. – En parlant de cet amour absolu, comment as-tu compris la mort de Lobo ?

Pépita.- Je l’ai comprise de deux façons : comme un désespoir sans fond, une capitulation face à la douleur provoquée par la cruauté des hommes : sans sa Blanca, il n’a plus de raison de vivre. On dirait qu’il sait que la mort est le seul moyen de vivre encore un peu en la retrouvant. Alors qu’il a déjoué tous les pièges tendus, on dirait qu’il s’est délibérément jeté dessus cette fois, les quatre pattes enferrées. Donc aussi comme une bravade : Lobo met l’homme face à sa lâcheté grâce à son courage, sa noblesse et sa grandeur d’âme. Bien qu’il soit atteint dans ce qu’il a de plus cher, il lui fait comprendre qu’il choisit de mourir et la façon de le faire. C’est son ultime choix d’animal sauvage. Sans une plainte. La double page de médaillons, à la suite de sa mort, qui reprennent des moments de sa vie avec Blanca, sont extrêmement touchants. D’ailleurs, le chasseur, quand il a compris bien trop tard, a honte. C’est le mot utilisé. Cette fin m’a serré le cœur au-delà des mots.

Colette.- Une sorte de suicide donc ? Et ce serait cette mort et la honte qui s’en est suivie qui aurait transformé Seton ? D’ailleurs, parlons peut-être de ce qui se passe après pour Seton : parmi ses nombreuses initiatives écologiques, laquelle as-tu retenue ? Pourquoi ?

Pépita.- Je ne dirais pas suicide mais sacrifice : comme si Lobo avait perçu que chez cet homme, il fallait en arriver là pour une prise de conscience. Tu l’as vu comment toi ?
Parmi ses actions, celle que j’ai le plus retenu c’est la création des Scouts d’Amérique. Quand même ! Vouloir former des générations de jeunes à la protection de l’environnement, il faut le saluer.

Colette.- La mort de Lobo je l’ai vu comme celle des grandes héroïnes des romans du XIXe siècle, celles qui se laissent mourir de chagrin, celles qui se laissent mourir d’amour. C’est la phrase suivante qui accompagne la magnifique illustration du jour qui se lève qui me fait dire celà : « Quand l’aube se leva le lendemain, Lobo était toujours immobile et silencieux, mais la force et l’esprit extraordinaire qui vibraient en lui l’avaient quitté – le dernier roi des loups n’était plus. »

Pépita.- Cette phrase est magnifique en effet. Je pense que l’auteur a voulu montrer que malgré tout, l’homme et l’animal devraient pouvoir cohabiter. En tous cas, qu’il est crucial que cela soit ainsi. Chacun a sa place dans le respect du mode de vie de l’autre et que chasser juste pour le plaisir, ce n’est pas digne de l’homme. Je pense aussi qu’il a voulu montrer que le règne animal a beaucoup à nous apprendre. Et que l’homme devrait s’en souvenir. Ce qui nous arrive comme pandémie actuellement le prouve.

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Vous pouvez retrouver la chronique complète de Pépita

dans son MéLi-MéLo de livres.

Lecture d’enfant #31 : Catch, tournevis et lutins-robots

Le roman coup de cœur d’une jeune lectrice passionnée par les livres.

Je m’appelle Louisa, j’ai 10 ans, je suis en CM2 et j’ai envie de vous parler du livre : 

Catch, tournevis et lutins-robots

Ça parle de quoi ?

Le petit frère de Pénélope vient de se faire enlever par des lutins-robots – malpolis, qui plus est ! Va-t-elle le laisser disparaître dans une dimension parallèle ? Sûrement pas : elle part à la poursuite des kidnappeurs avec Dounia, sa meilleure amie catcheuse. Et si sur le chemin, elle doit faire équipe avec ce-crétin-de-Léopold, son rival, affronter une reine (bleue) complètement cinglée, gagner un combat de catch géant, ou déclencher une révolution robotique, qu’à cela ne tienne ! Personne ne lui pique son frère : elle a besoin de lui comme cobaye pour ses expériences scientifiques…

Auteure : H. Lenoir
Illustratrice : Marie Morelle
Sarbacane p.192

Pourquoi as-tu choisi ce livre en particulier ?                                                                                                                  
J’ai découvert ce roman en participant à un groupe de lecteurs, Mes premières 68 qui propose une sélection de premiers ou deuxièmes romans jeunesse d’auteurs francophones (concept : livres voyageurs). C’est une lecture qui m’a permis de quitter ma zone de confort : lire des romans plus volumineux et m’intéresser à une catégorie que je ne connaissais pas trop (Aventure/humour).

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?

J’ai aimé découvrir les illustrations au fil des pages, elles sont d’ailleurs très réussies. J’ai aimé tous les personnages. J’avais l’impression d’être à leurs côtés et même parfois, je m’identifiais à eux. Ce qui m’a plu aussi, c’est que chaque personnage a une passion bien à lui. Il y a énormément d’actions, de rebondissements et de surprises. 
L’histoire est rythmée, touchante et à la fois amusante.
J’avais toujours envie de continuer ma lecture car je voulais connaître la suite de leurs aventures.

Quelles sont les points forts de cette lecture ?

J’ai particulièrement aimé la morale de ce livre : Apprendre à connaître les autres, ne pas s’arrêter à des jugements et croire jusqu’au bout, à ses rêves ou à ses projets. 

Quel est ton personnage préféré ?

J’adore Pénélope, c’est une fille intelligente, rebelle et qui n’a peur de rien. Elle est très attachée à son petit frère et elle fera tout pour le sauver.  

Un dernier conseil ?

Ne pas s’arrêter à la couverture et au titre qui semblent être plus l’univers 
des garçons car ce n’est pas du tout le cas. 

Parole de maman :

J’espère que Louisa vous aura donné envie de découvrir ce roman d’aventure drôle.

Il est parfait pour les petits lecteurs qui commencent à lire des romans. Un bon compromis pour appréhender un certain volume de pages sans se décourager.

Merci Louisa !



Les loups

C’est vraisemblablement la figure la plus emblématique de la littérature enfantine. Traditionnellement, il fait peur et permet aux enfants de vivre -dans la sécurité d’une histoire- toutes leurs angoisses de dévoration, de donner forme aux pulsions les plus cruelles, de trouver le bouc-émissaire parfait pour tous leurs cauchemars.

Ces dernières années, pourtant, il est plus souvent représenté gentil, naïf ou carrément benêt, il est souvent le dindon de la farce.

Pourtant le loup continue de fasciner, de faire trembler et les enfants recherchent avidement les livres qui lui sont consacrés.

Alors explorons ensemble les différentes facettes de cette figure majeure du genre, à travers une sélection de nos ouvrages préférés.

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Le loup en slip, de Lupano et Mayana Itoïz chez Dargaud, a été offert à Aurélie par une arbronaute l’été dernier et est devenu le livre de chevet de sa dernière :hehe: Une histoire hilarante avec un clin d’œil à la BD Les vieux Fourneaux.

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Debout le loup ! d’Isabelle Bonameau chez l’École des loisirs : un petit cartonné qui nous montre la vie quotidienne du loup, va-t-il manger une mouche ? Non ! Peut-être un enfant ? Non plus ! Vous savez le loup a aussi une vie… L’avis d’Aurélie

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Quand le loup a faim de Kris di Giacomo et Christine Naumann Villemin chez Kaléidoscope : un album sur la thématique des voisins. Et oui, grosse frayeur pour les habitants de cette tour : un loup arrive en ville ! Un livre très drôle. L’avis d’Aurélie

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Et pour changer du bon petit chaperon rouge traditionnel, voici un lien vers des propositions de contes détournés vus dans l’atelier !

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Le petit loup de papier, de Céline Person et Francesca Dafne, paru en 2018 aux éditions Circonflexe. Un irrésistible petit loup de papier, dessiné avec tant d’amour par une petite fille, qui, pour contrer l’ennui et la solitude, se détache du frigo et part à la découverte du vaste monde… Un album plein de douceur et de poésie qui rend joliment grâce à l’esprit de l’enfance. L’avis d’Isabelle

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Loup-garou ! de Cornelia Funke, publié en 2016 par les éditions Rageot. Matt n’est ni très grand, ni très fort, ni très courageux dans le noir. Or, après s’être fait mordre par un chien, ses sens s’aiguisent, sa voix devient plus grave, son corps plus fort et plus velu… Matt est bien embarrassé vis-à-vis de son entourage… Mais souhaite-t-il finalement réellement faire disparaître le loup en lui ? Un excellent petit roman parfait pour se lancer dans la lecture de textes plus longs, avec un format adapté aux dys ! L’avis d’Isabelle

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Geoffrey de Pennart a fait du loup une figure centrale de ses albums et se propose de le réhabiliter. Comme dans Le déjeuner des loups, l’histoire d’un cochon apprivoisant un loup grâce à ses multiples talents. L’avis de Lucie

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Dans Un loup tout nu de Thierry Robberecht, un loup en peine va trouver secours auprès d’une courageuse poulette. Mais sa vie en sera transformée ! L’avis de Lucie
 
 

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Ma culotte de Alan Mets : dans cet album, il est question d’un loup amoureux, d’une belle culotte rouge, d’un gigot sur pattes qu’on enferme à clé avec du thym pour lui donner bon goût, d’un rendez-vous galant et d’un imprévu. Très drôle !

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Attention ! Les pages de l’album Où est le loup ? de Martine Perrin (Ed. Saltimbanque) dissimulent une multitude de loups ! Caché, en morceaux, coupé, silhouette parmi d’autres ou encore en lettres… Ouvrez l’œil, le loup est peut-être derrière vous ! Les avis de Bouma, de Pépita et de HashtagCéline.

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Dans cet album, il y a un loup mais aussi un canard et une souris. Ces deux derniers se sont fait avaler par le premier et ils le vivent plutôt bien ! Le loup, le canard et la souris, une histoire décalée et amusante à souhait écrite par Mac Barnett, illustrée par Jon Klassen et parue à l’école des loisirs. Les avis de Pépita et de HashtagCéline.

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Quand on parle de loups, il ne faut pas se fier aux apparences. Pour vous le prouver, arpentez la forêt où rode Fenris le féroce, vous verrez : derrière les pupilles écarlates, il y a toute une histoire à retracer. C’est cette histoire que vous découvrirez dans Féroce de Jean-François Chabas et David Sala. L’avis d’Ada

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Dans Cœur de bois, de Régis Lejonc et Henri Meunier, notre ami le loup a pris un sacré coup de vieux… Et entre pitié, fascination et vengeance, on ne sait plus trop à quel saint se vouer pour l’apprivoiser. Ce magnifique album avait donné lieu ici même à une lecture commune et à des lectures d’enfants, très riches à l’image de cet album hors-norme.

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Y a un loup ! de Mathieu Maudet chez Loulou & cie est un régal de construction, d’humour, d’observation et d’absurde : les petits adorent ! L’avis de Pépita

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Mort au loup ! de Philippe Jalbert, Seuil jeunesse : Rires à tous les étages dans cet album au rythme effréné et au second degré à toutes les pages ! L’avis de Pépita

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Dans Lulu et le loup bleu de Daniel Picouly et Frédéric Pillot, Lulu Vroumette vient en aide à un grand loup bleu végétarien dépourvu d’agressivité, handicapé par un bégaiement qui amuse ses victimes potentielles. Lulu et ses amis vont s’unir pour l’aider à s’intégrer. Cet album, aux illustrations colorées et très détaillées, aborde le handicap et la différence intelligemment et avec humour; il met en avant l’importance de la solidarité dans l’intégration. (Linda)

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Et vous, quel est votre livre préféré sur le loup ?

Nos classiques préféré.e.s : Jeanne Ashbé.

Nous poursuivons nos rendez-vous consacrés aux “classiques de la littérature jeunesse” avec Jeanne Ashbé. Avec plus d’une soixantaine d’albums à son actif, cette autrice-illustratrice a joué un rôle primordial dans le développement de la littérature pour les tout-petits auxquels elle sait s’adresser avec beaucoup de tendresse et d’efficacité.

https://www.ecoledesloisirs.fr/auteur/jeanne-ashbe

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Dans la collection de papillons d’Ada, il y a le souvenir émerveillé de la découverte dans nos bibliothèques préférées des petits albums souples de Jeanne Ashbé alors que mes deux Petits-Pilotes étaient encore bébés. Nous n’en avons pas achetés beaucoup, car justement nos bibliothèques avaient misé sur cette autrice-illustratrice et nous en avons toujours facilement trouvés. Mais il y en a un que nous gardons précieusement, c’est Au revoir !

Les 10 raisons qui expliquent pourquoi ce petit livre là est conservé chez nous comme un trésor

  1. Parce qu’il évoque un moment clé dans la vie d’un tout petit : le moment de la séparation, un moment que les parents appréhendent et qu’ils ne savent pas toujours comment aborder. Ce petit livre permet de dédramatiser. Et c’est à cela qu’il a « servi » au moment où mes deux garçons sont allés chez Nounou pour la première fois.
  2. Parce que les bouilles des bébés de ce petit album sont irrésistibles, rondes, roses avec juste ce qu’il faut de rouge aux joues, de grands fronts dégarnis, de petits yeux noirs, et des expressions tellement sincères, du rire aux larmes, de la colère à la confiance.
  3. Parce que l’alternance image à gauche, texte à droite, texte à gauche, image à droite crée comme un rythme particulier pour le regard du tout-petit.
  4. Parce qu’il y a de la matière dans la technique d’illustration de Jeanne Ashbé, de la peinture généreuse et lumineuse à toutes les pages.
  5. Parce qu’avec une grande simplicité, de nombreuses situations de séparation de la vie quotidienne sont abordées : une visite chez des ami.e.s, la journée chez nounou, le départ du zoo, les vacances chez mamie, le départ de Bon-papa, et bien sûr l’heure du coucher. Tous ces moments qui sont pour le tout-petit qui les découvre des moments de grande inconnue.
  6. Parce qu’à travers toutes ces situations, c’est à tout l’entourage proche du bébé à qui l’album rend hommage. Tous les êtres chers sont ici réunis : les parents, les grands-parents, nounou, les copains, les copines.
  7. Parce que la petite ritournelle qui accompagne la litanie des séparations est un enchantement pour les petites oreilles qui découvrent un récit structuré par cette étrange expression, promesse de bonheur à venir : « Au revoir, au revoir ! »
  8. Mais les jeux de langage ne s’arrêtent pas là : le texte se présente comme une petite comptine avec de nombreux échos, des mots qui se répètent, des mots qui riment, des mots qui sont rigolos. Le jeu prend peu à peu le dessus sur la déception de devoir se quitter.
  9. Parce que finalement tout l’album est une invitation au langage, ici le bébé du livre parle à travers ce « je » propre à l’identification littéraire, invitant le tout-petit à entendre à travers la voix du lecteur, de la lectrice sa propre voix, de petit roseau pensant.
  10. Parce que lire des livres à mes bébés fut un des moments les plus précieux de mes débuts en tant que maman, grâce à Jeanne Ashbé ces moments ont été facilités !

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Dans le Méli-Mélo de livres de Pépita, peu de livres chroniqués de Jeanne Ashbé mais pourtant une bibliothèque qui laisse une part belle à ses livres. Donc difficile de choisir… Mais il y en a un qui a une place toute particulière.

Et pit et pat… voici pourquoi en 10 explorations

  1. Cet album rappelle combien la découverte est constitutive du tout-petit.
  2. Mais surtout rappelle à l’adulte la vision que peut avoir le tout-petit dans sa découverte quotidienne du monde.
  3. Pas besoin d’aller bien loin, TOUT est découverte et imaginaire !
  4. Cet album induit aussi profondément le besoin d’être rassuré.
  5. Les sonorités : Et « pit et pat », « non pi non pa », très rythmées, balisent le chemin des petits pas du tout-petit : on peut non seulement le suivre, mais l’entendre ! Exactement comme quand l’adulte le laisse découvrir mais étant en alerte pour ne pas qu’il se mette en danger.
  6. L’adulte est du coup invisible sur ces pages, mais il est bien là : comme spectateur de son tout-petit explorateur-acteur.
  7. Les objets du quotidien, dans leur transformation, constituent un petit jeu que même un grand frère ou une grande sœur peuvent apprécier. Ils sont vivants ces objets, ont leur vie propre. C’est aussi le cas dans l’imaginaire des enfants.
  8. Les coloris chaleureux avec leur unité de tons donnent un espace rassurant dans ces objets déformés et grandioses.
  9. C’est un album que j’utilise en formation petite enfance pour ce qu’il oblige à se mettre à la portée du tout-petit et à lui laisser l’espace nécessaire dans son appropriation de ce qui lui est donné à lire.
  10. En un mot un album idéal sur l’autonomie aussi bien pour le tout-petit que pour l’adulte. C’est ça le secret des albums de Jeanne Ashbé : savoir s’adresser aux deux !

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Chez sir this and lady that, il n’y a pas de livres de Jeanne Ashbé car la médiathèque en proposait toutes les publications. Si nous en avons acheté quelques uns, ils sont aujourd’hui rangés et remisés dans un carton pour le jour où une nouvelle génération de bébés viendra agrandir la famille. Pourtant, il existe un souvenir tout particulier pour la série Lou et Mouf qui figure en tête des livres de bébés les plus lus lorsque les petites ladies étaient très jeunes; le souvenirs de leurs petites mains s’emparant encore et encore des différents volumes à chacun de nos passages dans le rayon des tout petits et du plaisir évident que la lecture provoquait en elles.

Lou et Mouf… en 10 petits plaisirs

  1. Parce que Lou est un enfant sans genre qui permet à tous les bébés de s’y identifier.
  2. Parce que Lou découvre le monde par l’expérimentation; ses parents lui laissant par ailleurs la place dont il a besoin pour découvrir, arpenter, expérimenter à sa guise.
  3. Parce qu’à l’image des petits lecteurs, Lou emmène Mouf, son doudou, partout avec lui.
  4. Parce que bébé est au cœur de l’histoire ; les parents n’apparaissent pas vraiment. Jeanne Ashbé choisit de raconter le quotidien de bébé aux bébés.
  5. Parce que le format convient parfaitement aux petites mains : entre couverture moelleuse, pages cartonnées, pages éventails qui ouvrent sur une troisième image ou les petits volets à soulever pour découvrir une surprise.
  6. Parce que le dessin est réaliste au niveau des expressions et de la physionomie du tout petit entre le visage tout rond, les fesses enveloppées dans une couche, mais aussi dans les émotions ou la gestuelle, les petites « maladresses ».
  7. Parce que Jeanne Ashbé sait se mettre dans la tête de bébé pour décrire ses émotions dans l’exploration et la découverte de son quotidien. Avec intelligence et bienveillance, elle représente la façon dont le jeune enfant s’approprie le monde qui l’entoure.
  8. Parce que le texte parle aux bébés de la même manière que l’adulte, en les interpellant par des « ah! » et des « oh! »
  9. Parce que le texte a une musicalité qui résonne avec l’enfance et qu’il compte autant que l’image
  10. Et parce que chaque album de la série s’ouvre et se ferme de la même façon, comme un rituel rassurant: « Ah! Voilà Lou. Et Mouf. Bonjour Lou!« , « Au revoir, Lou!« .

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Pour ce billet, Isabelle est allée chercher l’un des trésors de son île : Non ! L’un des tous premiers albums avec lesquels elle a instauré le moment quotidien de lecture en famille. C’est l’histoire d’un petit poisson rouge qui a faim. Enfin… faim d’un bonbon. Mais grand poisson rouge a dit « non », déclenchant un rapport de force qui monte en intensité…

Dix raisons de plonger avec petit poisson rouge !

1 – Pour le petit format carré très maniable de ce livre, même par les petites mains de bébé.

2 – Et pour ses pages cartonnées qui résistent à tous les usages des dévoreurs de livres en herbe, y compris les plus affamés.

3 – Parce qu’en quelques pages, Jeanne Ashbé parvient à raconter une vraie histoire, avec ce qu’il faut de tension dramatique !

4 – Parce que cette histoire est un bonheur de lecture à voix haute qui se prête à être jouée avec force expressions, intonations et grimaces.

5 – Pour la musicalité et le rythme du texte qui résonne comme une comptine qui berce les tous petits avant même qu’ils aient l’âge de saisir le texte.

6 – Parce que ces rimes sont sublimées par des mots réjouissants, pêchés dans les fonds marins : la soupe aux vairons et la tourte au plancton, vous n’avez jamais goûté ?

7 – Parce que quand les petits lecteurs grandiront, ils apprécieront cette histoire qui parle de façon très juste des situations d’opposition entre enfants et parents, souvent mêlées d’amour malgré tout.

8 – Pour les jolis graphismes chatoyants qui accrochent l’œil et sont imprégnés de l’esprit des dessins d’enfants : quelques traits, et un univers se déploie où l’histoire peut commencer !

9 – Pour le dénouement qui donne envie de se tomber dans les bras.

10 – Parce que cet album est de ceux qu’on relit si souvent qu’on les connaît encore par cœur, des années plus tard…

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Si HashtagCéline connaissait les albums de Jeanne Ashbé, c’est véritablement à la naissance de ses enfants qu’elle s’est mise à les explorer avec un regard neuf. Et puis, en 2018, il y a eu cette rencontre avec Jeanne Ashbé, lors d’un temps fort autour de la petite enfance . En voyant l’autrice raconter Pas de loup face à un public captivé, HashtagCéline a été bluffée et cet album est venu rejoindre la bibliothèque familiale, s’y imposant par sa simplicité et son efficacité.

Pam Papam Papam, dix bonnes raisons de lire Pas de loup

1 – Si cet album peut paraître déstabilisant au premier abord, je vous assure, c’est un bonheur à lire à voix haute. Il faut vraiment le tester pour s’en rendre compte !

2 – Pam papam papam, reum reum reum reum… le texte semble d’une apparente banalité. Avec les tout-petits, grâce aux répétitions des sonorités, on accroche tout de suite l’attention. Succès assuré. Et participation garantie.

3 – Il y a un vrai rythme dans cet album. Un rythme que l’on peut adapter à sa propre envie de lecture. De façon rapide ou lente, chaque page laisse une grande liberté dans la cadence adoptée !

4 – Pas de loup est coloré. Le graphisme est vif et simple. Très contrastées, les illustrations sont aussi d’une grande diversité : carreaux noirs et blancs, grandes bandes jaunes et oranges, mains roses sur fond vert… C’est une découverte à chaque page tournée !

5 – Cet album est plein de surprises. Il y a des rabats qui se déplient sur chaque page de droite, laissant apparaître un élément étonnant. Cela fait mouche à chaque fois.

6 – Les enfants sont acteurs dans cet album. Entre les bruits qu’ils peuvent facilement reproduire, les rabats qu’ils peuvent soulever, cela en fait un album parfait à lire avec eux ou à leur laisser feuilleter seuls.

7 – Comme à chaque fois avec Jeanne Ashbé, les thèmes choisis, au fil des pages, sont adaptés à l’univers des tout-petits.

8 – Jeanne Ashbé l’a elle-même avoué : cet album est l’un de ses préférés.

9 – Dans cet album, avez-vous bien cherché…? Il n’y a pas de loup? Regardez bien. Il y en a un.

10 – Et pour finir, juste parce que cet album a toujours été un bonheur à lire à ma fille même après des dizaines et des dizaines de fois.

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Et vous ? Avez-vous lu Jeanne Ashbé et quels sont ses albums qui vous ont le plus marqué(e) ?

Nos coups de cœur de Mai

Le déconfinement se met en place tout doucement et avec lui l’accès aux médiathèques et librairies devient possible à nouveau.

A l’ombre du grand arbre, nous avons bien entamé nos piles à lire pour partager avec vous nos derniers coups de cœur !

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C’est avec un plaisir immense que Linda et ses ladies ont traversé la Sicile en compagnie de Léonce et son peuple d’ursidés dans cette épopée fantastique qui soulève une réflexion sur la place de l’homme dans la nature.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati, Folio Junior

Son avis est ICI.

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Chez Lucie, on a (re)plongé dans l’univers magique d’Harry Potter. Les cinq premiers tomes ont été dévorés les uns après les autres. Ça a été un grand bonheur de faire découvrir ces romans et de les relire dans leurs jolies rééditions. A ce stade, le « chouchou » reste Le prisonnier d’Azkaban.

Son avis ici, et celui de Linda .

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Pour Alice, c’est un besoin de bonbon sucré, de réconfort et de bienveillance qui s’est fait sentir pendant ce mois de mai particulier. Avec joie, elle s’est replongé dans les 5 tomes de la saga incontournable  » Sauveur & fils » de Marie Aude Murail. Quel régal !

Le Tome 3 reste mon préféré, mais lisez les tous d’urgence, si vous ne les connaissez pas encore !

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Pour Claudia, le roman Esperluette de Anne Vantal est un grand moment de lecture.

Un récit court et éloquent sur un amour fusionnel entre deux enfants, puis devenus ados. Un texte puissant et très beau à découvrir de la collection D’une seule voix chez Actes Sud junior.

Son avis est ICI.

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Sur l’île aux trésors, Isabelle et ses garçons ont craqué pour l’adaptation BD de Sacrées Sorcières, par Pénélope Bagieu. Il fallait être culottée pour s’attaquer à ce monument de la littérature jeunesse, quel bonheur de voir le résultat ! L’occasion aussi de relire le roman original de Roald Dahl, lui aussi paru chez Gallimard Jeunesse.

Son avis et celui de Bouma. Et par ici pour en savoir plus sur le roman !

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Dans son Méli-Mélo de livres, Pépita a vibré, ri, pleuré, pour un SOLEIL GLACE : non, ce n’est pas un nom de glace, mais un roman lumineux sur la différence, sur l’apprivoisement (ça se dit ?), sur les liens familiaux, sur les bêtises, sur….Il y a tant à en dire ! Séverine Vidal signe là un chef d’œuvre d’humanité et c’est édité chez Robert Laffont, collection R. Ne le manquez pas !

Son avis ICI

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HashtagCéline se réjouit d’avoir rencontré des personnes formidables : les Mortemer. Dans la lignée d’autres chroniques familiales marquantes comme Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh, Falalalala d’Emilie Chazerand ou Oh, boy ! de Marie-Aude Murail, Célia Garino nous invite à faire la connaissance des enfants des Feuillantines, des cousins et des cousines, des frères et des soeurs dont les mères respectives brillent par leur absence. De l’émotion et beaucoup d’humour pour ce roman de 500 pages qui se lit pourtant d’une traite.

Les enfants des Feuillantines de Célia Garino , Sarbacane 2020.

Son avis ICI.

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Ada reprend goût à la lecture, après des semaines de jeûne littéraire, grâce à une pièce de théâtre glissée dans notre joli swap de Noël par Alice . Il s’agit de Prête-moi tes ailes de Dominique Paquet, publié aux éditions Théâtrales jeunesse en 2019. On y suit les discussions profondes et lumineuses du jeune Louis et de son amie Libellule. Louis est en colère, on ricane autour de lui. On ricane de lui. Parce qu’il danse. Alors Louis s’interroge.

 » Pourquoi ne faut-il pas mentir ? « 

« Qui suis-je moi qui suis différent des autres ? »

« Pourquoi je me sens à la fois fille et garçon ? »

« Pourquoi suis-je Moi ? »

« Pourquoi le monde existe ? »

Prête moi tes ailes de Dominique Paquet, étions théâtrales jeunesse, 2019.