Coups de cœur d’octobre

L’automne s’est finalement installé et avec lui (et le changement d’heure) un besoin de bouquiner au fond de son canapé avec une tasse fumante à portée de main. L’occasion de faire baisser sa PAL mais aussi de se laisser porter vers de nouveaux titres ? Voici les derniers coups de cœur des branches du Grand arbre.

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LUMINOUS – Guillem Marr, Les éditions de la Gouttière, 2026

Pour Nathalie c’est une très jolie bd sans texte qui emporte le coup de coeur du mois d’otobre. D’ailleurs, elle invite à aller voir le catalogue de cette maison d’édition qui propose de si beaux titres.

Au tout début, on découvre un monde gris, pollué, triste. Puis on zoome et on arrive dans la cour d’une école, grise elle aussi. Même les enfants sont gris. Sauf un ou deux. Dont cette petite fille que l’on va suivre tout au long de l’histoire.

En s’éloignant un peu de l’agitation de la cour, elle va rencontrer un petit chat. Qui va lui montrer… un drôle d’endroit !

La petite fille est très expressive et le chat aussi.

Une très jolie histoire portée par un dessin rond, doux, lumineux et tellement coloré ! J’ai adoré. A partir de 8 ans.

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Coup de coeur de Séverine en mars, sélectionné pour le prix Vendredi, Lucie ne manquait pas de bonnes raisons de découvrir ce mystérieux Walter Cobb, Nos chemins d’or et de poussière. Et elle ne peut que se joindre à ce concert de louanges. D’abord parce que l’atmosphère est très crédible. Mais aussi parce que les personnages, directement inspirés par Des souris et des hommes de Steinbeck, ne sont pas écrasés par leur modèle. C’est de la grande littérature mise à la portée des ados, sans mièvrerie ni facilité. Plutôt impressionnant, et cette histoire est de celles que l’on n’oublie pas de sitôt.

Walter Cobb, Nos chemins d’or et de poussière, Mathilde de Lagausie, Rouergue Jeunesse, 2026.

Son avis complet ICI.

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Pour les plus jeunes, Lucie a eu le grand plaisir de rencontrer Christine Roussey à la fête du livre de Saint Étienne, et elle a dévalisé son stand. Il faut dire que ses neveux et nièces sont fans de cette auteure-illustratrice (la bonne excuse !). C’est donc à cette occasion qu’elle a découvert Mirabelle et Viandojus, duo un peu spécial associant une petite fille et un sanglier.

Ce recueil de six courtes histoires intitulé L’air de rien est extra pour les jeunes lecteurs. Le texte est assez simple, les illustrations prennent suffisamment de place pour que les pages se tournent vite… et surtout les personnages sont pleins d’énergie, d’humour et de personnalité. Nous sommes bien loin des premières lectures stéréotypées !

Six histoires de Mirabelle et Viandojus, L’air de rien, Christine Roussey, La Martinière jeunesse, 2019.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin l’appel de l’été est encore présent avec Beach Boys d’Arnaud Cathrine, malgré la fraicheur de l’automne qui s’installe peu à peu…

Les beach boys, ce duo d’amis qui se retrouvent tous les ans, tous les étés au même camping dans les Landes pour surfer. Sacha et Titouan – Buck et Clyde pour les intimes, frères de cœur, ensemble ils aiment se motiver pour s’adonner à leur passion. A 17 ans, les premiers émois amoureux se lovent dans leurs têtes d’ado et il parfois compliqué de faire le tri. Entre confidences, hésitations, rages et incompréhensions le duo va éprouver la houle tumultueuse de la vie…

De son écriture gracieuse, Arnaud Cathrine nous berce au cœur d’un été chaud où les questions fusent dans le corps de deux jeunes adultes en devenir. Parfois en fuite, en désaccord avec eux-mêmes Buck et Clyde vont chercher à mieux se comprendre ensemble, seul parfois aussi. La famille et les autres amis en toile de fond apportent au récit une réalité bien campée jouant un rôle important dans ce roman d’apprentissage. Une histoire qui nous rappelle que les émotions sont souvent vécues à fleur de peau et peuvent être belles.

Beach Boys d’Arnaud Cathrine – Flammarion, 2026

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Lucie n’est pas la seule à avoir dévalisé un.e auteur.e lors de la belle fête du livre de Saint-Etienne…;-) Séverine, de son côté, a craqué pour plusieurs romans d’Alexandre Chardin, après avoir dévoré et adoré Faire fleurir la foudre. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle n’avait jusqu’à présent lu qu’un seul de ses romans ados, Le cri du corps, dont elle avait apprécié l’écriture sensible, sur un sujet fort. Elle a donc rattrapé un retard scandaleux, tant cet écrivain coche toutes les cases de ce qui lui plaît en littérature, jeunesse, mais pas que : thématiques actuelles, richesse de la langue, originalité, humanisme…Son coup de cœur d’octobre est donc Faire fleurir la foudre, dont le titre à lui seul, est une invitation à la poésie et à l’intensité. Et l’histoire qui nous est contée ici tient toutes ces promesses. De la narration, -chapitres divisés en actes et en scènes, à la manière d’une pièce de théâtre,- aux élans du c(h)oeur si puissants et bouleversants, en passant par des personnages très attachants (sauf l’Ogre, évidemment…), tout est réuni dans cette belle histoire d’amour, d’amitié et de résilience, sombre, tragique, mais qui ne sombre pas et se termine dans une éclosion d’espoir. Coup de cœur ? Non : coup de foudre !

Faire fleurir la foudre, d’Alexandre Chardin, Sarbacane, 2026

L’avis de Lucie ICI.

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Autre coup de cœur de Séverine en octobre, le dernier roman de Jean Tévelis, dont elle avait lu l’an dernier le prenant Une vie pour une autre. Cette fois, le sujet est bien différent. 140 décibels, en effet, raconte l’été d’un adolescent, Thomas, souffrant d’hyperacousie (trouble de l’audition caractérisé par une hypersensibilité et une intolérance anormale aux sons du quotidien) à la suite de son exposition malheureuse à l’explosion assourdissante d’une fusée d’artifice, survenue un an plus tôt lors de la Fête Nationale passée en compagnie de son meilleur ami Etienne. Depuis, par ailleurs surprotégé par ses parents, Thomas s’est coupé du monde bien trop bruyant pour lui, il s’est isolé, renfermé sur lui-même et sur sa souffrance. Il a rejeté sur Etienne la responsabilité de son accident et de ce qui est devenu un handicap très pesant sur sa vie d’adolescent. Un échange de maisons, un séjour à la montagne, un jeu de piste passionnant, des liens tissés avec d’autre jeunes de son âge et quelques sentiments naissants plus tard, Thomas s’ouvrira à nouveau aux autres, renouera avec son ami, et tentera d’apprivoiser, voire surmonter son handicap, sa solitude et ses angoisses. Un bien joli moment de lecture, entre sensibilité, humour, et émotion, avec des personnages crédibles et attachants. Quant aux 140 décibels du titre, Séverine vous invite à le lire pour, à la toute fin, savoir à quoi ils pourraient bien correspondre…Publié initialement en 2022 (chez Magnard),ce roman a été réédité avec une nouvelle (belle) couverture chez Alice Jeunesse.

140 décibels, Jean Tévelis, Alice Jeunesse, 2026

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Dernier coup de cœur de Séverine en ce mois d’octobre riche en lectures, et pas des moindres, puisqu’il s’agit du dernier album de Thierry Lenain, -celui par lequel sa passion pour la littérature jeunesse est née-, illustré par Nathalie Novi : Voyage,voyage… Non, il ne s’agit pas de l’adaptation de la célèbre chanson des années 😯 ;-), mais d’un hommage poétique et délicat à la légendaire chanteuse Barbara qui a, elle aussi, vanté l’élévation de l’âme par le voyage (Les voyages*, 1959) . C’est aussi une histoire d’amour des plus tendres et surprenantes que nous racontent ces deux artistes sensibles qui nous avaient déjà offert, il y a quelques années, un album illustré sur les chansons de cette star iconique, Square des Batignolles. Voyage, voyage… est également un très beau « train-trip » qui donne envie de (re)découvrir Paris, Venise et Vienne, trois villes chantées par Barbara, sous l’angle du romantisme et des beaux sentiments. Quoi de mieux pour se donner du baume au cœur et trouver le réconfort nécessaire pour affronter une actualité tendue et les premiers froids qu’un texte rythmé, plein de vie, de poésie, d’humour, aussi, romanesque et facétieux, magnifié par des illustrations aux couleurs chatoyantes, chaleureuses, et d’une très grande tendresse ?

*Les voyages,
C’est la vie que l’on fait, le destin qu’on refait
Que c’est beau les voyages!
Et le monde nouveau qui s’ouvre à nos cerveaux,
Nous fait voir autrement
Et nous chante comment
La vie vaut bien le coup, malgré tout!

Voyage, voyage, Thierry Lenain, Nathalie Novi, Cipango, 2026

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En octobre, à l’arrivée des matinées fraiches et ensoleillée, Hélène a été séduite par Moumoute et la journée avec Mouchka. Un personnage familier puisqu’elle avait déjà lu Moumoute et la boîte aux trésors. C’est la saison idéale pour retrouver ce petit ours attachant qui passe la journée avec son ami Mouchka, beaucoup plus petit que lui… Un petit roman pour les enfants qui savent lire tout seuls mais qui peut aussi être lu à voix haute sous un plaid en buvant un chocolat chaud. Une jolie balade en forêt qui apprend à chacun la tolérance et l’écoute. 
Bonnes lectures automnales !

Moumoute et la journée avec Mouchka, Inbar Heller Algazi, Ecole des Loisirs, collection Moucheton

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Et vous, ce mois-ci, quels livres vous ont emmené.es loin ?

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