Nos coups de cœur d’octobre

Brrrr,… premiers frimas, premiers pieds sous la couverture, première flambée… un temps idéal pour bouquiner.

Comme tous les premiers lundi du mois, voici quelques conseils lectures : nos coups de cœurs du mois d’octobre.

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Chloé a flashé sur La fourmi et le loup, qui porte sur l’histoire du petit chaperon rouge un regard neuf.

La fourmi et le Loup, Jeanne Ashbé

Pastel 2016

la-fourmi-et-le-loup-ashbe-litterature-enfantineRetrouvez sa chronique sur son blog, littérature enfantine.

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Céline a été émerveillée par :

ma-planete-couv-752x1024Ma Planète, Emmanuelle Houdart
Les fourmis rouges. 2016

Quand un enfant venu d’une autre galaxie découvre la Terre et les Terriens, c’est un regard nouveau qu’on porte sur la famille, le chez-soi et l’intime. Grand format somptueusement illustré, c’est un album magnifique et touchant.

A retrouver dans le Tiroir à histoires

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Dans la collection de Colette, un nouveau livre sur la maternité et la transmission, l’un de ses sujets favoris :

De maman en maman d’Emilie Vast publié aux éditions Memo.

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Son petit avis c’est par là !

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Dans le petit bout de bib(liothèque) de Bouma, c’est un album tout doux sur le réveil de la nature qui s’est invité.

Déjà de Delphine Grenier
Didier Jeunesse, 2016

Son avis par ici

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Dans le merveilleux pays d’Alice, elle a été conquise, le temps d’un été, par une parenthèse enchantée, pleine de beauté et de dignité .

Les belles vie de Benoit Minville
Sarbacane, 2016. ( Exprim’)

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Son avis par ici

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Chez Sophie de La littérature jeunesse de Judith et Sophie, on a commencé l’automne avec un agréable moment chez le psy. Un roman frais où des destins douloureux se croisent et se réparent…

Sauveur & fils, saison 1 de Marie-Aude Murail
L’école des loisirs, 2016

Son avis ici.

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Dans les Lectures Lutines, Solectrice s’est aventurée sur l’île de Tromelin et a découvert son histoire singulière. Une passionnante exploration sur les traces d’un naufrage au XVIIIe siècle.

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Les esclaves oubliés de Tromelin de Sylvain Savoia.

Aire Libre, 2015.

Voici son avis.

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Dans le Méli-Mélo de livres de Pépita, c’est un roman sur un sujet hélas d’actualité qui ressort de mes nombreuses lectures du mois : un roman sur l’Humanité et un appel à la solidarité entre les peuples.

Frères d’exil de Kochka.-Flammarion jeunesse, 2016

Son avis ici

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Peurs d’enfants

Il faut s’amuser à avoir peur pour faire peur à la peur. Ainsi, elle deviendra progressivement plus petite que moi.

Pierre Péju

Avec Halloween, petits et grands jouent à se faire peur.  Par le biais du déguisement et des accessoires, ce qui serait proprement flippant dans la vraie vie devient amusant et plaisant quand il s’agit de faire « comme si ».

Il en va de même pour les livres pour enfants où, par le biais de l’imaginaire et de la distance du dessin, l’enfant affronte ses peurs…  Il sait qu’il peut à tout moment fermer le livre, que ce qu’il voit ou entend n’est pas VRAIMENT vrai.  De ce jeu délicieusement effrayant qu’il peut réitérer à l’envi naît le plaisir.  Celui de pouvoir recommencer encore et encore… à jouer.  Qui dit plaisir dit apprentissage et évolution.  En se confrontant à ses peurs, l’enfant grandit et prend peu à peu de la distance avec ce qui l’effraie.

Depuis la nuit des temps, cette fonction de l’imaginaire est exploitée dans les contes et légendes transmises de génération en génération.  Les auteurs actuels ne font qu’exploiter les mêmes ressorts en actualisant le propos, avec brio.

Nous vous proposons ci-dessous une « petite » sélection d’albums et de romans sur les « peurs » enrichie de quelques anecdotes liées à nos propres souvenirs de frayeurs enfantines mémorables.

Ainsi, Céline, Le tiroir à histoires,  nous rapporte cette histoire qui fait toujours beaucoup rire ses parents :

Quand j’étais enfant, nous avions loué la maison d’amis de mon père pour des vacances. C’était une vieille maison dans la montagne, avec des escaliers en bois qui craquaient, etc. Un soir, alors que nous étions couchées ma soeur et moi, nous avions surpris la conversation des adultes, qui mentionnaient que cette maison appartenait à des pieds-noirs. Nous sous sommes fait tout un film sur les « pieds-noirs », que nous imaginions être des humanoïdes-monstrueux avec des pieds noirs et griffus, et n’en avions pas dormi, et les pieds-noirs nous ont hantées pendant assez longtemps… Aujourd’hui encore, quand j’entends le terme « pied-noir », ça me rappelle cette terreur d’enfant partagée avec ma sœur…

En prolongement, elle nous propose de lire :

De retour dans la maison de son enfance, un adulte replonge dans ses souvenirs, jeux et aventures dans un imaginaire redoutablement réel et insoupçonné des adultes. Un roman magnifique et terrifiant sur l’imaginaire de l’enfance.

Pépita, Méli-Mélo de livres, nous narre elle aussi un souvenir d’enfance où son imaginaire a pris le dessus :

Quand j’étais enfant, j’étais fascinée par les images des volcans en éruption. Cette lave bouillonnante m’attirait. Qui dit éruption dit aussi tremblement de terre. Dans le couloir de la maison, il y avait une grande fissure. Je devais y passer pour rejoindre ma chambre… J’étais paralysée de devoir franchir cette fissure. J’imaginais que si je la franchissais, j’allais être engloutie dans les entrailles de la Terre. A tel point que j’ai dormi dans le canapé du salon durant cette période !

Céline-Qu’importe le flacon…  l’illustre avec ce titre :

  • Un pommier dans le ventre de Simon Boulerice et Gérard Dubois, Grasset Jeunesse

Raphaël, le héros de cet album délicieusement désuet dans le choix des couleurs et des illustrations, est un gros mangeur de pommes.  Il n’en laisse rien si ce n’est les queues. Aussi, c’est la panique lorsque son copain de classe, forcément connaisseur puisque fils de pomiculteurs, lui affirme que les pépins pourraient bien germer dans son ventre… L’avis de Céline, de Chlop

On l’aura compris, nous avons tous ce genre d’anecote à raconter.  Si les peurs varient d’un personne à l’autre, on retrouve cependant de grandes catégories communes.  Parmi les peurs classiques, il y a bien sûr la peur du noir…

  • Le noir de Lemony Snicket et Jon Klassen, Milan

Un album sur la peur du noir à l’approche très séduisante et originale. Descendre dans la tanière du noir pour un enfant, ce n’est pas banal et en remonter avec un cadeau de sa part, encore moins ! L’avis de Pépita

  • Ouvre-moi ta porte de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet, Loulou & Cie :

Un album tout noir qui joue sur cette peur avec humour et désinvolture. On rigole, on ouvre les flaps et on oublie sa peur. Un album qui permet une prise de distance sur ce sujet pour les petits et les plus grands. L’avis de Pépita-Méli, de Bouma, de Sophie

  • Tous les monstres ont peur du noir de Escoffier et Di Giacomo


Et si les monstres avaient finalement aussi peur du noir que les enfants ? Avec ingéniosité et inventivité, cet album dédramatise les imaginations nocturnes…  L’avis de Bouma, de Sophie

  • Je veux de la lumière de Tony Ross


Quand la petite princesse a peur du noir, elle oblige son personnel à se mettre en quatre pour la rassurer ! Une histoire pour les plus jeunes avec une chute humoristique comme les raconte si savoureusement Tony Ross.  L’avis de Bouma

  • Peur du noir ? de Laurence Gillot, Tourbillon


Un album amusant qui regroupe de nombreuses peurs nocturnes et qui y propose des solutions. Avec tout ça, il n’y aura plus rien à craindre ! L’avis de Sophie

Pas très éloignée de la peur du noir, on retrouve celle de la nuit, de ses bruits, de ses vilains cauchemars…  Celle de s’endormir aussi !

  • Promenade de nuit de Lizi Boyd aux éditions Albin Michel jeunesse

Une balade silencieuse au cœur de la nuit. Avec le petit héros, on découvre les animaux qui peuplent la forêt.  L’avis de Chlop

  • Bou et les 3 zours d’Ilya Green Elsa Valentin

Petite Bou s’est éloignée imprudemment de la maison familiale. A la nuit tombée, elle trouve une maison, laissée vide par ses habitants, qui sont sortis en attendant que la soupe refroidisse. Étrangement cette fillette n’est pas blonde, elle n’a pas de boucle. Et son histoire, que vous connaissez bien pourtant, ne ressemble à nulle autre.  L’avis de Chlop

  • Un soir de pleine lune dans mon jardin Séverin Millet


Que se passe-t-il dans le jardin, la nuit, quand on ne regarde pas ? De drôles de petits fantômes envahissent la pelouse. L’avis de Chlop

  • Trois courageux petits gorilles de Michel Van Zeveren

Il fait nuit, on est tout seuls, mais on n’a pas peur. Et ce drôle de bruit, ce n’est sûrement rien. Qui se lèvera pour aller voir ?  L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • Scritch scratch dip clapote ! de Kitty Crowther

La nuit tombe et il faut aller se coucher, mais les bruits de la nuit sont terrifiants. Papa grenouille accompagne son fils dans la nuit et l’aide à surmonter sa peur, en allant écouter les bruits de la nuit.  L’avis de Céline-Le tiroir à histoires, de Bouma

  • Le Chat qui avait peur des ombres de Rozenn Illiano et Xavier Colette


Que l’on soit homme ou bête, quand les ombres prennent vie la peur devient palpable… L’avis de Bouma

  • Du bruit sous le lit de Mathis


Au final qui est le plus impressionnant du monstre caché sous le lit ou du papa intransigeant ? Avec brio, Mathis fait rire les enfants de leur peur du noir.  L’avis de Bouma

  • Je suis le cauchemar de Frédéric Maupomé et Laure du Faÿ

Un album pour les tout-petits, graphique et efficace, à lire et relire à voix haute pour exorciser la peur nocturne. L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • Emile fait un cauchemar de Vincent Cuvellier et Ronan Badel :

Ce sale gosse d’Emile ne fait pas de cauchemars : ce sont les cauchemars qui ont peur de lui. Sauf que… en fait, pas toujours… L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • J’aime mes cauchemars d’Amélie Graux

Des cauchemars en veux-tu, en voilà : il y en a des gros, des petits, des secrets, des qui mettent mal à l’aise, d’autres qui font hurler de terreur. Mais pour autant, est ce qu’on voudrait vraiment s’en débarrasser ? On finirait presque par s’y attacher.  L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • Le cauchemar de Gaétan Quichon d’Anaïs Vaugelade

Le pauvre Gaétan Quichon est reveillé en pleine nuit, il doit fuir le dortoir où il cohabite avec les 72 autres enfants Quichon, poursuivi par un horrible cauchemar ! L’avis de Chlop

  • Grand sommeil et petits lits de Giovanna Zoboli et Simona Mulazzani aux éditions Albin Michel jeunesse :

Un album-cocon sur la peur de s’endormir. Un album douillet qui met en scène des animaux sereins dans le sommeil. Pour dédramatiser ce moment.  L’avis de Pépita-Méli-Mélo de livres

La peur des monstres est elle aussi un grand classique !  Elle est souvent associée à celle de la dévoration…

  • Gros cornichon d’Edouard Manceau aux éditions Seuil (2014)

Un album interactif modernisé pour apprivoiser sa peur des monstres.  L’avis d’Alice

  • Un monstre à chaussettes d’Eric Veuillé aux éditions Actes Sud Junior

Un album malicieux qui se rit des peurs inspirées par de drôles de créatures imaginées par les enfants. Espiègle et cathartique ! L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • Le Gruffalo de Julia Donaldson et d’Axel Sheffler aux éditions Autrement Jeunesse

Pour effrayer ceux qui la terrorisent, une petite souris rusée invente une créature terrifiante, avec des crocs terribles, des griffes terribles, de terribles cornes et que sais-je encore ? Le stratagème fonctionne à merveille, et la bête imaginée est si réelle… qu’elle apparaît au détour du chemin ! C’est le Gruffalo, grand succès mérité, qui a tôt fait de rejoindre les albums in-dis-pen-sables.  L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • Va-t’en, Grand Monstre Vert ! d’Ed Emberley aux éditions Kaleidoscope

Un classique petite enfance en couleurs vives et en caches, pour faire apparaître et disparaître au fil des pages un monstre plus rigolo que vraiment terrifiant. Indémodable. L’avis de Céline-Le tiroir à histoires, de Bouma, de Chlop, de Sophie

A lire également, son petit frère, Bonne nuit, petit monstre vert

L’avis de Sophie

  • Y’a un monstre à côté d’Ingrid Chabbert, illustré par Stéphane Sénégas aux éditions Frimousse, 2013.

Un petit garçon, en pleine nuit, entend un bruit effrayant. Et si c’était un monstre ? La turbine à imagination nocturne se met en route : de quoi peut-il se nourrir ? où se cache-t-il ?  L’avis de Carole et de Kik

  • Grong d’Estelle Billon-Spagnol, éditions Frimousse, 2013.


C’est l’histoire d’un monstre avec des crocs et des poils drus, 2 cornes de diable et des yeux jaunes de loup ! Vraiment monstrueux ! La nuit, il vous guette et vous traque ! Petits et grands : personne ne lui échappe !  L’avis de Carole

  • Le Yark de Bertrand Santini et Laurent Gapaillard, Grasset jeunesse, Collection Lecteurs en herbe

Voici un conte moderne délicieux et effrayant, au langage recherché, à l’humour décapant, pour les enfants sages et les autres…  L’avis de Pépita, de Carole et de Bouma

  • Quelques minutes après Minuit de Patrick Ness, d’après une idée originale de Siobdhan Dowd, illustrations de Jim Kay, Gallimard jeunesse


Un roman sur nos peurs les plus intimes pour nous révéler à nous-mêmes.  L’avis de Pépita, de Sophie

  • La peur du monstre de Mario Ramos, Pastel


Et les monstres, de quoi ont-ils peur eux ? Un livre drôle qui inverse la situation habituelle où les enfants ont peur des monstres.  L’avis de Sophie

  • Chhht ! de S. Grindley et P. Utton aux éditions école des loisirs

Sauras-tu explorer le château du géant sans le réveiller ? Attention, il est gigantesque et probablement affamé, il faut la plus grande prudence pour s’aventurer chez lui !  L’avis de Chlop

  • Ce n’est PAS une bonne idée de Mo Willems aux éditions Kaléidoscope


Les renards, c’est bien connu, sont de redoutables prédateurs pour les oies blanches. Est-ce vraiment une bonne idée de sympathiser ainsi ?  L’avis de Chlop

Il y a aussi la peur de ne rien maîtriser… (de celle qui peut laisser des traces même chez les plus grands :-))

A ce propos, l’anecdote parlante de Colette-La collectionneuse de papillons et de jolies histoires :

Quand on partait à l’autre bout du monde, sur l’île natale de mon père, pour protéger l’avion qui nous conduirait jusqu’à notre famille, à 10 000 km de chez nous, je comptais jusqu’à 1000 tout en faisant de la balançoire.  Si j’y arrivais, il ne pourrait rien nous arriver. Même si l’exercice était laborieux, il constituait un véritable talisman de chiffres pour protéger les miens lors de ce long voyage. A 1000, je pouvais partir le cœur léger.

  • Une Girafe un peu toquée de Séverine Vidal

Parce que certains enfants accumulent les peurs irraisonnées, parce qu’on ne peut pas tout maîtriser et qu’il faut bien trouver des solutions, parce qu’on a tous besoin d’une girafe un peu toquée à apprivoiser ! L’avis de Colette

  • La métamorphose d’Hermine d’Elena Ferrandiz, Eveil et Découvertes :

Hermine a peur de tout. Chaque matin, elle endosse son manteau lourd de ces peurs. Puis, un jour, la métamorphose opère…Un album magnifique dans les illustrations et fort dans ce qu’il donne à lire. L’avis de Pépita-Méli-Mélo de livres

  • La chambre du lion d’Adrien Parlange, Albin Michel jeunesse :

Une chambre qui se transforme au fur et à mesure de l’arrivée des protagonistes. la cachette comme ultime refuge contre la phobie de ce qui peut advenir…  ou pas. Un album remarquable dans sa narration implicite.  L’avis de Pépita

La peur de l’autre, de l’inconnu…

  • La bouche de l’ogre de Benoît Broyart illustré par Donatien Mary aux éditions Oskar jeunesse, collection Trimestre :

Un petit garçon a peur de son père, transformé à cause du chômage. Sa peur prend tellement le dessus qu’elle envahit son imaginaire. Un texte très fort et perturbant.  L’avis de Pépita

  • Et si jamais ? d’Antony Browne, Kaléidoscope

Se rendre à une fête où on ne connait personne… La peur de l’inconnu, d’être tout seul, la peur des autres… Anthony Browne met en scène avec talent l’imaginaire inquiétant de l’enfant qui avance à pas peu assurés hors du connu. L’avis de Céline-Le tiroir à histoires, Chlop

La peur de la perte, de la séparation, de l’abandon…

  • Et j’ai couru… d’Ingrid Chabbert et Dani Torrent aux éditions Alice jeunesse :

Une petit fille pense avoir perdu son chien dans la tempête. Un album fort sur la peur de perdre son animal de compagnie.  Un drame pour les enfants.  L’avis de Pépita, de Bouma

  • En attendant maman de Lee Tae et Kim Dong Sung aux éditions Didier jeunesse

Maman doit rentrer, elle sera probablement dans le prochain tram… Ah, pas dans celui-ci ? Le suivant sans doute ? L’attente se fait longue mais le petit bonhomme ne semble pas inquiet, il reste là, sous sa chapka, à regarder défiler les trams.  L’avis de Chlop

  • Bébés chouettes de Martin Waddell et Patrick Benson aux éditions Kaleidoscope

Panique dans le nid, quand maman Chouette disparaît une nuit. Les trois petites chouettes essaient de se réconforter comme elles peuvent. C’est long, une nuit sans maman. Des illustrations sublimes où le noir est à l’honneur.  L’avis de Céline-Le tiroir à histoires, de Chlop, de Sophie

D’autres livre sur la peur de l’abandon chez Carole-3 étoiles…

La peur de grandir…

  • Le petit bateau de Petit Ours, Eve Bunting et Nancy Carpenter, Pastel

Quand un petit ours accepte de grandir et parvient à devenir un Grand Ours.  L’avis de Sophie

  • Si un jour… de Malika Doray, L’école des loisirs

Quand les parents s’absentent, il n’est pas toujours facile de faire face au monde mais on peut trouver du soutien et en ressortir plus grand.  L’avis de Sophie

Pour terminer, quelques titres en lien avec la fête du jour…  

  • La Maison Hantée de Jan Pienkowski


Un grand classique pop-up où fantômes, squelettes et autres créatures terrifiantes surgissent de tous les recoins et tous les tiroirs ! Délicieusement effrayant ! L’avis de Céline-Le tiroir à histoires

  • Hôichi, la légende des Samouraïs disparus de Hiroshi Funaki et de Yoshimi Saitô

Pour les plus grands, une histoire de fantômes de samouraï qui donnent froid dans le dos. L’avis de Bouma

  • Le Petit pêcheur et le squelette de Chen Jiang Hong

Comment ne pas avoir peur quand, au lieu de pêcher un poisson, vous ramenez un squelette effrayant au bout de votre hameçon ? Une histoire sombre et poétique.  L’avis de Bouma

Et, en guise de conclusion :

  • Le grand livre des peurs d’Emily Gravett, Kaléidoscope


Un chouette album sur les peurs d’une petite souris qui nous laisse aussi exprimer les nôtres.

Et vous ?  Avez-vous d’autres d’autres perles de peurs à enfiler sur ce beau collier-grigri ?

Pour aller plus loin :

Bouche Cousue – 2ème volet

Marion Muller-Colard
Marion Muller-Colard est l’auteur de Bouche-Cousue, l’excellent roman sensible et percutant dont nous avons discuté lundi. Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions :
1. D’où t’es-venue l’idée de ce roman ? 
Je n’ai jamais une « idée » de roman, c’est-à-dire que je ne pars pas d’un thème, mais d’une scène, d’un lieu, d’une atmosphère qui s’impose et que j’écris d’un jet. La scène initiale, c’était celle d’une jeune fille qui faisait éclater des bulles de chewing-gum en regardant tourner le linge derrière le hublot d’une machine à laver, dans un lavomatic. Je savais qu’elle avait 14 ans environ, qu’elle apprenait une leçon sur le Japon, je savais qu’il y avait quelque chose de mélancolique, une sourde envie d’éclater elle aussi, de partir loin, d’essorer sa vie, mais je ne savais pas pourquoi. C’est l’écriture qui me l’a appris. Ce moment de bascule où ce n’est plus moi qui dicte son histoire au personnage mais le personnage qui me la raconte.

2. Trois histoires s’imbriquent dans ce roman : sa construction s’est-elle imposée d’emblée ou as-tu dû la travailler dès le départ ? Notamment son format court.
C’est un peu la même réponse : je travaille beaucoup l’écriture, le mot, celui-là plutôt qu’un autre, le rythme, la cadence des phrases, leur soie dans la bouche. J’ai une écriture très buccale, je dois avoir du plaisir à la mettre en bouche, à me relire à voix haute. Si quelque chose gêne ce plaisir, s’il n’y est pas, je réécris, j’agence autrement, je coupe, je chercher d’autres mots. Mais la construction je n’y pense pas consciemment, elle déroule, elle s’impose.

3. La question sur le choix du cadre spatial, d’abord le huis clos de la première scène, lors du repas de famille. Un choix volontaire ? Evident ?
Ce n’est pas un choix, c’est comme ça. Cette jeune fille que je découvre sur la carrelage blanc du lavomatic, elle me hante, ensuite je découvre qu’aujourd’hui elle est adulte, et voilà. Je sais qu’elle n’est pas mariée, je ne sais pas encore pourquoi. Je sais qu’elle a cette relation privilégiée avec son neveu Tom. Et c’est cette scène, que j’écris dans un second, voire troisième temps, après avoir pris des notes depuis plusieurs années sur la jeune fille de 14 ans, c’est cette scène, ce recul qui me donne à comprendre son histoire et à la dérouler ensuite.
4. Pour rester sur le cadre spatial, ce fameux Lavomatic : Particulièrement original et en même temps très riche symboliquement. On se rappelle un peu le commerce des parents d’Annie Ernaux, un lieu chargé socialement, qui conditionne l’éducation, un lieu dont on veut s’échapper comme on veut s’échapper de sa famille. Avais-tu ces idées en tête lorsque tu as choisis le cadre spatial de l’intrigue ?
Ce n’était pas des idées mais des sensations. Il m’arrive d’écrire des choses plus intellectuelles, des essais, des articles etc… Le roman, pour moi, c’est l’endroit de la pure écriture et de la sensation, je n’ai pas envie d’avoir une idée, une pensée, un message. Je veux écrire avec les nerfs, le ventre, pas avec la tête. Et dans un deuxième temps, cela devient évident. Mais si cela avait été construit, ce lien organique entre le lieu et la problématique familiale, fort est à parier que je l’aurais forcé, exagéré, que ce serait devenu lourd. A mesure de l’écriture j’ai découvert et filé la métaphore, parce qu’elle était là, inconsciente au départ.
5. Qu’aurais-tu à dire sur la question de l’homosexualité, qui est abordée très en creux dans le récit : jamais explicitée, mais pourtant toujours en filigrane (par le scandale du début, puis l’histoire d’amour d’Amandana, ainsi que par les personnages de Marc et Jérôme) ?
Et voilà où ça se complique, c’est que je n’ai rien à en dire de particulier. J’ai beaucoup lu sur mon roman que mon héroïne est homosexuelle. Je ne sais même pas si c’est vrai. Je ne sais d’ailleurs pas si c’est une identité en soi. Elle est à un âge où afflue la sensualité de façon violente, déconcertante. L’adolescence c’est une éruption, le désir tout azimut. Ce n’est pas l’âge de tirer des conclusions. En fait ce n’est pas Amandana qui tire des conclusions sur sa sexualité, elle vit ce qu’elle vit dans cet âge brut, elle le vit avec pureté, innocence, parce que les seules personnes qui expriment autour d’elle autre chose que de l’ordre, de l’organisation et de la discrétion, ces seules personnes sont un couple d’hommes qui l’initie à la joie, à la gratuité, à l’expression des sentiments, la possibilité de pleurer, de rire. Ils sont un vrai couple, ça transpire, ça palpite, ça témoigne d’un amour qui fait envie, contrairement au couple parental. Mais ni Marc et Jérôme, ni Amandana ne tirent des conclusions de ce qu’elle traverse, de ce qui la traverse cette année là. C’est la violence des conventions et de la honte qui finalement, paradoxalement, l’enferme dans une identité qui peut-être n’était même pas la sienne. Et en réalisant cela, je me dis : voilà le paradoxe, c’est le rejet qui pousse à forcer le trait d’une identité, à la figer.
6. Quels retours en as-tu d’adolescents qui l’ont lu ?
J’ai eu à ce jour peu de retour d’adolescents, les rencontres autour de ce livre sont programmées à partir de l’automne… Mais j’ai eu beaucoup de retours d’adultes, en chair et en os et via la presse, les blogs etc. Celui qui m’a le plus touchée, c’était celui d’une amie qui me disait qu’elle l’avait fait lire à son mari qui n’est pas très à l’aise avec l’homosexualité. Il lui a dit que ce roman avait déplacé ses préjugés et ses clichés, dans le partage intime qu’il a vécu avec Amandana, à qui il s’est attaché. Je n’écris pas de romans pour faire passer des messages, mais si par l’attachement à un personnage, par l’empathie, des lecteurs peuvent se sentir plus proches de tout type de différence, alors vraiment cela me rend heureuse. J’ai aussi lu dans la presse et dans des blogs que c’était dommage que cette histoire finisse si mal. Ce n’était pas un choix conscient, mais avec le recul je me dis que c’est peut-être parce que cette histoire est violente et sans beaucoup d’espoir (très très frustrante en terme de happy end, comme peut l’être la vie parfois) que des personnes peuvent se sentir interpellée et réaliser la violence qui est en eux et notre rejet si ancré, presque inconscient, de la différence.
Mille mercis à Marion d’avoir pris le temps d’échanger avec nous autour de cet excellent roman.
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Pour apporter un éclairage à la dernière question, voici le retour de Lucie, ado lutine et lectrice qui nous donne son avis sur les questions discutée dans la lecture Commune :
Peux-tu résumer « Bouche Cousue » en une phrase ?
En gros, c’est l’histoire d’une fille de 30 ans qui écrit son histoire à son neveu pour lui dire qu’elle est comme lui.
 A qui peut s’appliquer le titre ?
Amande ne dit pas tous ses sentiments aux autres… Cela contraste avec le fait qu’elle chante : elle s’exprime par le chant ! Je pense qu’elle connaît mieux Marc et Jérôme que ses propres parents ; son père emploie aussi des mots qui ne révèlent pas ce qu’il fait ou ce qu’il pense. Sa mère semble très occupée ; on ne sait rien d’elle.
 Où se passe cette histoire ?
Je me représentais bien la salle du Lavomatique. Amandana trouve un lien à la fin avec les machines : elle dit qu’elle voudrait être comme le linge pour être caressée par sa maman et vidée de ce qu’elle pense. C’est aussi grâce aux vêtements laissés dans une des machines qu’elle rencontre Marc et Jérôme.
Comment est-elle racontée ?
Au début, je ne comprenais pas pourquoi Amandana était attachée à son neveu et pourquoi ses parents n’avaient pas l’air de l’aimer. En entrant dans l’histoire, j’ai compris ce qui les rapprochait et pourquoi on commençait par cette réunion de famille.
J’ai apprécié que ce roman soit court : je n’ai pas décroché de l’histoire. Mais j’aurais bien aimé savoir ce que Tom devenait… quinze ans plus tard.
 Le mot « homosexualité » n’est pas prononcé dans le livre et il y a beaucoup de non dits. Qu’en penses-tu ?On comprend que la narratrice est homosexuelle, on n’a pas besoin de ce mot. Raconter ainsi ne choque pas le lecteur : c’est pour dire que c’est naturel !

 Qu’est-ce qui t’a marqué dans les relations entre les personnages ?
Ce qui m’a choqué, c’est de voir qu’en quinze ans la réaction des parents n’avait pas changé. Dans les deux générations, ce sont les sœurs (Mado et Eva-Paola) qui dénoncent l’homosexualité et le disent comme si c’était interdit.
J’ai été intriguée par le fait que Mado soit aussi différente de sa sœur : elle est comme ses parents et n’essaie pas de découvrir autre chose, d’autres façons de vivre. Je trouvais aussi étonnant qu’elle n’avertisse pas plus tôt ses parents qu’elle est enceinte.
Quand Amandana découvre qu’elle a ses règles et qu’elle cherche de l’aide, on comprend qu’elle n’a pas vraiment de famille, que sa famille n’est pas présente pour elle.

J’arrivais bien à me représenter le personnage de Marc et j’aurais voulu connaître plus de détails sur ces deux hommes. On ne sait pas pourquoi ils sont aussi généreux. J’imagine qu’ils prennent Amande pour leur fille.

Je trouve que la façon qu’Amande a de considérer ses camarades de classe est étonnante : on dirait qu’elle vit dans un monde à part, que personne n’est comme elle.

 Quelle place occupe le projet dans l’histoire ?
C’est important parce qu’il permet à Amandana de se découvrir une personnalité et un talent. Il lui permet aussi de s’approcher de Marie-Line mais elle comprendra plus tard que cette fille n’est pas si différente des autres.

 Qu’as-tu ressenti quand Amande se détourne de Marc et Jérôme ?
Je ne comprends pas pourquoi elle ne reste pas avec eux. Elle a sans doute honte d’eux. Mais c’est stupide et dommage parce qu’elle passait des moments joyeux avec ce couple, qui sont comme ses parents.

 Veux-tu parler de la fin ?
Je trouve désolant que pendant 15 ans Amandana reste seule et triste avec ses pensées. On a l’impression que tout le monde la rejette.

Bouche Cousue

Bouche cousue.-Marion Muller-Collard Gallimard, collection Scripto

 

En janvier dernier, la lecture de Bouche-Cousue de Marion Muller-Colard m’avait laissé bouche bée. Une claque, une secousse. Et un émerveillement esthétique à la fois. Nous en avons discuté, A l’ombre du Grand Arbre, longuement, passionnément. Il en est ressorti parfois des choses très personnelles, des digressions émouvantes que je ne pouvais pas toujours retranscrire ici.  Voici donc, en version « abrégée », le contenu de nos échanges.

C. du Tiroir : Quelques mots sur Bouche Cousue ? Comment présenteriez-vous l’intrigue en une phrase ?

Pépita : Une lecture gifle au sens propre comme au figuré, une plongée dans le désir ou les désirs, avoués ou inavoués, mais dans ce cas présent bafoués car muselés par un souci de propreté extérieure et un cri de solidarité aussi entre générations comme pour conjurer le sort.

Alice : Je dirais tout simplement que l’acceptation de certains baisers serait une idée bien plus brillante que celle de coudre des bouches.

Colette : Bouche cousue c’est l’histoire bouleversante d’Amandana, de Tom et de tant et tant d’adolescents en quête de sincérité, de vérité, d’honnêteté et qui ne trouvent face à eux que le silence de l’incompréhension.

Solectrice : Une femme meurtrie confie à son neveu l’histoire douloureuse de son adolescence et ses pensées torturées, brassées comme dans le tambour d’une machine à laver.

Pour ce qui est du format, on est dans le condensé, le direct. Une centaine de pages très (trop ?) vite avalées, on referme le livre un peu sur notre faim. Et pourtant, ce format est nécessaire. Qu’en pensez-vous ?

Pépita : Je ne suis pas à proprement restée sur ma faim, non, je ne peux pas dire ça. C’est une lettre qui est adressée à un jeune de 15 ans, d’une tante à son neveu, comme pour lui dire, non pas de ne pas faire la même erreur, mais de vivre sa vie pleinement. Un format court cinglant comme la gifle. De cette lecture, j’en suis sortie triste, en colère mais en même temps pleine d’un élan d’amour. Et aussi en me posant cette question : que ferais-je en tant que parent ? Quelle serait ma réaction ? Un temps d’introspection donc.

Alice : Je ne me suis pas du tout posé la question du format. Ni trop court, ni trop long. Ce livre m’a d’ailleurs fait penser à 50 minutes avec toi de Cathy Ytak dans la collection D’une seule voix, sûrement pour le côté monologue introspectif et la concision du texte.

Colette : Comme Alice je ne me suis pas posée la question du format trop heureuse de me laisser prendre au filet de voix d’Amandana et de pouvoir la lire jusqu’au bout, d’un trait, comme Tom a pu sans doute lire cette lettre de sa tante sans s’interrompre, y puisant immédiatement une forme d’énergie triste.

Solectrice : J’ai aimé le rythme de ce court roman. Pour moi, son format s’apparente justement à celui d’une longue lettre, confidence, s’attardant sur cette période intensément vécue par la narratrice. Plus long, je pense qu’il aurait perdu de son caractère percutant, qu’il se serait attardé sur des questions ou des explications, vaines pour accéder à l’émotion de la narratrice.

Bouche cousue aborde les tabous et les non-dits dans une famille, et le mal qu’il peuvent faire. Dans la lignée de son sujet, l’auteur adopte une narration très en retenue, avec beaucoup d’implicite. Trouvez-vous comme moi que cette pudeur, ces « creux », rendent son texte d’autant plus puissant et évocateur ?

Pépita : Oui je te rejoins totalement, c’est ce qui fait la force de ce récit de ne pas nommer l’homosexualité, y compris pour le couple d’hommes où Amande trouve refuge. On pourrait reprocher à l’auteure de cacher aussi les choses, comme pour les tabous de la famille. Justement non : cela donne de la place au lecteur pour respirer dans cet étouffoir et pour laisser venir à lui tous ces questionnements de l’adolescence. Chacun peut s’y retrouver du coup : l’adulte devenu adulte qui va faire ressurgir sa propre adolescence et l’adolescent qui va pouvoir se dire que ce qu’il ressent est universel. Je pense aussi que le fait d’avoir utilisé la lettre comme communication est très forte aussi, surtout à l’adolescence. Elle est comme une bouteille à la mer. Beaucoup de métaphores dans ce texte très chargées symboliquement et qui remuent beaucoup de l’intérieur : le lavomatique, l’âge pas anodin des personnages principaux (15 ans et 30 ans), les vêtements, comme tu dis Colette, j’ai trouvé cette scène sublime dans ce qu’elle révèle car un enfant qui se déguise, c’est perçu comme normal, mais chez l’adolescent c’est transgressif. Pourquoi ? (Je pense au magnifique film Billy Elliot). Ce roman aborde surtout, bien plus que l’homosexualité, le regard de la société sur les convenances sociales, le fait qu’à partir d’un certain âge, il faut rentrer dans les cases. Amande y est entrée dans la case mais à quel prix ! Cette lettre à son Tom, c’est lui dire de vivre SA vie. Cet aspect m’a bouleversée car on a tous dans nos familles une figure extérieure à nos parents qui nous a marqué à un moment de notre vie.

Colette : En effet l’implicite participe de la force de ce texte et aussi de son universalité. Ce n’est pas un livre « sur » l’homosexualité mais sur la quête de soi au cœur de l’adolescence. Je pense que n’importe qui peut se reconnaître dans les questionnements d’Amande, quelque soit son orientation sexuelle. La scène où Amande essaie les vêtements abandonnés dans le Lavomatic, par exemple, évoque pour moi un moment clé de l’adolescence, ce fameux moment où l’adolescent-homard change de carapace et se retrouve à nu – pour reprendre une métaphore de Dolto que je trouve assez juste. Il me semble que cette scène est d’ailleurs un symbole très fort qui relie l’univers familial d’Amande à ses tourments d’adolescente. J’aime beaucoup cette scène…
J’aime beaucoup Pépita ton analyse du déguisement qui devient travestissement selon l’âge, je n’y avais pas pensé, au final le poids du regard des autres c’est surtout de ça dont parle ce roman au final…

Alice : Je suis complètement d’accord avec tout ce que vous dites et j’aurais peu de choses à rajouter sur cette question…. Ou peut être que j’établirai un parallèle entre l’implicite très présent dans ce livre qui est comme un écho à tous les secrets et non-dits de cette famille conservatrice, qui ne veut surtout pas de vague. L’auteur n’en dévoile pas trop, comme les parents taisent ce qui n’est pas conforme. Deux formes de silence qui se complètent.

J’ai souri à la lecture de vos références littéraires et cinématographiques, pour ma part, j’avais en tête la chanson d’Alain Souchon  » L’amour à la machine »… Décidément, Le lavomatic est un symbole fort !

Solectrice : Comme il est bon de découvrir que ce sentiment de l’amour naissant n’est pas aussitôt étiqueté, mais ressenti de l’intérieur, à l’égal de tout autre amour. On ressent ainsi la candeur de la jeune fille et son émoi prend plus de force, devient universel. On partage sa pudeur, puis on est choqués par la violence des réactions de sa famille.

Il y a cette scène du repas de famille dont vous avez très bien parlé. Et puis il y a autre chose qui m’a été particulièrement douloureux, à la lecture, c’est la relation entre Amandana et sa soeur. Sa soeur, digne héritière de ses parents, empressée de perpétuer la tradition familiale du rien qui dépasse, comme pour mieux expier son propre péché, dont le récit ne nous dit pas comment il a été accueilli dans l’histoire familiale (on s’en doute). Cette Mado, qui participe a l’oppression mais dont on sent tellement aussi la propre blessure. Ces deux sœurs qui devraient être alliées, et qui se sont « ratées », comme l’explique Amandana notamment sur un épisode symbolique de leur vie de femmes. Partagez-vous mon sentiment sur ce personnages ? D’autres vous ont plus marqué ?

Pépita : Ah oui complètement d’accord avec toi. En fait, on pourrait penser qu’elle est plus forte qu’Amandana qui elle semble empêtrée dans son manque de confiance comme si elle n’était finalement pas née dans cette famille. Elle est comme un Ovni. Mais non, Amandana est plus forte mais elle ne le sait pas encore. Sa sœur est encore plus malheureuse car elle sent bien qu’elle s’est enfermée toute seule. C’est terrible. Il y a une immense solitude, un gouffre béant dans cette vie-là, une immense fatigue. Elle le sait. Mais elle n’a pas appris à faire autrement. Pire : elle le transmet à sa propre petite fille, qui m’a l’air aussi être une petite Mado en devenir. Soit elle reste toute sa vie ainsi en mettant un mouchoir sur ses aspirations profondes, soit un jour ça casse et là ça fait mal. La scène dont tu parles est très révélatrice dans cette indifférence. Mais je pense que Mado a tellement à porter pour elle-même et c’est déjà tellement lourd qu’elle n’a pas la force de porter plus. En contrepoint, j’ai trouvé que le couple d’hommes (que je les trouve épatants ces deux-là !) a bien su faire pour accompagner Amandana sur sa vie de femme. J’ai trouvé ce passage tellement lumineux, presque risible dans la maladresse mais si touchante. Que du coup cela a occulté un peu la froideur de la famille. J’ai préféré garder la lumière plutôt que la noirceur.
Une autre scène aussi juste ébauchée : celle de la bague…très révélatrice de la confusion des sentiments et de la perception que chacun peut en avoir…Cette Marie-Line, je la sens pas…Manipulatrice ? Indiférente ? Un jeu pour elle ?

Alice : Elles se sont ratées les sœurs ? Je ne sais pas … Elles peuvent se retrouver aussi un jour … Tout n’est pas irréversible…Ce serait pour moi une possible porte ouverte s’il y a avait une suite à ce livre.
Je ne dirais pas que Mado participe à l’oppression mais plutôt qu’elle fait figure de « soumise ». Comme le dit Pépita, elle s’est enfermée toute seule. Par choix ? Par crainte ? Par obligation ? On ne le sait pas.
Et tout porte à croire qu’elle subit sa vie plutôt que de la vivre.

Pépita : oui mais quand même…Amandana perçoit ce dimanche-là chez Mado sa sœur une lassitude qu’elle a du mal à dissimuler. Elle l’exprime très clairement comme si elle espérait que sa sœur, pour une fois, aurait pu se ranger de son côté. Du coup ça peut exploser à tout moment cette oppression et prendre un tour incontrôlable. Sauf que là tout est maitrisé, répété, comme une boucle que rien ne pourra jamais arrêter. Tout est dans une violence plus ou moins retenue (parce que le beau-frère, ce qu’il est cinglant dans son genre !) sauf la gifle qui elle claque et signifie fin de la discussion. C’est une cocotte-minute cette famille.

Colette : Mado, je ne la comprends pas en effet, je vois plutôt sa manière de perpétuer le silence traditionnel familial comme une manière de masquer sa « faute » à elle, de se rattraper, de se faire pardonner les règles qu’elle aussi à transgresser en ayant Tom alors qu’elle est encore lycéenne. Mais je ne lui pardonne pas d’avoir « balancé » sa sœur alors qu’elle partageait un secret qui aurait pu les rapprocher. Et comment se faire confiance après ça ???
Quant à mes personnages préférés, comme Pépita, il s’agit de Jérôme et Marc, leur bienveillance, leur écoute de chaque instant, leur amour pour Amandana sont vraiment touchants. Ils incarnent à la fois amitié et éducation bienveillante et j’ai vraiment été « déçue » que notre héroïne les rejette…

Solectrice : J’ai aussi été très touchée par ce passage que tu évoques et par cette relation manquée avec celle qui aurait dû la guider, l’aimer. Je comprends qu’elle se veut aussi distante que les parents, ses modèles. Je comprends aussi qu’elle porte sa blessure et qu’il en sort du venin, du mépris pour sa sœur. Et je trouve douloureux que cette relation les poursuive dans leur vie d’adultes, que rien ne vienne l’apaiser, que le non-dit l’emporte à nouveau.

Concernant les autres personnages, j’ai aimé, bien sûr, le duo de Marco et D’Jé, et le cocon qu’ils tissent autour d’Amande. J’ai apprécié la chance qu’elle avait de les rencontrer, l’amitié qu’ils lui témoignent et l’implicite aussi sur la profondeur de leur relation. Mais je me suis questionnée sur le choix que fait l’adolescente de les rejeter, malgré les remords qu’elle exprime.

Pépita : Contrairement à vous, je n’ai pas été « déçue » du rejet dAmandana envers le couple de ses amis. Je me suis dit c’est la vie ! Combien de personnes perdons-nous sur notre chemin ? Mais le souvenir de leur présence bienveillante peut toujours nous accompagner. Ils ont été là pour elle à un moment de sa vie, et avouons que leur rencontre était plus qu’improbable ! J’ai eu un pincement au cœur oui sur le moment. Mais le monde est petit…
J’aime beaucoup l’idée du giron maternel que tu développes Solectrice, car ce roman c’est aussi un roman d’émancipation, bridée certes, mais de tentative d’émancipation des jupes de maman. Et combien c’est fort en symboles dans ce récit !

 

Un roman qui a remué bien des choses chez chacune de nous, c’est sûr. On ne saurait que trop vous conseiller de le lire:

Bouche Cousue, Marion Muller-Colard. Gallimard Scripto, 2016.

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Morceaux choisis de nos chroniques (par ordre de parution) :

« Quelques chapitres nerveux, si forts et si douloureux, qui disent tant de choses, tout en subtilité.  » le Tiroir à histoires

« Un roman sincère et intime, d’une grande qualité d’écriture et d’une réflexion nécessaire. » A lire au pays des merveilles

« Ce roman est un boomerang. Comme ceux que savent si bien fabriquer les familles où la parole n’a pas sa place, où les tabous, eux, doivent surtout rester à leur place. »   Méli-mélo de livres

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Et on se retrouve mercredi à l’ombre du grand arbre pour une lecture d’ado de Bouche Cousue avec Lucie de Lectures Lutines et un entretien avec Marion Muller-Colard !

A mercredi !

 

Ma maman et moi …

Présente ou … absente.

Aimante ou … insensible.

Protectrice ou … envieuse.

Quelle qu’elle soit, tout le monde a une maman.

Et la littérature jeunesse ne s’y trompe pas, la figure de la mère est souvent là.

Il y a quelques mois, nous nous intéressions à la figure maternelle dans l’album, aujourd’hui nous vous proposons une sélection thématique sur les relations mère-enfant.

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Ma maman et ... Bouma :

mamanestMaman est là d’Ichinnorov Ganbaatar , illustrations de Baasansuren Bolormaa. Syros, 2013.

Un conte venu tout droit de Mongolie qui nous raconte toutes les ruses d’une mère pour protéger son petit du terrible renard.

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Soleil d’hiver de Jorge Luja, illustré par Mandana Sadat et trsoleiladuit par Carl Norac. Didier jeunesse, 2005.

Un petit poème qui parle de l’attente de la mère et des retrouvailles avec des illustrations tout aussi poétiques de Mandana Sadat.

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ollivierPlus jamais sans elle de Mikaël Ollivier. Seuil, 2012.

Une écriture fluide et prenante dans ce roman pour ado qui raconte l’abandon du point de vue du fils et de sa mère.

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et celui d’Alice

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Ma maman et … Chlop :

chutChuuut ! de Minfong Ho Holly Meade. Père castor Flammarion, 2000.
Une maman berce tendrement son enfant. Mais dans la jungle environnante, les animaux n’ont de cesse de faire du bruit. Elle les apaise un à un avec sa berceuse pour permettre au bébé de s’endormir enfin. Mais a-t-il vraiment sommeil ce coquin ?

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genouxSur les genoux de maman de A.H. Scott G Coalson. L’Ecole des loisirs, 1993.
Michael et sa maman profitent d’un moment de complicité pour se balancer et se câliner. Ils en oublieraient presque la présence du bébé qui dort juste à coté.

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bigQuand Big Mama a créé le monde de Phyllis Roots, Hélène Oxenbur., Père castor Flammarion, 2002.
Elle n’a pas fait les choses à moitié Big Mama quand elle a créé le monde, pour son bébé juché sur sa hanche. La lumière, la terre, les arbres, elle n’a pas manqué d’idées. Et bébé était ravi.

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et celui de notre collectionneuse de papillon

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Ma maman et … Alice :

crabe

Ma mère le crabe et moi d’Anne Percin. Le Rouergue, 2015.

Une histoire de femmes, entre un mère et sa fille obligées de traverser ensemble la maladie. Une histoire dédramatisée où le franc parler et la complicité laisse place à un roman touchant et intelligent. Parfois drôle et souvent émouvant.

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celui de Pépita et celui de Sophie

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albertine2Mon tout petit d’Albertine et Germano Zullo. La joie de lire, 2015

Un livre comme une ronde de la vie.

Une histoire d’amour protecteur entre une mère et son fils. 

Un album délicat à savourer page après page.

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celui de Pepita et celui de Sophie

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vastDe maman en maman d’Emilie Vast. Editions MeMo, 2016

De génération en génération, ainsi va la vie de maman en maman …

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Ma maman et … Pépita :

lenainElle sera toujours là de Thierry Lenain et Manon Gauthier, éditions D’Eux, 2016.

Un album d’une sensibilité rare sur la relation mère/enfant qui exprime la permanence de ce lien à travers le temps et la reconnaissance de celui qui a reçu.

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abierComment je me suis débarrassé de ma mère de Gilles Abier. Actes sud junior, 2015.

Des portraits plus que caustiques entre mères et ados. On n’y croit pas parfois mais on y retourne !

Retrouvez son avis complet;

celui de Sophie et celui d’Alice

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janisJanis est folle d’Olivier Ka. Le Rouergue, 2015

Une relation fusionnelle entre une mère et son fils qu’on pourrait penser malsaine, mais un roman d’une rare profondeur sur les ressorts de la nature humaine.

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La lecture commune  à l’ombre du grand arbre

et l ‘interview de l’auteur

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Ma maman et ...la collectionneuse de papillons :

petronillePétronille et ses 120 petits de Claude Ponti, L’école des loisirs, 1990.
Une maman qui n’a pas froid aux yeux et qui accomplirait l’impossible pour protéger TOUS ses petits !

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sentCa sent bon la maman, Emile Jadoul, Claude K. Dubois, Ecole des loisirs, 2013.

Un tête à tête essentiel pour apprivoiser la nuit, celui d’une mère et son enfant. Un album d’une infinie tendresse.

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desicionLa décision d’ Isabelle Pandazopoulos, Gallimard, 2013.

Quand devenir mère est impossible. Quand refuser d’être mère est peut-être la plus grande responsabilité de parent que l’on puisse prendre… un roman troublant.

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celui d’Alice et celui de Pépita

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Ma maman et ..Céline de Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse :

ouestMa mère à l’ouest d’Eva Kavian. Mijade, 2012

Un récit de vie poignant qui tourne autour de cette question : comment devenir mère alors qu’on en a soi-même été privé?

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Maman et ...Sophie 

houdartMa mère de Stéphane Servant et Emmanuelle Houdart. Thierry Magnier, 2015.

Un album fort, poétique et poignant sur l’amour d’une mère sauvage. Ici, on perçoit cette mère pas toujours facile à comprendre mais si aimante pourtant. Ici, on parle de l’amour intemporel d’une mère pour son enfant.

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susieUne mère, comment ça aime ? de Susie Morgenstern et Jacques Azam. La Martinière jeunesse, 2014

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Dans ce documentaire moderne et dynamique, on met en avant toute la complexité du rapport mère/enfant à l’adolescence : les difficultés, les oppositions et pourtant l’amour, toujours.

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jupesDans les jupes de maman de Carole Fives et Dorothée de Monfreid. Sarbacane, 2012

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Symbole du besoin de protection des petits, ce petit garçon se créer tout un monde dans les jupes de sa maman. Mais ce qu’on voit aussi, c’est cette maman indépendante et moderne et qui allie parfaitement la maternité et la féminité.

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et celui d’Alice

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Ma maman et … Les lutines :

bramiMoi j’adore, maman aussi d’Elisabeth Brami et Lionel Le Néouanic. Seuil Jeunesse, 2004.

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Un petit album où l’on prend plaisir à se trouver des points communs et des différences avec sa maman.

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Ma maman et ..Céline du blog Le tiroir à histoires

rotaRita la poule veut un bébé de May Angeli. Editions des éléphants, 2016.

Ravissant album dans lequel le lien maman-enfant est appréhendé du point de vue d’une « mère-poule » aimante et inquiète. Un album solaire, dont les illustrations en gravure sur bois peintes enveloppent le récit d’un superbe écrin. A découvrir à tout prix !

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meduseMère Méduse de Kitty Crowther. L’école des loisirs, 2015.

Dans le secret d’une maison grotte au bord de la mer, par une nuit de pleine lune, « le grand travail de la vie commence »… La naissance de la petite Irisée va transformer la vie de Méduse, la projetant dans cette immense aventure qu’est celle de la maternité. Un envoûtement que cette histoire de mère et de mer, aux confins de la mythologie et de l’imaginaire. Une fable terrifiante et magnifique, qui ne manque pas de m’émouvoir à chaque lecture.

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renardMaman Renard d’Amandine Momenceau. L’Agrume, 2015

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Des paysages enneigée, une maman renard et ses petits. les renardeaux découvrent le monde et expérimentent la séparation au fil d’un jeu de cache-cache. Les découpages d’Amandine Momenceau animent brillamment le récit. Un magnifique album à découpes et rabats réalisé avec virtuosité. Un vrai coup de coeur. 

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Quelques références bibliographiques…

et tant d’autres encore …