Nos classiques préféré.e.s : Jeanne Ashbé.

Nous poursuivons nos rendez-vous consacrés aux “classiques de la littérature jeunesse” avec Jeanne Ashbé. Avec plus d’une soixantaine d’albums à son actif, cette autrice-illustratrice a joué un rôle primordial dans le développement de la littérature pour les tout-petits auxquels elle sait s’adresser avec beaucoup de tendresse et d’efficacité.

https://www.ecoledesloisirs.fr/auteur/jeanne-ashbe

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Dans la collection de papillons d’Ada, il y a le souvenir émerveillé de la découverte dans nos bibliothèques préférées des petits albums souples de Jeanne Ashbé alors que mes deux Petits-Pilotes étaient encore bébés. Nous n’en avons pas achetés beaucoup, car justement nos bibliothèques avaient misé sur cette autrice-illustratrice et nous en avons toujours facilement trouvés. Mais il y en a un que nous gardons précieusement, c’est Au revoir !

Les 10 raisons qui expliquent pourquoi ce petit livre là est conservé chez nous comme un trésor

  1. Parce qu’il évoque un moment clé dans la vie d’un tout petit : le moment de la séparation, un moment que les parents appréhendent et qu’ils ne savent pas toujours comment aborder. Ce petit livre permet de dédramatiser. Et c’est à cela qu’il a « servi » au moment où mes deux garçons sont allés chez Nounou pour la première fois.
  2. Parce que les bouilles des bébés de ce petit album sont irrésistibles, rondes, roses avec juste ce qu’il faut de rouge aux joues, de grands fronts dégarnis, de petits yeux noirs, et des expressions tellement sincères, du rire aux larmes, de la colère à la confiance.
  3. Parce que l’alternance image à gauche, texte à droite, texte à gauche, image à droite crée comme un rythme particulier pour le regard du tout-petit.
  4. Parce qu’il y a de la matière dans la technique d’illustration de Jeanne Ashbé, de la peinture généreuse et lumineuse à toutes les pages.
  5. Parce qu’avec une grande simplicité, de nombreuses situations de séparation de la vie quotidienne sont abordées : une visite chez des ami.e.s, la journée chez nounou, le départ du zoo, les vacances chez mamie, le départ de Bon-papa, et bien sûr l’heure du coucher. Tous ces moments qui sont pour le tout-petit qui les découvre des moments de grande inconnue.
  6. Parce qu’à travers toutes ces situations, c’est à tout l’entourage proche du bébé à qui l’album rend hommage. Tous les êtres chers sont ici réunis : les parents, les grands-parents, nounou, les copains, les copines.
  7. Parce que la petite ritournelle qui accompagne la litanie des séparations est un enchantement pour les petites oreilles qui découvrent un récit structuré par cette étrange expression, promesse de bonheur à venir : « Au revoir, au revoir ! »
  8. Mais les jeux de langage ne s’arrêtent pas là : le texte se présente comme une petite comptine avec de nombreux échos, des mots qui se répètent, des mots qui riment, des mots qui sont rigolos. Le jeu prend peu à peu le dessus sur la déception de devoir se quitter.
  9. Parce que finalement tout l’album est une invitation au langage, ici le bébé du livre parle à travers ce « je » propre à l’identification littéraire, invitant le tout-petit à entendre à travers la voix du lecteur, de la lectrice sa propre voix, de petit roseau pensant.
  10. Parce que lire des livres à mes bébés fut un des moments les plus précieux de mes débuts en tant que maman, grâce à Jeanne Ashbé ces moments ont été facilités !

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Dans le Méli-Mélo de livres de Pépita, peu de livres chroniqués de Jeanne Ashbé mais pourtant une bibliothèque qui laisse une part belle à ses livres. Donc difficile de choisir… Mais il y en a un qui a une place toute particulière.

Et pit et pat… voici pourquoi en 10 explorations

  1. Cet album rappelle combien la découverte est constitutive du tout-petit.
  2. Mais surtout rappelle à l’adulte la vision que peut avoir le tout-petit dans sa découverte quotidienne du monde.
  3. Pas besoin d’aller bien loin, TOUT est découverte et imaginaire !
  4. Cet album induit aussi profondément le besoin d’être rassuré.
  5. Les sonorités : Et « pit et pat », « non pi non pa », très rythmées, balisent le chemin des petits pas du tout-petit : on peut non seulement le suivre, mais l’entendre ! Exactement comme quand l’adulte le laisse découvrir mais étant en alerte pour ne pas qu’il se mette en danger.
  6. L’adulte est du coup invisible sur ces pages, mais il est bien là : comme spectateur de son tout-petit explorateur-acteur.
  7. Les objets du quotidien, dans leur transformation, constituent un petit jeu que même un grand frère ou une grande sœur peuvent apprécier. Ils sont vivants ces objets, ont leur vie propre. C’est aussi le cas dans l’imaginaire des enfants.
  8. Les coloris chaleureux avec leur unité de tons donnent un espace rassurant dans ces objets déformés et grandioses.
  9. C’est un album que j’utilise en formation petite enfance pour ce qu’il oblige à se mettre à la portée du tout-petit et à lui laisser l’espace nécessaire dans son appropriation de ce qui lui est donné à lire.
  10. En un mot un album idéal sur l’autonomie aussi bien pour le tout-petit que pour l’adulte. C’est ça le secret des albums de Jeanne Ashbé : savoir s’adresser aux deux !

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Chez sir this and lady that, il n’y a pas de livres de Jeanne Ashbé car la médiathèque en proposait toutes les publications. Si nous en avons acheté quelques uns, ils sont aujourd’hui rangés et remisés dans un carton pour le jour où une nouvelle génération de bébés viendra agrandir la famille. Pourtant, il existe un souvenir tout particulier pour la série Lou et Mouf qui figure en tête des livres de bébés les plus lus lorsque les petites ladies étaient très jeunes; le souvenirs de leurs petites mains s’emparant encore et encore des différents volumes à chacun de nos passages dans le rayon des tout petits et du plaisir évident que la lecture provoquait en elles.

Lou et Mouf… en 10 petits plaisirs

  1. Parce que Lou est un enfant sans genre qui permet à tous les bébés de s’y identifier.
  2. Parce que Lou découvre le monde par l’expérimentation; ses parents lui laissant par ailleurs la place dont il a besoin pour découvrir, arpenter, expérimenter à sa guise.
  3. Parce qu’à l’image des petits lecteurs, Lou emmène Mouf, son doudou, partout avec lui.
  4. Parce que bébé est au cœur de l’histoire ; les parents n’apparaissent pas vraiment. Jeanne Ashbé choisit de raconter le quotidien de bébé aux bébés.
  5. Parce que le format convient parfaitement aux petites mains : entre couverture moelleuse, pages cartonnées, pages éventails qui ouvrent sur une troisième image ou les petits volets à soulever pour découvrir une surprise.
  6. Parce que le dessin est réaliste au niveau des expressions et de la physionomie du tout petit entre le visage tout rond, les fesses enveloppées dans une couche, mais aussi dans les émotions ou la gestuelle, les petites « maladresses ».
  7. Parce que Jeanne Ashbé sait se mettre dans la tête de bébé pour décrire ses émotions dans l’exploration et la découverte de son quotidien. Avec intelligence et bienveillance, elle représente la façon dont le jeune enfant s’approprie le monde qui l’entoure.
  8. Parce que le texte parle aux bébés de la même manière que l’adulte, en les interpellant par des « ah! » et des « oh! »
  9. Parce que le texte a une musicalité qui résonne avec l’enfance et qu’il compte autant que l’image
  10. Et parce que chaque album de la série s’ouvre et se ferme de la même façon, comme un rituel rassurant: « Ah! Voilà Lou. Et Mouf. Bonjour Lou!« , « Au revoir, Lou!« .

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Pour ce billet, Isabelle est allée chercher l’un des trésors de son île : Non ! L’un des tous premiers albums avec lesquels elle a instauré le moment quotidien de lecture en famille. C’est l’histoire d’un petit poisson rouge qui a faim. Enfin… faim d’un bonbon. Mais grand poisson rouge a dit « non », déclenchant un rapport de force qui monte en intensité…

Dix raisons de plonger avec petit poisson rouge !

1 – Pour le petit format carré très maniable de ce livre, même par les petites mains de bébé.

2 – Et pour ses pages cartonnées qui résistent à tous les usages des dévoreurs de livres en herbe, y compris les plus affamés.

3 – Parce qu’en quelques pages, Jeanne Ashbé parvient à raconter une vraie histoire, avec ce qu’il faut de tension dramatique !

4 – Parce que cette histoire est un bonheur de lecture à voix haute qui se prête à être jouée avec force expressions, intonations et grimaces.

5 – Pour la musicalité et le rythme du texte qui résonne comme une comptine qui berce les tous petits avant même qu’ils aient l’âge de saisir le texte.

6 – Parce que ces rimes sont sublimées par des mots réjouissants, pêchés dans les fonds marins : la soupe aux vairons et la tourte au plancton, vous n’avez jamais goûté ?

7 – Parce que quand les petits lecteurs grandiront, ils apprécieront cette histoire qui parle de façon très juste des situations d’opposition entre enfants et parents, souvent mêlées d’amour malgré tout.

8 – Pour les jolis graphismes chatoyants qui accrochent l’œil et sont imprégnés de l’esprit des dessins d’enfants : quelques traits, et un univers se déploie où l’histoire peut commencer !

9 – Pour le dénouement qui donne envie de se tomber dans les bras.

10 – Parce que cet album est de ceux qu’on relit si souvent qu’on les connaît encore par cœur, des années plus tard…

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Si HashtagCéline connaissait les albums de Jeanne Ashbé, c’est véritablement à la naissance de ses enfants qu’elle s’est mise à les explorer avec un regard neuf. Et puis, en 2018, il y a eu cette rencontre avec Jeanne Ashbé, lors d’un temps fort autour de la petite enfance . En voyant l’autrice raconter Pas de loup face à un public captivé, HashtagCéline a été bluffée et cet album est venu rejoindre la bibliothèque familiale, s’y imposant par sa simplicité et son efficacité.

Pam Papam Papam, dix bonnes raisons de lire Pas de loup

1 – Si cet album peut paraître déstabilisant au premier abord, je vous assure, c’est un bonheur à lire à voix haute. Il faut vraiment le tester pour s’en rendre compte !

2 – Pam papam papam, reum reum reum reum… le texte semble d’une apparente banalité. Avec les tout-petits, grâce aux répétitions des sonorités, on accroche tout de suite l’attention. Succès assuré. Et participation garantie.

3 – Il y a un vrai rythme dans cet album. Un rythme que l’on peut adapter à sa propre envie de lecture. De façon rapide ou lente, chaque page laisse une grande liberté dans la cadence adoptée !

4 – Pas de loup est coloré. Le graphisme est vif et simple. Très contrastées, les illustrations sont aussi d’une grande diversité : carreaux noirs et blancs, grandes bandes jaunes et oranges, mains roses sur fond vert… C’est une découverte à chaque page tournée !

5 – Cet album est plein de surprises. Il y a des rabats qui se déplient sur chaque page de droite, laissant apparaître un élément étonnant. Cela fait mouche à chaque fois.

6 – Les enfants sont acteurs dans cet album. Entre les bruits qu’ils peuvent facilement reproduire, les rabats qu’ils peuvent soulever, cela en fait un album parfait à lire avec eux ou à leur laisser feuilleter seuls.

7 – Comme à chaque fois avec Jeanne Ashbé, les thèmes choisis, au fil des pages, sont adaptés à l’univers des tout-petits.

8 – Jeanne Ashbé l’a elle-même avoué : cet album est l’un de ses préférés.

9 – Dans cet album, avez-vous bien cherché…? Il n’y a pas de loup? Regardez bien. Il y en a un.

10 – Et pour finir, juste parce que cet album a toujours été un bonheur à lire à ma fille même après des dizaines et des dizaines de fois.

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Et vous ? Avez-vous lu Jeanne Ashbé et quels sont ses albums qui vous ont le plus marqué(e) ?

Nos coups de cœur de Mai

Le déconfinement se met en place tout doucement et avec lui l’accès aux médiathèques et librairies devient possible à nouveau.

A l’ombre du grand arbre, nous avons bien entamé nos piles à lire pour partager avec vous nos derniers coups de cœur !

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C’est avec un plaisir immense que Linda et ses ladies ont traversé la Sicile en compagnie de Léonce et son peuple d’ursidés dans cette épopée fantastique qui soulève une réflexion sur la place de l’homme dans la nature.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati, Folio Junior

Son avis est ICI.

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Chez Lucie, on a (re)plongé dans l’univers magique d’Harry Potter. Les cinq premiers tomes ont été dévorés les uns après les autres. Ça a été un grand bonheur de faire découvrir ces romans et de les relire dans leurs jolies rééditions. A ce stade, le « chouchou » reste Le prisonnier d’Azkaban.

Son avis ici, et celui de Linda .

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Pour Alice, c’est un besoin de bonbon sucré, de réconfort et de bienveillance qui s’est fait sentir pendant ce mois de mai particulier. Avec joie, elle s’est replongé dans les 5 tomes de la saga incontournable  » Sauveur & fils » de Marie Aude Murail. Quel régal !

Le Tome 3 reste mon préféré, mais lisez les tous d’urgence, si vous ne les connaissez pas encore !

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Pour Claudia, le roman Esperluette de Anne Vantal est un grand moment de lecture.

Un récit court et éloquent sur un amour fusionnel entre deux enfants, puis devenus ados. Un texte puissant et très beau à découvrir de la collection D’une seule voix chez Actes Sud junior.

Son avis est ICI.

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Sur l’île aux trésors, Isabelle et ses garçons ont craqué pour l’adaptation BD de Sacrées Sorcières, par Pénélope Bagieu. Il fallait être culottée pour s’attaquer à ce monument de la littérature jeunesse, quel bonheur de voir le résultat ! L’occasion aussi de relire le roman original de Roald Dahl, lui aussi paru chez Gallimard Jeunesse.

Son avis et celui de Bouma. Et par ici pour en savoir plus sur le roman !

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Dans son Méli-Mélo de livres, Pépita a vibré, ri, pleuré, pour un SOLEIL GLACE : non, ce n’est pas un nom de glace, mais un roman lumineux sur la différence, sur l’apprivoisement (ça se dit ?), sur les liens familiaux, sur les bêtises, sur….Il y a tant à en dire ! Séverine Vidal signe là un chef d’œuvre d’humanité et c’est édité chez Robert Laffont, collection R. Ne le manquez pas !

Son avis ICI

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HashtagCéline se réjouit d’avoir rencontré des personnes formidables : les Mortemer. Dans la lignée d’autres chroniques familiales marquantes comme Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh, Falalalala d’Emilie Chazerand ou Oh, boy ! de Marie-Aude Murail, Célia Garino nous invite à faire la connaissance des enfants des Feuillantines, des cousins et des cousines, des frères et des soeurs dont les mères respectives brillent par leur absence. De l’émotion et beaucoup d’humour pour ce roman de 500 pages qui se lit pourtant d’une traite.

Les enfants des Feuillantines de Célia Garino , Sarbacane 2020.

Son avis ICI.

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Ada reprend goût à la lecture, après des semaines de jeûne littéraire, grâce à une pièce de théâtre glissée dans notre joli swap de Noël par Alice . Il s’agit de Prête-moi tes ailes de Dominique Paquet, publié aux éditions Théâtrales jeunesse en 2019. On y suit les discussions profondes et lumineuses du jeune Louis et de son amie Libellule. Louis est en colère, on ricane autour de lui. On ricane de lui. Parce qu’il danse. Alors Louis s’interroge.

 » Pourquoi ne faut-il pas mentir ? « 

« Qui suis-je moi qui suis différent des autres ? »

« Pourquoi je me sens à la fois fille et garçon ? »

« Pourquoi suis-je Moi ? »

« Pourquoi le monde existe ? »

Prête moi tes ailes de Dominique Paquet, étions théâtrales jeunesse, 2019.

Franck Prévot

C’est par les éditions HongFei que nous avons appris hier la disparition soudaine de Franck Prévot.

Voici leur hommage que nous relayons ici :

Endeuillées,
Frappées de stupeur,
Attristées,
Démunies,
Unies dans la douleur avec son épouse, ses trois enfants, ses proches et amis,
Les éditions HongFei ont le grand regret d’avoir appris le décès de Franck Prévot, auteur de plusieurs albums publiés par notre maison depuis 2016, un ami.

Franck écrivait des histoires et de la poésie.
Ses textes lus par mille gens, ceux-là voulurent le rencontrer. Il aima ces gens et ces rencontres.
Elles lui donnèrent mille occasions d’inviter qui le voulait à écrire sa poésie. Et chacun devenait poète en sa présence.
Mais aujourd’hui est vide.
Jusque-là, Franck faisait vivre ses textes auprès des lecteurs petits, grands ou vieux et autres émerveillés. Désormais, c’est à ses textes de faire vivre sa voix.

Franck a choisi sa manière de donner. Avec la même liberté, nous recevons, reconnaissants.

Loïc Jacob et Chun-Liang Yeh, éditeurs
Le 29 mai 2020.

Voici quelques-uns de ses livres que nous aimons particulièrement

Un album qui enfle le cœur tant la beauté qui s’en dégage ne peut qu’émouvoir : un hymne pour célébrer la force et le mystère de la poésie.

La chronique de Pépita

Un magnifique album qui retrace le combat de cette femme africaine désormais célèbre dans le monde entier et Prix Nobel de la paix en 2004. Un combat pour la planète, les droits des femmes et la liberté.

Une belle histoire d’amour mais quand on a 10 ans, on fait comment ? Poésie pure !

Sous la direction de Romain Galissot et Philippe Lesgourgues, Franck Prévot aux textes, ce ne sont pas moins de 11 illustrateurs qui apportent leur contribution, souvent facétieuse, à cette encyclopédie revisitée.
11 thèmes d’origine sont revisités à leur manière, en les actualisant, ou en y ajoutant des articles de fiction, le tout servi par les illustrations de chacun avec leur personnalité. Une cohérence est respectée dans l’articulation textes/images, la qualité graphique est absolument irréprochable. L’esprit de l’origine, au service de la vulgarisation des connaissances, est magnifiquement mis en scène.

La chronique de Pépita

Des pensées profondes, de la dérision, de l’humour, des clins d’œil ! Des recueils de poésie à lire et relire.

Et son dernier album, sorti en mars 2019 chez les éditions Nathan.

LA VRAIE VÉRITÉ SUR LE SECRET DE LA MAÎTRESSE

Notre maîtresse, elle a un secret de magie ! Elle a des lunettes qui transforment les mots écrits en mots à dire. Mais, nous, on ne sait pas encore lire. Alors heureusement qu’elle est là, avec ses lunettes magiques ! Mais un jour… ELLE A OUBLIÉ SES LUNETTES !

La chronique de Claudia

Des livres jeunesse incontournables à découvrir ou à relire.

Lecture d’enfant #30 : Beats of Olympus, tome 1 : Un amour de monstre

Pendant le confinement, Antoine a beaucoup lu. Je lui ai donc proposé de présenter un livre qu’il avait aimé, de manière à donner à d’autres personnes envie de le découvrir sur ce blog. Ce projet l’a enthousiasmé. Voici sa présentation, suivie du compte-rendu de notre discussion téléphonique.

Je m’appelle Antoine, j’ai 8 ans, je suis en CE2 et j’ai envie de vous parler de ce livre : Beasts of Olympus, tome 1, Un amour de monstre. Il raconte l’histoire d’un garçon qui s’appelle Pandémonius et qui est le fils de Pan (le dieu des bergers). Il adore les animaux et a le pouvoir de parler avec eux. Il vit avec sa maman qui est humaine, mais un jour son père décide de l’emmener sur le mont Olympe, pour qu’il débarrasse les étables divines de leur puanteur monstrueuse, et soigne les bêtes légendaires des dieux grecs.

Beasts of Olympus, tome 1, Un amour de monstre de Lucy Coats
Le Livre de Poche Jeunesse

Pourquoi as-tu choisi ce livre en particulier ?
J’aime beaucoup la mythologie, les aventures et les dieux. Ce livre regroupe tous ces éléments, c’est pour ça que je l’ai choisi.

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?
J’ai aimé que le héros, Pandémonius, ait peur au début parce qu’il croit que son père l’emmène sur le mont Olympe pour un sacrifice. J’ai aussi aimé sa rencontre avec tous les dieux grecs.
J’aime que la boîte qui aide Pandémonius à guérir les animaux en lui indiquant les médicaments à leur donner utilise des mots compliqués.

Connaissais-tu la mythologie grecque avant de lire ce livre ?
Quand j’étais petit, ma maman me racontait des légendes grecques, surtout l’histoire d’Ulysse. C’est comme ça que j’ai découvert la mythologie et que j’ai commencé à aimer. D’ailleurs, ce roman s’inspire des vrais dieux et héros de la mythologie.

Quelles relations Pandémonius entretient-il avec les animaux dont il s’occupe ?
Les animaux légendaires lui racontent leurs histoires et, aidé par la boîte magique, il peut les soigner. L’animal avec lequel il a le plus de relations est Arnie, un griffon qui a très mauvais caractère.

Quel est ton personnage préféré ?
C’est difficile de choisir. J’aime bien Arnie, Pandémonius et les dieux.

Qui est l’« amour de monstre » du titre de ce tome ?
Je ne crois pas que ce soit un monstre en particulier, c’est plutôt Pandémonuis qui se met à apprécier les créatures dont il s’occupe.

As-tu lu les autres tomes ?
Oui, il y a six tomes et je les ais tous lus. Ils sont indépendants mais il vaut mieux les lire dans l’ordre quand même. J’ai tellement aimé que j’en ai parlé à mes parents et ils ont commencé à les lire aussi. Mon papa commence le premier tome et ma maman en est au troisième.

Merci à Antoine pour ce moment de partage. Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai hâte de découvrir Beasts of Olympus !

Lecture commune : Akita et les grizzlys

Lorsque les mots de Caroline Solé rencontrent le pinceau de Gaya Wisniewski, cela donne un très joli roman initiatique. Et un palmarès impressionnant, avec notamment une pépite à Montreuil et une nomination pour le prix Sorcières. Akita nous entraîne dans un univers polaire à couper le souffle où il s’agit d’affronter les éléments, mais surtout de mystérieux grizzlys. Ce roman nous a enchantées au point d’avoir envie de prolonger cette lecture en revenant sur plusieurs points marquants…

Akita et les grizzlys, de Caroline Solé et Gaya Wisniewski. L’école des loisirs, 2019.

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Isabelle: Qu’est-ce qui vous a donné envie de braver le froid pour faire la connaissance d’Akita ?

Pépita : Je ne serais pas allée le lire s’il n’avait pas été pépite à Montreuil et nommé aux Sorcières, c’est clair ! Le froid, la banquise, c’est pas mon truc. Et puis il y a aussi l’illustratrice dont j’aime le travail. Alors, cela a suffi ! Et franchement, je ne regrette pas.

Isabelle : C’est drôle que dises ça, Pépita, nous on a immédiatement été attirés par ce livre parce qu’on ADORE les livres qui nous entraînent en région polaire. Et donc les illustrations de Gaya Wisniewski qui sait si bien sublimer l’hiver !

Bouma : Pour moi, la Pépite a joué, bien sûr. Et aussi le nom de Caroline Solé dont j’avais adoré le premier roman La Pyramide des besoins humains.

Isabelle : Le titre annonce des grizzlys, des animaux un peu effrayants, non ?

Pépita : Oui ! je me suis dit : voyons voir, ça ressemble à quoi cette bête-là ? À de gros ours !!! Et mon imagination a galopé…

Isabelle : Comme toi, j’ai imaginé d’énormes animaux pas très rassurants pour cette toute petite fille sur la couverture. Nous avons donc, d’un côté, Akita, et de l’autre, ces inquiétants grizzlys qui ne sont pas forcément ceux qu’on attendait.

Bouma : Grizzlys n’est pas forcément synonyme d’effrayant dans mon imaginaire, en tant que cousins des ours. Je me suis juste dit qu’il s’agissait de gros animaux de cette région froide du monde où sembler habiter Akita.

Isabelle : Justement, parlons un peu d’elle. Comment décririez-vous Akita ?

Pépita : Quelle petit bout de femme ! Elle sait ce qu’elle veut ! On ne dirait pas qu’elle va avoir 7 ans, on dirait déjà une ado en puissance ! Mais en même temps, elle aime profondément sa famille et elle est respectueuse des coutumes.

Bouma : Je rejoins l’avis de Pépita. Akita est une petite fille pleine de vie et de détermination. Mais derrière cette carapace, on sent aussi une certaine fragilité, une envie de se faire accepter malgré les différences profondes qu’elle semble manifester.

Isabelle : Oui, Akita est un tourbillon d’énergie et d’émotions et, en même temps, elle a quelque chose de fragile qui m’a touchée. À la fois dans sa solitude, liée à sa différence, qu’elle voudrait bien pouvoir surmonter. Elle a aussi la fragilité de ceux qui grandissent : cela demande une bonne dose de courage d’aller de l’avant quand on est à la charnière entre deux âges.

Isabelle : Pour dompter les fameux grizzlys qui se déchaînent parfois en Akita, ses parents l’emmènent voir une glooglooka – encore une dénomination intrigante, voire un peu inquiétante ! Comment avez-vous lu cette expérience initiatique ?

Pépita : J’ai été très intriguée mais rapidement, j’ai fait l’association avec une psychologue. C’est une bien jolie manière dans ce roman pour un jeune public d’apporter du merveilleux, j’ai trouvé. Et dire ce mot à haute voix, c’est jubilatoire. Mais comme Akita se prête assez de bonne grâce à cette visite, même si elle ronchonne un peu, on se dit qu’il ne peut pas en sortir du mauvais. Elle va avoir 7 ans aussi, Akita, elle attend avec impatience. C’est comme un rite, oui, un passage. Bien symbolisé par la grotte dans laquelle elle pénètre…

Bouma : Moi aussi j’y ai tout de suite vue la figure d’une psychologue, allant de soi avec la métaphore des grizzlys pour symboliser des colères incontrôlables. Mais l’écriture de Caroline Solé dessine un aspect magique à l’ensemble et en donne donc une toute autre vision à l’enfant lecteur. C’est une rencontre importante pour la jeune Akita que de se retrouver face à cette figure imposante. Pourtant, on sent tout de suite de la bienveillance et de l’écoute chez cette figure…

Isabelle : Je vous rejoins tout à fait. La visite chez la googlooka, c’est quelque chose qui semble impressionnant, voire inquiétant, a priori. Et finalement j’y ai vu comme vous une très jolie façon de parler de l’aide que peut apporter une personne extérieure dans les moments difficiles. J’ai été épatée par la densité métaphorique de ce petit roman qui parle de beaucoup de sujets importants, qu’il s’agisse de l’épreuve de grandir, de la souffrance de se sentir différent, du rôle des expériences initiatiques et du bien que cela peut faire d’accepter l’aide d’autrui… Des thèmes qui parleront sans doute à toutes et tous.

Proposer quelque chose d’aussi universel à partir d’un univers aussi lointain que celui d’Akita, c’est fort, non ?

Pépita : J’ai trouvé que les métaphores étaient remarquables ! Personnellement, je n’ai jamais rien lu d’aussi abouti sur les émotions. Et je me dis que cette façon d’aborder les colères parlera bien à l’imaginaire des enfants. La distance permet l’appropriation pour moi. J’ai été bluffée par la richesse de ce petit roman.

Bouma : Exactement. Et ce que j’apprécie également beaucoup, c’est qu’un lecteur qui n’aurait pas envie d’y lire ces métaphores peut aussi rester sur l’histoire au premier degré et l’apprécier tout autant. Il y a plusieurs niveaux de lecture, chacun y trouvera ce qui lui parle.

Isabelle : Ce roman est illustré de bout en bout par Gaya Wisniewski : qu’avez-vous pensé de sa proposition et quel impact a-t-elle eu sur votre lecture ?

Bouma : J’avoue que ce n’est pas le style d’illustration que je préfère. Mais le trait léger du pinceau de cette illustratrice apporte une belle complémentarité à l’histoire.

Pépita : Je trouve les illustrations superbes ! Les contours flous, les coloris lumineux, tout concourt à rendre l’atmosphère du grand Froid (on sentirait presque sa morsure) et le côté mystérieux et irréel de cette histoire.

Isabelle : J’ai trouvé que le texte et les illustrations se faisaient parfaitement écho pour composer un univers très incarné, fait de grandes immensités neigeuses, de chiens de traineau, d’aurores boréales et de cristaux scintillants… Gaya Wisniewski, que l’on connaissait déjà grâce à ses albums Mon bison et Chnourka est dans son élément avec cet univers polaire et cette histoire de petite fille et d’animaux. Je rejoins Pépita, elle n’a pas son pareil pour nous transporter dans le grand froid dont elle nous fait presque ressentir le frisson et le silence ! En quelques traits, elle parvient aussi à représenter de façon très expressive le désarroi d’Akita ou l’amusement de la glooglooka. Et la technique de l’aquarelle se prête pour réaliser des fondus qui donnent libre cours à l’imagination. Ce sont ces dessins-là que j’ai le plus aimés.

Qu’avez-vous retenu de cette lecture ?

Pépita : Ce que j’en ai retenu, c’est le parcours initiatique métaphorique. C’est surprenant, doux et beau à la fois.

Isabelle : Pour ma part, je retiens une restitution très juste, par le texte comme par les illustrations, d’émotions qui peuvent être dévorantes. Et un message optimiste sur le réconfort que peut apporter la main tendue, notamment celle du/de la psychologue.

À qui auriez-vous envie de faire découvrir Akita et les grizzlys ?

Bouma : C’est un beau texte que je pourrais conseiller aux parents qui ont des enfants plus âgés que la maternelle sur la gestion des émotions, en conseillant aux parents de le lire aussi !

Pépita : Je le conseillerais aussi aux adultes.

Isabelle : J’ai été ravie de partager cette lecture avec mes enfants et je me suis empressée de la faire découvrir à mes petites nièces. Mais je vous rejoins, c’est un livre qui peut toucher à tout âge !

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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter les avis de Pépita et Isabelle. N’hésitez pas non plus à nous donner votre ressenti sur ce roman : vous fait-il envie ? Peut-être l’avez-vous déjà lu et qu’en avez-vous pensé ?