Billet d’été – Le premier pas du voyage

C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse, de corps comme d’esprit.
Et si tous débutent par un premier pas, nous ne pouvons savoir jusqu’où ils vont nous mener.

La sélection de Blandine nous emmène sur les chemins et les routes, à pied ou en transports, en vacances, en voyage, seul ou accompagné, entre découvertes, rencontres et retrouvailles, de l’Autre et, surtout, de Soi.

Départ et poursuite

Cette nuit on part en vacances. Charlotte BELLIERE et Ian DE HAES. Alice Editions, 2020

Tout est dans le titre de ce bel album au format à l’italienne.
Les vacances ne commencent pas dès l’arrivée à destination, mais bien dès que la voiture commence à rouler, dès le voyage, et davantage quand il se fait de nuit où les perceptions sont autres.

Entre quelques phases de sommeil, les lumières si particulières enchantent notre petit narrateur qui transforme les différentes étapes du trajet en épiques scènes d’aventures.
Les illustrations aux teintes nocturnes nous baladent tour à tour entre intimité et immensité, entre cadre de la fenêtre ou pleines pages immersives, entre souvenirs et rêveries.

Son avis complet ICI.

Le Tour du Monde en 80 jours. Jean-Michel COBLENCE et Younn LOCARD, Casterman, 2020

Voici le roman de Jules Verne ici adapté en BD (Prix du meilleur album Angoulême de 2020) pour nous restituer l’extraordinaire pari du fortuné Philéas Fogg qui entend bien profiter des nombreuses avancées technologiques en matière de transports pour faire le Tour du Monde en 80 jours.

Bien que réduite, leur formidable épopée reste très fidèle au récit initial dont sont conservés les moments forts. Le texte est sobre, à l’image de Philéas, et adopte un vocabulaire varié riche de considérations de l’époque. Le graphisme au trait fin foisonne de détails, avec un peu de comique, pour notre plus grand plaisir !

Sa chronique LA.

Road-trip : Du voyage à l’apprentissage

Sur mon chemin. Nancy GUILBERT et Séverine DUCHESNE. Alice Jeunesse, 2022

S’inspirant des haïkus, ces petits poèmes japonais qui, en si peu de mots, saisissent toute l’évanescence d’un moment, d’une émotion, et leur empreinte pourtant si profonde sur nous et le temps, Nancy Guilbert et Séverine Duchesne illustrent en mots et images-objets le départ d’un petit garçon vers Sa Vie.

Onirisme des mots, beauté de la Nature, impressions philosophiques, clins d’œil variés, illustrations délicates pour dire la vie et ses traversées, les rencontres et les étapes, la confiance et l’imprévu, la quête identitaire et l’autonomie.

D’apparence simple, cet album, aussi universel qu’intime, est un trésor qui permettra à chacun de trouver ses résonnances et références.

L’article complet ICI.

Au bout du voyage. Meg ROSOFF. Albin Michel Jeunesse, 2014

Mila et ses parents, Gil et Marieka, viennent pour les vacances aux Etats-Unis chez le meilleur ami de son père, Matthew. Mais ce dernier est parti avant leur arrivée, sans mot dire, comme s’il fuyait.
Gil, Mila et Honey, la chienne de Matthew, prennent alors la route vers un chalet au nord de l’état, dans lequel Matthew pourrait se trouver.
Commence alors une véritable quête, géographique et émotionnelle, troublante et révélatrice, ponctuée de discussions favorisées par une météo capricieuse.

Mila, mature malgré ses douze ans, découvre son père sous un nouvel angle et s’interroge sur le décalage des générations, les relations humaines, l’amitié, l’âge adulte, sur ce qui demeure et change alors que la vie, les idéaux de jeunesse et les gens passent.

L’avis complet LA.

La nuit où les étoiles se sont éteintes. Nine GORMAN et Marie ALHINHO. Albin Michel Jeunesse, 2021

Ado cabossé et rebelle, Finn ne croit pas en l’avenir. Il vit au jour le jour, fait ou ne fait pas les choses, fume de la weed et gagne de l’argent en travaillant au café mais surtout dans des combats clandestins pour payer l’avocat de sa mère, qui est en prison. Renvoyé de différentes familles d’accueil, il arrive finalement à la Nouvelle-Orléans chez Cliff, son oncle musicien qu’il ne connaît pas, et intègre bon gré et surtout mal gré une bande de potes au lycée composée de Kenna, Nate, Kurt et Jaeger.

Tout au long de chapitres à la temporalité croisée, nous suivons l’arrivée de Finn et la construction de leur relation ensemble et à chacun, comme leur road-trip à eux tous l’été qui précède la poursuite de leurs études supérieures.

De nombreux thèmes identitaires et difficiles se révèlent au fur et à mesure, rendant les personnages attachants et si réels dans leurs doutes, fragilités, tâtonnements et espérances.

Découvrir l’Humanité par le prisme d’autres êtres ou objets

Il n’y a pas que les Humains qui vont de par le monde et ceux qui sont les voyageurs de ces trois livres ont un fort pouvoir d’évocation et de révélation sur les relations qu’ils entretiennent avec eux et eux avec la Nature.

La Perle. Anne-Margot RAMSTEIN et Matthias ARÉGUI. La Partie, 2021

Le personnage principal de cet album sans texte n’est pas l’humain, mais une perle. Une perle qui va entreprendre un long voyage, à l’échelle d’une vie, à la fois trépidant, angoissant et merveilleux. Un voyage qui nous invite à observer, d’une manière rapprochée ou plus élargie, nos habitudes, nos consommations, nos loisirs, nos espoirs, nos goûts ici ou ailleurs…

Nous invitant à revoir nos perspectives, cet album aussi élégant qu’étonnant nous rappelle combien nous sommes tous liés, qui que nous soyons et d’où que nous soyons.

A l’Ombre du Grand Arbre, nous l’avons tellement aimé que nous en avons fait une Lecture Commune à retrouver ICI.

De l’autre côté de la mer. Yukiko Noritake. Actes Sud Junior, 2022

La mer nous permet de se nourrir, de voyager, de vivre des aventures, de nous apaiser.
Pourtant nous la blessons par nos activités de loisirs, consuméristes et commerciales, par nos gestes et objets quotidiens en apparences anodins et qui, pourtant, la polluent toujours plus.

La mer nous lie et nous relie et l’autrice nous le montre avec cet album grand format à double entrée.
En deux endroits du monde, deux enfants du même âge interrogent leur père sur ce qui se trouve de l’autre côté de l’océan. D’un côté, comme de l’autre de l’album, au fil de leurs réponses qui convoquent souvenirs et connaissances, les illustrations pleine page se meuvent, se remplissent, transforment les paysages. Et le lien indubitable entre tous sur Terre se fait évident.
La mer nous unit, nous permet de nous rencontrer, mais colporte également ce que nous y laissons…
Cet album permet une prise de conscience et un débat écologique plus que nécessaire.

Bulle ou la voix de l’océan. René FALLET. Folio Junior, 1987

Bulle est un magnifique coquillage de l’Océan Indien qui vit dans le Quartier de Lune.
S’il est doué de pensées, Bulle ne peut se déplacer seul et s’en désepère.
Par un extraordinaire concours de circonstances, Bulle, arrive sur un bateau pirate avant d’être amenée sur la terre ferme où elle est vendue, volée, reprise, achetée, choyée, oubliée, délaissée puis comprise avec Petit-Pierre.

Bulle ou la Voix de l’Océan est un très beau roman d’aventures, d’apprentissage et d’amitié, du temps de la flibuste, qui regorge de métaphores et de réflexions sur le besoin d’avoir, sur les apparences et les illusions, l’espoir et l’évidence, sur les relations entre les hommes et avec la nature, et notamment la mer.
L’écriture est tendre, facétieuse, parfois cruelle, toujours poétique.

Son avis complet ICI.

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Pour clore cette sélection, Blandine vous propose deux films, des adaptations aussi belles que réussies de deux romans.

Sur les chemins noirs. D’après le roman éponyme de Sylvain Tesson. Avec Jean Dujardin (2023)

Suite à une chute de plusieurs étages qui le laisse un peu diminué, Pierre remet sa vie en perspective.
Ecrivain à succès, flambeur et fêtard à qui tout sourit, il décide d’entreprendre un long voyage à pied : traverser la France du Mercantour au Cotentin. Seul.
Ce voyage, c’est celui de la renaissance, du nouveau départ, et de sa reconnexion à l’essentiel et à lui-même.
Pierre est bourru et pas spécialement attachant, mais il s’attendrit. Il est parfois rejoint dans sa marche, ce qui l’ouvre.
Les paysages sont magnifiques, Jean Dujardin tient parfaitement son rôle, et le film est vraiment émouvant.

L’Improbable voyage d’Harold Fry (2023) D’après le roman de Rachel Joyce, La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…

Harold Fry, retraité, reçoit un matin une lettre de son ancienne collègue Queenie qui lui annonce qu’elle est gravement malade.
Tant bien que mal, il rédige une réponse, forcément maladroite et qui ne le satisfait pas. C’est aussi pourquoi il n’arrive pas à poster sa lettre. Aussi va-t-il de boite postale en boîte postale jusqu’à appeler d’une cabine téléphonique la Maison de Santé où se trouve Queenie pour annoncer qu’il arrive, qu’il se met en marche dans l’instant et qu’elle doit tenir bon. « You will not die. Die you will not. » sera désormais son mantra.
Et il part comme ça, avec juste sa veste sur le dos et ses mocassins, son portefeuille et sans prévenir sa femme.
Le voyage sera long, 800 km, mais il va en sortir transformé.
Seul face à lui-même, il repasse le film de sa vie, ses échecs surtout, et fait des rencontres mémorables et empreintes d’humilité.
En parallèle, nous sommes aussi avec sa femme, laissée ainsi. Et nous comprenons comment ils en sont arrivés à vivre dans un quotidien sans aucun éclat, minuté, triste.

Jim Broadbent (qui a incarné le Professeur Horace Slughorn dans Harry Potter) livre ici une magnifique, émouvante et sincère prestation.

Son article complet sur le roman ICI

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La semaine prochaine, c’est Colette qui vous emmènera en voyage. D’ici là, retrouvez les billets de Linda qui prend le train, de Liraloin qui nous invite au voyage intérieur, et de Lucie qui nous emmène en Amazonie.

Billet d’été : En train… jusqu’au bout du monde !

Pour aborder les vacances par le biais des voyages, Linda vous propose une sélection d’ouvrages qui emmènent au bout du monde et mettent les sens en éveil, à bord de trains exceptionnels. Embarcation immédiate !

The Hogwart Express, Jim Kay Illustration pour Harry Potter and the Goblet of Fire.

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Des trains incroyables

Pour commencer notre voyage, voici des albums pour découvrir cette incroyable invention qui a permis aux foules de se déplacer et, tout spécialement, des trains célèbres de part le monde, sorte de catalogue pour les amoureux des transports ferroviaires et les curieux de tout âge.

Les trains racontés aux enfants, Philippe Godard, La Martinière jeunesse, 2022.

Voilà le livre idéal pour tout connaître de la grande histoire du chemin de fer et des trains depuis leur invention jusqu’aux toutes dernières modernisations technologiques qui en font des moyens de transports rapides, confortables et plus écologiques. On appréciera le format richement illustré de gravures, peintures, photographies et autres schémas qui mettent en lumière cette invention extraordinaire qui a changé la vie des travailleurs pour devenir un moyen de se déplacer sur de très longues distances. Passionnant !

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Trains Mythiques autour du Monde, Olivier-Marc Nadel, La Martinière jeunesse, 2012.

De l’Orient-Express au Shinkansen, en passant par le Rovos Rail, le Canadien ou encore El Chepe, Trains mythiques autour du monde propose de découvrir dix trains exceptionnels. Que ce soit pour leur confort, la distance qu’ils parcourent chaque année ou leur parcours improbables, chacun de ces trains a quelque chose d’unique et offre un voyage stupéfiant.
Cet album propose par ailleurs l’avantage d’être accessibles aux plus jeunes grâce à ses pages cartonnées. Le texte est assez succinct et présente chaque train au travers de sa localisation, son parcours, sa mise en circulation tout en proposant des anecdotes telles que les personnalités célèbres qui ont pu voyager à bord ou un accident survenus, les haltes ou encore le nombre du tunnels traversés…

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Des trains autour du monde…

… dans des albums qui invitent au voyage et à la découverte.

Le Transsibérien – Départ immédiat pour l’autre bout du monde, Alexandra Litvina & Anna Desnitkaïa, Rue du Monde, 2021.

Le transsibérien est le train qui parcourt le plus grand trajet du monde en reliant Moscou à Vladivostok en six jours. 9000 km ! Un voyage unique en son genre ponctué de cent-quarante-six étapes réparties sur quatre continents. Les autrices proposent de découvrir trente-six villes étapes pour mieux nous faire découvrir la richesse de la Russie au travers de son histoire, sa culture, ses paysages, sa cuisine, etc. Le tout du point de vue de soixante-seize personnes avec qui elles ont entretenu une correspondance de deux ans faites d’échanges d’informations, d’anecdotes et de photographies. Le tout venant nourrir leur créativité et donnant la forme à ce voyage peu ordinaire.

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Ces deux albums très grand format sont une véritable invitation au voyage à travers un Japon dont la culture se reflète au fil des pages dans la vie du train, véritable ville roulante. Trains imaginaires, ces transports sont d’une richesse graphique incroyable, attirant l’œil par la multitude d’objets et personnes. Chaque wagon est comme une petite maison, un magasin, un restaurant où tradition et modernité se côtoient pour notre émerveillement. Ces trains avancent au fil des saisons dans des illustrations à la végétalisation éclatante et s’achèvent dans une véritable explosion de couleurs !

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Des trains qui font voyager leurs héros

Parce que les héros prennent aussi le train et qu’il est plaisant de pouvoir s’imaginer à leur place ou de les aider à y résoudre des énigmes, voici des romans pour les plus grands.

Le tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne, Mame, 2023 (pour la présente édition)

Le tour du monde prend la forme la plus complète dans ce classique de Jules Verne, incontournable parmi les incontournables. Le voyage ne se fait pas essentiellement en train mais c’est un moyen de transport pourtant mis en avant dans cet aventure. Le texte met en avant une course contre la montre pour boucler un voyage autour du monde qui, pour l’époque, est une véritable révolution. La Révolution Industrielle a apporté son lot d’innovation et le chemin de fer fait parti de celles qui ouvrent le monde aux hommes, leur permettant de parcourir des distances importantes en peu de temps. Par ailleurs, l’aventure de Phileas Fogg et Passepartout est palpitante et ne manque pas de rebondissements, elle ouvre par ailleurs sur le monde et fait voyager !

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Le crime de l’Orient-Express, Agatha Christie, Le livre de poche jeunesse, 2014.

Amateurs d’enquêtes policières, ce voyage à bord de l’Orient-Express ne te laissera pas indifférent. Alors que le célèbre Hercule Poirot voyage à bord de ce train de luxe, un crime est commis. La victime a été poignardé et les douze passagers à bord semblent suspects. Le train se retrouve bloqué par la neige, laissant le temps au détective belge de tout faire pour démasquer le coupable.
L’un des romans les plus célèbres d’Agatha Christie prend place dans un train célèbre qui parcoure l’Europe. Malgré la tournure macabre des événements, l’écriture reste accessible aux lecteurs de plus de dix ans, qui ne manqueront pas de chercher de démêler les nœuds de cette affaire !

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Bonnes vacances !

Billet d’été : Le voyage intérieur.

Après un beau périple en Amazonie par Lucie, voici une autre forme de voyage…

Pour Liraloin le voyage signifie aussi prendre le temps de faire une pause dans le quotidien et de s’installer un petit moment dans une bulle d’été, une introspection nécessaire et essentielle. Quoi de plus émouvant que d’entreprendre un voyage pour retrouver un souvenir, un apaisement solitaire ou un amour et de vivre l’instant présent.

Voyager dans le souvenir : ici et demain

La perte d’un proche, le temps d’un voyage dans un appartement, retrouver la trace des moments passés avec cette personne et faire son deuil à travers les souvenirs.

Quand Hadda reviendra-t-elle ? de Anne Herbauts, Casterman – 2021

Son avis complet ici

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Le temps se suspend quelques instants dans l’écriture de Thomas Vinau. On se prend à observer et revivre ces émotions vives et vécues lors d’une journée peu importe à quelle saison.

Pizza 4 saisons de Thomas Vinau, illustration de Anne Brouillard – Thierry Magnier, 2022

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Voyager en soi : Apprendre à se faire confiance, se connaître et s’accepter

Chaque personne vivant avec son mal-être en parle d’une même et seule voix troublée. Les illustrations accompagnent pour frapper encore plus fort. Elles dissèquent l’émotion compulsive, la peur, l’anxiété comme pour approfondir les dires.

Journaux troublés de Sébastien Perez, illustration de Marco Mazzoni – Soleil : Métamorphose, 2020

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Submergée dans les flots d’une langue qu’elle ne connaît pas, cette jeune femme s’interroge sur ses capacités à comprendre. L’espace d’un instant, il suffit d’observer son monde, se donner de la force et du courage pour s’améliorer.

Je connais peu de mots de Elisa Sartori – CotCotCot éditions, 2021

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Une délicatesse rare où se mêle l’apprentissage de la vie à travers l’amitié que l’on éprouve pour soi et pour les autres. Alors même si tout semble emmêlé comme les végétaux dans une chevelure, viendra le moment où l’envol se fera un jour ou l’autre.

Mon amie la chenille de Marion Janin – l’Atelier du Poisson Soluble, 2021

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Le voyage amoureux : partager un amour à travers le temps

Cet album est une ode à la découverte de la féminité et de l’amour. De manière subtile et poétique Davide Cali nous livre l’histoire d’une jeune femme découvrant son corps, le désir et le sens du mot Amour. Les illustrations de Monica Barengo sont d’une finesse d’où émane une douceur sensuelle et grave par moment. Un album délicat et pur.

Pollen une histoire d’amour de Davide Cali, illustration de Monica Barengo – Passepartout, 2013

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Gaya Wisniewski nous livre une histoire d’amour pur et sensible entre deux êtres que tout oppose et qui finalement ne font plus qu’un. Les illustrations toutes de nuances noires et grises sont habilement rehaussées d’un filet bleuté. Ce bleu qui évoque l’hiver et la présence éternelle de l’amour entre ces deux-là.

Mon bison de Gaya Wisniewski – Mémo, 2018

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Voyager et rêver : profiter du moment présent, s’émerveiller

Voyager dans les contes et rêver à des désirs secrets. Être en osmose avec la nature et profiter de l’instant présent. D’aventure en aventure ne pas avoir peur du voyage. Profitons de cette poésie voyageuse où il faut sans cesse se réinventer.

Je t’emmène en voyage de Carl Norac, illustré par 40 illustrateurs – A Pas de Loup, 2019

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Une vie de nostalgie où les retrouvailles dans cette maison de famille nous donne une respiration bien particulière. Le temps de s’arrêter, de s’émerveiller, d’apprendre à lacer ses chaussures, de trouver et perdre pour ensuite retrouver et reperdre sa casquette. Une plongée qui fait un bien fou loin de tout, de toute connexion.

Le plus bel été de Delphine Perret – Les Fourmis rouges, 2021

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« La route chante
Quand je m’en vais
Je fais trois pas
La route se tait
 » (extrait de La Marée Haute de Lhasa)

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Lundi prochain Linda sera votre commandante de bord pour une excursion en train. Soyez prêt(e)s pour un embarquement immédiat !

Billet d’été : A la découverte de l’Amazonie

Cette année, les arbronautes ont envie de vous emmener en voyage !

Les séjours en littératures ont le grand avantage d’être peu couteux, tant économiquement qu’écologiquement. Cela nous laisse donc la possibilité de vous proposer des destinations lointaines, voire même imaginaires.

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C’est Lucie qui inaugure le carnet de voyage du Grand arbre en vous proposant quelques livres pour partir à la découverte de l’Amazonie.

L’Amazonie, pour l’Etat brésilien, c’est le bassin versant de l’Amazone. Soit une immense région de 6,1 millions de km² qui renferme 40% des forêts tropicales de la planète, tout en incluant d’autres écosystèmes : en amont, la haute montagne où pas un arbre ne pousse ; près des cours d’eau, de vastes prairies inondables ; le long de l’Atlantique, une impénétrable mangrove, et au sud, les vastes savanes arborés du Cerrado, déjà en grande partie transformées en culture de soja.

L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart, illustrations de Catherine Cordasco, Editions du Ricochet, 2021.

Pour mieux connaître la région et ses spécificités, l’idéal est de commencer par la lecture d’un documentaire. L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart a le mérite d’aborder tous les aspects du fleuves, que ce soit son histoire, sa géographie, la faune, la flore, mais aussi les traditions des peuples qui vivent sur ses rives. Un peu à la manière d’un guide de voyage, une présentation riche qui donne les clés de la régions.

L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart, illustrations de Catherine Cordasco, Editions du Ricochet, 2021.

Son avis complet ICI.

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Une fois les éléments concrets découverts, partons pour une aventure trépidante comme sait si bien en écrire Davide Morosinotto ! La fleur perdue du Chaman de K appartient à la trilogie des romans-fleuve dont nous avons déjà parlé lors d’une lecture commune. S’il commence dans les Andes, une grande partie prend place en Amazonie et utilise à plein sa culture et ses mystères.
En plus de nous replonger dans les années 80 et de jouer sur la typographie, l’auteur nous entraine dans une quête passionnante aux côtés de Laila et de El Rato. Un incontournable !

La fleur perdue du chaman de K, Davide Morosinotto, L’école des loisirs, 2021.

Les avis d’Isabelle, de Linda et de Lucie.

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Avec La sentinelle, Claire Clément choisit de mettre en lumière un fait peu connu des habitants de métropole : en Guyane française, le taux de suicide des collégiens est dramatique. Ses deux héros sont issus d’un village du Haut Maroni, au cœur de la forêt amazonienne. Le collège étant trop éloigné de leur habitation, ils sont forcés de s’installer en ville dans une famille d’accueil le temps de poursuivre leurs études, et ne peuvent rentrer chez eux que lors des vacances. Cette situation, subie, entraine en déracinement et une perte de repères qui influe fortement sur leur moral. Le rôle des sentinelles est de prévenir les situations pouvant mener au drame.

La sentinelle de Claire Clément, illustrations de Alca, Editions du pourquoi pas, 2023.

L’avis complet de Lucie ICI.

La plupart des scientifiques, eux, nomment « Amazonie » la forêt tropicale humide d’Amérique du Sud. Sa superficie […] atteint 7,7 millions de kilomètres carrés, soit la surface de l’Australie !

L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart, illustrations de Catherine Cordasco, Editions du Ricochet, 2021.

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Enfin, c’est le mystérieux chamanisme (aussi présent dans La fleur perdue du chaman de K, comme son titre l’indique) qui est au cœur de L’enfant-jaguar d’Anne Sibran. Il faut laisser de côté son esprit rationnel et sa culture occidentale pour apprécier cet album aux illustrations envoutantes. Car, comme c’est la tradition dans sa famille, un enfant de huit ans est laissé un mois seul dans la forêt pour apprendre ses secrets et ses ressources.

L’enfant jaguar de Anne Sibran, illustrations de Benjamin Bachelier, Gallimard Jeunesse, 2022.

L’avis de Lucie.

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Nous espérons que cette première étape vous a plu. La semaine prochaine, Liraloin vous proposera un voyage intérieur !

Lecture commune : Des zombies dans la prairie

Il y a quelques temps le blog a été sollicité par les éditions Casterman pour recevoir le dernier titre de Chrysostome Gourio Des zombies dans la prairie. Après une lecture enthousiaste et coups de cœur sur le blog, Linda et Liraloin ont décidé d’affronter les marmottes zombies en duo ! Soyez prêt(e)s pour une lecture commune mouvementée !

Des zombies dans la prairie : la comédie qui vous fera voir les marmottes d’un autre oeil ! de Chrysostome Gourio, Casterman, 2023

Liraloin : D’abord, merci d’avoir répondu positivement sur ce partenariat. Qu’est-ce qui t’as attiré dans ce livre ?

Linda : Au moment où la proposition est arrivée nous avions assez peu d’informations sur le livre donc c’était surtout l’envie de découvrir un auteur que je ne connaissais pas. Après quoi j’ai commencé à chercher des informations sur ce titre pour en trouver sur un site anglais (je ne me souviens plus le nom) qui en proposait un résumé et le classait en « comédie horrifique », c’est un genre que j’apprécie beaucoup au cinéma et dont je n’avais jamais entendu parler en format livre. Et toi ? Qu’est-ce qui t’a attirée ? 

Liraloin : Je suis les publications et l’actualité de cet auteur depuis un petit moment en voyant bien que ces romans sont basés sur l’humour et j’aime tellement cela en littérature jeunesse. En plus ton retour de lecture m’a donné envie de le lire !

Linda : C’est intéressant ce que tu dis car je trouve l’exercice d’humour assez délicat en littérature jeunesse. J’ai parfois l’impression que c’est forcé, voir redondant d’un livre sur l’autre. Et si cela convient parfaitement aux enfants, c’est plus difficile pour l’adulte d’y prendre plaisir.

Liraloin : Comment as-tu perçu le titre ? Des zombies dans la prairie : la comédie horrifique qui vous fera voir les marmottes d’un autre œil ! qu’est-ce qu’il t’évoque ?

Linda : Sans aimer l’horreur, j’aime assez les films de zombies à partir du moment où ils proposent un scénario cohérent qui a plus à offrir que des monstres dévoreurs de cervelles. La comédie horrifique a cela de particulier qu’elle tend à utiliser les ressorts de l’horreur ET de la comédie, allégeant le trait et amenant un côté amusant qui n’est pas pour me déplaire. A partir de là, j’entre sur un terrain qui me convient d’avantage car la mission première n’est plus de faire peur. Voilà ce que ce que le titre m’a inspiré. J’ai aussi pensé à différents films du genre comme Bienvenue et Retour à Zombieland, probablement les comédies zombie les plus connues. Il y a aussi Black Sheep dans le même genre et, même si je ne l’ai pas vu, je me souvenais de la bande annonce de ce film impliquant des moutons zombies. Tout ça pour dire que c’est un genre qui me convient bien, entre horreur et comédie.

Linda : Il me semble que tu as peur des zombies, je suis donc curieuse de savoir comment ce titre a pu te tenter. Comment as-tu abordé cette lecture ? 

Liraloin: Oui c’est tout à fait ce que tu dis mais j’aime quand une thématique apocalyptique est traitée de façon humoristique et avec une p’tite touche comédie british en plus ça me va tout à fait. Mon préféré dans le genre est Shaun of the dead ! Effectivement Bienvenue et Retour à Zombieland est très bien aussi.
C’est très particulier, en fait tout ce qui est lié à la fin du monde ou donne une vision apocalyptique comme dans les dystopies me fait flipper à mort car je sais que l’homme est tout à fait capable d’arriver à ces situations extrêmes. Et donc mon cerveau ne se repose pas, d’où le fait de lire ce genre de littérature dans la journée et non le soir, même chose quand il y a trop de violence dans une série ou autre. C’est comme ça que j’ai lu toute la série des comics Walking Dead mais je suis incapable de regarder la série.
Ce titre m’a tenté car lorsque tu as proposé sa lecture à la suite de la tienne tu as répondu à Blandine que c’était tout le contraire, ce livre s’inscrivait dans la comédie et puis j’adore les randonnées en montage et courir après les marmottes.

Shaun of the Dead, 2005. The Walking Dead, Robert Kirkman, Delcourt.

Liraloin : J’aimerais que l’on s’interroge sur la construction de ce roman. Il y a des éléments qui en font une introduction des plus intéressante comme l’incipit, le texte qui met en garde le lecteur et le listing des personnages. Qu’est-ce que tu en as pensé ?

Linda: C’est quelque chose que j’aime beaucoup trouver en début de récit, une sorte de message de l’auteur au lecteur qui annonce un peu ce que nous allons trouver dans son roman. Nous en parlions récemment dans nos échanges autour L’apprenti conteur de Gaël Aymon, cela peut être risqué mais c’est un parti pris intéressant. Par ailleurs, dans le cas précis Des zombies dans la prairie, cela appuie l’effet visuel que l’auteur donne à l’ensemble de son texte. Il l’introduit en nous annonçant ce qu’on va y trouver, nous présente ses personnages, un peu comme une bande-annonce le ferait pour un film, ou tout simplement comme cela se fait dans la publication de pièces de théâtre. Mais avec ses multiples références, sa narration explosive et son « générique de fin », je trouve que Chrysostome Gourio livre un récit très cinématographique !

Liraloin : C’est complétement ça, l’entrée en scène est particulièrement bien soignée et cela jusqu’à la fin comme tu l’évoques précisément. D’ailleurs on peut dire que le récit en lui-même est sur la même veine. On n’en perd pas une miette ! Il est rare de trouver dans un roman un générique en guise de remerciement, cette idée est géniale. Il y a aussi des crédits musicaux avec des noms de groupes et les chansons principalement du métal et des crédits cinématographiques dont l’auteur s’est plus ou moins inspirés. Pour terminer, hop, un dernier paragraphe s’ouvre comme si on préparait le lecteur spectateur à une éventuelle suite…

Linda :  Oui tout à fait ! C’est aussi ça qui fait la richesse de ce récit car finalement, les références sont nombreuses et pour sûr on passe à côté de certaines. Les crédits viennent donc étoffer un peu plus notre curiosité et peuvent aider à mettre des titres oubliés. Par ailleurs, comme je le disais plus haut, ce générique de fin insiste un peu plus sur la forme cinématographique du récit et c’est quelque chose que j’aime beaucoup. La narration est très visuelle et se prête complètement au format cinéma, cette construction ne donne qu’un peu plus d’épaisseur à l’idée… De fait, le dernier paragraphe fait scène post-générique, comme dans les films Marvel, et laisse la porte ouverte à une potentielle suite qui, je l’avoue, me plairait beaucoup ! Mais il permet aussi de rencontrer le grand méchant du roman et la discussion qu’il a avec un autre antagoniste potentiel est juste hallucinante !

Liraloin : Qu’as-tu pensé de cette autre construction entre dialogue et narration ?

Linda : C’est toujours intéressant d’alterner la forme du récit. Déjà car cela permet de changer de point de vue. Ici le narrateur est essentiellement Maximus et les dialogues permettent de laisser la place aux autres personnages de s’exprimer également. Ensuite, cela rend aussi le récit plus vivant et permet une immersion plus importante.

Liraloin : Ce qui m’a beaucoup plu c’est la construction du roman. Outre l’incipit et le prologue cités plus haut, les titres donnés aux chapitres sont très évocateurs de la comédie horrifique et il y a des clins d’œil à des titres de chansons ou de films : « un matin sans fin » « Debout les campeurs !» tiré du formidable film Un jour sans fin ou justement l’héroïne est une marmotte !
Justement parlons des personnages maintenant que le « décors » est planté. Quel est celui que tu as préféré et pourquoi ?

Bill Murray dans Un jour sans fin… lui aussi aime les marmottes !

Linda : Je pense que l’on ne peut que s’attacher au héros, Maximus, puisqu’il est au cœur de récit et que c’est lui qui le fait vivre. Mais il faut bien avouer que ses jumeaux de frères sont assez terribles ! Pour vivre moi-même avec des jumelles, j’y ai retrouvé la connivence et la force de ce lien qui les unis de façon si unique et particulière, ce fonctionnement naturel en binôme, complètement incompréhensible pour nous, singleton. Les deux frangins ont cette facilité à entrer dans la bêtise et à en faire quelque chose d’assez exceptionnel, complètement tiré par les cheveux et tellement énorme, disproportionné que ça en devient encore plus hallucinant !

Liraloin : Comme toi, j’ai beaucoup aimé le personnage de Maximus et cette facilité à donner des surnoms aux membres de sa propre famille ! J’adore sa façon de s’exprimer lorsqu’il s’adresse à son oncle. Il y a toujours un décalage assez marqué dans ce roman ! Je comprends tout à fait ton attachement aux terribles jumeaux !
Quel passage as-tu préféré et pourquoi ?

Linda : Difficile d’en parler s’en dévoiler le livre. Mais globalement ça se situe à la fin du roman, la bataille finale contre les marmottes entre concert punk et chaos horrifique : l’attaque des marmottes, les cris de la foule qui tente de s’enfuir, la petite équipé qui trouve un pouvoir dans une source complètement improbable, le tout en musique puisque le concert ne s’arrête pas pour autant… Ca donne une scène complètement folle et déjantée qui m’a vraiment fait rire. Si l’émotion était différente, j’ai pourtant eu l’impression d’être dans cette scène chaotique de la quatrième saison de Strangers Things durant laquelle Eddie attire l’attention de l’ennemi en jouant « Master of Puppets » de Metallica. Puissant !
Je te retourne la question ?

Liraloin: C’est assez compliqué de faire un choix. Tout comme toi, j’aime cette espèce de cacophonie ambiante dans le passage que tu cites. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé le chapitre avec la rencontre Maximus, Julie et la grand-mère de cette dernière. C’est complétement cliché mais dans le bon sens. Tout y est : la vieille chaumière, les ingrédients bizarroïdes dans les bocaux, le nez crochus… puis la voilà qui leur propose une tarte aux myrtilles comme une grand-mère « ordinaire » le ferait. Je me suis bien marrée et puis tout à coup, les propos deviennent sérieux car il ne faut pas oublier que nos héros luttent contre le Mal !

Strangers Things, Saison 4, 2022.

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Vous l’aurez compris, cette aventure nous a énormément plu alors si vous partez en montagne à la rencontre de ces jolis animaux, n’oubliez pas votre pelle et ce roman…